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 [RP]Tisser des fils d'argent Sujet suivant
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Eilith Tellis
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MessagePosté le: Mer 23 Aoû 2017 - 09:30 Répondre en citantRevenir en haut

TISSER DES FILS D’ARGENT


Mystraku 918, quelques jours avant la rencontre


La plume s’agitait dans la main de la jeune demi-sang, laissant couler l’encre noire sur le parchemin destiné à Aléiya Elvrydden, liée de l’argentée Serenah. La liste des personnes à qui Eilith avait pensé pour cette rencontre s’était amoindrie rapidement. Le premier nom rayé était celui de Kassandra, sa sœur. L’objectif était de faire mieux qu’elle, de la dépasser, mais sans l’utiliser. Elle serait alors forcée de se rendre compte des qualités inhérentes de sa cadette et d’avouer sa supériorité. Un léger sourire apparut sur son visage à cette idée amusante tandis qu’elle trempait avec précaution sa plume dans l’encrier. D'autres noms avaient circulé dans sa tête, mais la proximité de ces personnes avec le pouvoir risquait de faire échouer son entreprise. Enfermée dans sa nouvelle chambre située dans les Tours Joyaux, elle prenait soin de chaque lettre couchée sur le papier fin. Les fenêtres étaient ouvertes et la douce lumière de la Tour Diamant prenait peu à peu le pas sur celle de la Tour de Saphir où résidait la jeune femme. Assise sur un coussin, voutée sur la table basse qui lui servait de bureau, elle poursuivait l’écriture de sa missive. Elle se redressa après qu’elle eut signé son invitation, s’étira les muscles endoloris de son buste et lit une dernière fois la lettre avant de l’envoyer à la maîtresse argentée.

Dame Aléiya Elvrydden,

Je vous écris ces quelques mots pour solliciter votre attention. Peut-être en avez-vous eu ouï-dire, mais j’ai eu l’honneur d’être nommée au rang d’Aspirante de notre cher Màr Luimë par le Conseil. Toutefois, je ne puis résumer ma vie à un apprentissage du vol à dos de dragon – aussi grisante puisse-t-être l’expérience. Et outre l’aboutissement de mon âme que sera le moment de l’éclosion de ma liée, je ne puis me résoudre à rester inactive pour notre kaërl bien aimé.

Aussi, je souhaiterais pouvoir m’investir dans les rouages du fonctionnement du kaërl, d’être de ceux qui décident plutôt que de ceux qui subissent. Mon ambition est certaine, et je suis persuadée que c’est auprès d’une Reine que je puis m’élever. « Mais, n’avez-vous pas déjà un maître ? » m’interrogerez-vous justement. Je vous répondrais que celui-ci n’est malheureusement plus au fait des jeux de pouvoir, et que son retour après une longue absence éloignée de notre cité semble lui peser. Aussi, vous rétorquerez alors « Et Kassandra, n’est-elle pas apte à vous enseigner, elle qui est votre sœur et qui fut membre de l’ancien Conseil ?» J’éluderais la question sur ce papier. Nous l’évoquerons de vive voix, si vous me faites l’honneur d’accepter de m’éduquer pour que je puisse servir notre Màr Luimë de la meilleure façon. J’en serais votre obligée.

Si vous désirez vous entretenir de ce sujet avec moi, sachez que je serais dans trois jours à l’Allée des Idoles, au Pavillon situé en son centre.

Je vous prie d’accepter, Dame Aléiya Elvrydden, mes salutations les plus chaleureuses.

Eilith Tellis


Satisfaite de sa missive, elle l’enroula délicatement, la ceint de deux rubans – l’un bleu et l’autre argenté, noua un nœud délicat et gravit les marches qui la mènerait aux appartements de la Dame. Après avoir frappé et écouté le silence, elle descendit à la place commune située sous la Tour. Elle y trouva un aspirant, légèrement bedonnant, assis sur un banc. Occupé à mâcher un morceau de pain, il ne s’aperçut pas de suite de la présence de la jeune demi-sang. Plus jeune qu’elle, venant d’ailleurs que le Màr lui-même, Eilith le considéra de haut avant de lui adresser la parole. La voix douce troubla le jeune garçon qui manqua de s’étouffer. Délicatement, l’ondine lui tapota le dos.

- Je m’excuse de vous avoir perturbé pendant votre déjeuner, s’excusa-t-elle pendant que l’aspirant toussait bruyamment.
- Ce n’est rien, rétorqua-t-il d’une voix rauque.

Ses cheveux roux coupé court lui donnaient un air martial. Ses joues légèrement gonflées, le ventripotent aspirant se tourna vers la jeune fille. Voir le visage cramoisi de gêne amusait la jeune femme, expression qu’elle prenait soin de dissimuler. Elle lui adressa un sourire franc, empoigna la cruche d’eau sur la table et servit l’humain.

- Buvez, cela vous aidera à reprendre vos esprits, messire.

La pointe d’ironie dans le titre n’offusqua pas le jeune homme qui ne semblait pas avoir saisi. Il s’empressa de saisir son gobelet et de le boire d’un trait. Après avoir dégluti, il murmura un merci et se tourna de nouveau vers le reste de sa miche de pain. Eilith sortit le parchemin roulé, épousseta la table pour repousser les miettes du repas de l’aspirant et posa le parchemin.

- J’ai un service à vous demander. Pouvez-vous porter ce message à Dame Aléiya Elvrydden, liée de Serenah l’argentée ?

Alors qu’elle prononçait ces mots, elle glissa à côté du parchemin deux pièces d’argent.

- Je sais que vous venez d’arriver, alors peut-être aurez-vous besoin de cela pour vous acheter de nouvelles bottes ou un pourpoint. Peut-être aurez-vous besoin de faire affûter une épée.

Elle se leva et tourna les talons, laissant l’aspirant perplexe sur sa mission. Après tout, qui était-elle pour le commander ? Mais la vue des pièces brillantes était attrayante. Sa main se posa sur les pièces qu’il glissa précautionneusement dans sa bourse, prit le parchemin et quitta la pièce.

Mystraku 918, le jour de la rencontre


La porte se referma doucement derrière Eilith. Le cadeau de son père sur la tête, la Fille de Lune descendit une à une les marches de la Tour de Saphir avant de prendre la direction de l’Allée des Idoles. Comme souvent, des personnes se promenaient dans ce lieu de calme. Nul n’haussait la voix, tout n’était que murmures. Qui sait dans ces paroles les manigances fomentées ? Critiquaient-ils le Seigneur, comme beaucoup d’autres ? Attendaient-ils des nouvelles particulières, venant d’ailleurs ? La jeune demi-sang n’y fit guère attention et se dirigea d’un pas sûr vers le centre de l’Allée. Ses yeux dérivèrent sur les statues imposantes des lieux. Aurait-elle la sienne un jour ? Elle secoua la tête pour chasser cette idée saugrenue et poursuivit son chemin.

La clairière s’afficha après qu’Eilith eut traversé le tunnel végétal. Plutôt petit, pas plus d’une dizaine de mètres de circonférence, il était propice aux discussions tranquilles. Un petit rire troubla la quiétude des lieux. Puis le calme revint aussi vite qu’il était parti. La demi-sang gravit les deux marches et se laissa choir sur un banc de pierre. Ses yeux observaient le Pavillon. Guère plus de dix personnes pouvaient s’y tenir. Les discussions pouvaient alors se tenir à l’écart, comme une invitation au complot. Lorsqu’elle aperçut la silhouette d’Aléiya Elvrydden, elle se leva aussitôt et la salua poliment en penchant son buste en avant.

- Dame Aléiya Elvrydden, c’est un honneur de vous rencontrer. J’adresse également mes pensées honorées à votre liée argentée, Sérénah. Je vous remercie d’avoir accepté cette rencontre. Je suis Eilith Tellis.


Comment son interlocutrice allait-elle réagir ? La Fille de Lune craignait le revers que lui infligerait la Dame d’argent en refusant le dialogue, voire en lui rendant sa lettre. Ce serait là, l’un des échecs les plus cuisants qu’elle subirait. Toutefois, les qualités reconnues d’Aléiya n’abondaient pas en ce sens, et elle reprit confiance en elle. Après tout, si elle n’était pas intéressée, pourquoi la liée d’une Reine argentée se serait-elle déplacée ? Elle proposa à son interlocutrice de s’asseoir à côté d’elle et fit de même. Elle inspira silencieusement et décida de poser la question qui lui brulait les lèvres.

- Dame Aléiya, avez-vous réfléchi à ma requête ? Qu’en pensez-vous ?



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MessagePosté le: Mar 12 Sep 2017 - 22:35 Répondre en citantRevenir en haut


Aléiya d’Elvrydden & Serenah


Dans la clarté hivernale de son boudoir, au milieu des livres et des parchemins, Aléiya d’Elvrydden parcourut une dernière fois la missive quelle avait reçu trois jours plus tôt. La lettre était bien rédigée, d’une main sûre et souple, avec une éloquence simple et un brin naïve mais bien plus rafraîchissante que les plus pompeuses tournures d’un discours de vieux magistrat. Aléiya imaginait le petit visage concentré d’une Aspirante derrière ces mots. Une jeune fille qui souhaitait apprendre auprès d’elle que son maître, estimait-elle, ne pourrait pas lui enseigner. Tout du moins, était-ce les arguments qu’Eilith Teillis avançait.

Aléiya se réjouissait intérieurement de cette démarche. Selon elle, il fallait que les jeunes générations se préoccupassent davantage de défendre les valeurs de leur Màr, aussi bien par les armes que par le Verbe. Il manquait parfois un regard neuf, celui de la jeunesse, pleine d’audace et de nouvelles idées, pour apporter un souffle nouveau à la politique et au quotidien de l’Ordre Neutre. Car ils avaient beau être « neutres » justement, les Engloutis n’en demeuraient pas moins des mortels comme les autres : avec leurs besoins, leurs désirs, leurs valeurs, leurs espoirs. Le Màr Luimë ne deviendrait pas la tombe d’un peuple trop frileux et timoré pour oser prendre une quelconque décision et en assumer les conséquences.

° La petite ne manque pas d’audace. °


Cette pensée, aussi grinçante qu’une griffe crissant sur le marbre, s’insinua dans l’esprit de la sang-mêlée, l’arrachant à sa lecture. Elle leva les yeux au plafond, devant l’attitude désagréable de sa Liée. Elle était parfaitement consciente des sentiments mitigés – autrement plus féroces que les siens – que faisait naître cette missive chez la reine. Cette dernière appréciait peu les démonstrations de bravoure les plus évidentes, quelles qu’elles soient, car elles se rapprochaient d’une forme de bêtise. Elle respectait davantage ceux qui pensaient, calculaient subtilement leurs mouvements et faisaient preuve d’une réelle stratégie. Il en ressortait une certaine forme d’admiration pour la démarche de l’Aspirante comme un zeste de dégoût face à ce qu’elle considérait comme de l’insolence. Un maître n’était pas assez bien pour elle ? Elle voulait l’aide d’une dame liée à une reine ? Soit ! Elle serait servie. Serenah ne lui ferait aucun cadeau.

Aléiya avait déjà accepté de rencontrer la jeune fille après la première lecture de sa requête. Ce qui ne l’empêchait pas de se questionner. Kassandra Tellis était une femme dynamique, ouverte d’esprit et d’agréable compagnie. Elle ne comprenait pas que sa cadette ne vienne pas directement la voir pour lui parler de ses bourgeons d’ambitions. Elle ne voulait pas s’immiscer dans les problèmes familiaux d’autrui. Tout cela ne la regardait pas. Cependant, il y avait une autre chose également qui attisait sa méfiance…

° Je n’aime pas l’idée d’avoir été choisie parce que je suis ton Âme Sœur. Parce que je suis une Maîtresse Argentée. Ce n’est ni un gage de qualité ni de prestige. Cela signifie seulement que nos âmes se répondent parfaitement.
… Je ne te savais pas si crédule, ma sœur. Cette petite voit en toi un modèle de grandeur. Nous autres, les reines, nous attirons naturellement la vénération et la convoitise. Nous sommes perçues comme une récompense… Jusque ce que la vérité éclate quand nos âmes se lient et qu’on se rend compte des devoirs qui incombent à ces femmes.
Je ne vois pas le rapport avec moi.
Tu es une femme d’exception, Aléiya d’Elvrydden, dès lors que tu marches dans la majesté de mon ombre. °


La jeune femme fronça le nez avec contrariété. Elle froissa légèrement la missive puis se leva d’un pas raide. Elle inspira profondément l’air frais du dehors avant de refermer la fenêtre. Loin au-delà de son propre corps, au-delà des parois de la chair, elle sentit l’envol de la dragonne. Celle-ci la rejoindrait sans doute plus tard. Enfilant une capeline, Aléiya quitta sa demeure et se dirigea vers l’Allée des Idoles. L’heure du rendez-vous approchait.

Elle arriva au Pavillon central à l’heure dite et le cœur en paix. La curiosité primait sur toute autre émotion pour l’instant. La jeune fille qui l’attendait présentait du sang ondin : elle aurait pu en jurer. Peut-être une sang-mêlée comme elle. Elle regretta soudain de n’être pas plus proche de Kassandra pour en savoir un peu plus sur leur famille. La Maîtresse Argentée rendit son salut à Eilith avec un sourire aimable.

- Bonjour, Aspirante Tellis. Enchantée ! Je transmettrai tes salutations à Serenah lorsqu’elle sera revenue de sa chasse.

Le silence s’installa doucement. Il y avait de la tension dans l’air. Ici, tout ce qui importait vraiment se murmurait et toute trivialité était exposée de vive voix. Un parfum de complot flottait facilement dans cet écrin de verdure et de vieilles statues. Aléiya répondit à l’invitation de l’adolescente en s’asseyant près d’elle. Sentant que celle-ci brûlait de parler, elle la laissa faire et se contenta de l’observer avec attention. Elle comprit rapidement d’où venait le malaise.

- J’y ai réfléchi. Toutefois, je dois m’assurer de vos réelles motivations, qu’elles soient bonnes pour le Kaerl et non pas seulement des désirs brûlants de reconnaissance comme on en croise souvent chez les jeunes gens avides d’aventures.

Il n’y avait aucun jugement dans ces mots. Par certains côtés, elle s’amusait de ce type de situation. Si elle avait toujours été quelqu’un de sage et de réfléchi, elle avait néanmoins eu un tel comportement par le passé, en parti tempéré ou exalté par sa Liée. Elle comprenait d’autant mieux quelqu’un comme Eilith.

- Je suis flattée que vous ayez pensé à moi pour parfaire votre apprentissage en politique. Même si je ne pense pas être la mieux placée pour ce faire… Je ne peux décemment pas refuser d’apporter mon aide. Je veux seulement être sûre que vous avez fait le bon choix.



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MessagePosté le: Jeu 21 Sep 2017 - 19:06 Répondre en citantRevenir en haut

Eilith ne s’était, à vrai dire, pas attendu à rencontrer vraiment la Dame argentée. Rien ne lui avait dit qu’elle accepterait ce rendez-vous, de la rencontrer elle, une petite aspirante. Elle avait l’impression d’un coup d’être un cheval sur lequel on acceptait de parier alors même que ses chances de remporter la course étaient faibles. Mais qu’importe, seule comptait sa motivation et, à l’instant, celle-ci transpirait de tous ses pores. Aléiya reflétait à la fois cette douceur et une tendre fermeté. Tout chez elle inspirait la confiance et Eilith dû se retenir d’y voir une porte ouverte pour confier tous ses sentiments et ressentiments.

Elle accueillit les paroles de la liée argentée avec un sourire. L’amabilité de ses propos teintait la conversation d’une douceur naïve, une gentillesse réelle dont l’ondine avait appris à se méfier, se cachant derrière son masque de jeune aspirante. Le ton de sa lettre était peut être apparu trop brut à la jeune femme et Eilith regrettait presque d’avoir exprimé si brutalement ses ambitions politiques. Bien sûr, elle était consciente de ses faiblesses, en particulier son statut d’aspirante qui lui interdisait d’obtenir le moindre poste au Conseil. Mais elle profiterait de son apprentissage pour tisser ses fils, telle une araignée méticuleuse, piégeant sa proie sans qu’elle ne s’en rendre compte. Dans son esprit, l’art de d’imposer ses décisions passait par une maîtrise irréprochable du Verbe, qu’il soit semblable à la caresse du vent comme la griffure d’une bise.

- Dame Aléiya, je vis depuis près de vingt ans dans ce Kaërl. J’y ai vu l’empreinte de différents dirigeants, qu’ils se nomment Lalwendë Valendil, Dinjelaï Al’ Ysiria Folken Krienh ou bien Javerth Seram. J’y ai vu des visions du Màr bien différentes, des batailles idéologiques entre l’ouverture au monde et le repli sur soi-même. Aujourd’hui, je l’avoue, la situation ne me satisfait pas.

Pour la première fois, Eilith révélait avec une rare sincérité ses pensées les plus profondes. Elle avait constaté les effets de la politique de Javerth, remarqué la fermeture des commerces, les difficultés d’approvisionnement, la grogne de la population. Malgré son apparente transparence, la jeune femme écoutait ce qui se disait, se nourrissait de cette ambiance et se forgeait sa propre conviction. Même si celle-ci se rapprochait de sa sœur, dont elle n’était pas fondamentalement éloignée. Car quand bien-même Eilith cherchait à se démarquer de sa sœur, elle se savait politiquement sur la même longueur d’onde. Et pourtant, elle se refusait à l’admettre. Sa jalousie dévorait tout sentiment positif qui pouvait émaner de la jeune ondine à l’égard de son aînée.

- Pour être totalement franche avec vous, je pense que le repli sur lui-même du Màr est une erreur, car il nous enferme dans notre neutralité. C’est comme si on fermait les yeux et, passez-moi l’expression, qu’on creusait notre propre tombe. Nous avons besoin d’autre chose, de redonner de l’espoir aux gens. J’ai l’impression que le climat est morose.


La demi-sang s’interrompit, les joues empourprées. Elle s’était complètement laisser aller, abreuvant la maîtresse argentée d’inutiles argument. Elle n’était pas là pour parler de la politique locale mais, c’est ce que pensait la demi-ondine, plutôt pour l’évaluer et repérer ses qualités.

- Je me suis montrée un peu trop bavarde je crois. Voilà un point sur lequel je vais devoir travailler. En vérité, c’est votre maîtrise du Verbe que je souhaiterai apprendre, et cela à n’importe quelle condition. Je sais que cela est présomptueux de ma part, que ma jeunesse peut être un défaut, mais je connais mes points faibles. Si je veux pouvoir briller dans notre Màr et, qui sait, un jour le guider vers un avenir meilleur, il me faut pallier mes défauts.

Etonnamment, Eilith se montrait honnête tant sur elle-même que sur ce qu’elle attendait Aléiya d’Elvrydden. Bien sûr, elle avait pris soin de ne pas parler de Kassandra. Il s’agissait là d’un point des plus sensibles aux yeux de la demi-sang qui pouvait lui faire perdre beaucoup de moyens et la conduire à se révéler telle qu’elle pouvait l’être : une teigne. Sa relation avec sa sœur s’était tendue au fur et à mesure des années qui passaient, jusqu’à atteindre ce qu’Eilith pensait être le point de non-retour. Elle s’embourbait dans sa jalousie et avait accepté l’étreinte d’une trop grande fierté. Ne serait-ce qu’avoir oser pouvoir prétendre au plus haut poste du Kaërl sans sourciller démontrait bien sa motivation, mais masquait mal son arrogance mal placée.

Honteuse, elle baissa la tête. Elle se rendait compte qu’elle parlait sans réfléchir, qu’elle déversait ses pensées sans même en contrôler une fraction infime. Comment pouvait-elle espérer devenir une meneuse alors qu’elle s’épanchait si facilement ? Il était difficile d’avouer qu’Aléiya n’y était pour rien. Sa prestance naturelle avait fait le travail à sa place. Et comme cela avait commencé, les paroles s’échappèrent d’entre ses lèvres sans aucun contrôle de sa part.

- Je suis prête à travailler pour vous s’il le faut.



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MessagePosté le: Sam 14 Oct 2017 - 22:48 Répondre en citantRevenir en haut


Aléiya d’Elvrydden & Serenah


Aléiya se sentait revenir des années en arrière. Elle qui avait passé son enfance parmi les moines copistes, au milieu des livres et du silence, dans une relative quiétude hors du temps et du chaos du monde extérieur… Elle avait peu à peu aspiré à tellement plus. Si un Maître Englouti ne l’avait pas trouvée ce fameux jour de pluie, où sa vie avait basculé, elle n’osait imaginer à quoi elle ressemblerait aujourd’hui. Elle serait probablement devenue le fantôme d’elle-même. Elle prônait l’ouverture non pas par cupidité ni ambition mais parce qu’elle redoutait que le Màr Luimë, sa maison, ne soit oubliée et ne finisse par s’éteindre comme on laisse mourir une chandelle.
Lors des élections pour le trône du Kaerl, sa candidature avait été appréciée par nombre d’Engloutis, même si finalement rejetée au profit de celle du Sénéchal. C’est donc qu’il y avait de l’espoir. On ne gagnait rien à rester enfermé chez soi. Elle espérait qu’au moins une partie de la population s’en rendait compte…

Les yeux clairs d’Aléiya fixaient avec calme la jeune Aspirante. Elle se retrouvait en elle. Eilith et elle paraissaient davantage se ressembler qu’elle ne l’aurait cru. Une image de daim sanguinolent, où le squelette apparaissait à travers les plaies, aux yeux innocents fixés sur le ciel, lui traversa l’esprit. Avec le temps, la sang-mêlé avait appris à dissimuler les écarts dans son attitude posée lors des conversations mentales qu’elle entretenait avec sa Liée. Pour ne pas déstabiliser ses autres interlocuteurs.

° Ne te laisse pas attendrir, ma sœur. Elle n’est pas toi. Fais confiance à ton intellect. °

Malgré qu’elle soit en chasse, la reine écoutait attentivement la conversation. Elle avait apprécié le discours de l’Aspirante mais peinait à le reconnaître. Naturellement méfiante et quelque peu jalouse – en dépit de sa sagesse -, Serenah se sentait obligée de surveiller les agissements de la jeune Tellis et, surtout, d’analyser ses paroles pour vérifier sa bonne foi. Il lui suffisait de lire les pensées immédiates de sa Liée, de voir de temps à autres par ses yeux, pour en juger.

- Montrez-vous bavarde autant que vous le souhaitez, Eilith. Ce n’est pas un mal, répondit Aléiya avec un sourire dépourvu de méchanceté.

Le vouvoiement s’était installé des deux côtés. Ce n’était plus seulement une Aspirante qui venait lui parler mais une jeune fille ambitieuse. C’était une discussion d’adultes. Eilith lui évoquait un chaudron sans fond, où chaque miette d’attention se retrouvait aspirée avant d’avoir toujours les parois de métal. Ce n’était pas un problème en soi.

- Vous êtes une toile de peintre, Eilith Tellis, pas tout-à-fait vierge et pourtant inachevée. Voilà comment je vous vois. Je comprends votre ressenti. Oserai-je dire que je ressens parfois la même chose… Je défends ouvertement le libre-échange et le libre partage de biens et de savoirs avec les autres Kaerls ou même les continents extérieurs, dans le respect des coutumes d’autrui. Il n’y a aucune raison de chercher querelle quand tout le monde peut tirer profit de la situation. C’est quelque chose qui m’a toujours fascinée, mais aussi mise mal à l’aise, à propos des Célestes et des Ardents. Ils sont chacun convaincus d’avoir raison de faire ce qu’ils font, sans prendre le recul nécessaire et sont incapables de voir à quel point ils sont dans une impasse diplomatique depuis trop longtemps… Et c’est moi qui parle trop, désormais !

Quelle étrange sorcellerie… Aléiya parlait rarement à cœur ouvert face à des inconnus. Elle n’était pas femme à dissimuler d’innombrables secrets. Cependant, elle n’aimait pas étaler ses états d’âme à tout va. Il s’agissait peut-être d’une stratégie pour mieux sympathiser avec l’Aspirante, ou tout simplement d’un écart dans son comportement. Flarmya seule le savait !

- Je n’évolue pas dans les plus hautes sphères de la politique. J’ignore si je suis la mieux placée pour répondre à vos attentes. Quant à travailler pour moi… Je peux vous familiariser avec le milieu dirigeant et des libres penseurs. Je n’ai pas vraiment envie de faire de vous ma secrétaire. Et je ne veux pas empiéter sur votre apprentissage en tant qu’Aspirante. Mais vous pourriez assister à quelques réunions du Sénat pour commencer. Pour apprendre à écouter, à comprendre les rouages du fonctionnement du Màr, à reconnaître les différents courants de pensées comme les éléments les plus actifs dans la politique actuelle… Qu’en dites-vous ?



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