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Iniaki Morrigane
Chevalier Dragon
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RPs: 78
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Azaltëha
Fonction: Membre de la Garde
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 20 Sep 2017 - 18:08 Répondre en citantRevenir en haut





Fin Llefelysku 919


Le froid soleil d’hiver déclinait sur le Màr Menel, parant l’horizon de teintes rougeoyantes. La cité céleste resplendissait, drapée dans son manteau de neige que le soleil couchant achevait de magnifier. La période la plus froide de l’année était déjà sur sa fin et l’on pouvait déjà distinguer quelques signes annonciateurs des beaux jours, même si le mois de Llefelysku avait été si rude que l’on aurait pu croire que jamais plus le printemps n’adviendrait. La main appuyée sur une rembarde de pierre grise, Iniaki observait le paysage féérique qui s’offrait à ses yeux, sans toutefois que ses traits habituellement si expressifs n’en expriment un quelconque plaisir.

De courtes mèches rousses balayaient au gré du vent son visage étonnamment hâlé pour la saison, illuminé par des iris aussi vertes que l’émeraude la plus pure. Ces prunelles empreintes de mélancolie offraient un vibrant contraste avec les traits doux du reste du visage de la jeune fille, qui n’avait pas encore totalement été défait des rondeurs de l’enfance.
Après quelques instants de contemplation muette, la Chevalière bleue tourna le dos au fabuleux spectacle offert par la nature. Elle avait l’allure un peu de maladive de quelqu’un qui a grandi trop vite en peu de temps, les gestes maladroits d’une enfant qui devient femme et ne sait plus quoi faire de ce corps qui ne semble plus être le sien. La cape enveloppant ses épaules avait naguère été trop large, donnant l’image d’une fillette noyée dans les plis d’une voile noire. Mais cela s’était arrangé. C’était bien là le seul avantage que l’adolescente avait vu dans sa métamorphose physique, qui continuait encore à ce jour mais avec une violence bien moindre. Sous cette cape se distinguait l’uniforme des membres de la garde du kaerl céleste, qui de prime abord ne semblait être constitué que d’une simple tunique blanche et or nouée sur l’avant par une large ceinture de cuir mordorée. Ce n’était qu’une illusion, car sous le tissu une cote de mailles et une armure de cuir nouée par des sangles au buste du guerrier conféraient une véritable protection sans pour autant entraver la mobilité. Des épaulières de fer délicatement ouvragées de dragons d’or achevaient de compléter cet ensemble tant pratique que confortable.

Son corps n’avait pas été le seul à être mis à rude épreuve au cours du mois écoulé : son esprit avait été en proie à des tourments jusqu’alors totalement étrangers à sa vie. Que n’avait-elle pourtant rêvé, durant sa plus tendre enfance, de découvrir les voluptés de l’amour ! Elle s’imaginait alors mille et une histoires farfelues et étincelantes, toutes dotées d’un quelconque prince au cœur pur d’une contrée oubliée et d’une fin aussi sucrée qu’un bonbon au miel. Las, elle avait découvert que les tourments de l’amour n’étaient en rien des contes de fées. Le sentiment doux et amer lui avait tenaillé le cœur, laissant une blessure à vif qui ne pourrait se résorber qu’avec le temps.

Elle savait bien que c’était impossible. Aurait tant aimé que ce le soit. Un ridicule espoir s’accrochait pourtant, issus des chimères qu’elle tentait tant bien que mal d’effacer. Malheureusement, elle était dans l’obligation de le voir beaucoup trop fréquemment pour que la blessure n’ait le temps de commencer à s’estomper. Lorsqu’il avait accepté son entrée dans la garde du Màr Menel puis de l’entraîner, elle n’aurait pas pu être plus heureuse. Il aurait été faible de dire qu’elle le regrettait aujourd’hui. Au moins mettait-elle tant d’attention dans son entraînement pour en avoir vite fini qu’elle avait progressé d’une manière spectaculaire.

Bien qu’elle fasse de son mieux pour ne pas laisser cette triste situation empiéter sur le reste de sa vie au kaerl, il était évident qu’elle ne pouvait totalement laisser sa morosité aux portes de la salle d’entraînement. Azaltëha était mitigée sur la situation, appréciant cet agissement tout en en détestant les origines. La Bleue n’était pas en reste niveau croissance et pouvait maintenant voleter avec adresse et produire des flammes d’une taille assez respectable. Son tempérament stoïque en ferait une précieuse guerrière pour le kaerl, Iniaki en était persuadée.
Les pas de la jeune Chevalière la conduisirent près de ses modestes appartements. Elle poussa doucement le loquet de cuivre de sa chambre afin de ne pas réveiller sa liée… qui à sa grande surprise l’attendait les yeux bien ouverts. La Fëalocë réprima un hoquet de surprise en constatant que les grands yeux que la Bleue dardait sur elle étaient de couleur jaune.

« Tu es malade ? » s’enquit Iniaki d’un ton angoissé.

° Non. Je m’inquiète pour toi, c’est tout. Tu n’es pas rentrée. °

Son ton, habituellement si calme, était empreint de tristesse. La Fëalocë ne répondit pas, s’approcha doucement de sa moitié d’âme puis s’assit à ses côtés, à même la pierre dure et froide. Elle dut faire un effort sur elle-même pour ne pas détourner son regard de la trace matérielle de son pêché qui dansait maintenant dans les pupilles de sa Liée. Une vague de remords la saisit. L’adolescente n’avait jamais été digne d’être Liée, elle le savait bien, mais en avoir une preuve était autrement plus douloureux. Pourquoi Flarmya avait-elle daigné porter un regard miséricordieux sur son cœur si égoïste ? Cette question la hantait depuis le jour de l’Empreinte. Elle avait cru qu’avec le temps, elle commencerait à ressentir cet amour fusionnel, transcendant toutes choses, que ses camarades avaient commencé à lui décrire avec des yeux brillants de ferveur. Mais non, Iniaki aimait bien Tëha, cela s’arrêtait là. L’image de la Dragonne n’était pas celle se dessinant dans son esprit lorsqu’elle se levait, ses yeux ne se fermaient pas en récitant une prière muette pour le bien être de celle-ci. Elle avait laissé une ridicule histoire d'amour à sens unique prendre le pas sur le bien être de la saurienne. Pire, la promiscuité de son esprit avec celui de la Bleue lui était parfois désagréable. La Fëalocë ressentait de la colère envers elle-même : elle qui s’était autrefois tant plaint de solitude, pourquoi rejetais-t-elle ce lien ?

Elle connaissait la réponse, au fond, même si elle n’avait pas voulu l’admettre. Son âme était loin d’être pure, entachée de désirs égoïstes. Elle parvenait passablement à le cacher, donnant aux autres et à elle-même une image bien plus positive de sa personne qu’elle ne l’était réellement. Mais avec Azaltëha, elle ne pouvait pas mentir et cela la terrifiait. Elle ne voulait pas voir ses défauts ainsi exposés à la lumière du jour, car c’était une partie d’elle-même qu’elle ne voulait pas reconnaître. La vision de la douleur ressentie par la jeune Dragonne fit cependant voler en éclat ses dernières réticences.

° Je suis désolée, Tëha… je n’avais pas réalisé que mon chagrin te faisait souffrir.°


° Tu fais partie de moi, comme je fais partie de toi Iniaki. Évidemment que ta douleur me peine. °


La jeune fille se leva brusquement, et serra sans préavis le long cou de la saurienne de toute la force de ses bras menus.

° Je ne te ferais plus jamais de mal… je te le promets °

Le contact des écailles n’était pas des plus agréables, mais elle se rapprocha encore, jusqu’à sentir le souffle de la Dragonne sur sa nuque. Le monde extérieur ne lui semblait plus exister alors qu'elle sentait le coeur de sa Liée battre à l'unisson du sien.

° Je ne suis pas digne de t’avoir. °

° Effectivement. °

Un long silence se fit, uniquement rompu par les manifestations sonores de quelque oiseau nocturne.

° C’est une plaisanterie, Iniaki. °

Le ton d’Azaltëha vibrait de la même tonalité chaude que le jour de l’Empreinte. Incapable de retenir plus longtemps ses larmes, la jeune Chevalière éclata en sanglots bruyants entrecoupés de petites quintes de rires. Lorsqu’elle se fut vidée de ce trop plein d’émotions, elle se sentit glisser doucement aux portes du royaume de Tel'aran'rhiod, ne ressentant presque pas le froid du sol alors qu'elle était lovée au plus près du corps de sa Liée.

La nuit s’écoula, majestueuse et sinistre, emportant avec elle les remords et les pleurs. Lorsque l’aube vint lui chatouiller les paupières, Iniaki se leva cette fois-ci le sourire aux lèvres. Non qu’elle ait oublié ses peines de cœur. Mais elle avait réalisé à quel point ceci était dérisoire face à la perfection du lien qui s’accroissait chaque jour entre elle et sa moitié d’âme, et qu’elle ne tenterait maintenant plus de rejeter.




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~
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MessagePosté le: Mer 20 Sep 2017 - 18:08 Revenir en haut

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