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 [RP] Trouver une aiguille dans une botte de neige Sujet suivant
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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Mar 7 Nov 2017 - 20:06 Répondre en citantRevenir en haut


mi-Llefelysku 919 





 
   Lokni & Kohana  



Bien qu'emmitouflée sous une épaisse cape de fourrure brune, Lokni grelottait des pieds à la tête. Ses mains, surtout, souffraient du climat impitoyable, car elle ne pouvait pas totalement les dissimuler aux rudesses extérieures du fait du butin qui y résidait : un lièvre arctique au gabarit tout à fait raisonnable. Le bruit de ses dents s'entrechoquant était rendu inaudible par les fortes bourrasques de vent typique de cette région du sud est du continent du Vaendark. La jeune femme, d'une taille pourtant raisonnable, semblait ridiculement petite, petite chose frêle et emmitouflée parcourant à une vitesse dérisoire l'immensité désertique.

Cette étendue glacée surmontée de quelques résidus de végétation était déjà sublime dans son état naturel, mais les notes rougeoyantes parant la blancheur immaculée rendaient le spectacle irrésistible. La solitude naturelle émanant des lieux aurait achevé de combler Lokni si le climat n'était pas aux antipodes de ce dont elle avait eut l'habitude : Les Marais brumeux de Qahra étaient certes humides, mais c'était bien là toute la difficulté de survie qu'on pouvait y trouver. Elle même n'avait jamais perçu cela comme une difficulté, du temps où elle vivait encore parmi les autochtones : se déplacer en bateau était si amusant pour une jeune fille de son âge d'alors, elle et ses comparses de jeux passaient des moments forts agréables en ce temps.
La demi-Torhille soupira de soulagement en constatant que son campement de fortune n'était plus très loin. Elle y avait laissé son Aspirante Eirwen et sa Liée, qui lui avait bien entendu manifesté son mécontentement devant cette relégation au rôle de gardien de fillette. Mais les habitants des environs étant connus pour leur accès de cannibalisme envers les prisonniers qui leur passaient sous la main, la Maîtresse Verte avait jugé qu'une saurienne ne serait pas de trop pour assurer la sécurité de l'Aspirante. La sang-mêlé souhaitait certes apprendre la dureté de la vie de Chevalier à Eirwen mais envisageait également de la rendre en un seul morceau.

D'un pas vif, elle repoussa la "porte" de l’abri entièrement constitué d'un assemblement assez maladroit de peaux de diverses bêtes récoltées en chemin ou ramenées, pour les plus belles, dont celle constituant le sol de la fragile demeure de la triade. Sans dire un mot, Lokni repoussa sa capuche enneigée et sa chevelure d'un noir de jais vers l'arrière. Elle déposa la carcasse du lièvre près des flammes qui réchauffaient le faible espace d'habitation. Cela ne faisait que trois jours que Kohana, Lokni et Eirwen vivaient ensemble dans un espace si renfermé, mais déjà, la promiscuité jouait sur les nerfs de l'hybride à la peau tannée. Cela était sans aucun doute vrai pour Eirwen, au vu de son tempérament indépendant. Empoignant sans plus de ménagement sa proie, la jeune femme commença à le dépecer avec des gestes habiles et répétés maintes fois depuis l'enfance.

"Cela fait maintenant une Lune que nous sommes parties du kaerl."dit-elle d'une voix égale, relevant furtivement les yeux de son ouvrage pour scruter les traits de son Aspirante à la recherche d'une quelconque marque de contrariété. Elle aurait eut des raisons de craquer. Le début de leur voyage avait été plus tranquille : Walisie, Arpidie... même en Palétonie la vie avait été bien plus agréable. Ici, pas d'auberge à l'horizon, simplement des campements nomades isolés qu'il était de bon goût d'éviter. Mais le renseignement qui leur avait été prodigué par le commanditaire de la mission les avaient conduites en ce lieu désolé. Nul doute que le lien des deux jeunes femmes avec le sénateur Sednereï avait fortement pesé dans la balance lorsqu'il avait été décidé de leur attribuer cette mission non dénuée de risques. Il s'agissait de retrouver un artefact aux propriétés obscures. L'histoire officielle était qu'il avait été dérobé au sein même du kaerl avant le retour du Seigneur Seram au pouvoir. Lokni n'avait pas cherché à savoir si cela était la vérité : il n'était selon elle pas de son ressors de juger de la légitimité des missions octroyées par ses supérieurs.

La présence d'Eirwen à ses côtés était peut-être de l'inconscience, mais la Maîtresse Dragon n'y avait pour l'instant vu que des avantages : la jeune fille pouvait fréquemment voler à dos de dragon et le temps perdu par l'Aspirante sur son éducation avait rapidement été rattrapé, car Lokni utilisait toutes les pauses qui leur étaient accordées à la former. Elle se sentait mieux ici, loin du carcan du Màr : aucun autre Maître ne pouvait venir trouver à redire sur ses méthodes d'enseignement. Kohana usait parfois de sa mémoire ancestrale pour compléter les dires de sa Liée, quand l'envie d'aider lui prenait (soit assez rarement, il fallait l'avouer). Après s'être assurée que la jeune hybride aux oreilles effilées maîtrise les rudiments de l'histoire du Màr Luimë et de Rhaeg, elle s'était attelée à la partie qui lui tenait le plus à cœur : l'entraînement physique. Si ses origines Torhilles ne sautaient pas aux yeux, elle en avait la constitution très robuste et excellait dans l'art de la bataille. Depuis la mort de son époux, elle y mettait bien moins de coeur, mais restait réputée pour être une excellente guerrière. La Maîtresse Dragon répétait sans cesse à son Aspirante que sa constitution assez frêle n'était pas une excuse pour être une totale empotée à l'épée, et qu'il fallait qu'elle apprenne à se défendre un minimum tout de même. Il lui était vite apparu qu'en matière de survie en forêt ou de pistage, Eirwen n'aurait pas besoin de ses enseignements.
Mais même si l'éducation de l'Aspirante était maintenant en bon chemin, Lokni craignait que cette dernière ne craque véritablement sous peu. Elle devait sûrement vouloir revoir ses amis, sentir la chaleur douillette du kaerl englouti plutôt que le froid cruel et glaçant.

"Je te ramènerais au Màr et reviendrais seule si nous ne trouvons rien d'ici une demi-lune. A quoi avez-vous occupé cette dernière heure ?"

Kohana lui jeta un coup d’œil furieux.

°A rester allongées comme les choses inutiles que nous sommes actuellement, pardi !°

°Tu sais bien que je n'avais le choix.°
lui répondit sa Liée d'un ton ferme.

Ce à quoi la Dragonne Verte répondit par un grondement feutré.

Lokni se retourna vers son Aspirante avec un demi-sourire. Elle avait commencé à s'adoucir à son égard ses derniers temps, car il lui semblait, peut-être faussement, qu'elle avait passé le stade où elle devait être tenue par la force.

"Après notre leçon, nous pourrions sortir un peu. Peut-être y a t-il des plantes d'intérêt pour une connaisseuse comme toi. A mes yeux, elles ont surtout l'air d'être à l'article de la mort, mais qui sait..."

Derrière son apparente décontraction, Lokni était cependant inquiète. Il allait falloir qu'Eirwen vienne avec elle les jours à venir, car même elle ne pouvait se passer de la protection de sa Liée face aux imprévisibles et féroces populations autochtones. Le voleur se trouvait selon leurs sources protégé au sein d'une tribu avoisinante, réputée pour torturer leurs proies avant de les dépecer vivants. La jeune femme ne doutait pas qu'il ne s'agissait là que de racontars, car elle était bien placée pour savoir à quel point ils étaient nombreux concernant les indigènes. Prudence était cependant de mise, car pour survivre dans ces conditions, nul doute qu'ils devaient au moins être des guerriers tenaces.
Si les choses se compliquaient trop, elle ramènerait bien entendu son Aspirante au Màr plus rapidement qu'escompté. Mais elle aurait souhaité qu'Eirwen ramène elle même l'artefact perdu aux hautes instances du Màr, histoire qu'elle se fasse un peu féliciter pour cette dure mission. Elle avait toujours trouvé injuste que les honneurs ne reviennent qu'au Maître.




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MessagePosté le: Mar 7 Nov 2017 - 20:06 Revenir en haut

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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Mer 8 Nov 2017 - 19:16 Répondre en citantRevenir en haut

Pendant leur retour au Màr, Lokni lui avait expliqué qu’elles repartaient aussitôt sur le continent de Vaendark pour y chercher un mystérieux artéfact dans une région dangereuse : le sud-est. A l’idée de sortir du Kaerl pour cette mission sur son continent natal, Eirwen était folle de joie. Oui, il y ferait très froid, bien sûr la mission serait risquée, mais quel soulagement de repartir au grand air !
Elle ne mit pas plus de dix minutes pour se vêtir chaudement de ses anciens oripeaux : pantalons et bottes fourrées, casaque de peau grattée et manteau à capuche également fourré… Tout ce qu’elle portait quatre ans plus tôt au départ de chez elle en hiver. Elle garnit sa besace médicinale de tisanes pour les refroidissements et de baumes pour les gelures, de pommades de protection et surtout d’écorces et de bandes en cas de blessure ou pire, de fracture. Couteaux à lancer à la ceinture, arc et carquois, son sac de couchage dans le dos, elle n’avait rien d’autre. Là était toute sa fortune.

Les vols de Kohana furent très agréables, la Verte économisant ses facéties et son énergie. Par contre, les escales dans les auberges plaisaient moins à Eirwen : la promiscuité des gens, les odeurs prononcées des autres, le bruit, tout était exacerbé chez la jeune mi-Elfe, et elle aurait préféré bivouaquer seule dehors, à l’écart. Mais il n’était pas question de faire la forte tête et de demander un traitement spécial à sa Maîtresse. Et le pire restait à venir…

Elle se plia donc à tout, apprit avec assiduité l’histoire du Màr Luimë et de Rhaeg pendant les vols ou les longues soirées. Elle n’avait pas un instant à elle. Et puis il y eut le « campement » …
Eirwen aurait pu s’y sentir bien s’il elle n’y était pas confinée trop souvent. A part pour les quelques leçons à l’épée où elle ne se montrait pas très douée, Lokni partait seule et la laissait avec Kohana. Pourtant, elle aurait bien aimé chasser avec sa Maîtresse, elle aurait bien aimé avoir du gibier à dépecer, elle aurait apprécié pouvoir s’approcher des bivouacs inconnus et écouter, voir, espionner… Ses sens aiguisés auraient été utiles, elle en était sûre !
Au lieu de cela, elle restait avec Kohana qui boudait pour les mêmes raisons qu’elle ou à peu près : elle se sentait abandonnée par sa Liée et rabaissée au rang de nounou. Donc, la Verte en voulait à Eirwen autant qu’à sa Liée, ce qui était lourd à supporter.

Nous avons révisé l’Histoire, Maîtresse. Kohana m’a posé des questions et préparé des pièges. Je ne m’en suis pas trop mal sortie, je crois…

A l’évocation des plantes à aller chercher, Eirwen sentit son énergie positive revenir.

En attendant, puis-je gratter cette peau de lièvre pour vous en faire des moufles ? Il me semble que vous aviez les mains gelées… ou un manchon si vous préférez, Maîtresse ?

Il fallait absolument qu’elle s’occupe les mains et l’esprit, qu’elle s’évade en pensée de cette yourte, le temps que Lokni la fasse participer à la mission. Mais il semblait que sa Maîtresse attende qu’elle soit prête à se défendre à l’épée et Eirwen n’avançait pas vite dans cet apprentissage.
Elle avait pourtant un don partagé par tous les Neishaans qui pouvait pallier cela : elle pouvait créer des illusions par ses chants chez ceux qu’elle visait : des illusions aussi charmantes qu’horribles pour se protéger. Elle pouvait se rendre attirante, invisible ou faire très peur… et pas besoin d’épée pour ça. D’ailleurs, il y avait longtemps qu’elle n’avait pas chanté ou imité des cris d’animaux. Peut-être allait-elle s’entraîner lors de sa prochaine sortie ? Fallait-il qu’elle le dise à Lokni ou lui en laisser la surprise ?
En le lui disant, elle avait peur que sa Maîtresse la trouve encore trop présomptueuse et pas assez humble. Et en lui montrant sans la prévenir, elle avait peur de sa réaction…

Elle choisit de garder ces pensées pour elle et de se taire. Elle déciderait le moment venu. Le lièvre dépecé commençait à cuire sur la broche au-dessus du foyer et son fumet emplissait agréablement les narines et Kohana allait bientôt avoir la permission d’aller quérir sa pitance, allégeant un peu l’atmosphère. Eirwen s’appliquait à gratter la peau, la débarrassant de la fine membrane qui y collait encore avec quelques morceaux de chair et des vaisseaux sanguins. Il ne fallait rien y laisser sous peine qu’elle pourrisse et qu’elle soit inutilisable.





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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Jeu 30 Nov 2017 - 02:20 Répondre en citantRevenir en haut

 
   Lokni & Kohana  



Lokni répondit à la proposition d'Eirwen par un demi-sourire.

"Des moufles, quelle bonne idée... le froid de ces contrées rend la vie dure à chaque parcelle de mon corps, mais je crois que mes doigts restent les plus à plaindre !"


La mi-Torhille jeta un regard à ses doigts encore bleuis par le froid malgré la relative chaleur ambiante de la hutte. Puis, ses yeux sombres se posèrent sur les mains fines et d'apparence fragile de son Aspirante. La mi-Neishaane était originaire du Vaendark, aussi son organisme devait être bien habitué aux températures difficiles des alentours, mais ses mains lui semblaient si délicates ! Rien à voir avec ses propres mains, qui avaient perdues toute once de féminité sous les innombrables blessures qui les recouvraient.

"Merci de ta proposition, Eirwen... Mais commence donc par t'en faire pour toi-même. Tu en auras rapidement besoin."

A mi-mot, la Maîtresse Dragon tentait de lui faire comprendre qu'une sortie se profilait. Elle n'était guère douée pour les déclarations en haute pompe, aussi s'était-elle habituée à communiquer les informations importantes de la manière la moins directe qu'il soit. Le fumet appétissant du lièvre grillé vint taquiner son odorat et elle pris soudainement conscience qu'elle mourrait de faim. Il dut faire le même effet sur la Verte, qui se redressa vivement et pris la direction de la sortie.

°J'y vais !° les informa t-elle, ce à quoi Lokni répondit par un petit hochement de tête

Les ombres des silhouettes des deux femmes dansaient sur la frêle paroi rugueuse qui les entouraient, donnant l'illusion d'un tête à tête de deux géants difformes se mouvant péniblement au gré des flammes. La mi-Torhille mastiquait doucement son repas, savourant chaque morceau avec la reconnaissance de celui qui a vraiment connu la faim. Le corps enfin rassasié de Lokni se sentait de plus en plus engourdi par la chaleur ambiante, et elle sentait ses yeux se fermer de plus en plus. Le silence, la chaleur et un ventre plein : qu'étais-ce donc que le bonheur sinon cela ?

La voix de Kohana résonna soudainement avec force dans l'esprit de Lokni et d'Eirwen, tirant la Maîtresse Verte de sa torpeur.

° Des gens viennent vers vous !°


Vive comme un chat sauvage, Lokni avait déjà récupéré sa lame, tout ses sens en alerte. Elle porta son regard devenu dur comme la pierre sur son Aspirante :

"Si je te dis de fuir, tu fuis, aucune discussion !"

Dehors, la nuit commençait à tomber mais il était toujours possible de bien distinguer les points noirs avançant vers eux depuis l'horizon glacé.

°Combien sont-ils ?°

°Une petite dizaine. Je pourrais les annihiler en un rien de temps...°

°Voyons d'abord voir ce qu'ils nous veulent°


Kohana atterrit avec souplesse auprès des femmes, puis se drapa dans sa forme humaine. Au bout d'une attente interminable, ils purent enfin distinctement voir les invités surprise. Leurs atours primitifs, constitués de peaux de bête, ne les identifiaient heureusement pas comme des guerriers, mais leur air peu commode intimait de se méfier.
Les minutes semblèrent compter comme des heures alors que les potentiels ennemis avançaient d'un pas lent. Enfin, au bout de ce qui sembla être une éternité, les individus ne furent plus qu'à quelques pas. Lokni était restée figée tout au long de leur avancée, dissimulant sa lame, mais prêtre à fondre sur eux au moindre mouvement suspect.

Celui qui pris la parole était un grand homme barbu et brun, dont la longue silhouette était enveloppée de couches de vêtements rudimentaires. Ses yeux bleus et vifs offraient un vibrant contraste avec son visage buriné par le vent glacial de cette contrée du Nord.

"Que faîtes-vous sur nos terres, étrangers ?"
clama sa voix grave et vibrante.

Lokni fut prise au dépourvu par cette question. Désireuse d'éviter tout conflit, elle entrepris de ne pas discuter cette assertion absurde.

"Heu... nous ne savions pas que ces terres étaient à vous. Nous allons partir sur le champ."


"Non" l'interrompit-il d'un ton sans appel. "Vous venez avec nous."

Le silence se fit et Lokni et Kohana se regardèrent furtivement.

°Je peux le cramer ?° ricana la saurienne, qui tentait tant bien que mal de dissimuler son amusement devant la situation tout compte fait assez cocasse. Si ces individus avaient su à quel genre de créature ils avaient affaire, nul doute qu'ils auraient passé leurs chemins.

°Ils ont peut-être ce que nous cherchons. L'artefact est supposé être dans le coin. Je vais avec eux, toi tu t'en vas avec Eirwen.°

°Je ne te laisserais pas seule face à ce danger, Lokni. Et Eirwen est assez forte pour ce défendre contre ces péchnos.°

Lokni du admettre qu'elle se sentirait bien plus en sécurité avec sa moitié d'âme, et laissa son regard anxieux couler sur son Aspirante. Saurait-elle vraiment se défendre en cas de besoin ? Ses talents à la lame étaient encore si limités... Mais ce n'était pas comme si elle avait beaucoup d'autres choix. Au pire, Kohana serait bien en mesure de mettre hors d'état de nuire tout un clan de ce genre.

"Très bien, nous allons vous suivre. Permettez-nous toutefois de prendre nos affaires."


Sans attendre de réponse, les trois femmes s’engouffrèrent dans la hutte. Lokni agrippa la main d'Eirwen et lui chuchota :

"C'est une occasion rêvée de retrouver cet artefact perdu. Ne nous séparons jamais. S'ils essayent de le faire, nous prendrons les mesures nécessaires avec Kohana."




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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Sam 9 Déc 2017 - 22:22 Répondre en citantRevenir en haut

Eirwen ne répondit rien à sa Maîtresse : elle avait déjà des gants et les poches fourrées de son manteau lui permettaient de ne pas avoir les doigts gelés. Mais pourquoi la contrarier ? Elle avait compris que ce n’était pas la chose à faire. Elle coudrait les moufles tout simplement !

Elles mangèrent le lapin sauvage grillé et elles y prirent toutes deux du plaisir. Kohana était partie chercher sa pitance de son côté. La sang mêlée avait hâte de sortir, qu’importe que ce fut pour un entraînement à l’épée ou pour cueillir de maigres herbes… Tout plutôt que de rester enfermée sous la tente, et encore moins sous la surveillance (ou la protection) de la Dragonne… Elle sentait qu’elle atteignait ses limites.

Elle mâchait lentement la viande grillée, la savourant et sachant qu’ainsi, elle allait tromper son cerveau : un repas long voulait dire estomac plein pour les neurones. Elle appréciait tout de même de savourer chaque bouchée. Elle n’était pas la seule. Lokni commençait à avoir les paupières lourdes… Sa longue marche dans la neige, la chaleur de leur campement, le corps rassasié par la viande goûteuse… Eirwen la regardait somnoler avec un sourire attendri. Elle n’en avait nulle envie, se sentant plutôt pleine d’énergie après sa nuit et sa matinée assise sous la tente à ne rien faire. Au contraire, elle avait une furieuse envie de bouger ! Mais tant que sa Maîtresse ne ronflerait pas, elle n’en prendrait pas le risque. Aussi se remit-elle à travailler la peau de lièvre.

Une alerte de Kohana les mit soudain sur le qui-vive : un groupe d’individus avançaient vers leur campement ! Elle vit Lokni s’emparer de sa lame et elle en fit autant de son arc et de son carquois, prête à tirer ses traits au moindre ordre. Mais encore une fois, l’ordre de sa Maîtresse la frustra… Elle devait fuir si elle lui en donnait l’ordre. Eirwen était en colère : pourquoi fuirait-elle puisqu’elle avait ses armes à elle ? Elle ne souhaitait que lui prouver qu’elle savait se défendre avec ses armes… C’était vraiment humiliant de se sentir mise de côté comme une relique dès que ça chauffait un peu ! Mais là encore, elle ne dit rien. Elle saurait faire si besoin était et cela suffisait à la contenter. Qu’ils viennent ces benêts !

Elles attendirent qu’ils se rapprochent et il s’avérait qu’ils prétendaient qu’elles étaient sur leur territoire… Lokni ne discuta pas et quand ils demandèrent qu’elles les suivent, elle obtempéra. Eirwen prit ses affaires en n’oubliant pas la peau de lièvre. Elle suivit sa Maîtresse et sa Liée comme il lui avait été demandé. Inutile de chanter ! Ces hommes paraissaient vouloir les ramener chez eux pour le moment sans les contraindre. Mais elle, elle ne se sentait pas trop en sécurité. Aussi fredonna-t-elle pour elle-même une petite ritournelle pour se donner du courage.

L’artefact était leur but… Or, elle n’avait pas le moins du monde idée de ce que pouvait être cet artefact ! Etait-ce un bijou ? une arme ? un gri-gri ? une statuette ? un grimoire ?... Qu’importe, Lokni avait dit que c’était leur mission et qu’'il fallait aller au bout.

Elle suivit donc, dans la neige épaisse et crissante, un peu en retrait des deux autres, sur le qui-vive et prête à lancer une mélopée les effrayant plus que les intempéries et le tonnerre, plus que la furie du vent neigeux… Elles avançaient lentement et laborieusement, sous leurs bardas, le regard au loin porté pour déceler le camp des autres. Eirwen se sentait en plaine vigueur et sûrement que Kohana aussi, sauf qu’elle aurait été plus à l’aise dans sa forme saurienne. Mais Lokni, après les signes de fatigue qu’elle avait montrés, devait être moins performante. Aussi la jeune Neishaane était concentrée.

Le groupe d’autochtones les précédaient, certains se retournant fréquemment pour s’assurer qu’elles suivaient. Mais comment auraient-elles pu fuir ? Ils devaient bien connaître leur territoire et elles n’avaient aucune chance si elles prenaient cette option. Lokni avait été sage d’accepter de les suivre…





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MessagePosté le: Jeu 14 Déc 2017 - 22:55 Répondre en citantRevenir en haut

 
   Lokni & Kohana  




La marche lui sembla durer des heures. Les paysages enneigés qui déjà se ressemblaient tous en plein jour devinrent uniformes avec la lumière déclinante et Lokni ne put qu'admirer la facilité avec laquelle les indigènes semblaient se diriger. Les mains de la demi-Torhille furent les premières à crier grâce, et bientôt ce fut son corps entier qui se mit à protester vivement contre le traitement qui lui était encore infligé.

A côté de l'aisance avec laquelle se déplaçait Eirwen, Kohana et sa Liée faisaient clairement penser à des pitiponks ivres morts ensevelis sous un tapis de bagages. Après avoir un instant fulminé contre la grâce naturelle des Elfes, la Maîtresse Verte se reconcentra sur son problème autrement plus important : comment récupérer l'artefact sans user de la force brute ? Elle n'avait pas très envie de devoir effacer la mémoire d'une tribu entière et il était absolument hors de question d'en tuer ne serait-ce qu'un... Il fallait donc employer la ruse. Il n'aurait pas été facile de communiquer sur un plan encerclé par des autochtones près à vous couper la tête s'il n'y avait eut Kohana, qui jouait donc le rôle de relai télépathique de télécommunication. Elle avait un peu boudé au début, arguant qu'il aurait été bien plus simple de les effrayer tous un bon coup et que ses talents étaient minorés en servant de bête moyen de communication entre bipèdes. Elle s'était cependant tue après avoir reçu un long regard noir de Lokni, qui en disait bien plus long que toutes les remontrances possibles.
Ce mode de communication était certes très pratique, mais il fallait faire attention à ne pas paraître trop suspect. Lokni craignait que son Aspirante, peu adepte de cet usage, ne se mette à répondre à voix haute. Mais il n'en fut rien, elles arrivèrent à bon port sans qu'aucun incident n'advienne.

Le campement était rudimentaire, ne possédant aucune tente centrale ou d'une différente forme pouvant indiquer un potentiel centre névralgique dans lequel pourrait se dissimuler un artefact mystérieux.





Un homme très mince aux cheveux gris s'avanca vers eux d'un pas rapide. Tous les hommes les encerclant reculèrent en le voyant, se tenant à distance respectueuse. L'homme avait visage très mince, des pommettes hautes, un nez aquilin et des yeux pétillants de malice. Son port altier achevait de lui conférer une aura de noblesse qui contrastait fortement avec la simplicité du camp.

"Nous les avons trouvés, Messire" dit un homme à la voix caverneuse et à la longue barbe touffue.

"Je le vois bien. Je vous en remercie. Emmenez-les dans ma tente..." répondit l'homme avec une voix claire et assez agréable.

Lokni n'en laissa rien paraître, mais une désagréable impression l'envahit en entendant cette réponse... cet individu n'avait pas le même accent caractéristique que les autres membres de la tribu. Il parlait avec un accent neutre de citadin, sans que rien ne puisse trahir une quelconque origine géographique particulière. La grande cicatrice qu'il portait à l'oeil gauche pouvait être un signe de ses compétences guerrières... d'ailleurs, s'il arrivait à être considéré comme le chef de ses barbares, il devat bien en être un, de puissant guerrier...

* Il ne vient pas d'ici...* songea la Maîtresse Dragon en détaillant son visage mince aux traits anguleux et buriné par les rudes conditions climatiques. Leurs "gardes" leurs intimèrent rapidement de suivre un chemin et elles entrèrent rapidement dans la plus haute tente des parages, relativement excentrée du reste du campement. Lokni n'eut pas le temps d'être rassérénée par l'incroyable chaleur qui se dégageait des lieux, car elle cru défaillir en découvrant ce qui se tenait au plein milieu de la hutte...



Un Dragon. Un authentique Dragon, à la blancheur immaculée et au regard opalescent. Il ne devait pas être bien plus grand que Kohana, mais son aura de froideur semblait le rendre bien plus imposant. Les pics lui ornant la tête ressemblaient à s'y méprendre à des stalactites, achevant de lui conférer une apparence glaçante.

° Par Flarmya... qu'est-ce que c'est que ça ?° demanda, incrédule, la Maîtresse Verte en tournant son regard vers sa Liée. Celle-ci n'en menait cependant pas plus large et observait son congénère d'un air médusé.

Lokni réprima un frisson de terreur. Elle s'était sentie en sécurité car elle savait qu'en cas de problème, une saurienne pourrait toujours se débarrasser des humains sans soucis. Mais s'il y avait un autre Dragon dans l'autre camp, cela devenait bien plus dangereux...

"Vous devez être étonnées" dit une voix amusée venant de derrière elles. Lokni se retourna brusquement, se trouvant dorénavant face à l'homme qui semblait diriger les lieux.

"Allons-bon, je ne vais pas vous faire de mal... pour l'instant du moins."

Il avait dit cela sur le ton de l'amusement, mais La Maîtresse Verte sentit un frisson lui parcourir l'échine.

"Qui êtes-vous ? Que ne voulez-vous ? Nous ne sommes que des voyageuses..."

Sa voix était ferme et déterminée, mais la demi-Torhille n'en menait clairement pas large. Elle jeta un regard furtif à Eirwen. Quoiqu'il arrive, il fallait qu'elle parvienne à s'échapper.

°Allons, inutile de mentir... Je suis Aslak, jeune bipède. Et celui là est mon Lié, Ezra.°
. La voix grave du Blanc résonnant dans leurs têtes mit fin à l'espoir stupide de Lokni que tout cela ne soit qu'une vaste supercherie extrêmement bien réalisée.

"Vous devez être fatiguées, très chères. Surtout que l'une d'entre vous doit présentement être en train de se fatiguer à se déguiser en humaine pour rien..." reprit le dénommé Ezra d'un air toujours aussi amusé, dardant son regard mordoré sur Kohana qui commençait effectivement à chanceler sous l'effet de la fatigue et de la stupeur. Elle lui jeta un regard empreint de dégoût, puis retrouva sa forme initiale en un claquement de doigts.

°Je suis... vraiment trop fatiguée pour me battre contre lui maintenant et gagner, Lokni...° prévint la saurienne d'une voix tendue et fatiguée.

°Je vais gagner du temps. Essaye de te reposer° lui intima sa Liée, qui n'avait pas bougé d'un pouce et continuait de fixer l'homme d'un air mi-incrédule mi-furieux.

"Je ne vous ai jamais vus, de quel kaerl êtes vous ?"
dit-elle finalement d'un air suspicieux, s'adressant autant à l'homme qu'à son Lié.

L'homme rit, comme si elle venait d'effectuer une bonne blague. Aslak, lui, ne daigna même pas répondre.

"C'est une longue histoire, et vous avez l'air bien fatiguées. Asseyez-vous près de mon feu et prenez de quoi vous rassasier, tout d'abord." dit-il en montrant la panière à sa droite généreusement remplie de viande séchée.

Comme pour lui donner raison, son estomac se mit à gargouiller vigoureusement. Mais elle n'était tout de même pas bête au point de manger quelque chose venant d'un inconnu aussi suspect.

"Non merci, je n'ai pas faim" répondit-elle calmement.

"Allons, je ne vais pas vous empoisonner... Regardez, j'en prends également."

L'homme se servit effectivement une tranche et mordit largement dedans. Toujours méfiante, Lokni attrapa deux lamelles de viande séchée mais ne les porta pas à ses lèvres malgré la faim qui lui tenaillait le ventre. L'inconnu laissa échapper un long soupir moqueur et alla s'installer près du feu, tandis qu'Aslak observait fixement Kohana, qui quand à elle regardait obstinément l'entrée de la hutte d'un air boudeur.

"-Par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure, n'ayez crainte : je ne suis d'aucun kaerl. Enfin, il serais plus correct de dire que je ne le suis plus.."


*Un déserteur... ou un exilé.* compris Lokni en laissant ses prunelles sombres flâner sur son visage si peu marqué par l'âge au regard des années qu'il avait enduré. Il n'avait pas l'air méchant, mais il était absolument impossible de lui faire confiance, au vu de la situation. Elle s'approcha du feu avec toujours autant de méfiance, se plaçant au devant de son Aspirante. Comment la pauvre enfant allait-elle réagir à un tel danger ? Elle même ne savait pas comment elle l'aurait supporté, à son âge. Eirwen était forte, mais inexpérimentée, et c'était bien sa vie qui risquait d'être mise en jeu face à un saurien ennemi et son Lié.

-"Il y a longtemps... quatre-vingt ans à vue de nez, je dirais... j'étais un Chevalier du Màr Menel."

Lokni resta silencieuse. Il avait donc, à ses dires, au moins quatre-ans dix ans... Ce n'était pas rare du tout au vu de l'espérance de vie d'un Lié, mais en réalité, rares étaient les guerriers à parvenir à vivre jusqu'à la moitié de cet âge. Elle pensa à son époux, ce qui lui fit comme d'habitude immédiatement se sentir mal. La Maîtresse Dragon détourna le regard afin que personne ne puisse remarquer que ses yeux étaient particulièrement humides.
Inconscient du malaise de son interlocutrice, celui qui était donc un vieil homme sans en avoir vraiment l'air continuait sur sa lancée :

"J'ai quitté mon kaerl alors que je ne devais pas avoir trente ans, laissant ma famille derrière moi... et depuis ai-je élu domicile ici. Aslak est bien plus discret dans un paysage pareil, voyez-vous ? Mais je n'aime pas du tout le froid. Je suis un Fëalocë, après tout. On ne peut rien contre son sang. Enfin, avec le temps, on s'y habitue un peu..."

*Il bavarde beaucoup...* se dit la demi-humaine. Et effectivement, il continua à déblatérer son histoire pendant une bonne dizaine de minutes. Pendant ce temps, la jeune hybride eut tout le loisir de réaliser une chose étonnante... Il était allé les chercher, elles, des habitantes de Tol Orëa. Il ne désirait donc pas réellement se cacher, du moins pas de tous... Mais alors pourquoi vivait-il en reclus ici, au seul motif que son Dragon puisse se dissimuler dans le décor ? Se cachait-il de quelqu'un en particulier ? Pourquoi avait-il quitté son kaerl ? La voix d'Ezra vint la tirer de ses réflexions.


"Mais vous devez être fatiguées. Quel hôte fais-je donc ! Venez, je vais vous montrer là où vous allez dormir."

"Heu... et bien nous vous en remercions" répondit Lokni d'un ton un peu hésitant, se disant qu'elle avait tout intérêt à ne pas brusquer cet individu, que ses intentions soient bonnes ou mauvaises.

Lokni suivit l'homme, son Aspirante sur les talons. Il les mena dans une partie de sa hutte dissimulée par une peau de bête tachetée de blanc. La "pièce" semblait étonnement confortable : il y avait même des coussins à l'aspect soyeux et coloré. Nul doute que tout cela ne provenait pas d'une fabrication locale... Cet endroit avait été préparé pour deux personnes. Ce détail perturba hautement la jeune Maîtresse Dragon. Depuis quand les observaient-ils donc ? Ni elle ni Kohana n'avaient rien vu venir...

°Cela ne me dit rien qui vaille.° dit-elle à Kohana.

°Moi non plus. Il faut que nous élaborions un plan... Mais là je suis trop fatiguée, il faut que je dorme...°

°Attends un peu, je t'en prie ! J'ai besoin de communiquer avec Eirwen par ton biais.°

Kohana poussa un grognement mental, mais s’exécuta avec le reste d'énergie qu'il lui restait.

°Eirwen, Lokni veux que je te communiques ceci : "Tout cela est probablement un piège. Nous devons rester sur nos gardes et veiller à tour de rôle. Je ne pourrais pas tenir seule... Aussi j'aurais besoin de toi. Si tu vois un mouvement suspect, réveille-moi immédiatement". Voilà. Il va falloir que je dorme également, ma transformation humaine m'a épuisée... je suis désolée...°

Presque aussitôt, la saurienne sentit ses forces l'abandonner et elle se laissa doucement glisser dans les bras de Tel'aran'rhiod. Lokni se sentait encore capable de résister, aussi fit-elle signe à son Aspirante de dormir un peu. Elle la réveilla deux heures plus tard environ, les paupières lourdes de sommeil, et alla également rejoindre le royaume des rêves. Leurs survies dépendant donc maintenant entièrement d'Eirwen...

***


Quelques heures plus tard, alors que la lune était haute dans le ciel et qu'Eirwen était encore éveillée, veillant sur sa Maîtresse, la peau de bête séparant la pièce du reste de la hutte s'entrouvrit légèrement dans un bruissement feutré.

je te laisse libre d'imaginer ce qu'il se passe juste après ça !




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MessagePosté le: Mer 20 Déc 2017 - 01:10 Répondre en citantRevenir en haut

Elles parvinrent au campement des autochtones après une dure marche forcée dans la neige, chargées de leurs bardas. Eirwen n’en souffrit pas vraiment, ayant l’habitude de ces déplacements dans la neige et n’ayant pas été trop sollicitée physiquement par sa Maîtresse. Elle se retrouvait dans son élément, le froid et l’humidité et ses joues s’étaient teintées d’un rose réjouissant. Elle sentait que sa Maîtresse était plus mal en point et qu’elle était angoissée par sa protection. Mais elle ne pouvait pas la rassurer en lui faisant connaître son don, ce n’était pas le moment : la délégation n’était pas hostile, elle répondait à des ordres. Il fallait patienter.

Le campement était ordinaire, mais l’homme qui se présenta comme le Chef ne l’était pas et Eirwen essaya de le cerner. Il avait le port altier et des paroles nobles qui ne paraissaient pas fausses. Il ne coûtait rien de le suivre, au point où elles en étaient. Eirwen savait qu’elle pouvait faire diversion à tout instant et Kohana aurait ainsi le temps de les vaincre… Il fallait encore attendre et elles entrèrent dans la tente du Chef.

Un Dragon blanc ! Eirwen qui rivalisait avec sa blancheur, n’en fut tout de même pas rassurée. Il se posait un problème inattendu : Kohana pouvait-elle le vaincre ? Elle n’en était pas sûre tant le saurien paraissait majestueux et puissant ! Il s’appelait Aslak et le chef, Ezra. Eirwen l’avait entendu puissamment dans sa tête, il devait être fort et pas autant fatigué qu’elles. Le danger était réel. Si elle pouvait communiquer avec le Blanc, elle ne pouvait pas le charmer comme les créatures à deux pattes ! Alors, elle ne dit rien.

Kohana reprit sa forme saurienne, épuisée… Lokni essayait toujours de gagner du temps alors que Ezra faisait des efforts de convivialité, certain de sa suprématie. Eirwen prit une tranche de viande séchée et la mit tout de suite en bouche pour montrer qu’elle n’était nullement méfiante et n’avait pas peur. Ses yeux gris clair regardaient franchement le Dragon et son Lié, sans montrer aucune peur.

° Merci pour cette collation et la chaleur de votre foyer. ° risqua-t-elle pour paraître aimable et sans peur. Elle n’avait pas ouvert cette phrase à sa maîtresse ni à Kohana, de peur qu’elles ne l’apprécient pas. Mais son doux sourire se voyaient de tous et elle craignait de recevoir un rappel à l’ordre de Lokni… Mais celle-ci ne la regardait pas, au contraire du Blanc.

Si Ezra continuait ses affabilités avec Lokni, Eirwen ne lâchait pas le Blanc des yeux.
° Pourquoi sommes-nous ici ? Sommes-nous si importantes pour vous ? ° Mais le Blanc se contentait de ricaner et ne lui répondait pas. Quand elle se leva pour aller vers la partie de la hutte où elles allaient se reposer, elle passa devant lui et lui caressa le museau avec un petit sourire.

° Nous sommes tellement dérisoires ! °

Elles se couchèrent, Kohana, épuisée, s’endormit tout de suite pour reprendre des forces et Lokni prit la première surveillance, inquiète et se sentant responsable d’elles. Eirwen s’endormit vite dans la chaleur de la dragonne, sachant que son tour serait le plus long…

Quand elle fut réveillée par sa maîtresse, elle s’étira, caressa Kohana qui ronflait et s’assit avec la peau de lièvre à travailler pour ne pas se rendormir. Elle fredonnait un air pour apaiser ses compagnes et se sentait bien. Elle ne ressentait aucune alarme, ni par l’odorat, ni par l’ouïe qu’elle avait exacerbées. Mais, soudain, le rideau s’écarta par un chuintement doux. Ezra lui faisait signe de venir le voir. Elle jeta un œil sur ses compagnes endormies, elle serait juste à côté et elles ne risquaient rien. Elle se leva, sa peau et son aiguille dans les mains et franchit le rideau, étonnée d’une telle sollicitation.

Le Blanc était couché et paraissait sourire. Son Lié Fëalocë s’assit auprès du feu en lui faisant signe de prendre place en face de lui. Elle s’inclina. La porte de peau de leur chambre était directement dans son dos et elle était toujours à l’affût…

Qui es-tu ? Aslak m’a révélé que tu lui avais parlé, d’une voix douce, et il a été charmé par cette harmonie et tes propos, Neishaane !

Eirwen était tout à coup mal à l’aise. Il savait donc qu’elle pouvait charmer par sa voix. Avait-elle commis une erreur en parlant au Dragon ? Si Lokni arrivait à le savoir… Elle baissa les yeux humblement.

Je suis herboriste… Je suis venue étudier la flore de cet endroit pour parfaire mes connaissances. La femme et sa liée me transportent et me protègent… Je ne suis pas encore liée moi-même, mais j’espère bien l’être à la nouvelle ponte du Màr Luimë. Je crois que je vous ai tout dit sur moi.

Est-ce vraiment tout de ta quête ?...

Non. Mais nous n’avons pas le temps pas le temps pour que je vous raconte ma vie… Je cherche aussi quelqu’un…

Que ce soit son père ou un amoureux, Eirwen avait l’air tellement triste à cet instant qu’elle pouvait paraître crédible sans forcer le trait. Elle ne mentait pas vraiment. Elle avait retrouvé son père, mais ce fut tellement court et tellement difficile que son destin la poussait à le chercher encore. Quant à un amoureux, elle n’en avait pas et commençait à en souffrir, bien que son apprentissage avec Lokni soit primordial et ne lui laisserait pas de sitôt le loisir de connaître des gens intéressants…

Mais vous, Ezra, que cherchez-vous ? Comment pourrait-on vous être utiles, mes compagnes et moi ? Nous sommes insignifiantes, comme je l’ai dit à votre Lié que je trouve magnifique, soit dit en passant.
° Oui, je te trouve très beau, Aslak ! °


Nous n’avons pas de soigneur dans ce camp… mais nous avons un malade. Si tu le guérissais, je t’en serais reconnaissant. Veux-tu le voir ?

Sortir de la tente en laissant ses compagnes endormies sans surveillance, cela ne se pouvait pas et Eirwen ne put accepter, repoussant cette visite dès que Lokni serait réveillée et au courant de cette demande. Elle salua ses hôtes et retourna auprès de ses compagnes. Elle reprit la couture des moufles de Lokni et les termina au petit jour, juste quand Kohana émergea de son sommeil réparateur.

° Bonjour, marmotte ! °





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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 18:36 Répondre en citantRevenir en haut

 
 
   Lokni & Kohana  
 



Un rayon de soleil vint chatouiller les paupières closes de Lokni. Elle ouvrit doucement les yeux, laissant son regard fixé sur le plafond de peau de bête sans bouger, ne réalisant vraisemblablement pas où elle était. Soudain, elle se redressa sur son séant et regarda autour d'elle d'un air affolé. Où était Eirwen ?

*Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé* songea avec angoisse la Maîtresse Verte en se mordant la lèvre inférieure et attrapant vivement son arme posée au chevet de sa couche rudimentaire.

Elle écarta le rideau la séparant du reste de la hutte d'un coup sec : être discrète était maintenant le moindre de ses soucis, si elle avait survécu endormie sans protection jusqu'ici, ce n'était pas en plein jour que quiconque allait s'attaquer à elle.
A son grand soulagement, elle aperçu immédiatement la chevelure de neige de sa protégée. Un soupir de soulagement s'échappa de sa poitrine. Sans réfléchir, elle parcourut la distance qui la séparait de l'Aspirante en un rien de temps et alla la serrer contre sa poitrine, toute à sa joie de la voir sans une égratignure. Leur survie relevait du miracle. Lokni se sentait profondément honteuse d'avoir mis en danger de la vie de son Aspirante et de sa Liée.
Une fois l'émotion un peu retombée, la demi-Torhille réalisa ce qu'elle était en train de faire et s'écarta doucement d'Eirwen en rougissement légérement.

"J'ai eu peur qu'il ne te soit arrivé quelque chose." expliqua t-elle comme en guise d'excuse. "Que s'est-il passé durant mon sommeil ?"

Elle s'adressait tant à Eirwen qu'à sa Liée, qui était également reveillée et semblait avoir bien repris du poil de la bête. La Maîtresse Dragon écouta le récit de la jeune Neishaane d'une oreille attentative, puis lui adressa un hochement de tête approbateur.

"Tu t'en es bien tirée, bravo. Toutefois, il aurait suffit que notre "bienfaiteur" soit animé de mauvaises intentions pour que nous tombions toutes, sois en consciente. Où est-il, d'ailleurs ?"

Alors qu'elle prononçait son interrogation, elle parcourut la hutte du regard sans rien trouver qui puisse s'apparenter à l'ancien Chevalier céleste.

"Ici !" répondit la voix chaleureuse de l'intéressé, qui émergea d'un pan de la hutte avec un sourire jusqu'aux oreilles.


 
Ezra & Aslak


Lokni ne put s'empêcher de lui jeter un regard peu amène. Était-il caché depuis longtemps à les écouter ? Puis elle se souvint qu'elle lui devait la vie sauve et son regard s'adoucit, sans que la méfiance ne s'en échappe totalement.
Si elles avaient pu passer une bonne nuit, l'inverse ne semblait pas vrai : la lumière du jour permettait de bien détailler les traits d'Ezra, qui était profondément tirés, comme s'il n'avait pas dormis depuis plusieurs nuits. Son apparence était bien plus maladive que dans ses souvenirs de la veille.

"Heureux de voir que vous êtes enfin réveillée, très chère." déclara t-il à l'adresse de Lokni avec un sourire taquin. "Je vous ai apporté de quoi manger. Après cela il faudra parler de la rétribution pour mon hospitalité... Oh, rien de bien méchant, repris t-il dans un petit rire en voyant le sourcil de Lokni tiquer, il s'agit simplement d'user des dons de guérisseuse de votre amie... qui n'as pas voulu m'accompagner avant votre réveil.

La native des Marais Brumeux regarda un instant Eirwen d'un air songeur. Serait-elle à la hauteur de cette tâche ? Après tout, il valait le coup d'essayer.

"D'accord, mais après nous repartirons de suite." répondit-elle d'un ton sans appel. Ezra eut un faible sourire.

"Je ne saurais vous retenir..."

Lokni ne voyait pas bien ce qu'il voulait signifier par là, mais elle ne répondit pas. Son seul but était de partir d'ici le plus vite possible et de ramener Eirwen au kaerl saine et sauve. Elle engloutit sa part de noix et se redressa d'un air déterminé.

"Allons-y" intima t-elle à son Aspirante et Ezra. Cette fois-ci, nulle question de se faire distancer par les événements.

Le retour à la rudesse de l'hiver fit frissonner la jeune femme encore habituée à la tiédeur de la hutte. Ils parcoururent une petite distance dans les environs tapis d'une couche de neige imposante et renouvelée pendant la nuit. Ezra les mena devant une toute petite tente, encore plus à l'écart du campement que la propre hutte du chef des lieux.

"Cet endroit est isolé, car le malade est très contagieux. Mais si l'on prend un antidote, il n'y aura pas de soucis. Malheureusement, je n'en ai plus qu'un... pour cette jeune Neishaane donc. Pour votre sécurité, les autres devront attendre dehors."

Voyant que Lokni et Kohana allaient protester, il se retourna vers elles.

"Je n'ai pas d'armes, vous pouvez vérifier. La petite a de quoi se défendre, ne la sous-estimer pas."

La Maîtresse Dragon se renfrogna.

"D'accord, mais pas plus de dix minutes, et j'arrive au moindre mouvement suspect."

°Et je me ferais un plaisir de détruire cette tente si besoin est° intervint Kohana d'un air joyeux. Elle avait visiblement besoin d'exercice.

Ezra entra dans la tente, Eirwen sur ses talons. Cette dernière ne put que constater qu'il n'y avait personne d'autre qu'eux dans la hutte.

"Non, n’appelez pas votre amie tout de suite, Neishaane... Il y a un bien un malade ici."
Après un temps de pause, il releva la tête, fixant ses yeux mordorés dans ceux de l'Aspirante. "C'est moi" reprit-il dans un souffle. "Mais vous ne pouvez rien pour moi, je suis condamné, je le sais bien. Et c'est bien pour cela que je vous ai fait venir ici."

Sans laisser à Eirwen le temps de l'interrompre, il continua son récrit d'une traîte, comme si le faire durer trop de temps était douloureux.

"Je sais pourquoi vous êtes là; et c'est pour cela que je suis venu de moi même vous chercher. Je sais que vous n'êtes pas qu'une guérisseuse, jeune fille, mais aussi une Aspirante du Màr Luimë. Je ne suis pas né de la dernière pluie, voyez-vous... L'artefact que le conseil veut que vous récuperiez... je l'ai en ma possession depuis soixante années. Soixante longues années à me cacher, Soixante longues années à croire, à espérer que le monde m'avait enfin oublié. Mais vous voilà. Je suis venu vous chercher, car mon temps est compté, et je veux que vous me rendiez un service. Un service que je ne peux confier à une Maîtresse Dragon du kaerl neutre, trop liée à des obligations envers ses supérieurs... Elle irait s'en référer à ces derniers. Et il ne faut pas que cette affaire s'ébruite, pour le bien de ma famille, ou ce qu'il en reste."

Il reprit son souffle. Ses yeux vifs étaient maintenant emplis de larmes. Il était déroutant de voir un homme si solide plier devant le poids de ses émotions. Mais quel homme ne flanche pas alors que son heure à sonné ? La grandeur d'âme résidait peut-être plus dans le fait de regarder la réalité en face en pleurant plutôt qu'en évitant la douloureuse et fatidique vérité.

"Comme je l'ai dit a votre Maîtresse, j'étais un Chevalier du Màr Menel. Je suis parti de mon kaerl en laissant ma famille derrière moi, il y a de cela de nombreuses années. Mais je ne veux pas quitter cette terre sans leur dire Adieu. J'ai donc écrit une lettre, une simple lettre, qui ne pourra jamais rien réparer, mais que je dois faire, je le sens.
Elle est à la destination d'Ariadne de Leysse, du kaerl céleste. Si elle n'est plus de ce monde, confiez là à sa fille, Cassandre de Leysse... C'est là le vœu d'un mourant. Les guérisseurs doivent les accomplir, n'est-ce pas... Je vous prie au moins d'essayer..."


Il plongea ensuite la main dans sa besace, et en sortit un étrange petit miroir.

"Quand à ce maudit objet, le voici. Je ne sais pas ce que vous en fairez. A moi, il n'a apporté que le malheur."

Alors qu'il allait tourner le dos à Eirwen, il sembla se rappeller d'une chose.

"Ah, il y a quelque chose que je peux encore vous donner, si vous en voulez bien... Cette jeune Lézarde de feu aura sans doute une bien plus belle vie avec vous que seul abandonné dans ces contrées. Voici Kiona."


Une petite boule d'écaille blanche émergea pâteusement de sa sacoche, encore engourdie de sommeil. Ezra la saisit délicatement et la déposa sur l'épaule d'Eirwen.



"Elle est aussi blanche que vous..."murmura t-il en souriant... "Bon. J'aurais fait ce que j'ai pu. J'espère que vous réaliserez le dernier souhait d'un vieillard, jeune fille...Bonne chance à vous."

Puis il lui tourna définitivement le dos et sa silhouette s'évanouit derrière une des huttes du campement, laissant l'Aspirante seule avec son Lézard immaculé, un miroir cassé et une vieille lettre, sur laquelle était inscrite d'une écriture déliée "Ariadne".




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MessagePosté le: Dim 31 Déc 2017 - 15:57 Répondre en citantRevenir en haut

Eirwen vit débouler Lokni dans la pièce centrale, son arme à la main, et n’eut pas le temps de prononcer un mot que celle-ci la prenait dans ses bras. Surprenant ! Elle en aurait souri si sa Maîtresse ne s’était pas autant souciée d’elle. Ezra expliqua ce qu’il attendait d’elle et Lokni parut agréer à sa demande. Aussi, sortirent-elles de la grande hutte après s’être restaurées de quelques noix.
Il faisait froid dans le petit matin et la neige était encore tombée pendant la nuit. Eirwen suivait leur hôte qui peinait à marcher dans cette gangue blanche. Il les amena jusqu’à une petite tente à l’écart du campement. Il ne permit à personne d’y entrer sauf elle et lui tendit une fiole d’un soi-disant antidote contre cette maladie infectieuse qu’avait attrapé son ami. Eirwen la but sans sourciller et pénétra dans la hutte.

Personne ! Ezra et elle y étaient seuls… Elle se tourna vers lui, comprenant tout de suite de quoi il retournait. Ezra était en fin de vie… Elle ne pouvait rien faire pour lui et il le savait. Mais il tenait à garder le secret et, en tant que guérisseuse, elle ne pouvait pas le trahir.
Elle écouta son histoire et prit la lettre.

Je la remettrai à Ariadne de Leysse ou à sa fille Cassandre du Màr Menel. Je vous le promets. Mais à mon tour, je veux que vous acceptiez cela…

Elle sortit de sa besace médicinale un flacon d’un liquide laiteux.
Prenez ceci. Quand vous souffrirez trop ou que vous vous sentirez trop faible pour bouger, buvez cette décoction : elle vous aidera à passer les derniers instants de votre vie en ressentant le bonheur d’une existence accomplie. Vous mourrez serein et avec ce sourire qui vous sied tant. Elle n’est que pour vous, alors buvez-la jusqu’à la dernière goutte. Tout autre que vous en deviendrait fou…

L’artefact… Il lui donnait ce qu’elle était venue chercher. Il lui donnait sans combat, sans réticence, et il disait être au courant ! Il le sortait simplement de sa besace et le lui tendait. Mais il se fourvoyait : Ce n’était pas pour le Conseil qu’elle était en mission, mais pour sa Maîtresse qui pensait que cela favoriserait son accession à la fête de la prochaine ponte royale… Toutefois, elle ne le détrompa pas. Il était inutile de le fatiguer davantage avec cette sorte de détail. Elle prit le petit miroir, l’examina, ne lui trouvant rien d’extraordinaire à première vue, et le rangea dans son sac. Elle sourit à l’idée de la tête que ferait Lokni quand elle saurait !

Et elle n’était pas au bout de ses surprises… Ezra lui remit une petite lézarde de feu, toute blanche, magnifique, nommée Kiona.

Merci, Maître Ezra, vous me faites là le plus grand honneur. Je prendrai soin de cette petite Kiona et je lui parlerai de vous pour qu’elle ne vous oublie pas.

Il était déjà sorti. Elle ne sut pas s’il avait tout entendu, mais il savait, alors cela n’avait pas d’importance. Elle resta sous la petite tente encore quelques instants pour penser à son aise. Quelle rencontre étonnante ! Qu’il était dommage qu’elle ne se soit pas passée dans d’autres circonstances. Eirwen sentait qu’elle aurait beaucoup appris de cet homme. Elle mit la petite lézarde dans sa poche de manteau pour qu’elle soit au chaud et sortit de la tente. Dehors, au froid, Lokni l’attendait, soucieuse, avec Kohana. Elle leur sourit pour les rassurer. Le temps avait dû leur paraître long.

J’ai fait ce que j’ai pu, nous pouvons partir. L’homme est en piteux état et ne survivra pas. Mais au moins, ne souffrira-t-il plus. Je lui ai donné ce qu’il fallait.

Elle attendit de s’être éloignée un peu du campement pour reprendre la parole.

L’homme mourant m’a fait deux cadeaux malgré mon impossibilité à le guérir. Il savait que je ne pouvais plus rien pour lui… Il m’a offert Kiona, une petite lézarde blanche qui est au chaud, au fond de ma poche. Il a dit qu’elle était blanche comme moi… et puis ceci.

Elle sortit le petit miroir cassé de sa besace médicinale et le tendit à sa Maîtresse.

Je crois que c’est l’artefact que nous cherchions, bien que je n’aie pas vraiment trouvé dans cet objet un quelconque pouvoir. Malgré tout, l’homme m’a assuré qu’il ne lui avait pas porté chance ! Alors peut-être faudrait-il s’en débarrasser au plus tôt auprès du Conseil ? Qu’en pensez-vous Maîtresse ?

Eirwen ne put pas révéler à sa Maîtresse que la petite hutte était en fait vide et que le Maître Ezra allait bientôt disparaître ainsi que son lié, si blanc et si beau. Elle ne pouvait pas le trahir, ni avouer qu’il n’y avait aucune maladie contagieuse dans le camp. En même temps, elle ne pouvait rien lui demander non plus sur le pouvoir de cet homme qui l’avait devinée jusqu’à sa quête… Comment avait-il su ? La préscience de la mort ?

Par contre, en une sorte de contrepartie, il m’a chargée d’une mission au Màr Ménel. C’est le dernier vœu d’un mourant et je ne peux m’y déroger, ni la communiquer. Je suis désolée, je ne peux porter ce poids que seule. Je ne peux vous en dire que ce n’est pas dangereux pour moi. Je ne serai qu’une messagère. Mais c’est tout. Je suis désolée…

Eirwen regardait Lokni avec inquiétude. Elle espérait que celle-ci allait accepter de l’emmener au Màr Menel, sans savoir s’il était possible pour elles d’y entrer. Mais si Ezra lui avait confié cette mission, c’est qu’il y avait un moyen d’y parvenir et elle le trouverait.
Elle sortit de sa besace les moufles en peau de lapin qu’elle avait cousues durant la nuit et les tendit à Lokni.

Je les ai finies. J’espère qu’elles vous réchaufferont les mains durant notre vol de retour…





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MessagePosté le: Ven 5 Jan 2018 - 22:27 Répondre en citantRevenir en haut

 
 
   Lokni & Kohana  
 


Le miroir brisé brillait de milles feux dans la main tannée de Lokni.

*Par Flarmya, rien dans cette histoire n'a pas de sens*
songea la mi-Torhille, encore indécise quand au crédit à apporter aux révélations apportées par son Aspirante. Oh, elle la croyait bien sûr, mais elle soupçonnait fortement Ezra et son compagnon de s'être joués d'elle. Tout d'abord, parce que demander à une Aspirante neutre d'aller livrer un message au kaerl céleste relevait du suicide. Ensuite, parce que le Conseil lui avait révélé que de nombreux Célestes avaient recherché cet artefact pendant des lunes, en vain. Et voilà que deux neutres tombaient dessus avec toute la facilité du monde ? Cela ne lui disait rien qui vaille. Était-ce une vaste mascarade organisée par le Màr Menel ? Non, ils étaient en paix et la jeune femme voyait difficilement l'actuelle dirigeante de ce kaerl se prêter à ce genre de manigances. A moins qu'elle n'en soit pas elle même l'instigatrice...

° Cela te dit-il quelque chose ?° interrogea la demi-sang à sa moitié d'âme. La mémoire ancestrale des sauriens pouvaient s'avérer très utile en des moments comme ceux-ci.

Approchant son cou solidement protégé par des écailles émeraudes, Kohana regarda l'objet avec curiosité.

° Non, rien du tout.° admit-elle finalement, visiblement un peu contrariée d'admettre l'existence d'une petite lacune dans cette infaillible mémoire.

Chassant ses pensées dérangeantes mais se promettant de les communiquer au Conseil, Lokni observa un peu plus longuement le miroir. Mais, peu désireuse d'en savoir plus sur cet objet possiblement maléfique ou sur les dessins des hauts placés, la Maîtresse Verte l’enveloppa de plusieurs couches de tissu et le rangea précieusement dans sa sacoche sans plus d'investigations.

"Je pense que nous devrions effectivement le ramener le plus vite possible. Nous ne devrions pas non plus trop traîner ici."

Comprenant qu'elle allait très bientôt reprendre son envol, Kohana étira ses ailes d'aise.

La Maîtresse Verte resta interdite quand à la suite de la déclaration de la jeune fille. Aller au Màr Menel ? Son patient avait donc des liens avec Tol Orëa ? De plus, s'il avait réussi à se 'lier' à un Lézard de feu, il ne devait pas être une personne lambda. La jeune femme se mordit la lèvre inférieure en se rappelant que ces Lézards étaient de parfaits espions. Une fois arrivé au Màr Luimë, elle l'inspecterait de plus près. Ce campement n'était décidément pas ordinaire... Elles avaient de la chance d'en être sorties en vie.

*De la chance, hein ?* songea Lokni, soucieuse, qui n'y croyait pas un mot. La chance n'avait rien à voir là dedans. Elles étaient utilisées pour assouvir un dessein quelconque, elle en était au fond d'elle intimement persuadée. Ne souhaitant pas montrer son malaise à Eirwen, elle reprit, avec un sourire un peu forcé :

"Je vois que tu n'as pas écouté toutes mes leçons, jeune fille... Nous ne pouvons pas nous rendre au Màr Menel comme bon nous semble. As-tu jamais vu un Ardent ou un Céleste déambuler tranquillement sur l'Agora ? Non, si vraiment tu souhaites faire parvenir quelque chose à quelqu'un de ce kaerl, il te faudra passer par un intermédiaire. Mais soit prudente. Même s'il était mourant, ne lui accordes pas ta confiance aveugle en risquant un quelconque accident diplomatique... N'oublie pas que ta participation à la prochaine Empreinte se joueras dans les mois à venir."


La jeune femme faisait confiance à la lucidité d'esprit certaine de la jeune fille, mais craignait que la naïveté propre à la jeunesse n'entrave son jugement. Toutefois, elle arrivait bientôt au terme de son Aspiranat et il était temps pour elle de montrer qu'elle était bien digne de devenir Chevalière. La Maîtresse Verte décida donc de lui faire confiance, tout en se promettant de surveiller tout de même cette drôle d'affaire du coin de l’œil.

Ses yeux sombres s'écarquillèrent de surprise en découvrant le présent de la demi-Neishaane.

"Merci..." dit-elle, un peu gênée, tout en les enfilant. Ses mains gelées accueillirent la chaleur avec délice. Elle monta avec adresse sur Kohana qui fulminait déjà d'impatience, bientôt suivie d'Eirwen. La sensation familière du vol la rasséréna, du moins jusqu'au passage dans l'Interstice qui ne devenait pas plus agréable au fil des années.

***


Quelques jours plus tard...



  Sarkha & Markab


De sa démarche féline, Sarkha arpentait de long en large la petite distance séparant les murs de son Appartement. De faibles rayons de soleil continuaient de lui parvenir à travers le velours rouge sombre des rideaux surplombant l'encadrure des délicates fenêtres encadrant la pièce. La pièce n'était guère remarquable, mais elle était réellement réconfortante avec ses nombreux fauteuils et ouvrages. Le feu crépitant dans l'âtre achevait de donner une atmosphère chaleureuse à son antre personnelle.
Quelques minutes plus tôt, un membre du Conseil l'avait sommée de venir, puis l'objet de ses désirs lui avait été remis sans plus de questions ou de cérémonies. Mais était-il vraiment l'objet de ses angoisses ? L'humaine avait peine à y croire. Tout cela lui semblait bien trop simple.

Le miroir reposait dans un écrin de velours, sur la petite table séparant sa chambre rudimentaire du reste de l'appartement. La Prêtresse ne passait pas assez de temps à dormir ou à s'adonner à d'autres activités nocturnes pour avoir porté un intérêt suffisant à cet endroit. Elle passa sa main fine surplombée d'un tatouage hexagonal rougeâtre sur l'objet. Rien n'apparut. L'artefact était-il vraiment lié aux morts ? La Maîtresse Bronze approcha prudemment l'objet de son visage. Elle ne vit d'abord que son reflet, magnifique beauté d’ébène marquée de divers tatouages aujourd'hui placés sur ses pommettes saillantes. Puis, en un éclair, une forme s'apparentant à un homme de dos lui apparut. Il se retourna, et Sarkha put distinctement voir son visage... et surtout ses yeux, d'azur clair, identiques aux siens et à sa mère avant elle. De surprise, elle laissa glisser l'objet en poussant un cri de terreur.

*Oh, Gaïa !*

C'était là tout ce qu'elle était bien capable de penser. Déglutissant avec difficulté, elle se baissa et repris le miroir, le reposant sur la table du bout des doigts. Elle n'y toucherait plus avant que la Prêtresse d'Isashani du Màr Tàralöm ne l'ait fait... cela lui faisait bien trop peur. Comment cette dernière arrivait-elle à jouer avec autant de forces obscures sans sourciller ? Son esprit était vraiment... différent...

Fini pour moi =)




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~


Dernière édition par Iniaki Morrigane le Dim 14 Jan 2018 - 16:15; édité 1 fois
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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Dim 7 Jan 2018 - 13:27 Répondre en citantRevenir en haut

De retour au Màr Luimë, Eirwen se posait mille questions. Elle qui avait pensé que sa Maîtresse exulterait devant l’artefact, semblait plus inquiète que ravie. C’est vrai qu’elles n’avaient pas eu à le chercher longtemps puisque Erza le lui avait donné. Pourquoi à elle ? Comment avait-il su qu’elles venaient le chercher ? Sûrement parce que tous les voyageurs, toutes les expéditions qui s’étaient aventurés dans les montagnes neigeuses du Vandaerk avaient ce même but ! Peut-être aussi son Lié blanc les avait-il espionnées ? Sans que Kohana ne le sente ? Etait-ce possible ?
En tout cas, Lokni s’était chargée de livrer le miroir brisé au Conseil et n’en avait plus reparlé.

Erza était réellement très malade et elle l’avait vu pleurer… Non pour l’attendrir, elle, mais de regrets. Même si elle n’était pas sûre à cent pour cent que cette mission ne soit pas un piège, elle avait décelé les stigmates de la fin prochaine sur sa peau grisâtre et dans ses yeux éteints, le tremblement de ses mains… Il ne pouvait pas feindre son état, ni sa fatigue de vivre.
Elle ne pouvait cependant pas aller au Màr Menel, Lokni avait raison, c’était une utopie dangereuse ! Mais elle connaissait un Céleste qu’elle rencontrait à Lòmëanor, à la forge. Pouvait-elle lui faire courir le risque de remettre la missive d’Erza à Ariadne de Leysse ? Il faudrait en discuter avec lui...

Et toi, que vais-je faire de toi, Kiona ? Je ne sais rien sur les Lézards de feu… Ni ce que tu manges, ni comment communiquer avec toi, ni si tu seras bien avec moi, malgré notre couleur identique, ni si Ezra va te manquer… Ton Maître t’a donnée à moi, mais ai-je le droit de te garder, moi qui ne suis qu’Aspirante et qui n’ai pas assisté à ta naissance ?

Elle reçut comme un choc, une image s’imposant à son esprit d’un œuf se fendillant par à-coups et une petite tête blanche en émergeant…

C’était ta naissance ? Oh merci de la partager avec moi ! Cela veut-il dire que tu m’acceptes, Kiona ? Tu peux m’envoyer des images et non des paroles, c’est ça ?

La petite lézarde vola sur l’épaule d’Eirwen et lova sa tête dans le cou de la Neishanne, sous les cheveux blancs. Oui, elles allaient bien s’entendre, même si elles avaient encore à découvrir plein de choses l’une sur l’autre. Eirwen se sentait moins seule.




Ce Rp est terminé.





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