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 [RP] La Fin d'un règne, le début d'une nouvelle vie. Sujet suivant
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Mélodie Von Steiner
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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2009 - 20:02 Répondre en citantRevenir en haut



Courir n'était pas sa spécialité, tout comme les efforts physiques en général. Elle préférait largement gambader dans les champs en compagnie de son père plutôt que de se précipiter vers la frontière comme elle le faisait en cet instant précis. Mais sa vie entière avait basculé et elle ne pouvait en faire autrement. Elle avait tout perdu: Sa famille, ses amis, son peuple, son royaume et la personne pour laquelle elle avait le plus d'estime: Vénéron. A bout de souffle, ne sachant pas quand et comment elle arriverait à la frontière, elle se laissa tomber près d'un arbre. Essoufflée, la respiration rapide, le cœur battant la chamade à cause de l'effort, Mélodie ne savait plus où donner de la tête. Tout était si confus pour elle qu'elle ne comprenait plus rien. Vénéron était-il mort? Son royaume avait-il vraiment disparu? Tout n'était qu'une suite d'évènement tragique causé par son incompétence notable et notoire. Du moins, c'est ce qu'elle pensait au fond d'elle-même.

Comment avait-elle pu en arriver là? Tout n'était pas qu'une suite d'évènements incongrus. Tout était entièrement de sa faute, de son incapacité à savoir gérer les situations de crises et plus généralement un royaume. Cependant il lui fallait rester forte quoiqu'il se passerait par la suite. N'avait-elle pas toujours vécue d'elle-même suivant ses propres choix? Lorsqu'elle avait marqué l'ennemi pour le renvoyer chez eux, ces derniers n'avait-il pas déclaré la guerre pour quelque chose de faux? Elle soupçonnait que ce fût les Serpents eux-mêmes qui avaient assassiné l'homme, mais sans preuve elle ne pouvait rien faire.

Les arbres étendaient leur branche de chaque côté de leur tronc vigoureux. Les chênes se paraient de couleur d'or et de rouge dévoilant un lit de tons stupéfiants. L'ocre, le pourpre, toute les couleurs se dévoilaient au plus grand jour dans cette brise matinal. Elle avait couru toute la soirée dans un froid quasi hivernal, et allongée au sol elle grelottait, face au ciel. L'étendue bleuté qui devenait de plus en plus azur, ces nuages blancs portés par le vent tels des morceaux de mousses crémeuses formant d'originaux symboles. Elle pouvait distinguer bien des choses différentes dans un seul nuage, comme si les significations d'un même symbole sous plusieurs angles avaient plusieurs sens. Son symbole le plus cher, elle le portait à même le corps. Un dragon tatoué de couleur brune sur son épaule gauche qui n'avait servi qu'à montrer sa lignée royale ne servait plus qu'à montrer sa déchéance. Le royaume du Dragon n'existait plus, ce en quoi elle croyait n'existait plus.

Chimères volantes qui de leur gueule ouverte et toutes griffes dehors, leurs ailes ouvertes masquant la lumière du soleil telle une éclipse, lançait nombre de volutes enflammées pour détruire ou créer. Mais désormais, cette religion en laquelle elle avait cru jusqu'à en avoir la marque sur son corps même s'était évanouie. C'était une religion très peu répandue, semblant plus appartenir à un culte local qu'à une véritable religion étendue. Au fond d'elle-même, elle l'avait pressentit sans pour autant en avoir une forte conviction. Cette religion qui s'était imposée faisant de créatures imaginaires des dieux, des forces aussi créatrices que destructrices, n'avait-elle pas eu pour unique but de conférer un monopole du pouvoir sur une seule personne en justifiant sa présence comme élu des dieux eux-mêmes? Une justification bien médiocre de la monarchie absolue qui sévissait partout. Mais c'était en soi le plus simple moyen pour avoir un contrôle sur le peuple entier en sacralisant le monarque.

Toutes ses images, tous ses doutes l'accablait de plus en plus, jusqu'à ce qu'une ombre face son apparition, dépassant même l'ombre de l'orée de la forêt d'où sortait timidement un petit chemin de terre. Les chênes avaient cédé place à des arbres moins imposants, mais dont leur longue feuilles en faisait d'excellents éventails. Ses yeux brouillés par la fatigue, le ventre gargouillant par la faim, la respiration écourtée par l'effort physique, Mélodie tentait tant bien que mal de discerner l'arrivant. Elle se sentait divaguer sans raison. Sa croyance ébranlée provoquait-elle la fureur de ceux qu'elle était censée représenter? Elle n'était pas mourante, pourtant la vision lui donna l'impression d'en être aux portes.

Serait-ce là ma fin?
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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2009 - 20:02 Revenir en haut

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Lalwendë Valendil
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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2009 - 16:23 Répondre en citantRevenir en haut

Le vent sifflant à ses oreilles arracha un sourire à Lalwendë... Voilà longtemps qu'elle et sa Liée n'avaient pas fendu les cieux, leurs âmes entremélées plus profondément encore qu'à l'ordinaire, les souffles froids caressant les écailles métalliques de la dragonne et jouant dans les longs cheveux d'argent de sa maîtresse... Rakauth insistait depuis quelques temps déjà, avant d'obtenir la promesse de Lalwendë d'une escapade, au moins d'une demi-journée, loin du Kaerl Englouti et de ses sombres rumeurs...

Le continent d'ören était presque un rituel pour les deux Liées. Bien souvent, elles se ménageaient un temps de solitude et de reflexion, et le cadre tempéré et doux convenait parfaitement à leur repos. Lalwendë s'était laissée persuadée par cette excursion, et envisageait une grande discussion avec la Reine Argentée. Elle sentait qu'une page de l'Histoire du Màr Luimë était en train de se tourner, et son grand âge ne serait certainement pas une raison pour ne pas tenter d'en écrire les premiers mots...

En quittant au matin leur chambre de la Tour de diamant, Lalwendë avait choisit de chaudes étoffes car l'âge empirait sa frilosité et le vol risquait certainement de durer longtemps, visiblement Rakauth avait besoin de se fatiguer un peu les ailes... Lorsque que la Baie d'Eau-Claire se fut réduite à la taille d'un timbre poste, perdu sur une carte qui prenait les tons chauds de l'automne, Rakauth plongea dans le vide glacé de l'Interstice et en moins de deux battements de coeur, elle fut au dessus de l'océan... La mer à perte de vue... Lalwendë n'admirait jamais autant sa puissante et majestueuse Liée que lorsqu'elle s'échappait du néant et déployait avec une force impressionnante ses grandes ailes gris argent, plus fines que les meilleurs parchemins...

Elles volèrent longtemps ainsi, sans rien d'autre à perte de vue que l'eau, piquetée de temps à autre de petites îles, d'archipels minuscules auréolés d'une écume immaculée... Lorsque les premières rives d'ören furent en vue, Lalwendë et Rakauth n'avaient pas échangé un mot, seulement des émotions, fortes et nullement atténuées par de vaines paroles...

** Cette fois, je t'emmène plus à l'ouest que d'ordinaire... **
* Une surprise? Hum? *


Rakauth rit, de son feulement rauque caractéristique, et Lalwendë ne put s'empecher de lui faire aveuglément confiance. Elle n'avait qu'un souhait, dénicher un coin désertique, où la vue serait de préférence sublime et où Rakauth pourrait se dissimuler a minima. La Maîtresse Argentée appréciait en effet cette contrée pour une raison un peu obscure, et qui désormais se perdait: le culte des Dragons... Pour les Anciens qui vivaient en Orën, ces êtres sages avaient été élevés au rang de divinité. Il était même arrivé aux deux Liées de tomber par hasard sur une statue représentant un dragon stylisé, couvert de mousse. Cette croyance tombait certe en désuétude, mais cela rendait Lalwendë joyeuse et Rakauth n'en devenait que plus sûre d'elle et fière! bref, cela faisait remonter en flèche leur moral!

En regardant vers le sol, Lalwendë découvrit que l'océan aux teintes vertes et bleues s'était mué en une forêt aux couleurs de feu, parée pour l'automne de ses plus belles couleurs!

** Que penses tu de ce coin là? Je le trouve superbe... **

Lalwendë aquiesca sans peine et abaissa une aile pour suivre une courbe gracieuse, pointant sur une petite corniche en pierre, à l'orée du bois et qui marquait comme une frontière entre une vaste plaine herbeuse et la forêt aux chaudes teintes d'ocre et d'orangé... La Maîtresse Dragon était plongé dans les reflexions politiques qui motivait sa présence en ce lieu, loin de Tol Orëa et avec pour seule compagnie la Reine dragonne à qui elle voulait exposer ses plans à venir...

Lalwendë sauta à terre et détacha l'agraphe qui maintenait en place la lourde cape de vol de cuir dans laquelle elle s'était emmitoufflée pendant le voyage. Elle réjusta la longue bande de lin blanche qui réchauffait son cou fin, et épousta du plat de la main sa tunique froissée. Puis elle escalada les quelques pierres, qui surplombaient d'un ou deux mètres le sentier qui plongeait entre les arbres et laissa son regard se perdre à l'horizon...
La grande dragonne d'Argent déploya ses ailes et les secoua vivement avant de les replier contre son corps et étira son cou fin, surplombé de plaques écailleuses...

** Tiens... Aurions nous de la visite? **

Rakauth fit pivoter son cou et fixa ses grands yeux opalescents, luisant d'une lueur de satisfaction et d'amusement, sur une jeune fille qui venait d'apparaître, halletante, des herbes hautes...
Contrariée de cette brutale apparition dans un endroit qui respirait pourtant le calme et la sérénité, à l'heure ou plus que tout elle désirait s'entretenir de choses graves avec sa Liée, Lalwendë fronça les sourcils en direction de l'inconnue. Une jeune femme, ou plutôt une jeune fille, aux cheveux bruns tous désordonnés et dont le front était rendu brillant par l'effort. Son regard affolé radoucit brièvement la Maîtresse Argentée, et quelques paroles inarticulées s'echapèrent entre ses lèvres... Dans un endroit où certains révéraient encore les Dragons, Lalwendë estima que cette rencontre pouvait effectivement être relativement effrayante...

N'aie pas peur jeune fille... Je me nomme Lalwendë Valendil, et mon amie que tu vois là, Rakauth.

Rakauth eut la finesse d'étouffer un de ses grands rires draconniques, ce qui aurait à coup sûr tué la jeune fille! La vieille elfe dévisagea avec une attention un peu sévère la nouvelle arrivante, laissant planer un long silence...
Mélodie Von Steiner
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MessagePosté le: Dim 15 Fév 2009 - 22:03 Répondre en citantRevenir en haut

Essoufflée, n'arrivant plus à récupérer l'air si précieux pour l'engouffrer dans ses poumons, elle leva la tête lentement. Ses yeux gris s'écarquillèrent en se posant sur la magnifique reine argentée et sa liée d'âge mûr. Elle resta bouche bée pendant une bonne minute avant de secouer sa tête, frotter ses yeux de ses deux mains et les rouvrirent. Ce n'était pas un rêve, la créature était bien un dieu dragon comme il était écrit dans les livres sacrés de son royaume. Ne sachant comment réagir, elle porta une main instinctivement à son épaule, couvrant le dragon de couleur brune tatoué sur sa peau, et s'inclina en portant un genou à terre, la tête basse. Elle n'osait plus lever la tête devant les "dieux" qui se trouvait devant elle. D'une voix accueillante et solennelle, elle accueillit les deux "invités" sur son ancien territoire.

"Dieux dragons, c'est un réel honneur de vous recevoir au sein de mon royaume. Je vous prie de me pardonner si j'ai douté de votre existence dans mes moments les plus défavorables, j'accepterais le châtiment qui sera le mien."

Une larme perla sur sa joue. Au fond d'elle-même, elle était si heureuse de rencontrer enfin ceux pour qui elle avait prisé toute son enfance, et qu'elle avait représenté au sein de son royaume. Elle était si fière de ce moment. Son père n'avait eu cesse de lui parler de ses créatures fantastiques, aux gueules bordées de dents pointues, aux écailles scintillantes de milles feux, aux yeux d'une couleur fascinante.

"Dame, je suis heureuse de faire votre connaissance. C'est une immense joie que je ressens à votre présence. Nous n'avons eu cesse de prier pour que vous nous apportiez la paix et la fécondité. Mais je crains que votre venue n'annonce que mon erreur fut celle de trop. Mon royaume est perdu."


Elle respirait assez fort, inspirant et expirant en tentant de garder son calme. Elle leva la tête pour regarder Lalwendë et sa liée d'âme avec une grande déférence. Elle n'arrivait pas vraiment à extérioriser la joie qu'elle avait en elle, car elle se sentait littéralement écrasé par la pression d'avoir à la fois tout perdu mais également tout gagné.

"Si vous me dites de ne pas avoir peur … c'est que vous n'allez pas me punir de votre main divine car j'ai commis une erreur? "

Elle se sentait un peu déstabilisée. Tant d'émotions en si peu de temps. Et tout était si confus. Se tenait devant elle majestueusement une dragonne et à ses côtés une magnifique femme à la présence affirmée. Et puis, l'ancienne reine était si jeune qu'elle maîtrisait encore mal ses émotions devant un tel choc. Elle se leva lentement, s'appuyant sur l'arbre à ses côtés pour conserver son équilibre. Elle tourna la tête en arrière et murmura:

"Il devrait pourtant être déjà revenu."

Vénéron n'était toujours pas revenu, et cela l'inquiétait aussi. Elle était partagée entre l'inquiétude de ne pas revoir son ami et la joie d'assister à la preuve même de l'existence des dieux dragons dont elle avait toujours entendu parler. Elle porta une main à sa tête et, bien qu'essayant, n'arrivait pas à regarder le dragon dans les yeux. Son respect mais également son égard à l'issu d'une telle créature l'empêchait de la fixer. Elle se sentait si minuscule, une petite créature aux griffes des dieux qui venaient d'apparaître devant elle.


Dernière édition par Mélodie Von Steiner le Dim 28 Juin 2009 - 22:23; édité 1 fois
Lalwendë Valendil
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MessagePosté le: Mar 17 Fév 2009 - 21:48 Répondre en citantRevenir en haut

Lalwendë écouta avec attention les paroles quelque peu désorientées et incohérentes de la jeune femme, qui se tenait inclinée avec la plus grande déférence face aux deux Liées. Sa posture particulière intrigua quelque peu la Maîtresse Argentée, mais elle était peu renseignée sur les manifestations de culte et ne fit donc aucune remarque. Le ton solennel, quasi pastoral d'une si jeune femme, la perturba d'avantage et ses mots sous-entendaient presque un sang royal et de lourdes responsabilités...

Rakauth eut un rire profond, rocailleux qui roula dans l'esprit de Lalwendë, comme celui de Mélodie...

** Ma foi, ce n'est pas désagréable d'être prise pour une émissaire divine! Mais malheureusement je ne crois pas avoir apporté ni paix, ni fécondité sur ce continent! **

Lalwendë se contenta de lui jeta un regard et un petit sourire en coin... Elle descendit rapidement du rocher sur lequel elle était juchée pour se mettre à la hauteur de la jeune fille. De plus près, son visage avait gardé des traits gracieux et juvéniles...

Jeune fille, je n'ai aucun droit pour te punir, de plus d'une faute dont j'ignore tout!

Rakauth la coupa mentalement, ses yeux opalescents brillants toujours d'amusement:

** Demande lui donc son nom! Et qui est la personne qu'elle attend! **

* Minute ma grande! Tu vois bien qu'elle est effrayée! Laisse lui le temps de reprendre son souffle!*


Lalwendë s'approcha de la jeune fille et lui adressa un sourire doux qui se voulait apaisant. Son visage fin s'éclaira et aux coins de ses yeux naquirent de fines ridules...

Jeune fille, accepterais tu de me confier ton nom? Et quelle est cette personne que tu sembles attendre alors que tu viens juste de t'arrêter de courir?

L'elfe marqua une pause et rit franchement:

Pardonnes donc la curiosité de la vieillesse, mais je ne veux en rien brusquer ton intimité!

Son regard se porta à l'horizon, dans la même direction que la jeune inconnue, et malgré ses yeux elfiques, elle ne distingua rien d'autre que les herbes hautes, parsemées ça et là de peupliers rougeoyant et de buissons... Le vent sifflait et faisait onduler la surface verte, dessinant des vagues sur cette mer végétale. De lourds nuages d'automne, chargés de pluie apparaissaient dans le lointain, apparemment seuls poursuivants de la jeune fille toujours essoufflée et rougie par sa longue course.
Mélodie Von Steiner
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MessagePosté le: Lun 9 Mar 2009 - 22:21 Répondre en citantRevenir en haut

Mélodie était stupéfaite. Tout d’abord elle apprenait que Lalwendë et sa liée n’était pas des envoyés divins, mais surtout qu’elle n’allait pas être punie. Ce deuxième point la réconforta, cependant le premier ne sembla pas être concevable dans son esprit. Comment la dame elfe pouvait-elle chevaucher un dragon sans être un messager des dieux-dragons, ni même être une déesse elle-même ? Elle secoua la tête, chassant d’obscures pensées de sa tête. Alors même que son pays était sous le joug d’une domination irréfragable, comment pouvait-elle se laisser aller ainsi ? Elle se tenait toujours à l’arbre, les joues rougies par l’effort précédent, mais aussi par le fait qu’elle voyait encore le paysage se déformer quelque peu. Elle inspira un grand coup et, au bout de quelques minutes, pu se tenir droite. Le rire de la dragonne d’ailleurs lui procura un frisson dans tout le corps. Ce son n’était pas vraiment ce qu’elle avait l’habitude d’entendre. Elle dirigea son regard vers la liée d’argent et baissa ses yeux instinctivement.

« Excusez mon impertinence, mais si vous n’êtes pas des dieux-dragons, alors qui êtes-vous ? De plus, nous avons toujours cru en vous et en ce que vous nous apportiez, quoi que vous en disiez. »

Elle hésita un instant, se demandant si ce n’était pas la dragonne qui lui avait parlé. La jeune femme était-elle douée de télépathie ? Etait-ce le dieu-dragon qui s’était adressée à sa modeste personne ? Elle recula d’un pas, craignant soudainement l’usage là de quelques magies noires et obscures, de celle qui font fuir les esprits des corps pour ne laisser que des coquilles vides. Mais elle fut devancée par Lalwendë qui s’avança à son niveau.

« Mais pourtant … vous … votre amie … je ne sais que dire. »

Déçue, désemparée. Elle avait tant cru s’être adressée à des émissaires divins que le choc de la révélation lui faisait l’effet de tomber de très haut, sans pour autant en avoir le souffle coupé. Elle inspira une nouvelle fois, reprenant son souffle calmement. Ses joues rosirent un peu, montrant alors que l’effort semblait passé désormais. Elle écouta la question posée avec attention, réfléchit à ordonner sa réponse avant de répondre calmement.

« Je me nomme Mélodie Von Steiner, ex-Reine de cette région. Je viens de subir un terrible coup du sort et mon royaume est perdu. Mon Prévôt, messire Vénéron, m’accompagnait lorsqu’une bande de bandit nous à encerclé. Il est resté sur place pour me permettre de fuir … et c’est lui-même que j’attendais. »

Elle ne s’était pas attendue à en dire autant du premier coup, mais elle se sentait en confiance auprès de l’elfe dont l’âge démontrait néanmoins une grande sagesse. Mélodie se calmait, mais elle restait inquiète de ce qui s’était passé plus tôt. Il n’était toujours pas là, et elle commençait à envisager les pires scénarios dans sa tête. Et cela lui vint alors en tête que si ces personnes n’étaient pas des dieux-dragons, alors qu’étaient-ils ? Elle garda la question dans sa tête, trouvant sa remarque quelque peu osée. Elle redressa son corset métallique et sa tiare ornée de pierres précieuses. Elle était certes de la très haute aristocratie, elle avait cependant eu la chance de ne pas hériter de l’orgueil naturel de cette classe. Ses yeux gris détaillaient la jeune femme ainsi que la dragonne. Qui étaient-elles, que faisaient-elles ici ? Leurs rencontres étaient-elles fortuites ? Ces questions se bousculaient dans sa tête sans pour autant qu’elle n’arrive à y répondre.


Dernière édition par Mélodie Von Steiner le Dim 28 Juin 2009 - 22:23; édité 1 fois
Lalwendë Valendil
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MessagePosté le: Sam 14 Mar 2009 - 20:28 Répondre en citantRevenir en haut

Les yeux perçants de la vieille elfe se détournèrent de la jeune femme pour fixer à son tour l'horizon... Quelques lourds nuages s'avançaient paresseusement dans leur direction, laissant présager une proche averse. Si Lalwendë s'attendait à les voir teintés de rouge, du sang et des incendits qui accompagnent les coups d'état, ce n'était nullement le cas. Ils paraissaient banalement gris, et à leur approche les écailles de Rakauth s'assombrirent légèrement. La dragonne fit onduler son long cou fin, et vint placer ses yeux opalescents dans ceux de la reine déchue, à moins d'un mètre de son visage...

** Mon amie, je crois bien que cette fillette à quelque chose de spécial... **

Lalwendë haussa un sourcil et regarda Mélodie avec attention, sans rien dire. Ses yeux glissèrent sur la parure richement ornée et une mimique inquiète s'afficha sur ses traits ridés, puis son regard se porta à nouveau vers la direction empruntée par la jeune fille...

Parée comme vous êtes, je conçois que vous soyez une cible idéale pour une bande de mécréants... Si votre ami est resté seul face à un groupe armé... Vous avez eu de la chance de pouvoir vous en sortir...

Lalwendë laissa sa phrase en suspend et Rakauth coupa brutalement ses reflexions... Au loin, ce n'était pas un homme seul, mais un petit groupe qui venait d'apparaître à la lisière des bois.

** Tu ne m'écoutes pas? Je te dis que cette petite à le Don! Fillette, je crois que nous ne devrions pas trainer ici, à moins que votre Prévôt ait trouvé du renfort, je crains que ce ne soit pas lui qui s'approche...**

Cette fois, la vieille elfe jeta un regard surpris à la grande reine Argentée, ne pouvant masquer son étonnement, le doute peint sur le visage... Rakauth ne s'adressait jamais ainsi aux bipèdes autres que sa Liée, la laissant la plupart du temps faire la comission à sa place, dédaignant souvent converser avec ces frêles créatures... Lalwendë vit qu'effectivement une petite dizaine d'hommes s'avançaient rapidement, sous les nuages gris. Elle fronça les sourcils, ennuyée. Mélodie allait certainement avoir quelques ennuis, et depuis fort longtemps, Lalwendë avait décidé que les affaires du peuple ne méritaient pas vraiment l'attention des Maîtres Dragons. La vieille femme ne contournerait pas ses habitudes, les règnes se font et se défont, inutile de prendre parti pour l'un ou l'autre des béligérants. De plus, la jeune fille était peut-être issue d'une dynastie de tyrans, auquel cas sa fin soulagerait une région entière... Lalwendë s'éclaircit la gorge, puis fit un petit sourire à Mélodie:

Bien, jeune fille, nous discuterons certainement un peu plus tard, j'ai bien l'impression qu'il va pleuvoir, et peut-être pas uniquement de l'eau... A mon âge, savez vous, l'humidité est extrêmement néfaste, aussi je me vois contrainte de prendre congé... N'en voyez là aucun ennui de ma part, mais les aléas du temps sont ce qu'ils sont, n'est-ce pas?

** Lalwendë! Cesse ces sottises! Cette petite a le Don! **
* Ma chère, Don ou pas, je n'ai jamais eu d'Aspirant, je ne veux pas d'embrouilles, merci bien! *


Le ton de la maîtresse dragon n'était aucunement agressif, seulement un peu blasé... Lalwendë avait d'autres soucis en ce moment pour se permettre d'accumuler les handicaps! Mais la Reine Argentée n'était pas du même avis...

** Je te le dis de suite, hors de question que nous l'abandonnions ici! **
* Rakauth, tu ne sais pas qui elle est! Si ça se trouve, elle et ses pairs martyrisent des enfants, et règnent dans le sang! Auquel cas, heureusement qu'ils sont démis de leurs pouvoirs! *


La dragonne ne répondit pas, mais s'approcha d'un bond de sa Liée et de Mélodie. Elle abaissa son aile, et Lalwendë grimpa lestement sur le dos écailleux. Mais la reine Argentée ne décolla pas, au contraire. Elle s'adressa directement à la petite reine, d'un ton dur:

** Monte, et vite! Ceci n'est pas une option. **

Lalwendë soupira, et capitula mentalement. Il était dommage que la mort survienne dans une vie qui ne faisait encore que s'ébaucher, aussi elle tendit la main vers la jeune femme pour l'encourager à monter...
Mélodie Von Steiner
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MessagePosté le: Dim 28 Juin 2009 - 22:58 Répondre en citantRevenir en haut

Mélodie avait enfin réussi à reprendre son souffle. Son cœur semblait battre enfin à un rythme normal, même si le stress lui faisait encore ressentir les battements de ce dernier dans sa tempe. Elle redoutait le moment où les assaillants reprendraient leur chasse après s’être débarrassés de Vénéron. Un peu affolée, elle ne savait plus où donner de la tête. Elle se sentit un peu frustrée lorsque les yeux de son interlocutrice semblèrent la passer en revue. Elle détourna la tête, les joues légèrement rougies encore par l’effort précédent qui lui accorda le bénéfice de la survie en échange d’une fatigue plutôt tenace. Et malgré les bonnes intentions de la jeune femme et ses mots compatissants, elle ne semblait absolument en aucun cas disposée à aider la jeune ex-reine. Elle ne cacha pas sa déception en expirant un peu exagérément. Elle tenta de répondre quelque chose à propos de Vénéron, mais si ses lèvres s’entrouvrirent, aucuns mots n’en sortirent. Elle abandonna alors, se sentant plus que délaissée à son sort qui n’était en rien enviable. Mais elle semblait recouvrer espoir quand la liée de Lalwendë lui souffla dans l’esprit qu’elle devait fuir, ce à quoi elle gratifia sa réponse d’un hochement de tête. Mais l’excuse que prononça sa dame devant Mélodie la laissèrent coi. Sa surprise s’étendit d’ailleurs à ses yeux qu’elle ouvrait grand, sans s’en rendre compte. Cependant, elle ne pu protester. Forcer Lalwendë à rester avec elle relevait du pur suicide, enfin c’est l’excuse qu’elle lui attribua pour ne pas lui en vouloir.

« Je comprends bien, Dame Lalwendë, cependant je vous prie encore de bien vouloir m’excuser mais ma cause est … »

Ses paroles furent coupées nettes par l’injonction de la dragonne. Rakauth la surprit par le ton sévère employé, mais la main tendue de la Dame lui redonna espoir. Elle monta sur l’aile du dragon du mieux qu’elle pu, prit la main tendue et se plaça derrière la femme d’âge mûr. Elle n’en revenait pas elle-même, c’était comme dans un rêve ou dans les écrits de sa religion. Le ciel gris commençait à se faire noir, et le soleil éprouvait du mal à transpercer de ses rayons les épais cumulus qui se faisaient de plus en plus menaçant. La jeune fille lançait un regard inquiet vers le chemin dont elle était issue, et se disait qu’elle ne reverrait peut-être pas ce lieu avant quelques temps, certainement après avoir mis en valeur les alliances qu’elle avait conclues. Cependant, c’était avec peu d’espoir qu’elle pensait convaincre son oncle de l’aider. Elle n’avait guère d’endroit où aller et elle ne savait pas où la dragonne allait l’emmener. Elle décida néanmoins de lui faire confiance et s’accrocha tant bien que mal où elle le pouvait. Elle murmura alors

« Je vous remercie, Dame Lalwendë, de votre altruisme. Je vous en remercierai grandement si je pouvais vous offrir quoi que ce soit, mais je n’ai plus rien. »

Elle resta songeuse un instant avant de se résigner à reprendre son royaume un jour. Les armures qui se rapprochaient évoquaient bien ceux du serpent, mais certains en portaient une différente qui appartenait à son oncle. C’est donc dans le regret que son dernier espoir s’envola et que ses dernières paroles lui fendirent le cœur.

« Mais je n’ai rien de plus à vous offrir que mes propres services, Dame Lalwendë. »

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