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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Sam 5 Mar 2016 - 00:15 Répondre en citantRevenir en haut

Solyaeku 918


Et si....et si....

Et si elle avait réussi à convaincre Zackheim de discuter avec Heryn Amlug et Kieran de Galastden ?
Et si elle avait su gagner la confiance de Persée plus tôt?
Et si elle avait empêché l'actuel Second de commettre son "demi-forfait"?

Cela faisait quelques nuits que Ñiniel se posait ces questions et tant d'autres encore. Elle n'arrêtait pas de revivre les derniers événements depuis l'Empreinte, tentant de comprendre les raisons de cette situation. Les premiers jours après l'exil de Maître Garaldhorf avaient été les plus difficiles à vivre. Depuis le Banquet elles ne s'étaient plus revues et seul le poids de la culpabilité subsistait de leur relation.

L'Ondine restait cloîtrée dans ses appartements assombris par l'absence de toute source de lumière. Elle ne voulait plus voir personne.

La seule idée qu'on puisse la considérer comme l'une des protagonistes de la déchéance de l'Ancalikon, son mentor depuis qu'elle était ici, la hantait. Avait-on perdu l'esprit au Kaerl Céleste pour que l'on puisse un seul instant considérer Persée traître à son Màr? Quant à l'idée qu'on puisse la prendre pour une héroïne. ... l'amertume s'était installée dans son regard devenu inexpressif et traduisait bien le fond de ses pensées à ce propos.

Mais à cela s'ajoutait une sourde colère; le nouveau Second, Ambroise de Leysse, n'était pas celui que tout le monde imaginait. Ils se trompaient tous à son sujet. Et "lui" savait qu'elle et Asulil savaient. Il leur fallait maintenant être prudent et éviter de se faire remarquer. Pour beaucoup, le Kaerl était enfin en paix et il n'était pas question de faire des vagues. L'impuissance qui la réduisait au silence la faisait hurler au plus profond de son être sans que personne ne puisse s'en soucier.

Les seules âmes dont elle souffrait la présence étaient bien sûr celle qui la complétait, sa Liée étincelante Vahi'Nearii qui vivait la situation présente avec beaucoup de patience et compréhension. Rànen son Kalel'y n'était jamais loin et était le seul autorisé à laisser éclater ses joies et autres humeurs sans subir le regard sévère de Ñiniel. Et il y avait Asulil, son ami de toujours, son complice flanqué de Maodan le frère de Vahi. Ils venaient lui rendre visite de temps en temps pour lui apporter quelques nouvelles de par le Kaerl. Même si cela n'intéressait pas la Chevalière outre mesure, elle feignait un semblant d'éveil afin de ne pas trop inquiéter son frère d'arme. Elle savait bien que les dernières informations du Màr Menel n'étaient qu'un prétexte pour s'enquérir de son état, car Asulil cachait mal ses émotions et se faisait du souci pour elle.

Qu'allait elle faire maintenant? Elle ne pouvait plus manier les armes, n'avait plus de Maître et avait sans doute acquis une notoriété dont elle ignorait presque tout mais se serait bien passée, tout en sachant que le nouveau Second les avait a l'oeil. Ñiniel s'expliquait mal pourquoi grondait en elle une telle colère, sourde et noir mêlée d'un dégoût certain d'injustice. Toujours était - il qu'elle se savait incapable de feindre ses émotions et que si elle sortait de ses appartements, tout le monde lirait dans ses yeux cet esprit révolté qui ne pourrait être expliqué ni compris, ni même toléré; Ñiniel était Chevalière céleste, liée à une Dorée, et l'image de Vahi'Nearii lui importait beaucoup.

Elle passait des journées entières sans sortir de ses draps, fixant l'horizon par la fenêtre. Elle n'avait pas voulu que ça se termine comme ça : Zackheim, et Persée encore plus, n'avaient pas mérité l'exil. Elle ressentait un sentiment d'injustice, certes, mais peut être et surtout d'ingratitude, sentiment qui devait être d'autant plus ressenti par les deux principaux concernés. Son ventre se nouait alors, refusant d'accepter quoi que ce soit. La vacuité de cette vie avait fait disparaitre toute volonté chez Ñiniel. À quoi bon donner ainsi de sa personne lorsque la récompense est l'exil, le bannissement? Ceux pour la paix de qui ils ont oeuvré ne les reconnaissaient plus parmi eux. Quelle terrible sanction, tellement injuste.

Son apparence était comme tout le reste: laissée à l'abandon. Ses longs cheveux blancs et soyeux s'étaient transformés en de longues mèches lourdes et grisâtres qui tombaient sur son visage autrefois lumineux. Elle ne mangeait plus, avait beaucoup maigri et s'affaiblissait. Son dos était de plus en plus douloureux mais Ñiniel n'en avait cure: elle resterait allongée et ne le solliciterait plus.

Elle avait la terrible sensation de n'apporter avec elle que malheur et tourments à ceux qui croisaient sa route et qui comptaient, avant de fuir vers d'autres endroits où semer ses graines malfaisantes. Tout d'abord son père. ... puis Nondile. Maintenant Persée. À quand le tour, d'Asulil son ami, ou Vahi sa Liée? Cette idée la paralysait.

Les jours passaient ainsi et se ressemblaient tous; et rien ne se passait.


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Euryliaku 918

Vahi'Nearii ressentait la douleur de cette moitié d'âme qui lentement disparaissait dans un étouffant néant. L'état de Ñiniel était certes préoccupant mais pas encore inquiétant, la jeune Dorée veillait et surtout, observait. Elle remarqua que quelque chose chez l'Ondine se repaissait de ces noires pensées en toute discrétion. Mais Vahi'Nearii ne laisserait surement pas cette noirceur prendre le dessus. Sans pouvoir expliquer avec exactitude ce qui lui faisait ressentir cela, elle ne pouvait s'empêcher d'observer la Noire Pierre de Ñiniel du coin de l'oeil. L'Ondine ne quittait jamais ce bijou qui parfois semblait l'écraser de tout son poids. La Dorée se gardait cependant bien de partager son trouble avec sa Liée, la priorité n'était pas ici.

En trois mois Vahi'Nearii avait grandi, avait aussi gagné en sagesse et sa force d'esprit continuait de s'imposer à tous. Elle laissait le temps au temps car c'était la seule réponse que Ñiniel attendait, même si cette dernière ne le savait pas encore. Seul le temps panserait ses plaies de corps et d'esprit, et l'aiderait à se relever et affronter ce qui la tétanisait. La jeune Dragonne atiserait alors la petite étincelle qui ferait tout repartir.

Et ce temps-là était bientôt venu.

En effet, Asulil et Maodan avaient un projet qui allait bientôt se concrétiser. Ils allaient bientôt s'en aller, et Vahi'Nearii ne supportait plus cette attente avant le fameux départ. Non pas pour leur absence, mais pour la perspective de les accompagner. Maodan était son frère et l'idée de vivre sa première aventure avec lui était extrêmement tentant pour la jeune Dorée qui entretenait avec son frère une relation très fusionnelle pour un Saurien. Leur attente avant l'éclosion et la venue de leur Lié avait forgé des liens puissants et rares.
Ñiniel n'en savait encore rien car elle n'était pas encore prête à envisager une telle quête. Il lui fallait un but personnel qui lui permettrait de se relever; et seule Ñiniel pouvait le trouver même si la jeune Dorée avait déjà son idée.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Aran'Rhiodku 918


Encore une journée sans but, sans raison de se lever. De son lit où elle ne rêvait plus, Ñiniel regardait les nuages défiler par la fenêtre. Si pour certains les rêves n'étaient que de vagues souvenirs, Ñiniel leur vouait une véritable puissance mystique. Elle était persuadée qu'ils étaient emplis de symbôles et signes qu'elle cherchait toujours à comprendre. Ne plus rêver l'affolerait en temps normal; mais du fond de son lit , cela n'avait plus aucune importance.

De temps en temps les rayons de Solyae percaient l'épais mur brumeux pour parvenir jusqu'ici, éblouissant l'Ondine qui se retournait alors pour fuir cette puissante lumière. Pourtant aujourd'hui, les nuages ne l'entendaient pas de cette manière et avaient décidé de faire pleuvoir. La pluie formait alors un rideau continu et impénétrable qui donnait un certain rythme, calme et sans surprise, au Kaerl. Ñiniel se laissait bercer par le doux bruit tout en se faisant hypnotiser par les gouttes fluides et infinies.

Vahi'Nearii elle aussi les observait de l'intérieur des appartements de sa Liée. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas plu; peut-être était ce enfin le moment. Doucement elle pénétra l'esprit endormi de l'Ondine.

*Ñiniel?*

"...."

Il était rare d'entendre le son de sa voix, même celle de son âme. Le calme était devenu maître des lieux depuis suffisamment longtemps maintenant pour que personne ici n'osa l'en déloger .

*Ne pourrais tu pas faire quelque chose pour empêcher l'eau d'inonder les lieux? Elle ruisselle sur le sol...*

Ñiniel poussa un gros soupir. Le moindre effort lui semblait insurmontable et elle n'avait pas la moindre envie de faire quoi que ce soit. Mais Vahi ne lui avait rien demandé depuis longtemps et sa requête était tellement surprenante qu'elle se redressa lourdement de son lit et regarda le sol et ses flaques.

Ses runes s'illuminèrent alors faiblement et l'Ondine tendit son bras vers l'eau, concentrée. Petit à petit la flaque se transforma en une petite boule d'eau qui s'éleva et passa par la fenêtre. Les flaques une à une disparurent de la même manière.

Ñiniel retourna dans le fond de son lit et se couvrit la tête . Mais Vahi'Nearii n'en avait pas terminé avec elle.

*Tu es douée...*

Cette fois l'Ondine laissa s'échapper un petit grognement agacé qui n'intimida nullement sa Liée.
Vahi'Nearii laissa s'échapper une réflexion faussement songeuse.

"Je n'ose imaginer ce qu'un tel pouvoir pourrait engendrer avec une vraie maîtrise de l'élément."


Ça y est. Elle avait planté la graine qui ferait germer dans l'esprit de l'Ondine l'idée que Vahi voulait inspirer.


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Fin Aran'Rhiodku 918


Lorsque les premiers signes du rétablissement de Ñiniel se firent sentir, Vahi'Nearii n'en perdit pas une miette. Aussi infimes furent-ils, ils étaient bien là. Tout d'abord elle se leva avec le soleil et tenta de s'activer. Bien sûr elle prit de longs bains dans lesquelles elle plongea avec délectation et resta des heures en intense réflexion tendit qu'elle fixait ses doigts s'amuser avec l'eau.

Elle remarqua que tous les jours on lui avait apporté son repas jusque dans ses appartements, et entreprit de remercier chaleureusement celui qui avait pris soin d'elle avec discrétion et déférence. Elle ne fut que relativement surprise d'apprendre qu'il s'eut agi d'Asulil. De nouveau Ñiniel s'ouvrait à ce qui l'entourait.

Elle laissa de nouveau la lumière inonder la grande pièce unique et peigna des longs cheveux avec application devant le miroir.

Quelque chose avait bel et bien changé. Tout d'abord, Vahi'Nearii avait laissé entrevoir le soupçon d'un petit projet personnel que l'Ondine avait certes envisagé mais jamais concrétisé : développer son pouvoir sur l'eau. Il était temps d'y remédier et ce nouveau but avait réveillé la jeune femme qui ne supportait plus son inactivité. Il fallait qu'elle se reprenne en main et elle seule en était capable.

Et la jeune Chevalière avait réalisé que son malaise était sans doute aussi porté par cette sédentarisation au Mar Menel; elle avait besoin de découvrir le monde, voir la mer qu'elle ne faisait plus qu'apercevoir du haut de son perchoir. Les grands espaces verts lui manquaient et il était devenu fréquent que Ñiniel se fasse surprendre à rêver par delà les nuages penchée sur son balcon.

La Dorée profita d'un de ces instants là pour s'approcher de sa Liée et lui parler d'Asulil et son projet.

"Ils sont prêts à partir. Ils avaient déjà retardé leur départ en attendant que tu ailles mieux car ils auraient aimé savoir si nous souhaitions les accompagner..."


Ñiniel ecarquilla ses grands yeux de glace. Avait-elle bien entendu?

*Partir?*

*Oui. C'est le moment idéal après tout ce qui s'est passé ici. Prendre du recul, laisser la situation se tasser, voyager et, pourquoi pas, réaliser tes souhaits...*

Les larmes montèrent aux yeux de l'Ondine. C'était la première fois depuis longtemps que son visage laissa transparaître une émotion. Et quelle émotion! Mais ainsi était la Chevalière.

*Il n'est rien que je souhaite de plus cher! Partons. Partons vite et loin. J'ai l'impression que cela m'est devenu presque vital Vahi. Et si nous accompagnons Asulil et Maodan je n'ai aucune raison d'hésiter!*

La Princesse d'or plissa ses yeux et afficha ses crocs qui se firent avec le temps toujours plus dangereux. Mais il s'agissait là d'un signe de contentement de celle qui avait réussi à guider son âme soeur vers l'échappatoire à son malheur.

*Nous allons demander une audience à la Dame Céleste et lui faire part de notre projet commun avec Asulil et Maodan. Nul doute qu'elle approuvera notre soif d'aventure.*


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Néharaku 918


Lòmëanor. Les vols furent incertains et peu assurés. Vahi et Mao étaient encore jeunes et découvraient depuis peu leur nouvelle capacité à voler, et leur deux passagers sur le dos n'arrangèrent rien.

Combien de fois ont-ils cru s'écraser au sol ou foncer droit à flanc de montagne? Ñiniel n'avait plus de main tant elle s'était agrippée de toutes ses forces à sa Liée. Elle fut prise de l'horrible doute de la maturité des jeunes dragons pour tenter le vol. N'était-il pas trop tôt pour cela?

Mais la fière Vahi'Nearii refusait le moindre commentaire à ce sujet, au risque pour sa Liée de finir éjectée de son dos. Elle s'en sortait parfaitement, et dans deux ou trois vols elle volerait parfaitement.

Ñiniel fut rassurée aussitôt le pied posé au sol et réalisa avec soulagement ce qu'ils avaient déjà parcouru en si peu déjà temps. Elle n'eut même pas le temps de se rendre compte de l'annonce de son départ auprès de la Dame Céleste - qui avait accueilli la nouvelle avec bienveillance et plus surprenant encore, sans contre indication de son Second qui souhaitait vraisemblablement éloigner les deux Chevaliers - qu'il étaient déjà partis avec leur barda préparé à l'avance. Tout juste eut-elle le temps de troquer ses longs vêtements immaculés par d'autres plus pratiques, d'enlever ses bagues et bijoux (sauf le collier de sa mère) afin d'éviter toute tentation, et bien sûr de récupérer Rànen qui s'était encore volatilisé au moment où il fallut partir.

Finalement la permission demandée n'avait été qu'une formalité, et l'Ondine prit véritablement conscience de leur départ à l'aventure. Le sourire sur son visage semblait ne plus vouloir s'en aller.

Les voilà dorénavant dans la ville de la célèbre Académie, à la recherche de livres anciens qui pourraient les aider respectivement dans leur quête; Ñiniel lisait la langue oubliée des ancêtres maudits, ce qui lui permettait d'accéder à des connaissances et savoirs mis sous silence - parfois -malgré eux.

Asulil était arrivé quelques minutes avant elles, ce qui avait quelque peu heurté la sensibilité de Vahi'Nearii qui se mit à penser tout haut.

*Il a juste foncé tout droit et a eu de la chance de rien trouver sur sa route, c'est tout...*

Ñiniel ne répondit pas et rejoignit le Torhill à vive allure.

"Alors ce premier vol? Quelles sensations incroyables n'est ce pas! J'en ai encore les jambes qui tremblent...."

Bien qu'elle avait déjà volé sur le dos d'autres Dragons, c'était une grande première de découvrir avec sa Liée cette formidable performance, et Ñiniel éprouvait, malgré une marge de progression certaine, une immense fierté envers Vahi, qui elle ne semblait pas emballée outre mesure par ce premier vol.

*Petite nature va....Je vous rappelle que vous êtes venus ici pour chercher des informations; vous vous remettrez de vos émotions plus tard. Je vais m'entraîner à voler un peu plus loin là-bas! Ne traînez pas trop.*

Elle s'éloigna nochalement tandis que les deux Chevaliers s'avancèrent vers l'Académie. Chemin faisant, l'Ondine prit une nouvelle fois la parole mais ne détourna pas son regard sur lui. La pudeur de Ñiniel l'empêchait de regarder Asulil et d'aller au bout de sa pensée sans laisser l'émotion la submerger. Elle lui avait montré ses failles, elle qui voudrait tellement se montrer forte.

"Au fait....Je ne t'ai pas remercié pour ta sollicitude ces derniers mois. J'ai pu paraître froide et distante mais sache que chacune de tes attentions a été un pas vers ma...."guérison". Alors, merci... Merci pour ton amitié chère à mes yeux. Merci d'avoir été présent sans me brusquer. Et merci pour ce voyage; j'espère sincèrement être là pour toi le jour où tu en auras besoin comme tu l'as été pour moi."




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MessagePosté le: Sam 5 Mar 2016 - 00:15 Revenir en haut

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Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Mar 15 Mar 2016 - 22:18 Répondre en citantRevenir en haut

Solyaeku 918


Le temps passait trop lentement. Rien ne s’était passé comme 'prévu', s'ils avaient vraiment prévu quelques choses. Dans tous les cas, ce n'était pas ça.. Non. Tout auraient dû finir, Dame Amlug aurait dû retourner tranquillement sur son trône avec son mari vivant à ses côtés, et le désormais ex-seigneur de Galastden aurait dû être jugé pour sa trahison et mit en prison. Voilà ce qui aurait dû se passer, dans les grandes lignes. Mais non... Il avait fallu que tout dérape. Que le seigneur refuse de se soumettre au jugement, que Maîtresse Garaldorf, l'ancienne de son amie, s'accuse de tout pour les protéger d'un quelconque courroux. Mais ils étaient prêts à l'affronter, ils ne craignaient rien. Ils avaient toutes les preuves qu'il fallait pour un quelconque procès, et le retour de la Dame déchu aurait tout arrangé de toute façon...

Mais tout ça encore, ils auraient pu s'en accoutumer... Si ça s’était arrêté là. Mais dans la confusion, qui était en grande partit de leur faute, voir totalement, un homme avait tenté de faire l'impensable aux yeux d'Asulil. Ambroise de Leysse, actuel second, avait tenté, et partiellement réussi, à poignarder l'homme que les deux nouveaux liés accusaient de trahisons. Ils l'avaient vu... Et l'inverse était aussi vrai. Les yeux persans de l'homme avaient croisé les leurs, et dans une fraction de seconde, chacun comprit que le silence serait la seule chose à faire. Alors ils s’étaient tus... Ils avaient laissé un nouveau traitre si proche du pouvoir. Et ça rongeait le Torhil presque autant que la marque avait rongé son corps. Il aurait voulu prévenir de ce qu'il avait vu, de ce qu'il s’était passé, d'empêcher qu'un jour ça recommence.

Dans la semaine qui le banquet sanglant, l'ancien soldat se dirigea de nombreuses fois à la porte de la Dame. Il hésita de plusieurs fois à toquer. Mais se ravisa tout le temps, souvent sous la pression de son lié.

• Si tu parles, tu risques d'avoir des problèmes. D'autant que tu vas de nouveau en créer•

Disait-il souvent, touchant un des points sensibles du jeune homme. Ne pas vouloir créer de problèmes... Alors que le calme était revenu.

• Et puis c'est un atout aussi. Il sait que nous l'avons vu. Il n'a d'autre choix que de se tenir bien.•

- Oui enfin il nous surveille aussi. Rien ne dit qu'il ne va pas nous faire assassiner dans l'ombre. Ça a l'air d'être une pratique récurrente dans le coin.

• Et tu crois qu'une enquête ne sera pas menée ? Vous êtes doublements des héros. Ça sera forcément suspicieux que l'on vous retrouve mort tous les deux. D'autant qu'il faudra aussi qu'il nous élimine avant qu'on dise la vérité et qu'on le dévore. Tu n'as rien à craindre•

C'était donc ça un bronze... Tous ses calculs politiques donnaient des migraines au jeune lié qui se contentait de hausser les épaules et de retourner à sa tâche. Cette dernière consistait en général à tenter de se faire oublier. Maodan avait raison sur un point. À défaut d'être des héros, ils étaient doublement connus. Comme ceux qui avaient pris part à la guerre et surtout à la quête contre l'Ombremage, mais aussi comme ceux qui avaient commis un renversement politique.

Lorsqu'ils sortaient tous les deux, encore une fois sur la pression du saurien, rares n'étaient pas ceux qui se retournaient sur leur passage ou se mettaient à chuchoter. Asulil n'aimait pas ça, oh non, mais le quadrupède, lui, était aux anges, savourant les flatteries avec délices et grognant après les mauvais commérages. Car ils y en avaient, les partisans de l'ex-Seigneur, qui accusaient le quatuor d'avoir causé sa chute, à juste titre, et de causer ainsi la perte du Kaerl.

Heureusement pour le jeune homme, il s’était trouvé une 'occupation', pour oublier un peu tout ça.
Son amie, sa presque sœur, était plus que mal en point. Quelque chose ne tournait pas rond. Il savait qu'elle souffrait du dos, mais quelques choses semblaient la ronger de l'intérieur et aucun des trois êtres qui l’entouraient ne comprenait ce qu'il se passait.

Alors ils prenaient soin d'elle. Chaque jour qui passait, Asulil et Maodan entraient dans la chambre après avoir toqué, sans obtenir de réponse la plupart du temps. Le Torhil déposait un baquet d'eau chaude et des linges propres. Puis il tirait les rideaux en ignorant les plaintes de son amie, ouvrait les fenêtres pour chasser l'air stagnant.

Puis il repartait pour revenir vers midi déposer de quoi manger, fermer les fenêtres et tirer légèrement les rideaux. Il parlait. De tout, de rien, de l'extérieure, des nouveaux régents. Il savait qu'elle n'était pas vraiment là, mais au moins, elle se redressait un peu et faisait semblant d'écouter, sortant de sa torpeur.

De temps en temps aussi, il prenait littéralement le problème à bras le corps et préparait un plus grand baquet d'eau, non sans en renverser un peu partout, et la sortait du lit avec douceur, mais fermeté. Il allait m'asseoir dans la salle d'eau et la laissait là le temps qu'il fallait en la prévenant qu'il reviendrait dans x temps.

Maodan la gratifiait du fait que si elle ne s’était pas lavée, ils allaient bientôt la confondre avec le linge sale de son lit. La couleur du moins y ferait penser.
Le bipède lui en profitait pour faire changer les draps puis il attendait qu'elle sorte pour la faire se rallonger.

Enfin, parfois, il restait simplement avec elle le temps que Vahi et Maodan sortent s'entraîner ensemble. La dorée ne voulant pas laisser sa liée seule, Maodan avait dû faire preuve de toute sa capacité à convaincre pour la persuader du bien-fondé d'aller s'entraîner à voler, entre autres...

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Euryliaku 918


Il fallait qu'ils partent. Asulil ne supportait plus cette ambiance, ses murmures, cette inquiétude. Les gens ne se lassaient donc jamais ? D'autant que certaines autres rumeurs s’étaient ajoutées aux premières, les gens remarquant bien ses aller-retour dans la chambre de la chevalière dorée. Maodan avait été quelque peu réticent à cette idée, mais une chose l'avait convaincu. Cette... Chose, qui avait disparu lorsque lui-même était apparu semblait revenir doucement. Ce n'était pas flagrant. Toujours les habituels sursauts lorsqu'une ombre bougeait ou n'importe quoi d'inattendu. Mais cette fois, il surprenait parfois son lié à fixer le vide, alors que lui-même avait du mal à lui parler.

Il n'avait évoqué ça à personne, pas même à sa sœur. Il savait que cela était la marque du mage qu'il avait combattu avant de la rencontrer et Vahi devait déjà faire avec les problèmes de son âme sœur. Alors il faisait comme si de rien n'était et avait accepté de préparer cette 'aventure' avec eux. Bien sûr, ils avaient proposé à la princesse de venir, pour que Niñiel puisse bouger. Et d'un commun accord, ils se répartirent les tâches. Le couple de mâles préparerait tout ce qu'il faudrait, commanderaient les tenues pour voler ainsi que le harnais pour passer à travers l'interstice.

Vahi elle planterait la graine du renouveau dans l'esprit de l'ondine pour l'inciter à se bouger un petit peu.
À côté de ça, les jours se ressemblaient et défilaient sans grands changements.

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Néharaku 918


Un mois entier était passé ainsi avec la joie de constater que la petite dorée avait réussi. Enfin plus si petite que ça. En trois mois ils avaient grandi de manière impressionnante. La femelle commençait à dépasser son frère qui s'amuser à lui dire qu'elle mangeait trop, pour cacher son propre orgueil d'être dépassé par sa PETITE sœur. Asulil lui s'émerveillait de les voir grandir aussi vite. Ils allaient pouvoir les porter et ils s’étaient longuement entraînés pour ça, même si c'était légèrement chaotique. Heureusement que Maodan était grand, car sur un autre dragon, le Torhil se serait vite senti à l'étroit.

Mais le premier vol fut... Chaotique. Fier de lui comme un paon, Maodan avait foncé tout droit sans se soucier que les arbres étaient parfois très très proche et Asulil implora Gaia de l'épargner et de les faire arriver, si non entier, mais vivant au moins. Il n'avait pas le vertige, mais peut-être que ça allait vite arriver si le Bronze continuait à voler de cette façon.

• Ce n'est pas de ma faute si tu es plus aussi lourd ! Avec le sac en plus.•

- Tu te plains d'avoir réussi à transporter tout ça ? Le taquina-t-il gentiment.

• Non, je fais remarquer que justement j'ai réussi malgré tout le poids,• dit-il en se détournant pour aller au côté de sa sœur et lui faire remarquer qu'il était arrivé en premier.

Mîw sortit de sous les vêtements d'Asulil et alla se dégourdir un peu les ailes. Le chevalier avait insisté pour qu'il ne vole pas à côté, de peur de le perdre, et il avait dû le retenir fermement à plusieurs reprises pour éviter qu'il s'échappe du vol capricieux du plus grand. Il alla roucouler aux oreilles de Niñiel puis se mit en quête de fruit à grignoter.

Asulil accueillit son amie en souriant.

- Disons... Éprouvant quand même, j'ai bien cru rejoindre Gaia plus tôt que prévu à certains moments. Mais tout va bien ! C'était impressionnant.

• Bien sûr ! À quoi tu t'attendais d'autre ? Allez oust, nous on va aller se prélasser au soleil pendant que vous fouinez les vieux livres poussiéreux.•
et il partit s'entraîner avec sa sœur. Il jeta un coup d'œil à son lié avant de partir, inquiet de le laisser partir sans lui. Il fit un regard au plumeau multicolore en lui ordonnant de surveiller le grand maladroit et partit finalement. Il ne serait pas tout seul.

Asulil, lui, haussa les épaules aux remerciements de Niñiel alors que le dragon fée retourna se lover dans le coup de son bipède, le ventre plein de pommes.

- C'est normal, tu ne me dois rien. Dit-il en restant à sa hauteur. La socialisation n'était toujours pas son fort, mais il s'était détendu et parlait plus facilement depuis qu'il restait avec la jeune femme. Il avait dû parler pour deux après tout, pendant près de trois mois.

Un ricanement que seul lui entendit le fit jeter un regard furtif dans un coin avant de hausser de nouveau les épaules.

- Allons chercher les livres de l'académie. Tu crois que la bibliothèque est grande ? Plus grande que celle du Kaerl ? Du manoir ?

Les livres le passionnaient toujours autant et il avait passé trois mois à lire sans s'arrêter pour se perfectionner. Maintenant sa lecture était fluide, bien que butant parfois sur les mots qu'il ne connaissait pas. Mais sa mémoire parfaite était un atout pour une fois.

Après un dernier regard sur le village en contrebas, ils pénétrèrent dans l'enceinte de l'académie. L'endroit était beau, on ne pouvait le nier. Les pierres avaient une histoire et donner à l'endroit les lettres de noblesse propre à un lieu d'apprentissage. Les yeux d'Asulil se perdirent le long des murs décorés et des portes gravées.

- Mmh... Par où...? Murmura-t-il hésitant. Il teignait ici un tel calme que même murmurer semblait être un affront.

Mîw roucoula doucement, mais se cacha un peu plus à la légèrement réprimande télépathique de son bipède, retournant dormir. La surveillance attendrait.
C'est alors qu’une petite femme, le chignon serré, les bras chargés d'ouvrage s'arrêta devant eux.

- C'est pour quoi ? Demanda-t-elle d'un air suspicieux, détaillant le grand Torhil avec le plumeau qui dépassait du col et la petite ondine chétive. Elle n'aimait pas les fauteurs de trouble.

- Euh... C'est que nous sommes là pour... Livres... Bredouilla-t-il, intimidé. Il avait encore des progrès à faire. Un nouveau ricanement que seul lui put entendre le fit détourner les yeux et fixer une nouvelle fois le vide, revenant rapidement en entendant qu'on lui parlait.

- ... Gauche. Mais attention, ici nous ne tolérons pas les perturbateurs. Le silence et la clé d'un bon apprentissage.

- Euh oui Madame... Merci madame...

D'un dernier jugement sur les deux, elle se détourna et partit. Asulil posa son regard sur son amie, espérant qu'elle avait écouté et qu'elle savait donc où aller alors qu'il manqua de tomber en se dirigeant dans la mauvaise direction. Pour la discrétion et le silence, il repasserait...

- J'espère qu'on trouvera des livres intéressants, dit-il au plus bas, se penchant presque pour que Niñiel entende mieux, alors qu'ils allaient vers la bibliothèque. Et qu'on ne restera pas trop longtemps...

Il se redressa d'un coup lorsque la petite dame repassa à côté d'eux, comme pris en flagrant délit.



Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Sam 19 Mar 2016 - 20:08 Répondre en citantRevenir en haut

Le détachement dont faisait preuve Asulil quant à son dévouement pendant ces dernières lunes laissa Ñiniel dans un profond silence de respect. Elle n’était pas certaine que ce fût à la portée de tous, mais pour le Torhil, cela était « normal ». Peut-être était-ce aussi le signe d’un réel attachement à son égard, ce qui lui empourpra furtivement ses joues.

« Allons chercher les livres de l'académie. Tu crois que la bibliothèque est grande ? Plus grande que celle du Kaerl ? Du manoir ? »

La journée était belle et radieuse, quoiqu'un peu fraîche. Le soleil transperçait les nuages froids pour éclairer le paysage de Lòmëanor d'un ton orange et chaud.

« En route, allons vérifier ! »

Les deux compagnons sortirent de la ville pour arpenter le sinueux chemin menant à l'académie. Située en hauteur, elle offrirait un magnifique panorama sur la ville.

« Mais il me semble que la bibliothèque n’est qu’une partie de l’Académie, tandis que la bibliothèque du Kaerl est un seul établissement…quant à celle du Manoir… »

Le souvenir de leur quête ressurgit aussitôt. Il était étrange pour l’Ondine de revivre ce passé, car il ne s’était pas manifesté jusqu’à aujourd’hui, profondément oublié par sa mémoire. Il est vrai que l’Empreinte, puis le retour de la Dame Céleste, avaient laissé peu de temps à cette incroyable aventure pour se rappeler au souvenir de Ñiniel. Et pourtant, ce fût sûrement le moment le plus important de sa courte vie…. après son Lien.

Et tandis qu’ils marchaient, Ñiniel repensa alors aux trois Clefs, récitées avec la Neutre Alrüne. Elle se souvint de l’effroi de découvrir Asulil au sol, poignardé par l’Ardente. Ñiniel eut honte de ne pas s’être inquiétée plus que ça du rétablissement d’Asulil. Sa blessure avait l’air parfaitement soignée, mais l’était-elle vraiment ?

La jeune Chevalière se souvint aussi de la mission qu’ils avaient tous deux au moment où cela s’est produit. Loin de leur Lié, Ñiniel ne put s’empêcher de se questionner sur ce qu’elle n’avait jamais osé lui demander : qu’avait-il éprouvé lorsqu’il eut pénétré l’esprit de l’Ombremage ?

Le chemin fut long pour Ñiniel; même si l'air extérieur et la marche n'étaient que ce qu'elle avait souhaité depuis bien longtemps, son corps trop longtemps ignoré souffrait. Sa taille était ceinte d'un corset en cuir qui avait pour mission de maintenir son dos droit. Celui-ci était caché sous ses vêtements car peu esthétique et pouvant amener à se faire remarquer. Il parcourait son dos de bas en haut jusqu'à sa nuque et serrait sa taille ainsi que ses épaules pour empêcher tout mouvement du haut de son corps.

C'est ainsi qu'elle s'aperçut à quel point il pouvait être gênant de ne pouvoir se mouvoir comme bon lui semblait. Ses gestes étaient raides et limités, et même ses pas semblaient maladroits. Mais c'était le prix qu'elle avait à payer pour ne pas s'en être occupée plus tôt. Repentante, elle prit sur elle de ne pas se plaindre de ce pour quoi elle était fautive.

L'entrée de l'académie leur dévoila bientôt la cour intérieure dans laquelle le temps ralentissait. Coupant le vent par ses murs, l'académie refusait au froid de franchir ses frontières. Le silence apaisant régnait tandis que les gazouillis d'oiseaux chatouillaient les oreilles des étudiants présents. Certains étaient assis à l'ombre en train de lire rêveusement pendant que d'autres parcouraient le chemin des voûtes en discutant cours et autres devoirs.

La Dame au regard sévère indiqua sans grande envie le chemin vers la bibliothèque. Ñiniel la gratifia d’un joli et chaleureux sourire, refusant de voir son humeur influencée par une telle personne.

Elle s’amusa de voir Asulil trébucher et oublia instantanément cette fâcheuse « rencontre ».

« J'espère qu'on trouvera des livres intéressants. Et qu'on ne restera pas trop longtemps... »

Il est vrai que les deux Chevaliers rendaient la petite Dame méfiante, car la voilà qui arrivait en face, comme si elle cherchait à les surveiller. La chevalière comprenait ce que voulait dire son compagnon d’arme ; il n’est jamais très agréable de ne pas se sentir la bienvenue quelque part.

Elle se concentra plutôt sur la meilleure façon d’aboutir rapidement à leur recherche. Les livres les plus intéressants devaient forcément être les moins accessibles, gardant jalousement leur secret entre leurs lignes. Les plus classiques avaient déjà livré beaucoup de leur savoir. Et Ñiniel n’était pas totalement novice dans l’art du pouvoir aquatique.

« Je commencerais par les écrits Valherus traitant de magie… je suis tellement curieuse de découvrir leurs secrets ! Je vais enfin pouvoir utiliser ce nouveau « Don ». »

Mais alors qu’ils continuaient d’avancer vers la bibliothèque, Ñiniel réalisa que son ami semblait absent et désorienté. C’était la troisième fois qu’elle le retenait par le bras alors qu’il prenait la mauvaise direction.

« Asulil...à droite.... »

Lui, à la mémoire d'ordinaire infaillible, ne se souvenait pas de ce qu'on lui avait dit quelques instants auparavant, ce qui commença à éveiller les sens de Ñiniel. Cette fois-ci elle se tût mais se promit d’être attentive à son ami.

Enfin, ils arrivèrent au lieu recherché. Tout en longueur, la bibliothèque s’étendait sur tout un flanc du bâtiment de l’Académie.
Les larges fenêtres laissaient pénétrer ici le soleil, réchauffant les murs blancs et étagères en bois sombre. Elle était de loin la plus belle des bibliothèques qu’elle n’eut jamais vues.

Ils avancèrent religieusement dans le lieu, commençant à rechercher les ouvrages Valheriens. Mais alors qu’elle observait du coin de l’œil Asulil, Ñiniel remarqua qu’il ne prêtait aucune attention à la recherche. Il la suivait, tête baissée, silencieux et pensif. L’Ondine avait remarqué l'absence qu'il avait eue plus tôt. Elle, qui le connaissait bien, trouvait ça plutôt anormal. Elle parvint à ses côtés et marcha quelques instants à sa hauteur avant d’enfin lui parler.

« Es-tu sûr que tout va bien? »

Elle montra du doigt le flanc du Torhill et lui lança un regard interrogateur pendant qu’ils continuaient d’arpenter le dédale d’étagères remplies de livres. La taille de la bibliothèque de l’Académie était impressionnante, et il paraissait bien aisé de s’y perdre.

« Asulil, es-tu complètement remis de tes blessures? »

Puis, alors qu’ils étaient seuls au milieu des livres, sans personne pour les entendre, l’Ondine attrapa le bras d’Asulil, se posta devant lui tout en le forçant à s’arrêter, et le regarda fixement. Elle parla le plus doucement possible afin de ne pas être entendue.

« Au fait, je ne te l’ai jamais demandé, mais…. Quand tu étais dans l’esprit de Drazahir… qu’as-tu vu ou …. ressenti ? »


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Vahi’Naerii, accompagnée de Maodan, cherchait une petite clairière isolée afin de pouvoir s’entraîner loin des curieux. Il n’était pas nécessaire que tous puissent témoigner de l’apprentissage, sûrement ridicule, du vol par une Reine Dorée. Que penserait-on alors des Reines du Kaerl Céleste ?
Rànen avait quant à lui décidé de se dégourdir les ailes avec les deux Dragons. Perché sur le dos de Vahi’Naerii, le Kalel’y gazouillait à tout-vat pendant que la petite Dorée s'adressait à Maodan.

*Alors, qu’est ce qui t’inquiète ? Ne fais pas l’innocent, je l’ai ressenti quand tu as regardé Asu. Tu crois que ma Liée va lui sauter dessus ?*

La Dorée aimait se moquer de son frère, et lui donna un léger coup sur le côté pour le dévier légèrement de son chemin. Elle reprit aussitôt un ton qui se voulait rassurant, car si elle aimait se moquer, elle respectait le sentiment de son frère à propos de son âme sœur, et y était sensible ; s’il était inquiet, il y avait une raison.

*Tu sais, l’état de Ñiniel n’est pas réjouissant non plus. Elle se montre plus en forme qu’elle ne l’est réellement. Je trouve étrange d’ailleurs qu’elle se soit affaiblie si rapidement, si tu veux mon avis. Après tout, elle ne se laissait pas dépérir, elle mangeait, dormait et…*

Vahi’Nearii poussa un grognement résigné. Sa Liée était épuisée et considérablement affaiblie, vidée de toute énergie.

*...ne faisait pas grand-chose d’autre, tout compte fait….*

Elle qui l’avait veillée, savait que l’état de lassitude qu’eut sa Liée ne pouvait provoquer cela, il devait y avoir autre chose. Pourtant, elle n’avait rien remarqué qui puisse laisser penser cela, et la Dorée devait donc s’incliner. Et Ñiniel avait retrouvé des couleurs depuis l’annonce de leur départ, ce qui était un signe encourageant.

*Mais je suis certaine que tout ira mieux pour eux maintenant qu’ils sont ici. Pendant ce temps, je vais m’employer à te mettre une raclée au vol retour.*

Les deux jeunes Dragons pénétrèrent dans une petite clairière sombre qu’aucun rayon de Solyae n’atteignait. L’astre était encore trop bas pour dépasser la cime des arbres. La rosée était encore fraîchement posée sur l’herber et autre flore, offrant un doux tapis humide aux pattes du frère et de la sœur.

Rànen s’envola aussitôt pour aller se désaltérer auprès de ces gouttes d’eau pures et fraîches. Il voleta de fleur en fleur, butinant toute rosée prise dans la moindre petite cavité naturelle crée par la nature.

Vahi’Nearii fut extasiée par l’endroit. Elle se voyait parfaitement s’entraîner ici. L’endroit ne pouvait pas être plus camouflé.

*Ce sera parfait !*




Asulil Addraeddry
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MessagePosté le: Jeu 7 Avr 2016 - 16:47 Répondre en citantRevenir en haut

Il était ailleurs, complètement la tête dans les nuages. Ce n'était pas forcément quelque chose d'exceptionnel pour lui, il était un brin rêveur, les livres aidant clairement à s'évader, mais pas à ce point, pas alors qu'il marchait dans une bibliothèque.

- Ah oui droite. Désolé, je n'ai pas vraiment écouté, s'excuse-t-il lorsque l'ondine le reprit sur le chemin pour la troisième fois. Mais il essayait de se concentrer... De se concentrer pour ne pas entendre les ricanements et sifflements qui l'entouraient. Pourquoi avait-il parlé du manoir ? Il aurait dû reléguer ce souvenir au fin fond de sa mémoire et l'étouffer sous toutes les nouveautés qui s’étaient produites en quelques mois. Mais non... Il soupira légèrement et se replongea dans ses pensées, récitant intérieurement un poème quelconque qu'il avait lu pour étouffer les bruits de paroles. C'est à peine s'il avait prêté attention à la bibliothèque si Mîw n'avait pas roucoulé dans son oreille pour le sortir de sa torpeur.

- Aouch, doucement. Pas aussi prêt de l'oreille je t'ai déjà dit... Murmura-t-il en représailles. Qu'est ce qu'il y a ?

Le petit dragon lui envoya les images de la bibliothèque puis lui transmit un sentiment d'inquiétude. Le Torhil se décida à enfin lever le nez, ouvrant grand les yeux. C'était beau... Pour lui, pas autant que la grande bibliothèque du Kaerl, mais c'était exceptionnellement beau. Il se demanda si toutes les Bibliothèques de Tol Orëa étaient impressionnantes, s'il y en avait beaucoup. Et celle sur les autres continents ? Il faudrait qu'il les visite...

~ Si tu y arrives.~

Le grand Chevalier sursauta et regarda autour de lui discrètement. C'était la première fois depuis longtemps qu'il l'entendait aussi distinctement. Mais il avait dû rêver... Entendre parler quelqu'un d'autre. On disait que les pierres pouvaient porter les voix, ça devait venir de là.

Au loin, trop loin pour être vraiment clair, il percevait une certaine inquiétude qu'il chassa d'un mouvement de main comme on chasserait une mouche. Fixant le sol, il se mit à compter les pierres qui composaient le dallage du sol. Cela avait le mérite de lui occuper l'esprit et de ne plus penser à ce mage et ce qui en avait découlé.

- .... Tout va bien ?

La fin de la phrase sortit le Torhil de ses pensées et il posa ses yeux sur son amie, le doigt et enfin ce qu'il montrait. Ah oui, il n'en avait pas beaucoup parlé... Il porta machinalement la main sur la cicatrice.

- Oui oui, ça va. Ça tire encore un peu parfois, mais ça va. Les guérisseurs font des miracles. Même s'il n'avait pas été très assidu à aller se faire soigner au retour du Manoir, ce qui avait retardé la guérison, il s'en remettait totalement. Ça fait mal sur le coup, mais c'est du passé.

Il lui fit un petit sourire qui se voulait rassurant et se concentra sur la recherche de Nini, levant le nez. Sa grande taille, même pour un Torhil, était un atout dans ce genre d'endroit où les livres pouvaient monter très haut sur les étagères.

- Je ne sais pas si on trouvera quelque chose sur les Valherus ici, enfin autre que les choses classiques qui t'auraient échappé au Kaerl. Mais je me demande s'ils n'ont pas des ouvrages sur les dragons fée. Ça par contre, même au Kaerl, c'est plutôt rare... Je ne comprends pas vraiment pourquoi d’ailleurs… je veux dire, ils ne sont pas si rares que ça, j’ai vu plusieurs personnes en avoir… Il réfléchit une seconde puis hausse les épaules. Il finirait bien par trouver. - Si tu vois quelque chose de trop haut, appelle-moi.

Et il commença à marcher tranquillement, cherchant des rayons et des livres intéressants, s’arrêtant parfois pour lire quelque chose de plus compliqué. C’est lors d’un de ses arrêts où il se concentrait que son amie décida de lui saisir le bras pour le faire se tourner vers elle, arrachant un léger sursaut au Torhil qui ne s’attendait pas à cette interaction. Il baissa son regard vers elle, se demandant ce qu’il se passait d’un coup, attendant… Jusqu’à pâlir d’un coup à la question. Cette question. On ne lui avait jamais demandé, elle n’en avait jamais parlé, il ne l’avait jamais évoqué. Il pensait bêtement que les gens faisaient exprès, ou qu’un quelconque ordre avait été donné pour ne pas, plus jamais, évoquer l’ombremage. Un frisson d’horreur lui parcourut le dos, les images, les sensations passant devant ses yeux comme un livre d’images horriblement réaliste. Il ne bougeait plus si ce n’était les légers tremblements agitant son corps alors qu’une voix lui susurrait à l’oreille que jamais il n’oublierait. Oublier, il voulait oublier, ne plus penser à ça, jamais. A cette sensation. De pouvoir, de douleur, de puissance, de peur. Le plaisir de tuer, la peur de devoir le faire. Le poignard menaçant la Neishaane, les excuses et l’incompréhension. Il était en train de perdre pieds lorsqu’une puissante chaleur l’entoura, bloquant son esprit, chassant les souvenirs d’un grognement menaçant alors que Maodan prit mentalement place ici, prêt à piétiner tous ses souvenirs s’il le fallait.

Cela avait duré une seconde tout au plus. Asulil frissonna et sourit doucement, maladroitement alors que Mîw chantait tout doucement dans son cou pour le rassurer.

- Ce n’est pas………. Une expérience très agréable. Je n’ai pas trop envie d’en parler, désolé.

~Tu mens à ta meilleure amie ? Tututut, Asulil, tout commence comme ça.~ Murmura la voix que seul le Torhil pouvait entendre. Il fixa les mains blanche, invisible, inexistante, s’enrouler autour du coup de Ñiniel par derrière, faisant glisser son doigt le long de son menton avant de disparaitre. Le chevalier n’avait pas bougé et se tourna vers la bibliothèque.

- On devrait peut-être se renseigner tu ne crois pas ? Ça serait plus simple que de faire livre par livre… Non ? Il tira un livre au hasard. Re..Recette magique pour servante accomplie et heureuse. On n’est vraiment pas dans le bon rayon, dit-il un peu amusé, posant le livre et quittant l’allée rapidement. Il sera doucement le poing du bras qui avait été touché, espérant calmer ainsi les petits tremblements qui ne le quittait pas. Priant Gaia pour que son amie ne l’ait pas vue…

--><--


Trottinant à côté d’elle, le Bronze écoutait sa sœur s’inventer des histoires sur l’inquiétude dont il avait témoignait à l’égard de son lié. Il souffla doucement, ricanant.

• Elle serait probablement surprise de l’accueil, c’est moi qui te le dis. Car s’il avait compris une chose sur le Torhil, c’était que les choses de l’amour bipède lui étaient totalement inconnues. Et ce n’était pas lui, Dragon, qui pourrait lui apprendre. Mais il se rappelait parfaitement de cette scène on ne peut plus embarrassante d’un Asulil revenant rouge de honte et bégayant après être tombé, par le plus grand des hasards, sur un couple en pleine…. Exploration.

• Il va… bien… C’est quelque chose qui s’est produit avant que nous arrivions. Il n’arrive pas à oublier et il y a une…… Chose ? Dans son esprit, je ne la vois pas, qui le tourmente parfois. il fit une pause, semblant réfléchir. • En fait, je crois qu’à force de tomber, il est devenu fou, voilà tout. Peut-être que lorsqu’il retombera encore, tout se remettra en place Il souffla d’amusement à sa remarque, mais n’était pas moins préoccupé pour autant.

• Oui, ça va s’arranger, je n’en doute pas ! On est là, donc forcément que ça ira mieux Il bomba le poitrail en conquérant et poussa à son tour sa sœur avant de partir en courant. • Pour ça, il faudrait déjà que tu gagnes à la course. Et puis je pars avec un handicap. Ñiniel est vraiment toute petite !

Il se stoppa lorsque ses pattes touchèrent la mousse tendre de la clairière. Levant le museau, il huma l’odeur du matin. C’était agréable. Bien plus que celle du Kaerl. Bien que de naissance Dorée, ils étaient aussi nés Libres. Peut-être était-ce ça qui les avait poussé à quitter le confort de la cité si rapidement.

• Oui, parfaitement ! Tu vas pouvoir te ridiculiser à l’abri des… Il se figea en grognant silencieusement d’un coup, ressentant la détresse de son lié soudainement. Ils n’étaient pas très éloigné l’un de l’autre, mais le lien était encore tout jeune alors il eut du mal à le trouver, à le protéger. Ça ne dura pas longtemps, mais déjà trop en laissant une trace dans le corps de son Torhil. Il enroula son esprit plus étroitement au sien, grognant un peu en secouant la tête pour ‘revenir’ ici et alla au centre de la clairière.

• Tu vas voir, je vais encore te battre, et c’est bien normal ! Dit-il en battant des ailes fortement pour décoller.

• Que penses ton étoile de tout ça ? Demanda-t-il d’un coup. Il faisait bien sur référence à la déesse qui avait marqué sa sœur. Décoller sans Asulil était tout de même bien plus facile.



Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Mer 8 Juin 2016 - 17:50 Répondre en citantRevenir en haut

Cette réponse laissa l'ondine songeuse, l'empêchant de détourner son regard azur de son grand ami. Elle tenta de percer la vérité dans le fond de son âme, en vain... Ñiniel n'insista pas.

Le sourire d'Asulil ne calma pas complètement son inquiétude, au contraire. Si les blessures physiques étaient pratiquement guéries, elles n'expliquaient alors pas les absences dont il souffrait.

Elle se mit à le suivre docilement tout en continuant de l'observer aussi furtivement qu'elle le pouvait.

Mais bientôt les recherches à l'académie reprirent le dessus, et après quelques rangées de livres scrutées, une conclusion peu encourageante s'offrit à Ñiniel.

- Je ne sais pas si on trouvera quelque chose sur les Valherus ici, enfin autre que les choses classiques qui t'auraient échappé au Kaerl. Mais je me demande s'ils n'ont pas des ouvrages sur les dragons fée. Ça par contre, même au Kaerl, c'est plutôt rare... Je ne comprends pas vraiment pourquoi d’ailleurs… je veux dire, ils ne sont pas si rares que ça, j’ai vu plusieurs personnes en avoir… Si tu vois quelque chose de trop haut, appelle-moi.

La jeune Chevalière avait bien une petite idée sur la question : les dragons fée aux pays des dragons n'avaient du être qu'un petit sujet d'intérêt pour les grands chercheurs; face à leurs cousins ailés et puissants, ils n'avaient pas réussi à s'imposer. Si les Kaerls s'y étaient peu intéressés, d'autres personnes au Rhaëg les avaient surement étudiées.

Mais qui sait? Peut-être qu'Asulil serait le premier spécialiste des dragons fées et que ses ouvrages seraient un jour une référence. Cette idée la faisait légèrement sourire.

Sourire qu'elle perdit bien vite lorsqu'Asulil eut une nouvelle absence. Et quand Ñiniel lui posa la question qui brûlait ses lèvres depuis trop longtemps déjà, elle fut blessée de découvrir que le Chevalier ne souhaitait pas partager ses inquiétudes et épreuves passées avec elle. Ñiniel ne comprit pas immédiatement pourquoi Asulil ne voulait pas lui en parler, elle qui pourtant avait été présente lorsque tout était arrivé.

Plus elle y pensait, et plus elle imaginait qu'il y avait un lien entre ce terrible moment et les moments d'absence de son ami. Cela ressemblait fortement à Asulil, qui ne voulant causer d'inquiétude à personne, préférait garder ses craintes pour lui.
Cette fois il n'était plus question d'oublier; le doute avait bel et bien germé dans l'esprit de l'Ondine.

Si seulement elle était en mesure de communiquer avec Vahi'Nearii. Peut être que sa Liée avait reçu quelque confidence à ce propos par son frère.

Elle marcha derrière le Torhill, plus méfiante que jamais. Pour quelle raison son ami lui cacherait - il quelque chose? Ñiniel se sentait de moins en moins rassurée seule en présence de celui avec qui pourtant elle avait tout partagé; que se passait - il?

- On devrait peut-être se renseigner tu ne crois pas ? Ça serait plus simple que de faire livre par livre… Non ?

Peu attentive à leur recherche qui fut reléguée au second plan, Ñiniel ne prêta plus aucun intérêt à la bibliothèque.

"Si tu le dis..."

Cependant elle ne put expliquer pourquoi elle éprouva un soulagement à l'idée de trouver quelqu'un. Le fait de ne pas rester seule trop longtemps avec celui qui pourtant s'était occupé d'elle comme le grand frère qu'elle n'avait jamais eu lui sembla tout à coup si rassurant.

"Je vais essayer de trouver quelqu'un, d'accord? En attendant il me semble qu'à la troisième rangée sur la gauche depuis l'entrée, certains ouvrages traitaient d'animaux fantastiques du continent. Peut-être y a-t-il quelque chose à propos de tes petits dragons...j'en ai bien vu un sur le Kalel'y !"

Par chance elle croisa rapidement un jeune étudiant, ondin de surcroît, qui sursauta alors qu'elle arrivait à sa hauteur. Le jeune étudiant sembla rougir à la vue de Ñiniel ce qui n'était pas pour la déplaire. Après tant de mois passés cloîtrée dans ses appartements, elle avait oublié qu'elle pouvait faire un tel effet. Souriante, elle prit la parole à voix basse de peur que la femme aperçue tout à l'heure ne rôde encore.

"Bonjour...je cherche quelqu'un qui pourrait nous renseigner sur des ouvrages de la bibliothèque; plus particulièrement sur la faune du Rhaëg.... et les dragons-fées...."

Elle se tut quelques instants pour étudier la réaction du jeune ondin; ce dernier semblait comprendre de quoi il retournait et attendait qu'elle finisse pour lui répondre.

La jeune Chevalière termina donc sa requête d'une voix bienveillante.

"S'il y a certaines connaissances sur la magie en ces lieux, je suis aussi preneuse!"

"Bien sûr attendez....je vais vous noter les emplacements des livres qui pourraient vous intéresser...."

Il sortit une feuille de papier et commença à griffonner en traçant des lignes droites entrecoupées, représentant ainsi la bibliothèque.

"La bibliothèque est décomposée en plusieurs thématiques. ... ici vous avez l'entrée... là, c'est surtout la géographie du continent, mais le dernier rayon renvoie aux créatures de Rhaëg. Derrière ce serait plutôt la flore, mais parfois certains livres se perdent ici et là. Pour ce qui est de la magie..."

Il fit un rond aux intersections dessinées.

"Tout dépend de ce que vous recherchez mais ce serait de ce côté ci plutôt. ..."

Ñiniel était rivée sur le croquis de celui qui semblait si bien connaître les lieux. Sa magie était bien spécifique à un peuple qui de toute façon préférait l'enseignement oral à celui de l'écrit. Il lui faudrait sûrement y retourner pour en apprendre un peu plus auprès d'eux. Pour l'instant, Asulil cherchait des renseignements et Ñiniel se souciait de son ami plus que de ses envies.

La curieuse en profita tout de même pour en savoir encore un peu plus.

"Merci...et pour ce qui est des ouvrages Valherus?"

Le crayon se releva de la feuille et l'ondin, surpris par la question, ne put contraindre son étonnement.

"Euh nous n'y avons pas accès...seuls quelques rares initiés ont droit de les consulter, mais c'est rarement permis. Et puis il n'y a pas beaucoup à apprendre, presque plus personne ne lit leur langue et il y a peu d'illustrations vous savez."

Ñiniel masqua sa déception. Elle avait décidément hérité d'un don difficilement exploitable.

Pensive elle attrapa une mèche de cheveux qu'elle commença à entortiller du bout de ses doigts tout en fronçant son front habituellement si lisse, signe de contrariété et intense réflexion.

"Je vois....comment fait-on pour obtenir une telle autorisation?"

La jeune femme n'en demordait pas. Elle aurait tellement souhaité mettre en pratique ce qu'on lui avait inculqué sans qu'elle ressente l'effort de l'apprentissage; malheureusement elle n'a encore jamais ressenti l'effort de l'utilisation non plus.

Le jeune homme, quant à lui, ne pouvait apporter aucune aide à Ñiniel.

"Oh ça je n'en ai aucune idée..."

Il passa la main dans ses cheveux, l'air passablement ennuyé.

"Je suis désolé, mais je dois aller au cours de géopolitique interkaerl. J'espère que ces renseignements pourront vous aider."

Il lui tendit la feuille pliée en deux avec un timide sourire. Ñiniel lui rendit son sourire et prit le papier avec délicatesse comme si elle venait de toucher un petit trésor.

"Merci beaucoup..."

C'est à ce moment qu'elle réalisa qu'elle avait été ridicule de redouter la présence d'Asulil. Il ne lui ferait aucun tort, et était simplement encore trop imprégné des derniers événements pour pouvoir les livrer avec suffisamment de recul. La fatigue, son dos et le vol devaient mettre ses sens en émoi et exacerber ses sentiments plus que de coutume. Il y avait rien à craindre dans l'académie de Loméanor.

Ñiniel retourna paisiblement le rejoindre à la bibliothèque avec le papier annoté, heureuse de lui apporter les renseignements souhaités. Ses pas étaient toujours très mécaniques à cause de cette attelle serrée autour de sa taille, mais à force de marche, l'ondine commençait à s'y habituer et à adopter une démarche plus naturelle.

Elle n'eut pas grand peine à retrouver le grand Torhill au milieu de tous ces livres.

"Tiens....j'ai rencontré un jeune étudiant qui nous a dessiné un plan avec les emplacements."

Elle lui tendit à son tour le papier avec la sensation d'avoir accompli sa mission. Pourtant, dès l'instant où elle s'approcha de son ami, un frisson lui parcourut l'échine. L'Ondine détourna le regard et commença à s'éloigner.

"Je te rejoins dans quelques instants si tu veux bien.... j'aimerais faire un tour de ce côté là..."

Elle ne comprenait pas ce qui était en train de lui arriver et se trouvait injuste envers le Torhill qui n'avait absolument rien fait pour mériter pareille méfiance à son égard. Elle espérait seulement qu'il ne le remarquerait pas, et préférait fuir le plus possible.

Sa recherche serait une bonne excuse pour se remettre les idées en place et chasser cette appréhension inconnue. La jeune Chevalière trouva rapidement ce qu'elle cherchait. C'était là qu'était donc rangé le savoir sur la magie. Pleine d'espoir, Ñiniel en attrapa au hasard : "Charmes et philtres d'amour"... elle haussa les sourcils et soupira de manière fort peu discrète, déçue de trouver ce genre de fantaisie dans les rayons, et continua à parcourir les titres.

Certains racontaient l'origine de la magie, d'autres des différents domaines de magie; tout cela était très théorique, mais aucun ne décrivait réellement l'emploi et l'utilisation de la magie...encore moins sur le spécifique pouvoir de l'eau. Tol Orëa était un continent de magie, mais la magie n'était pour autant pas accessible si aisément. Ñiniel arriva bien vite à la conclusion que la transmission d'un tel savoir restait orale et jalousement gardée par ses détenteurs, comme partout, et malgré une grande ouverture d'esprit à ce sujet en ces lieux.

Elle n'avait plus qu'à retourner au Pic aux Tigres parmi les siens pour continuer son apprentissage; c'était la seule piste qui lui restait pour mener à bien son projet.

Bien qu'elle s'en était douté, cela affecta toutefois l'Ondine qui réalisa qu'il lui faudrait plus de temps que prévu pour arriver à ses fins. C'était un voyage dans le passé auquel elle n'était pas encore préparée, ni elle ni Vahi'Nearii. La perspective de devoir attendre encore, et celle de retourner là où elle avait fui un possible bonheur ne l'enchantaient guère.

Elle traina des pieds jusqu'à Asulil pour s'enquérir de ses recherches. Peut être avait-il été plus chanceux qu'elle?

"Alors? As-tu besoin d'aide pour examiner les livres? De mon côté, je ne trouverai rien ici..." dit-il le alors qu'elle attrapait le premier livre à sa portée.

Elle chercha de quoi s'asseoir et aperçut un petit banc de pierre à l'embrasure d'une fenêtre; Ñiniel s'y installa et ferma les yeux quelques instants tandis que le soleil caressait sa peau et réchauffait son corps. Puis elle observa la cour intérieure sur laquelle donnait la fenêtre; la sérénité des lieux, perturbée parfois par les va-et-vient des jeunes étudiants, pouvait se laisser regarder des heures durant.

Tout semblait parfait: les douces couleurs des fleurs, les jeux d'ombres des arbres, le chant des oiseaux, la lumière, la vie et l'harmonie régnait ici bas. L'Ondine reconnut la vieille femme qui prenait soin de ne laisser place à aucune perturbation qui soit. Elle avait elle aussi un rôle à jouer, peut être le plus important de l'Académie : faire en sorte que l'harmonie s'épanouisse en reine.

La Chevalière dorée se mit à sourire, oubliant presque la présence de son ami.



***********




Vahi reconnut bien là le caractère de son frère : fort et rassurant. Elle comprit que quelque chose travaillait Maodan même s'il n'avait pas encore de mots à mettre sur cette inquiétude. Elle ne le comprit que trop bien.

*Il y a quelque chose d'étrange aussi autour de ma Liée... à croire que le destin se joue de nous en mystères et autres étrangetés. Mais tout ira bien, nous veillerons sur nos bipèdes n'est ce pas?*, lanca-t-elle, convaincue que le rôle qui leur était donné de jouer était celui de protéger les deux Chevaliers.

Mais pour cela, ils devaient encore gagner en force et puissance. Leurs jeux de premier abord enfantins étaient bien plus que cela pour Vahi'Nearii. Grâce à son frère elle affûtage son esprit de compétition et repoussait toujours ses limites. Elle ne pourrait apprendre plus vite que de cette manière, enivrée par ces défis qu'ils se lançaient en toute bienveillance.

"C'est toi qui as choisi ton Lié; ne viens pas te plaindre si tu ne peux pas le porter....on t’attellera un chariot que tu pourras tirer sur le chemin du retour si tu préfères."

Elle poussa un rugissement de rire en imaginant son frère traîner un chariot sur lequel serait assis Asulil. Mais c'est surtout la tête de Maodan qui l'amusa le plus. Elle crut que celle ci faisait écho à sa cinglante réplique et n'y prêta pas plus d'attention tandis que Maodan partit devant et s'envola.

Puis elle s'élança à son tour dans les airs. Le décollage devenait de plus en plus simple pour la Dorée qui avait compris l'importance de la prise d'élan.

"On verra bien qui battra l'autre "grand" frère"

Elle dépassa bien vite la cime des arbres et arriva à sa hauteur pour répondre à la question de Maodan.

"C'est l'Etoile de Kishi, la sœur de notre mère à tous. As-tu remarqué le collier de Ñiniel? On l'appelle la Noire - Pierre mais aussi Pierre de Kishi; elle la tient de sa mère qui était prêtresse de la Déesse. Je n'aime pas cette Pierre, je ne peux m'empêcher de ressentir quelque chose de malsain lorsque je la vois. Elle lui a sauvé la vie une fois pourtant, lors de l'attaque de ce fameux Niddhög. Pourtant, je suis sûre qu'il y a un lien entre cette Pierre et mon étoi. .. attention!"

Une nuée d'oiseaux sortit soudainement des arbres et s'envola dans les airs sans se soucier du passage de deux Dragons. Vahi'Nearii réagit rapidement pour esquiver cette nuée mais pas suffisamment pour éviter la collision avec quelques volatiles qui firent une chute libre de quelques mètres avant de se répartir un peu sonnés rejoindre les leurs. La collision ne déstabilisa pas autant la Dorée qui s'était néanmoins pris l'un des oiseaux de plein fouet sur le flanc, coup qui altéra aussitôt son humeur.

"Mais par Flamrya sont - ils complètement fous pour se jeter sur nous ainsi. Le prochain qui me rentre dedans c'est bien simple je ne l'éviterai pas!"




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