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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 14:11 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


Ouranosku 918


Ansehelm n’avait pas trouvé la perspective de se rendre au Vaendark particulièrement réjouissante. D’ordinaire, il laissait aux jeunes Chevaliers trop débordant d’énergie la charge de lui rapporter de leurs pérégrinations quelconque Aspirant à former ; lui-même estimait ne plus avoir à s’abaisser à remplir de telles corvées. Ces derniers temps, cependant, et après les heures sombres de Drazahir, tous devaient s’efforcer d’assurer la relève – et c’était ainsi, plus poussé par la nécessité que par réel désir de nouveauté, que le Maître Blanc s’était résigné à emprunter la voie des cieux. Ashtad s’était empâté, à force de passer ses journées à lézarder dans les fumées soufrées, et au moins aurait-il ainsi l’opportunité de profiter d’un peu d’exercice.

Il faisait froid – un blâme adressé à Ouranos et à ses vents glacés. Plus Ashtad remontait vers l’intérieur des terres, plus Ansehelm grinçait des dents, son corps tremblant dissimulé sous une improbable couche de laine et de fourrure. Le Blanc, par prévenance envers son Lié, revêtait chaque soir sa forme humaine afin qu’ils bénéficient d’un toit et d’un repas chaud. Il connaissait suffisamment l’Elfe pour savoir que le contraire aurait transformé leur voyage en un véritable calvaire : Ansehelm était habitué à un certain confort. Le couple d’Ardents survola l’Arpadie sans grand succès, et le Dragon décida de pousser encore plus vers le Nord, car ils ne pouvaient pas avoir fait tout chemin pour rien.

° Pourquoi a-t-on choisi cet endroit ? Il n’y a que des paysans arriérés, je n’ai aucune envie d’en ramener un dans mes appartements. Ce serait tragique de les soustraire à leur environnement naturel, ne crois-tu pas ? °

° Patience, ma fille. Nous allons te trouver l’Aspirant idéal. Nous arriverons bientôt à Kurm et tu pourras te détendre dans un établissement digne de ce nom. °


Et, sans vraiment y croire, Ansehelm acquiesça en ronchonnant. Ils dépassèrent enfin la Grande Barrière, et les plaines s’étalaient à l’infini, nimbées d’or et de sang par la lumière du couchant. Ashtad se posa à distance respectable d’une auberge habilement située à la croisée de plusieurs chemins, afin de se métamorphoser à l’abri des regards, puis ils s’approchèrent du bâtiment dont les fenêtres diffusaient déjà la lueur chaleureuse des flammes. Ansehelm rayonnait de contrariété, et la façon dont ses sourcils s’étaient froncés plongeait son regard d’ambre dans une ombre de mauvais augure. Il se laissa malgré tout convaincre par les cajoleries d’Ashtad, et fit contre mauvaise fortune bon cœur. Toutefois, alors qu’ils avaient finalement rejoint la porte de l’auberge, la silhouette gracile du Dragon fut prise d’un spasme léger et il interrompit sa marche, un éclat d’intérêt illuminant furtivement ses iris ternes.

° Tu m’as menti, Ashtad. Nul Aspirant idéal ne saurait trouver son plaisir dans la fréquentation d’un tel lieu ! Je n’aime pas que l’on me mente. °

Le Blanc se raidit tandis que la main de son Lié fusait de sous les fourrures pour empoigner la sienne, ses ongles beaucoup trop longs venant griffer la chair trop fragile de cette forme humaine, en guise de représailles. Il accepta la punition sans rien dire, peu impressionné par les humeurs de l’Elfe.

° Tu as fini ? N’oublie pas d’où tu viens, petite prétentieuse. Tu le sais mieux que quiconque, les choses sont rarement ce qu’elles semblent. °

Il repoussa la main d’Ansehelm, qui avala amèrement quelques récriminations outrées, puis ouvrit la porte de la taverne. Ashtad n’eut aucun doute quant à l’identité de celui qu’ils étaient venus chercher. Une foule de nigauds était rassemblée autour de lui – certains pour l’écouter, d’autres pour se moquer, très certainement. Aviné plus que de raison, le futur Aspirant risquait de faire fort mauvaise impression sur son Maître. Celui-ci entra dans l’établissement à la suite de son Âme Sœur, la démarche assurée et précieuse, un masque de douce innocence sur son visage effilé. Minaudant auprès des clients, il parvint à se frayer un chemin jusqu’au centre de l’attention et se tint au premier rang, jaugeant l’autre Elfe du regard sans rien en laisser paraître.

° Tu as intérêt à avoir raison. ° siffla-t-il dans l’esprit du Blanc, occupé à débarrasser une table de ses occupants. ° Autrement, je risque de te le servir braisé pour ton petit-déjeuner. °



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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 14:11 Revenir en haut

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Alwin Ingialdr
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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 18:10 Répondre en citantRevenir en haut

Je suis d'ordinaire le genre de personne aimant avoir le contrôle sur les moindres détails de sa vie. Dès ma plus tendre enfance, chaque place avait sa chose et chaque chose avait sa place. Mon petit bout d'espace personnel à l'orphelinat avait toujours été le plus méticuleusement rangé d'entre tous. S'il peut rapidement s'agir d'une tare s'il l'on compte vivre avec ses pairs, il s'agit d'une qualité on ne peut plus précieuse quand on est un utilisateur de plantes dans mon espèce : au vu de leurs propriétés radicalement différentes, il vaut mieux être du genre organisé. Il serait malaisé de guérir celui qu'on désirait tuer, voyez vous.

Aussi forte soit cette caractéristique chez moi, elle ne résista pas à celle qui est à la fois meilleure amie et pire ennemie de l'Homme : l'ivresse. Ma constitution m'offrant d'ordinaire une résistance plutôt honorable à l'alcool, je crains avoir légèrement outrepassé les bornes de la raison en la matière. Ma fatigue consécutive au long voyage qui m'avait précédé n'avait bien sûr pas arrangé les choses. Il est évident que sans cela, mon comportement lors cette soirée aurait été tout autre.

Je n'avais jamais été ivre auparavant, aussi n'ai-je pas reconnu les symptômes m'intimant à reposer cette coupe au plus vite. Mon bon sens n'était pas non plus de la partie ce soir là, sinon n'aurais-je même pas commencer à boire, au vu du peu de pièces subsistantes dans ma bourse. Toujours est-il que je me retrouvai totalement désinhibé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et qu'une petite troupe de curieux m'entourai rapidement. Je suis plutôt agréable à regarder voyez-vous, j'ai donc l'habitude que l'on me porte de l'attention. Cela était bien pratique par ailleurs, car qu'ils soient hommes ou femmes, un petit sourire un coin de ma part dissipait toujours leurs réticences.

Mes auditeurs me payaient sans cesse plus de coupes de vin, aussi perdis-je rapidement tout contrôle de ma langue. C'était une sensation bien désagréable : les mots fusaient avant que je puisse les analyser, comme cela était d'ordinaire toujours le cas. Quelques instant après que les traitres aient été prononcés, mon esprit s'insurgeait de leurs existences, mais rien n'y faisait, de nouvelles paroles coulaient toujours de mes lèvres trop rapidement.

"Et c'est là que le contremaître m'a demandé de lui préparer une décoction contre les boutons sur sa chose intime, ah ah"

*Mais... mais... pourquoi est-ce que je raconte ça moi, ce n'est pas possible !*


Les rires gras de l'assemblée poussaient ce moi alcoolisé à continuer toujours plus, et je continuai de bon cœur sur les anecdotes honteuses de ma vie de guérisseur.

Soudain, mon regard fut attiré par un duo que je n'avais pas remarqué auparavant : un homme à la chevelure d'un blanc éclatant et une Elfe brune. Même dans cet état, je m'aperçus rapidement qu'ils avaient une allure bien trop sophistiquée pour être des clients de cette auberge miteuse. Je leur adressai un de mes plus beaux sourires, et déclarai :

"-Gente Dame, vous avez une mine affreuse. Voulez-vous que je vous examine ? Je suis guérisseur, n'ayez crainte."


Je ponctuai cette déclaration d'un rire bien trop sonore, avant que mon esprit ne revienne à la charge pour maudire mon manque de tact.







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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 20:25 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


Alors que leur Elfe était plongé dans un récit fort peu brillant, ayant pour personnage principal les organes génitaux d’un contremaître infortuné, l’esprit d’Ansehelm fut assailli par le doute. Était-ce vraiment là la future élite du Màr Tàralöm ? Il n’ignorait pas que certains membres de l’Ordre ne valaient rien de plus qu’une meute de chiens enragés ou qu’un bruyant troupeau de moutons – mais de là à commettre l’affront d’offrir un détraqué de plus au Kaerl ? Cependant, à bien y regarder – et parce que son regard était parfaitement entraîné – il constata que quelque chose sonnait faux. Enfin, quand le Maître réalisa la véritable nature de ce qu’il avait en face des yeux, il laissa échapper un soupir consterné et moqueur.

° Nous pouvons être rassurés, Ashtad. Notre joyeux luron n’est pas l’un des leurs, il s’agit simplement d’un moment d’égarement. °

° Ah, puis-je alors espérer que ma chère Liée me fera enfin le privilège d’un sourire ? °


L’Ardent n’eut pas le temps de répondre, car l’autre s’était directement adressé à lui, soufflant dans sa direction une brise alcoolisée. Les mots lui firent l’effet d’une épine sous le pied, et Ansehelm parvint tant bien que mal à conserver une expression neutre, un sourire affable venant étirer ses lèvres pleines tandis qu’il répondait d’un ton faussement innocent :

« Sans doute votre haleine avinée aura terni mon teint en moins de temps qu’il n’en faut à celle d’un fouisseur des marais pour faire s'évanouir un promeneur. »

Quand bien même la réplique sembla attiser l’euphorie des crétins massés autour d’eux, le Maître Ardent n’était pas d’humeur à se livrer à quelque joute verbale, aussi préféra-t-il s’emparer délicatement du bras de l’Elfe et lui glisser à l’oreille : « Quant à m’examiner, je pense que nous tomberons d’accord sur le fait que vous y verrez plus clair à l’écart de tous ces imbéciles, est-ce que je me trompe ? »

Ansehelm grimaça d’une telle proximité, inhalant de plein nez une odeur qu’il n’avait plus senti depuis bien longtemps, et s’employa à le tirer sans trop de considération vers la table qu’Ashtad avait libérée pour leur usage personnel tout en dégageant le passage de son autre main. Une fois débarrassés des curieux, Ansehelm le fit s’asseoir face au Blanc, fermant brièvement les paupières pour rassembler son sang-froid déjà bien mis à l’épreuve.

° Tu penses qu’il est encore en état de comprendre quoi que ce soit ? °

° Je n’en sais que trop rien, Ashtad. Cette situation relève principalement de ta responsabilité. °


L’Elfe s’installa aux côtés de leur potentielle recrue et, avisant que celui-ci tanguait légèrement, décida de lui porter secours en lui serrant l’épaule, avec juste assez de fermeté pour ne pas paraître trop agressif.

« Toute bonne entente commence par l’échange le plus simple ; quel est votre nom, cher ami Elfe ? Vous me pardonnerez si je ne vous propose pas à boire, vous semblez avoir déjà eu votre content. » déclara-t-il avec un petit rire, alors qu’il faisait signe à Ashtad de leur trouver quelque rafraîchissement – pas trop nauséabond, si possible.

° Je ne sais même pas quel genre de noms vous donnez à ces choses, vous autres bipèdes. °

° Ne t’en occupe donc pas et contente-toi de faire vite. Je risque de m'énerver plus que de raison, autrement. °



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Alwin Ingialdr
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MessagePosté le: Sam 25 Fév 2017 - 14:22 Répondre en citantRevenir en haut

La réponse de l'Elfe fut si cinglante qu'elle franchit sans mal le brouillard de mon esprit. Je lui lançai un regard passablement interloqué, assez choqué par l'adresse de cette réplique. De mémoire, je n'avais jamais rencontré de femme ayant autant d'aplomb. Si j'avais été dans mon état habituel, j'aurais sans doute été en mesure de lui renvoyer la balle d'une manière tout aussi élégante, mais en l'espèce je me contenta de rire un peu bêtement pour éviter d'avoir à lui répondre. Bien entendu, mon cerveau était désemparé par mon manque de répondant et mon attitude grotesque, mais il ne pouvait pas y faire grande chose.

Ma surprise ne fut pas de courte durée, car quelques secondes plus tard la jeune femme m’attrapais le bras et me conduisait un peu plus loin, hors de la portée de mes compagnons de beuverie. Je ne lui offris aucune résistance, tout mon être luttant pour rester à peu près droit. Je me contentais de fixer l'Elfe et son compagnon aux cheveux blancs d'un air un peu hagard. Elle était assez belle, je dois l'avouer, mais quelque chose me chiffonnait dans son apparence : était-ce ses sourcils un peu trop épais pour une représentante féminine de ma race ? Était-ce cette absence manifeste d'attributs féminins ? Toujours était-il que j'eus subitement un doute sur l'identité de mon interlocuteur. Je m'apprêtais à lui demander des éclaircissement sur ce sujet, avec cette franchise abrupte propre à l'ivresse, quand elle ou il me serra soudainement par l'épaule tout en me demandant mon nom.

La sensation sur mon épaule et cette question soudaine eurent pour effet de me remettre un peu les idées en place. La dernière lueur de lucidité subsistante dans mon cerveau m'imposa de ne pas déblatérer n'importe quoi, cette fois-ci. Il s'agissait d'un sujet bien trop sensible me concernant, surtout dans la mesure où nous n'étions pas bien loin de Kurm. Pendant ce temps, l'homme aux cheveux blancs était partis sur un geste de l'Elfe. Etait-il son subordonné pour obéir de la sorte ?

"Mon nom ? J'en ai plusieurs, voyez-vous, et aucun ne saurait se targuer d'être un nom véritable" déclarai-je finalement après quelques instants d'hésitation, tout en plantant mon regard dans le sien et en lui servant un sourire amusé. "De plus, je ne dévoile pas mon identité sans connaître celle de la personne qui me le demande".

Effectivement, qui pouvaient bien être ces inconnus ? Ils ne pouvaient pas l'avoir tiré de sa beuverie juste pour discuter, tout de même ? Peut-être étaient-ils sur ma trace, en raison d'un des nombreux meurtres que j'avais commis ?

*Ce n'est plus le moment de jouer, ressaisis-toi !*
m'intimais-je intérieurement, tout en tentant de prendre meilleure contenance et de rassembler mes esprits.









Dernière édition par Alwin Ingialdr le Sam 25 Fév 2017 - 19:48; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 25 Fév 2017 - 18:39 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


° As-tu entendu, Ashtad ? Notre jeune Elfe possède lui aussi de multiples identités, mais aucune d’elles ne le représente réellement. Voilà qui est excitant, n’est-il pas ? °

° Je t’avais informée qu’il saurait te convenir. °


Sans une once d’hésitation, le Doué s’était permis de plonger son regard d’un bleu glacé dans les iris ambrés d’Ansehelm, qui répondit aisément à son sourire, l’air espiègle.

« Je vous accorde ce point, mon ami. Sans doute aurais-je été mieux avisée d’y réfléchir à deux fois avant d’être prise à mon propre piège. » concéda-t-il, portant une main à mi-hauteur de son visage afin d’en couvrir les rougeurs factices.

« Je me nomme Ansehelm – et le jeune homme qui m’accompagne porte le nom d’Ashtad. Nous sommes venus de très loin, assurément, dans l’espoir de vous rencontrer. »

Le Maître Blanc avait relâché sa proie, et se trouvait désormais accoudé à la table, une joue posée contre ses mains jointes. Il lui jeta une œillade en coin avant de soupirer : « Je dois m’avouer une peu déçue, cependant. Je ne vous pensais pas homme à fréquenter ce genre d’établissement, et l’appréhension me serrait un peu la gorge au moment d’en pousser la porte... »

Le Dragon revint à ce moment, avec deux coupes de ce qui devait sûrement être l’hydromel régional. Ansehelm saisit le verre entre ses doigts fins et le fit tourner délicatement, humant le contenu, les paupières à demi closes.

° Ça fera bien l’affaire… Je suppose. °

° Eh bien, je sais que tu aimes le sucre, alors… °


L’Elfe croisa les jambes et, ajustant le tombé de ses robes, pointa le menton dans la direction du Blanc.

« Ashtad n’est pas bien bavard. Même quand la situation exige le contraire, il se réfugie obstinément dans le silence. Ne lui en tenez pas rigueur ; je suis, de toute manière, bien meilleure que lui dans le domaine de la conversation. »

Le Dragon échappa au regard brûlant de son Lié en s’abritant derrière sa coupe, et ce dernier reporta toute son attention sur le futur Aspirant. Il n’avait pas l’air particulièrement âgé, mais quelque chose dans l’allure volontaire de ses traits semblait insinuer qu’il avait déjà bien vécu – impression renforcée par la cicatrice discrète qui courait le long d’une joue vaguement grisâtre et creusée. Malgré son ivresse apparente, il ne parvenait pas tout à fait à se fondre dans cet environnement sale et rustre. Une aubaine pour le Maître, qui, depuis un nombre d'années correspondant à son arrivée sur Tol Orëa, avait développé une aversion disproportionnée envers tous ceux qui ne répondaient pas parfaitement à ses critères.

Tandis qu’il le détaillait attentivement, ses pupilles d’or glissant impudemment sur son visage, le sourire d’Ansehelm, en éclosant entièrement, révéla quelques fossettes mutines.

« Ma curiosité risque de vous paraître tout à fait impromptue et dénuée de toute logique, mais… Aimez-vous les histoires ? »

L’Ardent porta la coupe à ses lèvres, le temps de quelques gorgées, sans quitter le jeune Elfe du regard.



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MessagePosté le: Dim 26 Fév 2017 - 21:19 Répondre en citantRevenir en haut

Mon cerveau tournait à plein régime. Cette dénommée Ansehelm et cet Ashtad étaient donc bien venus expressément pour moi, et je ne comprenais pas pourquoi. Généralement, lorsque quelqu'un recherchait mes services d’assassinat, il n'apparaissait pas en personne mais faisait plutôt appel à un entremetteur qui me remettait discrètement une enveloppe contenant mon dû. Et de toutes façons, ils n'avaient pas l'allure de personnes voulant faire commettre un meurtre par un tiers. Non, quelque chose me disait qu'ils étaient plutôt du genre à affronter directement les problèmes. Un rictus méprisant surgit sur mon visage lorsque l'Elfe brune exprima son dégoût pour l'auberge et sa surprise quand à ma présence ici. Exceptionnellement, j'étais beaucoup trop désinhibé pour dissimuler mes véritables sentiments, aussi ne fis-je pas dans la dentelle.

"- Si vous vous étiez mieux renseignée" dis-je, d'un ton légèrement amer, "vous sauriez que je suis une personne bien plus infréquentable que cet établissement."

J'étais assez agacé : à quoi jouais-t-elle, à se comporter comme si j'étais un homme distingué aux activités nobles ? J'étais intimement persuadé que cette femme connaissait la nature réelle de mes activités. Mes talents de guérisseurs n'étaient pas assez reconnus pour que l'on prenne la peine de venir de loin pour cela.

La dernière question d'Ansehelm me pris par dépourvu. Qu'est-ce que les histoires pouvaient bien avoir à faire dans cette conversation ? Et puis, ce n'était pas mon poins fort, les histoires. Les gérantes de l'orphelinat en racontaient bien avant le coucher, dans la salle commune, mais je m’éclipsais dans mon dortoir dès que j'en avais l'occasion à l'époque. Je savais un peu lire mais cette capacité me servais uniquement à la lecture de grimoires d'herboristerie.

"-Je ne connais pas d'histoires, je ne saurais donc vous répondre. Mais dîtes toujours."

*Si elle ne veut que me raconter des histoires, tout va bien. Mais pourquoi aurait-elle fait tout ce chemin pour ça * songeai-je tout en détaillant les traits d'Ashtad, qui était revenu les mains chargées. La rougeur des iris de ce Neishaan me mettait particulièrement mal à l'aise. Je ne me rappelais pas avoir un jour vu un regard dôté d'une telle intensité. On aurait presque dit qu'il n'était pas Humain.

Soudain, une idée germa dans mon esprit. Une idée qui expliquait parfaitement la présence de cette femme ici, malgré son apparente méconnaissance de mon offre de services. Une idée qui expliquerait pourquoi elle et son compagnon auraient pu faire un trajet aussi long juste pour aller à ma rencontre. Et si... cette femme était ma mère ? Après tout, elle était une Elfe, même si elle avait l'air trop jeune pour faire l'affaire. Je ne savais rien de mes parents, mais l'étude de mes traits m'avait conduit à penser que je devais être d'une ascendance Elfique. Un hybride n'aurait jamais eut des oreilles aussi effilées que les miennes et si mes traits particulièrement anguleux pouvaient indiquer une autre origine, cela n'aurait été qu'une lointaine ascendance.

Je ne ressentais cependant pas de sentiment particulier à cette idée. Déjà parce que ce n'était qu'une supposition, et que je ne m'enflamme jamais sur des absences de certitudes. Ensuite, parce que même s'il s'agissait réellement de ma mère, je ne désirerais pas la voir. Enfant, j'aurais tout donné pour la rencontrer. Le temps m'a fait comprendre qu'elle était morte ou qu'elle m'avait abandonné. Les deux cas revenaient au même : elle était morte à mes yeux.
Une famille ne me semble d'une manière générale n'apporter que de l'embarras. C'est en partie pour cela que je ne me suis jamais mis en quête de mon frère, ne serais-ce que pour savoir s'il n'était pas qu'une chimère de mon esprit.

Je fixai à nouveau mon regard dans celui de l'Elfe brune, me demandant ce qu'elle allait bien pouvoir me raconter.







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MessagePosté le: Lun 27 Fév 2017 - 00:10 Répondre en citantRevenir en haut

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Si l’intonation étrangement acerbe – ou peut-être un rien mélancolique – du jeune Elfe le fit tiquer, Ansehelm n’en laissa rien paraître. Dérision ou véritable mésestime de soi ? L’Ardent n’était pas sûr, mais il savait qu’une telle résignation était inacceptable. Il n’aimait pas qu’on se complaise dans le malheur. Néanmoins, son costume lui seyait à merveille et le temps des remontrances n’était pas encore venu, aussi posa-t-il simplement une main délicate sur le bras de l’autre, l’expression de son visage à mi-chemin entre la compassion et la sévérité.

« Allons, vous n’avez encore aucune idée de la véritable étendue de votre valeur. » déclara-t-il avec une douceur ardente, comme si quelque menace s’était dissimulée sous ces mots pourtant agréables à l’oreille.

Leur Elfe commençait à se sentir gêné, de toute évidence, et sans doute cherchait-il de plus en plus vivement une raison à la présence d’Ansehelm et d’Ashtad. Même si l’envie le tenaillait de le laisser se débattre dans l’ombre et d’en retirer un divertissement passablement attrayant, une inspiration plus forte que les autres eut tôt fait de le faire changer d’avis – l’odeur de l’auberge était tenace, atroce. Il soupira, relâchant l’air souillé, et soutint le regard de glace sans sourciller.

« Je vois. » Ansehelm s’humecta les lèvres et ramena d’un geste ample ses cheveux sur son épaule. « Il y a bien longtemps, la Déesse Flarmya fit don à Rhaëg de ses enfants – les Dragons. Or, une maladie étrange frappa ces créatures fantastiques, une étrange maladie vraiment, qui prit possession de leur cœur… et ils s’éteignirent, petit à petit, un par un. Flarmya était folle de chagrin – car c’était ses Enfants qui mouraient ! – et elle décida que pour les sauver, leur âme serait liée par un lien sacré à celle d’un Mortel. Ainsi, les Valherus partagèrent le Destin des Dragons et pendant des siècles, ils arpentèrent ensemble les plaines du ciel. »

L’Elfe coula un regard inquisiteur vers Ashtad, qui se tenait parfaitement immobile, ses yeux comme deux perles de sang fixés sur un point indéfini. Devant l’absence de réponse émanant du Blanc, Ansehelm fit courir ses doigts le long de la table, pianotant distraitement sur le bois et évitant soigneusement les zones humides ou maculées de vestiges méconnaissables.

« On raconte que leurs descendants vivent encore à ce jour, et que leur sang charrie un héritage des plus précieux – un Don, celui d’entendre les Dragons et de se Lier à l’un d’eux. » conclut-il en agitant vaguement le poignet, un sourire affable illuminant ses traits fins.

Ashtad cligna brièvement des yeux, et ses pensées fusèrent dans l’esprit du jeune Elfe en un flot tumultueux et désordonné. Certains Dragons s’insinuaient allègrement sous le crâne des potentiels candidats, et fouillaient les tréfonds de leur âme sans permission et, parfois, sans aucune forme de prévenance. Le Blanc, lui, trouvait cette pratique irrespectueuse et préférait leur infliger le fracas de ses propres rêves, souvenirs, idées, désirs – trop brutal et trop confus pour inspirer autre chose que vertiges et nausées.

« Je suis intimement persuadée que vous pouvez l’entendre. » Ansehelm n’avait pas voulu hausser le ton, peu désireux d’attirer l’attention, et s’était plutôt penché vers le futur Aspirant dans un mouvement de prédateur, saisissant son menton pour qu’il ne puisse pas s’échapper. Les iris d’ambre luisaient férocement, un point d’ancrage au milieu du tourbillon dans lequel était pris l’autre Elfe. Craignant que celui-ci ne finisse par vomir, et compte tenu de son ébriété, Ansehelm intima à Ashtad de s’arrêter là.

Il tapota ensuite la joue de leur pauvre victime, fermant à demi les paupières, l’air exalté.



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MessagePosté le: Lun 27 Fév 2017 - 22:49 Répondre en citantRevenir en haut

J'eus un petit mouvement de recul quand Ansehelm posa sa main sur mon bras. Accepter docilement d'être touché de la sorte par une parfaite inconnue ne faisait pas partie de mes habitudes. Je répondis à sa déclaration sur ma "véritable valeur" par un simple haussement d'épaules : elle était totalement à côté de la plaque, mais au moins ne semblait-elle pas connaître d'informations mettant ma situation en péril.

L'Elfe brune commença alors à raconter cette fameuse histoire. J'avais un peu de mal à me concentrer à cause de mon état et le flot d'informations qu'elle débitait à la seconde ne m'aidait pas beaucoup. De plus, elle racontait des choses vraiment sans queue ni tête : Flarmya ? Valherus ? ... Dragons ? Mon incompréhension croissait à mesure que l'histoire avançait. Pourquoi me racontait-elle cela ? Et surtout, pourquoi diable aurait-elle fait un long chemin pour m'entretenir de choses aussi saugrenues ? Ceci ne pouvait être qu'un mensonge. Cette Elfe n'était qu'une de ces tarées en manque d'attention, capable de toutes les fantaisies pour enfin avoir un auditeur. Si j'avais été dans mon état normal, j'aurais sûrement décampé à la seconde où le mot "Dragon" avait jaillit de la bouche d'Ansehelm, mais mes réflexes avaient été considérablement amoindris par la boisson et je craignais de me faire rattraper illico par son acolyte aux cheveux blancs.

Alors que, n'y tenant plus, j'allais me lever pour partir laisser cette inconnue avec ses histoires à dormir debout, une sensation inédite bloqua mon mouvement : des pensées ne m'appartenant pas semblaient grouiller dans mon esprit. Cette expression ne renvoie pas la justesse de ce que j'avais alors ressenti, mais rien dans notre vocabulaire n'est en mesure de mieux le faire. Il me semblait perdre pieds dans mon propre esprit, comme si une barrière jusqu'alors jamais franchie s'était fissurée et que toute mes tentatives pour repousser l'envahisseur se soldaient par un cuisant échec. Je tentai de résister, portant, tentant naïvement de bloquer les pensées parasites (les bloquer comment, je vous le demande, on ne peut pas bloquer des pensées, mais sur le moment seul mon instinct avait répondu présent). Cette comparaison doit également vous sembler bien abstraite, mais encore une fois, on ne peut aisément définir cette sensation. Alors que je regardai frénétiquement autour de moi pour tenter de découvrir l'origine de ces paroles (alors que je savais pertinemment que cela n'avait pas été prononcé par une personne tierce, mais je ne voulais pas accepter ma démence), Ansehelm me saisit le menton et prononça des paroles qui me firent comprendre qu'elle savait très bien ce qu'il se passait dans ma tête. Lorsque cette femme osa me tapoter la joue comme si je n'étais guère plus qu'un chien obéissant, je n'y tins plus et écartai sa main avec plus de violence qu'escompté.

"Ne me touchez pas."
dis-je d'une voix qui laissait assez bien transparaître la colère froide qui m'animait alors.

Je ressentais dorénavant un mal de crâne assez gênant mais au moins mon esprit n'était-il plus confus. Comme un animal sentant le danger, toutes mes facultés mentales avaient rejaillis de la léthargie dans laquelle elles s'étaient installées. Pendant quelques minutes, qui me semblèrent durer des heures, je ne dis mot et fixai alternativement mes deux interlocuteurs (enfin, mon interlocutrice vu qu'Ashtad n'avait pas encore ouvert la bouche), tentant d'évaluer le danger émanant d'eux. Je ne savais pas par quelle magie ils étaient parvenus à bouleverser mon esprit de la sorte, mais ils étaient la cause de tout ça, j'en étais persuadé.

"Qu'est-ce que c'était que ça ?" demandai-je finalement tout en massant mes tempes douloureuses. Même à mes oreilles, mon ton me semblait particulièrement froid. Je gérais généralement les situations de crise en me façonnant un masque de personne inébranlable, mais malgré les apparences, je ressens des sentiments, voyez vous. Beaucoup moins que les autres individus, je vous le concède. Mais n'allez pas croire que j'étais à ce moment précis aussi serein que je voulais le laisser paraître : n'importe qui aurait été mort de peur en sentant son esprit dérailler de la sorte et je ne faisais pas exception.
Un autre sentiment dominait ma crainte cependant : la curiosité. Je voulais vraiment savoir comment ils avaient procédé. Cette technique était fabuleuse : pouvoir intervenir dans l'esprit d'autres êtres, comme cela me serait utile pour assoir mes ambitions. Il m'aurait suffit d'insuffler à quelconque notable qu'il fallait absolument qu'il me prenne comme conseiller, et le tour était joué.







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MessagePosté le: Mer 1 Mar 2017 - 17:21 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


La réaction de l’Elfe ne se fit pas attendre, et Ansehelm, de bonne guerre, accepta cette soudaine agressivité – qui, s’il avait été tout à fait honnête avec lui-même, n’avait que trop tardé à éclater. Il fronça les sourcils en direction du Dragon, l’évident responsable de cette situation embarrassante, et ce dernier ne cilla pas.

° Tu es allé trop loin. °

° J’ai agi comme à l’accoutumée, ma fille. De toute manière, quel intérêt trouves-tu à chercher un coupable ? Te serais-tu trouvée à sa place, tu l’aurais sans doute tout aussi mal pris, n’est-ce pas ? °

° Sans doute. °


Le Maître Blanc s’écarta un peu de l’autre Elfe, afin de ne pas risquer de l’énerver d’avantage, et fit glisser le verre d’hydromel jusqu’à lui – maigre réconfort, s’il en était. Il n’était pas vexé, mais ressentait une légère humiliation qui colorait ses pommettes de rouge, car il n’était vraiment plus habitué à ce qu’on montre désagréable avec lui. Ansehelm orienta son regard vers un point distant, avant de soupirer, jetant une œillade condescendante à l’effronté et abandonnant par la même occasion le rapport d’égalité qu’il avait instauré jusqu’ici :

« Ashtad t’a fait partager ses pensées. Comme celles-ci ne sont pas humaines, ton esprit n’était simplement pas à même de les supporter. »

Ces mots, prononcés sur le ton le plus naturel du monde, n’aideraient sûrement pas leur jeune recrue à mieux appréhender ce qui lui était arrivé – ce fut pourtant tout ce que l’Ardent trouva judicieux d’expliquer, pour le moment. De plus, il y avait bien longtemps qu’une telle idée ne lui paraissait plus que désespérément banale, et il n’avait donc aucune envie de s’étendre sur le sujet.

« Il faudra t’y faire, mon ami. Ashtad n’a, en temps normal, pas vraiment d’autre moyen de s’exprimer. C’est un Dragon. »

Il s’empara de la coupe du Blanc, qui hocha doucement la tête en signe d’approbation, des mèches cendrées venant danser devant son front pâle. Comme s’il avait été timide, son regard sanglant chercha furtivement à accrocher celui du jeune Elfe. Ashtad n’était pas particulièrement doué avec les étrangers. Une lueur de curiosité s’était allumée au fin fond des prunelles bleutées, et Ansehelm laissa éclore sur son visage un sourire encore frémissant. Pas si effrayé que ça, au final… et c’était tant mieux !

« Je pense que je ferai mieux de le laisser t’expliquer. Moi, je ne suis rien qu’une Elfe, alors je ne suis pas la mieux placée pour ça… » conclut-il avec un rire clair, accompagné par le tintinnabulement discret des chaînes perlées accrochées à ses longues oreilles.

Le Blanc se mordit nerveusement la lèvre, déjà réticent à l’idée de devoir discuter avec quelqu’un d’autre que son Lié. Il en allait cependant de leur devoir, et il se força à balayer rapidement ses angoisses sociales.

° N’aie aucune crainte, petit, je ne te ferai plus mal. Comme te l’a si justement annoncé ma Liée – quoique sans réelle considération pour sa crédibilité –, je suis un Dragon, un des Enfants de Flarmya dont parle la légende. Si tu peux m’entendre, c’est que tu as le Don et que ton véritable Destin t’attend désormais à des milles d’ici. ° Les iris d’Ashtad passèrent du rouge rubescent au cuivre, puis du cuivre au bleu froid du ciel nordique. ° Ansehelm et moi venons de Tol Orëa, la Terre de l’Aube, demeure des Chevaliers Dragons – comme elle – et de mes frères. °

« Oh, l’île aux merveilles ! » renchérit l’Ardent, papillonnant des cils, comme contemplant des rivages lointains. « On y sert de bien meilleures boissons, c’est un fait. » Puis, reprenant une voix sérieuse : « Ai-je réussi à exciter ta curiosité ? Ou bien me prends-tu encore plus pour une folle que tu ne le faisais déjà ? »



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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 15:06 Répondre en citantRevenir en haut

"Pas humaines"

Ces deux petits mots tournoyaient dans mon esprit sans que je ne parvienne à en comprendre réellement le sens. Ansehelm les avaient prononcés sur un ton aussi naturel que si elle parlait de pluie ou de beau temps. Mais que signifiaient-ils ? Sûrement pas qu'Ashtad était un Neishaan et non un Homme : jamais n'avais-je entendu parler d'un représentant de cette race possédant un tel pouvoir. Non, tout indiquait que l'Elfe brune avait voulu me signifier quelque chose de plus... étonnant.

Ansehelm répondit rapidement à mon interrogation muette. Mais sa réponse eut pour effet de me faire partir dans un éclat de rire difficilement contrôlable. Un Dragon ? Ce petit Neishaan ? Allons bon, on atteignait tout de même le fond de la bêtise.

Mon rire stoppa net quand la voix résonna à nouveau dans mon esprit. Je darda un regard courroucé à Ashtad quand celui-ci osa me qualifier de "Petit", mais n'intervint pas et le laissa continuer son discours muet. J'allais lui répondre oralement, quand une idée germa dans mon esprit : s'il pouvait s'introduire de la sorte dans mes pensées, peut-être pouvais-je faire de même ? Après tout, il avait dit que j'avais un "Don" ou quelque chose dans cet esprit là. Rien ne me coûtait d'essayer, car après tout s'il ne pouvait entendre ma pensée, je serais le seul à savoir que j'ai tenté cette manœuvre.

° C'est amusant, j'imaginais les Dragons un peu plus... épais.°

Je fixais le "Neishaan-Dragon", attendant sa réaction avec curiosité. Je fus tiré de mon attente par Ansehelm qui se mit à partir dans des élans nostalgiques, parlant des breuvages de son île aux merveilles. Elle me demanda si j'étais à présent curieux ou effrayé. Un mince sourire apparu sur mes lèvres lorsque je lui donnais ma réponse.

"Oh, je vous prend toujours pour une folle, pas de soucis pour cela. Mais je dois moi même être encore plus fou, car j'accepte de vous suivre. A une condition toutefois. "


Je croisais les jambes et m'adossa sur ma chaise d'une manière un peu plus décontractée.

"Voyez-vous, je m'ennuie. Être entouré d'imbéciles et n'avoir d'autre but dans ma vie que d'être un guérisseur de quartier ne me sied guère. Promettez-moi qu'une vie plus intéressante m'attend sur votre île, et je vous suivrais. Mais gare à vous si vous m'avez menti : ceux qui se jouent de moi le regrettent toujours amèrement."

J'avais prononcé cette phrase sans une once de menace dans la voix, arborant même au contraire un sourire sympathique. Je trouvais en effet cela plus amusant, mes "victimes" ne savaient pas réellement sur quel pied danser et elles en sortaient souvent bien confuses. Je me doutais cependant qu'Ansehelm n'était pas de la même trempe que la plupart des individus, et c'était en partie pour cela que j'avais envie de les suivre, elle et son pseudo-Dragon.







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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 20:58 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


Ashtad, presque imperceptiblement, se replia sur lui-même comme s’il avait été navré de ne pas correspondre aux attentes de l’Elfe. Ansehelm tiqua et haussa un sourcil en direction de son Lié. Il le savait mal à l’aise en public et en présence d’inconnus – le Dragon était tellement éloigné de tous les concepts communs qu’il avait tendance à prendre beaucoup trop à cœur la façon dont il apparaissait auprès des autres, et avait parfois passé des nuits entières à analyser des remarques prononcées par des gens dont il n’avait, au fond, rien à faire. Les joues rosissant alors qu’il esquivait le regard de leur futur Aspirant, ses yeux d’opale se levèrent timidement vers le Maître Dragon, à moitié dissimulés sous de longs cils sombres.

° Il ne me trouve pas à son goût. °

° Eh bien, peut-être le jugerais-tu délicieux, toi, si tu le dégustais à peine grillé. C’est dans ce sens que la chaîne alimentaire fonctionne, Ashtad, ai-je besoin de te le rappeler ? °
le réprimanda doucement son Âme Sœur, enroulant une mèche brune autour de son doigt tandis qu’il jaugeait d’un air distant le visage de l’Elfe. Pourquoi avait-il ri ? Ansehelm n’avait pourtant pas montré les signes distinctifs de la plaisanterie, et il commençait à trouver leur jeune recrue un peu trop décomplexée. Il faudrait trouver un moyen d’effacer ce sourire moqueur de ses lèvres, avant que celui-ci ne donne de l’urticaire à son aîné et qu’il ne lui prenne l’envie de lui sceller définitivement la bouche.

° Arrête de faire cette mine-là si tu souhaites te montrer plus crédible. A-t-on déjà vu un Dragon baisser la tête devant un simple bipède ? °

Le Blanc eut un mouvement d’épaule impatient, soufflant sur les cheveux d’ivoire venus folâtrer contre ses pommettes. Qu’il était fatiguant de devoir toujours réfléchir à la meilleure façon de se comporter ! N’était la pression sociale qu’Ansehelm lui infligeait, il aurait sans doute déjà balancé le jeune Elfe à travers le mur de l’auberge et ses griffes seraient actuellement en train d’effleurer la fine chair de son cou. Il se sentait vexé qu’on remette ainsi en question sa puissance légitime. Des fumerolles sanglantes s’élevèrent dans ses iris à une telle pensée, et le Maître Ardent poussa un profond soupir avant d’orienter son attention vers leur compagnon. Personne, ici ou ailleurs, ne tenait à voir Ashtad perdre son calme légendaire.

L’Elfe préféra ne pas relever l’insulte qui lui avait été nonchalamment lancée à la figure, et exhiba un sourire affable, fermant doucement les paupières pour qu’on ne puisse pas lire dans ses yeux le reflet de son mépris et de son agacement.

« Une condition, dis-tu… » répéta-t-il dans un souffle douloureux, entre ses dents serrées, sentant les poils se hérisser le long de ses bras et une intense vague de violence contenue créer des picotements au bout de ses doigts. Par un quelconque miracle, Ansehelm parvint à garder son calme afin d’écouter ce que l’autre Elfe avait à dire – et les Dieux savaient que ce n’était pas là une mince affaire, car le voir s’adresser à un Maître Dragon de la sorte, dans cette position qui balayait la moindre once de respect, plongeait son vis-à-vis dans des tourments sans nom. Même s’il n’y avait aucune trace de menace dans sa voix, l’Ardent décida qu’il fallait d’ores et déjà briser son arrogance.

« Je n’ai qu’une parole, alors entends bien la promesse que je te fais, mon ami. » ronronna d’abord Ansehelm, se glissant doucement vers Alwin, puis son ton changea en même temps que les traits de son visage. « Là où nous allons, tu trouveras des imbéciles qui n’hésiteront pas à te tordre le cou pour leur bon plaisir, des rusés dont la cruauté transformera ta vie en enfer et tu détesteras pour ça, car tu penseras que tu es faible. Tu trouveras aussi des bourreaux qui hanteront tes nuits et des victimes pour te délester du poids de tes cauchemars ; tu verras que derrière chaque menace se cache une opportunité et derrière chaque opportunité une menace, et l’hésitation entravera tous tes pas.

Là où nous allons, tu seras traîné dans la boue par tes frères et porté aux nues par tes ennemis. Je te promets de faire bon usage de ta vie, car tu n’auras pas d’autre choix que de t’en remettre à moi, et ce même si tu devais ne jamais me faire confiance. Je saurai tout de tes tourments, de tes rêves, de tes pensées, de tes paroles et de tes actes – car tu ne pourras te tourner vers personne à part moi. Tu voudras te débarrasser de moi car je deviendrai le symbole de ton insignifiance, mais la certitude que tu ne pourrais survivre sans moi et que tu ne serais rien sans moi te rongera toujours, et tu me haïras pour ça. »


Le Maître Blanc s’était redressé, magnifique et terrible, et sa voix grondait comme un orage lointain dont les nuages couvaient au fond de ses iris flamboyants, une porte ouverte sur un dangereux ballet de flammes et d’or liquide.

« Garde tes provocations pour toi si tu n’es pas encore capable de les diriger vers les bonnes personnes. Je ne souffre pas qu’on crache sur la main que je daigne tendre à ceux qui le méritent. Montre-toi digne, ne dénigre pas l’apprentissage que je suis prête à te dispenser, et je n’aurai aucune raison de te jeter en pâture aux Dragons du Màr. Suis-je bien assez claire ? » conclut Ansehelm, arquant gracieusement un sourcil néanmoins sévère.



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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 22:47 Répondre en citantRevenir en haut

Il aurait été mentir que de dire que je m'étais attendu à une telle réaction de la part d'Ansehelm. Elle était bien plus forte que je ne l'avais escompté. Mon étonnement dût se voir sur mon visage, car j'avais un peu de mal à appréhender ce brusque revirement de comportement.

*Tu as une drôle de façon de vendre ton "île aux merveilles", ma belle*
raillais-je intérieurement.

Si son discours avait fait naître une petite pointe de respect à son égard, j'en étais surtout agacé. Qui croyait-elle que j'étais, pour me laisser "tordre le cou" par le premier imbécile venu ? A me sentir faible vis à vis de quiconque ? Croyait-elle donc que je n'étais que le premier paysan du coin ? Si elle savait tout ce que j'avais déjà enduré, elle ne me traiterait pas comme un gamin, non !
Je fut d'abord pris d'une saisissante envie de lui faire ravaler ses paroles. L'alcool coulant dans mes veines me poussait également en ce sens. Mais alors que j'allais ouvrir la bouche, une petite voix intervint dans mon esprit. Pas celle, intrusive, d'Ashtad, non. Celle qui m'avait toujours accompagné dans mes moments les plus difficiles, qui avait toujours sût me redonner raison dans les moments les plus désespérés.

"Elle peut t'être utile"


Et oui, effectivement, force était de constater qu'elle pouvait l'être. Son compagnon avait un pouvoir extraordinaire, je ne pouvais que l'admettre. Et même si cette histoire de d'île merveilleuse peuplée de Dragons me semblait une simple fantaisie, ce pouvoir était réel. Et je voulais l'obtenir.

Alors non, je ne rentrerais pas dans le jeu de l'insolence qui me brûlait la langue, cela n'en valait pas la peine. Je ferais ce que j'ai fait depuis toujours, ce que j'ai toujours fait de mieux : mentir. Mentir à la face du monde, me mentir à moi-même. Faire taire mon reste d'honneur qui criait vengeance face à cette humiliation. Je suis de ceux qui considèrent que le plaisir à court terme n'est que futilité. Seul compte un plaisir bien plus profond, celui que l'on a acquis sur la durée. Ici, mon bonheur immédiat aurait été de protester face aux paroles de cette femme. Mon intérêt pour le futur était de ployer l'échine. Pour le moment.

J'adoptais mon visage le plus innocent et fit de mon mieux pour paraître intimidé par le discours de l'Elfe brune.

"Veuillez m'excuser si mes propos vous ont offensée. Ce n'était pas mon intention. C'est avec un grand honneur que je recevrais votre enseignement... si vous m'en jugez encore digne."


*Je te ferais regretter tes paroles, un jour ou l'autre, sois en sûre*

Je dus réprimer un frissonnement de plaisir à l'idée de la voir, faible, à mes pieds. Oh, ce moment arriverait, j'en étais persuadé.







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MessagePosté le: Lun 3 Avr 2017 - 00:35 Répondre en citantRevenir en haut

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Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


° Il ne te croit pas. °

° Je ne lui demande pas de me croire. Quand il viendra ramper à plat ventre devant moi parce qu’on lui aura volé son goûter, il se souviendra de ces paroles. °

° Penses-tu ? J’en connais qui ont préféré s’étouffer avec leur propre sang qu’appeler à l’aide. °

° J’étais tout aussi orgueilleuse lorsque Maître Garaldhorf a posé les yeux sur moi pour la première fois, je pensais être assez forte pour m’en sortir seule et je voulais lui arracher la langue pour avoir osé juger de mes aptitudes sans même m’avoir laissée le temps de lui donner mon nom. Seulement, je fus bien avisée de m’en tenir à ses conseils... Ne juge pas notre petit Elfe trop vite, et s’il lui faut perdre une main avant de comprendre, qu’il en soit ainsi. Nous ne sommes pas tous égaux. °


Le Blanc plissa les yeux, à peine apaisé par le ton serein de son Lié. Il avait perçu les élans féroces que le futur Aspirant avait ensuite soigneusement fait disparaître sous couvert d’une nouvelle attitude, plus peureuse, en net contraste avec tout ce qu’il leur avait montré jusque-là. Ashtad n’était pas d’un naturel nerveux, mais il vénérait la vie d’Ansehelm au point d’en perdre parfois la raison, dès lors qu’il pensait déceler la moindre trace de menace dirigée contre lui.

° Paix, Ashtad. ° lui intima le Maître Dragon, sentant l’agitation poindre chez son Lié en même temps qu’un vent de panique.

Lui-même n’avait cure des manigances potentielles d’Alwin – seule l’intéressait sa décision. Il n’en était pas à son coup d’essai, et même s’il ne désirait pas faire de ses élèves de bons animaux domestiques, il avait appris à mater les caractères les plus récalcitrants. Ansehelm ne rechignait pas à entretenir leur haine à son égard afin de les forcer à révéler l’entièreté de leur potentiel, si la situation l’exigeait, mais la perspective de l’Empreinte faisait généralement office de terrain d’entente. Dans l’idéal, le Maître Blanc souhaitait également que ses Aspirants évitent de mourir bêtement – malheureusement, cela n’était pas toujours envisageable, et ceux qui refusaient d’entendre ses enseignements le payaient au prix fort. Il ne considérait pas que c’était là une fatalité ; pour autant, il ne se montrait jamais insistant.

Ansehelm n’était certainement pas connu pour ses sentiments, et avait pour simple ambition d’exhiber ses Aspirants les plus réussis comme autant de preuves de sa valeur. Les autres finissaient étrangement par disparaître – plus souvent du fait de leur propre bêtise que par les agissements obscurs de l’Elfe, quoi qu’en pense le reste du Kaerl. Il se contenta donc de sourire devant l’air effarouché du jeune Elfe, feignant à son tour l’innocence.

° Et dire que tu m'as griffé parce que tu croyais que je te mentais. °

° Ce n’est pas la même chose. Toi, tu es le seul être à qui je suis forcée de faire confiance. °


Le Dragon médita un instant sur cette réponse, l’étreinte de ses pensées plus douce, et Ansehelm en profita pour poser une main délicate sur le bras d’Alwin, la courbure de ses sourcils conférant à son visage la plus pure expression d’une inquiétude teintée de regret, comme s’il avait été affecté par sa réaction.

« Ai-je l’air offensée ? Il serait malvenu que tu prennes mes paroles pour un avertissement, elles ne sont que le reflet de la vérité telle que tu désirais l’obtenir. Quant à ta dignité, nous en parlerons quand tu seras sobre. » Ansehelm se leva alors, arrangeant du bout des doigts le tombé de sa robe, puis inclina légèrement la tête. « Néanmoins, comme je le disais plus tôt, il est des choses que je ne puis te révéler en un tel lieu. Que dirais-tu de quitter cet endroit afin de nous débarrasser de tous ces regards indiscrets ? »

° Un Dragon n’a pas sa place dans une taverne. ° renchérit Ashtad, qui commençait à se sentir fiévreux. Comme tout un chacun, le Blanc avait ses propres limites, et la proximité de tant de bipèdes menaçait de le rabaisser à un état sauvage, en harmonie avec sa véritable nature.

D’un geste léger, l’Elfe s’emmitoufla dans les riches fourrures de son manteau, puis vérifia que sa coiffure n’en avait pas souffert, dardant un regard soudain espiègle sur leur recrue. « Quoi qu’il se passe ensuite, je t’en conjure, ne l’attribue pas aux méfaits de l’alcool ! »

L’air froid de la nuit les accueillit avec violence une fois la porte de l’établissement refermée derrière eux. Ansehelm, à qui la chaleur de l’intérieur manquait déjà en dépit des affreuses odeurs de bière renversée, d’urine et de graillon, réprima une grimace en sentant le vent lui lécher le visage. Ashtad leur fit signe de le suivre, et ils marchèrent ainsi sur plusieurs centaines de mètres, jusqu’à ce que l’obscurité ait englouti les dernières lueurs de l’auberge. Sans faire d’histoire ni avoir recours à quelque effet théâtral, le Blanc s’éloigna des bipèdes et, tout en marchant, laissa éclore les contours de sa forme draconique.



Il eut un formidable bâillement, s’étira de tout son long avant de finalement balancer son long cou vers les deux Elfes, et ses yeux où dansaient des volutes turquoise vinrent se planter dans les étendues bleutées d'Alwin.



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MessagePosté le: Mar 9 Mai 2017 - 18:07 Répondre en citantRevenir en haut

"Qu'est-ce que c'est que ce bordel..."

Cette phrase, ou plutôt ce murmure, franchit mes lèvres sans même que je m'en rende compte, tout occupé que j'étais à tenter de donner une explication rationnelle à ce qu'il venait d'arriver sous mes yeux. Ashtad avait laissé place à une monstrueuse créature, tout droit sortie d'une affabulation de vieille femme sénile.

*J'ai vraiment dû trop boire cette fois*
me dis-je, essayant tant bien que mal de mettre cet événement sur le compte de la boisson. Rien n'y faisait, j'avais beau me frotter les yeux comme un dément, à chaque fois que je les rouvrais le même paysage démentiel s'offrait à ma vue.

J'étais trop stupéfait pour ressentir la peur et aucune aura de danger ne semblait émaner de l'attitude dragon. C'était porter un coup de massue très douloureux sur cette rationalité d'esprit qui faisait ma fierté que d'apposer ce nom fantaisiste sur quelque chose de bien réel. Je n'étais pas rassuré pour autant par la situation, mais simple coup d'oeil à la carrure de la bestiole permettait de comprendre qu'il aurait été vain de vouloir lui échapper : si elle voulait sa peau, courir comme un imbécile n'y changerait rien. Ses chances de survie étaient donc directement liées à Ansehelm, qui semblait posséder une espèce de primauté sur Ashtad.

"Vous ne m'avez pas menti, effectivement." déclarais-je sobrement à l'adresse de l'Elfe brune. Je constatais avec satisfaction que ma stupeur n'étais pas trahie dans la tonalité de ma voix. Mes années de mensonges portaient donc leurs fruits même dans les situations les plus extravagantes. Je me fis la réflexion que ma réaction devait paraître un peu fade. Ansehelm se réjouissait probablement d'avance à l'idée de voir un jeune homme pétrifié de terreur. Mais je m'étais déjà assez mis en position de faiblesse vis-à-vis d'elle comme ça, il était inutile d'en rajouter. Si l'Elfe ne me respectait même pas un peu, je ne pourrais probablement rien en retirer.


"Tu es... plus imposant de la sorte, Ashtad"
dis-je d'une voix dans laquelle transparaissait une admiration non-feinte.

"Il y en a beaucoup, des... dragons qui se font passer pour des humains comme ça ?"

Je n'attendais pas spécialement de réponse à cette question, il s'agissait surtout d'une question que je me posais à moi-même. Entendre le son de ma propre voix m'aidait souvent à réfléchir, dans les situations difficiles. Être en compagnie d'une créature avec un tel potentiel meurtrier pouvait définitivement être classé parmi les situations de ce type.

Dire ce mot m'écorchait encore la langue, mais ce n'était rien comparé à l'idée de savoir que ces créatures gambadaient tranquillement sous une apparence humaine. Si dragons il y avait, de nombreuses autres choses devaient sûrement être possibles.

Ma curiosité m’appelait à m'approcher de plus près de cette bête ailée, mais je n'étais tout de même pas assez fou pour m'approcher seul d'une chose au potentiel aussi meurtrier. Rien que d'imaginer la taille de ses crocs me donnait des frissons, alors je ne m'imaginais pas aller palper ses flancs comme un vulgaire canasson . La force de cette créature devait être démentielle. J'avais suivi ces deux individus pour un simple pouvoir de télépathie qui me semblait déjà grandiose, voilà que l'on me donnait encore plus. Avec l'aide d'une telle créature, rien ne me serait impossible.







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MessagePosté le: Lun 22 Mai 2017 - 17:42 Répondre en citantRevenir en haut

&

Ansehelm, Maître Blanc Lié à Ashtad


Ansehelm laisse son regard d’ambre brûlant glisser le long des contours du profil de son Aspirant – il est en droit de l’appeler ainsi, maintenant que la vérité lui a été dévoilée sous la forme d’un Dragon de chair et d’écailles. Alwin peut bien s’efforcer de garder une expression indifférente et lointaine, le Maître Blanc a vu la façon dont il se frottait les yeux plus tôt. Alors, un sourire facétieux se dessine sur ses lèvres tandis qu’il s’approche d’Ashtad, la démarche fluide, comme si la présence d’une telle créature n’avait rien d’exceptionnel. Le Dragon baisse son cou pour quémander quelque caresse, et la paume de l’Elfe vient délicatement se poser contre l’armure d’ivoire, en flatter les plats et les pointes acérées. Un grondement appréciateur s’échappe des flancs vibrants d’Ashtad quand les mots d’Alwin lui parviennent, et il se permet même de faire claquer une fois sa mâchoire. La couleur de ses yeux fait écho à ceux d’Ansehelm.

° Les apparences sont trompeuses – n’est-ce pas cela que les bipèdes se plaisent à dire ? °

« Si fait. Je pense cependant que tu n’apprends rien à personne, ici. » Le Maître Blanc, toujours avec ce sourire équivoque, incline la tête d’un air entendu en direction de leur jeune recrue. L’ancienne Némésis est bien placée pour le savoir, lui dont toute la vie n’est basée que sur un interminable jeu de masques, et il ne pense guère se tromper en prêtant à Alwin les talents d’un manipulateur – ou, tout du moins, la connaissance et l’usage intelligent des faux-semblants. Ses lèvres se tordent en un rictus malicieux, conférant à ses traits, par les ombres qu’il y crée, une allure prédatrice.

« Tu peux t’approcher sans crainte. » encourage-t-il l’autre Elfe, tendant sa main libre vers la silhouette encore en retrait – par méfiance ou simplement par prudence naturelle. Ansehelm mentirait en affirmant que sa première réaction face à un Dragon n’avait pas été la réserve. Un sentiment qui s’était mué en une angoisse continuelle quand il s’était retrouvé entre les griffes de Thémos, ce délicat artisan de la gêne. Tout cela appartient au passé, désormais, même si le regard perçant du Bronze continue de le ramener à des comportements puérils, emprunts de timidité. Ashtad est d’une autre trempe ; il n’est ni subtil ni retors, et il contemple Ansehelm avec une admiration parfois ridicule.

Son attention revient sur Alwin, et le Maître Blanc coince une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille, avant de s’humidifier les lèvres. « Tous les Dragons peuvent se faire passer pour des êtres humains, pas vraiment différents de toi et moi. Leurs yeux les trahissent parfois, ce ne sont pas des yeux comme les nôtres. Ils changent de couleur selon leurs émotions et leurs humeurs, et il est difficile pour eux de maintenir l’illusion. » explique-t-il, le ton un rien amusé.

Le Blanc sait que la réflexion lui est adressée. Il n’y a aucun filtre entre ses ressentis et ses actions, le Dragon est l’esclave de ses sentiments – il est tout le contraire de son Âme Sœur, qui, lui, les maintient férocement en cage. De par sa nature duelle, cependant, Ansehelm est lui aussi sujet à de violentes explosions intérieures, avec les répercussions extérieures que celles-ci impliquent parfois. L’Elfe croise les bras, conscient des pensées de son Lié mais nullement vexé, et son regard accroche à nouveau celui d’Alwin.

« Ce n’est pas si effrayant à concevoir. » nuance-t-il, et une lueur particulière s’allume dans ses iris d’or en fusion. « Si une accorte demoiselle te propose de la suivre à l’écart, il y a peu de chances qu’elle se métamorphose en Dragon et projette de te dévorer – d’une toute autre manière que celle qu’on imaginerait, au premier abord. » Ansehelm éclate d’un rire cristallin, ruisselant comme une cascade.

° Pourtant, rien n’est plus amusant que de vous traquer. Vous êtes si distrayants, à des lieues des autres animaux. Eux sont trop prévisibles. On n’en tire qu’un maigre plaisir. °

Ashtad a posé sa tête sur ses pattes, son corps fin étendu dans les herbes froides. Il s’exprime sans humour, se contente d’exposer les faits. Il a des jeux cruels, et les anciens Aspirants d’Ansehelm peuvent en témoigner – si tant est que l’horreur ne scelle pas leur bouche plus sûrement qu’une pierre posée sur une tombe. Certains n’en sont jamais revenus. Le Maître Blanc n’a pas d’autre choix que de s’en remettre au jugement de son Lié, mais il n’éprouve que du dégoût vis-à-vis de ses épreuves inhumaines. Lui aussi, autrefois, fut réduit à n’être rien de plus qu’un jouet entre les mains de plus puissant, et il en garde assez de souvenirs cuisants pour peupler l’espace, certes étroit, de ses cauchemars. L’Elfe balaie ses réflexions, esquissant un vague mouvement du poignet. Il partage la vie du Blanc depuis plus de six ans, maintenant. Il sait que certaines choses ne changeront pas.

« Bien. Les présentations étant faites, que dirais-tu de passer aux choses sérieuses, Alwin ? » Ansehelm se hisse sans trop de mal sur le dos d’Ashtad, puis ajuste son assise. Le Dragon gronde, car la nuit est déjà bien avancée et il appartient à une espèce diurne.

° Moi aussi, figure-toi, et j’en ai assez de dormir dans des taudis. Je n’ai pas dépensé une fortune dans des draps de soie pour qu’ils prennent la poussière. °

° Je ne risquerai pas l’Interstice. L’Elfe n’est pas en état. Tu devrais le renvoyer à l’auberge pour qu’il se repose. Et tu devrais faire pareil, ma chère. °

Toujours perché sur le Dragon, les sourcils froncés, le Maître Blanc insiste jusqu’à se rendre compte, encore une fois, que ses caprices n’ont que bien peu de prise sur son Lié. D’un mouvement brusque, Ansehelm saute alors à terre et entreprend de faire le chemin inverse sans mot dire, le pas vif et la tête haute, drapé dans sa fierté.
Ashtad, paniqué parce qu’il se retrouve seul avec ce bipède qu’il ne connaît pas, préfère arborer sa forme humaine. Il tend le bras en direction de l’auberge qu’ils viennent seulement de quitter, et trépigne, écarquillant ses yeux rubescents quand il tente de s’adresser à l’Aspirant.

« Il faut que je dorme avant le voyage. Vous aussi. Ma Liée n’était pas d’accord, c’est pour ça qu’elle est partie comme ça. » Il observe la forme d’Ansehelm qui se fait de moins en moins distincte, disparaissant dans l’obscurité. Timidement, il effleure l’épaule d’Alwin comme pour lui signifier de se mettre en marche, puis se rétracte aussitôt. « Désolé. » ajoute-t-il, le souffle court, car il lui a semblé que l’attitude de son Âme Sœur n’était pas ce qu’on attendait d’un Maître Dragon.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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Alwin Ingialdr
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MessagePosté le: Sam 3 Juin 2017 - 22:59 Répondre en citantRevenir en haut

Je fixai sans comprendre le curieux manège qu'effectuaient Ashtad et Ansehelm. Finalement, cette dernière s'en alla sans mot dire vers la taverne et ce fut un Dragon revenu sous forme humaine qui m'expliqua la situation. J'emboitai donc le pas de l'Elfe brune sans mot dire, puis je me dirigeai sans plus de formalités vers la petite chambre que j'avais réservée pour la nuit. L'Auberge était devenue bien plus silencieuse depuis que nous l'avions quittée. Un nombre inconcevable d'informations tournoyaient dans ma tête embrumée par l'alcool et j'abandonnai l'idée d'y voir plus clair ce soir.
Ce n'est qu'après m'être allongé sur le lit peu confortable de la taverne que je réalisai à quel point j'étais fatigué. Mes paupières lourdes se fermèrent sans que je puisse résister et je sombrai rapidement dans le sommeil.

~¤~


Lorsque j'ouvris de nouveau les yeux, le soleil était déjà bien haut dans le ciel. Je me redressai sur mon séant avec difficulté, le corps tout engourdit par mes déboires de la veille. Ma tête me faisait particulièrement souffrir et le moindre bruit trop appuyé résonnait avec souffrance dans mes tempes endolories. Et ce n’était pas le pire : une odeur d'alcool rance semblait émaner de chaque partie de mon être; des cheveux aux chaussures. Il fallait que je règle cette question avant tout. J'entrepris donc d'aller demander un baquet d'eau chaude au tavernier, que je payais sur mes derniers deniers. Il m'installa le tout conformément à ma demande et c'est avec délice que je sentis la chaleur pénétrer mon corps jusqu'aux os. Je me savonnai avec virulence pour faire partir toute trace d'odeur suspecte et je ne m'interrompis que lorsque ma peau diaphane eut pris une couleur rosée à force d'être frottée. Tout en me lavant, je réfléchis à ma situation actuelle : il ne semblait pas avoir assez bu pour en avoir perdu la tête, mais j'avais pourtant le souvenir net et sans appel d'avoir vu un Dragon hier soir. Je frissonnai rien de repenser à ma sensation d'impuissance face à la créature. Le souvenir semblait ancré de mon corps. Non, en aucun moyen il ne pouvait s'agir d'une simple affabulation due à l'alcool. Rasséréné par l'idée qu'un futur à la hauteur de mes espérances pouvait effectivement être à portée de mains, je me dépêchai d'en finir avec ma toilette.

C'est pourtant avec regret que je quittai le baquet qui commençait à refroidir. Le bruit de mes pieds mouillés sur le parquet vermoulu faisait un bruit étrange. Il était inconcevable que je remette mes vêtements puants sur mon corps redevenu propre, aussi je les plongeaient dans l'eau savonneuse du baquet. Je croisai mon regard dans le miroir accroché à même le mur. Cela faisait longtemps que je n'avais pas observé mon propre visage. Mes joues s'étaient creusées, ce qui accentuait la forme carrée de mes mâchoires. On croirait presque pouvoir se couper dessus, me disais-je, songeur, tout en passant mes doigts sur l'objet de mon attention. Un bruit sonore provenant de l'extérieur me fit sursauter. Aux aguets, je n'enfilai qu'un pantalon sur mon corps encore mouillé et me dirigeai prudemment vers la source du bruit. Malgré avoir passé toute ma vie au nord du Vaendark, je n'étais pas insensible au froid et je regrettai rapidement de n'avoir rien enfilé sur mon torse nu et glabre alors que j'entrai furtivement dans la salle commune de la taverne.







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