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 [RP] Destin maudit et maudit destin Sujet suivant
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Ketesh
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MessagePosté le: Mer 5 Nov 2008 - 14:40 Répondre en citantRevenir en haut


La lande d’Eru. Si fertile autrefois, maudite aujourd’hui. Pourquoi ? Les raisons restent obscures. Les écrits qui en donnaient la raison ont disparus et n’ayant pas été retrouvé, il n’en reste qu’un mystère planant sur ces lieux. Puis, dans le ciel sombre, un point scintillant apparaît au dessus de la plaine, dépourvue de toute végétation, se déplace à toute vitesse avant de prendre forme, comme si ce dernier s’arrêtait sur place. Puis de gigantesques ailes rouges d’une envergure sans pareille se déployèrent et se laissèrent planer le long du courant d’air qui portait la créature rouge ailée. Une forme sombre était assise sur le cou du reptile volant. Vêtue d’un long vêtement bleu, d’un masque dissimulant son visage, de gants noirs couvrant ses mains et chaussée de longues bottes de cuir, cette personne était la cavalière d’un être mythique. Le voyage dura le temps d’un clignement d’œil, avant que d’une main assurée, la personne désigna un endroit assez large pour accueillir la reine incarnate qui atterrit sur place avec douceur, en soulevant une masse de poussière considérable, mais en protégeant son cavalier en repliant ses ailes. Ce dernier sauta à terre, et caressa les écailles de sa liée.

**Alors, ce devrait être par là, d’après les souvenirs lointains, mais je n’en suis pas sûre. Le dernier souvenir que j’ai montre la plaine d’Aranis verdoyante, et non cette lande quasi désertique.
Je te crois ma douce. Nous allons chercher. Le premier qui trouve l’indique à l’autre.
D’accord ! **


La poussière se souleva une nouvelle fois, sous l’impulsion d’une grande force d’Alderyth, la reine rouge. Marchant pendant de longues minutes, un endroit attira le regard de Ketesh. Un symbole, inconnu, était visible par divers trous du à l’érosion temporelle de la roche. D’une pensée rapide, elle n’oublia pas de prévenir sa liée écarlate qui ne mit qu’à peine quelques secondes pour venir sur place. La main gantée se posa sur la paroi, effleurant la roche nue. L’effritement produit provoqua de légère chute de petits morceaux de terre, ce qui permit de découvrir la présence de quelque chose qui devait être là depuis beaucoup d’années, voir des siècles entiers. L’intervention sulfureuse d’Alderyth permit de dégager rapidement ce qui s’avéra être le haut d’une porte. Des symboles ornaient l’arche supérieure. Il fallait désormais creuser pour en dégager le bas, et ceci le plus rapidement possible.
Il fallut au moins trois jours de travail complet pour que l’arche soit entièrement découverte de sa couche protectrice. L’ouvrage ainsi mis à nue se révélait d’une grande beauté. De chaque côté était représenté un dragon assit, sur un piédestal sombre. De bas en haut, des inscriptions dans une langue inconnue de Ketesh étaient gravées dans le marbre noir aux nuances violacées. Mais ce qui était inconnue de l’un, ne l’était pas de l’autre, et ainsi l’affirmation d’avoir trouvé ce qu’il cherchait les satisfaisaient amplement. A l’intérieur de cette arche, un gigantesque couloir sombre, fait de granit plus noir que le charbon, s’enfonçait profondément dans les entrailles de la terre. Les escaliers étaient larges et permettaient à Alderyth de pénétrer dans l’antre. Les pas de la jeune personne masquée résonnaient et les sons se multipliaient au fur et à mesure de leur descente. Etait-il possible que des personnes soient encore vivantes dans un lieu enterré, loin de toute vie ? Chassant ces pensées de sa tête d’un signe réprobateur, le couple continuait de descendre les marches avant d’apercevoir enfin ce qui pourrait être considéré comme un hall d’entrée. Puis, un bruit lourd et grave troubla le silence. L’arche venait de se refermer, plongeant les deux liées dans le noir le plus total. Mais grâce à la reine incarnate et à une torche éteinte accrochée à un mur révélé par l’habileté de la première à faire de la lumière par ses flammes, la lumière fut. Ketesh et Alderyth continuèrent donc leur route, pénétrant alors dans ce qui semblait être le hall d’entrée du Kaerl Maudit.


**Il n’a pas de maudit que le nom, je te le rappelle.
Ne t’inquiètes pas pour moi ma douce, nous savons très bien toute deux ce qui nous attend.
Parfois les surprises sont plus inattendues qu’elles semblent vouloir le montrer.
Certes, mais avançons.
**

Le hall était bien plus gigantesque que l’escalier ne le laissait supposer. D’une hauteur à en couper le souffle, et d’une largeur telle, qu’être au milieu de se dernier provoquait un léger malaise. C’était par là-même l’essence du 4e ordre draconique. L’ordre maudit, celui dont le nom ne fut plus jamais prononcé, et dont il n’existe désormais plus de chevalier, se dévoilait peu à peu tel qu’il était vraiment. Deux lignées de six colonnes soutenaient le plafond. D’une circonférence telle qu’en écartant les bras on ne puisse même pas en atteindre la moitié, ces piliers de marbres sombre étaient en tout point intact. Des veinures blanches parcouraient l’ensemble des piliers, tout comme le sol aux dalles de marbres qui provoquaient des échos à chaque pas de l’un ou de l’autre des protagonistes. Au milieu de ce hall, quatres sorties étaient visibles. L’une au sud, menant à l’arche fermée, une à l’est menant à un bassin de repos pour les dragon, une à l’ouest dévoilant une surface marbrée noire suspendue au dessus du vide sur laquelle se trouvait un symbole de téléportation, et une dernière au nord menant à une salle plus vaste encore. Mais jamais, ni Alderyth, ni Ketesh, ne se doutaient de ce qu’elles trouveraient là-bas. Des hommes se tenaient droit comme des soldats. Soudainement, comme par magie, toutes les torches de l’endroit s’embrasèrent, et tout devint ainsi plus clair. Un homme, de grande taille, se tenait au centre de la pièce, derrière duquel se trouvait nombre de personne amassée. Tous des hommes, plus ou moins vieux. Il s’agissait d’un ensemble de spectre, hantant l’endroit à jamais. Comme par déclic, ils se mirent en mouvement, virevoltant dans les divers endroits. Les fantômes des dragons étaient également visibles à leurs côtés. Un frisson parcourut l’échine de Ketesh qui ne s’arrêta pas pour autant. Mais alors qu’elle arrivait au milieu de la pièce vide, comme toutes les autres, une voix retentit du fond du lieu maudit.

Qui que tu sois, les vivants n’ont pas leur place auprès des morts. Ceux qui sont maudits ne les acceptent pas à leur côté.

Il fallut du courage à la jeune adolescente masquée pour répondre, de sa vraie voix, d’un volume assez fort pour que tous dans la pièce entende et s’arrête sous l’effet de la surprise.

Je ne suis pas ici pour être à vos côté. Je suis ici pour prendre le contrôle de cet endroit. Et rien ni personne, ni même un mort ou un maudit, ne m’en empêchera.

Un lourd silence s’ensuivit. La prestance de Ketesh sembla faire l’effet d’une chape de plomb qui tombait dans un lac silencieux. Après avoir attendu quelques minutes, la jeune masquée et sa liée reprirent leur chemin, mais rapidement les esprits formèrent une espèce de barrière intangible, empêchant les deux liées de se diriger vers la sortie nord, menant au trône. On fit clairement comprendre que seule l’humaine passerait, et la voix d’outre-tombe se fit entendre de nouveau.

Si tu veux cet endroit, il faudra me passer sur le corps, moi le maître actuel. Accepte un duel. Si je gagne, vous n’en ressortirez pas vivant. Si vous gagnez, je vous laisse ma place.

Ce à quoi répondit Ketesh :

Parfait. Mais sache que si je gagne, tu regretteras mille fois plus de m’avoir laissé cette chance de gagner.

La jeune liée s’avança, sous le regard inquiet de la dragonne.

**Reste prudente. Ces personnes sont anciennes, c’est sûr. Alors je t’en prie, soit prudente, je ne voudrais pas te perdre maintenant.
Ne t’ais-je donc jamais dis de m’inquiéter pour moi ? Je vaincrais, comme à mon habitude.

**

La salle du trône était silencieuse. Une personne, à l’allure fantomatique, se tenait au milieu de la pièce. Vêtue d’une armure noire magnifique, il portait dans sa main une grande flamberge. Des armoiries étaient visibles sur son armure, de couleur blanche et violette. L’adversaire empoigna son arme fermement, et commença à faire quelques pas de côté pendant que Ketesh avançait sûrement en sa direction, sa faux dans la main, lame pointée vers le sol. L’adversaire ne devait certainement pas s’attendre à ce que son antagoniste soit si puissant pour une personne à l’apparence si frêle. Mais toujours est-il que le maître percuta violemment un mur avant de se voir perforer d’une dague dans chaque main le maintenant au dessus du sol. Avec un plaisir non dissimulé, Ketesh dégaina son épée large et la planta avec douceur et lenteur dans l’épaule droite, puis l’épaule gauche de son adversaire, avant de la plonger dans ses entrailles. Les hurlements de douleurs étaient à frémir, mais il avait été averti. Le coup final détacha la tête de son reste du corps par un mouvement circulaire de la faux. La jeune humaine retira ensuite toutes les armes du corps inertes qui disparu peu de temps après. La victoire fut sans équivoque. La jeune masquée se dirigea alors vers le trône, alors maculé de fines gouttelettes de sang. Elle s’y installa confortablement avant d’ordonner d’un geste de la main que place soit faite afin que sa liée la rejoigne. Alderyth avança d’un pas lourd, pour finir par s’allonger aux côtés de son aimée, sa tête surplombant avec autorité la scène sous ses yeux. Les fantômes s’agglutinèrent devant leur nouvelle maîtresse puis s’agenouillèrent en baissant la tête. Le 4e ordre allait refaire surface bientôt, avec à sa tête l’être le plus impitoyable qu’il eut été donné d’exister.

Désormais, le Kaerl maudit va renaître de ses cendres. Que les drapeaux en bernes affichent leurs couleurs ; que la porte soit dissimulée comme elle l’était auparavant ; que les lieux soit remis à leur état le plus favorable avant le quatrième couché de soleil. Maîtres dragons, restez avec moi, j’ai à m’entretenir avec vous. Les autres, allez-y !
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MessagePosté le: Mer 5 Nov 2008 - 14:40 Revenir en haut

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Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2008 - 20:13 Répondre en citantRevenir en haut

[Désolé c'est un peu long... Mais bon le "et elle arriva par hasard au milieu de la lande" me semblait un peu gros... xD]

°Tu aurais du prévenir quelqu’un ! Anya, Azenis ou Chanys même ! Personne ne sait que nous sommes ici !° grogna Selen’ti tandis qu’il surplombait un désert lugubre, sa liée solidement arrimée à son dos.
Dymphnea comprit sans effort qu’il quémandait la permission de s’acquitter de cette tâche. Elle le soupçonnait même de ne pas être apparu au plus près, à cette intention.
Mais la demi-elfe ne l’entendait pas de cette oreille. Cette imprudence ne lui ressemblait pas mais elle ne voulait pas inquiéter ses proches ou risquer d’ébranler la résolution de maître Chanys avec des sujets si dérisoires !


°Tu ne veux pas leur avouer que tu fouinais dans les affaires d’autrui.°
constata Sele’nti avec amertume.

°Que diraient-ils de moi ?° se lamenta Dymphnea, la barrière de son mutisme cédant devant la voix de la raison.

°Cela ne te ressemble pas, Yphna. Toute cette imprudence. Ils auraient compris…°

°Il y a quelque chose, là-bas !° l’interrompit Dymphnea, envahie par l’excitation des enfants à qui l’on promet un présent. Cependant son enthousiasme s’évanouit bien vite, lorsque les ailes du véloce blanc dévorèrent la distance, et que le point noir se mua en une arche sinistre, gardée par deux dragons noirs de belle taille. Dymphnea gigota, mal à l’aise.

°Paix, Yphna, mon sang n’est jamais de pierre.°

Et lorsqu’ils se posèrent, Dymphnea ne put que constater que Sele’nti avait vu juste. Le regard immortel d’un noir brillant, empreint de la gravité que seule possède la pierre, des deux dragons n’en était pas moins dérangeant. Il ne manquait que la vie à ces créatures là pour s’animer, et cette sensation n’était pas pour la rassurer. La vue d’un interminable escalier s’enfonçant dans les entrailles de la terre, acheva son malaise.
Elle aurait donné cher pour savoir ce que Ferson pensait que ce gouffre abritait.
°Nous n’aurions peut-être pas du aller à cette réception.° lui concéda le dragon blanc, curieux reflet d’albâtre des froides statues d’obsidienne. La nostalgie irisait ses yeux fabuleux.
Tout cela paraissait si loin à la demi-elfe, qu’elle mit une éternité à comprendre de quoi il parlait.

Et parce qu’il est une chose que de pressentir un péril, et une autre de le fuir, Dymphnea amorça la descente du long escalier, son lié lui emboîtant le pas. Et bien vite, Sele’nti devint le seul souvenir qu’elle conserva de la lumière du jour, de sa clarté aveuglante et impitoyable sur laquelle les ombres rechignent à s’imposer.

Cette descente monotone éveilla son ennui, et lui revint en mémoire l’incident de la veille…
Tandis que la maîtresse blanche prenait part à une discussion interminable et futile sur la politique du Màr Luimë, acquiesçant régulièrement pour ne pas trahir son ennui, avait retenti une sourde accusation :
"Vous ne semblez pas vous soucier du sort du kaërl, Dymphnea… Pourtant vous aviez l’air plus loquace avec maître de Lirrek."
Cette pique soudaine et inattendue la laissa sans voix. La colère de Sele’nti la brûlait, et c’est fulminant d’une rage sourde qu’elle toisa l’impudent. Myrian, aspirant de Ferson Von Wallenrod. La catégorie détestable de ceux qui se croient autorisés en lieu et place de leur maître.
"Voyons, Myrian, ne pourriez-vous préserver l’intimité des relations de Dymphnea ?"
Dymphnea piqua un fard du plus bel effet, avant de porter ses yeux, brillants de reconnaissance sur son ancien mentor. Azenis avait toujours su lire en elle avec une perspicacité déstabilisante. Si Anya sa mère, s’était toujours montrée prévenante, Azenis était son ange gardien, celui qui la sauvait lorsqu’elle n’espérait plus d’issue. Maintes fois, elle l’avait supplié de ne pas tant en faire pour elle, arguant qu’il ne pouvait décemment être vu comme cause de sa malédiction. Mais toujours Azenis lui opposait un silence poli et patient, avant de nier comprendre de quoi elle parlait, un sourire amusé aux lèvres.

Azenis lui avait sauvé la face, les rires balayèrent cette insidieuse accusation, et elle s’en tira en n’ayant qu’à déplorer les yeux ronds qui se posèrent sur elle. Néanmoins, la fureur de Sele’nti trouva encore écho dans son cœur, lorsqu’elle vit le sourire en coin de Myrian, lorsqu’il se fondit parmi les convives, feignant à merveille le dépit. Elle le chercha du coin de l’œil, mais il ne reparut jamais.

Que la soirée lui avait paru longue ! Elle avait saisi sans hésiter, la perche que lui tendit Azenis après le dessert, suggérant que son teint pâle trahissait son besoin de repos imminent. Quittant la réception sans se faire prier tant elle n’avait même plus le cœur à sourire, Dymphnea renonça aussitôt à chercher un repos illusoire dans sa paisible chambre. Sele’nti suivit un temps sa liée dans les froids corridors, presque déserts à cette heure, ne la laissant qu’aux portes de la Rotonde. Ne s’accordant pas le luxe de l’hésitation, Dymphnea se rendit résolument à la porte des appartements de Ferson Von Wallenrod. Si sa rencontre avec Chanys devait réellement être portée aux oreilles d’un conseiller, elle préférait que ce soit à l’aide de sa version de l’histoire.
Elle frappa d’un coup net à la porte, mais personne ne lui répondit. Mue par une impulsion soudaine, malgré les protestations de son lié sur l’heure impromptue, elle ouvrit la porte, s’étonnant de la trouver déjà ouverte. Après un élégant vestibule, elle déboucha dans un petit bureau poussiéreux, sentant le renfermé et les vieux livres. Avançant avec circonspection dans ce qui était sans aucun doute possible, l’antre d’un rat de bibliothèque, elle ne put que se ranger à l’avis de Sele’nti, si Ferson dormait, son intrusion serait du plus mauvais goût.

"Maître Von Wallenrod ?" hasarda la demi-elfe.
Un silence trop parfait lui répondit.

"Wallenrod ?" risqua-t-elle plus fort, sans davantage de succès.
Sele’nti délaissa donc l’inquiétude pour l’accabler de reproches. Il n’était pas convenable qu’elle s’introduisit chez un membre du conseil. Faisant la sourde oreille, Dymphnea détailla le bureau de bois sombre, jonché de papiers de toutes sortes, étouffant sous les cartes déployées, et une pile instable de missives attira son regard. Attrapant la première de la pile c’est résignée qu’elle reconnut le nom de Myrian griffonné de manière tortueuse dans une tentative de signature. Sans vergogne le jeune effronté calomniait la plupart des membres du Màr Luimë. Dymphnea doutait forcément que Ferson ait approuvé ce genre de comportement, qui visait davantage à se faire mousser en semant la discorde au sein du kaërl, qu’à une véritable enquête sur le funeste assassinat de Llewelyn.

C’est donc avec une culpabilité moindre qu’elle jeta les doléances de l’âtre dans la cheminée. Mais ce faisant, elle ne put que constater avec quelle impudence s’amoncelaient les cendres dans l’âtre. Décidément, elle aurait cru maître Von Wallenrod plus soucieux de l’entretien de sa propre demeure !
Après une brève hésitation, d’autant plus que la diffamation avérée de Myrian avait eu raison des protestations de Sele’nti, Dymphnea résolut d’écrire à son tour une lettre au conseiller. S’asseyant au bureau de bois, extirpant par miracle une feuille de parchemin vierge qu’elle posa sur une carte dont seule l’exécution trop soignée interdisait de voir comme sous-main.
Tirant une plume d’oie d’un pot surpeuplé de pinceaux de toutes tailles, elle la trempa dans le seul encrier visible, et se heurta à un crissement bizarre. Sa plume n’avait fait qu’écailler la sombre surface d’un dense agglomérat noir.
De dépit, Dymphnea laissa retomber sa main sur la vaste carte. Ce n’est que lorsqu’elle releva son poignet couvert de poussière qu’elle admit que quelque chose clochait.

°Ferson ne vit plus ici depuis des jours.°
Si elle avait du prononcer ces mots, sa voix serait certainement devenue dangereusement hystérique.

Après un silence interminable, Sele’nti lui confirma que personne, parmi ceux qu’il pouvait interroger sans éveiller les soupçons, ne semblait l’avoir vu récemment.
Avec des sueurs froides, Dymphnea repiqua la plume dans son pot, et glissa la feuille sous une pile, pressée de déguerpir de cette pièce qui lui paraissait aussi lugubre que si elle y avait été témoin d’un crime de plus. Avant qu’elle arrache sa présence à ce bureau délaissé, la carte attira son regard. De sublime facture, elle devait valoir à elle-seule une véritable fortune, et pourtant son possesseur s’était risqué à la quadriller de traits disgracieux, d’annotations maladroites, maculant les contours délicats de Tol Orëa, recouvrant sans remords les fins reliefs et les noms des fleuves et des régions.

Et là, accompagné d’une tache d’encre précipitée et surprenante, un gribouillage plus net et plus récent, marquait un point des Landes. Et tout était parti de là.
A cause d'une bavure sur une carte rarissime.
Ketesh
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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2008 - 22:07 Répondre en citantRevenir en haut

Les archives comportaient des bijoux de l’histoire Tol Orëannienne. La disparition des derniers Valherus, la malédiction du Màr Dìnen, la raison de sa création ainsi que des plans géographiques plus que complet. Tout ces vieux parchemins jaunis par le temps, parfois incrusté d’une toile d’araignée un peu tenace, mais rendant la découverte encore plus mystérieuse. Puis, après avoir étudier une bonne partie de la journée, la jeune femme masquée monta l’escalier serpentant autour d’une volumineuse colonne noire ouvragée. Les marches étaient en excellent état, ne trahissant pas le temps qui avait vécu là, inlassablement. Enfin, d’un pas mécanique, elle se dirigea vers son trône où se dressait fièrement non loin de l’objet du désir, la reine incarnate Alderyth. Elle déposa un baiser en levant légèrement son masque sur les narines de la dragonne, avant de se retourner soudainement, les sens en émoi. Rabaissant son masque, elle se dépêcha de se rendre dans ses appartements, pour se saisir de ses armes. Elle retroussa sa manche et y fixa sa lame rétractable. Elle enfila sa ceinture contenant son épée large dans le bas du dos. Elle glissa également, dans de multiples endroits de son vêtement, ses dix dagues finement ouvragées. Puis, tel un chef d’Etat, elle retourna dans son trône. Un son s’éleva de toute part du Màr Dìnen. Le son d’une corne, non pas de cuivre, mais d’os, qui provoquait une sorte de hurlement mortifère qui résonnait dans chaque parties du Kaërl.

Des formes blanches, à la fois transparentes et visibles, commencèrent à faire leur apparition. Vêtues tels des maîtres dragons, ces fantômes semblaient diriger leurs regard vers un seul endroit : l’escalier menant à la sortie. C’est alors, qu’ayant la main en l’air, Ketesh l’abaissa brusquement. La porte d’entrée du Kaërl suivit l’ordre et percuta le sol avec fracas, plongeant l’endroit dans le noir. Plus un bruit, le silence dominait l’endroit. Désormais, seul parfois des courants d’air froids pouvant donner des frissons dans le dos, circulaient dans le Kaërl. Les chevaliers fantômes se regroupaient dans la salle principale. D’un mouvement leste, la jeune Dame du Màr Dìnen se leva, et aucun de ses pas ne résonnèrent sur le sol. Maîtresse de cette demeure du silence, elle en était la reine ; tout comme sa dragonne et les habitants de cet endroit, nul ne produisait un seul bruit. Les champs des cornes s’arrêtèrent dans un silence absolu. Tout n’était plus que mutisme. Ketesh arriva sur place, faux à la main, accompagnée de sa liée.

**Un intrus ?
Sûrement.
Comment aurait-il découvert ce lieu ?
Qui sait ... ?**


La conversation se termina dans la lourdeur de l’attente fébrile. La lame en croissant de lune vacillait de droite à gauche telle un pendule marquant indiciblement l’avancée des secondes, et plus précisément du temps qui ne ralentissait jamais. La noirceur de l’endroit n’était cependant pas seulement que le fruit de la fermeture de la porte. Puis des symboles apparurent le long des murs de l’escalier où se trouvait l’intrus, enfin plus particulièrement l’intruse. Les symboles prenaient forme et se mutaient en des lettres connues de tous.

« Il n’y a point de silence dans ton âme. Les regrets, jamais ne s’évanouissent. La Dame silencieuse ne parle pas. Le silence est roi. La nouvelle reine se montrera plus féroce. Le sang parle pour les morts. »

Ces inscriptions d’argents se teintèrent de rouge. La noirceur éclairée reprit sa force. Le rouge devint sang, et le sang coula contre les murs pour disparaître. L’obscurité redevint maîtresse du Màr Dìnen.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mer 19 Nov 2008 - 20:42 Répondre en citantRevenir en haut

Alors que son pas régulier vainquait les marches une à une, Sele'nti se glissait à sa suite, avec une aisance indécente eut égard à sa taille. Elle se garda de lui en faire la remarque, sûre qu'il ne manquerait pas de lui opposer que elle, avait toujours envié la grâce naturelle de ses parents elfes. Et dans ce gouffre surprenant, la rassérénait de savoir, que Sele'nti se mouvait avec adresse, assurance presque, entretenant un confortable sentiment de sécurité. Qu'ébranla un curieux bourdonnement.

Moins clair que le glas, mais plus lugubre encore, l'affreux grondement fit porter ses mains à ses oreilles à la demi-elfe. Sele'nti secoua la tête, à la manière d'un cheval qui s'ébroue, dérangé par ce son insupportable. Ce n'était pas un cri, faute de créature assez ignoble pour le pousser. Plus vraisemblablement l'œuvre d'un instrument sinistre, aux notes funestes renforcées par l'acoustique particulière que devait avoir cette grotte insondable.

Dans la pénombre, où ses yeux perçants déchiffraient les contours, tantôt irréguliers d'une caverne ancestrale, tantôt lisses et polis, ouvrage si saisissant qu'on peinait à le croire conçu par des mains humanoïdes, Dymphnea sursauta lorsqu'elle distingua d'étranges silhouettes évanescentes, surgies de quelque conte oublié. Elles avançaient lentement, fixant la maîtresse blanche de leurs yeux sans vie, menaçantes, telles des fauves se rapprochant de leur proie à pas comptés. Un raclement sinistre retentit, fort du poids de la pierre ébranlant les fondements même du monde, et, paralysée sous le regard insistant de ces spectres vaporeux, Dymphnea ne trouva pas la force de s'en détourner pour vérifier si quelque chose ne s'était pas effondré dans leur sillage. Si la caverne toute entière s'effondrait et qu'un rocher ravissait sa vie, cela valait mieux comme fin que celle d'être à la merci de ces choses.
Et le silence s'imposa davantage qu'il ne se fit, comme si son absence créait le bruit, et non plus l'inverse.
Un courant d'air glacial s'immisca sous sa chemise, et Dymphnea frémit. Elle s'était préparée à affronter la chaleur torride du désert et non l'étau gelé de ses nuits. Elle ne se souvenait pas avoir abaissé sa vigilance et pourtant, les spectres s'étaient dérobés à sa vue, se fondant dans des ombres plus tenaces que celles d'un soir nuageux...
Mue par une impulsion soudaine, terrorisée, elle recula d'un bond, sa main heurtant vivement les froides écailles de son lié. Ce contact frais, lui parut plus chaud qu'une flamme vive, plus réconfortant que la plus douce des couvertures, et elle se morigéna.
Depuis quand se comportait-elle comme une enfant apeurée?

°Tu n'as rien à te reprocher, Yphna.°
Et par ces mots réconfortants, animé de la douceur d'une brise d'été, elle comprit. Ils étaient toujours là, aux aguets, ces fantômes hostiles, leur simple présence défiant l'ordre même du monde. Trop en retrait pour qu'elle ne put les voir, dans cette noirceur omniprésente, mais pas assez pour se soustraire aux sens aiguisés du dragon d'albâtre, qui sentait plus qu'il ne voyait, les affreuses créatures, par un frémissement glacé dans l'air ambiant.

Dymphnea prit sur elle pour ne pas se recroqueviller contre Sele'nti. Généralement, la demi-elfe parvenait à voir dans le noir aussi bien que dans une douce pénombre aux ombres démesurées. Le plus infime rayon de lumière lui suffisait, aussi jamais n'était-elle confrontée à l'obscurité glacée, sinon dans le néant de l'interstice. Lorsqu'aucune lueur, aussi frêle et fragile soit-elle, ne demeurait.
Mais cette noirceur là ne se limitait pas à cela. Eut-elle brandi une bougie, Sele'nti eut-il craché des flammes, qu'elle n'aurait pas été étonnée de voir les flammèches fléchirent, et les étincelles se fondre dans le noir le plus total, et à défaut de s'y éteindre tout à fait, devenir aussi sombres que la caverne, qui jamais ne semblait se lasser, de son immuable manteau de ténèbres.

D'étranges inscriptions se détachèrent du mur, luisantes, presque aveuglantes. Instinctivement, Dymphnea porta la main à sa blessure au poignet, et si ce geste lui arracha une grimace douloureuse, elle en fut légèrement, rassurée.
Ces lueurs éphémères étaient une cruelle aberration, lui rappelant la saveur de la lumière. Les paroles sibyllines se gravèrent dans sa mémoire, et elle blêmit, craignant que par une sombre ironie du destin, une autre malédiction prenne en affection ses frêles épaules. La promesse d'une reine féroce et de morts vindicatifs ne lui inspirait rien de bon.
D'écarlate ruisselant devinrent les mots, avant que la nuit éternelle de ce royaume souterrain ne les dévore à nouveau.

Et dans ce néant étouffant, ses pensées se démenaient.
Pas de silence dans son âme? Alors d'où lui venait ce calme effroyable, si dense, si imposant, qu'il lui semblait que ses lèvres plus jamais ne proféreraient le moindre son?
°Sele'nti.°
Ce mot contenait sa détresse mais ne résolvait rien. Malgré toute la puissance et la passion qu'on pouvait lui inculquer, la langue des dragons ne demeurait pas moins complainte silencieuse.

Mais pas lettres mortes. Elle savait que Sele'nti l'avait perçue.
Le dragon blanc la fixait, certainement. Ou plutôt fixait l'endroit où il supposait qu'elle se tenait, redoutant de bouger, de la bousculer dans ce brouillard de nuit, dans cet épais manteau tissé d'ombre.

Les griffes nacrées de Sele'nti cliquetèrent, éraflant le rebord des marches.
Les battements de son cœur lui parvinrent, assourdissants.
Son propre souffle la surprit et elle se maudit pour l'avoir suspendu pendant si longtemps.

°Qu’y a-t-il donc ici ?° gémit Dymphnea, libérée pour un temps de l'étau du silence.
°Si nous le savions nous ne serions pas là°, releva Sele’nti, non sans pertinence.

°Devrions-nous fuir? Devant rien?°
Sele’nti se tut, renonçant à expliquer que dans ce rien là il y avait assurément quelque chose.

°Je ne me sens nul devoir,° rétorqua-t-il finalement avec une ironie grinçante, éludant la question.
Ketesh
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MessagePosté le: Ven 21 Nov 2008 - 19:12 Répondre en citantRevenir en haut

Le silence était pesant, mais bien plus pour un camp que pour l’autre. Se décidant à avancer vers l’intrus d’elle-même, Ketesh fit un pas, puis un autre, sans faire un seul bruit. Aucun son ne la trahissait, ni même sa respiration derrière son masque blanc parsemé de formes couleur sang. Puis, avec magie et surprise, les flammes des bougeoirs muraux s’enflammèrent, diffusant une pseudo-chaleur, mais fournissant néanmoins une luminosité plus acceptable aux yeux des non habitués. La Dame silencieuse faisait face à un couple. Une dame accompagné de sa liée d’albâtre. L’activité reprit, le cor reprit son chant mortuaire et les fantômes disparurent en se fondant de part et d’autre de la citadelle de sang.

« Que faites-vous en mon domaine, le Màr Dìnen, étranger ? »

La voix était celle d’une enfant. Douce, chaleureuse, enfantine. Une voix d’une enfant de neuf ans tout au plus. Cependant la taille trahissait bien ce qu’elle était vraiment. Sa faux, tenue de sa main gantée, oscillait de droite à gauche, puis de gauche à droite, lentement, tel un pendule marquant le temps avec lenteur et sans saveur. Les flammèches dansantes se reflétaient sur les murs sombres, mêlant le noir veiné de gris et de blanc.

** Qui sont-ils ?
Je ne sais pas, des étrangers. Plus important, c’est comment ont-ils découvert notre Kaerl !
Et ce qu’il vienne y faire également ? Serais-ce curiosité que je ne manquerais pas de les dévorer.
Je n’en doute pas Alderyth, mais en ce cas, je te prie de te rapprocher, car un dragon blanc est également présent.
Alors j’arrive. **


Peu de temps après, la reine incarnate fit son apparition. Ses écailles reflétaient les flammes des bougeoirs. Son regard se plongea dans celui de l’albâtre, la fixant de ses yeux de colère veiné de sang. La tension montait, électrique, dérangeante. Le masque blanc fixait son demi-homologue humain.

°˚°


Salle noire, ambiance sombre, temps distordu. Cet endroit si familier ne l’était plus tant que ça. La jeune femme masquée faisait face à une fille de neuf ans. Rubis Metherlance, nom répugnant aux oreilles de Ketesh. Cependant, quelque chose en son corps souffrait, lui intimait d’aider cette enfant, recroquevillée sur elle-même, pleurant. Elle s’avança mais ce n’était qu’un miroir qui se brisait.

« Tu te crois la reine, mais mon esprit se fortifie. Je vaincrais. »

La liée de l’incarnate tourna la tête à droite, à gauche, fit demi-tour, mais tout n’était que noirceur autour d’elle. Puis, une autre apparition. La même petite fille, droit devant elle, qui la fixait de ses yeux de dragon en colère. Lentement, elle leva la main et tendit un doigt en sa direction.

« Bientôt, je serais la maîtresse du corps que tu m’as volé. Je te ferais disparaître, même s’il me faut pour cela sauter une nouvelle fois dans l’océan. »
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Ven 21 Nov 2008 - 22:37 Répondre en citantRevenir en haut

Le silence toujours. D'airain plutôt que de plomb. Plus dur, plus étouffant que pesant. Et son emprise inexorable sur ces lieux s'affirmait davantage, occultant lentement les sons les plus infimes, les plus anodins, les preuves même de la vie. Et pire que tout le reste, elle avait l'impression détestable d'entendre ce silence, suffisamment pour juger la surdité comme un tourment enviable.

Des torches surgirent du néant qui entourait Dymphnea et son lié, s'embrasant avec volupté, et la demie-elfe se plaqua davantage contre son lié, se réfugiant contre la fraîcheur réconfortante de ses écailles immaculées, préférant la morsure du froid à la chaleur tentatrice, qui dans ce lieu maudit, lui apparaissait tel un poison apte à émousser les sens.

Et, à la lueur de ces flammes soudaines, s'avança, avec le silence comme esclave, une silhouette vêtue de sombre, au visage dissimulé sous un masque blanc mêlé d'écarlate.
Paralysée une fois de plus, Dymphnea suivit des yeux la progression de la surprenante apparition.

°Un spectre, encore?° se désola la maîtresse blanche. Incapable à l'éclat des flambeaux, de se soustraire aux yeux hostiles des fantômes, elle en regretta presque les ténèbres, préférant la naïveté à une insoutenable réalité.

Sele'nti s'abstint de toute réponse, sa manière à lui d'éluder cette nébuleuse question, dardant sur Ketesh d'indéchiffrables yeux d'opales, que les torches peuplaient d'arabesques orangées.
Seulement, lorsque le son inhumain de l'ignoble instrument retentit de nouveau, rendant aux sons leur existence et dispersant les spectres, elle s'avisa que la silhouette masquée paressait des plus tangibles, même si l'écho de ses pas mourait avant de lui parvenir. Détail des plus troublants, qu'elle ne parvint jamais à reléguer au second plan.

Elle sursauta lorsque l'apparition s'exprima. Ou plutôt, elle conclut que ce ne pouvait qu'être elle, par manque d'autres coupables à accabler. Le masque restait impassible, ne trahissant pas les lèvres qui peut-être remuaient derrière. Dymphnea eut le sentiment d'assister à une mauvaise farce, une comédie douteuse où lui aurait échu le plus mauvais rôle.

Elle aurait juré que la voix était celle d'une fillette, ingénue et paisible, mais le reproche, la menace de la faux qui oscillait sous ses yeux, l'amenèrent à n'en garder en mémoire que la tonalité criarde.

Confesser son ignorance? N'était-ce pas la réponse la plus simple?

°Ne dis rien de stupide, Yphna.° la prévint Sele'nti, et en d'autres circonstances, cette remarque à brûle-pourpoint lui aurait dérobé un sourire.

"Je cherche un ami. Je crains qu'il ait pu se perdre en ces lieux." répondit Dymphnea avec humilité, et si sa voix ne trembla pas, ses mains s'en chargèrent, avant qu'elle n'ait le réflexe de les plaquer contre son coeur. Elle sentit le dragon blanc en rire intérieurement, d'un rire sans joie, rauque et ironique, la situation ne se prêtant guère à mieux.

Les yeux du dragon d'albâtre s'irisèrent, et suivant son regard, la demi-elfe retint son souffle, tandis qu'une prodigieuse dragonne incarnate se détachait de l'ombre, ses écailles flamboyant sous la caresse de la lumière des torches. A dire vrai, Sele'nti se sentit bien moins effrayé par cette menace là : s'il avait du trembler devant tous ceux de ses pairs qui le dépassaient par la taille, il n'aurait plus qu'eu à se terrer au milieu des débris de coquilles sur les sables argentés de la sphère de naissance.

°˚°

Le néant avait repris ses droits, comme si la soudaine clarté n'était qu'un luxe concédé par son manque de vigilance. Et au milieu des ombres intenses, une fillette aux cheveux de neige, à la peau exsangue, aux yeux d'un rouge vif, plus encore que le sang.

Dymphnea voulut interroger son lié, mais dans ce songe éveillé, elle était seule, sans espoir de secours. Elle voulut parler, mais la jeune fille brandit vers elle un doigt accusateur, coupant cours à ses paroles, comme l'aurait inéluctablement, la faux de sa précédente interlocutrice.

"Je ne te connais pas. Ce n'est pas moi que tu veux aider!"

Dymphnea ne sut, qui de la résignation ou de l'accusation la blessa le plus. Mais elle se sentit plus vide que jamais, trop vivement consciente que cette peine là n'avait rien à voir avec l'absence de Sele'nti à ses côtés...

[HRP/ Comme convenu, Rubis pointe Dymphnea du doigt... Si ça te gêne que j'ai fait parler Rubis, pas de problème pour que j'édite ^^" /HRP]
Ketesh
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2008 - 18:42 Répondre en citantRevenir en haut

Ketesh reprit conscience aussi vite qu’elle l’avait perdu. Combien de temps s’était-il écoulé depuis cette fluctuation temporelle et spatiale ? Rubis tentait de plus en plus souvent de refaire surface pour reprendre son corps, mais à chaque fois sans succès. Elle tenait tête à son propre visage dédoublé. Ou plutôt, était-ce elle la dédoublée, puisqu’elle avait enfoui l’originale au fin fond de son âme si noire.

La réponse donnée semblait avoir été donnée pour fournir un prétexte quelconque pour continuer la visite. Bien sûr, la réponse fut tout aussi directe, mais le ton de la voix ne changea pas du tout. Il resta celui d’une petite fille de neuf ans, toute fluette et gaie.

« Il n’y a plus personne de vivant en ce lieu. Il est celui des maudits, et ceux qui rentrent n’y ressortent jamais. »

Tout en disant cela, la faux n’avait jamais fini d’osciller, jusqu’à ce que le mouvement du balancier, à la fin de la phrase, se stoppe à une verticalité parfaite. Le son du tic-tac qu’elle produisait s’arrêta tout comme le cor qui produisait des sons aussi horribles les uns que les autres. Elle recula d’un pas, puis d’un autre, puis se retourna, posant sa faux sur son épaule.

« Mais vous pouvez toujours me suivre si vous voulez trouver la personne que vous chercher. »

Elle descendit les quelques marches, précédée de sa dragonne qui décolla pour rejoindre le centre de la salle. Rectangulaire, d’un plafond haut d’environ une dizaine de mètres, douze poteaux soutenant le ciel, en deux rangées de six. Du marbre noir veinés de rouge parcourait les murs et les colonnes.

**Que comptes-tu faire ? La tuer ?
Non, ce serait bien trop simple. Je veux jouer, me détendre un peu.
Alors, je m’occupe du blanc ?
Fais ce qui te plaît, j’approuverais. **


La reine incarnate décolla et se plongea dans la noirceur des hauteurs, tandis que la maîtresse du Màr Dìnen fixait son invitée. Elle lança sa faux en l’air, fit une révérence à la manière des rois et des reines. Son croissant de lune retomba à la verticale devant elle, et elle n’eu qu’à le saisir d’une main.

« Je me nomme Ketesh, maîtresse du Màr Dìnen, le Kaerl silencieux. Qui donc venez-vous chercher en ce lieu perdu ? Votre âme nécessite-t-elle une rédemption ? Car si telle est votre demande, je vous délesterais au plus vite du fardeau que vous portez. »
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Mer 26 Nov 2008 - 18:09 Répondre en citantRevenir en haut

Le néant recula, se fondant dans la subtile obscurité du sinistre mausolée où les yeux de Dymphnea peinaient à distinguer davantage que le rebord des marches de l'interminable escalier. Avec un soulagement non feint, la demi-elfe retrouva Sele'nti, et pourtant, elle se refusa le privilège de frôler des doigts ses froides écailles pour dissimuler l'angoisse de l'instant précédant, et faire disparaître l'éclat d'or qui striait douloureusement les yeux de son lié. Le dragon blanc, certes légèrement apaisé mais profondément sceptique, ne manqua pas de poser sur elle un regard sévère, de ceux qu'on emploie pour gronder un enfant turbulent.

°Que s'est-il passé? C'est comme si tu étais là, et ton esprit ailleurs.°

L'inquiétude rongeait chacun de ses mots.

°Encore une magie de ces lieux?° demanda Dymphnea, se retenant de frémir à l'idée de n'avoir été l'espace de quelques secondes, qu'une coquille vide insipide.

°Si c'est le cas, notre curieuse hôte ne semblait pas y être insensible.°


Sele'nti arborait désormais une gravité coutumière, considérant Dymphnea comme une fragile poupée de porcelaine, comme à chaque fois qu'un fait soulignait la faiblesse de sa race par rapport à celle des dragons. Comme si de rien n'était, la créature masquée s'exprima de nouveau, de sa dérangeante voix enfantine, mais mue par la méfiance de son lié, Dymphnea ne put que remarquer que la réponse avait trop tardé pour être tout à fait naturelle.
La maîtresse blanche baissa les yeux humblement, tant il lui sembla à ses paroles, avoir profané un cimetière. L'hostilité contenue des spectres lui semblaient plus compréhensible, plus logique.

°Puisse Ferson n'avoir jamais pénétré dans cet endroit maudit.°

°S'il était mort, nous le saurions!° tempêta Sele'nti, que l'impatience rendait irascible.

°Et si son âme persistait à hanter ces lieux?° suggéra Dymphnea. S'il avait s'agit d'aligner des mots et des pensées, certains lui auraient sans doute fait défaut avant qu'elle parvienne au bout de sa phrase. A cela, Sele'nti resta coi, et une détresse immense déferla sur son esprit, lorsqu'elle sentit son lié détourner ses pensées, pour ne pas qu'elle sentit qu'il craignait pour elle pareil destin. Et même si ses yeux d'abysses torturées restaient figée sur l'inconnue, elle n'avait pas besoin d'un regard pour sentir qu'elle avait touché chez son lié une corde sensible.

Dymphnea se serait volontiers enquis de Ferson, mais s'il avait réchappé de tout cela, elle avait la désagréable impression que prononcer son nom en ces lieux reviendrait à sceller son destin. D'autres questions se pressaient dans son esprit, lui glaçant le sang : la fille au masque était-elle morte, elle aussi? Si elle devenait une ombre parmi les ombres de cette demeure en ruine, s'en rendrait-elle seulement compte? Ou s'agissait-elle d'une frontière invisible, entre vie et trépas, qu'elle aurait pu franchir par inadvertance?
Finalement, Dymphnea fut bien aise que Sele'nti se soit détaché du fil de ses pensées.

Durant un instant qui s'étira avec une impitoyable cruauté, lorsque la faux eut cessé sa danse macabre, l'instrument infernal lancé ses derniers râles, Dymphnea regretta de n'avoir rien répondu pour briser le silence oppressant, qui, tel une bête tapie dans l'ombre, revenait toujours à l'assaut.

Dymphnea se mordit la langue aux propos de la maîtresse incarnate. Voilà que son mensonge avait eu bien plus que l'effet escompté ! Elle faillit protester mais craignit d'outrager son hôte par un propos déplacé. Au lieu de quoi, elle acquiesça dans un murmure, avant d'esquisser un pas. Elle se figea brièvement, comme si elle avait oublié combien ses jambes étaient lourdes, et lança un regard suppliant au dragon blanc.
"Reste ici." criaient ses yeux. Si le piège devait se refermer sur elle, ne pouvait-il pas être épargné lui.

Sans même prendre le temps de se lancer dans ce débat qui n'avait ni rime ni raison, certain qu'il était que ni l'un ni l'autre ne pourrait décemment survivre sans sa moitié, Sele'nti se dégagea de son immobilité de statue et, déroulant son corps immaculé dont les écailles luisaient avec pâleur, il dépassa la demi-elfe avec aisance, dévalant l'escalier avec une vélocité qui fit gémir Dymphnea.
Elle avait craint qu'il la laissa en retrait, mais bien avant de franchir le seuil de la salle vertigineuse qui s'ébauchait en bas, il se retourna vers elle, tordant son cou d'albâtre qui accusait sans pitié ses yeux d'un blanc sale.

°Retiens-moi.°
Mais l'injonction tenait plus du constat que de l'ordre.

°Je devrais m'offusquer de te voir plus téméraire que moi?°
Un faible sourire déchira son visage doux, en soulignant l'effroi, tant il semblait incongru.

°Peut-être aurions-nous du fuir...°


Et la mélancolie gagnait ses pensées. Réconfortante, Dymphnea hâta le pas pour venir à sa rencontre, mais il reprit son vol bas, avant qu'elle n'ait atteint sa hauteur. Dans ces lieux maudits, il n'était plus si sûr, d'être aussi rapide et aussi habile qu'il se plaisait à s'en vanter dans les cavernes confortables du Cìrban Telemna. Il craignait de livrer à la maîtresse incarnate et sa liée une piste trop évidente vers le refuge de leurs pairs. Mais s'il avait conscience de sa faiblesse, il ne désirait pas pour autant la partager avec Dymphnea. Car la douleur n'était pas pour lui de ses denrées qu'on épuise en en cédant à autrui.

Une salle, qu'en d'autres circonstances Dymphnea aurait certainement qualifié de prodigieuse les accueillit. Qui s'était donc donné la peine de bâtir une cité souterraine dans le marbre plutôt que dans la roche des cavernes? Si elle avait été insensible à la superbe des édifices du kaërl englouti, elle aurait sans doute condamné pareille vanité.

Dymphnea ne put qu'ouvrir de grands yeux devant la mise en scène de son hôte.

°A-t-elle été saltimbanque?°
railla Sele'nti, à son côté, feignant l'impassibilité.
Ne lui avait pas échappé le manège de l'incarnate, et l'assurance qui suintait des pas de leur étrange interlocutrice.

La demi-elfe ignora la remarque désobligeante de son lié et pourtant, pas une seconde, elle ne songea à tirer son épée pour faire de même. Elle s'inclina à son tour, chassant de son esprit l'incarnate qu'elle peinait à distinguer dans la noirceur des lieux.
°Sele'nti veille.° s'intima-t-elle.

°C'est moi.° la taquina-Sele'nti non sans bienveillance.
°Je suis là.° ajouta-t-il, la rassurant avec une douceur extrême, qu'en toutes autres circonstances elle aurait trouvé risible.

"Dymphnea, maîtresse du Màr Luimë. Je crains qu'il n'y ait méprise. Celui que je cherche ne se serait sûrement pas risqué à troubler le silence de votre demeure. Mes jours sont déjà maudits, mais ne vous souciez pas de moi, c'est un lot dont je m'accommode avec brio."

Même si certains jours sa malédiction lui pesait, elle n'avait pas la moindre intention d'en finir pour autant. Voilà des années qu'elle se battait pour vivre, et elle n'abandonnerait pas. Pour les siens. Pour Sele'nti. Et pour la satisfaction égoïste de se savoir vivre.
Ketesh
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MessagePosté le: Mer 26 Nov 2008 - 22:57 Répondre en citantRevenir en haut

La mise en scène, digne du théâtre, s’était révélée fructueuse. Ainsi, faisait face à la Dame du Màr Dìnen une maîtresse dragonne du Màr Luimë. Les intentions de cette dernière n’étaient donc point d’investir le lieu, ou de le visiter de fond en comble. Il ne s’agissait là que d’une visite inopinée et non voulue. Ketesh concéda donc à laisser repartir le duo. La reine incarnate se dirigea vers le trône sous la demande expresse de sa liée au masque blanc veiné de rouge.

« Si vous voulez bien excuser le piètre accueil de cet endroit, je vais dès cet instant vous ouvrir la sortie. »

Elle leva doucement une main en l’air, ce qui provoqua dans le même temps la levée de la porte qui, peu à peu, se confondait dans l’arche d’entrée. Le lourd bloc de marbre se déplaçait avec lenteur et les rayons du jour pénétraient avec timidité dans le lieu sombre, où régnait en maître la nuit noire. Les torches s’éteignirent et les fantômes restèrent cachés dans les lieux les plus secrets de l’endroit. N’appréciant guère la présence de personne étrangère du Kaërl, le lieu fabriquait lui-même ses pièges pour que ne s’échappent pas les prises si peu nombreuses. Mais la politique de la Dame de la sève et du givre n’était pas de réduire à néant ses opposants. Il existait d’autre moyen beaucoup plus amusant qui ne nécessitait pas leur mort, même si sa défaire au Màr Luimë lui restait en travers de la gorge. Après tout, il s’en était fallut de peu pour que la victoire lui appartienne et que le Kaërl englouti ne devienne qu’une seconde demeure.

**Tu crois qu’elle va repartir comme ça, sans rien dire ?
Je l’espère, sinon elle risque d’appeler cent fois la mort sans qu’elle ne vienne.
Tu en es le symbole même pourtant.
Je ne sais pas, elle me reste supérieure. Loué soit Isashani de veiller sur moi.
Les dieux t’écoutent, soit en certaine. **


La discussion mentale terminée, la jeune femme masquée constata le départ de la maitresse dragon, accompagnée de son liée d’albâtre. Lorsque cette dernière eu franchi le seuil, la lourde porte percuta, avec fracas et dans un bruit sourd, le sol de pierre dallé. Le premier monarque de l’ombre se dirigea ensuite vers son trône d’un pas léger et rapide. Elle redéposa son armement à sa place. La lame de poignet dans le premier tiroir d’un secrétaire en chêne, les dagues dans les dix renfoncements que possédaient sa chambre, l’épée dans son socle, et sa faux encastrée dans le bras droit de son trône, le croissant métallique surplombant la Dame du Màr Dìnen.

*La prochaine fois, il faudrait surveiller de près l’entrée*

La remarque ne laissa pas indifférente la Dame Silencieuse qui prit note. Elle rassembla les gardiens de porte, et demanda l’activation du système de protection du Kaërl. Ce dernier disparut purement et simplement, et se trouvait à sa place une butte de terre d’environ cinq mètres de haut. Désormais, il faudrait faire partie du quatrième ordre pour voir et rentrer dans la citadelle noire. Plus encore, quelqu’un de non-affiliée se verrait prit de vertige, avant de devenir nauséeux et de perdre conscience. Les symptômes seraient bien sûr espacés d’environ une vingtaine de minute, avant que le corps ne soit laissé à disposition des créatures vivant non loin de là.
Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Jeu 27 Nov 2008 - 13:37 Répondre en citantRevenir en haut

A la stupéfaction de la maîtresse blanche, son homologue incarnat se satisfit de sa réponse. Non pas qu'elle ait menti ou manqué de respect à son hôte et s'attendit pour cela à quelque réprimande, elle n'en croyait simplement pas sa chance. Elle se retint de justesse d'afficher un air ébahi. Il était impensable de laisser paraître à leur hôte qu'elle s'étonnait de ce congé soudain, et par là même en remettre en cause les fondements. Aussi la demi-elfe se contenta-t-elle de remercier la fillette au masque.

°Pourquoi?°

La curiosité sourdait du dragon blanc comme l'eau d'une outre percée.
Sa liée l'intima au silence d'un bref regard inquiet.
°Je n'entends pas exiger réponse pour cela.° s'offusqua Sele'nti.
°Je m'étonne voilà tout.°

Humilité et gratitude furent tout ce que trahirent ses yeux de saphir lorsqu'ils suivirent les mouvements de Ketesh. La lumière, invitée impromptue revint baigner les colonnes, dont elle soulignait les veines écarlates, dans un vacarme tout aussi incongru. Le monde tel que Dymphnea le connaissait s'immisçait dans la funeste demeure. Une opportunité qui ne durerait pas, elle l'aurait parié.

Sans se faire davantage prier, la maîtresse blanche prit congé de Ketesh et de sa liée. Elle ne croisa nulle âme vivante ou morte dans la longue ascension de l'escalier de pierre, mais ne se retourna pas une seule fois pour vérifier si elle était suivie, comme si elle avait été en train de passer une épreuve, dont s'estimer vainqueur avant l'issue condamnait au trépas. A ses côtés, Sele'nti, plus nerveux que jamais, gravissait les marches par des bonds désordonnés, tantôt derrière elle, tantôt devant, en une démarche vaine s'il espérait ainsi lui faire hâter le pas. La demi-elfe avançait d'un pas vif, mais elle demeurait trop chamboulée pour courir.

Lorsqu'enfin la sortie fut proche, le dragon blanc n'y tint plus. Il s'élança, happant sa liée au passage dans ses griffes étincelantes sous la caresse du soleil, comme si le ciel lui avait rendu ses ailes. Ils franchirent le seuil, le sol défilant sous leur pas à une vitesse affolante. Le dragon blanc ne se posa qu'à regret, dans la terne poussière de la lande, pour laisser à sa liée le confort de ses luisantes écailles plutôt que celui de ses serres acérées.

Et ils filèrent une fois de plus à la rencontre du firmament. Il ne s'agissait pas de rentre au kaërl par la voie des airs, juste pour Sele'nti d'expulser le trop plein d'énergie que leur angoissante visite avait canalisé en lui, et pour Dymphnea de jouir de l'ivresse hébétée que conférait le vol. En extase sur les prodiges aériens de son lié, ravie de voir l'horizon engloutir la lande dans leur dos, d'entendre le vent geindre à ses oreilles, la demi-elfe oubliait les raisons qui l'avait menée là. La disparition de Ferson, les complots du Màr Luimë, tout cela lui paraissait horriblement lointain. A des lieux de l'existence qu'elle aurait du vivre. N'existaient plus qu'elle, Sele'nti, et l'immensité de ce ciel qu'elle prétendait mépriser.

Réchappée d'un de ces cauchemars dont l'invraisemblance se révèle au réveil, elle savourait le soulagement de sa paisible existence.
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