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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Mar 15 Mar 2016 - 23:58 Répondre en citantRevenir en haut

Néharaku 918


La triade qui s’envola de la Grand’place ne retint guère l’attention des passants. Ce n’était qu’un évènement fort ordinaire. Chacun vaquait à ses affaires, profitant de la reprise en flèche des activités du kaerl. L’automne commençait à dorer les frondaisons qui ourlaient les toits pittoresques . Le ciel Dégagé des vapeurs matinales , le ciel laissait la lumière jouer sur les tours et les flèches de la cité aérienne, tout était paisible et ordonné. Mais pour Lordan qui se dirigeait vers l’aire du Portail où l’attendait Hanelvig, ce moment était particulièrement important..
Les calamités récentes intérieures ou extérieures avaient hélas, entraîné la disparition de plusieurs maîtres et chevaliers. Lordan, maître depuis quatre mois, était disponible et s’était proposé pour remplir la charge majeure à laquelle son nouveau titre était attaché : conduire un aspirant jusqu’à l’Empreinte, ce moment essentiel qui le transformerait en Chevalier-dragon, loyal à son kaerl et oeuvrant pour le bien de tous. Du moins si son maître avait su le former à l’esprit chevaleresque qui était la marque des Célestes. Certes, l’idéal n’était jamais atteint mais un Maître devait faire en sorte que les principes de cet idéal soient transmis et respectés pour que le kaerl conserve dans l’avenir les couleurs de son âme.
Ottilia venait à peine d’arriver au Màr Menel où l’avait conduite un chevalier qui l’avait repérée dans sa province de Vaendark. Elle était sa première apprentie et ce matin voyait leur première sortie en triade. Lordan jusque là très excité par son nouveau rôle sentait une certaine anxiété monter en lui. Au désir d’être un mentor efficace, humain, digne du Kaerl, se mêlait l’appréhension de saboter toutes ces louables intentions par une erreur, une maladresse ou une malchance, toujours possible. On parlait volontiers de l’émotion de l’aspirant à ses débuts devant son Maître-dragon, mais Lordan découvrait que le dit Maître pouvait aussi dans les mêmes circonstances se sentir aussi très inquiet. Il s’habituerait sans doute. Mais Flarmya fasse que son premier entraînement soit réussi !
Il craignait de manquer d’autorité, de prestance guerrière. Il n’aimait ni crier ni jurer et se laissait facilement attendrir, sauf quand on attaquait son kaerl ou qu’il se trouvait devant une injustice avérée.
Le fait que son premier aspirant fût... une aspirantei avait un peu rassuré le nouveau maître. En général, les femmes, qu’elles soient jeunes ou non, nouaient avec lui assez facilement des liens de sympathie. Hanelvig disait d’ailleurs que son lié avait tort de se satisfaire d’être toujours traité soit en petit, soit en grand frère, et en conséquence, de ne pas mener une vie plus tumultueuse du côté sentimental. Lordan lui rétorquait de parler de ce qu’il connaissait. En matière de vie sentimentale, les dragons n’avaient rien de tumultueux, sinon quelques bagarres de préséances pour une femelle qui paraissait sur le moment plus excitante qu’une autre.
Ses premières impressions avaient été bonnes. Ottilia était jolie à regarder, elle paraissait franche et décidée et n’avait rien dune fille qui s’effarouche d’un rien ou se croit tout permis.
Femmes et hommes étaient traitée en égaux dans les kaerls et elle semblait naturellement avoir pour elle-même adopter cette attitude, ce qui était rare dans la plupart des autres continents.
Après leur première rencontre où le Doyen des Etudes les avait présentés l’un à l’autre, le jeune maître avait laissé deux ou trois jours à la jeune fille pour qu’elle se familiarise avec son nouvel environnement et qu’elle rencontre les autres aspirants et instructeurs avec qui elle partagerait les enseignements collectifs de son choix.
Il fallait maintenant passer à l’action. Le chevalier venant de Vaendark, par prudence, n’avait pas franchi l’interstice. Certains aspirants ne supportant pas cette épreuve, on préférait en général que ce soit le maître qui en prenne la responsabilité. Lordan avait donc prévu de faire passer son premier interstice à Ottilia qui semblait douée pour le vol sur dragon. Selon le rapport du chevalier son comportement avait été exemplaire : ni panique, ni mal de l’air, ni malaise et autres " Ramenez-moi tout de suite à la maison."
En s’approchant de l’endroit où Ottilia l’attendait, Lordan se dit qu’il aurait dû changer sa tenue habituelle : manteau flottant, tunique et braies de drap indigo, bottes basses de cuir épais. Il avait juste mis une dague à sa ceinture, pour avoir l’air un peu plus martial. Il aurait peut-être pu mettre une pièce d’armure, une cotte de maille ou une brigandine, des bottes moins frustes, quelque chose qui fasse sérieux. Mais à quoi bon : on ne partait pas à la guerre et il savait maintenant éviter les bagarres de tavernes. Il se souvenait de sa première sortie où un aspirant du Màr Luimë avait commencé par lui casser le nez pour ensuite l’enrôler à ses côtés dans une bataille mémorable à propos de poulets de contrebande. Comment s’appelait-il déjà ? Darshan, oui, Darshan...il n’avait jamais revu ce personnage haut en couleur, bagarreur et désenchanté. Que de chemin parcouru depuis ce temps qui cependant n’était pas si lointain. Mais il avait vécu maintes aventures et combats et la pensée qu’il n’avait pas démérité le rassura un peu. il espéra que sa passagère ne remarquerait pas sa nervosité.
Après l’échange des saluts, Lordan présenta Hanelvig :

-Voici Hanelvig, fils de Vraël la Bleue. Avec lui nous constituons une triade et tant que vous serez aspirante et que je serai votre Maître-Dragon, considérez-le comme un autre moi-même, prêt à vous aider en toute circonstance. Hanelvig, voici Ottilia Théandore de Vaendark .


Le Bronze abaissa sa tête triangulaire vers la jeune fille et émit un petit grognement amical en lançant un salut mental très appuyé car les aspirants ont parfois un peu de mal au début à comprendre un dragon qui s’adresse directement à eux :

*Je vous salue, demoiselle Ottilia. Je serai en effet à votre service tant que vous n’aurez pas rencontré votre lié. Nous sommes une triade et nous nous soutiendrons mutuellement.*

Il ajouta, colorant sa pensée d’amusement :

*Mais c’est seulement moi qui peux porter les deux autres ! *


Lordan nota avec plaisir que les yeux du Bronze était d’un vert étincelant, traduisant sa joie sincère. Ottilia lui plaisait certainement.
Il était temps de partir. Lordan accrocha sa sacoche sur une des épines de la collerette et aida Ottilia à grimper sur la patte puis sur le dos du dragon. Il lui demanda ensuite de mettre le léger harnais qu'il avait apporté. Elle le conserverait pour les exercices en vol puis s’en libérerait le temps venu .
Ottilia installée derrière lui, il lança d’une voix qui se voulait joviale et engageante :

-On est prêt, c’est parti !

L’interstice fut pour lui comme d’habitude, un moment affreux de détresse morale et de terreur inommée d’où il sortit au bout des trois respirations fatidiques en ne gardant que le souvenir vite flou de ce bref cauchemar.
Comme chacun a sa manière de passer l’interstice avec des réactions physiques ou morales très différentes, il demanda aussitôt à sa passagère si tout allait bien.
Rassuré, il lui montra la petite ville de Lòmëanor brusquement apparue sous eux avec le ruban de sa rivière tranquille et son paysage bocager, ses champs, ses prairies qui alimentaient les kaerls en produits frais. Hanelvig amorça un large virage pour se poser en dehors de la ville où les dragons sous leur forme saurienne n’étaient pas admis dans les rues étroites. Lordan expliqua que le saurien reviendrait les chercher mais qu’il fallait mieux lui épargner une métamorphose sans utilité puis il annonça la suite du programme :
On allait traverser la cité pour qu’Ottilia se familiarise avec la seule ville de Tol Orëa. Ensuite on se rendrait à la taverne des Trois Cruches, située au bord de la rivière, très propre et agréable. On y prendrait un thé local et Ottilia pourrait poser toutes les questions qu’elle voudrait. Ce serait vraiment des débuts tranquilles, tout en douceur.



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MessagePosté le: Mar 15 Mar 2016 - 23:58 Revenir en haut

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MessagePosté le: Mer 16 Mar 2016 - 23:03 Répondre en citantRevenir en haut

Sur la grand'place, Ottilia attendait impatiemment son maître. Cela faisait peu de temps qu'elle était aspirante et aujourd'hui, elle sortait pour la première fois avec son maître. La jeune aspirante avait encore du mal à croire qu'elle était véritablement ici, dans cette cité volante. Pourtant c'était bien vrai. En attendant son maître, Ottilia observait les alentours. Le ciel clair parsemé de quelques nuages, les bâtiments qui composaient la cité, les tours qui se trouvaient un peu plus loin et les personnes qui passaient. Toutes ces choses nouvelles l'émerveillaient. Elle pensait à ce qu'elle pourrait faire lorsque le temps serait venu pour elle de voler de ses propres ailes, mais plus le temps passait plus ses pensées étaient remplacées par des peurs et des craintes.

Ottilia ne savait pas vraiment ce qui l'attendait ni comment s'adresser à son maître. C'était une grande première pour la jeune aspirante. Son premier vol à dos de dragon s'était plutôt bien passé et elle ne se faisait pas trop de soucis de ce côté. C'était plus l'entente avec le maître et le dragon qu'elle craignait. Faire confiance à quelqu'un qu'elle connaissait depuis peu était difficile. Elle se disait que faire connaissance avec et leur parler le plus souvent possible serait un bon moyen pour arranger le problème de confiance. Si sa mémoire était bonne, son maître se nommait Lordan Ventaren. Que pensait-il d'elle ? C'était une question qu'elle se posait depuis quelques temps.
La première fois qu'Ottilia avait vu Lordan, sa première impression avait été positive. Le fait que son maître soit un homme la mettait à l'aise. Ça lui rappelait son frère. Elle passait la plupart de ses journées avec lui. Jusqu'à ce qu'il rejoigne la garde.

La jeune aspirante aperçu son maître qui arrivait. Il était vêtu d'un manteau, une tunique, des braies et des bottes de cuir tandis qu'Ottilia portait son haut blanc, un pantalon simple, ses grandes bottes et ses longs cheveux bruns étaient tressés.

Le maître qui s'approchait salua l'aspirante et lui présenta son lié, Hanelvig. Il dit que tant qu'elle serait son aspirante, le dragon serait un autre Lordan et qu'il serait prêt à l'aider. Ottilia répondit à son maître avec une petite voix, impressionnée par Hanelvig.

"Hum... Oui, d'accord maître Lordan."

Ottilia se tourna vers le dragon qui émit un petit grondement qui était plutôt amical. Elle ne savait pas vraiment comment saluer un dragon. C'est lorsque Hanelvig lança un salut mental que la jeune aspirante sursauta, très surprise. Elle secoua la tête alors que le dragon ajoutait une petite touche d'amusement. Ne maîtrisant pas très bien la conversation mentale, Ottilia répondit au dragon à voix haute.

"Enchantée de faire votre connaissance Hanelvig. Je trouve que vous avez de très belles écailles et êtes plus grand que le premier dragon que j'ai rencontré"

Les yeux du dragon étaient d'un vert étincelant. Cela paraissait plaire à Lordan. Le maître accrocha sa sacoche et aida Ottilia à grimper sur Hanelvig. Elle mit le harnais qu'il lui avait donné. Lordan était installé devant elle. L'aspirante passa ses bras autour de la poitrine de Lordan, ce qui était chez elle un réflexe, lorsqu'il annonça qu'ils étaient prêts.
L'interstice était une chose nouvelle pour Otillia. Ce qui était censé durer le temps de trois respirations ressembla à plusieurs heures pour elle. Cette sensation de froid et ces sentiments de peurs qui l'envahirent étaient incontrôlables. Ce passage la laissa tremblante et légèrement choquée. Lordan lui demanda si tout allait bien et elle acquiesça d'un hochement de tête accompagné d'un petit oui.
Lòmëanor était apparue sous eux. En regardant autour d'elle, Ottilia fut impressionnée par ce qui venait de se passer. Le paysage changeait grandement. Des champs, une rivière et une petite ville. Hanelvig se posa en dehors de la ville. Lordan lui expliqua que le dragon reviendrait et lui donna le programme de la journée. Traverser Lòmëanor pour observer un peu les lieux et ensuite aller à la taverne pour parler et poser des questions au maître. Cela convenait très bien à Ottilia et elle répondit à Lordan avec un petit sourire.





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MessagePosté le: Dim 20 Mar 2016 - 20:39 Répondre en citantRevenir en haut

Hanelvig, qui connaissait le terrain, se posa dans les champs en bordure d’un chemin empierré conduisant à la ville. Derrière des vergers en pente apparaissaient les toits des premières maisons .
Ottilia paraissait transie après l’Interstice bien qu’elle ne se plaignît de rien. Lordan hésita à la laisser descendre seule du haut de son perchoir. Puis il se dit qu’il n’était pas là pour déployer politesses et attentions mais pour former une aspirante à ce qui deviendrait une part essentielle de son existence : le vol porté sur un dragon. Sans rien dire il descendit donc rapidement, sacoche sur l’épaule. Arrivé au sol, il leva les yeux vers la jeune fille juchée entre les grandes écailles de la crête dorsale et lui fit signe de descendre, prêt à intervenir en cas de besoin.
Mais Hanelvig, qui avait certainement été sensible au compliment sur "ses belles écailles", sortit le grand jeu du dragon prévenant et bien éduqué. Se tassant sur le sol, il tendit sa patte antérieure le long de son flanc puis l’éleva de façon à ce que sa passagère puisse se laisser glisser directement sur le dessus de la serre dont les griffes étaient rentrées.. Il abaissa alors sa patte doucement et Ottilia n’eut plus qu’à sauter de cette marche improvisée.
Tout cela était de bon présage.la nouvelle arrivée ne paraissait pas impressionnée outre mesure par les dragons et faisait preuve d’une adaptabilité prometteuse, paraissant déjà suffisamment remise de l’interstice pour entreprendre le trajet à pied. C’était parfait. On ne pouvait rien faire pour adoucir ce mauvais moment : les mortels ne sont pas faits pour vivre hors du temps et de l’espace. L’important était qu’on ne soit pas trop long à s’en remettre.
Lordan eut donc un petit hochement approbateur en voyant Ottilia si vite descendue et, après s’être entendu avec le dragon sur l’heure du retour, ils se mirent en marche vers la ville.

Dans cette belle lumière dorée de l’automne, après tous les épisodes de luttes et d’inquiétudes qu’il venait de vivre, Lordan se laissa aller au plaisir de marcher au grand air, sans autre souci que de rendre la sortie agréable et instructive pour Ottilia et, comme tout était nouveau pour elle, ce dernier but devait être assez facilement atteint.
Dans cette intentiont, Lordan avait pensé qu'une visite de Lòmëanor serait très utile pour que la nouvelle venue se familiarise avec l’économie locale et découvre un endroit où elle pourrait venir pour se distraire et se sentir libre.

La ville présentait son animation habituelle de marché agricole et artisanal. On pouvait y trouver beaucoup d’objets rapportés des quêtes et missions et revendus aux boutiquiers. Lordan en montra quelques exemples aux étalages. C’était pour les chevaliers un moyen assez facile de gagner leur vie ou tout au moins de se rendre la vie moins austère entre deux épisodes mouvementés et souvent périlleux.
Bien sûr, précisa-t-il, on pouvait vivre au kaerl pratiquement sans argent, les aspirants arrivaient souvent de leurs pays sans fortune ou avec des métiers sans intérêt sur Tol Orëa. A leur arrivée, ils étaient logés, nourris, armés et vêtus selon un idéal d’égalité fraternelle. Si ensuite ils ne voulaient pas se contenter de l’ordinaire très frugal dispensé au kaerl (pas question d’encourager le parasitisme !), on pouvait trouver des emplois temporaires au kaerl même.
Qu’en pensait Ottilia ? Avait-elle exercé une profession là d’où elle venait ? Voulait-elle la garder ? Mais il n’y avait nulle urgence à se décider! Il était d’usage que les aspirants bénéficient d’une sorte de bourse d’études et, s'il n'était pas admis qu’un aspirant puisse refuser une corvée demandée pour le bien collectif, aucun n’était obligé de chercher à gagner toujours plus pour lui-même.
Lordan, décidé à ce que son aspirante puisse le situer rapidement dans l’échelle sociale, évoqua ses origines des plus modestes, fils adoptif d’une veuve de pêcheur, tout au nord ouest d’Orën. Il conta brièvement comment il avait eu la chance de pouvoir recevoir une éducation martiale auprès de jeunes nobles et surtout, l’enseignement d’un célèbre apothicaire et médecin de la région. Il avait donc la ressource de ses connaissances en pharmacopée naturelle. Les apothicaires du kaerl ou de Lòmëanor le chargeaient à l’occasion de rechercher des plantes et d'ingrédients aux vertus curatives et le rétribuaient suffisamment pour ses besoins par ailleurs peu exigents.
Les cuisines du Màr Menel étaient aussi pour beaucoup un lieu d’échanges très appréciés. Le Chef avait toujours besoin de gibier, de poissons et coquillages, de fruits de saison, de bois pour ses cheminées monumentales où on rôtissait trois moutons à la fois. Lui-même n’étant pas chasseur, rapportait à l’occasion fruits et noix et condiments rares. Hanelvig, solide mangeur, attrapait souvent quelques gros saumons du Cenedril pour le maître cuisinier qui les échangeait volontiers contre deux ou trois poulets rôtis.
Le maître-dragon espéra que ces confidences personnelles encourageraient Ottilia à parler aussi d’elle-même. Il se souvenait combien il avait été muet et paralysé devant son maître, alors prestigieuse Seconde du Màr Menel avec qui il n’avait d’ailleurs malheureusement pas eu le temps de se familiariser. Il souhaitait vivement que sa première aspirante puisse trouver en lui un ami autant qu’un guide.

Poursuivant la visite, les deux Célestes passèrent devant le temple de Flarmya et Lordan demanda à Ottilia si sa nation avait des dieux spécifiques.
On arriva devant la taverne des Trois Cruches. Lordan l’avait choisie bien qu’il ne la fréquentât pas. Elle était vaste et recevait une abondante clientèle, tant de gens des kaerls -liés ou non- que des citadins, des paysans ou des chasseurs-pêcheurs des environs. Les mœurs des locaux étaient assez peu différentes de celles des régions les plus évoluées de Rhaëg sinon par le fait que l’éthique des kaerls n’imposait aucune contrainte aux femmes en raison de leur sexe. Ottilia ne serait sans doute pas trop dépaysée. Elle se rendrait compte par elle-même des différentes façons de penser aussi bien des liés que des citoyens ordinaires . Il aurait pu choisir aussi bien l’Auberge de la Vouivre mais il y était connu, ce qui n’était pas le cas aux Trois Cruches. On serait mieux pour observer.
Malgré l’heure matinale l’auberge rassemblait une bonne trentaine de clients en raison de la foire d’autommne et de la fête en l’honneur de la déesse des fleuves et rivières à qui le mois était consacré. Les Célestes s’assirent dans un coin discret mais d’où on avait une bonne vue sur l’ensemble de la salle et après avoir demandé à Ottilia ce qu’elle préférait, Lordan passa la commande.
C'est alors qu’il s’apprêtait doctement à interroger Ottilia sur ce qu’elle savait de la politique des kaerls, qu'il remarqua qu’à une table, le ton s'était mis à monter et que deux ou trois clients vêtus en citadins se regroupaient autour des quatre déjà assis.. Lordan avait son écusson du Màr Menel sur sa veste mais son manteau le cachait. Or voici ce qu’il capta de la conversation en cours :

-La Dame est rentrée et alors ? Le Zackheim était un tyran mais tyran ou belle dame, c’est la même chose : ils s’en balancent de ce qui se passe chez nous. Ces dragons du Mar Menel bouffent tous les chevreuils de nos bois et au pré, ils terrorisent nos vaches qui donnent de moins en moins de lait ! Pareil pour mes chèvres ! Il n'y a qu'en ville qu'on on ne tolère pas ces engeances ! On devrait interdire à tous ces Célestes de descendre avec leurs satanés bestiaux dans les lieux habités, ville ou campagne.
Et y a pas que les Célestes : les Ardents sont encore pires. Ils dressent leurs dragons pour cracher le feu plus fort, plus loin et sur tout ce qui bouge. C’est tous les liés qui devraient être interdits. On peut très bien vendre nos produits sans avoir à recevoir ces messires et leurs monstres. Est-ce qu'on va chez eux, nous ? ils nous filtrent au compte-goutte. Chacun chez soi.


-Bien parlé, Blocken, mais les Célestes, ce sont les plus mauvais de la bande et pourquoi ? Parce qu’ils prennent de grands airs et se font passer pour les meilleurs. Tu parles ! Comme ça, au nom de leur bon coeur et pour notre bien, ils nous extorquent en douce autant et même plus que les autres. Au moins, les Taralöms, ils annoncent la couleur et sans eux, on aurait été cuits par l’Ombremage. Les Célestes, ils font des discours et puis se dégonflent quand il s’agit de foncer dans le tas .


Lordan savait que la population n’était pas systématiquement favorable aux kaerls. C’était même pour montrer les différentes tendances qu’il avait choisi cette taverne. Mais cela dépassait les bornes. Il avait rarement entendu des critiques aussi virulentes et la dernière mettant en cause le courage et l'honneur des Célestes lui fit froncer les sourcils. Il commença à s'interroger sur la conduite à tenir et regarda Ottilia pour voir comment elle réagissait.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mer 23 Mar 2016 - 12:50 Répondre en citantRevenir en haut

Le dragon se posa près d'un chemin en pierre. Celui-ci menait à la ville. Ottilia, encore un peu secouée par l'interstice secoua sa tête pour reprendre ses esprits. Elle regardait Lordan descendre rapidement du dos du dragon et se demanda comment faire pour descendre sans se faire mal. Son maître ne dit rien et la laissait se débrouiller. Il lui fit signe de descendre. Ottilia s'accrochait aux écailles d'Hanelvig lorsque celui-ci se tassa au sol et tendit une de ses pattes antérieures pour l'aider à descendre. Prudente, Ottilia restait contre le dragon et se laissa glisser, pour enfin sauter de la patte jusqu'au sol. Elle remercia le dragon pour son aide avec un petit merci à peine audible. Lordan parlait avec le dragon pour l'heure de retour. Quant à Ottilia, elle se demandait comment son maître faisait pour supporter aussi bien le passage dans l'interstice. Elle se dit que c'était certainement une habitude à avoir. Puis, une fois l'accord passé entre Lordan et le dragon, ils marchèrent en direction de la ville.

Alors qu'ils marchaient, Ottilia observait tout autour d'elle. Cet endroit, tout nouveau pour elle, était agréable. Elle regarda Lordan un instant. Il avait l'air d'aimer marcher en plein air. La jeune fille retourna à ses observations. Elle avait encore du mal à s'habituer à sa nouvelle vie, loin de Vaendark et de sa famille. Soudainement, elle s'imagina en vol sur le dos d'un dragon en direction de sa ville natale. Ce fut bref, mais cette image la fit sourire. Elle songea aussi à essayer de faire connaissance avec d'autres aspirants ou des chevaliers dragons. Cette pensée était difficilement réalisable pour Ottilia. Elle n'avait jamais vraiment fait connaissance avec les autres.

La ville avait l'air de vivre de ressources agricoles et artisanales. Lordan montra sur les étalages des objets ramenés par des chevaliers après diverses quêtes et missions. Il dit à la jeune fille que l'on pouvait vivre au kaerl presque sans argent, car les aspirants arrivaient très souvent sans aucune fortune ou qui pratiquaient des métiers qui ne servaient pas sur Tol Orea. Les aspirants obtenaient ce dont ils avaient besoin à leur arrivée. Ensuite, il expliqua que l'on pouvait trouver des emplois ici où au Kaerl, temporaire ou définitif. Ottilia n'avait jamais travaillé et ne savait pas faire grand-chose à part balayer le sol. Elle passait tout son temps avec son frère ou à la bibliothèque.
Lordan parla de ses origines. Il était fils adoptif d'une veuve de pêcheur. Il venait du nord ouest d'Ören. Lordan avait reçu une éducation de la part de nobles et d'un apothicaire, ce qui lui a permis d'avoir des connaissances en combat et en pharmacopée.
Il parla ensuite des cuisines du Màr qui, apparemment servait aussi de lieu d'échange. Le cuisinier avait souvent besoin de bois pour ses cheminées et du gibier à cuisiner. Ottilia, qui aimait les fruits plus que n'importe quoi d'autre, regarda Lordan avec des yeux qui exprimaient son amour pour fruits. Ceux de Tol Orea étaient certainement différent de ceux qu'elle a manger.

En passant devant le temple de Flarmya, Lordan demanda à Ottilia s'il y avait des dieux spécifiques chez elle. Elle secoua négativement la tête et lui dit qu'elle ne savait pas grand-chose sur ce point, car elle ne s'y intéressait pas vraiment. Ottilia appréciait vraiment le fait que Lordan parle de lui. Cela l'aidait vraiment pour lui faire confiance.

Lorsqu'ils entrèrent dans la taverne des trois cruches, la jeune fille observa l'intérieur et les personnes qui s'y trouvaient. Les personnes étaient toutes différentes, venant de différents endroits du continent et même du monde. Pour un matin, Ottilia trouva pas mal de personnes à la taverne. Elle se dit qu'il s'agissait certainement de la saison et que certaines boissons étaient plus abondantes que d'autres. Lordan lui demanda ce qu'elle préférait et elle lui répondit qu'une boisson sans alcool était très bien. Elle tourna la tête alors qu'à une table, des personnes parlaient et commençaient à se faire entendre. Les personnes parlaient du màr Menel et des ardents, des dragons qui terrorisaient leurs bêtes et qui mangeaient le gibier. Encore, cela pouvait se comprendre pour Ottilia. Le gibier et les bêtes de la ferme étaient importantes. Mais lorsque l'autre parla, la jeune fille ne supporta pas ces paroles. Ce qui l'interpella, c'était lorsqu'ils parlaient de l'ombremage. Qui était-ce ? Elle n'avait jamais entendu parler de ça. En fixant les personnes qui parlaient, le visage d'Ottilia laissa paraître son incompréhension et son mécontentement. Elle reporta son attention vers son maître en serrant les poings. Elle lui fit part de ses resentis sans faire attention aux personnes et ne pensa pas au fait que ces personnes pouvaient l'entendre.

"Maître Lordan ? Pourquoi ces personnes ont des paroles si déplacées envers le kaerl céleste ? Je ne trouve pas ça normal. Ils devraient montrer un peu de respect. Ils ne savent pas comment tous les célestes peuvent penser."

La façon de penser d'Ottilia montrait bien qu'elle était arrivée au Màr Menel depuis quelques jours seulement et qu'elle ne connaissait pas beaucoup de choses sur Tol Orea et ses différents kaerls. Beaucoup de questions se bousculaient dans sa tête, mais elle attendit que les personnes se calment pour pouvoir les poser à son maître.





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MessagePosté le: Ven 1 Avr 2016 - 22:49 Répondre en citantRevenir en haut

En prenant place devant la table et attendant le thé commandé, Lordan avait eu eu un bref instant de satisfaction : son aspirante était apparemment fort aisée à vivre.
Il s’amusa un instant en pensant à quoi il avait échappé : par exemple, le genre princesse en cavale ou héritière choyée en rupture de famille, impérieuse, impatiente et qui l’aurait chargé de satisfaire tous ses caprices. Elle aurait pu exiger une dame de compagnie pour lui brosser les cheveux et lui porter son ombrelle, une échelle de soie pour monter sur le dos d’Hanelvig et un coussin pour ne pas avoir à s’asseoir directement sur des écailles indignes de son délicat postérieur.
Ou bien,ç’aurait pu être une bécasse (les descendants des Valherus n’étaient pas forcément des surdoués) qui n’aurait absolument pas compris en acceptant de venir chez les Célestes, que le Màr Menel était vraiment une cité aérienne , que les dragons crachaient vraiment du feu et qu’il lui faudrait vraiment suivre un entraînement intensif physique et intellectuel pendant des mois voire des années.
Et s’il était tombé sur une guerrière de six pieds, jurant comme un charretier, racontant des histoires horribles ou salaces en maniant un glaive immense que lui-même aurait eu peine à soulever ? Ce serait elle bien elle qui, en riant, lui aurait montré comment s’y prendre.
Ou quel ennui si le sort lui avait envoyé une pimbêche soupçonneuse, considérant tous les mâles comme des obsédés et interprétant le moindre de ses gestes comme une atteinte à sa pudeur !
L’inverse n’étant d’ailleurs pas mieux : une effrontée en jupette et cuissardes à hauts talons, qui se’serait arrangée pour grimper toujours la première sur le dragon en se trémoussant juste au dessus de lui.
Heureusement, Ottilia ne tenait d’aucun de ces modèles et il se sentait à l’aise avec elle. Ce qu’elle avait dit de son milieu familial montrait qu’elle savait participer aux tâches quotidiennes. Et puisqu’elle savait et aimait lire, ce qui n’était pas le cas de tous ceux qui débarquaient dans les kaerls, elle ne pourrait qu’apprécier des séances régulières aux Archives.

Ces réflexions positives s’étaient effacées quand leur paisible collation se trouva troublée par le groupe qui discutait non loin, mais il apprécia le fait qu’elle dise franchement ce qu’elle ressentait, et il lui répondit en s’efforçant de rester calme malgré des remarques de plus en plus désobligeantes :

–Il faut faire la part des choses, Ottilia. Celui qui n’a que ses jambes pour se déplacer envie celui qui a un âne et celui qui a un âne trouve qu’il mériterait bien un cheval. Et nous, nous avons des dragons ! En plus, si n’importe qui peut espérer être un jour assez riche pour s’acheter un âne ou un cheval, pour se lier à un dragon, il faut avoir le Don, qui ne s’achète ni ne s’obtient. Les privilèges des autres entraînent fort naturellement envie et ressentiment, d’autant que nous touchons de près à la Magie, force redoutable. Même si nous voulons servir la Justice et soulager les malheurs quand nous le pouvons, nous représentons un danger pour ceux qui nous estiment trop puissants et on en veut toujours un peu à ceux que l’on craint. Mais ne vous inquiétez pas, ce ne sont que des paroles de taverne.

Lordan but une gorgée de thé et fit semblant de ne pas entendre le partisan des Ardents affirmer que n’importe quel chevalier du Màr Taralom pouvait écraser les champions célestes, ces "coquilles vides. Mais il ne se sentait plus aussi convaincu qu’il fallait "faire la part des choses" et il arrêta là son discours moral, préférant poursuivre sur un terrain plus informatif :

– Quant à ce qu’est l’ombremage, c’est un mage maléfique et très puissant que les Kaerls ont vaincu voici quelques mois. Son nom est Drazahir ou "était", car il a été projeté dans l’interstice où il a disparu. Vous allez en entendre souvent parler, son souvenir reste encore très présent. Nous l’avons vaincu mais au prix de morts, de blessés et de destructions, tant chez les Liés que dans la population civile. Tous ont eu à subir des attaques terribles nées d'une magie venue des ténèbres.

Le Céleste s’arrêta pour jeta un regard noir à ceux qui, assis devant leurs chopes bien remplies, traitaient les Célestes de petits messieurs perdus dans leurs nuages. Il pensa au dernier combat et à ceux qui n’étaient pas revenus et ajouta :

– Ces individus ont la reconnaissance bien courte. Cependant, ils vous diront peut-être que ce sont justement les dragons qui attirent la haine ou la convoitise des entités du Mal et que Tol Orëa serait plus paisible si eux et nous n’existions pas.

A ce moment, comme on commençait à entendre des accusations portant sur des noms de personnalités connues du Màr Menel et pas seulement sur la tyrannie de l’ex Seigneur Zackheim, l’aubergiste quitta son comptoir et l‘essuie -verre à la main, vint se camper derrière les discoureurs. D’une voix brusque, il les invita à se taire. Il n’était pas question qu’on se serve de son auberge pour tenir des propos séditieux. Tous ses clients potentiels avaient droit au respect, qu’ils soient simple laboureur ou chevalier-dragon et quel que soit l’Ordre auquel ils appartenaient, de fait ou d’opinion.
.
Les plus excités protestèrent au nom du droit de s’exprimer librement entre hommes "normaux". Ils n’étaient, eux, ni sorciers ni moitiés de dragon et lui, l’aubergiste, il devait soutenir ses frères de race. Mais presque tous retournèrent à leurs tables sans se faire prier. Il ne resta que deux irréductibles soutenant le partisan des Ardents. Celui-ci se mit alors à accuser le patron de laisser les Célestes se servir de son auberge pour espionner les autres kaerls. Et il avait bien mal choisi son camp, car aucun Céleste ne viendrait le protéger si par mégarde, un dragon du Màr Taralom brûlait son auberge en passant au-dessus.
Cela ressemblait fort à une menace et le silence se fit. Le tavernier lui-même hésita quelques secondes avant de répondre :

–Ne dites pas d’idioties... Lòmëanor est une ville neutre ! Et jamais un dragon ne nous a attaqués.

– Et alors ? La neutralité, elle est faite pour être violée et les dragons font ce que leurs maîtres leur disent. Brûlez ! Et ils brûleront !

C’en était trop et Lordan se leva brusquement. Quittant sa place, il s’avança vers le groupe en rejetant sa cape sur l’épaule de façon à dégager son écusson de Maître Céleste. Se plaçant aux côtés de l’aubergiste, il lança sèchement :

-Il me semble, l’ami, que vous avez trop bu d’hydromel et vous parlez de ce que apparemment vous ne connaissez pas. La protection des kaerls est nécessaire à tous. Sans eux, comme tous les habitants de Rhaëg, vous ne seriez plus que des zombies purulents porteurs de la marque Noire et serviteurs de l’Ombremage. Qui êtes-vous pour tenter de ruiner la confiance qui s’est établie entre les chevaliers-dragons et ceux qui cherchent la paix et travaillent pour ne pas vivre comme des bêtes sauvages ?

Lordan était à peu près sûr qu’on allait en rester là. Les clients étaient venus pour affaires et il était trop tôt dans la journée pour que des chercheurs de bagarre profitent de la situation. N’attendant même pas la réponse, il se tourna vers le chasseur frustré, propriétaire des vaches effrayées et poursuivit :

- Ne savez-vous pas demander compensation si des dragons vous ont lésé ? La ville a trois conseils pour régler ces questions. Et vous oubliez que si nos dragons chassent parfois sur vos terres, ils ne chassent pas que les chevreuils. Si loups, ours et fauves sont rares dans les forêts d’alentour, c’est justement parce qu’ils évitent les endroits fréquentés par des dragons.

Il entendit des murmures approbateurs et même une voix gouailleuse cria :

- Et puis dis donc, Blocken, à qui tu les vends, tes fromages de chèvre ? T’es pas un des fournisseurs du Màr Menel ?

L’interpellé haussa les épaules, embarrassé, mais le plus virulent serra les lèvres et lança un regard de défi méprisant vers le Céleste.

Lordan ne voulait pas argumenter davantage d’autant qu’il avait quelque peu oublié Ottilia dans l’affaire et qu’il se demandait s’il n’aurait pas dû rester calmement assis auprès d’elle. Que pensait-elle de tout cela ? Bien commencée, la sortie avait pris un tournant imprévu.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mar 5 Avr 2016 - 10:36 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia buvait calmement sa boisson tout en écoutant son maître. Elle réfléchit pour ses paroles et rougit légèrement gênée. Il avait raison, ceux qui n'avaient que de petites choses enviaient ceux qui en avaient plus. Mais certaines choses ne peuvent être obtenues. Les hommes de la taverne commençaient à être très désagréables. Ottilia s'efforça de ne pas y faire attention et se concentra donc sur ce que disait Lordan. Lorsqu'il parlait de l'ombremage, un frisson parcouru le jeune fille alors qu'elle s'imaginait les choses terribles qu'il avait pu commettre. Elle était plutôt heureuse de ne jamais l'avoir rencontré. Lordan n'avait pas du tout l'air d'apprécier ce que disait ces personnes. Ottilia le remarqua surtout lorsqu'il leur jeta un regard noir.Les hommes commençaient à parler de personnes connues. La jeune fille avait déjà entendu parler de personnes. L'aubergiste n'eut pas vraiment l'air d'apprécier de telles paroles chez lui et leur demanda de se taire. Les hommes n'avaient apparemment pas envie d'arrêter de parler ainsi. Ottilia se dit que ces hommes allaient d'attirer de très gros ennuis s'ils continuaient comme ça.La tension entre les hommes commençait à se faire sentir et l'aspirante n'aimait pas ça du tout. Cela la rendit de plus en plus nerveuse. Elle n'apprécia pas non plus les accusations portées à tort envers les célestes. Comment pouvait-on dire de pareilles choses ? C'était bien une qui a laquelle elle n'avait aucune réponse. Ils allaient jusqu'à dire que la neutralité était faite pour être violée et que les dragons brûleraient lorsque leur maître en donnerai l'ordre.

Lordan se leva brusquement et cela fit sursauter Ottilia. Elle regardait son maître qui alla se placer aux côtés de l'aubergiste, son écusson de maître céleste bien visible. Il parla sèchement aux hommes qui ne voulaient rien entendre. La jeune fille ne savait pas vraiment quoi penser de la situation, mais elle admirait son maître qui avait agi en bien. C'est que la jeune pensa lorsqu'il parla des vaches perdues et des prédateurs qui se tenaient éloignés grâce aux dragons.

Ottila décida de se lever et alla rejoindre son maître. Elle n’aimait pas vraiment se retrouver seule à une table dans un endroit qui lui était inconnu. Elle regarda le plus virulent d'entre eux lancer un regard méprisant envers son maître. Cela n'a pas plu à Ottilia qui se tournait vers son maître en lui tenant le bras. Elle avait un regard insistant, qui trahissait son mal être face à l’homme qui méprisait Lordan. Elle lâcha à son maître un seul mot avec une voix légèrement tremblante à cause de sa nervosité.

« Maître….. »

Le regard d'Ottilia passa de Lordan à l'homme. Elle craignit que celui-ci ne fasse quelque chose de mauvais ou pire, que cela finisse par mal tourner. Elle s'agrippait fortement au bras de Lordan, espérant que tout s'arrête ici. Sa nature de torhil lui disait de faire quelque chose, mais en voyant son maître, elle se dit de ne rien faire pour ne pas aggraver la situation. En tant qu'aspirante elle décida de laisser son maître gérer la situation. Ottilia était tellement nerveuse qu'elle se mit à trembler légèrement. Elle espéra à ce moment que Lordan ne le remarquerait pas.





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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Mer 20 Avr 2016 - 22:52 Répondre en citantRevenir en haut

Lordan, faisant face à ses interlocuteurs, n’avait pas vu se lever Ottilia et quand elle vint se placer derrière lui et posa la main sur sa manche, il se sentit ramené à un seul devoir : celui de s’occuper de son aspirante plutôt que de tous ces bavards.
Un seul semblait vraiment décidé à demeurer ouvertement provocateur. Il restait attablé avec trois partisans. Blocken, l’homme aux chèvres dont la salle venait de se moquer, ne paraissait guère décidé à aller plus loin. Mais Lordan remarqua que son voisin, un gaillard trapu, avait un gourdin clouté appuyé à la table et le troisième montrait un faciès qui en disait long, nez écrasé et grosse cicatrice sur l’arcade sourcilière. Il se contentait de répéter d'un air buté à l’adresse de l’admirateur des Ardents :" T’as raison, Golberth, t’as raison !"
La vue de ces deux individus peu engageants, qu'il n'avait pas remarqués jusqu'alors, inquiéta soudain Lordan jusqu'alors plutôt satisfait d'être intervenu pour l'honneur de son kaerl.
Et s’il s’était trompé ? Si ce trio voulait vraiment la bagarre avec un Céleste ? Certaines racailles étaient attirées par les méthodes que le Màr Taralöm jugeait efficaces pour s’assurer la prééminence et régler les problèmes. Le recours à la violence déclarée et au droit du plus fort ou du plus fourbe, ces principes pouvaient inciter des non-liés ambitieux et sans scrupules à se mettre au service des Ardents. Qui lui disait que ce marchand agressif - en admettant qu’il fut un marchand comme son vêtement paraissait l’indiquer- n'était pas payé pour réactiver l’hostilité entre les kaerls et se faire bien voir des Ardents ? Et lui, Lordan le naïf, qui sautait dans le piège !! Certes les trois Ordres s’étaient rapprochés dans la lutte commune contre Drazahir, mais nombreux restaient les partisans du retour aux politiques traditionnelles, fondées sur le séparatisme ou la rivalité déclarée.

Ces pensées incitèrent le Céleste à en rester là. Il ne voulait absolument pas que son irréflexion le conduise à entraîner son élève dans une rixe de taverne stupide et dégradante. Et il n’osait imaginer le regard glacial de ses supérieurs lorsqu'ils apprendraient qu'un Maître dragon était sorti de la réserve prudente recommandée dans tous rapports avec des non-liés ; et ce manquement à la discipline, parce qu'un simple manant se déclarait pro-Ardent et affichait son mépris pour les Célestes ! De leur côté, les Galastden de la faction extrémiste pourraient fort bien transformer l’affaire en incident diplomatique grave. En ce moment, la Maison du seigneur déchu cherchait à redorer son blason et comme toujours en période de crise, les intransigeants prenaient le dessus sur les modérés.
La conclusion s'imposait. Il fallait couper court à toute nouvelle discussion et comme les plaisanteries dirigées vers le marchand de fromages s’éteignaient, sans rien ajouter, Lordan prit Ottilia par le coude pour la guider vers leur table. Il s’aperçut que la jeune fille tremblait un peu, plus d’émotion que de crainte, il en était certain, car elle n’avait pas hésité à le rejoindre. Pour la tranquilliser, il déclara calmement :

– Certains ne sont jamais contents et leurs langue va plus vite que leur raison. Nous avons connu de grands périls et maintenant que le danger est écarté, quelques fanfarons se croient autorisés à prendre de grands airs. Il suffit de leur rappeler les convenances. L’incident est clos. Terminons notre thé.

Il attendit qu’Ottilia se rasseoit et l’imitant, il ajouta :

– Ne vous faites pas de souci. En fait, nous intervenons le moins possible dans les affaires des habitants de Tol Orëa. Ils se gouvernent de façon indépendante et ne se mêlent pas de nos éventuels problèmes. Ils les connaissent par les résidents non liés qui vivent au kaerl ou ceux qui sont appelés à venir y travailler de façon temporaire mais, du moment que les règles de commerce et de bonne conduite sont respectées, je ne crois pas qu’ils s’intéressent beaucoup à nous. Leurs critiques ne vont guère loin. Comme je l'ai dit, juste un peu d'envie et de méfiance.


Les conversations avaient repris normalement dans la salle mais Lordan n’aimait pas trop ce qui se mettait en place à la table du détracteur des Célestes. Blocken le chevrier était parti, et les deux hommes qui restaient avec Golberth se penchaient sur leurs chopes tout en échangeant avec lui des propos à voix basse, s’interrompant quand les servantes ou le patron passaient près d’eux . Il attendit qu’Ottilia ait terminé et posa quelques pièces sur la table avant de se lever :

-Nous allons voir la fontaine décorée en l’honneur de la divinité des eaux douces, à qui le mois est consacré. Si vous êtes intéressée, il y a aussi un concours d’arc entre chasseurs. Avez-vous une expérience de l’archerie ? Notre entraînement comporte bien entendu, outre la connaissance approfondie des dragons, la pratique des armes, sauf si vous êtes opposée à la violence – mais pour beaucoup l’art du combat est essentiel ainsi que la survie en milieu difficile. Vos goûts sont bien entendu à prendre en considération et vous pourrez ajouter tous les sujets d’étude qui vous intéressent. Tous les niveaux sont enseignés. Les professeurs et entraîneurs excellent pour la plupart dans leur discipline.


Ils quittèrent la taverne et leur départ fut accompagné par le tavernier qui s’excusa de l’attitude de ses clients. Lordan l’interrompit pour lui dire qu’il avait déjà oublié l’incident et qu'il le remerciait d’être intervenu pour calmer les esprits.
Ils s’éloignèrent donc en direction de la rivière où un petit temple provisoire avait été élevé et vers lequel se dirigeaient des groupes vêtus de bleu et de vert pâle, portant des fleurs aquatiques.
Tout en marchant, Lordan demanda à Ottilia des précisions sur ce qu’elle aimerait étudier. Il l’écoutait attentivement quand, par un vague réflexe de pisteur, il jeta un coup d’oeil en arrière et vit à son grand déplaisir que Goberth et ses acolytes étaient à une cinquantaine de pas derrière eux.
Il pouvait bien sûr s’agir d’une simple coïncidence. Un peu avant midi, il y avait chaque jour au temple une petite cérémonie de chants et de danses en l’honneur de Néharaku et les trois hommes pouvaient vouloir simplement y assister.
Cependant Lordan ne dit rien à Ottilia de ce qu'il venait de voir. Il ferait tout pour éviter une nouvelle rencontre et l’atmosphère d’une célébration religieuse aiderait sans aucun doute à ce que leur sortie soit de nouveau définitivement placée sous le signe de la détente et du compagnonnage paisible.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mer 18 Mai 2016 - 21:19 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia n'était pas très convaincue par l'attitude des hommes qui se trouvaient en face. Lordan prit la jeune fille par le coude et l'emmena à leur table. Finalement, son maître avait remarqué qu'elle tremblait. Elle rougit légèrement de honte. Ottilia n'avait pas l'habitude d'exprimer ses ressentis ainsi et surtout que quelqu'un les remarque. Les paroles de son maître la rassuraient un peu, mais elle n'avait plus vraiment envie de terminer son thé. L'événement eu raison de son estomac. Le pic d'émotion lui a complètement coupé l'appétit et elle se sentit légèrement mal durant un court instant. La jeune torhille cessait d'écouter son maître et regardait par la fenêtre. Son visage avait pris une légère teinte pâle. Elle avait besoin de prendre l'air. Lordan se leva après avoir posé quelques pieds et déclara qu'ils allaient voir la fontaine décorée. Il lui proposa aussi le concours d'arc. Elle répondit avec une petite voix.

« Je n’ai aucune expérience avec les arcs. Je sais à peine tenir une épée…. En bois. Je m’amusais avec mon frère. Mais je veux bien apprendre. Ça peut toujours servir. »

Ottilia n'avait qu'une envie, c'était de sortir. Elle ne fit pas attention à ce qu'il y avait autour d'elle lorsqu'ils se dirigeaient vers la sortie. Une fois à l'extérieur, elle respira l'air frais. Après quelques minutes, tout allait de nouveau pour le mieux. Alors qu'ils approchaient de la fontaine, la jeune fille observa toutes les belles décorations fleuries, les odeurs sucrées, les couleurs vives et tout le reste. Elle était émerveillée par tout ce qu'elle voyait. L'excitation pris le dessus et elle ne savait pas par où commencer. Finalement, elle s'en remit à son maître qui savait certainement ce qu'ils pouvaient faire. C'est en le regardant qu'elle se souvint de la tasse de thé qu'elle n'avait pas fini. Elle s'empressa de s'excuser et en profiter des lui demander s'il pouvait lui apprendre à se servir d'un arc.

« Maître Lordan ? Je tenais à m'excuser de ne pas avoir fini le thé. Je ne me sentais pas très bien. J'avais besoin de respirer un peu d'air frais. Mais…. J'aimerais vous demander quelque chose. Vous pouvez m'apprendre à me servir d'un arc ? Si un jour je me retrouve seule dans une forêt, ça pourrait m'être utile pour chasser ou me défendre. Ce… concours serait une bonne occasion pour essayer un arc, non ? »

Ottilia était plus que déterminée à apprendre. Elle n'avait pas accepté de quitter sa famille et son foyer pour rien. Elle voulait être fière d'avoir pris cette décision. Elle voulait aussi découvrir celui qui sera son lié lors du passage de l'empreinte, mais elle avait encore du temps devant elle jusqu'à ce que ce jour arrive. Sans s'en rendre un compte, un sourire se dessina sur ses lèvres. La jeune fille se sentait bien ici. Elle avait un avenir bien différent de celui qu'elle aurait eu en Vaendark. Ottilia tourna son regard bers Lordan et le regardait avec un grand sourire et des yeux qui reflétaient la joie qu'elle éprouvait à ses côtés. Elle venait de réaliser la chance qu'elle avait d'être ici et comptait bien en profiter.

« Maître Lordan, je tiens à vous dire que je n'ai pas arrêté de réfléchir depuis mon départ. Je n'ai pas non plus arrêter de penser à ma famille et à ce qu'ils ont dû ressentir. Cependant, je ne regrette rien. Je suis certaine que ma place est ici et que ma vie sera bien plus remplie ici. Je me demande toujours ce que serait ma vie si j'étais restée chez moi. Aujourd'hui je suis avec vous et je trouve ça vraiment…. Hum… je viens de perdre mes mots. »

Ottilia mit sa main sur front en regardant le ciel et réfléchi quelques minutes.

« Non, ça ne me revient pas. Ils sont partis loin d'ici. Les mots courent trop vite pour que je les rattrape»

La jeune fille laissa échapper un petit rire. Elle se sentait de très bonne humeur et avait complètement oublié l'épisode de la taverne. Elle était là, avec son maître, sous un beau soleil.





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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2016 - 09:48 Répondre en citantRevenir en haut

En suivant les groupes se dirigeant vers l’autel champêtre, Lordan vit avec plaisir que sa compagne paraissait s’être détendue et, comme lui, partageait la sérénité joyeuse d’une fête célébrant une tradition qui les reliait tous à des valeurs communes. Ottilia ne semblait pas avoir remarqué leurs suiveurs et il préféra ne pas les lui signaler.
Elle s’était montrée intéressée par l’archerie mais n’avait pas de pratique. Il fallait mieux se cantonner au rôle de simple spectateur. Les chasseurs expérimentés étaient nombreux sur Tol Orëa et le concours des débutants ne rassemblait que des enfants. Elle aurait tout le temps de se former au kaerl auprès des maîtres archers.. Lordan lui promit de l’aider dans son entraînement mais lui avoua que, s’il aimait beaucoup le tir à l’arc, c’était plus comme un jeu que comme une arme. Il n’y réussissait que moyennement. Au combat, son arme était l’épée longue ou le katana.
D’ailleurs, il n’était pas un chevalier spécifiquement guerrier, plutôt un éclaireur, un explorateur au besoin. Le devoir envers son kaerl l’avait certes conduit à se battre souvent l’arme à la main et il avait su se défendre, mais n’était-ce pas le lot habituel pour tout homme en ce monde rempli de violence ? Les paysans sans protecteurs se défendaient avec leurs fourches, les marins jouaient du couteau et il en savait quelque chose !... même les ordres religieux développaient des arts martiaux. Il était donc très bon qu’Ottilia ait eu naturellement le goût des armes et du combat, ce qui la prédisposait à la vie d’un chevalier-dragon.
Ottilia lui parla aussi un peu de sa famille et il fut touché par la façon simple et naturelle dont elle manifesta ses sentiments. Il la rassura : devenue chevalière, elle pourrait fort bien retourner visiter ses parents, en observant bien entendu le Secret des Dragons. Elle pouvait même envoyer de ses nouvelles par un chevalier en mission passant par son pays natal.

On arriva au pré où l’autel avait été dressé, décoré de roseaux et de fleurs automnales. Au son de la flûte, des jeunes filles en longues tuniques vert d’eau déroulaient une procession mimant le flot des eaux douces apportant la vie. Bientôt l’hiver viendrait et semblerait parfois suspendre ce mouvement incessant des ondes mais ce ne serait que passager. Rivières et lacs souterrains continueraient de bruire et de couler sous les neiges et les frimas. Lordan aimait l’esprit heureux de ces fêtes célébrant les forces de la nature et placées sous le signe de la beauté du monde.

Plus prosaïques mais fort entourés, des buffets de belle taille étaient dressés de chaque côté du pré, présentant plats et de boissons offerts par les riches bourgeois à leurs concitoyens. L’heure de midi approchait, certains affamés étaient déjà attablés, attendant cependant par décence la fin de la cérémonie religieuse pour tailler dans les gigots et attaquer les cruchons de vin nouveau. Quand les flûtes cédèrent la place aux trompes de la garde, une ovation générale s’éleva en l’honneur tout autant de Nehara que du festin qui commençait.
Le beau temps favorisait l’occasion et Lordan proposa d’aller se restaurer. Golberth et sa suite n’étaient plus visibles et on pouvait se joindre sans arrière-pensée à la bonne humeur générale. Des Célestes, venus eux aussi participer à la fête, échangèrent avec eux saluts et remarques aimables.

Cependant le repas ne s’éternisa pas. On alla jeter un coup d’oeil à l’entraînement des archers mais le programme était maintenant de retrouver Hanelvig dans la campagne pour une leçon de vol. Il fallait que l’aspirante apprenne à se passer du harnais, à résister aux effets de la vitesse et à bien réagir aux manœuvres hardies que les puissantes créatures effectuaient pour se sortir d’un danger ou obéir aux ordres de formation quand elles volaient en groupe. Cet apprentissage parfois long et toujours difficile bien que les dragons soient très attentifs à la sécurité de leurs passagers, était essentiel dans le rôle du Maître-dragon et ceci en prévision du jour où son aspirant serait lui-même lié.

Donc, laissant là les festivaliers , Lordan et Ottilia se dirigèrent vers le lieu du rendez-vous à une demi-lieue de la ville, en dehors des champs cultivés et des pacages d’animaux.
Le Bronze dormait en lisière d’un bois , ses écailles aux reflets mordorés se confondant avec les feuillages roussis de l’automne. Il ouvrit un œil, secoua sa crête et étira ses griffes de façon très spectaculaire avant de dévoiler ses crocs en un bâillement plutôt intimidant. Les dragons de Tol Orëa n’étaient pas de gros joujoux à traiter à la légère.

Quelques minutes plus tard, la triade s’élevait au dessus des frondaisons. Lordan expliqua à Ottilia la meilleure façon de se placer entre les pointes épineuses de la collerettes et il lui conseilla de faire pour l’instant entièrement confiance au harnais. La morphologie de l’encolure était faite pour qu’on puisse chevaucher un dragon sans avoir à se retenir et le lien télépathique permettait d'anticiper les mouvements de son lié. Cependant les virages brusques, les plongées imprévues nécessitaient une certaine habitude et il fallait apprendre les façons de se tenir qui évitaient de gêner le dragon en vol.

Lordan choisit un circuit permettant à Ottilia de découvrir une région qu’il aimait particulièrement : les Chutes de Nightfall. Le vol n’y était pas particulièrement facile en raison des brusques turbulences de l’air engendrées par les caprices du relief mais Lordan pensait qu’il fallait mieux qu’ Ottilia se rende compte de ce qu’il lui faudrait apprendre à maîtriser. Et puis, la cité céleste voguait en général au dessus de la région et on rentrerait plus vite en évitant un interstice toujours fatigant.

Après quelques émotions et un atterrissage un peu court - pour tester la capacité d’Ottilia à résister aux cahots et secousses d’un arrêt brutal - Lordan décréta une pause au sol. On pourrait se dégourdir les jambes en devisant de la journée avant de rentrer au kaerl. Ottilia avait certainement des remarques à faire.
Laissant la pédagogie à son lié, Hanelvig choisit d’aller se baigner dans une des rivière qui se alimentaient les cascades. Sous sa forme draconique, il aimait beaucoup s’étaler dans l’eau et quand il s’ébrouait, mieux valait ne pas être pris dans les giclées que les battements de ses ailes projetaient à l’entour. Lordan et Ottilia s’éloignèrent, montant une pente forestière qui promettait au sommet un panorama des Chutes vues d’assez loin pour les admirer dans leur ensemble. Laissant derrière eux le bruit, pour ne pas dire le vacarme, des ablutions du dragon, ils passèrent de l’autre côté de la vallée. Les arbres cachant la vue, ils se dirigèrent vers un amas rocheux aperçu un peu plus loin.

Le grondement très lointain des cascades formait un fond sonore régulier pour leur marche paisible quand, montant du fond du val, s’y joignirent soudain des heurts et des bruits d’objets brisés, accompagnés de cris menaçants, de hennissements, d’exclamations de colère et d’effroi. Lordan fit aussitôt signe à Ottilia de garder le silence. Il fallait voir ce qui se passait et laissant là les rochers, ils descendirent prudemment jusqu’à une trouée dans les arbres qui leur permit de découvrir en contrebas un chemin carrossable traversant une petite clairière où se déroulait une scène fort dérangeante.
Deux individus, en tunique de cuir et portant des dagues, vidaient une charrette de ses caisses et ballots, les éventraient en en éparpillant le contenu. La mule avait été abattue entre les brancards. Deux autres hommes dont l’un avait du sang sur le visage, étaient liés assez sommairement à de jeunes troncs. Un autre gisait inanimé sur le sol. Tous trois étaient vêtus comme des hommes du peuple mais avec un solide équipement fait pour la route. Ils étaient sous la garde d’un soudard tenant en main un marteau de guerre et proférant des menaces, l’arme brandie dans un geste sans équivoque.
Un peu en retrait, un dernier individu, une arbalète à portée de la main, gardait un œil sur quatre chevaux, tout en affûtant un long et mince coutelas de boucher.
Lordan avait immédiatement cherché à joindre Hanelvig mais celui-ci avait fermé son esprit. Le dragon finirait bien par les entendre si on se rapprochait, mais pouvait-on abandonner les malheureux ?
Ces derniers temps il avait été rapporté des rumeurs de disparitions et de trouvailles macabres sur des voies peu fréquentées (il n’ y avait pas d’ailleurs grande circulation sur Tol Orëa, avec ses terres désertes ou si peu habitées..). Il avait même été donné un nom macabre aux responsables de ces méfaits : les Désosseurs. Certains pensaient à des ghoules restées de l’épisode Drazahir, d’autres à des prédateurs de taille inusitée , d’autres à des brigands sanguinaires. Lomëanor avait lancé quelques patrouilles de surveillance mais sans solliciter l’aide des kaerls. Le peuple racontait souvent n’importe quoi : vivre sur une terre de magie et de dragons excite l’imagination.
Toutes ces pensées consternaient Lordan et il eut du mal à ne pas voir dans le couteau de l’arbalétrier plus qu’une sinistre coïncidence.
Quelle affaire ! Qu’avait-il donc fait à Flarmya pour que, deux fois en une seule journée qu’il avait cependant voulu tranquille et studieuse, il ait pu ainsi se retrouver mêlé à des situations pareilles ? Et ce qui se passait sur cette route était infiniment plus grave que la bagarre évitée à l’auberge. Et il fallait se décider. Les fouilleurs de caisse s’énervaient, ne trouvant rien apparemment dans le chargement dispersé.
Il y a toujours au moins trois solutions à un problème, disait le proverbe. Lordan trouvait l’idée bonne en ce qu’elle obligeait à faire le point au lieu de se lamenter et il envisagea les trois solutions possibles.
La plus simple ici, et sans doute la plus sage : on retournait vers le dragon et on rentrait au Màr Menel pour envoyer des secours.
La plus conforme à l’Ordre de Lumière serait cependant d’intervenir et de porter secours aux blessés. Mais que pouvaient faire contre quatre hommes armés et sans conscience, deux Célestes, dont une aspirante à peine débarquée ? Monté sur Hanelvig, il pourrait terroriser les bandits et délivrer les prisonniers. L’arbalète était cependant à prendre en considération. Un dragon, c’est une belle cible et un carreau bien planté au défaut de l’aile peut très bien faire chuter porteur et passager. Et que deviendrait alors Ottilia ? Ne fallait-il pas mieux ne pas se séparer ?
Quant à la troisième solution.. euh.. il faudrait se contenter de deux.
De toutes façons dans les deux cas, il fallait contacter Hanelvig. S’il se rapprochait suffisamment de son lié, Lordan était sûr que son anxiété franchirait le barrage mental du dragon et le ferait réagir. Ensuite on déciderait ensemble. On est une triade ou on ne l’est pas. Et son premier devoir était de protéger Ottilia. Il fit un geste pour inviter la jeune fille à le suivre. Une fois derrière la crête, il la prévint qu’il appelait son lié et qu’elle pouvait se joindre à son appel, puisqu’elle avait le don.



Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mer 3 Aoû 2016 - 16:25 Répondre en citantRevenir en haut

La fête était joyeuse et Ottilia ne cessait de s'émerveiller avec tout ce qui l'entourait. La jeune fille leva la tête vers le ciel pour observer le ciel bleu, les oiseaux et les nuages. Elle revint ensuite à la fête. Pourquoi n'était-elle pas née sur ce continent ? Elle se le demandait vraiment. Tout était merveilleux ici. Absolument tout. Elle s'arrêta un petit instant pour regarder la cérémonie. Soudain, elle perdit son maître de vue. Affolée, elle chercha du regard un peu partout jusqu'à le trouver. Lorsqu'il fut dans son champ de vision, elle le rattrapa discrètement et rapidement.

Lordan proposa à Ottilia de passer à table pour manger le repas de midi. En écoutant son estomac gargouiller, elle accepta directement. La torhil aimait beaucoup la présence des céleste venus pour l'occasion. Elle en profita pour leur poser quelques questions sur ce qu'ils font dans leur vie, s'ils avaient une famille ou même un commerce. La jeune commençait à prendre ses aises parmi les célestes.

Une fois le repas terminer, l'aspirante et son maître allèrent voir les archers. La jeune observait attentivement les archers. Ça lui rappelait l'entraînement de son frère lorsque celui-ci s'est enrôlé dans la garde. La maitrise de l'arc était en fait la même partout. Cela fit sourire Ottilia. C'est lorsque Lordan annonça l'apprentissage en vol sur le dragon que sa joie se fit plus intense. Elle fiait son maitre avec un grand sourire et des yeux pétillants. La torhil trépignait d'impatience.

Lordan emmena l'aspirante loin des festivités pour retrouver Hanelvig le bronze. Ottilia trouva le dragon tellement beau endormi avec ses magnifiques reflets qu'elle restait sur place. Elle regarda son maitre le coeur battant. C'était sa première leçon de vol.

"Maître Lordan ? Ce n'est pas dangereux ?" Elle s'arrêta un instant puis passa à autre chose. "Vous savez, voir Hanlvig comme ça me donne vraiment très envie de passer l'empreinte et de pourvoir avoir mon propre compagnon de vol avec qui partager toute ma vie. Je trouve les dragons tellement beau et majestueux."

Le bronze était tres impressionnant lorsqu'il dévoila ses crocs en bâillant. En un rien de temps, ils se trouvaient dans le ciel. Ottilia écoutait attentivement les instructions de son maître et fit exactement ce qu'il lui disait de faire. Ils se dirigaient ensuite vers les chutes. L'aspirante n'eut pas le temps d'observer toute la beauté du paysage. Le vol est à déjà plus compliqué. Lorsque le dragon se posa au sol, ce qui ne manqua pas de secouer la jeune fille, elle descendit le coeur battant. Elle s'assit dans l'herbe en attendant la suite.

Ottilia marchait derrière Lordan tout en lui parlant du vol qu'ils venaient de faire. Elle le trouvait quelque peu éprouvant, mais était toujours aussi excitée d'avoir fait sa première leçon.

"Maître Lordan ? Est-ce que le vol peut être plus ou moins compliqué et dangereux selon l'endroit où on se trouve ? Je sais que le temps peux jouer avec le vent et tout ça, mais il y a autre chose ? En tout cas, je suis contente pour ce premier vol. C'était super ! Même si j'ai eu un peu peur. Après tout, c'est la première fois. Je trouve vraiment très agréable le fait d'être sur le dos d'un dragon et sentir le vent."

Ottilia parlait sans se rendre compte des bruits et des cris qui venaient d'un peu plus loin. Lorsque Lordan lui fit signe de garder le silence, elle se tut. Les bruits que son maître avait entendus parvenaient à ses oreilles. Comprenant de quoi il s'agissait, l'aspirante perdit son sourire et sa joie. Elle suivait son maitre prudemment jusqu'à découvrir l'origine du vacarme. la jeune fille dû mettre ses mains sur sa bouche pour éviter de crier. Des histoires de bandits, elle en avait déjà entendu, mais de là à y assister, jamais elle n'y aurait cru. Cédant à la panique, la jeune fille voulu remonter, glissa et tomba laissant échapper un petit cri étouffé. La torhil se releva et parti sans se retourner. Lordan parti dans la direction du dragon et dit à Ottilia qu'elle pouvait se joindre à lui pour appeler Hanelvig à l'aide.





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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Lun 8 Aoû 2016 - 22:48 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia derrière lui venait de tomber dans sa hâte à le suivre et se retournant, en un éclair il l’imagina, cheville tordue, incapable de marcher, des silhouettes hostiles sortant brusquement des bois. Mais non, elle se relevait déjà, et si elle avait été visiblement impressionnée par la scène de violence qu’elle venait de découvrir, elle ne le manifestait pas en paroles et sans demander de l’aide, elle avait déjà repris sa marche.
Tout en dévalant la pente, il tendait sa pensée vers Hanelvig mais ce n’était que vide et silence. Cela ajouta à son trouble. Livré à lui-même, il n’était donc capable que de fuir ? Il pouvait toujours se dire que son réflexe était justifié par la présence d’Ottilia qu’il fallait protéger et par la nécessité de se rapprocher du dragon, leur seul atout en cas de danger déclaré, mais il était loin d’être convaincu d’avoir agi avec discernement. Pourtant ce n’était pas vraiment la peur qui le poussait à s’éloigner au plus vite. Son indécision quant à ce qu'il ferait ensuite le perturbait bien plus que la crainte de voir la situation empirer. Il était en effet à peu près sûr que les agresseurs ignoraient leur présence bien que des guetteurs sur la crête fussent une possibilité. Il aurait dû d’ailleurs y penser avant de se précipiter tout droit sur cette pente herbue où ils étaient maintenant parfaitement visibles.
Cette constatation le démoralisa un peu plus. Un Maître-dragon devait être le rempart qui protège, le pilier où s’appuyer, le flambeau qui montre le chemin. Lui, il n'était sûr de rien, pas même de ce qu'il avait décidé. Et Hanelvig qui ne répondait pas ! Il se souvient du temps où il suivait Maître Thelrand, les yeux fixés sur ce dos si rassurant qui lui ouvrait le chemin, ces épaules remplies de détermination tranquille. Oui, c’était cela qui lui manquait, la carrure, la solidité.. et pas seulement physique, mais la stature morale, la force intérieure. Un maître, c’est un chef, un guide et et lui, il ne savait que suivre.

*Alors, suis-moi, bipède ! Mais d’abord, je dois savoir où aller. Arrhaaauou...*


Oh, le soulagement de percevoir la pensée amie ! Elle résonna pour son lié comme un signal le tirant de son incertitude, lui communiquant confiance et volonté. Le grondement familier était celui d’Hanelvig qui se réveillait. Il avait dû s’endormir après sa baignade et on pouvait l’imaginer en train de secouer sa collerette épineuse, tout en bâillant sans discrétion :

*....arouuumph !.Que se passe-t-il donc ? Te voilà bien anxieux ! et la petite... tout autant … Montre-moi ce qui vous a mis dans un état pareil…..*

Le dragon reprit après que son lié lui ait brièvement transmis la situation :

*Ah!...Je vois, je vois.. sales types !... Très bien, j’arrive. N’entrez pas dans le sous-bois, restez sur la pente, que je me pose tranquille sur l’herbe . . A vol de dragon, je n’en ai pas pour longtemps. *

Lordan s’était immobilisé et se tourna vers l’aspirante.

-C’est Hanelvig. Il arrive. Asseyons-nous pour être moins visibles en l’attendant.

Il se sentait vraiment soulagé et fit un petit hochement de tête rassurant vers Ottilia tandis que Le dragon continuait à lui parler :

*Donc, c’est quatre contre trois. Peut-être plus... Mais ce ne sont que des bipèdes hors kaerl, des créatures ordinaires. Nous, nous sommes des Célestes, tu es un maître-dragon, je suis un Bronze, et pas un demi-format. En tant que liés, nous formons une entité exceptionnelle qui... que … enfin, tu sais ce que chantent les bardes... mais fichtre ! Un chevalier sur son dragon, c’est bien un spectacle qui fait réfléchir...ou trembler ! On est des êtres de légende, oui ou non ?*

Il émit un petit gloussement de satisfaction amusée et conclut avec fermeté :

*Pour l’instant, je suis d’accord avec toi. On ne peut pas partir sans rien faire.*

Lordan se demanda s’il avait vraiment lui-même émis cette opinion. Mais maintenant elle s’imposait à lui comme si en fait, il savait depuis le début qu’il n’y avait pas d’autre alternative acceptable. Il rappela cependant au dragon qu’Ottilia n’était pas préparée à ce genre d’action. La réponse fut immédiate :

*Certes on pourrait la laisser à l’abri, mais à mon avis, elle n’est pas seulement là pour faire du tourisme à dos de dragon et admirer les cascades. Elle me paraît avoir un excellent équilibre en vol, le sens du travail en triade et un petit côté batailleur très personnel, lequel continue de pointer sous son actuel désarroi. Je la verrais bien avec nous. Mais à toi de décider ce qu’elle doit faire, à moins que tu ne lui laisses le choix.*

On entendit venant des arbres le froissement de l’air sous la poussée des grandes ailes membraneuses. Le dragon poursuivit

*De toute façon, passe ta dague à Ottilia, même si elle préfère la seconde solution. On ne sait jamais... Et il te reste ton kriss. Il est toujours dans ma sacoche de cou, même si tu ne le manies plus guère, sinon pour découper un poulet rôti. A mon avis, le risque de combat au sol est mince. On peut compter sur mon souffle de feu et mon aspect effrayant comme introduction. Et ensuite s'appuyer sur le prestige de tout chevalier se réclamant de son kaerl pour régler le problème. Bah.. d'où sortent ces idiots ? Ignorent-ils que Tol Orëa, c’est la terre des dragons et de leurs liés ? Les hommes modèle courant n’y sont que tolérés.*

Le point de vue d’Hanelvig parut à Lordan correspondre en fait à ce qu’il désirait aussi, même s’il n’avait pas réussi à se le formuler en termes aussi décisifs. Le jeune maître eut à peine le temps d’acquiescer. Au dessus de la masse des arbres dans la vallée en contre-bas, apparaissait le dragon en vol. Sans s’élever plus haut que quelques pieds au dessus des frondaisons, il parcourut en moins de trois ou quatre minutes la distance qui avait exigé des jambes humaines près d’une heure de montée.
En attendant qu’il se pose, Lordan avertit Ottilia. Maintenant que les choses étaient fixées, il était très calme, il se sentait sûr de lui, même s’il ne l’était pas vraiment quant à ce qui allait se passer.

-Hanelvig est pour que nous intervenions et tentions de libérer les otages en faisant peur aux malfrats. Cependant, comme vous n’avez pas encore l’expérience du combat, vous devriez vous mettre à l’abri dans les bois. Cela me semble le plus sage et je vous le conseille en tant que votre ami. Mais si vous tenez à venir avec nous, je ne m’y oppose pas en tant que votre Maître. Je vous passerai ma dague, juste pour que vous ayez l’air d’une aspirante déjà aguerrie. Mais vous ne devriez pas avoir à vous en servir. Cependant, le maniement de l’épée de bois est une préparation tout à fait efficace et nous l’utilisons aussi comme entraînement. D’après ce que vous m’avez dit de vos combats avec votre frère, vous n’êtes pas une débutante. En cas de nécessité, vous sauriez vous défendre.

Hanelvig venait de replier ses ailes et Lordan attendit la réponse d’Ottilia tout en débouclant la ceinture qui portait sa dague



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MessagePosté le: Ven 9 Sep 2016 - 21:01 Répondre en citantRevenir en haut

Lordan emmenait Ottilia sur la pente herbeuse pour essayer de retrouver Hanelvig le plus vite possible. Le maître s'arrêta quelques instants et dit à l'aspirante de s'asseoir pour être moins visibles. Apparemment, le bronze allait arriver, ce qui soulagea immédiatement l'aspirante. Elle s'assit et attendit. Le hochement de tête rassurant de Lordan fit son effet. La jeune fille, qui pensait aux bandits, essaya de se changer les idées.

*Qu'est-ce qu'il prévoit de faire. Penser à autre chose serait agréable pour l'instant.*

Elle leva la tête vers le ciel et laisse échapper un léger sourire.

*Le ciel est magnifique. Les nuages blancs détendent vraiment l'atmosphère. Un jour je pourrais voler parmi ces magnifiques boules de coton blanc baignant dans cet immense océan bleu qu'est le ciel.*

La jeune fille ramena son regard vers son maître.

*Je me demande ce qu'il peut dire à Hanelvig...*


Le bruit des feuilles interpella Ottilia. Lorsqu'elle leva la tête, elle vit le dragon. À ce moment là, Lordan prit la parole pour expliquer à l'aspirante ce qu'il avait mis en place avec le bronze. Il lui proposa d'aller dans les bois pour être en sécurité, mais que si elle voulait, elle pouvait les accompagner pour libérer les pauvres otages. Ses jeux à l'épée en bois avec son frère était apparemment un bon entraînement, mais la jeune fille n'y croyais pas tellement. Elle n'avait jamais vraiment eu de formation dans l'art du combat. Pour elle il ne s'agissait que d'un passe-temps amusant. La proposition de la dague était intéressante pour pouvoir se défendre. Lorsqu'elle vit son maître défaire sa ceinture porteuse de dague, elle rougit légèrement.

"Vous voulez vraiment me la laisser le temps que vous sauvez les personnes ? Je... Heu... C'est vraiment gentil. Je vais rester dans les bois et vous attendre là-bas. Je ne me suis jamais retrouvée face à des bandits et je préfère attendre d'avoir un meilleur niveau avec les armes. "

Intérieurement elle avait plus peur que ce qu'elle montrait extérieurement.

*quelle excuse... Attendre d'avoir un meilleur niveau. J'ai plus peur de finir avec un carreaux d'arbalète entre les deux yeux plutôt que d'aller à l'eau et finir noyée parce que je sais pas nager. Et puis à l'eau quelqu'un pourrait toujours me sauver. Un carreaux d'arbalète ou une dague, ça fait mal et ça fait saigner énormément. *


Ottilia dévisageait Hanelvig comme s'il avait entendu ce qu'elle venait de penser.

*J'espère ne pas avoir pensé trop fort... J'ai pas envie qu'on m'entende... *

L'aspirante prit la ceinture de son maître et la mis à sa taille. Elle n'n'avait pas du tout l'habitude et avec une dague sur une ceinture lui fit bizarre. Elle aurait bien voulu se voir dans un miroir. Pour plaisanter un peu, la jeune fille passa sa main derrière sa tête et dit à Lordan avec un grand sourire :

"Je ne dois pas être très effrayante comme ça. J'ai toujours donner l'impression d'être aussi musclée qu'un enfant de cinq ans. J'ai de la chance d'être née torhil, sinon je serais incapable de porter la magnifique dague de mon bon maître "

La torhille s'inclina devant Lordan.

" Je vais dans les bois. Je vous y attendrais bien gentiment. Promis. Sauf si une vilaine bête sauvage arrive. Ou un bandit. "


Elle alla caresser les écailles d'Hanelvig en attendant l'autorisation de son maître pour partir. À ce moment, elle se rendit compte que les écailles du dragon étaient vraiment très solide et surtout que le bronze était vraiment magnifique. Sa détermination de se lier ne fit que se renforcer.





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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 23:07 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia avait donc choisi d’attendre la fin de l’intervention de Lordan et du dragon, dissimulée dans les bois. Le Maître-dragon se sentit vaguement déçu de voir qu’elle manquait certainement de confiance en soi et préférait ne pas avoir à affronter les brigands en triade. Cependant, il savait que c’était la solution du bon sens et celle qu’il aurait lui-même ordonnée si l’aspirante lui avait laissé le choix de la décision.
En fait il se doutait pourquoi il éprouvait ce léger désappointement et ce n’était pas très noble de sa part : il se serait bien satisfait d’une aspirante prête à affronter le danger, combative et même un peu casse-cou, parce que lui-même n’était pas de l’espèce belliqueuse. Une petite part de lui pensait que ç'aurait été plus facile de devoir calmer l’ardeur guerrière de sa pupille plutôt que d’avoir à l’encourager à l’art de la guerre.
Mais justement en raison de son caractère foncièrement pacifique, Lordan était surtout soulagé de savoir la jeune fille à l’abri si les choses tournaient mal. Et si Ottilia montrait encore peu d’appétit pour les prouesses guerrières, cet élément majeur de la formation des chevaliers, il fallait se féliciter de la voir non seulement avisée et modeste, mais aussi franche et directe, ne cherchant pas à paraître autre que ce qu’elle était. Elle n’avait jamais participé à aucun combat, elle ne se sentait pas prête, elle le disait simplement, tout cela était on ne peut plus positif.
Il lui répondit donc avec un hochement de tête compréhensif :

-Je préfère en effet vous savoir à l’abri. Je pense d’ailleurs que la situation pourra se régler par l’intimidation. Cette région est certes hors kaerl mais on n'aurait pas laisser longtemps des hors-la -loi nombreux et endurcis s’y installer impunément. Grâce à votre Don, Hanelvig pourra vous repérer facilement quand nous reviendrons. A vol de dragon, nous ne serons jamais trop loin pour perdre le contact avec vous. et vous pouvez chercher un endroit confortable sans crainte de vous perdre. La région n’a pas de prédateurs dangereux pour l’homme. Evitez cependant d’entrer dans une grotte, on ne sait jamais ce qui s’y loge dans un pays comme Tol Orëa.

Hanelvig semblait se désintéresser de la conversation et dressait son long cou en penchant légèrement la tête à droite et à gauche à l’écoute de présences inaudibles. Il cherchait sans doute à savoir si d’autres dragons croisaient à proximité d’écoute. Cela n'aurait rien d'exceptionnel : les dragons aimaient voler pour le plaisir, seuls ou en petits groupes et mâles et femelles se repéraient au cours de ces sorties. Ils retrouvaient alors leur nature sauvage, cette part d’instinct animal qui coexistait toujours avec le Lien.
Mais on n’avait pas le temps d’attendre et Lordan, après un petit salut de la main vers Ottilia, monta sur le dragon qui s’envola aussitôt, se tenant le plus près du sol et se dirigeant vers la crête.
Lordan sortit son kriss d’une des sacoches posées su le cou du saurien. C’était le modèle court des marins du Ssyl’Shar, tous un peu pirates, avec une lame fortement ondulée en acier bleu, ce qui le rendait luisant et assez sinistre. Le Céleste s’y entraînait encore pour garder l’habileté relative acquise au temps de son service en mer : habileté seulement au lancer, car en fait il ne s’en était jamais servi en combat en tant que poignard et n’avait guère envie d’avoir à le faire. Ses armes d’entraînement sur Tol avaient été l’épée et surtout le katana, lames qu’il avait utilisées quand il avait dû défendre le kaerl ou au cours de missions en terres lointaines.

En dépassant la crête et suivant les indications mentales de son lié, Hanelvig se mit en vol plané quasi silencieux d’autant moins perceptible qu’au bruit lointain des cascades se joignait le vent du soir descendant des hauteurs. C’est ainsi qu’ils arrivèrent à la clairière, choisissant après une brève concertation l’endroit où il serait bon d’apparaître.
Les chevaux les sentirent avant les hommes et poussant des hennissements affolés, ils tirèrent sur leurs attaches, piétinant et tentant de fuir. Le bandit qui les gardait s’élança pour les calmer mais perdit l’équilibre, se retenant comme il pouvait au filet du plus proche, ce qui acheva de paniquer la monture.
Les deux autres voleurs avaient fini de jeter les caisses et les ballots à terre et au milieu du désordre, s’attaquaient à forcer un petit coffre de métal qu’ils venaient sans doute de découvrir. Ils tournaient le dos aux arrivants et en se retournant, semblèrent se pétrifier pour ensuite,,d’un mouvement commun,s’accroupir derrière le dérisoire rempart des malles éventrées. Quant à l’homme à la hache, le plus éloigné du dragon, il brandit son arme, mais en geste de protection pour lui-même plus que de menace.
Creusant brusquement ses ailes, Hanelvig se posa net au milieu de la route. Sa lourdeur habituelle tourna à son avantage car il souleva une traînée de poussière et de cailloux, cassa quelques branches et tout ce fracas parut sans doute une démonstration de force supplémentaire car l’un des ouvreurs de coffre déguerpit sans crier gare en plongeant dans le sous-bois. Les chevaux accentuèrent leur tohu-bohu autour du garde qui cherchait à en détacher au moins un, vraisemblablement pour s’enfuir. Autant d’encouragements pour le cavalier tandis que le dragon poussait un rugissement formidable.
La situation paraissant plutôt favorable, Lordan descendit à terre, brandissant son kriss exotique comme si c’était une arme magique et fit quelques pas décidés vers l’adversaire. Hanelvig le suivit, allongeant sa tête au dessus de son lié en hérissant sa collerette et il se mit à souffler, gueule ouverte comme s’il allait cracher le feu. C’était un spectacle impressionnant mais le maître céleste ne s’attendait quand même pas à l’effet obtenu :
D’abord, les chevaux terrorisés se cabrèrent, rompirent la longe d’attache et se dispersèrent non sans renverser le garde qui demeura au sol, face contre terre en se couvrant la tête des mains, l’arbalète au sol mise à mal par les sabots. Presque en même temps, le second pillard imita son confrère, sautant dans les fourrés en contre-bas du chemin. Il dut manquer sa réception, on entendit des pierres dévaler et des cris de douleur. Quant au fier-à-bras à la hache, il jeta son arme et leva les bras dans le geste universel de la reddition.
Ce qui surprit Lordan, par ailleurs fort content de voir l’effet qu'il produisait avec son dragon, c’est que le dernier brigand encore debout ne regardait pas dans sa direction mais au dessus, vers le ciel, derrière lui. C’est alors, comme le vacarme des chevaux avaient cessé, qu’il entendit un bruit bien connu de vastes ailes approchant. Comme la masse du Bronze bloquait sa vue, Lordan l’interrogea :

*Hého ! Tu entends ?*

* Et comment ! C’est le Melmoth de ton ami Jorwen et la charmante petite Brune de la chevalière elfe Sorellen. Ils ont pu prévenir le kaerl et on nous envoie deux chevaliers. Lòmëanor est aussi prévenu mais les gardes à cheval mettront au moins deux heures pour arriver. *

Les deux dragons apparurent alors sur le côté, puis se mirent à tourner au dessus de la clairière. Lordan fut trop content du renfort pour être déçu de ne pas avoir été aussi impressionnant qu'il l'avait cru....Cependant, il était un peu vexé que son lié ne lui ait rien dit. Le contact avec les deux dragons devait forcément avoir eu lieu depuis un certain temps. Hanelvig perçut ce qui pouvait passer pour un reproche. Il expliqua aussitôt :

* Je n’étais pas sûr tout de suite qu’ils aient bien capté mon appel et il fallait mieux pour ces pauvres marchands que nous intervenions sans attendre. Et nous avons donné la peur de leur vie à ces stupides brigands !*

La suite fut réglée rapidement, d’abord par Lordan qui entrava les prisonniers avec la longe rompue par les chevaux et la cordelette qu’il avait toujours dans ses sacoches. Puis il coupa les liens des prisonniers et enfin alla examiner le marchand inanimé sur le sol. Il avait été assommé et restait inconscient, mais il respirait. Lordan l’installa un peu plus confortablement et ayant toujours avec lui quelques onguents, il lui mit un baume apaisant sur sa blessure et un autre sous les narines.
Ensuite les chevaliers envoyés par le kaerl sortirent de l’interstice. Ayant pris connaissance de la situation, l’un fut chargé de ramener le blessé au plus vite à Lòmëanor tandis que l’autre attendrait avec les rescapés l’arrivée des gardes.
Les deux dragons appelés par Hanelvig restaient dans la région mais ils étaient remontés haut dans le ciel, voyant que les bipèdes n’avaient plus besoin d’eux. Hanelvig fit une petite remarque sur le fait qu'ils avaient des occupations purement draconiennes à régler et qu'ils s'étaient montrés extrêmement généreux de bien vouloir venir les aider.
Lordan devait aller rechercher son aspirante et il quitta la compagnie, les marchands le remerciant de son aide. En remontant sur son dragon, il se demanda qui étaient ces marchands, ce que cherchaient les brigands et pourquoi ne le trouvaient-ils pas dans la charrette ? Mais bah ! La prévôté de Lomëanor ferait une enquête. Lordan n’avait pas trop de goût pour ce genre de mystère et pour l’instant, ce qui comptait, c’était de retrouver Ottilia et de la ramener au plus vite au Kaerl.
Finalement, la journée avait été bien remplie et Lordan se dit que le maître avait sans doute reçu autant d’expérience et ressenti d’émotions que l’élève.



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MessagePosté le: Mar 13 Déc 2016 - 12:37 Répondre en citantRevenir en haut

Ottilia regardait son maître s’envoler pour aller aider les marchands dans le besoin. Comme elle l’enviait ! Pouvoir voler au secours des innocents à dos de dragon. Pour l’instant, elle n’était qu’au début de son apprentissage et sa peur de se battre contre de vrais bandits avec de vrais armes la bloquait. Un jour, peut-être qu’elle réussirait à se débloquer et devenir comme son maître. En attendant, elle devait rester tranquille et attendre le retour de Lordan. Elle alla donc se poser contre un arbre et prit la dague de son maître pour la regarder. La lame était belle et assez facile à manier. L’aspirante s’amusait à faire danser la lame et écouter le bruit qu’elle faisait en coupant le vent. La dague, légère et fine, était parfaite pour se défendre un minimum.

Après plusieurs minutes passées à s’amuser avec l’arme, elle se coucha dans l’herbe. Le vent soufflait. La torhille croisa ses bras derrière la tête et regardait le ciel. Son premier vol à dos de dragon. Elle nageait encore en plein rêve. Elle avait trouvé ça vraiment fantastique.

« Un jour, moi aussi je prendrait un aspirant sur le dos d’un dragon. Tout comme Maître Lordan l’a fait avec moi. Mais avant, il faut d’abord se lié. J’espère vraiment que Maître Lordan sera fier de moi lorsque ce jour arrivera. Puis, le jour du premier vol arrivera et ensuite tout s’enchaînera. Celui qui vivra à mes côtés grandira et le jour viendra. Le fameux jour où un aspirant, comme moi, aura besoin d’un maître pour se lier. J’espère pouvoir faire honneur à cette tâche plus tard. Ce serait vraiment super ! »

Ottilia leva la main avec la dague pointée vers le ciel avec un grand sourire. Les nuages défilaient, la torhille restait émerveillée par ce qui lui arrivait. Elle ne regrettait pas son choix. Partir pour venir ici était vraiment la plus belle chose qui lui était arrivé. Elle savait qu’elle avait un parcours difficile à franchir avant d’arriver au but final, celui de devenir maître, et que des moments difficiles l’attendaient. Son manque de confiance lui ferait certainement douter et lui ferait chercher sa place, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur Lordan et les futurs amis qu’elle se ferait. Oui, elle avait enfin décider à avoir des relations amicales. Pour elle, il était hors de question qu’elle reste seule comme elle l’avait été chez elle. La seule différence, c’est qu’elle avait son frère. Ici, il n’était pas là.

« Voilà ce qu’il me fallait pour me décider à avoir une vie sociale. Un nouveau départ. Une toute nouvelle vie. »

Losqu’elle tourna un peu la tête, elle vit Hanelvig arrivé avec Lordan sur son dos. Elle se releva et attendit qu’il se posent. L’aspirante n’avait plus qu’une envie, c’était d’aller dormir car la journée l’avait épuisée. Elle adressa un sourire à son maître, lui rendit sa dague, fit une caresse à Hanelvig, puis ils rentrèrent. Sur le chemin, Ottilia ne cessait de poser des questions sur comment ça s'était passé avec les bandits.





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