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Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Jeu 17 Aoû 2017 - 21:48 Répondre en citantRevenir en haut

Fin Mystraku 918


C’était une nouvelle fin de journée, trois jours après l’éclosion des œufs de la Dorée Ky’rinth. Ottilia, qui regardait le coucher de soleil par la fenêtre, s’était liée à une petite dragonne verte nommée Briinah. Cela faisait maintenant trois jours qu’elle était devenue chevalière et pourtant, elle n’en revenait toujours pas. Plus de maître, mais un dragon à la place. Tout aurait été parfait si la dragonne n’allait pas vers toutes les personnes qu’elles croisaient dans les rues et les couloirs, l’obligeant à s’excuser et amener la verte à l’écart avant de recommencer encore et encore. La torhille n’aimait vraiment pas aller vers les gens comme ça sans raisons apparente, ce que Briinah avait l’air d’aimer. Et encore, si ce n’était que ça. La dragonnelle ne cessait de jouer avec tout ce qu’elle trouvait et mangeait presque autant qu’un des grands félins du Vaendark. Trois jours seulement, et déjà très énergique. La jeune chevalière soupira et sursauta en sentant quelque chose sauter sur son épaule.

*On va dormir ? Je suis faaaatigée*
*Va sur le lit, je te rejoins dès que j’aurais enfilé ma chemise de nuit *


La verte bailla puis alla sur le lit à attendre sa liée, piétinant d’impatience.

« Même fatiguée tu ne tiens pas en place. C’est dingue. »

Une fois prête, Ottilia alla sous sa couette et Briinah se blottie contre le ventre de sa liée.

*Bonne Otti !!!*
*Bonne nuit Boule d’écailles qui ne tiens pas en place *


La nuit passa bien vite. Beaucoup trop vite même. Aux premières lueurs du jour, Ottilia sentit sa couette s’en aller et la fraîcheur matinale la fit frissonner. La torhille s’assit brusquement pour voir la verte courir partout dans la pièce, la couverture entre ses mâchoires. Elle sauta du lit et courut derrière la dragonne pour reprendre sa couette, non sans heurter quelques murs et meubles.

« Briinah !! Redonne moi ça ! C’est pas l’heure de se lever ! »

La chevalière entendit un rire draconique retentir dans son esprit. Ce petit malicieux et moqueur de la verte qu’elle connaissait si bien. La petite finit par lâcher la couverture lorsqu’elle vit sa liée à bout de souffle puis lui grimpa sur l’épaule, fière comme paon.

*Alors, on fait quoi aujourd’hui ? Je m’ennuie et j’ai faim ! Alors ? Dit dit dit !*

La torhille soupira, déposa la petite sur le lit puis alla dans son bain. C’est lorsqu’elle fut bien relaxée dans l’eau chauffée qu’une chose verte plongea et se colla à Ottilia.

« Décidément, tu ne me lâche vraiment pas une seule seconde toi, hein ? »

Elle caressa la tête de la verte, alla s’habiller pour ensuite se diriger vers les cuisines, la saurienne sur les talons. La gloutonne allait avoir son repas et Ottilia son petit déjeuner. La course à travers la chambre lui avait ouvert l’appétit. Une fois les deux liées repus, la chevalière réfléchit sur l’activité du jour. On était en plein hiver et elle se rappela de la pointe d’Ombrelune. La beauté du lieu l’avait émerveillée. Pourquoi ne pas partager ça avec sa moitié d’âme ?

*Briinah, ça te dirait d’aller visiter un bel endroit ? *
* Oh oui oui oui ! Maintenant ! *
* Je vais me préparer et chercher quelqu’un qui pourra nous y emmener *


Après avoir accomplit tout les préparatifs et trouver un chevalier qui était disponible pour les emmenés, Ottilia prit sa liée sur son épaule et partit au point de rendez-vous. Comme il faisait froid, elle avait prit soin de s’habiller chaudement et de prendre une petite couverture chaude au cas où sa liée aurait trop froid. Le voyage ne fut pas trop long, à son grand soulagement. Le vent n’était pas trop fort et la neige pas trop épaisse, ce qui était parfait. La torhille descendit du dos du dragon, fixa une heure de retour et le remercia avant qu’il ne s’en aille. La verte, toute excitée, sauta partout dans la neige en poussant des grognements joyeux. Ottilia décida de se joindre aux folies de sa liée, fit une boule de neige et la lui lança. Briinah sauta pour attraper la boule de neige et la faire exploser en plein vol. Elles continuaient à jouer ainsi encore une bonne heure avant de tomber d’épuisement. Satisfaites, elles allaient s’installer à côté de l’Obélisque pour observer la mer.

*C’était trop bien ! Et l’eau est trop belle ! *
*Je suis d’accord petite boule d’écaille. *
* Arrête de m’appeler comme ça ! C’est Brii-nah ! *
*Mais je sais, je te taquine. C’est pour tout ce que tu me fait subir depuis ta sortie de l’oeuf.*


Puis elles explosèrent de rire, contente de leur matinée, malgré le réveil brutal.





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MessagePosté le: Jeu 17 Aoû 2017 - 21:48 Revenir en haut

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Eilith Tellis
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MessagePosté le: Jeu 17 Aoû 2017 - 22:32 Répondre en citantRevenir en haut

Eilith revenait de la rotonde où elle s’était présentée au Conseil quelques minutes plus tôt. C’était un jour étrange pour elle. Elle ressentait une certaine fébrilité à l’idée de rencontrer son futur maître. Elle déambulait, sans but précis, sans objectif, sans destination. Le jour était encore à peine levé et la lumière peinait à traverser le dôme magique du Màr Luimë. Elle arriva presque machinalement à l’Agora. Elle s'adossa à l'une des colonnes de la place, observant le ballet des dragons et leurs liés se mêlant à celui des gens normaux qui s’affairait ici-et-là. Une morne journée ennuyeuse. D’autant plus qu’elle ne savait pas qui ni quand elle pourrait commencer à s’entrainer avec son futur maître ou sa future maîtresse.

Elle se surprit à imaginer un homme, une barbe finement taillée, des yeux d'un vert émeraude, une épée à la ceinture et un dragon brun pour lié. Elle le voyait plutôt grand, d'une carrure proche d'un torhil et des cheveux blonds tirés en arrière. Ses mains calleuses montreraient qu'il était un maître émérite, ayant vécu les plus grandes guerres de son temps et en serait sorti vainqueur, en véritable héros. La douce lumière de l'Agora mettrait en évidence son teint légèrement hâlé et une petite cicatrice blanche sur la joue. Sa voix serait grave et sensuelle. Sa chemise de lin laisserait entrevoir la base de son cou, doté d'un collier d'argent sur lequel serait surmontée une jolie bague. Ce n'était qu'une projection fantasmée interrompue par une présence non désirée. Elle était définitivement tirée de sa rêverie.

L'ombre se posta non loin d’elle, une silhouette bien connue et une voix douce comme une berceuse. Kassandra s'adossa de l'autre côté de la colonne, le dos tourné à sa sœur. Elle le sentait, quelque chose n’allait pas. Pour autant, elle avait beau tenter de lui soutirer les raisons de cette méfiance, voire de défiance, sa soeur n'en disait rien pour autant. La demi-ondine feint la surprise.

- Tiens, bonjour maîtresse Tellis. Vous me faites l’honneur de votre présence ? lança Eilith d’un ton provocateur, reconnaissant la silhouette venue la déranger.
- Je ne suis pas venu pour me battre avec toi, petite sœur. Ne peut-on pas avoir une discussion normale pour une fois ? répondit Kassandra, un sourire aux lèvres.

Eilith laissa planer un court silence avant de répondre. Elle hésitait, comme si elle faisait face à un choix crucial. Si elle répondait mal, elle risquait de tout gâcher inutilement. Pour autant, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir cette pointe de jalousie envers son aînée qui faisait tout mieux qu'elle. Était-ce une raison pour tirer un trait définitivement sur une relation sororale ? Elle ferma ses yeux, expira lentement et plongea ses yeux dans ceux de Kassandra.

- Si tu y tiens vraiment…
- Ecoute petite soeur, je vais aller droit au but. Je ne comprends pas ton attitude. Tu as tant changé depuis que je me suis liée… non même avant cela déjà. Qu’est-ce que je t’ai fait pour mériter autant d’ingratitude ?

La cadette se sentit piquée au vif. Kassandra était connue pour manier les mots avec une précision quasi chirurgicale. Le visage de la demi-sang se métamorphosa. Elle piqua un far, détourna le visage avant de le tourner de nouveau vers sa soeur. Sa douceur avait laissé place à une expression fermée. Son regard se faisait froid et dur, un aspect de sa personnalité que la cadette n’avait jamais montré à son aînée. Cette dernière fit un pas en arrière sous la surprise. Eilith ravala sa colère soudaine et son attitude changea du tout au tout.

- Je te prie de bien vouloir m'excuser…

Elle tourna les talons pour s’approcher d’un maître brun qui était occupé à installer le harnais de son lié non loin du motif de téléportation. Une nouvelle hésitation la prit en regardant le motif gris pâle, gravé à même le sol. Un dragon stylisé représentait le point de téléportation vers l'extérieur. Oui, elle étouffait à présent. Toute cette pression que sa soeur lui imposait sans même le vouloir lui procurait cette étrange sensation. Ce n'était pas le mal des lieux, seulement un malaise induit par la question de Kassandra.

° Quelle idiote je fais. Je suis incapable de contrôler mes émotions lorsqu'elle me parle... Pour quoi vais-je passer maintenant ? Est-ce que j'aurai dû lui dire ce que je ressentais ? Non, c'est trop tôt. Peut-être que je vais changer un jour. °

L'homme la dévisagea un instant avant de retourner à son ouvrage. Il serrait une sangle de cuir délicatement sous le cou du Brun. Ses bras musclés trahissaient son passé de soldat. La large épée à sa ceinture en ôtait le moindre doute. La jeune femme s'éclaircit la gorge avant de poser sa question, visiblement mal à l'aise.

- Serait-il possible de m’emmener à la pointe d’ombrelune s’il vous plaît ? Et pourriez-vous venir me chercher avant le déclin du soleil ?

Le maître haussa un sourcil puis reconnaissant les traits de Kassandra dans ceux d’Eilith, fit le rapprochement.

-Ah, tu es la sœur de Kassandra Tellis ! Tu devrais lui demander directement tu sais, elle est là-bas, lui indiqua-t-il en levant le menton dans la direction de la maîtresse dragon.

- Si j’avais voulu lui demander, je l’aurai fait, soupira la jeune aspirante. S’il vous plaît, emmenez-moi !

- Désolé, demande à quelqu'un d'autre. Je me rends en mission, je n’ai pas spécialement le temps de m'occuper des enfants.

Le ton sec surprit Eilith. Visiblement, elle était allée trop loin avec cet homme, n'avait pas su manier les mots comme il le fallait. Ou bien était-il vraiment trop occupé pour jouer les transports de personnes. Le souffle chaud du Brun lui intima le départ, ce qu'elle fit sans demander son reste, la tête baissée, pour s'adosser de nouveau à la colonne.

- Tu dragues les beaux maîtres dragons à ton âge ? lança Kassandra d'un air amusé pour détendre l’atmosphère.

- Qu’est-ce que tu peux dire comme bêtises ! Je cherche juste quelqu’un pour m’emmener à la Pointe d’Ombrelune. Je souhaiterais y passer la journée. marmonna Eilith.

°Avec un peu de chance, tu vas même me le proposer toi-même, cela m’évitera de ravaler ma fierté° ponctua-t-elle dans ses pensées.

L’aînée esquissa un sourire satisfait et répondit aussitôt.

- Tu me l’aurais demandé, je t’aurai emmené. C’est dommage que tu ne l’aies pas fait…

La demi-sang ne savait plus où se mettre. Décidément, sa sœur savait mettre le doigt où cela faisait mal. Elle baissa les yeux pour cacher ses joues qui s'étaient empourprées et dissimuler sa gêne. La main de Kassandra se posa sur son épaule, la poussant légèrement en avant avec douceur.

- Allez, je t’emmène. Je viendrais te chercher un peu avant la tombée du soir pour éviter que tu t’enrhumes dehors. Et promis, je te laisse le temps qu’il faut pour répondre à ma question, tu n'es pas obligée de me répondre aujourd'hui.

Eilith murmura un merci à peine audible et s’envola en compagnie de sa sœur vers la Pointe d’Ombrelune. La dragonne bleue tourna autour de la pointe à plusieurs reprises et se posa près d’un étrange couple. Un jeune dragon et sa liée riaient à gorge déployée tandis qu’Eilith posait ses pieds au sol. Themys observait la petite dragonne verte. Après avoir eu la confirmation qu'aucun danger ne guettait la jeune femme, elles s'envolèrent, laissant Eilith seule. Cette dernière observait le couple et un sourire éclaira son visage. La jeune dragonne verte s’approcha de la demi-ondine sans aucune hésitation.

- Eh bien, en voilà une jolie dragonne ! Comment t’appelles-tu ? lui demanda-t-elle en s’accroupissant pour lui caresser sans crainte le cou. Je m’excuse, ta liée est si adorable que je n’ai pas pu m’en empêcher. Je m’appelle Eilith, Eilith Tellis..

La jeune femme se releva, laissant apparaître sa taille mince et élancée. Ses yeux indigo se posèrent sur le visage de la chevalière, lui adressant une expression chaleureuse et avenante.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Ven 18 Aoû 2017 - 15:43 Répondre en citantRevenir en haut

Tandis que les deux liées riaient, une dragonne bleue fit son apparition et fit plusieurs fois le tour de la pointe d’Ombrelune avant de se poser et de laisser une jeune femme poser le pied à terre, puis repartit. Ottilia voulu retenir la petite verte avant qu’elle ne fasse n’importe quoi, mais celle-ci filait déjà vers l’Ondine. Heureusement, la jeune femme ne fit que se baisser pour caresser le cou de Briinah, qui le tendit le plus possible pour avoir encore plus de caresses en guise de réponse à la question qu’on lui avait posée. L’Ondine, qui s’appelait Eilith Tellis, s’excusa en disant que la saurienne était adorable. La torhille croisa les bras en regardant Eilith se lever et sourit avant de se présenter.

« Bonjour, Eilith. Moi c’est Ottilia. Et la petite verte, c’est Briinah la petite boule d’écailles qui ne tient pas en place. C’est vrai qu’elle à l’air adorable. Pourtant, elle n’a que trois jours et c’est déjà une boule d’énergie qui déborde sans cesse. »

La jeune chevalière décroisa les bras et fit signe à sa liée de venir se percher sur son épaule. Briinah, contente de pouvoir prendre de la hauteur, sauta avec agilité dans les bras de la liée puis s’installa ensuite sur une épaule, satisfaite. Ottilia gratifia la verte de quelques gratouilles sur sa tête et repassa àEilith.

« Dit moi, tu es aspirante ? Je t’ai vue arriver sur le dos d’une Bleue. Tu viens de quel kaerl ? Je ne t’ai jamais vu avant. »

La chevalière, qui sentait ses pieds se refroidir à cause de la neige, se dandina pour se réchauffer un peu. L’hiver n’était pas aussi rude qu’en Vaendark, mais la neige restait de la neige et celle-ci est toujours froide. C’était peut-être l’occasion d’aller dans un endroit avec un peu moins de neige et de faire un petit feu pour se réchauffer. C’était aussi un moyen d’entraîner son âme-sœur à faire du feu comme le font les dragons. Ottilia ne savait pas si Briinah en était capable, mais d’après ce qu’on lui avait dit, ils commençaient à faire du feu dès leur premiers jours, même si c’était peu. Comme pour tout, ils leurs fallait de l’entraînement.

« Eilith ? Que dirait-tu d’aller sous les arbres ? Il y a moins de neige et pourra faire un petit feu pour se réchauffer. Il fait froid quand on reste sur place. Et puis, ça fera une occasion à Briinah de tester ses flammes de bébé dragon de trois jours. »

Toute excitée, la verte sauta pour aller au sol et bondir autour d’Ottilia et d’Eilith. La dragonnelle envoya ses paroles dans l’esprit d’Eilith.

*Aller ! Aller ! S’il te plaît Eilith ! Accepte, je veux essayer de faire du feu comme les grands dragons ! Et puis ensuite on pourra faire plein de jeux amusants ! *

Briinah, en plus de ses paroles, tenta de séduire la demi-ondine en se frottant à ses jambes et en imitant maladroitement un ronronnement. Ottilia, amusée face au comportement de sa liée croisa à nouveau les bras et prit un air faussement sévère.

« Dit donc, tu la connais à peine et tu te frotte à elle comme ça. » Son regard se radoucit et repassa à Eilith. « Si jamais elle t’embête, dit le moi. Elle a tendance à s’emporter un peu quand elle veux quelque chose. »





Eilith Tellis
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MessagePosté le: Sam 19 Aoû 2017 - 10:37 Répondre en citantRevenir en haut

La petite verte était gourmande en caresse, et ce n’était pas pour déplaire à Eilith qui aimait sincèrement ces créatures. Toutefois, aussi adorable qu’était la petite dragonne, elle n’était pas de son Màr. Le fait que Thémys ne lui ait pas indiqué leur Màr d’appartenance ne l’avait pas rassuré au premier abord. Et puis, le puzzle se termina sans grande difficulté. D’une part jamais Kassandra n’aurait osé la laisser seule avec un membre du Màr Tàralöm. Ottilia n’était donc pas une ardente. D’autre part, elle ne l’avait jamais vu au Màr Luimë. Son nom lui aurait dit quelque chose, surtout si son empreinte était récente. Il ne restait qu’une option : le Màr Menel. La rencontre serait donc a priori agréable avec la Thorille. Cette dernière se présenta humblement ainsi que sa boule d’énergie de liée. Une remarque qui fit tinter un léger rire cristallin chez la demi-sang.

- Je suis enchantée de faire votre connaissance à tous les deux. Si elle n’a que trois jours, cela signifie que tu es une chevalière dragon depuis peu. Je t’adresses mes félicitations, ponctua-t-elle d’une voix douce et apaisante.

Le ressac de l’océan se faisait entendre au pied du gigantesque obélisque noir. Le vent soufflait légèrement mais le bruit de la mer apaisait l’ondine. Elle savait que sous cette étendue d’eau se cachait sa maison, même si la Baie d’Eau Claire n’était pas à côté. Une légère vapeur s’échappait entre les lèvres de la jeune femme. Le froid était bien présent. La neige craquelait sous les pas de la petite Briinah qui retournait se poster fièrement sur l’épaule d’Ottilia qui gratouilla sa liée avant de reprendre la parole. Eilith s’était dirigé vers la Pointe d’Ombrelume elle-même. Ses mains, gantées de cuir noir pour éviter le froid, se posèrent sur la pierre à la couleur d’ébène, et son doigt parcourut une rune ancienne, suivant le tracé délicat toujours intact de ce qui restera peut être une énigme pour de longues années. La question de la torhille était pertinente. La demi-sang se tourna vers Ottilia, gardant sa main sur l’obélisque qu’elle caressait distraitement avant de lui répondre.

- Oui, je suis aspirante depuis ce matin. Enfin bon, c’est compliqué, j’aurai dû l’être plus tôt. La bleue, c’était Thémys, la liée de ma sœur Kassandra. C’est elle qui m’a emmené ici. En ce qui concerne le Kaërl, je viens du Màr Luimë, sous les flots. Je parie que vous venez tous les deux du Màr Ménel, ponctua-t-elle avec un léger sourire avant de reprendre. Il est normal que tu ne m’aies pas vu auparavant, je suis née et ai vécue au Màr Luimë. Je n’en suis pas sortie souvent, cela-dit.

Le crissement de la neige sous les bottes d’Ottilia lui indiqua que cette dernière commençait a avoir froid. Qui sait depuis combien de temps le couple s’était posté ici. Le vent, devenu plus léger, faisait flotter les cheveux noirs de jais d’Eilith. Le froid commençait à la saisir. Ses doigts et le bout de ses oreilles commençaient à rougir. Elle n’était pas contre l’idée de se réchauffer auprès d’un feu, même si elle doutait que la petite dragonne puisse allumer un braséro géant. Un petit tas de bois ferait l’affaire de toute façon. Les pensées de la dragonne verte l’amusèrent. Sa main quitta l’obélisque pour se poster sur sa hanche, prenant un air faussement contrarié avant d’éclater de rire.

- Non, elle ne m’embête absolument pas, elle est vraiment adorable. Cela dit, je commence effectivement à geler sur place. Je te laisse choisir un endroit abrité du vent, je vais chercher du petit bois sec pour que la terrible dragonne verte Briinah l’embrase de son souffle brûlant, répondit-elle en plaisantant.

Elle prit la direction des bois situé non loin, ayant pour seul accompagnement le léger souffle de l’hiver et le bruit de la neige sous ses pas. Elle s’arrêta près d’un bouleau et, posté sur la pointe des pieds, coupa quelques branches. Elle s’enfonça un peu plus profondément et fit de même avec d’autres arbres. Après avoir jugé que le nombre de branches sèches suffisait, elle rebroussa chemin, suivant ses pas dans la mousse blanche, prenant au passage des branches humides au pied des arbres. Après quelques minutes de marche, elle retrouva la chevalière et sa liée verte, les bras chargés de bois.

- Je suis désolée si cela a été un peu long, dit-elle alors qu’elle s’accroupissait pour former un petit bûcher avec les branches.

Posées sur une pierre à semi enfouie par la neige, les branches s’amoncelaient jusqu’à ce qu’Eilith juge la quantité suffisante. Elle s’écarta, conservant une partie des branches avec elle dans ses bras.

- Et voilà Briinah, tu vas pouvoir t’entraîner ! Rajouta-t-elle en s’abritant du vent.

° J’ai juste pas envie de crever de froid ici, alors dépêche-toi s’il te plaît ° ponctua-t-elle, prenant soin de garder ses pensées pour elle.

La petite boule d’écailles vertes s’y prit à plusieurs reprises, sans succès. Eilith pouvait se montrer patiente. Elle affichait une expression neutre pendant que la dragonne s’évertuait à la tâche, l’observant de ses yeux indigo. Etait-ce là la fierté des célestes ? Des dragons incapables de souffler le chaud ? Elle avait eu vent des relations difficiles entre le Màr Menel et le Màr Luimë, notamment lors du règne de la précédente dirigeante Dinjelaï Al'Ysiria. Il lui semblait même que la position de Dinjelaï de l’époque différait de celle de son prédécesseur, Lalwendë, sans pour autant en connaître les motifs exacts. Toujours est-il que la jeune Eilith ferait attention à ne pas contrarier sans raison la chevalière. Après tout, elle n’était pas sur le même rang, même si Eilith était doté de quelques saisons de plus.

- Tu sais, ce n’est pas grave si tu n’y arrives pas. Cela viendra avec le temps, c’est comme tout, lança la demi-sang d’un ton qui se voulait doux. Après tout, tu n’as que trois jours d’existence. La mémoire de tes ancêtres te montrera un jour la voie, j’en suis persuadée. Ottilia, as-tu de quoi allumer un feu ?

La chevalière se montrerait peut-être plus débrouillarde que sa jeune liée. Pendant ce temps, Eilith fouillait dans sa besace pour prendre une bouteille d’huile et une lame, dotée d’un manche comprenant deux anneaux.

- Sinon, j’ai de quoi l’allumer rapidement, proposa la demi-ondine en versant l’huile sur le bois.

Elle prit le briquet par les anneaux en y passant ses doigts fins, prit une pierre de l’autre côté et la posa à côté du tas de bois. Elle frappa à plusieurs reprises la pierre avant que des étincelles n’embrasent les branches de bouleau. Rapidement, la chaleur se diffusait autour du petit brasier. Eilith rangea son briquet et sa fiole dans son sac qu’elle tenait en bandoulière.

- Je m’excuse, j’avais complètement oublié que j’avais de quoi faire du feu. Je ne voulais pas paraître malpolie.

Elle invita Ottilia à s’asseoir non loin d’elle. Elle tenait ses mains proche du feu pour se les réchauffer. Le vent s’était tu, laissant la Pointe d’Ombrelune dans un froid hivernal saisissant. Eilith tourna son visage vers la dragonne verte puis vers a chevalière.

- Dis-moi, comment c’est passé ton aspiranat ? Tu as appris beaucoup de choses au Màr Menel ? questionna la jeune femme.

Elle souhaitait en apprendre plus sur ce gigantesque rocher volant, et voir notamment les différences avec le Màr Luimë, si toutefois la chevalière acceptait de se montrer loquace à ce sujet.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mer 30 Aoû 2017 - 18:04 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia accepta les félicitations d’Eilith quant à son Empreinte récente, avec un léger sourire. La torhille l’écouta ensuite parler , toujours en luttant contre le froid. Ainsi, la chevalière bleue était la sœur de l’ondine. Elles avaient une chance incroyable d’être toutes les deux au même endroit, dans le même kaerl, chance que la chevalière verte n’avait pas. Elle n’avait aucune famille sur Tol Orëa. Puis l’aspirante affirma appartenir au kaerl englouti. Encore un Neutre ? Décidément, elle en rencontrait pas mal ces derniers temps. Quoique, il y avait juste Eirwen, une Neishaan-Elfe qui lui avait appris à tirer à l’arc. Sortant de ses réflexions, la torhille fit oui de la tête avant de répondre à la question.

« Eh bien, oui, je suis du Màr Menel. J’ai déjà rencontrer une aspirante de ton kaerl. » Elle fit une pause pour refouler des souvenirs qui risquaient de lui gâcher sa journée, puis reprit. « Tu sais, tu as de la chance d’être née ici et d’être avec ta sœur. Moi je suis d’Asinien et mon grand-frère et ma petite sœur y sont toujours. Tu ne te rends peut-être pas compte de la chance que les personnes originaires des kaerls ont. Mais je ne vais t’ennuyer avec ça. Mes problèmes familiaux ne t’intéressent sûrement pas. »

Non mécontente qu’Eilith commence aussi à avoir froid et qu’elle affirme que Briinah ne l’embête pas, Ottilia alla chercher un endroit confortable et à l’abri du vent, comme convenu. L’orée de la forêt était le meilleur endroit pour ça. Protégé par des arbres et le sol couvert de feuilles mortes rendraient l’endroit agréable et confortable. Quelques sapins parsemaient l’endroit et la torhille prit soin de les éviter pour ne pas se retrouver avec des aiguilles piquantes sous son fragile postérieur. Briinah la suivait en sautillant, attrapant des brindilles au passage pour tracer des traits dans la neiges.

* Décidément, un rien t’amuse toi*
*Ah, Oui ! C’est drôle la neige ! On peut faire pleins de traces ! *


Ottilia éclata de rire et s’arrêta soudainement en reconnaissant l’endroit où elles se trouvaient. Son visage s’assombrit et resta sur place. Il ne restait rien des animaux des animaux qu’elle avait vu, ni plus aucunes traces de ce qu’il s’était passé. Pourtant, la torhille restait plantée là en tremblant, comme hypnotisée, revoyant la scène comme si elle n’avait été que simple spectatrice. Affolée par les pensées de sa liée, Briinah lui sauta dessus pour la ramener à la réalité.

*Ottilia ! C’est pas vrai, il n'y a rien ! Reviens à toi ! *

La chevalière sursauta à cause de l’irruption de la Verte dans son esprit, et lui répondit en caressant la tête écailleuse de la saurienne.

* Si, tout est réel. J’ai tué quelqu’un. Même si c’est un bandit, je n’aurais pas dû. Tu ne dois le dire à personne. C’est un secret. D’accord ? *
* Si tu l’a fait, c’est que tu avait une bonne raison. Je le sais. Mais d’accord ! Je le dit à personne.*


La torhille sourit et alla s’asseoir un peu plus loin pour attendre Eilith. Tout en patientant, elle contempla la cicatrice de son bras droit, souvenir du terrible cauchemar qu’elle avait vécu ici. La petite, sentant les émotions de sa moitié d’âme, posa une patte sur le trait pâle qui barrait le bras droit d’Ottilia. Lorsqu’elle entendit les bruits de pas de l’Ondine, tout du moins elle l’espérait, la chevalière cacha son bras et fit comme s’il n’y avait jamais rien eu. Même si sa bonne bonne humeur n’était plus là, ce qui devait certainement s’entendre dans sa voix et son ton assez monotone.

« Hmmm ? Ah, non, ce n’est pas grave si tu as mit du temps. J’ai trouver l’endroit y’a pas longtemps. » Ottilia attendit Qu’Eilith termine de disposer le bois pour faire le feu, le regard dans le vide. Elle revint à nouveau à elle lorsque l’ondine eut terminer. « Vas-y, Briinah, essaye. »

Joyeuse, la petite verte sauta autour du bois puis essaya de faire des flammes. Elle dû s’y prendre à plusieurs reprise, sans succès. Déçue, Briinah alla se blottir contre la torhille qui la caressa du bout des doigt en la couvant du regard.

« C’est pas grave, il te faut de l’entraînement. Tu y arrivera une prochaine fois. »

La dragonne finit par s’endormir et Ottilia sorti la petite couverture de son sac pour maintenir sa protégée au chaud. Eilith demanda à la chevalière si elle avait de quoi faire du feu. Cependant elle n’eût pas le temps de répondre car l’Ondine se mit rapidement à en allumer un. *Pourquoi me poser la question si tu le fais toi-même ? * La torhille décida de ne rien dire, la laissant faire. Si elle avait oublier qu’elle avait de quoi faire du feu, pourquoi lui en vouloir ? La torhille n’était plus vraiment d’humeur et se sentait de moins en moins à l’aise entre les arbres d’Ombrelune. Puis Eilith voulu savoir comment s’était passé son Aspiranat et savoir ce qu’elle avait appris au Màr Menel. Bien qu’elle soit gentille, L’ondine appartenait à un Kaerl différent et la chevalière ne vouait pas dévoiler d’informations. Mieux valait être prudente.

« Tout s’est très bien passé. Mon Maître m’a appris tout ce que je devais savoir pour être prête à passer l’Empreinte. J’apprends toujours à manier les armes avec un autre Maître, la bibliothèque est là si j’ai besoin de trouver certaines informations. Puis ce que j’ai appris au Màr… J’ai appris qu’il peut parfois être long et difficile de trouver son chemin, mais qu’une fois qu’on le trouve, nous arrivons à nous surpasser pour réaliser ce que l’on souhaite. Qu’il ne sert à rien de se comparer aux autres, car nous sommes nous, nous ne sommes pas les autres. Chacun à sa manière de faire et de réagir à un problème. J’ai appris de mes erreurs grâce à un ami qui a su m’ouvrir les yeux. Maintenant j’ai Briinah et des amis qui me sont cher. J’apprends donc à les protéger, ainsi que mon kaerl. C’est ma volonté. Je ne veux pas à avoir à me cacher derrière les autres. Je veux aider. Mais ce n’est plus vraiment la réponse à ta question. »

Ottilia posa sa main sur la tête de la dragonnelle et vit un petit flocon de neige tomber. La chevalière se revit à l’école alors que de gros flocons tombaient du ciel Vaendarkien. Ce jour là, ils apprenaient des poèmes sur le thème de l’hiver. Il y en avait un qu’elle avait retenu et qu’elle avait beaucoup aimé. Le réciter pourrait put-être l’aider à se sentir plus à l’aise. Sans demander l’avis d’Eilith, elle récita les vers qui avaient bercés une partie de son enfance.

« La neige – le pays en est tout recouvert –
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge,
Et, du fond des remous, à l’horizon désert,
Par des vibrations d’azur tendre et d’or vert,
Dans l’éblouissement, la pleine lune émerge.

A l’Occident s’endort le radieux soleil,
Dans l’espace allumant les derniers feux qu’il darde
A travers les vapeurs de son divin sommeil,
Et la lune tressaille à son baiser vermeil
Et, la face rougie et ronde, le regarde.

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis
Se teinte sous le flux enflammé qui l’arrose.
L’ombre de ses replis a des pâleurs d’iris,
Et, comme si neigeaient tous les printemps fleuris,
Sourit la plaine immense ineffablement rose. »


Contente et détendue, Ottilia sourit. Briinah se reveilla et sautilla partout dans la neige. La verte se mit à grogner de joie puis fit une petite flammèche qui embrasa une petite brindille. Heureuse, elle envahit les pensées d’Eilith et de sa liée.

*J’ai réussi ! J’ai fait du feu vous avez vous ? Hein, vous avez vu ? J’ai fait du feu !! *

« Oui Briinah, j’ai vu. Tu as fait du feu. Bravo petite boule d’écailles vertes »

L’enthousiasme de son âme-sœur lui fit chaud et coeur et Ottilia retrouva le sourire, puis se mit à rire.





Eilith Tellis
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MessagePosté le: Jeu 31 Aoû 2017 - 11:16 Répondre en citantRevenir en haut

Les branches d’arbres craquelaient dans le petit braséro. L’attitude de la Torhille avait changé. Eilith aurait-elle dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? La jeune femme n’avait pas pu se vexer pour cette histoire de feu, ou alors était-elle devenue susceptible ? La demi-sang se mordilla la lèvre inférieure, comme prise de regret. Il n’était guère dans ses habitudes de blesser les gens, elle qui était pourtant si douce et avenante. Elle plongeait son doigt dans la neige, créant distraitement des formes abstraites, en écoutant le récit au ton monotone d’Ottilia. Elle éludait habilement la question, jusqu’à avouer que la réponse n’était pas apportée. Une pointe de déception se lisait sur le visage de la semi-ondine. Au final, Eilith avait tout de même appris que la Torhille se formait au maniement des armes. Voilà une information que la jeune femme n’oublierait pas.

Lorsque son interlocutrice évoqua ce qu’elle avait appris, la déception se transforma en contrariété. Ne pas se comparer aux autres ? Savait-elle seulement ce que c’était de vivre dans l’ombre de quelqu’un ? De ne pas être reconnue pour elle-même, mais comme la sœur de Kassandra Tellis, la Grande Kassandra qui réussit mieux que tout le monde, qui s’est lié plus jeune que le sera Eilith, qui a su devenir un membre du Conseil respectée et respectable. La mâchoire serrée, la Fille de Lune détourna le regard. Le far lui montait au joues et son regard s’était quelque peu durci. Le temps de reprendre ses esprits et d’un poème récité avec douceur, la dragonne avait soufflé le chaud sur une brindille qui s’embrasait immédiatement.

La joie illumina le visage d’Ottilia. Visiblement, le lien entre la Torhille et sa liée était fort. Après tout, il s’agissait de l’autre moitié de son âme, une sensation que ne connaissait pas la demi-sang. Elle en avait connaissance, sa sœur s’était longuement appesantie à ce sujet après son empreinte auprès de ses parents. Des mots dont la compréhension avait totalement échappé à la jeune femme qui s’était alors réfugiée dans sa chambre, refusant de participer au spectacle qu’elle abhorrait. Briinah pénétra dans l’esprit d’Eilith, l’emplissant d’un sentiment de bonheur intense. Un faible sourire s’afficha sur le visage de la jeune femme. D’un côté, elle était contente d’avoir assisté au premier jet de flamme d’un dragon. Ce n’était pas tous les jours que l’on voyait un tel spectacle. De l’autre, cela lui rappelait encore et toujours son retard par rapport à Kassandra.

Ses yeux fixaient les flammes de la brindille, la jeune femme était perdue dans de lointaines pensées. Ce jour où, face aux panneaux de verre des sables d’éclosion, elle avait menti à sa sœur aînée. Elle lui avait dit qu’elle était heureuse pour elle qu’elle devienne un chevalier dragon, qu’elle était fière d’elle. Etait-ce des paroles en l’air, ou bien était-ce la vérité ? Elle-même en doutait. Le rire d’Ottilia la tira de sa torpeur et la ramena à la réalité. Une réalité froide, à la Pointe d’Ombrelune recouverte d’une épaisse couche d’albâtre. La jeune femme frappa des mains pour enlever la neige qui s’était accrochée à ses gants et tourna la tête vers la Torhille.

- Ta liée progresse vite. Bientôt, elle saura voler. Elle a le sang de ses ancêtres et leurs souvenirs, nul doute qu’elle fera une excellente âme-sœur.

Elle laissa planer un silence, observant la dragonne et la chevalière. Un jour aussi, elle serait liée et connaîtrait ce bonheur. Mais ce ne serait pas pour tout de suite. Curieuse de connaître la raison du brusque changement d’humeur, Eilith poursuivit sa discussion.

- Je suis désolée si cela te semble totalement inapproprié, et si tu ne souhaites pas en parler, je comprendrais. Quand je suis revenue, tu avais l’air toute chamboulée, comme si tu étais triste. Ais-je dis quelque chose qu’il ne fallait pas, ou bien est-ce ta famille qui te manque ?

La curiosité de la demi-sang ne se voulait pas mal placée. Bien au contraire, elle était persuadée que crever l’abcès permettrait qu’elle se sente mieux. Etait-ce lié au lieu, à un évènement précis qui s’était déroulé ici ? Devant le silence de la Torhille, Eilith baissa la tête, ramassa un peu de neige et la laissa tomber entre ses doigts, cherchant un moyen d’en savoir un peu plus. Puis, l’idée lui vint en tête et elle reprit la parole.

- Tu sais, tout à l’heure tu m’as dit que j’avais de la chance d’être née et d’avoir vécue au sein de mon Kaërl, de sorte que je n’ai pas connu l’éloignement de ma famille. Tu as raison, nous avons des histoires bien différentes. Peut-être que sur les continents, là-bas au-delà de l’Océan, la vie est impitoyable. Peut-être vivais-tu dans la pauvreté avant, peut-être ton village a-t-il été massacré ? Je ne l’espère pas.

La Fille de Lune marqua un temps d’arrêt, repoussant les mèches de cheveux rebelles derrière ses oreilles.

- A ma façon, j’ai connu l’éloignement de ma famille. Mais j’ai aussi connu la peur, voir la terreur. J’ai vu des crabes géants envahir notre Màr Luimë, massacrer sans pitié des aspirants – parfois plus jeune que toi et moi. Je me rappelle encore ce moment comme si c’était hier. Le bruit de ces os broyés par les pinces, les cris affolés, le chant des dragons pleurant leur pair… Et la fissure sur le dôme de verre. Imagines-tu le Màr Ménel glisser lentement dans une chute vers le sol ? Fort heureusement, nous avons été protégés par nos maîtres et nos chevaliers. Mais combien sont tombés dans ce lieu dans lequel je suis née et ait vécue ? Je ne veux pas m’apitoyer sur mon sort, loin de là. Je veux juste dire que chacun d’entre nous à eut ses moments de peine et de joies et que nul sort n’est enviable à un autre…

Il était rare qu’Eilith se confie sur l’attaque de Drazahir, l’un des moments les plus marquants du Màr Luimë. Elle aurait pu mourir ce jour-là si les forces vives du Kaërl n’avaient pas fait le nécessaire. Le Kaërl céleste avait certainement eu son lot également, mais elle doutait que la Torhille y soit présente à ce moment. Cela remontait à un certain temps après tout et elle venait de l’extérieur.

- Mais bon, ce n’est pas grave, on devrait plutôt se réjouir de l’avancée de Briinah !

Tout en prononçant ses mots, la jeune femme rassembla de la neige pour en former une boule. Un sourire espiègle s’afficha sur ses lèvres et elle se leva brusquement, courant à travers les arbres avant de se retourner et de la lancer en direction d’Ottilia. La boule rata son objectif qui explosa sur l’arbre derrière elle. Un éclat de rire s’ensuivit et elle esquiva de justesse l’autre qui rasa ses cheveux. Le temps d’en former une autre, la dragonne s’était déjà rapprochée d’elle en courant, faisant crisser la neige sous ses pas. La demi-sang lança sa boule de neige maladroitement sur la chevalière dragon, glissant et tombant au sol en pouffant de rire.



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MessagePosté le: Lun 11 Sep 2017 - 18:19 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia était heureuse de voir sa Liée progresser ainsi. Eilith avait raison, peut-être saurait-elle bientôt voler. Oui, Briinah était déjà une excellente âme-sœur, malgré son énergie débordante. Le silence régna pendant un instant, puis la demi-ondine posa une question qui poussa la torhille à faire disparaître son sourire et sa bonne humeur. De nouveau, les souvenirs revenaient en force à la manière d’un coup de couteau dans la poitrine. La chevalière resta silencieuse, le visage figé et le regard perdu. La dragonne vint se blottir contre sa liée pour essayer de la réconforter un peu. Face à son silence, Eilith essaya de chercher ce qui avait pu causer un tel changement d’humeur.

« - Tu sais, tout à l’heure tu m’as dit que j’avais de la chance d’être née et d’avoir vécue au sein de mon Kaërl, de sorte que je n’ai pas connu l’éloignement de ma famille. Tu as raison, nous avons des histoires bien différentes. Peut-être que sur les continents, là-bas au-delà de l’Océan, la vie est impitoyable. Peut-être vivais-tu dans la pauvreté avant, peut-être ton village a-t-il été massacré ? Je ne l’espère pas. »

Elle marqua un arrêt et reprit, racontant l’histoire qu’elle avait vécu au kaerl.

« - A ma façon, j’ai connu l’éloignement de ma famille. Mais j’ai aussi connu la peur, voir la terreur. J’ai vu des crabes géants envahir notre Màr Luimë, massacrer sans pitié des aspirants – parfois plus jeune que toi et moi. Je me rappelle encore ce moment comme si c’était hier. Le bruit de ces os broyés par les pinces, les cris affolés, le chant des dragons pleurant leur pair… Et la fissure sur le dôme de verre. Imagines-tu le Màr Ménel glisser lentement dans une chute vers le sol ? Fort heureusement, nous avons été protégés par nos maîtres et nos chevaliers. Mais combien sont tombés dans ce lieu dans lequel je suis née et ait vécue ? Je ne veux pas m’apitoyer sur mon sort, loin de là. Je veux juste dire que chacun d’entre nous à eut ses moments de peine et de joies et que nul sort n’est enviable à un autre… »

Pourquoi donc raconter ça ? Ottilia leva la tête et décida donc de s’expliquer, en prenant soin d’éviter certains détails.

« Je suis d’Asinien. Mes parents tiennent un forge, ma petite sœur et moi ne sommes pas très proches et mon frère, le seul avec qui je passait la plus grande partie de mes journées s’est éloigné de moi en rejoignant la garde d’Asinien, puis je suis partie pour Tol il y a maintenant… presque quatre mois. »

Ottilia inspira un grand coup avant de passer à la partie qu’elle désirait par dessus tout oublier.

« Je suis désolée pour ce qu'il vous est arrivé avec ces crabes. Si je suis comme ça c’est à cause de ce qui est arrivée ici. Je devais cueillir des fleur et des bandits s’en sont pris à moi. C’est uniquement grâce à une chevalière bleue que je suis encore ici. D’ailleurs elle n’est pas du tout céleste. J’imagine qu’une ondine avec une hache, une jeune dragonne bleue qui à l’air d’avoir des origines Vaendarkienne ne te dit rien. Si c’est le cas, c’est qu’il s’agit d’une Ardente. Enfin, la façon dont elle s’est occupée des bandits n’était pas très beau à voir. »

Contente d’avoir pu parler un peu de ça, la torhille soupira et posa une main sur la tête de sa moitié d’âme. Eilith proposa de se réjouir du progrès de la Verte plutôt que de s’attarder sur de tels souvenirs. Soudainement, une boule de Neige vola en éclat tout près d’elle et éclata de rire. La chevalière fit rapidement une boule de neige qu’elle lança et qui rata sa cible. Eilith prépara une autre boule de neige alors que Briinah courait droit vers elle. La demi ondine la lança et glissa, puis la Verte sauta pour faire éclater la boue de neige d’un coup de patte. Ottilia se baissa pour refaire une autre boule de neige et regarda Eilith, une lueur de défi dans les yeux.

« Tu veux faire une bataille de boules de neiges avec une torhille qui est née et à vécu sur les terres froides et enneigées du Vaendark ? Crois-moi, des batailles j’en ai fait ! »

Elle lança la boule qui s’écrasa sur le pied de la demi-ondine et la chevalière en fit une autre qu’elle lança sur sa liée qui se la prit sur le flanc. Briinah grogna, ses yeux prenant une légère teinte orangée, trahissant son excitation. La dragonne fouettait l’air de sa queue en guettant l’arrivée d’une nouvelle boule de neige alors que la chevalière sa cacha derrière un arbre pour se faire un stock de boules de neiges.





Eilith Tellis
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MessagePosté le: Sam 28 Oct 2017 - 14:53 Répondre en citantRevenir en haut

Le temps passait à une vitesse incroyable. Le soleil amorçait déjà sa pente descendante dans un ciel ponctué de flocons blancs se posant délicatement sur le manteau blanc recouvrant le sol. D’autres avaient amorcés leur déliquescence et perçait la couche de neige, teintant à son endroit de gris son passage. Le feu continuait de crépiter aux abords de la pointe d’Ombrelune. Pendant ce temps jouaient deux jeunes filles, avec l’innocence des temps heureux. Des temps qui ne dureraient pas. Eilith le savait. Ce moment ne serait qu’un instant de repos avant la longue bataille qui se jouerait dans le futur, une guerre qu’elle aurait à mener seule. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune fille alors que la boule de neige quittait ses doigts pour percuter l’arbre derrière lequel s’était réfugié Ottilia.

Le temps passait sans discontinuer jusqu’à ce qu’une présence la fige. Immobile, elle leva les yeux au ciel. Une ombre gigantesque traversa sans un bruit devant ses yeux, avant de se dévoiler dans la clairière voisine. Elle était revenue. Le temps des sourire s’effaça sur son visage aussi rapidement que le pourpre de ses joues. La joie laissa place à la froideur. Elle soupira en baissant la tête et s’approcha de l’obélisque. Les écailles bleues luisaient au soleil, les yeux opalescents semblaient la fixer d’un regard accusateur alors qu’une légère brume s’échappait d’entre ses crocs.

Kassandra se laissa tomber au sol, l’air grave. Si elle s’apprêtait à lancer une quelconque plaisanterie, alors le moment serait mal choisi. D’un œil, l’aînée fixait Briinah et Ottilia. Une tension s’installait, bien loin de ce qu’avait vécu Eilith en partageant ces moments avec la Torhille et sa liée. La tête baissée, la cadette s’approcha du dragon avant de jeter un dernier regard derrière son épaule. Le couple pris son envol, sans un mot.

En arrivant au Màr Luimë, Kassandra ne put s’empêcher de prévenir sa sœur, d’une voix exprimant à la fois inquiétude et gravité.

- Tu joues un jeu dangereux, Eilith. J’ai pris des risques pour t’amener à la Pointe d’Ombrelune malgré l’interdiction formelle de quitter le territoire édicté par notre Seigneur. Que tu veuilles t’isoler pour réfléchir à je-ne-sais-quoi passe encore. Mais sympathiser avec une chevalière du Màr Ménel peut t’amener plus de problèmes que de solutions !

Eilith tourna le dos à sa sœur. Pourquoi n’avait-elle juste rien dit ? Pourquoi fallait-elle qu’elle joue à la grande sœur protectrice ? Etait-elle sa mère ? La mâchoire serrée, elle luttait pour ne pas éclater en fureur. Finalement, elle laissa sa sœur derrière elle, la laissant avec sa liée en maugréant. Certes, elle avait enfreint les règles. Mais qui le savait ? Qui s’intéresserait à une aspirante aussi transparente ?

Ainsi se terminait cette rencontre qui resterait gravée dans la mémoire de la neishaane pendant un long moment.



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