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 [RP] Qui de nous deux inspire l'autre ? Sujet suivant
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Runa Salv
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MessagePosté le: Jeu 7 Juil 2016 - 00:07 Répondre en citantRevenir en haut

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Cimeries Caym
Maître exilé du Màr Tàralöm
&
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Beyrevra
Empereur Noir




* Ssyl'Shar, trois ans plus tôt..  


Une orbe d'un feu plaqué or irradiait le ciel céruléen du Grand Désert, perchée là-haut avec autant de noblesse qu'une fibule piquée à la cape couleur d'azur d'un duc. L'aube révolue, éclatante, n'épargnait déjà plus les dunes aux grains peints d'ambre ni les cités où la vie battait son plein. Et, peu à peu, une chaleur étouffante dévala les rues aux effluves d'épices et d'encens comme la lave roulait en torrent sur le flanc des volcans. Les cités, à l'arrivée de midi, semblaient se figer, désertées de leurs marchands aux étals qui n'ouvraient qu'à l'aurore et au soir venu. Pourtant, si tout le pays se taisait à l'heure la plus chaude de la journée, une ville elle ne s'offrait aucun répit : Arsuh.
Arsuh était animée d'une ferveur ô combien délicieuse : oasis la plus riche du continent et la plus peuplée, elle offrait pléthore de loisirs et qui se plaignait de ne pas avoir trouvé ce à quoi il aspirait n'avait en vérité pas correctement cherché. Il était dit que tous les désirs d'un homme ou d'une femme pouvaient y être assouvis, de quelque nature fussent-ils. De tout le Ssyl'Shar, Arsuh était bien à part. Capitale des Hauts Emirs, socle accueillant le palais du Sultan et sa cour, la ville regorgeait tant de princesses et de rois que de d'assassins, de voleurs et de putains. Tout, absolument tout, pouvait y être acheté.
Les fils et filles du Ssyl'Shar arpentèrent encore un peu les ruelles malgré l'heure avancée - étant habitués à ce brûlant climat - en quête d'une étoffe ou d'une babiole rutilante pour les plus fortunés, les autres mendiaient ou imploraient pour un peu d'eau et de naan afin de vivre une journée de plus. Les étrangers quant à eux avaient déjà fui l'ardente morsure du soleil occidental à la faveur d'un salon à opium ou d'un patio plus clément par ses ombres. Et devinez dans quel cas figurait notre jeune Humain..

Vautré parmi les coussins avec la nonchalance d'un émir, Cimeries était là. Allongé de tout son long parmi les couches de soieries brodées de perles, il suivait d'un regard ravi la danse lascive d'une jeune Fëalocë dont il s'était entiché depuis quelques semaines. Autour de lui, les volutes de fumée échappées des pipes à opium s'élevaient dans l'air en épaisses arabesques d'un blanc pur qui distillait une ivresse addictive. Pourtant, il avait résisté à l'appel : ce soir, il partait en mission, et rien ne devait entraver à sa réussite.
Son arrivée dans le Grand Désert, deux ans plus tôt, s'était faite par dépit et obligation à la fois. Fuyant le Màr Tàralöm d'une mort ou d'une exécution certaine, Beyrevra le porta jusqu'ici, jusque dans cette cité de vice et de décadence, de noblesse et de puissance mais aussi et surtout dans une des meilleures cachettes du monde. Le Grand Désert regorgeait de pilleurs, de violeurs, de mercenaires, de voleurs et de toute cette canaille qui proliférait dans un milieu aussi propice au crime. Au moins ne viendrait on pas le chercher ici.. Le Nord ne voulant plus non plus de l'Humain qu'il avait marqué et Qahra n'offrant pas d'avenir sûr, le choix de l'Empereur Noir fut vite pris tandis qu'il tentait de dissimuler son lié mourant d'empoisonnement.. Mais c'est une toute autre histoire, et vous n'êtes pas là pour lire ça.

Tout ça pour dire qu'ils s'étaient tous deux très bien intégrés dans ce nouvel univers. Cimeries avait survécu après une longue convalescence mais il s'en était plutôt bien tiré. Les seuls points noirs de ce tableau pittoresque résidaient en la difficulté de Beyrevra à cacher sa nature draconique sous l'égide d'une enveloppe humanoïde qu'il se fatiguait à vêtir le jour, et Cimeries souffrait encore de la chaleur malgré les années écoulées ici bas. Après tout, l'Humain avait vu le jour et grandi dans les vallées gelées du Vaendark. Mais plus il passait ses journées au bordel ou au salon à opium, plus l'idée que les femmes soient dissimulées sous les couches de lin usé et les fourrures le répugnait. Au moins le Ssyl'Shar lui rappelait un peu le Kaerl Ardent, pour qui il nourrissait des sentiments mitigés.

La jeune danseuse à la chevelure d'un blond vénitien qui rappelait la vanille et le miel remarqua les oeillades ravies de son client. Si elle savait rester professionnelle, elle devait bien avouer que ce dernier ne la laissait pas.. indifférente. Son charme froid la changeait un peu des rustres du Sud. Aussi lui asséna-t-elle un sourire mutin entre deux pas de sa sérénade charnelle.
A ce cadeau, le coeur de l'Humain frappa. Fort. Il la voulait. Bien décidé à la conquérir, voulant l'interpeller, il ouvrit la bouche et-

° Même pas en rêve. On a du boulot ce soir. Je sais qu'avec toi ça ne dure pas longtemps mais je préfère prendre des précautions, des fois que par miracle tu dépasses les dix minutes au sablier. Allez, je te la paierai pour une semaine va, ça sera ta récompense ! °


Cimeries tourna brusquement la tête, les traits crispés par la frustration, pour admirer le sourire fraternel de Beyrevra. Le dragon sous forme humaine avait lui même une dame de compagnie lovée dans chaque bras alors qu'il se tenait dans la même position que son lié. Ses lèvres s'étiraient en un sourire carnassier et farceur à la fois pour répondre à la moue boudeuse du Maître Noir en mal d'amour. Mais la plaisanterie n'en n'était pas vraiment une. Enfin, pas sur tous les points en fait. Les heures défilaient vite et ils devaient se mettre en route.
Beyrevra claqua le séant de ses deux compagnes avant de les repousser puis péniblement se lever, les coussins imprimés dans sa peau tant il avait lézardé ici depuis le matin. Il renfila sa tunique et l'étira avant de se rendre auprès de son lié pour l'aider à se relever. Il lui tendit une main bienveillante qui fut acceptée quand bien même l'Humain hésita à la prendre. Mais une mission passait avant les loisirs. Toujours.
Si Cimeries rechignait à quitter sa petite muse, cette dernière ne tarda pas à partir en quête d'un client moins occupé et à la bourse pleine, légèrement déçue.

Ceux qui se faisaient passer comme des frères regagnèrent leur chambre louée à l'année dans une auberge. C'était presque fébrile que Beyrevra attendait la venue de la nuit, débordant d'impatience comme au premier jour. Il avait hâte de pouvoir étendre ses immenses ailes couleur de néant au gré de la sorgue et d'aller effleurer les étoiles pour enfin reprendre la place qui était sienne.
Cimeries, lui, avait du pain sur la planche.

Pour vivre sans avoir à se soucier du lendemain et s'assurer un certain train de vie, l'Humain était devenu un mercenaire aux faits d'arme accomplis. Il était aux ordres du mestre d'un groupe de soldats dont le travail se payait chèrement mais se valait, et seuls les nobles ou la haute bourgeoisie pouvaient s'offrir leurs services. Le jeune garçon affamé de politique et de pouvoir, maniéré et fourbe, le prince manipulateur et sans le moindre scrupule était mort au Kaerl Ardent. L'homme était né, bien loin du serpent sournois qu'il fut. Pourtant, celui qui s'attardait à l'observer y verrait une personne soignée du haut de sa démarche sûre, malgré son infirmité. Cimeries parlait bien et était cultivé. Un mercenaire dénotant dans la horde d'ours gras et peu distingués. Son mestre se demandait même s'il ne s'agissait pas d'un noble en fuite. Oh, et bien-entendu, Maître Caym gardait plutôt secrète sa foi en le Seigneur Tout Puissant qu'était Kaziel, son père ; cependant ses actions étaient toujours dictées et réalisées pour satisfaire le Dieu du Chaos et de la Discorde.. Car nul ne s'en détrompe, de démoniaque l'Humain n'avait pas que le nom, malgré son aspect courtois et bien mis.
Bien que béni de la terrible divinité, ce soir, Cimeries allait réaliser l'une de ses missions les plus ardues : tuer le chef d'une guilde de voleurs adeptes de petits meurtres pour parvenir à leurs fins. Autrement dit, des jeunes qui n'avaient pas peur de se salir les mains et qui savaient plutôt bien manier le surin à saucisson. Et ce chef de guilde ne sortait jamais de son repaire.. Le fils de Kaziel allait donc devoir dénicher la vipère de son nid. Plutôt pressé d'en finir qu'angoissé, il se prépara dans le silence, entrecoupé de blagues douteuses de la part de son lié qui finit enfin par prendre son envol une fois la nuit tombée.
Dans le mutisme et les ténèbres, Cimeries quitta leurs modestes appartements puis se faufila dans les ruelles animées d'un nouveau souffle de vie après les retombées de la chaleur. Lentement même, un froid pinçant s'insinuait dans la ville.
De là haut, malgré sa grande gueule, Beyrevra veillait, porté par un vent brutalement rafraichi. Au moindre problème, il serait là pour défendre son bipède, ne pouvant déroger à sa nature viscérale de le protéger envers et contre tout. Il ne l'avouerait pas, mais sa réticence quant à le voir partir vers le danger était palpable. Mais ce soir, il ne pouvait pas l'assister dans cette mission, il devait avant tout récupérer ses forces épuisées par le maintient de sa forme humanoïde sur la journée.

A mesure qu'il avançait, le boiteur s'enfonçait dans les quartiers les plus pauvres de la ville, en périphérie de cette dernière. Les grandes maisons décorées de tapisseries et aux lanternes ciselées laissaient place aux murs sales et décharnés de la banlieue. En cette heure et en ce lieu, il ne faisait pas bon être une femme ou un enfant, ni même un homme incapable de se défendre ou exhibant naïvement ses richesses. Celui qui se perdait ici ne regagnait jamais sa demeure..
Son oreille alerte l'avertit que quelques coupe-jarrets attendaient plus haut dans la rue. Il bifurqua donc immédiatement sur sa droite pour s'éviter un combat inutile et entra alors violemment en collision avec une autre personne. Avant même d'ouvrir la bouche, il l'avait déjà saisi d'une main pour mieux la plaquer contre le mur et menaçait sa gorge de l'autre à l'aide d'une dague plus que tranchante.

- Dégage de mon chemin ou je t'égorge.

Son interlocuteur entendrait s'élever sa voix étouffée par un masque lui couvrant plus que la moitié du visage, ne dévoilant ainsi que deux iris perçants d'un jaune pâle et luisant comme la topaze. Un regard expressif et envoûtant à la fois, planté là sur une toile à la peau blême bien que hâlée, le tout dissimulé sous un chèche d'un brun presque noir.
Dans l'esprit de l'inconnu s'insinuerait une autre voix, comme un murmure, qui était en fait un avertissement inarticulé.. Mais au moment où l'Humain allait mettre ses menaces à exécution, il entendit quelqu'un approcher. Sans plus réfléchir, il entraîna avec lui l'inconnu(e) qu'il tenait par la gorge et tous deux se vautrèrent dans un tas de foin réservé aux chameaux. Cimeries roula pour mieux se tapir dans l'ombre, non sans toujours tenir sa proie.

Un tranche-gorge déboula et resta immobile, à l'écoute du moindre son qui trahirait l'objet de sa présence : il était persuadé d'avoir entendu du bruit, et par conséquent, il y avait peut-être quelque chose à "récupérer" sur le futur cadavre de quelqu'un. Il écuma vaguement les coins plus sombres de la ruelle sans s'attarder, passant plusieurs fois devant l'étable à chameaux où s'étaient cachés l'étrange duo. Lentement, Cimeries avait apposé la paume de sa main sur la bouche de l'inconnu(e) pour l'empêcher de commettre tout impair, toujours en la/le tenant fermement dans son étreinte..



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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Deneb Hyildun
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MessagePosté le: Lun 11 Juil 2016 - 00:03 Répondre en citantRevenir en haut

Elle n'aimait pas vraiment Arsuh. La ville était pourtant superbe de merveilles et de contrastes, riche d'or et de vie. Les épouses dignes drapées de la tête au pied d'étoffes sobres relevées de bijoux complexes y côtoyaient les filles de joies aux vêtements aussi courts que chatoyants. Les gardes immobiles au pied des palais étincelaient dans leurs habits d'apparat létal, entre les mendiants dépenaillés et les marchands affairés. La ville en elle-même reflétait cette disparité, ponctuant son cœur de riches demeures et semant ses quartiers plus pauvres d'inventivité déclinée tant que constructions de bric et de broc qu'en escroqueries et en experts du larcin.

Quelque part, entre les palais des puissants, Deneb savait qu'on aurait pu trouver le dédale de demeures d'un certain Maître Forgeron – son grand-père, austère et tout en rigueur telle que seul en produit le désert. Elle avait consciencieusement évité les lieux. Deneb, à vrai dire, n'aimait pas vraiment Arsuh du seul fait de cette demeure familiale qui faisait de cette terre de merveille le seul endroit de l'univers où elle se sente étrangère.

Sans même envisager d'approcher de la forge, la jeune femme s'était donc aventurée dans les ruelles moins riches, jusqu'à une auberge réputée moins pour son hospitalité que pour ses mercenaires. Les lieux s'articulaient en salles agréablement rafraîchies, agencées autour d'un patio ombragé. Le long des murs, quelques annonces et recherches diverses s'étalaient en lettres de presque tous les langages parlés – dialectes courants ou spécifiques à de petits clans nomades, certains rédigés sur des parchemins coûteux, d'autre griffonnés sur un bout de papier froissé, perclus de fautes d'orthographes. La nomade les ignora. Elle avait déjà son contact et une idée d'où le trouver – en l'occurrence dans une alcôve discrète. La combattante s'y glissa d'un geste souple, esquivant le montant ajouré. Plus petite que les Thorils de sang-pur, elle ne parvenait pour autant pas à se défaire de la sensation persistante que les bâtiments et les ruelles étaient trop étroites par rapport au désert et aux landes, trop basses par rapport au ciel.

Les ordres s'avérèrent faussement simples. On aurait pu les résumer à "retrouver un anneau ancestral dérobé". Autant trouver une aiguille dans une botte de foin, avec le bijou dans le rôle de l'aiguille et une guilde de coupes-jarrets locale en guise de brins de paille. Son employeur, fort heureusement, avait eu le bon sens de lui préciser que l'auteur du larcin était très probablement à la tête de l'organisation. L'anneau d'or finement ouvragé avait été aperçu à son doigt, l'éclat immanquable de son saphir éclatant de provocation – et peut-être d'une pointe de magie, aussi.

Lorsque son employeur s'éloigna, la nomade se rencogna dans son siège, faisant tourner sa boisson dans son verre d'un geste machinal. La mission était morale et bien payée à défaut d'être facile – ce qui était loin de déplaire à l'aventureuse créature, en vérité. Le danger exerçait sur elle cet attrait, éperonnait son énergie. Ravie et déterminée, Deneb abandonna donc sur la table une poignée de piécettes pour payer sa consommation et s'en fut se préparer.

Elle soupa légèrement, plus intéressée par l'approche de la nuit que par les plats qu'on lui avait fait porter, les yeux rivés tour à tour sur quelques cartes de la ville et sur le soir qui, semblable aux courtisanes des rues favorisées, se parait avec l'arrivée de la nuit de couleurs riches et chaleureuses, relevées d'or et de lapis-lazuli. Enfin, l'étoile du Berger se leva, et avec sa venue la nomade délaissa tout à fait les quelques dattes de son plateau pour se préparer. Les vêtements légers de la journée furent écartés, remplacés par du cuir et de la toile noire robuste. Les bottes étroitement sanglées de la mercenaire accueillirent un premier poignard, le second rejoignant sa ceinture. Dans un rituel serein, la blonde tressa sa crinière de manière à ce qu'elle ne la gêne pas, y ajouta quelques perles au senteurs de cannelle. Enfin, elle couvrit la teinte plus or que cuivre de sa peau et le bronze de sa chevelure, arrima son épée dans son dos. Puis elle s'élança dans les rues.

La fraîcheur de la nuit tombante la galvanisa alors qu'elle évoluait dans les ruelles de plus en plus mal famées. Malgré son accoutrement guerrier, sa silhouette féminine et sa démarche décidée lui attirèrent son lot de regards en coin – hostiles ou méprisants, inquiets ou envieux, plus rarement prudents. Elle les ignora. Si elle avait dû se tasser à chaque oeillade pas franchement approbatrice, même sa taille pourtant raisonnable aurait fini par être réduite à un rien. Rien de cela ne dissuada un échalas agité de tics nerveux de la suivre avec une discrétion assez limitée. La sang-mêlée ne se donna pas la peine d'accélérer le pas ou de tenter de le semer : à la première ruelle discrète qu'elle trouva, elle pivota, se posta à l'angle... et quand le malandrin s'avança, lame au clair, il fut réceptionné par un vilain coup à la gorge. Le souffle coupé, il tituba. Deneb hésita un bref instant – elle n'aimait pas tuer de sang froid, pas même un criminel. Puis elle remarqua, le long de la manche de l'autre, les tâches de sang encore frais. Le poignard de la combattante trouva sans plus d'hésitation le coeur ennemi. Le corps du brigand s'affaissa, retenu uniquement par la poigne de la nomade qui l'affala contre le mur comme un ivrogne avant de tourner les talons.

Puis elle reprit sa route d'un pas vif. La ruelle étant peu fréquentée, pour ne pas dire déserte, Deneb s'offrit le luxe de relever le nez vers le ciel nocturne pour s'orienter aux étoiles. Le simple moment de distraction lui valut une surprise sous la forme d'une collision. Son dos heurta le mur le plus proche alors que l'inconnu, plus vif ou plus agressif, pointait une lame sur sa gorge. Un regard de topaze exotique se riva sur elle. Si elle avait la main posée sur son poignard, la nomade ne bougea pas d'un cil, clouée sur place moins par la menace que par un avertissement diffus, pressentiment indistinct. Elle aurait pu ruer... mais puisque son but approchait et qu'elle ne souhaitait pas faire plus de grabuge que nécessaire, autant s'esquiver.

Elle n'eut pas le temps de faire taire son agacement pour s'exécuter que, déjà, l'inconnu l'entrainait, sans relâcher sa poigne. Sifflant de mécontentement, elle amortit la chute dans la paille, l'oeil brillant de colère. S'il pensait pouvoir la manipuler longtemps comme une poupée de son, elle allait lui réserver une vilaine surprise – vilaine surprise qu'elle s'apprêtait à lui décocher quand son regard capta un mouvement. Vu la fréquentation des quartiers, elle doutait fort qu'il s'agisse d'un honnête citoyen venu faire rentrer son chat pour la nuit. Réfrénant son impatience et son peu de goût pour la discrétion, elle attendit que la forme disparaisse, que le son de ses pas s'éteigne. Puis elle passa à l'action. L'inconnu, fait rare pour le souligner, s'avérait plus grand qu'elle et d'une poigne susceptible de la retenir. Elle ne tenta donc pas de se dégager. D'une impulsion un rien teigneuse, elle les fit rouler pour inverser les positions, son avant-bras cognant dans celui de l'inconnu aux yeux de topaze pour l'éloigner de sa gorge et de son visage. Le geste dévoila en partie son visage de l'étoffe jetée sur sa crinière, libéra une poignée de mèches bronze. Tant pis.

"Pour quelqu'un qui voulait ne plus me trouver sur son chemin, c'est un peu le comble de refuser de me lâcher."

Une étincelle de défi s'invita dans ses intonations et ses iris, déraisonnable et fière. Elle n'eut cependant pas le temps de réfléchir plus avant à comment démêler deux combattants armés sans dégâts. Du côté de la ruelle où elle avait laissé le précédent malandrin, un appel s'éleva, rendu moyennement compréhensible par la distance. Les traits trop sincères de la jeune femme, visibles sous la lueur de la lune, laissèrent filtrer immédiatement la palette de ses émotions – une pointe d'agacement, une once de culpabilité à peine perceptible, une touche d'exaltation à l'idée de narguer le destin et se tirer d'une pirouette des dangers qui risquaient d'advenir.

D'un geste souple, elle se redressa. Le cri du coupe-jarret avait alerté quelques uns de ses compatriotes, que la combattante entendait affluer de part et d'autre. Coincés comme ils l'étaient dans la ruelle, l'inconnu aux iris de topaze et elle n'avaient guère de voie de repli... à part une. Une esquisse de sourire glissa sur ses lèvres alors que des bruits de pas s'approchaient.

"On dirait qu'on risque de faire un petit bout de chemin ensemble encore..."

À moins, bien sûr, que le guerrier ne préfère voir si les malandrins seraient d'humeur à discuter. Deneb pour sa part ne l'envisagea même pas. Vive, elle prit appui sur quelques pierres saillantes du mur et s'élança vers le toit le plus proche. Habituée à se mouvoir sur tous types de terrains, il ne lui fallut guère d'efforts pour y parvenir. De là, elle s'avança à pas légers vers le toit suivant, voilée par la nuit. Intriguée toutefois par sa rencontre de plus tôt, elle ne put retenir un regard curieux vers l'arrière et l'inconnu.
Runa Salv
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MessagePosté le: Jeu 4 Aoû 2016 - 03:14 Répondre en citantRevenir en haut

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D'une assurance sans bornes, certain de tenir fermement sa prise comme le pêcheur remonte son filet, l'Humain s'accorda quelques instants d'inattention pour suivre du regard les pas de la petite hyène qui avait fondu sur eux comme sur une carcasse à peine décharnée. Quelle erreur se fut-ce, car à la seconde où le malveillant s'éclipsa dans les ténèbres de la ruelle, la proie qu'il détenait entre ses bras se rua, et par un renversement de situation impromptu, le dominant devint le dominé. L'inconnu avait profité de la faille.
Les pensées de Cimeries filèrent à une allure folle, comme une volée de merles à l'approche d'un danger. De prime abord déconcerté qu'un plus petit gabarit que le sien fusse capable de le défaire et l'immobiliser, il s'abandonna très vite à l'idée qu'il allait possiblement y avoir combat et que le dénouement serait serré, vu l'ampleur de l'adversaire. Il voulut ramener sa lame vers la gorge de son nouvel ennemi, en vain. L'inconnu tenait fermement son bras à l'écart, l'empêchant de ce fait de commettre quoi que ce soit d'irréparable.. Et merde, siffla-t-il en pensée ! Il fallait avouer que son opposant avait une force considérable pour être parvenu à le destituer aussi aisément, et ça, ce n'était pas vraiment une bonne nouvelle.

Il avait suffi d'une demi roulade pour que le Maître déchu ne se retrouve à peiner, sans parvenir à se rebeller sous le poids musclé de l'inconnu. L'heure n'était plus à la tendresse, il devait le tuer pour sauver sa peau, et vite, avant qu'il ne se retrouve avec un coup de surin à l'issue encore indéterminée. Hélas, la poigne de son adversaire parvenait à l'empêcher de dessiner tout sourire dans les chairs de sa gorge. L'Humain pesta silencieusement de rage, sifflant comme un serpent à sonnette pour faire comprendre qu'il n'y avait plus de demi-tour possible.

Mais dans leur altercation, l'inconnu se dévoila par mégarde, assénant l'Humain d'une stupeur mordante : son adversaire était une foutue femme ! S'il ne s'attarda pas sur les détails, il remarqua quelques mèches d'un roux rugissant qui encadraient son visage plutôt bien dessiné - du moins aux traits assez fins pour lui faire dire qu'il s'agissait d'une femme malgré son accoutrement - et une brève seconde, il se perdit dans ses opales d'un brun attrayant. Mais à l'effet de surprise succéda bien vite son égo blessé : lui, guerrier accompli et surentrainé s'était laissé dompter par une femelle..
Il bouillait de colère et ça se lisait sur la maigre parcelle non dissimulée de son visage. Ses yeux se plissèrent sous la foudre qui l'habita alors, et la mer pourtant si sournoise de ses iris se changea en un flot plus agité qu'à l'accoutumée. Cimeries se cabra, ardemment désireux de se soustraire à l'étreinte forcée que lui imposait cette créature, il chercha même à la mordre à travers son masque. Tout était bon à tenter. Surtout que quelqu'un approchait, nourri de malveillance..

Il fallait trouver une solution, tout de suite ! Les petites fouines meurtrières des bas quartiers affluèrent en entendant le vacarme. Beyrevra embraya sa descente pour trouver un coin où atterrir et venir aider son bipède mais ce dernier le somma de rester en dehors de ça.
Tout alla très vite. Alors que Cimeries envisagea un ultime effort pour se débarrasser de la femme qui l'enserrait, cette dernière afficha une mine à la fois contrite et décidée. Intérieurement, le fils de Kaziel se moqua un peu d'elle : Ah Madame avait voulu jouer la grande, et voilà le résultat ! Il avait envie de la remettre à sa place une bonne fois pour toute, rongé par son orgueil meurtri et sa profonde vexation, mais ce n'était pas le moment. Il fallait décamper. Entre ses dents se glissa, sèchement, un ordre baigné d'assurance qui faisait écho à son rang de noble alors qu'il la fustigea d'une oeillade assassine :

- Debout, dégage de mon chemin !

Une fois délivré du poids de la jeune dominatrice, Cimeries se leva précipitamment et vacilla en s'efforçant de prendre appui sur sa jambe à moitié morte, s'accrochant du mieux possible à un pan de mur pour très vite retrouver un équilibre nécessaire au combat ou au repli. Il s'enquit de chercher hâtivement du regard une échappatoire alors que les loups fondaient lentement sur eux comme sur une biche affaiblie. Machinalement, il alla trouver la garde de son épée courte, prêt à dégainer en constatant qu'ils étaient cernés et qu'il allait sans doute falloir combattre. La jeune femme lui suggéra alors la seule issue possible : un mur peu élevé, capable d'être escaladé par une personne a minima agile, afin d'en atteindre le toit.. Pas si simple pour l'éclopé.
Ne lui laissant pas le temps de réfléchir, elle fila en un clignement de paupières sans demander son reste, pour mieux ouvrir la voie. L'Humain jaugea les prédateurs en approche, trop nombreux pour lui tout seul.. Alors à contre coeur, il suivit l'inconnue aux cheveux de cuivre et à l'air espiègle. Il n'avait pas vraiment d'autres choix.

Il peina à la rejoindre, suivi de près par les charognards assoiffés d'or et de larcin. Certains se ramassèrent un coup de pied dans l'arrête du nez ou une droite bien placée dans la tempe, et après un petit craquement sec on entendit hurlements de douleur et insultes. Cimeries en profita pour détaler, collant alors de près la jeune femme visiblement athlétique et parée à la survie des les milieux rudes.
Pendant ce temps, Beyrevra, l'Empereur Noir, survolait le quartier en se tenant prêt à intervenir au moindre problème. Une personne qui prêterait l'oreille entendrait le froissement des membranes en peau de ses ailes sous la caresse des vents froids, des battements discrets et puissants à la fois.. Comme une très grosse chauve-souris.

Combien de toits est-ce qu'ils sautèrent ? Combien de temps est-ce qu'ils coururent ? Aucune idée. Peut-être dix, quinze, vingt ou trente minutes. En tout cas ils s'étaient enfoncés dans les bas quartiers en évitant les ruelles peuplées de malandrins et Cimeries s'était considérablement rapproché de sa cible. Mais là, il s'arrêta, il n'en pouvait plus. Il jeta un oeil derrière lui et écouta attentivement pour vérifier qu'ils les avaient semés, et bingo ! Les petits coupe-jarrets avaient lâché l'affaire, trop d'efforts pour peu à la clef, probablement.
L'Humain fléchit les genoux, s'appuyant dessus pour récupérer, le dos courbé, haletant, en quête d'un peu d'air. Il suait à grosses gouttes, trempé, bénissant la froide morsure de la nuit pour lui éviter de s'écrouler. L'ancien habitant du Vaendark, même après avoir passé plusieurs années au Màr Tàralöm, supportait toujours aussi mal la chaleur, car pour lui les glaciales nuits du Grand Désert avaient des allures d'été caniculaire dans sa contrée natale.

Il marqua une longue pause pour reprendre une respiration normale. Le visage ruisselant après son effort, il fut contraint de baisser la coule de cuir qui lui masquait le bas du visage pour mieux engloutir de grandes bolées d'air frais. Il défit son chèche, libérant ainsi sa chevelure d'un brun noir trempée de sueur et ébouriffée, pourtant d'ordinaire aussi bien entretenue que celle d'une princesse. Malgré son port plutôt noble et le soin évident qu'il portait à son apparence et ses manières, il s'essuya vulgairement le visage du revers de la manche, visiblement fébrile. Il dévoila alors un minois plutôt joli, bien coupé, portant des pommettes hautes et un menton droit, avec des yeux à l'aura reptilienne et la forme quasi-amandée pour dévoiler deux topazes posées sur un nez de belle couture. Sa peau hâlée laissait planer le soupçon d'un teint plus blême à l'origine, et malgré sa frimousse de jeune homme de bonne famille qui s'entretenait, ce tableau s'en voyait durci par une balafre qui lui marquait l'oeil droit du front à la joue, témoignage frappant des épreuves passées de sa vie. Haut de près de deux mètres, large d'épaules sans pour autant arborer une musculature vulgaire, il inspirait l'ombre d'un prince exilé qui n'avait pas encore renoncé à ses titres. Son âme embaumait l'air à la fois d'une chaleur attirante, prédatrice mais rassurante et d'une froideur détachée significative de ses origines nordiques. Une certaine magie émanait de lui, plus encore de ses yeux au pouvoir de manipulation.. Il fallait remercier Kaziel d'avoir octroyé à Rhaëg une si belle progéniture.

Cimeries hésita premièrement à regarder son étrange compagne de ce soir, peu enclin à dévoiler son identité à la première venue et plus encore quand il envisageait de la tailler en pièces. Mais bon, l'erreur était commise, tant pis.
Après un silence ponctué de coups d'oeil à la fois curieux et rageurs, la voix un peu saccadée par sa respiration encore accélérée, Cimeries ouvrit les joutes verbales :

- Qu'est-ce qu'une gamine comme toi fait dans les rues à cette heure ? Tu n'as pas d'enfants à garder ou de tâches à accomplir ? Que va dire ton mari ? Petite sotte, tu as failli nous faire tuer !

Le ton se voulait volontairement machiste, provocateur, infantilisant, histoire de la remettre à sa place. Une part de lui se retenait de se jeter à son cou, l'autre voulait en savoir plus sur elle. Il fallait voir laquelle primerait.
Il la détailla finalement avec franchise sous le coup de l'impulsivité, pénétrant son regard presque avec violence, sans lui laisser d'autre choix que de se perdre dans ses opales d'un or clair et lumineux. Il souffla, comme pour évacuer sa colère. Ses mains tremblaient encore de l'adrénaline, et possiblement de son envie de l'étrangler, juste pour soulager ses nerfs. Plusieurs fois il inspira et expira pour se calmer, comme une méditation. Il ne voulait pas être confondu avec ces gros imbéciles de berserks comme il avait pu en croiser au Kaerl, il se devait d'être réfléchi et stratège et non taper sur tout ce qui bougeait comme un troll décérébré.
Puis, peu à peu, il revint à lui, redevenant le prince cinglant et mordeur qu'il fut jadis. Il marqua un nouveau silence avant d'ajouter, avec une lassitude un peu snob :

- Rentre chez toi, et laisse les grands travailler, petite. Et que tu ne sois plus jamais dans mes pattes ou je serai moins indulgent, la prochaine fois.


Il lui adressa un regard entendu et constata qu'elle était certes jeune mais pas tant qu'il l'insinuait. C'était une femme, pas une fillette. Il nota également, à la puissante clarté des deux lunes, qu'elle était plutôt jolie de ce qu'il arrivait à distinguer, jolie bien que sauvage et masculine, jolie à défaut de pouvoir véritablement discerner la profondeur de l'esquisse qu'était son visage. Il relevait de la malice dans son faciès mais aussi un profond déterminisme ancré dans son front, une même fierté que celle qui animait l'Humain et qu'elle avait heurté d'un bon coup de pied mal placé, plus tôt dans la soirée. Et Cimeries avait tendance a apprécier ça pour peu qu'il n'eusse pas à en faire les frais : la force de caractère.
Il entendait déjà Beyrevra râler que l'heure n'était pas au badinage, mais à l'ouvrage. Puis bon, le fils de Kaziel ne pouvait pas non plus se permettre de fréquenter une femme plus forte que lui. Il ne pouvait d'ailleurs pas se l'avouer.. Quelle honte !
Pourtant, il y avait ce quelque chose qui l'intriguait : elle avait la flamboyance des Fëalocës mais la robustesse du Torhil.. Un savant mélange, comme un alcool fort mais parfumé ou un vieux vin. Et l'Humain savait apprécier un grand cru, à l'occasion.. Il se mordit l'intérieur de la joue.

- Prend garde aux hommes là en bas, certains pourraient être mal intentionnés à ton égard. Tu devrais peut-être même te méfier de moi.. Allez, disparais.

Il ponctua ses paroles d'un sourire à peine forcé, faisant ainsi comprendre sa taquinerie mêlée de sermon. S'il n'avait jamais été un enfant de coeur, Cime n'en demeurait pas moins un gentleman aux desseins certes parfois obscurs.
Il l'observa partir, un peu partagé entre cette volonté de la faire fuir et ce désir de la découvrir, comme on explore une nouvelle contrée.

[HRP / Tu me diras si ça te convient et si ça t'inspire assez pour répondre, je vais attendre un peu avant de "pimenter" nos aventures Evil ]



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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