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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Jeu 19 Juil 2018 - 18:04 Répondre en citantRevenir en haut

3 de Haskèlku 919.


Je ne m'étais jamais complètement senti à l'aise sur un bateau. Trop exigu, trop coupé de tout … Mais je m'en étais toujours bien accommodé, me perdant dans la contemplation des merveilles que la mer avait à offrir ou me laissant distraire par les jeux et autres pitreries de notre joyeuse troupe d'alors.
Mais ça, c'était avant. Avant qu'un homme ne laisse sa folie le consumer. Avant d'assister au naufrage de notre navire, dévoré par les flammes. Avant que toute ma famille ne disparaisse brusquement, avalée par les eaux noires de l'océan.
Aussi, lorsque le navire marchand, sur lequel j'avais embarqué à Tol Orëa, accosta enfin au port de Wurm, le nœud, niché au creux de mon estomac, accepta seulement de se délier, laissant tout mon corps relâcher la tension qui ne l'avait pas quitté depuis notre départ, et je ne pu retenir le soupir de soulagement qui s'échappa de mes lèvres quand, finalement, je mis pieds à terre. Vive le plancher des vaches.

Après avoir fait débarquer Brume, j'entrepris de me dégourdir les jambes. La journée était belle et le temps, doux et clair. Les prémices du printemps se faisaient déjà ressentir, dans les rues de la cité portuaire, et je me plu à y déambuler tranquillement, Ceri niché contre ma poitrine et ma jument jamais bien loin derrière moi. Je profitais ensuite du marché pour acheter vivres, vêtements chauds et fourrures, tout le nécessaire afin d'affronter au mieux les rigoureuses terres du Vaendark.
La ville d'Ablah était à plusieurs semaines de marche d'ici, d'après la description que m'en avait fait Tristan. Perchée au milieu des montagnes, isolée du monde, rejoindre la cité neishaane se méritait. Le voyage serait, sans nul doute, un des plus rudes que je n'ai eu à affronter mais je m'en sentais capable. J'avais survécu jusqu'ici et je comptais bien continuer mon périple jusqu'au bout, aussi loin ma quête me conduira-t-elle.

Peut-être que si j'avais su ce qu'il m'attendait, à ce moment-là, je n'aurais pas été si confiante …


19 de Haskèlku 919.


Nous avions quitté Wurm depuis un peu plus de deux semaine et progressions, lentement mais sûrement, au sein des contrées du Vaendark lorsque nous rencontrions ce que je redoutais le plus depuis le début de notre voyage. Mes maigres connaissances n'avaient su ni voir, ni décrypter les signes avant-coureurs du violent blizzard qui fonda sur nous, comme un faucon sur sa proie, nous enserrant de ses serres glacés.

Le vent hurlait dans mes oreilles, s'infiltrait par la moindre ouverture de l'épaisse couche de vêtements qui me recouvrait, mordant ma chair à m'en faire presque crier de douleur. Chacune de mes respirations s'avéraient pénible, tant l'air était glacial, et la vapeur formée par mon souffle venait se cristalliser sur mes cils et ma peau.
La neige tombait drue, recouvrant tout d'un étouffant manteau blanc … Surtout la piste que je m'efforçais de suivre depuis le début. Comme si je n'avais pas assez de poisse comme ça.
Tenant fermement les rênes de Brume qui peinait à progresser dans la tempête, j'avançais malgré tout, fendant l'épaisse couche de poudreuse à chacun de mes pas, dans l'espoir de trouver un abri bientôt. Le froid engourdissait mes membres mais je ne pouvais pas m'arrêter. Je ne devais pas. Il fallait que je trouve un endroit capable de nous protéger … Nos vies, en cet instant, étaient en jeu.

Mais où aller ? Par où se diriger ? Avec ce blizzard, tout se ressemblait et je ne reconnaissais rien. Pas comme si ça m'aurait aidée, de toute façon …

Mais je continuais à avancer, puisant force et réconfort dans la présence chaleureuse de mon fils, lové contre moi, bien à l'abri sous les fourrures qui me protégeaient tant bien que mal du froid. Ceri comptait sur moi, tout comme Brume, et je ne pouvais pas les décevoir.

Les heures s'égrainèrent mais le blizzard ne semblait pas vouloir se calmer. Autour de nous, tout était blanc … Du moins, aussi loin que je pouvais y voir. La seule chose que je savais, c'était que la lumière déclinait petit à petit, signe que le Soleil descendait lentement vers l'horizon. Malgré mes jambes tremblantes, je redoublais d'effort, forçant ma jument à avancer plus vite. La panique commençait à s'emparer de mon cœur, au fur et à mesure que l'obscurité gagnait en intensité et que je n'arrivais pas à nous trouver d'endroit où passer la nuit.
Allions-nous vraiment mourir ici ? Seuls et perdus dans ses montagnes inhospitalières ? Non, je ne devais pas penser comme ça. Il fallait que je trouve quelque chose, n'importe quoi qui pourrait nous aider à tenir, le temps que la tempête ne passe.
Comme une réponse à mes prières, un énorme rocher, incliné juste ce qu'il faut pour fournir un refuge décent contre les rafales de neige, se découpa dans le voile blanc qui nous entourait, se dressant vaillamment contre la tempête. Je me hâtais d'y mettre à l'abri Brume qui, exténuée, tremblait de tout son être. Je n'étais guère dans un meilleur état qu'elle mais je ne pouvais pas encore me relâcher. Si le rocher nous protégeait en grande partie de la violence du blizzard, l'air restait glacial, mordant et difficilement soutenable. Nous devions à tout prix nous réchauffer.
Mes doigts, raides et bleutés sur le bout, parvinrent à détacher de la selle le fagot de bois sec, que j'avais eu la présence d'esprit de constituer au cours de notre voyage. Comme quoi, mes talents en matière de survie n'était pas si émoussé que ça … Je sortis mes silex, les frottait brusquement l'un contre l'autre et bientôt, un feu salvateur se mit à brûler, réchauffant petit à petit nos corps endoloris par le froid et l'effort.

Maintenant, il ne nous restait plus qu'à attendre que la tempête ne passe, en priant les Dieux pour qu'elle ne s'éternise pas. Nos réserves de nourriture ne nous permettraient pas de tenir bien longtemps et, avec ce temps, pas question d'espérer aller chasser. Déjà que je n'étais pas très douée en la matière …
Après avoir étalé une couverture à même le sol, dans l'espoir de rester un peu au sec, je sortis la carte du Vaendark que j'avais « empruntée » à la bibliothèque du Màr Luimë et essayait, à la lueur de notre feu de camp, d'évaluer la distance que nous avions parcouru et celle qui nous restait encore à couvrir avant d'atteindre la mystérieuse cité d'Ablah.

Bientôt. Bientôt, j'aurais les réponses à mes questions …




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MessagePosté le: Jeu 19 Juil 2018 - 18:04 Revenir en haut

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Tristan Gwened
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MessagePosté le: Sam 6 Oct 2018 - 19:57 Répondre en citantRevenir en haut


Tagette, chèvre angora fugueuse


L'hiver était une saison ennuyeuse, et malheureusement, à ces altitudes, il durait longtemps. On ne sortait guère pour se dégourdir, on n'avait rien de frais à manger, et même la lumière de Solyae semblait déserter le Vaendark. Oh, certes, quelques naissances venaient bien pour changer de la monotonie, et quelques histoires racontées par les anciens à blanche barbichette permettaient de s'en évader temporairement, mais tout cela semblait rapidement tourner en rond, comme elle le faisait elle-même dans l'étroit logement où elle se trouvait confinée depuis trop de temps déjà. Aussi, malgré tous les dangers qu'elle n'ignorait pas se tenir à l'extérieur, qu'ils soient dus au terrible climat de la montagne glacée ou aux prédateurs survivant avec peine dans cet environnement hostile, guettait-elle une occasion de mettre davantage le nez dehors, et pourquoi pas, d'aller un peu gambader.

Elle n'oubliait pas cette rengaine que leur ressortaient régulièrement les anciens, l'histoire de sa consœur Blanche, qui avait nourri les mêmes espoirs, et malgré tout son courage, n'avait pu s'opposer que temporairement à un loup affamé. Selon le conte, la légendaire héroïne, après toute une nuit de résistance, aurait finalement trouvé la mort sous les crocs acérés du canidé, au grand désespoir de son ami humain, un certain Seguin... Mais Tagette possédait la fougue de la jeunesse, et la certitude à la fois naïve et orgueilleuse qu'elle se montrerait suffisamment avisée pour savoir quand s'arrêter, quand rentrer, quand le danger deviendrait supérieur au plaisir de l'escapade. Et puis, de toute façon, elle n'en pouvait plus de l'enfermement et de la promiscuité hivernale avec ses semblables.

Ce soir-là, enfin, alors que ses camarades se pressaient autour de la nourriture, elle remarqua une faille dans le comportement de ses gardiens. Ils étaient jeunes, et visiblement plus intéressés par passer du temps ensemble que par leurs tâches concernant les caprinés, surtout le mâle : la barrière de l'enclos resta à peine verrouillée, même si elle semblait remise en place correctement. Celle qui rêvait tant de liberté ne montra cependant en rien qu'elle tenait finalement un espoir plus tangible que jamais, et se restaura normalement, sachant qu'elle aurait bien besoin de forces pour affronter l'extérieur.

Ce n'est qu'aux heures précédant le petit jour, après une nuit de courtes siestes entrecoupées de moments d'intense excitation, qu'elle se leva en vérifiant soigneusement que tout le monde dormait encore d'un sommeil innocent. Parents et amis ne verraient rien d'autre que son absence au matin, car elle ne voulait entraîner personne dans cette escapade : cela tenait pour une part de l'égoïsme, parce que ce moment lui appartenait à elle seule, et qu'elle ne souhaitait pas le partager avec quiconque. Pour une autre part, elle devait cette décision à un altruisme mâtiné de pragmatisme : entraîner un semblable dans les dangers qu'elle avait choisi de braver n'entrait pas dans ses projets, et puis, les plus âgés ne cesseraient de se plaindre et de lui faire la morale, quand les plus jeunes s'avéreraient un fardeau qu'elle n'était pas certaine de pouvoir porter. Il serait déjà bien suffisant de s'occuper correctement d'elle-même dans cet inconnu hostile, sans qu'elle ne s'ajoute la responsabilité d'autrui.

Comme il lui semblait avoir noté, le loquet n'avait pas été bien remis en place, et après quelques coups de tête prudents contre la porte du paradis, à moins que ce n'ait été celle de l'enfer, elle put finalement se faufiler à l'extérieur. Quelques touffes de laine s'accrochèrent au grillage à son passage, mais c'était bien peu cher payer pour son passage. Elle repoussa la barrière d'une nouvelle pression du front, espérant qu'ainsi, pas un enfant ne s'égarerait en prenant le même chemin qu'elle, et s'en fut à pas légers dans la direction opposée à celle des hautes tours sombres où vivaient leurs gardiens.



~~~~~~~



&

Gladys et Madenn, habitants bipèdes d'Ablah


Pour le mois d'Haskèlku, ils avaient été désignés par les Anciens comme responsables de ce qui concernait le troupeau de chèvres de la communauté, et jusqu'à ce matin-là, tout s'était déroulé sans anicroche majeure. En arrivant, Gladys avait bien remarqué que la barrière n'était pas verrouillée, juste repoussée, mais elle avait supposé que si une bête s'était échappée, on l'aurait simplement retrouvée grande ouverte... Ce n'est qu'après avoir accompli leurs autres tâches, et remarqué le fragment de pelage accroché tout près du poteau, qu'ils décidèrent de recompter les animaux : on ne savait jamais, et deux précautions valaient mieux qu'une. Et ils eurent beau compter et recompter, l'évidence s'imposa : il en manquait une.

La mine assombrie à l'idée d'affronter les bourrasques glaciales qui soufflaient depuis plusieurs jours déjà, la jeune neishaane dévida un chapelet de malédictions envers le quadrupède fugueur, tandis que son compagnon d'infortune, que la situation amenait plutôt à un mutisme fermé, s'empressait de rassembler le nécessaire à l'opération de sauvetage caprin s'annonçant. Solyae avait déjà parcouru presque la moitié du chemin correspondant à sa courte apparition hivernale, lorsqu'ils se mirent en route, engoncés dans les nombreuses épaisseurs de laine qui les couvraient entièrement, et ne laissaient voir que leurs yeux ainsi qu'une mince surface de peau les entourant. La poursuite s'annonçait ardue, les intempéries risquant d'avoir déjà effacé la plupart des traces, mais responsables ils étaient : ils n'abandonneraient donc pas avant d'avoir au moins essayé de retrouver la bête échappée.


~~~~~~~


Elle avait été surprise de la force du vent qui l'avait accueillie au-dehors, mais ne comptait pas se laisser arrêter par si peu. Profitant de sa liberté retrouvée, elle avait caracolé ici et là, découvrant de blanches étendues dont les pentes abruptes étaient adoucies par le glaçage neigeux, quand quelque noir rocher ne venait pas se dresser, telle une pointe menaçante sortie là on ne savait pour quelle ténébreuse raison. Jusqu'au début de l'après-midi, elle avait exploré, ne rencontrant nulle âme vivante parmi la tourmente qui hurlait autour d'elle. Certes, une telle journée ne s'avérait pas la meilleure pour semblable escapade, mais ce n'était pas comme si elle avait vraiment eu le choix... Si elle n'avait pas profité de cette fois-ci, semblable occasion aurait risqué de ne plus jamais se présenter.

Finalement davantage fatiguée qu'elle ne l'aurait cru, car elle s'enfonçait souvent dans la poudreuse et devait lutter contre le vent, refroidissant malgré son épais pelage, elle décida de prendre le chemin du retour. Bientôt, les traces de sabots qu'elle avait dessinées en venant, se trouvèrent effacées par les intempéries. Oh, elle allait bien se retrouver malgré tout, elle n'avait pas fait tant de détours que cela, n'est-ce pas ? Et puis, elle se souvenait du chemin... Sauf que rien ne ressemblait tant à un champ de neige, ou à un escarpement hérissée de rocaille cyclopéenne, qu'un autre. Lorsque la nuit fut sur le point de tomber, il lui fallut se rendre à l'évidence : elle n'était pas sur la bonne voie, et se sentait épuisée.

Sa bonne étoile se manifesta cependant, sous la forme d'une flamme dansante qui brillait au loin. Seuls les bipèdes pouvaient en être à l'origine, sans doute s'agissait-il des lumières d'Ablah, qui luisaient ainsi au travers de la fenêtre d'un neishaan veillant au-dessus d'un de ses précieux livres. Saisie d'un regain de vigueur, elle se remit en route, tête baissée face au blizzard, creusant patiemment un sillon dans la neige fraîche à mesure qu'elle avançait. Toute notion du temps avait disparu lorsqu'elle put enfin distinguer le bout du chemin, mais ce qu'elle y trouva ne correspondait aucunement à ses suppositions... Un simple feu, abrité sous un surplomb de pierre, auprès duquel se serraient en silence une neishaane adulte et son petit, ainsi qu'une jument. Les bipèdes étaient endormis, tandis que la quadrupède veillait dans un état de semi-conscience.

Tagette avança sans chercher à étouffer les tintements métalliques de la clochette qui pendait à son cou, et sonnait à chacun de ses mouvements, presque trop gaiement pour la situation présente. Si ces voyageurs voulaient bien accepter qu'elle partage leur compagnie, ce serait toujours mieux que de rester seule, perdue et frigorifiée au milieu de nulle part... Elle comprit bien vite que ces naufragés de la montagne étaient tout aussi éreintés qu'elle-même, surtout les fragiles bipèdes, dont aucun ne portait l'odeur propre aux habitants d'Ablah. Face à ces étrangers exténués, elle se contenta, en guise de salutations, de souffler son haleine chaude au visage de l'enfant, et de gratifier la joue de la femelle de quelques coups de sa langue râpeuse.



~~~~~~~


Tout l'après-midi, ils avaient marché, observé, pisté. Gladys était plutôt douée dans ces disciplines, heureusement pour eux, car ce n'était pas Madenn le rêveur qui aurait pu repérer, ici, une pâle touffe de longs poils laineux, là, un excrément à demi enfoui dans la blancheur qui enveloppait tout, ou là encore, une trace de sabot gardée par la maigre épaisseur d'une mousse, parvenue à survivre sur un affleurement rocheux balayé par les rafales. D'indice en indice, rebroussant souvent chemin, prêts à abandonner à plusieurs reprises, le duo avait donc progressé, s'éloignant toujours plus de la chaude sécurité de leur foyer. Seul ou auprès de quelqu'un d'autre, le neishaan aurait sans doute tourné casaque depuis longtemps, mais il vouait à sa compagne une admiration aussi démesurée qu'inavouée, et pour cette seule raison, il resta à ses côtés.

Le soir était presque tombé lorsque les brasillements du feu d'Alrüne se dessinèrent à l'horizon. Un bref échange de paroles suffit aux jeunes gens pour se décider à abandonner leur quête présente, et à infléchir leur trajectoire vers ce phare inattendu. Car qui d'autre qu'un bipède pouvait l'avoir allumé ? Mais avec la tourmente qui sévissait depuis plusieurs jours déjà, sans doute s'agissait-il de quelque égaré, et qui pouvait savoir si leur aide ne serait pas la bienvenue ? On ne plaisantait pas avec le secours dû à leurs semblables, à Ablah. Tant pis pour cette chèvre, ils s'expliqueraient avec les Anciens, et s'ils se faisaient tancer, voire pire, pour leur négligence à propos de la fermeture de la barrière, eh bien, ils s'en remettraient.

Le temps qu'ils atteignent le rocher servant de refuge à la petite compagnie, l'obscurité avait étendu son voile sombre sur le paysage, sans que la moindre étoile ne vienne le percer de son regard bienveillant. Madenn s'était cependant montré prévoyant, et il tenait en main une torche allumée, dont il gardait plusieurs autres exemplaires de réserve dans son paquetage. Et lorsqu'ils distinguèrent enfin les corps serrés autour de la flamme, le doux carillon d'une clochette sembla les accueillir comme Tagette secouait la tête. Gladys éclata d'un rire nerveux, tandis que son compagnon et elle s'avançaient franchement. Tous deux s'exprimaient de la manière qu'Alrüne avait pu entendre dans la bouche de Tristan, avec un certain raffinement dans les mots, étrangement couplé à l'accent rocailleux de ces contrées sauvages, et à la modulation subtile propre à la race des pâles chanteurs.
« Il semblerait que nous fassions d'une pierre deux coups... »

Le neishaan, lui, venait de repérer le plus jeune membre de la compagnie, et ses yeux s'ouvrirent un peu plus grands tandis qu'il s'enquérait, une inquiétude sincère dans la voix :
« Allez-vous bien ? Êtes-vous perdus ? Vous vous êtes énormément éloignés des routes praticables... ce qui n'est pas si étonnant, avec cette tempête. Notre chèvre vous a trouvés, en tout cas. Nous la cherchions depuis ce midi... Pouvons-nous nous asseoir un moment ? Nous avons des provisions. »
Ils ne s'en rendaient compte que maintenant, mais ils étaient éreintés par leur recherche de la journée, au cours de laquelle ils ne s'étaient arrêtés que brièvement pour grignoter quelques poignées de fruits secs. Une fois qu'une corde fut nouée au collier du quadrupède fugueur, la blonde les rejoignit en jetant quelques branches tirées de son sac à dos, dans le foyer dont la lueur faiblissait faute de combustible. Le ton neutre, elle commenta :
« Ce n'est pas un temps où l'on voyage par ici sans excellente raison... Chez nous, on dit que seuls les fous ou les désespérés sont capables de persister sous ces conditions. »
L'autre lui glissa fort peu discrètement son coude dans les côtes, accompagné d'un regard désapprobateur, ce à quoi elle répondit d'un haussement d'épaules, visiblement peu touchée par ces reproches voilés.



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