Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP Officiel] L'Or des Cieux Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Oracle Tol Orëanéen
Maitre du Jeu
Maitre du Jeu

Hors ligne

Inscrit le: 11 Fév 2008
Messages: 675
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 624
Race: Dragon Primordial

MessagePosté le: Dim 2 Juil 2017 - 19:53 Répondre en citantRevenir en haut


Katell de Leysse et la Dorée Ky'rinth

Theme Song :
Calling the Others – Anilah


Dernier Quartier, Mystraku 918, milieu de la nuit.


Allongée sur sa couche brûlante, environnée par une multitude innombrable de grains minuscules, dont la pâle couleur n'était pas sans rappeler celle de sa brillante armure, le bout de sa queue agité par une impatience non feinte, la Dorée était dans l'expectative. Les jours et les nuits se succédaient, et le temps s'étirait en longueur, tandis que les œufs reposaient avec langueur sur les sables d'Eclosion. Lovée étroitement autour des coquilles de nacre, elle tendait son esprit vers leurs précieux habitants, tentant de toucher les âmes qui y palpitaient doucement. Ces dernières heures, elle les sentait s'agiter étrangement, se retournant, encore et encore, dans leur prison devenue trop étroite pour leurs corps pleinement formés. Le moment était-il enfin venu ?

Ses petits ne semblaient pas pressés de se montrer au grand jour, de devenir la fierté du Kaerl réuni pour les admirer et célébrer leur naissance. Et Ky'rinth voyait se rapprocher la fin de l'année à grands pas, non sans une certaine anxiété mêlée de contrariété. Il serait de la plus mauvaise augure que l'Empreinte se réalise le jour charnière, dans cet entre-deux juste avant que Mystra céde à Isashani sa préséance sur la vie des mortels. Le Jour de Kaziel. Cette nouvelle couvée, la première depuis la naissance honteuse des enfants de Rintrah sur les sables du Ssyl'Shar, la première depuis la fin assurée de l'Ombremage, ne devait en aucun cas être marquée du sceau du Chaos … Elle qui s'était unie à son partenaire – un grand Noir presque de taille à rivaliser avec celle d'une Reine – sous la bénédiction de Flarmya, près de huit lunes auparavant, lors du solstice d'été, aspirait à restaurer la grandeur de la lignée Céleste.

Certes, l'ascendance sauvage de Rintrah tout comme la lignée maternelle de Seldryn, son propre frère de sang, qui descendait de la grande Kiruna, avait apporté une puissance et une qualité non négligeable à la couvée qui en avait résulté … Qui avait été délibérément gâchée par une éclosion en terre étrangère, où la majorité des petits avaient péri dans leur écrin de calcaire. Quant à ceux qui avaient survécu ? Le Bronze Maodan, et la Dorée Vahi'Nearii, si beaux, si fiers. Disparus. Morts peut-être. Ils avaient quitté le Màr Menel avec leurs liés respectifs et on était désormais sans nouvelle d'eux depuis plusieurs lunes. Et l'idée que deux autres petits avaient rejoint le Màr Tàralöm la faisait frémir d'une fureur irrépressible. Fidèle aux idéaux Galastden, tout comme sa Liée, elle ne pouvait pas supporter la pensée que le bien le plus précieux du Kaerl Céleste – son propre sang ! – avait été offert à leurs ennemis jurés avec une telle désinvolture.

Se redressant lourdement au dessus de ses œufs, les iris rougeoyants, elle fixa d'un air menaçant la petite silhouette qui, à demi masquée par l'obscurité, s'avançait vers elle, le pas vif et la tête haute. Lorsqu'elle reconnut Katell, Ky'rinth se détendit. Tout irait bien. Bientôt ses petits déploieraient les ailes sous les cieux d'Ouranos, et connaîtraient la chaleur de la caresse de Solyae, lorsqu'ils survoleraient la citadelle Céleste.

**Katell. L'heure est proche. Que l'Ordre tout entier s'assemble ! Fais résonner l'appel aux Candidats, et qu'ils se présentent devant moi pour être jugés !**

Ses yeux bleus brillant de ferveur et de fierté, la jeune Humaine à la chevelure aile de corbeau acquiesça silencieusement, passant une main affectueuse sur les écailles d'or de sa Liée. Oui, plus qu'une naissance, ce serait une renaissance pour le Màr Menel !

***


Surplombant les sables d'or, les gradins bruissaient d'une joyeuse agitation, le bruit des conversations se mêlant jusqu'à former un brouhaha indistinct. Les membres du Màr Menel s'étaient réunis nombreux pour assister à cette nouvelle Empreinte, malgré l'heure tardive de la nuit, et les Candidats aptes, déjà pré-sélectionnés quelques semaines auparavant, avaient été tirés de leur lit sans ménagement. On ne faisait pas attendre une Reine, pas plus que ses petits. Les potentiels élus, eux, en revanche, devraient patienter, se dandinant d'un pied sur l'autre dans leur tenue immaculée, voués au bon vouloir des dragonneaux à naître.

Trois des Candidats particulièrement lui paraissaient sortir du lot.

Zoran Cynfelyn, garçon au teint maladif qui avait été présenté par la triade de Tiona, et dont on disait qu'il bénéficiait des faveurs de Ciryandil, le Servant de Mystra. Son Aspiranat avait été particulièrement long, en raison de sa santé fragile.
Iniaki Morrigane, adolescente pleine de fougue, et son amie Ottilia Théandore, respectivement issues de la triade de Solrys et de Hanelvig, qui s'étaient illustrées – en bien ou mal restait encore à définir – entre autre par leur action lors de la crise du Messager Disparu … Et par de nombreuses bêtises au sein du Kaerl.

Dressée aux côtés de la Dorée Ky'rinth, les bras croisés et l'expression déterminée, Katell de Leysse passait en revue la foule assemblée, sautant de visage en visage. Sur la plus haute corniche, elle accrocha brièvement le regard de Heryn Amlug, leur Dame, lancée dans une conversation pincée avec son Second, Ambroise, également Héritier de la Maison Leysse. Légèrement en retrait derrière eux, le visage masqué par la pénombre, mais se retenant visiblement d'intervenir, se tenait Kieran, époux et Consort de la Fëalocë. La discussion paraissait animée par un certain désaccord ...
Une grimace méprisante étira les lèvres de la jeune Chevalière face à une telle assemblée. Tous autant qu'ils étaient, ils ne méritaient en aucune façon leur rang. La Dame, qui avait préféré fuir plutôt que d'affronter son destin en face, provoquant ainsi l'éclosion extra-Kaerl de la couvée de sa Liée. Le Consort, qui, par son absence de réaction, avait laissé son jeune frère s'égarer sur le chemin de l'Ombre, dans une vaine quête de protection de la Lumière. Le Second, quant à lui … Lui qui s'était élevé par un pur concours de circonstance. Son accession à la tête de la Maison Leysse, suite à la mort de sa tante – sa propre mère adoptive à elle – et la disparition de leur demi-frère Renàto, durant la Grande Guerre ... Puis celle au titre de Second du Kaerl, décidée uniquement pour apaiser les membres de la Maison Galastden. Elles n'étaient d'aucune façon une reconnaissance de sa valeur pour le Kaerl ! Ses sourcils se froncèrent lentement, tandis que le regard de son demi-frère honni et jalousé se détournait sur elle, comme s'il avait perçu la teneur de ses réflexions.

Soudain, un grondement sourd s'éleva, provenant de la gorge de sa Liée, coupant court à ses pensées tumultueuses, avant qu'elle ne dresse la gueule vers le haut plafond creusé à même la pierre, entonnant le chant étrangement modulé propre aux Dragons. Enfin ! Sur un dernier regard d'encouragement à son âme-soeur, à regret, Katell s'éloigna en direction des gradins, pour ne pas perturber les Empreintes qui se produiraient désormais sous peu. Toute l'attention des spectateurs s'était portée sur les sables et la précieuse couvée. L'éclosion allait commencer.


[HRP by Heryn : Sont invités sur les sables, les trois Aspirants nommés dans le RP ! Sont bienvenus dans les gradins pour les applaudir et les encourager, tout membre du Kaerl, PJ ou PNJ, souhaitant intervenir =D. A vos plumes ! Etant en ''pause RP'' du 9 au 28 juillet pour cause de formation intensive, il est possible – et souhaitable, que la suite du RP soit confiée à une bonne âme motivée pour l'animer ^^. Au moins l'introduction est postée et le cadre posé, il n'y a plus qu'à broder ! Petit bonus pour mieux situer le personnage et ses relations avec Ambroise : l'arbre généalogique de la Maison Leysse, clic !]



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

Visiter le site web du posteur
Publicité





MessagePosté le: Dim 2 Juil 2017 - 19:53 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Ottilia Théandore
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2015
Messages: 160
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 88
Race: Torhille
Âme Soeur: Briinah
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 8 Juil 2017 - 20:06 Répondre en citantRevenir en haut

Blottie dans sa couverture comme s’il s’agissait d’un cocon, Ottilia avait un sommeil assez agité. Elle ne cessait de se tourner et de se retourner en gémissant à cause d’un mauvais rêve. Dans ce rêve, un dragon volait et grognait sans cesse. La créature s’approcha à une allure fulgurante en répétant quelque chose d’incompréhensible. Lorsqu’il fut très proche, il esquissa une sorte de sourire et cria « DEBOOOUT !! C’EST L’HEURE ! ». La torhille se réveilla en sursaut en entendant la voix dans sa tête, s’emmêla dans sa couverture et tomba du lit.

*Punaise, c’était quoi ça ? On aurait dit Hanelvig…. En fait, c'était lui.*

L’aspirante tenta tant bien que ma de se sortir de sa prison de tissu et se relever non sans esquisser une grimace. Comme si le cri n’avait pas suffit, quelqu’un vint frapper à a porte comme s’il y avait une grosse urgence. Elle alla ouvrir la porte et découvrit un homme plutôt pressé qui lui donna une longue tunique blanche avec une ceinture dorée tressée et des sandales.

« Dépêche toi, les œufs et la reine ne vont pas t’attendre pour l’éclosion. Je t’attends ici et je t’emmène aux sables. »

Il fallu quelques secondes à Ottilia pour comprendre qu’il s’agissait de l’empreinte. Surprise, elle ne put dire que quelques mots inaudibles avant de retourner dans sa chambre, de se vêtir et de se coiffer convenablement. L’aspirante laissa ses cheveux lâché. Elle retourna auprès de l’homme, l’excitation prenant le dessus. Elle allait participer à l’Empreinte. Un moment important pour les aspirants.

« Je suis prête ! »

« Parfait. Allez, viens. »

Après ce qu’il fut un très long moment pour l’aspirante, ils se trouvèrent enfin sur les sables d’éclosion, face à la reine et ses œufs. Il y avait tellement de personnes réunies pour assister à l’empreinte qu’Ottilia avait du mal à se sentir à l’aise. Elle laissa tout de même son regard se balader sur l’assemblée. Elle vit la Dame accompagnée de deux hommes qu’elle avait certainement vu le temps de quelques secondes. Mais plus que n’importe qui, elle cherchait son maître, Lordan Ventaren. La torhille passa également en revue ses compagnons, Iniaki, Zoran et d'autres aspirants dont elle ne connaissait pas les noms, puis reporta son attention sur la reine et les œufs. C’était là un tableau magique, réel, magnifique et tant d’autres choses. Jamais elle ne pourrait oublier cet évènement. Elle inspira fortement, puis croisa les bras, ne sachant plus quoi faire tant elle avait hâte de voir les jeunes dragons sortir de leurs coquilles. L’aspirante continua de regarder tout autour d’elle pour trouver des visages familier qui pourraient l’aider à se sentir plus à l’aise.





Visiter le site web du posteur
Zoran Cynfelyn
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 18 Oct 2014
Messages: 65
Présentation: URL
RPs: 56
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Ayzehl
Fonction: Itinérant de Mystra
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 18 Juil 2017 - 12:22 Répondre en citantRevenir en haut

Il y avait une certaine mélancolie dans les yeux de Zoran tandis qu’il se tenait à sa fenêtre, les mains bien fermement enroulées autour de la balustrade, comme s’il avait eu peur de tomber à la renverse. Le vent de la nuit agitait doucement les pans de son épais manteau, laissait une traînée de frissons désagréables le long de sa nuque. L’hiver lui avait toujours semblé être une saison mystérieuse. Pendant seize années, il avait ignoré son existence – et puis, il y avait eu la route, enfin, et des aubes où la nature s’éveillait figée par le givre. Étrange. Il s’était émerveillé de cette façon qu’avaient les plantes de résister au gel et la lumière de s’animer au sein des cristaux de glace, tout autant qu’il avait détesté les sensations dues aux frimas. Les morsures, les brûlures, les picotements qui dévoraient alors sa peau, elle-même parée de couleurs inquiétantes ; rouge, bleu vert, mauve sale. En dépit de son apparente supériorité sur les végétaux, le Fëalocë s’était trouvé significativement plus faible qu’eux, forcé de s’envelopper de laine et de fourrures. Après un premier hiver, Arianwyn avait pris exemple sur les oiseaux migrateurs, et Zoran n’avait plus revu la neige. En toute franchise, celle-ci ne lui avait pas manqué un seul instant.

Tremblant comme une feuille, il se retira rapidement dans la chaleur de sa chambre. Qu’il était lointain, le murmure des rivages de jade et de turquoise… Un soupir discret s’échappa d’entre ses lèvres gercées et il se laissa tomber sur le lit. Joignant les mains, il adressa une rapide prière à Aran’rhiod pour que celui-ci lui offre le réconfort de rêves peuplés de lagons, d’arbres aux feuilles plus larges que son dos et de plages nacrées – et qu’il tienne à distance les ombres, les cris et même l’éclat trop aveuglant de l’argent béni. Laéïa faisait de son mieux, mais ses charmes runiques finissaient toujours par ne plus être assez, et les cauchemars revenaient, invariablement, au terme de courtes périodes de sérénité. La curiosité de la Sang-Mêlé à l’égard du cristal des Prêtres de Mystra ne s’était pas tarie, pas plus que la réticence de Zoran à la satisfaire. Naturellement, Ciryandil, une fois informé par son Lié des évènements du Jardin d’Hiver, avait eu la bonté de tenir sa langue ; mais Laéïa possédait une intuition sans pareille quand il s’agissait du Neishaan, et elle s’était très vite doutée qu’on lui cachait des choses. Au vu du sang Torhil qui coulait dans ses veines, il allait sans dire que ces derniers mois avaient été quelque peu difficiles pour Zoran.

La Maîtresse Verte était partie, une demie lune plus tôt, à la recherche d’un ouvrage ayant attiré son attention et excité sa soif de savoirs. Prendre l’Aspirant avec elle avait été hors de question – parce qu’il faisait froid, parce qu’elle était pressée, parce qu’il avait encore du travail à terminer – et Zoran s’était retrouvé aux bons soins de Ciryandil et d’Aramanth. D’abord second tuteur extravagant et envahissant, ensuite confrère distant aux vagues allures d’ange gardien, le Chevalier Blanc était maintenant devenu un ami. Le Fëalocë pouvait comprendre la solitude dont il s’entourait et qui faisait sa réputation, mais préférait ne pas prêter attention aux rumeurs de couloir. Sans doute était-il ardu – voire impossible – pour les profanes d’appréhender correctement l’isolation du Servant de Mystra, et à plus forte raison de concevoir les liens qui s’étaient tissés entre un Aspirant et celui-ci, sans se laisser aller à des bavardages fantasques. Zoran n’était pas du genre à s’émouvoir d’une telle situation ; il n’avait pas connu un seul instant de répit depuis l’apparition de son pouvoir. N’y avait-il donc que les estropiés du corps ou de l’âme qui recevaient les grâces de Mystra ?

° Je pense trop. ° s’interrompit le jeune homme avant d’en arriver à des considérations plus douloureuses. La nuit était déjà bien trop avancée, et il avait besoin de sommeil. Malgré les efforts conjoints de Ciryandil et de Laéïa pour lui faire croire le contraire, le Fëalocë percevait sans peine que son apprentissage commençait à s’éterniser. S’il n’avait aucun doute quant à la volonté divine ni quant à son accomplissement futur, proche ou lointain, une partie de lui était blessée de constater l’inquiétude qui grandissait chez ses mentors. Il n’aimait pas l’idée de représenter une source de déception, ou d’interrogation. ° Je pense trop. °

Zoran ne sut jamais si Aran’rhiod avait eu à cœur d’exaucer ses vœux, ou alors, le Dieu lui avait offert un rêve incomparable – à cela près qu’il ne s’agissait pas d’une illusion. Bien sûr, son esprit encore engourdi par un sommeil trop court et trop neuf avait été la cause d’une panique douloureuse lorsque, en plein cœur de la pénombre, une silhouette pâle entourée d’un halo d’argent lui était apparue, ses gestes souples et empreints de précaution. Espoir, peur et tristesse s’étaient mêlés en un tourbillon tumultueux, émergeant de son cœur jusqu’à sa gorge rendue étroite par l’excès d’émotions contraires. Sa raison n’avait pas tardé à reprendre le dessus cependant, et du brouillard scintillant des souvenirs s’était dégagée la forme reconnaissable de Ciryandil – sourire fin et œil malicieux. Et maintenant, le Fëalocë se trouvait là, le dos appuyé contre le mur au bord de son lit, tentant du mieux qu’il pouvait de laisser les mots du Chevalier se frayer un chemin sous son crâne. Le Neishaan, quant à lui, faisait doucement frémir le tissu d’une tunique blanche qu’il tenait entre ses mains, droit comme une statue.

« Zoran, quand bien même l’amour des Dragons pour l’Aube est aussi brûlant que Solyae en personne et la nuit encore jeune, je ne pense pas que la Reine t’aurait fait quérir si ses œufs avaient prévu une grasse matinée. » le pressa-t-il gentiment, avec au fond de la voix un tremblement imperceptible. L’Aspirant – le Candidat – plissa les yeux en direction du Prêtre, et se demanda vaguement si son agitation plutôt savamment dissimulée avait à voir avec la perspective de le mener sur les Sables. Après tout, Ciryandil n’était pas un Maître, et peut-être était-ce la première fois qu’une telle responsabilité lui incombait. Il hocha la tête en silence, conscient que ce mouvement resterait ignoré, et se leva pour prendre les habits de cérémonie.

« Maîtresse Laéïa et Tiona… Est-ce que ce sera dur, pour elles, de ne pas avoir pu être présentes à l’Empreinte de leur Aspirant ? » demanda Zoran, occupé à se dévêtir sans plus de pudeur que l’étrange spécimen d’observation qu’il avait été autrefois, au Grand Temple d’Orën. Cela lui ressemblait, de se soucier ainsi des autres alors même qu’il allait se présenter devant une Reine Dorée et accomplir son Destin, et cela arracha un sourire à Ciryandil.

« Demanderais-tu à une mère ce qu’elle penserait de ne pas assister aux premiers mots ou aux premiers pas de son enfant ? Elles seront fières, quoi qu’il se passe. » Il ajouta, une grimace comique déformant ses traits : « Mais elles ne me pardonneront jamais de leur avoir volé ce moment, j’en ai peur. »

Le Fëalocë eut un rire amusé, et noua la ceinture autour de sa taille. ° C’est ma troisième naissance. ° remarqua-t-il, songeur. ° Une fois aux yeux de Rhaëg, une autre sous le regard de Mystra, et maintenant sous celui de Flarmya. ° Il lissa les pans de la tunique, fin prêt, et releva le visage pour affronter le regard améthyste, trouble mais pénétrant. Enfin, il lui sembla prendre conscience de ce qui était sur le point de se produire. Zoran ne doutait pas, jamais. Il n’était ni impatient, ni nerveux. Quelque chose gonflait en lui, comme lorsqu’il avait été présenté à Mystra et à ses plus fervents fidèles. C’était la conviction de faire le bon choix, l’amour envers les cieux qui lui offraient une part de leur grandeur, et la détermination à s’en montrer digne. Comme toujours, et parce qu’il savait parler le langage du cœur, il se trouvait là où était sa place.

« Allons-y. » annonça-t-il au Cartomancien qui tendit alors le bras, l’air pétillant. Levant les yeux au ciel, Zoran lui fit le plaisir de s’y accrocher afin de prétendre guider l’aveugle le long des couloirs – pour trouver le chemin des Sables d’Éclosion, néanmoins, il faudrait que ce soit le Neishaan qui dirige.

~°~


La foule réunie pour l’occasion le laissa chancelant, les épaules rentrées, comme s’il avait souhaité que les Sables l’engloutissent. Ottilia et Iniaki se trouvaient à ses côtés, mais Zoran ne parvint à en tirer qu’un trop maigre réconfort. Le regard immense et brûlant de la Reine Dorée pesait sur sa silhouette malingre, gauche, et il aurait aimé lui ouvrir son âme pour qu’elle puisse le connaître vraiment et juger de son mérite, de sa légitimité à se tenir devant elle aujourd’hui. Le cristal qui luisait à travers le tissu immaculé, formant une tâche bleutée et pulsante entre ses clavicules, empêchait une telle chose d’être possible. Il n’osa pas quitter la Dragonne des yeux ni perdre son regard dans la foule – il n’y avait rien de rassurant dans tous ces visages et toutes ces voix qui s’élevaient des gradins. Le Fëalocë battit rapidement des cils, préférant se remémorer la pression rassurante de la main de Ciryandil sur son épaule avant qu’il ne disparaisse. Il inclina la tête en direction de ses amies, un sourire gêné éclatant sur ses lèvres, évitant soigneusement de croiser les fanaux glacés de la jeune Liée de la Reine. Elle dégageait quelque chose qui le mettait mal à l’aise, sévérité et aigreur imprimées sur ses traits affirmés.

Enfin, le chant de l’Éclosion résonna sous le toit de pierre, et des frissons incontrôlables se propagèrent dans toutes les fibres de Zoran. Il avait lu maints récits à ce sujet, mais en être témoin était toute autre chose. Un sentiment de grandeur comprima sa poitrine. Même les Dragons avaient leur hymne sacré, et le Fëalocë se demanda qui en était le destinataire. Flarmya ? Révéraient-ils leur mère comme les Hommes honoraient les Dieux ? Ou bien était-ce encore plus vieux, plus profond, un rite de Naissance qui avait vu l’apparition même des Dieux ? L’heure n’était pas aux questions de ce genre. En temps voulu, Zoran aurait l’occasion d’en converser avec son propre Lié, qui l’attendait maintenant et souhaitait le rejoindre, luttant pour se défaire de sa coquille. Entremêlant ses doigts, le Candidat retint sa respiration.



Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

Hors ligne

Inscrit le: 08 Avr 2017
Messages: 67
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 33
Race: Neishaan
Maître: Sable Lewë (PNJ)
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 23 Juil 2017 - 17:04 Répondre en citantRevenir en haut

Au firmament nocturne sourd
Tout tendu de sombre velours
Quelques lueurs, éclat vermeil
Résistent encore au grand sommeil

Tout immobile, tout silencieux
Voyage vers des mondes merveilleux
Reposant dans l'oubli des rêves
Quand soudain une rumeur s'élève

Des torches dansent, filantes étoiles
Pour apporter des tenues pâles
Leurs protégés viennent éveiller
Tirer du lit et habiller

A pas pressés, tous se rassemblent
Et se présente un blanc ensemble
Face à la mère majestueuse
Trônant au cœur de la couveuse

Chez les jeunes gens, le même espoir
Fait pétiller tous les regards
Et les œufs sur l'aire brûlante
Immobiles, prolongent l'attente

Auprès de sa Liée hautaine
Elle se dresse, la dorée reine
Bientôt son chant glorieux résonne
La bienvenue de la dragonne

Pour très bientôt ses nouveaux-nés
Protectrices, elle l'a entonné
Pour que chaque enfant soit capable
De trouver âme-sœur sur les sables


Il aurait fallu être sourd ou absolument épuisé pour ne pas être éveillé par le remue-ménage dans les dortoirs des Candidats, cette nuit-là. Tristan ne faisant partie ni de l'une, ni de l'autre catégorie, et n'étant pas non plus totalement dépourvu d'esprit d'analyse, avait vite compris de quoi il retournait. L'éclosion ! La dernière ponte était prête, et il allait prochainement assister à une naissance de jeunes dragons… de loin, certes, mais cela ne l'enthousiasmait pas moins. Voir venir à la vie des êtres qui, jusqu'alors, avaient été pures légendes, ne pouvait être considéré comme un événement banal, d'autant qu'il s'agirait d'une première fois pour lui. Il songeait aussi à ceux qui se tiendraient sur les sables, avec certes une pointe d'envie, qu'il s'efforçait de faire taire : Ottilia, Zoran et Iniaki n'avaient pas démérité de leur place sur l'aire, à ce qu'on murmurait dans les couloirs du Kaerl. Et comme ces trois-là, malgré le peu de familiarité qu'il avait historiquement avec cette notion, s'appelaient sans doute ses plus proches amis parmi les jeunes Célestes en formation, alors, il comptait bien se trouver là lorsqu'ils feraient connaissance avec leur âme-sœur. Et ainsi, sans doute, s'éloigneraient de l'aspirant Tristan, pour se consacrer à leurs nouveaux devoirs…

Avec détermination, le neishaan rejeta toute négativité : l'instant était à la liesse, il devait se réjouir pour eux, et profiter de ce que le moment pourrait aussi lui enseigner à lui, dans l'espoir de se trouver à leur place lors d'une prochaine occasion semblable. Questionnements et mélancolie frappaient à la porte de son esprit avec insistance, mais il refusa de les laisser passer, pour plutôt se concentrer sur le présent. Il avait l'impression de s'être dépêché, pour pouvoir profiter d'une bonne place dans les gradins, et ne pas être obligé de se dévisser le cou pour suivre les événements se déroulant autour des œufs. Pourtant, nombreux étaient ceux qui se pressaient déjà sous le ciel de pierre, et il dut faire un usage pas toujours totalement correct de sa minceur, pour se faufiler jusqu'à un emplacement convenable. Sans vraiment cesser de revenir aux formes courbes et pâles qui attendaient là, écrins des plus grands trésors du Mar Menel, il put, une fois installé, observer un peu plus le reste de la scène.

Superbe, la reine, écailles scintillantes d'un or éclatant comme si elles venaient tout juste d'être briquées une à une, semblait veiller jalousement sur sa ponte. A ses côtés, la bipède contrastait avec son allure minuscule, comparée à la taille de la dragonne, et sa chevelure toute d'obscurité. Cependant, quelque chose dans son regard et son attitude semblait justifier le Lien qui unissait Katell de Leysse et la future mère : toutes deux partageaient une même fierté, à l'évidence, qui confinait peut-être même au mépris. A moins qu'il ne s'agisse d'une interprétation hâtive de cette attitude, quasiment martiale, dans laquelle s'était enfermée la femme qui se dressait là. Si les Aspirants devaient avoir les plantes des pieds brûlantes à cause des sables chauds, ils pouvaient compter sur le regard de la Liée de Ky'rinth pour un franc rafraîchissement, assurément. Tristan se surprit à souhaiter que rien ne fasse glisser ces yeux intransigeants vers son humble personne.

Mais, davantage que les instigatrices de cet événement, le neishaan s'intéressait à ceux qui en seraient les héros, du moins l'espérerait-il. Il n'eut guère de difficultés à repérer la torhille, sa haute taille la démarquant du reste du groupe. Elle semblait un peu perdue, ou peut-être seulement émue, ce qui n'était pas bien étonnant. Lorsqu'elle se tourna dans sa direction, le neishaan leva légèrement la main, et lui adressa un sourire d'encouragement. Il aurait voulu pouvoir ajouter quelques mots pour celle qui, la première, l'avait aidé à faire du Kaerl Céleste son véritable nouveau foyer, mais il était trop loin. N'ayant aucune intention de se faire remarquer en hurlant, il se contenta de ce que son visage et ses yeux pouvaient transmettre. Balayant le groupe des Cadidats, il repéra aussi les deux Fëalocës, et se demanda fugitivement s'il aurait l'air aussi vulnérable que Zoran, fluet dans sa tunique blanche, pour le cas où il parviendrait lui aussi à cette étape cruciale. Plus, sans doute, se répondit-il intérieurement, avant d'esquisser à son intention un signe discret, et de revenir aux blanches coquilles qui ne se fissuraient pas encore…



Alyin
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2008
Messages: 818
Présentation: URL
RPs: 274
Race: Neishaan
Âme Soeur: Dealra
Affiliation: (Aucune)
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 24 Juil 2017 - 19:26 Répondre en citantRevenir en haut


______________Elvira & Solrys


Une autre qu'Elvira n'aurait pas prêté l'oreille aux rumeurs. Mais elle avait cherché au Màr Menel la communauté soudée qu'elle avait perdue en quittant sa terre natale et elle ne savait pas rester sourde aux murmures. Solrys s'en amusait. La dragonne n'y voyait que le gargouillis vibrant de l'eau d'une source vive. Elle s'enorgueillissait que l'on parlât de son aspirante, que ce fût en bien ou en mal. Si elle était remarquable, c'était la preuve qu'elle avait du potentiel, et la Verte ne cherchait pas à aller plus loin.

Dans le coeur d'Elvira, la fierté se bataillait encore avec une vague consternation, un soupçon d'amertume, un aveu à demi-mot du désir d'excellence qui avait toujours porté ses pas. Un jour, Solrys lui avait fait remarquer que rien ne semblait trouver grâce à ses yeux. Elle l'avait dit en riant, dans un lâcher de clochettes. Mais elle n'avait pas tort.

Elvira avait renoncé à prévenir elle-même son aspirante. Plus que de redouter de lui offrir un visage mi-figue mi-raison, elle avait surtout redouté de retarder son arrivée dans les gradins des sables d'éclosion, où sa présence était plus qu'indispensable pour tempérer les ardeurs de Solrys qui, dès lors qu'elle ne fredonnait pas le chant d'honneur de ses pairs, les agressait d'une tout autre rengaine mentale : une aspirante de sa propre triade s'avancerait ce jour sur les sables.

La maîtresse verte estimait assez sa protégée pour la juger digne de se présenter devant la reine dragon, mais cela ne signifiait pas qu'elle désirait que l'attention de dragons – et de leurs liés de maîtres – qu'elle ne connaissait pas le moins du monde, soit rivée sur Iniaki…

° Elle n'échouera pas. ° lui assura Solrys.

Elle avait fait porté la tenue rituelle à la Fëalocë par une jeune tailleuse qui s'était vue si flattée de pouvoir voir l'une des candidates de près qu'elle n'avait pas à redouter qu'elle lui faillît. Dans le doute, elle avait envoyé Kerkys réveiller Iniaki – en lui promettant moult noisettes - , si le vacarme de tous les dragons du Màr n'y suffisait pas, et si tant est qu'un aspirant pût trouver le sommeil lorsque tout un chacun savait la cérémonie de l'Empreinte imminente.

Iniaki s'avancerait sur les sables et se lierait. Elle trouverait son âme sœur parmi les fiers rejetons de Ky'rinth. Peut-être se lierait-elle à une Bleue. Elle avait l'impétuosité nécessaire. Ou à une grande Noire. Ou à une fabuleuse verte. Oui, une merveilleuse petite dragonne, habile, taquine, enjouée, à l'humour mordant…

Elvira se surprit à sourire et laissa les pensées bienheureuses de sa liée l'envelopper. En dépit de la foule qui les cernait et du brouhaha joyeux de la cérémonie à venir, elle ressentait la même excitation fébrile qu'au jour de sa propre Empreinte. Dans la lumière éclatante de ce jour faste, comme jadis, Solrys rutilait de l'éclat translucide des feuilles sauvages frangées de lumière dans un matin d'été.



MSN
Iniaki Morrigane
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 21 Déc 2015
Messages: 131
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 84
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Azaltëha
Fonction: Membre de la Garde
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 10 Aoû 2017 - 05:22 Répondre en citantRevenir en haut

Ses pieds nus effleuraient le sol lisse aux couleurs chatoyantes sans qu'aucun bruit ne trahisse sa présence. Les fenêtres n'étaient pas nombreuses dans cette habitation mais l'atmosphère qui y régnait n'en semblait pas moins chaleureuse, sans doute grâce à l'habile jeu des couleurs effectué par l'artisan en charge de la décoration. Les pas d'Iniaki la menaient au sein de ce dédale de couleur sans qu'elle n'ait besoin de réfléchir à son chemin. La demeure lui était familière, mais elle n'aurait su dire pourquoi. Ce n'est que lorsqu'elle découvrit les habitants des lieux qu'elle en comprit la cause. Des larmes embuérent ses iris vertes alors qu'elle contemplaît les visages joyeux de ses frères aînés. Kai et Kijo avaient grandi en taille et en beauté depuis leurs dernière rencontre. Ils faisaient montre d'une ressemblance étonnante, avec leurs longs cheveux roux noués en cotagan et leurs peau hâlée contrastant vivement avec leurs yeux clairs. Tout le portait de leurs père en bref, qui était là, lui aussi, étonnamment. L'homme aux tempes blanchies par l'âge se resservait d'une soupe au fumet appétissant tout en discutant avec la personne s'affairant aux fourneaux, dont seul le dos était visible. A nouveau, cette silhouette gracile aux reins barrés par de longs cheveux roux entremêlés de fils d'or lui sembla familière sans qu'elle ne sut dire pourquoi. Peut-être était-ce une des domestiques ?

"Ah tu es enfin debout !"

Iniaki se figea en reconnaissant la voix. Non, c'était impossible...

"Ma...man ?" murmura t-elle tout en contemplant la silhouette avec stupéfaction. La présence de sa mère ici lui semblait étrange, anormale.

La cuisinière se retourna vers la jeune fille avec une rigueur cadaverique, qui laissa échapper un cri de terreur en decouvrant le visage de sa mère rongé par les vers.
x x x


Un choc retentit dans le dortoir des Aspirantes du kaerl céleste. La cause en était une petite silhouette qui venait de dégringoler de son lit et qui se battait maintenant avec rage contre ses couvertures.

"Merde..." grogna le petit visage contrarié tout en dégageant une mèche de cheveux roux trempée de sueur. La Fealoce parvint enfin à se dégager de sa prison de couvertures et se mit debout, non sans mal car il faisait nuit noire. Si une de ses camarades avait été réveillée par le boucan, elle ne le montrait pas. L' Aspirante se munit d'une chandelle et pris la direction des bains, une tunique de rechange sous le bras. Le froid des pierres sous ses pieds nus la fit frissonner et lui rappela qu'ils étaient encore bien loin de l'été. Elle se hâta de trouver les bains puis se delasta de sa tunique trempée de sueur avec délectation. Elle grimaça toutefois devant la fraîcheur de l'eau. Avec elle, les bains étaient brûlants ou n'étaient pas. Mais bon; l'adolescente s'en contenterait bien pour cette fois. Elle revient assez rapidement sur ses pas, emplie d'une délicieuse sensation de propreté.
A sa grande surprise, l'endroit qu'elle venait de quitter était maintenant en plein émoi. Des Aspirantes surexcitées se delestaient de leurs tuniques de nuit tout en piallant bien trop fort au vu de l'heure matinale.

"Il se passe quoi ?" s'enquit la Fealoce envers la première venue, qui lui répondit d'abord par un regard en disant long sur la stupidité de cette question.

"L'Empreinte" finit-elle par lâcher avant de retourner à ses occupations.

"Et Merde !" jura Iniaki pour la deuxième fois en vingt minutes. Passant outre les regards étonnés de ses compagnes, elle s'assit sur sa couche, comme si réfléchir debout aurait été trop compliqué.

Les autres Aspirantes avait l'air de s'attendre à cette nouvelle, mais Iniaki, elle, n'avait rien vu venir. Elle avait considéré la rumeur concernant l'imminence de l'empreinte comme un enième bruit de couloir. Lorsqu'Elvira avait fait confectionner cette tunique blanche pour elle, elle n'y avait vu que précaution en vue d'un événement bien plus lointain. Et puis même si empreinte il y avait, comment aurait-elle pu faire partie des élus ? Au vu du nombre de problème qu'elle avait occasioné durant son Aspiranat, personne de sain d'esprit ne lui aurait confié un bébé dragon.

Remerciant la grande Uluna d'avoir au moins pu se laver, la Fealoce enfila sa tunique blanche et noua sandales et ceinture d'une main tremblante d'anxiété. Comme si la situation n'était pas assez anxiogène, le petit Kerkys débarqua comme un boulet de canon et vint lui mordiller l'oreille tout en la bombardant d'images de noisettes, d'Elvira et de Dragon.

"C'est bon, je suis au courant" lui répondit -elle tout en le repoussant gentiment.

Suivant les autres tuniques blanches, elle s'engagea dans un long couloir.

* Heu... O Grande Flarmya.... je sais que je ne me suis pas super bien comportée ces derniers mois et que je ne te prie jamais, mais je te promets que si tu m'aides sur ce coup, je m'améliorerais beaucoup et je ferais très attention à ma liée ! *

Elle adressait cette prière muette et maladroite tout en s'avançant sur les sables fins au côté des autres appelés. Même la vision d'Ottilia et Zoran ne parvint à défaire la boule de stress qui s'était installée dans son ventre. Sa gorge se noua en constatant que les hauts gradés du kaerl étaient aussi de la partie.

* Et si je trébuche devant tout le monde ? Et si le bébé Dragon ne veut pas de moi ? Ohlala je suis foutue... *

Un grondement d'une intensité impressionnante coupa heureusement court à ses pensées chronophages. Il émanait d'une reine non moins impressionnante, avec ses sublimes écailles d'or et se sublimes on port altier. L'adolescente deglutit avec difficulté en réalisant qu'il s'agissait là du début officiel de la cérémonie. Une forte envie de courir se réfugier dans la quiétude de sa chambre la prit aux tripes. Elle dut faire appel a toute la force de sa volonté pour rester sur places, les jambes flageolantes et prise d'une légère envie de vomir.




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~
Visiter le site web du posteur
Lordan Ventaren
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 08 Aoû 2010
Messages: 471
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 200
Race: Humain
Âme Soeur: Hanelvig
Fonction: Escadron d'Elite
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 13 Aoû 2017 - 23:21 Répondre en citantRevenir en haut

Jornwill de Termarën est un chevalier du kaerl plutôt fantasque malgré des qualités de coeur et une expérience appréciée dans les dangers. Son dragon Märmoth est connu pour son embonpoint et son érudition. L’influence des deux liés a été considérable sur Lordan, dont le Maître Maëvann accablée de responsabilités ne pouvait assurer la formation que de manière épisodique.
Grâce à Jornwill qui le prit en amitié Lordan eut l’occasion de pratiquer le vol sur dragon, d'améliorer son maniement des armes et de voir du pays.
Cette nuit-là, les deux humains bivouaquaient aux Chutes de Nightfall après avoir tenté en vain de retrouver l'entrée d'une caverne où Lordan et un petit groupe de Célestes avaient entrevu de bien étranges choses avant que l’aventure ne se terminât en queue de poisson. Il lui en était resté des souvenirs fort embrouillés que Jorwill avait décidé de tirer au clair.


~~~~~~~~~~~~~~~~


-Nom de nom de nom de Kaziel ! jura Lordan en montant quatre à quatre l’escalier de la Tour, il fallait que je suive ce satané chevalier et ses idées tordues ….encore heureux que Melmoth ait pu nous retrouver et me ramener en cinq sept ! Mais dans quel état ! Il faut au moins que je me lave et m’habille à peu près convenablement. De quoi vais-je avoir l’air ! Et Ottilia... Ô Flarmya ! faites que les œufs tiennent encore un peu !

Ce qui provoquait cette hâte et, pour un garçon aussi organisé que lui, un quasi affolement, était ce stupide enchaînement de circonstances qu’il n'avait pas su prévoir.
D’abord, il n’aurait pas dû accepter de suivre Jornwill alors qu’on ne savait pas quand aurait lieu l’éclosion. L’exploration ne devait durer que la journée - une simple reconnaissance des lieux, avait affirmé Jornwill. De toutes façons, le chevalier partait le lendemain en mission. Aucun signe venant des Sables n’étant encore annoncé, on pouvait raisonnablement penser que cette couvée était de celles qui attendent le début d’un quartier lunaire. Une occasion de sortie avec Jornwill tentait beaucoup Lordan et il avait cédé.
Seulement, ils s’étaient égarés dans une grotte labyrinthe et n’en étaient ressortis que la nuit déjà avancée et à une autre issue que celle où Märmoth, revenu les chercher, les avait attendus, porteur de la nouvelle. La couvaison était à son terme ! On rassemblait les aspirants.
Et voilà qui l’avait conduit, lui Lordan, qui aurait tant voulu être un Maître exemplaire, à ce qui le remplissait d’anxiété et de colère contre lui-même. Manquer l’Empreinte de son premier aspirant!...et le fait que cet aspirant était une aspirante augmentait encore sa faute. Il avait beau apprécier l’égalité entre les sexes pratiquée dans les kaerls, son éducation d’adolescent avait été faite dans un milieu féodal des plus traditionnels. Se mal conduire envers une femme était le propre de la brute, du sauvage. Les dames de la bonne société recevaient les plus grands égards des messieurs éduqués, tout en étant par ailleurs considérées pour la plupart comme de perpétuelles mineures incapables de se gouverner elles-mêmes. Le jeune maître ne partageait pas ce point de vue sexiste mais il ne pouvait oublier ses bonnes manières et les devoirs de protection exigés par les règles de la courtoisie. Arriver en retard à l’Empreinte d’Ottilia ou pis encore, n’y pas paraître, était donc non seulement une faute de service mais aussi une goujaterie, un manque de politesse inexcusable et déshonorant. Si elle était liée lors de la cérémonie, il ne serait pas là pour la féliciter et partager son émotion Et si par malheur elle ne rencontrait pas l’âme sœur – ce que Lordan aurait trouvé très injuste, tant elle était en sympathie avec les dragons, il se devait de la rassurer et de minimiser un échec qui ne pouvait être que provisoire.

Mais voilà qu’au lieu d’être là pour la conduire aux Sables, au lieu d’être le premier assis sur les gradins à lui faire un petit salut et à lui sourire, il courait dans les Spires, puant la sueur et le moisi des cavernes où depuis la veille il avait erré sur les traces d’un vieux souvenir dont il ne savait même plus si ce n’était pas une hallucination. Il n’aurait jamais dû s’éloigner du kaerl, d’autant que c’était pour un motif tout personnel, une occupation d’oisif et de curieux à la recherche de sensations. Encore heureux que Hanelvig ait pu se charger du réveil d’Ottilia tandis que Märmoth rapatriait en urgence un Lordan consterné d’avoir manqué à son devoir. Comment pouvait-il avoir été aussi étourdi, négligent, irresponsable- idiot quoi !

Pas question de grande toilette... Lordan se lava les mains, le visage, enleva ses bottes fangeuses et enfila celles qui lui servaient pour les rencontres officielles, arracha sa veste de serge bleue aux poches déformées par leur bric à brac coutumier, prit un pourpoint de drap noir facile à enfiler, et entendant que le beffroi sonnait l’annonce que les Sables étaient ouverts au public, renonça à changer ses chausses. Heureusement, ses bottes hautes cacheraient le bas des jambes, verdi de mousse et de terre. Son grand manteau de cérémonie, bleu noir, marqué de l’écusson de l’escadron d’élite et des armes du kaerl, dissimulerait à propos le désordre de sa tenue. Il n’osa pas dénouer ses cheveux attachés en queue de cheval, se contentant d’y enlever deux ou trois débris trop visibles, lissa le dessus de sa tête d’un peigne rapide et repartit en sens inverse avec le même affairement.. Il chercha la pensée d’Hanelvig, ne trouva rien ; le Bronze avait dû rentrer au Valarëa et rejoindre ses congénères. Les éclosions agitaient toujours beaucoup les dragons dont la plupart circlaient déjà au dessus de la cité Céleste en signe de fierté, certains rugissant de longs chants d’appel comme pour aider les petits dragonneaux à venir découvrir le monde.

Lordan prit par les escaliers et les coursives des remparts et bien entraîné à la course, parcourut la distance jusqu’aux Sables en frôlant sans doute le record du kaerl.

Il entra dans l’immense salle taillée dans le roc, les gradins réservés aux bipèdes étaient déjà remplis. Il aurait pu aller s’asseoir dans la partie où les maîtres, les officiers, les notables entouraient la loge des autorités pressées autour de la Dame mais il n’osa pas bousculer les spectateurs affluant encore pour trouver une place et s’assit en bout de rangée quand vint son tour. Il se sentit soulagé, au moins, il n’avait pas manqué l’essentiel, mais visiblement, les œufs étaient sur le point de s’ouvrir car la dragonne s’était dressée au dessus de sa couvée, les ailes à demi ouvertes, majestueuse dans son inquiétude même. Les aspirants retenus pour l’empreinte se tenaient dans leur tenue immaculée, immobiles et concentrés. Lordan se souvint quand lui-même avait vécu l’intensité de ce moment à jamais unique, véritable métamorphose de tout son être. Il se sentit fort ému en voyant comme Ottilia paraissait grave, les bras croisés dans une attitude d’attente respectueuse et il formula une brève prière aux dieux qui réglaient le destin des mortels :" Faites qu’elle ne soit pas déçue. C’est une âme bonne et sincère. Elle mérite de ne pas douter plus longtemps du don merveilleux que vous lui avez accordé."
Il aurait aimé croiser son regard mais elle était tournée vers Ky’rinth et puis, elle l’aurait difficilement remarqué là où il se trouvait. Il la rejoindrait le plus tôt possible, quel que soit le résultat de l’Empreinte.
Près d’elle, Iniaki Morrigane paraissait toute frêle sous sa chevelure flamboyante et elle semblait comme Ottilia, tout faire pour se maintenir digne en ces circonstances si exceptionnelles. Il reconnut aussi l’aspirant Zoran Cynfelyn bien qu’il n’ait pas eu l’occasion de lui adresser la parole. A son arrivée sa constitution fragile et même maladive avait fait tiquer les maîtres amateurs de chevaliers guerriers vigoureux. Un certain mystère l’entourait, dû à certains liens qu’on lui prêtait avec Ciryandil, Mystra, et aussi d’étranges pouvoirs de thaumaturge. Lordan n’en savait guère plus, mais Ottilia lui avait dit que c’était un être doux et bienveillant et extrêmement compréhensif.
Les autres candidats étaient des figures entrevues de temps à autre, des noms qui lui échappaient...Il se dit qu’il s’était trop éloigné de la vie du kaerl avec son service auprès du Seigneur Zackheim, aujourd’hui déchu, puis son implication dans le retour de Peddyr Thelrand qui continuait à susciter des oppositions plus ou moins déclarées. Lordan redoutait ces intrigues et ces luttes d’influence. Il n’avait plus la naïveté de ses débuts quand il croyait que l’Ile Céleste n’était qu’ordre et beauté, que la Dame dorée n’était entourée que de vénération et de coeurs fidèles. Il aimait la paix et la quiétude de l’étude, tant dans les livres que dans le contact avec les merveilles et les secrets de la nature. Quels orages réservait encore l'avenir au Màr Menel qui était devenu son chez-lui ?

La dragonne dorée se mit à gronder puis sa voix devint un puissant appel, une mélopée grave et vibrante qui chantait la gloire des anciens dragons et l’orgueil d’en avoir engendré de nouveaux. Lordan sentit les larmes venir, larmes d’émotion et de reconnaissance pour le kaerl qui l’avait accueilli, accepté et lui avait donné le privilège de participer à de si intenses célébrations.



Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
Dame du Kaerl Céleste

Hors ligne

Inscrit le: 16 Sep 2007
Messages: 3 532
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 161
Race: Demi-Fëalocë
Âme Soeur: Rintrah
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 15 Aoû 2017 - 15:35 Répondre en citantRevenir en haut




Ambroise de Leysse _&_ Kieran de Galastden
Second et Seigneur Consort
du Màr Menel


Dans la salle creusée dans la roche, qui bruissait auparavant du bruit des conversations animées de la foule, un silence ouaté était tombé, uniquement rompu par le chant grave des dragons, saluant la venue au monde de la nouvelle génération. Dominant tous les autres, celui de Ky'rinth, la Reine, qui se tenait au dessus de sa couvée, les ailes largement écartées, ses écailles étincelantes comme de l'or en fusion à la lueur des torches. Entre ses pattes, une petite dizaine de coquilles nacrées se balançaient doucement, quasi imperceptiblement pour le moment, en rythme avec les modulations harmoniques de leurs aînés. Et là haut, par l'étroit oculus, la lumière des deux Lunes coulait à flot, éclaboussant de cuivre et d'argent les sables brûlants, qui serait bientôt témoins de la magie ancestrale de l'Empreinte, cette rencontre du Destin entre les descendants des Valherus et les enfants de Flarmya.

Katell s'était éloignée pour rejoindre les gradins, laissant sans regret à son âme-soeur toute la gloire de l'instant. L'Eclosion était proche, toute proche, et les larges assises de marbre étaient remplies à craquer, en dépit de l'heure excessivement matinale. La Dame du Kaerl avait prononcé quelques mots à la gloire de la Déesse aux Larmes de Feu, exprimant d'une voix vibrante d'émotion sa joie et l'honneur qui lui était fait de pouvoir assister à cette nouvelle éclosion. Les derniers retardataires avaient pris place, certains plus discrètement que d'autres, et les Candidats avaient relevé la tête, avec sur leur visage, gravée à l'eau dure, toute la solennité de l'instant. Tous tâchaient de faire bonne figure face à la Dorée qui dardait sur eux un regard évaluateur et impitoyable. Peut-être y en aurait-il quelques uns parmi eux qui feraient des Chevaliers dignes de rejoindre les Escadrilles des Maisons Leysse et Galastden, après tout ?

Et soudain, alors même que le chant des dragons s'accélérait et changeait de tonalité, un premier craquement se fit entendre, et l'un des plus gros œufs, que la plupart des pronostics donnaient pour être un œuf de Dorée, bascula en avant, une large fissure se propageant le long de la coquille. A l'intérieur, le petit être qu'il hébergeait asséna un ultime coup à sa prison de calcaire, usant de la corne spéciale que tous les dragonneaux possédaient sur le museau, et elle se fendit en deux. Entre les deux morceaux, une dragonnelle Noire de belle taille, qui leva un regard serein vers sa mère, avant de se retourner vers les Aspirants alignés. Prenant le temps d'ajuster ses ailes encore humides, posément, elle les passa un à un du regard, s'arrêtant d'abord sur Iniaki, qui paraissait prête à défaillir. Etait-ce elle ? De manière presque comique, sa tête s'inclina lorsqu'elle rencontra les iris verdoyants de la petite Fëalocë, semblant jauger son âme.

A côté d'elle, une autre coquille explosa littéralement, libérant un Bronze qui poussa un grognement conquérant, bousculant sa sœur Noire trop lente à son goût, pour se précipiter sans attendre vers les jeunes gens aux yeux écarquillés. Il serait le premier à trouver son âme-soeur, et il faisait confiance à son instinct pour le guider vers la juste personne ! Avec la même délicatesse qu'un boulet de canon, il se glissa sans ménagement entre Zoran et Ottilia, déséquilibrant l'un et l'autre pour se jeter d'un bond … dans les bras d'un Humain à la carrure solide, qui arbora alors un sourire éblouissant et incrédule.
La première Empreinte était faite, et partout, sur les Sables d'Eclosion et à travers le Kaerl, des rugissements de joie et d'exultation retentirent. Une telle vigueur était de la meilleure augure concernant la qualité de la couvée, malgré ce qu'on avait craint, considérant le temps que l'éclosion avait pris pour se déclencher.

Un troisième œuf, puis un quatrième libérèrent quasi simultanément leurs précieux trésors, révélant une Verte et une Bleue qui, leur souffle récupéré, échangèrent un regard complice et une trille affectueuse avant de se diriger d'un même élan vers leur âme-sœur. Les écailles de la Bleue étaient d'une magnifique teinte bleu paon, tandis que celles de la Verte resplendissaient comme la jade la plus pure. Leur tête dressée haut, elle croisèrent la petite Noire, toujours assise sur son arrière train pour contempler attentivement les Candidats, et l'effleurèrent chacune du bout d'une aile, l'encourageant silencieusement à ne pas abandonner.

Du côté des Aspirants, si Ottilia avait réussi à garder vaille que vaille son équilibre suite au passage de l'ouragan aux écailles de bronze, Zoran, plus durement touché, avait fini à quatre pattes dans le sable, les joues empourprées par le spectacle qu'il devait donner. Et malheureusement, il ne put alors compter sur le soutient ni de son amie Torhille, ni sur celui de la jeune Fëalocë qui l'encadrait de l'autre côté, car leurs yeux respectifs s'étaient soudain rivés sur les deux dragonnelles qui avançaient vers elles : la Bleue vers Ottilia, et la Verte vers Iniaki. Et cependant, comme suivant les pas d'une danse bien orchestrée, la Bleue et la Verte croisèrent malicieusement leur chemin, la Verte sautant avec légèreté dans les bras de la brune, et la Bleue venant doucement effleurer les genoux de la rousse. Elles avaient trouvé leurs liées. Et leurs noms ne tardèrent pas à être fièrement proclamés face à l'ensemble du Kaerl réuni pour les admirer.

Dans la couvée, trois Bruns, un second Bronze, une autre Verte, un Blanc avaient également éclos. Ils trottinaient désormais vivement sur les sables à la recherche de leurs âmes-soeurs, donnant l'impression d'une nuée de comètes colorées, se répandant dans toutes les directions, à la rencontre des Candidats restants qui s'étaient stratégiquement éparpillés, formant un large arc de cercle à distance respectueuse des coquilles brisées.

Quant à la Noire, première à éclore mais pourtant toujours pas décidée à choisir, elle couvait d'un regard doux et affectueux le pâle Fëalocë qui ne s'était toujours pas relevé, comme rivé sur place par l'attention de la dragonnelle. Quels messages silencieux furent transmis dans l'intimité partagée de leurs esprits, durant les longues secondes où leurs yeux restèrent rivés l'un à l'autre ? La question, soulevée par les quelques curieux attentifs qui s'étaient attardés sur le jeune Prêtre de Mystra, fut vite oubliée, dans l'air brûlant des Sables, tandis que dragonnelle et garçon se lançaient l'un à la rencontre de l'autre. Et bien vite, alors qu'il tombait à genoux pour l'enlacer, elle vint se nicher avec bonheur dans ses bras, un soupir de soulagement collectif traversant la foule alors que les derniers dragonneaux réalisaient leur Empreinte. Pas de Reine dans cette couvée, mais tous les petits avaient pu rejoindre leur âme-soeur, et ce fait à lui seul emplissait les coeurs de joie.

Et dans le silence plein de recueillement qui suivi, personne ne put manquer, provenant des plus hautes corniches, le son pour le moins percutant d'une gifle magistrale, résonnant sous la haute voûte. Là-haut, le regard brûlant de rage contenue, Ambroise de Leysse faisait face à Heryn Amlug, qui s'empourpra d'abord violemment en réalisant son acte et apercevant les yeux rivés sur eux, avant de pâlir brutalement face à la fureur qui ciselait le profil de rapace de son Second.
Dans les gradins, murmures et ricanements commencèrent à enfler. Le désaccord qui les opposait depuis le début de la cérémonie avait visiblement atteint son point de non retour, et le rugissement coléreux de Ky'rinth de voir la gravité de l'instant ainsi bafouée ramena un silence lourd de tension dans la salle. Tout comme le volcan qui explose, le bouillonnement du sang Fëalocë de la jeune Dame avait enflé brutalement avant de s'éteindre tout aussi soudainement ...

Heryn ferma brièvement les yeux, les poings serrés et le ventre noué, tandis qu'un peu plus loin, Rintrah montrait ouvertement les crocs, menaçant le Noir Merentar, le défiant d'approcher. Comment avait-elle pu seulement se laisser pousser à de telles extrémités ? "La perte de sang-froid de la Dame qui frappa son Second". Elle savait que la rumeur de son geste se répandrait à travers le Màr Menel comme une étincelle à travers des broussailles sèches, et que les spéculations sur les véritables raisons iraient bon train. Déjà, on se poussait du coude et on se soufflait dans l'oreille que le retour de Peddyr Thelrand et sa décision de mise en tutelle sous l'égide du Maitre Lordan Ventaren n'y était pas étrangère. Certains regards se tournaient d'ailleurs vers lui, le désignant discrètement du menton à ceux qui ne l'avaient pas encore repéré.

La sensation d'une présence rassurante dans son dos, puis de bras protecteurs venant entourer ses frêles épaules lui fit lever la tête pour croiser les iris d'émeraude de son époux, apaisant des tremblements qu'elle n'avait pas eu conscience de contenir, et amenant des larmes honteuses à ses yeux. Le visage de Kieran lui apparaissait étrangement serein, pour ne pas dire d'un calme glacial, tandis qu'il fixait son attention sur Ambroise, dont la main n'avait cessé de flotter à proximité du poignard d'apparat qu'il portait à la ceinture. Le regard du consort avait la dureté du silex, alors qu'il signifiait silencieusement à son vis à vis qu'ils n'en resteraient pas là s'il tirait son arme.

Les regards et les murmures, il n'en avait cure, pas plus que des gémissements outrés sur le comportement autrefois si irréprochable de l'Héritier Galastden. Après tout leur réputation à tous les deux était déjà sur la sellette depuis leur retour au Kaerl. Qu'avait-il à perdre ?




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --
Visiter le site web du posteur
Ottilia Théandore
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2015
Messages: 160
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 88
Race: Torhille
Âme Soeur: Briinah
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 15 Aoû 2017 - 19:44 Répondre en citantRevenir en haut

Le chant des dragons impressionnait Ottilia, qui avait les yeux rivés sur les œufs et les bras croisés. Un de ces œufs abritait peut-être sa future liée et l’aspirante commençait à trouver l’attente plutôt longue. Elle avait été tirée du lit, emmenée sur les sables face à ces coquilles blanches et la Reine dorée qui les couvait et se trouvait face à beaucoup de personnes. Encore une fois, la torhille regarda autour dans la foule et aperçu, cette fois, un visage familier. C’était Tristan, un aspirant arrivé au kaerl il y a peu. L’aspirante sourit à sa vue et continua de balayer la foule du regard, jusqu’à tomber sur son Maître. Lordan était venu, ce fut un soulagement pour elle. Elle aurait été vraiment déçue qu’il ne vienne pas à l‘événement.

La Dame du Kaerl céleste, Heryn Amlung, prononça quelques mots pour la Déesse Flarmya, puis Ottilia se retourna vers les œufs. Elle tremblait légèrement à cause de l’excitation et de l’attente, oubliant complètement son lit et sa nuit coupée. Puis, le chant des dragons se modifia juste avant que le premier dragon ne sorte de sa coquille. Une dragonnelle noire, magnifique. L’aspirante ouvrit grand ses yeux face à elle. C’était la première fois qu’elle assistait à une éclosion et ne l’oublierait jamais. Juste à côté, un bronze éclata sa coquille avant de se précipiter et manqua de renverser la torhille. Zoran, lui, n’eut pas la chance de rester sur ses deux pieds. La foule fit beaucoup de bruit pour la première empreinte, mais toute son attention était rivée vers une des petites dragonnelles qui s’avançaient vers elle et Iniaki. Ottilia aurait voulu aider son ami à se relever, mais rien ne pouvait détourner son regard de la petite créature qui s’avançait.

La petite verte sauta dans les bras de la torhille qui la réceptionna d’un geste habile. Ottilia et la dragonnelle se regardaient droit dans les yeux et un sentiment étrange envahit la jeune fille. Un nom s’imposa à elle et le prononça, fière d’avoir trouver son âme soeur.

« Briinah… Tu es Briinah. »

La petite verte tendit son cou pour toucher la joue de sa liée du bout de son museau. Ottilia posa une main sur la tête de la verte et sourit. C’était donc cela de se lier ? Toute ces choses qu’elle ressentait, comme si elle avait trouver une partie d’elle, une partie qui manquait et dont elle avait besoin. Une voix se fit soudain entendre dans sa tête.

* On est enfin ensemble, Ottilia. Briinah est contente de t’avoir trouvée !*
*Tu parle de toi en prononçant ton nom ? *
*Non ! C’est juste pour te le dire, au cas où !*


Un petit rire de dragon résonna dans la tête d’Ottilia et elle se mit aussi à rire. A peine Briinah était née, déjà elle riait. La torhille, désormais chevalière, serra sa liée pour qu’elle soit un peu plus à l’aise dans ses bras. Elle voulut voir ses amis, Iniaki et Zoran, qui aient tout deux trouver leur liés. Iniaki avait une bleue et Zoran une noire. Ottilia leur adressa un sourire, lorsqu’une claque sonore se fit entendre. Comme la plupart des gens, elle se tourna vers la provenance du bruit et aperçu la Dame et le second qui semblaient en désaccord, ce qui ne plu pas du tout à la reine dorée qui rugit de colère.

*J’en connais un qui doit avoir une joue bien rouge ! *

La verte s’accrocha à l’épaule de sa liée, toujours en riant mentalement de la situation. Ottilia ne put s’empêcher de sourire à cause de la remarque, sourire qui s’évanouit en sentant les griffes lui piquer l’épaule.

« Tu me fait mal petite boule d’écailles »

Elle répondit par un petit grognement et retourna à sa place, blottie dans les bras de la torhille.

*J’ai faim. Quand est-ce qu’on mange ? *
*Bientôt. Je veux d’abord voir mon maître et mes amis. Ensuite tu auras droit à de bons morceaux de viande rien que pour toi. *


Ottilia caressa affectueusement la tête de sa liée tout en cherchant son maître.





Visiter le site web du posteur
Zoran Cynfelyn
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 18 Oct 2014
Messages: 65
Présentation: URL
RPs: 56
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Ayzehl
Fonction: Itinérant de Mystra
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 16 Aoû 2017 - 10:21 Répondre en citantRevenir en haut



L’agitation était à son comble. Pourtant, par quelque phénomène mystérieux de l’esprit, Zoran s’était trouvé transporté bien loin des Sables et de la frénésie précédant l’Empreinte. Était-ce le chant sacré qu’avaient entonné les Enfants de Flarmya ? Ses pieds avaient semblé quitter le sol, et seul le battement obstiné de son cœur égrenait encore les secondes, les minutes – et les heures aussi, car plus rien n’impactait véritablement son corps physique ni sa raison. Même ici, dans le confort solitaire de ce lieu sans existence réelle, un sentiment étrange étreignait sa poitrine. Le doute – qu’il n’avait plus connu depuis bien longtemps – s’insinuait doucement dans l’espace sacré de son cœur, là où il avait juré que la lumière régnerait en monarque suprême. Quand il fermait les paupières, étirant à l’infini l’instant d’un battement de cils, il sentait la chaleur de sa mère qui l’enlaçait doucement, et il avait cinq ans à nouveau. Ou bien, c’était le rire de sa sœur qui faisait danser des souvenirs en ombre chinoise, puis qui s’échappait vers le lointain. Une fois encore, il y eut le souffle discret d’Arianwyn contre sa nuque, et les promesses iridescentes qu’ils avaient laissées se nicher au creux de ses reins. Dans tout cela, et dans bien plus encore, Zoran puisait le courage de ne pas fondre en larmes sous le regard implacable de la Reine Dorée. Elle ne verrait rien, pas plus que les autres, et il ressentit une douleur sourde quand il tenta d’imaginer ce qu’elle devait sacrifier alors, en confiant son sang à un être tel que lui, si faillible et si jeune.

Une inspiration après l’autre, le Fëalocë parvint finalement à émerger des brumes. Ses iris sombres ternis par un brouillard d’émotions, il tourna la tête pour sourire d’un air de réconfort à ses amis. Iniaki et Ottilia, plantées chacune d’un côté, et Tristan, plus éloigné, venu malgré sa récente arrivée pour les soutenir. Alors que la voix de la Dame du Màr retentissait et saluait l’Empreinte que leur accordait Flarmya, il porta une main à sa bouche pour y imprimer du bout des lèvres quelques rapides prières. Le moment était venu, comme en témoignait le son auparavant absent des œufs qui se craquelaient. Immobile, Zoran fut happé une seconde fois par un tourbillon de lueurs vagues et de brumes changeantes. Autour de lui, nul doute que de jeunes Dragons fusaient vers celui ou celle qui partagerait désormais leur vie et leur âme ; peut-être même était-ce Iniaki qui annonçait maintenant d’un ton vibrant le nom de sa Liée – il n’en savait rien. Sourcils froncés et yeux plissés, une question occupait toute son attention.

Est-ce que c’est moi que tu cherches ?

Le cristal des Prêtres de Mystra pulsait comme un cœur annexe, brûlant. Le Fëalocë se sentait vide – ou vidé. Il y avait trop de monde ici, trop d’effusions, trop de sentiments neufs. Il bascula à quatre pattes dans le sable lorsque le Bronze le bouscula. Il dut se mordre l’intérieur de la joue pour ne pas céder enfin à l’envie de pleurer, les joues aussi rouges que les bégonias du Jardin d’Hiver. Il releva seulement les yeux, et son regard accrocha celui de la petite Noire. Un soupçon de malice brillait déjà dans les joyaux opalins, larges et lisses. Sans vraiment y penser, Zoran étendit son esprit vers elle, et répéta doucement :

° Est-ce que c’est moi que tu cherches ? °

Quelque chose s’alluma dans les iris de la Dragonne. Oui, ce devait être lui… Éprise d’amour et de joie, elle ouvrit son cœur pour se lancer à l’assaut de sa moitié d’âme, mais fut coupée dans son élan par une barrière froide et brillante.

° Tu ne veux pas de moi ? ° l’interrogea-t-elle, et Zoran, cette fois, ne put rien faire pour empêcher les larmes de couler. Ciryandil l’avait mis en garde, mais il n’avait pas vraiment voulu croire les paroles du Neishaan – pas plus qu’il n’avait voulu croire celles de Laéïa avant lui. En temps voulu, il lui expliquerait… Il réussit à se fendre d’un sourire sincère, quoique ses yeux demeuraient voilés par la peur, puis inclina légèrement la tête. Alors, il soupira profondément et fit le vide dans ses pensées, pour que n’y subsiste plus que l’image de la Noire. Il visualisa son essence, comme une flamme esseulée, irradiant des couleurs qui n’avaient pas leur place dans ce monde-ci, et étira ses doigts vers elle. C’était une évidence qui refusait de tout à fait s’imposer à eux. Elle était là, pourtant. La Dragonne dut sentir qu’il s’approchait, car la peur quitta son regard, et elle se prêta au jeu. La flamme enfla soudain, emportant le Fëalocë dans son halo ancestral, soufflant une haleine chaude et liquide qui s’infiltra par tous les interstices de son être.

° Si ! Bien sûr que je le veux ! Viens ... °

« … Ayzehl. »

Quand il reprit conscience de ce qui l’entourait, la Dragonne s’était blottie dans ses bras tremblants, l’obsidienne de ses écailles offrant un contraste significatif avec la pâleur maladive du Fëalocë. Elle mordilla le tissu de sa tunique avant de le vriller, d’abord lui puis la gemme turquoise, d’un œil aux profondeurs lumineuses.

° Je crois que je ne comprends pas ce qui se passe… Zoran. Je te vois, mais je te sens si loin. °

° Je ne comprends pas non plus, mais ça n’a aucune importance. Nous avons réussi à nous trouver. °


La petite créature ferma les paupières en signe d’acquiescement, toute frémissante sous les caresses hésitantes de son Lié, qui déjà envisageait une myriade de dénouement possible. Il comprenait la Noire, mais n’aurait pas su nommer la distance menaçante qui les séparait. Celle-ci ne s’accompagnait pas de souffrance, car elle semblait, au contraire, les pousser plus fortement l’un vers l’autre – pour autant, il aurait fallu être bien naïf pour croire que cela était naturel. Flattant toujours le cuir sombre de son Âme Sœur, le Fëalocë parcourut du regard la foule à la recherche de Ciryandil, une pointe d’inquiétude germant dans son cœur. Mystra seule savait ce qu’il était capable de provoquer s’il retirait son cristal. Son confrère restait introuvable, et son attention fut distraite par le son sec qui résonna à travers les Sables et l’assemblée silencieuse. Cela n’était pas assez pour l’émouvoir, et il s’intéressa plutôt à ses camarades d’Empreinte.

Une Verte à la couleur pure et claire resplendissait à la manière d’un joyau dans les bras d’Ottilia ; et sa sœur, d’un bleu teinté de nuances plus sombres, s’était destinée à rejoindre Iniaki. Grâce soit rendue à Flarmya, aucun de ses Enfants ne demeurait esseulé aux pieds de la Reine. Il baissa la tête pour contempler sa moitié d’âme, un sourire incrédule accroché à ses lèvres. On jaserait, sans doute, et cela n’arrangerait en rien sa réputation, mais Zoran ne pouvait décidément pas s’en soucier. Il avait accompli ce pour quoi il avait été amené ici, et il lui appartenait désormais d’écrire le reste de son histoire, en compagnie d’Ayzehl.



Iniaki Morrigane
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 21 Déc 2015
Messages: 131
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 84
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Azaltëha
Fonction: Membre de la Garde
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 16 Aoû 2017 - 19:47 Répondre en citantRevenir en haut



Iniaki n'avait porté que peu d'attention au discours de la Dame du Màr, comme à son habitude en matière de discours peuplé de mots pompeux et compliqués. Cette fois-ci, toutefois, avait-elle une bonne excuse. Comme hypnotisée, elle ne parvenait pas à détacher son regard des gros œufs prêts à éclore. Au sein d'une de ses coquilles, se tenait sa moitié d'âme.

*Ou pas*
souffla le son de sa propre voix dans son esprit, fidèle échos de la peur qui lui tenaillait le ventre. Elle se hâta de chasser ces idées noires, focalisant son intention sur un oeuf qui commençait à se fendiller de part et d'autre. Une petite noire s'en dégagea maladroitement, montrant son museau d'ébène à une ribambelle de candidats angoissés.

La petite femelle noire posa un long moment son tranquille regard opalescent dans le sien, tandis que son coeur battait si fort dans sa poitrine qu'il lui semblait qu'il allait s'en échapper. Était-ce elle, sa liée ? Non, car finalement elle se détourna, cherchant . Tentant de ne pas prendre cette première "défaite" comme un mauvais présage pour la suite, la petite se redressa pour acquérir un tant soit peu de crédibilité.


° Où es tu ? °

Cette fois-ci, elle avait tenté de s'adresser directement à sa Liée, qui faisait peut-être partie des petites créatures venant juste d'éclore. Mais, las, c'était en vain car elle n'obtint même pas le songe d'une réponse. A côté d'elle, un Bronze venait de trouver sa moitié d'âme avec une fougue si désarmante que l'infortuné Zoran se retrouva les quatre fers en l'air. La jeune fille allait esquisser un geste pour aider son infortuné camarade, qui avait l'air plus pâle que jamais, mais elle fut interrompue par la vue d'une magnifique petite Verte qui avait tracé son chemin directement vers elle.
La déception la frappa cependant de nouveau de plein fouet alors que la Dragonne déviait de trajectoire. Toutefois sa grande surprise, elle interchangea sa course avec une de ses soeurs aux sublimes écailles d'un bleu sombre et profond. Qui finit quand à elle directement sa course en se frottant à ses genoux, tandis que la Verte avait directement sauté dans les bras d'Ottilia.

Le soulagement de l'adolescente fut tel qu'elle crut qu'elle allait défaillir. Elle s'agenouilla devant le petit être qui leva des yeux opalescents à son encontre avant de lui frotter la joue avec douceur.

Une étrange sensation de chaleur parcouru le corps de la jeune Fëalocë tandis que son regard partait à la rencontre celui de la petite Dragonne. Elle avait tant craint ce moment, mais maintenant que sa liée était bien là en chair et os, elle n'aurait sût dire ce qui l'avait tant effrayée. Un sentiment de plénitude l'envahit doucement, aussi doux qu'une brise d'été mais tout aussi puissant qu'une vague lors d'une forte marée. Il lui semblait avoir trouvé sa place dans l'univers alors que son reflet dansait dans le regard tranquille de sa Liée.

Un nom s'imposa alors à son esprit, limpide comme de l'eau de roche.

" Azaltëha !"

C'est a peine si la jeune fille reconnu sa propre voix tant son timbre était clair et affirmé, à des années lumières de l'angoisse qui la tenaillait encore quelques minutes auparavant.

°C'est un très joli nom, mais il est un peu long, non ? Je t'appellerais Az, la plupart du temps, enfin si tu es d'accord. Moi c'est Iniaki. °

Elle observa attentivement le mignon museau en quête d'une réponse. A sa grande surprise, la toute petite Dragonne forma un non catégorique de la tête.

° Oh non, c'est laid ! Tu trouves quelque chose de plus joli ou pas de surnom. ° résonna la petite voix cristalline de la nouvelle-née dans son esprit.

° Heu d'accord, d'accord. Tu es déjà bien intelligente pour ton âge !°
souffla l'adolescente, qui trouvais qu'il s'agissait tout de même d'un refus bien marqué pour une petite chose de quelques minutes de vie terrestre.

° Plus que toi, en tout cas, c'est sûr.° répliqua la petite Dragonne d'un ton égal, laissant la nouvelle Liée pantoise. Elle grimpa d'un air déterminé sur le bras que lui offrait Iniaki, puis atteignit son épaule sans trop de mal car la distance à parcourir n'était pas bien longue. Devant le long silence interloqué de sa Liée, Azaltëha l'informa d'un ton aussi peu emprunt d'émotions, comme-ci cela relevait de l'évidence :

° C'était une plaisanterie, Iniaki.°

* Et comment étais-je supposée le savoir ?* se dit-elle, les yeux agrandis par la surprise.

Elle était totalement déboussolée par cet imprévu humour pince-sans-rire. Naïvement, elle avait imaginé que sa propre Liée aurait le même caractère facétieux que Solrys, mais force était de constater que leurs âmes étaient aussi diverses que leurs innombrables couleurs d'écailles.

° Ah, d'accord... heu... Que penses-tu de Tëha alors ?°

°Hm oui, ça, ça me va.° s'entendit répondre la Fëalocë de la part de la jeune Dragonne qui était maintenant paresseusement enroulée autour de ses frêles épaules.

Les iris verdoyantes de l'adolescente quittèrent un instant la nouvelle-née pour se poser sur les gradins. Elle cherchait Elvira du regard. Il aurait été mentir que de dire que leur relations avaient été optimales, mais la Maîtresse Verte avait très correctement remplis son rôle. Aujourd'hui, seule la gratitude se reflétait dans le sourire qu'Iniaki adressa à son ancien Maître. Réaliser que l'Elfe brune ne serait dorénavant plus son professeur eut sur la jeune fille l'effet d'une gifle, car cela signifiait qu'elle serait dorénavant un authentique Chevalier Dragon. Autant dire que ses frasques seraient bien moins facilement pardonnées !

Le bruit d'une énorme gifle, bien réelle cette fois, la tira de son introspection. Il provenait des gradins des officiels du kaerl. Il semblait qu'Heryn Amlug en était l'auteur et Ambroise de Leysse la victime.

° Bien fait pour cette chauve-souris ° gloussa la jeune fille, qui ne portait pas le strict second du kaerl dans son cœur.

° Mais la violence n'est jamais une bonne solution ° la rabroua gentiment la petite Bleue.

° Une Dragonne de même pas cinq minutes d'existence me donne des leçons de morale ?° ronchonna Iniaki, sans parvenir à réprimer un petit frémissement d'amusement dans sa voix.

Pour toute réponse, Tëha frotta affectueusement sa tête contre le cou de l'adoscente. Iniaki caressa doucement la petite tête, qui s'avéra étonnement douce malgré la présence de ces résistantes écaiiles. Tout en admirant les magnifiques écailles bleues sombres de sa Liée, elle ne pouvait toutefois s'empêcher d'être vaguement inquiète devant le calme et le sérieux dont faisait montre la Dragonne pourtant à peine sortie de l’œuf.

* Il va falloir que je me tienne à carreau, ou bien je vais me faire engueuler par un bébé Dragon! * réalisa la nouvelle Chevalière en réprimant un petit rire nerveux.

Comme pour corroborer sa pensée, Tëha s'était redressée sur son séant et contemplait les alentours depuis son perchoir improvisé avec un calme olympien. Elle semblait analyser toutes ces nouvelles choses qui s'offraient à ses yeux déjà si éveillés.

° Que dirais-tu d'aller dire bonjour à mon ancien Maître et sa liée, Solrys ? Nous irons manger un bout après ° proposa la jeune fille en jouant avec la queue de la Bleue, qui lui mordilla doucement le doigt pour toute réponse.

*Ce n'est qu'un bébé finalement*
songea Iniaki avec soulagement, tout en partant en quête de son Maître.




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~
Visiter le site web du posteur
Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

Hors ligne

Inscrit le: 08 Avr 2017
Messages: 67
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 33
Race: Neishaan
Maître: Sable Lewë (PNJ)
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 20 Aoû 2017 - 11:29 Répondre en citantRevenir en haut

Tristan considérait les Candidats, blancs et fragiles comme les œufs dans lesquels ils plaçaient tant d'espoir, depuis la distance des gradins. Il ne pouvait s'empêcher de se mettre à leur place, et de se demander comment lui aurait pu trouver le courage de s'avancer sur l'Aire brûlante, sous le feu des regards du Kaerl entier réuni pour assister à leur victoire, ou leur défaite, et sous la glace des yeux de Ky'rinth, mère exigeante qui semblait souhaiter la perfection pour ses rejetons, comme une mère bipède considérant les prétendants à la main de son enfant. Le neishaan n'enviait pas ses amis, en cet instant : comment faisaient-ils pour ne pas s'effondrer sous toute cette attention qui pesait sur eux, petit groupe pour la plus grande part adolescent, frêles face à la Reine, nécessairement pleins de doutes sur leur place et leur avenir ?

A les regarder en détail, l'un après l'autre, ils semblaient en effet loin d'être à l'aise. Entre Iniaki, qui ne paraissait rester debout que par miracle, Ottilia, tremblotante malgré son attitude bien ancrée de torhille, et Zoran, dont les iris perdus témoignaient d'un esprit bien loin des Sables… La voix de la Dame du Kaerl vint couper court à cet examen empathique qui ne lui amenait rien de positif. Avec ferveur, il joignit une prière silencieuse à celle d'Heryn Amulg, pour que les petits de Ky'rinth se Lient tous, et pour que les trois jeunes gens qu'il connaissait le mieux ne comptent pas au nombre des Candidats malheureux, ceux-là qui n'auraient d'autre choix que de mettre de côté leur malchance, tout en espérant la prochaine naissance de dragonneaux. L'épreuve apparaissait déjà comme de taille, et il ne pouvait souhaiter à aucun d'eux de devoir la réitérer après un échec initial.

Et puis, d'un coup, un craquement qui n'avait rien à voir avec les chants des dragons adultes fit se tourner tous les regards dans sa direction. Aussi absorbé par la scène que s'il s'était trouvé parmi les jeunes gens en blanc, Tristan but chaque détail, chaque avancée de la craquelure, jusqu'à ce qu'émerge un appendice sombre, suivis du museau et de la tête saurienne. Couleur de nuit serait la première naissance, le premier bébé dragon qu'il aurait vu éclore. Qu'allait-il se passer, maintenant ? Elle ne semblait pas pressée, et si l'on put croire un instant qu'elle avait trouvé la bipède appropriée en la personne d'Iniaki, cela ne fut que pour se voir retirer la primauté du Lien par son frère brun-doré. Le sourire du jeune homme, désormais chevalier bronze, fit souffler le chaud et le froid au cœur de l'aspirant. Un bonheur si évident irradiait du nouveau couple… mais aussi, si manifeste, qu'il ne pouvait que susciter l'envie chez ceux qui l'ignoraient.


Les acclamations éclatèrent, aux oreilles sensibles du neishaan, comme le cri de reconnaissance des Chevaliers et Maîtres pour l'un des leurs. Un témoignage de joie de la part de ceux qui, peu ou longtemps auparavant, avaient connu la même plénitude, mais dont étaient exclus les sans-dons et sans-dragons, même s'il n'y avait pas là l'ombre d'une mauvaise intention de la part des Liés. Plutôt que de s'enfoncer dans ses doutes personnels, l'aspirant battit des paupières pour se focaliser de nouveau sur les Sables, et son attention fut prise par les deux sœurs aux teintes éclatantes. Un instant, entourant la Noire à terre, leur trio fit face à cet autre groupe de trois que constituait ses amis, et où les filles encadraient un Zoran qui, lui non plus, ne s'était pas encore relevé. Présage ? L'éphémère tableau s'effaça alors que la torhille et la fëalocë réceptionnaient leurs Liées respectives, après un échange qui semblait tout prémédité par les petites créatures.

Là, alors que l'une et l'autre, le visage radieux, annonçaient fièrement le nom des nouvelles nées, récompense méritée de leur aspiranat, et que de nouveaux œufs libéraient bruns et autres couleurs qui se mettaient immédiatement à la recherche de leur âme sœur parmi les tuniques immaculées, Tristan cilla plus précipitamment. Voilà, elles étaient liées, et eux aussi, là, et encore un… et le jeune prêtre qui ne bougeait toujours pas, au milieu de l'agitation. S'était-il blessé ? Quelqu'un viendrait-il seulement à son secours s'il se trouvait mal ? Mais le seul être dont il avait besoin le rejoignit finalement, au bout d'épreuves qui, ne s'étant déroulées qu'entre leurs esprits, resteraient ignorées de la plupart. Le soupir du neishaan se joignit aux autres, quoiqu'il n'y avait pas que du soulagement chez lui. Il se morigéna de son égoïsme à la pensée, empreinte de regrets, qu'aucun visage amical ne se tiendrait à ses côtés lorsque viendrait son tour de s'avancer sur les sables, s'il venait…


Décidément à point pour le tirer de moroses pensées, une nouvelle réaction sonore de la Dame du Kaerl lui fit l'effet éveillant que pouvait parfois avoir le geste en question. Il n'avait pas encore beaucoup de notions sur la politique du Mar Menel, mais il savait en reconnaître les protagonistes, et put donc mesurer l'ampleur de l'offense. Cela augurait-il mal de l'avenir de cette communauté qui, désormais, constituait son foyer ? Il se força à détacher les yeux de la scène, pour ne pas en indisposer davantage les protagonistes. Le soufflé semblait être retombé, de toute façon, même si cela ne s'était pas fait sans non-dits et amertume retenue. Dans un éclair de compréhension, il réalisa que la réaction vive de la Dame Heryn était totalement celle de son sang Fëalocë, ce type de geste qu'il lui arrivait, à lui aussi, de laisser s'échapper, et qu'il regrettait ensuite de toute son âme. Il espéra, sans trop y croire que la victime saurait se montrer compréhensive. Cela ne semblait pas être en accord avec le caractère du rigide de Leysse, mais savait-on jamais…

Reportant plutôt son attention sur les Sables, il n'y trouva guère de consolation. Chacun de ses amis faisait plus ample connaissance avec sa liée, oui, toutes des femelles, même pour le garçon du groupe, mais Tristan ignorait ce que cela signifiait, et ne s'y appesantit pas. Chacun semblait en osmose avec son dragonneau, pourquoi ne pouvait-il simplement s'en réjouir ? Voyant que les uns et les autres cherchaient, dans la foule, quelqu'un qu'il n'était pas, il se leva avec la ferme intention de disparaître pour ne pas traîner plus longtemps ses sentiments ambivalents et assombrir les réjouissances. Au passage, ses doigts effleurèrent l'étoffe aux couleurs du Kaerl Céleste ornant le degré sur lequel il s'était assis, et sans qu'il n'en perçoive rien, les fils d'or, d'indigo et de crème se racornirent tout en se parsemant de cristaux de givre.



Alyin
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 29 Avr 2008
Messages: 818
Présentation: URL
RPs: 274
Race: Neishaan
Âme Soeur: Dealra
Affiliation: (Aucune)
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 22 Aoû 2017 - 15:30 Répondre en citantRevenir en haut


______________Elvira & Solrys


Aucune Empreinte ne ressemblait jamais à une autre. C’était un spectacle dont Elvira ne se lasserait jamais, dusse-t-elle vivre mille ans, songeait-en regardant les dragonneaux progresser maladroitement vers leurs moitiés d’âme. Leur curiosité hésitante, leur museau tendu comme si un contact ait été indispensable pour confirmer l’évidence du lien, tout dans leur démarche trahissait une indéniable candeur.

L’Elfe se sentait presque de trop. Introvertie de nature, elle n’aimait pas se mêler de trop près aux émotions d’autrui, là où Solrys ne cessait de commenter la moindre éclosion, dès la première écaille aperçue. Jadis, son maître lui avait raconté la mésaventure d’un chevalier audacieux, qui avait assisté en une terre lointaine à l’éclosion d’une couvée de lézard de feu. Le chevalier avait tant redouté de briser la magie de l’instant qu’il les avait laissés à leur mère, sans intervenir. Elvira comprenait pleinement ce qu’il avait pu ressentir, là où Solrys grognait que ce n’était qu’un idiot et qu’il l’aurait sûrement regretté par la suite.

Elle avait pourtant écouté les grands discours d’une oreille distraite, une partie de son attention dérobée par l’excitation communicative de la Verte. Les mots, face à cette exaltation difficilement contenue, avaient peu de poids. Elvira avait bien tâché de protester. Elle avait souri et fait bonne figure. Et elle s’était surprise à glisser des yeux curieux vers les oeufs jusqu’alors immobiles, comme une candidate impatiente.

Heureusement, l’interminable attente n’avait en vérité été que de courte durée. Une petite dragonne verte avait manqué de peu de se ruer sur Iniaki, avant d’être devancée de peu par une dragonnelle bleue. Elvira s’était attendu à entendre Solrys ronchonner. La Verte s’en indigna, prétextant qu’elle n’était pas du genre à juger de la valeur de ses pairs à leur couleur. Et Elvira sourit. Elle connaissait trop bien sa liée pour ne pas y deviner l’évidence d’un mensonge à demi voilé.

Les écailles de la petite créature étaient de la teinte sombre des eaux profondes. Lorsqu’Iniaki clama son nom à l’assemblée, Elvira dut tendre l’oreille pour le saisir parmi le brouhaha environnant. C’était un tumulte joyeux, mais, maintenant que la cérémonie approchait de son terme, chacun y allait de son commentaire.

La maîtresse verte croisa avec fierté le regard de son ancienne aspirante. La Fëalocë rayonnait. Elle restait encore fort jeune, potentiellement étourdie, voire presque lunatique, manquait cruellement de sens commun, mais Flarmya avait voulu voir en elle une liée accomplie.

° Il en a été de même pour moi. °
lui rappela Solrys.

Elvira sourit avec plus de spontanéité. C’était un jour de liesse, non l’heure de faire le compte de reproches infondés.

Alors qu’une claque magistrale retentissait et que ses pairs se désintéressaient un temps de l’Empreinte pour parler politique, la maîtresse verte s’en tint à sa résolution première et franchit les rangs pour se porter à la hauteur d’Iniaki et lui adresser les salutations d’usage. Nul doute qu’elle saurait faire, avec le soutien d’Azaltëha, une chevalière dragon de talent.



MSN
Lordan Ventaren
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 08 Aoû 2010
Messages: 471
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 200
Race: Humain
Âme Soeur: Hanelvig
Fonction: Escadron d'Elite
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Jeu 14 Sep 2017 - 21:16 Répondre en citantRevenir en haut

Le premier œuf éclos avait libéré une dragonnelle noire qui prit son temps pour examiner les candidats comme si elle cherchait un visage connu dans le groupe qui se tenait devant elle. Elle était belle et vigoureuse et Lordan espéra un instant que ce serait Ottilia qui serait choisie. Mais la première née s’assit calmement, fit un brin de toilette comme si elle se donnait le temps de la réflexion. Le second œuf libéra alors un Bronze qui fonça devant lui en précipitant à terre Zoran Cynfelyn. Sur le moment Lordan en fut amusé et attendri : lors de sa propre Empreinte, Hanelvig lui avait sauté dessus avec la même fougue. Comme Zoran, il s’était retrouvé à terre tandis que le dragonnet le piétinait de contentement tel un chiot impatient de jouer.. Il aurait aimé partager ce souvenir avec Hanelvig mais en ces instants exceptionnels, son lié était avant tout un dragon parmi ses semblables, pris dans des rites ancestraux dont les bipèdes ne pouvaient qu’entrevoir les mystères.

D’ailleurs ce nouveau petit bronze avait ignoré le pauvre Zoran toujours étendu sur le sol et venait de se jeter sur un des candidats comme s’il retrouvait un ami après une longue absence. L’élu, plus musclé que le fragile Fëalocë, résista fort bien à l’avalanche d’écailles et de griffes qui venait de lui tomber dans les bras. Un murmure satisfait parcourut l’assemblée et les dragons saluèrent leur nouveau frère d’un cri de victoire. Lordan s’attarda un bref instant à contempler ce couple qui lui rappelait tant de souvenirs et cette émotion inexprimable des esprits fraternels se découvrant l’un à l’autre.
Mais déjà le souci pour Ottilia reprit le dessus et les éclosions se succédant, il mit quelques secondes à retrouver la jeune Torhil dans le groupe dispersé par les nouveaux dragonneaux. Mais son inquiétude fut de courte durée. Quand il posa enfin ses yeux sur elle, elle n’était plus son aspirante mais la liée d’ une jolie dragonnelle d’un vert délicat et lustré, lovée dans ses bras. Lordan se dressa aussitôt, et agitant ses bras levés, manifesta sa joie avec une exubérance qui fit sourire ses voisins.
Pensant qu’Ottilia le verrait mieux s'il se trouvait sur les gradins sous les corniches où se tenaient les autorités, il s’excusa, on le laissa passer et il remontait tout content l’escalier, imaginant la joie de son ancienne élève. Il était si heureux qu’elle vive ce moment unique où le lien sacré se noue pour la vie entre le chevalier et son dragon. Sa joie était complète car en se levant, il avait vu Iniaki avec une Bleue sombre et scintillante et la Noire avait rejoint Zoran, ce qui était une alliance rare, les liés étant le plus souvent de sexe semblable.
Toute la couvée était éclose et pour ne pas troubler les pensées qui devaient s’échanger entre les nouveaux liés, les dragons s’étaient tus et on n’entendait plus que que le faible bruissement qui parcourt une foule recueillie, comme un souffle léger qui rend encore plus sensible le silence des voix. Lordan s’arrêta sur un palier, un peu gêné de se mouvoir dans cette atmosphère d’émotion retenue et au moment où il vit qu’Ottilia levait les yeux vers les gradins, semblant chercher quelqu’un, il risqua un geste discret de salut, espérant qu’elle verrait le grand sourire de félicitation qu’il lui adressait. C’est alors qu’il perçut juste au dessus de lui, venant de la loge où se tenaient la Dame et les personnalités du kaerl, un bruit de voix et de mouvements précédant de peu un coup sec qu’il n’identifia pas tout de suite. Les dragons manifestèrent leur colère, les spectateurs s’étaient levés, se penchant ou se retournant pour mieux voir et un brouhaha s’éleva qui dérouta complètement Lordan. Il entendit des bribes de phrases :

-Eh bien ! au moins, c’était une gifle bien envoyée ! - C’est qui , c’est qui ? - Elle a de la force dans le poignet, la petite Dame - Bien fait pour le Second. Je déteste cet hypocrite...- -Mais c’est terrible ! Qu’est-ce qui se passe ? -

Certains avaient même quitté leur place pour se rapprocher, tendant le cou pour apercevoir ce qui se passait là-haut. Lordan restait pétrifié de ce qu’il entendait. Un tel scandale.. dans une Empreinte!! ce n’était tout simplement pas possible. Il s’écarta un instant des curieux qui tentaient de gagner l’étage supérieur, et sous l’ombre de la corniche, capta des remarques stupides au passage :

-Le Second a eu un geste déplacé ! Si,si !- Messire Kieran va l’embrocher ! - On ne respecte plus rien...Ce n’est pas avec le Seigneur Zackheim qu’on aurait eu ce genre de choses - T’es dingue ? Le Zack, il préférait les militaires..héhé.

Puis ce fut un échange entre deux hommes âgés qui descendaient à contre-courant et s’arrêtèrent non loin de lui :

- Encore ces disputes à propos de Maître Thelrand ! - Hé, c’est Peddyr Thelrand maintenant. On a mis le vieux en tutelle. N’est même plus chevalier, je crois bien - Quelle époque !

"le vieux ?"
....! Indigné, Lordan fit trois pas menaçants vers les deux discoureurs qui le reconnurent et se fondirent prestement dans les groupes qui passaient. Il entreprit aussitôt de les suivre pour exiger des excuses, pris de colère comme à chaque fois qu’on touchait à son maître vénéré mais il songea brusquement que ce n’était pas là son devoir le plus urgent. Et si Ambroise de Leysse avait sciemment insulté la Dame pour provoquer une crise ? Son esprit ambitieux était connu et encore plus son attitude d’éternel critique : il semblait être mécontent de tout le monde, y compris de son propre frère. Lordan ne l’aimait guère mais n’avait jamais mis en doute sa loyauté. Il se dit une fois de plus qu’il aurait dû mieux suivre les événements politiques qui avaient accompagné le retour de la Dame. Tellement sûr que la décision concernant Maître Thelrand était bonne, il ne s’était intéressé que de loin à la façon dont les autres autorités l’avaient accueillie. Il savait que le Second ne l’avait pas approuvée mais il avait pensé c’était sans conséquence, la Dame ayant en ces matières un pouvoir décisionnaire. Avait-il encore été naïf, inconscient des imperfections de son cher Kaerl, dupe facile de son désir de croire que l’idéal de la Lumière finirait toujours par triompher ?
Il ne remarqua pas les regards qui le suivaient comme il revenait sur ses pas. Il vivait son rôle de garant de Maître Thelrand sans en mesurer l’importance, habitué à le considérer à jamais comme son supérieur. Il n'imaginait même pas qu'on pût le remarquer dans une affaire de cet ordre.
Trop inquiet pour écouter davantage ce qui se disait autour de lui, il était cependant de plus offensé par le manque de retenue de certains ricaneurs devant un incident que chacun aurait dû s’efforcer de minimiser. Heureusement, la garde d’honneur allait empêcher ces malappris d’approcher de la Dame. Il s’arrêta sur le palier, indécis.
En bas, sur les sables dorés, Ottilia était occupée avec sa dragonnelle. Il leva les yeux vers la corniche où messire Kieran se dressait dans un geste protecteur et pensa à l’escadron d’élite, absent de fait, n’ayant toujours pas été réorganisé depuis les pertes subies. Lui, Lordan Ventaren, en était le plus ancien et le dernier gradé. Sa place était là-haut.



Peddyr Thelrand
Maitre Dragon
Maitre Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 02 Mai 2009
Messages: 4 282
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 1 187
Race: Humain
Âme Soeur: Sveargith
Fonction: Ex-Ambassadeur
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 2 Oct 2017 - 14:22 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr était présent lui aussi, un peu à l'écart comme cela arrivait souvent avec quelques spectateurs qui n'aimaient guère se retrouver entouré de dizaines de personnes extasiées par les naissances. Les bras croisés, une capuche couvrant de moitié sa tête, il était simplement vêtu et sa ceinture non ceinte de sa vieille lame. Au vue de sa condition actuelle, cela n'aurait été que provocation que de porter une lame et plus encore le jour de l'Eclosion. Comme il était en liberté surveillée, il y avait des actes qu'il ne pouvait et des devoirs restrictifs à tenir. Comme par exemple d'aller se rendre régulièrement voir le Maître Guérisseur Nalesean, autant pour s'assurer qu'il reprenait des forces après son extraordinaire retour, autant pour s'assurer qu'un fragment de Drazahir ne sommeillait pas quelque part aux tréfonds de son esprit. Rien ne garantissait qu'une part de l'âme noir de ce monstrueux mange ne persistait pas encore quelque part. Les Kaerls avaient assez subi à cause de lui pour le voir revenir à la vie.... Il était difficile de croire que Peddyr en sautant dans l'interstice avait pu s'en défaire... et en revenir comme totalement dépossédé. Cela était tellement incroyable, que même lui avait encore des doutes.... Même si son Brun l'assurait à chaque fois que si c'était le cas, il le sentirait. Mais ce doute persistait aussi chez bon nombre de Célestes, parmi ceux qui dirigeaient le kaerl

Ses autres obligations étaient de rester au Kaerl avec interdiction absolue d'en sortir, et de rester sous la surveillance de Lordan. Son fidèle et jeune ami avait pris cette lourde responsabilité pour le bien du vieux maître brun, qui n'était plus que chevalier-dragon. En effet, en attendant que les Hautes sphères statuent définitivement sur son cas, Peddyr avait perdu ce qui lui était resté comme rang et n'était plus qu'un simple chevalier-dragon. La décision finale sur son devenir au sein des Célestes devait être un sujet long à débattre, car deux Lunes étaient passés et depuis, Peddyr était dans l'attente... de toute façon, que pouvait-il réellement faire hormis attendre et répondre aux exigences qu'on lui avait fixées ?

Il songea à autre chose et regarda chaque éclosion avec une certaine émotion. Il avait l'impression que cela faisait des années qu'il avait eu l'occasion de participer à une Eclosion. Chaque dragon qui brisait son oeuf était un nouvel espoir et un nouveau souffle pour les Célestes, surtout après les derniers conflits. Et ces dragons aspiraient à se lier, peu importaient les tensions qui existaient sur l'instant. Le vieux maître déchu regardait la joie et la déceptions se peindre dans les regards, les visages... Il avait l'impression de revivre le jour de son Don. Là aussi, cela lui paraissait si lointain... Comme s'il sortait d'un rêve. En tout cas, il était serein d'une chose..... Peu de Célestes savaient pour l'instant qu'il était parmi les spectateurs. Certains savaient son retour, mais pas encore les circonstances. Cela circulaient, lui laissant encore un peu de temps pour rester anonyme. Mais cela ne durera qu'un temps. Déjà que le pauvre Lordan devait subir les conséquences de jouer son ''tuteur''... Une lourde responsabilité qui provoquait des avis contraires et tendues parmi les dirigeants du Kaerl.

Pour l'aider à ne pas se faire découvrir trop rapidement, Sveargith l'aidait à tenir une barrière mentale pour éviter que des dragons ne s'intéressent à lui. Il passait pour le moment pour un Sans-Don et sa décennie supplémentaire qu'il avait héritée en sortant de l'Interstice dissimulait quelque peu ses traits. Pour le moment. Qui aurait cru qu'il aurait pris un coup de vieux, sans jeu de mots ?

Il ferma un instant les yeux, cherchant à ne plus songer à tout ce qu'il devait encore affronter. Il savait les épreuves loin d'être terminées.... Et cette décision finale qui ne tombait pas.... Il entendit une claque qui retentit avec intensité dans les Sables. Il ouvrit les yeux et regarda les hauteurs. Il fut sidéré de voir ce qui venait de se tramer. La dame en personne venait de gifler son propre second ! Peddyr serra les dents. Ambroise avait du remettre sur le devant de la scène le cas de Peddyr Thelrand et défendre hargneusement sa cause et démentir sérieusement et gravement sur les compétences de Lordan à gérer le maître brun déchu. Ça et d'autres choses qui avaient dû être déplaisante... Les tensions avaient fini par éclater au grand jour, même là, dans le cadre d'une Eclosion. Il fallait espérer que cela ne s'en ressentirait pas pour les festivités.

Il soupira et chercha du regard Lordan. Il le remarqua et le vit agité.

°Laisse, je vais lui parler. Nul besoin que tu ailles rajouter de l'huile sur le feu parmi les bipèdes célestes. Ils sont bien assez excités comme cela avec la gifle magistrale de la Dame°
°On dirait que cela t'amuse°
°Un peu, mais c'est néanmoins sérieux. Au moins le lié Noir d'Ambroise pourra guère la ramener devant Rintrah. Un petit rappel qu'il n'est pas le dragon dominant dans la dirigeance du Kaerl lui fera un peu de bien. °


Puis le dragon brun frôla l'esprit de Lordan pour faire sentir son attention de lui parler. Le contact établi, le dragon brun se voulait rassurant quand à ce qu'il avait pu voir. Car même s'il n'était pas présent, le dragon brun avait perçu et ressenti bien des choses.

°Attention de ne pas t'emporter, jeune Lordan. Je sais que tu trouves innommable les attitudes de certains des Célestes, autant à l'égard de Peddyr que pour la Dame, mais reste digne, comme tu sais si bien le faire. Quand à cette affaire d'escadrons d'élites, peut être que tu devrais vori Kieran et Heryn en personne pour remettre ce projet à jour. Le Kaerl a besoin de voir qu'il y a des projets qui tiennent à coeur à eux d'eux. Et comme tu en fais partie, même s'il n'est pas officialisé pour le moment, le voir renaître enfin fera taire dans leur gorge et leur esprit ceux qui ont cru se sentir fort en moqueries et en sarcasmes à ton égard et envers notre Dame. Certains découvriront bientôt ta véritable valeur de céleste et regretteront d'eux mêle leurs paroles et leurs mauvaises pensées°



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Heryn Amlug
Dame du Kaerl Céleste
Dame du Kaerl Céleste

Hors ligne

Inscrit le: 16 Sep 2007
Messages: 3 532
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 161
Race: Demi-Fëalocë
Âme Soeur: Rintrah
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Neutre Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 22 Oct 2017 - 17:56 Répondre en citantRevenir en haut

HRP : Attention ! Ce RP se poursuit à la Haute Salle pour la tenue des festivités en l'honneur des nouveaux Chevaliers Dragons ! Pour ceux qui souhaitent poursuivre/finir le RP sur les Sables d'Eclosion avant de passer dans la Haute Salle, vous pouvez continuer sans problème ici ! Pensez juste à prendre en compte la déclaration / l'invitation de Kieran et les gens qui commencent à sortir ^^ (cf RP ci-dessous).

» A suivre : "Action de grâce au coeur des Cieux", à la Haute Salle.




oO°Carnet de Route de la Lady°Oo

-- Rythme de RP lent, merci de votre compréhension ! <3 --
Visiter le site web du posteur
Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 00:20 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu