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Tristan Gwened
Candidat(e) à l'Empreinte

Hors ligne

Inscrit le: 08 Avr 2017
Messages: 67
Sexe: Masculin
Présentation: URL
RPs: 33
Race: Neishaan
Maître: Sable Lewë (PNJ)
Affiliation: Maison Dalneÿs
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 11 Avr 2017 - 19:46 Répondre en citantRevenir en haut

Nom : Tristan Gwened
 
Surnom : Tris' (rien d'autre, les Neishaans sont trop gentils pour donner des surnoms moqueurs)
 
Âge : fin d'aurore (17 ans à l'entrée en jeu)
 
Race : Neishaan (avec un grand-père Fëalocë)

Physique :
Tristan aurait aimé ressembler davantage à un Neishaan type. Il en a cependant hérité l'allure générale, apparemment aussi fragile qu'une de ces éphémère sculptures de glace qu'il affectionne tant. Ce n'est d'ailleurs pas qu'une apparence, il est de constitution peu solide, notamment à cause de sa naissance prématurée. Il semble manquer de consistance, et lorsqu'il marche, un observateur distrait pourrait croire qu'il ne touche pas vraiment le sol. D'une manière générale, lorsqu'il se sent en confiance, ses mouvements gardent une grande harmonie, et semblent couler comme une évidence, ou une danse. A l'inverse, quand il est mal à l'aise, chaque geste semble forcé, non naturel.
Il possède également la peau diaphane de ses congénères, qui ne dissimule que peu ses os fins et sa musculature de lettré, jamais travaillée. Sa silhouette mince, il l'habille de manière pratique et sobre, en évitant les couleurs vives ou les colifichets voyants. Le but principal de ses choix vestimentaires semble être de passer inaperçu. Dans la même logique, il a tendance à se tasser sur lui-même, apparaissant comme de petite taille, alors qu'en réalité, sa stature se situe seulement dans une normale basse. Il parle avec l'accent d'Ablah, un accent du nord assez marqué, qui rappelle les terres rudes où il a grandi.
Il présente un visage d'un ovale allongé, aux proportions harmonieuses. Cependant, ce que l'on remarque en premier chez lui, ce sont plutôt ses yeux. Vifs et éveillés comme ceux des Neishaans, ils sont aussi, tout comme ceux de sa mère, ambrés à la manière des Fëalocës. Pire, il possède une chevelure rousse éclatante qui fait tache parmi les siens, et qu'il tente de dissimuler de son mieux, en la coupant très court et en portant un couvre-chef. Malgré ces précautions, ses sourcils de feu restent encore bien visibles, et créent un contraste vif avec le reste de son allure éthérée.

Caractère :
Tristan adhère fermement à l'idéal pacifiste et doux de son peuple, ainsi qu'à sa soif de connaissance. Il a à cœur de faire le bien, d'aider, et se montre exigeant, non seulement envers autrui, mais bien plus encore, envers lui-même. Il ne pardonne pas facilement, et là encore, est le plus dur avec sa propre personne : il conservera longtemps le poids de ce qu'il considère comme ses errements et erreurs. La mort de sa mère, à sa naissance, est en particulier l'un des crimes qu'il s'impose de traîner comme un boulet. Car sans lui, elle serait encore de ce monde.
Il cherche sa voie sans forcément se soucier des règles et usages, qu'il ne craint pas d'outrepasser. Obéir à ce qui lui semble juste est pour lui plus important, mais il a du mal à mesurer toutes les conséquences de ses actes. Il oscille entre une volonté de ne pas mécontenter les siens, qui sont bons avec lui, et un air de révolte envers une tradition figée, qui constitue pour lui un carcan difficilement supportable. L'isolement même d'Ablah, loin de la réalité d'un monde plein de dureté, et la passivité de ses habitants face aux drames qui se jouent au-dehors, lui posent désormais question.
Car l'adolescent aime apprendre et comprendre en toutes choses : de nombreuses interrogations tourbillonnent dans sa tête. Bien souvent, elles y restent, car il a compris qu'il n'existait aucune réponse simple, et ne souhaite pas importuner ses aînés. Tristan est en effet un garçon discret, qui n'aimerait rien tant que de passer inaperçu parmi les Neishaans, et de ne se distinguer que par son assiduité à étudier. Cependant, sa touche de caractère fëalocë lui semble rendre cet idéal impossible.
Il voit bien que parfois, il s'emporte d'une manière qui n'est pas du tout celle de son peuple, ou réagit d'une façon brusque et irréfléchie qu'il n'aurait pas voulue. En général, il s'en trouve ensuite très en colère contre lui-même, et s'isole dans la sculpture sur glace par crainte du regard des autres, souvent bien plus tolérants que ce qu'il s'imagine. C'est ainsi qu'il en est venu à redouter ses propres réactions, et en plus de rejeter tout ce qui lui semble provenir de son grand-père maternel, il s'efforce de s'entourer de murailles glaciales pour éviter le déclenchement de telles « crises ». Pourtant, la flamme sensible et passionnée qui brûle sous la cendre est toujours là…

Alignement : chaotique bon

Clan choisi : céleste

Histoire :

*** Pré-histoire, ou la rencontre du feu et de la glace ***

Dans la cité neishaane d'Ablah, cachée au milieu des neiges éternelles des montagnes de l'Andram, sur le continent de Vaendark, les jours succédaient les uns aux autres, paisiblement. Le silence studieux des bâtiments dédiés à la connaissance n'était troublé que par quelques crissements de plume sur le papier, ou de légers froissement de tissus lorsqu'un des érudits se déplaçait discrètement, pour ne pas déranger l'étude de ses collègues. Bien sûr, il y avait des visiteurs, régulièrement. C'était même à eux qu'était due la survie de la communauté des neiges : les étrangers amenaient des denrées en échange du savoir livré par les Neishaans d'Ablah, ou des pièces sonnantes et trébuchantes, à la mesure de leurs moyens et de l'importance qu'ils accordaient à la réponse qu'ils venaient chercher. Il en venait des villages proches, des villes plus lointaines du continent, et parfois même d'ailleurs.

Aussi, lorsqu'un groupe de Fëalocës se présenta en cette fin d'automne de l'an 881, personne ne se douta que la vie de la petite communauté allait connaître, par leur présence, davantage de perturbations qu'à l'habitude. Car il se trouvait parmi ces arrivants un jeune homme au tempérament particulièrement fougueux, qui fut immédiatement charmé par la demoiselle chargée de les accueillir. S'ensuivirent des rencontres loin de tous yeux et oreilles indiscrètes, et des déclarations passionnées du Fëalocë. La timide Neishaane n'avait jamais entendu semblables paroles, et après bien des rougissements, elle finit par céder aux avances de cet exubérant étranger. Aussi, quand ses semblables s'en retournèrent vers leur lointain foyer, lui resta auprès de sa belle à Ablah.

Cependant, l'ambiance idyllique ne dura guère. Le caractère ardent du jeune homme ne s'habituait pas à la vie lente et studieuse des lieux, malgré tous ses efforts et toute la douceur de sa compagne, qui s'en attristait. En outre, l'enfant tant désiré ne se décidait pas à s'accrocher suffisamment à la vie pour que ses parents aient le bonheur de le tenir dans leurs bras, et la future mère se fatiguait de ces échecs répétés. Ils décidèrent de s'éloigner d'Ablah pour la belle saison, espérant qu'un changement d'air serait salutaire. Où ils se rendirent et comment ils vécurent durant cette période, ceux de la cité n'en surent rien.

Toujours est-il qu'ils reparurent deux années et demie plus tard, non plus duo, mais trio, car une fillette leur avait finalement été accordée par Gaïa. La petite Bleunwenn faisait leur bonheur depuis plus d'une année (née en 883), mais ils ne s'étaient pas arrêtés en si bon chemin, et la Neishaane portait l'espoir de lui donner un frère ou une sœur. Espoir qui semblait faiblir avec chaque jour qui passait, aussi s'étaient-ils décidés à retrouver la sérénité d'Ablah, la chaleur des siens pour la jeune femme, et leur savoir qui, pour le jeune homme, devait bien pouvoir servir à quelque chose pour les aider.

Mais même les plus érudits ne possèdent de solution à tout, et cette fois, ni la mère ni l'enfant ne survécurent. Bleunwenn fut confiée aux bons soins de ses grands-parents, tandis que son père fëalocë, à qui Ablah avait conservé son hospitalité, hurlait son désespoir face aux étendues glacées des alentours. Il n'avait jamais beaucoup communiqué avec les Neishaans, en-dehors de sa belle, et cela n'allait pas en s'améliorant. Aussi personne ne fut réellement surpris lorsque, dès l'arrivée d'une journée permettant de reprendre la route vers le lointain monde, il disparut, laissant seulement une lettre expliquant sa décision.

Il savait n'être pas à sa place à Ablah, n'avait rien d'un savant sérieux et posé comme la plupart des habitants de la cité, et supportait difficilement de côtoyer tant d'êtres qui lui rappelaient sa bien-aimée disparue. Quant à leur fille Bleunwenn, il souhaitait le meilleur pour elle, et avait bien conscience de ne pouvoir, seul et l'esprit obscurci par le chagrin, lui offrir tout ce dont elle avait besoin. Il la confiait donc aux grands-parents qui s'étaient déjà si bien occupés d'elle, le cœur en berne de la quitter, mais certain qu'elle ne manquerait de rien dans la cité neishaane.

On n'entendit plus jamais parler de lui à Ablah, et la petite Bleunwenn Dreger grandit paisiblement sous le regard des parents de sa mère. Elle présentait les yeux dorés de son père, et son allure plus substantielle que celle des autres habitants de la cité, mais pour le reste, elle était une parfaite neishaane, avec seulement un soupçon de témérité supplémentaire. C'était une enfant intelligente qui s'intégra rapidement dans la société des érudits et qui, lorsque vint l'aube de l'âge adulte, rencontra à son tour un jeune homme auprès de qui elle envisagea de passer le restant de ses jours. Leonyd Gwened était lui aussi un enfant d'Ablah, et rien ne semblait s'opposer à leur bonheur.

Seulement, l'histoire souvent se répète, et elle allait se charger de le leur rappeler de cruelle manière. Alors que le dixième siècle s'ouvrait, Bleunwenn se trouva enceinte. Comme la mère qu'elle n'avait que trop peu connue, elle s'en trouva bien plus affaiblie que de nature. L'heure de la délivrance arriva plus tôt que prévu, et lors d'une lumineuse soirée d'été, un garçon malingre aux yeux dorés, sans le moindre cheveu, vit le jour. Sa mère, épuisée, le nomma Tristan, et sombra dans l'inconscience, pâle comme la mort, alors que le carmin de son sang teintait les draps blancs. Leonyd eut beau s'affairer autour d'elle, avec tout ce qu'Ablah comptait de sages-femmes et autres guérisseurs, ce fut en vain. Quelques jours après l'arrivée de Tristan, en cette année 901, trépassa Bleunwenn.


*** Antiquité, ou l'affirmation d'une flamme vacillante ***

Le nouveau-né n'aurait jamais survécu naturellement, et il fallut l'entourer de soins assidus durant les premiers mois. Nourrices et soigneuses se succédaient auprès de lui, si bien que lorsque les froids hivernaux commencèrent à s'installer, Leonyd et ses parents, Owein et Enide, très impliqués eux aussi, purent enfin soupirer de soulagement : le petit Tristan allait vivre. Il ne serait jamais aussi fort qu'un enfant né à terme, et garderait une santé fragile, mais sa petite existence ne risquait plus de disparaître au moindre courant d'air. Le lait maternel étant rarement surabondant chez les femmes d'Ablah, on le nourrit rapidement au lait des chèvres angoras qu'élevait la communauté, en plus de l'emmitoufler dans le mohair doux et chaud que fournissait leur fourrure.

Alors que le bébé grandissait lentement, son père sembla chercher refuge dans le savoir des livres, le laissant de plus en plus souvent à la garde de ses grands-parents, qui ne refusaient jamais de s'occuper de lui. Enide en particulier, retrouvait tout son instinct maternel pour son délicat petit-fils. A un an passé, apparurent ses premiers cheveux, et à la surprise générale, ils se révélèrent d'une teinte rousse flamboyant, qui ne pouvait provenir que de son ascendant fëalocë. Tristan continua à évoluer, restant fréquemment indisposé, mais s'éveillant également avec une vivacité d'esprit qui ravissait les siens. Les soirées autour du feu faisaient particulièrement briller ses yeux ambrés, ces moments où étaient rapportés contes éternels et complaintes venues de la nuit des temps, parfaitement interprétées par l'incomparable talent des Neishaans.

Un peu plus tardivement que les autres enfants, Tristan fut envoyé à son tour pour garder les chèvres à la belle saison, comme il était de coutume à Ablah. Il en conserva un semblant d'amitié avec les jeunes gens de son âge, mais rien de très fort, car il se sentait vaguement différent. Il manquait notamment de souffle rapidement dans les jeux de ses semblables, et restait donc plus souvent immobile à rêvasser. Un peu plus tôt, à l'inverse, il apprit à déchiffrer les lettres, et commença à tourner les pages des livres. Face à la relative indifférence paternelle, il sentait confusément qu'il devait se rendre sur le même terrain : alors que Leonyd passait le plus clair de son temps le nez dans les manuscrits, Tristan s'efforçait d'attirer son attention en se montrant l'élève le plus studieux possible, en brillant par l'agilité de son esprit. Son succès était mitigé : il apprenait facilement, et profitait de ses convalescences encore fréquentes pour aiguiser davantage son jeune savoir, mais son père semblait malgré tout ailleurs, même lorsqu'ils se trouvaient seuls ensemble. Owein et Enide veillaient toujours sur lui, et un autre aurait pu se satisfaire de cette affection, mais Tristan avait besoin de davantage. On ne remplace pas facilement une mère.

Dire que l'enfant était malheureux aurait cependant été mensonger. Il disposait de tous les éléments matériels nécessaires à son évolution, et d'une mine de savoir inépuisable. Comme tout neishaan qui se respecte, il apprit à chanter, mais sans aller trop loin dans la théorie, et sans parvenir à la maîtrise d'aucun instrument : la discipline demandée était trop rigide pour lui, et il conserva une pratique plutôt intuitive de cet art. Parmi les siens, son chant semble presque ordinaire, mais il ignore qu'au milieu du vaste monde, il apparaîtra comme plein de nuances et de sensibilité, car il a baigné depuis tout petit dans cette ambiance musicale, et il possède le don de son peuple, même si sa force n'a rien d'exceptionnel.

Tristan grandissait donc parmi les habitant d'Ablah, et découvrait peu à peu la face ardente de son caractère. C'était une impulsion soudaine qui, lors d'une promenade dont il avait réussi à arracher la promesse à Leonyd, le faisait partir en escalade à la recherche d'un nid de haukea, puis s'arrêter transi et tremblant lorsqu'il réalisait qu'il ne parviendrait pas à redescendre seul. Un livre refermé et abandonné avec fracas, brisant la tranquillité de la bibliothèque, lorsque ses recherches n'aboutissaient pas. Une parole dure lancée à la face de l'apparente indifférence paternelle, qu'il regrettait ensuite amèrement. Une connaissance placée sous le sceau du secret absolu à Ablah, qu'il décidait de révéler malgré tout au visiteur en détresse, s'attirant les foudres des siens, et les essuyant avec défi.

Plus les années passaient, plus ce genre d'incident se répétait. Et Tristan s'en affligeait, se chargeait de remords lorsqu'il réalisait avoir mal agi, ou s'enfermait farouchement dans ses certitudes lorsque, à l'inverse, il était persuadé d'avoir fait le bon choix, et désespérait de faire comprendre son point de vue. Sa grand-mère Enide avait beau déployer toute sa patience et sa douceur, il lui était bien difficile de faire céder la coquille dans laquelle s'enfermait alors l'adolescent. Quand elle y parvenait, cela se terminait généralement en étreintes pleines de larmes qui tombaient au sol en petites gouttes glacées. Car Tristan avait un grand besoin d'être rassuré, de se savoir aimé malgré ses erreurs. Mais, plus souvent, il s'isolait, partait la journée entière pour sculpter une éphémère forme de glace, et ne rentrait qu'à la nuit noire, la tête basse, évitant tout regard et toute conversation.


*** Grandes invasions, ou les ombres du doute ***

Garçon intelligent et sensible, Tristan n'était pas sans réaliser qu'il semait parfois la zizanie dans la tranquille Ablah, et faisait de la peine à ses proches. Il lisait aussi de plus en plus de récits de voyages et d'aventures, qui le faisaient rêver, mais aussi réfléchir. Le monde semblait si vaste, et sa cité enneigée en était tellement coupée… Certes, leur savoir servait à ceux qui venaient le chercher, mais ils n'avaient pas réponse à tout. Ils n'avaient d'ailleurs pu sauver ni sa mère, ni sa grand-mère maternelle. Et Tristan fut témoin d'autres événements où toute la connaissance d'Ablah ne parvenait à aucune solution. Quelle était donc cette vie ? Pour la première fois, il demanda à accompagner ceux qui se rendaient à la ville la plus proche, où les siens vendaient leur laine mérinos, ainsi que des peaux de chèvres et chevreaux, et les bonnes années, des meules de fromage. Il découvrit un autre monde que les livres n'avaient fait qu'évoquer, un monde infiniment plus riche et complexe que ce qu'il s'était imaginé. L'aurait-on trompé depuis le début ?

En parallèle, il se questionnait beaucoup sur l'influence du sang Fëalocë sur sa propre personnalité. Sur son grand-père maternel, cet homme qui n'avait pu rester vivre dans la cité des neiges, et auquel ceux qui l'avaient connu comparaient forcément son petit-fils… Lui-même pourrait-il continuer à évoluer parmi les savants, à regarder le monde de loin, tout en troublant par ses actes irréfléchis la communauté qui lui témoignait tant de bonté ? Mais que faire d'autre que de rester ? Il avait conscience de n'être pas taillé pour l'aventure, et en savait si peu sur le monde extérieur, rien que les récits des visiteurs, et la théorie rapportée par les ouvrages écrits ou les histoires de la tradition transmises aux veillées…

C'est dans ce climat d'incertitude qu'apparut, un jour de l'an 916, un personnage qui devait marquer son existence. Tristan était absorbé par une nouvelle sculpture, et ne réalisa que tardivement qu'il n'était plus seul. Non loin se trouvait un Neishaan inconnu, qui l'observait. Ou pas vraiment, son regard semblait voir autre chose. Il ne venait pas de la cité, à l'évidence, ni de la voie la reliant au reste du monde : mais d'où pouvait-il donc bien arriver ?
« Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? »
questionna le jeune homme, nerveux, même si l'autre ne montrait aucune agressivité.
« Je suis venu chercher réponse pour ma déesse, mais ses voies sont mystérieuses, et le but le plus apparent n'est pas nécessairement le seul, »
prononça l'étranger d'un ton qui faisait douter de sa connexion avec le réel. Troublé, Tristan secoua la tête :
« Qu'est-ce que vous voulez dire ? Si vous cherchez Ablah, vous êtes dans la mauvaise direction. C'est par là, »
montra-t-il, bras tendu vers sa cité. Mais l'autre ne sembla pas se troubler, et répondit de la même manière que précédemment :
« Les servants de la déesse ne connaissent pas de mauvaise direction. Seulement des détours, dont l'utilité n'est parfois révélée que bien plus tard. Concernant celui d'aujourd'hui, cependant, il ne sera pas nécessaire d'attendre autant. »
Tristan restait perplexe devant ce discours nébuleux, mais apparemment parfaitement clair pour celui qui le prononçait. Il tenta de revenir au concret, avec une nouvelle question :
«  D'où venez-vous donc ? Il n'y a rien, là-bas. »

* Ne t'a-t-on pas appris qu'il était malpoli de poser tant de questions sans s'être même présenté ? *
souffla une voix empreinte d'un certain amusement, mais directement dans son esprit, sans en passer par le sens de l'ouïe. Le jeune homme rougit sous cette sorte de réprimande.
« Je m'appelle Tristan. Tristan Gwened. Je suis d'Ablah. Mais, comment vous avez fait ça ? Parler de cette façon ? »
L'homme eut une sorte de sourire doux et rêveur, qui semblait destiné à un autre plan d'existence.
« Heureux de te rencontrer, Tristan Gwened. Je suis Ciryandil, et c'est mon Lié Aramanth qui vient de te parler, confirmant ainsi que tu possèdes le Don. »
Il semblait au sculpteur que chaque mot augmentait sa confusion, son incompréhension. Il ne put que répéter les derniers mots :
« Le Don ? Quel Don ? »
« Celui d'entendre les dragons, bien sûr. Cela signifie que tu pourrais te lier à l'un d'eux. »
Cette fois, il n'attendit pas que l'étrange Neishaan ait terminé, et se récria :
« Mais, les dragons n'existent pas ! Ce ne sont que des histoires… »

« Vraiment ? »
répliqua l'autre, toujours aussi doucement, avant de faire un geste du bras pour désigner la direction de laquelle il était manifestement venu. Il y eut un mouvement, une créature qui remua, blanche sur le blanc de la neige, et Tristan ouvrit de grands yeux, n'en croyant pas ses perceptions. S'il fallait nommer l'être, le mot de dragon était le premier qui viendrait à l'esprit… mais le jeune homme ne pouvait admettre que les précieux ouvrages d'Ablah aient oublié un élément aussi majestueux dans leur bestiaire. Mais ce qui se tenait non loin…
« Je ne vous crois pas ! Je ne sais pas comment vous faites ça, mais ce n'est pas possible ! »
cria-t-il dans sa confusion, avant de tenter de s'enfuir. La voix de l'arrivant, toujours égale, l'arrêta.
« Attends, je t'en prie, Tristan Gwened. Refuserais-tu donc de me conduire à ta cité ? Mes yeux sont offerts à Mystra, et ils ne voient pas les cailloux qui encombrent le chemin. »
Faire appel à son humanité ne pouvait que fonctionner, et il interrompit son élan fugueur, gêné de nouveau. Il ne pouvait pas décemment laisser un aveugle seul dans la montagne…
« Bien sûr, je vais vous accompagner. »

Ainsi allèrent-ils donc, tout d'abord dans un silence que troublait seulement le hululement du vent. Puis l'étranger parla brièvement des chevaliers-dragons et de la manière dont ils maintenaient le secret sur leur existence, avant d'évoquer la manière dont ils étaient recrutés. La conclusion vint tout naturellement :
« Tu pourrais nous rejoindre si tu le souhaitais, Tristan Gwened. Il te faudra pour cela quitter tout ce que tu as connu jusque-là, mais le Lien avec sa véritable âme-sœur n'a rien de comparable. »
Le jeune homme avait fait l'effort de ne pas interrompre son interlocuteur, mais il n'avait pas l'intention d'abandonner aussi vite ses positions. Buté, il répéta :
« Je ne vous crois pas. Les dragons n'existent pas. »
La discussion n'alla pas plus loin. Ciryandil fut introduit à Ablah, et pris en charge par ceux qui pouvaient l'aider à trouver les informations qu'il était venu chercher.


*** Vers une Renaissance ? ou l'éclat d'une autre vérité ***

Le servant de Mystra passa de longues journées parmi les vieux ouvrages. Tristan, lui, s'efforçait de ne pas s'en préoccuper, mais ses paroles l'avaient marqué, et la vision du Blanc Aramanth, plus encore. Tout cela ne cessait de lui revenir à l'esprit, et il cherchait tous les livres qui pouvaient lui parler des dragons, sans en obtenir davantage qu'une image de mythe. Le savoir si cher aux siens, serait-il un mensonge ? Il ne voulait pas s'avouer vaincu, cependant, et il continua à chercher, allant chercher les ouvrages les plus anciens et précieux pour tenter de déceler la vérité parmi les lignes d'écriture.

Il était fort tard cette nuit-là, alors qu'il continuait à parcourir fiévreusement l'un de ces livres de particulièrement grande valeur. Rien qui ne l'aide là-dedans non plus, et sa frustration augmentait, en même temps que sa fatigue : il n'avait pas voulu s'arrêter de chercher, depuis plusieurs jours. Personne ne sembla comprendre ce qui s'était vraiment passé, ensuite. S'était-il assoupi, avait-il fait un mouvement brusque qui aurait renversé sa chandelle sur les pages antiques ? Y avait-il, dans un mouvement d'humeur, mis volontairement le feu ? Le début d'incendie détruisit en tout cas le précieux volume, et éveilla la cité toute entière pour empêcher qu'il ne gagne le reste de leur temple de la connaissance. On parvint à sauver l'essentiel de la bibliothèque, mais quelques rayonnages étaient irrémédiablement perdus, et de nombreux autres nécessiteraient de longues heures de remise en état.

Tristan, lui, avait été écarté des lieux, et restait dans un état de stupéfaction, incapable d'expliquer quoi que ce soit. Comment l'aurait-il pu, alors qu'il n'avait pas conscience de posséder cette capacité qui sommeillait en lui, et qui avait déclenché la flamme ? Il admettait cependant sa responsabilité, plein de honte et de remords. Était-ce donc encore ce maudit sang Fëalocë qui l'avait poussé à détruire l'un des joyaux d'Ablah ? A faire courir les siens en tous sens pour tenter de réparer sa folie ? Plus égaré que jamais, il se confina de lui-même à une petite pièce sombre, cherchant le repentir, en frissonnant sans comprendre pourquoi il se sentait glacé à ce point. Il avait bien proposé d'aider à la remise en état, mais on le lui avait refusé d'un air désolé, pour ne pas prendre de nouveaux risques, et il admettait la justesse de la décision. Mais qu'allait-il donc pouvoir devenir ?

Une information perça cependant son orage émotionnel le lendemain : l'étranger au regard absent allait partir, il en avait finalement terminé de ses recherches. Tristan hésita, chercha à s'imaginer une autre issue. Il n'en trouva aucune, du moins, aucune qui ne lui semble honorable. Il ne pouvait rester à Ablah. Alors, il écrivit une longue lettre pour son père Leonyd, dont plus d'une larme vint brouiller les pleins et déliés soignés, puis sortit pour guetter Ciryandil. Lorsque le chevalier-dragon apparut, il le suivit d'abord à distance puis, une fois hors de vue de la cité, se jeta à ses pieds pour le supplier de l'emmener avec lui, dans son monde étrange qui, finalement, existait sans doute tout autant que les tourelles perdues dans les neiges dont il venait.

« Veux-tu bien m'aider à cheminer jusqu'à ce lieu où nous nous sommes rencontrés la première fois ? Aramanth nous y attend, »
répondit l'autre, imperturbable. Quelques instant plus tard, le cœur battant la chamade, Tristan se retrouva chevauchant la créature de légende dont il avait initialement préféré nier l'existence. Le froid de l'Interstice le saisit, et il se raccrocha aux vêtements du servant de Mystra, comptant dans sa tête les trois respirations…


Possessions :
Un bonnet écru en laine mohair et à motifs de flocons, que sa grand-mère paternelle a tricoté pour lui, et qui lui sert à cacher ses boucles rousses
Des gants fins et étanches en cuir de chevreau, adaptés à ses mains délicates, parfaits pour sculpter la glace
Une plume de haukea, précieusement conservée sous plusieurs épaisseurs de tissu, et qu'il a trouvée un beau matin, auprès d'une de ses sculptures représentant justement l'oiseau mythique
Un bracelet fait de coquillages polis, d'un bel éclat nacré, mais sans aucune valeur marchande. Il ne le porte pas, mais le conserve en souvenir de sa mère, pour qui il semblait déjà précieux. Ce bracelet aurait été fabriqué par son grand-père maternel, qui l'aurait offert à sa bien aimée durant leurs années loin d'Ablah.


Magie :
En plus du Don, Tristan possède un mélange de pyrokinésie et cryokinésie, qui s'exprime exclusivement en fonction de son humeur. Cette magie est très peu éveillé à l'heure actuelle, et ne pourra jamais être complètement maîtrisée, étant donnée qu'elle reste liée à des sentiments.
En effet, lorsqu'il est malheureux, il a tendance à glacer de petites choses sur son passage. Dans une cité perdue parmi les neiges éternelles, cela trouve bien souvent à s'expliquer autrement que par une capacité magique, et comme cela est resté confiné à de faibles conséquences, il ne s'est pas encore rendu compte de ce talent. Il s'en sert cependant, de manière purement intuitive, lorsqu'il sculpte la glace. Il n'a pas non plus réalisé, pour le moment, que son utilisation avait la conséquence inverse sur lui : plus il crée de glace, plus son propre corps augmente en température, et il y a fort à parier qu'une utilisation réelle le rendra fiévreux.
Il est encore plus ignorant de l'aspect ardent qui, lui, se manifeste quand la colère le tient. C'est bien cela qui a causé l'incendie de la bibliothèque, juste avant son départ d'Ablah. Et là aussi, la conséquence sur lui correspond à l'effet inverse : il frissonne, glacé, et avec sa faible constitution, cela pourrait bien le forcer à s'aliter sous bien des couches de couvertures. Par ailleurs, avant d'arriver à maîtriser un rien cette capacité, il lui faudra certainement commencer par accepter la part de sang Fëalocë qui coule dans ses veines.

Divers :
Pour la magie, j'avais dans l'idée que ça deviendrait plus évident au fil des jeux, et peut-être après l'empreinte. A voir ensuite si ça pourra être plus ou moins maîtrisé / contenu.
Je suis tout à fait ouverte (et même enthousiaste) pour des liens familiaux (ou autres) avec d'autres persos, le grand-père Fëalocë pourrait notamment avoir refait sa vie ailleurs, avec une autre, et il peut y avoir eu toutes sortes de gens de passage à Ablah.
Et la place est libre pour le maître qui prendra Tristan sous son aile, non, n'ayez pas peur !





Dernière édition par Tristan Gwened le Ven 21 Avr 2017 - 12:53; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mar 11 Avr 2017 - 19:46 Revenir en haut

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MessagePosté le: Mer 19 Avr 2017 - 09:31 Répondre en citantRevenir en haut

Et me voilà pour t'apporter la troisième validation qui te permet donc d'entrer en jeu.
Félicitations ! Rien à redire sur ta fiche, elle est claire et concise et une bonne orthographe fait plaisir à lire.
Amuse toi bien =)

Citation:
Te voilà officiellement partie intégrante de l’univers de Tol Orëa, nouvelle pierre apportée à son édifice ! Tu peux d'ors et déjà ouvrir ton RP de rencontre avec ton Maitre ou ta Maitresse sur ton continent actuel (celui où tu te trouves à la fin de tes péripéties).

Si tu cherches encore un Maître ou une Maîtresse tu peux faire une demande juste ici !

Puisque tu es prêt à vivre au cœur des nuages au Màr Menel, glisse-toi derrière le Rideau et vole donc jusqu’aux Loges Illuminées, QG hors-RP des membres de ce Kaerl. Tu y trouveras par exemple les présentations de tes confrères, tu pourras participer à des débats et trouver des informations sur les diverses quêtes célestes et sur l’organisation de l'Ordre Draconique de Lumière. Tout est discutable en son sein et les idées ou suggestions sont les bienvenues.

Ensuite, tu pourras aller te présenter in RP au Seigneur du Kaerl, Zackheim de Galastden, en te rendant à l'Amphithéâtre, afin d'entrer officiellement dans ta nouvelle demeure !

Dans tous les cas pour tes rps, il te faudra indiquer la date en cours en jeu. Plus d’information, il faut te rendre dans le topic Notions Indispensables Diverses, chapitre "Mesure du Temps". Par exemple, nous sommes actuellement en Gaïaku 918, tu peux te placer un peu après cette date pour arriver à la fin des évènements liés au scenario actuel, dont tu trouveras le Carnet de Route par là !

Peut-être que lors de ta découverte du forum, de ta visite en son sein, en plus de la lecture studieuse des différents explicatifs du Codex et du Liber Draconis, tu as déjà découvert ces différents points essentiels que je vais te présenter ensuite. Permets-moi de te les évoquer malgré tout :

Tu peux avoir le loisir de suivre les différentes triades ou "quel maître dragon a quel aspirant sous son aile". Il y a également les Les Missives Seigneuriales, pour les avancées des scénarios lancés, des nouveautés ou améliorations importantes du forum, en plus des newletters que tu recevras par mail (veille bien à avoir coché dans ton profil "accepter les mails de tol orëa").

Dans les Missives Seigneuriales, tu découvriras aussi le Panneau de Quêtes, indispensable, te dévoilant des quêtes ou des scénarios effectués dans les Kaerls (complément à la Chronologie de Tol Orëa).

Autre lien utile, tu pourras faire un petit suivi des aventures de ton personnage dans les Carnets de Route, non obligatoire mais quand même bien utile pour s'y retrouver temporellement entre ses différents RPs.

Pour égayer le rp entre deux topics, il y a souvent des concours organisés dans l'Acamédie, installée à Lòmëanor. Si tu as la plume qui te démange, tu peux écrire à la suite des concours précédents, ils restent ouverts pour qui veut rajouter une petite touche d'imagination en plus !

Si une réponse entre deux RPs se fait attendre ou que tu as du temps de libre, tu peux aller te détendre dans les nombreux topics de notre section flood, les Alcôves Dérobées, où tu trouveras une section débats et sondages, une autre pour les rencontres IRL, mais aussi une section pour les petits jeux de "mots" et d'écriture, le Fil des Moires. Si le défi te tente, tu pourras y participer chaque mois à notre RP Challenge, petit jeu d'écriture où l'on te propose d'imaginer un texte (de préférence lié à l'univers de tol orëa mais pas forcément à ton personnage), en relation avec une musique, selon ce qu'elle t'inspirera.

Voilà, je crois que je t'ai tout dit ... N'hésite pas si tu as des questions et surtout amuse-toi bien !



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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