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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 19 Fév 2017 - 22:56 Répondre en citantRevenir en haut

Ouranosku 918

J’avais mal.

° Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. °

Je grognai pour toute réponse. Il m’était difficile de savoir avec exactitude le niveau de ressentiment qu’éprouvait Elérion, néanmoins j’étais presque sûr qu’il s’amusait de la situation. Je touchai distraitement l’enflure autour de mon œil et grimaçai. J’avais chaud. J’avais soif. J’avais mal. J’en avais assez de ces missions de pacotille, qui me donnaient l’impression d’être un moins que rien dans ce Kaerl. Je valais mieux que ça, nom d’un kraken ! La peste soit des politiciens !

° Tu as bien agis. °
- Regarde ce que ça m’a coûté ! Toi, tu ne risques pas de prendre un coup sous prétexte que l’autre est trop stupide pour comprendre un ordre simple. A la limite, s’il y avait eu un dragon dans le lot, on aurait été à égalité.
° Tu as malgré tout fait ce qu’il fallait. La marchandise est arrivée au Màr en bon état. Personne ne va te le reprocher. Mais tu es responsable de la douleur. °

Je louvoyai entre deux servantes transportant des piles de linges propres. Elles me jetèrent des regards étonnés avant de reprendre leur marche. Je parlais à voix haute, tout seul dans la rue. Ce n’était sans doute pas la première fois qu’elles croisaient un Chevalier qui conversait avec son Lié. Cependant, elles devaient plus avoir l’habitude d’assister à des échanges silencieux, car la télépathie faisait partie de ces petits avantages non négligeables à être un chevalier-dragon patenté. L’intimité des Âmes Sœurs vue de l’extérieur par des Sans-Dons… Cela devait paraître très étrange.

- Je n’allais pas le laisser m’insulter sans réagir !... Mais de quel côté es-tu, gros lézard ?!
° Le tien, évidemment. °

J’aurais juré que ce maudit dragon souriait de toutes ses dents. Elérion s’apprêtait à partir chasser. Sitôt que j’eus quitté l’infirmerie et envoyé mon rapport à l’Intendance, je débutai mon errance à travers les couloirs nimbés de lumière d’argent azuré des Bains Céruléens. Mon Bronze me laissait seul avec mon œil au beurre noir oint de crème – et encore douloureux – tandis qu’il s’expatriait pour poursuivre joyeusement du gibier. Il cicatrisait plus vite que moi et, injustice supplémentaire, représentait déjà à lui tout seul une armurerie ambulante. Ce colosse intimidait plus qu’il n’attendrissait, sauf lorsqu’il parlait.

° C’est ça, va-t’en ! On se retrouve tout à l’heure pour une petite balade ? °


Une vague de chaleur m’envahit. Merci, gros balourd : j’éprouvais encore plus l’envie d’un bain froid maintenant. Je n’avais qu’une envie : celle de me prélasser dans ma baignoire, enfermé dans la quiétude de mes appartements. Mes pas me conduisirent vers les hautes portes de la sortie. J’entrouvris celles-ci avec un soupir, jetai un regard maussade au-dehors…

… Avant de me figer. Dans un premier temps, je ne m’inquiétais pas. Je ne comprenais pas ce que je voyais. De fait, je commençais à penser que la crème censée apaiser la douleur autour de mon œil gauche possédait peut-être des vertus hallucinogènes. La jeune femme qui marchait non loin se démarquait par sa chevelure blanche rappelant les neishaanes. Quelque chose dans sa démarche, ou peut-être son profil éclairé d’une certaine manière par le soleil filtrant à travers les eaux, me semblait familier. Pas comme s’il s’agissait d’un membre du Màr Luimë déjà croisé auparavant. Non, plutôt avec une affluence de souvenirs impossibles, étranges et très embarrassants… Eirwen !

Je refermai aussitôt les portes en me pinçant les doigts. Avec un juron, je me plaquai dos aux deux battants des hautes portes des Bains, espérant en barrer l’accès si jamais elle m’avait vue. Je priai pour qu’elle ne m’ait pas reconnue. Ma réaction me semblerait certainement disproportionnée dans quelques heures, avec un peu de recul mais je ne trouvais pas disposé à m’apaiser pour le moment. Je paniquai. Une fille rencontrée dans un rêve complètement fou se trouvait au Kaerl. Une fille avec laquelle j’avais chassé un monstre, arpenté des décors hasardeux et qui m’avait embrassé. Etais-je encore en train de rêver ? Peu probable. Que devais-je faire ? Avec un peu de chance, elle ne m’avait pas vue. Toute cette histoire resterait enterrée là où elle devrait l’être : dans un satané rêve !

Me ressaisissant, je lissai le devant de ma tunique, passai une main fébrile dans mes cheveux puis inspirai profondément. Tout irait bien. Peut-être ne se souvenait-elle pas de moi. Qu’est-ce qui pourrait m’arriver, de toute façon ? J’ouvris les portes et tombai nez à nez avec Eirwen.


Dans le rêve Galaad avait 16 ans et Elérion quelques semaines. Là ils ont 22 et 5 ans chacun.



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MessagePosté le: Dim 19 Fév 2017 - 22:56 Revenir en haut

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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Lun 20 Fév 2017 - 18:30 Répondre en citantRevenir en haut

Je m’ennuyais un peu : Mon Maître m’avait donné quelques jours de liberté et, même si j’en profitais pour me faufiler au dehors du Màr Luimë grâce au Chevalier Arnault, il ne fallait pas trop que je tente le Diable. Je n’en avais demandé la permission à personne et la rumeur courrait que le Seigneur du Kaerl Englouti ne voyait pas d’un très bon œil que ses sujets aillent à l’extérieur.

Après avoir rangé ma chambre, et il y avait peu à faire car je prenais toujours soin de la tenir en parfait état de propreté, j’avais entrepris de faire l’inventaire de mes médecines : les onguents étaient étiquetés et datés, les herbes également et il était indiqué leur provenance, les racines rassemblées en bouquets et les écorces entourées de linge pour que l’humidité ne les pourrisse pas.
Ensuite, je m’amusais à remplir de petits sachets d’ingrédients mélangés, les uns pour faciliter la digestion, d’autres pour combattre la fièvre, pour réguler l’intestin ou contre les douleurs et les endormissements difficiles.
Je broyais, cuisais, macérais, préparais des décoctions, des élixirs, des pommades toutes commandées par un apothicaire de la Place qui ne gardait qu’un petit pourcentage sur les ventes, tant mes produits de beauté ou médicinaux plaisaient. Cela me rapportait quelques subsides pour agrémenter mon quotidien largement pourvu par mon Maître.

Ce matin-là, je m’aperçus qu’il me manquait quelques ingrédients de base et, ne pouvant pas aisément aller les chercher au-dehors du Màr, je décidai d’aller visiter le jardin herboriste attenant aux Bains Céruléens. Cette idée était à la fois une agréable sortie et une activité utile.

Je ne pouvais pas sortir dans n’importe quel accoutrement, il y en allait de l’honneur de mon Maître et, en même temps, je devais faire preuve d’humilité en tant qu’aspirante. Alors, en fredonnant tant mon cœur était en joie, je me préparais avec soin. Une robe chasuble d’un bleu pervenche faisait ressortir mon teint pâle et mes yeux argentés, passée sur une chemise fine et immaculée. Je brossais mes cheveux avec application et l’image que me renvoya le miroir m’arracha un sourire.

°Parfait !°

C’est d’un pas allègre que je me dirigeais vers les Bains Céruléens. J’avais emporté quelques échantillons de mes médecines dans une petite besace et je comptais essayer de rencontrer la grande Guérisseuse du Màr qui y tenait une infirmerie pour lui proposer mes produits à l’essai. Qui sait ? Peut-être consentirait-elle à m’en commander dans l’avenir ?

En arrivant devant la bâtisse, mon cœur battait un peu plus vite sous l’effet de l’excitation des projets que j’avais échafaudés durant le trajet. En arrivant devant la porte d’entrée, celle-ci s’ouvrit et je faillis heurter un homme qui sortait des Bains…
Sur l’instant, je ne vis que ses cheveux d’un blanc brillant et son œil tuméfié.

Oh pardon, je suis désolée…

Je l’étais réellement, bien sûr et j’aurais voulu disparaître dans un trou de souris. Voilà ce qui se passe quand on se laisse emporter par ses émotions, ses passions, et qu’on ne fait pas attention à ce qui est autour. Malgré cela, un détail me sauta aux yeux : ce neishaan avait les iris d’un rouge que je n’avais jamais vu avant et qui pourtant me troublait… Ne voulant pas avoir un regard trop insistant, mes yeux se baissèrent sur le bas de son visage et… sa bouche… mon Dieu, sa bouche aussi me disait quelque chose… mais j’étais incapable de savoir qui !
Sous le coup de l’émotion, mes narines se gonflèrent et c’est là que tout me revint… Son odeur corporelle ambrée sous-jacente à l’odeur entêtante de l’onguent qu’il avait sur son œil tuméfié… cette odeur aussi, je la connaissais… mais c’était impossible !

Pourtant, je murmurais le nom s’échappant de ma bouche sans que je puisse l’en empêcher :

Galaad ?
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mar 21 Fév 2017 - 17:02 Répondre en citantRevenir en haut

Elle n’avait pas changé. Ce fut la première pensée cohérente qui se forma dans mon esprit. Apprêtée comme une princesse, toujours aussi coquette et si…Blanche. S’il n’y avait eu ces oreilles d’elfes, à coup sûr, elle aurait pu se faire passer pour une neishaane. Je la soupçonnais sang-mêlée mais, après tout, ça ne me regardais pas. Et qui s’en souciait ? On n’était pas chez les Valheriens du Màr Tàralöm qui vénéraient la consanguinité pour conserver leur invraisemblable pureté du sang. Mes pensées s’emmêlaient. Elérion dut sentir mon brusque afflux d’adrénaline car je perçus une tension à la limite de notre psyché. J’avais attiré son attention. Maudit soit-il !

Je croisai son regard sans pouvoir m’en détacher. Je sentais que la situation m’échappait. Je la sentais hésiter, se questionner. Je me mis à compter les secondes avant la sentence. Lorsque mon nom franchit ses lèvres, j’avalai péniblement ma salive et faillit m’étranger avec. Je blêmis.

- N… Non, vous faites erreur !

Plus brusque que je l’aurais voulu, je me rembrunis. Il fallait que je me reprenne. Ce n’était pas si grave. Nous avions fait un rêve ensemble, où nous avions été les jouets d’un dieu malsain et farceur, où tout était sens dessus-dessous, où elle m’avait embrassé… Non mais il n’y avait vraiment que moi que ça dérangeait, dans cette histoire ? Au fond de moi, je le savais depuis longtemps. La fille du rêvait s’avérait aussi réelle qu’Elérion et moi. Mon imagination n’avait été aussi prolifique pour la créer de toutes pièces. Et même la folie d’un dieu du sommeil ne saurait tromper totalement un mortel… N’est-ce pas ? Au moment fatidique qui avait mis fin au songe partagé, j’avais su qu’Eirwen existait quelque part ailleurs, en Rhaëg et que ce baiser le prouvait. Je n’avais rien inventé. Bien qu’étant un rêve – ou un cauchemar selon le point de vue -, cette histoire avait pris pieds dans la réalité. Et maintenant, il fallait y faire face. La vie redevenait compliquée.

Ah merci, vraiment, le destin, les dieux, les monstres ! Oui, un grand merci ! Je vous déteste tous…

- Pardon, je vais… J’voudrais passer. Excusez-moi.

Mon cœur s’emballait. D’ordinaire, je me montrais bien plus convaincant en matière de mensonges. Ma tactique se révélait aussi faiblarde que facile à éventer. Eirwen n’allait pas y croire une seconde, j’en étais certain. Je courais à la catastrophe.

Pire encore : l’approche de mon Bronze raffermissait le lien entre nos âmes et je sentais sa curiosité taraudée. Il allait bientôt apparaître, surgir du haut du ciel artificiel, dans l’espoir de revoir un visage qu’il jugeait amical. Dans un Kaerl où je peinais à me faire des amis et où le pouvoir en place me privait d’alliés, Elérion estimait dangereux de se couper entièrement du reste du monde. Il ne voulait pas que je finisse seul mais surtout, lui redoutait plus que tout d’être rejeté par ses pairs. Un dragon sans lien social : la pire des tragédies pour un Bronze comme celui-là.

Je baissai les yeux, m’apprêtai à repousser la jeune femme de force s’il le fallait. Je voulais me sortir de ce traquenard sans tarder. Puis, le courage me manquant tout aussi subitement, je poussai un soupir à fendre les pierres. Je relevai la tête vers elle, hésitai puis osai un timide :

- Euh… Attend, j’t’connais, non ? Comment tu sais mon nom ? On s’est déjà rencontré ?

Deuxième mensonge à bannir, définitivement, lorsque je recouvrerai davantage mes esprits. J’espérais encore vaguement qu’elle se trompe, que ce ne soit pas elle, que toute cette histoire n’était pas réelle… Et, cependant, la retrouver me rendait nerveux, presque soulagé. Je n’étais pas fou ! Elle était réelle !

° Galaad. Je crois que c’est bien elle… °

J’attendis avec impatience qu’elle me réponde par l’affirmative.



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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Mar 21 Fév 2017 - 19:59 Répondre en citantRevenir en haut

Si le feu avait pu colorer mes joues pâles, je serais devenue rouge comme une pivoine ! Ce n’était pas Galaad … Comment avais-je pu le croire ? Je me reculais d’un pas, prête à encore lui présenter des excuses et je me sentais ridicule.

- Je me suis trompée, je vous ai pris pour un ami que j’ai connu dans de telles circonstances que je ne n’ai jamais pu l’oublier et vous lui ressemblez beaucoup. Je vous ai pris pour quelqu’un d’autre dont le nom est Galaad.

Cet homme lui ressemblait certes, mais il était plus âgé. Ça aurait pu être son grand frère, même chevelure blanche, même forme de visage, même bouche, mêmes iris rouges et même air renfrogné quand quelque chose ne lui plaisait pas ou qu’il était gêné.
Pourtant il lui revint subitement à l’esprit que le Galaad de son rêve n’avait pas son apparence réelle, qu’il lui en avait fait part et qu’ils avaient mis cela sur le compte du songe qui peut distordre le temps. Mais alors, pourquoi ne la reconnaissait-il pas ? Dans ce rêve, elle avait pratiquement la même apparence qu’aujourd’hui, avec peut-être un an de moins.

Contrite d’avoir importuné un étranger et honteuse d’avoir apostrophé un inconnu, ce qui était loin de mes habitudes, j’allais le laisser passer et vaquer à ses occupations. C’est à ce moment-là qu’il eut une étrange réflexion.

- Euh… Attend, j’t’connais, non ? Comment tu sais mon nom ? On s’est déjà rencontré ?

Comment sais-tu mon nom… Comment sais-tu mon nom… C’est ce qu’il avait dit. Il allait falloir que je lui raconte le rêve et il allait me prendre pour une folle…

En fait, non, nous ne nous sommes jamais vraiment rencontrés. J’ai r… J’ai rêvé de vous. Oui, je sais, vous devez vous dire que je suis une pauvre fille qui perd la raison, mais je vous assure que c’est la vérité. Dans ce rêve, vous êtes venu à mon secours et nous avons vécus des aventures cauchemardesques. Vous étiez avec un tout jeune dragon du nom d’Elérion que vous portiez toujours dans vos bras et vous étiez jaloux quand je le câlinais un peu trop. Vous étiez beaucoup plus jeune qu’aujourd’hui mais votre nom, dans ce rêve, était bien Galaad.

Je m’attendais à ce qu’il se moque de mon court récit, qu’il me repousse pour se débarrasser de moi comme d’une mendiante diseuse de bonne aventure et je n’osais plus le regarder. Je reculai encore d’un pas.

Mon nom est Eirwen Tümay… Je suppose que cela ne vous dit rien ? Cela ne fait rien. Je vous demande encore pardon.

Je ne savais même plus pourquoi j’étais venue là. J’avais envie de m’asseoir, de calmer les palpitations de mon cœur et de retrouver le calme et la gaieté qui m’avaient amenée jusqu’aux Bains… Ah oui, j’y venais pour des herbes, pour voir la Guérisseuse, mais curieusement l’envie et l’énergie de la matinée m’avaient quittée. Le rêve m’envahissait, j’en revivais certains épisodes. J’avais dormi contre lui dans l’auberge, à cause de ma paillasse puante et du froid. J’avais essayé de soigner Asra et finalement Elérion et lui l’avaient heureusement chassée quand elle m’avait attaquée. Sans lui, j’aurais perdu espoir bien des fois et sans les échanges de pensées avec Elérion, je me serais sentie bien seule… Et puis il y avait eu cet instant de réconfort que Galaad m’avait prodigué avec une issue la plus improbable : un baiser.
Heureusement, j’étais restée dans le vague et n’avais point abordé les détails. Pour quoi faire, me rendre plus ridicule encore ? J’allais m’accorder le temps de récupérer de mes émotions sur un banc près d’une fontaine chantante et ensuite je ferai ce que j’étais venue faire.

Veuillez oublier ce désagrément, Chevalier, c’était un lamentable quiproquo et je vous ai fait perdre votre temps précieux.
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 17:37 Répondre en citantRevenir en haut

Un ami. C’était ce qu’elle avait dit. J’avais bien entendu. Etait-ce un mot général, banal, qu’elle utilisait pour toutes ses connaissances ? Avais-je acquis de l’importance à ses yeux sans le faire exprès ? J’avais conscience de m’être conduit comme un mufle dans ce rêve. N’étant que trop familier des guet-apens, je n’éprouvais guère l’envie de faire des efforts pour être poli ou me montrer sympathique envers de parfaits inconnus, des gens dont je n’avais rien à faire, alors que je ne désirais qu’une chose : retrouver ma tranquillité. Je devais avoir suffisamment frappé l’imaginaire de cette fille pour qu’elle se souvienne de moi sous un jour à peu près avenant… Difficile d’y croire.

Le reste de son récit, je n’y prêtai pas attention. Je savais déjà ce qu’elle allait dire. Dans les grandes lignes, tout du moins. J’étais trop occupé à envisager la fuite. Mille et un scénarii me traversèrent l’esprit en un temps record. Je pouvais arguer qu’elle était folle et la jeter en pâture à Maîtresse Shamar, à l’infirmerie. Je pouvais tout simplement refuser de l’écouter et continuer mon chemin. Je pouvais aussi ne rien faire et la laisser parler jusqu’à ce qu’elle s’en agace et parte d’elle-même ! Tant de possibilités ! Et toutes m’abandonnèrent lorsqu’Elle décida subitement que cela n’en valait pas la peine.

- Eirwen…

Son nom m’avait échappé. Je n’avais pas parlé très fort mais c’était suffisant. Il était trop tard pour faire marche arrière.

- Oh, non ! C’pas vrai ! Les dieux se foutent de moi ! Nom de… !

Une flopée de jurons dans mon vieux patois des côtes sud du Vaendark se déversa hors de ma bouche sans que je puisse la retenir plus longtemps. Fermant les yeux, je me tapai la tête contre le battant de la porte en espérant me réveiller de ce cauchemar. Impossible de continuer à mentir ou de faire comme si de rien n’était. J’étais piégé. Je me calmai à l’instant où je sentis l’approche finale d’Elérion. La chaleur de sa conscience m’enveloppa de nouveau, m’encourageant à rouvrir les yeux et soutenir sans faillir le regard d’Eirwen.

- J’croyais que c’était juste un rêve ! Un traquenard « amusant » organisé par ce dieu fou d’Aran’Rhiod. Mais non… J’y aurais jamais cru ! Tout était vrai. Asra, la taverne avec un couloir interminable, la ville en fête, toi…

Je pensais ne jamais te revoir.

Tout était vrai et nous allions devoir faire face à nos actes. Là où j’avais cru ces instants sans conséquence – sauf pour ma santé mentale -, là où j’avais dévoilé mes faiblesses sous des apparences trompeuses orchestrées par le théâtre des songes, le véritable mensonge avait résidé dans la finalité de ces instants. J’étais fait comme un rat. Il faudrait donc que je m’excuse de mon mauvais comportement, de mon irrespect envers ce qui semblait être une dame bien née ou de haut lignage, peut-être même une Chevalière d’un rang bien supérieur au mien – ce n’était pas difficile -, sans compter le geste fatidique. Le baiser. Qui ne signifiait pas grand-chose, sauf depuis qu’il était devenu réel.

J’aurais voulu être en colère contre moi-même, contre Eirwen, contre les dieux et le monde entier. Au final, j’étais seulement soulagé de n’avoir pas tout inventé, de revoir un visage un tant soit peu amical… Et le malaise grandissait. Que devais-je dire ?

Une lourde silhouette se posant derrière la sang-mêlée me sauva des griffes de l’indécision. Le paisible colosse replia ses ailes en un lent mouvement, ne voulant pas effrayer celle qui ne l’avait connu que sous sa forme de dragonneau. Son ombre nous surplombait. Ses yeux verdissaient de l’éclat de la malice et de la joie.

° Eirwen. Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vus. J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir grandis en ton absence. °

Le Bronze baissa son museau pour être à la hauteur de la jeune femme. Il approcha doucement, prêt à recevoir toute caresse qu’elle pourrait initier à son égard. Quelques semaines, quelques mois seulement s’étaient écoulés depuis ce cauchemar. Pour Eirwen, cela pouvait sembler une éternité, compte tenu que ni mon Lié ni moi n’avions notre réelle apparence à ce moment-là. Considérablement rajeunis par une divinité aux farces douteuses, nous ressemblions sans doute peu au souvenir qu’elle gardait de nous. Je soupirai, las de me battre contre des vents insensés et me raclai discrètement la gorge pour attire son attention.

- Alors… Tu vis au Màr Luimë depuis longtemps ?



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MessagePosté le: Sam 25 Fév 2017 - 20:41 Répondre en citantRevenir en haut

Galaad avait semblé tourmenté et contrarié de ce qu’il devait prendre pour des divagations de donzelle hystérique jusqu’à ce que je fasse mine de partir en m’excusant. Finalement je compris qu’il se souvenait parfaitement de moi et qu’il avait essayé de m’écarter. Egal à lui-même, il était fuyant et refusait la promiscuité.

Je lui souris quand j'entendis mon prénom enfin prononcé. Je devais reconnaître que ce cauchemar, partagé sans que nous n’y puissions rien, n’était pas un souvenir des plus agréables ! Mais tout de même nous en étions sortis, alors pourquoi ce déni ? Moi, j'étais plutôt contente de le retrouver dans la réalité, qu’il ne soit pas sorti de mon imagination avec son Dragon… Mais je n’étais pas sûre que ce soit réciproque et mon sourire se transforma en moue dubitative.

La gêne commençait à s’installer entre nous et je ne pouvais pas m’empêcher de penser au baiser qui avait tant choqué le Galaad du rêve. Intérieurement, j'en riais presque maintenant, le voyant aussi mal à l’aise. Heureusement, une ombre amena une diversion qui parut soulager Galaad. Je reconnus immédiatement Elérion qui s’adressait àmoi. Lui au moins, avait gardé son humour et le sens de la communication. Je lui en sus gré et me retournai vers lui.

°Hey, Elérion, que tu es beau et fort ! Quel plaisir de te revoir !°

En effet, le grand Bronze avait belle allure, ses écailles brillantes et son magnifique regard vert affichant une lueur chaleureuse qui contrastait curieusement avec l’accueil de son Lié. Voyant qu’il approchait sa tête vers moi, je lui caressai le museau en riant, comme quand je l’avais connu petit dans le rêve, jetant un coup d’œil à Galaad pour vérifier que sa jalousie était toujours présente. Heureusement que mon rire pouvait être interprété comme de la joie à revoir Elérion parce qu’il y avait une part de moi qui se moquait aussi du Maître qui n’en sut rien, bien évidemment.

D’ailleurs, il ne fallut pas longtemps à Galaad pour essayer de détourner mon attention de son Lié…

Non, je ne suis là que depuis quelques jours. Maître Sednereï m’a fait l’honneur de me prendre comme aspirante et je loge dans le quartier qui nous est alloué. Je n’ai pas encore visité tout le Màr et je ne me suis pas encore présentée aux Hautes Instances. En vérité, je ne connais que cet endroit où je venais ce matin pour acquérir des herbes médicinales.

Je se tournai radieuse vers Elérion.
°De temps en temps, je prends la clé des champs grâce à un Chevalier qui m’accompagne au-dehors. Crois-tu que ton Lié accepterait de m’emmener sur ton dos ? Je serai sûrement choisie un jour par l’une de tes semblables, mais le temps qu’elle puisse me faire voler… Or j’en ai furieusement envie !°

Ça t’ennuierait qu’on s’asseoit sur le banc là-bas ? Je viens de vivre tellement d’émotion grâce à nos retrouvailles « en vrai » que j’en ai les jambes coupées.

Je posai ma besace à terre avec soulagement et pris place sur une extrémité de l’assise de marbre, laissant une large place à Galaad. Je me doutais qu’il s’assiérait le plus loin possible de moi et j'en souriais d’avance. J'accordai un long regard à Elérion lui faisant comprendre qu’il était désormais trop gros pour se lover entre nous. Il me renvoya un sourire de connivence en pensée.

Et toi, mon ami, que deviens-tu ? Je veux bien comprendre que je n’aie pas beaucoup marqué ton esprit parce que tu ne me croyais pas réelle, alors que moi, je ne t’ai jamais oublié… Quelque part dans mon cœur, je savais que je te reverrais un jour. Certes, peut-être pas ici ni aujourd’hui…

Là, c’était davantage mon côté « elfe » qui s’exprimait : je m’amusais à pousser Galaad à me parler de lui, de nous deux, et surtout je me vengeais gentiment du fait qu’il ait fait semblant de ne pas me connaître. Il le méritait bien.
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Ven 3 Mar 2017 - 18:40 Répondre en citantRevenir en haut

Elérion adorait les caresses. Toute marque de contact social faisait flancher ses nerfs d’acier et son flegme légendaire. La glace dans laquelle il avait été forgé par Flarmya se réchauffait aux petites attentions d’affection. Et ceux qui les lui donnaient le plus faisaient souvent partie des exclus du Màr Luimë : Andaranielle la Folle, la malheureuse Alrüne, l’étrange Dealra dont il refusait de me parler... Un peu comme nous en somme. Ce constat n’avait rien de rassurant. Peut-être qu’Eirwen saurait faire la différence.

Je ne parvenais jamais parfaitement à étouffer ma jalousie lorsqu’il se laissait approcher, toucher même, par quelqu’un d’autre que moi. Tout en sachant combien il appréciait cela. Je ravalai mon agacement, face au sourire d’Eirwen qui profitait visiblement de la situation comme face à mon comportement que je savais puéril, au profit d’un échange. Je ne pouvais le nier : j’étais curieux de découvrir qui était réellement cette apprentie apothicaire. J’avais l’impression de déjà la connaître, grâce au rêve et les aventures que nous avions partagées mais je voulais en savoir plus. A bien des égards, elle demeurait encore une étrangère.

° Nous quittons régulièrement le Kaerl : moi pour chasser et lui pour s’isoler. Ce serait un plaisir de t’emmener. °

Je ne pouvais pas entendre les pensées qu’Elérion transmettait à Eirwen, ce qui ne m’empêcha pas de ressentir ses émotions. J’acquiesçai à l’invitation et m’assis à l’autre bout du banc, quoique pas trop loin, en faisant un effort pour ne pas paraître impoli. Il ne servait à rien de faire semblant. Si le souvenir du baiser me mettait encore grandement mal à l’aise, je préférais mille fois être assis près d’elle qu’à côté d’un Maître qui ne me considérerait sans doute pas comme un véritable Englouti à moins qu’on ne lui coupe les oreilles ! Eirwen ne savait rien de mon passé. Elle ne pouvait pas me juger et n’aurait d’autres raisons de me détester qu’à cause de mon attitude envers elle. Et rien d’autre ! Cette situation relevait du miracle bienvenu dans ce Kaerl où je commençais à être connu comme le loup blanc. Un soulagement intense m’envahit à cette pensée.

- Aspirante, hein ? Félicitations ! Tu ne dois pas t’ennuyer, dans ce cas. J’connais pas le nom de ton maître. J’espère qu’il est intéressant et qu’il te laisse un peu de liberté.

Fort heureusement pour tout le monde, mon propre apprentissage se trouvait loin derrière moi. Mon bronze pouvait en témoigner. Celui-ci se coucha en position du sphinx non loin de nous, permettant le passage, tout en disposant sa tête près du banc pour mieux nous observer. Ses grandes prunelles curieuses, aux eaux d’un bleu tranquille, ne se détachaient pas de nous. Tant et si bien que cela ne m’aida pas à éviter de rougir aux paroles d’Eirwen. Qu’est-ce qui lui prenait ? Un excès de sentimentalisme ? Les dieux me pardonnent mais j’avais l’impression qu’elle attendait quelque chose de moi. Qu’elle exigeait une réponse, une réaction de ma part.

- Je n’oublie rien. J’ai pas pour habitude de faire des rêves aussi fous que celui-là alors crois-moi, il y avait peu de chances pour que je t’oublie !

Je reprenais contenance en reniflant et me retins à grand-peine de frotter mon œil blessé. Pourquoi devais-je faire face à ce genre d’embarras avec si peu de dignité ? On se jouait de moi, à me faire peur et me forcer à mentir, devant une fille rencontrée dans de troubles circonstances, alors que j’arborais un magnifique œil-au-beurre-noir et ma réputation de tire-au-flanc préférée. La peste soit des marchands à moitié sourds !

- J’suis Chevalier. Mon nom complet est Galaad Lucis. J’ai pas vraiment d’occupation fixe : pas de métier, pas de famille. Le Màr Luimë me donne des missions et je les accomplis. J’rencontre parfois des gens… Particuliers. Qu’ils soient marchands, mercenaires, Aspirants ou sénateurs… J’ai beaucoup voyagé aussi, à une époque. Alors des choses bizarres, j’en ai vues beaucoup ! J’pouvais pas savoir que tu serais réelle ni que j’t’reverrais.

Tu m’as fait peur !

Cette pensée-là, je la gardai pour moi. Elle n’avait aucunement besoin de savoir à quel point je m’étais ridiculisé devant elle. Je sentais que je devais me faire pardonner ma conduite. J’inspirai profondément avant de lâcher du bout des lèvres, en articulant distinctement :

- Excuse-moi.

Cette épreuve étant passée, je décidai de changer de sujet au plus vite. Il était hors de question de s’appesantir sur mes déboires avec la politesse. Je fournissais déjà un effort surnaturel pour améliorer ma diction. J’éprouvais l’étrange sensation qu’Eirwen venait d’un milieu bien plus favorisé, plus fastueux et délicat que le mien. Je me sentais alors – désagréablement - obligé de parfaire mon rôle de chevalier servant en adoptant un langage plus policé. La peste soit des livres !

- Le Kaerl est grand. Si jamais tu te perds ou que tu t’ennuies, viens me trouver. Ou Elérion. Ces temps-ci, on a souvent des missions à l’extérieur mais ce gros lézard aime faire la sieste au Cìrban Telemna.
° A chaque coin de rue se cache une nouvelle aventure. Il suffit de savoir la trouver. °

Je manquai lever les yeux au ciel. Elérion n’avait pas son pareil pour les répliques énigmatiques.



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MessagePosté le: Ven 3 Mar 2017 - 20:12 Répondre en citantRevenir en haut

Ainsi, tu te souvenais de moi, mais tu ne t’attendais pas à ce que je sois réelle, c’est ça ? D’où ton attitude méfiante !

Je me levais du banc et lui faisais une jolie révérence avant de me rasseoir un peu plus près de lui, toujours dans un esprit malicieux.

Je me présente alors : Eirwen Tümay, sang mêlée d’elfe par mon père et de neishanne par ma mère. J’ai quitté cette dernière pour retrouver mon père, il y a quelques années déjà et j’ai accompli ma mission. Lui aussi est Chevalier et il a fondé une autre famille. C’est lui qui m’a amenée ici où mon Maître m’a remarquée. Je suis donc assez seule ici, n’ayant pas lié beaucoup d’amitiés encore et je suis très heureuse de vous avoir retrouvé tous les deux. Même si c’est par le biais d’un rêve un peu fou, comme tu dis, vous êtes mes plus anciens amis… et vous réchauffez mon cœur de ma solitude.

Je regardais intensément Galaad, non pour le mettre plus mal à l’aise qu’il n’était, mais au contraire pour déceler le moindre signe de décontraction… qui ne venait pas encore. Je fouillais alors dans ma besace pour en sortir quelques petits sachets.

Je te donne trois sachets d’herbes. Attention, ce ne sont pas des tisanes à boire ! Il faut simplement les tremper dans de l’eau bouillante quelques secondes, les agiter un peu dans l’air pour en faire baisser la température, et les appliquer sur ton œil tuméfié le soir avant de te coucher. Tu essaies de le garder toute la nuit bien plaqué par une bande. Trois sachets, trois nuits. Tu verras, cela accélérera la décongestion des chairs fragiles, l’évacuation des fluides morts et tu retrouveras visage humain plus vite. Parce que là, tes yeux ne sont vraiment pas mis en valeur, mon ami !

Je tendais les sachets à Galaad qui hésitait à les prendre et je dus les agiter frénétiquement pour le décider. Je fis alors un clin d’œil à Elérion.

Elérion m’a confié tout à l’heure que vous sortiez fréquemment du Kaerl, lui pour chasser et toi pour t’isoler… Ne lui en veux pas, il répondait à une de mes questions. Accepterais-tu de m’emmener de temps en temps pour que je puisse respirer un peu hors de cet endroit auquel je ne suis pas encore habituée ? Je ne veux pas te déranger, je t’indiquerai où me déposer et tu me reprendras à ton retour pour rentrer… à moins que tu veuilles de ma compagnie ?

J’avais bien entendu qu’il m’offrait de le retrouver en cas d’ennui et de désœuvrement, bien que je ne sache pas où, et il m’offrait même de rejoindre son Lié Brun… Là, il faisait d’énormes efforts, jaloux comme il était d’ordinaire ! J’en étais étonnée et heureuse.

°Elérion, j’ai appris avec le Lié de mon Maître, que les Dragons pouvaient prendre apparence humaine s’ils le désiraient. Cela t’arrive aussi à toi ? On pourrait se retrouver à la Taverne de la Grand Place un soir pour bavarder tous les trois, non ?°

Je décidai d’arrêter de torturer Galaad et de reprendre le cours de mes activités. Je pris donc congés en reprenant ma besace sur l’épaule. Quand il se leva à son tour, je m’approchais pour l’embrasser sur la joue… très amicalement.

A bientôt, Galaad.
°A très bientôt, Elérion, je compte sur toi !°


J’entrais alors dans les Bains Céruléens à la recherche du jardin médicinal et de la Guérisseuse. Je fis mes emplettes, laissai quelques échantillons de mes préparations en contrepartie et m’apprêtai à rentrer chez moi pour repenser à cette rencontre qui avait fait palpiter mon cœur.

Allongée sur mon petit lit d’Aspirante, je me demandais pourquoi Galaad me plaisait autant… C’était pourtant un être un peu frustre, souvent impoli, il n’était pas d’une grande beauté physique ni morale, je le sentais bien, mais je ne pouvais m’empêcher de le considérer comme un homme attirant. Sans doute parce que moi, je ne l’attirais pas ! ou alors peut-être sentais-je un potentiel chez cet être qui ne demandait qu’à éclore et s’exprimer ? Il me semblait qu’il n’avait pas encore atteint sa plénitude, son épanouissement.
Et puis il y avait Elérion et notre improbable connivence, sa faiblesse pour mon affection. Il me faisait du bien. En fait, ils étaient très complémentaires et ils m’apportaient beaucoup. Evidemment, je ne pouvais pas le leur avouer à eux, et à d’autres encore moins. Mes amitiés resteraient secrètes jusqu’à ce que je cerne mieux les personnes autour de moi.

Mes pensées se tournèrent à ce propos vers Ottilia, la jeune femme rencontrée au bord du lac lors de ma première escapade hors du Màr… Je ne sais quand je m’endormis, mais l’amitié imprégnait mes pensées.

Deux jours plus tard, je retournai aux Bains en espérant apercevoir Galaad et sous prétexte de voir si mon traitement avait fait effet...
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MessagePosté le: Lun 6 Mar 2017 - 18:03 Répondre en citantRevenir en haut



Quand ce n’était pas ma personne qui attirait les ennuis, il fallait que ce soit les êtres les plus proches de moi. Le sage Elérion ne faisait guère de remous au Màr. Bien que né du ventre d’une Incarnate, je ne connaissais pas de créature plus raisonnable et réfléchie que lui – sauf peut-être Dame Valendil. Quand ce n’était pas moi qui était mis en porte-à-faux et servait de bouc émissaire quand cela arrangeait les plus puissants – ou les mieux nantis -, le sort s’acharnait sur Silki.

Pour commencer, je ne comprenais toujours pas comment cette petite dragonne-fée avait pu se prendre d’affection pour moi. Je pouvais me montrer charmant et tendre quand les circonstances l’exigeaient – ou quand mes rares amis se trouvaient dans les parages - : une leçon apprise des années auparavant au Màr Tàralöm. L’hypocrisie est l’arme ultime.

Toujours est-il que la petite saurienne verte aux ailes iridescentes avait jeté son dévolu sur moi, faisant de mon épaule son perchoir préféré et de ses farces à mon encontre son passe-temps favoris depuis plusieurs mois. Silki – baptisée ainsi par ma chère Amaélis – venait de semer une belle pagaille dans les Bains Céruléens dédiés aux hommes, en mettant sens dessus dessous les piles de serviettes propres et sales. Sitôt prévenu par Elérion, j’avais été contraint de récupérer le dragon-fée et de le cacher sous ma chemise, espérant faire une sortie discrète. Je réprimandai mollement la lézarde, me découvrant plus fier de ses exploits de diablotin que réellement agacé. Mon Bronze m’attendait derrière les lourdes portes à deux battants. Nous avions prévu une balade en vol vers la Sylve de Nòrui. J’aimais voir la nature se parer de couleurs chaudes durant l’automne, présage de l’hiver à venir. La neige, si fréquente en Vaendark, me manquait.

° Regarde qui vient. °

Alors que je m’apprêtais à escalader la patte antérieure du dragon, je tournai vivement la tête dans la direction qu’il m’indiquait. Je sentis les poils de mes avant-bras se dresser. Telle une apparition – je commençais à peine à m’habituer à la voir plus fréquemment -, l’Aspirante Tümay cheminait tranquillement vers les Bains Céruléens. Je me remémorai aussitôt nos « retrouvailles » d’il y a deux jours. Ce ne fut ni exaspération, ni crainte qui m’envahirent en la revoyant : plus exactement du soulagement. Un visage amical, réellement amical, enfin ! Sans compter que son harmonieux métissage la rendait très jolie, c’eut été dommage de ne pas profiter de cette belle vision… Eirwen possédait cette faculté innée de rapidement me faire sortir de mes gongs. A croire qu’elle avait appris toute sa vie comment agacer et rendre fou son monde ! Je lui en voulais de m’avoir taquiné aussi effrontément mais je ne pouvais pas le lui avouer sans me blâmer moi-même. A sa place, je me serais volontiers permis de me gifler pour ma conduite.

Chose surprenante, j’étais content de la revoir. A notre dernière rencontre, je lui avais promis, comme marque d’excuse pour mon comportement de couard, de lui servir de transporteur avec Elérion, pour qu’elle puisse de temps à autre sortir du Kaerl. J’espérai ne pas trop ternir sa réputation, elle qui était encore fraîchement arrivée ici, ce serait vraiment du gâchis. Elle se montrait bien plus sociable que moi : elle avait toutes ses chances pour rapidement se tailler une place de choix au Màr Luimë. Je ne voulais pas tout gâcher. Cependant, en bon indécrottable égoïste et pour faire plaisir à Elérion, j’étais décidé à ne plus me priver de sa compagnie – si elle l’acceptait encore. Puisque visiblement, peu de gens prenaient la peine de me parler sauf pour me donner des ordres de missions ou me rabaisser…

- Eirwen ! lançai-je à en levant le bras à son intention.
° Bonjour, Aspirante Eirwen ° renchérit noblement le Bronze en inclinant la tête vers elle.

Plus détendu qu’à l’accoutumé, j’eu un bref sourire en la voyant se diriger vers nous.

- Toujours prête à vendre tes potions au service des autres, à ce que je vois ? Qu’est-ce qui t’amènes dans les parages ?

Je sentais Silki s’agiter contre ma poitrine, sous la chemise. Elle extirpa maladroitement sa tête de sous mon col avant que je ne puisse la calmer. Dardant un regard curieux sur l’apothicaire, elle émit un trille joyeux pour la saluer. Toute nouveauté lui faisait plaisir, à celle-là. Elle pépia de nouveau en reniflant avec gourmandise l’odeur d’onguent et de fleurs flottant autour de la sang-mêlée.

- Ah ! Euh... J'te présente Silki. C’est un dragon-fée. T’en as sans doute déjà rencontré, ces bestioles fourmillent dans les recoins de verdure du Kaerl et au-delà. Celle-ci ne me lâche plus depuis que je l’ai nourrie, un soir, dans l’Allée des Idoles… J’voulais te remercier pour ton aide, de l’autre jour. J’ai moins mal, maintenant. C’est très efficace ! Même si ça me démange encore un peu…

J’indiquai mon œil encore tuméfié mais dont le gonflement et le tiraillement s’étaient grandement atténués. Je me méfiai de tout ce qui venait d’autrui, du plus petit service à la plus inattendue des amitiés mais il fallait croire qu’Eirwen savait bien y faire avec les plantes. Je comprenais pourquoi la terrible Asra s’était empressée de dérober ses fioles dans le rêve.
Revenant à ma première pensée, car sentant déjà – peut-être par paranoïa – des regards suspicieux glissés sur nous, je décidai de proposer à Eirwen de s’éloigner un peu. Je ne voulais pas attirer plus d’attention et, surtout, je ne voulais pas l’associer à ma mauvaise réputation. Je fis un effort visible, irritant, pour améliorer ma diction et lui demander :

- Te plairait-il de faire un tour ? Elérion et moi projetions de faire une balade hors du Kaerl. Sauf si ton Maître t’a donné des choses à faire.
° Peut-être te montrerai-je à l’occasion à quoi ressemble ma forme humanoïde. Car oui, j’en possède une, comme tous les dragons ° renchérit Elérion en gratifiant l’Aspirant d’un clin d’œil.



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MessagePosté le: Mar 7 Mar 2017 - 16:38 Répondre en citantRevenir en haut

J’avais de la chance : en arrivant aux Bains Céruléens, je vis Galaad qui me fit signe. Il avait l’air d’excellente humeur et content de me voir… à croire que mon pansement d’herbes n’avait pas fait effet que sur son œil ! Ou peut-être que le rêve avait vraiment biaisé nos rapports. En tout état de cause, je n’allais pas chercher midi au clocher, j’allais profiter de cette aubaine. C’est donc en arborant un grand sourire que je m’approchai d’eux.

Bonjour, mes amis. Non, je ne vends pas mes préparations aujourd’hui, je suis venue dans l’espoir de vous rencontrer à nouveau et de vérifier cet œil malade. Mais… c’est quoi cette petite tête verte sous ta chemise ?

Quand il m’expliqua que Silki était un Dragon-Fée, je ne pus m’empêcher de marquer ma surprise avant de remarquer que cette « petite bête » m’accueillait avec gaieté. Je la trouvais adorable au point d’avoir envie de la prendre dans mes mains, mais je me méfiais encore de la jalousie de Galaad et peut-être aussi de celle d’Elérion. Je ne voulais pas assombrir ce début de journée.

Montre-moi cet œil…

Pour faire diversion, je palpai délicatement l’arcade, la paupière et le dessous de l’œil du bout des doigts et hochai la tête d’un air satisfait.

Il te reste un sachet pour cette nuit, ne l’oublie pas. Ensuite, et bien, il faudra laisser faire le temps mais ta guérison a largement été accélérée déjà.
Et pour te répondre, non, je n’ai jamais rencontré de Dragon-Fée… Je ne savais pas que ça existait. Ces créatures ont-elles un Maître comme les Dragons ? Elle a l’air très mignonne et très attachée à toi, cette Silki, tu as de la chance qu’elle t’ait choisi !


Je me tournai vers Elérion pour lui caresser le museau comme si de rien n’était.

°Tu lui as parlé pour les sorties hors du Kaerl ?°

A ce moment précis, comme si nos esprits se rencontraient, Galaad me proposa une balade hors du Màr Luimë… J’eus de la peine à me retenir de sauter de joie. Ce n’est pas ce que j’avais prévu pour la journée, mais après tout, rien ne pouvait me faire plus plaisir. Je tentai de répondre d’un air détaché.

Oh, mon Maître… Il est très occupé en ce moment. Des affaires importantes liées à la politique du Kaerl auxquelles je n’entends rien du tout. S’il a besoin de moi, son Lié me le fera savoir, j’entendrai son appel et je te le dirai. Tu prends des risques pour moi, j’en suis consciente et je t’en remercie. Dès que je le reverrai, je lui expliquerai que j’ai besoin de cette liberté et il me semble tellement bon qu’il comprendra et m’en donnera la permission de temps en temps, si mon travail le contente. Je ferai tout pour, sois en sûr…

°Alors, c’est vrai ? Tu vas me prendre sur ton dos ? Je peux monter devant ton Lié, tu crois ?°

Galaad, tu me permettrais de prendre place devant toi ? J’ai envie de voir, de sentir, de « vivre » ce vol ! Je suis toujours montée derrière les Chevaliers les rares fois où je suis montée sur un Dragon… les sensations sont là, bien sûr, mais… je veux voir !


Je posai mes questions sans regarder son visage de peur d’y voir de la contrariété et qu’il reporte cette sortie. J’aurais dû attendre le retour pour lui demander cette faveur. Quelle sotte je faisais ! Il m’offrait une main et je demandais le bras… Il était d’humeur excellente et j’allais tout gâcher… J’essayai de me reprendre en bredouillant.

Enfin, ce n’est pas nécessaire cette fois-ci, je peux attendre d’être plus habituée si tu préfères… c’est si tu veux bien… si c’est possible… je me suis un peu emballée.

Mal à l’aise tout à coup, je m’étais rapprochée d’Elérion qui me soufflait dans le cou en guise d’encouragement ou de consolation ?
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MessagePosté le: Lun 13 Mar 2017 - 17:12 Répondre en citantRevenir en haut

Je retins un mouvement de recul comme Eirwen examinait mon œil abimé. Elle me palpa avec toute la douceur et la dextérité qui caractérisaient les apothicaires sûrs de leur travail. Du coin de l’œil, je surpris le regard moqueur d’Elérion.

° Tu as toujours été douillet. °

Ne pouvant pas lui donner tort, je me contentai de grogner vaguement et d’essayer de ne pas bouger. Eirwen s’empressa ensuite de me rappeler le troisième sachet qui m’attendait chez moi, me sermonnant comme si je n’étais qu’un gamin crasseux et récalcitrant. Se prenait-elle pour ma mère ? Je retins un autre grognement et tiquai à ses paroles. Je lui lançai avec étonnement :

- C’est vrai ? T’en as jamais vu ? Si tu sais où regarder, crois-moi, tu ne verras plus que ça !
° Ce sont des cousins miniatures des dragons, comme les lézards de feu. Autant les lézards peuvent servir de messagers, autant les dragons-fées restent essentiellement sauvages. °


Comprenant qu’on parlait d’elle, Silki roucoula de bonheur, exposant ses ailes de papillons à l’air libre, ainsi que ses vertes écailles en grimpant sur mon épaule. Je grimaçai légèrement en sentant ses petites griffes transpercer le tissu.

- J’te préviens, elle est un peu collante, expliquai-je en regardant la petite dragonne-fée se frotter contre moi puis prendre son envol pour tournoyer autour de la sang-mêlée. Je l’ai juste nourrie une fois et maintenant elle ne me lâche plus ! Elle a l’air de bien t’aimer, peut-être qu’elle viendra t’embêter à l’avenir !

Un demi-sourire moqueur s’étira sur mes lèvres. Son discours sur les risques que je prenais pour elle m’inquiéta davantage que sa malice. Mon sourire se figea et je me retournai brièvement vers Elérion pour vérifier les sangles de son harnais de vol, là où j’accrochais généralement une gourde d’eau et ma besace. Pauvre Eirwen, si gentille et pleine d’espoir… Elle ne se doutait pas des « risques » qu’elle prenait réellement, en passant du temps en ma compagnie. Je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir coupable à ce sujet. Ma mauvaise réputation risquait de rejaillir sur elle et ce serait entièrement ma faute. J’avais décidé de ne pas me laisse m’isoler sans réagir. Je n’étais pas un bon chien docile. Si Eirwen souhaitait passer du temps en notre compagnie, Elérion et moi, tant mieux ! Je ne ferais rien pour la mêler à mes problèmes mais je ne voulais pas perdre une hypothétique amie.

J’avais tout de même défendu la Gardienne, la délégation Engloutie lors des pourparlers avec les Ardents, été blessé plusieurs fois au service du Kaerl, été garde du corps – très peu de temps – de Dame Al’Ysiria… J’étais prêt à me mettre au service du Màr Luimë et on me traitait comme un animal dangereux ! Tout ça parce que j’avais osé dévoiler la provenance de mon dragon. Et parce que je ne savais pas tenir en place et que personne, jusqu’à présent, n’avait réussi à me contrôler. Belle bande d’hypocrites que ces sénateurs !

Chassant cet accès de paranoïa, je poussai un soupir, décrispai les muscles de mes épaules et me retournai vers la jeune femme avec un petit rire.

- Si tu montes devant moi, ce sera à tes risques et périls !

Je pouvais sentir – et voir – combien cette balade faisait plaisir à Elérion. Silki se montrait quelque peu vexée qu’on ne lui prête plus d’attention. Il fallait que je pense à lui trouver un endroit où dormir autre que mon oreiller, pour qu’elle me laisse tranquille. Je sifflai à son intention et le dragon-fée cessa de virevolter autour de mon amie pour se poser au sommet de la tête du Bronze.

° Il faudra bien t’accrocher. Ce ne sont pas du tout les mêmes sensations que lorsque tu voles derrière quelqu’un. °
- Je vais t’aider à monter. C’pas toujours facile de grimper sur un Bronze, celui-là !


Elérion possédait une stature massive, celle d’un colosse de cuivre, avec parfois des aspérités écailleuses très acérées. Il fallait se montrer prudent. Je connaissais par cœur le relief de sa peau depuis sa naissance mais ce ne devait pas être le cas d’Eirwen. Je lui tendis la main, tandis que mon Lié restait couché, le genou replié à notre intention.

- Tu voudrais aller où ? On va éviter de trop s’éloigner de Tol Orëa, sinon ton Maître risque de me le faire regretter… La Sylve est jolie en cette saison. La Baie d’Eau Claire aussi. J’crois que c’est bientôt la Fête d’Ouranos alors il y aura p’t’être de l’animation dans les rues de Lòmëanor… Sinon, il y a les Chutes de Nightfall mais on ne sera pas loin du territoire du Màr Menel, le Kaerl de l’Ordre Céleste. Il n’y a plus eu de guerre entre les Ordres depuis de longues années mais il vaut mieux éviter de provoquer qui que ce soit… Si ce n’est pas déjà fait, tu vas vite comprendre que j’attire les ennuis, ajoutai-je avec un soupir agacé. Même sans le faire exprès ! Désolé d’avance.

Sitôt que nous fûmes montés, Eirwen assise devant moi où je lui montrais où s'accrocher sans se faire mal, les bras autour d'elle sans trop oser la serrer, Elérion déploya ses vastes ailes en attendant une direction.



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MessagePosté le: Lun 13 Mar 2017 - 18:52 Répondre en citantRevenir en haut

Plus je regardais Silki qui virevoltait autour de nous et qui « collait » Galaad, plus je regrettais de ne pas avoir de compagnie, même si futile soit-elle. En cet instant, les animaux des forêts me manquaient : les écureuils qui venaient chiper les noisettes que je ramassais, les oiseaux qui accompagnaient mes chants, les daims et leurs yeux doux et peureux, tous ceux qui n’osaient pas m’approcher mais qui se manifestaient et même les fourmis qui venaient en colonne chercher les miettes de mes repas… Mais il n’était pas temps que je m’apitoie sur mon sort.

Galaad paraissait anxieux, préoccupé. Etait-ce la responsabilité de m’emmener hors du Màr ? Il ne fallait pas que je le mette en porte-à-faux !

°Qu’est-ce qu’il a ? Il a l’air soucieux…°

Galaad, mon Maître m’a accordé son autorisation pour sortir du Màr Luimë avec vous deux. Il a paru connaître ton nom, mais il ne s’est pas opposé à ce que tu m’accompagnes pour peu que tu lui promettes par écrit que tu veilleras sur moi avec Elérion… Tu acceptes, n’est-ce pas ? Tu sais, ce n’est qu’une formalité !
Dis, je te trouve bizarre, tu ne me caches rien au moins ? Tu me le dirais si tu avais un souci à cause de moi, hein ?


Je montai précautionneusement sur le dragon en évitant ses écailles dures et coupantes et m’installai le plus confortablement possible devant Galaad. Ni Elérion ni Galaad ne m’avaient répondu tout de suite mais je savais qu’ils avaient entendu l’un et l’autre ma question : ils y répondraient certainement plus tard, après le vol.

Comme il me semble que tu n’apprécies pas trop la foule, je vais choisir la Baie d’Eau Claire pour notre première sortie, que nous soyons tranquilles…

Elérion déploya sa large membrure et, en quelques battements d’ailes, nous étions déjà haut dans le ciel. Sa puissance malmena mon estomac et les jointures de mes doigts blanchirent sur la prise que m’avait indiqué Galaad. Le vent violent fouettait mon visage et plaquait ma peau sur mes os comme un masque. Je n’arrivais pas encore à anticiper ou à contrebalancer la vitesse d’Elérion. Du coup, mon dos adhéra au torse de Galaad à ma grande honte, sachant qu’il gouttait peu la proximité, mais je n’y pouvais rien.
Quand il piqua vers notre destination, je crus que j’allais tomber en avant dans le vide et un réflexe fou me fit me lâcher des deux mains pour agripper Galaad derrière moi… son cou, sa cuisse… Je faillis en crier de terreur !
°Moins vite Elérion, tu vas me faire tomber… redresse-toi, je vais t…°

Je savais Elérion joueur mais il dût percevoir ma terreur et releva le cou pour me permettre de me cramponner à nouveau à lui. Sa descente se fit plus douce et il plana en faisant plusieurs tours au-dessus de la Baie. Le spectacle était fascinant mais mes yeux étaient plein de larmes, ma peau frottée par le vent me brûlait et je ne sentais plus mes mains quand nous nous posâmes. Il fallut que Galaad m’aide à descendre tellement tous mes muscles étaient tétanisés.

Ouf ! Tu avais raison, être devant est autrement plus difficile que d’être passager, protégé par un dos… Au retour, je monterai derrière. J’espère que je ne t’ai pas fait mal en me cramponnant à toi quand j’ai eu peur.

Il me fallut plusieurs minutes pour retrouver la souplesse de mes membres et pour que les battements de mon cœur se calment. Mes cheveux étaient tout emmêlés et il me semblait que j’avais les joues toutes rouges…
Galaad vint s’asseoir près de moi au bord de la Baie et, pendant un instant, nous restâmes silencieux. Elérion se coucha, comme à son accoutumée, la tête vers son Lié, et Silky, qui avait mieux tenu le coup que moi, visitait les alentours.

Galaad, avant de partir, je t’ai posé une question… Qu’est-ce qui te rend aussi sombre et pourquoi fuis-tu tous les gens, à part moi ? J’aimerais que tu me fasses assez confiance pour me répondre. Tu te doutes que je ne te jugerai pas. J'ai dit à mon Maître que tu étais mon ami et que jamais je ne laisserai personne dire du mal de toi en ma présence.

Mon regard glissa sur Elérion qui ferma les yeux comme s’il dormait.
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MessagePosté le: Mar 14 Mar 2017 - 23:59 Répondre en citantRevenir en haut

J’avalai ma salive de travers et faillis m’étrangler avec mais je tins bon. Je ne desserrais pas les lèvres de tout le trajet. Assurant ma prise comme je pouvais, n’ayant guère l’habitude de monter derrière qui que ce soit quand il s’agissait de chevaucher mon propre Lié, je prêtais à peine attention au décor défilant à une vitesse vertigineuse autour de nous. Elérion ne volait pas particulièrement vite, contrairement aux Blancs et aux Vertes réputés aussi agiles qu’insaisissables. Il compensait sa lourdeur et son manque de grâce par des ailes amples et des muscles puissants, lui permettant de franchir de grandes distances en fournissant moins d’efforts que des dragons plus petits. Les premiers vols effectués ensemble avaient été catastrophiques. Même sur le dos d’un âne, je n’avais jamais été très bon cavalier. Mais en vol, sur le dos d’un dragon – qui plus est le mien -, ce n’était définitivement pas la même chose. J’étais fait pour ça.

Je fus distrait de mes sombres ruminements – en songeant au papier que j’allais devoir rédiger à l’intention du Maître d’Eirwen – lorsque ladite Aspirante se mit subitement à paniquer. Nous venions de quitter l’Interstice, nous libérant de cette fenêtre d’espace-temps entre la bulle sous-marine et l’extérieur du Kaerl. L’air marin, la senteur de l’herbe humide et des sapins sauvages me fouettèrent le visage dans une salve de vent froid. Je frissonnai, sentis les ongles d’Eirwen manquer de transpercer ma chemise et je retins un juron très peu galant. Non mais quelle idiote ! Qu’elle arrête son manège hystérique tout de suite ou nous allions tomber tous les deux !

Elérion se stabilisa, prenant conscience que sa force brute pouvait déstabiliser sa nouvelle passagère. Il envoya une vague de réconfort à la sang-mêlée pour toute excuse. Il se posa non loin de la plage, dans la mousse et les bosquets parsemant la berge, formant une frontière naturelle avec le sable de la baie. J’aidai Eirwen à descendre en essayant de cacher mon ressentiment. Je savais que ce n’était pas sa faute, elle n’avait pas encore l’habitude de voler. Mais quand même, elle m’avait fait mal !

- J’t’avais prévenue !

Mon sourire moqueur refit son apparition. Un éclat vert attira mon attention et je vis Silki quitter son perchoir, entre les cornes frontales d’Elérion, pour venir patauger sur le bord de l’eau. Lorsqu’elle en aurait assez de voleter partout comme une folle, elle reviendrait sûrement vers Eirwen ou moi en réclamant des caresses. Les mots m’échappèrent :

- Si, tu m’as fait mal ! Mais c’pas grave. Au moins, t’es pas tombée. J’voudrais pas expliquer à ton Maître que je t’ai perdue en mer pendant une balade. Déjà que je dois lui écrire une lettre prouvant mes bonnes intentions…

Je me figeai. Ecrire. Oh mes dieux… J’allais devoir « écrire » une lettre. Même s’il ne s’agissait que d’une seule phrase, ce serait une épreuve. Je m’étais amélioré ces derniers mois. Je lisais lentement mais je comprenais. En revanche, je maniais le langage écrit comme un enfant de trois ans et ma calligraphie ferait s’évanouir d’horreur n’importe qui. Je me renfrognai. C’était bien ma veine !

° C’est la moindre des choses. Nous ne sommes pas persécutés, Galaad. Pas par tout le monde, loin s’en faut. Tu n’as rien à craindre. Il s’agit de la requête d’un Maître attentionné envers son élève, rien de plus. Cesse de t’inquiéter pour tout. °


Je soupirai et, me laissant tomber le postérieur dans le sable frais, je m’assis en mettant mes bras autour de mes genoux relevés, le menton sur mes poignets. Le regard perdu vers l’horizon brillant, savamment indistinct pour marquer la frontière entre l’eau et le ciel, je profitai de quelques instants de silence, espérant remettre de l’ordre dans mes pensées. Malgré ses paupières closes, Elérion grattai doucement aux frontière de nos esprits mêlés, souhaitant me faire émerger de mon accès de mauvaise humeur. Je repris doucement après avoir pesé mes paroles :

- J’ai du mal à écrire. Tu voudras bien m’aider ?

Je n’osais pas la regarder. D’ordinaire, j’éprouvais de la honte en évoquant mon manque d’éducation. J’étais un élève récalcitrant. Il me fallait comprendre les choses pour les accepter et cela pouvait prendre du temps. Beaucoup de temps. Ajoutons à cela mes conflits fréquents avec l’autorité sous toutes ses formes et nous obtenons un Chevalier médiocre. Moi. Etrangement, en parler avec elle, rendait le problème moins grave qu’il n’y paraissait.

- Traîner avec moi… C’est p’t’être pas une bonne idée. T'es nouvelle au Kaerl. Tu devrais évoluer dans les hautes sphères, étudier, te lier, devenir une grande et sage dame.

Je me raclai la gorge et me décidai enfin, bravement, à croiser son regard. J’avais besoin qu’elle me regarde, qu’elle me voit tel que j’étais, qu’elle ne me juge et qu’elle accepte. C’était trop beau pour être vrai. Je pouvais exister à travers elle. Dans ses yeux clairs pareils à l’eau de roche, je devenais réel en y voyant mon reflet. Elle disait que j’étais son ami mais je n’avais rien fait pour qu’elle le croie. Il n’y avait qu’avec Amaélis que je me sentais réellement quelqu’un d’important. Un homme qui vaut la peine d’exister. Pour protéger, défendre, aimer, vivre. Elle était ma seule amie, la sœur que je m’étais choisi. Eirwen pouvait-elle m’accepter comme ma petite sœur de cœur le faisait si naturellement ?

- J’ai mauvaise réputation au Kaerl. Je ne suis ni un criminel ni un traître, je te rassure ! m’empressai-je de préciser, en essayant d’être intelligible et de ne pas bafouiller. Mais je m’attire des ennuis. Tout le temps ! Je sais à peine tenir une épée, je m’entends mal avec l’autorité en règle générale, j’y connais rien en politique ou en étiquette. Je n’ai pas beaucoup d’amis parce que je ne sais pas m’en faire. Il y a quelques mois, j’ai révélé un secret que je n’aurais pas dû… Quand je suis arrivé pour la première fois au Màr Luimë, seul le conseil était au courant et c’était très bien comme ça. Je m’intégrais plus ou moins bien. Et puis il y a eu les élections. Javerth Seram est devenu le nouveau Seigneur du Màr Luimë, le genre d’homme conservateur, traditionnaliste au possible, avec un formidable balai coincé dans le fondement ! Euh pardon… Avant qu’il ne soit élu, j’avais déjà révélé mon secret, parce que je pensais que ça n’avait pas d’importance. J’avais tort. Tous ceux qui connaissent mon nom se méfient de moi. Et je ne fais rien pour arranger ça…

Je replongeai dans le silence. Le feu de la colère courait dans mes veines, sous mon pâle épiderme, faisant rejaillir des étincelles de haine et de rancœur dans mon corps, vrombissant comme un orage sur le point d’éclater. Javerth Seram était mon ennemi. Je m’étais juré de l’aider à quitter le trône, d’une manière ou d’une autre. Je ne laisserais personne penser que je valais moins qu’un autre Englouti. J’étais aussi un fils du Màr Luimë maintenant.

Ce fut Elérion qui rompit cet embarrassant silence pour Eirwen, glissant ses tranquilles pensées vers elle sans ouvrir les yeux ou bouger un seul muscle.

° Je suis né dans un autre Kaerl que celui-ci. Je ne suis pas plus mauvais qu’un autre dragon mais mes origines ne sont guère appréciées sous le nouveau régime et nous sommes en partie jugés là-dessus, Galaad et moi. Nous sommes bien traités. La majeure partie de la population ne s’attache pas à ces détails mais le Seigneur, certains de ses conseillers… Ne voient pas d’un bon œil des éléments étrangers, réfugiés dans le Kaerl de leurs ancêtres. Pourtant, nous sommes des Engloutis, nous aussi. Mes origines ne devraient pas être importantes tant que je sers le Kaerl. °

Je bondis soudain sur mes pieds. J’en avais assez de m’apitoyer sur mon sort. Je dévisageai Eirwen un instant de me lancer :

- Tu veux visiter le coin ?



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MessagePosté le: Mer 15 Mar 2017 - 18:16 Répondre en citantRevenir en haut

Galaad avait du mal à cacher sa mauvaise humeur tout à coup.

Je me doute que je t’ai fait mal, mais ce n’était pas voulu, j’avais tellement peur de tomber ! Et tu as raison, ça aurait fait mauvais effet pour notre première sortie ensemble…

Il resta silencieux un long moment mais je me doutais qu’il en profitait pour communiquer intimement avec son Lié bien que ce dernier ne bougeât pas d’une écaille. Je respectai leur discussion en aparté. Je me soupçonnais quand même que l’engagement qu’il devait écrire à mon Maître ne le ravissait pas. Et je ne savais toujours pas pourquoi. L’anxiété me gagnait.

A l’évocation de ses difficultés à écrire, il me sembla revenir un bref instant dans notre rêve où le sujet avait été évoqué. Je ne me souvenais plus si c’était lui ou Elérion qui en avait parlé -probablement Elérion- et j’avais oublié à quel propos.

Si je te fais un modèle, ça t’ira ? Parce que mon Maître risque de reconnaître mon écriture si j’écris la lettre à ta place.

Je sortis de ma besace un rouleau de parchemin et une plume taillée et je m’apprêtai à commencer la missive quand Galaad me révéla timidement son secret. Je laissai tout de côté pour l’écouter attentivement. Son récit, complété par celui d’Elérion, me laissa songeuse. J’avais très envie de poser des questions pour éclaircir certains points : Où était né Elérion ? Comment s’étaient-ils choisis ? Pourquoi étaient-ils venus tous deux au Màr Luimë ?

Ce qui me fit le plus de peine, c’est qu’il se dévalorisait dans tous les domaines, la politique, les arts du combat, les amitiés, ses maladresses diplomatiques, jusqu’à ses compétences scolaires… Peut-être pouvais-je l’aider dans certains domaines mais il allait falloir que je m’y prenne avec délicatesse ou qu’il ne s’aperçoive de rien.

Tu ne dois pas être le seul pour qui le Seigneur Javerth Seram est antipathique. Mais nous en reparlerons. Oui, allons nous promener !

°Elérion, ne te blâme pas. Je ne connais pas votre histoire, mais elle doit être très belle et tu es un magnifique Dragon pour lequel j’ai de l’affection depuis le rêve où tu étais tout jeune. Reste te reposer ici, nous t’appellerons… enfin, il t’appellera quand nous voudrons partir.°


Quelques pas au bord du rivage de la Baie. J’avais envie de prendre la main de Galaad mais j’avais trop peur qu’il prenne mon geste pour de la pitié, pitié que je n’éprouvais pas. Alors, je décidai de jouer et je partis en courant le long de l’eau.

Allez, cours, mais je suis sûre que tu ne me rattrapes pas !

Je ne me retournai pas et je ne savais pas s’il s’était mis à courir après moi. Cela n’était pas important. Mon plan était tout autre. Tout à coup, je bifurquai vers la forêt et me cachai derrière un tronc dans l’attente de le voir, soit me poursuivre dans la bonne direction, soit toujours flâner au bord de l’eau, désintéressé par mon incitation.
Il avait choisi la deuxième option -le fainéant !- alors je poussai un cri déchirant depuis ma cachette. Je le vis sursauter, regarder autour de lui et se précipiter vers l’endroit où je me trouvais. J’avais de la peine à ne pas rire… Quand il passa près de moi, je lui sautai sur le dos en lui occultant les yeux de mes mains.

Devine qui c’est ? Je suis le fantôme d’Eirwen qui va te poursuivre toutes les nuits dans ton sommeil parce que tu as failli à ton devoir de la protéger ! Ha ha ha ha…
Et si tu me fais la tête, je te mords l’oreille !

J’aurais fait n’importe quoi pour le sortir de son marasme, pour le voir rire, sourire sans son habituelle ironie, le voir me provoquer à son tour, accepter le jeu, la confiance, la complicité… en gros mon amitié. Je restai accrochée à son cou alors qu’il tournait sur lui-même pour essayer de me détacher de lui. Au bout de moins d’une minute, je me laissai tomber, prête à l’affronter.
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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 22:17 Répondre en citantRevenir en haut

Je sentis la tension dans mes épaules lentement disparaître. Mon rythme cardiaque s’apaisait. Il y avait quelque chose d’étrange chez Eirwen. Cette fille avait le don d’être particulièrement agaçante et elle le savait. Je la soupçonnais de le faire exprès pour me faire sortir de mes gonds et s’en amuser par la suite. Pourtant, aussi improbable que cela puisse paraître, elle ne me jugeait pas. Elle me parlait ouvertement, sans détourner les yeux et souriait sans retenue, presque comme si elle m’encourageait à ne pas me cacher. A me montrer sous mon vrai jour. Cette expérience très nouvelle me poussait à davantage communiquer. A couper petit à petit les chaînes qui me retenaient encore au passé. Elle était une Engloutie, sans doute bien plus que moi et elle m’acceptait. Même si je ne le reconnaîtrais jamais, c’était comme si elle me donnait la permission d’être un vrai Englouti à mon tour.

Je jetai un regard empreint d’appréhension à mon Lié. Aussi immobile d’un énorme amas de rochers, seulement trahi par le lent mouvement de ses flancs, Elérion ne daigna pas remuer une griffe ni ouvrir les yeux. Le soleil glissait sur ses écailles pour mieux le réchauffer. Il aimait se prélasser sans penser à rien. Je n’allais pas le déranger. Mais je sus, confusément, qu’il avait glissé ses pensées dans celles d’Eirwen et qu’il s’était ensuite contenté de lui communiquer un peu de chaleur suite à sa réponse.

A peine avais-je tourné la tête qu’Eirwen disparaissait subitement. Plutôt que de flâner sur le rivage comme je l’espérais, elle s’était élancée sur la piste comme une folle. Je la regardai filer avec des yeux ronds. Elle s’attendait à ce que je lui courre après. Mais pour quoi faire ? Grognant, je me contentais de marcher dans son sillage en traînant des pieds…
Jusqu’à ce qu’un cri terrible résonne. Les souvenirs du rêve affluèrent aussitôt. Cette idiote s’était encore mise dans le pétrin ! Furieux pour mieux cacher mon inquiétude, je bondis sur ses traces. Je me précipitai près de la lisière des bois. Surgit soudain une forme indistincte. Elle m’agrippa, me couvrit les yeux. J’avais beau me démener, rien ne parvenait à la décrocher. La voix de l’Aspirante me laissait deviner son immense sourire. Sale peste ! Elle m’avait encore fait peur !

Comme Eirwen se laissait enfin tomber, en riant aux éclats, je cherchai quelque chose d’intelligent à dire. Le rouge aux joues, le souffle court, j’étais partagé entre l’explosion de colère et la palpitation anxieuse. Qu’est-ce qui lui avais pris ? Elle se moquait de moi ! Finalement, toute émotion céda la place à l’exaspération. Décidemment, je ne comprendrais rien à cette fille.

- J’ai cru que t’étais vraiment en danger ! Mais à quoi tu joues ? Y’a des bêtes sauvages dans le coin…

Je lui lançai un regard soupçonneux, la défiant silencieusement de réitérer sa bêtise. Alors que je reprenais mon calme, une idée me vint. Il faisait frais mais il ne pleuvait pas. Le temps était stable et Eirwen ne pourrait sans doute pas profiter de sa journée en dehors du Kaerl bien longtemps. Elle avait des obligations en tant qu’Aspirante. Si elle voulait jouer… Un demi-sourire goguenard fit son apparition sur mon visage.

- Un fantôme, vraiment ? Tu ne sais rien des fantômes… Attrape-moi !

Un fourmillement familier gagna mes membres et se répandit rapidement dans tout mon corps. Je fis le vide dans mon esprit, sans me départir de mon sourire tandis que je libérais mon pouvoir. Il faudrait penser à l’employer de manière plus utile. Pour l’heure, ce serait suffisant pour prendre ma revanche sur Eirwen. Mon image disparut progressivement. J’étais devenu invisible.

Ça ne durerait pas longtemps. Faisant attention où je mettais les pieds, j’avançai en essayant de faire le moins de bruit possible. Je me rapprochai de l’apothicaire et lui soufflait dans l’oreille. Je m’écartai ensuite brusquement en me retenant de rire. Je la contournai, tel un requin tournant autour de sa proie, lui mettait un doigt taquin dans les côtes avant de me retrouver dans son dos.

- Alors, c’est qui le fantôme ?

Les prémices d’une migraine tambourinaient à mes tempes. Je ne devais pas épuiser mes forces. Hors de question de tomber de faiblesse devant elle ! Le phénomène se traduit par un léger scintillement dans l’air alors que mon image réapparaissait à quelques pas de la jeune femme. Le sourire jusqu’aux oreilles, je dévisageai Eirwen en croisant les bras sur mon torse. Je haussai négligemment les épaules en anticipant ses questions.

- C’est un don naturel. J’sais pas pourquoi Mystra m’a donné ce pouvoir à la naissance. J’ai appris tout seul à le contrôler. C’est plutôt utile ! J’pourrais être un formidable espion, non ? Qu’est-ce que t’en dis ?



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MessagePosté le: Jeu 13 Avr 2017 - 20:31 Répondre en citantRevenir en haut

Galaad se dématérialisa sous mes yeux ! Quelle était encore cette diablerie ? Je ne le savais pas capable de faire un tel tour. Je ne voyais peut-être plus son image, mais mes yeux perçants d’Elfe décelaient comme des floutages de l’air, de légères distorsions comme peut en créer la chaleur du sol… J’avais beau battre des mains dans tous les sens, je ne parvenais pas à le toucher. Lui, par contre, me chatouillait de son souffle et de ses doigts, un vrai calvaire !
Quand il réapparut un sourire triomphant sur le visage, j’avais le choix entre paraître très fâchée ou rire avec lui et je choisis la deuxième option. Après tout, la mission que je m’étais fixée était remplie, il ne boudait plus.

J’en dis que tu es un cachotier et un roublard, mais que tu es très doué !

Nous redescendîmes tout contents sur la plage et, tout en parlant, je me mis à ramasser quelques algues que je mettrai à sécher en rentrant. D’ailleurs, à ce propos…

Galaad, il me faut rentrer au Màr maintenant. Allons rejoindre Elérion. Si nous voulons nous évader de temps en temps tous les deux, il faut que je me montre raisonnable. Je commence tout de suite : je te laisse conduire !

Elérion nous attendait, il semblait ne pas avoir bougé pendant notre absence. Il devait ressentir la bonne humeur de son Lié et son œil brillait. Je me hissai derrière Galaad et j’assurai bien ma prise autour de sa taille ayant testé la puissance du dragon à l’aller.

°Prête !°

Elérion initia une impulsion de ses pattes arrières, immédiatement suivie d’un vigoureux battement d’ailes qui nous propulsa pratiquement à la verticale et je me cognai le front contre l’épaule de Galaad, tout en sentant tous les os de ma colonne vertébrale se tasser d’un coup.

°Ouille ! Tu aurais pu me prévenir, espèce de brute ! Et si tu veux que je fasse un câlin à ton Lié, fallait me le demander au lieu de me l’imposer douloureusement !°

Mon ton ne pouvait pas tromper Elérion, je n’étais pas fâchée contre lui. Au contraire, cela me permettait de laisser ma tête sur l’épaule de mon ami, ce qu’il n’aurait peut-être pas accepté dans d’autres circonstances. Même si le vol ne dura pas longtemps, j’y prenais un grand plaisir et j’allais jusqu’à souffler dans l’oreille de Galaad. Je n’allais pourtant pas jusqu’à le lâcher pour lui chatouiller les côtes.

A notre arrivée, je descendis la première aidée par la main de Galaad, puis ce fut lui qui sauta sur le sol d’un bond souple. Décidemment, il paraissait détendu et heureux. Je caressais le museau d’Elérion pour le remercier et lui dire au-revoir puis je me tournai vers Galaad.

Te souviens-tu que nous avons une lettre à écrire ? Je vais la préparer dans ma chambre et je te l’apporte ce soir dans la taverne de la Grand Place. Enfin… si tu daignes m’y inviter et te montrer en public avec moi ? Je n’ai pas le droit d’inviter qui que ce soit dans ma chambre d’Aspirante.
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