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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 21:12 Répondre en citantRevenir en haut


Adhâvan Ilaiyaraja & La Blanche Rakesh

Theme Song :
Cold – Jorge Méndez


Un peu plus tard ...


Dans la chambre plongée dans une semi-obscurité, entre les murs de pierre, le seul son qui troublait à présent le silence épais, était celui de leurs souffles apaisés après l'embrasement qui les avaient saisis. Le brasier dévorant délibérément allumé par les dragons, et qu'ils avaient sciemment choisi d'entretenir, s'était tu. Allongé, immobile en dehors de sa poitrine qui se soulevait lentement, son avant-bras reposant sur ses yeux et sa chevelure d'or pâle étalée en corolle tout autour de sa tête, Adhâvan ressentait dans sa chair une forme d'engourdissement paradoxal, tant son esprit lui paraissait, lui, agité et nerveux. Il lui semblait que des heures, des jours entiers, s'étaient écoulés depuis son face à face avec le Chevalier Bronze.
Il éprouvait une grande difficulté à mettre de l'ordre dans ses idées, tant la vision de cet instant partagé avec Nagendra, de leur étreinte, passait et repassait sous ses paupières closes, alors que chaque moment, chaque geste, lui apparaissait avec une précision quasi chirurgicale, que chaque parcelle de son corps semblait juste se souvenir ... Et en désirer plus.
Le léger froissement des tissus chutant à terre. Le crissement soyeux de ses cheveux libérés, égrénés entre ses doigts. La flamme ardente de la passion brûlant dans ses iris ambrés. Le son tout à la fois apaisant et affolant de sa voix, caressante comme du velours. Le contact de ses paumes et de son souffle sur sa peau nue, celui de ses doigts entremêlés aux siens, celui de ses lèvres sur les siennes ... Pour tout cela, tout ce qu'il lui avait offert, il lui était sincèrement reconnaissant.
Et cependant, la respiration presque douloureuse, il n'osait faire le moindre mouvement, incertain de la réaction en chaîne que cela pourrait bien provoquer. Il ressentait grandir en lui un profond accablement, au fur et à mesure que la réalité de leur situation reprenait ses droits.

Dans un réflexe hésitant et une brève étincelle de colère, le Chevalier Blanc tendit son âme vers sa Liée, quêtant un vain réconfort, mais Rakesh dormait, ou bien lui refusait l'accès à son esprit, et il ne percevait d'elle qu'un lourd sentiment de satisfaction, d'un orgueil féminin, qui le dépassait largement. Car sa propre union avec Llyr avait été consommée ... Et son but atteint, elle se désintéressait visiblement de la pauvre âme mortelle qui avait été entraînée dans ce tourbillon de désir ardent, qui l'avait submergé, puis englouti, telle une vague gigantesque, avant de se retirer tout aussi brutalement. Une fois encore, il s'interrogea, la question inévitable, lancinante et cruelle, revenant à la surface à chaque fois qu'il la repoussait de sa conscience. Dans quelle mesure Aodren avait-il prévu ce qui découlerait de leur entrevue, dans quelle mesure avait-il été le pantin docile nécessaire à l'accomplissement de ses ambitions ? Que lui restait-il à présent de cette ... félicité totale, de cette douceur, qu'il avait ressenti encore peu de temps auparavant, pris dans l'étreinte des bras de Nagendra ?

... Depuis combien de temps ?

Pour toute réponse, un sentiment de solitude et de désolation dévorant vint lui poindre le cœur, son souffle se bloquant soudainement dans sa gorge, tandis qu'un grand froid s'abattait sur lui. Il avait souhaité vertueusement que ce soit différent, et cela l'avait été, jusqu'à un certain point. Il allait devoir à présent affronter les conséquences de ses actes, affronter le regard et le jugement de son compagnon, et cela plus que toute autre chose l'emplissait d'une terreur glacée. Il le savait, il l'avait su dès le départ, mais avait pensé que peut-être, une conclusion, un aboutissement différent se dessinerait … Car, pris dans l'étau de sa panique, il ne parvenait maintenant pas à imaginer autre chose que du dégoût et du rejet.

Alors, suffoquant littéralement, Adhâvan porta ses doigts à son visage en percevant sur ses lèvres entrouvertes la morsure salée de larmes qu'il avait oublié être en capacité de pouvoir verser. Ses iris mordorés s'écarquillèrent largement sous le choc, tandis qu'il basculait lentement en position assise, enfouissant un bref instant sa tête entre ses mains, tournant le dos à la présence de Nagendra qu'il percevait obscurément à ses côtés. Son regard égaré captant l'ombre accusatrice du ruban qui avait servi à attacher ses cheveux, abandonné non loin à terre, telle la pièce à conviction d'un crime sordide, il allongea le bras pour le récupérer, le lissant nerveusement entre ses doigts. Qu'allait-il pouvoir dire, quelle explication allait-il pouvoir donner ?

Un mouvement discret puis un imperceptible bruissement de tissus derrière lui fit aussitôt courir un frisson de malaise le long de son échine. Non, il ne pouvait pas, n'osait pas, tout simplement, une nouvelle fois, lui faire face.

Et le silence s'étira, marqué lourdement, à ses oreilles, par les battements sourds et réguliers de son cœur.

Plus pour se redonner contenance que par réel besoin, l'Elfe ramena ses pâles cheveux blonds par dessus son épaule, commençant à les natter par un automatisme inconscient, tandis qu'il lui semblait sentir, imaginer peut-être, la brûlure intense du regard du Chevalier Bronze sur sa peau. Il savait qu'il lui exposait ainsi les fines cicatrices blanches qui zébraient son dos, souvenirs dégradants et honnis de son passé d'esclave, dont il lui semblait qu'il ne pourrait jamais totalement se libérer. Le souhaitait-il réellement après tout ? Le goût âcre que cette question honteuse fit naître sur sa langue le laissa vaguement nauséeux. Peu lui importait à présent, car même si l'obscurité effaçait probablement ces marques détestables qu'il se refusait de laisser qui que ce soit apercevoir, son compagnon avait certainement eu tout le loisir de les découvrir durant leur étreinte.

Ses poings se serrèrent alors convulsivement, jusqu'à ce que dans la chair délicate de ses paumes s'impriment les marques sanglantes de ses ongles, et il releva la tête, contemplant le plafond obscur, cherchant à assembler les mots qui seraient nécessaires pour briser le charme que le silence laissait encore planer sur eux. Il était impératif de rompre cette douce illusion avant que cela ne devienne trop douloureux pour lui, pour eux. Les regrets, dont il sentait la présence étouffante au creux de son ventre, ne lui venaient pas de ce qu'il avait partagé avec Nagendra, mais de ce qui allait irrémédiablement suivre. Quelle serait la réaction de celui qui avait été son amant, maintenant que l'influence des dragons et du désir mutuel s'était enfuie, ne laissant que deux hommes face à eux-mêmes ?

Adhâvan s'attendait à des mots durs, n'ayant jamais connu que cela. Et, suivant délicatement l'arrondi de ses pommettes saillantes, comme un cruel fantôme des caresses que son partenaire avait pu lui prodiguer, une nouvelle perle cristalline roula lentement. En lui, pourtant, luttant face à sa résolution vacillante, se débattait un jeune garçon, qui hurlait à s'en briser la voix, suppliait qu'on ne le rejette pas, qu'on ne l'abandonne pas une nouvelle fois. Il ne voulait plus souffrir. Et pour cela, ne valait-il pas mieux éviter tout attachement aveugle, tout fantasme absurde, tout espoir présomptueux que la situation puisse se dérouler autrement ? N'étaient-ils pas, après tout, à peine plus que des étrangers l'un pour l'autre ? Sa culpabilité était trop forte. Il était seul face à ses décisions, d'une solitude absolue qu'il ne se souvenait plus avoir ressenti depuis bien longtemps … Et, une fois encore, Rakesh, pour qui il éprouvait tant de sentiments ambivalents, n'était pas là pour le guider.

C'est pourquoi, prenant une profonde inspiration, se raidissant contre ce qui allait inéluctablement se produire, et se haïssant d'avance pour les mots qu'il allait prononcer, il murmura, tant qu'il s'en sentait encore capable :

« J'ai besoin de savoir … Accepteras-tu la mission qui t'as été confiée ? »

Et avant que l'Humain ne puisse répondre, se sentant profondément désolé, avec une note imperceptible de supplication dans sa voix, autrement enrouée par une fatalité qui lui semblait anesthésier lentement toute vie en lui, il rajouta dans un souffle :

« Je fais le serment, sur ma vie, que je ne révélerai rien à Aodren de … ce qui s'est passé entre nous. Il n'en saura rien. Je lui rapporterai uniquement ta décision. Je te le promets. »

Son honneur personnelle, il ne s'en souciait plus, depuis bien longtemps, tant les fois où elle avait été soigneusement foulée aux pieds avaient été innombrables. Il était voué à l'ombre, rien qu'une arme destinée à servir et à se soumettre, à qui l'on confiait les tâches ingrates que les puissants refusaient d'accomplir. La souffrance et l'humiliation étaient des compagnes qu'il avait pris l'habitude d'avoir à ses côtés. Mais Nagendra … Nagendra était fait d'une toute autre étoffe. Il lui semblait qu'il ne pouvait rayonner qu'en pleine lumière et qu'il était inévitablement destiné à côtoyer les sommets. Il ne se pardonnerait pas que sa réputation soit souillée par sa faute. Par ce serment, c'était son frère d'armes, peu importaient ses choix à venir, qu'il cherchait à épargner. Alors, pourquoi, au nom des Dieux, avait-il l'impression de le poignarder lâchement dans le dos ?

Se redressant complètement, bien que légèrement vacillant sur ses jambes, toujours refusant de ne serait-ce que croiser le regard du Chevalier Bronze, de peur de perdre le fragile contrôle qu'il parvenait à maintenir sur lui-même, Adhâvan se mit alors en quête de ses vêtements, gisant oubliés un peu plus loin, renfermant à nouveau tout sentiment parasite et futile en son cœur. C'était probablement mieux ainsi.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Jeu 4 Jan 2018 - 21:12 Revenir en haut

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