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 [RP] Choc et tremblements Sujet suivant
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Alwin Ingialdr
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MessagePosté le: Ven 15 Sep 2017 - 21:52 Répondre en citantRevenir en haut

Isashaniku 919


*Mais quelle fiente de Lézard de feu celle là ! Ah elle va m'entendre !*

Cela faisait une trentaine de minutes que j'errais au hasard des ruelles de Lòmëanor, ruminant intérieurement tout l'agacement que je ressentais actuellement pour Ansehelm. Cette dernière m'avait abandonné au milieu de cette ville inconnue, prétextant quelque obscure affaire à régler et me laissant le soin de faire toutes ses emplettes. Sans bien entendu m'indiquer où je pouvais acheter ce qu'elle désirait, non, à peine avais-je eut le temps d'esquisser cette question qu'elle avait déjà disparu. Drapé dans mon épaisse cape noire, c'est à peine si je ressentais le froid tant l'Hiver d'ici n'était qu'une brise légère à côté du climat du Vaendark, mais je n'étais tout de même guère ravi de cette expédition.

*Plus que son Aspirant, je suis son serviteur.*
constatais-je avec amertume, tout en me demandant s'il existait réellement une distinction de principe entre ces deux termes dans un quelconque Kaerl. S'il y en avait un, cela devait sûrement être le Màr Menel. Le peu que j'avais entendu concernant cet Ordre draconique m'avait filé une sérieuse envie de rire. Un endroit emplit de personnes crédules et pleines de bonnes intentions, n'était-ce pas le lieu parfait pour s'amuser un peu ? Mais je n'avais encore pas réellement rencontré de Célestes, aussi restais-je sur mes gardes : j'étais bien placé pour savoir que l'apparence ne signifiait strictement rien. Il y avait donc fort à parier que les membres de l'Ordre de lumière étaient bien moins angéliques que ne voulaient me le faire croire mes ardents condisciples, trop occupés à admirer leur illusoire "cruauté" pour s'imaginer qu'il ne puisse en exister ailleurs. J'avais été déçu en découvrant les autres Aspirants du Màr Tàralöm, quatre mois plus tôt, car je m'étais imaginé qu'ils seraient de compagnie plus intéressante que de jeunes vauriens du Vaendark. Las, ils étaient tout aussi stupides et même beaucoup plus agaçants car ils étaient nombreux à être dotés d'un égo si surdimensionné qu'on se demanderait par quel miracle leurs bottes leur saillent encore. Et au milieu de tout ces idiots, il y avait Ewen, avec qui je partageais mon Maître. Il avait jusqu'ici survécu, ce qui m'étonnait fort. J'avais en effet parié sur un décès accidentel dès les premiers entraînements, tant ce garçon semblait fragile et maladroit. A mon grand étonnement, il s'était révélé plus doué que je ne l'avais escompté. Pas au point que je n'aies plus de honte à me rappeler qu'il soit mon frère cependant.

Je jetais un coup exaspéré à la liste griffonnée de la main de l'Elfe brune. *Du Chervis ? Elle veut se faire une soupe ou quoi ?*

Par chance, je repérais assez rapidement où trouver la plante et l'enfournais dans le vaste sac marron que m'avais légué Ansehelm. Il ne me manquait plus que de les baies Belladone, et j'en aurais fini avec cette perte de temps. Malheureusement, impossible de mettre la main dessus ! Ce n'était pourtant largement pas la plus rare des choses de cette liste : j'avais facilement trouvé des ingrédients que l'on ne trouvait normalement qu'au Printemps. Perplexe, je repris la rue en sens inverse, laissant mon regard vagabonder sur les vitrines en quête des petites baies noires. Soudain, quelque chose de volumineux heurta mes jambes et je me retrouvais affalé à même le sol glacé, mes courses éparpillées partout autour de moi.

"Ouch...
"
grognais-je en massant mon crâne endolori et en levant les yeux pour trouver la cause de ma chute.







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MessagePosté le: Ven 15 Sep 2017 - 21:52 Revenir en haut

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Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Sam 16 Sep 2017 - 18:12 Répondre en citantRevenir en haut

En cette magnifique journée froide, emmitouflée dans son épais manteau du Vaendark qui faisait parti des seules choses qui lui restait de sa vie d’avant, Ottilia se baladait dans les rues de Lomëanor avec Briinah. Le matin même, elles avaient décidé de se rendre à la ville pour visiter et faire quelques boutiques, que ce soit de vêtements, pour des friandises ou quelques babioles. La torhille avait beaucoup économisé depuis son arrivée au kaerl pour pouvoir acheter deux trois choses au cas où durant la saison froide. Bien sûr, ça n’avait pas loupé, elle devait se trouver une nouvelle écharpe car l’autre avait fini déchirée par les griffes de son âme-sœur alors qu’elle était tombée du lit et s’y était raccrochée.

Après quelques minutes d’errance, Ottilia trouva une belle écharpe pas très chère qu’elle acheta sans hésitation. Elle était douce et suffisamment épaisse pour protéger du froid, même si son manteau pouvait largement suffire. La chevalière et sa Liée s’arrêtèrent ensuite devant une petite boutique qui vendaient diverses friandises sucrées ou non. Une odeur sucrée flottait dans l’air, ce qui mit immédiatement l’eau à la bouche à la torhille. Elle regarda ce qu’ils vendaient à s’arrêta sur des petits bonbons au miel et en acheta par pure gourmandise.

Briinah, qui était excitée comme une puce, demanda à sa Liée si elle ne pouvait pas aussi avoir quelque chose. Ottilia s’arrêta chez un marchand qui vendait des saucisses cuites. Elle savait que la dragonne aimait beaucoup la viande cuite, mais elle ne lui avait encore jamais donné de saucisses. La chevalière sauta sur l’occasion et en acheta une qu’elle offrit à la verte qui mangea la saucisse à une vitesse record.

*C’est trop bon ! Je peux en avoir encore ? *
*Une prochaine fois. Mais je suis contente que ça te plaise. Je te donnerais bien un bonbon au miel aussi, mais je ne pense pas que tu mange beaucoup de sucre. *
*C’est mieux les saucisses ! *


Les deux Liées continuèrent leur chemin tranquillement. De temps en temps, Briinah essaya d’aller chez les gens, mais Ottilia l’en empêcha en lui disant un non ferme par la pensée. Elle était d’ailleurs étonnée que la Verte lui obéisse à chaque fois. Puis, la chevalière demanda à sa liée de chercher un endroit ils vendent des vêtement chauds. Briinah partit en courant et quand elle se rendit compte que l’elfe qui se trouvait devant elle ne l’avait pas vue, elle tenta de l’éviter dans un dérapage mal contrôler et finit dans ses jambes. L’elfe tomba sous le regard affolé d’Ottilia qui courut aussi vite qu’elle put pour voir si tout allait bien. L’elfe, qui avait toutes ses affaires étalées au sol, semblait avoir mal à la tête à cause de la chute. La dragonne se redressa et l’observa tandis que la torhille vint l’aider à se relever.

« Est-ce que vous allez bien ? Je suis vraiment désolée. Ma liée à du mal à esquiver les passants quand elle court et je ne vous avait pas vu. J’étais trop occupée à penser. »

Une fois l’elfe remit sur ses pieds, elle ramassa les affaires perdues pour les lui restituer.

« S’il y a quoi que ce soit de cassé, je pourrait vous le racheter… Tant que c’est dans mes moyens, bien sûr. »

Briinah, qui voulait aussi s’excuser, se frotta aux jambes de celui qu’elle avait percuté dans sa course, en grognant affectueusement.





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Alwin Ingialdr
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MessagePosté le: Sam 16 Sep 2017 - 21:21 Répondre en citantRevenir en haut



La cause de ma chute se révéla être une jeune Verte, qui fut rapidement rejointe par sa Liée se répandant en excuses.

*Évidemment que je ne vais pas bien, espèce d'idiote, ta bestiole m'a littéralement roulé dessus.*


"Il n'y a pas de mal"


Je me relevais avec plus de difficulté qu'escompté, me massant douloureusement les tempes. Je n'eus cependant pas le temps de m'appesantir sur cette douleur car déjà la jeune fille se baissait pour ramasser mes courses éparpillées au sol. Par réflexe, je lui attrapais la main avec vigueur puis relâchais rapidement cette emprise, ne lui donnant l'apparence que d'une simple caresse. Heureusement avait-elle jeté son dévolu sur la chose plus innocente du lot. "Ne vous en inquiétez pas, je m'en occupe" lui dis-je avec amabilité tout en dégageant avec douceur le Chervis d'entre ses longs doigts.

Un genou à même le sol de pierre glacial, j'entrepris de ramasser mes possessions avec moins de rapidité que je ne l'aurais souhaité, ceci afin de ne pas attiser la curiosité de l'adolescente. Je gardais le dos ostensiblement tourné vers elle, tentant par mes épaules de réduire un maximum son champ de vision sur l'objet de mon inquiétude. Si je m'étais composé un masque d'apparente tranquillité, j'étais intérieurement en proie à une pointe d'anxiété liée à la simple éventualité d'une punition du cru d'Ansehelm au cas où cette dernière venait à découvrir que j'avais étalé ses macabres commissions aux su et au vu des membres des trois Ordres traînant dans le coin. Pour porter à son comble mon malheur, voilà que mon aconit s'était transformé en bouillie violacée alors que je n'avais plus un sou en poche pour pallier à la catastrophe.
Un sourire amusé, sincère cette fois-ci, réussit cependant à poindre sur mes lèvres lorsque la fille proposa de racheter ce qui avait été endommagé. J'ignorais tout des plans d'Ansehelm, mais il n'était guère impossible que ce poison fut destiné à un membre de l'Ordre même de cette jeune imbécile, ce qui rendait de mon point de vue la situation très cocasse. Malheureusement, il n'était guère envisageable que je lui demande d'aller me racheter une plante excessivement dangereuse.

"Je n'irais tout de même pas demander à une aussi jolie jeune fille de me repayer quoi que soit, enfin !" dis-je en riant et en me redressant finalement, soulagé d'en avoir terminé. C'est alors que l'auteur de tout ce remue-ménage vint se frotter avec affection à mes genoux. Étonné par cette attitude affectueuse, je l'observais longuement, me demandant si cette petite chose deviendrait un jour aussi terrifiante que K’Jenriath. Mon esprit encore sous le choc réalisa enfin une équation élémentaire qui me fit frissonner d'horreur : la jeune fille située en face de moi était très probablement un Chevalier Dragon d'un autre kaerl.

Je relevais la tête et détaillais ses traits fins emprunts d'innocence. A l'instar de sa Liée, elle semblait très jeune, mais à son âge avais-je déjà moi-même largement appris à manipuler le pouvoir mortel des plantes. Pour un connaisseur, il suffisait d'un regard sur mon paquet pour comprendre que je ne désirais pas franchement me faire une soupe. Instinctivement, je portais la main sous les replis de ma cape afin de vérifier que mon couteau était bien en place. Rasséréné par le toucher familier de mon arme, je scrutais furtivement les alentours : rien de ressemblant à un Chevalier Dragon à l'horizon. S'il y avait bien une chose d'immuable, c'était que la tombe était le meilleur endroit pour s'assurer les bouches restent closes. Me débarrasser de la fille aurait de ce fait été la solution que j'aurais probablement choisi s'il n'y avait la Dragonnelle postée à ses côtés: elle serait sûrement capable de lancer l'alerte auprès de ses frères et sœurs et si je m'en prenais à la saurienne en premier, la Chevalière aurait tout le temps de s'enfuir. Il ne me restait donc plus qu'une seule chose à faire...

D'un pas souple, je me rapprochais de la brunette, baissant très légèrement les yeux afin de pouvoir rencontrer son regard gris. Je lui souris et déclarais d'un ton chaleureux :

"Mais si vous tenez tant à vous faire pardonner, je n'aurais rien contre un petit verre d'hydromel..."








Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 13:54 Répondre en citantRevenir en haut

Alors qu’elle ramassait une plante qu’elle n’avait encore jamais vue, Ottilia sentit quelque chose lui prendre la main et lui retirer la plante d’entre ses doigts. C’était l’elfe qui reprenait ses affaires en disant aimablement qu’il allait s’en occuper. La torhille le regarda sans vraiment comprendre pourquoi il refusait son aide alors qu’il avait l’air d’avoir mal à la tête. La chevalière laissa donc l’elfe ramasser ses affaires tranquillement. D’après ce qu’elle avait pu voir en l’aidant, il s’agissait principalement de plantes. Comme elle ne s’intéressait pas vraiment à l’utilisation de végétaux, mis à part pour assaisonner quelques plats comme sa mère aimait le faire, elle croisa les bras et regarda ce qui se trouvait autour d’elle. La ville était peut-animée par rapport à la saison chaude. Les quelques passants ne s’attardaient pas dehors, préférant aller dans les échoppes ou tavernes environnantes. L’elfe se releva une fois toutes ses affaires ramassées et répondit en riant à la proposition d’Ottilia. Mais plus que son rire, ce sont sont ses mots qui firent rougir la jeune torhille.

*Une aussi jolie jeune fille ? C’est bien une première… surtout de la part d’un homme. *
*Pourquoi tu es toute rouge ? *


La chevalière regarda sa liée qui avait coupé court à ses pensées, puisqu’elle avait pensé si fort que tout les dragons alentours auraient pu l’entendre, lui fit un etit signe de la tête et reporta à nouveau son attention vers l’elfe. Pour la première fois depuis l’incident, elle pu mieux le détailler. Des longs cheveux noirs encadraient son visage et une petite cicatrice barrait sa joue. Il avait certainement déjà dû se battre contre des personnes. Pourvu qu’il s’agissait de personnes qui voulaient s’attaquer à lui et qu’il s’était simplement défendu. Briinah, quant à elle, avait peut-être témoigné une certaine gentillesse pour se faire pardonnée, mais retourna vite auprès de sa liée. Certes, aller vers les gens était une de ses activités préférée, mais se frotter à eux en témoignant de l’affection, c’était moins plaisant. La seule à qui elle témoignait une grande affection était sa liée et personne d’autre. La verte s’assit et attendit la suite des événements, se dandinant de droite à gauche.

L’elfe s’approcha ensuite d’Ottilia et planta son regard d’un bleu saisissant dans celui, argenté, de la torhille. Son sourire et son ton chaleureux firent apparaître un sourire timide chez la chevalière, qui ne savait plus vraiment où se mettre. Elle fit un pas en arrière et mit ses mains dans son dos, gênée, sous le regard de son âme-sœur qui ne comprenait pas vraiment la scène qui se jouait devant elle.

« Si ce n’est qu’un verre d’hydromel que vous désirez, il n’y a aucun problème. Il y a une petite taverne à quelques pas d’ici. Je peux vous y emmener si vous voulez. »

Ottilia se tourna et fit signe à l’elfe de la suivre. Briinah se leva et resta près de sa liée en trottinant joyeusement. La torhille entra dans une taverne dont elle ne regarda pas l’enseigne et attendit que l’autre entre à son tour.





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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 16:13 Répondre en citantRevenir en haut

Un petit frémissement de plaisir parcourut mon échine alors que les joues de la jeune fille se paraient de rouge. Tel un chasseur admirant l’étau se resserrer inexorablement autour de sa proie, je regardais avec délectation la Chevalière amorcer sa propre prise au piège. Il était heureux, finalement, que je n'eusse pas à la tuer. Observer le papillon se débattre vainement dans la toile d'araignée était bien plus plaisant que de provoquer sa fin rapide et sans beauté.

"C'est parfait, dans ce cas, allons-y !"


Je m'éloignais doucement d'elle et la suivit à distance respectueuse, laissant mon regard glisser sur les alentours en quête d'une quelconque trace d'Ansehelm. Nul doute que la capricieuse Elfe n'aurait guère apprécié que je parte m'amuser au lieu de revenir platement la servir alors que j'en avais fini. Un sourire étira mes lèvres alors que je songeais à la fureur qui aurait animé mon Maître si elle avait eut vent de tout ceci : j'aimais beaucoup l'agacer en lui faisant sentir que son contrôle sur moi s'effritait de plus en plus au fil des jours. Je devais cependant faire attention à rester très subtil à ce petit jeu, car je n'étais pas sans ignorer que l'Elfe brune n'aurait eut aucun scrupule à mettre en œuvre ma mort accidentelle si je dépassais de trop les limites. Mais j'aimais jouer avec elles, y posant parfois délicatement le pied avant de lui servir un petit sourire délicat afin de mieux reculer.

La jeune fille me dirigea vers une porte de bois vermoulue, surplombée d'une pancarte indiquant l'entrée de l'écaille grise. Je réprimais difficilement une grimace de dégoût en comprenant que c'était là la taverne qu'elle avait souhaité m'indiquer : je n'étais guère un adepte de ce genre d'établissement à l'hygiène douteuse. L'odeur des lieux m'importait peu, mais je ne lésinais jamais sur la propreté. Je passais la porte de l'établissement en pinçant légèrement des lèvres en seul signe de contrariété. Lorsque la Chevalière Verte se retourna vers moi, je lui servis cependant un doux sourire.

"Je ne connaissais pas cet endroit, c'est ... intéressant !"

* Est-ce vraiment une fille pour vouloir fréquenter ce genre d'endroit crasseux ?*


Lorsque le tavernier vint à notre rencontre, je lui commandais une pinte d'hydromel non sans devoir me réfréner pour lui demander de veiller à bien nettoyer la chope. J'enlevais ma lourde cape, dévoilant ma tunique sombre et simple enserrant un peu trop mon corps mince et finement musclé : je ne savais que trop bien que la promiscuité du vêtement sur la chair titillait l'esprit des jeunes filles naïves et écervelées et comptais bien sur le fait que mon petit papillon fasse partie de cette catégorie. Je notais alors un détail intriguant dans l'accoutrement de la jeune fille.

"C'est une étoffe du Vaendark, n'est-ce pas ?" lui demandais-je en désignant sa propre cape.

"Mes parents en sont originaires. J'en oublie les plus élémentaires présentation, excusez mon impolitesse : Je suis Aedan, apprenti apothicaire. Et vous ?"

Ce disant, je laissais mon regard courir doucement sur la jeune Chevalière. Vu de plus près, elle était indéniablement de mon goût et c'était pour le mieux, car je me serait rapidement lassé d'un terne lépidoptère.







Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Dim 17 Sep 2017 - 21:12 Répondre en citantRevenir en haut

L’odeur aigre mélangée à celle de l’alcool qui flottait dans l’air fit grimacer Ottilia lorsqu’elle entra dans la taverne. Finalement, elle aurait peut-être dû trouver une autre taverne. Qu’allait donc penser l’elfe ? C’était simplement pour payer un verre d’hydromel à un parfait inconnu pour s’excuser de la catastrophe qui avait eu lieu dans une rue, mais quand même. Lorsqu’elle se retourna, la chevalière vit l’elfe qui souriait. Il trouvait l’endroit… Intéressant ? Bon sang, comment faisait-il pour ne pas grimacer. La torhille voulut lui demander s’il ne voulait pas plutôt aller ailleurs, mais le tavernier vint à leur rencontre. L’elfe prit son hydromel et Ottilia ne prit rien du tout. Elle se serait bien prit un thé, mais il était bien meilleur au salon de thé du kaerl. Briinah se roula en boule à côté de la chaise de Liée et observait les environs. L’odeur et les personnes qui se trouvaient ici ne lui inspiraient aucune confiance, mais restait silencieuse pour ne pas déranger la chevalière.

Ottilia loucha sur l’elfe qui retirait sa cape et vit qu’il avait un corps plutôt bien bâti. Il était mince et finement musclé, de quoi faire tomber les jeunes filles. La chevalière esquissa un léger sourire en l’imaginant entouré plusieurs de ces filles qui couraient derrière le oindre morceau de muscle. Heureusement, la torhille n’était pas vraiment de ce bord là. Elle préférait de loin les guerriers en armure et les hommes roux. Elle trouvait que la chevelure flamboyante sous les rayons du soleil avait un certain charme. Si les deux conditions pouvaient être réunies, ce serait une merveille, mais le plus important était l’amour sincère. La chevalière voulut imiter l’elfe et enlever son manteau, lorsqu’il lui demanda s’il s’agissait d’un étoffe du Vaendark ainsi que le nom de la jeune fille.

« Hum… Oui, c’est bien du Vaendark. Je suis d’Asinien.» Ottilia s’arrêta un instant pour poser on manteau sur ses jambes et reporta son attention sur Aedan, puisque c’est apparemment ainsi qu’il se nommait. « Ne vous en faites pas pour les présentations. Je suis Ottilia, chevalière du Màr Menel. Ma liée se nomme Briinah. C’est une vraie boule d’énergie. Je suis vraiment désolée qu’elle vous ait renversé dans sa course. »

Aedan disait être un apprenti apothicaire, ce qui expliquait les plantes qu’il avait sur lui. Un apothicaire avec quelques muscles. La torhille doutait qu’il les ait eu en cueillant des plantes.

« Dites-moi, vous vous exercez ? J’ai un peu de mal à imaginer qu’on puisse se muscler en cueillant des plantes ou en préparant des remèdes. » La chevalière sourit, une lueur d’amusement dans ses yeux. « Je dois dire que vous avez du courage. Un jour je suis allée voir à quoi ressemblait le travail d’un guérisseur. Avec le peu que j’ai appris, je doute que ce soit fait pour moi. Je préfère de loin apprendre à me battre avec une grande épée.  Mais je suis curieuse de savoir ce que vous faites exactement avec les plantes. Après tout, un apothicaire n’est pas un guérisseur. »





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MessagePosté le: Jeu 21 Sep 2017 - 20:57 Répondre en citantRevenir en haut




M'assoir et écouter quelqu'un parler ne faisait pas partie des plaisirs de ma vie. Malheureusement, la plupart de mes congénères appréciaient tant le son de leur propre voix que rien ne leur faisait plus plaisir que d'avoir l'impression d'être écouté tandis qu'ils déblatéraient sur leur risible existence. Et pour obtenir quelque chose de quelqu'un, il fallait en avoir les faveurs. J'étais donc souvent dans l'obligation de m'astreindre à faire mine de m'intéresser à leurs histoires nauséabondes, tout en me composant un sourire compréhensif de convenance. C'était particulièrement le cas à l'époque où j'exerçais comme guérisseur : pour une obscure raison, mes clients me prenaient pour un espèce de confident et me confiaient leurs tourments, ce dont je me fichais évidemment comme d'une guigne. J'avais alors développé une technique consistant à n'écouter qu'un mot sur deux et à hocher la tête d'un air intéressé tout en pensant à des choses plus réjouissantes, comme sur quel infortuné animal j'allais tester un nouveau mélange de mon cru.

Je dus faire un effort sur moi-même pour ne pas adopter la même parade avec la Chevalière. J'avais en effet une information cruciale à lui soutirer. Malheureusement semblait-elle être du genre à beaucoup parler. J'espérais ne pas avoir à jouer le jeu trop longtemps, car ma réserve de patience avait déjà été sérieusement entamée par les corvées d'Ansehelm.

Je n'eus cependant à stimuler longtemps, car elle prononça un mot qui mit tout mes sens en alerte : le Màr Menel, c'était donc de là qu'elle venait ! Je n'en croyais pas ma chance : j'allais enfin avoir mon petit sujet de test céleste. Je savais bien qu'un individu ne donnait pas une bonne image du groupe , mais qui sait, peut-être en serait-elle un bon échantillon représentatif.

Je n'étais personnellement pas un adepte du discours commun au sein des couloirs du Màr Taralöm en vertu duquel notre Màr devait assoir sa suprématie sur les autres, au moins métaphoriquement. Je n'étais pas dupe cependant, car servir ses intérêts propres semblait être la véritable religion commune des lieux. Combien pensaient réellement ces mots de convenance que nous nous servions sans cesse ? Une petite poignée d'idiots, sûrement.

Flarmya avait bien voulu que nous ne soyons pas en guerre, car il m'aurait été bien pénible de devoir risquer ma vie pour une entité abstraite. Appartenir au kaerl m'était utile, pour l'instant, c'est pourquoi je me pliais au devoir des apparences. Mais s'il m'avait fallut choisir entre ma sécurité et celle du kaerl, je n'aurais même pas hésité un millième de seconde.

C'est pour cela que le regard que je portais sur Ottilia Théandore n'était pas celui d'un ardent désirant prouver sa suprématie sur la petite céleste, mais plutôt celui d'un scientifique se demandant jusqu'où une jeune fille fragile pouvait être poussée sans se briser.

Un sourire amusé habilla mes lèvres lorsque j'entendis sa question sur mon physique. Son oeil était donc normalement baladeur pour une fille de cet âge.

"Non, je ne m'exerce pour ainsi dire pas vraiment... Cueillir des plantes est plus compliqué qu'il n'y paraît, voyez-vous. Il faut parfois monter des montagnes pour ne trouver qu'une simple plantes. C'est sûrement de là dont proviennent mes "muscles", comme vous dîtes."


Je m'interrompis pour boire une gorgée d'hydromel. Je grimaçais légèrement devant l'arrière-goût aigre qui apparut dans ma bouche. Je n'allais définitivement pas remettre les pieds ici.

"Effectivement, un apothicaire, ce n'est pas un guérisseur"
dis-je d'un ton amusé.

* Quelle intelligence, dis-donc...*
songeais-je, sarcastique. Le soulagement que je ressentais en l'entendant dire qu'elle ne connaissait rien aux plantes n'était qu'en demi-teinte, car les mots ne constituaient en rien une preuve.

Je repoussais machinalement une des longues mèches noires qui avait glissé au dessus de mon front, puis continuais ma réponse.

"En bref, l'apothicaire est celui qui fournit le guérisseur en plantes et qui en connaît les propriétés mieux que quiconque. C'est une fastidieuse tâche que de trouver les éléments adéquats, ils ne pourraient pas s'adonner à leur soins s'ils ne recevaient pas un coup de pouce de notre part."


Je reportais mes lèvres à la choppe puis, sans préavis, approchais mes longs doigts pâles du visage de la Chevalière du Màr Menel. Avec douceur, je lui effleurais la joue. Sa peau était douce et tiède, fort agréable à toucher.

"Excusez-moi, vous aviez quelque chose sur la joue."


Je fis mine de dégager la poussière imaginaire, puis lui servit un sourire enjôleur tout en ne quittant pas son regard clair.

"Merci pour l'hydromel, Ottilia. Je suis heureux que votre Liée nous ait réunis, j'aurais sinon passé une après-midi bien malplaisante."


Comme pour remercier la saurienne, je me penchais vers elle et caressait son long cou.

"Elle est magnifique, votre Dragonne. Pareille à la jade la plus pure."







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MessagePosté le: Lun 2 Oct 2017 - 20:25 Répondre en citantRevenir en haut

Bon, d’accord, Ottilia s’était trompée. Cueillir des plantes avait l’air bien plus compliqué que se balader simplement dans une forêt, se baisser et couper une tige. Cependant, ce n’était pas quelque chose qui l’intéressait. La dernière fois qu’elle avait dû en chercher, la Torhille s’était retrouvée nez à nez avec des hors-la-loi. En regardant bien, l’apothicaire avait l’air de quelqu’un de plutôt normal. Ce devait être des jeux d’ombre. La chevalière s’accouda à la table et soupira avant de laisser un petit rire s’échapper en voyant Aedan grimacer en buvant une gorgée d’hydromel.

Comme il le disait, un apothicaire n’est pas un guérisseur. En fait, si Ottilia comprenais bien, sans ces personnes, un guérisseur ne peut pas soigner. Il valait donc mieux que l’apothicaire soit compétent et sache ce qu’il fait, sinon des personnes qui s’imaginent qu’il vont guérir peuvent voir leur maladie empirer, voir même mourir. Mais si cet apothicaire se trompait en utilisant une plante nocive ? Ce serait une catastrophe. Alors qu’elle sortait de ses pensées, des doigts vinrent effleurer son visage. La torhille s’empourpra alors qu’Aedan s’excusa en enlevant une poussière de sa joue et la remercia pour l’Hydromel. Pourquoi ne lui avait-il tout simplement pas dit pour qu’elle l’enlève elle-même ? Mais l’elfe continua en caressant Briinah et en la comparant à la "Jade la plus pure". La Verte allongea son cou pour recevoir les caresses et grogna en entendant le compliment. Gênée, Ottilia commença à perdre ses moyens. Elle n’avait jamais reçu autant de la part d’un homme.

*Brii !! *
*Grrroui ? Pourquoi tu es aussi gênée ? *
*Je n’ai pas l’habitude qu’on vienne comme ça chez moi ! Pourquoi tu es tombée sur ce type ? *
*Pas fait exprès ! Mais je suis magnifique et comme la Jade la plus pure pour lui alors ça me va.*


Ottilia se tapa le front avec la paume de sa main en entendant sa Liée, puis lorsqu’elle se souvint que personne à part elle ne pouvait l’entendre, elle se sentit ridicule. Il fallait vraiment que la Chevalière perde l’habitude de faire des gestes lorsqu’elle conversait avec son âme-sœur en publique. Qu’allait donc dire l’elfe ? Il fallait que la Torhille trouve vite une excuse.

« Hum… Je suis désolée. J’ai chaud, j’ai besoin de prendre l’air. En plus je commence vraiment à étouffer dans cet endroit. »

Sans attendre une réponse, Ottilia se leva, enfila son manteau et se dirigea vers la sortie, Briinah derrière elle. La chevalière s’adossa ensuite à un mur et prit une bonne inspiration. L’air frais avait comme un effet revigorant et elle se sentit tout de suite mieux. La torhille soupira et s’assit, toujours le dos contre le mur, pour se mettre à la hauteur de sa Liée et lui caresser le dessus de la tête. La Verte grandissait à vue d’oeil, tout comme son caractère tendait de plus en plus vers la frivolité. Elle semblait également prendre de plus en plus à coeur les compliments qu’on lui faisait, flattant son ego de saurienne. Ottilia le savait, cette petite Verte se mettrait à courir derrière les mâles. Ce n’était pas tant sa frivolité grandissante qui l’inquiétait. La chevalière espérait surtout qu’elle n’irait pas jusqu’à déranger les reines.





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MessagePosté le: Mar 31 Oct 2017 - 17:58 Répondre en citantRevenir en haut



Mon sourire fondit à la seconde où Ottilia ne fut plus dans mon champ de vision. Non que je ne sois particulièrement mécontent de sa réaction, au contraire un tel émoi manifesté pour un effleurement était prometteur, mais je n'aimais pas garder mon "masque" plus que de nécessaire. Un frisson de plaisir particulièrement violent se remit à parcourir ma nuque et je dut lutter pour rester totalement impassible. Cette biche effarouchée était si délicate.... l'envie de la posséder se faisait de plus en plus présent. Non pas dans un sens affectif, cela allait sans dire... Etais-je seulement dans la capacité d'aimer quelqu'un d'autre que moi-même ? Cette question m'avait traversé l'esprit autrefois, mais je ne voyais pas l'intérêt de s'appesantir sur de telles considérations d'ordre métaphysique. Je ne m'arrêtais qu'à l'expérience sensible, celle de l'extase ressentie dans le moindre recoin de mon être alors que je prenais le contrôle absolu sur une autre essence. Cette jeune Chevalière ne m'échapperait pas. A l'heure qu'il était, pourtant, la jeune fille était peut-être déjà loin. Si elle savait à qui elle avait réellement à faire, cette réaction aurait été de loin la plus sensée.

Je me levais, trouvais dans mes poches de quoi payer la pinte et quittais enfin l'établissement sale avec soulagement. Je souris en constatant qu'elle n'étais pas partie loin. Je m'approchais d'elle d'un pas gracieux, habillant mes lèvres d'un sourire vaguement gêné.

"Vous m'excuserez, j'ai cru que vous aviez pris la fuite, aussi ai-je payé ma consommation."


Mes joues s’empourpraient légèrement, et je baissais timidement le regard vers le bas, comme si je craignais de la regarder directement dans les yeux.

"Je suis content que vous n'ayez pas fuit." déclarais-je d'un ton timide qui me fit intérieurement horreur. Mon talent d'acteur était décidément un atout indéniable. J'avais toujours été doué pour feindre des émotions qui n'étaient pas miennes. Qui sait, peut-être un de mes parents avait-il été acteur ou saltimbanque ? Tout était possible. Je n'étais pas de ce genre d'orphelins se prêtant à rêver que ses parents biologiques étaient issus de la plus haute extraction : il m'avait toujours semblé clair qu'être abandonné à l'orphelinat signifiait être fils d'un pauvre ou d'une prostituée. Quand bien même ils aurait été riches, ils auraient eut encore moins de raisons de m'abandonner et n'auraient pas eut le droit à la moindre pensée émotive de ma part. Plus tôt, j'avais esperé qu'ils souffrent de m'avoir abandonné, mais avec le temps je m'étais fait une raison : s'ils étaient vivants, ils ne pensaient plus à moi ou à mon frère.

Je m'approchais d'un pas vers la Chevalière Verte, sentant les effluves de son souffle chaud sur la naissance de mon cou.

"Vous voyez, j'avais quelque chose à vous dire, avant que vous partiez..."

Je marquais un moment d'hésitation, dans une parfaite imitation de la timidité.

"Je vous trouve, heu... vraiment très jolie. Et si cela avait été possible, j'aurais bien aimé vous revoir..."

Ma peau diaphane, presque grisâtre, se décora de petites touches rouges tandis que mon regard toujours aussi glacé se plantait dans les yeux d'argent de la Torhile, attendant avidement sa réaction.







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