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 [RP] Dans la Demeure de l'Aube Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 17:27 Répondre en citantRevenir en haut


Sable Lewë et la Bleue Asra


Zakerielku 918


Après avoir passé sur ses épaules une fine cape couleur myosotis, ourlée de bleu plus sombre, et s’être assurée que Tristan était sur ses talons, Sable mena le nouvel Aspirant le long des corridors des Spires, que l’heure maintenant plus avancée avait emplis d’une foule pressée. En silence, marchant d’un pas tranquille, elle laissa au Neishaan tout le temps de profiter de l’ambiance vive du matin, ainsi que de l’architecture particulière. Sous ses pieds, les dalles de marbre crème n’avaient pas changé depuis des décennies qu’elle les foulait doucement, pourtant, la Sang-Mêlé ne pouvait pas empêcher les battements de son cœur d’accélérer la cadence. Elle ne savait pas toujours si cela était dû à sa timidité naturelle, ou au caractère éphémère de l’effervescence. Les souvenirs se mélangeaient, souvent, et, dès que l’écho de ces rires heureux et insouciants résonnait en elle, il éveillait une mémoire meurtrie, où son propre bonheur, lui aussi, avait dévalé les marches d’ivoire pour aller se perdre dans chaque rue, dans chaque mur veiné d’or. Du bout des doigts, Sable effleurait les incrustations scintillantes, la vue troublée. En pleine nuit, bien des fois auparavant, durant les terribles années qui avaient succédé à la guerre, la Chevalière d’alors avait pratiqué sa magie au milieu des couloirs déserts, pour observer à nouveau le visage des disparus, pour entendre leur voix si chère à son cœur. Il avait fallu que cela cesse, évidemment, avant qu’elle ne devienne à son tour rien de plus qu’une ombre perdue dans les méandres du temps.

Une fois arrivés aux étages inférieurs, la Maîtresse Bleue informa distraitement Tristan que les appartements des Aspirants se trouvaient ici. À ce moment de la journée, tous se pressaient pour rejoindre leur Triade ou les Archives, qui un tas de parchemins en équilibre précaire dans les mains, qui achevant d’enfiler son manteau ou de lacer ses bottes, qui, encore, répétant dans un murmure indéchiffrable le contenu de telle ou telle leçon. L’Intendance ne tarderait plus à trouver une chambre pour le Neishaan, mais, en attendant, ils avaient tout à fait le temps de continuer leur promenade. Il y avait quelques lieux que l’Aspirant se devait de connaître et de pouvoir situer, avant de véritablement débuter son apprentissage. Sable n’était pas spécialement occupée, mais elle privilégiait le travail personnel, se contenterait sûrement d’aiguillonner le jeune homme s’il le fallait, le laissant choisir, en-dehors de quelques notions essentielles, vers quoi tourner son intérêt et ce qui lui paraissait le plus important. La Maîtresse Lewë ne formait que des esprits libres. La Sang-Mêlé fit signe à son élève de ne pas trop s’attarder, et, quelques mètres plus loin, ils débouchaient à l’air libre.

La température était résolument fraîche, annonciatrice des frimas à venir, et les vents, à cette altitude, apportaient l’odeur si particulière de la neige. D’une main, Sable ajusta le fermoir argenté de sa cape. Elle ne craignait pas le froid, mais son Sang-Mêlé l’avait dotée d’une gorge et de poumons fragiles. Elle offrit un fin sourire à Tristan, par-dessus son épaule, et ils se trouvèrent tous deux momentanément plongés dans l’ombre passagère d’une Dragonne Bleue, une bourrasque venant faire claquer les pans de leurs habits. La Maîtresse leva le visage juste à temps pour voir un éclair plus sombre que l’azur du ciel disparaître derrière les toits. Asra. La Liée de Sable avait des comportements qu’il était inutile de chercher à expliquer. Le chemin vers la Grand’Place se poursuivit dans un calme feutré, uniquement perturbé par les bruits lointains des échoppes en plein air, le gazouillis de quelques oiseaux dissimulés dans les haies, et le froissement du tissu. Sable avait toujours aimé les semaines précédant l’hiver – ces quelques précieuses secondes avant l’endormissement, quand la respiration se fait plus ample et que l’esprit glisse doucement vers l’inconscience.

Plus rien ne subsistait, sur la Grand’Place, qui aurait pu témoigner de l’attaque sinistre de l’Ombremage, quelques lunes plus tôt. Tout le Kaerl avait œuvré à la reconstruction, et seules les blessures du cœur et de l’âme peinaient à être pansées. Sable ne parvenait pas vraiment à s’en émouvoir – les siennes ne guériraient sans doute jamais, et il s’était passé une décennie depuis la Grande Guerre. Le marché s’installait entre les arbres aux branches dénudées, et les étals se succédaient, allant des légumes de saison aux poissons d’eau douce, des fourrures en vrac aux sacs de farine. Des groupes d’enfants couraient autour des adultes en poussant des cris, imitant les braves Chevaliers du Màr, mais n’ayant pour toute monture que des bouts de bois – ou des balais, dont les véritables propriétaires agitaient vainement les bras dans l’espoir de pouvoir retourner nettoyer devant leur boutique. Les Dragons, eux, étaient occupés à bâiller largement, les écailles chauffées par les rayons encore timides de Solyae. À grand renforts de sourires contrits, la Sang-Mêlé éloignait les vendeurs ambulants. Elle fit preuve de moins de détermination quand quelques bambins, ayant finalement remarqué sa présence, vinrent s’accrocher à ses jupes, leur enthousiasme clairement visible – et audible. Un rire léger secoua sa poitrine et elle se baissa pour ébouriffer leurs cheveux et embrasser leurs joues, en soulevant certains pour les serrer contre elle. Tous lui racontaient leurs dernières aventures, en un chœur qui évolua rapidement en véritable cacophonie ; certains cherchaient Asra ; d’autres réclamaient une histoire, comme elle savait si bien les raconter ; d’autres s’amassaient autour de Tristan, l’observant avec curiosité. Sable leur promit qu’elle leur ferait la lecture, plus tard, et ils s’égaillèrent dans la foule.

Une certaine amertume dans son regard autrement éclairci par une joie sincère, la Maîtresse Bleue se tourna vers son Aspirant, resté en retrait. Elle n’officiait plus dans les Maisons de l’Aube, mais avait conservé son goût pour la compagnie des jeunes enfants.

« Vous ne manquerez de rien. » déclara-t-elle en désignant les alentours. « Je vous donnerai de quoi vous payer le nécessaire, mais n’hésitez pas à vous renseigner. Certains emploient des Aspirants, en échange d’un petit salaire. »

Se frayant un chemin à travers le marché, Sable et Tristan se retrouvèrent finalement face au bâtiment qui abritait, entre autres, la Haute Salle. Elle prit un instant pour en contempler l’entrée, les yeux plissés face à l’éclat de l’aube contre le marbre, et s’engouffra sans plus attendre à l’intérieur. Ici, le silence était à nouveau de mise – ou plutôt, le bruit de nombreuses bottes hâtives qui se répercutait à l’infini dans le Grand Hall. La lumière, filtrée par les vitraux de la coupole, traversait la pièce en rayons multicolores.

« Voici l’épicentre de notre Màr. Vous y trouverez l’accès aux Archives, dont je vous ai parlées... » La Sang-Mêlé désigna le couloir le plus emprunté, sur la droite. « … Sur votre gauche, vous pouvez vous rendre à l’Amphithéâtre, où notre Ordre organise parfois des débats. Les escaliers juste en face mènent à la Haute Salle. »

Longeant les colonnes, dont le scintillement discret se dissipait rapidement après son passage, la Sang-Mêlé se dirigea vers les degrés de pierre. Le souffle retenu par un sentiment incertain de solennité, elle gravit les marches, tâchant de ne pas se prendre les pieds dans les voiles de sa robe. L’escalier, après s’être séparé en deux, se rejoignait pour déboucher sur un large couloir, bordé de baies vitrées qui offraient une vue agréable sur le Kaerl – et une chaleur qui l’était tout autant après leur ballade en extérieur. Aussi doucement que possible, Sable poussa les portes de la Haute Salle et, avec un sourire, s’effaça pour laisser pénétrer Tristan en premier, le bras délicatement levé en signe d’invitation.

« Après vous… » souffla-t-elle du bout des lèvres.

À l’intérieur, les tables avaient été délaissées par les retardataires, ou simplement les lève-tard, et il flottait encore dans l’air de vagues effluves de petit-déjeuner. La porte se referma avec un bruit sourd. En contrejour, silhouette découpée dans la toile improbable que créait l’aurore à travers les vitres, et si la lumière ne jouait pas des tours à Sable, se tenait Heryn Amlug, plongée, de toute évidence, dans quelque rêverie éveillée ou réflexion plus amère. Prise de court car elle ne s’attendait pas à trouver là la Dame du Màr, la Maîtresse Bleue se raidit instinctivement. Elle ne faisait cas ni des conventions ni de l’étiquette, mais ternir sa réputation, même si elle ne s’en préoccupait pas, ne faisait pas partie de ses priorités. Elle posa une main délicate sur l’épaule de son Aspirant, puis, jugeant préférable de ne pas plus troubler la Dame Dorée, elle laissa échapper à mi-voix :

« La Haute Salle. »



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 17:27 Revenir en haut

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Heryn Amlug
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MessagePosté le: Sam 30 Sep 2017 - 15:54 Répondre en citantRevenir en haut



Dans la Haute Salle baignée par la chaude lumière du matin, la petite silhouette de la Dame du Kaerl faisait songeusement face aux larges baies vitrées, le regard perdu dans la végétation du Jardin d'Hiver en contrebas. Un silence contemplatif régnait sur les lieux, à peine troublé par le son léger de sa respiration. Nulle autre âme qui vive qu'elle, alentours. Elle était seule avec ses pensées, et ce fait lui paraissait étrange en lui-même. Depuis son retour au Màr Menel, en Flarmyaku, elle avait eu bien peu d'occasions de se retrouver en tête à tête avec elle-même. Le poids des responsabilités, des devoirs administratifs et politiques, les soupçons qui avaient pesé sur elle l'en avait empêchée. Elle avait toujours eu au moins Kieran à ses côtés, ou encore sa Liée, Rintrah, pour veiller sur elle. Mais là, son aimé était sur les terrains d’entraînement pour y chercher un exutoire à sa colère, et la Dorée somnolait au Valarëa, mussée tout contre Seldryn, veillant sur lui dans une attitude de possessivité provocatrice destinée aux autres Reines, que le Bronze acceptait de bonne grâce. Cette solitude l'emplissait d'un sentiment étrange, pas de regret, mais comme une certaine forme de mélancolie indéfinissable et enveloppante, comme si le lent écoulement du temps s'était arrêté. Et les événements de la matinée n'y étaient pas totalement étrangers ...

***

Un peu plus tôt …



Ambroise de Leysse _&_ Kieran de Galastden
Second et Seigneur Consort
du Màr Menel


Dans la petite salle de réunion attenante à l'Amphithéâtre, debout devant la table ouvragée représentant le continent Tol Orëanéen, Heryn avait suivi du regard Kieran tandis qu'il raccompagnait Siegrain à la porte, notant ses iris d'émeraude brillants d'émotion contenue alors que les deux hommes se serraient l'avant-bras. Ami d'enfance de son époux, le jeune Amberle s'était révélé de ceux qui accordaient peu d'importance à l'opinion des autres, apportant ainsi un soutient discret mais inébranlable à Kieran, depuis leur retour dramatique au Kaerl et ce que le sang-mêlé qualifiait, avec un humour chargé de dérision, ''son inattendue résurrection''. Et il avait ainsi accepté, sans hésitation aucune, au terme de longues explications, de leur servir d'intermédiaire et d'informateur officieux sur un sujet très délicat ...
Lors de leurs retrouvailles mouvementées avec un Peddyr Thelrand vieilli et quasi méconnaissable, un peu plus d'une lune auparavant, elle avait pu sentir que la trahison, puis la disparition de son frère, Zackheim, provoquait encore chez son aimé une vive blessure, loin d'être cicatrisée. Les questions sans réponse le hantaient, le poussant à de douloureuses spéculations, d'autant plus que l'opportunité d'obtenir un jour des explications avait, selon toute apparence, irrémédiablement disparu.

La jeune Dame s'était alors promis d'agir pour remédier à cette inextricable situation, et avait approché Siegrain dans cette optique. Si Zackheim était encore en vie, quelque part, sur Tol Orëa, il devait être possible de retrouver ses traces, d'une manière ou d'une autre. Persée Garaldhorf, quant à elle, destituée de son titre d'Ancalikon, avait préféré emprunter la voie de l'exil, et était à ce jour tout aussi introuvable que ''l'Usurpateur'', emportant avec elle les précieuses lumières qu'elle aurait pu jeter sur toute cette affaire. Enfin, il était également indispensable de mettre au jour l'identité réelle du potentiel assassin, qu'il ait ou non mené à bien son projet de prendre la vie de Zackheim. Elle ne se voilait pas pour autant la face : sa rancune envers le jeune Galastden était encore cuisante. Mais elle agissait ainsi avant tout pour le bien de son Kaerl … Et pour apaiser le cœur de l'homme dont elle s'était éprise, contre vents et marées. Quelles que soit les erreurs aveugles qu'il avait pu commettre par le passé – et dont il était loin de lui avoir livré tous les secrets – il méritait de connaître la paix. Quant au Màr Menel, l'Ombremage et son influence néfaste étant définitivement bannis, Heryn aspirait toujours à en expurger toute tache, toute trace de contamination … Pour que la paix puisse régner sur la Terre de l'Aube, il était nécessaire avant tout de pouvoir l'assurer au sein même de la citadelle céleste.

Silencieux et l'expression sombre, Kieran était revenu à ses côtés, et, presque hésitant, l'avait alors attirée dans ses bras pour l'enlacer, dans une quête de réconfort à demi formulée. Répondant à son étreinte avec douceur, dressée sur la pointe des pieds, la Fëalocë avait noué ses bras autour de son cou, pour joindre ses lèvres aux siennes dans un baiser aimant et attentionné. Puis, ses joues s'empourprant délicatement, comme souvent à son contact, elle avait simplement reposé sa tête contre son torse, attentive aux battements orageux du cœur de son époux. Par son Empathie, elle percevait les émotions tumultueuses qui l'agitaient et le torturaient. Que pouvait-elle lui dire qu'elle n'ait déjà formulé ? Frustrée de ne pas trouver les mots, elle s'était mordu la lèvre inférieure, se contentant de laisser son souffle caresser sa joue, et ses bras enserrer sa taille. Elle pouvait au moins lui apporter cela, la chaleur de son contact, son soutient muet dans l'adversité.

C'est ainsi qu'Ambroise les avait trouvés, l'un dans les bras de l'autre, brisant par sa simple présence le peu de paix qui s'était finalement installée dans leurs cœurs. L'intonation froide bien que chargée d'une pointe imperceptible d'ironie, bras croisés dans une attitude fermée, il avait laissé courir son regard sur eux d'un air exagérément embarrassé.

« Navré de vous interrompre dans ce moment d'intimité, mais il me semblait que nous avions rendez-vous ensemble, Heryn. Des affaires de la plus haute importance requièrent votre attention ... »

Et ce disant, il avait lancé un coup d'oeil appuyé et lourd de sous-entendus sur Kieran. Rougissante comme une adolescente prise en faute, elle s'était écartée – bien qu'à regret – du jeune Humain pour s'incliner légèrement, mais respectueusement, en direction de son Second.

« Seigneur de Leysse, veuillez accepter mes excuses, il semblerait que j'ai perdu le fil du temps. »

Puis, elle avait adressé un bref signe de tête à Kieran, qui, sur des salutations sèches bien que polies à l'adresse d'Ambroise, avait raisonnablement entreprit de se diriger vers la sortie. L'intention du Second était claire : les affaires qu'il souhaitait traiter ne concernaient que lui et la Dame du Kaerl. Car le titre de consort, n'avait, aux yeux d'Ambroise, qu'une valeur strictement honorifique. La relation entre les deux hommes, qui s'étaient partagés pendant des années l'attention du même mentor, le redoutable Ehsan de Galastden, était loin d'être optimale, empreinte de rivalité, voire d'amertume. Malheureusement, s'ils s'étaient jusque là plus ou moins tolérés, même de mauvaise grâce, il était apparemment dit que ce jour devrait voir le point culminant de leur antagonisme. Car soudain, réagissant à des paroles inaudibles pour elle – dont elle n'avait perçu que le silencieux mouvement des lèvres du demi-sang – mais que Kieran avait, lui, parfaitement entendu, son amant avait fait brusquement volte-face pour abattre son poing serré sur l'autre homme.

''Gentille petite rousse à la cervelle de linotte […] ex-vierge froide.'' (*)


Mais l'un et l'autre ne s'étaient pas entraînés ensemble pendant des années sans conséquence : Ambroise avait réagi avec une souplesse fulgurante, esquivant le coup pour s'emparer, dans le même mouvement, du bras de son époux, le tordant durement en arrière, et poussant Kieran à tomber à genoux pour atténuer la douleur. Son beau visage ciselé par une vertueuse colère, la respiration saccadée, l'Humain n'avait pu que serrer les dents, impuissant et humilié, face à l'affront qui lui était fait par celui qui, autrefois comme maintenant, lui restait supérieur en force et en rang.

''Plus rien … Déception pour ta famille. Déchu … Aucune valeur. Moins que rien. '' (*)


Chaque mot chuchoté et chargé de mépris s'imprimant durement dans son esprit, comme marqué au fer rouge, le jeune homme n'en avait pas moins relevé la tête avec une fierté désespérée, son expression exprimant désormais une façade de calme glacial, qui était alors apparue à Heryn comme de la plus mauvaise augure. Retrouvant enfin l'usage de la parole, passé le choc ressenti face à un tel déchaînement de violence, la jeune Dame n'avait pu qu'élever fermement la voix à l'adresse des deux hommes, se concentrant pour l'empêcher de trembler :

« Seigneur de Leysse, je vous prierais de bien vouloir relâcher mon époux. Quel que soit le différent qui vous oppose, il n'a pas lieu d'être réglé ici et maintenant. »

Sur un pincement de lèvres trahissant son mécontentement, Ambroise avait relâché Kieran, lequel s'était relevé lentement avant de plonger dans une profonde révérence à son égard. Il lui avait alors adressé ses excuses pour son comportement déshonorant, requérant sa permission pour prendre congé, et l'informant qu'en cas de besoin, elle pourrait le trouver sur les terrains d’entraînement. Sa voix complètement atone, sa mâchoire crispée et son regard fuyant, qu'Heryn avait deviné chargé d'un sentiment de fureur et d'injustice, l'avaient profondément ébranlée. Elle avait eu une conscience aigüe des efforts qu'il avait du produire pour parvenir à se contrôler, et il lui avait été difficile, par la suite, de se concentrer pleinement sur les dossiers à traiter que lui avait présenté son Second, quand, sans cesse, la scène se rejouait dans son esprit.

***


Le front reposant sur la vitre fraîche, ses yeux clos légèrement humides, la jeune femme sentait son cœur se serrer à l'évocation de ces souvenirs. Bien sûr, elle ne saisissait pas complètement ce qui avait poussé son aimé à réagir aussi abruptement, même si elle en devinait obscurément les raisons. Pourquoi ? La déconsidération et la déception d'Ambroise – et de la Maison Galastden – à l'égard de Kieran n'était un secret pour personne. Mais de là à aller si loin ? Non, elle ne parvenait pas à le comprendre, et cela provoquait en elle une douloureuse colère et une vive inquiétude.

Ses réflexions furent un instant troublées par le son sourd des lourds battants de la porte de la Haute Salle qui se refermaient, mais elle n'y prêta pas attention, oublieuse de l'image qu'elle devait donner, silhouette solitaire auréolée de lumière solaire, à contre-jour de la baie vitrée. Ce n'est seulement qu'en entendant des pas légers s'avancer, et une voix féminine s'élever doucement pour nommer les lieux, que la Fëalocë tourna la tête, faisant danser par ce mouvement la pierre de soleil suspendue à son front. Un mince sourire étira ses lèvres, allumant dans ses iris noisettes de petites étincelles de surprise, en constatant la présence d'un jeune Aspirant aux côtés de celle qui devait probablement être sa Maîtresse Dragon : Sable Lewë, liée de la Bleue Asra.
Sans la connaître personnellement, Heryn était à tout le moins capable de la reconnaître de vue, et de savoir à qui elle avait affaire. Pas outre mesure dérangée par la distraction apportée à ses pensées tourmentées, interruption qui se révélait finalement bienvenue bien qu'inattendue, elle fit face aux deux nouveaux arrivants. Ainsi la sang-mêlée, après une longue période d'introspection et de repli sur soi, avait-elle enfin accepté de prendre un nouvel Aspirant dans sa Triade. La Fëalocë en était heureuse, et ce d'autant plus que les jeunes Doués ramenés des continents extérieurs s'étaient fait rares ces dernières lunes, beaucoup des Maîtres et Chevaliers du Màr Menel ayant été occupés par la reconstruction du Kaerl.

Leur adressant un sourire chaleureux et rassurant, masquant la tristesse mélancolique dont elle avait été la proie encore quelques instants auparavant, elle se porta à leur rencontre, le son de ses bottes de cuir frappant le sol de marbre, éveillant des échos oubliés sous le haut plafond. Elle prit quelques instants pour étudier ses deux vis à vis, à travers le prisme de sa vision, comme de celui de son Empathie. De la demi-sang ne filtraient que peu de choses, respect à son égard et révérence contenue envers la solennité des lieux. La Dame commença donc par incliner respectueusement la tête en direction de la Maîtresse Dragon, la saluant par quelques mots bienveillants :

« Maîtresse Lewë, je me réjouis de vous voir sortir de votre retraite. »

Quant au garçon, dont l'abondante chevelure rousse tranchait nettement avec son teint pâle - trop pour un pur Fëalocë, indiquant par là un probable sang-mêlé - bien qu'un peu désorienté, il paraissait agréablement confondu par la beauté des lieux. Etait-ce le jeune Aspirant récupéré par Ciryandil en la lointaine cité d'Ablah, dans les montagnes enneigées du nord de Vaendark ? Obéissant à une soudaine impulsion, le souvenir brumeux lui revenant en mémoire des premiers jours au Kaerl d'une jeune fille du désert un peu sauvage, elle s'empara d'une main du jeune garçon, la serrant doucement entre les siennes. Une étreinte ferme, retenue et absolument pas impérative, dont il pourrait se dégager sans gêne s'il le souhaitait. Flottant autour du visage fin de la jeune femme, des mèches folles aux flamboyants reflets cuivrés, échappées de son chignon, ondulèrent paresseusement, tandis qu'elle inclinait la tête avec douceur, concluant ses salutations.

« Je vous souhaite la bienvenue au Màr Menel, Aspirant, au cœur de ce qui, à vos yeux, deviendra bientôt, je l'espère, votre nouveau foyer. Je suis Heryn Amlug, Liée de la Dorée Rintrah et Dame de ce Kaerl. »

Il y avait de la ferveur et de l'espoir dans sa voix lorsqu'elle prononça ces mots, et elle le pensait réellement. Elle avait eu la chance d'avoir été merveilleusement bien accueillie et intégrée lors de son arrivée au Màr Menel, des années auparavant … Et elle estimait important de pouvoir offrir une telle chance à tous ceux qui découvraient, un peu perdus, comme elle en son temps, le Kaerl et ses habitants.


Petite explication de texte sur les paroles d'Ambroise :
- Tout d'abord, "la gentille petite rousse à tête de linotte" fait directement référence au RP des Noces Pourpres, et plus exactement à la prétendue lettre qui aurait été écrite par Kieran, et aurait motivé son assassinat par Heryn. En réalité, c'était une fausse preuve produite par Zackheim pour appuyer la crédibilité de sa machination politique. C'est donc finalement un troll plus destiné à faire volontairement enrager Kieran que réellement à insulter Heryn ... Car même si Ambroise la considère comme une faible femme et un peu trop naïve, son mépris à l'encontre de Kieran est bien plus important ^^.
- Ensuite, Ambroise rappelle à Kieran que, destitué du haut rang qu'il occupait par le passé, il n'est à ce jour effectivement "plus rien" (de par son mariage avec une Dalneÿs et les évènements qui ont suivi), mis à part une déception pour les gens de sa Maison. Il appuie sur le fait que son titre n'a aucune valeur réelle, et qu'il ne doit son rang qu'au fait que Heryn ne l'ait pas répudié. C'est la jalousie et l'amertume qui motivent ses paroles, parce qu'Ambroise se considère un bien plus digne de la Maison Galastden que Kieran, qui a pourtant toujours eu l'attention de leur mentor, Ehsan ...




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --
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Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

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MessagePosté le: Sam 14 Oct 2017 - 21:59 Répondre en citantRevenir en haut

Tristan s'était fait ombre silencieuse dans les pas de Sable Lewë, discret fantôme attaché à sa personne, écoutant chaque mot et chaque bruissement, observant chaque couleur et chaque étincelle, mais restant comme privé de substance et incapable d'action dans ce nouvel environnement. La population qui, désormais, allait et venait en tous sens à ses yeux, lui qui était habitué à n'assister principalement qu'à des déplacements feutrés de très petits groupes, ne l'incitait pas à la détente. La veille au soir, le kaerl céleste lui était apparu comme une forteresse presque désertée, un noble squelette pâle et figé, où la vie se faisait rare. Mais le réveil de Solyae avait manifestement donné un coup de pied dans la fourmilière, en faisant sortir tous les habitants, et les conduisant à s'agiter en tous sens, de manière incompréhensible pour celui qui n'était pas encore des leurs.
Le rythme modéré de la semi-elfe, ainsi que son attitude muette, lui convenaient donc parfaitement : un pas plus vif, et il aurait craint de la perdre dans la foule au détour d'un couloir. Trop de paroles, et il aurait eu du mal à prêter suffisamment d'attention à tout ce qui l'entourait. Chacun respectant les pensées personnelles dans lesquelles l'autre se perdait, et qui se seraient avérées de nature bien différentes s'ils avaient tenté de les comparer, ils cheminèrent donc ainsi, l'une regrettant le passé, tandis que l'autre s'inquiétait de l'avenir. Tristan ne parvenait pas à s'habituer à la riche beauté de chaque escalier, chaque passage même le plus modeste en dimensions, et cet éblouissement constant contribuait à le maintenir dans un état presque second. Il n'y avait bien que la sorcellerie des Valherus qui pouvait expliquer une telle perfection des formes…
Plus bas, la voix de la Liée d'Asra le sortit de sa contemplation méditative, ravivant son intérêt en lui indiquant la zone où se trouverait son lieu de vie. Mais là aussi, le flot de jeunes gens s'activant vers quelque but inconnu suscitait chez lui un sentiment cousin de la panique, quoiqu'à une moindre puissance, et il n'eut aucun mal à acquiescer à l'exhortation de Sable de ne pas traîner en ces lieux, pour retrouver avec soulagement un espace moins peuplé où son malaise se calma.

Bien emmitouflé dans les vêtements épais qu'il portait au long des couloirs peu réchauffés d'Ablah, la cité des neiges éternelles, le jeune neishaan ne fut pas choqué par la fraîcheur extérieure. Il sursauta cependant au passage de l'immense corbeau sombre aux reflets bleutés, totalement pris de court par ce survol, et supposant tardivement que ce démon ailé sortant à l'instant de sa boîte devait n'être qu'Asra. Au moins, c'était le signe qu'elle les suivait un peu, qu'elle s'intéressait à eux, d'une manière ou d'une autre… Il rajusta brièvement ses vêtements remués par ce vent draconien, et puisque la Maîtresse ne jugea pas bon de commenter l'apparition, il se contenta de continuer à la suivre, les yeux et les oreilles toujours grands ouverts.
Après un bref répit, le marché les plongea de nouveau dans un univers grouillant de vie, prolongeant la torture de celui qui, comme l'avait supposé Sable, était plus ermite qu'il ne voulait bien l'avouer. Trop de mouvement, de couleurs, de senteurs et de bruit, tout cela lui faisait presque tourner la tête, et il se concentra sur sa guide dans l'espoir de ne pas se laisser submerger. Ces marées sensorielles agressaient son être non familiarisé à de telles ambiances, et en même temps, une part de lui-même s'émerveillait. Spectateur détaché de la scène, comme désincarné au milieu des bipèdes de chair et de sang, il réalisait que c'était cela, la vraie vie. C'était comme le racontaient les livres, mais en plus vif et plus puissant, et c'était la réalité, le quotidien, même, pour tous ceux qui allaient et venaient sous ses yeux, en babillant les uns à l'intention des autres. Un quotidien qui, pourtant, ne lui semblait pas accessible à lui : il pressentait que cela ne lui suffirait pas, qu'il aspirerait toujours à davantage que ces moments simples, et pourtant vrais, tels que ceux dont il était actuellement le témoin.

Il ne repéra pas immédiatement le groupe d'enfants, car son œil s'était fixé sur les grands reptiles se prélassant comme leurs terrestres cousins sous les rayons du soleil. Aramanth et Asra lui avaient déjà semblé immenses et merveilleux, mais il découvrait que plus d'un de leurs congénères les dépassait largement en taille. Et les couleurs, toute une palette végétale, des verts tendres jusqu'aux bruns les plus sombres, avec quelques éclats plus luisants de ce qu'il ignorait encore être un grand bronze paressant là… époustouflé par ce spectacle, il en fut dérangé par une tension insistante dans le bas de sa cape, et découvrit en baissant les yeux qu'il s'agissait d'un garnement en train de tirer dessus, probablement pour attirer son attention. Relâchant enfin le souffle qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir retenu alors qu'il s'éblouissait aux écailles des dragons, il reprit brusquement le contact avec ce qui l'entourait, alors que sa contemplation avait comme coupé toute autre perception.
Le joyeux vacarme le fit frémir, et il resta là, bras ballants, se gardant bien d'approcher Sable qui se trouvait encerclée par une troupe de marmots braillards. Ils se disputaient presque son attention, tels des prédateurs rivalisant entre eux pour savoir lequel prendrait finalement la meilleure part de l'insecte pris dans leur toile… Pourtant, elle en semblait heureuse, et la mémoire de l'aspirant fit rejouer le son de sa voix, alors qu'elle lui avait expliqué qu'elle s'occupait auparavant de jeunes orphelins. Elle était donc dans son élément… alors que lui ignorait totalement comment se comporter face à ces petits bipèdes qui semblaient réclamer chacun une chose différente. Mais elle leur distribuait, patiemment, ce dont chacun avait besoin, comme le sortant d'un chaudron d'abondance inépuisable : qui un mot gentil, qui un petit câlin, pour tel autre un simple bisou.
Puis, par un tour de passe-passe dont il ne saisit pas bien les composantes, le groupe se dispersa au loin, les laissant de nouveau en duo, pour le soulagement du plus jeune. De nouveau, il acquiesça en silence, retenant l'information sans pourtant lui accorder une attention prioritaire. S'il avait le nécessaire, pourquoi chercherait-il à obtenir davantage d'argent ? Et d'autre part, quel genre de services pourrait-il proposer, alors qu'il ne savait quasiment rien faire de ses mains ? De toute manière, il estimait avoir suffisamment à assimiler et à s'habituer pour le moment, sans ajouter un élément supplémentaire, surtout si celui-ci ne lui paraissait pas des plus utiles.

Leur but se dessina peu après devant eux, imposant et majestueux. Le natif d'Ablah fit de son mieux pour ne pas ouvrir la bouche d'un air béat, cependant, ses yeux écarquillés trahissaient combien la construction l'impressionnait. Mais déjà, Sable entrait. Avec l'impression de profaner un sanctuaire trop délicat pour accepter sa présence, il mit ses pas dans ceux de la semi-ondine, et son expression ne fit que se renforcer alors qu'il découvrait les ornements de l'intérieur. L'ambiance était proprement ahurissante, il lui semblait se trouver à l'intérieur d'un cristal, où sons et lumières se reflétaient merveilleusement. Il eut du mal à saisir le sens des explications de la Maîtresse Bleue, collant tout de même mentalement le mot Archives à l'un des côtés, et Amphithéâtre, avec un certain flou qui persistait quant à son utilité, à l'autre.
Au milieu, une volée de marches semblait conduire au saint des saints, et c'est très conscient de sa petitesse que Tristan s'y engagea aux côtés de sa référente. Il serait bien resté à observer le kaerl, là, en-dessous, dans cette position de l'observateur invisible qu'il appréciait, mais il n'eut que le temps de repousser les pans de sa cape en arrière sous la tiédeur des lieux, et déjà, les grandes portes étaient ouvertes. Puisqu'il semblait qu'il doive s'engager le premier à l'intérieur, il fit les pas prudents de celui qui ignore où il pénètre, ainsi que s'il en a véritablement le droit. Oh, la dame Lewë ne l'y aurait pas conduit si tel n'avait pas été le cas, il en était persuadé, mais l'ambiance des lieux ne lui semblait pas correspondre à la présence d'un ridicule neishaan à peine débarqué sur l'île volante.
Pourtant, son nez lui rapporta qu'on avait pris son repas ici, il devait donc y avoir un rien de vie ordinaire en cette salle qui, elle, ne l'était absolument pas. A l'inverse, la vision d'une silhouette solitaire, toute nimbée de la lumière d'un jeune Solyae qui déposait des éclats dorés dans sa chevelure, ne fit que renforcer chez l'intrus l'idée qu'il violait quelque terrible interdit. Les portes claquèrent dans un son définitif qui lui apparut comme un sinistre présage, et il sursauta lorsque Sable le retint d'un geste pourtant léger.
Il aurait préféré tourner immédiatement les talons, plutôt que de devoir rester là à rouler des yeux en quête d'un échappatoire, tel un animal pris au piège. La voix de sa tutrice lui sembla résonner bien trop dans la grande pièce vide, et il se raidit tout à fait. Qu'allait-il se passer, maintenant qu'ils avaient pénétré en ce lieu qui n'étaient pas pour eux, troublé le doux silence qui y régnait juste avant, et dérangé l'occupante qui, en cet instant, ressemblait à l'idée qu'on se faisait des Valherus, plus qu'à une simple bipède ? Ignorant que cette impression se reposait sur quelque chose de bien plus réel que ce qu'il pouvait imaginer, Tristan attendit, le souffle court, que tombe leur châtiment.

En quittant son poste auprès de la verrière, l'habitante des lieux sembla soudain bien plus réelle, et plus ordinaire, malgré la couronne de lumière qui continuait à orner le sommet de sa tête. Incapable de se mouvoir, il la vit s'approcher, l'air avenant, et jeta un regard égaré à sa voisine. Que devait-il faire, étaient-ils réellement les bienvenus en ce lieu de pouvoir, contre toute attente ? Comment était-il censé réagir face à celle qui, alors qu'il la discernait mieux, partageait manifestement avec lui le sang d'une race qu'il n'estimait guère ? Et puis, si elle se trouvait là, et à l'évidence, comme chez elle, il ne s'agissait sans doute pas de n'importe qui : quelles étaient les marques de politesse en usage au sein du Mar Menel ? Les puissants ne toléraient généralement que peu de ne pas être traités avec le respect que l'habitude, pour le moins, leur manifestait : devait-il s'incliner, s'agenouiller, baisser la tête ou faire quelque geste inconnu ?
Il se raidit sous l'examen, toujours anxieux de ce qui allait suivre, et décida en dernier recours de simplement imiter Sable. Laquelle se trouva première ciblée. L'amabilité des mots l'incita à se détendre, mais ne suffit pas à lui faire quitter sa réserve. Et lorsque l'inconnue se tourna vers lui, lui prenant la main, il dut faire appel à toute sa maîtrise de lui-même pour ne pas reculer brusquement. Pourtant, le contact était délicat, et les paroles, bienveillantes. Il réalisa qu'il s'était mépris, qu'il n'avait rien à craindre. D'ailleurs, la rousse irradiait une obligeance sincère, et il se sentit stupide d'avoir cru qu'il courait un danger en ces parages et cette compagnie.
La dame du Kaerl ? Ce devait sans doute être l'épouse du dirigeant, ce qui expliquait sa présence dans ces hauts lieux du pouvoir. Tristan souhaita vivement, mais sans y croire vraiment, que ses angoisses précédentes ne se soient pas trop remarquées, et ramena à lui sa main dès qu'elle eut terminé, le visage rougissant déjà de son erreur. Autant dans une maladroite tentative de le dissimuler, que pour affirmer son respect envers cette personne haut placée, il s'inclina.
« Je vous remercie, Dame Amulg, pour… pour cet accueil chaleureux. Je suis très honoré de vous rencontrer aussi rapidement. Je me nomme Tristan… à votre service. »
Il doutait de pouvoir être d'une quelconque utilité dans l'immédiat, mais cela lui avait semblé être la chose à dire. Pour le reste, il préféra ne pas s'étendre en détails, pour ne pas gaspiller un temps sans doute précieux pour la Fëalocë. Si questions il y avait, elles seraient sans doute posées, ou alors, Sable saurait lui indiquer ce qu'il convenait d'ajouter.



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