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 [RP Officiel] Le pouvoir à portée de la main Sujet suivant
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Alauwyr Iskuvar
Seigneur du Kaerl Ardent
Seigneur du Kaerl Ardent

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MessagePosté le: Mer 27 Avr 2016 - 14:31 Répondre en citantRevenir en haut

Début Néhakaru 918

L'aurore s'annonçait doucement par l'apport de couleurs de plus en plus claires, débutant par des prémices d'un violet ténébreux qui passerait doucement à des teintes rouges sanglants, annonciateur d'un soleil qui se rapprochait de la terre pour naître à nouveau dans la voûte céleste, comme il le faisait depuis des temps immémoriaux. Un rouge écarlate... Un rouge de passion autant que de mort. Le rouge de la colère, mais aussi du sang qui a coulé, ou qui coulera. Autant de sens que de contraires, signifiant tout et rien à la fois.

Un homme se tenait droit sur l'immense balcon qui composait l'extérieur de ses appartements souverains. Il contemplait l'approche de cette aurore, cette aurore, prémices à une journée qui lui sera déterminante. Il n'avait pas droit à l'échec. Autant pour l'avenir de sa propre existence que pour celle qui serait présente pour assister à son grand retour sur le Trône Ardent. Quand ses yeux d'obsidienne admiraient l'intensité écarlate qui envahissait de plus en plus les cieux matinaux, il revoyait encore la longue chevelure aux senteurs désertiques de Runa, qui avait été présente à ses côtés quelques heures encore auparavant. Un étrange sourire marquait étrangement son visage couturé, pendant qu'il fixit toujours le lointain.

Il sentait encore sa chaleur de ses bras qui l'avaient entouré la veille, alors qu'il prenait ses ablutions. Il entendait encore sa voix inquiète comme mêlée de détermination quand à ce qui le guettait prochainement. Sa volonté de le voir vaincre mais surtout de rester en vie vibrait encore au sein de son esprit. La puissance de son baiser palpitait encore sur ses lèvres. Un souvenir qui ne s'était pas perdu malgré son départ hors de son domaine. La chaleur de sa propre flamme avait apporté la brûlure de sa passion, le marquant alors jusque là. Une tempête enflammée d'émotions que jamais il n'avait atteint jusque là ; et elle non plus. A l'approche du virage existentiel qui le narguait de son œil unique, il comprenait mieux certaines choses, avec plus de profondeur et d'intensité. Rien que d'y penser, il ne put s'empêcher de frôler ses lèvres de son pouce, comme recherchant encore une trace de la présence de Runa sur elles.

Le ciel s'enflammait toujours de plus en plus, prenant dans le plus magnifique des hasards la magnifique teinte de feu de la longue crinière de la redoutable chevalière écarlate. A croire que les cieux voulait qu'il ne se décroche pas une seule fois de la vision parfaite de la jeune Fëalocë. Il était vrai qu'il aurait préféré se noyer dans la braise tempétueuse de ses océans d'ambre que de se préparer à la fatalité de ce jour naissant. Mais pouvait-on réellement parler de fatalité ? Runa tout comme son âme noire s'attendaient à ce qu'il reprenne ce qui était sien. Il n'avait pas le droit à l'échec et même les promesses de vengeance de Runa en cas de perdition fatale ne devait pas compromettre son ultime objectif. Il n'avait pas le droit d'échouer. Un homme tel que lui ne pouvait pas perdre et il ne sait pas si son âme pourrait supporter dans la mort de voir Runa se déchirer à sa perte et à sa vengeance...Elle ne méritait pas d'avoir à porter pareil fardeau par sa propre défaite. Il n'y avait qu'une unique voie : la victoire !

Brièvement, il se rappela encore une fois le baiser puissant d'hier si généreusement offert, comme une offrande d'encouragement pour sa destinée. Il le lui avait rendu, manquant de succomber au désir de la garder à ses côtés et savourer chaque instant, chaque partie délicate et parfumée de sa personne. Mais la raison avait fait force de paroles pour eux d'eux. Le Maître Noir avait besoin d'être aussi frais que prêt pour ce jour qui était désormais le sien et qui se levait là-bas sur l'horizon brumeux.

Il sentit un passage doux et fugace de l'esprit de son lié. Estenir était enroulé sur lui même dans son weyr, le guettant de son regard serein. Il n'y avait pas besoin de mots pensées entre eux pour converser. Là, le dragon faisait acte de présence pour montrer qu'il était toujours présent et serait avec son lié, quoiqu'il puisse arriver.

Les premiers rayons dorés du soleil firent enfin leur apparition, chassant le restant de rouge sanglant qui s'était peint sur le ciel matinal. Il était temps. Se détournant presque avec une pointe de regrets, Alauwyr se concentra sur ce qu'il l'attendait. Il s'était à demi préparé à son éveil. Un pantalon de cuir au noir mat et de solides bottes de cuir l'équipaient déjà. Il ne perdit pas de temps pour se défaire de sa simple chemise blanche de lin pour la remplacer par une autre plus fine de tissage. Par-dessus, il y mit une cotte de maille au tressage digne des meilleurs forgerons elfiques, qui pesait presque rien. Une précaution qu'il se passait d'ordinaire, mais aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. Sa forte témérité en Qahra avait manqué de lui ôter la vie et avait prolongé trop longuement son absence. Bon nombre de ses adversaires qui avaient patienté dans l'ombre n'avaient pas du attendre plus longtemps pour se dévoiler ou manifester leur ambition face au pouvoir absent. N'avait-il pas agir de la même façon quand la précédente Dame Ardente avait mystérieusement disparu, avant de se retrouver à se battre contre Limna ?

Les paroles de Seregon lui revinrent après coup et il grimaça. Le Gardien tenait à l'intégrité du Kaerl. Il veillerait seulement à sa protection et pas celle d'un simple humain. Au Seigneur Ardent de démontrer qu'il avait encore la force de tenir les rênes du Màr face à ses détracteurs et opposants. Il chassa la pression qu'il se mettait à lui-même et termina de serrer les petites sangles de cuir de sa cotte. Une fois cela fait, il passa sa tunique noire, brodée de deux dragons serpentins qui naissaient de ses épaules pour se rejoindre au milieu de son torse. Il termina de parfaire sa tenue seigneuriale d'aspect simple mais élégante en passant sa ceinture, celle même qui supportait le fourreau de son épée. Venir sans elle serait apparaître comme une proie affaibli, s'offrant déjà à ses bourreaux pour la charpie finale. En venant avec sa fidèle lame, il démontrera qu'il était prêt à tout ; même au combat. On ne manquera pas de remarquer que physiquement, il n'avait pas entièrement récupéré par son visage encore émacié et les cernes encore sombre qui marquait le bas de ses yeux froids mais pétillant d'une détermination sans faille. Mais avec son épée battant à sa hanche gauche, le doute de son apparente faiblesse naîtrait dans le coeur des moins enhardis de ses ennemis.

Il n'eut qu'à croiser du regard les orbes draconiques du cendré, qui n'avaient point cessé de le fixer depuis le début. Un sourire carnassier à ses lèvres naquit à ses lèvres quand l'Empereur à la couleur des cendres volcaniques de la région du Kaerl se leva avec grâce et puissance pour rejoindre l'immense balcon. Lui aussi était prêt. Estenir une fois à l'air libre laissa l'humain gravir son antérieur et une fois qu'il le sentit bien installé sur ses muscles dorsaux puissants, déploya ses ailes immenses de chauve-souris et n'eut qu'à prendre la voie des airs pour s'élever en même temps que les premières lueurs solaires baignaient les plus hautes structures du Mar Taralom. Un jour nouveau naissait, un jour unique.

Estenir avait pris suffisamment de hauteur pour rejoindre le Mahalma, tout en poussant volontairement un puissant rugissement, comme seul un Empereur était capable d'émettre. Un son fort et tonitruant pour marquer sa présence et par la même occasion celle de son lié. Nul besoin de chercher à se cacher, à jouer dans les ombres des couloirs ! Alauwyr n'était pas un lâche et le Kaerl avait besoin d'entendre de ses propres oreilles que son Seigneur était de retour, que les possibles rumeurs qui avaient commencé à circuler se confirmaient. Une nouvelle fois, le saurien ailé poussa un autre cri qui résonnait tel les éclairs d'une tempête furieuse au dessus de l'Archipel d'Ys.


Au sein du Mahalma, un homme borgne et à la longue chevelure sombre se tenait adossé contre le mur, celui qui se dressait fier sur le côté du Trône Ardent. Les bras croisés, son oeil unique était fermé, comme s'il méditait profondément. Entendre le lié du Seigneur rugir ne le surprit guère. Au contraire, il ressentait comme une certaine forme de satisfaction. Alauwyr veillait à réellement savoir qu'il était présent au cœur du Màr. Peut-être qu'il en faisait même un peu trop.

D'autres Ardents étaient venus le rejoindre au cœur du Mahalma, qu'ils soient bipèdes ou dragons. Seregon ouvrit son œil pour contempler la populace venue se réunir. Il n'eut pas besoin de faire de gros efforts pour lire les visages et entendre les murmures des arrivants pour savoir que mille et une émotions émanaient de chacune d'elles. Inquiétude, colère, confusion, soulagements... tout s'entremêlait qu'il aurait pu en attraper une bonne migraine. Ressentis positifs comme négatifs, on trouvait de tout. Le Kaerl commençait à vivre un épisode important. Et d'autres futurs témoins des événements qui allaient suivre se rajoutaient encore. Puis le Gardien Borgne tendit sa tête vers l'entrée majestueuse sans décroiser ses bras. Le Seigneur arrivait en personne

Le Maître Noir avait à peine pénétré dans le Mahalma que les murmures se turent presque. Des paires d'yeux s'étaient braqués sur la silhouette à la posture fière et arrogante qu'affichait Alauwyr. D'un pas sûr et résolu, il se dirigea au milieu des Ardents présents. Certains reculaient pour lui céder la place. Malgré des regards étonnés, peu engageants ou froid, Alauwyr avançait toujours vers le Trône Ardent, comme si aucun doute ou de crainte ne le rongeait. En avait-il eu seulement ressenti leurs méfaits une fois dans son existence ? Bon nombre le pensait. Derrière lui, à une vingtaine de mètres le suivait l'imposant dragon cendré. Quelques grondements sourds retentissaient à son passage. Il se contenta d'y répondre par un grognement dominant ou encore des claquements secs de ses mâchoires.

Seregon suivait toute la scène et dans la plus parfaite des indifférences affichée à son visage. De son oeil solitaire, il suivait la progression du Seigneur Ardent, se demandant jusqu'où il pousserait son audace. Il l'observa s'arrêter devant le Trône et s'attendait presque à le voir s'y asseoir sans plus de cérémonie. Alauwyr ne commit pas cette erreur qui aurait pu être jugée directement comme infamante aux regards de ses adversaires. L'humain fit dos au trône et arbora un sourire des plus provocateurs, regardant tout être qui lui faisait face au sein de l'immensité du Mahalma. Au moins le Gardien se rassurait presque en le voyant agir de la sorte. Alauwyr ne devait pas oublier l'échange qu'ils avaient eu tous les deux la veille.... Le Seigneur devait confirmer de sa propre bouche les devoirs qu'il assurait à l'égard de tout le Màr. Mais pour le moment, le Maître Noir ne soufflait aucun mot. Il paraissait attendre quelque chose. Une réaction parmi les Ardents peut être ?



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MessagePosté le: Mer 27 Avr 2016 - 14:31 Revenir en haut

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Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Lun 2 Mai 2016 - 16:44 Répondre en citantRevenir en haut

Le retour du seigneur noir ? Yong’Wu en avait rit la première fois comme si cela avait été une blague de bon ton, la seconde fois il gloussa, la troisième fois… il fronça des sourcils. Ainsi donc c’était vrai, Alauwyr Iskuvar daignait, non, osait repointer le bout de son nez d’humain en ces lieux et espérait reprendre sa place sans plus de cérémonie. Le Sang en avait enragé dans ses appartements, tout Torhil qu’il était, celui-ci avait un tempérament explosif et bien que face à la colère abrupte et impulsive d’un Fëalocë il avait l’air calme, ceux qui connaissaient sa race pouvaient sentir la fureur qui brûlait dans son cœur.

Il s’était emparé de la première arme à lui tomber sous la main, le fléau qu’il avait utilisé durant la grande guerre, avant de s’en prendre à son mobilier en grognant sa haine. Quelques échardes de bois précieux plus tard il se tenait au centre de ses appartements, la poitrine se soulevant bien haut tandis qu’un tic nerveux jouait sur l’un des coins de sa lèvre supérieure.

« Deux mois, encore deux mois et j’aurai pu destituer cet étranger du désert ! Sang de chienne ! »

Comme un boa se resserrant lentement sur sa proie la présence de Nushi se fit dans son esprit, étranglant peu à peu la rage pour lui susurrer à l’esprit des mots venimeux. Le Blanc méritait son surnom de serpent, ne serait-ce que par sa cruauté naturelle mais aussi pour son talent à verser ses mots dans l’esprit des gens avec autant de chaleur que les écailles neigeuses qui le couvraient.

° En quoi cela t’est-il impossible maintenant ? Réfléchis Yong’Wu, tu tiens la chance unique de pouvoir défaire un adversaire en face plutôt que de le mettre devant un fait accompli. La main d’un ami peut tout aussi bien lâcher dans un précipice que celle d’un ennemi… Elle a même plus de chances de réussir.°

Il relâcha le fléau, le laissant s’étaler sur le sol de pierre fondue et il opina du chef, le vieil humain ne manquerait pas de faire savoir sa présence à corps et à cris dans l’espoir de redorer son blason. Une entrée fracassante pour un démissionnaire… pour un déserteur. Crachant au sol il se dévêtit et prit son manteau de Sang pour bien faire savoir quel était sa position.



Dû à sa position il put rejoindre l’une des places de choix pour voir le ‘’Seigneur’’ retourner à son trône. Bras croisés sur la poitrine, manucuré, le corps frotté à l’huile de chanvre et sa pilosité faciale cirée et mise en place avec soin, il ressemblait plus à un courtisan qu’autre chose si l’on faisait abstraction du simple fait qu’il fut Zenghwei. Son regard venimeux suivait le ‘’seigneur et maître des lieux’’ lors de son ascension mais son visage n’exprimait rien, d’une neutralité parfaite.

Il sentait le souffle de la foule, les questions non posées, les quelques protestations, les vivats retenus, cet endroit puait le bétail bipède. Tout ces étrangers au Kaerl, ces petites gens qui n’avaient pas le droit de souiller la puissance du Mçr, il en aurait été malade si la situation était différente. Là, cela le rendait plutôt heureux : des têtes de bétail pouvaient être dirigées sans difficulté.

Il ne put retenir l’un de ses sourcils de s’arquer alors que le ‘’bellâtre du désert’’ s’était retourné pour tous les regarder avec un sourire de provocation. C’était maintenant, là était son heure.

Laissant sa voix d’orateur faire le travail, il brisa le silence avec aise :
-Seigneur Iskuvar, c’est un plaisir de vous revoir parmi nous » il avait appuyé juste assez le mot plaisir pour laisser transparaître une légère moquerie mais qui ne pouvait être vérifiée à cent pour cent « J’imagine parler au nom de tous en disant que nous sommes heureux de revoir votre chère tête couronnée, cependant nous aimerions savoir ce qui a éloigné votre grande ‘’présence’’ de vos sujets. Nous ferez vous l’honneur de nous conter vos, j’ose l’imaginer, nombreux exploits et faits d’armes durant cette absence ? »

Il n’était pas sorti du rang, c’était inutile avec sa taille et il était bien assez reconnaissable pour simplement rester là et parler.



Elke On Nïksé
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MessagePosté le: Mar 16 Aoû 2016 - 16:56 Répondre en citantRevenir en haut

L’appartement de l’ondine était simple mais confortable. Certains chevaliers dégotaient des espaces plus imposants, pouvant faire pâlir les Maîtres les plus exigeants mais c’était surtout une petite guerre interne de corruption. Elke appréciait son espace. Silencieux, il offrait une vue imprenable depuis le balcon où sa liée aimait languir sous les rayons solaires. L’ondine admirait, paisible, le bal constant des sauriens en vol et rêvait d’horizons au chant de leurs ailes balayant le vent.

La saison changeait, se parant de rubis là où l’on voyait de l’émeraude et les rumeurs du retour de Seigneur n’avait eut de cesse de résonner depuis la fosse aux Weyrs. La jolie bleue gagnait en assurance et sa croissance la modelait lentement en une bête plus impressionnante. Tezca profitait de ses derniers instants pour frotter ses écailles dans l’intérieur de sa moitié, bientôt elle aurait bien du mal à s’y immiscer. Il était tôt encore mais le grondement retentit comme on sonne une alerte. Estenir, Seigneur noir du Kaerl annonça l’événement et tous ses frères rapportèrent à leur compagnon qu’il était l’heure d’assister à leur retour.

Elke fronça le front mais s’acquitta de vêtir quelque chose de décent. La salle du Mahalma était le lieu des annonces officielles et sa présence en tant que Chevalière méritait qu’elle tienne son rang. Jeune chevalière l’ondine s’était approchée des Spectres des Cendres afin de parfaire son expérience et œuvrer dans la discrétion pour son Kaerl. Si son engagement était encore à prouver, cela commençait certainement par se présenter au nouveau Seigneur. Quel soldat ne prêterait pas allégeance à son chef ? Aussi, la jeune femme enfila des braies sombres agrémentées d’une chemise grisée et d’un pourpoint noir ajusté aux formes féminines. Les finitions étaient de bonne facture sans avoir de fantaisie luxueuse. Ceinturée à sa cuisse, sa hache, parce que personne ici ne sortait désarmé.

* * *


Curieusement, le silence planait. La salle se remplit vite et l’ondine se laissa porter pour trouver une place où elle pourrait voir l’allocution, elle repoussa quelques individus pour se glisser devant eux. Sans peine, elle remarqua son ancien Maître, montagne torhil, à l’affût de l’avenir du Màr. Puis le Seigneur entra. Avancée remarquable et à laquelle on sentait la tension se mêler. L’imposant Noir fermait sa marche, telle une ombre planante sur ceux qui viendraient les contester. Le Seigneur Iskuvar fit face aux siens, l’œil menaçant mais la mine fatiguée. Sa seule présence répondant aux inquiétudes et prêt à faire face aux dissidents. Alors qu’elle pensait qu’il débuterait par un discours, Yong’Wu envoya sa voix de basse dans les airs, imposante et respectueuse, assurant de sa loyauté mais réclamant des comptes au grand dirigeant.

La Bleue prit place sur un balcon pour ne rien manquer ni s’éloigner de son ondine amusée.

* Les autres disaient qu’Estenir était un mou, je le trouve plutôt attentif à qui voudra tuer son humain *
* Il faudra aller les saluer un de ces jours, on a profité de son absence mais va bien falloir y passer… *
* Tu n’as pas à t’en faire *
* Non… J’ai lu les notes de Limna. *


L’ondine guetta la réaction du Maître Noir, au même titre que les autres ardents, des explications certes mais peut-être davantage? Des nouvelles pour étendre leur Ordre certainement.



Runa Salv
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MessagePosté le: Mar 16 Aoû 2016 - 22:19 Répondre en citantRevenir en haut



En pénétrant dans son weyr, Runa ne put retenir un frisson qui imposait l'effroi au soulagement. Tout ici semblait mort, figé, presque hanté par les âmes égarées du Màr Tàralöm qui avaient trouvé là un refuge de fortune en l'absence de la maîtresse de maison. Malgré les étoffes Ssyl'Shariennes aux teintes chaleureuses qui pendaient du plafond, malgré les coussins brodés qui tapissaient le sol de la pièce pour lui rappeler sa terre natale, la Fëalocë n'y vit rien d'accueillant. Faiblement s'agitèrent les pans de soie tantôt grenats tantôt andrinoples sous la caresse nonchalante d'une brise qui traversa le lieu non sans une certaine morsure sinistre.
A pas hésitants, elle avança en incantant à voix basse quelques formules protectrices tout en prenant soin d'inspecter ses appartements pour s'assurer qu'il n'y avait personne. D'un geste franc, elle écarta les rideaux qui fermaient le large balcon de son weyr, agitant des volutes fuyardes de poussière éclipsées par la clarté d'un soleil levant, terrassant les cieux d'orange et d'or pour chasser les dernières froides lueurs de la nuit.
Il y avait une certaine symbolique dans son action : par ce biais, d'une certaine façon, elle chassait les démons du passé pour laisser place à un nouveau cycle, il était temps de prendre un nouveau départ.

Et lorsque la lumière fut, celle qui quitta les lieux comme une enfant apparut presque comme une adulte. Sarzeghnet, en émigrant du Kaerl, n'était qu'une dragonnelle qui arrivait à peine aux hanches de sa liée. Aujourd'hui, sa seule épaule la dépassait de deux bonnes têtes et elle n'en n'était qu'à l'adolescence. Bien qu'aveugle, elle affirmait déjà une taille digne des plus grandes Reines, et de ce fait, ceux qui avaient osé la moquer pour son infirmité feraient bien d'y réfléchir à deux fois désormais.

Prudente, progressant lentement dans sa tannière, Sarzeghnet baissa la tête et huma les vibrations dans le sol, balançant doucement cette dernière de gauche à droite pour s'imprégner de la pièce et de ses obstacles. Il fallait dire que si elle manifestait une certaine carence en raison de son régime alimentaire limité vu le maigre terrain de chasse qu'elle avait arpenté ces derniers mois, sa cécité n'avait en rien été un problème. Pour son âge, la jeune dragonne faisant montrance d'instincts ultra-développés, que parfois même les adultes n'atteignaient jamais. Son ouïe, son odorat, son goût, son toucher, tout cela était exacerbé à force d'une vue absente quelle devait compenser d'une manière ou d'une autre. Peu à peu, elle se réhabitua à l'espace, fouillant dans ses souvenirs pour accélérer le processus quand bien même les valeurs n'étaient plus les bonnes. La petite table basse qu'elle avait percuté une bonne dizaine de fois par le passé n'était plus maintenant qu'un gravier sur son chemin, ou presque. Et en cela, elle éprouva une certaine satisfaction.

La Reine Incarnate souffla une gerbe de flammes sur le braséro qui s'illumina alors d'une chaleur retrouvée. L'ardente danse de ce feu affamé inonda le weyr d'un jeu d'ombres délectable, lui qui était resté dans les ténèbres des lunes durant. Comme pour honorer une de leurs soeurs, les braises crépitèrent d'un écho quasi festif, lançant çà et là quelques étincelles rougeoyantes avec autant d'entrain qu'un phénix retrouvant sa liberté. Après tout ce temps, les quartiers de la Fëalocë renaissaient. Ce fut d'ailleurs à ce moment précis que Runa percuta une chose : elle avait disparu pendant près de trois mois.
Visiblement, il n'y avait pas eu grande inquiétude au sujet de son absence, elle, une Chevalière Incarnate tout juste liée à l'héritière de Tahkasya. La plèbe n'avait vraisemblablement que faire de ce qu'il advenait de ses Reines.. Les serviteurs avaient simplement soigneusement confiné le weyr, recouvrant quelques meubles pour éviter qu'ils ne prennent la poussière. Loin de s'en voir offusquée tout au plus mal considérée, la princesse déchue du Ssyl'Shar y vit plutôt une autre preuve de la déchéance du Kaerl, et il était temps que ça cesse.
Elle se hâta et réveilla quelques domestiques pour lui faire porter de l'eau afin qu'elle ne s'ablutionnât. Elle ne leur laissa nullement le temps de manifester leur - mauvaise - surprise de la voir à nouveau sillonner le Weyr. Sarz, de son ouïe plus que fine, perçut de leur part quelques murmures tremblants au sujet du retour du Seigneur et de son ancienne aspirante la nuit passée, et qu'aujourd'hui serait journée de fureur et de sang.

** Si vous ne voulez pas vivre vous même le délice de ce que vous avancez, je vous conseille de presser le pas, Sans-Dons.. ** Les coupa-t-elle, rude et glaciale.

La dragonne claqua de la mâchoire pour surenchérir à son intimidation. Elle sembla fixer un jeune elfe bien que ces yeux étaient morts.

** D'autant que je n'ai rien dévoré de frais et savoureux depuis des semaines.. **

Peu de temps après furent déposés devant l'Incarnate deux carcasses de brebis en offrande, présents qu'elle s'empressa d'engloutir avec appétit, faisant régner dans le weyr le chant mélodieux des os craquant sous la puissance de sa gueule et des chairs déchiquetées.
Au dehors, Solyae avait largement entamé sa course ascendante, et Runa se pressa. Elle tressa sa longue chevelure de rubis et ajusta sa tenue, sentant monter en elle la brûlure de la nervosité et, sans jamais oser se l'avouer, de la peur. Elle craignait l'issue de cette journée, le dénouement d'un possible combat dans la Fosse.. Elle serra la mâchoire et se fit violence, l'heure n'était pas à la faiblesse, c'était tout le contraire, elle devait montrer de la force.

** Il est temps, iza lahar. **


Sarzeghnet étant encore trop faible pour prendre le risque de chuter avec sa liée, elles s'accordèrent à se rendre séparément à la salle du trône. La Reine Incarnate déplia ses larges ailes et gonfla ses poumons d'air avant de sauter par dessus le balcon du weyr et de se laisser choir en un magnifique vol plané, tout à fait maîtrisé malgré son handicap. Lorsqu'elle prit de l'ascension, elle émit un grondement assourdissant pour signaler son retour à ses frères et soeurs en se dirigeant vers le Mahalma, faisant naître dans le coeur de tous la puissance qu'elle serait amenée à devenir dans les mois à suivre. Ils devaient la voir à l'aurore de l'âge adulte, et s'ils pouvaient la craindre ce n'en serait que mieux..
Runa quant à elle, se fixa longuement dans un miroir avant de partir, le regard dur voire menaçant pour son reflet. Il était difficile de décrire ses émotions tant elle se noyait sous leur flot. Ainsi droite si ce n'était royale, elle inspirait ce mélange de force et de crainte qu'imposaient les monarques à leurs petites gens et la méfiance qu'ils nourrissaient dans l'esprit de leurs pairs. Pourtant en son coeur battait une soif de sang pour celui qui oserait s'en prendre à la seule chose à laquelle elle n'avait jamais tenu hormis sa liée. Mais sa gorge restait nouée et sèche, brassant une bile amère et secrète témoin de son angoisse refoulée mais bien présente. Sarzeghnet déplorait avec rage l'entichement de sa bipède pour ce vieillard, mais elle n'hésiterait pas à arracher les gorges de ceux qui pourraient peiner son âme-soeur.
Si Alauwyr mourrait aujourd'hui, que ses ennemis sachent qu'une démone en furie les traquerait jusqu'aux portes de la demeure d'Isashani.

Elle rajusta la lourde tresse qui pendait sur son épaule droite, puis son sari, et elle s'en rejoignit sa liée le menton haut.

. ○ • ☾ ☼ ☽ • ○ .




Une ombre encapuchonnée se faufila parmi les convives, avec prudence et vivacité à la fois. Une large coule d'un noir profond retombait sur ses épaules, dissimulant sans grand-peine un visage aux traits ronds et même enfantins. Dans le clair-obscur du Mahalma, on distinguait pourtant sa bouche aux lèvres charnues et d'un rose pâle qui n'étiraient ni sourire ni grimace, simplement posées là sans expression sur ce masque de marbre blanc que rien ne venait dérider. Elle dégageait quelque chose d'inhumain, de malsain, de spectral ; comme quand on croyait avoir vu un fantôme après avoir tourné la tête trop vite. Sa peau était froide comme la mort et elle embaumait autour d'elle l'air de son aura ténébreuse.
La jeune créature avançait aveuglément dans la foule, faisant fi de ceux qui se trouveraient sur son passage pour arriver jusqu'au bord du trône. Elle avait été guidée par l'âme puissante du Seigneur Iskuvar, un homme qu'elle ne connaissait que trop bien à son goût et dont elle se serait bien passée de faire partie du cercle familial. Mais sa bipède en avait décidé autrement, déjà avant sa naissance..

Il s'agissait de sa première forme humanoïde. Elle en avait déjà essayé d'autres, moins discrètes, mais avait été incapable de la maintenir bien longtemps. Si elle avait choisi de bien se faire voir au Kaerl sous sa forme la plus flamboyante, Sarzeghnet cette fois ci avait opté pour une enveloppe moins remarquable. Et pour cause. Elle voulait être au premier rang, et attaquer celui qui serait assez fou pour ignorer les traditions.. Et quoi de mieux qu'un bon effet de surprise sur celui qui aurait préjugé une pauvre jeune fille sans défense.

Runa arriva à son tour et se mit en quête d'approcher sa liée dissimulée sous une forme bien commune. Contrairement à cette dernière, elle n'hésita pas à pousser violemment celui ou celle qui lui barrerait la route quand les badauds ne s'écartaient pas d'eux-mêmes. Elle bouscula d'ailleurs une jeune Ondine à la crinière de nuit sans plus de distinction. Fière et d'un pas décidé, elle se plaça à droite de son âme-soeur et adressa à Alauwyr un regard mêlant l'inquiétude et le soutien. L'ambre de ses iris pétillait pourtant d'une incertitude palpable alors qu'elle s'efforçait de ne rien trahir. Elle coula une oeillade perplexe à l'endroit où était dissimulée la plaie de l'Humain, blessure qui avait manqué de très peu de le tuer. Elle le savait encore faible, elle savait qu'il ne pourrait luter pendant des heures face à un adversaire de sa pointure..

Le silence fut rompu par le Maître Zenghwei qui n'hésita pas à piquer directement là où ça faisait mal. La Fëalocë ne tenait pas grande affection pour ce géant qui n'avait pas manqué d'aller contre son opinion au Banquet qui succéda à son Empreinte. Malgré tout, elle ne lui cherchait pas querelle car il était à la tête du Clan Valherien, parti duquel elle envisageait un jour prochain ou non de se rapprocher..
A la fin des propos de Yong'Wu, les voix s'étaient élevées surtout pour exprimer un avis négatif sur son retour. Les partisans d'Alauwyr, eux, se taisaient, et attendaient que l'Humain ne fasse ses preuves et explique la raison de son absence.

Runa commença à bouillir de rage, captant les paroles acerbes des uns et des autres qui ne cherchaient qu'une chose : la chute du Seigneur à peine revenu. Il était vrai qu'en d'autres circonstances, peut-être aurait-elle rejoint cet écho en la défaveur d'Iskuvar, peu tolérante envers l'absence de responsabilités pour un rang si prestigieux. Mais force était d'admettre qu'elle avait changé de camp, il y avait plusieurs mois de cela..

** Ils brûleront tous.. Et je danserai sur leurs cendres ! **
** ... **


Sarzeghnet, d'un contrôle anormal, se taisait mais ne cessait pas de penser pour autant. Elle percevait la colère fulminante de sa liée, presque plus "Incarnate" qu'elle en cet instant. Pourtant, la dragonne si silencieuse refrénait difficilement son envie de s'exprimer et de vociférer à leur face ce qu'elle contenait difficilement. En quatre mois, de grandes choses auraient pu être accomplies pour profiter à l'élévation du Màr Tàralöm. Mais rien ne fut fait. Ces imbéciles étaient restés là, en qualité de contemplateurs plaintifs, et ils se permettaient en plus de proférer des menaces ?
Sous son apparence juvénile, Sarz posait avec affront ses opales luminescentes mais incapables de voir à la face de quiconque daignait persifler sur le dos de l'Humain. Peu adepte de défendre autrui, moins encore cet être qu'elle n'appréciait pas vraiment, elle n'en demeurait pourtant pas moins affligée de voir la stupidité de ces bipèdes inaptes à se poser et réfléchir pour une puissance commune. Alors qu'elle s'apprêtait à s'exprimer, elle ressenti un malaise, de plus en plus persistant.. Sa forme humanoïde menaçait de céder d'un instant à l'autre.

Le brouhaha s'épaissit, toujours plus vindicatif, sans avoir permis à l'Humain de s'exprimer. La vipère de feu, au bord de l'explosion face à une telle pression, se mordit une première fois l'intérieur de la joue pour ne pas craquer. Suivant le geste de sa liée, elle assassinait d'un regard de mer d'or en ébullition le moindre être qui attisait la flamme de cette sorte de chasse aux sorcières. Et autant vous dire que les moins hardis étaient rapidement calmés. Mais bien vite, c'en fut trop pour elle. Un hurlement hystérique retentit dans l'assemblée.

- SILENCE ! TAISEZ-VOUS !


Puis un grondement menaçant étaya ses propos. Quelques cris de stupéfaction retentirent alors que Sarzeghnet apparut sous sa véritable forme, faisant reculer prestement ceux qui étaient restés autour d'elle. L'éclat embrasé des flambeaux se reflétait sur ses écailles taillées en pointe et de la couleur du sang frais. Du haut de sa tête supportée par son cou galbé, elle n'eut qu'à ouvrir la gueule et dévoiler ses crocs pour faire régner le mutisme et imposer sa loi à la plèbe, le temps de quelques minutes. C'était également une façon pour eux de se rappeler qu'ils n'avaient pas eu honte de n'avoir cure de la destinée d'une de leurs Reines, mais qu'elle était bien de nouveau là et prête à arracher quelques têtes.

[HRP/ Je suis tellement désolée pour la taille, ça ne se reproduira plus T_T]



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
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Marek d'Ardiénor
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MessagePosté le: Dim 21 Aoû 2016 - 18:24 Répondre en citantRevenir en haut



Alors que Kishi étendait encore sa douce étreinte sur la Terre de l'Aube et Aran'Rhiod son emprise sur les âmes de ses habitants, l'une d'entre elle, en prise à un songe menaçant, s'agitait, les draps de son lit entortillés tel un linceul autour de son corps.

Sans cesse, ces dernières nuits, ces images lui revenaient. Le chaos. Deux cascades de glace s'affrontant, s'entrechoquant sans cesse. La rumeur violente de la foule. Des lames luisantes dans la lueur de l'aube. Et le sang, tellement de sang … Puis, la mort. Sensation vertigineuse de se noyer sans son propre sang.

Et la respiration haletante, ses yeux roulant sous ses paupières closes, il combattait ce songe, refusant sa domination sur sa conscience, cherchant à en percer l'énigme pour conserver la raison, dans une tentative désespérée. Alors, lorsqu'à bout de forces, il était prêt à abandonner, l'ombre d'une âme à la fois ancienne et puissante venait recouvrir ses visions, comme jetant un voile dessus, les masquant à sa vue.

Asaleith. Le Dragon, sa grande tête écailleuse posée sur ses pattes, observait attentivement le frêle Ondin se débattre contre ses draps. Et lorsque Marek ouvrit enfin les yeux sur le plafond de son weyr, parfaitement éveillé et la migraine battant à ses tempes, il croisa le regard soucieux de son Lié, ses iris chavirées de cendre. Le Brun veillait toujours sur lui durant son sommeil, le protégeant de ses rêves par moment trop envahissants. C'était malheureusement le cas ces derniers temps, après pourtant une courte période d'accalmie suite à la chute de l'Ombremage. Son pouvoir de prescience était erratique et incontrôlable, se manifestant la nuit, pour la grande majorité du temps. Ses moments de réel repos étaient par conséquent aussi rares que précieux.
Un souffle tel un soupir creusa la poitrine du Dragon, lorsqu'il aperçu son Ondin se lever péniblement et diriger vers la cuisine pour se préparer cette décoction à base de plante qu'il prenait toujours pour soulager ses douleurs … Celle dont une Neishaane aujourd'hui disparue, lui avait fourni la recette, il y a bien longtemps. Souvenir doux-amer qui hantait toujours son Lié, dans les tréfonds obscur de son âme et dont il n'avait probablement même pas conscience.

Puis, soudain, comme attentif à un son que lui seul pouvait entendre, Asaleith redressa la tête. Il y avait là le retour d'une Présence qu'il n'avait pas senti au Màr depuis plusieurs mois. Une âme à la teinte sauvage, celle d'un de ses frères, parmi les plus puissants. Un frisson d'appréhension lui parcourut l'échine et il dénuda légèrement ses crocs en réponse. Il protégerait Marek quoi qu'il advienne.

Une tasse fumante entre les mains, son Lié, paraissant bien pâle sous la lueur des Lunes, lui jeta un regard acéré. Il avait perçu le trouble inhabituel chez son âme-soeur et l'interrogea, laconique et préparé au pire.

« Qui ? »

**Alauwyr Iskuvar … Votre Seigneur est de retour.**

***


Impérieux, plein de défi, saluant les premiers rayons de Solyae sous un ciel teinté de rouge flamboyant, un rugissement puissant retentit et résonna longuement, se répercutant sur les parois rocheuses qui abritaient le Màr Tàralöm. Estenir, l'Empereur Noir, confirmait à tous que son Lié était revenu au sein du Kaerl, et qu'il n'entendait pas le cacher. Iskuvar allait sans l'ombre d'un doute réclamer son trône, qu'il considérait probablement comme lui appartenir légitimement. Le Concile allait-il le laisser faire, les Sangs ayant prit leurs aises pour gouverner le Kaerl en l'absence du Seigneur ?

Incapable de se rendormir depuis qu'Asaleith lui avait signalé le retour d'Iskuvar sous le couvert de la nuit, Marek méditait, ses longs doigts joints sous son menton et les yeux mi-clos. La réapparition du Seigneur lui paraissait bien lourde de conséquences. Plus il y pensait, plus il doutait que les choses se passent en douceur. Quelle position devrait-il défendre ? Quelle était la plus juste ?

Il n'avait plus le temps de réfléchir. Suite à l'avertissement d'Estenir, la foule n'allait probablement pas tarder à commencer à se rassembler au Mahalma, impatiente, et avide, telle une assemblée de vautours. Car c'était ainsi qu'on fonctionnait au Màr Tàralöm. La politique devenait spectacle, quand elle était menée en pleine lumière. Qu'Alauwyr se présente dans la salle du trône était une évidence. Et les Sangs ne seraient certainement pas en reste. Il lui faudrait rejoindre ses pairs, et assumer son rang au milieu du chaos qui ne manquerait pas d'advenir … Et puisse Flarmya le guider sur la voie à suivre.

Bien que nerveux, le Brun gardait le silence, laissant son Lié peser sa décision, marquant son irritation croissante par un léger battement de queue qui allait en s'intensifiant. Cette attente devenait pesante. Peu importait l'angle dont il voudrait bien étudier la situation, Marek devait impérativement être présent pour accueillir l'Humain et son cendré d'Empereur. Il devait tenir sa place et rappeler à tous que son titre n'était pas là que pour honorer la Déesse Mère.

**Marek ...**

L'Ondin croisa son regard sans mot dire, ses prunelles d'océan troublées par une grisaille tempétueuse. Le Dragon savait qu'inconsciemment, il ressassait les images du songe de la nuit passée, cherchant à établir un rapport entre elles et les événements présents.

**Tu ne fais que perdre ton temps, il n'y a pas d'autre solution. Allons-y. Tu ne peux pas te permettre d'arriver en retard.**

Asaleith le vit fermer les yeux quelques secondes, ses lèvres se mouvant silencieusement dans quelque prière à Flarmya, avant qu'il ne se redresse, les mains posées à plat sur la table devant lui, l'expression déterminée.

« Tu as raison. Le plus tôt sera le mieux, avant que le Mahalma ne soit plus qu'une mer par trop agitée. »

***


Marek s'était vêtu avec sobriété pour la circonstance, chausses noires enfoncées dans ses bottes cirées, et tunique bleue-verte par dessus une ample chemise blanche. La chevalière à la flamme et au dragon ornait son annulaire gauche, symbole de son rang tandis que le pendentif d'argent au dragon stylisé battait sa poitrine à chacun de ses pas. Quant à sa chevelure aile de corbeau, comme toujours coupée court, elle était soigneusement ramenée en arrière pour dégager son visage.

Lorsqu'il pénétra dans le Mahalma, Asaleith sous forme draconique sur les talons, quelques badauds étaient déjà présents, mais le Seigneur brillait encore par son absence. Sans doute tenait-il à faire une entrée remarquée lorsque la salle serait comble. Ils marquèrent un arrêt. Rares étaient les dragons, qu'ils aient préféré faire leur propre réunion aux Dôl Nàrë ou qu'ils aient prévus d'arriver plus tard, à la suite de leur Lié. Beaucoup considéraient la politique bipède avec un certain dédain. Les sauriens avaient leurs propres jeux d'influence.

D'une pensée, le Brun lui signala la présence du Gardien, Seregon. Bras croisés et œil clos, il semblait presque endormi là, appuyé contre le mur qui jouxtait le trône Seigneurial. Mais le Maitre Dragon qu'il était savait que ce n'était qu'une simple apparence et que son esprit scrutait avec intensité les moindres corridors dérobés du Màr. Rien n'échappait au Gardien. Ce serait folie que de croire le contraire.

Marek inclina respectueusement la tête dans sa direction, puis reprit sa marche. Ils se posteraient au cœur du Mahalma, à proximité du trône, tout en respectant une prudente distance. De là, ils pourraient surveiller l'ensemble de la salle. L'écho de ses pas résonnant sur le sol carrelé de marbre noir, il prit place, et se tourna face à l'entrée, son Brun allongé derrière lui, dans une attitude faussement détendue. Alors, l'Ondin se prépara à attendre, tous les sens en éveil.

La salle commençait à se remplir lorsqu'Iskuvar fit enfin son entrée. Fier, arrogant, comme à son habitude. Le visage impassible, masquant son aversion devant une telle attitude, Marek salua brièvement le Maitre Noir lors de son passage, et l'observa tandis qu'il allait se poster devant le trône, Estenir dans son ombre. Un insupportable sourire flottait sur le visage couturé de l'Humain, qui contemplait le Mahalma avec un air de propriétaire.

Tandis que les murmures enflaient, Yong'Wu Zenghwei, Haut Représentant des Valheriens et Sang du Màr vint prendre place non loin de lui, sur cette ligne imaginaire qui semblait délimiter l'espace raisonnable à laisser entre les ''spectateurs'' et le Seigneur. Le Torhil avait fendu la foule avec aisance, profitant de l'avantage que lui offrait sa haute taille. C'est en se saisissant des mêmes atouts, que sa voix, aux sonorités onctueuses et cultivées, s'éleva, pointant tout haut ce que tous pensait tout bas. Ainsi il n'allait pas attendre que le Concile soit au complet avant de passer à l'attaque. L'Ondin contracta les mâchoires en écoutant le Valherien. Il lui répugnait de l'admettre, mais il avait parlé juste, malgré la moquerie voilée qui suintait littéralement de ses propos. Quelles raisons avaient bien pu retenir Iskuvar loin du Kaerl ?

La rumeur de la foule n'en fut que plus croissante, une fois éteints les derniers échos des paroles du Zenghwei. Les voix s'élevaient, vindicatives, de plus en plus nombreuses, en majorité pour dénoncer le retour du Seigneur. L'agitation les gagnait. Saisi d'un pressentiment obscur, Marek s'apprêtait à s'avancer pour prendre la parole à son tour avant qu'un mouvement de foule et un cri perçant de colère ne rétablisse soudainement un silence lourd de tension. L'Ondin tourna la tête pour en chercher l'origine, et s'aperçut qu'une jeune Incarnate, probablement présente jusque là sous sa forme humaine, allongeait le cou en dévoilant ses crocs, ouvertement menaçante. A ses côtés, une petite Fëalocë couronnée d'une crinière de feu, la poitrine soulevée par une respiration trop rapide, fixait un regard furieux sur la plèbe.

Saisissant l'occasion, l'Ondin avança sans plus attendre hors du cercle anonyme de la foule, se plaçant de profil, de sorte à pouvoir voir à la fois Iskuvar, et le reste de la salle. Ignorant l'interruption de la Chevalière Incarnate, sa voix s'éleva, forte et claire.

« Seigneur Alauwyr Iskuvar, je ne peux que joindre ma curiosité à celle de Maitre Zenghwei, quant à savoir ce qui vous a retenu si longtemps loin de vos devoirs. »

Fixant ses iris d'océan tempétueux dans celles du Seigneur, il poursuivit.

« Et bien que je me réjouisse, pour le bien du Kaerl, de votre retour, je me dois de rappeler les faits. Vous avez disparu pendant près de quatre lunes, sans que la moindre de vos nouvelles parviennent au Màr, l'abandonnant alors qu'il était affaibli et éprouvé, au sortir de la Guerre contre Drazahir. »

Quatre lunes pendant lesquelles le Concile avait progressivement prit le pouvoir au sein du Kaerl, se réjouissant secrètement de la disparition inopinée d'Iskuvar.

« Être Seigneur du Kaerl est plus qu'un titre, c'est une charge. Une lourde charge. Au nom de Flarmya, je vous informe que vous n'êtes plus jugé digne de votre titre. Il va vous falloir regagner la confiance du Concile, ainsi que prouver que vous êtes toujours l'Elu de la Déesse Mère, choisi par Elle pour régner sur le Màr Tàralöm. »

Sur ces derniers mots, le visage parfaitement neutre, Marek s'inclina respectueusement, inclinant le buste, une main posée à plat sur son cœur, qui lui semblait menacer d'exploser hors de sa poitrine. Et son sang se glaça dans ses veines lorsqu'il perçu du coin de l'oeil une silhouette à la longue chevelure de neige, s'avancer pour se placer à ses côtés. Se redressant, l'Ondin croisa le regard glacé, par trop brillant, de Martel Dehlekna, Haut Représentant du Clan Dominant, et lui également, Sang du Màr Tàralöm. Il avait dû attendre dans l'ombre, depuis le début, le moment idéal pour intervenir, se doutant de ce qui allait advenir.



Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
- Haut Représentant du Clan Dominant -


Avec la sensation d'un lapin qui vient de passer la tête dans un collet, Marek ne put qu'assister, impuissant mais bouillant de colère, à la déclaration de l'Elfe Noir.

« Maitre d'Ardiénor a bien parlé. En effet selon nos lois et les traditions ancestrales, vous devez à présent faire preuve de votre aptitude à diriger le Màr … N'est-ce pas douloureux d'être ainsi bafoué et déchu de son titre ? Et puisqu'il doit en être ainsi ... »

Son visage ouvertement figé en un masque de froideur méprisante, il marqua un temps d'arrêt dans sa déambulation face au trône. Et ses longs cheveux blancs, rassemblés bas sur la nuque en un catogan élégant grâce à un ruban noir, flottèrent dans son dos lorsqu'il fit volte face vers Iskuvar. N'en laissant rien paraitre, il savourait par avance ce qui allait suivre. Après des mois de travail en ce sens, le Prêtre lui avait enfin servi une occasion sur un plateau d'argent, bien que tout à fait involontairement.

« Alauwyr Iskuvar, je vous défie dans un duel, sous le regard des Dieux, demain matin, à la Fosse. En tant que Sang, je réclame la charge de Seigneur du Kaerl et son trône. Outre mes années de service envers le Màr Tàralöm, tant comme Décurion Flamboyant que comme Second, je prouverai, puisqu'il le faut, ma légitimité par la force. »

Enfin ! Martel se permit un mince sourire, un sourire de prédateur. Il sentait l'excitation et l'impatience brûler dans son sang. Le pouvoir était à portée de main, il lui suffirait de le saisir. Il jeta un bref regard dédaigneux à la catin d'Iskuvar et à son Incarnate aveugle - elle avait beau n'en laisser rien paraitre, les rumeurs de leur nuit passée ensemble s'était rapidement répandue, tout autant que leur disparition et leur retour commun - avant de reporter son attention sur l'Ondin à ses côtés, qui avait soudain pâlit, puis sur le Gardien, attentif à sa réaction. Les pions étaient à présent en place et la partie prête à basculer.




(Sign by Heryn Amlug)
Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Dim 18 Sep 2016 - 17:37 Répondre en citantRevenir en haut

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L’eau de mes songes semblait se débattre, sous mes paupières, tandis qu’agonisait la nuit. La course de Solyae avait beau être silencieuse, elle partageait toujours cette violence écrasante et fatale avec la mort. L’astre brûlant faisait lentement mais inexorablement courir ses doigts de lumière sur la roche grise des Pics de Cendres. Le feu éclatant vint lécher les pierres volcaniques du Màr Tàralöm. Des tourbillons de poussière s’élevèrent dans le ciel comme la terre se réchauffait à son contact. Des oiseaux – des charognards aussi élégants que voraces – entonnèrent leur premier chant. Les tours d’obsidienne et les jardins fleuris se révélèrent aux yeux des habitants les plus matinaux du Kaerl. Tous se prosternent et vénèrent le lever du jour. Ils croient que les ardeurs du soleil font fuir les affres de l’angoisse et les terribles cauchemars nés de leur sommeil. Mais les cauchemars ne cessent jamais avec le réveil : ils deviennent réels. Si seulement ces pauvres bêtes ignorantes savaient ce que cela impliquait…

Le feu caressa mes paupières d’écailles. La chaleur réveilla en moi quelques étincelles, jetant des braises sur un sentiment insidieux se faufilant sous mon armure. Quelque chose crépitait dans l’air. Une attente. Un doute. Un monstre se tapissant dans les ombres effrayées du matin hurlait quelque part, essayant d’attirer l’attention des astres sur lui. Une créature criarde, contrefaite et lâche, qu’on pourrait parer de tous les atours de la raison. La peur essaya vainement de se loger dans mes entrailles. Je l’étouffai rageusement sous la colère. L’éternel brasier de la fureur et de la félicité. J’ouvris un œil paresseux. Une aube rougeoyante emplissait le ciel. Quel magnifique spectacle ! Combien de merveilles et de cadavres avaient-ils fallu pour peindre ce ciel ? Tous les matins du monde se ressemblaient, au final. Il n’y avait que les êtres inférieurs, ces créatures à la vie aussi brève et fugace que tortueuse, pour s’imaginer des fables fantastiques dans un lever ou un coucher de soleil. Cependant, la bête était toujours là. Qui guettait l’instant propice pour déverser son fiel. Il manquait un cauchemar à la longue liste. Là où résidait la Peur. La Véritable.

Mon Lié ne dormait pas. Je n’eus aucune peine à rejoindre son esprit. Il avait pour habitude de se lever aux aurores quoiqu’il arrive. Un vieux réflexe pour une âme encore si jeune. Ma présence envahissante le gênait souvent dans son travail – quoiqu’il fût – et je m’en amusais. Combien de fois avait-il menacé de quitter cette assemblée de gratte-parchemins obsédés par le pouvoir sans jamais s’y résoudre ? Il se plaignait nuit et jour. Cependant, il savait : il ne survivrait pas à la désertion. Loin de la puissance et de la gloire, même s’il ne vivait pour n’en peupler que les ombres d’encre jetées sur le papier avec lequel on écrit l’Histoire, la vie lui semblerait si insipide… L’ennui le terrifiait, le rendait malade. L’ennui le tuerait.

Le sentiment d’urgence s’atténua comme j’enroulai ma conscience autour de celle de mon Lié. Ma chaleur endiablée, ce perpétuel feu intérieur, rencontra l’hivernale intelligence de mon Âme Sœur. Je m’étais si souvent questionné les jours suivants notre Empreinte. Je ne comprenais pas comment nos âmes pouvaient répondre l’une de l’autre. Ni pourquoi Flarmya avait voulu, dans sa grande bonté ignorante, nous lier pour l’éternité. Alors que tout nous différenciait. Comment avais-je pu en arriver à aimer cette pâle et faible créature qui m’enchaînait à la vie ? J’avais aimé et haïs ce vermisseau blanc dès le premier regard, dès nos premiers battements de cœur à l’unisson. Cette ancre qui me rattachait au monde. Ces os qui se voulaient ma maison. Cette chair étrangère qui prétendait abriter un fragment de mon âme immortelle. Le réceptacle de toute ma gloire dans un corps si chétif et sans charme… Je n’aurais pas pu davantage me fourvoyer. Je comprenais la valeur de ce petit être car dans la brièveté de son existence se cachait des trésors de force et de malice insoupçonnés.

° Eléderkan… °

Ma raison galopait sur les territoires de l’anticipation. Quelque chose se préparait, j’en aurais mis mon aile dans le feu ! Pourquoi ce maudit elfe ne se préparait-il pas ? Ne pouvait-il pas se dépêcher ? Ne sentait-il pas monter l’attente, la tension des esprits et des corps, alors que le soleil achevait sa lente ascension ? Ce moment n’était-il pas parfait, au regard des petits bipèdes insignifiants, pour souligner la grandeur d’une action d’éclat ? L’irritation courait entre mes écailles comme un serpent de ronces. Debout, elfe de ma vie, bien-aimé mammifère qui prétend toujours tout savoir sur tout !

Trop tard.
Les cris d’un dragon crevèrent le silence feutré de ce début de journée. Des appels lancés par une voix familière. D’autres cris lui firent échos. Le flux de pensées des habitants du Kaerl entra en ébullition. C’était maintenant : l’instant fatidique que cette aube ensanglantée annonçait avec si peu de délicatesse. Maintenant, le grand jeu du pouvoir pouvait reprendre. Un spectacle que je n’aurais manqué pour rien au monde.

Le Mahalma ouvrait ses immenses portes, avalant sans hésitation cette foule empressée. Souffle court, odeur rance de transpiration, battements de cœur, vêtements emperlés de sueur. Tourbillonnements de mains, de pensées et de regards. Oh, comme j’aimais contempler cette masse grouillante de bêtes affolées par l’inédit ! Mon frère d’âme m’avait devancée.
Le temps que je contraigne ma splendeur à rentrer dans le moule étriqué de mon illusion préférée, cet elfe de malheur s’était déjà mêlé à la foule. Il n’irait pas gagner les étages des spectateurs, non : sa place était dans la fosse aux lions, parmi les autres prédateurs qui gouvernaient ce tas de pierres chéri. J’avais néanmoins réussi à lui extorquer quelques miettes d’informations. Une sentinelle dans les Pics de Cendres avait repéré la trace de deux dragons survolant les lieux. L’un arborait une robe d’émail sans pareille qui ne pouvait appartenir qu’au Màr Tàralöm. Les Enfants malaimés de Flarmya étaient rentrés au bercail. Impossible, ensuite, d’en apprendre davantage. Maudit elfe, quel cachotier ! Il prétextait le silence et la rétention d’informations parce qu’il était convaincu, je le cite « que je ne pouvais pas garder un secret plus de cinq minutes ». Pauvre petit homme sans foi… Les fabuleux secrets dont regorgeait ma mémoire pourraient précipiter son esprit dans la folie si facilement, pourtant. D’ordinaire, Eléderkan aimait bien jouer avec moi. Aujourd’hui, c’était différent.

Le tonnerre n’aurait jamais pu être entendu dans cette pièce même s’il avait éclaté au milieu de la foule. Dragons, hommes et femmes : tous voulaient se faire entendre et personne ne s’écoutait. Cependant, il suffit à mon regard acéré d’apercevoir notre Gardien pour que je sus le moment historique était proche. Enfin ! Je n’en pouvais déjà plus de cette attente. Le brouhaha s’effaça dans mon esprit comme je captai l’essence du borgne au cœur de dragon. Je fis appel à mes autres sens pour comprendre le revirement de la situation. Si Seregon prenait la peine d’y assister, c’est que cette banale reprise du pouvoir pouvait devenir réellement captivante. Mes iris prirent une teinte inhumaine tandis que j’étudiai les lieux avec un soin méticuleux que mon Lié aurait pu m’envier.

Alauwyr Iskuvar remonta l’allée centrale jusqu’au trône. Etonnamment, soit par habitude de la soumission, soit par manque de courage, la foule s’écarta avec plus ou moins de bonne volonté. Estenir le suivait de près. L’Empereur Noir paraissait plus austère et rabat-joie que jamais mais son Lié aurait besoin de toute sa vigilance. Je n’allais pas lui reprocher son attitude. Quelqu’un allait sou peu prendre la parole, lancer un défi, réclamer le pouvoir : peu importait la manière, l’issue serait la même. Le trône serait remis en jeu aujourd’hui. Et rien ne pouvait l’empêcher. Ni le poison saupoudré de miel de cet obséquieux Zenghwei qui avait jadis sauvé la vie de mon Lié de si étrange façon. Ni la froide ferveur de ce mollasson d’Ardiénor, lequel invoquait la Mère des Dragons à chaque coin de phrase pour étayer ses arguments. Je ne comprenais décidément pas comment fonctionnaient certaines amitiés entre bipèdes. Comment mon cœur de glace préféré pouvait-il ressentir de la sympathie pour ce mystique ?… Mais passons.
Le rugissement d’une ombre encapuchonnée près du trône s’étant entre-temps métamorphosé en une belle Incarnate aveugle, je sus déceler dans la foule la source de l’écho de son cri. Cette sans-écailles, encore elle. La fille baisée par le feu, l’ancienne Aspirante du Seigneur. Je reconnaissais cette odeur de soufre et de safran entre mille. Quelle voix magnifique ! Aussi tonitruante qu’un barrissement d’éléphant – même si elle demeurait plus gracieuse, si on aimait les sans-écailles.

Je sentis l’attention d’Eléderkan se tendre davantage. Il était prêt à intervenir dès que l’occasion s’en présenterait. Il aurait voulu discuter en privé avec Iskuvar avant que tout ne soit dévoilé. Il aurait voulu savoir comment se positionner par rapport au reste de ses confrères. Ayant déjà été considéré comme un paria par le passé et ne prenant plus la peine d’étouffer toutes les rumeurs qui circulaient sur son compte, il se moquait bien de l’avis d’autrui lorsqu’il pensait agir pour le bien du Kaerl. Toutefois, il eut préféré avoir affaire au Seigneur avant son coup d’éclat, pour mettre les choses au clair. Voyons, mon ami ! Prend le temps d’apprécier ces instants magiques ! Ici s’écrit l’Histoire. Et improviser, au lieu de calculer, avec les événements, cela relève d’une toute autre sorte de prouesse !

L’atmosphère déjà orageuse de la salle devint plus dangereuse encore. Je senti mon corps, ma forme originelle la plus pure, se tendre et se tordre sous mon enveloppe charnelle. Une femme près de moi recula comme je venais subitement de lui mordre un doigt. Ma nature transparaissait sous l’illusion. Mes crocs saillirent comme je serrais les mâchoires. Un bas grondement monta dans ma gorge. Aux limites de notre psyché, mon Lié se crispa avec d’autant plus d’intensité qu’il était aux premières loges.

Cette odeur… Melkor.
Cette voix… Martel.
Les charognards du pouvoir.

Comme les mots nous atteignaient de concert, quelque chose remua dans nos entrailles. La peur. Le dégoût. La colère. Cette sempiternelle impression d’être trahi par ceux qui nous étaient chers. Ce parfum de mort, au plus profond du feu et de la glace, là où se rejoignait nos âmes. J’aurais dû repousser les sentiments résurgents d’Eléderkan plutôt que de me laisser submerger par sa morbide nostalgie. Le passé ne m’intéressait pas. Seul le futur comptait. J’étais tout autant pris au piège de mes propres émotions. Mon adversaire, cet imbécile, était également de retour sur le devant de la scène. Il n’était pas loin, je pouvais goûter la saveur de ses pensées rien qu’en étendant ma perception ! Aux éternelles frontières de la fureur et de la félicité.

° Thémos, tu vas transmettre mes pensées à Alauwyr. Fais vite et ne discute pas.
Plutôt mourir ! Je veux voir ce combat ! Je vais traîner la carcasse de Melkor dans la boue de la Fosse après la défaite de son ver de Lié ! Je me moque de ce trône ! Prend-le, toi, si ça te chante ! Tu vaux mille fois plus qu’eux tous réunis… Et tu le sais ! Des paroles, toujours des mots et pas d’actions… Sois honnête avec toi-même, mon frère : tu as perdu foi en ton Seigneur quand il a disparu. Laisse les dieux décider de son sort ! °


Et pourtant… Derrière l’ire se cachait l’angoisse. Je ne voulais pas le renouveau du chaos au sein du Màr. Ce n’était plus un jeu. La mort avait été invitée dans la cérémonie. On n’invitait pas les dieux, même les plus communs, dans un jeu de cette envergure. Et je compris : je ne voulais pas voir mourir Estenir. Je n’aimais pas ce dragon. Mais je ne voulais pas le voir crever sous les coups de Melkor ou de qui que ce soit d’autre. Oh, Flarmya, si tu m’entends, ne laisse pas mourir tes enfants pour des bêtises pareilles !

° Thémos ! Je ne plaisante pas ! Fais-le ! °

J’ouvris ma conscience, presque par dépit. Je ne pouvais pas faire autrement. Eléderkan avait besoin de moi. Sa voix bravait la tempête mugissante dans mon esprit pour atteindre ma raison. Il était désormais trop tard pour revenir en arrière.

° Alauwyr Iskuvar. Depuis votre départ, beaucoup de choses ont changés. Vous n’êtes plus le bienvenu au Màr Tàralöm. Il aurait été plus sage de ne pas revenir. Repoussez le combat, gagnez du temps : rendez-vous au Sanctuaire de Flarmya et faites pénitence. Essayez au moins de faire illusion pendant un temps… Abandonnez le trône, vous avez eu votre chance mais vous pouvez encore servir le Kaerl en rendant compte de vos actions. Vous pourrez éviter le duel sans honte et partir. Le choix est vôtre. °

Eléderkan s’était approché du trône, sous les yeux vigilants d’un gigantesque colosse cendré et de sa petite sœur aux allures de gargouille peinte de la couleur du sang, un rouleau de parchemin à la main, sa modeste rapière au côté pour seule défense. Mais cet elfe possédait le Verbe. Là résidait sa meilleure arme. J’espère que tu sais ce que tu fais… Impossible de le nier : la peur ne me quittait plus. Etait-ce la mienne ? Etait-ce celle de mon Lié ? Alauwyr Iskuvar, tu nous offrais là la plus belle performance de ta carrière, ta véritable heure de gloire ! Les dieux fassent que cela en vaille la peine… Eléderkan avait atteint les premières marches menant au siège de pierres. Il déroula son parchemin avec application, comme s’il avait tout le temps du monde. Une plume à la pointe encore enduite de quelques gouttes d’encre se trouvait à l’intérieur. Il se pencha légèrement en avant, sans jamais détourner les yeux de l’humain. Tel un idiot de bipède, je retins mon souffle.
Le monde avait disparu. Il ne restait plus qu’eux. Et l’Histoire.

- En ma qualité d’Inquisiteur Suprême, je souhaite que votre retour en ces lieux se passe sous les meilleurs auspices possibles. Vous avez entendu la loi. Vous avez entendu le défi qui vous est lancé. Pour ces quelques heures où vous portez encore le titre de souverain du Màr Tàralöm bien que vous n’en exerciez plus la charge, mon Seigneur, nous attendons votre réponse.



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MessagePosté le: Jeu 22 Sep 2016 - 15:47 Répondre en citantRevenir en haut

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Thaddeus Aodhar
Maître et Décurion Flamboyant
&
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Sarhgôn
Dragon Bronze


Je sentais le cuir de mes gants se bander et gémir alors que je serrais les poings à m'en rompre les phalanges. Sous mes doigts tremblants et crispés, la rambarde de pierre volcanique des gradins semblait se dérober, comme une poignée de cendres froides balayées par l'insatiable souffle du vent. Alors que sur ma cuisse gauche reposait Ehecatlar - Serpent de vent en Ssyl'Sharien - parée de son fourreau, ma fidèle et insatiable amie dont l'argent vibrait de trancher des têtes en ce jour de chaos, j'eus une pensée furtive à l'égard de Kaziel dont la jouissance devait être tonitruante face à tel débâcle. Isashani, quant à elle, s'affairait certainement à dresser les dernières couches de ceux qui allaient, peut-être, bientôt la rejoindre, et possiblement sous la justice de mes jugements derniers.
Dans cette promesse d'anarchie, je distillais ma fièvre : il me tardait de voir le grand final de ce spectacle.

De la hauteur du balcon, je supervisais ma décurie d'élite. Je n'avais qu'un battement de cils à donner pour me faire comprendre, et un seul claquement doigts pour que la foule entière ne soit décimée dans un sanglant massacre, sans raison ni justification. Certains de mes hommes - et mes femmes - s'étaient dissimulés parmi les Aspirants, les Chevaliers, les Maîtres, les Sangs et les Dragons présents, et comme un loup alpha viscéralement lié à sa meute, je parvenais presque à sentir le moindre battement de coeur des membres de mon corps d'armée. Quelque part, une profonde satisfaction m'étreignait à l'idée que sous l'apparat de gardiens acharnés du trône et de la plèbe, nous suivions en réalité des desseins bien plus impitoyables et obscurs. Je ne répondais à aucun Seigneur autre que mon propre esprit, même si le protocole m'imposait de feindre le respect de la hiérarchie et l'obéissance à mes supérieurs. Cependant, je suivais une voie tracée dans des sillons de manipulation et de sang, un secret gardé depuis des siècles par ceux qui en étaient membres. Et j'avais dressé ma horde dans cette même optique.. Sur la roche sifflait le nom d'Oculus.

Le retour de notre Seigneur absent m'était parvenu dans la nuit, et dans la plus stricte discrétion je me préparai avec autant de ferveur qu'au crépuscule d'une violente bataille à naître. Je savais quelles répercussions auraient ce murmure explosif, car nul secret ne saurait être gardé en ce Màr. Et ce fut ainsi qu'à la faveur de la nuit je revêtais mon armure, une esquisse de sourire à la commissure droite de mes lèvres.
Je n'avais reçu aucun odre, ni du Concile dont la joie de voir le Mahalma délaissé par son souverain devait être en deuil ni de ceux dont le nom ne doit pas être évoqué. Je jouissais intérieurement de voir le Màr Tàralöm s'embraser par ce branle-bas de combat..

** Le voilà, sans honte ni reproches.. ** Me parvint ainsi l'écho acerbe de Sarhgôn, qui me sortit de mes pensées.

Mon lié faisait preuve de bien moins de patience que moi même. Plus adepte de la mise à mort de la proie, je me délectais plutôt de la traque et de la mise en place d'une stratégie pour acculer mon trophée. Je percevais la respiration sifflante de mon frère d'arme dont les orbes rougeoyèrent à la seule vue d'un Alauwyr Iskuvar détaché de toute pudeur, séparant la foule pour accéder au trône qu'il avait abandonné des mois plus tôt.
Même si mes valeurs personnelles ne devaient pas interférer, je devais bien avouer que je jugeais l'Humain comme inapte à cette tâche. Alauwyr Iskuvar n'avait rien accompli au cours de son règne, et il avait tout au plus su essuyer les attaques de Drazahir. Cet homme ne m'inspirait ni confiance ni gloire, et ce Kaerl en manquait cruellement. S'il voulait revenir, qu'il prouve sa vaillance dans la Fosse ou qu'il meurt pour céder sa place. Je n'avais ni pour voeu de prendre sa place ni celle de choisir qui la prendrait, mais je me jurais de ne pas laisser à la tête du Kaerl un être indigne de ce devoir. J'agissais au nom de l'Ordre.

Le sang battait dans mes tempes avec autant de violence qu'un fleuve en crue, emportant dans ses flots des villes entières, rayant des cités de la carte en une fraction de seconde. J'avais la fureur d'un tigre affamé prêt à fondre sur sa capture, mêlée à la sa patience lorsqu'il se tapissait dans les hautes herbes pour mieux la surprendre. Mais je n'en faisais aucune démonstration. Je me tenais droit, debout, prêt à donner mes ordres. Une sensation bien singulière me portait : celui du regard de mes guerriers braqué sur moi, leur respiration suspendue par la moindre directive de ma part. Alauwyr Iskuvar aurait beau ordonner instamment l'arrestation ou l'exécution d'un ennemi, ils n'en feraient rien sans mon accord. Mes soldats pouvaient tout aussi bien se retourner contre lui, si je leur en donnais l'ordre.

Les voix s'élevèrent en un écho commun, proclamant avant-tout la destitution de cet homme qui avait disparu des mois auparavant sans laisser le moindre signe de vie. Je sentis immédiatement l'air s'alourdir d'une tension à l'odeur âcre du souffre. Le Mahalma se fit tout de suite plus oppressant tandis que j'observais, en silence, les uns et les autres cracher leur venin à la face de ce revenant. Le nouveau Dirigeant du Clan Valherien s'exprima ouvertement le premier tandis que je détaillais les réactions d'Iskuvar. Je l'observais, longuement, épiant le moindre indice qui trahirait une faille sur ses ambitions ou même les raisons de son absence. Je notais qu'il était amaigri et avait perdu en muscles, son visage s'était creusé par une importante fatigue et une famine évidente difficilement dissimulée par l'épaisseur de sa tenue. Je savais de certaines sources qu'il avait rejoint le continent de Qahra pour défendre les intérêts du Kaerl, mais toute trace de lui avait rapidement été perdue. Qui pouvait donc bien attester de ce qui lui arriva là-bas si ce n'était lui-même ? Pour autant, je ne lui accordais aucun pardon, ni plus que les membres de mon Ordre, mais aucun sort n'avait encore été décidé à son sujet. Pas pour le moment.

Je me focalisais alors sur une Fëalocë au premier rang, flamme vêtue d'ébène, qui revenait trop souvent dans la vie de celui qui fut son Maître. Une enquête avait été menée au sujet de sa subite disparition, entraînant avec elle celle de sa liée et Reine Incarnate. Par leurs mots, elles avaient attiré les regards, bons comme mauvais, se créant parfois des alliés encore inavoués et des ennemis à redouter. Etrangement, son départ correspondait, à quelques semaines près, à celui du Seigneur Iskuvar, et les voilà de retour ensemble. Il ne fallait pas être perspicace pour comprendre qu'ils étaient intimement liés. L'Ordre l'avait immédiatement compris et gardait précieusement cette information.
La foule s'agita lorsque l'Incarnate aveugle révéla sa véritable forme, menaçant la place par sa terrible mâchoire. Je parcourrai, l'espace d'un instant, sa robe couleur de rubis, ma curiosité piquée à vif par les élans plus charnels de Sarhgôn qui y vit une future conquête. Sachant que la bipède de cette Dragonne était du même sang que le mien et que j'en partageais, jadis, le nom, je m'efforçais de rester de marbre.

Le prête de Flarmya fit son entrée mais je ne lui accordais que peu d'intérêt, prenant tout de même soin d'étudier ses propos, rejoignant ceux du Torhil et Maître Blanc Yong'Wu Zenghwei.
Celui qui retint mon attention avec autant d'attrait qu'un vautour pour une carcasse fut Martel Delehkna. Son apparition se fit comme une évidence, lui qui chassait la moindre occasion de s'approprier le pouvoir et qui en collectionnait aujourd'hui le plus grand nombre d'échecs dans cette entreprise.
Mes sentiments à l'égard de cet Elfe étaient mitigés. Nous nous côtoyions régulièrement, et si j'avais parfois loisir de converser avec lui je n'en n'aurais pas moins été ravi de le voir exilé. Ses ambitions avaient largement été détrônées par ses multiples et répétées erreurs, toujours recalé au rang de serviteur de ses convoitises quand il n'avait d'ardeur que pour en devenir le vain maitre. Martel était obsédé par son hypothétique règne au point d'en condamner son intellect. Par trop de fois, il m'avait déçu, et même l'Ordre avait émis le souhait de s'en défaire.
L'Elfe se méfiait de moi - comme de tout être vivant, d'ailleurs -, car il savait que si je n'en n'avais pas le titre, d'une certaine façon, je régissais ce Kaerl.

** Enfin ! **

Oui, enfin. Je rejoignais la pensée de mon lié. Enfin le combat aurait lieu à la Fosse. Je devais avouer que mon excitation se faisait mordante à cet instant, car malgré les faiblesses de l'un et les forces de l'autre, l'issue de leur joute était impossible à prédire. Martel retrouvait une lueur d'estime en ma pensée, et je lui accordais bien cette provocation comme étant osée.
Laissant le brouhaha s'élever, il était temps pour moi de quitter mon mirador et de me joindre aux badauds. Sans un mot, je descendis du gradins, empruntant des escaliers bondés d'Aspirants agités par toute cette effervescence. Arborant les armoiries du Màr et fort de mon statut de Décurion Flamboyant, la foule se sépara d'elle même pour me laisser progresser jusqu'aux avants d'Alauwyr Iskuvar. Je m'approchais alors que l'Inquisiteur Suprême entamait sa tirade, écartant au passage une jeune dragonne Bleue née il y avait peu ainsi que sa bipède. La main sur la garde d'Ehecatlar, je sentais mes soldats raffermir leur garde-à-vous à mon arrivée, allant me tenir alors à la gauche du Seigneur temporairement défait de sa fonction jusqu'à son triomphe - ou sa défaite - dans la Fosse.

J'attendis quelques minutes, laissant le soin à tous de s'exprimer, savourant d'avance les paroles que je m'apprêtais à prononcer. Rien ne me rendait plus ivre que ces moments d'Histoire, ce qui serait un jour enseigné aux nouvelles recrues. Sous les centaines de regards, je me mis face à Alauwyr Iskuvar, détaché de tout intérêt personnel à agir ainsi mais n'agissant qu'en qualité de militaire. Je m'exprimais avec une fermeté martiale :

- Alauwyr Iskuvar, en ma qualité de Décurion Flamboyant, je vous demande de quitter le Mahalma pour rejoindre votre weyr où vous serez assigné à résidence jusqu'à ce que l'heure soit venue de répondre au duel qui vous est lancé. Vous, ainsi que le Maître et Sang Martel Delehkna, serez escortés et mis sous garde rapprochée. Il en sera de même pour tout prétendant au trône qui souhaitera se mesurer à vous. Vous vous affronterez jusqu'à désignation d'un nouveau Seigneur, comme le veut la Tradition. Ainsi sont les lois ancestrales du Màr Tàralöm et que tous l'entendent.

Sur ordre, deux de mes hommes fermèrent l'accès au trône en croisant leurs lances, faisant crisser le fer.
Quatre entourèrent le Seigneur déchu de ses fonctions et quatre autres le candidat, parade militaire parfaitement bien orchestrée et d'une rigueur absolue. Mes hommes veilleraient à ce que ces deux rivaux rejoignent leurs quartiers en vie et le demeurent jusqu'à l'aurore, et s'assuraient que ni l'un ni l'autre ne tenterait de se soustraire au protocole. J'assénais finalement à Seregon un regard entendu avant de venir me positionner en tête du cortège, veillant à ce que rien ni personne n'entrave à leur évacuation.
Une certaine fierté me brûlait les lèvres mais je m'efforçais de la rasséréner, affichant le masque sans défauts de la neutralité inhérente à mon statut. J'affrontais avec adrénaline ce nouveau grand moment de la Vie du Kaerl, croisant çà et là les oeillades assassines adressées à l'un ou l'autre des candidats et le poison des propos déversés à leur égard.
Demain serait un jour nouveau.

[HRP/ Oups, I did it again ♫]



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Mar 27 Sep 2016 - 14:21 Répondre en citantRevenir en haut

Les réactions qu'il guettait ne mirent pas longtemps à naître. Outre les murmures ou des voix plus portées qui montaient sur sa témérité déplacée, voir même insultante à l'égard de bon nombre d'Ardents, un homme se porta sa voix au-dessus de celles des autres. Le Maître Noir n'eut qu'à tendre ses yeux sombres sur la haute silhouette d'un homme qu'il connaissait. Sa large carrure, le style de la coiffe de sa barbe unique et le crâne aussi luisant qu'il était un redoutable guerrier... Ce n'était nul autre que Yong'Wu Zenghwei.

Sa voix portait telle qu'on aurait pu le croire en face à face avec le Seigneur. Se faire entendre était un de ses objectifs. En même temps, il était dans son droit... Même si le ton qu'il employait avec une étonnante clarté tintait d'une singulière moquerie. Alauwyr n'était pas dupe de ce genre de répliques.... Que de mieux que de remuer la marée remuante d'ardents encore indécis ou déjà dans une pensée toute visée quand à son retour et à sa revendication du trône pour provoquer encore plus de remous...Une tentative de le déstabiliser ? Peut être... Yong était chef des Valhériens était tout en mesure de le défier pour réclamer sa place sur le symbole de la souveraineté pleine et entière sur le Màr Taralom. Il était étonnant qu'il n'avait pas appelé au défi pour la revendication de la place d'Iskuvar. Où parce qu'il guettait tel un requin patient le résultat de la curée à venir que risquait de provoquer la foule d'ardents qui commençait à se montrer de plus en plus bruyante ?

Alauwyr se contentait de rester impavide, affichant toujours son sourire depuis qu'il faisait dos au trône. Bien des ardents s'excitaient de plus en plus, provoquant un brouhaha de plus en plus exacerbé à ses oreilles.

°Si tu attends encore avant de commencer à prendre la parole, tu vas provoquer une émeute.°
°Pour cela il faudrait que j'ai le temps de prononcer mes mots. Or il s'avère que l'on m'en laisse guère le temps. Et puis, laissons les plus beuglants se calmer un peu. A fulminer comme ils le font.... Et j'attends toujours de voir qui pourrait prendre l'audace de me défier°
°Tu ferais mieux de prier Flarmya que cela n'arrive pas. Si le chef des Valhériens décide de se déclarer ouvertement contre toi, le combat sera bien plus rude que tu ne pourrais l'imaginer°
°Oui il est fort. Très fort même. Et je ne doute pas un seul instant que certains ardents aient remarqué disons... quelques très menus détails.°
°Alors pourquoi attends-tu ? Pourquoi tu les fais languir ? °
°Parce que cela arrivera de toute façon ! Et dans une bande d'excités, il est bon de pas tenter de prendre le pas pour se montrer au-dessus d'eux. Je suis venu pour revendiquer ce qui me revient toujours de droit, mais il faut avec subtilité...°


Estenir allait répliquer quand un hurlement se fit violemment entendre. Le cendré en avait replié ses crêtes devant le son strident qui retentissait avec autorité, exigeant le silence. Il n'eut guère besoin de tourner la tête pour poser son regard opalescent sur une forme bipède qu'il connaissait très bien. Quelques bipèdes s'écartèrent soudainement quand une jeune incarnate reprit sa forme d'origine. Encore trop jeune pour tenir son apparence d'emprunt, elle avait du être contrainte de revenir dragonne incarnate. Chose était qu'elle montrait le côté acéré de ses crocs. A croire que c'était parfaitement calculé entre Runa et sa jeune Reine.

L'ancien mercenaire, souverain ardent en sursis, veillait à ne pas porter son sombre regard vers la jeune femme qui avait clamé haut et fortement sa rage de voir tant de remous haineux remuant envers Iskuvar. Il ne voulait pas la compromettre, montrer qu'il portait une affection certaine à son égard. Mais il n'était point à douter que des rumeurs s'étaient déjà répandues quand à eux deux. Feindre de la connaître serait mensonger auprès de leurs détracteurs, mais c'était le mieux à faire pour le moment, surtout à un moment aussi délicat que l'instant présent qu'il vivait. Le moindre faux pas, pour un mot mal prononcé et un rien suffirait à renverser son équilibré déjà bien précaire. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de ressentir quelque chose de profond pour elle ; quelque chose qu'il n'aurait jamais ressenti avant sa rencontre.

°Mauvais moment que voilà... Un jour, cette Feälocé causera ta perte. °
°Ce n'est ni le moment, ni le lieu pour en converser. Tu ferais mieux de rester sur tes gardes...°


Et à juste titre qu'Alauwyr avait remarqué un Ardent sortir des rangs d'une foule ajoutée, mais qui était redevenu brièvement silencieuse ; quelques murmures résonnaient ici et là pourtant. Le Grand Prêtre de Flarmya en personne. A le voir s'avancer vers lui, la prudence fut plus de mise dans l'esprit du Maître Noir. Marek prit la parole à son tour.

Sa voix résonna à son tour dans tout le Concile. Bon nombre gardait une oreille attentive à la moindre syllabe qui sortait de sa bouche. Alauwyr avait l'impression d'entendre les sermons du Gardien. Mais le Grand Prêtre jouait ses propres devoirs, rappelant ce qui devait être rappeler au Seigneur Ardent en personne. En toute légitimité. Et il salua respectueusement Marek quand celui-ci s'inclina devant lui. Et avant même qu'Alauwyr puisse enfin répondre aux attentes de plus en plus impatience des esprits échauffés, une personne vint se placer à côté du Grand Prêtre de Flarmya, rendant ce dernier blême de colère.

Martel avait décidé de profiter d'une situation parfaite à ses desseins pour faire éclater au grand jour son ambition mûrement préparé. Et officiellement bien entendu. Alauwyr ne doutait pas un seul instant des raisons qui poussait Martel à jouer de toute son audace et de se présenter à lui en le défiant. Nuldoute qu'il avait découvert que son adversaire de toujours serait plus à son niveau martial. Iskuvar affaibli, c'était la victoire assurée pour l'Elfe Noir. Pour Alauwyr ne laissa rien paraître, si ce n'était qu'un regard de total mépris pour cet être qui se disait Ardent et que la soif de pouvoir dévorait jusqu'aux tréfonds de son âme. Par contre, il ne manqua pas de remarquer le regard méprisant que ce sale Elfe jetait à Runa et sa liée écarlate. Il ne payait rien pour attendre... Mais il sut rester impavide.

°Tu as raison de pas tomber dans sa provocation...°

Un peu plus loin derrière lui, Seregon ne manquait pas une miette de ce qui se tramait, surveillant quand même la trame tendue que provoquait la seule présence de l'humain. Il s'était parfaitement attendue à ce qui se passait maintenant, même au défi lancé par Martel. Une occasion comme celle-là était en or pour ce bipède ambitieux. Et à voir son faciès triomphant....A cela, le Gardien Borgne avait veillé à se contenter de le fixer sans rien dire, comme s'il n'était guère intéressé par ce qui se déroulait sous son unique œil attentif. Si Martel attendait un assentiment de sa part, il pourra attendre très longtemps. Par contre, Seregon n'avait pas manqué le teint qui avait viré blême chez Marek. Un défi pour le trône avait été bien la dernière chose que le Grand Prêtre avait espéré ne pas voir ; ou plutôt entendre.

Il était trop tard désormais : le défi était lancé.

Alauwyr s'offrait avec patience un long silence, offrant toujours un visage serré de sérieux et d'un léger sourire provocateur. Martel ne l'impressionnait pas. Et au moment où il se décida enfin à prendre la parole, il sentit une présence draconique dans son esprit. Pas celle familière de son lié, mais celle d'un autre dragon : Thémos. Le lié d'Elerdarkan. Estenir poussa un grondement face à cette intrusion mentale fait à son insu. Sans sa permission surtout ! Alauwyr sut le calmer d'une simple pensée et écouta ce que le saurien de l'Inquisiteur avait à dire.

Posément, le Seigneur Ardent répondit à Thémos, avec un calme olympien tellement sûr que cela en serait sans doute déstabilisant.

°Jamais...°

Elerdarkan s'était rapproché à son tour du trône, un parchemin en main et une plume prête à se poser sur le dit parchemin. A croire qu'il tenait à noter les moindres faits et gestes de chacun pour cette part qui entrera dans la Grande Bibliothèque Ardente, pour narrer l'instant présent qui ne sera que Passé pour les générations futures qui étudieront l'Histoire du Màr Taralom. A son tour, il apporta ses mots, attendant lui aussi la réponse d'Iskuvar. Alauwyr lui avait d'ailleurs rendu son salut, avec toute la dignité qui seyait à l'Inquisiteur. Et maintenant ?

Tous l'attendaient d'ailleurs. Tous, même les plus fervents défenseurs du souverain à la limite d'être déchu rien que par la Loi Ardente.

Alauwyr n'avait pas perdu contenance devant toutes les interventions, qu'il aurait pu considérer comme une agression, une entrave à sa liberté de parole. Mais il avait laissé faire. Laisser la parole aux autres lui avait de se faire attendre... qu'on vienne à guetter avec plus d'impatience ses propres mots. En somme, il se faisait désirer et les intervenants avaient bien aidé à cela.

''Moi Alauwyr Iskuvar, reconnait les paroles du Grand Prêtre de Flarmya et reconnaît les lois qu'il évoque. ''

Il ne put s'empêcher de jeter un regard à Yong avant de reprendre. Autant répondre à toutes les attentes.

''J'ai agi pour le Màr et rien que pour le Màr. A mes yeux, être Seigneur Ardent ne signifiait pas être cloîtré durant tout son règne au sein du Màr. Pour notre avenir, il était nécessaire que je voie de mes yeux où le monde extérieur pourrait s'ouvrir à nous, car il est peut être temps de commencer à songer à un retour à la surface de ce monde. Mais sur l'instant, maintenant, il n'est pas question d'une recherche de pose d'un pied ou d'un bout d'aile sur les autres continents. Il est question là d'un avenir bien plus proche, qui se joue sous le regard de Flarmya, Seule juge de celui ou celle qui méritera de monter sur le symbole de la dirigeance ardente''

Y avait-il des Ardents qui retenaient leur souffle ? Possible.

''Moi, Alauwyr Iskuvar, accepte le défi lancé par Martel Delehka, qui omet que je ne l'ai jamais désigné comme Second et qu'en vertu de la Loi, il ne peut donc revendiquer ce titre. Nos lames se croiseront donc demain sur les sables de la Fosse, et Flarmya jugera seule qui sera le plus à même d'être le Seigneur légitime''

A peine avait-il terminé sa déclaration qu'un homme s'avança et lui fit face. Thaddeus Aodhar...Alauwyr en avait entendu parler et il ne put s'empêcher de le toiser silencieusement quand celui-ci joua de son autorité militaire. Estenir poussa un grognement indigné devant pareil acte. Alauwyr leva une main vers son cendré, lui intimant de se calmer.

°Tu ne ferais que compliquer les choses si tu refuses que je me plie à leur présence°
°Comment tu peux accepter pareille humiliation ? Je ne saurai tolérer qu'on t'enferme de la sorte !°
°Martel aussi subit la même contrainte et je ne crois pas qu'il s'y attendait. Dis toi que c'est mieux que la prison mon cher. Transmets à Runa que tout se passera bien et qu'elle ne croit pas à ma possible défaite°
°Pourquoi je devrai m'impliquer dans vos histoires de bipèdes ? °
°fais le, c'est tout... Sinon, elle serait capable de remuer ciel et terre comme toi devant cette infâmie et pour le combat qui m'attend demain...°
°Oui je comprends.... Je veillerai à lui transmettre...°


Chose qu'il ne perdit pas de temps à faire même si c'était avec de la mauvaise grâce.

Le Seigneur déchu ne jouait aucune attitude impressionnée par la présence de Thaddeus et de ses gardes. Martel lui aussi avait son lot d'escorte forcée et il se plut à lui jeter un regard de bravade.

''Demain mon cher... demain sera peut être ton dernier jour. Veille à bien fourbir ton arme, car peu importe ce que tu as vu ou cru entendre sur moi, cela ne m'empêchera pas de planter ma lame dans le tréfond de ton cœur noirci par ta seule soif de pouvoir. Que Flarmya m'en soit témoin. Jamais tu ne seras Seigneur...''


Un peu plus loin derrière Alauwyr, une fois encore, Seregon croisa le regard de Thaddeus. Un clignement de son œil solitaire suffit à répondre à ce qu'attendait cet être humain. Mais par contre, il prit soin de s'adresser à lui personnellement.

°Il en va de ta responsabilité à ce qu'ils restent en vie jusqu'à ce qu'ils croisent le faire sur les sables de la Fosse. Je te jugerai directement fautif si tu faillis à ta mission que tu t'es toi-même octroyé. Veille à ne pas me décevoir....°

Le Gardien n'avait pas à jouer d'influence de la sorte directement ou indirectement envers les candidats au Trône. Mais il en allait de l'avenir du Màr. Il ne tenait pas à avoir à s'occuper d'une guerre interne, pourrie jusqu'à la moelle par des ardents avide de prendre le pouvoir pour remplir leurs seuls objectifs personnels.

Il ne restait plus qu'à escorter les deux candidats à leurs weyrs respectifs et d'attendre demain... qui promettait d'être un des jours des plus tumultueux que le Kaerl ait connu.



Elke On Nïksé
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MessagePosté le: Lun 3 Oct 2016 - 18:35 Répondre en citantRevenir en haut

Le spectacle fut intense, autant qu’on aurait pu s’y attendre. Elke ne connaissait pas les grands courants politiques et encore moins les différends bassement terrestres qui en découlaient. Elle prit néanmoins part à observer les grandes voix du Kaerl. Ceux qui n’avaient plus rien à perdre et ceux qui n’avaient plus rien à gagner. Ils s’affrontaient silencieusement, s’offraient de belles phrases pour conjurer le sort de leur haine. L’Ordre était à ce point puissant ; Capable de dompter les plus acerbes et d’obtenir le soutien des plus belliqueux.

Le Seigneur était acculé devant ses fautes, mais il gardait la tête haute. Une étrange femme se rangea à ses côtés, une Fëalocë à l’allure dangereuse et dont la liée se révéla au milieu de la foule. Puis un prêtre de Flarmya, une prestance moindre, un œil plus humble mais pas frileux. Il parlait au nom des Sangs, du Concile et bien qu’il ne menaçait pas Iskuvar, il lui montrait la marche à suivre pour remonter dans ses bonnes grâces : se montrer digne et regagner le droit de porter le titre le plus prestigieux du Màr.

Soudain, venu de nul part : le Maître Delehka s’immisça et le Sang le plus controversé prit au défi le Seigneur. La foule suspendit son souffle. Le glas de l’histoire retentissait dans le Mahalma entier, entre stupeur et enthousiasme général, l’elfe intrépide honorait le cœur des ardents : du combat, et du sang pour légitimer leur Suzerain. L’inquisiteur suprême se présenta à son tour.

C’était dont lui qu’Elke devait rencontrer pour s’affilier à la fraternité des Spectres des Cendres. Il n’en était pas leur chef, mais il lui avait répondu favorablement pour un entretien visant à l’orienter pour servir le Kaerl au mieux. Il avait de l’expérience, il avait son réseau et il savait lire dans les talents des gens pour trouver en quoi ils feront la force ardente. La vois de l’elfe était plus placide, moins imprégnée que celle de Martel et pour cause, il attendait le retour du Seigneur face à la requête expéditive dans la Fosse.

Le Maître du Kaerl s’exprima et accepta le défi.

La foule se divisa et quelques murmures annoncèrent l’arrivée d’un autre grand nom du Kaerl. Celui-là, Elke l’avait déjà bien en repéré : c’était Thadeus Aodhar, le Décurion flamboyant. Il n’avait pas de portée politique, mais sa rigueur était inflexible et peu de gens osaient le contredire. Ainsi, il prit les dispositions de rigueur pour la suite. Il ordonna la garde du Seigneur et du Sang, pour qu’ils se préparent à la suite, au combat que tous les sujets attendaient.

Les deux préposés au Trône furent évacués. Les bavardages se firent entendre enfin. Des voix indignées et beaucoup de paris lancés. Elke sentit un frisson la parcourir. Ainsi la politique pouvait aussi être une grande chose et décider de l’avenir de leur royaume ? Que ce soit Iskuvar ou Delehka, qu’est-ce que cela changerait ? La jeune Chevalière n’en savait rien et rien que pour ça, elle ne paria pas. Limna avait confié le royaume à l’humain plutôt qu’à l’elfe, est-ce qu’elle devait se fier à cette manœuvre ? Sa cousine avait pourtant connu le Sang, son référent secret, pourquoi l’avait-elle alors évincé ?

Sa rêverie prit fin quand elle plongea dans le regard de la Chevalière Incarnate proche du Trône. Elle ne savait quoi lire sur son ravissant minois. Était-elle hautaine, pétrifiée ou en colère ? Cela rehaussait presque sa beauté. En entendant les pronostics, l’Ondine se dit qu’elle avait hâte de prendre place dans les tribunes de la Fosse afin d’assister à la nomination du prochain Seigneur. Elke inclina respectueusement la tête devant le prêtre de Flarmya et se dirigea vers son Weyr.

*Demain, nous verrons ce qu’on appelle un vrai combat ardent !*
*Pourvu qu’ils ne meurent pas trop vite.*





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