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 [RP challenge] Mais où sont les neiges d'antan ? Sujet suivant
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Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

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MessagePosté le: Mer 28 Juin 2017 - 19:12 Répondre en citantRevenir en haut

___&___

______Loyë-Hefur __ & __ Sararh


Auprès de l'obélisque d'Ombrelune, alors que le soleil descendant faisait naître toute une palette de tons enflammés dans le ciel, et que l'air se rafraîchissait doucement, elle dansait. Dans le silence troublé par les seuls bruits des animaux que son pas n'avait pas dérangé, elle était là, sa longue chevelure bleue brillante, bien soignée par les mains des esclaves, et parée de quelques éclats dorés, virevoltant avec elle en des mouvements tout aussi étudiés que ceux de son corps. Silhouette jouant la dissimulation sous d'amples draperies, pour mieux se révéler dans sa perfection valherue l'instant suivant, lorsqu'elle revenait plaquer contre elle l'étoffe d'une finesse insolente, elle ne manquait pas une occasion, en écartant un bras, d'entraîner une voile que le petit vent faisait frissonner, à moins que ce ne fut un simulacre d'aile, comme dans une tentative d'envol, tel l'oiseau au plumage scintillant, ou plutôt, le dragon…

Sararh, elle, reposait non loin, paisiblement couchée sur un large rocher plat stratégiquement placé, légèrement en hauteur, et particulièrement bien exposé, ce qui lui permettait de conserver une part de la tiédeur des rayons solaires qui l'avaient caressé durant la journée. La petite Blanche, les paupières mi-closes, suivait le manège de sa Liée sans bouger la tête, et seuls ses yeux, teintés d'un turquoise apaisé, remuaient dans sa face écailleuse immaculée. Loyë-Hefur s'adonnait à l'une de ses activités favorites, tout en partageant la satisfaction qu'elle en retirait avec la dragonne. C'était bien la seule qui soit digne, pour la valherue, d'assister à ce moment de grâce. Sararh était donc assez confortablement installée, appréciant le spectacle qui lui était offert à sa juste valeur. Le Lien avec sa bipède se faisait particulièrement fort en ces instants, se gonflant de toute l'affection réciproque qui les animait. La saurienne aurait-elle pu demander quoi que ce soit de plus ?

Obéissant à une mélodie qui se trouvait dans son seul esprit, la danseuse changea soudain de rythme, revenant à des mouvements plus lents, plus amples, traçant de longues courbes sur le sol et dans les airs, en entraînant les froufrous de ses soieries qui frôlèrent un instant la sombre obélisque. Elle se glissa de l'autre côté de l'ombre désormais particulièrement allongée et, ses gestes solennels accélérant peu à peu leur cadence, elle la remonta jusqu'à la pointe, sans cesser de passer souplement d'un côté sur l'autre. Arrivée à l'extrémité, là où au sol, l'obscurité laissait totalement la place à la lumière désormais rasante, elle sembla entrer encore davantage en transe. Après avoir tourbillonné follement sur elle-même en entraînant ses voilages de bleus et d'ors, elle finit par stopper son mouvement, et s'arrêter face à sa liée, pour achever sa prestation par une révérence toute en gracieuse souplesse.

HJ : ouvert à qui veut pour le challenge de ce mois ! titre issu d'un poème de François Villon (moyen-âge donc), "la balade des dames du temps jadis". Je l'ai finalement préféré à celui que j'avais trouvé avant, et qui était un peu moins joli/sérieux : vous avez donc échappé à "Valeureux savants avisés ou venimeuses larves vaniteuses ?" XD



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MessagePosté le: Mer 28 Juin 2017 - 19:12 Revenir en haut

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Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Mer 19 Juil 2017 - 14:04 Répondre en citantRevenir en haut


Laimë-Ninquë & la Bleue Isilmë


La journée n’avait été qu’un interminable enchaînement de méprises – d’obstacles inopportuns, selon Laimë-Ninquë, qui ne goûtait pas vraiment le plaisir de la remise en question. Au milieu des fumées et des vapeurs troubles de son laboratoire, la Valherue avait perdu la notion du temps. D’ordinaire, elle savait apprécier ces expériences d’outre-monde, qui confondaient ses sens au point de percevoir les vibrations émanant du divin ou même d’élever sa conscience au-dessus de telles considérations, ces instants suspendus au-dessus des astres et de la matière, où l’esprit pouvait librement se détacher du corps et parcourir des plans invisibles, intemporels, inexistant peut-être. Ses Esclaves la retrouvaient alors, étendue sur les dalles froides – et peu auraient pu dire avec exactitude depuis combien d’heures, depuis combien de jours elle se trouvait là. Son but, cette fois, avait été tout autre. Elle n’avait visé ni les étoiles, ni les mystères dissimulés au-delà de la frontière du réel. Et quand elle était enfin revenue à elle-même, nauséeuse et en proie à une terrible migraine, les parchemins qu’elle tenait dans ses mains étaient parcourus d’une écriture indéchiffrable, d’un amas inextricable d’arabesques enchevêtrées. Laimë-Ninquë ne connaissait nulle chose échappant à sa raison ; elle voyait, analysait tout. Rien, de la lumière ou de l’ombre, d’ici ou d’ailleurs, ne pouvait se soustraire à elle.

° Isilmë. Emmène-moi, j’ai besoin de prendre l’air. °


D’un geste enfiévré, la Valherue avait balayé fioles, jarres et alambics. La moindre odeur l’agressait, la moindre vision d’ustensiles, de plantes, de poudres métalliques ou minérales la mettait hors d’elle. Si elle voulait conserver son intégrité et sa cohérence d’esprit, une escapade hors du sous-sol était nécessaire. Les vastes allées, les hautes arches et les colonnades, les murs veinés de marbre et de gemmes, les volées interminables de marches – tout cela n’était pas assez, ne représentait qu’un prétexte. Elle méprisait les habitants de ce Màr, haïssait les querelles de Seigneurs Dragons, maudissait autant la pierre que le ciel d’orichalque. Chaque nouvelle aube, son corps et ses limites lui paraissaient un peu plus une offense à son existence. Il y avait plus. Elle, était plus. Si son âme était scindée en deux, n’était-elle pas incomplète ainsi, prisonnière d’une chair trop faible ? Et penser que l’autre moitié demeurait paisiblement sous une armure d’écailles ailée…

Dehors, l’horizon se préparait pour l’arrivée de Solyae, et les ombres projetées par les tours et les piliers s’allongeaient comme pour saluer l’astre. La lumière sanglante l’aveugla, et Laimë-Ninquë laissa les larmes s’installer dans le coin de ses yeux, brouillant sa vision et floutant les contours de cette Cité qui n’avait jamais été la sienne. Remontant ses jupes améthyste, elle gravit les escaliers jusqu’au toit où l’attendait déjà Isilmë, recroquevillée et malingre, ses iris jaunâtres luisant au milieu d’un écrin bleu nuit. La Valherue l’observa longuement, les lèvres retroussées en une moue désapprobatrice, mais ne trouva aucun reproche à lui faire. Ses ongles longs s’enfoncèrent légèrement dans la paume de ses mains.

° Où veux-tu aller ? °
demanda la Dragonne, avec cette même prudence qu’utilisaient les Esclaves à l’égard de sa Liée. Cette dernière ne prit pas la peine de répondre. Elle passa distraitement ses doigts dans quelques mèches blanches échappées d’un chignon complexe, orné de pinces en écailles, de chaînettes d’argent et de perles noires.

° Emmène-moi voir la mer. ° finit-elle par décider. Isilmë s’abaissa pour permettre à son Âme Sœur de se hisser sur elle. Quelques unes des pointes acérées le long de son cou avaient été polies pour éviter que la Valherue ne se blesse, quand d’autres, estimées gênantes, avaient été directement coupées. Ce n’était pas là les seules marques extérieures des méfaits de la Chevalière ; le corps entier de la Bleue avait été modelé, modifié, sculpté par la curiosité ou la colère de sa Liée – qui ne connaissait ni ne comprenait le mot non. Laimë-Ninquë ne le faisait plus depuis un certain temps, et cela effrayait Isilmë. Que prévoyait-elle ? Quelle nouvelle idée avait émergé des ténèbres troubles de son esprit fantasque et tordu ? Que fallait-il craindre, désormais ?

La Dragonne n’osait pas approcher de trop près les pensées ou les émotions de la Valherue, mais elle partageait son âme, et ses ailes les portèrent jusqu’à la Pointe d’Ombrelune. Au milieu des flammes qui sillonnaient les nues mauve, ocre et indigo, la silhouette de l’Obélisque transperçait la toile ardente à la manière d’une lance trempée de nuit. Le vent s’engouffrait dans ses cheveux et dans ses voiles céladon, sarcelle et violets, l’enveloppant d’odeurs fauves – iode, algues séchées et roches humides. Laimë-Ninquë appréciait ce sentiment, cette atmosphère. Ce paysage comme une tempête immobile plaquée contre sa rétine. Malheureusement, son euphorie fut troublée par l’hésitation d’Isilmë, une vibration qui venait perturber la surface parfaite de son aquarelle. Elles n’étaient pas seules.

Quand bien même elle n’avait aucune envie de se mêler à une quelconque société, la Valherue avait trop d’orgueil pour laisser sa place. Comme la Bleue patientait encore, elle s’inclina et étendit les mains pour parcourir doucement les écailles sombres.

° Que fais-tu, Éclat de Nuit ? Tu n’as pas à être timide. T’ai-je demandé de me mener à la Pointe d’Ombrelune ou ne l’ai-je pas fait ? °
° Tu l’as fait. Mais je reconnais la Dragonne. Sararh. °


Aussitôt, la Bleue réalisa son erreur, et son cœur s’emballa furieusement quand elle sentit la jalousie de Laimë-Ninquë grossir comme une vague. La Valherue ne permettait pas à sa Liée de parler à qui que ce soit, encore moins de se souvenir de noms et de prétendre nouer des relations avec une autre personne qu’elle.

° Descends. Maintenant. °

Sa voix sifflait de colère contenue, froide et menaçante. Isilmë ne perdit pas une seconde avant de faire ce qu’on lui demandait – on ne provoquait pas l’Ombre Pâle. Au sol se trouvait effectivement une Blanche, accompagnée d’une femme qui ne lui était pas inconnue. Une cascade céruléenne encadrant un visage aux traits ronds, percés de deux orbes de la même couleur. Loyë-Hefur. Une consœur, qui partageait le même attrait pour le Savoir, mais jamais Laimë-Ninquë ne l’aurait qualifiée d’autre chose que de rivale, et ce même en dépit de la faible affection qu’elle éprouvait envers elle et qu’elle était incapable de s’avouer. Évidemment, elle oubliait autant ses amis que ses ennemis, et elle comprit pourquoi Isilmë avait reconnu la Blanche. La Valherue pencha la tête en guise de salutation, faisant cliqueter les breloques précieuses dans ses cheveux, tandis qu’Isilmë repliait piteusement ses ailes. Les yeux obscurs de la Chevalière glissèrent sur la silhouette à peine dissimulée de sa vis-à-vis, étudiant son souffle qui semblait plus rapide, comme après un effort.

« Un tableau sans pareil pour la plus talentueuse de nos danseuses. J’espérais me recueillir loin de mes semblables, mais sommes-nous chanceuses, je doute que votre conversation n’écorche trop mes sens. » déclara-t-elle sèchement, l’ombre d’un sourire dansant néanmoins sur ses lèvres fines.



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 20 Aoû 2017 - 23:27 Répondre en citantRevenir en haut


Dye-Weren & la Noire Katchaïs

Cupid carries a gun - Marilyn Manson


Il n’existait pas de pires ténèbres que celles qui étaient vivantes.

Fendant la couche nuageuse, éparpillant les étoiles sur son passage, la fille des ombres modelait la lumière des astres sur ses mates écailles sans reflets. Un audacieux rayon de lune rousse frappait parfois un pic osseux à la pointe acérée comme un glaive, tandis que sa sœur mauve se contentait de caresser la paupière lisse d’un œil grand comme un bouclier. Les opales du géant noir luisaient tels deux gemmes dans la nuit. Son vol ample soulevait des vents contraires. Ses serres effleuraient les eaux et dispersaient des ondes effrayées dans son sillage. Toutes les créatures comme elle ne relevaient ni du cauchemar ni de la merveille. Mais celle-ci alliaient les deux. Elle était née, des décennies auparavant, sur des sables rougeoyants, un monstre frêle aux pensées affûtées et revêtue d’obscurité. Si elle ne pouvait pas prétendre donner la vie ni égaler la suprématie des reines parmi son peuple, elle en possédait néanmoins le cœur. Nul ne l’avait vaincue, ni par l’esprit ni par le combat, jusqu’à présent. Et elle comptait bien poursuivre sur cette voie.

Entre ses larges omoplates se tenait nonchalamment assis un cavalier, emmitouflé dans sa capeline ornée de breloques tintinnabulantes. Ledit cavalier arborait une moue sombre et ennuyée, la dureté imprimée sur ses lèvres minces. Cette expression amenait des ombres, nées des étoiles et de leurs contraires, à danser sur les traits lisses et blancs de ce visage trop parfait. L’androgyne seigneur-dragon porta une main à son indisciplinée chevelure de jais et balayée par le vent. Ce geste dévoila d’étranges oreilles pointues : une marque qui n’appartenait d’ordinaire qu’à cette race d’esclaves qui se disaient les « premiers nés ». Dans les yeux anthracite de ce Valheru se mouvaient des pensées tumultueuses.

° Je suis si déçu par l’attitude de mes cousins…
Tu ne devrais pas y attacher trop d’importance. Ce ne sont que des idiots, des faibles, dont l’étroitesse d’esprit n’a d’égale que la longueur atrocement ridicule de leurs titres. °

La géante d’ébène infléchit son vol pour regagner le sol. A l’égal de son Lié, elle détestait qu’on sape son libre arbitre. Elle entendait toujours agir selon son bon vouloir. Sa volonté faisait loi, en particulier lorsqu’il s’agissait d’eux deux. Sa moitié d’âme n’était pas en reste. Après tout, si elle s’apparentait à une reine, une femelle alpha, malgré sa couleur d’émail, le Valheru qui s’était uni à elle méritait lui aussi bien son surnom. Le Roi de Fer, le Garald dans leur langue, l’appelait-on. Ce n’était pas une question de cœur dur comme la pierre ni de désirs effrénés de conquête. Il s’agissait davantage d’une démonstration de son inflexibilité, de sa souveraineté sans partage, sur sa vie et sur sa destinée. On ne dictait pas sa conduite à un être tel que lui. En dépit de son apparence insolite ou de ses manières fantasques, nul ne devrait le sous-estimer.

Dye-Weren grimaça. La plaie à son épaule l’élançait. Peut-être menaçait-elle de s’infecter. La peste soit de son cousin. Le coup porté était loin d’être fatal. Dye-Weren ne maîtrisait guère la magie, même s’il s’y intéressait volontiers et connaissait quelques sorts amusants. Durant ce duel où la ruse frôlait la tricherie, il n’avait dû son salut qu’à ses talents d’épéiste. Sa Liée, en revanche, venait d’infliger une cuisante et sans équivoque défaite à son adversaire. Katchaïs demeurait invaincue. Taillée dans l’orichalque noir, bâtie telle une machine de guerre, l’Impératrice avait déchiqueté une aile du Bronze avant de vomir ses flammes vers le ciel pour marquer son énième victoire. L’Orgueilleuse avait ensuite piétiné son adversaire avant de récupérer son Âme Sœur et de quitter l’arène, sans un regard en arrière. La dragonne ressemblait bien plus à un monstre fabuleux issu des légende qu’à une véritable fille de Flarmya tant elle s’ingéniait à dépasser les normes en toutes occasions.

Katchaïs survola la Pointe d’Ombrelune, éclipsant les astres en projetant sa gigantesque ombre sur le paysage. Elle perçut la présence de deux dragons. Des sœurs de sang, sinon de couvée. Des filles de Reines Améthystes, il y en avait tant qui ne méritaient ni son attention ni son respect. La dragonne se montrait exclusive dans son affection. Cependant, elle demeurait curieuse, taquine, également provocatrice : des caractéristiques qu’elle empruntait à son Lié. Une Blanche et une Bleue se faisaient face en chiens de faïence. Leurs dames se trouvaient non loin. Dye-Weren et elle les reconnurent sans peine. Un peu comme eux, bien que dans un registre différent, elles faisaient partie de cette population marginale qui n’entendait répondre de ses actes que devant leur propre personne et qui aimait à arpenter des chemins interdits.

Habituée à ce qu’on lui fasse de la place, ou plutôt à la prendre d’autorité, l’Impératrice Noire atterrit sans grâce sur l’herbe humide de la colline, face à ses sœurs. Son envergure déployée la faisait paraître plus titanesque encore. Le long de sa patte antérieure inclinée descendit son cavalier, avec toute l’élégance dont il disposait sans réveiller la douleur dans son épaule. Un sourire comme seuls savent le dépeindre les poètes romantiques vint ourler ses lèvres fines. Dans la pureté blanchâtre de son visage encadré de ses cheveux de nuit, ses prunelles métalliques pétillaient de malice. Le contraste devenait saisissant avec la hiératique et féroce titanide aux opales sereines, voire indifférentes, près de lui.

- Bonsoir à vous, jolies dames !

Conforme à ses habitudes, Dye-Weren se fendit d’une révérence gentiment moqueuse. Malheureusement, un tressaillement lui échappa. Il maudit son cousin en retenant un juron entre ses dents serrées, tandis qu’il faisait passer son faux pas pour un geste calculé en passant une main nonchalante dans sa chevelure.

- Quelle aimable compagnie ! Que font des dames comme vous dehors à une heure tardive ? On pourrait croire que vous préparez un mauvais coup ! Puis-je vous conter fleurette ou vous chanter une sérénade, pour vous divertir ? Ou préférez-vous rester ainsi, à prendre froid, en vous toisant comme deux statues ? Triste spectacle par une nuit si claire…

Le saltimbanque du Kaerl de la Plaine de Daranis détourna le regard de ses consœurs en prétendant épousseter sa longue veste brodée de fil d’or et d’argent. Feignant la tristesse aussi aisément que le désintérêt, le Roi de Fer ne perdait pourtant pas une miette de la scène qui se déroulait ici. Il aimait ses pairs comme on apprécie de lire un bon livre : avec parcimonie, avec curiosité et quelques-fois, avec lassitude. Il possédait suffisamment de recul, étant lucide à la fois sur lui-même et le monde qui l’entourait, pour jouer volontiers de son lien d’appartenance au Quatrième Ordre ou plus largement à la race des Valherus. Il aimait observer les incessantes querelles et amourettes de ses pairs, les voir se débattre dans les problèmes qu’ils créaient, les titiller de ses piques assassines, avec délice mais aussi avec regret. Les véritables fous étaient ceux qui ne voyaient pas la folie de cette société à l’agonie.

Loyë-Hefur et Laimë-Ninquë se trouvaient être deux amoureuses du savoir, chose qu’il appréciait. Il ne fallait néanmoins pas s’y tromper. Sous le beau vernis de l’art de l’une et le délicat minois rusé de l’autre, il se cachait des trésors insoupçonnés de fourberie, d’hypocrisie et de cruauté. De parfaites dames de leur Màr. Dye-Weren possédaient aussi ses propres défauts – Katchaïs était bien placée pour le savoir. Mais s’il s’amusait volontiers de ceux des autres, il peinait parfois à s’apercevoir des siens.


HRP : Pardon pour le retard T_T



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