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 [RP Officiel] Aube de certitude ou d'incertitude ? Sujet suivant
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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Lun 7 Nov 2016 - 20:01 Répondre en citantRevenir en haut

(Précédemment : "Le Pouvoir à portée de la main", au Mahalma.)


Début Néhakaru 918


Estenir n'avait pu que se contenter de gronder avec une colère refoulée quand les gardes emmenèrent son lié pour l'enfermer dans ses propres appartements. Si Alauwyr ne lui avait pas intimé de rester sur sa position, le saurien cendré aurait été capable de pousser un rugissement de défi et de s'en prendre au premier bip!de posant la main sur son lié ou voulant aller contre sa volonté. Mais comme la situation était bien assez tendue, c'était son lié qui s'était imposé. Lui acceptait la contrainte, pas son dragon. Et pourtant, Estenir n'avait pas le choix. Dès qu'Alauwyr avait quitté les lieux sous bonne garde, il avait jeté un regard rougeoyant lourd d'une sombre promesse, avant de prendre la même voie que son lié et de le rejoindre dans les appartements seigneuriaux. A Runa, il avait transmis les paroles d'Alauwyr. Elle aussi devait bouillonner dans son gain. Elle aurait été capable de remuer tout le Kaerl pour exiger réparation face à cette injustice.

Une fois dans leurs luxueux quartiers, la porte principale lourdement gardée ; Thadeus ne faisait pas dans la demi mesure, Alauwyr n'avait pas perdu de temps pour se rendre à ses bains privées et s'y prélasser. Estenir se tenait allongé, roulé sur lui-même dans son weyr, surveillant les lieux d'un air attentif. La phase où ils se trouvaient tous les deux était critique. Tout était bon pour les opposants à son lié de trouver un moyen d'anéantir le Seigneur actuel pour le faire choir une bonne foi pour toute. Le voir revenir avait été une surprise pour bon nombre d'entre eux. Chose certaine était que Seregon laisserait le cours des choses se faire. S'impliquer comme il l'avait fait était inhabituel. C'est qu'il tenait à l'intégrité du Kaerl et donc il devait être prêt à tout pour le protéger, que le Seigneur Iskuvar tombe ou non.

Alauwyr avait fermé les yeux une fois qu'il avait plongé son corps entier -hormis la tête bien évidemment- dans les eaux chaudes et relaxantes de son bain. La vapeur l'entourait, comme pour le plonger dans un autre univers, loin des futurs tumultes qui le guettaient déjà. Il devait se tenir prêt pour le combat proche. Il n'aura pas le droit à la moindre faille, à la moindre erreur. Martel avait découvert qu'il n'était pas au mieux de sa forme. En même temps, pour tout regard averti, il était aisé de voir que l'humain était encore amaigri. Peut être même que son adversaire avait deviné qu'il était encore blessé. Nul doute que ce bougre mettrait à profit cette faille physique pour le dominer.

°Tu devrais éviter de trop y songer... De plus, cela te ressemble pas de ressasser ce qui va advenir. °
°En l'état actuel des choses....°
°Je pourrais penser que tu redoutes ce combat°
°Ne crois pas que j'éprouve de la crainte. La peur n'est pas présente et tu peux largement le sentir. Vois cela comme une façon de se préparer intérieurement.°
°Qui ne me plait pas°
°Je donnerai le maximum, crois moi. Il est hors de question de laisser la part belle à Martel. Depuis le temps qu'il se complaisant dans sa petite supériorité... S'il croit qu'il va réussir à me battre...°
°Fais attention quand à tes certitudes....°


Estenir n'avait pas tout à fait tort, mais cela n'empêcha pas Alauwyr de sourire et de continuer à se prélasser... Bien entendu, il ne passa pas toute la nuit ainsi. Le temps de se nourrir d'un plat que son saurien avait bien pris le temps de contrôler pour s'assurer qu'on ne cherchait pas à l'empoisonner, et de se reposer...

L'aube ne se levait pas encore que l'humain était déjà debout. Estenir fut même réveillé par le doux cliquetis d'une cotte de maille en mithril que terminait de sangler Alauwyr. Il venait de serrer la dernière sanglante qu'il attrapa sa chemise de lin noir, aussi noir que son regard déterminé. Quand il croisa le regard de son lié, qui se redressait tout en s'étirant, l'humain abordait un bien étrange sourire.

°Tu es de bonne humeur à ce que je vois...°
°Presque mon cher, presque... L'idée d'arracher la vie à cette misérable larve me rend presque joyeux. °


Il attrapa son épée, la contempla avec une expertise vieille de plusieurs décennies et la rangea dans son vieux fourreau noir. Même si le dénouement du combat lui paraissait incertain, il sera sûr de ses gestes et de sa volonté. Martel mourra, ou alors il l'emportera avec lui dans la mort. Mais jamais il ne posera son séant sur le trône ardent !

Estenir revint sur un tout autre sujet.

°Et pour Runa ? °
°Tu veilleras à lui transmettre mon message. Nul besoin que je te l'énonce n'est ce pas ? °

°Je te lis comme dans un livre ouvert. Cela s'en ressent jusqu'au fond de ton âme ce que tu ressens pour elle. Tache de pas rester déconcentré au moment du combat ! °
°Et qui te dit que ce ne sera pas mon mon d'ancrage pour ce duel ? °
°C'est une très mauvaise idée.... °
°Fais le quand je sortirai d'ici. C'est tout ce que je te demande°



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MessagePosté le: Lun 7 Nov 2016 - 20:01 Revenir en haut

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Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Lun 14 Nov 2016 - 05:41 Répondre en citantRevenir en haut

Qu’aurait-il pu ajouter de toutes façons ? A peine un an de règne et ces fous se faisaient déjà un plaisir pour prendre la place d’un seigneur affaibli, où était donc leur respect des traditions ?
Ce fut avec la colère au ventre qu’il avait quitté le Mahalma, le visage parcouru d’un petit tic haineux sur sa lèvre supérieure. Le pire dans tout cela restait qu’ils allaient avoir l’air de faibles si jamais l’autre l’emportait, Martel, trois fois maudit soi son nom, tentait à nouveau de faire briller son incompétence et son irrespect devant ses pairs au Kaerl Ardent.
«Encore une fois nous aurons l’air de parfaits imbéciles sur le plan diplomatique. Inconstants, sans cesse changeant de tête dirigeante, ceci est une preuve flagrante de notre faiblesse…»
Il fit tourner le vin dans le gobelet d’argent entre ses doigts pour en fixer le liquide avant de jeter celui-ci au sol dans un grondement de colère. Certes il n’y avait plus de second au Kaerl mais la Tradition voulait que seul celui-ci pouvait défier le seigneur, toute cette folie qui se déroulait sous les yeux presque lubriques des spectateurs en était répugnant.

Il serra les poings, prit une grande respiration puis reparti se servir un verre de vin épicé pour apaiser son humeur. Le blanc restait lové dans son coin, fixant les débordements de son Lié avec l’indifférence de l’habitude, il savait que les récents évènements n’étaient pas les seuls à troubler le Torhil, il restait toujours le cas de sa fille…
« Devrai-je faire appel au gardien ? A cette pleureuse de prêtre ? Aux Valheriens ? Ce duel est illégal. »
°Tu sais comme moi que ce fol de seigneur a accepté de combattre. Nous ne pouvons plus rien faire et je doute que le gardien décide d’intervenir, il l’aurait déjà fait.°
Yong’Wu opina aux dires de son Lié, intervenir n’était plus une possibilité sauf pour les deux imbéciles qui s’ouvriraient en deux sur les sables tels de véritables sauvages. Il n’y avait plus de raffinement en ce Kaerl depuis la guerre des ordres, tout avait été oublié, leur grandeur jetée à bas par les armes d’autres aux dents plus longues. Leur force était maintenant composée de paysans et de mercenaires non originaires du Kaerl.

« Si les choses continuent en ce sens… je partirai. Je suis las d’être le seul être doué de raison parmi une foule de brebis galeuses en chaleur. As-tu vu cette petite peste ? Son irrespect envers le Kaerl a été total et pourtant nulle punition n’est venue. Ils me répugnent tous autant qu’ils sont.»

Le lendemain il avait mis de côté ses atours les plus grandiloquents pour une tenue simpliste mais de bon goût. Les gradins jouaient, en plus de leur rôle de poses-fesses, de témoignage politique lors de ce genre de jeu, il partit donc au premier rang au centre pour être le plus loin possible de l’entrée de chaque candidat, montrant par là au vu et au su de tous qu’aucun ne méritait son soutien.
Il n’attendait pas à ce qu’on vienne lui faire des salutations, après tout il était loin d’être apprécié, ou que l’on daigne s’asseoir à ses côtés, l’avenir lui prouverait peut-être le contraire.

Il restait encore quelques heures avant que les gens n’affluent aussi profita t-il pour réfléchir quant aux sujets épineux qui restaient encore sur la table. La finalité de ce duel influencerai leur avenir à tous mais aussi ses propres plans…



Elke On Nïksé
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MessagePosté le: Sam 26 Nov 2016 - 18:15 Répondre en citantRevenir en haut

Le jour se levait, l’esprit de Tezca vint éveiller sa liée. Elke sursauta et se redressa sur son lit. La main à sa poitrine elle prit quelques instants pour poser son souffle et reconnaître les lieux. C’était un cauchemar, rien que cela. Elle avait dû passer trop de temps à lire les notes de sa cousine, mais il lui semblait nécessaire de comprendre ce qu’il se passait. Durant sa formation auprès du Maître Zenghwei, elle avait appris à discerner ceux qui appartenaient au Kaerl et ceux qui pensaient que le Kaerl leur appartenait. Il y avait beaucoup de Maîtres, de grands hommes influents au sein du volcan mais lesquels pourraient véritablement embrasser l’humilité pour la grandeur de tous ? Bien que le Maître Blanc n’ait pas cherché à la convaincre, s’efforçant à une relative impartialité dans ses enseignements, ils se rejoignaient sur plusieurs points.

Difficile à une aspirante de prendre une position politique quand celle-ci semble silencieuse, mouvante et que vous portez le nom d’une ancienne Dame. Dans quelle mesure Limna avait-elle conduit le Màr à se fissurer ? Si Elke n’avait pas véritablement cru que sa mort fut une erreur, elle eut néanmoins plus de mal à savoir si elle avait donné les bonnes consignes et installés des bases assez solides avant d’abandonner le navire. La Dame croyait s’être donnée aux Dieux pour offrir au Kaerl une aube glorieuse et le constat était effroyable… Sa foi était risible, sa crédulité encore plus pathétique. Si Elke était déçue que les tensions internes fissurent les ardents, elle se satisfaisait pourtant que sa cousine brûle de rage si elle contemplait depuis l’au-delà, de l’absurdité de sa prophétie.

Nouvelle chevalière, elle s’était libérée des conseils de son ancien Maître et de son soutien par la même occasion, mais elle devait à présent être son propre guide. Aussi, elle s’était plongée dans quelques ouvrages pendant la nuit afin de comprendre les allusions aux lois du Kaerl et dans les notes de Limna, pour atteindre des points officieux qu’elle n’aurait dénichés ailleurs. Quelques jours avant qu’elle se suicide, la Dame avait inscrit ses doutes sur son successeur:

"Ce que j’accomplis est grand, ce que le Màr deviendra le sera davantage. Les Dieux m’ont offert une position magistrale et la Chevalière a réussi à mettre ses deux Maîtres sous sa coupe. Est-ce que je dois me montrer loyale à l’attachement, au respect, à l’admiration ou dois-je passer mes préférences au nom de notre Royaume ?"

Limna avait pourtant désigné très clairement son Second à la tête de l’empire mais quel choix avait-elle donc réellement fait, celui du coeur ou de la raison ? Ces réflexions avaient plongé la Chevalière Bleue dans une étrange sensation. Comme si la réalité était une version de l’histoire et qu’il suffisait de détenir une part des mystères pour lire le monde tout autrement.

*Tu es prête ? *

Elke s’approcha de sa liée et prit le temps de la caresser. Cet être exceptionnel était maintenant une partie d’elle-même et les portes de la sagesse ancestrale s’ouvriraient bientôt à elles-deux. L’ondine se pressa pour se vêtir, passa rapidement la main dans ses cheveux pour les démêler un peu et ferma la porte de son Weyr. Les habitants voguaient vers la fosse comme une constante rivière humanoïde et si beaucoup se collaient aux rebords de l’arène, Elke prit un peu de hauteur sur les gradins. S’éloignant de la masse et trouvant sa place, elle aperçut Yong’Wu, également en retrait.

Elle hésita un instant à le rejoindre, elle aurait aimé partager un peu avec lui et échanger au travers de tout ce qu’il savait. Mais l’ancien trio s’était séparé brusquement. Elke et Tezca n’étaient pas prêtes à considérer son mépris comme une réaction loyale envers l’aspirante rigoureuse qu’elle avait été. Il avait été surpris, dépassé sans doute, que celle qu’il croyait encore trop faible se dresse et soit happée par la volonté de Flarmya. Il s’était fait renier par Flarmya elle-même quand il croyait être le seul à disposer de l’âme de son aspirante. Et au lieu de se sentir fier que la graine qu’il avait semée ait éclos en une Chevalière, il n’avait répondu qu’à son orgueil.



Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Ven 2 Déc 2016 - 12:19 Répondre en citantRevenir en haut

Le serpent à demi somnolent acheva de s’éveiller lorsque ses poches à venin furent pressées contre le bord du flacon. Les longs crochets expulsèrent leur fiel liquide pour emplir la moitié du petit récipient. L’animal enroulait ses anneaux marqués de rayures blanches et noires autour du bras de son tortionnaire. Mais il n’avait pas assez de force pour serrer. Sitôt de retour dans son bassin improvisé, le serpent d’eau de mer se vit récompensé pour sa docilité par un beau poisson. De grandes mains pâles et expertes rebouchèrent ensuite le flacon et le posèrent sur une des étagères qui couvraient le fond du laboratoire. Il y en avait cinq, chacune pleine à craquer de livres, de bocaux, de flacons et d’objets un peu antiques. Des coffres cadenassés à double-fond jonchaient le sol, autour d’une table de travail encombrée d’objets de mesure, de cartes et de l’aquarium.

Eléderkan Garaldhorf n’était pas peu fier de sa pièce peu ou prou secrète. Il avait fallu des autorisations de travaux déguisées et changer de weyr plusieurs fois pour l’obtenir. Cela faisait de longues années, maintenant, qu’il en jouissait à sa guise. Un accès dérobé permettait d’y accéder depuis sa chambre ; de sorte que, lorsqu’on venait rendre visite à l’Inquisiteur Suprême dans son bureau, nul ne pouvait se douter que l’entrée de la fameuse chambre secrète ne se situait pas ici. Il fallait traverser tout le weyr du Maître Bronze pour y dénicher le passage. C’était dans ce laboratoire qu’il rangeait ses dossiers les plus sensibles, disait-on. Tout le monde au Kaerl se doutait de l’existence d’une telle pièce. Chaque Inquisiteur Suprême s’était vu enveloppé de mystère au cours de sa vie. Mais à quant à savoir démêler le vrai du faux… Il n’y avait que le grand maître des espions pour le faire. Et il se gardait bien de dévoiler ses artifices. Mieux valait entretenir les rumeurs.

° Il est temps. °

Sitôt sorti du laboratoire, les premiers rayons du soleil éblouirent l’elfe en frappant contre les larges vitres de sa baie vitrée. L’aube pointait à l’horizon. La présence du grand mâle se faisait plus pressante dans son esprit. Son Lié l’attendait déjà. Il ressentait son impatience fébrile, son excitation avant un beau spectacle, sous lesquels brûlaient néanmoins quelques zestes de colère. Leurs éternels rivaux se trouveraient dans la Fosse aujourd’hui. Ni le dragon ni l’elfe n’auraient manqué ça pour rien au monde.

La Fosse se remplissait plus vite qu’on ne pouvait l’espérer. Un combat historique allait se dérouler sur le sable de l’arène. Eléderkan avait l’impression de sans cesse régresser. Faire un pas en avant et trois en arrière. Il se revoyait assis dans les gradins lors du combat entre la Dame Airain la plus mystique qu’il ait jamais vu et l’actuel Seigneur Noir. Il avait pressenti le choix d’Alauwyr Iskuvar : il n’était pas homme à fuir ni à courber l’échine. Pourtant, il restait convaincu qu’il aurait mieux valu pour lui qu’il quitte le Kaerl. Des années de luttes, de recherches… Un renouveau dans la continuité, si on préfère le dire ainsi. Rien n’avait changé.

Thémos s’était posé sur une corniche sous sa forme draconique. Il ne voulait rien perdre du spectacle. Il se pourléchait presque les babines en espérant voir le plus impressionnant combat depuis longtemps. Ses réserves de la veille n’avaient toutefois pas disparues. Il lui répugnait de voir encore des dragons être le jouet des ambitions de leur Lié. Et probablement mourir bêtement. Si Flarmya avait à cœur le bien de ses enfants, elle les protégerait.

Eléderkan repéra dans la foule Maître Zenghwei. L’étoile montante du Clan Valherien le surprenait. Il aurait cru l’entendre rire, se moquer, se pavaner avec plus d’aplomb que tous les Sangs réunis. Le Maître Blanc aurait-il appris à rester à sa place ? L’elfe en doutait. Peut-être, finalement, avait-il vu juste des années auparavant, lors de leur brève alliance durant la Grande Guerre des Ordres. Peut-être l’enfant prodige était-il enfin prêt à voler de ses propres ailes plutôt que d’être le trophée de sa famille.

Quasiment à l’opposé de la situation de son ancien formateur était assise une Spectre des Cendres récemment devenue Chevalière Bleue. Il se méfiait naturellement d’elle, d’abord car elle portait le nom de sa défunte cousine, laquelle avait fait suffisamment de remous au Màr pour y laisser sa marque. Ensuite, il se défiait d’elle car elle possédait cette curieuse intelligence qui pouvait peut-être, à terme et bien employée, voir au-delà des apparences. Un don rare ces temps-ci. Il lui faudrait la convoquer un jour. Pour en avoir le cœur net.

Ce n’était cependant ni l’heure ni le moment. Le combat n’allait pas tarder à commencer.

Seigneur Iskuvar, ne vous faites pas passer pour plus idiot que vous ne l’êtes déjà. Essayez de gagner, s’il vous plait.



Marek d'Ardiénor
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MessagePosté le: Dim 11 Déc 2016 - 20:11 Répondre en citantRevenir en haut


Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
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Une fois son défi lancé, et les derniers échos de sa voix éteints, le silence s'éternisa dans le vaste hall que constituait le Mahalma. Toute l'assemblée s'était figée, comme retenant son souffle, et il lui semblait presque percevoir le son des rouages invisibles qui se mettaient en marche, celui des esprits dont la réflexion tourbillonnait soudain follement. Et lui restait là, le regard de glace brûlant rivé sur celui qui se prétendait Seigneur du Màr Tàralöm, le cœur battant à tout rompre à ses oreilles, son sang charriant des flots de lave. Dans l'expectative, Martel attendait, un mot, un geste, la prochaine action de son adversaire sur l'échiquier.

Le temps s'étira et comme si le sortilège était rompu, le statu quo fut brisé. Enfin. Après ce qui parut une éternité, Eléderkan s'avança, et dans la salle, le peuple recommença à respirer. Un pas après l'autre, jusqu'à dépasser la position de Martel, sans même le regarder, son frère ennemi s'arrêta devant le trône où se tenait Alauwyr Iskuvar. Et impassible, un parchemin et une plume à la main comme s'il avait prévu ce qui se passerait, il s'enquit de la décision de l'Humain.

Dans leur dos, vigilant, Melkor se mis à gronder sourdement, les iris rougeoyantes, dévoilant ses crocs d'ivoire dans une menace contenue à l'attention du Bronze Thémos. Entre les deux Dragons, la haine couvait, telle des braises dans la cendre, reflet de l'inimitié qui séparait à présent les deux Elfes. L'un et l'autre s'estimait trahi par celui qui avait été son plus propre ami, frère d'arme, confident, camarade, allié … Tant de mots pour décrire ce qui avait été brisé en ce jour funeste au Concile, où la position d'Eléderkan avait été balayée d'un revers de main négligent.

Un bref échange de regard avec le Haut Inquisiteur – si bref qu'un observateur inattentif aurait pu le laisser passer sans l'apercevoir – puis Iskuvar se redressa. Il commença par se justifier – sentait-il enfin le vent tourner ? – acceptant de s'en remettre, avec une humilité qui lui paru bien hypocrite, au divin jugement de Flarmya. Enfin ! Demain, dès l'aube, leurs lames se croiseraient, et le destin du Màr Tàralöm se jouerait.

L'expression impassible malgré son irritation, l'Elfe observa alors le manège de Thaddeus Aodhar, qui, suite à la déclaration d'Iskuvar, avait discrètement déployé ses hommes pour isoler la zone de conflit. Aodhar, en tant que Décurion Flamboyant, dirigeait une unité d'élite chargée de maintenir l'ordre tout autant que de protéger le Seigneur en titre ... Et avec une délectation habilement camouflée derrière un masque de rigueur militaire, il lui ordonna – ordonna littéralement ! – de rejoindre son weyr pour y être assigné jusqu'au lendemain, sous bonne garde. Que Iskuvar soit soumis au même traitement n'en diminua pas sa colère. Ce jeune présomptueux devrait être remis au pas au plus tôt, avant qu'il ne s'imagine pouvoir outrepasser ses pouvoirs.

Le Prêtre resta quant à lui silencieux, le visage fermé et l'expression amère, marquant par là son assentiment. Il ne s'opposerait pas à ce combat sous le regard des Dieux. Il était trop tard maintenant, plus rien de ne pourrait l'arrêter.

Deux hommes bloquèrent alors l'accès au trône et quatre autres entourèrent Martel, dans la ferme intention de faire appliquer le décret de leur capitaine. En lui, l'impatience augmenta encore d'un cran, et il se coupa délibérément de Melkor et de sa fureur pour garder la tête froide. Le Bronze était avide de faire couler le sang, d'écraser tout ceux qui osait ainsi remettre en question leur pouvoir, mais ce n'était ni le lieu ni l'heure de provoquer une esclandre. Ne prenant pas la peine de répondre au regard de bravade et à l'accroche provocatrice que Iskuvar lui lança, l'Elfe lui adressa un sourire glacé. Qu'il vienne donc. Il serait prêt à l'accueillir.

***


Les heures s’égrainèrent lentement et dans un calme trompeur. Allongé sur sa couche de sable, le bout de sa queue écailleuse agitée de mouvements impétueux, veillant sur lui, ne le quittant pas un seul instant du regard, Melkor observait son âme sœur s'affairer avec la froide efficacité qui le caractérisait. Cette attente lui pesait et le Bronze ne ressentait rien d'autre qu'une folle envie de sentir les os de leurs ennemis craquer dans sa gueule, et pourtant son Lié, imperturbable, semblait laisser glisser sur lui cette excitation croissante qu'ils ressentaient, ne la laissant pas l'envahir. Martel avait fait le vide dans son esprit, et se consacrait tout entier à sa préparation.

La journée passant, l'Elfe s'alimenta légèrement, se baignant dans de l'eau presque glacée pour ne pas amollir ses muscles en vue du lendemain, puis s'appliqua à préparer son attirail de guerre. Il aiguisa longuement son épée elfique, jusqu'à pouvoir être certain de pouvoir trancher même un cheveu du moindre geste de sa longue lame ouvragée, puis huila avec application la moindre partie son armure d'écailles de dragon, plastron, casque, jambières et gantelets. Que les imbéciles trop naïfs se fient au métal, même le plus rare et le plus précieux s'ils le souhaitaient, lui ne confierait sa protection qu'à rien d'autre qu'aux propres écailles de son Lié. Une armure réalisée avec les écailles de la première mue de Melkor. Il l'avait payée suffisamment cher à l'époque pour être sûr de sa qualité, et elle lui avait bien servie durant toutes les années de la Grande Guerre. A la fois légère et aussi résistante que la plus épaisse armure de plates.

Martel n'essaya pas de braver l'interdit qui pesait sur lui, même s'il aurait pu aisément faucher la vie de ces idiots qui prétendaient garder sa porte. Pourquoi perdrait-il son temps et son énergie à lutter contre ce qui n'avait aucune espèce d'importance ? Au lieu de ça, il se concentra sur le combat à venir, échangeant avec Melkor sur la meilleure stratégie à employer. Le dragon pensait avoir perçu quelque chose d'étrange chez Iskuvar, comme une infime odeur de sang, sous le parfum des huiles précieuses dont il s'était enduit. Et effectivement, l'Humain avait arboré des traits tirés … Mais n'était-ce pas simplement lié à son long voyage en dehors du Kaerl ? Toute information étant bonne à prendre, le Maitre Bronze rangea cependant avec soin ce point dans un coin de son esprit. Qui savait s'il n'en aurait pas l'utilité plus tard ?

***


Le Bronze Melkor
Forme Humanoïde


Lorsque l'aube s'annonça, l'Elfe était prêt, assis en tailleur sur le sol de pierre de son weyr, les paupières closes et les mains reposant sur ses genoux. A la lumière des bougies, son visage semblait taillé dans du marbre, pâle et anguleux. Il méditait, l'esprit au repos, préservant ses forces pour ce qui allait suivre, canalisant son énergie, malgré son sang rugissant dans ses veines, brûlant de pouvoir se déchaîner enfin. Et Melkor était avec lui, son âme aussi étroitement que possible liée à la sienne. Il le soutiendrait lors du combat, lui apportant sa force s'il venait à en manquer, comme ils l'avaient toujours fait lorsqu'ils étaient amenés à se battre.
En vérité, même s'il ne l'avouerait jamais, derrière sa fureur, le Bronze avait peur, peur pour son âme sœur, peur pour lui, pour eux. Une fois dans l'arène, Martel devrait vaincre, ou mourir. Ce n'était pas la furie brutale d'un champ de bataille, ce serait une froide et calculée passe d'armes, chaque adversaire mesurant ses capacités à celles de l'autre, où le plus doué – ou le plus rusé – prendrait la vie de l'autre. Les enjeux étaient plus grands qu'une simple guerre d'influence, plus qu'un simple gain de position dans la hiérarchie sociale. Les iris glacées de son Lié se posèrent alors sur le dragon, et l'expression figée d'une brûlante intensité, l'Elfe déclara simplement :

« Je ne perdrai pas. »

Alors, comme pour souligner ses paroles, une suite de coups rapides résonna à la porte du weyr, et Martel se redressa, bras croisés, attendant, méfiant et prêt à tout. Quelques secondes après, sans attendre de réponse, la mince silhouette de d'Ardiénor apparu dans l'encadrement, suivie de près par deux jeunes novices de Flarmya, en tenue cérémonielle brodée de flammes. Les yeux de l'Ondin charriaient toujours des nuages d'orage quand il énonça avec fermeté qu'il était temps pour les candidats de se rendre à la Fosse, et qu'il était là pour l'escorter, selon la tradition. Un coup d'oeil vers le porte-armure, et il ajouta que les deux garçons feraient office d'écuyers et avaient pour tâche de l'aider à s'équiper convenablement. Tout ceci ne lui plaisait visiblement pas, et il aurait probablement voulu se trouver partout sauf en sa présence, mais en bon chien obéissant qu'il était, le Prêtre agissait comme il lui était dicté par son rang.

Un sourire ironique étira imperceptiblement les lèvres de Martel et il dressa ses mains en l'air, écartant largement les bras en un hypocrite signe de bonne volonté, ses iris rivés à son vis à vis.

« Eh bien, quel honneur Maitre d'Ardiénor, être guidé en ce jour par le Grand Prêtre de Flarma lui-même ! Dois-je y voir un signe que la Déesse me favorisera lors du combat à venir ? »

Si c'était possible, l'expression de de l'Ondin s'assombrit encore, et faisant volte-face, il adressa un bref signe de tête aux novices qui passaient d'un pied sur l'autre, hésitants et mal à l'aise sous le regard rougeoyant de Melkor.

« Ne provoquez pas trop la chance, Maitre Dehlekna. Le Seigneur Iskuvar déjà été mené à la Fosse. Je vous attendrai dehors. »

Une fois la porte refermée sur le Prêtre, les deux garçons s'inclinèrent profondément devant Martel, légèrement tremblants, requérant sa permission de commencer à l'assister, bredouillant avec l'air de réciter un texte longuement répété, sur l'honneur qui leur était fait, etc etc. Il furent brutalement coupés dans leur élan par un grondement bas et menaçant du Bronze, qui, ne parvenant plus à retenir sa colère, les avisa qu'il ne permettrait pas à de la petite vermine dans leur genre de porter leurs misérables mains sur son Lié. Reculant précipitamment contre le mur, blêmes de peur car conscients que le mauvais caractère du dragon n'était pas qu'une légende, ils ouvrirent de grands yeux quand, sur un éclat de lumière, Melkor prit forme humaine.

« Déguerpissez ! Allez donc gémir dans les jupes de votre précieux Grand Prêtre ! »

De ses étranges yeux d'or rouge luisant dans la pénombre, méprisant et dangereux, il les foudroya du regard. Le ton était sifflant de violence contenue, la voix rauque et chargée de menace, et les novices fuirent sans demander leur reste. L'Elfe observa la scène sans mot dire, appréciateur, toujours le même énigmatique sourire froid accroché aux lèvres. Il était rare que le Bronze adopte cette forme, qu'il trouvait inconfortable et mal commode. Mais ce jour était un jour spécial, et l'occasion était trop importante. Le dragon ne confierait à aucun autre la charge cruciale d'aider Martel à sangler son armure d'écailles.


[HRP : Et voilà ! Avec beaucoup de retard encore une fois, je m'en excuse ! Je pense qu'on peut attaquer directement sur les deux zigotos dans la Fosse, avec l'énoncé des consignes avant le début du combat! J'espère que mon post te plaira, Alauw ^^.]




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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 3 Jan 2017 - 12:14 Répondre en citantRevenir en haut

La foule marmonnait une certaine impatience, marmonnant de telle sorte qu'on avait l'impression de se retrouver dans le coeur d'une énorme ruche bourdonnante et débordantes d'activités. Sauf que là, ces activités étaient l'échange des mots, des murmures, quelques cris et des grondements de dragons. Impatience, euphorie, rires... L'air empestait de dizaines d'effluves émotifs. Au point qu'Estenir en frémissant des narines. Il avait presque oublié l'odeur et la saveur de l'approche d'un combat voué à n'en laisser qu'un en vie. Un duel pour le trône ardent. Mais le coeur du grand saurien cendré n'était pas à l'excitation comme pouvait l'éprouver bon nombre des bipèdes réunis pour cet intense événement. Il était inquiet. Car son lié n'était pas au mieux de sa forme même s'il s'avouait du contraire. Et nul doute que son adversaire, Martel, aurait tôt fait de le découvrir. Le Sang n'était pas du genre à se battre sans s'être au préalable donné les moyens de mener à bien son désir de victoire.

Ses yeux opalescents balayaient la foule qui frémissait d'impatience. Les bipèdes qui attendaient déjà que le sang coule et abreuve le sable de la Fosse.... Il avait envie de rugir sa colère. Mais la dignité importait beaucoup. L'instant était solennel. Puis il crispa ses griffes sur la rambarde de pierre qui entourait sa place. Il sentait l'approche de son lié.

Alauwyr arrivait enfin, encadré par quatre hommes de Thaddeus Aodhar. Chaque pas qu'il marquait dans le sable dévoilait la détermination sans faille qui était la sienne. Se tenant droit et fier, il avait tout d'un maître-dragon qui était prêt à se battre pour ce qui lui revenait de droit. Un homme plus sage et plus avisé aurait pris le temps de raisonner longuement à cette affaire et d'arriver à une conclusion moins glorieuse : se retirer et attendre de revenir pour mieux frapper. Mais cela, l'humain le nommait l'exil. Et ce ne serait que déshonneur de partir de la sorte. Soit il gagnait, soit il mourait. Mais la fuite était hors de question ! La lâcheté n'avait pas été sienne et ne le deviendra jamais !

Quand il s'arrêter, il était au centre de l'arène. Les gardes s'étaient stoppés dans une synchronisation parfaite. Alauwyr n'eut même pas besoin de leur jeter un quelconque regard quand ils s'écartèrent de lui avec une perfection militaire. Ils reculèrent pas à pas, au rime d'une marche lente et cadencée, pour se tenir à une dizaine de mètres du Maître Noir. Ils seraient présents jusqu'à l'ultime affrontement.

Martel ne devait plus tarder à faire son arrivée... et dès qu'il fit son entrée, lui aussi sous bonne escorte, des yeux sombres se dardaient sur lui. L'adversaire d'Alauwyr se présentait enfin. Une vague de fébrilité parcourut la foule quand l'elfe se présenta face à l'humain. Alauwyr arborait déjà un sourire des plus provocateurs. Nul besoin de mot pour s'exprimer. Surtout pour la raison pour laquelle ils s'affrontaient tous les deux. Quand l'escorte de Martel se retira, il ne restait plus que les deux hommes, s'affrontant déjà l'un et l'autre, face à face.

Dans les estrades, dans un recoin sombre, un homme adossé contre une colonne, les bras croisés sur sa poitrine, fixait de son oeil unique les deux maîtres-dragons. Ses sourcils s'étaient froncés. Encore un duel qui se terminerait dans le sang... un parmi tant d'autres pourrait-il penser. Mais celui-ci différait, comme le premier qu'Alauwyr avait eu à exécuter contre Limna. De celui-là il s'en rappellerait tiens ! Des deux duellistes, aucun n'avait rendu l'âme sur les sables. Il avait dû intervenir pour que le combat se termine par un vote. Un vote ! Au sein du Kaerl Ardent ! Et ce combat là se ressentait déjà comme historique. L'inimitié entre les deux hommes était connue et là, elle allait enfin s'exprimer dans un duel entre eux deux. Le sang allait couler, cela il en était certain. Quand à savoir qui gagnerait... il ne se prononçait pas. Martel et Alauwyr étaient tous les deux des maîtres doués au combat. Cela en était presque un gâchis....Il haussa des épaules et guetta la suite...comme les spectateurs venus nombreux et qui s'impatientait.

Le Grand Prêtre de Flarmya apparut aux yeux de tous, sur un des rebords taillés dans le marbre pour laisser la place à un puissant orateur comme lui énoncer son discours. Un souffle de silence s'était rapidement répandu dans les tribunes. Marek n'avait pas eu besoin de faire un signe pour attirer l'attention sur lui et imposer le silence. Il fixait les deux candidats. Des deux hommes qui allaient s'affronter pour le trône du Màar Taralom, un seul survivra. D'une voix forte il déclama alors :

En ce jour, sous le regard de la Grande Flarmya qui sera seule juge de ce duel, que combattent Alauwyr Iskuvar et Martel Dehlekna. Par la volonté de leur lié d'accepter le sort qui les destine, que le victorieux gagne et le perdant trépasse. La mort ou la vie, sera la voie unique d'un des deux prétendants au trône ! Dans la mort le lié suivra sans aucune once de vengeance ! Battez-vous selon les règles établies ! Que les cieux soient favorables pour le vainqueur et futur Seigneur du Màr Taralöm !''

Les gardes des deux maîtres s’éclipsèrent. Ne restait plus que Martel et Alauwyr. Le Maître Noir sortit son épée à la lame noire tout en reculant de quelques pas. L'arme brandie, il offrit un bref salut à son adversaire, cet elfe qu'il aurait dû abattre depuis qu'il était au Màr.

''J'espère que tu es prêt mon cher. Je n'aurai point le temps de te donner une leçon. Puissent les dieux avoir pitié de ton âme quand le fil de mon épée t'occira. ''


Il s'était déjà mis en posture, légèrement en défense. Avec Martel, il fallait s'attendre à avoir une entrée offensive puissante et directe. L'elfe était un bon bretteur et pour ce combat, Alauwyr se gardait bien de palabrer comme il le faisait d'ordinaire. Un rictus mauvais à ses lèvres et son regard pétillant de voir le sang couler était là les seules choses qu'il offrait à Martel.



Marek d'Ardiénor
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MessagePosté le: Sam 1 Avr 2017 - 16:12 Répondre en citantRevenir en haut


Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
- Haut Représentant du Clan Dominant -



Enfin, l'heure de vérité était venue. L'aube du jour où le dénouement d'années d'intrigue au sein du Màr serait connu. Le moment où sa vengeance s'accomplirait et où les sables noirs de la Fosse seraient abreuvés de sang en abondance.

Étroitement entouré par les chiens de garde de Thaddeus Aodhar, et emboîtant le pas à ce misérable de d'Ardiénor, sa crinière de neige retenue en arrière par une tresse complexe lui battant le dos, Martel refrénait son impatience. Malgré le rythme de marche rapide imposé par le Grand Prêtre, ces couloirs lui paraissaient interminables. Déjà il percevait au loin la rumeur sourde de la foule qui emplissait très certainement les gradins de la Fosse, en dépit de l'heure matinale. Tout le Kaerl serait sans aucun doute réuni pour voir le duel pour la mainmise sur le trône du Màr Tàralöm ... Et cela l'emplissait d'une exaltation fiévreuse bien inhabituelle pour lui, dont les veines ne savaient que charrier les glaces de Vaendark. Melkor n'était pas physiquement présent avec lui, ayant préféré rejoindre la Fosse par ses propres moyens, mais étroitement liés comme ils l'étaient, il savait que le Dragon, vigilant et lové au creux de son âme, suivait attentivement sa progression. Le grand Bronze le soutiendrait en énergie durant toute la durée du combat, et se tiendrait prêt à abattre son propre ennemi le moment venu.

Un mince sourire de satisfaction étira ses lèvres tandis que la petite troupe passait finalement de la pénombre du corridor à la lumière vive de l'arène, et, un instant, une lueur dansante et farouche flamboya dans ses iris glacés. A nouveau, il se refusait catégoriquement à ne serait-ce qu'envisager la défaite. Ce serait la victoire ou la mort, et la seconde possibilité ne faisait pas partie de ses projets. Ce jour verrait la fin du règne d'Iskuvar, ce bâtard parvenu qui n'avait absolument aucun droit à s'asseoir sur le trône du Màr Tàralöm. Jusqu'à sa mort, et même encore au delà, alors qu'il avait pensé pouvoir l'utiliser comme un pion sur son échiquier, Limna ne lui avait décidément rapporté que de la déception ...

Alors, sur un regard sombre chargé de sous-entendus, et lui sembla-t-il, une imperceptible angoisse voilant son visage, Marek d'Ardiénor s'inclina légèrement devant lui, et le quitta pour rejoindre la place qui lui revenait. Avec une raideur et une perfection toute militaire, les gardes se déployèrent quant à eux le long de l'arène, prenant position pour s'assurer, une fois encore, que personne n’interférerait dans le duel à venir.
Et là, à l'autre bout de la Fosse, lui faisant face un sourire provocateur plaqué sur les lèvres, se dressait déjà Iskuvar, ainsi que le prêtre l'avait dit. Concentré totalement sur son adversaire, se rapprochant lentement de lui, ses yeux bleus perçants l'examinant dans son entièreté pour en découvrir les moindres failles, Martel ne prêta qu'une faible attention au discours de d'Ardiénor. Se battre avec honneur et dans les règles, quelles foutaises. Ici ce serait l'habileté à l'épée et la stratégie brute qui primeraient avant toutes choses. Le moindre faux pas serait fatal. L'Humain pourrait compter sur sa force supérieure, mais l'Elfe était plus rapide, plus souple … Et plus retors. Il nota mentalement sa position défensive ; ainsi, il se méfiait de lui et de ses capacités ? Fort bien. Il savait qu'il allait devoir le pousser dans ses derniers retranchements, l'amener à faire une erreur, pour pouvoir le vaincre. Inutile d'espérer l'épuiser ... Sauf si l'intuition de Melkor quant à ses blessures se révélait juste.

Le Maitre Bronze dégaina sa longue lame ouvragée, en admirant avec une nonchalance étudiée le fil acéré, miroitant à la lumière multiple des torchères cuivrées, avant de la dresser à son tour devant son visage en une parodie de salutations envers son adversaire. La bravade d'Iskuvar lui arracha un bref éclat de rire sans joie, aussi sec qu'un coup de fouet, paraissant étrangement déplacé chez lui.

« Eh bien, Seigneur, on est bien peu bavard en cette fameuse aube sanglante ! Alors, pas de glorieux discours à adresser à votre peuple ? Quelque chose dont vos partisans pourront se souvenir avec émotion et le graver sur votre tombe en guise d'épitaphe ? Que de vaines menaces ? Quel ennui ! Serait-ce la peur qui paralyse votre langue ? »

Son sourire glaçant se fanant pour laisser place à une expression plus dure, son épée plantée dans le sable devant lui, il enfila calmement son heaume, et se plaçant en position de combat, il siffla doucereusement, à mi-voix, juste assez pour être entendu de son vis à vis :

« Si tu me donnes pleinement satisfaction durant ce duel, Iskuvar, je te promets de ne pas faire durer trop en longueur ton agonie. »

Et comme pour ponctuer sa déclaration, un rugissement de défi résonna sous la haute voûte depuis les corniches réservées aux dragons, annonçant à tous que dans ce combat à venir, le Bronze Melkor aurait également ses comptes à régler. Il broierait l'échine du Noir sous ses crocs, quoi qu'il lui en coûte et quel que soit le vainqueur final.

La tête haute, Martel ploya méthodiquement les doigts dans ses gantelets pour les assouplir, tandis que dans les gradins, la foule retenait son souffle, s'agitant avec impatience, attendant le début des hostilités. Dans l'ombre de son heaume, il sourit à nouveau, savourant d'avance le déchaînement de force qui allait suivre, et empoigna son épée, la pointant vivement en direction de d'Ardiénor, qui se tenait là-haut avec une raideur hiératique, digne d'une statue de marbre. Puisqu'il fallait satisfaire les convenances et les adorateurs de la ''toute puissante tradition'' ...

« Sous le regard de Flarmya, moi, Martel Dehlekna, prouverait en ce jour ma légitimité en tant qu'Elu de la Déesse. »

Et que sa déclaration prenne valeur de serment face au Màr Tàralöm tout entier.

Une profonde respiration, et le temps d'un battement de cœur, il s'élançait brusquement en direction d'Iskuvar, la lame brandie, son armure d'écailles cuivrées renvoyant comme tout autant de minuscules miroirs, la lumière vacillante des flammes éclairant la Fosse. Enfin ! Dans ses veines, la glace se rompit sous la pression de la lave trop longtemps contenue, et un torrent rugissant s'y engouffra soudain. Sur sa corniche, à l'image de son âme sœur, Melkor se tendit vers l'avant, les prunelles tourbillonnantes d'un rouge rubis, ses griffes acérées s'enfonçant dans la pierre dure dans un crissement désagréable.
Au vu du positionnement défensif adopté par l'Humain, une tactique de harcèlement devrait porter ses fruits dans un premier temps, et lui permettre de découvrir ses points faibles. Attaquer, se mettre en garde, reculer, et recommencer, encore et encore, explorer toutes les possibilités, tous les angles, profiter de la légère allonge supplémentaire que lui apportait la taille de son épée, jusqu'à trouver une faille dans laquelle s'enfoncer. Le combat serait complexe, il le savait déjà. La danse ne faisait que commencer.

Les deux lames s'entrechoquèrent avec brutalité, le son clair et délectable du métal cognant le métal retentissant et se répercutant sous la voûte de marbre, juste avant qu'elles ne se séparent. Iskuvar serait probablement de taille à contrer chacune de ses attaques frontales … Alors il commença à tourner lentement autour de lui, feintant, se fendant plus rarement, cherchant à déstabiliser son adversaire, qui répondait coup pour coup, sans pour autant chercher à prendre la main pour diriger leurs passes. Les sourcils de Martel se froncèrent, et son regard se fit plus concentré, ses attaques se firent plus intenses. Le temps s'écoulait lentement. Pourquoi se contentait-il de se défendre ? Qu'attendait-il ?

Soudain, l'Elfe sauta en arrière, tout en esquivant une riposte particulièrement puissante qui aurait risqué d'endommager son plastron. Là ! Il avait trouvé ce qu'il cherchait. Dans son esprit il perçu la confirmation de Melkor. Il l'avait vu aussi, cette faille minuscule et bien cachée, cette raideur au niveau du flanc, cette légère altération dans leurs échanges, cette discordance qui se produisait selon certains mouvements. Il n'était pas certain que quiconque en dehors d'eux deux ait pu la déceler, outre éventuellement ceux déjà au courant de ce bien vilain petit secret. Ainsi, le Bronze avait vu juste ; Alauwyr était bel et bien blessé. Quelle que soit l'ampleur de sa blessure, c'était un avantage à son égard. Ses mains raffermirent leur étreinte sur la poignée de son épée et il fléchit légèrement les jambes, son esprit échafaudant à toute vitesse sa future stratégie.

Alors, comme s'il avait pu avoir connaissance de la teneur de ses pensées, ayant peut-être perçu son changement de posture, Iskuvar passa à l'attaque, assénant coups après coups avec une vigueur surprenante, pour ce que Martel connaissait de son état. Ses lèvres s'étirant en une grimace ardente et haineuse, l'Elfe commença, pour la première fois depuis le début de ce combat, à reculer sous la force de l'assaut. Il devait impérativement parvenir à rompre cet engrenage avant de se retrouver acculé comme un chien ! La victoire était à sa portée, si seulement il lui était possible de le prendre à revers ...

Maintenant ! Se dégageant d'une roulade souple sur le côté, le Maitre Bronze se redressa comme un ressort dans son dos, profitant de son élan pour se fendre en avant, ciblant précisément cette faille qui lui permettrait de lui enfoncer profondément son épée dans le corps. Il pouvait sentir dans sa poitrine son cœur battre à tout rompre, propulsant l'énergie à travers tout son corps, lui semblant menacer presque d'en jaillir.

L'écoulement du temps sembla se ralentir implacablement tandis que sa lame filait vers son but. Il ne pouvait plus ni reculer ni ajuster sa trajectoire à présent. Et ses iris bleutés s'écarquillèrent de stupéfaction lorsqu'Iskuvar entreprit un volte-face qu'il aurait juré impossible étant donné sa blessure. Alors, l'Elfe comprit. Il savait, et tentait le tout pour le tout. Ce serait leur dernier échange. Une telle torsion sur lui-même ne pourrait qu'avoir rouvert les plaies de son adversaire. Si l'Humain ne vainquait pas immédiatement, la douleur et le sang qu'il perdrait l'amènerait inexorablement à sa fin.
C'est pourquoi, dans un sursaut de conscience, Martel se rejeta en arrière, prêt à se laisser glisser au sol pour aller faucher les jambes d'Iskuvar, mais bien trop tard, car la lame noire frôla son cou, y laissant une longue traînée sanglante et envoyant voler son heaume hors de portée.

Dans un cri inarticulé de rage, celui qui avait juré devant les Dieux de remporter la victoire, se retrouva à demi allongé sur le sable noir, le fil de la lame de son ennemi plaqué sur sa gorge, prête à accomplir son sanglant office. Comment ceci avait-il pu se produire ? Haletants, les deux combattants se fixaient, se défiaient du regard, tandis que l'épée d'Iskuvar se redressait lentement, se préparant à s'abattre pour faucher la vie ainsi mise à sa portée.


Seregon del Cirth
Gardien du Màr Tàralöm


« Suffit ! »

Son visage crispé par une cuisante humiliation se tourna vers la source de la voix. Segeron ! Cela ne pouvait pas se terminer ainsi ! S'il pouvait seulement atteindre la dague empoisonnée qu'il savait cachée dans sa botte, une simple égratignure suffirait à envoyer l'Humain dans l'au-delà, et à lui accorder ce pouvoir qu'il avait tant désiré … Froidement, le regard du borgne l'évalua, semblant percer jusqu'à son âme, et sa main s'arrêta lentement, se contractant en une serre nerveuse en suspension au dessus de sa botte. Ce damné Gardien ne pouvait pas avoir connaissance de l'atout qu'il avait placé là !

Imposant de par sa seule présence, Seregon del Cirth, Gardien du Màr Tàralöm, s'arrêta à quelques pas de Martel et Alauwyr, le second ayant gardé sa lame pointée sur le premier, les jaugeant tour à tour, bras croisés et visage impénétrable. Pour quelle raison intervenait-il maintenant ? Une flambée de colère et de ressentiment fit flamboyer les iris glacés de Martel, refusant de baisser le regard un seul instant devant la plus puissante entité du Kaerl Ardent. Le Dragon avait toujours semblé favoriser l'Humain, à chacune de leurs confrontations, d'aussi loin qu'il s'en souvenait, même lors de son combat contre Limna. Ses poings se serrèrent douloureusement et son cœur lui paru prêt à éclater lorsque la signification probable de la présence du Gardien fit enfin jour dans son esprit.

« Le vainqueur désigné de ce combat est Alauwyr Iskuvar. »

Seregon fit d'abord face à Iskuvar, l'expression grave et un rien menaçante.

« Flarmya vous a jugé digne de reprendre votre place comme Seigneur de ce Kaerl. Je ne peux que vous enjoindre de ne pas lui faire regretter cette décision à l'avenir et de vous montrer digne de cette responsabilité. »

Puis son regard se baissa sur Martel, qui n'avait toujours pas bougé, sous la menace de l'épée noire d'Iskuvar.

« Il est regrettable que votre ambition et votre soif de vengeance vous ait poussé si loin. Vous êtes ainsi seul responsable de votre situation actuelle. Toutefois, en cette heure funeste, le Kaerl sait reconnaître la valeur du sang de ses enfants. Et il serait malheureux que le vôtre soit versé inutilement. »

Un simple coup d'oeil d'avertissement suffit à ce que l'Humain ne rengaine sa lame, l'expression impénétrable mais les yeux flamboyants de colère face à l'intervention de Seregon.

« Que sa vie soit épargnée ! Qu'il courbe l'échine et reconnaisse la domination de son Seigneur, ou qu'il soit déchu de ses titres, rangs et possessions, quitte le Màr Tàralöm et n'y revienne jamais. Voici la sentence que je propose en tant que Gardien de ce Kaerl. »

« NON ...! »

Sur ces mots, Seregon se détourna, sans plus accorder d'attention au vaincu, malgré le cri de rébellion qui lui avait échappé, faisant écho au soudain rugissement de colère du grand Bronze. Il ne pouvait pas lui refuser une mort honorable au combat ! Il s'y était préparé et était prêt à l'accueillir ! Toutes ces années d'intrigue pour finir traîné dans la boue comme un moins que rien ! Comme frappé par la foudre, ses iris bleus agrandis par la panique qui menaçait de le submerger, Martel sentit ses doigts se refermer sur la poignée de sa dague, prêt à la tirer pour … pour quoi au juste ? Prendre la vie d'Iskuvar et finir abattu comme un esclave sous les yeux du Kaerl entier ? La plonger dans son propre cœur et achever ainsi sa propre vie dans le déshonneur ?

Très étrangement, l'apaisement vint alors de Melkor, dont les prunelles avait viré à un gris maladif lorsqu'il avait senti le revirement des pensées de son Lié. Il ne le laisserait pas verser son propre sang sur les sables de la Fosse !

**Partons, Martel ! Quittons le Kaerl tant que nous le pouvons encore. La richesse, l'honneur, le statut, toutes ces choses ne sont que des concepts abstraits. Il te sera toujours possible de les regagner. En revanche, ta vie, notre vie, est bien trop irremplaçable pour être perdue en ce jour ! La vengeance attendra, et alors, ils paieront au centuple ...**


(HRP : Avec mes excuses pour la longueur du post, étant donné l'absence d'Alauwyr j'ai essayé du coup de synthétiser / décrire tout le combat, chose pour laquelle je ne suis pas trop douée ^^. J'espère que ça vous plaira quand même, n'hésitez pas à poster à la suite pour mettre en scène la ou les réactions de vos personnages !
With love,
Heryn/Marek <3)




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MessagePosté le: Sam 1 Avr 2017 - 23:20 Répondre en citantRevenir en haut

&

– Nagendra Tuncay, Spectre des Cendres, Chevalier Lié au Bronze Llyr –


Le sommeil ne l’avait cueilli que quelques heures avant l’aurore, et, déjà, les rayons matinaux du soleil venaient se perdre le long de ses joues pâles. Avec un grognement, l’Humain roula sur le côté, battant paresseusement des cils le temps que l’image de sa chambre s’éclaircisse et que les derniers vestiges de sa trop courte nuit disparaissent. Il se redressa, dans l’optique de tendre le bras vers la carafe sur sa table de chevet, mais son souffle lui échappa soudain et il dut se prendre la tête entre les mains, incapable d’esquisser le moindre geste tandis qu’une anxiété malvenue enserrait sournoisement son cœur.

° Ah, reprends-toi donc ! Tu me fais honte à te pâmer de la sorte… °

Nagendra sentit le Bronze s’enrouler autour de son esprit, une pointe de moquerie dans la voix alors qu’il partageait avec son Lié le souvenir de jeunes filles minaudant devant un Sieur de Lazarel en grande forme. Le Chevalier siffla entre ses dents et chassa de ses pensées les insinuations dégradantes du Dragon hilare, beaucoup trop fier de sa plaisanterie. Ne cernait-il pas le sérieux de la situation ? Ne pouvait-il pas, au moins cette fois, faire l’effort de comprendre l’appréhension du bipède ? Nagendra s’occupa de sa toilette tout en ignorant les piques continues de Llyr, en proie à des réflexions plus importantes que le badinage acéré du Bronze.

Aujourd’hui serait le jour qu’il attendait depuis bien longtemps – ou aujourd’hui serait le jour qu’il redoutait le plus. Il ne pouvait se résoudre à douter du Maître Martel Dehlekna, parce qu’il le respectait trop pour se permettre un tel affront, mais, par le fait de quelque crainte presque superstitieuse, il ne parvenait pas non plus à calmer les battements effrénés qui résonnaient dans sa poitrine oppressée. L’Elfe aux yeux de glace n’était pas un homme qu’il aurait voulu voir mourir, même si Nagendra était partisan de sa cause, et tout honorable fût-il de mettre sa vie en lice pour la défendre.

° Ta naïveté ne souffre pas plus de failles que ta loyauté. Comment te consolerai-je donc, mon cher, quand tu réaliseras que seuls la gloire et le désir de pouvoir motivaient sa lame ? °

° Tu ne m’en voudras pas si je ne peux accorder d’importance à tes paroles. Tu ne comprends rien à la politique, pas plus qu’aux hommes. Je préfère encore suivre un véritable guerrier qu’un arriviste dont les fesses se sont posées sur le trône parce qu’une Dame en appréciait la forme. Peu m’importe qu’il désire la puissance, la richesse ou la reconnaissance de ses pairs. N’est-ce pas là ce que nous cherchons tous, d’une façon ou d’une autre ? °


Nagendra enfila une tunique d’un vert impérial sombre, noua consciencieusement les lacets de ses gantelets en cuir noir et de son plastron assorti, puis jeta un coup d’œil inquisiteur en direction d’une corbeille de fruits. Il referma ses doigts autour d’une pomme, mais, malgré son aspect somme toute appétissant, l’Humain eut une grimace et la reposa prestement. Inutile d’essayer d’avaler quoi que ce soit, son estomac refuserait tout ce qu’il aurait à lui proposer. ° Plus tard, peut-être… Si toutefois l’issue du combat ne me laisse pas plus nauséeux que je ne le suis actuellement. ° D’un geste d’automate, il s’assura que ceinture, fourreau et épée étaient correctement agencés avant de faire passer son imposante cape sur une seule épaule. Il était temps.

° Llyr, me rejoindras-tu à la Fosse ou préfères-tu en profiter pour tenter de voler la couche de l'un de tes aînés ? °

° Je serai là. Je ne manquerais pour rien au monde la tête que tu tireras quand ton précieux Martel finira empalé sur l’épée du Seigneur que tu as juré de servir. °


Le Chevalier éclata d’un rire sec, tout à fait dépourvu d’amusement, et fit claquer la porte de ses appartements, s’attirant quelques regards étonnés de la part des retardataires. Il rabattit brusquement sa capuche et fila en direction de la Fosse, se laissant happer par la foule.

Cela faisait une éternité que l’Humain ne s’était pas retrouvé en pareille société. Tout le Kaerl semblait s’être réuni dans les gradins, et les corps se pressaient pour avoir la meilleure vue sur les sables encore immaculés, une clameur assourdissante s’élevait, de plus en plus intense, sous le dôme d’orichalque. Plus jeune, Dorcha l’avait souvent mis au défi de calmer les ardeurs de ces imbéciles assoiffés de sang qui hantaient les lieux, à la recherche d’une victime pour flatter leur ego ou pour se venger de vieux souvenirs… Maintenant, il ne venait plus. Il avait délaissé les jeux cruels de ses confrères pour se consacrer au service du Màr, et seuls leurs véritables ennemis goûtaient désormais l’acier de sa lame. Llyr venait encore se mesurer à plus fort que lui, quand l’ennui le rongeait trop, sous l’œil réprobateur de son Lié.

Nagendra se faufila à travers les nuées de spectateurs impatients afin de se trouver une place assez éloignée des partisans d’Iskuvar – il ne souhaitait pas écoper d’ecchymoses à cause de ses idéaux personnels. Il fut rejoint par un Elfe à la démarche sautillante, auréolé d’or par une interminable chevelure blonde mais à la mine définitivement trop malicieuse pour être honnête. Nagendra salua son Lié d’une brève inclinaison de la tête et s’installa sur les tribunes, guettant avec inquiétude les entrées de la Fosse. Llyr se hissa derrière lui et prit appui sur le sommet de son crâne dans un geste d’une déconcertante familiarité, ses iris aux couleurs de l’azur balayant avidement les gradins et l’arène.

Ah, ça va commencer !

Les rumeurs de la foule semblaient s’être amoindries, remplacées par les furieux échos de son cœur qui martelait ses tempes avec un acharnement douloureux. Nagendra sentit ses poings se serrer d’eux-mêmes alors que les combattants s’avançaient sur les sables. D’ordinaire, il savait apprécier le rugissement du sang dans ses veines, l’étreinte presque aimante de la peur quand le danger rampait juste à côté de sa raison, menaçant de l’aspirer dans une danse frénétique – mais pas ici, pas aujourd’hui. La certitude le laissait pantelant : si Martel venait à perdre cet affrontement, les braises d’un espoir encore trop ténu pour être nommé mourraient avec lui, et le règne permissif qui laissait la part belle aux opportunistes, aux menteurs et aux lâches continuerait impunément. Il pouvait bien lui pardonner son insolence d’avoir provoqué le Seigneur en duel en dépit de son rang, si un tel acte pouvait enfin les débarrasser de tout cela. Ses mâchoires en tremblaient – l’Elfe ignorait sans doute que des Ardents comme Nagendra pouvaient se trouver là, dissimulés parmi les visages cupides et enragés. Il ignorait, aussi, que ces mêmes personnes avaient placé leur foi et leurs espérances entre ses mains fermes habituées au pouvoir, et qui empoignaient maintenant sans l’ombre d’un tressaillement une épée plongée dans les flammes sombres de la vengeance.

° Nous ne pouvons plus que prier. ° songea amèrement l’Humain, tournant alors son regard ambré vers la haute silhouette de Marek d’Ardiénor, et il n’avait jamais vénéré aucun Dieu. Sous l’égide de Flarmya, le combat débutait enfin – et seule la mort en marquerait la fin. ° Prier pour que son impatience ne nous trahisse pas, pas plus que ses velléités revanchardes. Il y a tellement plus à jouer aujourd’hui que l’honneur d’un seul homme. ° À chaque coup, à chaque pas, Nagendra se tendait comme la corde d’un arc, penché en avant afin de ne rien perdre de la stratégie employée par son illustre aîné. Il ne pouvait rien y faire ; malgré l’inquiétude qui nouait ses entrailles, une partie plus modérée et plus distante se focalisait sur les passes, les mouvements, et la chorégraphie s’inscrivait derrière ses paupières. Durant un temps infini, le Maître Bronze provoqua simplement mais habilement son adversaire, décrivant des cercles autour de lui à la manière d’un fauve, traquant la faute, la faille – et le jeune Chevalier fit de même, les yeux écarquillés et le souffle court. Dans un coin de son esprit, Llyr surveillait attentivement les élans de son Lié, craignant que celui-ci ne finisse par basculer tête la première.

Enfin, le Seigneur du Màr se mit à riposter avec violence, faisant reculer son assaillant. ° L’Elfe a dû sentir quelque chose qui n’a pas plu au petit Humain. Voilà que le Seigneur agit comme une mère protégeant sa portée. ° commenta le Bronze en se levant à moitié, des volutes écarlates dansant au fond de ses iris. Il n’avait pas tort. Nagendra se mordit l’intérieur de la joue, soudain incertain quant à l’issue de l’affrontement. Il surprit du coin de l’œil le sourire suffisant de son Âme Sœur, qui se réjouissait sûrement d’avance d’avoir eu raison, et une étrange pointe de douleur vint se planter un peu en-deçà de son cœur. Comment pouvait-il exulter en un moment pareil ? Au-delà de l’excitation du combat et des effluves fauves qui leur parvenaient de partout, le Chevalier soupçonnait le Bronze de se délecter du spectacle de sa propre perdition. Nagendra se pinça l’arête du nez pour se reprendre, fermant un instant les paupières. Par ce geste, même s’il avait été tout à fait inconscient, la vision de la chute de Martel Dehlekna lui fut épargnée.

Un silence qui ne trompait pas s’abattit sur la Fosse, et l’Humain rouvrit les yeux, la poitrine prête à exploser. Hagard, son regard tomba sur les deux silhouettes sur les sables – l’une à terre, l’autre triomphante, l’épée à demi levée et comme suspendue dans l’air lourd de tension. Non… Non, c’était impossible ! Quelques secondes plus tôt, il donnait encore l’impression de mener la danse ! L’agitation souleva la foule en vagues successives. Nagendra se laissa retomber faiblement contre le banc tandis que, tout autour, des bras se levaient pour réclamer le sang du vaincu et que les hurlements retentissaient, créant comme un tourbillon auquel il ne pouvait pas se soustraire. Il lui semblait que quelque chose de très fragile venait d’être brusquement exposé à la vue de tous, et cela le laissait avec une féroce envie d’éclater le visage de son voisin contre le sol. Le Chevalier se força à reporter son attention sur la scène qui se jouait en contrebas, mâchoire crispée et colère visible dans ses iris d’or en fusion.

L’intervention du Gardien Seregon del Cirth ne lui apporta qu’un maigre réconfort. Il songea brièvement à l’humiliation que devait ressentir le Maître Bronze, les joues rougies par une indignation qui n'était pas supposée être sienne. Voilà qu’on refusait à cet homme le droit de mourir en guerrier ! S’agenouiller devant son ennemi ou être banni d’un Màr pour lequel il avait versé son sang ! Et c’était un Dragon qui lui infligeait ce choix ignoble et déshonorant ! Le cri de Martel fut couvert par le rugissement de son Lié, et Nagendra frappa d’un coup sec le bois sur lequel il était assis. Le dégoût et la rage germèrent sur ses lèvres en une moue féroce, tordant ses traits d’ordinaire si impassibles. Rapidement, il remit sa capuche afin de se soustraire aux regards trop curieux – il avait dissimulé son attachement envers l’Elfe, ce n’était pas pour le révéler finalement dans les pires circonstances envisageables. Raide et sévère, l’Humain se leva et entama sa lente descente vers un air moins souillé. Llyr suivait, véritable tornade de rouge grenat, de cuivre et d’or blond.

° Je n’ai plus foi en rien, Llyr. ° conclut Nagendra d’un ton froid, et cela amusa grandement son Lié.

° Allons, vois le bon côté des choses ! Il est en vie. Tu pourras toujours te le figurer, cheveux au vent et épée en main, avant de t'endormir, pour te réconforter. °

° Mort ou non, maintenant, cela ne changera rien. Même s’il revenait, qui soutiendrait un exilé ? Les Ardents ne jurent que par la force, tu le sais bien. °


Quelques échauffés bousculèrent le Chevalier tandis qu’il tentait de rejoindre la sortie, mortifié, et il se retint de dégainer son épée pour leur apprendre les bonnes manières. Cela n’aurait fait que porter un peu plus préjudice au nom de Dehlekna.

° Oh, eh bien, j’imagine que tu ne dois pas être son seul admirateur inavoué. Que comptes-tu faire ? °

° Changer de stratégie. Je ne vais pas attendre comme une princesse dans sa tour d’ivoire. °

° Je vois. Hors de question, donc, de préparer son retour. Tu n’as jamais apprécié ce paria, de toute manière. °


Nagendra se fendit d’un discret sourire en croissant de lune.



Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Sam 15 Avr 2017 - 11:00 Répondre en citantRevenir en haut

Plus q'une parodie... Martel se donnait en spectacle, dans son geste malgré tout gracieux et précis qu'il venait d'exécuter avec sa lame, d'une beauté sans pareille il fallait l'avoir. Mais la beauté d'une épée n'apportait pas la victoire. Elle dépendait du bras qui la portait et la maniait. Elle pouvait être belle et n'être rien dans la main d'un homme incapable de s'en servi dignement. Alauwyr avait gardé son sourire. C'était de la futilité à ses yeux et si l'Elfe espérait l'impressionner, il venait d'échouer

Puis quand Martel tenta de l'asticoter quand à la brièveté de son discours. Alauwyr aurait pu ricaner. La réplique emplie de dédain de son adversaire était plus digne d'un être arrogant que d'un adversaire redoutable. Mais il ne lui offrirait jamais ce plaisir.

''Parler est sans doute ta meilleure spécialité. Seule l'action importe, pas les belles paroles. Si tu perds ton temps à essayer de m'attaquer sur un domaine oral, tu perds ton temps mon cher... ou alors serait-ce la peur qui te pousse à causer pour trouver le peu de courage que tu as réussi à réunir pour que nous nous affrontions sur les Sables aujourd'hui ? ''

Puis Martel sortit son épée plantée des sables, mit sereinement son heaume. Il paraissait si sûr de le remporter. Plus encore en tentant une ultime bravade. Alauwyr se contenta de lui rendre un sourire encore plus déterminé. Un puissant rugissement retentit dans les gradins. Le lié de l'Elfe venait de se faire entendre tout comme son âme sœur. Un puissant son de cor grave vint à lui répondre. Le Cendré Estenir relevait sa menace et montrait des crocs acérés. Il ne redoutait pas ce fantoche de Bronze. Peut être qu'il était plus jeune, mais il avait lui une meilleure expérience de combat. Un bronze était massive en comparaison de lui, mais lui avait l'avantage de la taille... et d'un désir ardent de sentir le sang de son frère d'espèce, coulé sur sa langue. Son incapacité à refréner l'ambition maladive de son lié elfique à vouloir monter sur le trône lui coûtera la vie !

Martel pointa pointa sa lame vers qui de droit pour prêter son serment pour ce défi décisif. Puis le combat démarra, à la vivacité d'un combattant elfique sûr de l'emporter et avide d'occire son adversaire une bonne fois pour toute ! La défense d'Alauwyr fut déjà mise à contribution.

L'ardent comprit que Martel cherchait à le harceler, à le pousser dans ses retranchements pour trouver une faille et s'y engouffrer. Encore et encore. Alauwyr en profita pour mesurer les capacités offensives de son adversaire, en parant les coups et interdisant toute attaque pénétrante ses défenses. Ce n'était que le début. Les deux combattants le savaient. La danse, entamée par l'Elfe, entraîna l'humain à faire les pas adaptés à ceux de Martel, pour ne lui offrir aucune ouverture.

Les deux lames s'entrechoquaient oui. Encore et encore. Le crissement du métal résonnait dans l'air, étrangement silencieux que provoquaient l'assemblée. Chaque spectateur semblait retenir son souffle, guettant et suivant le moindre mouvement des deux hommes. Leur ballet les captivait, au point que le moindre son émis pourrait contrer celui du crissement de leurs épées et le souffle qu'ils expiraient pour répondre à la dépense de leurs mouvements exécutés à la chaîne. Puis Martel commença à tourner lentement autour du Seigneur. Comme pour chercher une nouvelle manière de le combattre.

Alauwyr l'observait, restait concentré. A croire que Martel commençait à être dérouté de pas avoir réussi ) briser sa défense. Bien... qu'il continue à découvrir petit à petit qu'il ne serait pas aussi facle à abattre qu'il ne l'aurait cru. Soudain, l'Elfe sauta en arrière. L'Ardent humain resta en garde, toujours sur la défensive. Il était peut être temps de prendre la main et de jouer l'offensive cette fois.

Il passa donc à l'assaut, bien décider à rendre coup sur coup les attaques précédentes de l'Elfe. Une nouvelle danse martiale s'exécuta alors. Cette fois, Alauwyr menait le ballet, au point de faire reculer l'Elfe. Cette fois, Martel, à la grimace qui se dessinait sur son visage, comprenait qu'il avait affaire à un adversaire redoutable. S'il l'avait sous estimé....

Martel appliqua soudainement sa stratégie. Alauwyr comprit qu'à l'ultime instant où l'elfe visait avec sa lame. Tout se passa comme dans un temps ralenti....Il n'allait pas avoir le choix. Martel avait sans doute remarqué les infirmes précautions prises dans chacun de ses mouvements pour ne pas avoir à subir les élans douloureux de son flanc blessé. Et qu'il avait attendu le bon moment pour frapper et être certain de remporter la victoire ! Jamais le Maître Noir n'accepterait de se faire planter par la lame de son adversaire aussi aisément, par un point faible si évident maintenant. Autant en subir les conséquences !

L'expérience qu'il avait acquis durant ses années de mercenariat lui permit de faire volte-face, lui arrachant une souffrance tenaillante, provoquant un gémissement étouffé. Il ne devait pas flancher, pas maintenant ! Tout comme Martel, la prochaine passe sera la dernière. Celle de la victoire ou de la mort. Martel ne s'était pas laissé démonté et s'était rejeté en arrière pour faucher son adversaire, espérant sans doute profiter de sa faiblesse naissante. La lame ténébreuse du Seigneur le frappant avant.

Martel se retrouva à moitié allongé sur le sol, le sang goûtant de l'entaille que l'épée noire de son adversaire avait provoqué. Le fil de l'arme était plaqué contre son cou. Un seul geste et tout serait terminé. Une main pressant son flanc blessé, Alauwyr jaugeait Martel. Aucun mot ne s'exprima. Le regard suffisait à exprimer son ressenti : la froideur d'un exécuteur qui venait de remporter le combat. . Alauwyr serra la poignée de son épée, s'apprêta à faire son office victorieux quand une voix porta dans la Fosse entière. Seregon venait d'entrer en scène.

Chaque pas du gardien crissait à peine sur le sable remué de l'arène. Il s'arrêta à quelques mètres des deux adversaires. L'humain sourcillait, gardant sa lame pointée sur Martel, menaçante et toujours avide de lui trancher le fil de sa vie. Pourquoi le Gardien intervenait-il donc ? Il lui ôtait par la même occasion la possibilité de tuer à tout jamais son plus important adversaire au trône Ardent ! Son esprit bouillonnait, mais Seregon était déjà intervenu une fois de la sorte : lors de son affrontement avec Limna. Le Gardien agissait pour le bien du Kaerl. Ainsi, il évitait sans aucun doute qu'une guerre civile n'éclate entre les partisans du Seigneur et ceux de Martel. Il était l'Autorité, l'Âme et le Coeur du Kaerl. S'il décidait, tous ne pourront qu'obéir et respecter sa décision.

Alauwyr restait indécis sur le coup. Il pourrait refuser et abattre de droit Martel. Dans le regard de son adversaire malgré tout vaincu, indignation, rage, colère.... tout se bousculait dans son regard. Il n'acceptait pas de perdre. Mais qui était-il pour remettre en cause la décision du Gardien ? Seregon avait désigné Alauwyr comme Seigneur et acceptait de le lui laisser la vie sauve... Juste une tension en avant et sa lame noire lui arrachait sa vie par l'écoulement de sang...

Le Gardien lui jeta un regard lourd de sang. Alauwyr grimaça et accepta silencieusement de rengainer son arme. Sa main toujours pressée contre son flanc sentait la moiteur chaude du sang qui avait fini par imbiber sa tunique. Mais ce n'était qu'un détail sur l'instant. Il venait de reprendre ce qui lui revenait de droit !

Seregon se détourna du vaincu quand un cri mental retentit dans l'esprit de tous. Melkor refusait la décision prise par Seregon quand à l'avenir de vie de son lié. Courber l'échine devant son adversaire ? Jamais. Alauwyr avai reculé de quelques pas, restant sur ses gardes, sa main prête à dégainer une fois encore son épée pour se défendre, même si la blessure réouverte l'affaiblissait déjà. Estenir s'était penché en avant de sa place, prête à décoller pour affronter le Bronze si celui-ci avait été dans l'idée de faire un baroud d'honneur... Le Seigneur jeta un dernier regard à Martel. L'elfe conversait avec son lié au vue de l'éclat grisé de son regard....pendant que son visage se détendait d'une manière étrange... Martel s'était-il résigné ?

Alauwyr attendit qu'il eut terminé et sourcillant, le fixa avec sa froideur pénétrante.

''Tu n'as que deux voies possibles Martel. Seregon te les a dévoilées. A toi de faire ton choix. Si tu décides de quitter le Kaerl sache ceci. En dehors de notre Màr, rien ne m'interdira de te tuer si l'occasion m'est offerte à tes soins. Profite de cette chance qui t'est offerte : de rester en vie. Que cela te serve pour réfléchir à tes erreurs et à ta soif insatiable de pouvoir qui elle seule t'a poussé à la défaite...''

Il était temps pour Alauwyr de se retirer des Sables de la Fosse, là où il venait de reprendre son titre de Seigneur de manière définitive et légitime. Il n'oublierait pas l'intervention de Seregon...



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MessagePosté le: Mer 19 Avr 2017 - 20:09 Répondre en citantRevenir en haut


Aodren del Hendrake & le Noir Torak
- Membre du Clan Dominant -


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Red October – Audiomachine
 


Aodren avait assisté au combat, aussi confortablement installé que possible, depuis la partie des gradins que s'étaient adjugés les partisans de Martel Dehlekna, juste à la limite, cependant, de cette frontière invisible qui les séparait des indécis et de ceux qui refusaient de prendre parti. Il soutenait après tout le Haut Représentant de son Clan ... Mais pas trop ouvertement non plus, en vérité, car le Seigneur Iskuvar était également un Dominant. Obscures manoeuvres politiques, comme toujours. Un fond de vin rouge à la main, qu'une coupe de métal ouvragé gardait frais, il avait savouré sans vergogne la scène et les divers renversements de situation qui avaient suivi. Il s'était délecté tout autant du déchaînement d'émotions et de passions qu'il sentait tourbillonner littéralement tout autour de lui.

Il fallait avouer que les deux combattants possédaient un sens du spectacle inné, et que leur danse martiale s'était révélée un vrai plaisir pour les sens. Lui même, s'il n'était pas un bretteur exécrable, ayant toujours préféré l'usage de la magie, était bien loin d'être aussi doué. Il savait néanmoins reconnaître le talent quand il le voyait. Et alors, quand un troisième acteur avait fait son apparition, le Fëalocë avait éclaté d'un rire franchement appréciateur, noyé par la rumeur de la foule, mais s'attirant néanmoins nombre de regards désapprobateurs ou menaçants. Seregon et sa fourberie légendaire ! Le Gardien avait beau se draper dans son indifférence sous couvert de ''préserver l'équilibre du Màr Tàralöm uniquement'', il savait qu'un stratège manipulateur se cachait dans cette carcasse maudite. Ainsi donc Alauwyr Iskuvar resterait Seigneur du Kaerl Ardent ...

Avec ce qui pouvait être défini comme une subtile cruauté, pour peu que l'on connaissait le caractère de Martel, Seregon lui avait offert une dernière chance, le dépouillant ainsi du peu d'honneur qui lui restait encore. Dans les gradins, tout comme sur les corniches des dragons, une certaine agitation se propageait à travers les spectateurs, qui attendaient impatiemment la réponse du Maitre Bronze vaincu. Pour Aodren, elle ne faisait aucun doute. Un bref instant, il avait cru que l'Elfe allait mettre fin à sa vie, d'une manière ou d'une autre. Du moins, c'était ce qu'il lui avait semblé lire sur son visage rendu blême par l'humiliation … Mais cet instant fugitif s'était enfui, et à présent Martel se redressait, l'expression figée par une sombre résolution. Il n'avait jamais su quand s'arrêter … Le laisser en vie, était, du point de vue du Fëalocë, une bien grossière erreur. Même en exil, il lutterait jusqu'à son dernier souffle. Silencieusement, dans le creux de son esprit, il sentit Torak acquiescer, tant pour confirmer son intuition, que pour approuver ses pensées.

Se renversant en arrière tout en faisant tourner le liquide rubis au fond de sa coupe, Aodren s'autorisa un bref sourire de satisfaction. Avant même de venir ici, il savait d'ors et déjà que quelle que soit l'issue du combat, lui, serait gagnant. Le statut de Haut Représentant du Clan Dominant lui tendait les bras telle une jeune vierge consentante.

**Branwen sera satisfaite.**

Laconique, Torak, dressé à ses côtés sous sa forme humanoïde, lui adressa un regard sans équivoque. Aodren soupira, non sans lassitude, passant une main dans sa courte barbe rousse. Oui, en effet, sa mère, douairière de la noble Maison Hendrake du Màr Tàralöm, ne pourrait pas dire que les événements ne tournaient pas en leur faveur. Bien que non liée, car affligée d'un Don trop faible pour prétendre à une Empreinte, Branwen del Hendrake avait dès son plus jeune âge oeuvré pour renforcer le pouvoir et la position de sa famille au sein du Kaerl, cherchant à approcher la stature des Maisons Caelan ou Zenghwei.

Et cela avait passé par une union politique et matrimoniale avec un Maitre Dragon, membre du Clan Valherien, qui avait été sélectionné uniquement pour la puissance de son Don. Son géniteur avait ensuite fort opportunément trouvé la mort après avoir accompli sa tâche, à savoir en permettant son heureuse naissance. Il fut orgueilleusement baptisé par sa mère, « Aodren », signifiant « Royal », dans la langue d'Orën. Puis, dès qu'il fut assez âgé, il fut placé sous la tutelle du sage Curunír del Deldúwath, sa mère s'étant assuré à l'aide d'une bourse d'or bien remplie, que le vieux Maitre ne refuserait pas ses arguments.
Branwen dirigeait sa maisonnée d'une main de fer dans un bien mince gant de velours, cherchant à expurger ''l'infamie de sa situation'' en s'assurant que son fils attendrait les plus hauts sommets. A 22 ans, il se liait à Torak, un Noir Empereur des plus imposants. Aujourd'hui, 16 ans plus tard, après avoir traversé la Grande Guerre des Ordres et vu se succéder cinq Seigneurs et Dames différents, il touchait enfin du doigt son but. Nul n'était mieux placé que lui dans la course au pouvoir. Et s'il en était encore pour contester son rang, de l'or ou un assassinat dans l'ombre y remédieraient avec rapidité et efficacité.

Laissant ses iris couleur de cendre glisser sur la foule agitée, il repéra Yong'Wu Zenghwei, Haut Représentant du Clan Valherien, assis précisément au centre des gradins qui entouraient l'arène, et lui adressa un sourire flegmatique, levant sa coupe en sa direction. Le Torhil aux traits creusés, à son grand amusement, irradiait littéralement la désapprobation et le mépris. Visiblement le spectacle n'avait pas été à son goût. Ma foi, grand bien lui fasse !

De là, son regard tomba sur la silhouette d'un Chevalier Dragon accompagné de son Lié, qui tâchait de se faufiler discrètement, mais non sans une certaine raideur, vers la sortie de l'arène. Voilà qui piquait sa curiosité.

**Le petit est contrarié ...**

Un sourcil haussé, Aodren le suivit des yeux. Son visage reflétait effectivement une imperceptible irritation. Pour quelle raison ? Etait-il déçu que Dehlekna n'ait pas été tué ? De ne pas avoir vu le sang couler ? A moins que ce ne soit l'inverse, que la victoire d'Iskuvar lui soit insupportable ? Gravant son visage dans son esprit, le Fëalocë se promis de percer ce mystère et de garder un œil sur le jeune Spectre des Cendres, qui lui paraissait soudain prometteur. Peut-être pourrait-il le mettre à l'épreuve ultérieurement, en lui confiant une mission délicate … Oui, ce serait intéressant.

Nouveau champ de vision, et cette fois, c'est la Chevalière Elke On Niksë qui arrêta son attention. Une parente de l'ancienne Dame, ainsi que la désignait son patronyme, et qui, fraichement liée après un Aspiranat houleux sous la tutelle du Zenghwei, s'était engagée chez les Spectres des Cendres. Une mercenaire ... Elle aussi devrait être étroitement surveillée.

L'absence criante – à son sens – de Mora del Caelan lui parut également importante. Bien que le combat eut été décidé de manière impromptue à l'aube du jour précédent, le Fëalocë aurait pensé que ses informateurs permettraient néanmoins à la Shaman de faire acte de présence. Ses nombreux allers et retours entre le Màr Tàralöm et ce qui s'était révélé être la Lande d'Eru, l'agaçaient fortement. Et le fait que l'assistante de Mora, une blonde Elfe à la sensibilité exceptionnelle à la magie, l'avait littéralement défié du regard, refusant muettement de céder à ses menaces et de répondre à ses exigences, n'y était pas étranger. Tout comme la Maison Caelan, les Hendrake étaient originaires du Màr Dìnen. Secret bien gardé s'il en était un. Qu'elle s'affaire fiévreusement à la renaissance du Kaerl Maudit le laissait indifférent – ce n'était qu'une quête vaine et stupide, quand tout était à portée de main ici, au Kaerl Ardent – mais il s'inquiétait de savoir ce qu'elle avait pu y trouver. Car elle avait forcément mis la main sur quelque chose là-bas, il DEVAIT y avoir une raison à ses trop fréquentes et récentes disparitions !

**Aodren. Il a pris sa décision.**

Savourant une longue gorgée de vin rubicon pour calmer sa colère, Torak en sentinelle immobile à ses côtés, Aodren observa attentivement Martel ramasser avec calme son heaume et rengainer son épée, avant de se diriger lentement vers son Lié qui l'avait rejoint dans la Fosse. Ainsi, il avait vu juste. Le Maitre Bronze avait choisi l'exil. Puis il plissa les yeux avec suspicion. Juste avant que l'Elfe ne fasse volte-face, il lui avait semblé voir ses lèvres se mouvoir. Quel serment muet avait-il passé ?

Quel qu'il soit, il était temps pour lui d'agir et d'assurer sa position. Tandis qu'en contrebas, Eléderkan Garaldhorf était venu à la rencontre d'Iskuvar, et l'entretenait d'un air grave, Aodren leva à demi une main, les doigts légèrement repliés, et l'expression indolente. Aussitôt, un Chevalier Dragon vint s'agenouiller à ses pieds, le visage neutre, une main sur le cœur, prêt à servir.

« Adhâvan. Je veux que tu ailles porter ce message à chacun des membres du Clan Dominant. Je convoque une assemblée aussitôt que cette mascarade sera terminée. Dis-leur bien qu'Aodren del Hendrake réclame le rang de Haut Représentant. »

Faisant glisser hors de son index la lourde chevalière au rubis, symbole de son statut et de ses origines, il la lança à son messager, qui l'attrapa au vol avant de l'enfermer précieusement dans son poing. Il lui répugnait de s'en séparer, mais elle pouvait se révéler nécessaire.

« Et s'ils renâclent à accepter, montre-leur la bague, cela devrait suffire. »

« Bien, Maitre. »

Un sourire retors s'afficha sur ses lèvres, tandis qu'il observait le Chevalier s'éloigner. Adhâvan Ilaiyaraja, Chevalier et Verseur de Sang, lié à la Blanche Rakesh. Le garçon n'avait rien de Dominant en lui, mais sa dragonne – la vanité et la férocité d'une Reine incarnée dans le corps d'une Blanche – lui avait implacablement forcé la main quant à son adhésion au Clan. Elle avait très bien compris qui il était judicieux de servir. La surprise et la colère de Ioana, qui était comme toujours très protectrice avec ses anciens Aspirants, avait alors été un vrai délice à voir ...

A présent, il ne restait plus qu'à attendre la suite des événements, si tant est que des surprises restaient encore à venir ?



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Ven 28 Avr 2017 - 11:58 Répondre en citantRevenir en haut



La foule retenait son souffle, haranguait son combattant favori et la Fosse résonnait du fracas de l’acier comme des cris en des échos lointains. Telle l’époque où les Valherus contemplaient les sanglants jeux du cirque, salivaient à la perspective d’assister à la mise à mort des plus faibles, célébrant par-là même leur supériorité incontestée et incontestable.

Eléderkan observait pensivement le déroulement du combat. Son menton reposant dans sa main, le coude sur son genou, dans une posture réflexive, il demeurait aussi immobile qu’une statue de sel. Seuls ses yeux sagaces bougeaient en rythme des coups, voguant d’un adversaire à un autre, calculant la trajectoire des lames. Iskuvar mettait toute son âme dans ce duel, il le voyait clairement. Martel n’était pas en reste. Et si le Haut Représentant Dominant méritait sa réputation de fin bretteur et de stratège éclairé, il dévoilait également un excès d’assurance, lequel pourrait lui être fatal. Un trop plein de passion faisait glisser ses chances de vaincre sur la pente de la défaite.

Iskuvar jetait subitement toutes ses forces dans la bataille. La foule redoubla d’ardeur. Les dragons frémissaient d’impatience. Les coups pleuvaient. Martel aurait dû garder la tête froide, alors la victoire aurait été sienne. Il avait l’art de la stratégie, l’expérience et la foi en ses capacités. Mais il fallait davantage pour vaincre un homme comme Alauwyr Iskuvar. Quel dommage… Ce combat en rappelait tant d’autres pour l’Inquisiteur Surprême. Des souvenirs semblables affluèrent à sa mémoire, du temps où le duo d’elfes liés à des Bronzes comptait un jour diriger ensemble le Màr tout entier. Eléderkan se délesta de ces échos du passé comme on enlève un vieux bandage : sans regrets, sans émotions.

Eléderkan délia enfin ses muscles en observant l’avancée du Gardien sur le sable de l’arène. Seregon intervint à l’instant où le sort de Maître Dehlekna était scellé. A peine eut fini de résonner la prise de parole du Gardien qu’une vague de fureur fit trembler les murs de sa psyché. Dans ses os et sa chair vibraient l’ire de son Lié, telle une déferlante de lave en fusion sur la paroi asséchée des Pics de Cendres. Irrité, Eléderkan cligna des yeux, refoula ces émotions qui ne lui appartenaient pas et ferma délibérément son esprit. Il avait besoin de calme pour analyser la situation.

Plus haut, perché sur une corniche, ses écailles plus brillantes que jamais sous la lumière crue du soleil, ses prunelles luisant d’un carmin cruel, Thémos s’était redressé. Le regard braqué en contrebas, les muscles bandés par l’effort, sa queue fouettant l’air, le dragon était la proie de sentiments contradictoires. Il n’y aurait donc pas de mise à mort. Ni de sans-écaille, ni de sauriens. Flarmya semblait avoir exaucé sa prière. Une partie de lui regrettait amèrement que ce soit le cas. Il aurait voulu se repaître du sang des vaincus. Il aurait fait payer son échec à Alauwyr, d’une manière ou d’une autre car sa moitié d’âme avait cru en lui et il trouvait insultant qu’on déçoive le peu d’espoirs réalistes que pouvait placer l’elfe en quelqu’un d’autre. Tout comme il aurait été ravi de déchiqueter le cadavre de Melkor, lavant une vengeance personnelle envers ce frère aîné qu’il jalousait – bien qu’il ne l’admettrait jamais – et qui avait osé le priver de son affection.
Soulagement, rancœur, haine se mêlaient en un improbable ballet, frustrant le Bronze qui avait tant rêvé de cet instant et qui ne pouvait pas intervenir, dès lors que le Gardien entrait en jeu.

La décision muette de Martel prit Eléderkan de court. Son frère ennemi avait donc choisi l’exil. Ce choix ne lui ressemblait pas. Avait-il un autre plan de conquête ? Quelle autres alternatives se présentaient à lui, sinon la mort ?Le Maître Bronze partit avec toute la dignité qui lui était permise après cette humiliation. Depuis quelques années, Martel Dehlekna avait gagné trop d’influence pour que la chute ne lui soit épargnée. De l’avis d’Eléderkan, l’exil était une solution autrement plus cruelle que l’exécution car Martel devrait vivre toute sa vie dans l’ombre, condamné à ressasser son échec. Cependant, il aurait sans doute mieux valu le tuer car le fourbe aurait également tout le temps, aux confins du monde, pour ourdir une vengeance. Un ennemi mort valait mieux qu’un ennemi qui pouvait resurgir au pire moment.

Tandis que Melkor s’envolait, emportant son Lié vaincu, face à une foule médusée, l’Inquisiteur Suprême quitta son siège. Il sentait le regard brûlant de Thémos sur sa nuque mais se refusa à communiquer avec lui. Il aurait tout le temps pour amadouer les violentes émotions du Bronze dans les heures à venir. Une fois dans l’arène, Eléderkan salua le Gardien, puis le vainqueur du duel, comme il se doit. Alauwyr Iskuvar, à défaut d’avoir récupéré sa confiance, venait de remonter dans son estime. Cet humain le surprenait.

- Mon Seigneur, je renouvèle mon vœu de fidélité au trône du Màr Tàralöm. Félicitions pour cette victoire. En ma qualité de Sang, je vous invite à prendre votre première décision en tant que nouveau Seigneur régnant du Kaerl. Cela fait trop longtemps que le poste de Second est vacant. Le Kaerl en pâtie. Il faut quelqu’un de stable, qui ait a confiance du Concile et la vôtre, pour siéger à ce poste d’importance. Je propose à ce poste Maîtresse Ioana Cyallaïd.

Il tairait son opinion au sujet de Martel. L’exilé n’était pas encore assez loin pour qu’on puisse l’évoquer sans ranimer les braises du combat. Eléderkan s’exprimait sur ce même ton neutre, quoique froid, qui le caractérisait aux réunions du Concile.

- Il ne tient qu’à vous de restaurer votre image de souverain et de reprendre les rênes d’un Kaerl que vous avez abandonné trop longtemps. Le choix vous appartient, Seigneur Iskuvar.



Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 10 Oct 2017 - 12:12 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr n'était pas encore totalement sorti de l'arène. Il toisait encore Martel qui avait choisi l'exil. Peut être qu'il regrettait cette décision un jour ou l'autre. L'envie de tuer cet elfe persistait encore dans son esprit. Mais le Gardien avait pris une autre décision. En deux fois, en deux combats qui avaient impliqué le Maître Noir, Seregon était intervenu pour éviter que le sang ne se répande sur les sables de la Fosse. Le Gardien avait la responsabilité de la pérennité du Kaerl... S'il prenait ces décisions, c'était pour éviter la guerre civile. Les Ardents étaient des êtres aussi volcaniques que le volcan qui les abritait. Mais eux étaient plus à même de rentrer en éruption que le mont qui supportait le Kaerl. Et le Seigneur qui récupérait son trône maintenant, ne pouvait pas contrer sa décision. Tenter de réfuter ses choix, c'était remettre en question l'avenir même du Màr Taralom.

Après avoir offert un dernier regard dédaigneux à Martel, il sonda le public qui le regardait encore. Il reconnaissait bien des visages de maîtres et de chevalier d'importance. A nouveau, il devra tenir compte des positions de chacun et de ce qu'ils penseraient de son retour et de sa reprise du pouvoir en tant que Seigneur.... Peut être que le résultat de ce duel entacherait sa gouvernance retrouvée.

Il grimaça en sentant sa blessure pulser à son flanc.

°Tu devrais quitter dignement la Fosse pour aller te faire soigner par le Maître Guérisseur°
°Cela peut attendre. Je ne suis pas aux portes de la mort non plus°
°Tu ne peux pas me cacher la fatigue et la douleur qu'elle te provoque. Le combat que tu as mené n'a pas aidé et tu le sais. La dernière fois que tu as affirmé cela, cela a manqué de te coûter la vie°


Alauwyr tiqua mentalement. Son lié avait raison malgré tout.

°Laisse moi encore un moment veux tu ? Je ne vais pas partir comme un voleur après ce duel alors que j'ai besoin de réaffirmer ma position aux yeux de tous. °
°Tu l'as fait déjà. °
°Non, pas complètement°


Et en effet, l'Inquisiteur suprême arrivait vers le Souverain Ardent. Il le salua, rappela ses vœux de fidélité au trône ardent et le félicita pour sa victoire. Alauwyr l'écoutait avec attention. Eléderkan était un Maître-dragon intelligent et à la position puissante. L'humain n'oubliait pas leurs précédentes rencontres. Même si la suggestion quand au second à choisir paraissait comme quelque chose d'absolument à suivre et à prendre en compte, Alauwyr ne pouvait pas rester sur le trône avec l'absence d'un ou d'une Seconde.

''Je te remercie de la fidélièté que tu portes au Màr''Il précisait de cette manière qu'Eléderkan portait bien sa loyauté au màr et non à lui, le Seigneur Ardent.''Et pour le bien du Kaerl, pour assurer une stabilité bien meilleure qu'auparavant, je nomme la Maîtresse Iona Cyallaïd comme Seconde ! ''

Dans la foule se mêlaient autant des grommellements que des cris d'approbation. Alauwyr ne se fiait pas à cela. Les Ardents ne pouvaient que se plier à la décision prise.

''Nous aurons à parler vous et moi, Inquisiteur. Je ne doute pas que vous avez bien des choses à me dire....''

Un messager approcha du Seigneur. Il se présenta en répondant au nom du Chevalier Ilaiyaraja, envoyé du Seigneur del Hendrake. Le Seigneur le regarda et attendit qu'il délivre son message oral... Que ce premier apporta ce qu'il avait appris de la bouche d'Aodren. Alauwyr tiqua sinistrement. Lui aussi était un Dominant mais il était le Seigneur. De quel droit Aodren exigeait la présence de TOUS les dominants ? Omettait-il que le Seigneur était lui aussi de ce clan ? Et donc, de lui ordonner sa présence comme requise était presque une provocation ? de plus, il réclamait la place du Haut Représentant du dit clan. Il partait mal, ce Maître-dragon là. Là aussi, il devait prendre une décision.

''Rapporte à ton maître qu'il y a des choses sur lesquelles il ne devrait pas faire du zèle, comme d'exiger la présence du Seigneur, lui même dominant. Qu'il se prépare à ma venue pour son assemblée. Non pas que je réponds à son appel qui est plus un ordre qu'une invitation à mes oreilles, mais que je viendrai en tant que Seigneur. Exiger le poste qu'il réclame sera de ma seule décision ! ''



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