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Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
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MessagePosté le: Dim 22 Oct 2017 - 17:39 Répondre en citantRevenir en haut

» Suite du RP d'Empreinte "L'Or des Cieux", aux Sables d'Eclosion.



Kieran de Galastden et le Bronze Seldryn
Seigneur Consort du Màr Menel




Dernier Quartier, Mystraku 918, à l'aube.


En bas, sur les sables dorés du Màr Menel, chacun des petits de Ky'rinth avait rejoint son ou sa Liée, et les couples qui ne s'étreignaient pas encore affectueusement, commençaient à s'égailler de-ci de-là, à la rencontre de leurs amis venus les féliciter ou de ceux qui avaient été leurs Maîtres Dragons. Pourtant, dans les gradins, la foule bruissait toujours d'une rumeur agitée, chacun chuchotant à son voisin son point de vue sur la situation délicate de la corniche seigneuriale et le ''désaccord marqué'' entre la Dame et son Second. Car, là-haut, aussi figés que des statues, attendant un déclic non consciemment formulé, quel qu'il soit, les protagonistes du conflit n'avaient pas bougé, totalement oublieux, ou presque, de ce qui les entourait.

Ses iris verdoyants aussi durs que des agates, Kieran défiait du regard Ambroise, lequel, la mâchoire crispée, envisageait toujours de tirer son arme, pour apprendre une bonne fois pour toute le respect à ce moins-que-rien, et à la petite rousse naïve qui l'avait laissé l'épouser. Tout contre son compagnon, prise dans l'étreinte protectrice de ses bras, Heryn quant à elle, se faisait violence pour reprendre le contrôle de ses émotions avant que la situation ne dégénère au delà de toute mesure. Elle allait devoir s'interposer entre eux, une fois encore, car elle ne pouvait pas laisser son Consort se déshonorer sous le regard du Kaerl tout entier. Il était déjà bien suffisant et regrettable que sa propre attitude ait été entachée par un geste malheureux et déplacé, et plus encore que l'instant sacré de l'Empreinte en ait été troublé …

Pourtant, de manière étonnante, l'apaisement vint de Kieran, qui se détourna soudain pour faire face à sa Dame et l'envoyer sans mot dire, d'une impulsion légère, mais ferme, en direction des escaliers qui descendaient de la corniche. Car en contrebas, le regard anxieusement levé vers eux mais le visage exprimant une sombre détermination, Lordan Ventaren se tenait prêt à intervenir. L'homme avait prouvé qu'il était digne de confiance, apte à servir les desseins que Heryn envisageait pour lui, et surtout, prêt à la défendre, comme il se devait, en tant que membre de l'Escadron d'Elite. Le litige qui opposait Kieran à Ambroise, conclusion d'années de ressentiment et d'amertume, ne concernait que lui. Son aimée n'avait pas y être mêlée. Peddyr Thelrand, quant à lui, restait invisible, caché dans la foule. Tant mieux. Cela faciliterait lui les choses.

Le visage d'une froideur marmoréenne, le Consort toisa quelques instants le Second du Kaerl, avant de s'incliner dans une révérence irréprochable, respectant au millimètre près ce que l'étiquette requérait face à leur différence de rang, mais rien de plus. Toutes ces années à être modelé pour atteindre une perfection illusoire, et éduqué, jour après jour, à évoluer au sein des Hautes Sphères, et ce depuis son plus jeune âge ... Il savait exactement ce qu'il avait à faire. Pourtant, lorsqu'il releva les yeux, derrière sa façade respectueuse, ses iris d'émeraude flamboyaient d'une colère insoumise bien que soigneusement contenue.

« Il me semble que votre Dame vous a exposé on ne peut plus clairement son point de vue sur la question que vous avez soulevé, Seigneur de Leysse. Il serait bon que vous cessiez d'argumenter en vain sur le sujet et que vous respectiez son pouvoir de décision, comme il se doit. »

Puis, se détournant de lui, ne lui accordant en apparence plus aucune attention, le jeune homme se rapprocha du bord de la corniche, avisant Heryn qui avait rejoint Lordan sur le haut des gradins, et qui, l'entretenant gravement, secouait vivement la tête en signe de dénégation, des mèches cuivrées voltigeant follement autour de son visage fin. Alors, le cœur battant un peu trop vite, il ne put retenir un dernier murmure à l'intonation menaçante, et lourde de sous-entendus :

« Quant à ce qui nous oppose personnellement, je serai plus qu'enchanté d'en débattre avec vous et de confronter nos opinions, une autre fois … Afin de trancher définitivement sur la question. »

Sur un ultime coup d'oeil d'avertissement, Kieran prit une profonde inspiration pour calmer le bouillonnement ardent qui faisait rugir son sang, la tête haute et gardant le regard fixé sur les sables d'or et les coquilles brisées qui y gisaient, même lorsqu'il perçut le passage orageux et muet d'Ambroise dans son dos. Le Consort savait que sa proposition avait été reçue comme il se devait, et que tôt ou tard son adversaire se présenterait à lui de sa propre initiative. Pendant un instant, ses poing se serrèrent convulsivement, avant qu'il ne se force à les détendre, non sans douleur. Il brûlait d'ors et déjà d'envie de tirer son épée et de l'affronter en duel, et ce quelle qu'en soit l'issue, afin de prouver sa valeur. Il n'était pas un couard !
Dans l'espace partagé de leurs esprits étroitement mêlés, il pouvait sentir la désapprobation manifeste de Seldryn, mais le Bronze gardait un silence prudent. Le jeune homme pressentait clairement qu'il aurait droit à une bonne leçon de morale lorsqu'ils seraient seuls tous les deux, même si pour le moment son Lié gardait ses pensées pour lui.

Sa tension se relâchant dans un profond soupir, l'expression tourmentée, Kieran croisa le regard inquiet de Heryn, et son cœur se serra. Le pensait-elle encore capable de se précipiter dans le vide, désireux de mettre fin à ses jours pour échapper à sa culpabilité ? Si cela avait pu être le cas par le passé, il y avait désormais bien trop de questions sans réponse pour qu'il puisse envisager de renoncer, trop de responsabilités pesant sur ses épaules … De plus sa rédemption reposait désormais entre les mains de sa Dame. Alors, il ferma à demi les paupières pour ne plus sentir le poids des regards inquisiteurs, et fit retentir sa voix grave sous la haute voûte de pierre ouvragée, invitant les membres de l'Ordre de Lumière à se rendre dans la Haute Salle pour festoyer. L'heure devait être à la réjouissance, et non aux machinations politiques tortueuses qu'affectionnaient les trois Maisons du Màr Menel.

« Sur ordre de la Dame Heryn Amlug, Chevaliers, Maîtres et Aspirants, Dragons, en dépit de l'heure matinale, tous sont cordialement invités à venir participer au banquet, afin de rendre grâce à Flarmya, et pour fêter dignement ces heureuses naissances ainsi que les nouveaux couples de Liés ! »

Sur ces mots, comme mettant fin à la tension et l'expectative qui avait pesé sur les lieux, les lourdes portes des Sables d'Eclosion s'ouvrirent, et la foule commença lentement à se déverser à l'extérieur. Quant à lui, il était temps qu'il rejoigne son épouse. Ce serait les premières festivités officielles pour lesquelles ils seraient présents tous les deux depuis leur retour au Màr Menel, et il serait attendu que le couple Seigneurial y participe, et mieux encore, s'y affiche, sous le regard avide des membres du Kaerl. Il ne pouvait évidemment pas effacer des mémoires l'altercation condamnable qui venait d'avoir eu lieu, mais il comptait bien amener Heryn à les éblouir de telle sorte que s'ils devaient parler d'elle, ce serait avec déférence et honneur.



Dans la Haute Salle, les tables alignées le long des murs d'albâtre, richement décorés aux couleurs du Kaerl, croulaient de nourriture, et le sol de marbre avait été lustré avec application, attendant les premiers danseurs. L'Intendance – et les Aspirants réquisitionnés pour l'occasion – n'avaient pas chômé. Ça et là, des petits groupes s'étaient déjà formés, échangeant à mi-voix, et picorant quelques douceurs pour patienter avant l'ouverture officielle des festivités. Quelques dragons étaient même présents, surplombant les bipèdes sous leur forme écailleuse, ou bien se mêlant habilement à eux sous une enveloppe de chair et de sang. Et bien sûr, les nouveaux Chevaliers et leurs jeunes Liés étaient au centre de toutes les attentions.

Enfin, un bruissement de soieries et velours, accompagné d'un murmure se propageant de loin en loin, annonça l'entrée de la Dame et de son Consort, resplendissant dans leurs tenues d’apparat, crème et or pour elle, et émeraude et bronze pour lui. Derrière eux, imposants et protecteurs, vivants rappels de leur rang, leurs Liés respectifs les suivaient de près, leurs écailles faisant subtilement écho à la couleur de leurs vêtements. Sa chevelure rousse flamboyante soigneusement tressée et relevée en un chignon élégant, Heryn était accrochée au bras de Kieran, qui la mena avec une lenteur étudiée jusqu'aux marches du trône, l'expression altière et l'allure martiale, le fourreau ouvragé de son épée battant sa cuisse. Puis, gravissant les quelques degrés qui la séparaient du sommet de l'estrade, tandis que son époux s'arrêtait respectueusement au pied des marches, la Fëalocë promena un regard brillant sur la salle, attendant que le silence se fasse.
Alors seulement elle prit la parole, ne parvenant pas tout à fait à masquer l'excitation qui l'agitait. Tout en se préparant, Kieran et elle avaient longuement débattu de ce qu'ils allaient faire. Son annonce court-circuitait certainement le pouvoir décisionnel de son Second, mais l'avenir de l'Escadron d'Elite ne dépendait-il pas entièrement de son bon vouloir à elle, et elle seule ?

« Avant d'ouvrir officiellement les réjouissances, je souhaite transmettre toutes mes pensées à nos nouveaux Chevaliers, auparavant Candidats prétendant à la plus haute distinction, vous qui avez osé vous avancer et soumettre votre âme à l'examen de la Déesse Mère des Dragons, le courage et l'honneur gonflant vos coeurs. Vous voilà récompensés par le plus beau des cadeaux. Vous voilà enfin complets. Souvenez-vous en toujours, à l'avenir et lors des jours plus difficiles que vous traverserez : quel qu'ait été votre passé, vous êtes pleinement des nôtres à présent. Vous êtes tous désormais les enfants chéris du Màr Menel. »

L'expression chaleureuse et une lueur éloquente pétillant dans ses iris noisettes, la jeune femme s'inclina profondément en direction des jeunes Chevaliers en signe de bienvenue, avant de se redresser pour poursuivre sa petite allocution, croisant le regard vigilant de Lordan Ventaren. Le Maitre Bronze ne se doutait certainement pas de ce qui allait suivre. Ambroise quant à lui n'était pour l'instant visible nulle part, et elle en éprouvait une forme de soulagement honteux. Au moins n'aurait-elle pas à l'affronter immédiatement ...

« Je tiens également vous informer de la renaissance de l'Escadron d'Elite, sous la direction future du Maitre Bronze Lordan Ventaren. Félicitations, Arken. Je remets avec confiance ma vie entre vos mains, ainsi que celles de ceux que vous choisirez. »

Satisfaite de l'effet de surprise provoqué par sa déclaration, un sourire malicieux flottant sur ses lèvres et le coeur battant, Heryn se rapprocha de Kieran avant de tendre sa main en sa direction, son époux venant s'en emparer sans attendre. L'expression imperturbable en dehors de l'évidente satisfaction farouche qui brillait dans ses prunelles d'émeraude, l'Humain prit sa place à ses côtés, tandis qu'ils se dirigeaient tous deux en direction de la foule assemblée et que l'orchestre, dirigé par les Maitres d'Art, commençait à jouer. Qu'ils parlent maintenant, et médisent d'eux, s'ils l'osaient.




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --
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MessagePosté le: Dim 22 Oct 2017 - 17:39 Revenir en haut

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Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Lun 23 Oct 2017 - 17:26 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsqu’elle trouva enfin son Maître, ou plutôt son ancien maître, Ottilia vit qu’il était plutôt occupé. Peut-être pourrait-elle lui parler plus tard. Sa liée toujours blottie dans ses bras, la torhille chercha Tristan du regard. Le Neishaan s’apprêtait à partir alors que les portes s’ouvraient après une déclaration qui invitaient les membres du kaerl à participer aux festivités en l’honneur de Flarmya et des nouveaux Liés. Ottilia se précipita vers Tristan, sa dragonne toujours dans ses bras, évitant les gens qui étaient sur son chemin. Briinah, un peu secouée, qui se demandait pourquoi sa Liée était si pressée n’eut pas le temps de lui demander car la jeune chevalière rattrapa enfin Tristan. aealle l’emmena un peu à l’écart de la foule sans lui demander son avis, histoire de ne déranger personne et s’excusa d’avoir un peu secoué son âme-soeur.

«Excuse moi Briinah. J’étais un peu pressée. » Ottilia donna une caresse à sa liée avant de plonger son regard argenté dans celui de Tristant. « Pourquoi tu n’es pas venu ? Je t’ai chercher du regard dans toute la foule et j'ai presque dû courrir quand je t’ai vu partir. Dit moi, tu vas au moins venir pour le banquet ? »

Un peu gênée à cause de sa demande, qui était des plus inhabituelle, la torhille sentit ses joues rosir. Elle voulait vraiment que son ami soit présent pour l’occasion.

« Tu sais, j’aimerais vraiment que tu vienne... »


La chevalière fut coupée dans sa phrase, lorsque Briinah fit une intrusion dans l’esprit de sa Liée et de Tristan.

*Pourquoi vous êtes aussi gêné tout les deux ? C’est pas bien de vouloir inviter quelqu’un à un évènement spécial ? *

Le silence qui régnait après la déclaration de la verte, qui ne durait que quelques secondes mais qui semblait une éternité pour Ottilia, accentuait encore plus sa gêne. La torhille fit un signe de la main à Tristan et le salua avant de repartir pour ne plus avoir à cacher son mal être.


****


*Bon sang ! Tu pouvais au moins me laisser finir ma phrase ! *

*Je pense avoir compris, ça doit faire une trentaine de fois que tu me le dis. *


Ottilia, qui n’arrivait pas à oublier sa "discussion" avec Tristan, se dirigeait vers la grande salle avec ses cheveux tressés et vêtue d’une robe que Lordan lui avait offerte avant l’Empreinte. Un messager la lui avait apportée avec un petit mot disant qu’il s’agissait d’une robe verte faite en Soie du Ssyl’shar, accompagnée d’un bijou assez discret, mais qui avait l’air d’avoir coûté une bonne petite somme. La torhille n’y avait d’abord pas cru, mais le mot était bel et bien de son maître. La jeune chevalière avait pensé que c’était la bonne occasion pour la porter, mais n’avait pas songé aux regards et aux remarques qu’elle pourrait recevoir de la part des gens. C’était la première fois qu’Ottilia portait une robe pareille. C’était également le premier banquet auquel elle allait participer.

Briinah coupa court aux pensées de sa Liée, lui indiquant qu’elles étaient arrivées. La verte trottait a côté de la torhille, car celle-ci avait peur que les griffes de son âme sœur n’abîment la robe. Ottilia entra dans la haute salle et s’arrêta en voyant les personnes déjà présentes. Elle voulut faire demi-tour, mais quelqu’un s’avançait déjà vers elle. L’homme, qui lui adressa ses félicitations, était un chevalier magnifiquement vêtu l’emmena vers un petit groupe de personnes et les lui présenta.

*Pourvue qu’Iniaki et Zoran soient là ! Et Tristan ! J’ai pas envie de rester seule avec des inconnus.*

*Tu n’es pas seule, je suis là ! *

*Oh oui. Excuse moi Briinah. Je suis un peu perdue.*


La verte restait tout près d’Ottilia, toujours au sol. Les personnes arrivaient, tous venaient féliciter les nouveaux couples de liés, mais la torhille ne trouvait toujours pas ses amis. La jeune chevalière décida d’aller s’asseoir en attendant de trouver quelqu’un et prit sa Liée dans ses bras, à condition de faire attention aux griffes. Elle chercha un endroit où les personnes se faisaient un peu plus rare histoire de calmer un peu ses émotions. C’est à ce moment qu’elle vit la Dame arriver avec son époux, accompagnés de leur liés. Inconsciemment, la torhille resserra ses bras autour de sa moitié d’âme en les voyant. Briinah lui fit comprendre avec un grognement que son étreinte, qui se fit moins forte, finirait par l’étouffer.

*Excuse moi. J’enchaîne les bêtises avec toi. Je suis désolée.*

*Je te pardonne. Tu as plus l’air d’être ailleurs depuis ta discussion avec… Tristan ?*

*Ah non ! C’est juste que tout ce qui ce passe est nouveau pour moi. Je ne sais même pas comment agir avec qui *

*Je pense que tu devrait aller vers les gens pour te faire une idée ! *


Rien que le fait de s’imaginer en train d’aborder un inconnu fit rougir la jeune demoiselle. Pour se changer les idées, Ottilia se concentra sur le petit discours de la Dame Heryn Amlug.

« Avant d'ouvrir officiellement les réjouissances, je souhaite transmettre toutes mes pensées à nos nouveaux Chevaliers, auparavant Candidats prétendant à la plus haute distinction, vous qui avez osé vous avancer et soumettre votre âme à l'examen de la Déesse Mère des Dragons, le courage et l'honneur gonflant vos coeurs. Vous voilà récompensés par le plus beau des cadeaux. Vous voilà enfin complets. Souvenez-vous en toujours, à l'avenir et lors des jours plus difficiles que vous traverserez : quel qu'ait été votre passé, vous êtes pleinement des nôtres à présent. Vous êtes tous désormais les enfants chéris du Màr Menel. »

Enfin, un léger sourire étira les lèvres d’Ottilia quand elle vit la Dame s’incliner pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux chevliers. Il lui avait fallu du temps, mais les paroles ainsi que le geste de la Dame lui avaient en partie réchauffer le coeur. C’est vrai, la petite Briinah était un véritable cadeau, même si les deux liées ne se connaissaient pas encore très bien. Elles apprendrons à mieux se connaître et seront finalement inséparable, même si certaines choses n’avaient pas l’air évidente au premier abord. Le sourire laissa vite place à la surprise en entendant la dernière nouvelle. Les mots Escadron d’élite, Lordan Ventaren et Arken sonnaient étrangement dans sa tête. Celui qui était son maître venait de recevoir le titre d’Arken de l’Escadron d’élite, là, à l’instant. Ottilia essaya d’imaginer la tête que devait faire le maître bronze en ce moment. La torhille se promit d’aller le féliciter dès qu’elle le trouverait.

L’orchestre se mit à jouer, les festivités pouvaient commencer. La jeune chevalière se mit un peu à l’écart avec la Verte pour ne pas déranger les personnes qui voulaient danser.

*Pourquoi tu n’y vas pas ? *

*Je ne sais pas danser. Et puis je ne connais personne. J’aimerais bien trouver quelqu’un mais c’est dur avec toutes ces personnes. *

*Danse avec moi alors. *


La petite saurienne sauta au sol, se dressa sur des deux pattes arrières et fit des mouvements maladroits avec ses pattes avant. Briinah se donnait en spectacle et faisait rire les quelques personnes qui regardaient dans sa direction.

« D’accord. J’avoue, tu es drôle. »

Ottilia ne put s’empêcher de rire en voyant les gestes maladroits de sa moitié d’âme qui essayait d’imiter les danseurs. La malice brillait dans les yeux de la dragonne tandis que ceux de la chevalière reflétaient la joie d’avoir enfin trouver l’être qui comblait désormais ce qui semblait être une partie vide de son âme.





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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Lun 23 Oct 2017 - 22:20 Répondre en citantRevenir en haut




Même l’abondance de succulents gâteaux ne parvenait pas à redonner le sourire à Iniaki, dont les traits enfantins étaient assombris par une lueur morose. Elle ne voulait pas être ici et ne faisait aucun effort pour le dissimuler. Si Elvira ne l’y avait pas forcée, elle n'y aurait même jamais mis les pieds, cela même si cette obligation allait de pair avec son nouveau statut de Chevalière du Màr Menel. Lorsqu’elle avait voulu embrasser cette vie, elle n’avait pas envisagé qu'une partie d'elle constituerait en des galas ennuyeux à mourir remplis de Dames poudrées. Sa vie de Chevalière venait à peine de commencer, et déjà, elle y trouvait des inconvénients. Naïvement, elle avait pensé qu'une fois passé le statut d'Aspirant, sa liberté au sein du Màr serait sans failles. Quelle idiote elle avait été ! Et il était bien trop tard pour faire demi-tour maintenant. C'était bien elle tout craché, que d'agir avant de réfléchir, poussée par son instinct, puis de réaliser sur le tas qu'elle aurait du y réfléchir un minimum.

Pourquoi, même sur ce continent si loin de chez elle, devait-elle encore se plier à des attentes sociales ? Dans ses livres, les héros qu'elle affectionnait n'étaient jamais astreints à faire quoi que ce soit. Ils étaient libres, un point c'est tout. Fallait-elle qu'elle s'arrache à toute structure humaine pour réussir à assouvir ce rêve ? Mais elle n'était plus seule désormais, et ne le serais plus jamais : son choix de vie n'était plus uniquement sien. Aurait-elle aimé la liberté totale si elle l'avait vécue ? Elle n'en savait rien.
Toujours était-il qu'elle ne sentait pas à sa place, au sein des Chevaliers et Maîtres du kaerl en général, et dans cette fête en particulier. La relation qu'elle entretenait traditionnellement avec l'autorité en était une des causes, mais cela n'en était pas la seule : elle avait le sentiment inexplicable d'un fossé infranchissable entre cette nouvelle génération de Chevaliers dont elle faisait partie et l'ancienne. Un peu comme si n'avoir pas vécu les mêmes épreuves les empêchaient de réellement appartenir à ce groupe soudé par une souffrance passée.
La rouquine se rasséréna un peu en portant son regard sur sa Liée : si Flarmya l'avait jugée digne de réussir l'Empreinte, c'était bien parce qu'elle devait avoir une place au sein du kaerl. Elle ignorait simplement encore laquelle.

Une chose lui plaisait toutefois dans cette situation : sa robe, ou plutôt le compromis qu’elle avait réussi à arracher à son ancienne Maîtresse : le tissu de velours vert brodé d’or lui enserrait la taille et s’ouvrait vers l’avant tout en lui tombant aux chevilles, dévoilant un simple pantalon marron. Il s’agissait pour elle d’une petite victoire sur le patriarcat qui ne destinait ses filles qu’à être de jolies poupées sans cervelle. Patriarcat d’ailleurs bien imaginaire sur Tol Orëa, mais son enfance lui avait laissé des marques encore vives. Arriverait-elle un jour à considérer que la société masculine ne désirait pas plus que tout la voir s’écraser sous leurs pieds ? En attendant, la Fëalocë était très fière de sa petite parade.

Après le discours d’usage de la Dame du kaerl, des têtes à peine vaguement connues l’avaient assaillie de félicitations qui lui semblaient feintes, auxquelles elle s’était efforcée de répondre le plus correctement possible. Les effluves de parfum provenant de dames richement habillées lui faisaient tourner la tête, lui remémorant le calvaire des dîners officiels familiaux d’antan. Par la grande Uluna, pourquoi tenter de camoufler sa propre odeur à ce point ? Sentaient-elles si mauvais au naturel ? Du fond de ses tripes émergeait la puissante envie d’envoyer balader là ce chignon trop soigneusement ouvragé, ici cette veste prétentieuse. De tout mettre en l’air, rien que pour avoir la satis. Outrancière, telle était sa nature. Elle ne garderait pas profil bas encore très longtemps.
Ce que détestait surtout le plus Iniaki dans ce genre d’évènement, c’était son côté purement artificiel. A qui voulait-on faire bien croire que la beauté de l’instant n’était pas factice ? Se peindre un sourire de circonstance sur le visage n’avait jamais éloigné la réalité, mais d’un commun accord, tout le monde se lestait d’un masque lors de ces cérémonies. Pur artifice était ce sourire que l’inconnue à sa droite lui avait servi avant de vanter la beauté des écailles de sa Liée.
Azaltëha, par ailleurs, n’avait pas l’air de détester la situation. Elle observait les scènes qui l’entouraient d’un regard avide, comme si elle tentait d’engranger le plus d’informations possibles sur ces étonnants bipèdes.
Du coin de l’œil, la jeune fille à la chevelure flamboyante repéra un coin de la pièce idéal : assez éloigné de la masse pour que nul n’ait l’idée de venir l’importuner mais tout de même à distance respectable du buffet. Elle sourit, fendant la foule avec la vélocité d’un chat sauvage, Tëha trottinant sur ses talons. En chemin, elle tendit la main vers un plateau de petites gâteries à la couleur rosée et à l'aspect appétissant.


Joachim de Leysse


« Je vous les recommande, ils sont délicieux. »

Taquine, la voix grave avait surgi de nulle part. De surprise, la rouquine en avala son petit gâteau de travers. Elle toussota peu discrètement pour tenter d’enlever l’élément parasite de sa gorge, tandis que quelqu'un lui donnait de petites tapes dans le dos.

« Allez-vous bien ? »

La nouvelle Chevalière releva ses yeux embués de larmes vers le destinataire de la voix, qui se révélai être un homme blond et barbu, n’ayant par sa carrure pas à pâlir devant les Torhils avoisinants. Contrairement à ces derniers, il y avait cependant peu de chance qu’il l’ait acquise de naissance. Ses sourcils froncés reflétaient une réelle inquiétude à son égard, ce qui dissipa immédiatement l’envie de la jeune fille de lui flanquer trois baffes pour cette entrée pour le moins angoissante. La jeune fille appréciait beaucoup les individus au visage expressif, car elle aimait plus voir les émotions qu’en entendre la traduction. Ses yeux ne la trahissaient que rarement, alors que la parole était fourbe. Elle réalisa alors que cela faisait un peu trop longtemps qu’elle détaillait le visage de l’inconnu.

« Heu… oui, je vais bien, m’enfin vous m’avez fait peur à débarquer comme ça ! »


Elle fronça les sourcils, tentant de deviner le rôle de l’homme au sein du kaerl. Il lui semblait l’avoir déjà vu, mais elle n’aurait vraiment su dire où. Il eut un petit rire, qui fit monter le rouge aux joues de la jeune fille.

« Excusez-moi, je ne voulais pas vous effrayer. Toutes mes félicitations pour votre Empreinte ! Je vais vous laissez profiter des festivités… » ajouta-t-il en désignant d’un air amusé le coin isolé dans lequel Iniaki s’était établie. Alors qu’il allait partir, la jeune fille fit un pas vers lui.

« Attendez, qui êtes-vous ? » s’enquit-elle d'une voix encore étranglée; sans savoir pourquoi ce détail lui importait vraiment.
L’homme blond se retourna vers elle, dardant sur elle son regard brun qui ne semblait laisser aucune information s’échapper.

« Joachim. Joachim de Leysse. Et vous ? »

« I… Iniaki Morrigane. »
balbutia l’adolescente en retour. Elle connaissait ce nom : il était Capitaine de la Garde du Màr.

« Enchanté de vous avoir rencontrée, Iniaki. » dit-il avec un charmant sourire, avant de se fondre la foule.

Hebetée, Iniaki gardait le regard fixé sur la place qu'occupait précédemment Joachim. Quelque chose dans cet homme l’avait réellement impressionnée, mais elle n'aurait su dire quoi. Son cœur battait trop fort dans sa poitrine.


° C’est ridicule…°

Croyant qu'elle parlait d'elle, la Fëalocë sortit de sa torpeur pour poser son regard sur Azaltëha. Cette dernière ne regardait pas du tout dans sa direction. L’air vaguement contrarié, elle observait sa sœur, la Liée d’Ottilia, effectuer des espèces de pas de danse absolument hilarants.

° Ah ah ! C’est tellement drôle !°

La jeune Bleue répondit par un grognement agacé.
Un sourire naquit sur ses lèvres rosées quand Iniaki repéra la grande brune au loin. Elle songea à aller la rejoindre, mais cela aurait dit devoir s’exposer à une nouvelle vague parfum et de faux semblants. Aussi se laissa-t-elle paresseusement reposer sur le mur de pierres froides, grignotant doucement les petites douceurs qui lui arrivaient à la main.

*J’irais la rejoindre plus tard* se promit-elle, cherchant du regard les autres anciens Aspirants. Cela lui fit penser à l’attitude pour le moins étrange de Tristan. Tout à son bonheur d’être liée, elle ne s’en était pas vraiment formalisée. Mais son absence commençait à être étrange. Partir à sa recherche pourrait constituer un moyen légitime de quitter la fête, s’il ne venait pas d'ici quelques minutes.




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~
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Zoran Cynfelyn
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MessagePosté le: Mer 25 Oct 2017 - 22:01 Répondre en citantRevenir en haut

Avec un soupir trop longtemps contenu, Zoran se laissa glisser, le dos appuyé contre la porte de sa chambre, jusqu’à toucher le sol. La tempête d’émotions qui se déchaînait en lui l’avait exténué, et le manque d’intimité des Sables envahis par la foule l’avait empêché de trouver une seule seconde de répit pour tenter de respirer correctement. Mais même ici, dans le calme absolu de ses appartements d’Aspirant et qu’il devrait bientôt quitter, il lui semblait qu’un millier de voix continuait de hurler sous son crâne. Un millier de voix comme un millier d’éclats brisés, piquetés dans la mer opaline de ces iris qui le fixaient toujours. Par-dessus l’écume irisée, ouragan éthéré et cosmique, des perles de brume lui renvoyaient le reflet de sa peur muette. Il étendit ses doigts, dont la pâleur était un affront fait à la nuit, pour effleurer quelques écailles tièdes, encore humides. Ayzehl ne disait rien. Elle se contentait de l’observer, soigneusement repliée sur elle-même, et Zoran ne savait pas de quelle façon il aurait pu rassurer la frêle Dragonne.

Quelques coups discrets les firent tous deux sursauter, et le Fëalocë s’empressa de se redresser pour accueillir quiconque était venu le trouver, tandis que la jeune Noire se recroquevillait un peu plus, n’ayant pour toute cachette que l’ombre parfaite de ses propres ailes. Si elle avait su que leur invité n’était pas capable de la voir, peut-être aurait-elle eu moins de scrupules à se montrer. Un sourire sincère fendant son visage lunaire d’une manière étonnante, Ciryandil posa ses mains sur les épaules du jeune homme et l’étreignit brièvement, avant de se tourner vers l’endroit où Ayzehl restait figée, tremblante. Il inclina doucement la tête, comme pour lui souhaiter la bienvenue sur Rhaëg, et la Dragonne, sentant peut-être que le Neishaan ne dégageait que bienveillance et sérénité, osa enfin ouvrir un œil clair. Elle s’étira lentement, étudia la silhouette de cet inconnu qui se comportait si familièrement avec son Lié, puis, avisant la paume ouverte qu’il lui présentait maintenant, elle vint en renifler la chair. Les joues parées d’un rose léger, attendri par cette scène, Zoran esquissa une moue boudeuse, croisant les bras.

« Elle t’aime déjà plus que moi ! » rouspéta-t-il pour la forme, s’attirant un froncement de sourcils à la fois incrédule et réprobateur. Le Fëalocë réalisa sa bévue, et ses rougeurs s’aggravèrent alors qu’il détournait le regard pour ne pas croiser celui de Ciryandil, qu’il devinait beaucoup trop sagace, même sous couvert de plaisanterie. Il n’avait pas voulu sous-entendre que le choix d’Ayzehl avait été biaisé par le cristal qu’il portait autour du cou. La Dragonne ne posa pas la question, mais Zoran pouvait l’entendre s’interroger : est-ce que l’amour se compte ?

« Je voulais vous adresser mes félicitations, à tous les deux... » déclara le Neishaan en s’écartant de quelques pas. « ... Et m’assurer que vous n’alliez pas bouder les festivités organisées en l’honneur de cette nouvelle Empreinte. Je sais que Laéïa et Tiona ne sont pas parmi nous, malheureusement, mais je suis sûr que tes amis sont impatients de rencontrer Ayzehl. »

Le Prêtre laissa son regard peser sur le dos de son jeune confrère, tout entier occupé à simuler le rangement de Flarmya savait quelles affaires auraient pu traîner dans l’austérité rigoureuse de sa chambre, faisant se hérisser les cheveux sur sa nuque. Il marmonna une réponse, pas tout à fait négative.


Pénétrer dans la Haute Salle en retard, vêtu de ses habits de cérémonie, sa Liée dans les bras, Ciryandil et Aramanth à ses côtés, était une expérience à laquelle Zoran ne s’était pas préparé. Il se sentait comme un étranger, absolument pas à sa place au milieu de l’or et du marbre, des robes satinées et des parures rutilantes, des rires et des conversations euphoriques. Raide comme un piquet, il attendit que les portes se referment derrière eux avant de s’avancer dans la pièce, collé au Neishaan comme s’il avait pu disparaître dans les replis de sa cape colombine. Le Fëalocë se trouvait bien trop voyant, sa tenue contrastant avec le style plus traditionnel adopté par le reste du Kaerl – et ces couleurs ! Le grenat de son ample tunique, de son pantalon bouffant qui lui donnait l’air d’un saltimbanque ; les incrustations de cuivre sur son plastron brun ; les breloques qu’il avait fabriquées, plus jeune, pour orner une ceinture toujours trop large pour lui. Il n’avait plus porté ces vêtements depuis sa dernière nuit à Qahra, lors de la fête organisée par ses parents pour son retour. Cette nuit où sa mère l’avait rejeté. Cette nuit où il avait abandonné Arianwyn. Le tissu le démangeait atrocement, et, en-dessous, niché entre ses clavicules, le cristal brûlait avec l’ardeur d’une étoile.

Ayzehl refusait de trop regarder autour d’elle, le museau niché contre le tissu flamboyant. Ses iris, noyés d’images, fractionnaient la lumière en une myriade de couleurs, comme si, par ce phénomène, la Dragonne avait pu mieux appréhender ce qui l’entourait. Le Fëalocë, un instant, fut gagné par la culpabilité. N’auraient-ils pas mieux fait de rester tranquillement dans leur chambre ?

Il sentit les doigts de Ciryandil enlacer délicatement son poignet, et, si Zoran fut surpris par le geste, trop égaré dans ses pensées, l’expression facétieuse du Neishaan suffit à le dérider. Le Prêtre, d’après les discours de Laéïa, possédait un talent certain : il ne se faisait jamais remarquer, mais s’arrangeait en même temps pour que quiconque posant les yeux sur lui se trouve désarçonné. Sous ses airs innocents et éperdus, il se jouait impunément de tous. Endossant son rôle de guide, le nouveau Chevalier prit les devants, et, après une profonde inspiration, il s’élança dans la foule à la recherche de ses amis, la présence du Blanc sous sa véritable forme libérant le passage pour eux.

« Quel dommage ! Il semblerait que nous ayons raté le discours de la Dame ! »

° Insolent. Persistes-tu à croire qu’elle fait le même à chaque Empreinte ? °

« Et si c’était le cas, je m’en fiche ! Je ne l’ai jamais entendu, personnellement… »

° Je t’interdis de lui faire subir ton imitation ridicule de Dame Amlug. °

« Ridicule ? J’ai appris tous mes secrets de Maeglin del Cirth en personne ! »

° À d’autres ! °

Un bras pressé contre son ventre à force de rire, Zoran battit des cils pour faire disparaître quelques larmes brouillant sa vision. La tignasse rousse d’Iniaki était la chose la plus facile à repérer, et le Fëalocë ne tarda pas à distinguer son amie qui, il en était soulagé, avait élu domicile près du buffet ainsi qu’à distance respectable du cœur des festivités. Ciryandil et Aramanth l’abandonnèrent là, préférant laisser les jeunes Chevaliers entre eux.

Ayzehl cramponnée à son épaule, Zoran laissa son dos heurter la pierre, et tourna la tête pour adresser un sourire chaleureux à sa consœur, les joues rougies par sa course à travers la Haute Salle et les yeux encore illuminés par son hilarité passée. Il baissa le regard pour saluer la jeune Bleue, l'air émerveillé.

« Bonjour à nouveau... à vous deux ! Tu es charmante. » complimenta-t-il doucement la Fëalocë, avec un rien de malice. Il n’était pas le seul à avoir choisi une tenue originale. « Azaltëha, c'est bien cela ? Tu es très belle, toi aussi. »

« Tu n’aimes pas danser ? » La question, hasardeuse, était accompagnée d’un vague mouvement en direction de l’assemblée. Timidement, la petite Noire releva le museau pour aspirer cette nouvelle vision, l’opale s’allumant de braises flamboyantes, de vert et d’or, de bleu paon. Elle découvrait tout autant sa sœur que la bipède qui allait partager son âme et sa vie, se demandait en silence comment elle avait su.



Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Dim 17 Déc 2017 - 11:37 Répondre en citantRevenir en haut

En arrivant dans la salle d’apparat, Lordan était encore tout rempli du soulagement éprouvé lors des derniers instants passés aux Sables d’éclosion. Lui qui, sans les fuir absolument, redoutait les cérémonies, avait été heureux de se rendre au bal annoncé. D’ailleurs, la Dame elle-même lui avait rappelé que sa présence était souhaitée.
Très choqué par la brève altercation entre la Dame et le second, il s’attendait au pire et voilà que tout s’était miraculeusement résolu en quelques répliques. Tout rentrait dans l’ordre et, ses réactions s’expliquant souvent par son désir de tranquillité, il ne voulait plus penser qu’à la fin rapide de l’incident et l’oublier au moins durant la durée de la fête.. Les paroles d’apaisement que Dame Heryn lui avait adressées personnellement lui suffisaient. Du moins pour l’instant car il n’était pas naïf au point de croire que, survenant entre d’aussi hauts personnages, les dissensions puissent disparaître en quelques mots. Mais pour l’instant, il n’y avait plus qu’à participer à la fête et à laisser les esprits échauffés revenir à la raison.
Un des motifs de sa satisfaction était, non sans surprise, d’avoir vu le Consort lui-même régler la situation et cela, avec une calme efficacité. Sans qu’on puisse entendre ce qui s’était dit, il s’était adressé au Second avec une fermeté qui avait réduit ce dernier au silence. Lordan avait été frappé par la façon dont il s’était rapproché de son épouse, la protégeant de sa haute carrure. Puis il avait alors annoncé la fin de la cérémonie et le départ vers le Banquet, le tout, fort protocolairement, au nom de la Dame. Ce dernier point acheva d’effacer le reste de méfiance que Lordan éprouvait encore à l’égard de l’aîné Galastden. La voix de Kieran avait l’ampleur et la gravité nécessaires pour se faire entendre et obéir de tous.
Donc, c’est le coeur léger que le Maître Bronze entra dans la Haute salle qui, outre un buffet somptueux, présentait tout le decorum d’un bal enchanteur. Les dimensions hors normes des lieux permettaient la présence de dragons dans leur forme in extenso, si on peut dire. Lordan en reconnut plusieurs, souvent des dragonneaux d’ailleurs ou des jeunes. Hanelvig n’était certainement pas présent, en tous cas pas en tant que saurinide. Fort et massif comme il l’était, il n’aimait guère se retrouver sous un plafond, aussi haut soit-il. Surtout, il trouvait ennuyeux au possible de devoir constamment surveiller le déploiement de son cou et les ondulations de sa queue afin de ménager les tentures de soies précieuses, les candélabres scintillants, les statues ornant les angles et les pilastres. Sans compter cette foule de pieds humains, de robes plus ou moins à traîne, de plateaux chargés de cristaux et d’argenterie circulant autour de ses pattes dont il ne savait plus trop que faire.
Lordan espéra que son lié viendrait sous sa forme humaine. Il voulait savoir ce qu'il pensait des événements mais il n'avait pas réussi à le joindre. Et voici que presque aussitôt, il saisit la pensée du Bronze .:

* Ah, te voilà. Tu as mis longtemps à te pomponner pour le Bal . *

*Je ne veux pas avoir l’air d’un troll au milieu des belles dames et gentils seigneur. Je ne te vois pas. Tu es où ?

*Tu ne devines pas ?*

* Heu... Près des rôtis et des pâtés en croûte?*

*Tout juste. Après ces émotions, rien n’est plus réconfortant...Et j’ai beaucoup chanté avec mes frères pour accueillir les petits. Ottilia s’est liée à une jolie dragonnelle. Tu es content ?*

*Très ! J’espère la voir ici. Je n’ai pu la féliciter aux Sables.*

*Ah oui...Tu es remonté au triple galop vers la corniche des officiels alors qu’elle était en bas .*

*Tu as vu ce qui s’était passé ? *


Lordan espéra un bref instant que les dragons en sachent plus long que lui et que pour une fois, ils partagent leurs secrets avec les bipèdes.

*Vu non,mais entendu, oui. La douce Dame Heryn a la gifle sonore.*

*La Dame Heryn n’est pas ce que j’appellerai douce. Et si elle sait que tu la crois telle, elle t’enverra sa Reine pour te brosser les écailles à l’envers.*

*C’est bien ce que je dis : la Dame n’aurait pas le coeur de faire elle-même du mal à un pauvre Bronze. Ce qui n’est pas le cas des dragonnes, surtout dorées. Au fond de nous sommeille le fauve.*

*Le fauve ? Disons plutôt le lézard géant..*


Hanelvig n’eut oas le temps de répliquer car le couple princier parut sur les marches du célèbre et magnifique trône du Màr Menel. Leurs dragons, qui s’immobilisèrent de part et d’autre de l’estrade, paraissaient les incarnations héraldiques de la force tutélaire veillant sur les Célestes. Le silence se fit presque aussitôt et tout mouvement cessa. Lordan chercha un instant à voir si Ottilia était visible mais trop de visages se pressaient, les yeux fixés vers la Dame Dorée. Celle-ci s’adressa en termes chaleureux aux nouveaux liés et bien que ce petit discours fut sans surprise, il remuait sans doute bien des souvenirs dans les coeurs de tous les liés plus anciens, souvenirs aussi émouvants que l’espérance joyeuse éprouvée par les nouveaux chevaliers. Lordan sentit ses yeux devenir humides et il dut se forcer à ne pas se départir de l’air grave qu’on attendait d’un maître-dragon en de telles circonstances. En ces instants, montaient en lui tout l’amour et la reconnaissance qu’il éprouvait pour son kaerl et son peuple. Il n’y avait plus de bons et de méchants, de nobles personnages et d’obscurs tâcherons. Il se sentait prêt à tout pour aider à ce que chacun puisse être fier et heureux de vivre ensemble selon les lois de la cité céleste
Son émotion l’empêcha de saisir immédiatement le sens des paroles qui suivirent et ce n’est que lorsque son nom fut prononcé, qu’il comprit ce qui venait d’être dit. Il sentit le sang lui affluer au visage et son souffle se suspendre. En lui, tout était tumulte d’émotions : fierté, anxiété, craintes multiples, gratitude et refus mêlés, gêne de voir les regards qui se tournaient vers lui, les sourires de ses voisins les plus proches mais aussi quelques visages fermés et même des froncements de sourcils qui semblaient montrer que la surprise ne plaisait pas à tout le monde. La voix d’Hanelvig vint à son secours :

*Ne reste pas ainsi la bouche ouverte. Il faut saluer quand la Dame cite ton nom en public.*

Lordan mit la main droite sur l’écusson du Màr Menel qui ornait sa veste du côté coeur et il s’inclina, profondément ému. La Dame avait dit: " Je remets avec confiance ma vie entre vos mains.". Cette phrase serait son guide désormais. Le temps sembla se suspendre jusqu'à ce que la pensée amicalement grondante d'Hanelvig le secoue :

* Redresse-toi donc. Le protocole dit "...au moins trois secondes." Tu en es à cinq. Et les gens veulent danser. Je crois avoir aperçu Ottilia. Tu devrais aller la féliciter....Au fait, ce n’est pas trop fatigant d’être le lié d’un arken ?



Heryn Amlug
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MessagePosté le: Sam 30 Déc 2017 - 17:43 Répondre en citantRevenir en haut


La Dorée Rintrah & le Bronze Seldryn




Tandis que, au bas des marches menant au trône, Kieran s'emparait fermement de la main de Heryn, l’entraînant une nouvelle fois au milieu de la foule, sous les regards et les murmures de toutes sortes, Rintrah dirigea un regard pétillant d'amusement contenu en direction de Seldryn. Enjôleuse, et dans une attitude affectueuse mais teintée d'une infime provocation, elle alla frotter sa large tête dorée contre le cou du Bronze, se sachant pertinemment observée par les autres Dragonnes présentes. Puis, d'une pensée qui effleura son esprit aussi légèrement qu'une brise, la Dorée l'invita à la suivre, adoptant sans effort sa forme humanoïde, l'armure d'or laissant place à une grande femme blonde à l'allure féline, le visage parsemé de tâches de rousseur. L'expression mutine, une de ses mains reposait dans le creux de sa hanche, et l'autre était tendue en direction de Seldryn. Elle avait toute confiance en Kieran pour veiller sur sa Liée, aussi comptait-elle bien pouvoir profiter de la fête elle également, fallait-il pour cela dérider son soucieux compagnon. Dès son arrivée au Màr Menel, elle avait appris à apprécier les bals et autres réjouissances réunissant le Kaerl tout entier dans leurs plus beaux atours, et aimait particulièrement cette forme de parade que les bipèdes appelaient ''danse'' … Et elle n'allait pas rater une occasion de participer au spectacle.

Alors que l'orchestre égrenait les premières notes d'une valse lente, le Bronze, dont les atermoiements sous forme de roulements d'yeux n'avaient eu aucun effet – lui rechignait à relâcher sa veille vigilante sur leurs deux Liés – se résigna à rejoindre les bras de sa Reine. Sa chevelure d'un auburn chaleureux lâchement nouée en une demi-queue balayant ses épaules, ses iris d'émeraude allèrent se fixer gravement, dans ceux, ambrés, de la Dorée, en un face à face d'égal à égal. Elle savait à quoi son compagnon pensait : le dernier banquet auquel ils avaient assisté s'était achevé par une tentative d'assassinat perpétrée sur Zackheim, qui était depuis lors porté disparu, au grand dam de Kieran. Mais cette fois, elle en était convaincue, tout irait bien. Tant que Heryn et Kieran resteraient ensemble, rien ne pourrait leur arriver. Ils veilleraient l'un sur l'autre.
Une nouvelle génération de dragons était née, la toute première depuis la fin du combat contre l'Ombremage, et beaucoup de gens étaient présents, souhaitant rendre hommage et se réjouir à leur façon. Lui adressant un sourire mi moqueur mi encourageant, Rintrah planta un baiser sur la joue de Seldryn, s'amusant de sa surprise, et l’entraînant vivement au milieu des danseurs qui avaient d'ors et déjà commencé à virevolter ici et là, ils se fondirent dans la foule, bien que surplombant par leur haute taille la plupart des couples.

***


Quelques danses plus tard, les joues rougies par le plaisir et l'excitation, rassérénée par les vagues d'amour paisible qui lui parvenaient de sa Liée, qu'elle apercevait en train de s'entretenir doucement avec Nalesean, une main posée sur le bras de Kieran, tout proche d'elle, Rintrah se recentra sur son compagnon, dont le visage hâlé exprimait une intense concentration. Bien que tout à fait à l'aise sous sa forme humanoïde, au grand amusement de la Dorée, Seldryn se révélait être un piètre cavalier, plus habile au jeu des armes qu'à ce genre de divertissement. Ayant finalement pitié de lui, elle l’entraîna dans un coin isolé de la Haute Salle, plus calme, la plupart des gens ayant délaissé les douceurs et amuses-gueules pour mettre en valeur leurs atours dans un ballet de soies colorées. L'air légèrement pensif, le Bronze contemplait les couples avec une incrédulité mêlée d'envie, semblant s'interroger sur leur faculté incroyable à se croiser sans pour autant ni perdre le rythme ni se heurter au passage. Elle, de son côté, ne pouvait s'empêcher d'observer les jeunes dragonneaux nés quelques heures auparavant, les comparant, peut-être sans en avoir pleinement conscience, avec ceux des siens qui avaient vu le jour au Ssyl'Shar, dont elle n'avait plus aucune nouvelle … Et tâchant de ne pas penser à ceux qui n'avaient jamais percé leur coquille, de ne pas imaginer l'apparence et le caractère qu'ils auraient pu avoir.

Puis, voyant son compagnon soupirer et jeter un regard vaguement anxieux à leurs Liés, la dragonne décida d'aller se nicher confortablement dans ses bras, installant sa tête dans le creux de son cou, en une posture qui n'était pas sans rappeler celle qu'elle avait eu au tout début du banquet. Et elle constatait avec un certain intérêt que l'effet n'était pas du tout le même. Le corps des bipèdes, si fragile, et dénué de toute couverture d'écailles, était beaucoup plus sensible au toucher qu'elle ne l'aurait imaginé ! Elle comprenait maintenant cette soif de contact qu'exprimaient régulièrement Heryn et Kieran. Pendant quelques instants, ils restèrent là, silencieux, elle appréciant simplement son souffle tranquille sur sa joue et la pression de ses bras autour de sa taille, oublieux de tout le reste, jusqu'à ce que Seldryn remue légèrement contre elle, afin de pouvoir croiser son regard.

« Nous en aurons d'autres. »

Sa voix grave et profonde, dont la vibration se propagea curieusement entre leurs corps enlacés, lui arracha un frisson tandis que son cœur se serrait douloureusement. Comment avait-il deviné ? A peine cette pensée l'avait-elle traversée qu'il haussa un sourcil signifiant qu'il la connaissait bien mieux qu'elle ne voulait bien l'admettre. Tâchant de masquer le trouble que les paroles de son mâle avait provoqué en elle, la dragonne eut pour toute réponse un reniflement vaguement dédaigneux, comme si le sujet ne l'intéressait pas plus que ça. Une nouvelle couvée, d'autres petits … En aurait-elle la force et le courage après le drame de la précédente ? Rivant ses iris verts flamboyants sur elle, Seldryn se rapprocha pour lui murmurer à l'oreille, un ton plus bas :

« Et les dragons et dragonnes qui résulteront de cette couvée feront pâlir de jalousie toutes les autres Reines du Màr Menel, tant ils éclipseront par leur grandeur et leur noblesse l'ensemble de ceux nés auparavant. Il ne pourra en être autrement, si tu es leur mère. »

Parfaitement conscient de l'effet que sa déclaration avait causé chez sa Reine – dont les mains s'étaient soudain crispées sur sa tunique –, un léger sourire satisfait flottant sur ses lèvres, le Bronze croisa le regard d'une petite silhouette rouquine, appuyée contre un mur non loin d'eux, qui s'était brusquement figée avec une expression mi choquée mi coupable, à l'image d'une souris face à un renard. Lui faisant face, en apparence inconscient de leur présence, un frêle garçon à l'allure un peu maladive, que Seldryn reconnut pour être le protégé d'Aramanth et Ciryandil. Enfin, complétant le tableau, étant assises sagement juste à côté d'eux, une toute jeune dragonnelle Bleue et sa sœur Noire plus imposante, issues toutes les deux de la couvée de Ky'rinth, dont on fêtait la venue au monde.
Ah. Leur échange avait donc eu au moins un témoin, quoi qu'involontaire. Mais qu'est-ce que la petite Fëalocë avait entendu exactement ? Balayant la question d'un haussement d'épaules muet mais non moins amusé, Rintrah entraîna son compagnon en direction des deux couples d'âmes-soeurs, un sourire malicieux sur les lèvres et ses doigts entrelacés avec ceux de Seldryn. N'était-ce pas une occasion parfaite de juger de la valeur de cette nouvelle génération de Chevaliers Dragons ?

Baissant ses prunelles ambrées sur les deux dragonnelles nouvelles-nées, la Reine Dorée inclina alors légèrement la tête, la voix douce.

« Soyez les bienvenues parmi nous, petites sœurs. Je suis Rintrah, et voici mon compagnon, Seldryn. »




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Mer 3 Jan 2018 - 21:21 Répondre en citantRevenir en haut

Un air attendrit se peignit sur le visage d'Iniaki alors qu'elle aperçut la silhouette familière du jeune itinérant de Mystra. Qu'il était mignon, avec son pantalon bouffant et ses joues rougies par l'effort ! Il lui évoquait un petit jongleur de cirque, avec ses jolies breloques tintantes... Imaginer un garçon si sérieux se mettre en spectacle de la sorte était vraiment amusant. Elle dut mettre un terme à ses pensées fantaisistes, car déjà, il arrivait à sa hauteur. La Chevalière Bleue se réjouit de voir ses yeux verts briller de tant de joie. Etre heureux quand l'autre l'était, c'était donc cela, avoir un ami ? 

"Bonjour Zoran. J'aime beaucoup ta tenue !"

Alors que le garçon la questionnait sur son envie de danser et qu'elle se préparer à lui répondre une phrase déjà toute faite sur l'inutilité de toutes les affabulations sociales de cet acabit, son attention fut détournée par un éclat d'or. Il provenait de la femme la plus sublime qu'il lui avait été donné de voir jusqu'à présent. Sa rutilante chevelure brillait plus qu'un diadème et même à cette distance, elle voyait bien à quel point ses traits réguliers ne se reconnaissaient pas en les défauts qui sont le propre de l'humanité. La svelte jeune femme qui se nichait dans le cou d'un homme (à l'allure d'ailleurs bien moins remarquable) ne semblait pas appartenir à ce monde. Obnubilée par la beauté sauvage qui éclipsait toutes les tentatives humaines avoisinantes, c'est à peine si elle réalisa qu'elle était en train d'écouter la conversation du couple. Entendant parler de couvée et de mère, elle compris que cette jeune femme n'était effectivement pas humaine. Quelques secondes plus tard, son visage vira au cramoisi alors qu'elle comprenait de quoi retournait la conversation. Elle était en train d'épier des Dragons parlant de reproduction ! De leur future reproduction ! Elle s'était rarement sentie aussi gênée.
Et cela s'empira lorsque le couple tourna à l'unisson son regard vers elle, puis s'avancèrent précisément vers l'endroit où ils étaient postés.

*Par la Grande Uluna ! Ils savent que je sais !* glapit intérieurement la jeune Fëalocë qui ne savait plus où se mettre et restait figée comme une statue.

Elle croyait sa dernière heure arrivée lorsque les deux sauriens se désintéressèrent totalement des bipèdes, entamant la conversation avec Ayzehl et Azaltëha. La pression accumulée depuis quelque secondes sur sa petite poitrine se relâcha subitement et elle manqua de défaillir, se raccrochant avec vigueur à l'épaule de l'infortuné Zoran.

Peu sensible au désarroi de sa Liée, Tëha était entièrement concentrée sur les deux jeunes gens qui s'offraient à son regard. Elle sentait qu'ils étaient comme elle, mais alors pourquoi ressemblaient-ils à des humains ? Nullement intimidée, la jeune Bleue décida de profiter de la situation pour obtenir la réponse à toutes les questions qui tournoyaient dans son esprit embrouillé par toutes ses nouveautés.

° Je vous remercie. Je suis Azaltëha et voici ma sœur Ayzehl. Et vous, qui êtes vous ? Je peux sentir que vous êtes de mon espèce, mais vous n'en avez pas l'apparence...°

Le regard opalescent de la petite saurienne scrutait avec un intérêt non dissimulé les visages de ses deux aînés sous forme humanoïde, avide d'en connaître plus sur sa propre nature.
Pendant ce temps, sa moitié d'âme réfléchissait au sens de la conversation qu'elle venait de surprendre. Il y avait donc une rivalité entre les Reines du Màr ? Et la couvée future du couple allait éclipser son Azaltëha ?

*Hé ! ils se prennent pour qui !* s'insurgea la Fëalocë sur le tard. Elle ne pouvait bien entendu pas exprimer sa contrariété à haute voix à propos d'une conversation qui n'aurait pas jamais dû lui arriver aux oreilles, mais demeurait vexée par ce qu'elle venait d'entendre.
De quel droit se permettaient-ils de juger sa petite Liée ainsi, sur le simple et stupide critère de sa naissance ? Depuis quand la filiation déterminait-elle la valeur ? C'était d'un ridicule ! Et puis, Tëha n'était-elle pas aussi née d'une Reine ?

Les querelles puériles des humains trouvaient donc leurs échos chez les Sauriens... Et bien, s'il en était ainsi, elle était ravie de ne pas être liée à une Dorée : au moins sa moitié d'âme serait-elle préservée de cette superficielle guerre d'influence.




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Zoran Cynfelyn
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MessagePosté le: Dim 7 Jan 2018 - 18:58 Répondre en citantRevenir en haut

Les joues saupoudrées d’un rose léger comme Iniaki le complimentait sur sa tenue, Zoran se fendit d’une courbette improvisée. Il ne connaissait rien aux usages, fussent-ils d’ici ou d’ailleurs, mais avait souvent eu l’occasion d’en voir les diverses interprétations, au cours de ses innombrables voyages et autres péripéties à travers Rhaëg. Il lui tardait de retrouver les chemins de l’Itinérance. Même si le Fëalocë avait trouvé au Kaerl Céleste l’équivalent d’une famille, il sentait toujours, dans ses veines, l’appel de la route – et l’idée d’abandonner derrière lui tous ces visages désormais chers à son cœur, qui l’avaient aidé à grandir et à s’épanouir, n’avait finalement pas un goût aussi amer qu’escompté. Ses vœux, envers Mystra et envers les Hommes, l’enchaînaient à l’horizon. Il avait renoncé à jamais avoir de maison, et, d’une certaine façon, savait que les prochaines Lunes lui remémoreraient où était sa place. Zoran aimait le Màr Menel, bien sûr. Il rendait grâce à Flarmya de lui avoir donné Ayzehl. Il ne pouvait cependant ni lutter contre sa nature, ni contre ce qu’il pensait être son Destin.

Les opales curieuses de la petite Noire se heurtaient à son propre regard, d’un vert sombre et épais, cerné d’imposantes ombres, et il lui vint un instant la pensée qu’elle n’osait pas en pénétrer les mystères. Il y avait dans les iris du Fëalocë toute une forêt, comme plongée dans les ténèbres d’un conte, et personne n’aurait souhaité troubler son calme nébuleux.

Sans laisser son sourire se ternir en raison de telles considérations, le jeune Chevalier préféra se lancer dans une description détaillée de son costume. Il était étonné qu’Iniaki n’ait jamais croisé de membres de son Culte, pourtant très développé dans les contrées d’Orën – mais force était d’avouer que les Prêtres de Mystra étaient pour la plupart des êtres assez solitaires, secrets et sectaires. Ils ne se mêlaient que très rarement aux profanes, préféraient la compagnie des livres et des laboratoires à celle de Solyae, ne parlaient pas de leurs recherches. Aux yeux de ses pairs, Ciryandil aurait pu passer pour un excentrique beaucoup trop volubile. Zoran, lui, tout comme Arianwyn, correspondait presque à ce qu’on attendait d’un fidèle de Mystra – l’ambition ésotérique en moins, sans doute. Le Fëalocë s’intéressait plus aux Hommes qu’aux grandes énigmes de la Magie, et il pouvait affirmer sans la moindre incertitude qu’il en était de même pour le Sang-Mêlé.

Ayzehl, avec hésitation, interrogeait l’esprit de son Lié sur la nature des divers sentiments qui le traversaient. Elle n’était pas encore tout à fait sûre, doutait de sa propre légitimité à effleurer cette âme, qu’elle sentait à la fois étrangère et familière. Elle ne voulait pas s’imposer là où n’était pas sa place, mais peinait, évidemment, à en définir la frontière. Quant à Zoran, s’il ne focalisait pas toute son attention sur la Dragonne, il percevait sa présence de manière bien trop diffuse. Le cas contraire, il aurait peut-être pu tenter de la rassurer, de la réconforter…

Ses réflexions furent interrompues par une réalisation déconcertante, presque vexante : Iniaki ne l’écoutait absolument pas. Ses yeux étaient fixés sur un point indéfini, par-dessus l’épaule de Zoran, et son visage s’était empourpré avec soudaineté. Les sourcils du Fëalocë se haussèrent, tandis qu’il la questionnait.

« Iniaki, est-ce que tout va bien ? »

Il tourna la tête, à la recherche de ce qui avait pu tant perturber son amie, mais il ne vit qu’un couple enlacé – et une intuition lui soufflait qu’ils n’étaient pas de véritables bipèdes. Tous deux les observaient également. L’espace d’un instant, Zoran maudit son incapacité à sortir de sa propre tête pour véritablement être conscient du monde tout autour, puis il se reprit. Iniaki était une jeune fille émotive, dotée d’une imagination débordante. Elle n’avait rien dû faire de bien grave, mais envisageait le contraire, et Mystra savait quelle fantaisie avait pu naître dans l’esprit de la Fëalocë pour qu’elle réagisse de la sorte. Lui aussi, cependant, était trop impressionné par le regard que leur jetaient toujours les deux Dragons, et il perdit de vue son réflexe naturel, qui aurait été de tranquilliser Iniaki.

Le couple les approcha alors, la femelle auréolée d’or à la manière des Reines, les iris tout pétillant de cuivre et d’ambre ; le mâle plus terne, renfermé sur lui-même, se laissant comme porter par sa compagne. Même s’il semblait évident que leur intérêt s’était d’abord porté sur les petites Dragonnes, Zoran sentit clairement la crispation et la peur de la Fëalocë à ses côtés, jusqu’à ce qu’elle chancelle enfin, s’accrochant à son épaule dans une tentative un peu désespérée de se retenir. Heureusement pour lui, et pour sa stature à peine adolescente, Iniaki était assez fluette pour ne pas trop le déséquilibrer. L’angoisse d’Ayzehl était nettement plus difficile à supporter – autant par sa nouveauté que par son ampleur. Et, également, parce qu’elle partageait des nuances pâles d’insécurité et de vulnérabilité que le Fëalocë connaissait par cœur.

Aussi, lorsque la femelle s’adressa à sa Liée, Zoran posa un genou à terre auprès d’elle, laissant courir une main frémissante le long des écailles obsidienne. Comme elle l’avait fait plus tôt devant Ciryandil, la Noire étendit ses ailes pour dissimuler son museau. Le jeune homme, par-dessous quelques mèches rousses balayant son front, releva vers la Dorée un regard où dansaient de distantes lueurs gênées, mais surtout un profond désir de protéger son Âme Sœur. Dans sa position, qui évoquait foncièrement l’image du Chevalier défendant sa Dame, nul n’aurait été en mesure de remettre en cause sa détermination.

« Nous sommes honorés, Dragonne Rintrah, de recevoir votre bénédiction. » Avec une dernière caresse aimante, incitant Ayzehl à montrer le bout de sa tête, le Fëalocë se redressa et s’inclina devant le Bronze. « Je me nomme Zoran Cynfelyn, ancien Aspirant de Laéïa Lòkë et de la Verte Tiona. Voici ma Liée : Ayzehl. »

Un sourire en coin accroché à ses lèvres, il jeta un coup d’œil à la silhouette d’Iniaki, toujours consciencieusement en retrait. Il n’aurait su dire si c’était l’atmosphère de la Haute-Salle qui le mettait d’humeur si joviale, mais il n’allait certainement pas s’en plaindre. « Puis-je vous demander ce que mon amie a entendu de votre conversation, pour se retrouver ainsi plongée dans l’embarras ? »



Ottilia Théandore
Chevalier Dragon
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:58 Répondre en citantRevenir en haut

Briinah, après de longues minutes à s’amuser en imitant les bipèdes, manifesta sa faim auprès d’Ottilia. La chevalière resta un moment immobile pour trouver un moyen de se frayer un petit chemin entre les personnes afin d’arriver le plus facilement possible vers les amuse-gueules délaissés par les autres. En allant un peu sur la gauche, contourner un couple de danseur, un petit tour vers la droite et ensuite, tout droit. Ce n’était pas compliqué, à moins de se faire intercepter par un chevalier à la recherche d’une demoiselle avec qui danser. La torhille s’élança, sa verte derrière elle, et suivit le chemin qu’elle s’était mentalement tracé. Elles étaient presque arrivées, lorsqu’un beau jeune homme se mit en travers de leur chemin en s’inclinant respectueusement, la main tendue vers Ottilia.

« M’accorderiez-vous une danse chère demoiselle ? »

Rougissante, la torhille maudit silencieusement Tristan de ne pas être venu. S’il avait été là, cette situation embarrassante ne serait probablement pas arrivée. Non pas qu’elle voulait qu’il ne vienne juste pour parer les demandes des autres, mais surtout parce que le neishaan était un ami et que rester seul dans un coin pendant des festivités n’était drôle du tout. Ottilia accepta tout de même l’invitation, par pur politesse, et envoya sa liée manger quelque chose. La jeune fille prit la main de son cavalier, qui l’entraîna danser avec lui. Durant tout le temps de la danse, ils en profitaient pour faire plus ample connaissance.

« Je me nomme Farell, chevalier Bronze. Et vous ? »

« Heu… Je suis Ottilia et je viens de me lier à une dragonne verte. »

« Chevalière verte, donc. Enchanté »


*****


Briinah trottinait tranquillement vers les odeurs alléchantes tandis que sa liée était occupée avec un charmant jeune homme. Alors que la petite verte cherchait de quoi se mettre sous la dent, un éclat bleu et deux chevelures rousses attirèrent son attention. Un peu plus à côté se trouvait une dragonne noire. Super, ses sœurs et leurs liés. Mais pourquoi la liée d’Azaltëha était aussi choquée ? Sa curiosité prit le dessus sur sa faim et elle alla se glisser sous les tables pour aller voir ce qu’il se passait. Une fois que la dragonne fut suffisamment proche, elle s’installa et observa. En face de ses sœurs se trouvaient deux dragons qui n’en avaient pas l’apparence. De ça elle en était sure, elle le sentait. Par contre, ce qui l’intriguait et qu’elle ne comprenait toujours pas, c’était la réaction d’Iniaki. Pour le savoir, il suffisait d’attendre un peu. Installée comme un chat sur un coussin, Briinah patienta, pressée de savoir ce qui allait ensuite se passer.


*****


Toujours dans les bras du jeune homme, qui s’était présenté sous le nom de Farell, Ottilia se laissait guider. La jeune chevalière ne s’était jamais sentie aussi à l’aise avec un homme. Celui-ci était patient et la corrigeait lorsqu’elle faisait des fautes, lui parlait de beaucoup de choses, de son lié. Son lié était d’ailleurs un Bronze du nom de Kad. D’ordinaire, la torhille n’aurait pas dit grand-chose et serait restée aussi rouge que les pommes bien mûres. Cependant, c’était autre chose avec Farell. Elle parlait bien et lui répondait sans problèmes.
Au final, lorsque cette danse prit fin, ils en entamèrent une autre, continuant de discuter en même temps.





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