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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Jeu 20 Avr 2017 - 23:59 Répondre en citantRevenir en haut

J’étais content de moi. Je devrais penser à réitérer cette farce. Elle fonctionnait parfaitement. Ce talent caché qui m’empoisonnait l’existence et ne se manifestait que dans les pires situations pouvait devenir un atout de poids. Mes récentes aventures le démontraient. Si je voulais en profiter plutôt que de le subir, il fallait que je m’entraîne, pour mieux le maîtriser encore. Devant Eirwen, les risques d’être découvert et d’alerter les hautes sphères me paraissaient minces. Je pouvais me dévoiler devant elle.

Nous retournâmes tranquillement vers la berge où Elérion somnolait. Les nuages menaçants des derniers événements s’estompaient. Les demi révélations faites à l’Aspirante paraissaient on ne peut plus lointaines. J’observai le profil pur d’Eirwen, sa carnation claire et ses cheveux blancs impeccablement peignés. Elle possédait tous les atours d’une dame de haute naissance. Elle pouvait faire illusion dans les cercles parmi les plus prestigieux du Kaerl. La nature l’avait bien avantagée. Malgré tout, ces apparences trompaient sur les qualités de son âme. La sang-mêlée était fière et entière, malicieuse mais pas stupide, altruiste mais pas naïve. Eirwen était mon amie. Je pouvais lui faire confiance, autant pour se défendre seule que pour m’apprécier. Ainsi en avais-je décidé.

Le voyage de retour se passa relativement sans encombre. Sauf si l’on excepte la manœuvre brutale de décollage de mon Lié, laquelle précipita Eirwen contre les os de mon dos. Le choc fut douloureux mais je n’en laissais rien paraître. Je me sentais inexplicablement plus léger. La proximité de la sang-mêlée ne m’embarrassait plus autant qu’auparavant. Au contraire, elle semblait avoir un effet apaisant. Etrange… Je l’aidai à descendre du flanc d’Elérion, tout en gardant pour moi mes interrogations.

° J’espère que ce premier vol en ma compagnie ne t’aura pas fait passer l’envie de recommencer. °

Le Bronze colla son museau sous la paume caressante d’Eirwen, ses yeux roulant des verts et des bleus de bon augure.
Je souris timidement aux paroles de l’Aspirante avant de froncer les sourcils. Pourquoi me parlait-elle de sa chambre ? Y avait-il un message caché dans cette phrase ? Je haussai les épaules, me détachant de cette préoccupation secondaire. Même si un peu de rouge me monta aux joues pour ma plus grande honte…

- Ce serait plutôt toi qui devrais avoir peur d’apparaître en public avec moi ! rétorquai-je, hilare.

Une subite émotion me serra la gorge. Je prenais difficilement l’habitude de considérer que qui que ce soit puisse avoir suffisamment confiance en moi, au point de me confier une partie de son avenir. Je risquais de tout gâcher, à tout instant. Eirwen ne savait finalement rien de moi. Si son Maître ou moi ne lui révélions rien, elle entendrait sûrement à un moment ou à autre les rumeurs circulant au Màr. Ou pire encore : elle y prêterait foi. Mais surtout, elle comptait sur moi. Comme Amaélis. Comme Dinjelaï avant elle. Qu’avais-je fait pour mériter une telle confiance ?

- D’accord mais j’espère que ce ne sera pas trop long… Alors à ce soir !

L’attente serait longue. Elérion prévoyait de partir en chasse dans les coins sauvages de Tol Orëa, en espérant côtoyer le vol de quelques autres dragons du Màr Luimë et s’affirmer comme l’un des leurs. Je lui souhaitai bien du plaisir. Je patientais, pour ma part, dans la taverne indiquée, une chope pleine mais intacte face à moi. Assis à une table à l’écart, de ma position je pouvais surveiller la porte d’entrée. Un réflexe vital. J’étais impatient, fébrile. Je tournai nerveusement la chope sur la table, changeant sans cesse de position sur mon tabouret. Une détermination nouvelle coulait dans mes veines. Une tempête de glace comme je n'en avais jamais ressentie. On comptait sur moi. Eirwen comptait sur moi !

Un Englouti n’a pas peur de ce qu’il doit faire. J’étais un Englouti.



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MessagePosté le: Jeu 20 Avr 2017 - 23:59 Revenir en haut

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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Ven 21 Avr 2017 - 23:36 Répondre en citantRevenir en haut

Je les avais quittés sur une caresse à l’un et un sourire à l’autre et je m’étais hâtée de rentrer chez moi, un peu angoissée d’y trouver un message de mon Maître qui m’aurait fait quérir. Mais non, arrivée dans ma chambre, aucun message ne m’attendait, ce qui me tira un soupir de soulagement.

Assise à ma table de travail, un parchemin déroulé devant moi et ma plume bien encrée, je me pris à rêver de ma journée au lieu de me mettre tout de suite au travail. Quel moment agréable ! Galaad s’était montré sous un jour nouveau : enjoué, taquin, gai, presque tendre avec moi, en tout cas très prévenant. Et pourtant, je lui avais fait subir un assaut dans le dos, un câlin pendant le voyage et même une allusion à ma chambre qui avait paru le mettre mal à l’aise. Quel changement !

J’avoue ! Galaad était beau. Ses cheveux étaient comme les miens, ses traits étaient fins et la couleur rouge de ses iris réchauffaient les miens tellement pâles quand nous nous regardions dans les yeux, ce qui était encore trop rare à mon goût.
Malgré tout, je sentais cette gêne entre nous. D’où venait-elle ? Certainement pas de moi. Alors…

Il fallait que je me secoue, j’avais une lettre à écrire pour lui et j’y tenais beaucoup : elle était mon arche de liberté, mon sauve-conduit pour sortir du Màr. J’écrivis avec soin :

Maïtre Sednereï,

Moi, Chevalier Galaad Lucis, vous demande la permission d’accompagner votre Aspirante Eirwen Tümay en sortie hors du Kaerl lorsqu’elle en a l’opportunité sans que cela nuise à son apprentissage.

En contrepartie, je m’engage à la protéger, à la suivre où qu’elle aille sans la quitter des yeux et à la raccompagner au Màr Luinë dans les délais raisonnables que vous me fixerez.

Votre dévoué,
Galaad Lucis


Voilà, tout était prêt et Galaad n’avait plus qu’à signer. J’avais employé une écriture très quelconque qui pouvait passer pour la sienne et seule sa signature pourrait être authentifiée.
Je fis un brin de toilette, recoiffai mes cheveux avec soin d’une tresse élaborée avec des anneaux dorés retenant diverses mèches, me couvris d’une cape sombre et descendis vers la place. J’avais une lanterne à la main au cas où pour le retour chez moi et le parchemin roulé dans l’autre main.

La taverne était pleine, bruyante et enfumée. Je restai quelques secondes à l’entrée en scrutant les tables et je le vis très vite, mon ami, exactement là où je me doutais qu’il serait : une table tranquille à l’écart, mais de laquelle il pouvait tout voir. Je me dirigeai vers lui, un grand sourire aux lèvres, je ne pouvais l’empêcher de fleurir sur mon visage à sa vue.

Bonsoir, noble Chevalier, puis-je m’asseoir à votre table ? Offririez-vous une boisson à une pauvre passante assoiffée ?

Il ne prit pas la peine de me répondre mais je vis une lueur de plaisir dans son regard. Le tavernier vint aussitôt vers moi et je demandai un vin chaud épicé. Il était rare que je boive de l’alcool car cela ne me réussissait pas vraiment, mais en cette soirée, la première que je passais réellement avec Galaad, j’avais envie de la fêter. Je profitai de cet intermède pour enlever ma cape et paraître en robe dont j’avais choisi le décolleté qui dénudait mes épaules. Après avoir été servie de ma boisson brûlante, je l’écartai pour dérouler le parchemin devant mon ami.

Tu n’as plus qu’à signer, je t’ai épargné de recopier ce verbiage qui n’a aucun sens en employant une écriture commune et non identifiable. Je me doutais que tu souffrirais trop de recopier tout ça. Mais je vais te lire cette lettre avant pour être sûre que tu sois d’accord avec ce que j’ai écrit à ta place, d’accord ?

Je lus le parchemin et attendis sa réaction en buvant une gorgée de vin aromatisé et brûlant. Que c’était bon…







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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Ven 19 Mai 2017 - 22:16 Répondre en citantRevenir en haut

En règle générale, les tavernes ne me réussissaient pas. N’en déplaise à mon sang neishaan, j’avais pris modèle sur mes parents adoptifs fëalocës depuis le berceau, sans compter ma passion à cultiver un caractère déjà difficile au naturel. Mon essence résonnait avec celle d’une tempête de glace : aussi versatile, aussi tourmentée et dangereuse, comme aimait le souligner Elérion. J’espérais que cette taverne-ci ne finirait pas sur mon tableau de chasse des expériences malheureuses. Surtout si je devais passer une partie de la soirée avec une jolie fille.

Je vis rapidement Eirwen s’avancer dans la pièce. Munie d’une lanterne éteinte et d’un rouleau de parchemin, elle s’installa face à moi avec le sourire. Sourire que je lui rendis sans m’en apercevoir de prime abord. Converser avec elle devenait de plus en plus naturel. Sans doute étais-je aidé par mes ruminations intérieures et leurs conclusions de tout à l’heure. Beaucoup d’Engloutis ne me jugeaient pas sur mon ancienne allégeance. Pourquoi se préoccuper de choses hypothétiques, comme penserait Elérion s’il était là ? J’étais bien ici. J’étais un simple Chevalier Englouti en train de parler avec une nouvelle Aspirante. Rien de plus, rien de moins.

Son premier commentaire me fit hausser un sourcil mais je ne répliquais pas. J’émis un simple ricanement avant de boire une gorgée de ma bière. La regardant dérouler le parchemin, je remarquai qu’elle s’était changée. Eirwen avait fait un effort vestimentaire – comme toujours – et s’était octroyé le plaisir d’avoir un décolleté qui respire. Mon regard s’égara un instant sur ses épaules nues avant que je ne me souvienne dudit parchemin. Je ne pus retenir une grimace.

- D’accord, lis-la moi.

Ça m’évitera de devoir m’user les yeux là-dessus et de faire étalage de ma piètre éducation devant mon amie. Je n’allais pas dire non.

- Tu as de quoi écrire ? Que j’puisse signer.

Mon seul prénom suffirait sans doute. Les neishaans nommés Galaad et vivant au Màr Luimë ne devaient pas être légion. J’avalai une autre gorgée de bière tout en dévisageant Eirwen dans la pénombre. J’avais le sentiment que je fonçais tête baissée au-devant des ennuis mais, pour une fois, cela ne m’inquiétait pas. Non pas que je me résignais à attirer les problèmes comme à mon habitude, bien au contraire… J’avais compris depuis longtemps que c’était dans ma nature – et visiblement celle de mon Lié également. Cependant, pour Eirwen, pour Amaélis, pour ceux qui comptaient pour moi, je saurais mettre à profit mon pouvoir d’attractions pour les embrouilles de toutes sortes.

- C’est quand même très romancé, ton texte… J’écris pas du tout comme ça ! protestai-je davantage par dépit que véritable indignation.

Je haussai les épaules, marquant finalement mon désintérêt pour ce morceau de papier. Si l’autorisation plaisait à son Maître, tant mieux ! Personne n’irait juger de son authenticité tant qu’il l’aurait signé de sa main. Ensuite, je serais tranquille.

- Tu t’fais belle pour aller dans une taverne, toi ? C’est drôle… On croirait presque que c’est fait exprès pour moi ! Tu veux séduire un riche magistrat et pouvoir monter ton échoppe sur l’Agora ?

Je me moquais – gentiment – d’elle, inconscient des attentions qu’elle pouvait me prêter. M’apercevant de mon erreur, puisque mes paroles pouvaient être mal interprétées, je cachai la rougeur de mes joues dans une fausse quinte de toux avant de perdre mon regard dans le liquide ambré de ma chope. Je me raclai la gorge et lançai d’un ton plus léger :

- Alors ! Dis-moi ! Où veux-tu aller en balade la prochaine fois ?



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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Mar 23 Mai 2017 - 09:21 Répondre en citantRevenir en haut

Je laissai parler Galaad, lui souriant toujours, l’écoutant critiquer ma lettre avec amusement, remarquant qu’à son habitude, dès qu’il avait une remarque charmante à mon endroit, il enchaînait sur une méchanceté bien sentie… Bref, Galaad était Galaad. Le voyant rougir un peu de sa maladresse, je jouai les espiègles et l’enfonçai gentiment.

Oui, j’ai mis cette robe pour toi, pour que tu sois fier de m’avoir à ta table. Et puis j’espérais que la vue de mes épaules te donnerait envie de poser tes lèvres sur l’une d’elle. Je me suis apparemment trompée… Tu es cruel !
Tu me condamnes donc à n’embrasser que ton Lié Elérion ? Lui, au moins, m’apprécie !

J’avais baissé les yeux pour ne pas voir sa réaction de peur de ne pas pouvoir réprimer un fou rire. Je bus une gorgée de vin pour me donner une contenance et entendis la dernière question de Galaad : j’avais fait mouche. Mon ami avait encaissé le coup et redevenait l’ami gentil que j’appréciais. Il avait dû se dire : « Tout plutôt que de lui embrasser l’épaule ! Non mais… ».

Humm, j’aimerais bien aller faire quelques courses à Lòmëanor, revoir mon amie Torhille et que tu me fasses des surprises. Il y a tellement d’endroits que je ne connais pas… J’aimerais aussi participer à des concours de tir à l’arc si tu en connais et puis…

Je m’arrêtai en prenant conscience que j’exagérais et que Galaad risquait de me fuir pendant un bout de temps.

Je te livre tout ça en vrac, pour que tu puisses toi aussi avoir le choix de notre prochaine destination. Il faut d’abord que tu apportes cette missive à mon Maître de toute façon et qu’il accepte.

Décidément, il devait se sentir accablé et je m’en voulais un peu de le bousculer de la sorte. Il aurait mieux fait de m’embrasser l’épaule tout compte fait. Mais si Galaad restait Galaad, il fallait qu’il s’attende à ce que je devienne de plus en plus agaçante !
Je payai ma tournée pour le requinquer et lui demandai :

Tu comptes aller dormir tout de suite ou avons-nous le temps de musarder en amoureux transis dans le Kaerl ?







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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 12 Juin 2017 - 14:46 Répondre en citantRevenir en haut

Eirwen restait elle-même. Elle m’abreuvait de paroles comme si elle espérait me noyer dessous. Son incessant bavardage la faisait ressembler à ces oiseaux excessivement loquaces, qui piaillaient au printemps dans les forêts de résineux, au Vaendark. Elle n’hésita d’abord pas à enfoncer le clou dans mon embarras et je rougis davantage. Il n’y avait qu’elle pour se montrer aussi insupportable ! Elle me faisait de la concurrence… Si elle n’avait baissé les yeux, nul doute qu’elle aurait ris de ma mine déconfite. Elle savait mettre le doigt sur les doutes et les gênes, tout ce qui pouvait me mettre mal à l’aise, en un éclair. Je commençais à croire qu’il s’agissait d’un de ses pouvoirs magiques.

- Bonne chance pour embrasser Elérion, la raillai-je. Il a des écailles plus rugueuses qu’une carapace de tortue.

Tandis qu’elle déversait son babillage, je me contentai de hocher la tête à chaque nouvelle idée, essayant de suivre le chemin de ses pensées. Elle parlait si vite que j’avais parfois du mal à garder le rythme. Ses idées s’enchaînaient logiquement mais, puisqu’elle n’était pas avare d’informations, elle ponctuait chaque proposition d’une foultitude de détails. Un pincement de jalousie m’apparut comme elle parlait de son amie torhille. Un soupçon d’hilarité me fit avaler ma salive de travers à la mention des concours de tir à l’arc. J’aurais aimé voir ça ! La délicate Eirwen qui manie l’arc ! Non pas que je trouvais les filles plus faibles ni plus stupides, loin de là. Cependant, en dépit du courage et de la force morale – un peu envahissante – dont elle avait fait preuve durant le rêve – cauchemar ! - partagé, cette sang-mêlé ne ressemblait pas à une guerrière. Rien à voir avec la Maîtresse Jilian Faron, par exemple.

- Oh là ! Tout doux ! On va se calmer, hein…

Je levais les mains, paumes en avant, tel un homme désarmé pour essayer d’endiguer le flot de paroles de ma nouvelle amie. Si mon attitude pouvait sembler dramatique voire apeurée, mon sourire moqueur le démentait.

- D’accord. J’ai compris l’idée. J’irai demain porter ta lettre à ton Maître. Il faudra me dire où il habite. J’connais pas tous les gratte-papiers de ce Kaerl. Ensuite, eh bien… J’ai du temps devant moi. Elérion est parti chasser, il rentrera au Havre d’Argent dans la nuit. J’ai pas grand-chose à faire ce soir. Je suis libre comme l’air !

Je levais les bras vers le plafond en me penchant en arrière – dans un geste qui manqua me faire tomber de mon tabouret. Je me rattrapai de justesse au bord de la table en passant ma maladresse sous silence. Je pliai la lettre pour le sénateur et la glissai dans ma poche avant de reprendre :

- Hum euh… Lòmëanor est une bonne destination. Et si tu veux participer à des concours de tir à l’arc, il faut aller du côté de la forteresse du Delta du Cenedril. C’est un grand centre d’entraînement où tout le monde peut aller. Et… Ce soir, tu veux faire quoi ?

L’idée de porter la missive au sénateur demain assombrissait mon humeur. Je détestais les tâches administratives et je sentais déjà sur moi le poids du jugement qu’aurait ce maître dragon sur moi. Qu’on nous prenne, Eirwen et moi, pour des amoureux me paraissait bien plus amusante et saugrenue !... Et un peu gênante, également. Mais je n’allais certainement pas l’avouer devant elle. Mon regard dériva quelques temps sur les courbes douces et blanche de ses épaules avant de revenir à ses yeux clairs, comme si de rien n’était.

- On peut rester ici. Ou j’peux t’emmener au Cìrban Telemna, le Havre d’Argent, là où se reposent les dragons. Ou dans l’Allée des Idoles : ce sont les jardins publics du Kaerl. Comme tu veux !

Je bus la dernière lampée de ma bière.



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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Lun 26 Juin 2017 - 17:25 Répondre en citantRevenir en haut

Pourquoi souris-tu comme ça ? Parce que je veux faire des concours de tir à l’arc ? Eh bien, rien que pour te le faire rentrer dans la gorge, ce petit sourire, c’est par là que nous commencerons nos sorties dès que j’en aurai l’autorisation…

Je comprenais bien que je n’avais plus l’aspect de la sauvageonne que j’étais à mon arrivée et que personne ne pouvait imaginer la vie que j’avais menée pendant trois ans ni quel entraînement je m’étais imposé avant de partir. Du coup, je me mis à fredonner pour masquer ma jubilation à l’idée de la surprise de mon compagnon…

Et pour ce soir, je choisis l’Allée des Idoles ! Je trouve que les jardins sont une destination très romantique.

A peine sortis de la taverne, je pris la main de Galaad qui eut du mal à se refermer sur la mienne. En fait, nous nous tenions comme un frère et une sœur et cela n’étonnerait personne, ce n’était vraiment pas une attitude extravagante.

Dis-moi, Galaad, depuis le temps que nous nous connaissons, depuis même avant, puisqu’il y a eu ce rêve commun… tu me considères toujours comme une personne que tu n’aimeras jamais ? Tu n’éprouves même pas un peu de tendresse pour moi ? Je ne suis toujours qu’une camarade de jeu aux dépends de laquelle tu te moques ?
Et sans parler de moi, tu n’as pas envie, un jour, d’avoir une relation amoureuse profonde, de fonder une famille, d’avoir des enfants ?


Les jardins étaient éclairés d’une lumière douce et bleutée. J’admirais les allées bien dessinées qui contrastaient avec les abords où des enfants pouvaient aisément se cacher et pourquoi pas des amoureux s’étendre… Je m’exclamais sans excès devant la beauté des lieux et essayai d’entraîner Galaad vers la verdure plus sauvage.
Toujours ma main gauche dans la sienne, je lui saisis le bras de ma main droite, me rapprochant encore de lui et posai ma tête sur son épaule tout en recommençant à fredonner : j’étais complètement cramponnée à lui et je le regardais d’un air langoureux. Paraître plus tendre, je ne pouvais vraiment pas !

Comment allait-il réagir à cette proximité dont il n’avait pas l’habitude ? Allait-il me rembarrer en me traitant de sangsue ou d’une autre bestiole collante ? C’est en tout cas ce à quoi je m’attendais. Et pour parfaire mon scénario, j’ajoutai :

Embrasse-moi… Nous ne trouverons jamais meilleur endroit !







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MessagePosté le: Ven 8 Sep 2017 - 11:41 Répondre en citantRevenir en haut

Dire que j’avais peine à imaginer mon amie en tant qu’archère de talent n’était pas rien. Elle me paraissait bien trop délicate, trop joliment habillée et « précieuse », pour se comporter en guerrière. Cependant, je ravalai ma morgue car s’il y avait bien une chose que le Màr Tàralöm m’avait appris, c’était qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Elérion était d’ailleurs le premier à me le rappeler. Le babillage d’Eirwen semblait sans conséquence mais il dévoilait une intelligence différente de celle des gens que je côtoyais bon gré mal gré. La sang-mêlée n’était pas qu’une jolie poupée de la bonne société.

Je ris. Je sentais ce soupçon de crainte et d’exaltation me parcourir l’échine. Une sensation aussi caractéristique que celle de mon pouvoir d’invisibilité. J’avais hâte de voir Eirwen démontrer l’étendue de ses talents. Elle ne finissait pas de me surprendre. Quelque part, dans mon inconscient, je ne pouvais m’empêcher de la comparer à Amaélis. Elles se ressemblaient peu, au final. La première possédait l’aspect fragile d’une fleur de givre pour cacher des épines dures comme du cristal et un cœur esseulé, malmené par la vie, qui brillait pourtant d’un éclat très pur. La seconde avait toute la semblance d’une sculpture mirifique de glace, avec ses cheveux de poudreuse et sa peau satinée recouvrant un corps aux courbes douces, dissimulant une âme solaire, une flamme indomptable et qui ne cessait de croître. Ces mots ne m’appartenaient pas et je soupçonnai Elérion de me les inspirer. Qu’importe ! Ils reflétaient la réalité telle que je la ressentais. Amaélis et Eirwen étaient si différentes l’une de l’autre… Ce qui n’enlevait rien à leur valeur. En particulier à mes yeux.

- Alors en avant pour l’Allée des Idoles !

J’allai jeter quelques pièces sur le comptoir, en payant également la consommation de l’apothicaire puis entraînai celle-ci vers la sortie.

Puisque j’avais décidé de ne plus fuir, ni me voiler vainement la face, il me fallait désormais assumer mon choix, ainsi que ses conséquences. Si Eirwen Tümay devenait mon amie, il fallait que je réapprenne à m’ouvrir, à oublier les blessures laissées par les autres, à faire confiance à la sang-mêlée. Si elle pouvait m’accorder le bénéfice du doute, me donner sa confiance sans arrière-pensées, plus encore après tout ce qu’il s’était passé – notamment dans le cauchemar -, ne pouvais-je pas en faire autant ?

Sous la voûte nocturne du dôme, où les poissons luminescents brillaient telles des étoiles dans une mer enténébrée, je m’aperçus que ce lieu demeurait mon favoris. J’avais beaucoup de souvenirs ici. La première rencontre avec ma sœur de cœur, Amaélis Yodera. Puis avec Silki, cette abominablement adorable boule d’écailles vertes aux ailes de papillon qui me harcelait régulièrement. Enfin avec Alrüne Larilane, cette neishaane au cœur vaillant mais aux allures tristes… Je me demandai soudain ce qu’elle était devenue. J’étais sans nouvelles depuis longtemps. Mes propres soucis m’avaient empêché de la rechercher. Je savais seulement qu’elle avait disparu… Pourquoi avais-je l’impression de perdre tous les gens que j’aimais dès lors que je m’attachais à eux ?

- Eirwen, tu es mon amie.

Ma voix était ferme. Un spasme resserra brièvement mes doigts autour des siens. Ce contact m’avait d’abord mis mal à l’aise. Je n’avais pas desserré les dents jusqu’aux jardins publics du Màr Luimë. J’avais l’impression que cette main dans la mienne signifiait plus qu’une simple plaisanterie, qu’on attendait quelque chose de moi. Quelque chose que je n’étais pas sûr – ou que je ne voulais pas - comprendre et que je ne savais pas si je pouvais la lui accorder.

- Et en tant qu’amis… Je tiens à toi ! J’dois te protéger. J’t’fais confiance. Ça me donne aussi le droit de me moquer de toi, dis-je après avoir fini de bredouiller, tout en esquissant un sourire narquois.

Ses mots, clairs comme de l’eau de roche, glissaient sur moi en s’accrochant à la moindre aspérité. Eirwen savait déceler les failles, mettre le doigt sur les sujets sensibles sans perdre de son air innocent. Mon humeur assombrie par la mélancolie et l’amertume, un goût de cendre dans la bouche, je plongeai mon regard dans le sien sans faillir.

- J’ai déjà du mal à me faire une place dans ce Kaerl… Alors y fonder une famille ! Et pourquoi ? Dans quel but ? Il n’y a personne ici à qui je tienne au point de sacrifier ma liberté. Et puis… Qui voudrait de moi ? Galaad Lucis, le pire Chevalier du Màr Luimë ! Qui ne sait ni lire, ni se battre, qui ne sait rien faire de ses dix doigts ! Personne ne peut oublier le fait que je suis un transfuge, ni qu’Elérion est né d’une Incarnate. Personne ne veut de moi nulle part.

A moins que je ne me batte pour gagner ma place.

Je serrai les dents. L’attitude d’Eirwen me déstabilisait. Je m’effrayai de la savoir si proche de moi, aussi bien physiquement que psychologiquement. Elle me comprenait d’un regard, cherchait à accaparer mon attention, à « me faire sortir de ma coquille » comme dirait Elérion. Evidemment, ce géant de glace n’était pas là pour me venir en aide. Jamais là quand on en a besoin, celui-là ! La voix de Stalia, cette Aspirante Ardente dont je ne savais rien et que je n’avais jamais revu, me revint en mémoire, me susurrant que j’étais le plus brave des Neishaans qu’elle avait jamais rencontré. Le goût de ses lèvres avait été très différent de celui d’Eirwen. Si j’étais enfin parvenu à faire mon deuil de mon amie d’enfance, le doute m’empêchait encore d’envisager un avenir stable. Fonder une famille était exclu. Aimer était exclu.

- Je… Euh… Mais qu’est-ce que tu fais ?

J’essayai de me dégager de son emprise, avec une brusquerie aussi habile et gracieuse qu’un poulpe glissant sur du carrelage. La chaleur de son corps contre le mien m’émouvait plus que je ne voulais l’admettre. Ce type de contact me manquait. Personne ne me prenait plus dans ses bras depuis longtemps. Les lèvres d’Eirwen m’appelaient. Le souvenir du baiser accidentel dans le rêve repoussait toute pensée rationnelle.

- J’suis ton ami ! Mais ne me torture pas ! J’peux pas… J’pense pas pouvoir te donner ce que tu veux… Je ne sais même pas ce que je veux ! Tu ne sais finalement rien de moi, ni moi de toi. J’connais rien de ton histoire avant ce fameux cauchemar. Je veux bien t’embrasser mais je ne sais pas ce que tu attends de moi. J’veux pas te faire de mal…

Lâchement, je détournai le regard. Je voulais m’échapper. Pourtant, laisser Eirwen toute seule en pleine nuit ne me paraissait pas une bonne idée. Je refusai de la lâcher, maintenant le contact entre nous même s’il me semblait biaisé par un malaise grandissant. Je priai silencieusement pour apercevoir l’ombre immense de mon Bronze, en espérant qu’il vienne me sauver. Lui seul pouvait comprendre cette fille et la rassurer.


HRP : Pardon pour le retard .__. Période compliquée pour moi ces temps-ci.



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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Jeu 19 Oct 2017 - 10:46 Répondre en citantRevenir en haut

Je me reculai de deux pas et lui lâchai la main en redevenant sérieuse. Je ne souriais plus et sentis mon corps devenir rigide et froid. Mon regard gris se planta dans le rougeoiement du sien. Je voyais bien son malaise, mais je n’avais plus envie de l’aider en cet instant. Il ne savait que se lamenter sur son sort. Même quand je lui offrais un peu de tendresse, il me rejetait comme si je le brûlais. Il était au supplice.
Même si mon attitude s’était raidie, ma voix resta douce. En tant qu’ami, je voulais le ménager encore.

C’est vrai, nous sommes amis et il n’y a aucun mal à manifester cette affection particulière par des gestes. Surtout quand il n’y a aucun témoin. Mais apparemment, c’est une torture pour toi de me serrer dans tes bras. Alors je ne m’approcherai plus. Même en rêve…

J’étais déçue et à la fois peinée pour lui qu’il soit englué par tant de complexes ou tabous. Quand j’avais parlé de fonder une famille, tout à son alarme, il avait presque cru que c’était une proposition de ma part… Il s’était alors réfugié derrière des clichés : « Tu ne sais rien de moi ni moi de toi. »
Ce qui était en partie vrai, mais en partie seulement. Depuis le temps que nous discutions ensemble de tout et de rien, avec tous les jeux débiles que nous avions instaurés entre nous, on ne pouvait plus dire qu’on ne se connaissait pas du tout…

Je crois que tes fantômes te retiennent dans leurs filets, que tu es à la fois prisonnier d’eux et protégé par eux. C’est ce que tu appelles ta liberté ? Tous les pouvoirs des Mondes ne pourraient rien y changer. Je te laisse, il se fait tard. Tu salueras Elerion pour moi.


Je lui tournai le dos pour prendre le chemin du retour. Je sais que j’aurais pu insister davantage, le supplier de se laisser un peu aller, le persuader que je n’étais pas un danger pour lui… Mais à quoi bon ? J’étais tout de même contente d’avoir essayé, et aussi peinée d’avoir échoué à l’aider. Galaad restait une énigme.

Le retour dans la nuit noire du Màr fut éprouvante et mes pas se firent rapides pour rentrer chez moi. Les paroles de mon ami tournaient dans mon esprit, des paroles négatives, des « J’peux pas… j’veux pas… Il n’y a personne à qui je tienne… J’sais ni lire ni écrire… j’sais pas me battre… », des paroles comme un mantra qui plombait son cœur. Et il appelait ça « sa liberté » !
Heureusement, il avait Elerion…

Je me promis à cet instant, au moment de me glisser sous mes couvertures, que j’allais dorénavant penser davantage à moi et à mon aspiranat. Je voulais participer un jour à l’Empreinte et être choisie moi aussi.







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