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 [RP] Aux obscurs tréfonds des cieux Sujet suivant
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Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

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Inscrit le: 08 Avr 2017
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RPs: 73
Race: Neishaan
Maître: Sable Lewë (PNJ)
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Ven 9 Mar 2018 - 22:10 Répondre en citantRevenir en haut

HJ : suite de L'Or des Cieux ~ ♫ Loreena McKennitt, Dante's prayer


[Dernier quartier, Mystraku 918]

A mesure qu'il s'éloignait des couloirs utilisés par la foule des Célestes en chemin vers la Haute salle, Tristan avait accéléré le pas. Il se refusait à traîner dans les corridors pourtant magnifiques, à passer le moindre instant pour admirer le grand œuvre des valherus et de leurs héritiers, qu'il n'aurait certainement jamais dû découvrir. Après tout, le Chevalier qui l'avait amené était privé de la vue : son erreur pouvait sans doute s'expliquer aussi simplement que cela ? Mais le neishaan n'en voulait pas à Ciryandil de l'avoir cru apte à rejoindre le Màr Menel, non, celui contre lequel il était le plus irrité, comme souvent, n'était autre que lui-même. Parce qu'il y avait cru, sincèrement et naïvement, à cette vie nouvelle et idyllique, alors que s'il avait pris le temps de réfléchir rien qu'un instant, il aurait réalisé que quitter tout ce qu'il connaissait pour une autre communauté aux mœurs inconnues ne pouvait certainement rien résoudre. Les mâchoires serrées, ruminant sa propre stupidité et surtout, la vanité de s'être imaginé apte à Lier sa vie à celle d'une créature mythique, il dépassa sans les voir les accès à diverses pièces publiques, jusqu'à arriver à l'arche gravée de runes antiques qui abritait les sombres et mystérieuses volées de marches pour lesquelles il était venu jusqu'ici.

L'aspirant n'avait encore jamais passé cette porte, tout aussi symbolique que tangible, et il stoppa brusquement devant la gueule menaçante et ombreuse qui s'ouvrait face à lui. Il avait entendu des tas d'histoires sur le Labyrinthe. Faisait-il vraiment bien de s'y rendre ? En ressortirait-il jamais, et dans le cas miraculeux d'une réponse positive, dans quel état ? Et pourtant, s'il renonçait maintenant, comment pourrait-il prétendre à continuer de vivre aux crochets de ces maîtres dragons, en les laissant croire qu'il pourrait contribuer à la survie de leur bien-aimée espèce saurienne, alors qu'il serait encore plus manifeste qu'il manquait de la plus basique étincelle de courage, et donc, que jamais il ne parviendrait à se tenir sur les Sables sans céder à la panique ? Il ferma les yeux, inspira, et avança précautionneusement, dans l'obscurité de ses paupières abaissées comme un voile mortuaire. Du bout du pied, il tâtonna à la recherche des marches, descendant lentement l'une après l'autre, ses doigts crispés effleurant la pierre du mur, dont ses ongles tiraient un crissement évoquant de sinistres augures.

L'attention demandée par cette descente hasardeuse, car effectuée en aveugle, permit au moins à son esprit de se focaliser sur un problème immédiat et concret, plutôt que de continuer à ressasser les griefs dus à son inconséquence et sa nullité absolue. Le mouvement hélicoïdal, une fois qu'il eut pris le rythme de sa lenteur régulière, l'entraîna dans une manière de transe, à laquelle il s'abandonna volontiers, comme on s'abandonne aux plaisirs embrouillant l'âme pour mieux oublier la vacuité de tout le reste. Il s'efforça si bien d'en être englouti, qu'il sursauta violemment lorsque ses orteils ne parvinrent plus à sentir le moindre degré à la suite de celui où il se tenait. Sous le choc, avec un furtif sentiment de désorientation totale qui fit éclore une panique aussi intense que brève, il ouvrit les yeux. La vision qui s'offrit alors à lui ne pouvait que lui rappeler la dureté de la réalité, de la vie : le labyrinthe s'ouvrait à lui, ce lieu où il avait décidé de lui-même de se retirer plutôt que d'accompagner le reste du Màr Menel à des réjouissances qu'il ne partageait pas. Ce lieu qui, pourtant, lui inspirait une crainte mystique si forte, qu'il doutait de parvenir à même poser un seul pied de l'autre côté du seuil.

Là, au-delà de l'obélisque de téléportation qui flanquait l'entrée, rutilante de veines dorées, on pouvait deviner mille impasses porteuses d'autant d'illusions à l'affût, attendant leur heure pour s'abreuver à l'âme faible et malléable de l'aspirant imprudent, le laissant encore plus sensible aux coups que la destinée ne manquerait pas de lui asséner, si encore sa santé mentale lui permettait de continuer à survivre dans une pseudo-normalité. Et pourtant, Tristan était là, à ce rendez-vous avec lui-même auquel n'avait pas présidé la moindre contrainte extérieure, ni la moindre incitation venue d'autrui. Aussi, comme tourner les talons maintenant équivaudrait à valider définitivement l'ampleur de sa couardise, il se redressa et, serrant les poings, fit un grand pas jusque dans l'entrelacs de menaçants passages. Rien de se produisit. Il avança un peu plus, jeta un regard derrière lui. Sentinelle et borne, l'obélisque luisait de toutes ses ornementations d'or dans la pénombre, mais ce rappel du chemin de la sécurité commençait déjà à s'évanouir dans les ombres des murs entrecroisés. Le neishaan obliqua, vira d'un côté ou de l'autre sans suivre aucune logique, et s'enfonça un peu plus dans les profondeurs du dédale. Un coup d'œil en arrière lui confirma qu'il avait définitivement perdu de vue l'entrée : plus de fuite possible, les épreuves allaient pouvoir commencer.

Et elles commencèrent.

~~~~~~~


Lorsque Solyae s'élèverait au firmament le lendemain, le sommeil lourd de plus d'un habitant du kaerl promettrait, après les agapes de la veille, un réveil pâteux d'inconforts auxquels les guérisseurs ne pourraient qu'opposer un air sévère et quelques tisanes. Mais pour au moins l'un d'eux, éveillé en cette heure matinale, le malaise qui le terrassait prendrait ses origines dans des événements totalement différents, et ne pourrait être adouci par le même type d'infusion. Une seule paire d'yeux put être témoin de l'aspirant neishaan, les paupières rougies dans un visage aussi livide que les neiges de son pays d'origine, qui fut vomi, titubant et hagard, par la bouche du Labyrinthe qui l'avait englouti de longues heures plus tôt. Alors qu'il se retournait, dans un sursaut de clairvoyance le poussant à remercier son sauveur, la haute silhouette solidement bâtie esquissa un signe de tête presque imperceptible, qui semblait contenir une promesse dont le plus jeune eut du mal à déterminer la teneur. Promesse d'une nouvelle rencontre future, ainsi qu'il l'espérait secrètement ? Moquerie et mépris devant sa veulerie mâtinée d'asthénie, ou bien encouragements à aller de l'avant malgré tout ? Injonction à retenir la leçon de ne pas s'engager dans des épreuves pour lesquelles il était loin de se trouver prêt, ou assurance qu'un ange gardien se trouverait présent en cas de semblable besoin futur ? Il ne savait lire dans ce regard mêlant or et ténèbres, au sein de profondeurs qui criaient son appartenance à une autre race, un autre temps, un autre degré de connaissance.

Gardant leurs énigmes, ces yeux reflétant passé et futur se posèrent une fois encore sur la frêle silhouette aux cheveux roux, puis, ombre parmi les ombres, l'humain qui n'en était pas vraiment un s'effaça derrière l'une des innombrables parois entremêlées, et un courant d'air glacial sembla se lever. De nouveau seul, Tristan frissonna et serra ses bras contre son torse malingre, tout en refusant de s'attarder sur la chemise qui lui collait désagréablement à la peau, de la même manière que les mèches humides plaquées contre ses tempes. Il ne voulait surtout pas se souvenir de ce qui lui avait causé de telles angoisses, au point que sans l'intervention miraculeuse de l'inconnu, il n'aurait certainement pas pu s'échapper du Labyrinthe et de ses stratagèmes retors, qui instillaient peu à peu une folie tourbillonnante en son âme tendre et candide. Plus tard, peut-être, il y repenserait... de préférence, beaucoup, beaucoup plus tard. Dans l'immédiat, il n'avait qu'une envie : aller s'enfermer dans sa chambre d'aspirant, et se laisser couler dans l'oubli d'un sommeil sans rêves, si celui-ci voulait bien lui être accordé. Avec un peu de chance, au vu de l'événement que représentait l'éclosion la nuit précédente, Maîtresse Sable ne le solliciterait pas aujourd'hui, et il aurait le temps de se ressaisir. Ainsi que, peut-être, de restaurer le vernis craquelé d'une apparence qui trahissait par trop les épreuves dans lesquelles il s'était précipité, en connaissance de cause, mais avec autant de discernement qu'un taureau rendu furieux par la piqûre d'un moustique.

A pas lents ponctués de fréquents arrêts où, l'œil égaré et soupçonneux, il observait ce qui l'entourait, et qui s'avéra à chaque fois ne rien receler de dangereux, et même ne rien receler du tout, l'aspirant roux se mit donc en chemin vers la surface, puis vers les Spires. Encore des marches, ascendantes vers les hauteurs, encore des couloirs, mais brillamment éclairés, et revêtus d'un triomphe d'azurs et d'ors rappelant le caractère céleste des lieux, là où les murs du Labyrinthe n'avaient présenté que pierre glaciale et nue dans une semi-obscurité propre à faire naître encore davantage de monstruosités. Kishi soit louée, il ne croisa pas âme qui vive en cette aube d'après festivités, jusqu'à ce qu'enfin, enfin, il atteigne la porte qui menait à son refuge. Retrouvant cet environnement familier, il se sentit envahi d'un soulagement tardif, mais d'autant plus puissant qu'il avait tardé à émerger. Se glissant derrière le battant, il le verrouilla avec une soudaine frénésie et, tout tremblant, y resta un long moment adossé, incapable d'esquisser un seul mouvement. Puis cela aussi reflua, et il trouva la force de se traîner jusqu'à sa couche, où il se recroquevilla sous les couvertures comme un oisillon dans le duvet douillet du nid, apprêté pour lui seul par sa mère aimante. Là, coulèrent de nouveau les larmes brûlantes et amères de l'échec, passé comme à venir, physique comme mental, dans ses forces comme dans son relationnel. Ce fut finalement l'épuisement qui, le rattrapant malgré tous ses regrets, l'emporta au bienheureux pays de l'oubli qu'il avait tant souhaité atteindre.



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MessagePosté le: Ven 9 Mar 2018 - 22:10 Revenir en haut

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