Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP Officiel] L'Echelle du Chaos Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Oracle Tol Orëanéen
Maitre du Jeu
Maitre du Jeu

Hors ligne

Inscrit le: 11 Fév 2008
Messages: 703
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 652
Race: Dragon Primordial

MessagePosté le: Dim 26 Aoû 2018 - 18:26 Répondre en citantRevenir en haut

» Précédemment : "Dernier acte d'un simulacre", au Weyr.
» Voir aussi : "Les Glaces Sépulcrales", au Vaendark, où Martel tombe entre les mains des Célestes.



Renàto "Braen" de Leysse & le Blanc Cyngar

Theme Song :
Gaeta's Lament (Vocal) – Bear McCreary


Iolyaku 919 – Nouvelle Lune.


Allongé sur sa paillasse miteuse, le regard levé vers le plafond ténébreux et perdu dans des pensées qui ne l'étaient pas moins, Renàto jouait avec un mince rai de lumière qui filtrait à travers la haute meurtrière située au dessus de lui. Ses doigts longs en caressaient rêveusement les innombrables grains de poussière qui y flottaient, cherchant à les capturer dans sa paume, sa peau se parant d'une délicate couleur dorée à chaque fois qu'elle venait à intercepter l'oeil inquisiteur de Solyae. Cette ouverture était la seule source d'éclairage dans sa cellule, le soleil ne se glissant à travers que durant quelques dizaines de minutes par jour, accordant un bref répit au prisonnier autrement environné d'une bien suffocante obscurité. Chaque fois que le soleil perçait à travers la meurtrière, il savait qu'une nouvelle journée s'était écoulée. Que pouvait-il faire d'autre, à part admirer cette lueur inaccessible et songer à ce qui se trouvait au delà ?

Ses geôliers faisaient en sorte de lui apporter ses repas de manière irrégulière, toujours en quantité juste suffisante pour le garder en vie, mais jamais assez pour combler sa faim, qui était dès lors devenue une compagne familière. La colère et la haine qui l'avaient hanté les premiers jours s'étaient bien vite effacées. Nulle aide à attendre de la marque apposée sur son esprit par le Dieu Haskèl. Son Don Berserk se faisait silencieux, inaccessible. Quant à la présence de Cyngar, réduite à une vague chaleur au creux de son âme, elle se résumait à sentir qu'il vivait encore et qu'on le contraignait à rester coupé de son Lié. Le jeune homme était purement et simplement livré à lui-même. L'espoir de pouvoir sortir un jour de sa prison était la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans la folie. Encore et encore, il ressassait le peu de choses qu'il connaissait sur sa situation. S'ils avaient voulu le tuer, ils l'auraient déjà fait … A moins qu'ils ne le conservent pour une future exécution en grande pompe devant le Kaerl tout entier réuni, lui, le traître, l'espion Céleste ? Quel sort lui réservaient-ils et pourquoi le maintenaient-ils dans cet isolement le plus total ?

Son regard dériva, sans réellement les voir, sur les épais barreaux de métal qui le séparaient de sa liberté, puis sur le seau de bois situé dans le coin le plus éloigné de la pièce. Un rictus de dégoût s'afficha sur ses lèvres minces, comme tant d'autres fois auparavant. Sa cellule n'était pas très grande, rectangle d'à peine trois pas sur quatre, localisée sous la Fosse, une geôle obscure parmi tant d'autres, et la chaîne qui rattachait sa cheville au mur de pierre l'empêchait d'en parcourir pleinement la totalité de l'espace. Machinalement, d'un geste né de l'habitude, il rajusta le bandage de fortune qui faisait compression sur la plaie née du frottement du fer sur sa peau, et émit la prière silencieuse de pouvoir éviter l'infection, ne serait-ce qu'un jour de plus. Un profond soupir creusa sa poitrine tandis que son bras retombait sur ses yeux. Sa situation n'était guère brillante, pas plus que son état physique. Ne valait-il pas mieux renoncer et les laisser se jouer de lui comme ils l'entendaient, qui que soient les marionnettistes qui prétendaient tirer les fragiles fils de sa destinée ?



Moins d'une dizaine de jours après son emprisonnement, celui par qui tout avait commencé, le Céleste déchu Kalièl Rhidian, connu sous l'identité de Kal Armarôs, était venu lui rendre visite, un large sourire plaqué sur les lèvres. Sans doute souhaitait-il se gorger de la vue de son adversaire humilié et réduit à un statut d'inférieur. Car n'était-ce pas ce qu'il lui avait promis ? Goguenard, il l'avait interpellé, sa voix basse chargée d'un respect moqueur, le nommant « Messire de Leysse », souhaitant savoir si ses nouveaux appartements étaient à sa convenance. Refusant à se laisser provoquer inutilement, Renàto avait préféré l'ignorer, jusqu'à ce que l'ombre d'Ahzidal, le grand Bronze dont la forme humanoïde arborait des allures de macchabée, n'apparaisse dans son champ de vision, tirant derrière lui un frêle Neishaan aux yeux dorés. Cyngar. Dans l'ambre des iris du Blanc brillait une lueur déterminée, qui l'enjoignait silencieusement à ne pas abandonner.

Alors, sans qu'il ne puisse se contrôler, le sang-mêlé s'était précipité vers les barreaux, les mains tendues pour agripper Kalièl, dans la seule intention d'effacer son sourire railleur, de frapper encore et encore ce détestable visage qui ne cessait de lui rappeler son passé. Comme il le haïssait, lui qui avait rejeté si ouvertement et si facilement ses origines, qui croyait pouvoir jouer de sa domination en toute impunité ! Il brûlait soudain de lui faire comprendre combien il allait lui en coûter d'avoir cru qu'il n'était qu'un faible, de ceux qu'il pouvait plier et rompre à sa guise.
Malheureusement pour lui, son entrave était bien trop courte, et une douleur fulgurante implosa au niveau de sa cheville bien avant qu'il n'atteigne son but. A une longueur de bras des barreaux de sa cage, il s'était effondré à terre, misérable, rencontrant le regard de Cyngar, qui, une grande détresse gravée sur ses traits, avait muettement articulé « je suis désolé » avant de se détourner du spectacle poignant de son Lié.

Plus tard, à genoux sur la terre battue de sa geôle, ses bras étroitement entourés autour de son corps mince, comme pour tenter de contenir le flot d'émotions qui l'écorchait vif, Renàto avait laissé s'exprimer toute la peine, la douleur, la honte et la terreur accumulée depuis toutes ces années passées au Màr Tàralöm. Il avait crié sa rage et sa détresse jusqu'à s'enrouer les cordes vocales, avant que de lourds sanglots hoquetant ne le secouent, comme intarissables, tandis que se gravait en lui l'affreuse certitude qu'il n'avait pas, et n'avait jamais eu sa place ici.
Encore et encore, des heures durant, toutes ces larmes réprimées depuis son adolescence avaient coulé, jusqu'à ce qu'il s'effondre de fatigue à même le sol, trop épuisé pour pouvoir bouger. Une unique question, le hantant sans discontinuer, inscrite au fer rouge de la culpabilité, brûlait vive sa conscience : qu'avait-il fait ?

Et lorsqu'il s'était finalement éveillé le matin suivant, les muscles perclus de douleurs et aussi dépourvus de force que ceux d'un nourrisson, c'était avec une froide détermination désormais chevillée au cœur.



Ramené au présent en percevant des bruits de pas dans le couloir qui menait à sa prison, Renàto se redressa à demi, tous ses sens en alerte. Lorsque la silhouette couronnée de cuivre sanglant s'encadra devant les barreaux, le Prêtre se laissa volontairement aller sur sa paillasse, s'efforçant de ralentir le rythme de sa respiration qui s'était soudain accélérée, tant par impatience que par peur. Depuis sa précédente rencontre avec Kalièl, aucun autre visiteur n'était venu troubler son isolement, et il avait craint qu'une nouvelle opportunité ne se présente plus jamais. Il avait eu plus qu'assez de temps pour affiner son plan. Ce serait la victoire ou la mort. Pour l'un comme pour l'autre.
Aussi, lorsque le Fëalocë pénétra dans sa cellule, lui intimant sèchement de se lever et d’obtempérer bien sagement, le Chevalier Blanc lui adressa un sourire provocateur, ses iris de vif-argent brillant un peu trop fort dans son visage hâve. L'autre était prudent, et maintenait une distance de sécurité avec lui. Comme s'il savait de quoi il était réellement capable !

« Je ne vois pas pourquoi je devrais t'obéir, Kalièl ... »

Une pause, le temps de pointer un doigt nonchalant sur le Chevalier Bronze.

« Alors, que vas-tu faire maintenant ? M'apprendre le respect ? »

Renàto savait son adversaire prompt à s'emporter, et ceci au détriment de sa raison et de son discernement. S'il parvenait à le provoquer suffisamment pour qu'il se rapproche de lui, il pourrait ainsi se servir de ses chaînes pour l'étrangler ... Et si d'aventures il échouait, il espérait que Kalièl serait suffisamment furieux pour se laisser aller à prendre sa vie.

Tout ensuite se déroula très vite. Conformément à ses attentes, le Chevalier Bronze vint quasi immédiatement au contact, empoignant son prisonnier par le col, son visage blême sculpté par une rage démente. Cependant, lorsque Renàto faucha ses jambes d'un mouvement vif, se préparant à enrouler ses chaînes autour de son cou exposé, le Fëalocë se déporta en un éclair, retombant agilement sur ses pieds à l'image d'un grand fauve, et la tête du jeune homme fut projetée avec violence contre le mur de pierre. Mille étoiles explosèrent alors devant ses yeux, et sa respiration se bloqua alors qu'une main puissante venait broyer impitoyablement sa gorge. Sans chercher à se débattre, ses iris de vif-argent rencontrèrent la jade fiévreuse de Kalièl, l'orgueil et l'honneur continuant d'y briller, en dépit de ses forces qui lui échappaient lentement. Bien sûr, il ne pouvait lutter contre l'instinct des Fëalocës. Mais au moins avait-il tenté ...? En silence, le sang-mêlé priait, qu'il ne s'arrête pas, qu'il ne fléchisse pas, qu'il fasse ce qu'il avait à faire. La mort était la seule porte vers la liberté qui lui restait encore.

Et le monde tournoya soudain dans une profonde obscurité lorsqu'un coup de poing maîtrisé, percutant lourdement sa tempe, l'envoya à terre, inconscient.



Ce furent des coups de pieds meurtrissant ses côtes qui le réveillèrent, la tête douloureuse et la respiration pénible. Lentement, avec force précautions, il se redressa en position assise, ses paupières papillonnant autour de lui tandis qu'il reconnaissait ses propres appartements. Perplexe, son regard rencontra celui de Kalièl, qui posté devant lui, le toisait avec hauteur, irradiant d'une profonde insatisfaction, puis avisa les deux Gardes Embrasés en faction devant la porte d'entrée du weyr. Pourquoi … ? Sans aller au bout de sa question muette, il ramena ses doigts devant ses yeux, poissés d'un ichor carmin là où ils étaient allés effleurer l'arrière de son crâne. Ah. Il n'y était pas allé de main morte. Son estomac, pourtant vide, se contracta, et il déglutit difficilement, incapable de formuler le moindre son, tant sa gorge était douloureuse. Alors il avait échoué. Il était encore en vie, n'avait même pas effleuré son adversaire. Et il prétendait servir Haskèl, le Dieu Guerrier ? Il était pitoyable. Les Dieux ne semblaient pas décidés à le laisser mettre fin à ses souffrances si facilement. Il pressentait ainsi que son expiation serait encore bien longue ...

Incertain de la conduite à suivre, il releva la présence menaçante d'Ahzidal, sous sa forme draconique, en sentinelle vigilante postée sur l'aire d'envol. Nulle échappatoire à attendre là non plus. Son seul réconfort était à la fois l'absence de Cyngar dans cette mise en scène sordide, et sa présence constante dans son esprit, quand même bien elle lui était tout aussi inaccessible que lors des semaines qui venaient de s'écouler. Il devait faire confiance à son Lié pour affronter ses propres épreuves, sans quoi l'angoisse et l'écrasante culpabilité qu'il ressentait finiraient par le dévorer tout entier.

Laconique, sans attendre que son prisonnier reprenne totalement ses esprits, visiblement centré sur ses efforts pour se contenir, le Fëalocë lui exposa la situation. Renàto devait se rendre "présentable" pour pouvoir ensuite répondre à la convocation du Concile des Sangs. "L'heure de répondre de sa traîtrise était enfin venue". Sa présence était nécessaire "pour s'assurer qu'il ne tenterait rien de stupide", "une noyade accidentelle était si vite arrivée". Et son regard cruel exprimait tout ce que ses mots n'avaient pas dit. Un profond frisson de répulsion le saisit alors qu'il prenait conscience de tout ce que cela impliquait.
Au contact de Kalièl, chaque fois qu'il pensait ne pas pouvoir connaitre pire, son humiliation ne faisait que s’accroître, encore et toujours plus. Ses paupières, frangées de longs cils noirs, se serrèrent étroitement, comme s'il tentait de se persuader que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve. Vain espoir. Un lourd sentiment de solitude s'abattit sur lui. Il était pris au piège de cette réalité et ne pourrait pas y échapper.
Faisant abstraction de ses douleurs et de son soudain vertige, il se leva, et se détourna volontairement, sans plus prêter attention au Chevalier Bronze dont le regard était vrillé sur lui. Bien malgré lui, l'idée de pouvoir enfin prendre un bain, de se laver et de pouvoir se raser lui apparaissait de plus en plus attirante ... Et ce en dépit de l'ombre scabreuse que la simple présence de Kalièl faisait planer sur ce qui ne représenterait pour lui, qu'un très bref moment de répit dans la tourmente.



Escorté par les deux Gardes Embrasés silencieux, engoncés dans leur orgueil professionnel, Renàto était mené à travers les corridors du Màr Tàralöm en direction du Concile où l'attendaient les Sangs. Libre de ses mouvements en dehors d'une main serrée sur son bras, ses doigts enfoncés douloureusement dans sa chair, il savait Kalièl parfaitement en mesure de s'assurer qu'il ne lui échappe pas. Sur leur passage, les gens murmuraient et chuchotaient gravement, tous, Sans-Dons, Aspirants, Chevaliers, Maîtres, et la rumeur se répandait. Il aurait quant à lui bientôt toutes les réponses aux questions qui le hantaient depuis sa première confrontation avec son ex-compatriote.

Que lui restait-il comme solution ? En lui, le désespoir et l'angoisse, le mal être si longtemps jugulé dans la solitude de son emprisonnement, ne faisait que croître insidieusement. Il avait peur de ce qui l'attendait là-bas. Il ne voulait pas céder, ne voulait pas se laisser briser, mais n'allait-il pas au devant d'un avenir bien plus terrible en refusant d'endosser le rôle qu'on avait prévu pour lui ? Dix années à mentir, à fuir son passé, à tenter de coller le plus possible à l'image d'un membre de l'Ordre Draconique d'Ombre … Dix années de souffrance, à se voiler la face sur sa véritable nature. Jusqu'à quel point s'était-il fourvoyé ? Au fond, il le percevait obscurément, la trahison qui souillait véritablement son âme était celle qu'il avait commise envers le Màr Menel. Il n'éprouvait aucune loyauté envers le Màr Tàralöm, pour cette Ombre qui lui avait tout pris ; sa famille, son nom, jusqu'à sa liberté. Il ne lui devait absolument rien.



Lorsque les doubles portes s'ouvrirent, laissant le passage au Chevalier Bronze et à son prisonnier, huit paires d'yeux se tournèrent vers lui, le scrutant et exprimant diverses émotions, du désintérêt poli à une forme de perplexité suspicieuse, en passant par une profonde satisfaction. Les deux hommes s'arrêtèrent au centre de la salle, et Aodren del Hendrake, le nouveau Haut Représentant du Clan Dominant, coula un regard vers la silhouette osseuse qui occupait le siège Seigneurial, comme pour quêter son accord. Étonnamment, ce n'était pas Alauwyr Iskuvar – le Seigneur étant visiblement absent – qui y avait pris place, mais Seregon, faussement alangui dans son fauteuil, une jambe passée par dessus l'accoudoir, avec toute l'indolence d'un léopard au repos. En apparence inoffensif et paisible, mais irradiant néanmoins d'une menace tout à fait certaine. Que faisait là le Gardien du Kaerl ? Il était bien rare qu'il daigne participer aux affaires du Concile et sa présence lui paraissait du plus mauvaise augure quant à ce qui allait suivre.

Le Gardien hocha la tête en direction d'Aodren, rivant son œil borgne sur Renàto qui se sentit aussitôt commencer à trembler, avec l'horrible sensation qu'on fouillait son âme et qu'on lui arrachait les moindres de ses secrets. Un mince rictus étira les lèvres du Dragon, qui, visiblement satisfait, détourna alors brièvement son attention sur Ioana Cyallaïd-Cèlt’har, Seconde du Kaerl, qui occupait le siège voisin, puis sur le Haut Représentant des Dominants, qu'il invita à prendre la parole d'un geste de la main. Le Fëalocë se leva avec une lenteur calculée, un fin sourire de circonstance sur les lèvres, attirant ainsi l'attention de ses pairs sur lui.

« Chers Sangs, membres du Concile du Màr Tàralöm, je vous remercie d'avoir si vite répondu présent à mon … invitation, car de graves affaires nécessitent notre attention en ce jour. »

Pendant que le noble exposait la situation, révélant les tenants et les aboutissants de l'enquête qu'il avait mené avec le concours du Chevalier Bronze Kal Armarôs, Renàto étudia le visage impassible de son ancienne Maîtresse, cherchant vainement un signe qui révélerait la moindre préoccupation à son égard, et n'en trouva aucun. Les dés étaient jetés. Il ne pouvait plus lutter contre son destin.



HRP : Très chers joueurs et joueuses, membres du Màr Tàralöm ou amateurs de PNJs, bienvenue au jugement de ce pauvre Braen / Renàto ! Avec mes excuses pour la longueur du post, j'avais beaucoup de choses à mettre en place. Donc, vous êtes invités à incarner un des membres du Concile si vous le souhaitez, pour participer à cette petite réunion de ''famille''. Le but étant d'aboutir à la révélation de la part d'Aodren que Martel est détenu chez les Célestes, et qu'il propose à tous de valider un échange entre lui et Renàto. Voilà voilà \o/ ! Voir aussi le topic de discussion à la Pierre de l'Âtre (clic).
Il nous faut : Aodren (Haut Représentant Dominant et celui qui a tout manigancé depuis le début - PNJ/Adoptable), Ioana (Seconde et ex Maître d'Armes - PNJ/Adoptable), Seregon (Gardien - PNJ).
Marek (Grand Prêtre de Flarmya) et Eléderkan (Inquisiteur Suprême) sont des PJs et seront interprétés par leurs joueurs respectifs ^^.
Bonus > Esthen (Maître Guérisseur - PNJ) et Mora (Shamane - PNJ), plus Yong'Wu (Haut Représentant Valherien - PJ – si il est dispo).



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

Visiter le site web du posteur
Publicité





MessagePosté le: Dim 26 Aoû 2018 - 18:26 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Yong'Wu Zenghwei
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 16 Sep 2012
Messages: 336
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 146
Race: Torhil
Âme Soeur: Nushi
Fonction: Haut-Représentant
Affiliation: Clan Valherien
Alignement perso: Loyal Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 28 Aoû 2018 - 12:12 Répondre en citantRevenir en haut

Cela faisait si longtemps, la missive tenue entre l'index et le majeur de sa main gauche, le Sang osa un bref haussement de sourcil d'à peine quelques millimètres, tout ce que lui permettait son sang Torhil en guise de réaction. Si longtemps oui, le temps d'une autre vie, d'autres ambitions sacrifiées sur l'autel de la nécessité et de l'amélioration du soi.

Il aurait dû se douter que le Concile ne tarderait pas à lui rappeler sa place de Sang et bien qu'aujourd'hui les jeux politiques étaient en bas de sa liste il se devait de paraître et de voir ce qui allait remuer la politique ardente. Il tourna un regard paresseux vers l'âtre et y jeta le bout de papier avec des gestes économes et quelque peu désintéressés : laisser une quelconque preuve de sa convocation était hors de question, pas alors que sa famille cherchait certainement à lui faire payer d'avoir brisé ses serments envers eux pour élever le Kaerl au dessus des intérêts de quelques Torhils imbus d'eux-même.

Passant sa toge à la mode d'antan, Yong'Wu aurait presque rit de voir le tissus se tendre sur sa nouvelle carrure lui qui avait passé un certain temps avec une corpulence proche du cadavérique. Que l'on se moque, de celà il n'en avait cure, mais au moins il ne pouvaient le faire ouvertement face au colosse qu'il était, il respirait en tout aspects un danger et une puissance qui pouvaient être réveillés d'un claquement de doigts. Passant une main dans la barbe qui lui mangeait désormais le bas du visage, le Torhil prit la direction du Concile d'un pas calme, ses sandales de cuir simple foulant les carreaux du sol avec l'assurance de l'homme qui se savait chez lui.


Il croisa quelques regards intrigués, son retour d'exil n'était pas encore connu de tous et sans doutes que beaucoup l'avaient cru mort, mais sa simple stature rappelait à tous qui il était sans avoir besoin de prononcer son nom. Après tout, quel autre membre de la race des géants était un géant parmi celle-ci ? L'odeur ambiante de la fumée lui envoya une sensation de bien être dans tout le corps, il était chez lui et bien qu'il s'était endurci au Vaendark, la chaleur du continent sud-est était la bienvenue. S'arrêtant devant les hautes portes il respecta le protocole, loin était l'écervelé qui cherchait à faire montre de son arrogance en tout points, écartant les bras pour prouver qu'il ne portait pas d'armes aux Gardes Embrasés on l'invita à entrer et à prendre place.

Dans l'instant il remarqua le Gardien, celui-ci avait beau être fluet, sa présence agissait sur l'épiderme de tout ceux suffisamment proches, comme les picotements que faisait un feu sur la chair. Ainsi donc le Seigneur n'était point présent et le Gardien lui-même était, avec sa non-chalance habituelle, installé dans son siège. Son bras droit ramené sur la poitrine tenait un pan de sa toge et l'ancien héritier Zenghwei s'inclina devant celui sans qui le Kaerl n'existerait pas, sa voix de baryton portant clairement dans la salle. Si le Torhil était plus brutal dans son apparence, ses talents oratoires ne laissaient pas à désirer.

« Gardien, nous sommes honorés de votre présence en ces lieux. »
Formule de politesse accomplie, il ne perdit pas son temps à saluer les autres Sangs qui pouvaient déjà être dans la pièce, un simple regard circulaire suffit pour montrer qu'il reconnaissait leur présence, ceux-ci étaient ses égaux et non pas ses supérieurs, montrer patte blanche n'était donc pas nécessaire.

D'un pas ample il se dirigea à sa place et s'y installa, tentant de caler sa carcasse immense dans ce qui, jusqu'à peu, était le siège de Jora Evumbrar et cela se fit entendre de par le bois qui gémit sous une largeur et un postérieur qu'il ne connaissait point. Nul doute que son propre siège devait prendre la poussière quelque part dans une réserve ou avait servit de petit bois aux cuisines. Soit, il ferait avec, l'un des accoudoirs céda et s'écrasa au sol sans provoquer de réaction de sa part hors mis le fait qu'il pouvait maintenant respirer.

Il assista donc à la pantomime du représentant des Dominants, par le volcan s'en était presque triste de voir ce petit Fëalocë faire des effets de manche usés jusqu'à l'os par tout politicien débutant qui croyait avoir un plan incroyable à soumettre à ses pairs. Il écouta avec une patience toute Torhile, ses yeux mi-clos étaient entre l'ennui et le prédateur se sachant en sécurité mais il ne fit montre d'aucune marque d'irrespect, pas un instant ses iris noires ne se portèrent sur l'état de ses ongles ou ne marquèrent un manque d'intérêt. Il resta simplement là, fixe, les seuls mouvements venant des deux éclats d'obsidienne qui composaient ses globes oculaires qui passaient entre les différents protagonistes.

Ainsi donc le banni était aux fers chez les Célestes, fort bien, il n'en avait cure. Celui-ci n'appartenait plus au Kaerl après tout et ils avaient la chance d'avoir un de ces Célestes chez eux. Son sourcil gauche se haussa à nouveau de quelques millimètres pour montrer une forme de surprise lorsque fut proposé l'échange. Sa voix résonna sans qu'il n'aie besoin de la pousser.

« Et donc ils récupèrent l'un des leurs avec tout les secrets qu'il a pu apprendre ici pour que nous récupérions un félon que nous bannirons à nouveau ? Loin de moi l'idée d'être irrespectueux ici mais ce marché me semble loin d'être à notre avantage. Martel Delekhna a prouvé à maintes reprises être un élément perturbateur et erratique représentant ses propres intérêts plutôt que ceux de son clan en ces lieux. Partons donc du principe que les secrets qu'il pouvait détenir sont déjà aux mains des Célestes, au lieu d'un échange de prisonniers et de ramper devant les habitants de Menel nous devrions penser à renforcer le Kaerl et à » il tourna le regard vers le Céleste prisonnier « nous séparer de la présence de cet intru dans les règles de l'art, il n'est pas nécessaire de torturer un chien battu, séparons le du fardeau de sa tête et concentrons-nous sur nos défenses et ce qui pourrait être aux mains des Célestes. »

Oh Yong'Wu se doutait bien que la présence du Gardien signifiait quelque chose d'autre, celui-ci pouvait, selon les dires, savoir si vous étiez à votre place en ces lieux. La présence d'un représentant de Menel ne lui était pas passée innaperçue et il ne fallait pas oublier que celui-ci était intervenu lors du duel illégal entre le seigneur et le dit Martel. Yong'Wu attendait simplement que l'on expose la situation dans son intégralité plutôt que de faire part d'un plan en sommes toutes douteux.

Rappel : Yong'Wu a disparu pendant pas loin de 7 mois et est revenu le 3 Iolyaku, d'où le fait que Jora fut sa suppléante lors de son absence. Voir ce RP là pour plus d'infos.



Marek d'Ardiénor
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 10 Aoû 2008
Messages: 50
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 28
Race: Ondin
Âme Soeur: Asaleith
Fonction: Prêtre de Flarmya
Affiliation: Clan Introverti
Alignement perso: Loyal Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mer 29 Aoû 2018 - 17:06 Répondre en citantRevenir en haut



Au sein de la petite chapelle du Sanctuaire de Flarmya, un calme ouaté régnait, uniquement troublé par de lointaines rumeurs de conversations, guère plus que des murmures. Un genou à terre devant l'autel, yeux clos et doigts entrelacés, aux yeux d'Asaleith, Marek paraissait extérieurement serein, comme à chaque fois qu'il entrait en communion avec sa Déesse. Appuyé contre un mur, sous la forme d'un grand homme au regard bleu perçant, le Brun veillait sur son Lié, dont il percevait nettement l'agitation intérieure. C'était le propre de son Ondin de douter et de s'interroger en permanence, mais son rôle, à lui, consistait à le secouer lorsqu'il sentait qu'il s'embourbait dans des réflexions sans fin.

Marek avait reçu quelques heures auparavant une convocation à une réunion toutes affaires tenantes du Concile au grand complet, dont le précieux parchemin portait à la fois le sceau des Hendrake et celui du Clan Dominant. Aodren donc. Rien que ce détail avait réussi à susciter chez son Ondin une profonde méfiance. Asaleith comprenait. Le Maître Noir lui évoquait une araignée, tapie dans l'ombre et tissant sa toile afin de prendre dans ses rets toute proie inattentive. Il se paraît de soieries et de richesse, tout en affabilité et en bonnes manières, mais en vérité, ce n'était rien de plus qu'un intrigant avide de pouvoir … Comme tous les autres Sangs. Pour ne rien arranger, le contenu du message s'était révélé particulièrement cryptique. Marek était persuadé qu'ils avaient tous été logés à la même enseigne, et que le Haut Représentant avait délibérément choisi de ne pas révéler trop à propos des raisons de leur réunion.

Le Brun bailla et s'étira, faisant jouer les muscles puissants de sa forme humanoïde. Cette enveloppe un peu trop étroite commençait à le démanger sérieusement. Cela faisait trop longtemps à son goût que son Lié était immobile et prétendait se recueillir sous le regard de Flarmya. Asaleith seul savait que ce n'était qu'une façade, mais cela ne suffisait pas à endiguer son impatience grandissante. Les jeux de domination du Concile et les joutes de l'esprit l'ennuyaient, mais au moins était-ce une forme d'action préférable à … tout ceci. Ses yeux englobèrent à la fois la chapelle déserte et paisible, et son Lié agenouillé.
Depuis le coup de colère de l'Ondin à l'égard du chien couchant d'Aodren, lors de leur rencontre au Sanctuaire, près de trois lunes auparavant, le Fëalocë n'était plus revenu importuner son Lié. Sans doute avait-il compris qu'il était inutile d'insister … Du moins, pour le moment. Le Dragon fronça les sourcils sur Marek, le piquant de son regard céruléen, se contentant d'effleurer son âme avec une insistance obstinée, un fin sourire provocateur jouant sur ses lèvres, cherchant à le faire réagir.

**Le Zenghwei sera là également. J'ai senti la présence de Nushi au Sanctuaire il y a quelques jours.**

Un bref soupir pour toute réponse. Non, son Ondin n'était pas satisfait de la situation, mais cela il le savait pertinemment. Et oui, il était au courant du retour de Yong'Wu Zenghwei, les alcôves n'ayant cessé de bruire de murmures à ce sujet. Tous s'accordaient sur un point : il avait repris les Valheriens bien en main, après sa longue période d'absence. Il ne savait à présent qui était il préférable d'affronter, entre l'implacable Maîtresse Incarnate, Jora Evumbrar, ou bien le Torhil, si difficile à déchiffrer ?

**Tu vas être en retard, mon frère.**

Marek tourna un bref regard agacé vers lui, avant de se redresser souplement, prenant son temps pour épousseter quelques poussières imaginaires de ses chausses. Enfin, il remonta l'allée centrale à pas lents pour rejoindre le Brun, arborant une expression tendue, accentuant les ombres sur son visage anguleux. Asaleith claqua de la langue avec désapprobation. Si pâle, trop pâle pour son propre bien. Il allait falloir s'en occuper. Il était temps qu'il s'accorde quelques jours de repos loin du Màr Tàralöm. Son Lié avait grand besoin de soleil et d'un air plus pur que celui de la forteresse Ardente.

*Je n'aime pas ça, Leith ...*

S'il continuait ainsi, les soucis finiraient par le ronger un jour tout entier, et il le sentait, cette réunion à venir inspirait à Marek un bien mauvais pressentiment. Vers quels sables mouvants et traîtres le Màr Tàralöm se dirigeait-il à présent ?

**Je sais. Allons-y. La Déesse Mère attendra, mais je doute que tes pairs en fassent autant.**

Les iris d'outremer de son Ondin se teintèrent d'une vague indignation en se posant sur Asaleith mais s'adoucirent bien vite en rencontrant son expression volontairement moqueuse.

« Ne sois pas irrespectueux envers Flarmya, ou cela te retombera dessus. »

Son sourire s'élargit alors, exposant ses dents dans un rictus carnassier et rappelant sans fard la nature draconique de son être. Puis, abattant lourdement son bras sur la frêle épaule de son Lié, lui arrachant un mince sursaut de douleur, il lui énonça gravement :

« Je ne suis pas irrespectueux, mon frère, je suis réaliste. »

***


Comme il fallait s'y attendre, Marek était arrivé le dernier au Concile, et avait constaté avec surprise la présence de Seregon à la place d'Alauwyr. Évidemment, le Seigneur Iskuvar n'était pas encore rentré au Màr Tàralöm – dans quelle mesure ceci ne faisait-il pas parti des plans d'Aodren ? – mais que le Gardien assiste à la séance était pour le moins inhabituel. Inclinant respectueusement la tête devant lui, ses doigts repliés effleurant son front, l'Ondin avait croisé son œil borgne, qui pétillait d'une sorte de condescendance mêlée d'un amusement habilement masqué. Il avait acquis alors la certitude que, seul entre tous, Seregon savait déjà comment se déroulerait cette session. Le dragon jouait adroitement avec leurs vies à tous, leur faisant croire qu'ils étaient les réels dirigeants du Màr Tàralöm, mais il n'en était rien. Qui avait choisi d'épargner Martel pour l'envoyer en exil ? Certainement pas Flarmya.

Sans desserrer les lèvres, le Prêtre pris place sur le siège qui lui était réservé, englobant du regard ses pairs, constatant le lourd silence qui planait sur l'assemblée, comme à chaque fois qu'ils étaient rassemblés. Nul échange de banalités. Chacun était là pour préserver ses propres intérêts avant tout. Et les contemplant tous, Seregon, son iris vert de sylve pailleté d'or semblant connaître jusqu'aux tréfonds de l'âme de chacun des Sangs. Le Dragon était de bonne humeur. Il savourait d'avance la pantomime à laquelle il allait assister. Toute la question et le plaisir était de deviner quel serait le chemin qui serait emprunté ce jour ...

Puis le prisonnier, l'allure décharnée mais le regard encore vif, fut amené devant le Concile, et Aodren pris la parole pour leur exposer ce qu'il avait appris et ses projets le concernant. Un accord avec les Célestes. Martel contre le Chevalier Blanc. Au fur et à mesure que le Fëalocë déroulait ses explications et que les enjeux de cette réunion lui apparaissaient, Marek se sentait de plus en plus hésitant, une sourde douleur croissant petit à petit en lui. Sous ses yeux, pion impuissant, le jeune Prêtre de Haskèl faisait face à l'évaluation muette des uns et des autres. Sans qu'il n'en ait pleinement conscience, son expression se fit empreinte de pitié lorsque Yong'Wu Zenghwei livra tout haut ce que la plupart pensaient certainement tout bas. Une exécution pure et simple du ''traître Céleste''.
Sous la table, les poings de l'Ondin se contractèrent durement. Il ne comprenait que trop bien ce que c'était de ne pas parvenir à trouver sa juste place, de se forcer pour agir contre ses principes, de lutter tout simplement pour garder son coeur à distance des ténèbres qui ne demandaient qu'à dévorer son être. Il lui en coûtait de le reconnaître, mais ç’aurait pu être lui, ici, aujourd'hui, ou n'importe quel autre jour des dix années qui venaient de s'écouler.

**Ne te laisse pas influencer par une lointaine similitude entre vos situations respectives. Vous êtes bien différents, toi et lui. Garde bien cela à l'esprit, Marek !**

Oui, Asaleith avait raison. Il devait impérativement garder la tête froide. Prenant une profonde inspiration pour masquer son trouble, Marek ferma les yeux l'espace d'un instant, recentrant son esprit sur ce qui lui était possible d'apporter au débat, à cette âme à la dérive. Son attention se figea sur le tatouage gravé dans la chair pâle de son poignet, et il se força à se remémorer, une fois encore, ce pourquoi il était là, les attentes d'Aoatea envers lui … *Flarmya, donne-moi la force* … sa mission d'aider le Màr Tàralöm à avancer sur le chemin des Dieux.
S'appuyant sur la colère du Brun résonnant en lui, il s'efforça de retrouver son calme et sa concentration. A côté de quoi était-il en train de passer ? Là : le Valherien avait, volontairement ou non, occulté un détail qui avait pourtant toute son importance. Échangeant un bref coup d'oeil avec Seregon pour réclamer la parole, il leva doucement la main.

« Maître Zenghwei a parlé justement, cependant, avant de prendre une décision qui soit irréversible et dommageable pour le Màr, je souhaiterais souligner un point qu'il serait bon de ne pas oublier : quelle qu'ait été son allégeance passée, le Chevalier Braen s'est lié sur les sables des Cavernes Flamboyantes. Le Blanc Cyngar est de la lignée de l'Incarnate Keldil … Qui est également celle du Blanc Nushi, n'est-ce pas ?

Il tourna alors franchement son regard vers Yong'Wu Zenghwei avant de poursuivre :

« Qui sommes-nous pour remettre en cause les choix des Enfants de Flarmya ? »

Laissant sa voix s'éteindre sur ces derniers mots, la question plana lourdement sur l'assistance, ses sous-entendus faisant leur chemin dans l'esprit respectif des Sangs, alimentant leur réflexion, infléchissant peut-être leur décision future. Bien sûr, il y avait eu de rares cas de transfuge du Màr Tàralöm vers les autres Kaerls, mais il espérait en son fort intérieur que nul n'aurait la présence d'esprit de remettre sur le tapis ces ''événements honteux de l'histoire du Kaerl Ardent''. C'était une tentative qui manquait clairement de finesse, mais elle pouvait fonctionner.

« Nous ne pouvons disposer de la vie de ce garçon, sans prendre en compte le fait que son âme-soeur est un fils du Màr Tàralöm. »

Une certaine amertume, dirigée contre lui-même, l'envahit alors qu'il songeait que cet homme, ce ''garçon'', bien que de quelques années à peine plus jeune que lui, s'était Lié avant même qu'il n'arrive au Kaerl. De quel droit brandissait-il cette écœurante condescendance à son égard ? Il soupira imperceptiblement. Voilà qui était au moins dit.




(Sign by Heryn Amlug)
Oracle Tol Orëanéen
Maitre du Jeu
Maitre du Jeu

Hors ligne

Inscrit le: 11 Fév 2008
Messages: 703
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 652
Race: Dragon Primordial

MessagePosté le: Mer 29 Aoû 2018 - 17:44 Répondre en citantRevenir en haut


Seregon del Cirth
Gardien du Màr Tàralöm

Theme Song :
Sentenced to Death – Colossal Trailer Music


Accusant réception du discours de Marek d'un léger signe de tête, Seregon se pencha en avant, scrutant attentivement les visages des Sangs, s'emplissant des moindres frémissements de leurs âmes. Il pouvait sentir l'irritation sourdre de plusieurs d'entre eux. Bien, les esprits commençaient à s'échauffer, comme à chaque fois qu'était abordé le sujet de la loyauté envers le Màr Tàralöm. Sans doute se sentaient-ils piqués à vif, et craignaient-ils inconsciemment que leur propre allégeance soit remise en cause.
Alors, il reporta son intérêt sur le prisonnier, qui en dépit de la situation dans laquelle il se trouvait, en dépit de son état physique déplorable, amaigri et blessé, bien que son regard soit hanté de bien obscures terreurs, conservait la force de garder la tête haute. Puis son œil verdoyant dériva sur son inflexible cerbère, et un nouveau rictus de plaisir anticipé naquit sur ses lèvres minces. Les deux jeunes hommes étaient bien différents, pour ne pas dire diamétralement opposés dans leurs caractères et leurs convictions, de la même façon qu'ils avaient reçu des éducations divergentes au sein du Màr Tàralöm. Il n'en restait pas moins qu'ils étaient tous deux d'origine Céleste … Les Sangs allaient-ils saisir la perche qu'il avait décidé de leur tendre gracieusement ? Alors, avec la nonchalance dans laquelle il s'était drapé depuis le début de la réunion, il prit la parole, détachant chaque mot, chaque syllabe avec une douceur étudiée. Il voulait les faire réagir.

« Maître d'Ardiénor soulève là un questionnement bien épineux. En effet, comment doit-on juger un ressortissant du Màr Menel si son Lié est, lui, natif du Màr Tàralöm ? Et pourtant, il existe des … précédents récents, sur lesquels s'appuyer pour décider. »

Son regard croisa franchement celui de Kalièl, de manière tout à fait évidente pour quiconque faisait preuve d'un minimum d'observation, s'arrêtant sur lui de manière beaucoup trop appuyée pour être fortuite. Il ignorait pourquoi Aodren avait permis au Chevalier Bronze d'être présent et d'assister à la séance, mais il n'hésiterait pas à se servir de lui pour orienter la discussion dans la direction qui lui convenait.

« Voici donc deux nouvelles questions pour répondre aux interrogations soulevées tant par le Grand Prêtre de Flarmya que le Haut Représentant du Clan Valherien. »

Il tendit son poing fermé devant lui, et souleva indolemment, l'un après l'autre, deux de ses longs doigts, satisfait d'avoir capturé l'attention de sa petite assemblée. Quand le Gardien parlait, les Sangs écoutaient.

« Quel serait en effet l'intérêt du Màr Tàralöm à récupérer en son sein l'Exilé, actuellement aux mains des Célestes ? Et, pour vous permettre de réfléchir sur le sujet, offrons en attendant cette précieuse opportunité à l'un des principaux concernés : qu'aurait-il à nous apporter pour défendre son appartenance au Kaerl Ardent ? »

Pour Braen, c'était comme si le monde s'était effondré, peu à peu, à chaque nouveau mot prononcé depuis le début de cette parodie de tribunal, comme si tout ce en quoi il avait toujours cru était progressivement réduit à l'état de poussières, pour ne laisser qu'un gouffre sans fond au sein duquel il craignait de basculer. Ce qu'il avait entendu l'avait laissé abasourdi, dans un état de stupeur que seule l'apostrophe du Gardien était parvenue à dissiper. Évidemment, il s'y était attendu, certains allaient réclamer sa tête. Il avala lentement sa salive, la bouche sèche, sentant sa gorge toujours douloureuse de la violence qu'il avait subi il y a peu. Il croisa brièvement le regard de Ioana, y lisant toute sa déception avant qu'elle ne détourne volontairement les yeux. Sa maîtresse ne comptait pas l'aider ...
Et que pouvait-il répondre au Gardien qu'il ne sache pas déjà, qu'il n'ait pas déjà lu en lui ? Il se savait piégé, quoi qu'il dise. S'ils comptaient l'utiliser comme une vulgaire monnaie d'échange, il ne pouvait rien faire pour s'y opposer. Les enjeux le dépassaient de loin. Quant à pouvoir retourner au Kaerl Céleste … La conclusion serait la même. Ignorant l'étreinte forcenée de Kalièl sur son bras, destinée visiblement à le faire taire, il fixa ses iris de vif-argent, fiévreux, dans l'oeil borgne du Gardien.

« Seigneur del Cirth, j'ai vécu pendant près de onze années au Màr Tàralöm, et pas une seule fois je n'ai eu de contact avec mon ancien Kaerl, que ce soit durant mon Aspiranat ou après mon Empreinte. Je suis resté fidèle envers l'Ordre d'Ombre et je l'ai servi ainsi qu'il l'était attendu de moi. Je jure que je n'ai jamais cherché à le trahir. Il en va de même de Cyngar. Mais aujourd'hui ... »

**Renàto, ne fais pas ça, je t'en prie !**

La voix de Cyngar, lointaine et suppliante, mais bien vite étouffée. Ne pouvait-il pas comprendre ?

*Pardonne-moi.*

« Aujourd'hui, je ne suis plus sûr de rien. Je porte deux identités en moi. Pourquoi devrais-je rester obéissant envers ce Kaerl, envers ses Sangs qui entendent se servir de moi et de mon Lié comme une marchandise de choix, comme si nous ne valions rien que plus qu'une poignée de joyaux échangée de main à main ?
Mais quelle que soit la décision finale du Concile, il n'y a rien d'autre que la mort qui m'attende au bout du chemin. Le Màr Menel mettra fin à ma vie tout aussi bien que le Màr Tàralöm. Alors, vous qui quêtez mon opinion, et cherchez à me faire danser pour alimenter votre appétit macabre, sachez que le seul choix qui me reste se résume à déterminer quand et comment je serai exécuté. »


Il était las, tellement las de souffrir, et n'aspirait plus qu'à une seule chose : que cela cesse, d'une manière ou d'une autre. La douleur et l'épuisement nerveux avaient atteint un paroxysme qui ne faisait qu'accentuer son hypersensibilité naturelle, et lui faisait oublier toute prudence. Cette façon de provoquer ouvertement les Maîtres du Màr Tàralöm n'était jamais qu'une façon désespérée de s'assurer qu'ils n'hésiteraient pas à aller jusqu'au bout de leur sentence ; de s'assurer que lui ne se déroberait pas le moment venu ... Qu'il affronterait son destin avec tout le courage dont il était encore capable. Il se refusait à les supplier d'une quelconque façon que ce soit. Il ne se mettrait pas à genoux, ni devant eux, ni devant qui que ce soit.

Suite à sa tirade véhémente, un profond immobilisme suivi d'un silence choqué s'était abattu sur le Concile, et pourtant une lueur approbatrice, bien vite réprimée, s'était allumée dans l'oeil du Gardien. Il était après tout le propre des grands prédateurs de se distraire des tentatives futiles de leurs proies pour échapper à leur inévitable fin, et le jeune Prêtre de Haskèl présentait un spectacle digne de sa réputation. Comment allaient réagir ses Sangs, à présent ? Et surtout, qu'allaient-ils décider à l'égard de Martel ? Quoi qu'il n'en soit certainement pas conscient, le destin de l'Exilé était désormais étroitement lié à celui de cet autre prisonnier, qui appelait la mort et la délivrance de ses vœux fervents.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

Visiter le site web du posteur
Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

Hors ligne

Inscrit le: 23 Sep 2009
Messages: 1 541
Présentation: URL
RPs: 1 118
Race: Humain
Âme Soeur: Estenir
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Lun 17 Sep 2018 - 18:54 Répondre en citantRevenir en haut

La tirade se termina quand la lourde double porte s'ouvrit non sans un certain fracas. Elle grinça violemment, attirant forcément le regard de tous présent sur le nouveau venu au sein du Concile. A voir la haute stature d'un homme à la large carrure, et la crinière blanche qui cascadait sur ses épaules, tout vêtu d'une tenue ténébreuse aux fines broderies qui paraient le col de sa tunique et le bord de ses manches, on devinait aisément qui venait de se présenter sans se faire annoncer. En même temps, il n'en avait nul besoin, il était le Seigneur en personne du Màr Taralom. Et à voir son air sombre, il était clair qu'il n'avait guère apprécié de pas être confié à cette assemblée "extraordinaire''

Certes, Alauwyr Iskuvar, le Seigneur Ardent en personne, était parti du Kaerl -une fois de plus- pour régler une affaire personnelle. Ce départ impromptu n'aurait duré que quelques jours. Mais ce fut durant ses quelques jours d'absence que se décida la réunion du Concile, avec une forte présence de ses membres. Et là, le Maître Noir se tenait devant toute l'assemblée qui le fixait, comme surpris et non surpris de sa venue. Apprendre que le Concile tenait place l'avait quelque peu... énervé, voir poussé à vouloir trucider quelqu'un pour passer ses nerfs, mais en voyant Seregon sur la place même du Seigneur souverain du Màr, il se contenta de se contenir dignement.

C'était Estenir qui l'avait prévenu de la réunion et qui lui avait apporté une information précieuse : la présence du prisonnier. A cela se rajoutait ce qu'Eléderkan avait bien voulu lui fournir comme informations. Une fourni par l'elfe du clan introverti l'avait quelque peu mis en rogne, à savoir que son ennemi, Martel, s'était retrouvé prisonnier des Célestes. Après, pas étonnant que cet imbécile se soit fait prendre... Sauf si l'Elfe avait décidé de se faire attraper ou se faire constituer prisonnier pour se mettre à l'abri d'un possible changement de paroles de la part de l'humain. Alauwyr, en apprenant que Martel, "résidait" chez les Célestes, regrettait amèrement de pas l'avoir occis sur les sables ce jour là. Il devenait trop conciliant ! Il y a à peine une année ou deux, il l'aurait tué sans vergogne ! Il aurait fait fi des implications politiques d'un tel geste ! Mais maintenant que ce geste de miséricorde avait été fait, il ne pouvait rien y faire. Pour l'instant....

Il fit quelques pas, pour se rapprocher du Conseil réuni. Voir Seregon ne le surprit qu'à moitié. Mais le voir sur sa place signifiait beaucoup. Et ne pas avoir été convié était presque un rappel à l'ordre de la part du Gardien. Enfin, c'est comme cela qu'il le prenait. Après tout, il devait le maintien de sa place grâce à la bonne volonté de Seregon. Cela expliquerait pourquoi le Gardien se tenait assis, un peu à son aise en mode décontracté sur sa place même. Il était très rare de voir Seregon assisté au Concile, mais là, en plus de se trouver à la place du Seigneur Ardent même...

Il stoppa son arrivée en faisant face à Seregon même, debout et le port fier. Il manqua de toiser le prisonnier, mais y reviendrait plus tard.

''A ce que je vois, on fait des séances sans ma présence.... Je ne crois pas avoir été convié, ni avoir été prévenu. Qu'en est la raison ? Je ne crois pas que dernièrement, on ait eu à revoir la position du Seigneur Ardent quant à sa place dans des séances programmées ou non. C'est donc assez mal avisé....''

Il porta son regard sombre sur Seregon, faisant comprendre silencieusement qu'il comprenait parfaitement le message sous-jacent, s'il y en avait un. Seregon était le Gardien, il n'était pas un être stupide. Au contraire... Il savait tellement se servir de son intelligence qu'il arrivait à planifier certains coups bien en avance.

"Mais maintenant que je suis présent, je présume que vous allez prestement m'évoquer l'ordre du jour. Je présume que c'est pour cet homme prisonnier, présent ici, en ces lieux ? Ou est-ce pour parler de Martel ? Cela expliquerait pourquoi on a espéré ne pas me voir ici....

Le ton du Seigneur était glacial, mais très pondéré... Tel un volcan explosif qui ne laissait aucun signe se dévoiler quant à l'explosion ultime et fatale.



Eléderkan Garaldhorf
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 22 Avr 2012
Messages: 226
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 127
Race: Elfe
Âme Soeur: Thémos
Fonction: Inquisiteur Suprême
Affiliation: Clan Introverti
Alignement perso: Neutre Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 18 Sep 2018 - 16:05 Répondre en citantRevenir en haut

Depuis le début de cette séance du Concile, l’Inquisiteur Suprême n’avait pas desserré les lèvres. Un observateur extérieur pourrait croire qu’il portait davantage d’attention à sa pile de parchemins, soigneusement roulés devant lui, ou aux caresses qu’il prodiguait à son lézard de feu perché sur son bras, qu’au débat en cours. Il était aisé de penser qu’il s’ennuyait car, à en croire les doigts de sa main libre pianotant sur son accoudoir, il commençait à trouver le temps long. Facile à détester par sa fonction et son caractère, on recherchait peu sa compagnie en dehors des affaires du Kaerl ; ou en tas cas, pas assez pour comprendre les rouages de cette glaçante mécanique qui constituait le Maître Bronze. Ceux qui se permettaient de juger son attitude, ou de tenter de déchiffrer ses pensées, le connaissaient souvent bien mal. Le maître-espion n’était pas l’être le plus agréable qui soit, c’était une évidence mais il pouvait se targuer d’être le moins corrompu de tous les Sangs réunis ici.

A l’exception du Prêtre de Flarmya, peut-être.

Sous la glace impénétrable de ses traits figés, les émeraudes vigilantes piégées sous ses paupières dolentes brillaient plus que de raison. En dépit de toutes les apparences, il ne perdait pas une miette de la séance. Son esprit enregistrait chaque donnée, pour mieux l’analyser, tandis qu’il prenait mentalement des notes découlant de ses observations. Il avait par ailleurs noté la présence des uns et l’absence des autres. C’était aussi cela son travail : s’assurer que le Màr Tàralöm était sûr et repérer les détails que personne d’autre ne voyait.

Son regard ne s’était posé sur les principaux concernés qu’à la toute fin de son inspection. Il savait déjà quoi chercher, en les observant. Il s’était attendu à cette scène depuis l’annonce de l’ordre du jour, pour cette session du Concile. L’avantage de ces deux Chevaliers, contrairement au reste des Sangs présents ce jour-là, c’était qu’ils ressemblaient exactement à ce qu’ils devraient être. Un molosse fou et enragé qui apportait sa proie, fière et tourmentée telle une figure de tragédie ancienne, comme si chacun d’eux avait répété cette scène avant d’arriver face aux magistrats du Màr.

Eléderkan n’avait pas encore pris la parole. Il avait été suffisamment surpris de voir apparaître Maître Zenghwei, lui qui n’était revenu au Kaerl que depuis peu et aussitôt entamer le débat. Ses arguments sonnaient justes sur un point et l’elfe s’était rapidement refermé sur lui-même, laissant toute émotion de côté – tout en essayant de faire abstraction de la fournaise diffuse qui émanait de son lien d’âme. Martel aurait dû mourir dans la Fosse. Aussi contradictoires soient les sentiments qui s’agitaient en lui à cette pensée, cela aurait été la décision la plus raisonnable. Contre toute attente, son frère ennemi avait choisi l’exil, la disgrâce, au lieu d’une mort honorable. Eléderkan avait craint qu’il n’en profite pour échafauder de nouveaux plans de conquête et de coups d’Etat, tout aussi stériles que les précédents mais il avait usé de son bannissement de la pire façon. Ce parfait imbécile avait été pris par les Célestes, les adversaires de toujours. Que cela ait été fait à dessein ou non, Martel avait commis la pire des erreurs.

Le coude du Maître Bronze dérapa brusquement sur l’accoudoir avant qu’il ne se rattrapât en un geste élégant. Il se racla discrètement la gorge puis repris sa posture d’observateur silencieux. Les arguments de Marek d’Ardiénor se noyèrent sous un torrent de pensées incendiaires émanant de l’autre moitié de son âme. Même si Thémos n’était pas physiquement présent, il laissait traîner son esprit dans un coin de celui de son lié, tapis dans sa propre rage et curiosité dévorante, à l’affût du moindre incident diplomatique dont il pourrait se régaler. L’allusion à l’allégeance discutable du Blanc Cyngar venait de l’enflammer. Eléderkan retint un soupir. Son Lié ressemblait parfois beaucoup trop à un baril de poudre constamment sur le point d’exploser ; cela en devenait pénible.

* Un dragon doit le respect à ses aînés, à sa mère, à sa lignée toute entière ! Un dragon jamais n’oublie. Mais lui-seul décide à qui il donne son allégeance. Ce ne sont pas des vermisseaux humanoïdes qui vont lui dicter ses choix ! *

Eléderkan imaginait sans peine les naseaux fumants du grand mâle et l’éclat sanglant de ses prunelles, à cet instant. Thémos s’était déjà fait remarquer par le passé pour quelques pensées originales. N’avait-il pas défendu des dragonneaux nés d’une Dorée en fuite et qui avaient trouvé refuge au Màr Tàralöm grâce à leurs Liés, lesquels étaient Aspirants Ardents ? Il s’agissait autant d’un jeu provocateur, destiné à secouer cette fourmilière trop pompeuse qu’était la citadelle, que l’expression de véritables opinions. La déclaration de Braen, ou plutôt Renàto de Leysse, souffla un vent de révolte sur le brasier que contenait difficilement le Bronze. Eléderkan eut toutes les peines à masquer sa contrariété, se contentant de serrer les dents en attendant que la tempête passe.

* De quoi droit cet avorton ose-t-il décider de son propre sort ? De quel droit réclame-t-il la mort sans faire cas de celle de son Lié ? Brûlez sa langue et faites rôtir ses mains pour lui apprendre le respect dû aux dragons ! Brûlez aussi la figure de ce Chevalier Bronze, pour avoir eu l’infâmante idée de profiter de la situation, alors qu’il a le sang tout aussi souillé que celui qu’il veut tuer ! *

Le grincement caractéristique des grandes portes coupa court au prochain discours de Seregon, cordialement avachi dans le siège seigneurial, autant qu’à l’embrasement malavisé de Thémos. Non sans étonnement, le Seigneur gratifiait de sa présence la séance du Concile. Le cité se transformait en moulin à vent ! Revenu d’on ne savait où ni pour quelles raisons de son escapade en solitaire – comme il en faisait trop souvent -, il avala la distance jusqu’au trône pour se planter face au Gardien. Comme il s’enquerrait de la situation, Eléderkan dépêcha discrètement son messager personnel. Sage vint voleter jusqu’à Alauwyr et se posa sur son épaule pour venir lui chuchoter, par images mentales, la retranscription fragmentaire du début de la séance. Avec un léger toussotement, l’elfe rappela à lui son lézard blanc, lequel revint prendre position sous la main caressante de son maître.

Dès qu’il avait su qu’Alauwyr Iskuvar était de retour, Eléderkan lui avait fait porter ses derniers rapports. Il y avait évidemment mentionné la capture de Martel par les troupes du Màr Menel, depuis le Vaendark et donc l’échec de l’expédition censée retrouver la trace de l’exilé devenu Ennemi n°1 du Kaerl, dans l’espoir de le tenir à l’œil. De même qu’il l’avait informé de la teneur de la prochaine session du Concile et du contenu de ses geôles jusque-là. Ce qu’il avait omis d’écrire, en revanche, tenait du fait qu’il n’ignorait rien des origines douteuses de Braen comme de Kâl Armaros depuis des années ; sans compter ce que ses sources lui avaient révélé sur l’emprisonnement de Martel. Bien peu de choses, me direz-vous mais qui font toute la différence… Eléderkan se retrouvait maintenant à jongler entre toutes ces informations. Iskuvar n’avait pas besoin de tout savoir tant qu’il ne trahissait pas le Màr par un mauvais règne.

Ce qui donnait davantage à réfléchir et qui envenimait considérablement les relations – déjà tendues – entre les Clans Dominants et Introvertis, c’était la manière désastreuse dont cette affaire avait été sortie du placard. L’instigateur de tout ceci portait le nom d’Aodren Del Hendrake, un opportuniste ambitieux, un prétendant au pouvoir issu d’une prestigieuse famille, qui n’inspirait aucune confiance à Eléderkan. Pire encore : par son enquête, il avait mis à mal la propre toile d’informateurs de l’Inquisiteur Suprême, court-circuitant d’autres enquêtes en cours, jusqu’à déborder hors de sa juridiction. Ce malappris de Maître Noir avait eu l’outrecuidance d’empiéter sur les prérogatives d’un Sang, en toute impunité. Une double faute, aux yeux d’Eléderkan Garaldhorf. S’il n’entamait aucune hostilité pour le moment, l’elfe n’oubliait pas l’affront. Une chose qu’il partageait dorénavant avec son propre Lié : il ne pardonnait pas.

- Aucune demande de rançon n’a encore été reçue de la part du Màr Menel, déclama d’un ton rigoureusement glacial et précis le maître-espion. A l'heure actuelle, la nouvelle de l’incarcération du Chevalier ici présent n’a pas encore été divulguée. Mais ça ne saurait rester un mystère bien longtemps. A la question : devrions-nous échanger la vie d’un traître contre un autre, je répondrais simplement non. Le Màr a tout à gagner à se débarrasser de l’un et de l’autre. Le dénommé Braen est-il un espion ? Peut-être, peut-être pas. Pardonnez-moi de remuer le couteau dans la plaie mais je crois me souvenir que d’autres membres de notre Ordre, parmi même les plus renommés, possèdent quelques liens nébuleux avec des familles en disgrâce, voire d’autres Kaerls.

Et son regard glissa sur Kâl Armaros comme s’il n’existait pas mais ces mots lui étaient en partie adressés. La voix sépulcrale de l’Inquisiteur Suprême résonnait sous la voûte dans un silence pesant, de la part des autres Sangs. Il avait soigneusement omis de parler du sort de Braen en lui-même, ainsi que de son dragon. Pour l’heure, ils appartenaient encore au Kaerl Ardent. Il coula néanmoins un rapide regard vers la Seconde. Malgré tout le respect qu’il éprouvait pour la Maîtresse Verte et sa collègue du Clan Introverti, il redoutait qu’elle ne se compromette davantage avec cette affaire. Il était regrettable que son secret soit éventé de manière aussi désastreuse car, en d’autres temps, peut-être sous un autre règne, Ioana et Braen seraient demeurés plus Ardents que jamais.

- Maître Dehlekna est capable de révéler des informations compromettantes aux Célestes, reprit sèchement Eléderkan en balayant la salle du regard, mais le fera-t-il pour autant ? Nous l’ignorons. C’est cette ignorance qui représente le vrai danger. Faire pression sur les Célestes pour exiger des preuves de son emprisonnement, s’il est vivant ou non, ce qu’il aura pu dire ou non : voilà le problème. Nous avons besoin de faits et non de rumeurs pour prendre une saine décision.



Oracle Tol Orëanéen
Maitre du Jeu
Maitre du Jeu

Hors ligne

Inscrit le: 11 Fév 2008
Messages: 703
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 652
Race: Dragon Primordial

MessagePosté le: Lun 12 Nov 2018 - 20:08 Répondre en citantRevenir en haut


Aodren del Hendrake & le Noir Torak
- Haut Représentant du Clan Dominant -


Bon nombre avaient répondu présent. Cela avait de quoi le rendre quelque peu... ravi. Il n'était que le Haut Représentant du Clan Dominant, mais il avait pu convoquer une séance au Concile, alors que d'ordinaire, seuls le Second et le Seigneur Ardent possédaient cette autorité. Hum... Pouvait-on y inclure le Gardien ? Aodren jeta un rapide coup d'oeil à Seregon. Celui-ci était venu, porté par l'intérêt de la situation. Sans doute qu'il avait lui-même des interrogations à l'esprit, quant aux raisons de cette convocation d'ordre si ''importante'' pour outrepasser ses droits de Sang ... Mais aussi pour la véritable raison de la présence du traître, qui était présenté devant tout le Concile réuni. Mais chaque chose viendrait en son temps. D'abord, il fallait connaître les interventions de chacun.

Il y eut d'abord le Zenghwei, qui exprima sa position quant au fait que le prisonnier ne devait pas être rendu aux Célestes. Qu'il était risible celui-là. Comme le Seigneur, il disparaissait pendant un bon moment et revenait la bouche souriante comme un véritable Sang... Il était vraiment à l'image d'Iskuvar. Quant aux secrets qu'avait abordé le Zenghwei, Martel pourrait se faire tout un plaisir d'en lâcher quelques-uns, si l'envie lui prenait. Vraiment, s'il en avait réellement envie. Et encore.... Pour peu qu'il accepterait de céder aux Célestes, qui n'étaient pas comme les Ardents. Ces chevaliers vivants dans les airs tenaient à leur morale de lumière et du respect envers autrui. Seraient-ils capables de le torturer et d'exiger qu'il parle ? Même leurs dragons, sauf cas de force majeure à leur survie, ne liraient pas dans son esprit sans sa permission...ou alors en intercédant auprès de son lié... Non, Martel ne trahirait pas le Màr Taralom. L'elfe noir était trop fier et trop loyal à ses principes ; et surtout au Màr.

Puis ce fut au tour du Prêtre de Flarmya d'entrer en jeu. Et il parut directement trop sentimentaliste au goût du Haut Représentant du Clan Dominant. Le jeune homme mit en avant le fait qu'on ne pouvait pas remettre en question le choix des Enfants de Flarmya. Mais les dragons ne faisaient pas dans les intrigues et la politique en sortant de l'oeuf. Si c'était le cas, jamais le prisonnier céleste n'aurait marqué un Dragon Ardent. Jamais ! Les dragons ne s'occupaient pas de cette priorité là quand la pointe de leur museau affrontait déjà la difficulté de l'existence. Et maintenant le Gardien qui entrait en scène, posant ses interrogations.

*Comme je l'avais pressenti. *

Et le Gardien, après sa tirade, permit l'intervention du prisonnier pour de sa défense. Et quelle défense ! Le Féalocë en sourit. Il était pathétique... C'était cela servir le Kaerl Ardent ? C'était cela se vouer à lui, même avec sa trahison exposée en plein jour ? On n'aurait pu s'attendre à mieux. Mais cela lui serait utile quand son tour viendrait. Car il s'attendait à ce que d'autres Sangs prennent la parole pour apporter leurs opinions à l'intéressante et amusante affaire. Sauf que ce ne fut pas un autre membre du Concile qui émit des sonorités, ce fut le grincement des portes de l'accès au Concile qui s'ouvrirent, laissant le passage à un Seigneur Ardent au visage serré par l'énervement et la colère.

*Cela risque de compliquer mes affaires, mais attendons de voir...*

Il avait espéré profiter de l'absence d'Iskuvar, qui était parti on ne savait où une fois de plus. Mais le savoir déjà de retour risquait de compromettre un peu ses projets. Bah, il saurait rebondir... Après tout, qui sait comment le Seigneur réagirait... Car à voir le lézard de feu de l'Inquisiteur se diriger vers lui en voletant et se posant tranquillement sur son épaule...Il croisa le sombre regard du Maître Noir humain. Un toussotement rappela à l'ordre le petit saurien blanc. Astucieuse méthode que voilà...si Garaldhorf espérait faire croire que son petit compagnon écailleux avait décidé de son propre chef d'aller voir le Seigneur Ardent, c'était se méprendre sur l'intelligence des Sangs. Aodren garda néanmoins son impassibilité, comme si ce petit intermède n'était qu'une simple gêne. Autant garder les fausses apparences et laisser croire qu'il n'avait rien compris... pour l'instant. Car il ne doutait pas que Garaldhorf aurait apporté autre chose qu'un simple résumé de l'histoire débattue actuellement. Et enfin, L'inquisiteur prit la parole.

Aodren garda son sourire, durant l'éloquence de l'Inquisiteur. Il ne manqua pas son regard se porter sur toute l'assistance. Il n'était guère étonnant que le Sang Garaldhorf parla de la sorte. Quand on savait ses opinions concernant Martel...

Maintenant, c'était à lui de prendre la parole.

''Qui vous dit que Delekhna livrera nos secrets ? Et surtout, ses secrets ? Il a eu la bêtise de se faire capturer par les Célestes au Vaendark. Mais devons-nous pour autant le laisser entre leurs mains ? Car nous connaissons tous sa fierté. Peut être qu'il n'a été que banni, au lieu de périr sur les sables de la Fosse, comme cela se fait d'ordinaire quand deux Ardents s'affrontent pour revendiquer la place de Seigneur Ardent...''

Aodren glissa un regard vers Alauwyr et Seregon, avant de reprendre et de passer à son tour ses yeux sur le restant de l'assemblée des Sangs.

''...mais est ce que cela nous laisse le droit de le laisser aux mains des Célestes ? Nous n'avons peut être pas encore de confirmation qu'il est retenu prisonnier au sein de leur Kaerl, mais ce n'est pas une raison de rester sur des hypothèses. Et faire pression sur les Célestes... Oh oui, nous pouvons le faire, en évoquant directement que nous avons ce traître en notre sein. Un traître qui se disait fidèle au Màr Tàralöm et qui est là à se lamenter comme une larve. Un véritable Ardent défendrait réellement sa cause et sa condition.
Enfin.... un faible restera toujours un faible, n'est ce pas. Et pourquoi devrions nous continuer à perdre notre temps avec lui ? Qu'on le donne aux Célestes et de grâce, laissez les histoires de lignées de dragons ou de liés de côté voulez-vous ? Si on doit jouer à ce jeu là, alors nous sommes tous coupables d'appartenir à des familles des autres Kaerls. N'oubliez pas notre Histoire, où il n'y avait pas trois Kaerls bien distincts... Même si Martel Delekhna été banni, nous ne pouvons le laisser chez les Célestes. Il ne livrera pas ses secrets, mais les Célestes seraient capables d'évoquer un cas de force majeure pour sonder son esprit.


Son visage marquait un air des plus sérieux. Ne mettait-il pas un doigt sur un vrai point ? Les Ardents aimaient leur arrogance, leur supériorité. Tous n'accepterait pas de laisser Martel Delekhna dans les mains des Célestes.

''Que nous importe d'avoir cet espion parmi nous ? Qu'on le donne aux célestes. Il n'est rien et du peu qu'il connait de nos secrets, les célestes les connaissent sans aucun doute et ce, depuis longtemps. Ses connaissances ne valent rien au contraire de Delekhna, qui lui a servi longtemps notre Màr et qu'il a été Sang, avant son bannissement. De plus, Delekhna ne se trouvait pas au Vaendark par hasard. Il a trouvé une ancienne base Valherue ! Une mission d'exploration y avait été déjà entreprise auparavant, pour chercher d'anciens Kaerls, sans succès. ''

Il se retenait de regarder à nouveau le Seigneur Ardent, qui avait organisé quelques expéditions sur certains continents en vue de trouver des éléments ou des contacts susceptibles de rendre le Kaerl Ardent plus puissant... Et il avait échoué. Martel, lui avait réussi !

''Allons nous laisser Martel avec ces précieuses connaissances au main des Célestes ? ''

RP par Alauwyr Iskuvar



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

Visiter le site web du posteur
Yong'Wu Zenghwei
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 16 Sep 2012
Messages: 336
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 146
Race: Torhil
Âme Soeur: Nushi
Fonction: Haut-Représentant
Affiliation: Clan Valherien
Alignement perso: Loyal Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mar 13 Nov 2018 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut

L’exposition du transfuge lui fit brièvement hausser un sourcil : en voilà enfin un qui ne tournait pas autour du pot, allant droit au but et acceptait son destin avec la tête haute. Si le Haut Représentant n’avait que haine pour les représentants de Menel, le transfuge avait réussi à être un ardent digne d’une mesure de respect, chose qui était rare aux yeux du Chevalier Blanc. Son visage exprima de façon toute Torhile son changement de point de vue au sujet de l’accusé, une émotion qu’il laissa sciemment transparaître sur sa chair tânnée.

Pour ce qu’il était du Grand Prêtre, il l’avait à peine écouté : celui-ci était, comme d’habitude, parti dans un délire religieux. Si l’on devait respecter la soi-disante volonté de Flarmya jamais un Lié ne devait en toucher un autre et tous vivraient dans l’harmonie qui ne serait troublée que de temps en temps par une guerre de baisers timides et de jets de sachets de camomille au visage de l’autre, en s’assurant de ne pas toucher l’oeil. Mais avant que le débat ne puisse continuer les lourdes portes du concile s’ouvrirent avec l’arrogance et l’irrespect propre à la couronne du Kaerl.

Voilà donc que le Seigneur venait uriner en plein concile histoire que tous puissent apprécier l’odeur d’ammoniaque qu’avait la supériorité supposée d’un lord qui abandonnait son fief toutes les trois lunes pour batifoler on ne savait où et sans doutes planter des bâtards de ci de là. S’il respectait les compétences martiales de l’homme, ne pas le faire aurait été âprement stupide de sa part, il avait des doutes quant-à sa capacité à diriger le Kaerl dans le bon sens. L’on avait aujourd’hui au lieu du Tàralöm d’antan, un rassemblement de loups qui préféraient se toucher la poitrine en s’autoglorifiant plutôt que de rester fixés sur leur tâche et le fait de se relever de ce que la Grande Guerre leur avait fait subir. Les seuls qui semblaient garder un minimum de dignité étaient le prêtre et l’Inquisiteur Suprême, l’un il ne le portait pas dans son coeur à cause de ses désillusions religieuses et l’autre… il était méfiant à son sujet, rumeur disait que son sang était dans d’autres Kaerl et ce genre de choses frôlait l’inacceptable.

Mais soit, il était d’ordre de respecter les coutumes car celles-ci avaient maintenues le Kaerl debout depuis sa création, Il se leva donc et fit un maigre et lent hochement de tête en direction du Seigneur Ardent, son ire ne monta que lorsque personne ne suivit : toujours un manque flagrant de respect pour le protocole, comme à leur habitude. Serrant les mâchoires en jetant un regard circulaire sur ses ‘’pairs’’ il se rassit, faisant à nouveau crier la chaise non adaptée à sa carrure.

Il laissa donc s’écouler le reste du débat, écoutant ci et là les différents intervenants, Un nouveau haussement de sourcil fut provoqué par Aodren. Il n’aimait pas cet être qu’il considérait comme une petite frappe, celui-ci représentait l’antithèse de ce qu’être ardent signifiait. Son dégoût s’afficha librement, son visage profondément ridé se plissa tandis que les deux puits noirs qu’étaient ses yeux restaient fixés sans ciller sur le Fëalocë,

« Avez-vous perdu l’esprit ? A chanter les ‘’louanges’’ d’un banni en ces lieux ? » Il se leva lentement avec l’aura de danger d’un prédateur toute palpable de sa puissante stature. « Le Concile s’est réuni pour décider du sort du Chevalier Braen dont la plaidoirie a fait montre d’un grand sens des responsabilités et de l’honneur malgré son traitement. A mes yeux celui-ci est digne de réintégrer nos rangs s’il renouvelle son serment d’allégeance ici même devant le Seigneur Iskuvar. Pour ce qui est de vos propos, Maître del Hendrake, ceux-ci puent la sédition aussi je me vois dans l’obligation de vous défier, séance tenante, en duel pour laver ce Lieu et son histoire de vos paroles, rien ne pourra jamais redorer le nom du banni. » Le ton était mesuré, d’un calme froid et sans équivoque, son corps cependant était tendu comme celui d’un félin prêt à bondir sur sa proie pour lui briser la nuque.



Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:55 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu