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 [RP Officiel] Le lézard sommeillant sous la glace - part II Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Jeu 12 Jan 2017 - 17:44 Répondre en citantRevenir en haut

Mi Ouranosku 918


L’Auberge de la Dame aux Écailles était réputée dans tout Tol Orëa. Sans doute l’établissement le plus respectable et confortable de Lòmëanor, il attirait une clientèle de voyageurs de tous poils, de commerçants, de chevaliers-dragons et de quelques mercenaires triés sur le volet pour leur honorabilité. Toute activité illicite ou relevant plus ou moins des plaisirs coupables se déroulait hors de la vue de tous, dans une rare discrétion qui savait charmer les grands magistrats comme les guerriers au repos. Il n’en fallait pas plus pour que la bâtisse ne devienne le repaire de toutes les rumeurs, la source de tous les potins et le nid douillet des espions des trois Kaerls.

Avec les récents conflits qui secouèrent Tol Orëa – ainsi que ses divers partenaires commerciaux à travers le monde -, la sécurité avait redoublé. D’anciens soldats avaient été recrutés pour surveiller l’entrée et les alentours de l’auberge. On n’était jamais trop prudent, malgré le calme nouveau sur l’île depuis trois mois. On voyait rarement le patron de l’établissement. Reclus dans sa chambre des comptes ou en réunion avec d’autres éminents négociants, il quittait rarement le premier étage. La salle commune, en revanche, regorgeait de filles virevoltant entre les tables, le tout sous la férule d’un vieux concierge boiteux à l’œil brillant, de deux gardes vigilants postés dans les renfoncements de la pièce et d’un tenancier derrière le comptoir qui aboyait des ordres ou devisait avec les clients. Une estrade avait été disposée au fond de salle, sous la lumière tamisée, prête à accueillir bardes et danseuses.


Un jeune homme se tenait en retrait de l’estrade bien que non loin, en train de rire aux éclats et de jouer aux cartes avec un groupe d’hommes aux vêtements usés par des jours passés en haute mer. Ses longs cheveux argentés formaient une tâche claire reconnaissable au milieu de l’imbroglio de couleurs et de cultures de la pièce. Il avait l’apparence d’un sang-mêlé chanceux et bon vivant, parfaitement intégré dans le paysage de conversations. Rien de bien exceptionnel, en somme. Une boucle d’oreille ornait son lobe droit. Cependant, pour un observateur avisé ou qui savait quoi chercher, quelque chose dénotait dans ce tableau trop parfait. Trop fluide, trop mobile – ou tout simplement trop androgyne – pour être vrai, le barde qui se tenait là paraissait plus que ce qu’il voulait bien montrer.

Neithan Kendric jouait son rôle à merveille… En attendant de rencontrer des membres du Màr Menel désireux de se lancer sur la piste d’un certain lézard de feu disparu.


Seconde phase de l'enquête ! La manière d'aborder Valendil et de traiter la mission vous appartient ^^ Vous n'êtes pas à l'abri de quelques rebondissements mais sachez que le gros de l'intrigue vous appartient. A vous de jouer !



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MessagePosté le: Jeu 12 Jan 2017 - 17:44 Revenir en haut

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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Dim 29 Jan 2017 - 22:56 Répondre en citantRevenir en haut

mi-Ouranosku 918


Une frêle silhouette encapuchonnée s'approchait d'un pas chancelant de l'Auberge de la Dame aux écailles. Elle marchait un peu en retrait d'un groupe de deux personnes, un homme brun et une grande jeune fille toute aussi brune. Cela avait été de son initiative : moins on était, moins on attirerait l'attention, à son avis.
Bien sûr, cela n'était qu'un prétexte qui avait permis à la jeune Iniaki de dissimuler la fulgurante envie de vomir qui ne l'avait pas quittée depuis son vol à dos de Dragon. Elle n'avait que rarement utilisé ce mode de transport, mais c'était bien la première fois qu'elle subissait de tels effets. Et s'il n'y paraissait pas toujours, la petite Fëalocë avait beaucoup trop d'honneur pour le laisser paraître à ses compagnons de voyage.

Un capuchon brun dissimulait en partie son visage, ce qui était bien pratique pour dissimuler à quel point celui-ci était livide. L'Aspirante avait argué que sa crinière rousse était bien trop visible pour une telle mission. En réalité, tout chez la jeune fille aurait attiré l’œil dans une Auberge, car la première question que l'on se posait en la voyant était généralement quelque chose du genre "où sont les parents de cette petite".
La Fëalocë attendit quelques minutes après que le Maître et l'Aspirante aient disparus dans l'encadrure de la porte de l'Auberge avant de s'y infiltrer à son tour.

La première chose qui vint à l'esprit d'Iniaki en découvrant les alentours fut que cela ne ressemblait en rien à l'Auberge dans laquelle elle travaillait depuis peu. Les personnes ici avaient l'air nettement plus riches et raffinées. Sans compter les hommes à l'allure martiale qui semblaient garder les lieux. Tout indiquait que l'Auberge de la Dame aux écailles était un lieu d'exception.
La jeune fille chercha Ottilia et Lordan des yeux et manqua de laisser échapper une exclamation de surprise quand son regard croisa une silhouette androgyne répondant parfaitement à la description de Neithan Kendric. Ses longs cheveux argentés dénotaient parmi le reste des chevelures de la pièce. Même la chevelure flamboyante d'Iniaki n'était pas aussi reconnaissable.
La frêle jeune fille se dirigea de son pas encore mal assuré vers l'hybride. Poussée par l'instinct propre à son sang, elle ne douta pas un instant qu'il s'agissait bien du soldat d'élite du Màr Menel. Il venait de mettre fin à une partie de carte et se levait de table, aussi, saisissant sa chance, la Fëalocë se campa de toute sa petite silhouette devant Neithan.

"-Heuu..." dit-elle à mi-voix, tout en cherchant nerveusement Lordan et Ottilia du regard. Où étaient-ils passés ? Ce n'était pas comme si cet homme était difficile à trouver ! Elle les repéra enfin et leur adressa un petit signe d'impatience.

L'Aspirante céleste se retourna vers le jeune homme et baragouina un petit "Bonjour" en attendant que Lordan arrive et gère cette situation. Pendant ce temps, elle espérait pouvoir se faire servir une bonne infusion pour se requinquer un peu.




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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Mer 15 Fév 2017 - 00:42 Répondre en citantRevenir en haut

En descendant vers Lòmëanor, Lordan n’était plus aussi enthousiaste que lorsque le nom Vaendark avait éveillé en lui l’impatience des découvertes et l’appel des espaces inconnus .
Finalement, la mirifique mission se limitait à interroger un homme, qu’il connaissait déjà un peu, dans une auberge que tout le monde (ou presque) connaissait.
Et puis, il trouvait l’Asken moins chaleureux que l’Asgeir de son souvenir. En devenant un des hauts personnages du kaerl, le rejeton des Maelhen avait-il préféré prendre ses distances vis à vis de ses subordonnés ? De caractère taciturne et solitaire, se pliait-il difficilement à la vie de contacts officiels et de responsabilités sociales qui était devenue la sienne? Mais il avait néanmoins été d’une parfaite courtoisie et ils étaient tous deux en service..
En fait Lordan craignait plutôt que, malgré les mesures prises par la Dame pour effacer le passé, l’Asken lui reproche encore tacitement d’avoir servi l’ex-Seigneur Zackheim. Les Maelhen étaient connus pour leur opposition aux idées Galastden. Mais d’un autre côté, connaissant la fidélité du grand Torhil à toute parole donnée et sa loyauté envers les lois anciennes, Lordan se disait que Asgeir ne pouvait le condamner pour avoir respecté son serment de servir le seigneur en place. On pouvait peut-être le taxer de sottise et d’imprudence, non de vilenie et de trahison.
Peut-être était-ce aussi le choix de l’équipe envoyée qui avait mal disposé Messire Asgeir. Après tout, Lordan était des dernières promotions et certains disaient que les autorités étaient moins exigeantes parce que le Kaerl avait perdu trop de maîtres. Asgeir s’attendait peut-être à un adjoint plus chevronné. Quant aux deux aspirantes, elles ne pouvaient guère avoir fait bonne impression. Toutes deux cachaient difficilement leur déplaisir à se retrouver ensemble. Et leur inexpérience des usages les poussait à se conduire avec une familiarité quasi enfantine. Si Lordan s’en amusait la plupart du temps, il craignait que l’Arken n’ait pas la même indulgence.
La demande impulsive d’Iniaki : "Quand partons-nous, Maître Ventaren ?" l’avait lui-même surpris. On se serait cru à un départ en vacances sous la conduite d’un gentil moniteur tout disposé à faire plaisir à ses élèves. Les deux filles semblaient ignorer les bases de la discipline et les marques du respect envers les supérieurs. Ottilia elle-même avait cru bon de discuter le lieu de rendez-vous et cela, en s’adressant directement à son maître et ignorant l’Arken. Lordan s’était senti très gêné, se sentant responsable de ce manquement à la hiérarchie. Il était cependant prêt à prendre la défense des deux aspirantes - tout en présentant ses excuses personnelles – en rappelant leur arrivée si récente et l’extrême jeunesse d’Iniaki.
Mais ce comportement désinvolte n’avait pas été relevé, malgré une certaine tension dans la voix de l’Arken s’adressant à lui en ignorant les interventions des aspirantes. Et puis surtout, il y avait le regard du dragon posé sur les deux jeunes filles avec une fixité inhabituelle. Ce fut un soulagement quand l’Arken annonça que l’entretien était terminé.

En quittant l’amphithéâtre, Lordan ne fit cependant aucune remarque aux deux aspirantes. L’expérience viendrait avec le temps. Et il faudrait qu'il veille à donner l'exemple.
L’impatience d’Iniaki fut satisfaite par la décision immédiate qu'il prit de partir dès la fin de la journée. Il expliqua aussi ce qu’il attendait d’elles, insistant sur la discrétion exigée. La rencontre en elle-même ne présentait guère de difficultés.
Certes La Dame aux Ecailles n’était pas son auberge favorite. Le Céleste n’aimait pas la fausse respectabilité de l’établissement. Si on n’y rencontrait pas de rustres et d’ivrognes bagarreurs, on pouvait y entrevoir, à l’occasion, des entremetteurs ou des espions, voire pire. Un sourire aimable sous leur chapeau rabattu, ils disparaissaient dans de petites alcôves discrètes où ils retrouvaient des personnages tout aussi polis et convenables.
Mais l’auberge se targuait de présenter parfois, en plus de ses danseuses habituelles, des artistes aussi distingués que sa clientèle, comme Neithan le barde, réputé pour le magnétisme de ses chants. Lordan venait parfois l'écouter, le considérant comme un des meilleurs harpistes qu’il ait entendu et il avait eu l’occasion de converser avec l'artiste lors d’une soirée en ville. Il ne s'était jamais douté que cet ancien aspirant devenu barde fût resté en relations de service avec le Mar Menel en tant qu’informateur suffisamment efficace au combat pour être nommé Phénix.
Avant de les quitter, Lordan demanda à ses compagnes de se vêtir simplement - rien qui donnât l’impression qu’on venait pour un autre motif que le divertissement. Il ne s’agissait pas cependant de chercher l’incognito : Il y aurait certainement plusieurs clients -commerçants ou gens du Mar Menel- qui pouvaient les reconnaître. Simplement, tout leur comportement devrait s’inspirer de cette seule donnée : elles allaient rencontrer un barde connu, auquel il les présenterait et, en public, on ne devrait parler que musique et poésie. Ensuite on verrait à obtenir une entrevue plus discrète.
Ils devaient tous trois ne pas décevoir la confiance que leur avait manifestée l’Arken en les mettant dans un secret aussi bien gardé..

Le vol fut sans histoire mais Hanelvig n’était pas encore entraîné à porter trois personnes même si Iniaki, toute menue, ne fut pas difficile à caser. Son atterrissage fut un peu chaotique, s’y reprenant à deux fois et effectuant un virage un peu trop incliné.
Le trio enfin débarqué aux abords de Lòmëanor où le dragon demeura en attente, on se dirigea vers l’auberge. Iniaki marchait en retrait et Lordan s’en inquiéta : timidité ? Malaise à l’arrivée un peu trop rude ? Et puis ce capuchon rabattu sur son visage... rien de moins discret ! Que voulait-elle cacher ? Lordan décida cependant de la laisser faire à sa guise, espérant qu’elle aurait la sagesse de les rejoindre pour entrer en même temps qu’eux. Mais il n’en fut rien et il ne voulut pas la mettre mal à l’aise en l'appelant - elle avait peut-être besoin d’un peu d’isolement et n’osait pas le dire- Après quelques secondes sur le seuil, Lordan se décida à entrer, suivi de son aspirante dont le silence pouvait signifier bien des choses. Quand même, il faudrait envoyer Ottilia chercher Iniaki si elle ne venait pas les rejoindre rapidement.

Neithan était à une table où on jouait aux cartes. En salle, le patron veillait à ce que les mises soient faibles et qu’il n’y ait aucune querelle. Les jeux plus risqués et les gros paris se tenaient dans des salons privés.
Lordan n’allait évidemment pas aborder le barde tout de go, ce qui aurait été pour le moins bizarre. Il prit la première table libre venue, invita Ottilia à s’asseoir et vit enfin Iniaki qui entrait. La servante responsable de la rangée s’approchait déjà et et il allait lui passer commande quand il vit avec un extrême déplaisir Iniaki se dirigeant vers le barde et l’interpellant de sous son capuchon. Eh bien ! comme discrétion, on pouvait facilement faire mieux. Et puis cette débutante qui se mêlait de prendre l’initiative du premier contact ! Où avait-elle été élevée ? Etait-ce une de ces princesses que lui et son lié avaient redouté quand ils attendaient de former leur triade ? une de ces personnes qui s’estiment au dessus de tous les usages et que l’idée même d’attendre un avis n’effleure pas ? Lordan fronça un sourcil mécontent et ne put s’empêcher de s’exclamer à voix basse:

-Mais qu’est-ce qu’il lui prend ?


Il demanda à la servante de bien vouloir revenir un peu plus tard: il venait d’apercevoir une amie et allait la chercher. En s’efforçant de sourire de cet air léger qu’on prend dans un lieu fait pour la bonne humeur mais intérieurement fort irrité, il se dirigea vers la silhouette si reconnaissable du Barde aux cheveux cendrés. Evidemment, celui-ci était plus qu’étonné d’être ainsi abordé par une très jeune fille, quoi ! une quasi fillette !… mais qui n’avait cependant plus l’âge d’aborder sans risque les messieurs dans une auberge ! Où étaient ses parents ?
Comme le barde s'était levé, Lordan arriva derrière Iniaki et la prit par l’épaule pour l’écarter et l’empêcher d’attirer davantage l’attention. Elle semblait d'ailleurs ne plus savoir quoi faire, toute désorientée après tant d'aplomb. Lordan s'exclama :

-Messire Kendric ! Comme je suis heureux de vous voir ! Je suis Lordan Ventaren, un de vos admirateurs, et voici une jeune personne, Iniaki, si impatiente de vous rencontrer qu’elle vous a découvert avant moi. Je vois que vous avez terminé votre jeu. Aurions-nous la chance de vous croiser juste à un moment où vous pourriez nous accorder quelques instants ? Nous feriez-vous le plaisir et l’honneur de venir partager une coupe avec nous ?

Le barde avait détaillé un instant l’individu qui l'abordait puis il sourit franchement :

-Hé, mais je vous ai déjà rencontré, Messire Ventaren. Charmé de vous revoir.

Lordan accentua son air réjoui en s'exclamant :

- Oui ! c'était à cette fête donnée par messire de Maelhen que j'ai eu le privilège de vous être présenté.

Le nom n’était pas le bon et Lordan guetta la réaction. Mais il était déjà à peu près sûr que Neithan se doutait qu'il avait devant lui les Célestes qu'Asgeir de Maelhen avait envoyés. Le sourire de Neithan s’épanouit :

-Ah ah ! En effet ! Je me souviens de cette fête.... Cette jeune personne est-elle votre aspirante ? Venez-vous lui montrer la valeur éducative des auberges de Tol Orëa ?

- Elle accompagne son amie, Ottilia, qui est mon aspirante .Et en effet, l'auberge fait partie de ma mission.

Sûr de s'être fait identifier, Lordan sous couleur de plaisanter, éprouva un certain plaisir à jouer avec le mot à double sens. Il fit signe à Ottilia de s'approcher tandis que Neithan ajoutait :

-Que diriez-vous d’aller boire cette coupe dans un endroit moins bruyant ? J’ai une loge réservée dans l'auberge. Nous pourrons discuter des arts, les seules activités qui en ce monde apportent paix et sérénité. Et vos charmantes accompagnatrices sont plus que bienvenues. On vous dit lettré, Messire Ventaren, et nos discours seront, je l’espère, rempli d’enseignements !


- De renseignements surtout ! pensa Loran tout en suivant l’élégante silhouette du musicien.





Dernière édition par Lordan Ventaren le Mer 15 Fév 2017 - 15:58; édité 2 fois
Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mer 15 Fév 2017 - 14:14 Répondre en citantRevenir en haut

Pour sa toute première mission avec son maître, qui avait bien insisté sur le mot discrétion, Ottilia s’était simplement habillée et tressé les cheveux, comme à chaque fois qu’elle partait. Alors qu’ils étaient en vol, le malaise de la jeune fille disparaissait pour laisser place au bonheur d’être une nouvelle fois sur le dos d’Hanelvig en compagnie de son maître, même si cette fois ils étaient accompagnés d’Iniaki. Sont malaise ne venait pas du vol à dos de dragon, mais de la séance tenue plus tôt à l’amphithéâtre. Elle savait qu’elle aurait dû se taire et ne rien ajouter. Lordan n’avait peut-être pas apprécier le manque de respect ou son attitude, mais que dire d’Iniaki ? Elle non plus n’avait pas cacher son empressement. L’aspirante fut ramenée à la réalité par l’atterrissage manqué d’Hanelvig et s’accrocha fermement à son maître.

Une fois les pieds à terre, la torhille gratifia le dragon d’une caresse et préféra rester près de son maître tout le long du chemin. Tout comme Lordan, elle avait remarqué qu’Iniaki était restée en retrait. La rouquine n’avait sûrement pas supporté le vol et l’atterrissage assez chaotique. Sur le chemin, Ottilia ne disait mot, ne regardait pas en arrière pour vérifier si Iniaki suivait, elle fixait simplement le chemin face à elle. La seule chose qui la préoccupait, c’était pourquoi son amie refusait de lui adresser la parole ni même un regard. Elle ne savait pas non plus comment ils allaient aborder le barde. Adresser la parole comme ça à un inconnu n’était pas du tout dans ses compétences. L’aspirante laisserait donc faire son maître qui avait bien plus d’expérience et qui saurait certainement trouver les bons mots.

Lordan entra dans l’auberge et l’aspirante le suivit de près jusqu’à la table où elle s’assit après invitation de son maître. Mal à l’aise à cause de ses derniers souvenirs d’une sortie avec Lordan dans une auberge semblable et qui avait mal tournée. Tendue, la torhille observait les alentours, les bras serrés contre son ventre. Il n’y avait apparemment pas d’hommes prêt à en découdre et cela la rassurait quelque peu. Puis, elle entendit son maître qui parlait à voit basse. L’aspirante tourna le regard vers Lordan et vit qu’il fronçait un sourcil. Elle aperçu ensuite son amie près du barde qu’ils cherchaient et compris de suite d’où venait la frustration de son maître, qui alla retrouver la rouquine. Ottilia observait la scène avec un petit sourire en coin. C’était bien la première fois qu’elle voyait Lordan comme ça. Elle attendit sagement qu’il l’appelle avant de venir, puis les rejoignit en prenant soin de faire disparaître son petit sourire. Arrivée devant Neithan, elle s’inclina discrètement face à lui. Ce qu’il était beau ! Aucun ne voulut sortir de sa bouche. Elle admirait simplement la grâce et la beauté du barde, mais se ressaisit bien vite et rattrapa sa maladresse… Comme elle put.

« Bonjour heu… Messire... »

Elle esquissa un sourire maladroit exprimant toute sa gêne et son malaise accumulé depuis leur départ. Bien sûr, comme si cela ne suffisait pas, ses joues prirent une teinte rosée. L’aspirante se retourna et attendit que son maître et le barde se décident à aller ailleurs. Lorsque ce fut le cas, la jeune fille veilla à rester derrière Lordan pour éviter le regard de Neithan au cas où celui-ci venait à se retourner.





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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Dim 19 Fév 2017 - 16:07 Répondre en citantRevenir en haut


Neithan Kendric


Fluide et mobile, insaisissable et vif, le barde se mouvait dans une perfection étudiée qui permettait à la fois de se fondre dans le décor tout en restant suffisamment insolite pour attirer l’attention. Sa profession d’artiste avait beau être reconnue et très appréciée, il lui fallait travailler avec acharnement pour demeurer le favori de la ville. Ses talents d’espion venaient compléter une singulière panoplie de talents. Gracieux mais énergique de corps, son esprit tout autant, il devait faire croire à tous que chacun des rôles qu’il interprétait reflétait la réalité. Que tout était vrai, y compris jusqu’à ce que lui-même y croit. Il s’agissait d’une vie s’épanouissant dans la duperie et l’adversité, dont peu de gens auraient voulu. Cependant, au contraire de ce qu’on pourrait penser, Neithan Kendric était fait pour cette vie et jamais il n’en aurait voulu d’autre. Il n’éprouvait aucun regret… Sauf un. Celui-ci, seule la Déesse aux Larmes de Feu en connaissait le secret.

Ne se laissant pas surprendre, Neithan sourit à la jeune fille venue lui dire maladroitement bonjour. Il la salua d’un élégant revers de main, mimant la révérence due à une grande dame. Il s’apprêtait à demander son nom à la jolie ingénue lorsque surgit un visage connu. Aussitôt, derrière le sourire avenant et la nonchalance étudiée, la froide résolution du soldat s’empara de son être. On ne venait pas seulement saluer ses performances de musicien et de conteur : il était en mission.

La loge qu’il indiqua au Maître Bronze se situait derrière l’estrade. On y accédait par une petite porte dissimulée derrière une épaisse tapisserie, laquelle dévoilait un étroit escalier à vis. La loge se situait derrière l’imposante bâtisse, dans une chambre de domestique remise à neuf. L’actuel propriétaire de la Dame aux Ecailles soupçonnait depuis longtemps que cette auberge avait dû être une maison noble autrefois. Neithan laissa le chevalier-dragon et les deux jeunes filles pénétrer dans la pièce tandis qu’il refermait la porte à clé. La chambre ressemblait à beaucoup d’autre, s’il n’y avait cet encombrement de vêtements colorés, de partitions, de livres, ainsi que plusieurs flûtes de taille différente reposant dans un coin. La harpe du sang-mêlé trônait sous la petite lucarne d’où pointait le soleil. Dès qu’il fut assuré d’être seul, le Phénix Kendric rendit un salut davantage militaire à Lordan.

- Maître Ventaren, c’est un honneur de vous rencontrer en personne. Damoiselles Aspirantes, c’est un plaisir… Je suppose que c’est Asgeir qui vous envoie. Je sais qu’il ne pouvait pas se déplacer lui-même jusqu’ici : il craint d’être surveillé, que ce soit par les hautes sphères du pouvoir au Màr Menel ou par des espions des autres Kaerls. Je ne sais comment mais l’histoire de ce lézard a fait parler d’elle et attire maintenant beaucoup trop d’attention…

Son débit de paroles rapide laissait présager que le sang-mêlé connaissait son affaire et savait aller droit au but. Il cultivait la perfection dans son métier. Il pesait chacun de ses mots et chacune de ses actions. Le masque affable du barde était ici remplacé par celui du soldat dévoué corps à âme au Màr Menel.

- Voulez-vous du thé ? Il est un peu froid mais il est encore bon !

Neithan s’était principalement tourné vers les deux Aspirantes, le sourire aux lèvres et l’œil taquin. Toutes deux charmantes et rougissantes, son sens de l’observation décelait la fougue de la jeunesse en elles, pareille à un feu inaltérable mais aussi des failles, si nombreuses… Elles étaient encore jeunes. S’il lui arrivait encore parfois d’envier les jeunes gens en tunique blanche sur les sables blonds, attendant leur Âme Sœur avec espoir, il savait également quel lot de tourmentes accompagnait cette vie. Finalement, au lieu de se résigner, il préférait volontiers sa vie d’espion.

- J’ai une représentation ce soir, ici même, à la Dame aux Ecailles. Je suis donc votre obligé pour les prochaines heures jusqu’au crépuscule ! Toutefois, nous ne pouvons pas rester trop longtemps dans cette loge sans que les gens ne commencent à se poser des questions.

Sur ces mots, lui-même s’assit sur le bord du lit, une tasse ébréchée emplie de thé froid à la main, avec un froncement de sourcils contrarié. Son amitié avec les lézards de feu lui broyait le cœur lorsque ceux-ci étaient en danger. Bien qu’ils soient utiles, ces dragons miniatures prenaient parfois trop de risques à son goût.

- Chilali aurait déjà dû être revenue du Vaendark ... Chilali est le nom de la lézarde de feu choisie pour accompagner Asgeir. De couleur blanche, parfaite pour ce genre d’environnement, c’est l’une de nos messagères parmi les plus âgées et les plus fiables. J’ai attendu… Pour rien. J’ai essayé de me renseigner discrètement mais à poser trop de questions, on finit par attirer l’attention. Il lui est forcément arrivé quelque chose. Elle n’a jamais failli à sa tâche jusqu’à présent. Ce que je ne comprends pas, en revanche… C’est comment quelqu’un a pu être au courant. Je n’exclue pas l’hypothèse d’un accident, Chilali a pu se faire dévorer par un prédateur ou peu importe mais je n’y crois guère. Non, mon instinct me met en garde.

Neithan jeta un regard aigu à Lordan, Ottilia et Iniaki. Et dire que tout reposait sur eux désormais !

- Comprenez que je ne puisse pas trop m’impliquer sans révéler mon identité. Il y a eu des troubles récents au Màr Tàralöm. On dit que le trône a été de nouveau disputé et qu’un des duellistes s’est enfui. Le Màr Luimë souffre en ce moment d’un repli méfiant sur lui-même, ce qui rend les communications difficiles. Les temps sont durs pour tout le monde…



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MessagePosté le: Dim 16 Avr 2017 - 00:41 Répondre en citantRevenir en haut

Les joues de la jeune fille prirent une couleur presque aussi rouge que ses cheveux lorsque Neithan Kendric fit montre de sa grande galanterie. L'homme auquel elle n'aurait su donner d'âge était incontestablement très beau.
Iniaki fut tirée de ses rêveries par une grande main qui vient lui empoigner l'épaule pour l'écarter sans plus de cérémonies. La petite fixa celui qui se révela être l'auteur de cet acte, Lordan Ventaren, avec de grands yeux emplis d'incompréhension. Elle se sentait un peu comme le sac à patates encombrant que l'on dégage du chemin sans plus de considération. Ottilia lui avait pourtant maintes fois répété à quel point son Maître était agréable à vivre, alors pourquoi se comportait-il d'une manière aussi rustre ?
Légèrement boudeuse, la Fëalocë recula de quelques pas pour aller se placer derrière Ottilia. Sa mauvaise humeur fondit cependant comme neige au soleil quand le bel hybride leurs proposa du thé avec un sourire désarmant. Elle bafouilla quelque d'indistinct en réponse, les joues légèrement rosées.
Le discours du demi-sang lui remit cependant rapidement les idées en place : une mission importante lui avait enfin été assignée et elle ne voulait pas la faire échouer.
La petite passa négligemment l'index sur son menton alors qu'elle réfléchissait aux dires de Kendric. Le Màr Tàralöm, hein... Même Elvira avait l'air étrange quand elle en parlait. Iniaki avait cru comprendre que les membres de ce kaerl n'étaient pas vraiment fréquentables. La jeune fille n'avait pas bien compris la raison de cette séparation en trois entités, mais elle ne s'en formalisait pas vraiment. Elle avait d'autres lézards de feu à fouetter.

"Je... Nous allons essayer de la retrouver, Messire, ne vous inquiétez pas."


Il lui sembla alors entendre quasi distinctement le son de la voix de sa mère la réprimander de son manque de confiance en elle, avec toujours cette même phrase : "Non, n'essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas. Il n'y a pas d'essai."
Cette voix nostalgique était si proche et si lointaine à la fois. Il lui arrivait de moins en moins souvent de penser à sa mère. Peut-être un jour allait-elle l'oublier totalement.
L'adolescente jeta un regard en coin à Lordan. Allait-il encore se comporter d'une manière étrange ? Elle espérait fort que non. L'aventure allait déjà avoir son lot de tracas avec l'animosité existant entre les deux Aspirantes.




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MessagePosté le: Ven 26 Mai 2017 - 13:18 Répondre en citantRevenir en haut

Le décor un peu bohême, très artiste,était bien en accord avec le charme original du barde, mais la voix de Neithan Kendric avait changé et le ton n’était plus celui de l’esthète un peu précieux et désinvolte mais celui, grave et ferme, du guerrier d’élite révélé par Asgeir de Maelhen.
Il proposa du thé, sans doute pour rendre l’atmosphère moins protocolaire et Lordan acquiesça. Iniaki avait semblé mal à l’aise en entrant mais elle avait déjà retrouvé son sourire. Le maître bronze commençait à s’habituer aux variations d’humeur de l’aspirante et en particulier à son mélange de hardiesse naïve et de timidité soudaine. Il se reprocha d’oublier trop vite la jeunesse de l’aspirante. Comme presque tous les adolescents elle manquait certainement de confiance en elle face aux adultes et tentait de faire front comme elle pouvait pour ne pas paraître puérile et hésitante.

Tout le monde s’assit sur un geste courtois de l’hôte et le thé fut versé avec la même aisance élégante qui caractérisait le sang-mêlé. Lordan, toujours attentif aux détails, remarqua qu’il tenait une tasse ébréchée et compte tenu de l’excellence du service à la Dame aux Ecailles, il s’en étonna un peu. Etait-ce un objet personnel, un souvenir auquel tenait le musicien? Cette possibilité le rendit sympathique à Lordan, à l’imagination toujours un peu sentimentale.
Il conservait lui-même une tasse de métal, souvenir d’avant Tol Orëa, fortement cabossée pour avoir brinquebalé, accrochée à sa ceinture depuis qu’il était parti de chez lui pour devenir marin et qu’il portait encore lors de son arrivée au Màr Menel. Il y avait renoncé sitôt qu’il avait dû porter un baudrier et aussi parce qu’il n’aimait pas trop que certains de ses condisciples aspirants le surnomment Lordan la Tasse. Mais elle était toujours au fond de sa sacoche de voyage.

A peine assis, Kendric aborda immédiatement le sujet du lézard de feu. En dehors de ceux qui apportaient des convocations urgentes manuscrites, Lordan avait peu pratiqué ces charmants petits êtres. Il n’aimait guère recevoir leurs messages télépathiques, constitués d’images mentales projetées directement dans l’esprit et qu’il percevait comme une sorte de vision kaléidoscopique qui lui donnait rapidement la migraine. Maître Nalesean avait eu à le soigner en raison de sa propension à se laisser posséder par des esprits évidemment malveillants et il lui avait déconseillé d’avoir un lézard familier tant qu’il n’aurait pas suivi un entraînement spécial. Mais Lordan n’avait pas eu le loisir d’entreprendre ce traitement et il fut donc content d’apprendre que Chilali était une lézarde de feu âgée et d’expérience ; elle devait savoir limiter au maximum ses émissions de feux d’artifices mentaux, ce que les lézards plus jeunes, facétieux de nature, se plaisaient à déclencher si par hasard ils s’apercevaient de l’effet produit sur le malheureux récepteur.

Le sexe, le nom, la couleur et la confiance qu’il lui portait, ce fut tout ce que leur apprit Neithan de positif au sujet du lézard disparu. D’après les recherches du barde, personne ne l’avait vu à Lómëanor. Partie du Vaendark, elle devait le rejoindre et lui délivrer le message d’Asgeir qu’il aurait alors transmis aux autorités du kaerl. Evidemment, tout cela dans le plus grand secret pour garder l’incognito de la double personnalité du barde. Un non lié n’était pas censé fréquenter ce genre de bestiole réservée aux gens de kaerl. Lordan essaya alors de reconstituer la suite normale de ce voyage et le fit de vive voix :

– Voilà comme je vois les choses : au début de l'affaire, l’Asken vous envoie son lézard de feu depuis le Vaendark car il lui faut des renforts. Voilà Chilali partie pour Lómëanor.
La sortie de l’interstice étant interdite en ville pour les raisons habituelles de distorsions possibles de l’espace, elle doit donc vous rejoindre depuis son point de sortie jusqu’à la cité en prenant soin de ne pas montrer où elle va et qui elle rejoint. Elle va donc effectuer un vol en zigzag pour qu’on ne la suive pas, avec des pauses pour brouiller les pistes possibles.
Or, même entr’aperçu brièvement par deux ou trois habitants, le passage en ville d’un lézard de feu - surtout blanc- a eu toutes les chances d’être rapporté lors des bavardages sur le pas des portes ou dans les tavernes. Si personne ne s’en souvenait quand vous avez cherché à vous renseigner, on peut légitimement penser que la messagère n’est pas parvenue à Lómëanor.

Lordan par politesse but un peu du thé refroidi, reposa sa tasse et reprit la parole :

– Je ne crois guère possible un accident sur le court trajet entre son arrivée et la ville. Contre un prédateur, les lézards de feu attaqués s’en tirent le plus souvent en fuyant dans l’interstice, mais elle venait d’en sortir, elle était fatiguée et aurait pu être surprise. Cependant, à portée de la ville, il n’y a pas d’animaux terrestres réellement dangereux et les lézards de feu savent très bien se défendre contre un rapace suffisamment idiot pour les vouloir comme déjeuner.
Resterait la possibilité qu’un quidam l’ait kidnappée juste à son arrivée. Depuis que le continent est devenu plus accessible, il y a de drôles de gens sur Tol Orëa malgré la surveillance étroite des navires autorisés à aborder. Ce serait quand même un hasard trop extraordinaire qu’un individu mal intentionné se trouve juste là au moment où un lézard de feu sort de l’interstice. Les Sans-don fuient plutôt ce genre de situation, de crainte d’avoir des ennuis avec les kaerls et de voir arriver un vrai gros dragon au secours du petit... Mais plus qu'à ces raisons pratiques, je fais totalement confiance à votre sentiment que Chilali est toujours vivante. Vous semblez bien la connaître et je sais que, pour n’être pas de la même nature que le lien avec un dragon, le rapport mental avec un lézard de feu familier peut être très fort.


Lordan s'interrompit pour prendre sa tasse, au cas où le barde aurait voulu commenter ses raisonnements, mais Kendric dut sentir qu’il n’avait pas terminé et attendit la suite. Il poursuivit donc aussitôt, d’autant que ce thé froid n’avait rien de réconfortant :

–De mon point de vue, c’est au Vaendark que Chilali a été empêchée d’accomplir sa mission et ce, parce que quelqu’un a repéré Messire Asgeir et voulu savoir quelles nouvelles il envoyait à son kaerl. Un lié et surtout son dragon peuvent intercepter un lézard de feu par la ruse ou par la force. Dans ce cas, il n’est pas question de la tuer mais d’arriver à lui extorquer son message.
Autre possibilité : Chilali a raté son passage dans l’interstice et a pu se blesser en se rattrapant au dernier moment et s’est retrouvée dans l’incapacité de recommencer. Elle attend donc dans un coin de retrouver ses forces. A moins qu’elle n’ait été capturée par des indigènes qui ne savent pas ce qu’est un lézard de feu mais comme c’est une très jolie créature, ils l’auront gardée comme fétiche ou se proposent de la vendre à un amateur d’exotisme.
Dans ces deux cas, nous devons partir au Vaendark. Que pensez -vous de mes suppositions ? Je n’ai guère qu’un savoir livresque sur les lézards de feu.


Lordan fixa le visage devenu grave de Kendric puis dirigea un regard encourageant vers les deux jeunes filles en ajoutant :

–Et si vous le permettez, je souhaiterais aussi que chacun exprime son avis sur ce qui a pu arriver à Chilali. Comme l’affaire s’oriente, nous formons une équipe de trois Célestes en mission de secours. Chaque opinion doit compter.



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MessagePosté le: Dim 18 Juin 2017 - 14:26 Répondre en citantRevenir en haut

Le barde, qui avait invités les célestes dans sa chambre, leur proposa du thé froid. Ottilia qui n’aimait pas vraiment boire un thé refroidit refusa poliment. Elle ne savait même pas quoi dire à propos du lézard de feu. Pourquoi avait-il disparu ? D’après les dires de Neithan, la lézarde n’avait jamais disparu ainsi. L’aspirante comprit pourquoi il était si inquiet. De plus, comme il l’a si bien dit, la lézarde est blanche. Couleur parfaitement appropriée au camouflage en cette période de l’année en Vaendark. La disparition de la messagère était en effet assez étrange.

Le regard que lançait Neithan aux célestes emplit la torhille de compassion pour le barde. Il semblait beaucoup tenir a la petite lézarde. L’envie de l’aider et de la retrouver se fit bien plus forte qu’avant. Ils avaient une mission et elle ferait tout pour qu’elle se termine sur un succès. Ottilia adressa un sourire confiant au sang-mêlé. Elle adressa quelques prières silencieuses à Flarmya et espérait ainsi que tout allait bien pour la lézarde. Elle fût coupée par Iniaki qui avait l’air de prendre leur mission très à coeur… voir même un peu trop. Si elle n’avait pas transformé son JE en NOUS, la torhille l’aurait sans doute fait à sa place. La fealocë n‘était vraiment pas agréable depuis l’aventure au labyrinthe et l’aspirante ne savait vraiment pas pourquoi. Heureusement, Lordan prit la parole, détournant ainsi l’attention de la torhille.

Lordan exprimait ce qu’il ressentait vis-à-vis de la situation et le petit récapitulatif fut le bienvenu. Si ce que son maître avançait était vrai, ils devraient se rendre en Vaendark. Ottilia ne savait pas grand-chose au sujet des lézards de feu et fit donc confiance aux dires de Lordan. Le maître céleste adressa un regard aux aspirantes et la torhille sentit soudainement ses joues s’empourprer.

« Hum… Je ne connais pas énormément de choses sur les lézards de feu… Mais comme je suis originaire du Vaendark, je pourrais peut-être aider… Mais le climat commence à être un peu rude à cette période de l’année alors je ne sais pas. Vous savez, si Chilali a disparue, elle à peut-être été enlevée par quelqu’un en quêtes d’informations, comme l’a dit Maître Lordan. » Puis, les paroles de Neithan lui revinrent. Un des duelliste qui disputait le trône du kaerl ardent s’est enfui. La torhille fit vite le rapprochement entre les deux évènements, sans vraiment réfléchir. « C’est même très probable, si comme Messire Neithan l’a très bien dit, que les autres kaerls ont des soucis. Peut-être que le duelliste qui disputait le trône et qui s’est enfuit cherche à se vanger et qu’il à enlever la lézarde pour avoir des informations qui pourraient l’avantager. »

Plus Ottilia réfléchissait, plus elle se rendit compte que ce qu’elle avançait ressemblait à des histoires qu’elle avait lu dans des livres et rougit encore plus .

« Vous savez, je dis ça comme ça. Je n’ai comme référence que des livres que j’ai lu lorsque j’étais chez moi en plus de ce que vous dites. Ensuite, ce n’est peut-être pas impossible, mais la chose la moins probable.»
Gênée par la situation et par la très faible probabilité que ce qu'elle dise soit possible, Ottilia chercha d'autres choses à dire. « J'ai encore quelques idées sur d'éventuels prédateurs, peut-être une tempête de neige qui arrive en avance, des bandits complètements dinguent qui voient en la lézarde une bourse pleine de pièces, le piège d'un chasseur ou bien ce que disait maître Lordan. On en revient souvent aux mêmes choses. »





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MessagePosté le: Dim 18 Juin 2017 - 16:47 Répondre en citantRevenir en haut

Le long discours de Lordan sur le sort potentiel de Chilali l'avait profondément ennuyée, car elle ne voyait pas de raison valable d'épiloguer sur des choses pouvant potentiellement être arrivées. Cela avait pour elle l'intérêt psychologique de regretter un pas que l'on venait de commettre : rien du tout donc, à par s'infliger des tracas volontairement. Aussi fut-elle tout sauf quand ravie quand le Maître brun leurs intima de se prêter à l'exercice. Ce qui n'était pas visiblement pas le cas de son Aspirante, qui s'emporta dans un long monologue emplit au moins d'autant de stupidités. Lorsqu'elle eut enfin finit de parler, l'adolescente aux cheveux roux sentit qu'elle devait également dire quelque chose, mais la seule qui franchit ses lèvres fut :

"Ou alors elle est juste morte à cause du froid."

C'est à peine si Iniaki reconnu sa propre voix, tant elle était glaciale et tranchante. La jeune fille devait se contenir pour ne pas faire éclater toute sa rancœur en plein jour. Le petit exposé bien sage de la Torhille avait fait naître en elle une curieuse sensation, jamais éprouvée auparavant. Cela ressemblait beaucoup à ce qu'elle ressentait plus jeune quand elle voyait ses frères sortir librement tandis qu'elle était désespérément confinée au même endroit. Pourtant, la situation n'était en rien identique, alors pourquoi ressentirait-elle cela maintenant ?

*Oh, ça, pour faire la lèche-bottes devant tes supérieurs, tu es très douée. Mais quand il s'agit de tes prétendus amis, y'a plus personne. Sale morue.*

Fronçant son nez constellé de tâches de rousseurs d'un air revêche, la rouquine posa son coude sur la table puis vint installer son petit menton dans la paume de sa main, tournant son visage de manière à ne pas croiser les regards qui devaient se faire réprobateurs.
Après quelques instants de silence contrarié, elle ravala la fierté mal placée qui bouillonnait avec vigueur dans sa petite poitrine, puis se retourna vers Lordan, soutenant le regard d'un bleu saisissant.

"Avec tout le respect que je vous dois, Maître Ventaren, je trouve inutile d'élaborer des théories farfe... peu probables. Autant aller vérifier sur place."

La Fëalocë constata avec soulagement que le timbre de sa voix était revenu à la normale. Elle l'avait peut-être vexé, mais au moins connaissait-il maintenant le fond de sa pensée et ne lui demanderait plus son avis sur ce genre de choses à l'avenir. Laissant promener son doigt fin dans les rayures de la table en bois, l'adolescente se pris à espérer que son comportement lui vaille un retour sans préavis vers le kaerl. Elle se sentait en trop dans cette équipe, il était évident que Lordan aurait préféré être seul avec son Aspirante, et qu'il ne la portait pas vraiment dans son coeur. Elle se reprit rapidement cependant.

*C'est une chance inespérée, cette mission... Va pas la gâcher...*
s'intima t-elle vaillamment, retrouvant un peu de courage pour affronter les événements à venir.




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MessagePosté le: Lun 19 Juin 2017 - 20:23 Répondre en citantRevenir en haut


Neithan Kendric


Neithan n’était guère enthousiasmé par ce qu’il entendait. Il connaissait la valeur de la vérité, savait que de telles suggestions n’étaient pas aussi farfelues qu’il aurait voulu qu’elles soient… Tous les éléments devaient pris en compte. Y compris les pires.

Il plaçait sa confiance dans les intuitions de Maître Ventaren presqu’autant que dans les siennes. Il le connaissait surtout de réputation et il s’agissait d’un jeune Maître Bronze respectable. Tout pour plaire à la cité des cieux qui reformait peu à peu sa puissance d’antan. Chacune des suggestions du jeune homme trouvait un écho favorable – bien qu’anxieux – dans l’esprit de l’espion. Neithan n’aimait pas l’idée qu’il soit arrivé du mal à ses petits compagnons ailés. Même s’il avait reçu l’entraînement nécessaire à faire passer ses sentiments au second plan, à verrouiller son cœur pour mieux agir avec sang-froid et raison, il était inutile de se mentir. Il aimait les lézards de feu et s’y était irrévocablement attaché, en dépit du bon sens.
Il acquiesça silencieusement aux paroles de Lordan avant de reporter son attention sur les deux Aspirantes mises à contribution. Il écouta avec tout autant d’attention – quoique davantage de méfiance – les réflexions de la dénommée Ottilia. Elle allait vite en conclusions mais il ne pouvait pas lui en vouloir.
Lorsque ce fut le tour d’Iniaki, il se raidit. Ses premiers mots étaient les pires, ceux qu’il craignait par-dessus tout – pour le succès de l’expédition comme pour la vie de la lézarde. Il aurait voulu hurler que Chilali était vivante et qu’on pouvait la sauver mais il en était incapable. Son expression se durcit imperceptiblement. Même s’il aurait espéré que la jeune fille fasse preuve d’un peu plus de délicatesse, de cela non plus il ne pouvait pas vraiment lui porter rancune. Chilali pouvait très bien être morte. Il ne servait à rien de se leurrer là-dessus.

La tension augmentait dans la pièce, sans que le sang-mêlé n’en comprenne les raisons. Son regard passait rapidement des deux adolescentes à leur tuteur avec une pointe de perplexité. Il régnait une tension particulière, sous-jacente et sans doute plus vieille, qui n’avait ici rien à voir avec la mission. Ce qui n’arrangeait guère ses affaires. Neithan fronça les sourcils et se redressa. Posant sa tasse de thé vide sur le sol, il se posta devant le trio en réendossant aussitôt son rôle de Phénix. Il laissait ses sentiments aux dieux. La mission passait avant tout.

- Je sens bien que quelque chose vous tracasse, toutes les deux. Je vous demanderais de mettre de côtés vos querelles pour cette mission. C’est beaucoup plus important que vous ne l’imaginez. Être au service du Màr Menel implique parfois de faire ce qui est nécessaire, en mettant de côté vos sentiments. C’est une leçon capitale.

Son regard perçant fixa le jeune humain et, bien que son expression demeurât sérieuse, il se glissa dans son ton un soupçon de taquinerie destinée à détendre l’atmosphère.

- Maître Ventaren, je ne peux pas croire qu’Asgeir vous ait choisi sans prendre en compte vos talents respectifs ni sans être convaincu que vous puissiez travailler tous les trois en équipe. Vous allez devoir vous faire confiance et travailler ensemble ! Et je crois…

Neithan fut interrompu par un fracas assourdissant contre la lucarne. Un amas d’écailles, d’ailes et de griffes frappa la vitre jusqu’à ce que celle-ci se brise. Deux lézards de feu firent irruption dans la pièce, voletant furieusement en tous sens. Le plus petit des deux arborait une couleur bleue soutenue. Il était si rapide qu’il louvoyait entre les meubles et les personnes en ne laissant dans son sillage que l’image d’une flèche azurée. Le plus gros avait un vol plus lourd et masquait à peine sa puissance. Plus voyant encore : ses écailles d’or faisaient paraître fade tout ce qui existait de brillant dans cette pièce.

Aussitôt – car rompu au combat -, le sang-mêlé bondit en avant pour essayer d’attraper la lézarde bleue. Trop rapide, la créature lui échappa mais un faux mouvement dans sa trajectoire erratique la fit percuter un mur puis la précipita dans les bras d’une des deux jeunes filles. La Dorée voulut la poursuivre, toutes serres dehors mais elle fut arrêtée dans son élan par Neithan qui se dressa devant elle, les bras écartés. La petite reine feula puis finit par se poser sur l’épaule de la seconde adolescente. Le calme revint peu à peu dans la chambre – si l’on exceptait les sifflements rageurs des deux lézards qui se défiaient du regard.

- Du calme, Hirleth. Du calme…

Neithan approcha une main prudente de la tête cornue de la reine. Celle-ci montra les crocs. Elle balaya les esprits de Lordan Ventaren et de la fille sur laquelle elle était posée – ne faisant pas confiance à celle qui tenait son adversaire -, leur montrant des images d’une lézarde blanche et d’un Kaerl volant, puis d’une dispute entre la Bleue et elle. Le Phénix renonça à la caresser. Le sang-mêlé ne réussissait pas à masquer son inquiétude.

- C’est la mère de Chilali et la doyenne de nos messagers. Cela fait longtemps maintenant qu’elle n’est plus dans le service actif, expliqua-t-il aux autres. Je ne comprends pas… Elle ne sort quasiment jamais du Kaerl. Quant à celle-ci…

Il tourna son regard vers la Bleue qui cracha dans sa direction en roulant des yeux rouges de fureur. Paniquée, la lézarde envoya son esprit à la rencontre de la fille qui la tenait. Apparurent alors les images affolées d’un homme inconnu, probablement un marchand de Lòmëanor, qui prenait soin d’elle, essayant de faire comprendre qu’elle voulait être rendue à son propriétaire. Puis vint l’image parasite d’un grand Bronze dans la force de l’âge, au dos rougeoyant et qui portait encore quelques cristaux de glace piégés entre ses écailles. Pire encore : le dragon tenait serrée entre ses mâchoires une petite chose blanche qui gigotait… Avant que ce dernier ne disparaisse dans l’Interstice. Puis la lézarde bleue se calma et le flot d’images se tarit.


Je laisse à votre choix, Iniaki et Ottilia, laquelle d’entre vous tient la Bleue et qui a la Dorée posée sur son épaule ^^
La chasse est ouverte ! Tous les indices sont à votre disposition. Il vous suffit de vous procurer une carte du Vaendark et de suivre les indications que Neithan (et Asgeir un peu plus tôt) vous donnera pour retracer le voyage jusqu’au lieu de l’expédition. Et trouver le Bronze coupable ! Bon voyage en Vaendark héhéhé



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MessagePosté le: Mer 5 Juil 2017 - 09:59 Répondre en citantRevenir en haut

Invitées à donner leur avis, les deux jeunes filles avaient réagi sur des modes que Lordan jugea sans surprise bien différents.
Ottilia gardait encore une certaine timidité de comportement – elle rougissait toujours aussi facilement quand on lui adressait la parole- mais cette émotivité ne l’empêchait pas de montrer qu’elle n’était pas fille à se contenter d’obéir et d’opiner docilement. Comme toujours dans leurs sorties, elle semblait bien décidée à remplir avec sérieux le rôle que le kaerl lui avait attribué et elle rappela avec à propos qu’elle était originaire du Vaendark ce qui pouvait s’avérer utile dans leur mission. Elle venait certes d’Asinien, au sud du continent, cité-royaume active entre cultures de céréales et forêts giboyeuses, bien loin des déserts de glace infranchissables et des régions encore inexplorées évoquées par Messire Asgeir. Néanmoins, il restait l’unité d’un climat froid, avec des hivers de neige, longs et rigoureux. Ce climat avait forgé le caractère souvent rude et toujours résistant de populations partageant un même sens de la solidarité et de l’honneur du clan, idéaux qu’il fallait garder sans faiblir pour ne pas disparaître face à une nature impitoyable. Dans cette optique, Ottilia pourrait certainement faciliter les contacts et partager sa connaissance pratique de certains usages. On disait les hommes du Nord volontiers méfiants des étrangers et prestes à brandir hache ou grande épée. Si la langue commune était pratiquée du moins dans les grandes villes, Ottilia pourrait inspirer confiance en parlant le dialecte de sa région.
L’aspirante confirma d’ailleurs l’opinion qu’en avait son maître quand elle fit – bien sûr tout en rougissant...- une synthèse tout à fait valable entre une des causes possibles de la disparition de Chilali et une information venue du barde sur la situation possiblement instable entre kaerls. Selon Ottilia, cette disparition pouvait avoir un lien avec les tensions politiques, ce qui n’avait rien d’extravagant compte tenu de l’espionnage interkaerl toujours actif et du rôle important de l’Arken. Asgeir avait d’ailleurs pris grand soin de dissimuler sa mission et sa découverte. Lordan eut donc un petit hochement approbateur au discours de son aspirante, lequel montrait qu’elle réfléchissait plus loin que le bout de son joli nez et cela sans vantardise ni désir de se mettre en avant.

Il en fut différemment d’Iniaki qui sembla impatientée par ces échanges de suppositions et se borna à une phrase dont la sèche brutalité semblait ne tenir aucun compte de l'intuition exprimée par Neithan Kendric : Chilali était encore vivante.
Lordan aurait pu rétorquer que si les Lézards de feu ne supportaient pas le froid au point d’en mourir sans autre cause, Asgeir n’en aurait évidemment pas utilisé comme messager en Vaendark. Si elle était morte de froid, ce ne pouvait être qu’en raison de circonstances exceptionnelles - volontaires ou non- qui devaient absolument être éclaircies. Il était normal de sérier les possibilités pour orienter l’enquête.
Mais Lordan ne dit rien, Iniaki se comportant comme une élève boudeuse et renfrognée, cherchant à se venger d’un cours jugé inintéressant en décrétant que tout cela n’en valait pas la peine. Cette comparaison qui lui vint à l’esprit empêcha aussi Lordan de se sentir vexé par la dernière remarque de la jeune fille dont l’agressivité insolente le surprit plus qu’elle le mécontenta. Il se contenta de lever les sourcils avec un étonnement presque amusé devant l’aplomb de cette gamine qui soulageait sa nervosité en fuyant les regards et en gratouillant les rayures du dessus de table. Si la jeune aspirante n’avait pas encore saisi que la réflexion et la concertation sont nécessaires à toute mission d’importance, ce serait aux faits de le lui prouver. En attendant, il fallait espérer un peu plus d’esprit d’équipe et de coopération de la part de cette aspirante qui paraissait si peu motivée.

Il regrettait maintenant de n’avoir pas plus interrogé Ottilia quand il avait été l’extraire du Labyrinthe où elle était entrée de façon apparemment fortuite et en compagnie justement d’Iniaki. Mais elle était en si piteux état, blessée, épuisée et désemparée, qu’il avait remis à plus tard cette conversation. Ottilia remise sur pied ( plaisanterie facile vu qu’elle s’était fait une belle entorse) il avait jugé bon de ne pas se mêler d’une situation dont il n’était pas responsable et surtout, qui concernait aussi l’aspirante d’un autre maître. Si Elvira ignorait l’aventure, il aurait l’air d’un délateur. Elle ne laisserait peut-être pas l’affaire sans suite. Il risquait d’attirer sur les deux amies les foudres des Censeurs, chargés au Kaerl de concilier liberté et discipline dans le respect des traditions. S’il jugeait Ottilia capable de tirer elle-même les leçons de l’aventure, Lordan avait quand même voulu se renseigner un peu sur Iniaki. Elle était native de Tramaghel en Orën, cité qu’il connaissait bien et où les règles d’une société très structurée brimaient quelque peu les initiatives individuelles, en particulier celles des filles de la" bonne société". Pour peu qu’elle ait été naturellement d’esprit indépendant et, comme bien des Doués, travaillée inconsciemment par les forces cachées qui sommeillaient en elle, Iniaki pouvait avoir développé un certain degré d’opposition systématique. En plus, petite et frêle d’aspect, on pouvait facilement, alors qu’elle avait quitté l’enfance, la traiter encore comme une mignonne petite poupée même si, selon le commentaire d’Elvira, l’aspirante débordait d’énergie et du désir de s’affirmer. Pour l’instant, elle semblait mal à l’aise,vaguement hostile à ses partenaires, peu soucieuse de s’investir dans la mission commune. Mais le maître bronze jugea qu’il ne fallait pas juger trop hâtivement de ce qu’il pouvait attendre de son équipe tant qu’il n’en saurait pas plus sur les rapports entre les filles.

Sans rien montrer de ses réactions, Lordan se contenta donc de se tourner vers Neithan qui malgré la retenue de son comportement lui parut aussi quelque peu crispé face à l’attitude de la Fëlaocë. Il avait froncé les sourcils - alors que Lordan s’était contenté de lever les siens - devant la mauvaise volonté affichée par Iniaki et il aborda sans détour la question du désaccord qui semblait désorganiser le trio. Comme il allait répondre qu’il partageait l’opinion de Messire Kendric, qu’il ne voyait aucune raison que l’on traîne en mission des désaccords privés et qu’il avait toute confiance dans le choix de Messire Asgeir- se produisit alors l’arrivée fracassante de deux projectiles ailés d’azur et d’or. Lordan esquiva d’instinct tant bien que mal les débris de verre tombés de la lucarne avant de se rendre compte de la nature des arrivants..
Il fut pendant quelques secondes dans l’incapacité de raisonner clairement. Il savait que ces très lointains cousins des grands dragons de Tol, pouvaient être fantasques, malicieux et qu’il fallait se méfier de ceux qui étaient encore sauvages. Mais il n’avait jamais encore entendu parler d’une attaque de mini-sauriens ! Neithan avait déjà réagi que Lordan en était encore à se demander s’il fallait sortir sa dague pour éloigner les intruses et surtout comment se protéger des flots d’images que ces bestioles déversaient dans les esprits réceptifs.

Mais déjà, elles avaient cessé leur vol tournoyant en se choisissant un perchoir : la bleue dans les bras d’Ottilia, la dorée sur l’épaule d’Iniaki. Malgré le sang-froid du barde et ses tentatives d’apaisement qui montraient son expérience en matière de lézard de feu, elles demeuraient agressives, hérissées de colère et Lordan reçut de plein fouet un tourbillon mental de visions croisées, lui posant autant d’énigmes qu’elles créaient d'images. Il crut reconnaître le Mar Menel dérivant dans le ciel, un homme vêtu en marchand, un dragon Bronze de grande taille dont le dos scintillait de givre et qui disparut brusquement. Tenait-il comme une proie quelque chose de blanc entre ses crocs ? Cela n’avait guère de cohérence, même si l’idée de Chilali emportée dans l’interstice lui vint aussitôt à l’esprit.
Neithan avait identifié la dorée comme la reine Hirleth, mère de Chilali. Loradan qui comptait sur de plus amples explications fut déçu quand le barde avoua qu’il ne comprenait pas sa présence. Lordan espéra donc que les lézardes calmées se montrent désormais plus explicites, que l’on sache le rôle de la petite bleue, le pourquoi de la dispute, s’il ne se trompait pas en interprétant le dragon givré comme capturant la pauvre Chilali au Vaendark. Neithan et ses compagnes avaient peut-être reçu davantage d’informations que lui, si on pouvait appeler informations ces bribes d’images tourbillonnant dans son esprit comme les deux lézardes à leur entrée tumultueuse dans la pièce.



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MessagePosté le: Jeu 17 Aoû 2017 - 13:07 Répondre en citantRevenir en haut

Les mots d’Iniaki firent à Ottilia, l’effet d’un coup de poing. Comment pouvait-elle prononcer de pareils mots sur un ton aussi sec ? Que se passait-i dans l’esprit de la fealocë depuis leur dernière rencontre ? Elle avait beaucoup changé, était froide, distante, sèche… Rien à voir avec celle que la torhille avait rencontré lors de leur corvée de vaisselle. On dirait que la rousse lui en voulait et qu’elle était devenue jalouse.

*Bon sang, mais à quoi elle joue ? Qu’est-ce que je lui ai fait pour qu’elle me traite comme ça ? Encore une de ces filles qu’il ne faut surtout pas contrarier. Qu’est-ce que ça m’énerve !*

Ottilia croisa les bras et tourna la tête pour ne pas croiser le regard de sa camarade aspirante. Elle sentait que la colère commençait à prendre du terrain et que ce n’était pas bon du tout. La dernière fois qu’elle avait été poussée à bout, elle avait envoyé une hache dans le dos d’un bandit. C’était certes radical, mais il l’avait bien cherché. La torhille inspira longuement pour faire retomber la colère, mais ne daigna pas regarder Iniaki lorsqu’elle prit la parole. La rouquine avait décider de se mettre l’aspirante sur le dos, tant pis pour elle. C’est à ce moment que Neithan décida d’intervenir. Il demanda aux deux aspirantes de mettre leurs sentiments et leur querelles de côtés. Ottilia voulut donc mettre les choses au clair, du moins, elle essaya.

« Messire Kendric, si je peux me permettre, ce n’est pas ma faute si quelque chose tracasse Iniaki. Je ne sais pas pourquoi elle m’en veux. Depuis qu’on est parti elle n’arrête pas de me faire la tête et c’est franchement énervant. J’essaye de ne pas y faire attention, mais c’est compliqué quand on entend des paroles aussi dures prononcées aussi sèchement et que depuis le début on arrive pas à avoir de conversation normale... »

Soudainement, deux lézards de feu déboulèrent dans la salle. La bleue se faufilait partout jusqu’à ce que Neithan tente de l’arrêter. La lézarde, trop rapide, lui échappa et arriva dans les bras d’Ottilia. L’aspirante resserra ses bras autour de la bleue et essaya de la calmer avec des petites caresses sur le dos. La reine voulu s’en prendre à à a bleue, mais heureusement, Neithan l’arrêta avant qu’elle ne parte à l’attaque et alla finalement se poser sur l’épaule d’Iniaki.

La petite bleue était toujours furieuse et en colère. La lézarde communiqua avec Ottilia en lui envoyant des images. Un marchand qui s’occupait de la lézarde et… Un grand Bronze qui avait déjà un certain âge. Un détail marqua l’esprit de la Torhille. Il avait des cristaux de glace entre le écailles. Puis un éclat blanc dans sa gueule. Une petite chose blanche qui gigotait entre les mâchoires du bronze. Le dragon disparut ensuite dans l’interstice et le flot d’images s’arrêta.

*Pourquoi me montrer ça ? C’est un dragon qui à enlever la petite blanche ? Un grand bronze ? Je ferais mieux d’en parler. *

Ottilia resserra ses bras autour de la bleue qui s’était enfin calmer. Elle remit les images en ordres, ainsi que ses pensées, afin de mieux expliquer ce qu’elle venait de voir. Lorsqu’elle était sûre d’elle, l’aspirante s’exprima d’une voix tremblante.

« La lézarde, elle m’a montrer quelque chose. Je crois qu’elle veux retrouver son propriétaire, un marchand. Mais elle m’a aussi montrer un grand Bronze au dos rougeoyant qui as un certain âge. Aussi, il avait de cristaux de glace coincés entre les écailles et une petite créature blanche qui gigotait dans sa mâchoire. Il a disparût dans l’Interstice puis les images se sont arrêtées… ça voudrait dire quoi ? Qu’il faut chercher en Vaendark ? Qu’on doit trouver un Bronze certainement plus âgé que Hanelvig et qui aurait enlever la Lézarde ? »

Ottilia restait perplexe quant à la vision et à la place de s’expliquer, elle avait envoyer tout un flot de question avec un voix tremblante qui montrait bien qu’elle était peu sûre d’elle. Autant pour s’exprimer sur l’attitude d’Iniaki, elle n’avait pas de problèmes, mais pour cette histoire dragon, rien n’allait. Pourquoi fallait-il toujours qu’elle soit si peu sûre d’elle ? La torhille se promit qu’elle ferait tout pour s’améliorer de ce côté là, en attendant la réponse de son maître ou de Neithan.





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Iniaki Morrigane
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MessagePosté le: Ven 18 Aoû 2017 - 14:18 Répondre en citantRevenir en haut



Les yeux d’Iniaki brillaient de fureur et elle dut faire appel au peu de patience qu’il lui restait pour ne pas couper Ottilia dans son monologue. Une fois que celle-ci eut finit, c’est d’un timbre plus grinçant qu’elle ne l’aurait souhaité qu’elle s’exprima :

« Alors, comme ça, rien n’est de la faute de Mademoiselle Parfaite mais tout est de la faute de la méchante Iniaki ? »


Derrière le voile de la colère, une note de détresse perçait cependant dans sa voix, signe du combat intérieur auquel se livrait la jeune fille. Une part d’elle lui intimait d’arrêter de suite sa tirade, qui risquait de devenir venimeuse. « Il n’est pas trop tard » lui murmurait-elle, suppliante. Elle risquait, après tout, de perdre à jamais l’amitié de la seule personne qui ne lui en avait jamais accordé, sans être liée à elle par des liens de devoir ou de sang. Le souvenir de sa solitude d’antan lui revint en esprit, mordant comme une brise d’hiver.
Mais pouvait-elle décemment qualifier d’amie quelqu’un qui l’avait abandonnée sans une once visible de remords ? Fallait-il qu’elle taise sa douleur, dans le seul but de ne pas rester seule ? Une ombre d’amitié basée sur des mensonges valait-elle mieux que la solitude ?
Non, se dit-elle finalement. Elle était dans son bon droit d’agir de la sorte et préférait vivre une vivre intègre que faussement plaisante. Et puis, de toute façon, elle était déjà allée trop loin de par son comportement : nulle subite machine arrière n’aurait été crédible.
Comme pour reconstituer ses réserves taries de courage, elle prit une grande inspiration avant de continuer sur sa lancée :

« Toi, toi, toi. Il n’y a que toi qui compte, hein ? Tu devrais compter le nombre de fois où tu parles de toi-même dans une phrase, c’est assez significatif. Ton égoïsme est tel que tu n’as même pas daigné partir à ma recherche une fois sauvée du Labyrinthe ! J’aurais très bien pu être morte, ou disparue à jamais, mais non ! Tu n’en avais rien à faire, hein ? Seule compte la vie de la Très Précieuse Ottilia Théandore ! Alors que je m’escrimais comme une idiote à essayer de te retrouver ! Je ne veux plus compter une personne aussi abjecte que toi parmi mes fréquentations. »

Cette dernière phrase, prononcée d’un ton ferme et sans appel qui l’étonna elle-même, eut l’effet d’un caillou lancé dans une mare. Ces vibrations atteignirent douloureusement Iniaki en plein cœur. Ça y est, cela était fait. Un profond soulagement entremêlé de tristesse la saisit soudainement et il lui sembla être délestée d’un poids trop grand pour ses frêles épaules. Il n’y avait aucun moyen qu’Ottilia prenne bien cette remarque. Mais au moins, la vérité (du moins, sa vérité), avait émergé et son esprit n’aurait plus à subir les vigoureux débats qu’elle s’infligeait sans relâche depuis l’accident. Ses articulations blanchies par la crispation se détendirent et elle pris brusquement conscience du fait qu’elle s’était enfoncée les ongles jusqu’au sang dans la paume.

*Je peux résister à la solitude. Je l’ai déjà fait. * se dit la rouquine avec plus d’assurance qu’elle n’en possédait réellement, tout en contemplant d’un regard éteint les plaies qu’elle s’était elle-même infligée.
Elle tenta de repousser cette partie d’elle-même qui ne désirait actuellement plus que de pouvoir se rouler en boule dans un coin de l’auberge afin de verser toutes les larmes de son corps mais n’y parvint qu’à moitié, car déjà, sa vision se brouillait de larmes.

Un bruit de verre brisé vint à point nommé la tirer de cette situation inconfortable et Iniaki eut à peine le temps d’essuyer ses larmes d’un revers de manche qu’une petite lézarde de feu d’un bleu profond fonçait tel un boulet de canon entre les mains d’Ottilia. Pendant ce temps, une de ses congénères dorée, la plus grosse représentante de cette espèce qu’il lui avait été donné de voir, vint se poser sur son épaule avec un peu plus de douceur. Elle n’avait guère eu le temps d’analyser cette impromptue situation était restée plantée là, béate et figée comme un poteau, ses yeux verts agrandis sous l’effet de la surprise. Les deux hommes avaient quant à eux réagis avec bien plus de sang-froid et de célérité et Ottilia n’était pas en reste car elle avait réussi à attraper la lézarde Bleue là où Neithan lui-même avait échoué. Agacée par sa propre inutilité, la jeune fille se renfrogna un peu si cela était possible et concentra son attention sur la messagère qui avait élu domicile sur son épaule droite.

Comme c’était là le mode habituel de communication de ces petits sauriens, la Reine lui transmit des images qu’elle tenta tant bien que mal de décrypter, les sourcils froncés par cet effort intellectuel. Le kaerl apparut dans son esprit, suivit d’une lézarde blanche et d’une violente prise de bec (enfin ici de museau) entre les deux nouvelles protagonistes.
Iniaki leva un sourcil interrogateur. Une dispute ? Etait-il dans l’habitude des Lézards de feu de provoquer un tel remue-ménage pour une telle broutille ? Cela l’étonnait car Kerkys, bien que dépassant largement les bornes en matière de noisettes, ne lui avait pas semblé si insensé. La Torhille avait quant à elle trouvé des informations bien plus utiles, au grand dam de l’autre Aspirante.
Il s’agissait donc bien d’un enlèvement, et par un Dragon qui plus est ! Mais pourquoi un Dragon s’en prendrait-il à une Lézarde de feu ? Pas pour la manger, non, si ses fastidieuses études livresques lui avaient servies à une chose, c’était au moins à bien connaître le régime alimentaire de ces créatures. Sachant que qui disait Dragon disait très probablement cavalier, une seule solution lui crédible lui vint à l’esprit.

*C’est sûrement le coup d’un autre kaerl.*


N’ayant qu’une vague conscience de la terrible guerre qui avait ravagé Tol Orëa seulement quelques mois avant son arrivée, elle ne comprit pas bien la terrible portée d’une telle affirmation. Elle ignorait qu’un tel acte pouvait très bien constituer la fin de cette paix fragile régnant désormais entre les trois Màr. Gratouillant distraitement la tête cornue de la Reine, elle se fit la réflexion que s’il existait bien un kaerl qui pouvait faire autant de crasses gratuites au kaerl céleste, c’était bien l’ardent. Oh, elle n’avait jamais croisé de membre de ce groupe de ses yeux vu, mais elle en avait entendu, des histoires à lui faire hérisser les cheveux sur la nuque ! Aux dires des Aspirants plus âgés, ils étaient monstrueux et assoiffés de sang. Cerwin, grand humain également originaire d’Orën, lui avait même raconté qu’ils étaient dotés de monstrueuses cornes et d’autres difformités peu engageantes. Bon, elle avait un peu de mal à le croire sur ce point car il lui semblait assez peu vraisemblable que la simple appartenance à un Màr fasse naître de telles particularités. Quoique, peut-être que la situation géographique pouvait provoquer de tels événements ? Non enfin, c’était stupide, il ne lui avait pas poussé des ailes car elle avait élu domicile sur un kaerl flottant !

Réalisant que ses pensées avaient une fois de plus échappé à son contrôle, la jeune fille se ressaisit pour planter ses verdoyantes iris dans le regard bleu de Lordan. Qu’allait-il bien pouvoir proposer ? De partir au Vaendark via l’interstice ? La Fëalocë frissonna rien qu’à l’émission de cette idée. Déjà qu’elle trouvait le froid quasi intenable sur Tol Orëa, alors au Vaendark ? Mais elle allait se transformer en glaçon, parole !




Merci à Heryn pour la signature ! ~ Carnet de route ~
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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Ven 29 Sep 2017 - 09:57 Répondre en citantRevenir en haut

Après l’échange entre les deux aspirantes et l’irruption des lézardes, Lordan n’avait plus qu’une envie : quitter Lómëanor pour Vaendark afin d’y éclaircir le mystère de la messagère disparue. Et si on n’y arrivait pas, tout au moins, on pourrait y collecter des observations utiles pour que la découverte de l’Asken Asgeir ne soit pas remisée sous la pile des dossiers en attente.
Tous étaient d’accord là-dessus : un ancien kaerl retrouvé pouvait tout à fait devenir une source de conflits déclarés dans les relations inter kaerls. Quels savoirs oubliés pouvaient dormir sous les glaces ? Souvent Lordan avait médité sur le vieil adage du Livre Ecclésiastique : "Celui qui augmente sa science augmente sa douleur." et, s’il jugeait ce constat vérifié en ce qui concernait la conscience individuelle, il pensait aussi que l’on pouvait dire avec autant de justesse : " Celui qui augmente sa science augmente son pouvoir". Il ne manquerait pas l’occasion de participer à la défense des droits de son kaerl même si son équipe ne jouait qu’un rôle d’éclaireur.

Mais il fallait d’abord avoir une équipe digne de ce nom et il avait pour la première fois de sa vie très envie d’agir en chef, certes obéissant aux ordres de l’Asken mais responsable de la part à lui confiée. L’inimitié entre les deux filles n'avait rien à faire dans cette situation. Elles se réconcilieraient peut-être mais ce qui comptait, c’était qu’elles comprennent, comme l’avait fort bien dit Nethan Kendric, qu’elles devaient agir non en pensant à résoudre leurs problèmes mais à contribuer au succès de la mission. Elles étaient là, comme lui, pour servir le Màr Menel auquel elles avaient choisi librement d’appartenir.
Aussi quand Ottilia avait tenté de s’expliquer sur son embarras face à la conduite d’Iniaki, Lordan pensa-t-il d’abord à l’interrompre. Elle prenait à témoin un interlocuteur qui n’avait que faire de querelles puériles et qui d’ailleurs le lui avait signifié sans fioritures. Messire Kendric ne leur demandait pas de s'expliquer mais seulement de faire taire leurs dissensions. L’attitude d’Iniaki en réponse avait achevé de consterner le maître bronze, abasourdi par ce déballage d’une vanité blessée réagissant par l’insulte, la colère et l’ironie agressive à ce qui n’était sans doute qu’un malentendu. Ottilia avait eu au moins le mérite d’être restée calme et mesurée dans ses propos, même si ce n’était pas le lieu pour les tenir. Cependant le jeune maître s’était tu, se sentant coupable d’avoir ainsi laissé dériver la situation et indécis quant à la conduite à prendre. Ne rendrait-il pas la situation intenable s’il réprimandait sèchement devant le Phenix, guerrier du kaerl aussi respecté qu’un chevalier-dragon, celles qui avaient été désignées pour le suivre?

Avant qu’il ait eu le temps de se décider, la tumultueuse arrivée des deux lézardes provoqua un tel effet de surprise que la querelle des aspirantes passa à la trappe, la préoccupation de tous devenant cette double question : Que signifiait l’entrée en catastrophe de ces deux lézardes, y avait-il un rapport avec l’objectif de la mission ?
Si c’était par hasard qu’elles débarquaient ici, ou parce qu’elles étaient liées à un autre souci du barde, spécialiste apparemment des rapports avec ces créatures, leur querelle devrait se résoudre ailleurs ou plus tard. Comme la dispute entre les aspirantes. La mission n’avait rien à voir avec des rivalités de femelles piaillantes et de filles hargneuses.
Si au contraire comme il le soupçonnait à cause de l’image d’une lézarde blanche, cette arrivée avait un lien avec la réunion, il fallait rapidement démêler ce qu’elles avaient à transmettre. C’était des messagères, oui ou non ?
Lordan ne faisait que peu confiance à ce qu’il avait perçu, d’un côté trop submergé par le flot anarchique des visions et de l’autre bloqué par les barrières que Maître Nalesean avait dressées en lui pour le protéger de sa trop grande perméabilité aux tentatives d’intrusion mentale. Il aurait sans doute mieux saisi la signification d’un message lancé par un lézard de feu calme et détendu mais l’excitation de ces deux-là le remplissait de confusion. Il commençait déjà à sentir la migraine lui serrer les tempes et des images incohérentes, comme dans un rêve interrompu, lui occupaient encore l’esprit. Décidément, il n’aimait pas la proximité de ces créatures aussi gracieuses soient-elles et même si beaucoup s’en faisaient des compagnons familiers.
Kendric -qui au contraire leur semblait très attaché- en avait identifié une comme faisant partie du Màr Menel. Lordan avait espéré plus d’éclaircissements et le " Je n’y comprends rien" l’avait déçu même si la compétence de l'agent secret n’était pas à mettre en doute. Il fallait faire le point et prendre une décision.

Ottilia avait aussi perçu une scène d’attaque de lézarde blanche par un dragon bronze et cela dans un contexte de grand froid. C’était là un indice important et, hochant la tête en l’écoutant, il montra qu’il partageait ces impressions. Iniaki ne s’exprima pas sur ce qu"elle avait capté. Elle avait fort bien réagi en supportant l’atterrissage de la reine sur son épaule sans s’affoler, malgré le poids du saurien particulièrement développé. En voyant la toute menue adolescente, encore tendue par la véhémence manifestée face à Ottilia, se tourner vers lui sans mot dire, Lordan oublia son mécontentement. Pouvait-il exiger de cette si jeune fille un comportement d’adulte? N’était-il pas bien cruel qu’on fût obligé d’écourter leur enfance en jetant si tôt garçons et filles dans les dures réalités d’un monde violent et sans merci ? Il faudrait réconcilier les deux amies ou tout au moins amener chacune à voir en l’autre une compagne de mission sur qui elle pourrait compter. Elles avaient besoin l’une de l’autre pour avancer dans la vie difficile que leur imposaient les choix des aînés. Lordan se sentit, sinon vieux, du moins alourdi par les expériences vécues. Mais l’heure n’était pas aux attendrissemnts. Il répondit au regard d’Iniaki par un bref petit sourire qu’il espéra apaisant et s’adressa à Neithan :

- J’ai perçu, comme sans doute vous tous, l’image d’un dragon Bronze emportant une lézarde blanche et ceci dans un contexte de climat probablement vaendarkien. Pour le marchand, je ne vois pas ce qu’il signifie. Je n’en ai eu qu’une vague apparence et cette impression est chez moi si floue que je ne peux dire s’il appartient à une nation plutôt qu’à une autre ni quelles sont ses relations avec l’une ou l’autre des lézardes. En plus, je n’ai aucune idée de ce que signifie la querelle entre elles. Je suis très mauvais récepteur des messages de ce type, sauf s’ils sont simples,bien ciblés sur moi et transmis par un lézard de feu.... comment dire ?...patient et conciliant.

Lordan évita de regarder vers les deux lézardes et poursuivit :

- Peut-on essayer, en particulier vous, Messire Kendric, qui avez l’expérience de ces messagers, d’en savoir un peu plus en ce qui concerne le marchand, la dispute, le rapport avec nous, s’il yen a un et surtout, s’il existe une indication plus précise du lieu où se passe cet enlèvement de la petite blanche, certainement Chilali. Car pour moi, comme pour Ottilia, il s’agit bien d’un enlèvement. Si le dragon voulait la dévorer, il l’aurait rôtie au préalable, selon le régime draconien, et s’il voulait la tuer, il ne l’aurait pas mis entre ses crocs... mais dessous ! Ottilia l’a vu gigoter donc elle était bien vivante. Iniaki portant la reine, peut-être a-t-elle ressenti d’autres détails de cet envoi désordonné d’images ?

Il espérait qu’Iniaki sortirait de son silence. Après tout la reine semblait satisfaite de l’avoir prise comme perchoir. Il reprit donc :

-Maintenant, le problème est que le Bronze a disparu dans l’interstice. On peut penser qu’il n'est plus en Vaendark mais retourné dans son kaerl. On pourra peut-être identifier duquel il s’agit mais ce sera bien long en l’absence d’autres indices. Aussi, je proposerai de partir tout de suite à l’endroit d’où Maître Asgeir a envoyé Chilali pour vous prévenir, messire Kendric. Elle n’a pas eu le temps de prendre l’Interstice puisque c’est le dragon qui l’a fait après l’avoir capturée, l’empêchant ainsi de vous rejoindre. Nous avons l’équipement tout prêt pour le Vaendark, je peux faire venir Hanelvig dans l’heure et il se fait fort de transporter l’équipe en un seul voyage même si nous devons voyager en terres hostiles....De l’avantage d’avoir des aspirantes aussi sveltes et un lié pas très musclé ! Sur place, nous chercherons en priorité des traces de ce bronze et éventuellement du chevalier qui le montait. Voilà mon point de vue, modifiable évidemment si d’autres faits sont à prendre en compte.



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