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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Jeu 17 Mar 2016 - 20:30 Répondre en citantRevenir en haut

Fin Néharaku 918

Il contemplait les deux lourdes portes, composés de bois et de fer, véritable ouvrage d'art qui apportait une certaine forme d'humilité pour qui voudrait les franchir. Depuis plusieurs minutes, le Céleste les détaillait de ses yeux bleu acier, se demandant si finalement c'était une bonne chose d'être venu là. D'être là, devant l'entrée gigantesque de la Haute Salle lui rappelait ses propres débuts en tant qu'Aspirant. A une époque où il était incertain de qui il était, fuyant un passé qu'il se refusait. Tellement de doutes, tellement de questionnement à ce moment là, au premier jour où sa vie allait totalement changé. Cela paraissait si loin, tellement lointain. A combien d'année ? Quelques unes ? Une dizaine ? Un siècle ? Son esprit encore troublé peinait encore à croire qu'il n'y avait pas si longtemps que cela....Il ferma un instant les yeux et lutta contre le désir de reculer. Partir paraissait être la meilleure solution quand à ce qu'il vivait sur l'instant. Mais fuir... Il avait assez fui avant de devenir Aspirant.

Il rouvrit les paupières et tourna la tête vers Lordan. Ce brave homme l'accompagnait dans cette entreprise qui devra le mener en toute normalité devant la Dame Heryn. Grâce à Lordan, Peddyr avait appris les derniers évènements du Kaerl, de la tentative de meurtre sur Zackheim à la reprise du trône par Heryn Amlug. La dernière fois que le maître Brun avait reposé les pieds au Kaerl, Zackheim dirigeait encore le Màr Menel. Celui-ci avait fini par solliciter l'ancien ambassadeur pour contribuer à lutter contre le Mage-Ombre. Et qu'une fois cette guerre terminée, le bannissement lui serait réattribué. Et maintenant....Il était là. Il ne doutait pas que ce qu'il avait pu commettre contre Zackheim restait toujours un crime face aux lois en vigueur du Kaerl. Même si le Seigneur ou la Dame changeait, ce qui avait été commis ne changeait pas pour autant. Peddyr devait donc se présenter devant la Dame pour avoir sa décision. Son jugement. Et ce malgré tout ce qui avait pu se passer. Il savait qu'il courait aussi le risque d'être suspecté d'abriter l'âme maudite de Drazahir. Ne l'avait-il pas jeté dans l'interstice au moment précis où la seule occasion s'était présentée ?

Il cessa d'y penser. Pour venir, il avait demandé à Lordan et à Hanelvig de le mener ici, laissant Sveargith à assez bonne distance du Kaerl Céleste pour ne pas se faire sentir de ses autres frères d'espèces. L'Humain encourait moins le risque de se faire reconnaître, sauf si un dragon venait à le sonder. Mais en la compagnie de confiance de Lordan... Céleste de son état, il était très apprécié de bon nombre des chevaliers. Peu de personne ne se poseraient la question de le voir accompagné un ''vieillard'' à la Haute Salle.

Le soleil avait quitté la ligne d'horizon depuis peu. Il était encore un peu tôt. Mais Peddyr avait ressenti le besoin de se trouver ici, comme pour s'affronter lui-même...



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MessagePosté le: Jeu 17 Mar 2016 - 20:30 Revenir en haut

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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Jeu 24 Mar 2016 - 12:15 Répondre en citantRevenir en haut

Depuis qu’il avait retrouvé le Maître Brun sur une plage d’Orën, Lordan attendait ce moment où Hanelvig lui annoncerait qu’il devait aller chercher Peddyr Thelrand et le ramener au kaerl.
Des jours et des jours avaient été nécessaires pour que les deux rescapés de l’interstice retrouvent leurs forces. Maëvann veillait sur eux tandis que lui restait au Màr Menel où on avait besoin de toutes les bonnes volontés pour aider à la restauration de l’ordre. Il avait fallu suppléer certains maîtres disparus ou encore mal remis de leurs graves blessures. Lordan , bien que tout neuf dans le rang, avait avec les plus anciens, pris en charge l’entraînement partiel d’aspirants quelque peu désorientés.
Heureusement, le souci de savoir messire Thelrand et son lié en si mauvaise santé s’était peu à peu atténué avec les nouvelles qu’Hanelvig lui rapportait quand il revenait d’aller ravitailler les exilés. Et puis le Maître Brun avait décidé qu’ils étaient capables de rentrer mais qu’ils le feraient d’abord en terrain neutre. Se dissimulant sous un nom d’emprunt et encore marqué par son épreuve, personne ne le reconnut quand, vêtu sobrement, ayant un peu changé sa coiffure et son rasage, il s’installa dans une auberge tranquille de Lòmëanor, sortant en ville pour tester ses forces et se réadapter à un monde qui venait de subir de si terribles bouleversements. Lordan lui communiquait ce qu’il pouvait glaner de renseignements concernant la situation politique telle qu’elle se stabilisait. A la demande de MessireThelrand, le silence sur sa présence était une priorité absolue.

En effet l’idée du Maître Brun était de rentrer d’abord incognito au Kaerl et de rencontrer la Dame Heryn en entrevue secrète. Ce plan nécessitait une préparation d’autant que Peddyr montrait une extrême prudence en ce qui concernait la réception qu’on lui réserverait .
Sur le moment. Lordan avait rêvé d’une réapparition triomphale : le guerrier, admiré et pleuré de tous pour sa fin héroïque, soudain débarquant sur la Grand’Place. Reconnu aussitôt, les cris de joie fusaient, les hérauts d’armes faisaient retentir les trompettes pour que chacun sache qu’un événement inouï et heureux venait de se produire. Fini les sonneries aux morts et les appels aux armes, les cloches des spires ne scandaient plus le tocsin d’alarme mais les joyeux carillons de la liesse publique. La rumeur s’enflerait : Messire Thelrand est vivant ! messire Thelrand est de retour ! Tout le monde voudrait voir et acclamer le guerrier revenu de l’au-delà et on s’embrasserait dans les rues, certain que la protection des dieux s’étendait de nouveau sur le Màr Menel.
Mais le jeune maître bronze avait vite renvoyé ces images au domaine des chimères. Peddyr avait des raisons d’effectuer sa rentrée avec plus de discrétion. Ce n’était pas pour rien que le Maître avait exercé les fonctions d’ambassadeur et il était sage de prévoir des réactions moins unanimement positives que l’enthousiasme du fidèle Lordan s’était plu un instant à imaginer.
Peddyr avait deux soucis majeurs dont il lui avait fait part pour expliquer sa circonspection. Il restait sous le coup du décret pris par Zackheim en toute légitimité, contresigné par les autres instances du pouvoir : il était redevenu un banni puisque l’ombremage avait été vaincu. Par ailleurs il était moins sûr apparemment d’être reçu par tous comme un favorisé des dieux . On pouvait imaginer ces questions que ceux qui n’avaient pas trop de sympathie pour lui pourraient se poser : Que s’était-il produit dans l’Interstice ? Comment savoir ce qu’était devenu Drazahir ? Qui avait vaincu l’autre finalement ?

Lordan s’était aussi rendu compte depuis le retour de la Dame que les Galastden de la faction extrémiste tenaient toujours rigueur à Peddyr d’avoir tenté d’assassiner un Seigneur selon eux tout à fait légitime. Ils affirmaient que si Heryn Amlug avait été injustement accusée, Zackheim avait été totalement de bonne foi en croyant qu’elle avait attenté aux jours de son frère. En tenant Kieran écarté du Kaerl, il avait en fait soustrait le malheureux à un complot encore mal connu, mais on trouvait bien des signes d’une conspiration à grande échelle, venue de l’étranger et s’attaquant simultanément aux deux familles les plus puissantes du kaerl Céleste. Le seul tort de Zackheim avait été d’agir seul et par là de se voir contraindre de maquiller certains faits. Et que le seigneur ait finalement été victime d’une deuxième tentative de meurtre montrait bien qu’il y avait des forces mauvaises et puissantes derrière tout ce qu’on voulait bien raconter au peuple pour simplifier la situation.
Ces rumeurs plaisaient naturellement aux esprits méfiants, aux mécontents toujours prêts à colporter des versions malveillantes pour le pouvoir en place. Zackheim n’avait pas eu que des ennemis. Fallait-il oublier les services rendus aux Célestes durant son bref règne ? L’ordre de fer qu’il avait instauré avait été justifié par les épouvantables épreuves qui avaient conduit tous les kaerls au bord de l’effacement définitif. Zackheim, intelligent et courageux, avait contribué à faire que le Rhaëg ne devienne le terrain de manœuvre d’une puissance terrifiante. N’avait-il pas avec magnanimité autorisé Peddyr Thelrand, son assassin, à revenir participer au combat ultime, sachant que la valeur guerrière de l’ex-ambassadeur serait un facteur considérable en ces circonstances dramatiques.
Et puis et surtout, quoiqu'il ait fait, Zackheim n’en restait pas moins le Seigneur nommé par le grand Conseil. Ceux qui avaient porté une main régicide sur lui ne devaient pas s’en sortir à si bon compte. Lordan savait bien que, s’il ne s’était agi de Peddyr Thelrand, symbole pour lui de la droiture et du dévouement, lui-même aurait aussi pensé qu’il n’était pas sain de tolérer le meurtre politique au Kaerl.

Il comprenait donc le prudent désir d’anonymat manifesté par le maître Brun et avait fait en sorte qu’il soit respecté au maximum, même auprès de la Dame, ce qui n’était pas sans lui poser quelques problèmes de conscience. Mais il était tellement sûr de la loyauté de l’ancien ambassadeur !
La crainte de Lordan était que des espions Galastden l’ait mis sous surveillance – Zackheim s’était toujours méfié de lui – et que, malgré ses précautions, ils aient repéré cet homme mystérieux apparu à Lòmëanor. Ils se feraient un plaisir de lui créer des ennuis s’ils le voyaient introduisant l’inconnu à la Haute salle. Cependant, formé un temps à l’école de Legundir Unarion en ce qui concernait l’observation discrète, il savait dépister un suiveur et n’avait remarqué rien de suspect lors de ses déplacements habituels à Lömëanor.

Une entrevue secrète avec Heryn Amlug était pour Peddyr la première étape de son retour au Màr Menel. Lordan avait donc demandé une audience privée à la Dame concernant des affaires de sécurité, audience qui lui avait été accordée. Peddyr l’accompagnerait d’abord de façon informelle. Lordan, officier de la garde personnelle du palais, ne serait certainement pas sommé de justifier l’identité de son escorte à l’entrée de la Haute Salle. Puis, entré à l'intérieur, il comptait sur le fait que, habitué des lieux, personne ne songerait à s'inquiéter.
Et ensuite, ce serait à Peddyr de choisir le moment où il jugerait bon de révéler son identité.
Hanelvig les avait débarqués au portail de la Grand-place et comme Sveargith, avait quitté le kaerl pour plus de discrétion.

Arrivé devant ce lieu prestigieux du pouvoir seigneurial, Peddyr sembla hésiter, fermant les yeux comme pris de vertige. Lordan se sentit inquiet. Il savait que Peddyr, suite sans doute à de vieilles blessures, avait parfois des malaises. Ces troubles s’étaient-ils réveillés avec le choc physique et mental dont il se remettait à peine ? Mais déjà, le Maître brun fixait ses yeux d’acier sur les siens. C’était un homme de lutte et de volonté qui irait jusqu’au bout de ce qu’il avait entrepris.
Ils montèrent les marches en silence mais arrivés sous le péristyle où se tenaient les gardes, Lordan fit quelques remarques sur la fraîcheur de l’air et autres banalités tout en posant familièrement sa main sur le bras de son compagnon comme s’il poursuivait avec lui une conversation amicale. Mais s’il marchait d’un pas décidé, s’il se disait que personne n’avait jeté un coup d’oeil surpris sur cet homme en cape qui l’accompagnait, il sentait l’appréhension qui montait en lui en s’approchant du premier poste de garde.



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MessagePosté le: Ven 8 Avr 2016 - 19:24 Répondre en citantRevenir en haut

A voir le regard inquiet de Lordan quand Peddyr avait oivert les paupières, le Maître Brun s'empressa de le rassurer en posant sa main sur l'épaule musclé de son compagnon, lui accordant un pâle sourire pour le rassurer. Si proche de ce qui sera l'avenir de son existence, il n'allait pas reculer. Puis il posa un pied sur la première marche de ce chemin déterminant, qui allait le mener face à la Dame du kaerl.

Lordan n'avait pas perdu de temps à emboîter le pas de son ami et le maître brun veilla à le laisser sereinement prendre la tête. Vu la position de Lordan au sein du Kaerl, il était parfaitement logique de le laisser mener la tête de leur petit duo. fiare préséance sur lui n'apporterait que des questionnements et des doutes, surtout quand ils arrivèrent devant les gardes qui montaient la garde au niveau du péristyle. Le jeune céleste, rusé qu'il était, avait lancé une conversation des plus simple. Peddyr se prêta au jeu, accordant un salut respectueux aux gardes qui les regardaient à peine passer. Déjà une première étape de franchie. Puis quand ils approchèrent tous deux du premier poste de garde, Peddyr sentit Lordan se tendre.

Même en étant un officier de la garde, avant d'entrer dans le domaine de la Dame, il y avait un minimum de règles à respecter. Peddyr n'était pas armé ce qui fut un gain de temps et il veillait à garder le regard légèrement baissé, comme le ferait toute personne accompagnant un chevalier ou un maître-dragon accompagné d'un homme ou d'une femme non lié. Un des gardes observait pourtant avec plus d'insistance l'ancien ambassadeur, avant de hausser finalement des épaules. Lordan était un homme de confiance, et ce n'était pas la première fois qu'il venait accompagné. Certes, cette fois, son compagnon paraissait être un vieux serviteur, à voir sa tenue sobre, sa coiffure simple tirée en arrière et retenue par une simple queue de cheval et sa barbe taillée avec simplicité. Y avait bien cette mèche blanche qui striait sa tempe droite, mais vu son âge, il n'était guère surprenant d'avoir des cheveux blancs.

Quand fut tout en ordre, Peddyr entendit un des gardes parler à Lordan :

''Tout est en ordres, Maître Ventaren. Pardonnez moi pour le retard occasionné, mais les ordres sont les ordres. Dame Amlug est déjà présente dans la Haute Salle...''


Le garde s'écarta pour laisser passer Lordan, accordant un dernier regard à Peddyr. Peut-être que le maître céleste avait une requête particulière auprès de la Dame Céleste pour cet homme. Après tout ce qui s'était passé en quelques années, plus rien n'étonnait ce garde.

Les portes s'ouvrirent pour leur permettre l'accès à la Haute Salle. Peddyr veillait toujours à laisser Lordan entrer en premier. N'avait-il pas demander de toute façon une audience privée avec la Dame Céleste ? Ce fut lui maintenant que l'appréhension saisit insidieusement. Bon nombre de questions se bousculaient dans son esprit au fur et à mesure que lui et Lordan se rapprochait de la forte présence qui émanait d'Heryn Amlug. Il se rappelait encore très bien de la première fois qu'il avait pu poser les yeux sur elle. Elle lui était apparu si fragile, une jeune femme qui sortait à peine de sa jeunesse adolescente. Mais son regard avait suffit démontrer combien il s'était trompé à ce moment là. En même temps, à cette époque, son esprit voguait dans bien des incertitudes et des doutes sur ce qui il était. Maintenant, à chaque pas qui la rapprochait d'elle, il la voyait différemment. Le temps, l'expérience et les multitudes d’événements avaient forgé comme une détermination plus présente, une volonté d'être ce qu'elle avait toujours été au plus profond d'elle-même. Et bien entendu, toujours sous son apparence de jeune femme à peine sorti de son adolescence.

ce qui perturbait doucement le maître brun était de savoir ce que Lordan allait dire. Demander une séance privée avec la Dame en personne n'était pas rien. Et il ne doutait pas que la liée dorée, Rintrah, veillait par la pensée sur ce qui se passerait dans la Haute Salle, symbole du pouvoir céleste.



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MessagePosté le: Sam 30 Avr 2016 - 22:56 Répondre en citantRevenir en haut

Arrivé à ce stade de son existence, Lordan se sentait plus à l’aise en présence des autorités du kaerl que lorsque, tout nouvel aspirant, il demeurait complètement subjugué par toutes les splendeurs révélées d’un coup : l’île interdite, la cité dans les airs, les Maîtres prestigieux, les chevaliers de légende franchissant l’espace et le temps monté sur leurs dragons fabuleux. Il avait vite découvert les faiblesses et les drames de ce monde extraordinaire mais son émerveillement initial n’avait pas faibli. Malgré le Don, il se sentait indigne de tant de merveilles.
Cependant sa formation puis son service dans la garde personnelle du seigneur lui avait permis de côtoyer les principaux personnages du Màr Menel. Tout en restant persuadé de son peu de prestige personnel, il s’était intégré à ce milieu fascinant. Les événements lui avaient appris qu’il pouvait être utile et mériter la place que le Don lui avait permis d’occuper. Mais la rencontre avec la Dame revenue à la tête du kaerl le renvoyait partiellement aux sentiments de ses débuts et malgré l’allure détendue qu’il affichait, il était loin de se sentir à l’aise.
Il comprenait les incertitudes de Maître Thelrand quant à l’accueil qu’on leur réserverait, mais c’était surtout à propos de lui-même qu’il avait le plus d’ appréhensions. En ce qui concernait Peddyr, il était au fond quasiment sûr que tout se passerait bien. Comment envisager sérieusement que la Dame puisse reprocher quoi que ce soit à un homme dont la droiture d’esprit et le dévouement à sa cause ne pouvaient être remis en question ?
Quant à lui, il ne craignait pas vraiment qu’on lui reproche d’avoir servi le Seigneur Zackheim. La Dame savait bien qu’il était lié par l’honneur à la défense personnelle du Seigneur en place et il n’avait pas failli à sa parole même s’il avait souvent regretté d’avoir prononcé ce serment. Et d’ailleurs depuis son retour la Dame n’avait pas remis en question le rôle que sa garde secrète avait tenu durant les évènements qui avaient agité le kaerl.
Ce qui le préoccupait en fait c’était d’avoir dissimulé à tous le retour de Peddyr Thelrand, d’avoir menti par omission en demandant une audience pour "motifs personnels" et d’avoir ainsi choisi de satisfaire les demandes d’un Céleste officiellement banni du kaerl au lieu de s’en tenir à son strict devoir d’officier.
Certes, il avait aidé Peddyr Thelrand parce que; pour assurer la prospérité et la paix au Màr Menel, il jugeait indispensable que le plus efficace des hommes du kaerl reprenne sa place dans le cercle du pouvoir. Mais il redoutait cependant que la dame Amlug ne lui décoche une remarque sévère sur des cachotteries qu’elle pouvait trouver offensantes et lui reproche d’avoir manqué à la sincérité absolue qu’on attend d’un chevalier envers la dame dont il a juré d’assurer la sécurité. Il imaginait la scène et se voyait déjà rougir d’avance et baisser la tête sans arriver à s’expliquer.
Même en étant sûr de ne pas avoir démérité, l’ancien herboriste coureur de grèves redoutait sa timidité habituelle en face de ceux qu’il estimait supérieurs par leur personnalité, leurs dons, leur assurance, leur autorité naturelle, tout ce dont il manquait grandement en société.

D’ailleurs, rien que de devoir paraître chaperonner le maître Thelrand le mettait mal à l’aise, de même que d’être salué respectueusement par les factionnaires qui le connaissaient tous et n’imaginaient pas qu’il puisse être en train d'introduire en fraude un proscrit dans l’enceinte même de la Tour seigneuriale.
D’un autre côté, il était très satisfait de voir que tout se passait au mieux. Peddyr jouait bien le jeu et sa maîtrise de la situation rassura un peu Lordan. Les plantons ne jetèrent qu’un bref regard vaguement interrogateur à cet inconnu qui le suivait modestement. Leur petite comédie passait à merveille et Lordan sentit que rien de son trouble intérieur ne paraissait dans son expression ou son attitude.
Encouragé par ces constatations, quand ils parvinrent devant les portes de la Haute salle où la Dame tenait ses audiences, il ne se laissa pas démonter par la visible hésitation de l’officier chargé d’ouvrir les portes. Avec un demi-sourire d’aimable connivence, il lui garantit que son compagnon était sans armes et ajouta à voix basse , comme s’il le jugeait seul digne de partager ce petit secret, qu’il s’agissait d’un vieux serviteur d’Heryn Amlug, ce qui d’ailleurs, pensa-t-il in petto, n’avait rien d’un mensonge.
L’autre qui avait peut-être eu l’impression d’avoir déjà vu cette tête-là quelque part, fut satisfait et s’excusant d’avoir retardé les visiteurs, fit signe aux hallebardiers d’ouvrir les vantaux. La Dame était déjà arrivée et ce fait incita sans doute l’officier à ne pas la faire attendre davantage.

Les portes à peine refermées derrière Peddyr qui le suivait de près, Lordan continua sur sa lancée et marcha droit vers la Dame Hamlug, toujours aussi lumineusement belle malgré les épreuves.
La Haute Salle l’impressionnait toujours, autant par le raffinement de son architecture et de ses ornements que par la majesté et la solennité de ce lieu emblématique du pouvoir céleste mais il n'était pas question de reculer.
Il salua en s’inclinant profondément et il sentit sa gorge se serrer en se redressant . Quelle était la réaction de la dame en voyant qu’il ne se présentait pas seul et allait-elle reconnaître celui qui se dissimulait à demi derrière lui ?

C’était bien entendu à la plus haute autorité du Màr Menel de parler en premier. Il avait préparé plusieurs réponses selon ce qu’elle dirait mais ces précautions lui paraissaient maintenant vaines, pour ne pas dire stupides. Tout lui paraissait confus, inapproprié. Il lui faudrait improviser. Mais si la dame se fâchait ouvertement devant la liberté prise par Lordan de se faire accompagner, il n’aurait pas le courage de répondre.
Il faudrait bien que Peddyr Thelrand passe alors devant lui, ce serait à l’ancien ambassadeur de justifier sa présence et, s’il n’avait pas été reconnu, de révéler qui il était.



Heryn Amlug
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MessagePosté le: Sam 10 Sep 2016 - 15:42 Répondre en citantRevenir en haut

[HRP : RP réalisé dans le cadre du Challenge de Septembre, « Cap ou pas Cap : changement de pronom personnel. » Avec touuuutes mes excuses pour le délai de réponse, j'espère que ma réponse vous convient, et si petit soucis au niveau de l'évocation de vos personnages, n'hésitez pas à me le dire ! Ce petit RP tous les trois me fait très très plaisir ^_^ !
Précisions au cas où : Kieran et Heryn ignorent que 1) Zackheim est toujours vivant, et 2) que c'est Ambroise qui l'a poignardé ^^. Voilà !]





La Haute Salle. Dès mes premiers jours au Kaerl j'avais été grandement impressionnée par la structure de ce qui constituait le cœur du Màr Menel, toute en baies vitrées et en marbre crème. La lumière de Solyae y coulait à flot, lui apportant une atmosphère de grandeur et de noblesse plus que dans tout autre lieu de la citadelle Céleste. Depuis ses fenêtres, on avait une vue imparable sur le Kaerl tout entier, des verrières du Jardin d'Hiver aux trois tours des Spires. Aujourd'hui, si mon âme s'émouvait toujours de sa beauté, j'observais également la pièce à travers un prisme tout à fait différent. Je revoyais en pensée toutes ces fois où, ici, le Destin du Kaerl avait basculé, où des alliances avaient été nouées, des trahisons ourdies puis mises en œuvre. Salle commune et salle du trône, salle d'audience et salle de réception … Une étrange magie semblait régner sur les lieux. Cette nouvelle journée, saluée peu auparavant par l'arrivée de l'aube, y ferait-elle exception ?

Car Tol Orëa vivait des temps troublés depuis la fin de la Grande Guerre des Ordres. Les événements m'avaient tellement semblé se précipiter ces dernières années, les menaces s’enchaînant aux catastrophes ... Les Kaerls avaient déjà perdu tant d'hommes et de femmes de valeur, tant de dragons avaient été abattus ou réduits à se suicider dans les limbes ! Aujourd'hui comme avant, je ne souhaitais qu'une seule chose, que cela cesse.

Trois lunes s'étaient déjà écoulées depuis notre intervention lors du banquet de réjouissance qui aurait dû marquer la chute de l'Ombremage Drazahir. Trois lunes depuis que Zackheim, grièvement blessé lors du mouvement de foule qui avait suivi, avait disparu dans l'Interstice avec son lié, Sarevok. Trois lunes enfin, depuis que les procès devant établir l'étendue de notre culpabilité s'étaient tenus et que j'avais été rétablie au rang de Dame. Et pourtant la méfiance des gens était encore tenace. Leur attitude avait subtilement changé, que ce soit envers moi ou envers Kieran … Même les dragons n'étaient pas en reste, les autres Reines considérant Rintrah avec un mélange de mépris et d'indignation, pour la plupart. Seule Niàllan, la plus jeune, semblait faire mine de la comprendre un tant soit peu.

Perdue dans mes sombres pensées, laissant mon regard divaguer à sa guise, je sentis plus que je ne vis la main de Kieran se poser sur la mienne, ses lèvres se mouvant doucement pour m'indiquer la rumeur sourde d'un échange derrière les lourdes portes de la salle. Sentinelle vigilante, mon consort et auto-désigné garde du corps s'était posté à mes côtés, justifiant sa présence par le fait qu'en ces temps troublés, on ne pouvait être sûrs de personne. Même s'il s'agissait du dernier membre survivant de l'Escadron d'Elite ...
Rintrah étant partie chasser loin de l'atmosphère étouffante du Kaerl, il avait décidé de prendre en charge lui-même ma protection. Je savais que Seldryn devait quant à lui mentalement veiller sur son Lié, depuis le Valarëa, comme il le faisait depuis notre retour du Ssyl'Shar. Kieran avait ses raisons bien sûr, et je le comprenais, même si j'aspirais à un apaisement de ce climat de tension qui régnait actuellement. Après tout, n'avait-il pas été pris dans un vaste complot tissé par son propre frère ?

Lorsque mon regard croisa ses iris d'émeraude, avisant son expression méditative alors qu'il m'observait, je me sentis rougir sans pouvoir me contrôler, d'une teinte approchant celle du ciel lors du soleil couchant. Après tout ce temps et les épreuves traversées ensemble, il parvenait pourtant toujours à me faire réagir comme une adolescente énamourée ! Je ne pouvais que m'interroger sur le moment où cette hyper réactivité à son contact redeviendrait à la normale. Détournant vivement les yeux de l'ombre du sourire gentiment moqueur que je devinais étirer ses lèvres, je reportai mon attention vers le visiteur qui s'annonçait.

Quelques jours auparavant, le Chevalier – et désormais Maitre – Bronze Ventaren était venu solliciter une entrevue privée avec moi, en dehors de toute présence du Second Ambroise de Leysse, évoquant des sujets tels que l'avenir et la sécurité du Kaerl. Il souhaitait en vérité me transmettre des informations de grande importance qu'il me laisserait, par la suite, libre juge de transmettre ou non aux Hautes Sphères. J'avais toute confiance envers Lordan, un homme droit et honnête qui avait fidèlement servi le Màr Menel tout comme son Seigneur durant les mois de son règne, mettant de côté ses opinions personnelles, quelles qu'elles aient été. De plus, c'était l'ancien Aspirant du Maitre Peddyr Thelrand, ô combien regretté Ambassadeur et ami, disparu dans l'Interstice lors des derniers combats contre l'Ombremage. Kieran et moi lui devions beaucoup. Avec naïveté, peut-être, je pensais donc que Lordan ne pouvait que suivre les pas de son Maitre. Mais j'étais ainsi, à toujours croire au meilleur des hommes. Je soupirai doucement, mettant pour le moment mes préoccupations de côté.

L'heure convenue était certes finalement assez inhabituelle, mais connaissant Lordan Ventaren, je devinais que les sujets qui seraient abordés allaient relever du plus grand secret. Il s'était montré d'une neutralité bienveillante les fois où Kieran l'avait rencontré, aussi espérais-je qu'il ne se montrerait pas contrarié par sa présence. Même si le titre de consort n'était qu'honorifique – Kieran ayant été déchu, selon la tradition, de son titre d'Héritier Galastden en intégrant la Maison Dalneÿs via notre union – j'estimais que ce que mes oreilles pouvaient entendre, était en sécurité également avec lui.

Enfin, les lourdes portes ouvragées de la Haute Salle s'ouvrirent sur la galerie vitrée à l'extérieur, et Lordan Ventaren pénétra lentement dans la pièce, avec sur ses talons, un homme assez âgé et vêtu avec simplicité – un serviteur peut-être. A mes côtés, dans l'ombre projetée par le trône, je sentis Kieran se tendre, attentif, la main sur la poignée de son épée, plus par précaution que par réelle nécessité, à mon sens, car le mystérieux compagnon de Lordan n'était pas armé et ne semblait pas présenter de réel danger.

Tandis que le Maitre Bronze Ventaren s'inclinait gravement, gardant pour le moment le silence, attendant visiblement la permission officielle de s'exprimer, j'en profitai pour étudier l'homme derrière lui, non sans une certaine curiosité. Je m'interrogeais sur les raisons qui avaient poussé Lordan à se faire accompagner, alors même qu'il avait requis une audience privée. L'homme avait-il été témoin de quelque scène menaçant la sécurité du Kaerl ? Alors que je fronçais les sourcils sur son visage, troublée par une impression de familiarité dont je ne parvenais pas à me défaire, une sensation glacée se répandit en moi en même temps que résonnait le son clair d'une lame tirée hors de son fourreau.


Kieran de Galastden
Seigneur Consort du Màr Menel


Le temps de quelques battements de cœur, et Kieran, en quelques grandes enjambées, venait appliquer la pointe de son épée sur la gorge de l'homme, la suspicion luisant ouvertement dans ses iris d'émeraude. La bouche entrouverte sur un cri muet, j'échangeai un regard perdu avec Lordan, qui semblait soudain, et c'était compréhensible, un rien angoissé par la situation.
Je n'attendis pas d'en savoir plus pour venir poser une main apaisante sur le bras de mon protecteur, soufflant son prénom à mi-voix pour ramener son attention vers moi. Je ne comprenais pas quel était le danger qu'il avait pu percevoir en ce vieux serviteur, qui restait d'ailleurs étonnamment maître de lui et de ses réactions face à la menace. A moins qu'il ne soit en réalité un espion au service du Kaerl, ce qui expliquait qu'il me semblait le reconnaître ?

« Kieran ... »

Mais il secoua la tête sans répondre, et appuya légèrement sa lame sur la gorge de l'individu, jusqu'à y faire perler une minuscule goutte de sang. Et sa voix, lorsqu'il parla enfin, était lourde de colère contenue.

« Je ne pensais pas que des fantômes puissent apparaître en dehors de la funeste Lande d'Eru, Maitre Peddyr Thelrand. Vous me paraissez plutôt bien vivant pour quelqu'un censé être porté disparu dans l'Interstice. »

Peddyr ? Peddyr Thelrand !? Mes yeux s'agrandirent de surprise tandis que je le reconnaissais enfin … Cette mèche blanche dans ses cheveux … Oui, oui il était plausible que ce soit lui, avec quelques années de plus pesant sur ses épaules … Mais comment était-ce seulement possible ? Je me tournai abruptement en direction de Lordan, en quête d'une explication apte à apaiser les esprits échauffés, mais, voyant mon incompréhension et devant le silence de l'homme – de Peddyr ? – Kieran avait déjà poursuivi, emplissant la salle des échos de ses paroles.

« En dépit de toute la reconnaissance que je vous dois, je dois vous dire que j'ai appris, suite à mon retour au Màr Menel, la tentative d'assassinat que vous avez commise sur mon frère Zackheim, peu après sa ... "prise de pouvoir". »

Sa bouche se tordit légèrement à l'énoncé de ces derniers mots et la signification réelle de ces paroles sibyllines éclata dans mon esprit, tandis que la présence bienveillante de Seldryn s'estompait déjà en moi. Depuis la disparition de son frère, qu'il avait aimé profondément, Kieran souffrait de l'anéantissement, peut-être permanent, de toute possibilité d'obtenir des explications sur ce qui l'avait poussé à faire toutes ces terribles choses.

« Votre réapparition soudaine me paraît un peu trop opportune pour n'être le fruit que de la coïncidence. Vos motivations tout comme votre situation font de vous un suspect idéal pour cette tentative de mettre fin aux jours du Tyran, lors du banquet fêtant la fin supposée de l'Ombremage. Une dague bien placée là où nul ne l'attendait et le voilà qui s'écroule pour rejoindre le Royaume d'Isashani … Et le meurtrier reste impuni. »

Sous mes yeux, la peine remplaça lentement la colère sur le visage de mon aimé, et son bras s'abaissa lentement sous la pression apaisante de ma main, sa lame quittant la gorge de celui qu'il prétendait être Peddyr. Bien sûr ... Il pensait qu'il était peut-être responsable de la probable mort de Zackheim. Et on ne pouvait pas non plus exclure la possibilité que l'âme de Drazahir ait trouvé refuge en lui. Une fois son histoire tirée au clair, il faudrait que Nalesean l'examine attentivement.

Sur cette pensée déterminée, j'échangeai un regard d'excuse avec le Maitre Ventaren quant au déroulement non conventionnel de cette audience, puis accrochant les prunelles d'acier de celui qui avait autrefois été un fier et digne Maitre Dragon du Màr Menel, j'esquissai un sourire triste. Quoi qu'il lui soit arrivé, la souffrance avait prélevé son dû sur lui. Si Lordan l'avait amené ici, dans le plus grand secret, il avait très certainement d'excellentes raisons, quelles qu'elles soient, et il me paraissait alors urgent de retirer le voile épais de mystère qui les masquait.

« Répondez, je vous prie, messire. Si vous êtes bien celui que mon époux prétend, expliquez-nous par quel miracle vous pouvez aujourd'hui vous tenir devant nous. »




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MessagePosté le: Ven 30 Sep 2016 - 21:21 Répondre en citantRevenir en haut




Peddyr s'était à peine crispé quand la pointe de l'épée de Kieran s'était posé sur sa gorge. Même la petite pression supplémentaire qui provoqua l'apparition d'une perle écarlate ne lui empêchait pas de garder un regard bleu gris rivé sur le consort de la Dame Céleste. Que pouvait-il faire face de toute façon ? Se défendre physiquement ? Il n'était pas venu pour cela. Et heureusement qu'il avait laissé Sveargith loin du Kaerl Céleste. Le saurien brun aurait été capable de pénétrer avec fracas en démolissant les immenses portes de la Haute Salle. Donc face à Kieran, et malgré la stupéfaction d'Heryn de découvrir que l'homme qui passait pour un vieil homme, Peddyr restait impavide. Peu d'hommes au sein du Kaerl Céleste arborait une mèche blanche à la tempe droite, souvenir d'une autre vie, d'un autre homme.

L'ancien Ambassadeur gardait le silence le temps que Kieran finit de sortir des mots dont certains lui pesaient lourdement sur les épaules. Entretemps, Peddyr avait levé une main apaisante vers Lordan, pour lui faire comprendre de ne rien faire. Après tout, le jeune Maître Bronze en avait déjà beaucoup fait et Peddyr ne voulait pas le mettre plus en mauvaise position qu'il ne l'était.

La jeune Fealöcé essayait d'apaiser son époux, mais devant le flot d'émotions qui se déversaient dans les yeux du jeune homme... Le vieux maître brun ne pouvait pas lui reprocher cette réaction. Par contre, il n'avait pu s'empêcher de légèrement sourciller quand il avait entendu qu'on le soupçonnait déjà sur la mort de Zackheim. Il était vrai qu'on serait en droit de se demander si Peddyr n'était pas mêlé à cette dramatique histoire, car il revenait peu de temps après... Le Destin jouait bien des moments cruels par ces choix d'évènements là. Et ce n'était bien que le hasard. Mais à cela, il garda encore le silence.

Quand Kieran abaissa sa lame, ce fut presque un air léger de soulagement qui s'instaurait entre les quatre protagonistes. Kieran s'il l'avait désiré, aurait pu donner l'unique couperet de la justice contre l'ancien Ambassadeur, avec juste un mouvement de son poignet en vue d'enfoncer la pointe acérée de son épée dans la gorge du Céleste exilé. Il aurait pu, mais il avait décidé de ne pas le faire, laissant ainsi une chance et surtout une raison au vieil homme d'expliquer de comment il pouvait être là devant eux et vivant. La Dame Céleste avait renforcé ce désir de le savoir. Maintenant, elle devait se douter pourquoi Lordan avait demandé une audience privée.

Peddyr passa le bout de ses doigts sur sa gorge et en essuya les quelques perles de sang qui s'étaient formées. La très fine entaille ne saignait déjà plus, mais cela ne lui empêcha pas de fixer le sang qui humidifiait le bout de ses doigts quand il les porta devant son regard acier, comme découvrant une part encore inconnu de sa propre existence. Il cessa de regarder le bout de ses doigts et fixa tour à tour Heryn et Kieran.

''Je suis bien Peddyr Thelrand. Et je ne suis point un fantôme. Lordan ici présent pourra vous le confirmer. Comme il pourra vous apporter les preuves, ainsi que son dragon, ou encore le mien, que je ne pouvais être présent ou être le commanditaire de l'assassinat de Zackheim. En évoquant Lordan, ne le blâmer pour m'avoir amené ici. Il est toujours loyal envers le Kaerl et n'est en aucun cas mêlé à ce qui a pu se passer aux festivités. Vos liés respectifs pourraient très bien sonder mon esprit si vous veniez à douter trop en conséquent pour me croire.... Quand au fait que je sois présent en face de vous et vivant, ce qui est plus qu'incroyable....''

Rien qu'à l'idée de se remémorer ce qu'il avait vécu provoqua un bref frisson chez le céleste brun. n monde si glacia, si sombre et si terrifiant qu'il se demandait comment les dragons acceptaient de se plonger en son sein le temps d'une fraction de seconde. Du peu qu'il s'en rappelait. Il s'était bien entendu préparer à devoir expliquer le peu qu'il savait, mais comme il était encore loin de s'être remis....

''Je ne peux vous expliquer comment Sveargith et moi nous nous sommes retrouvés en dehors de l'interstice. EN y plongeant avec Drazahir pour l'emprisonner à jamais hors du Rhaeg, nous n'étions absolument pas dans l'idée de tenter d'en réchapper. Tout ce que je me rappelle le froid... un froid qui vous pénètre jusqu'au font des os tout en étant plongé dans un univers d'obscurité totale, sans la moindre once de vie... Le Néant. ''

Il se tut le temps de chasser le frisson qui lui revenait à son doux souvenirs... Arrivera-t-il un jour à chasser cette désagréable sensation ? Il en grelottait encore.

''Le hasard a conduit Lordan à nous retrouver en Ören...''

Il ne fit aucune mention de Maevann, pour la protéger pour le moment. Si on venait à décider de sonder ses souvenirs, là il expliquera pourquoi...

''...et il y a eu un prix à payer. Et si je suis ici maintenant...''

Même si les soupçons pesaient déjà sur ses épaules, il était venu pour une affaire bien plus ancienne. Il posa un genou à terre avant de poursuivre.

''.. c'est pour ne pas fuir ce que j'ai pu commettre avant. Vous le dites vous même Kieran. Je reconnais avoir essayé d'attenter à la vie de votre frère. Le destin en a voulu autrement et à bon escient. Qui sait ce que mon geste aurait provoqué par la suite, quand l'Ombremage s'est lancé dans les attaques contre le Karrl... Votre frère m'a permis plus tard de soutenir le Kaerl, le temps de régler la question avec Drazahir. Mais aujourd'hui, j'estime que mon crime reste impuni..... Je m'étais exilé pour ne pas avoir à revenir au KAerl tant que Zackheim régnait. Mais ma tentative reste un crime aux lois immuables du Màr Menel. Et maintenant que vous êtes là, Dame Heryn... Il est temps pour moi de répondre de mes actes face à la justice céleste....''



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MessagePosté le: Sam 29 Oct 2016 - 22:52 Répondre en citantRevenir en haut

Refoulant son appréhension, Lordan avait d’abord marché droit vers la Dame. Avec Peddyr Thelrand sur les talons, il n’était pas question de paraître hésiter. Mais comme toujours en présence d’Heryn Amlug, il se sentait particulièrement maladroit, sans grâce ni prestance, le cheveu peut-être ébouriffé, la veste sans doute froissée et à coup sûr, bégayant quand il faudrait répondre. Ce n’était pas tant le rang et la beauté de la jeune femme qui l’impressionnaient que la dignité naturelle qu’elle manifestait dans toutes les circonstances liées à sa charge et il lui semblait que toute la majesté du kaerl drapait cette gracieuse silhouette et la rendait redoutable. En plus il se sentait coupable de l’avoir trompée au moins par omission, mais il savait qu’il aurait été encore plus malheureux de ne pas avoir aidé le proscrit.

Ajoutés à ces émotions, les jeux de lumières de grands vitraux contrastant avec les ombres des piliers l’empêchèrent de voir que la silhouette près de la Dame n’était pas celle d’un simple commensal. Il n’identifia donc Kieran de Galatsden que lorsque celui-ci, l’épée haute, s’était déjà élancé vers Peddyr, resté un peu en retrait. Le temps de se tourner à demi, et l’arme du Consort s’appuyait sur le cou du maître Brun. Lordan épouvanté, se précipita vers lui mais il n’eut pas même le temps de s’écrier :"C’est Messire Thelrand ! "que la main de la Dame se posant sur le bras de son époux en arrêta aussitôt le mouvement et que Kieran interpellait déjà l’ex-ambassadeur par son nom.

Assez curieusement, Lordan sentit diminuer son anxiété. La situation lui échappait, il n’avait plus à prendre d’initiative. Sa confiance absolue dans la valeur et le prestige du Maître brun lui fit entrevoir que tout allait certainement s’arranger : les trois grands personnages allaient s’expliquer entre égaux. Peddyr fit un geste pour lui signifier de rester tranquille et Lordan s’immobilisa de nouveau. D’autant que le visage de la Dame montrait qu’elle aussi était sur le point de reconnaître son fidèle protecteur et la surprise semblait l’emporter sur la colère ou l’indignation.

Surprise bien légitime. Après tout, Peddyr était officiellement mort, cérémonieusement placé au panthéon des héros du kaerl et, d’un seul coup, il était là, bien vivant, un sang qui n’avait rien de fantômatique perlant sur son cou.
Cependant si l’attaque de Kieran pouvait s’expliquer par la crainte d’un inconnu menaçant la Dame, Lordan tomba de haut en entendant le Consort manifester son hostilité devant la réapparition du disparu, alors même qu’il l’avait parfaitement identifié. C’était bien Peddyr Thelrand qu’il avait menacé et traité en ennemi et Lordan en fut indigné.
Certes ce retour contredisait toutes les certitudes concernant l’interstice. Passé le laps de temps fatidique, nul ne revient de ce gouffre. Seuls les dragons et les dieux peuvent franchir cet avant-goût du néant, les dieux... et les démons. Kieran pensait-il que l’Ombremage avait finalement vaincu Peddyr et l’utilisait comme il avait utilisé autrefois le vieil Ehsan, chef des Galastden ? Comment pouvait-il avoir de telles idées ?

En retrouvant Peddyr si terriblement changé, moribond, à peine conscient, sur le rivage d’Orën, lui, le simple chevalier Ventaren, n’avait pas une seconde mis en doute l’intégrité morale de son supérieur et ami. Et puis que venait faire cette sortie au sujet de Zackheim ? Les accusations proférées étaient proprement scandaleuses !

Car enfin !.. Zackheim était peut-être un frère chéri pour Kieran mais pour le kaerl, ce n’était qu’un usurpateur avéré, un menteur, et s’il avait respecté la vie d’Heryn et de Kieran et dans une certaine mesure leur dignité, tous deux avaient été victimes d’un sordide complot qui les privait de leur liberté et de leurs droits légitimes. L’ordre rétabli, Kieran aurait dû en vouloir à son frère bien plus qu’à Peddyr et particulièrement en raison des torts immenses causés à son épouse. En s’appuyant sur le besoin, inné chez de nombreux Célestes, d’un pouvoir stable, ordonné, légal, Zackheim avait diaboliquement su profiter des menaces mal identifiées qui pesaient sur le monde pour qu’on ne cherche, en lui offrant le pouvoir, qu’à étouffer le scandale, effacer le désordre.

Dans un premier temps, d’ailleurs, Lordan avait lui-même suivi ce mouvement d’opinion, considérant que le choix rapide d’un nouveau Seigneur était préférable à l’anarchie ou aux rivalités entre prétendants. Mais très rapidement, le courant s’était inversé. La tentative d’assassinat faite par Peddyr contre celui qu’on commençait à appeler le tyran, avait alors été diversement jugée. Les institutions légalistes, les conservateurs menés par les Galastden avaient évidemment crié au régicide. Mais les partisans des Dalneÿs, les fidèles de maître Thelrand et de la Dame déchue avaient de leur côté trouvé que le geste de l’ancien ambassadeur ne manquait ni de grandeur ni de raison, même si certains en regrettaient la violence. Kieran pouvait aimer son frère et en tant que Galastden condamner l’attentat, mais il devait bien savoir que Peddyr avait voulu délivrer la Dame d’une injustice monstrueuse et non pour on ne sait quelle ambition ou calcul personnel ! Il était d’autant moins difficile de pardonner cette tentative de meurtre que Zackheim avait survécu.

Quant à la seconde tentative pour éliminer le tyran, lors du fameux banquet censé célébrer la paix retrouvée et la gloire des héros tombés au combat, quelle idée d’en accuser Peddyr Thelrand ! Quelle injustice et quelle erreur ! Qu’on ait menacé et blessé celui qu’il vénérait comme son maître d’adoption, qu’on ait négligé ses souffrances pourtant encore si visibles, oublié l’héroïsme de son dévouement et que Kieran ait été sur le point de le sacrifier au souvenir de ce scorpion de Zackheim, non, ce n’était pas tolérable et il allait le dire !...
Heureusement ce fut la Dame qui prit alors la parole, le ramenant dans les bornes du respect. Cependant, le regard outré qu’il jeta vers le Consort n’avait rien de protocolaire.
Peddyr s’expliquait. On le sentait encore bouleversé par l’épreuve à laquelle il avait choisi de se soumettre et les conséquences si douloureuses qui l’avaient ensuite accablé. Quand Lordan le vit, un genou en terre devant Heryn, s’exprimant avec tant de dignité et de respect pour les lois de son kaerl, il n’y tint plus et au lieu de laisser la Dame répondre, il se plaça près de son mentor et le bleu de ses yeux brillant d’irritation, il déclara en fixant Kieran :

-Oui, c’est Messire Thelrand et comment avez-vous pu douter de lui alors que vous le regardiez dans les yeux ? Peddyr Thelrand ...comploteur cherchant à vous nuire ? Vous vous trompez de cible ! Il n’a pas subi je ne sais quelles manipulations durant son combat contre l’Ombremage, si c’est cela que vous redoutez. Les dragons l’auraient su. Et en ce qui concerne la disparition de l’ancien seigneur Zackheim, je me porte témoin garant de sa totale innocence. Au moment du Banquet, il était encore plongé dans l’effroyable état où l’avait jeté son dévouement : à peine conscient, épuisé, encore sous le choc de son séjour dans L’Interstice, réfugié dans une caverne sur une plage d’Orën... C’est là que je l’ai découvert, grâce aux dragons, avec son pauvre Sveargith, aussi mal en point que lui. Il ne pouvait alors être question de les ramener au Mar Menel. Et voilà que vous le malmenez !


Brusquement l’émotion serra la gorge du Céleste, lui, habituellement si respectueux et soudain conscient du ton qu’il avait pris avec l’un des personnages les plus importants du kaerl.
La voix frémissante, il poursuivit néanmoins :

- Messire Thelrand n’a jamais agi que pour le bien du Kaerl et la défense de Dame Heryn. Quant à moi, je n’ai désiré que le suivre sur ce chemin de l’honneur et de la fidélité. Si j’ai mal fait, que la Dame me punisse. Mais je ne regrette rien.

Mais il était loin d’être satisfait de lui. En plus de son sentiment d’avoir dépassé les limites admises, il n’était pas sûr que le Maître brun ait approuvé son intervention. Lordan craignait de voir se lever vers lui ce regard clair qui pouvait être si glacial. Devant le couple souverain, il fut rempli d’appréhension à l’idée d’avoir nui à la cause de son maître au lieu de la servir.
Mais quant à lui, il n’avait rien dit qu’il n’était prêt à redire et rien fait dont il n’accepterait de payer les conséquences.



Heryn Amlug
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MessagePosté le: Ven 24 Fév 2017 - 18:52 Répondre en citantRevenir en haut




Kieran de Galastden
Seigneur Consort du Màr Menel


Dans la Haute Salle éclairée par les flots de lumière rasante de l'aube, la tension était à son comble entre les quatre protagonistes, les contours de leurs silhouettes tout juste dessinés par le contre jour ambiant. Comme les grains de sables coulant dans un sablier, les secondes s’égrainèrent et le silence s'étira, uniquement rompu par les battements tonitruants, semblaient-ils, de leurs cœurs. L'orage grondait dans les esprits de chacun, menaçant d'exploser.

Lentement, le compagnon de Lordan Ventaren – Peddyr ? – porta une main à sa gorge, essuyant de ses doigts la délicate goutte rouge rubis qui y avait perlé sous la pression de la lame, et les leva à ses yeux, comme surpris de les trouver tachés de sang. Mais cet instant d'égarement fut vite balayé, et l'homme détourna son regard d'acier vers la Dame et son protecteur, les fixant tour à tour, non sans un geste d'apaisement en direction de Lordan, qui apparaissait – et cela se comprenait – en proie à de vives émotions contradictoires.

Alors seulement, l'homme pris la parole, lui qui s'était tut jusque là, confirmant son identité d'une voix lente et grave, de cette voix qui ne pouvait appartenir qu'à l'homme qu'ils avaient connu. Peddyr. C'était réellement lui. Une nouvelle fois l'incrédulité de la situation la frappa. Comment était-ce possible ?
Il commença par récuser avec calme l'accusation que Kieran avait porté contre lui, proposant de se soumettre à un examen mental pour prouver sa bonne foi, avant d'évoquer l'implication de Lordan, réclamant leur indulgence quant au fait qu'il l'ait ramené au Kaerl sans en informer qui que ce soit. L'homme s'interrompit brièvement, et fut secoué de frissons tandis que son regard s'obscurcissait sous l'effet de souvenirs visiblement pénibles à évoquer. Qu'avait-il vécu qui puisse l'avoir marqué ainsi ?

La main toujours posée avec légèreté sur l'avant-bras de son époux dont elle percevait la tension fluctuante et obsédante, Heryn portait toute sa concentration sur Peddyr, remarquant tout juste la colère et l'indignation qui semblait bouillonner sous la calme façade de Lordan. Tant d'émotions contradictoires tourbillonnaient autour des membres de cette petite assemblée que son empathie en était saturée. Kieran, quant à lui, à son côté l'épée toujours en main, vigilant, englobait du regard les deux hommes qui leur faisait face, le regard aussi affuté que sa lame. Qu'allait-il ressortir des ces révélations ? Les iris noisettes de la jeune femme étaient rivés avec attention sur le visage crispé de l'ancien Maitre Dragon, l'intensité de son regard à peine troublée par quelques fugitifs battements de paupière, comme pour ne pas en perdre une miette, comme cherchant à percer les secrets de son âme. Enfin, il repris la parole, et un souffle qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir lui échappa.

La folie du récit de Peddyr la frappa de plein fouet, et elle se surpris à frissonner également, tentant d'intégrer ce qu'elle venait d'entendre. L'Interstice. Drazahir. Le néant, la négation de toute vie … Pour l'éternité. Un tel sacrifice était … Inconcevable. Pire, inimaginable.
En elle, comme faisant écho aux émotions de ses compagnons, une sourde colère fit écho à un profond soulagement, et elle écarquilla les yeux tandis qu'une brutale envie de le rouer de coups pour sa stupidité – ce qui avec ses petits poings ne lui ferait pas grand mal – luttait avec le désir de lui apporter une accolade rassurante quant au jugement de ses actes, la laissant soudain haletante. Son regard croisa brièvement celui de son amant, sans parvenir à le déchiffrer pleinement, car déjà, sans leur laisser le temps de réagir, Peddyr avait posé genou à terre, tête basse. Dans une attitude humble et pleine de douleur, il poursuivit, d'abord à l'adresse de Kieran, puis à la sienne, exposant, non sans une certaine résignation à son sort, les fautes qu'il considérait avoir commises. Son crime envers Zackheim, alors qu'il était Seigneur régnant. ''Il s'en remettait à la justice céleste'', était peu ou prou la conclusion finale de sa longue explication. Une telle attitude lui brisait réellement le cœur. Par les Dieux, ils lui devaient la vie et plus encore !

A nouveau, une bulle de silence s'installa, tandis qu'elle serrait brièvement les paupières, cherchant à mettre de l'ordre dans ses pensées. De tout ce qu'elle aurait pu imaginer … Ceci … ! Ceci dépassait toute rationalité. Elle ne pouvait pas prendre de décision immédiate. Pas ici, pas maintenant.

Un mouvement à son côté la tira de ses sombres réflexions, celui de Kieran, le visage figé comme du marbre, rengainant calmement – du moins en apparence – son épée au fourreau. Pourtant, la colère brûlante qu'elle lut dans ses prunelles d'émeraude tourmentées lui fit l'effet d'un poing serré sur son cœur. Oh, Kieran … La mention de Zackheim mettait encore littéralement l'âme de son aimé à vif. Il était là prêt à exploser. Contre qui était-elle dirigée, cette violence, qu'il ait besoin d'un tel artifice pour se contenir ? Contre lui-même ? Contre Peddyr ? Ou bien … contre Lordan ?

Son regard balaya rapidement les trois hommes, jusqu'à s'arrêter sur le récemment nommé Maitre Bronze. Si le coup d'oeil outré que Lordan avait échangé avec Kieran lui avait échappé, elle ne put manquer l'indignation qui marquait son visage et le sentiment crucifiant de vive injustice qui émanait de lui. En quelques pas, il s'était placé, dans une attitude protectrice, devant son ancien mentor, et ses yeux bleus brillant d'irritation, laissa échapper une vive diatribe à l'égard de son époux et consort. Lorsqu'il s'interrompit, ce fut juste pour prendre une respiration tremblante et de poursuivre, la voix frémissante, un imperceptible accent de rébellion vibrant en elle … Et la prenant à témoin de ses actions. Il assumait pleinement chacune des paroles qu'il avait prononcé, s'insurgeant contre le traitement infligé à son ancien Maitre, réagissant comme un jeune Aspirant chahuté par ses pairs. Étonnant, venant de cet homme habituellement si paisible.

Heryn se mordit brièvement les lèvres, en proie à l'hésitation et absolument inconsciente de son geste, puis leva les yeux vers Kieran, qui tremblait presque sous l'effort fait pour se contrôler, les bras fermement croisés sur son torse. Elle allait devoir intervenir et prendre ses responsabilités avant que la situation ne dégénère. Sa prise sur son bras s'affermit, dans une nouvelle caresse apaisante.

Cependant, lorsqu'il croisa son regard emplit de compassion, son amant détourna la tête avec une crispation d'amertume sur ses lèvres. Lire une telle pitié sur le visage de cette femme qu'il aimait lui était insupportable. Il ne pensait pas la mériter. Pas après tout ce qu'il avait fait. Elle ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre.
Hiératique, telle une statue sculptée dans du marbre, soudain vivante incarnation de la souveraineté et du pouvoir – après tout, n'avait-il pas été entraîné à ce rôle depuis son enfance ? - Kieran baissa alors le regard sur Lordan, aussitôt qu'il eut terminé de parler. Sa voix semblant charrier des glaçons, résonnant sous le haut plafond aussi sèchement qu'un coup de fouet, il lui lança sans attendre :

« Vous vous oubliez devant votre Dame, Maitre Lordan Ventaren. »

Une profonde inspiration, et il se tourna alors vers Heryn, le visage toujours aussi dépourvu d'émotion qu'un mort, plus froid que les tempêtes hivernales qui ne tarderaient pas à s'abattre sur Tol Orëa. Il ne s'engagerait pas dans un conflit stérile avec cet homme en qui il savait qu'elle avait toute confiance. De plus, sa connaissance de la situation était trop parcellaire pour que son jugement ne soit pas obscurci. Plus doucement, il déclara, inclinant respectueusement la tête, avant de reculer d'un demi pas derrière elle, reprenant sa place initiale :

« Quoi que tu décides, je te soutiendrai. Je me rendrai à ton jugement. »

Sentant une nouvelle fois le lourd poids du devoir peser sur ses épaules, Heryn secoua imperceptiblement la tête. Elle devrait parler à Kieran à propos de Zackheim, des recherches qu'il faudrait entreprendre, mais plus tard, lorsqu'il serait seuls. Pour l'heure, elle s'approcha doucement de l'homme toujours humblement agenouillé au sol et posa une main légère sur son épaule :

« Relevez-vous sans crainte ni honte, Maitre Thelrand. Quelles qu'aient été les raisons de vos actes, si discutables qu'ils aient été, je ne vous en tiens pas rigueur, car je sais qu'ils vous ont été inspiré par la nécessité alors pressante de protéger le Màr Menel. »

Elle ne put s'empêcher d'ajouter en pensée que la justice du Kaerl en tirerait peut-être une toute autre conclusion …

« Vous êtes pour l'heure le bienvenu au Kaerl Céleste. Je suis heureuse que cette sombre histoire puisse finalement être éclairée par un heureux dénouement, bien que seulement partiel. Nous n'avons pas oublié ce que nous vous devons, et je mettrai un point d'honneur à ce que l'ensemble du Màr soit mis au courant de votre action contre Drazahir. »

Elle savait, au fond de son cœur, qu'elle le soutiendrait, pour peu que cela puisse encore avoir une quelconque valeur aux yeux des Hautes Sphères. Elle refusait de perdre espoir. Puis à l'intention de Lordan :

« Quant à vous, Maitre Ventaren, je vous prie de vous tranquilliser. Nul mal ne sera fait à votre mentor. Je vous remercie, sincèrement et du fond du coeur, pour le soin que vous avez pris de lui, ainsi que pour l'avoir amené en ma présence. Votre confiance est une chose précieuse. »

Elle porta une main à son coeur, inclinant la tête, avant de reporter un regard soudain plus ferme sur le Maitre Bronze.

« Aucune sanction ne sera également prise à votre égard. J'apprécie l'honnêteté et le franc-parler, sachez-le, bien que vos paroles aient probablement dépassé vos pensées. Je vous laisserai le bénéfice du doute. »

Le sous-entendu était suffisamment subtil pour ne pas être perçu comme une réprimande ouverte. ''Ca ira pour cette fois, mais ne recommencez pas.''. Elle sentait la présence silencieuse de Kieran dans son dos, la tension, qui, toujours émanait de lui, sans parvenir à déterminer s'il approuvait réellement ses paroles. Ouvrant légèrement les bras devant les deux hommes, si semblables et pourtant si différents, elle leur sourit cordialement, cherchant à alléger l'atmosphère.

« Vous devez être épuisé. Peut-être devriez-vous vous faire ausculter par Maitre Nalesean afin de vous assurer que votre état n'est pas plus grave qu'il n'y paraît. Si vous y tenez, je peux vous faire attribuer des appartements et l'y faire venir sans que cela se sache. »

Il restait après tout la question d'un éventuel transfert d'âme de Drazahir, même si elle n'y croyait pas. Ou refusait d'y croire.




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MessagePosté le: Dim 23 Avr 2017 - 11:53 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr ne s'était pas attendu à une verve réaction de la part de Lordan. Son compagnon était une personne au noble coeur, n'écoutant que la passion de ses convictions vouées à la lumière pour suivre le bon chemin. Mais à le voir se placer à ses côtés, pour porter de sa forte et haute voix sa défense à l'égard du Maître Déchu. Peddyr porta son regard vers le jeune homme, étonné de voir que Lordan faire face à Kieran pour porter oralement ce qui lui portait sur le coeur depuis tout à l'heure. A l'heure première rencontre, le jeune Maître, avait tout donner l'apparence d'un individu timide, avançant prudemment pour être sûr de poser ses pieds sur un sol solide quand à ses idées. Il avait grandi.

Un instant, Lordan eut un moment d'hésitation. Très bref. Mais il sur poursuivit pour continuer de clamer la cause qu'il vouait à Peddyr Thelrand. Le Maître Brun, toujours un genou à terre, avait leve son regard vers lui, comme le redoutait le jeune homme. Mais pas pour ke juger glacialement. Au contraire. On voyait dans l'éclat de ses yeux fatigués une sorte de respect luire dans leurs fonds. Lordan osait se mettre en avant pour lui et était prêt à assumer les conséquences de son discours. Non, Peddyr ne jugeait pas l'acte de Lordan comme de mauvais. Tout chevalier-dragon, tout maître-dragon, devrait avoir le courage que venait d'exprimer Lordan, devant le couple dirigeant. Un véritable courage. Restait à voir comment Kieran le prendrait. Au besoin, le Maître Brun serait prêt à défendre Lordan. On ne pourrait lui reprocher de parler en toute loyauté et honnêteté !

Un silence s'installa parmi la petite assemblée. La suite était dans les mains d'Heryn et de son consort, Kieran. Peddyr l'avait dit. Il était prêt à assumer les actes qu'il avait commis par le passé. Bien que son coeur en battait quelque peu un peu plus vite, il ne regrettait pas sa décision. Il avait encore regardé une énième fois Lordan, lui faisait comprendre par un simple regard qu'il n'avait pas mal agi, mais qu'il devra accepter ce qui suivra. Puis, ses yeux bleu acier se portèrent sur le couple décisionnaire. Les émotions paraissaient mitigées entre Kieran et Heryn. Mais cela ne dura guère.

Kieran reprit la parole, apostrophant en quelques mots Lordan. Le jeune Maître-Dragon n'avait pas oublié sa place, selon les pensées de Peddyr. Il avait pour lui agi en Céleste. Mais cela n'était que ses pensées personnelles. Il ne pourrait les exprimer ouvertement. Puis, quand Heryn se leva avec dignité de son trône, se rapprochant de lui, Peddyr ne bougea pas, attendant le jugement final. Sa main se posa avec la légèreté d'une plume sur son épaule et il retint un frissonnement. Elle était d'une chaleur apaisante, qui paraissait repousser le mordant du froid de l'Interstice qui lui hantait encore l'esprit.

Le Maître Brun l'écouta avec la plus grandes des attentions, captant le moindre de ses mots. Il ferma les yeux quand la décision de la Dame Céleste tomba. Il sentit par le Don la présence de son lié, qui au travers des émotions qu'il lui envoyait, son soulagement et surtout, sa choix que tout reprenait sa place. Partiellement, bien entendu, car il restait encore tellement de choses à faire pour effacer tout ce que l'humain avait pu commettre par le passé. Puis il se releva, faisait toujours face à la jeune Dame du Kaerl. Il s'inclina devant elle pour la remercier.

''Je vous remercie, Dame Céleste. Tout ce qui m'importait était votre choix vis à vis de moi. Je ne cherche aucun sacrement quand à ce que j'ai pu faire pour préserver le Kaerl. Tout Céleste qui compose le Màr est prêt à se battre pour le préserver de toutes les menaces possibles à son égard et à sa survie. L'essentiel est que la menace de Drazahir ne vienne plus compromettre son intégrité. ''

Tout cela paraissait bien modeste. Mais quand on connaissait l'humain, on savait très bien qu'il ne courait pas pour la gloire ou la reconnaissance des Célestes pour se faire idolâtrer. Donc en somme, il ne cherchait pas à ce qu'on le félicite de son acte 'héroïque''

Lordan n'avait pas été oublié dans le jugement final d'Heryn. Peddyt fut néanmoins soulagé d'entendre qu'elle ne lui tenait pas totalement rigueur. Mais qu'il devait veillé à ne pas agir de la sorte la prochaine fois ; si on comprenait bien le sous entendu bien entendu. Puis l'ambiance s'allégea avec quelques propositions faites par la Dame. Il était vrai que ce genre d'audience avait de quoi saper les forces d''un homme déjà éreinté par ce qu'il vivait. L'allusion d'aller voir le Maître Guérisseur n'échappa pas à Peddyr. Et il savait très bien pour quoi. Il avait été confronté à Drazahir et le doute que ce dernier soit encore ''présent'' avait de quoi faire un peu peur. Il aurait été à la place de la jeune Fealocé, il aurait émis les mêmes doutes.

''Je prévoyais de le voir pour avoir des réponses plus claires quand à quelques effets résiduels que je ressens encore de ma sortie de... l'Interstice. Il est très compétent et saura traiter ce que je n'arrive pas encore à contrer, même avec la plus forte des volontés. Quand aux appartements... s'il est possible que je retrouve ceux qui étaient les miens...Quand à cacher ma présence, je n'y tiens, même si je sais que c'est partiellement dans l'idée de me protéger. Je ne suis pas revenu pour me cacher...et puis..''

Il ne put s'empêcher de faire un léger sourire.

''Certains peineront à me reconnaître. Laissez les choses se faire et l'information se répandre. Je pense que c'est le mieux à faire, pour le bien du Kaerl...''

Et qu'on n'ait pas à reprocher à Heryn de cacher son retour. Elle aussi était dans une position précaire et chaque décision devait être décortiqué par les plus sceptiques. Et pour Lordan, il posa sa main sur son épaule, la tapotant plusieurs fois.

''Merci mon ami. ''



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MessagePosté le: Sam 13 Mai 2017 - 19:11 Répondre en citantRevenir en haut

Après s’être exprimé de façon si impulsive, Lordan était tout à fait conscient qu’il venait de s’affronter à ceux-là même qu’il honorait et respectait du plus profond de toutes ses convictions. Ses reproches étaient certes dirigés vers le consort mais en tant que souveraine et en tant qu’épouse, la Dame pouvait aussi bien les ressentir comme une injure à son égard. Cependant le jeune maître Bronze était certain d’avoir agi comme il le fallait. Il n’avait plus qu’à se soumettre désormais à la réaction prévisible mais il ne pouvait croire que ce qu’il avait dit ne trouverait aucun écho dans le coeur de la Dame.
A la fin de sa diatribe, tourné vers le couple princier, il n’avait pas vu le regard ému que lui avait jeté le guerrier agenouillé. Cela l’aurait sans doute rasséréné mais il n’avait pour l’instant pas besoin d’autre appui que sa conviction et la force de ses émotions. Il était cependant surpris de son comportement si inhabituel chez lui. Et comme, même dans les moments les plus dramatiques de son existence, il s’observait et se jugeait dans un petit recoin de sa conscience, il se sentait pris au dépourvu par l’animosité qu’il avait exprimée à l’égard du consort. C’était si contraire à son respect naturel pour l’Ordre auquel il avait voué sa vie !
En fait, il n’avait jamais approché l’aîné des Galastden d’aussi près et de façon aussi directe. Il ne connaissait de lui que ce qu’il avait pu admirer de prestance et de noblesse lors de cérémonies officielles et aussi ce qu’on en disait : un prince doué de toutes les qualités qu’on attend d’un homme destiné à occuper les plus hautes charges. Aussi ne s’attendait-il vraiment pas à ce diable arrogant et agressif sautant à la gorge de Maître Thelrand. Etait-ce là la dignité et la mesure de celui qui avait été choisi pour devenir l’époux d’Heryn Amlug ? Avait-il du mal à admettre que Kieran de Galastden n’était pas seulement un être emblématique de l’idéal du kaerl mais aussi un homme passionné, inquiet dès qu’il s’agissait de sa jeune femme et par ailleurs encore sous le coup de la perte de son frère ?
Lordan n’alla pas plus loin dans son introspection et s’arrêta à son ressenti de l’instant : Il n’aimait pas ce Kieran qui s’attaquait à Peddyr Thelrand et il avait raison ! Pouvait-on un instant imaginer le plus valeureux des défenseurs du kaerl céleste revenu pour nuire à celle pour qui il avait tout risqué ?
Aussi, quand le consort l’accusa de "s’oublier" devant sa Dame, loin de sentir en faute et de laisser retomber son indignation, il pensa que c’était plutôt l’aîné des Galastden qui s’était oublié et avait montré aussi peu de discernement qu’un page jouant le petit coq en colère pour se faire remarquer. D’abord, qu’est-ce qu’il venait faire là ? Heryn Amlug n’avait nul besoin qu’on la surveille comme une femme ordinaire. Le mari de la Dame n’était pas le Seigneur. C’était elle qui devait régler les problèmes et justement son ancien ambassadeur n’était pas, ne pouvait pas être un problème pour elle.
L’accuser lui, Lordan, de conduite outrageante, c’était inverser les rôles ! Le chevalier Ventaren était loyal tout autant à Heryn Amlug qu’à Peddyr Thelrand. Qui attaquait l’un attaquait l’autre. Accabler de soupçons le noble guerrier, le mettre à genoux, humble et meurtri...Sans Kieran, rien de tout cela ne serait arrivé ! Il pouvait bien le prendre de haut, ce … cet......De façon soudaine l’aplomb du jeune homme vacilla comme retentissaient les derniers éclats de la voix impérieuse de Kieran. Il se rendit brusquement compte qu’il dévisageait, sourcils froncés, l’homme le plus respecté du kaerl et en lui le chevalier-lige reprit aussitôt le dessus sur l’homme indigné. Il n’avait pas voulu être insolent en s’insurgeant contre ce qui se passait et renier son devoir d’obéissance. Un chevalier lié par serment ne remet pas en cause la loi qu’il a choisi de défendre et les ordres qu’il a accepté de recevoir. En aidant un proscrit, il avait désobéi à la règle du kaerl et à ses gardiens légitimes : la dame Heryn et son époux,l'aîné des Galastden. Lordan recula d’un pas, baissa le regard et se tourna vers la Dame pour en attendre le verdict.

Celle-ci, d’un geste délicat d’apaisement, semblait avoir réussi à calmer son époux. Si elle-même était bouleversée par la violence de la scène, Lordan ne perçut d’elle que cette douceur et cette fermeté qui le touchait bien plus qu’une démonstration autoritaire dont il savait par ailleurs la jeune femme fort capable. Puis la façon dont elle invita Peddyr à se relever fit fondre tout reste de son inquiétude : Heryn ne doutait pas de la loyauté du Maître Brun et, comme au héros qu’il était, lui ouvrait de nouveau les portes du kaerl.
Quand elle s’adressa à lui, Lordan n’était donc déjà plus que docilité et gratitude. Et bien qu’en l'écoutant, il se dit que non, ses paroles n’avaient pas du tout "dépassé ses pensées ", le jeune maître-dragon eut honte de n’avoir pas su maîtriser devant sa souveraine l’expression de son ressentiment, pour légitime qu’il ait pu être. Il serait toujours prêt à servir la Dame des Célestes et il avait cru justement la servir en s’insurgeant devant l’accueil fait à messire Thelrand, comme Kieran avait cru devoir prévenir les dangers qui pouvaient surgir de ce mort ressorti du néant.
C’est dans cet état d'esprit qu’il reçut les paroles de la Dame, paroles qui le justifiaient mais en même temps lui rappelaient qu’on peut avoir raison sur le fond et tort sur la forme.
Tout sembla réglé en quelques phrases remplies de bienveillance et du souci causé par l’évident épuisement physique et moral du maître Brun. Lordan était tout rempli du désir de bien faire et tellement soulagé qu’il chercha par la pensée la présence de son lié pour lui faire partager ce moment intense ; mais Hanelvig devait dormir ou méditer à la manière des dragons qui ne sortent alors de leur enfermement mental que s’ils sentent leur lié en danger.
Il jugea pertinent le projet d’une consultation auprès de Nalesean. Il le respectait beaucoup et adorait ses habitudes de vieux savant rempli de sagesse et d’humour. Sa connaissance des produits que la nature offre pour le mieux-être des vivants était hors pair comme sa maîtrise des arcanes touchant au monde des esprits. Lui-même ne croyait pas à une influence occulte de Drazahir mais il était normal de donner des garanties à la population céleste et qui mieux que Nalesean pouvait le faire ?

Enfin , lorsque Peddyr eut parlé, rien ne restait plus du Lordan révolté. C’était pour lui le dernier épisode tumultueux de la grande crise que venait de vivre le Mar Menel depuis l’apparition de l’Ombremage dans le ciel de Tol Orëa. Avec Peddyr Thelrand au kaerl, la paix et la justice revenues garanties par la volonté du couple princier, la vie allait de nouveau couler comme les longs fleuves dans les plaines heureuses du Rhaëg, couler comme l’air et les nuages sous les ailes des dragons lorsqu’ils planent au dessus de la cité céleste.
Peddyr eut alors à son égard un geste amical qui acheva de porter l’émotion de Lordan à son comble. Il se sentait prêt à partir pour le bout du monde sur un simple mot de ceux en qui le kaerl trouverait force et idéal. Et même, finalement, Kieran avait eu ses raisons pour agir comme il l’avait fait. Après tout, on le disait très épris de celle qu’il semblait au départ avoir épousé pour obéir aux intérêts supérieurs du kaerl et, s’il ne s’était pas agi de Peddyr, peut-être lui-même aurait-il aussi réagi avec la même hostilité protectrice. Et puis, il savait bien que son acte -introduire subrepticement un proscrit en présence de la Dame- n’était innocent que parce qu’il était sûr de la loyauté de Maître Thelrand, son mentor, comme l’avait si justement défini la Dame elle-même – et il savait dès le début qu’il risquait un rappel à l’ordre tout à fait mérité.
Lordan sourit à Peddyr, confiant et reconnaissant, s’inclina profondément devant la Dame et son époux, sans dire un mot, car d’abord il ne savait quoi dire de simple pour traduire toute sa gratitude et par ailleurs, il n’est finalement pas d’usage qu’un chevalier- même devenu maître- commente des affaires politiques qui ne sont pas de son ressort. Il avait suffisamment mis à mal cette règle aujourd’hui. Car enfin, même s’il n’avait pas traité le consort de noms déplaisants, il avait pendant quelques instants fortement eu l’envie de le faire.



Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 18 Juin 2017 - 17:54 Répondre en citantRevenir en haut

Theme Song :
The Painting – Rhian Sheehan



Kieran de Galastden
Seigneur Consort du Màr Menel


Petit à petit, l’égrènement des minutes marqué par le rythme des respirations trop rapides qui se ralentissaient enfin, l'intensité des sentiments qui faisait rage dans le cœur des quatre protagonistes commença à s'apaiser, tout comme elle l'avait espéré. Son sens empathique largement ouvert, cherchant à percevoir les moindres variations du courant émotionnel, Heryn englobait du regard les deux hommes, tout en ayant une conscience aigüe de la présence tourmentée de Kieran derrière elle. Les événements s'étaient précipités et tous avaient été piqués au vif par la révélation soudaine et inespérée de la survie de Peddyr Thelrand. Et cependant, l'entrevue, après avoir atteint son point d'orgue et frôlé le désastre, semblait finalement pouvoir se dérouler de manière plus sereine.

Lentement, l'ex Ambassadeur s'était relevé, avant de s'incliner profondément devant la jeune Dame du Kaerl, lui exprimant sa gratitude avec la modestie qui l'avait toujours caractérisée. Il y avait quelque chose de réconfortant pour elle de voir que, malgré la dureté terrible des épreuves qu'il avait enduré, l'homme restait visiblement en certaines choses fidèle à son ancienne personnalité. Et elle ne pouvait que souhaiter que les marques résiduelles de ce qui n'avait été rien de moins qu'un sacrifice ne finissent par s'estomper définitivement, que Peddyr puisse reprendre la place qui lui revenait de droit au sein du Màr Menel … Et qu'il reçoive la reconnaissance qui lui était due, ne lui en déplaise, pour les actes héroïques et désintéressés qu'il avait accompli. Les yeux soudain brillants, ses mâchoires se serrèrent avec détermination.

*Et si cela n'est pas suffisant pour contrebalancer son coup d'éclat contre Zackheim, alors c'est que les Hautes Sphères du Kaerl ont bien changé.*

Aussi la Fëalocë inclina-t-elle légèrement la tête en guise d'acquiescement silencieux face à la déclaration de son vis à vis. Oui l'essentiel était qu'à présent, Tol Orëa pouvait acquérir la quasi certitude que l'Ombremage Drazahir avait été vaincu, et banni dans l'Interstice. La reconstruction pouvait commencer et les plaies laissées par la guerre se refermer pour de bon. Il lui faudrait dépêcher des messagers en direction du Màr Luimë et du Màr Tàralöm pour les en informer, mais une fois seulement que Nalesean aurait examiné Peddyr, et que tout risque aurait été définitivement écarté.

Son attention glissant brièvement sur Lordan qui paraissait s'être perdu en lui-même, et sur le visage duquel une tempête d'émotions contradictoires se succédaient, elle se tourna à demi vers Kieran, cherchant à accrocher son regard, percevant en lui la colère qui refluait doucement, bien qu'encore vive, pour laisser place à une peine profonde et sincère. Fidèle à sa décision, son consort restait silencieux, se cantonnant dans son rôle d'observateur, l'expression toujours impénétrable, en dehors de ses prunelles d'émeraude, qui suivaient ses mouvements avec une vigilance non feinte.
D'eux deux, finalement, c'était sans doute lui qui avait le plus souffert des machinations ourdies par Zackheim. Lui, dont elle avait été accusée du meurtre de sang froid, et qui avait été drogué et maintenu à l'écart du Kaerl durant plusieurs mois. Ses iris noisettes s'emplirent une nouvelle fois de compassion et d'affection pour l'homme à qui son destin avait été irrémédiablement lié. Mais, une fois encore, les intérêts de la femme devaient pour l'heure laisser place aux affaires de la Dame, le privé au public. Elle n'était pas inquiète – pas outre mesure en tout cas – car elle savait que dans le silence de son esprit, Seldryn veillait étroitement sur son âme-soeur.

Un léger remord lui poignant le cœur, elle reporta alors son regard sur Peddyr qui avait repris la parole, lui souriant en retour, soulagée, bien qu'un peu embarrassée, qu'il ait su lire entre les lignes de sa proposition d'aller consulter le Maitre Guérisseur. Il reconnaissait lui aussi la compétence de Nalesean, et lui accordait toute sa confiance pour déterminer les séquelles éventuelles de son effroyable expérience dans l'Interstice, suite à son combat contre Drazahir. Quant à ses appartements, il émit le souhait de réintégrer ceux qui avaient été les siens par le passé, et Heryn se sentit soudain étourdie de ne pas y avoir pensé d'elle-même. Bien sûr, un retour à un environnement familier et serein ne pourrait qu'accélérer sa guérison !

« Vos paroles sont sages, Maitre Thelrand. Une fois connu, la rumeur de votre retour se répandra très certainement à travers le Kaerl … Cependant, vous risquez à terme d'être quelque peu ennuyé par les curieux … Ou les sceptiques de toute nature. »

Une légère grimace accompagna sa remarque, et la jeune femme s'adressa ensuite à Lordan, son expression mêlant confiance et gravité tandis qu'il s'inclinait tour à tout devant elle et son époux. L'homme avait gardé le silence depuis la dernière remontrance de Kieran, tout comme face à sa mise en garde amicale, et elle lui était sincèrement reconnaissante qu'il ait été en capacité de reprendre ce sang-froid, cette bienveillance, au moins de façade, qui était indispensable à la bonne poursuite de la discussion. Lui toujours si calme, sa soudaine virulence l'avait surprise, et en même temps rassurée : un cœur battait donc sous cette carapace de parfait Chevalier Céleste. Elle posa un regard chaleureux sur la main de Peddyr étreignant doucement l'épaule de son ancien Aspirant. Elle savait reconnaitre les liens unissant deux personnes lorsqu'elle les voyait. La fidélité de Lordan envers son mentor était des plus touchantes.

« Puis-je compter sur vous pour poursuivre la tâche que vous avez entreprise, et favoriser le retour de Peddyr au Màr Menel ? La présence à ses côtés d'un homme à la réputation de loyauté sans tache telle que la votre pourrait désamorcer de nombreux conflits potentiels. »

Sans attendre de réponse, et pour lui laisser le temps de réfléchir à sa décision, poursuivant sur sa lancée, elle ferma légèrement les yeux, et leva son avant-bas droit vers le plafond.

Au loin, dans la plaine fertile au sud du continent, à proximité des contreforts du Mont Gerikor, Rintrah chassait un troupeau de daims, s'amusant à les égailler dans toutes les directions. Mais la Fëalocë sentait qu'une partie de son esprit restait attentive à la situation dans la Haute Salle, et une vague d'amour inconditionnel, bien que fortement diluée par la distance, afflua peu à peu en elle, en provenance de la Dorée. Un sourire apaisé étira imperceptiblement les lèvres de la jeune femme, et pourtant ce n'était pas son âme sœur qu'elle cherchait à contacter.

Quelques secondes après, se matérialisant hors de l'Interstice, c'est un petit lézard Bronze qui vint s'installer sur ce perchoir précaire que lui présentait sa maitresse. Apercevant Peddyr, il laissa échapper une trille joyeuse, et le bombarda sans ménagement d'images d'oeufs reposant, inertes, sur les sables et de Candidats en blanc s'avançant prudemment dans leur direction. Meemaw n'avait pas oublié la mission qui lui avait été confiée plusieurs mois auparavant, ni le désarroi qu'il avait ressenti lorsque l'Humain s'était révélé introuvable. Heureusement, à ce moment là, sa route avait croisé celle de Legundir Unarion, et quelques uns des enfants de Rintrah avaient pu être arrachés à leur prison de calcaire.

Avec regard d'excuse pour Peddyr, reconnaissant qu'il y avait beaucoup qu'il ignorait probablement encore sur ces derniers mois, la Dame posa une main légère sur la tête du petit messager pour attirer son attention.

« Vois Meemaw, Peddyr est revenu. Il faut que tu ailles trouver Myrelle, et que tu le lui dises. Elle va devoir faire préparer ses appartements. Elle saura quoi faire. Va maintenant ! »

Ponctuant ses paroles de représentations mentales de Peddyr, de l'Intendante et des appartements situés dans les Spires, elle renvoya le lézard, qui voleta quelques instants au dessus de la tête des deux hommes avant de se téléporter vers sa nouvelle destination.
Alors, prise d'une soudaine inspiration, elle fit face à Kieran, qui baissa sur elle des yeux attentifs, bien que surpris. Sa main s'éleva, pour aller effleurer fugitivement sa joue, et un instant, sous son contact, le masque de froideur de son aimé s'effaça, pour laisser place à une expression indescriptible, reflétant gratitude et désespoir mêlés. Tout ceci ne dura que le temps de quelques battements de cœur, avant qu'ils ne reprennent l'un et l'autre leur positionnement initial, elle, la Dame s'apprêtant à donner des ordres, lui, le Consort, le guerrier et le protecteur, prêt à obéir.

« Kieran, voudrais-tu aller trouver Nalesean pour l'informer de la présente situation ? Le connaissant, il doit probablement être débordé, et il t'accordera plus aisément de son temps qu'à un simple messager. Nous vous rejoindrons dès que nous en aurons terminé. »

Les paupières du jeune homme vinrent brièvement couvrir l'intensité de ses prunelles d'émeraude, tandis que ses lèvres se serraient l'une contre l'autre. Il n'était pas dupe. Elle lui offrait élégamment une porte de sortie, sans avoir à le congédier ouvertement, pour lui permettre de reprendre ses esprits, tout en servant ses intérêts dans la stratégie de réhabilitation de Peddyr Thelrand. Il frissonna légèrement, notant par devers lui le jeu des rayons du soleil levant dans la chevelure cuivrée de la Fëalocë, et son cœur se serra tandis qu'il acquiesçait. Il n'y avait nul besoin de couronne pour elle.

« Je vais le prévenir de réserver une salle spéciale pour ne pas être dérangés. Autant éviter dans un premier temps de trop ébruiter la résurrection miraculeuse de Maitre Thelrand. Elle sera de toute façon bien assez tôt connue à travers le Kaerl. »

Avant que les derniers échos de ses paroles se soient éteints, il s'inclina respectueusement face à sa Dame, puis plus légèrement en direction des deux Maitres Dragons, avant de s'éloigner d'un pas vif, la main sur la poignée de son épée. Par sa décision, il reconnaissait tacitement que Heryn était entre de bonnes mains, et qu'elle n'avait plus besoin de sa protection dans cette audience. Alors seulement, la jeune femme laissa échapper un souffle trop longtemps retenu, et se rapprocha à nouveau de Peddyr et Lordan, les interrogeant d'un même regard. Elle avait encore bien des questions à poser, mais pressentait qu'il était peut-être encore trop tôt pour cela, et leur laissait ainsi l'initiative des explications.

« Avez-vous d'autres sujets que vous jugez nécessaire d'aborder avec moi, tant que nous sommes seuls ? »




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MessagePosté le: Dim 30 Juil 2017 - 17:57 Répondre en citantRevenir en haut

Peddyr avait senti la tension monter chez le jeune Maître-Dragon. Lordan qu'il avait connu comme quelqu'un de réservé dévoilait un aspect de lui-même qui l'avait un peu surpris. Il avait mûri et en bien. Le Maître Brun avait toujours vu en lui un maître-dragon au fort potentiel et là devant la Haute Dirigeante du Kaerl accompagné de son consort, il avait été à la limite d'exploser tel un volcan qui avait patienter trop longtemps avant d'entrer en éruption. mais heureusement, Lordan restait un homme droit et juste. Les paroles de la Dame Céleste eurent tôt fait de lui apporter ce qui correspondait le mieux en terme de justice envers Peddyr Thelrand. L'humain vieilli par son séjour dans l'interstice était heureux lui aussi. Il ne subira aucune sanction, même en défendant ce qui était parut juste aux yeux du jeune maître de bronze.

Après que Lordan se soit incliné devant Heryn, celle-ci hocha de la tête pour apporter un signe d'asquiescement. Peddyr avait suivi cela tout en restant plongé dans un silence respectueux. Il se doutait bien que Kieran peinerait à lui accorder une totale confiance, surtout que son histoire paraissait si incroyable. Le guerrier éprouvé ne chercherait pas à forcer de toute façon. Tout lui demanderait du temps, autant pour lui même que pour le reste du Kaerl, quand ses habitants apprendront qu'il était encore en vie. D'ailleurs, la dame de Lumière en avait parfaitement conscience. Elle l'avait souligné de ses propres mots. Peddyr inclina à nouveau la tête.

''J'ai parfaitement conscience de ce que mon retour va provoquer comme remous au sein du Kaerl. J'espère ne pas provoquer de troubles hormis quelques agitations de curieux ou encore d'individus doutant que c'est réellement moi. Je veillerai à ne pas relever de défi quelconque. Si des âmes célestes ne croient pas que je suis Peddyr Thelrand, je les inviterai à en parler avec leurs liés, pour les liés et pour les non-liés, d'en converser avec d'autres maîtres-dragons''

Il ne doutait pas que Lordan, qui serait à ses côtés donc ; et il approuvait cela avec un grand soulagement, que la dame demandait à Lordan d'être à ses côtés. Lordan avait déjà tellement fait pour lui depuis qu'il l'avait retrouvé dans cette caverne au bord de la mer....Si le jeune homme avait d'autres devoirs, il ne lui reprochait pas. Il s'était déjà tellement dévoué pour lui.

Heryn avait fini par lever son avant bras vers l'imposant plafond de la Haute Salle. Un petit lézard de feu, couleur bronze, apparut aussitôt au dessus d'elle et vint se poser sur le bras tendu par sa liée bipède. Peddyr admira le petit vol rapide et gracieux de l'animal, avant de se faire assaillir par des images mentales : celles d'oeufs attendant que des candidats tous vêtus de blanc viennent se rapprocher. Ainsi, une nouvelle génération était venue au monde. Il souriait tout en grimaçant légèrement. Cela avait été si intense. En même temps, la créature avait paru le reconnaître et avait exprimé sa joie à sa façon. Heryn lui apporta quelques petites injonctions et après un rapide tour en vol au dessus des têtes de Peddyr et de Lordan, s'éclipsa pour accomplir la volonté de sa Maîtresse. Puis la jeune dirigeante se tourna vers son consort.

Peddyr observa la scène, avec un certain recul. Il comprenait que la tension entre eux d'eux sur l'instant était particulière et n'exprimait aucune l'animosité. Mais la Dame avait besoin de rester seule le temps d'un moment avec les deux célestes et il fallait bien quelqu'un pour prévenir le Maître-Guérisseur. Il préféra baisser respectueusement les yeux. Même si la conversation le concernait, ce qui s'échangeaient silencieusement au sein du couple ne le regardait pas. Par contre, quand Kieran leur accorda malgré tout un léger hochement de la tête avant de partir rejoindre le Maître Guérisseur, il le lui rendit en signe de remerciement. Au moins Kieran veillait à respecter jusqu'au bout les désirs de sa Dame.

Heryn, se retrouvant désormais seule avec eux, se rapprocha un peu. Elle paraissait soulagée de pouvoir relâcher un peu la pression qui avait pesé sur ses épaules le temps de la présence de son époux. Peddyr ne pourra pas reprocher à Kieran de se montrer protecteur à son égard. A ses yeux, Peddyr pouvait être encore un danger comme pour le Kaerl comme pour elle. Là elle demanda si Lordan ou lui avait d'autres sujets à aborder. Le maître brun en profita alors pour aborder un sujet délicat. Il était revenu, mais certains parmi le Kaerl le verront toujours comme l'Ambassadeur d'avant Drazahir. Il devait éclaircir cela maintenant et la non présence de Kieran était idéale.

''Oui Ma dame. Je ne peux réintégrer mon poste qu'était le mien avant mes actes envers Zackheim. Autant il est trop tôt que je ne suis pas certain qu'il serait judicieux que je sois de nouveau placé à cette place. Je dis cela car je ne sais si vous êtes dans l'idée de me proposer la place un jour prochain. J'ai autant besoin de temps que de refaire mes preuves. Vous évoquiez précédemment mes rencontres prochaines avec des sceptique comme des curieux. Ils seront nombreux à croire mon retour et mon histoire incroyable. Aussi longtemps que remontent les souvenirs du Kaerl et dans la mémoire ancestrale des dragons, je ne crois que cela soit déjà arrivé. Le temps sera sans doute long avant que je puisse peut être ambassadeur à nouveau. Sans oublier qu'il faudra voir le ressenti des autres Kaerls. Mais en la compagnie de Lordan, je ne doute pas réussir, pas après pas, à retrouver la voie qu'il me faut pour être absous de tout ce que j'aurai provoqué, même si vous m'avez offert votre totale confiance envers moi''

Il adressa un regard vers Lordan. Le jeune homme allait être comme son Phare pour le guider dans cette existence qui lui paraissait encore brumeuse d'incertitude.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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