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 [RP] Ça aurait pu être si beau... Sujet suivant
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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Mer 14 Déc 2016 - 17:41 Répondre en citantRevenir en haut

26e jour de Zakerielku 916




La flèche partit d’un trait se ficher dans le flanc de la perche argentée que je guettai depuis un promontoire de la berge. Attachée par un lien de cuir long à ma ceinture, je ramenais à la fois la flèche et le poisson furieux sur la rive enneigée en un mouvement lent et sans à-coup pour ne pas perdre ma prise. J’ôtai vivement des chairs blanches la pointe acérée et barbue de la flèche et assommai la bête contre un tronc d’arbre pour abréger ses souffrances avant de lui couper la tête et de l’éventrer. Ses entrailles m’apprirent que c’était une femelle qui aurait pondu des milliers d’oeufs quelques semaines plus tard et j’en fus navrée. Je rejetai les déchets dans l’eau en offrande à ses congénères.

En cette saison, le gibier se faisait rare en forêt. Il me fallait me rabattre sur toutes les ressources que je pouvais trouver : les racines et plantes hivernales comestibles, les cloportes et autres termites au chaud sous les écorces et les petits écureuils dans les trous des arbres. Tous les animaux se terraient à cause du froid. J’avais attendu plusieurs heures immobile sur la berge pour pêcher ce poisson qui s’était résolu à rejoindre la surface de la petite rivière pour gober quelques insectes avant de se faufiler à nouveau sous les rocailles.

J’avais faim. Froid aussi, mais surtout faim.

De retour à mon campement sommaire, je fis un maigre feu pour cuire ma prise. Une mince volute de fumée montait dans l’air immobile mais je savais que le fumet de la perche allait tout de même attirer des prédateurs aussi affamés que moi sinon plus et mon arc restait toujours à portée de ma main avec une flèche au pêne engagé. Je mangeais au fur et à mesure que les morceaux, suivant leur grosseur étaient cuits, sans cesser de guetter les alentours, prête à défendre ma nourriture. Un bol d’eau, posé à côté du feu, commençait à chauffer doucement et j’y jetai quelques herbes dès que l’eau eut frémi autant pour me désaltérer que pour purifier mon haleine…

Je savais que la perche n’allait pas me rassasier très longtemps et comble de malchance, je n’avais pas pu cuire ma galette de pain au petit matin, le bois étant trop humide là où j’avais établi mon campement. Il fallait que je me remette en chasse assez vite. C’était vital pour moi : je ne pouvais pas me permettre de perdre des forces ni d’être malade, sinon, je savais que je ne survivrais pas à cet hiver particulièrement rigoureux.

Devant le feu réduit à quelques braises rougeoyantes, je me mis à chanter pour raviver mon courage. Ma voix claire s’élevait dans la forêt en une lente mélopée qui glorifiait la nature, l’eau, le ciel et la terre, les arbres et les pierres qui offraient un abri sûr. Le chant était doux et mélodieux, porteur d’espoir et de gratitude…
C’est à ce moment-là que je vis pointer, à quelques encablures de moi, les oreilles caractéristiques d’un daim. Il ne me fallut pas deux secondes pour sauter sur mes pieds, tout en continuant mon chant par lequel sans nul doute il avait été attiré et de saisir mon arc.

Il n’y avait pas de vent. La neige étouffait tous les bruits. Je pus ainsi m’approcher de l’animal curieux presque à le toucher mais… au moment où je bandai mon arc, il dressa ses oreilles, huma l’air, fit un bond majestueux et s’enfuit à toute vitesse. Je me mis à courir aussi à toute allure, ne le perdant pas des yeux et levant les pieds assez haut pour ne pas trébucher sur une racine cachée par la neige.
La course dura presque une heure, ses bonds incessants faisaient changer sa direction et il était malaisé de le suivre en frôlant les troncs rugueux. Puis, se sentant certainement hors de danger, il décéléra jusqu’à trottiner et j’étais suffisamment loin de lui pour qu’il ne me sente pas. Je ne fis pas la même erreur : je bandai mon arc et visai plus haut que lui pour que ma flèche l’atteigne en retombant. Ce qu’elle fit…

Mais au moment où je m’approchais de l’animal mort, je constatai que deux flèches le transperçaient, la mienne et une inconnue.

Je me tournai vivement vers la forêt…
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MessagePosté le: Mer 14 Déc 2016 - 17:41 Revenir en haut

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Thorfrid Ketilson
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MessagePosté le: Mar 24 Jan 2017 - 19:52 Répondre en citantRevenir en haut

Le froid lui mordait le visage, cet hiver avait été particulièrement rude pour Thorfrid. Encore récemment séparé de la seule femme qu'il ait jamais aimé, il avait pris le parti de de déplacer vers l'Est, on disait que là bas un conflit faisait rage et les seigneurs locaux auraient sans doute besoin de mercenaires. Ne restait plus qu'à choisir quel camps favoriser, celui du vainqueur si possible. Mais il lui restait encore une bonne semaine de trajet et d'ici là tout pouvait être terminé. Aucune caravane ne faisant le trajet, pour des raisons des plus évidentes, il devrait passer toute une semaine sans solde. Et une semaine sans solde pouvait se révéler mortel, ses finances étant maigre après les quelques jours de beuverie post-rupture qu'il avait fait. Au moins sa petite descente dans les vapeurs d’éthanol n'avaient pas été pas été en vain, il avait put passer ses nerfs à vif sur quelques ivrognes antipathiques et avait put dormir à l’œil grâce à un patron reconnaissant.

La neige lui montait jusqu'au genoux, couper par cette forêt était de la folie mais ses rations allaient finir par manquer si il ne chassait pas. Ses yeux scrutaient aussi loin qu'ils le pouvaient, si il restait encore des animaux dans cette végétation, ils refusaient de s'offrir à son regard et il commençait à sérieusement perdre patience, les traces ne manquaient pas, mais la plupart semblaient anciennes. Resserant son manteau de fourrure autour de lui, Thorfrid pesta contre sa malchance et reprit sa marche, la nature était magnifique mais son esprit embrouillé par la frustration ne pouvait pleinement en profiter, le chant des oiseaux lui-même semblait l'exaspérer, les bêtes à plumes étaient toutes trop petites pour représenter un repas convenable et allait bientôt devoir se rabattre sur ses rations si cela continuait. C'est alors qu'il repéra une trace intéressante. Un daim, ou un cerf, voilà qui changeait tout. Saisissant son arc, il encocha une flèche et entreprit de progresser en silence, ragaillardi par cette découverte.

Il lui fallut une bonne heure avant de retrouver la trace de l'animal, il garda ses distances, inutile de l'alerter avec les cliquetis de sa veste de maille, il lui faudrait être prudent. Il progressa donc avec prudence, observant alternativement le sol et le daim, car c'était un daim, afin de ne ni le perdre ni le faire fuir en marchant bêtement sur quelque chose de bruyant. Il trouva un bon angle de tir, la créature offrait son cou d'une manière parfaite, presque trop, mais il n'allait pas laisser passer sa chance. Son arc se banda, exerçant une forte pression sur son bras il retint sa respiration et décocha sa flèche qui se planta dans la cuisse de l'animal. Poussant un juron dans sa barbe après ce tir misérable, Thorfrid se mit à courir, saleté d'animal, si il pensait s'en tirer à si bon compte. La neige le ralentissait et son armure n'arrangeait rien, mais il réussi à garder le rythme, gardant les traces de l'animal en visuel, il allait bien finir par s'arrêter. Il fallait qu'il s'arrête.

Il finit par remonter atteindre le bout de la piste, malheureusement pour lui, un autre chasseur était là. Non pas que cela soit un mal en soit, il y avait là suffisamment de viande pour deux, mais sa fierté déjà malmenée en prenait un coup. Il rangeât son arc et sortit des fourrés mettant ses mains bien en évidence, autant ne pas paraître comme une menace, la jeune femme semblait frêle, sa peau était pâle et ses cheveux étaient d'un blond éclatant, une vision des plus saisissante dans cette neige. Elle ressemblait à une apparition fantomatique, comme une banshee. Elle devait être Neishaane.

-Bonjour, je suis Thorfrid Ketilson, si je puis me permettre, il semblerait que cette prise nous intéresse tous les deux. Je propose un partage.

Il baissa les mains et attendit que la jeune femme lui réponde.



Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Jeu 26 Jan 2017 - 08:40 Répondre en citantRevenir en haut

L’homme sorti des fourrés semblait être le propriétaire de la seconde flèche. Il était grand et musclé, son visage barbu encadré de longs cheveux châtains. Je ne le jugeais pas dangereux au premier abord malgré un regard des plus glaciaires. Il s’exprimait d’une manière concise, aucun mot superflu et cela me convenait bien.

Il semblerait. Il y a trop de viande pour un être seul alors partager est le plus sage. Je m’appelle Eirwen.

Aussitôt, je sortis mon couteau et le lui montrai ostensiblement avant de m’avancer à nouveau vers notre proie. Entamant une mélopée remerciant l’animal de nous fournir notre pitance et accompagnant son âme aux cieux, je caressai tendrement sa fourrure rase encore chaude. Puis, d’un geste sûr, j’ouvris son ventre pour en laisser sortir les entrailles fumantes, une offrande aux autres animaux de la forêt.
Ensuite, il ne me restait plus qu’à lier les quatre pattes de la bête et de trouver une branche assez longue pour que nous le transportions jusqu’à mon campement.

Aide-moi, Thorfrid Ketilson. Mon campement n’est pas très loin. Le feu est prêt. Nous allons partager un cuissot rôti après avoir préparé le reste de la viande. J’ai faim. Je présume que toi aussi. Allons !

J’empoignai une extrémité de la branche pour la poser sur mon épaule et marcher devant, connaissant bien évidemment le chemin de mon campement.
Courir après une proie semble facile, on ne pense pas à son corps, juste à réguler sa respiration pour courir le regard rivé sur le daim dont la course est loin d’être rectiligne. Le retour est plus compliqué, plus ardu. Tout à coup, je ressentais le froid mordant, la lourdeur de mes jambes et le poids de notre capture. Je trébuchai souvent, mon estomac se tordait de faim et mes yeux se voilaient parfois d’une nuée de mouches noires. Et puis le chemin semblait nettement plus long…

*Maudit Ketilson ! Tu es fort et c’est ma flèche qui était la plus précise : tu aurais pu porter le daim à toi tout seul si tu avais eu un peu d’éducation… Je l’ai dépecé, je vais le faire rôtir… et toi, tu vas juste en profiter… Maudit, maudit, maudit sois-tu !*
Mon mantra n’était pas de la colère, il me permettait de continuer à marcher sans penser ni à ma fatigue, ni au froid, ni à mon estomac vide : cela s’apparente à détourner mon attention de mes petits bobos bien dérisoires. Mon compagnon aurait pu être plus vindicatif voire agressif, revendiquant le daim pour lui seul. Face à une femme, il avait été des plus corrects, il fallait le reconnaître.

Enfin, après plus d’une heure de marche, le campement se dévoila à nos regards. Nous déposâmes le daim à terre en soufflant un peu mais je tendis aussitôt un pot à Thorfrid en lui demandant de l’eau et en lui indiquant la rivière du bout du doigt.
Je ravivai le feu, ajoutai du bois, et entrepris de couper la cuisse de l’animal pour la poser sur les fourches de bois au dessus du foyer sans la dépecer. Les poils allaient être grillés et disparaître et la peau préserver la chair d’une trop grande chaleur pour la garder juteuse. Le pot d’eau ramené par le chasseur fut placé en bordure du foyer pour que l’eau chauffe doucement…

Tu dois savoir dépecer un daim… Sers-toi la part qui te revient. Je m’occupe du repas.

Je ne le quittai pas des yeux, fredonnant une vieille rengaine pour le tranquilliser. Il avait des gestes sûrs et précis que j’appréciais. Il découpait le daim sans gâchis, la viande décollée des os qui en sortaient blancs et propres. De la belle ouvrage !
Moi, je faisais tourner nonchalamment le cuissot au dessus du foyer et il commençait à suinter de la graisse et exhalait un fumet presque insupportable quand on a faim.

Tout n’est pas encore à point, mais la partie la moins épaisse est bonne à déguster. On peut commencer.

Avec nos couteaux, nous coupions des lamelles de viande que nous dévorions sans nous regarder. L’heure n’était pas à la conversation…
Thorfrid Ketilson
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MessagePosté le: Ven 27 Jan 2017 - 05:25 Répondre en citantRevenir en haut

Sa beauté était des plus saisissantes, il avait du mal à décrocher son regard, que faisait-elle au milieu des bois? Elle n'avait rien d'une forestière à part l'équipement, et en s'approchant, il sentit la fraicheur de son haleine, quel genre de personne du peuple prenait autant de mal à s'entretenir? Non pas qu'il manque lui même d'hygiène, mais il devait bien reconnaître que c'était assez peu commun, surtout pour des gens vivant en forêt. Il ne se posa pas plus de questions, se contentant de remarquer de manière fugace les oreilles pointues, une elfe donc. Il en avait rarement vu d'aussi mince et pâle, mais tout le monde n'était pas doté d'un physique puissant. C'était en tout cas un miracle qu'elle soit en mesure de survivre seule si cela était le cas. Thorfrid avait rencontré beaucoup de gens d'horizons différents, mais cette dame sortait du lot. En tout cas elle chantait bien, Thorfrid n'avait jamais été un grand religieux et pour lui il n'y avait personne à remercier, ce daim avait rencontré plus fort que lui et servirait maintenant de nourriture, les dieux n'avait rien à voir là dedans, c'était ainsi. Mais il n'était pas du genre à aller contre les croyances des autres. La perte des entrailles le chagrinait un peu, mais il était inutile de se charger plus que nécessaire et se rajouter du poids n'aiderait pas.

La jeune femme se mit alors en marche, trainant seule le daim, Thorfrid haussa un sourcil, comptait-elle porter l'animal seul? C'était bien ce qui semblait. Il ne pipa donc mot, ce n'était pas lui qui souhaitait s'épuiser inutilement après tout et sa course folle à travers la forêt commençait à lui ronger les jambes. Il rangeât son arc en bandoulière et entreprit se boire une petite rasade d'hydromel dans sa gourde. L'hiver était vraiment idéal pour le transport de ce genre de boisson et un peu d'alcool réchauffait toujours le sang. Il suivit la jeune femme jusqu'à son campement, il hésita plusieurs fois de lui proposer son aide, mais si elle était une forestière, elle pourrait se sentir vexée qu'un étranger ose remettre en doute ses capacités, il resta donc silencieux.

Le campement n'était pas bien grand, ce qui semblait logique, mais cela indiquait surtout que la dame était seule, un seul couchage. Étonnant, mais pas impensable. Il n'eut même pas le temps de se débarrasser de son matériel et de ses armes qu'un bol faisait son apparition sous son nez. Acquiesçant en silence, il se débarrassa de son équipement et allât remplir le bol, en profitant pour laver rapidement son visage couvert de sueur séchée avec l'eau presque gelée de la rivière. Pendant ce temps, sa compagne de festin entreprenait de préparer le cuissot et lui indiqua sa part de l'animal. Thorfrid la remercia et entreprit de découper la viande. Il n'avait jamais été un grand adepte de la pratique mais sa main était sûre et reproduire ce qu'il avait vu n'était pas un exploit en soit. Il sépara donc les différents morceaux avec un sourire satisfait, voilà qui devrait lui permettre de tenir le reste du voyage et même peut-être de se payer quelques verres dans une taverne si il lui restait de la viande. Il aimait vraiment l'hiver. A peine leur ouvrage terminé, l'odeur de la viande cuite lui rappela qu'il était grand temps de manger et reprendre des forces. Il accueilli donc avec bonheur ce repas qui s'annonçait des plus nourrissant.

Il découpa donc un premier morceau et l'englouti sans autre forme de procès. La viande était excellente, ce qui était toujours un bon signe, l'animal devait être en grande forme, le reste de la viande promettait des repas des plus agréables. Il exprima son contentement par un sourire ravi vers Eirwen.

-Chasseuse, chanteuse, cuisinière et survivante. Vous êtes une femme unique en votre genre Eirwen. J'ai rencontré beaucoup d'elfes, mais peu vous arrivent à la cheville.

Il sortit sa gourde et reprit une rasade d'hydromel avant de le tendre vers la jeune femme.

-Vous êtes du coin?

Dire que cette journée s'avérait surprenante était un mot bien faible. Restait à espérer qu'elle le reste, dans le bon sens bien entendu, il ne comptait pas vraiment sortir sa hache aujourd'hui.



Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Ven 27 Jan 2017 - 18:00 Répondre en citantRevenir en haut

Le daim qui m’avait fait tant courir était jeune et sa viande tendre et juteuse. Un régal rare. Heureusement que je pouvais partager cet animal sinon j’aurais été en peine de transporter autant de viande ou même de la consommer avant qu’elle pourrisse.
Le début du repas se passa sans paroles. Nous étions plus enclins à remplir nos estomacs que de faire la conversation. Le jus de viande dégoulinait sur nos mentons et c’était à la fois agréable et gênant. Je me souvins alors que si je n’avais pas de pain du jour, il me restait une galette presque entière totalement rassise de plusieurs jours. Elle pouvait faire office de tranchoir. Je me levai donc pour l’attraper et la casser en deux. J’en tendis une moitié à Thorfrid tandis que je me coupai une autre tranche de viande et la posai sur ma moitié de pain. Voilà qui était plus civilisé !

Mon compagnon avait un sourire déroutant : son visage en était illuminé, preuve s’il en fallait qu’il était une personne sociable et un bon vivant. Son plaisir de manger était franc et convivial et je le trouvais de plus en plus… beau ? agréable ? intéressant ? En vérité les trois à la fois.

Pour sortir de la torpeur qui m’envahissait sur le début de la digestion, je me levai encore pour aller chercher les plantes séchées à infuser dans le bol d’eau frémissante qui clôturaient habituellement mes repas. Thorfrid avait un appétit proportionnel à sa carrure, c’est-à-dire plus costaud que le mien et il continua à manger tandis que je remuais lentement les herbes dans l’eau chaude.

Il me fit alors des compliments et je choisis de ne pas les relever. Ni même de lui avouer que je n’étais pas une elfe à part entière.

*Bien sûr que je sais tout faire puisque je suis seule et qu’il faut que je survive ! Comment croit-il qu’il en soit possible autrement ? Je sais me défendre aussi et j’espère ne pas avoir à le lui démontrer.*

Il me tendit ensuite une petite gourde que j’acceptai. J’en reniflai le contenu… de l’hydromel. Je pouvais me permettre d’en boire une rasade mais nous étions encore au milieu de la journée et ne sachant pas quel chemin il avait encore à parcourir pour rentrer chez lui dans ce froid, je n’avais pas le cœur de lui en soustraire plus qu’une minuscule gorgée.

Merci… Je viens des montagnes à plusieurs jours de marche d’ici. Après les forêts et les vallées… du haut des montagnes. Tu connais cette partie de Vandaerk ?

J’avais bien remarqué qu’il me vouvoyait mais je décidai de continuer à lui parler comme à un égal, en le tutoyant.

Veux-tu un peu de tisane ? Elle réchauffe, aide à la digestion et fera disparaître en partie la fatigue de cette matinée mouvementée… Ce sont des herbes que j’ai cueillies moi-même et fait sécher lentement pour en garder les vertus, je suis aussi herboriste à mes heures perdues.
Si tu as un peu de temps avant le retour vers tes pénates, raconte-moi d’où tu viens et ce que tu fais dans ces contrées hostiles ? Je ne rencontre pas grand monde et ne discute non plus pas très souvent. Alors, si tu as le temps, cela me ferait plaisir et me récompenserait de l’excellent repas que je t’ai servi…


Sur ce trait un peu ironique et dans l’attente de sa réponse, je me servis un bol de tisane, regroupait tout mon corps en boule pour garder ma chaleur et rentrai la tête dans les épaules, le visage offert au feu.
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