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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 23 Fév 2016 - 19:46 Répondre en citantRevenir en haut

Ivrin, la cité sous la montagne.




♦ La disposition de la cité dans son environnement :
Il était une fois une petite île, située non loin de la pointe nord du Vaendark. Une petite île entourée d’un épais brouillard et que l’on disait hanté par des créatures étranges et monstrueuses …
Une impression familière de déjà-vu, peut-être ? Rien d’étonnant à cela car l’île d’Ivrin pourrait, en effet, être la petite sœur de la grande et mystérieuse Tol Orëa.

Ivrin, donc, est un îlot perdu dans les eaux froides du Nord, au climat sec et hostile. Un morceau de pierre sortit de l’océan sur lequel ne pousse qu’une végétation minimale.
Difficile d’accès de part les nombreux récifs bordant la côte, un petit port s’y est pourtant construit au fur et à mesure des années. Principalement montés sur pilotis, il n’est néanmoins qu’une extension de la ville, bien qu’il en constitue le cœur commercial de part son ouverture vers l’extérieur.
Ivrin est donc également le nom de l’unique cité de l’île. Peuplée d’un peu plus de deux milles habitants, elle possède la particularité de se situer au cœur d’une imposante et solitaire montagne. Vous avez bien entendu, Ivrin a été bâti sous des tonnes et des tonnes de roches et l’on doit sa construction à nos lointains ancêtres, les Valherus.

♦ Son architecture :
Si le petit port de commerce n’est constitué que de simples bâtiments de bois, la ville souterraine est, et ça n’a rien d’étonnant, principalement faite de pierres diverses et variées.
La cité se compose, en grande majorité, de petites maisonnettes aux allures simples et cubiques, parfois façonnées à même la roche brune de l’immense grotte, parfois simplement construites de grés grisâtre provenant de ses mines.
Les rues étroites et pavées de la ville se rejoignent toutes sur la place centrale qui, elle-même, donne accès au Palais. Ce bâtiment immense, fait d’un marbre blanc veiné d’un quartz brillant et lumineux, semble surgir de la paroi dans toute sa majesté. Son architecture stylisée et délicate, ses murs et colonnes parés de dragons illustrent en toute beauté ses origines Valherues.
A droite du Palais, un peu plus haut que celui-ci, se trouve l’entrée d’un large tunnel de plusieurs centaines de mètres. Ses murs lisses sont couvert de tentures précieuses, racontant l’histoire des Valherus, de la première Empreinte avec un Dragon jusqu’à la Guerre du Chaos. Le tunnel débouche dans une vaste salle circulaire, que l’on appelle le Temple ou le Nid de la Reine. Son architecture n’est en rien très différente de celle du Palais, très typique de l’époque des Valherus en somme. Un escalier court le long des murs arrondis, desservant ainsi les nombreuses petites pièces annexes, creusées dans la roche sombre. La grande place circulaire se voit ornée, en son centre, d'une magnifique statue d'Elentàri gratifiant sa Liée d'une dernière étreinte, lieu de culte incontournable de la cité. Autour de cette dernière, soigneusement disposés sur de confortables coussins de velours bleu au creux de petites alcôves, se trouvent les 3 derniers œufs de la Reine Argentée Elentàri, précieuses reliques des temps anciens.
Eclairant les rues d’une lumière dorée douce et diffuse, d’étranges quartz luminescents, placé ça et là dans de petites lanternes métalliques quand ils ne sont pas simplement incrustés dans les murs, sertissent et illuminent toute la cité. Ils sont l’unique source lumineuse de la ville, qui préfère restreindre l’utilisation du feu pour la cuisine et le chauffage.

♦ Ses différents quartiers :
On peut distinguer trois différentes zones au sein d’Ivrin.

Le premier, le plus visible car il occupe près de deux tiers de la surface de la ville, est le quartier populaire.
C’est dans ce quartier que vit la majeure partie de la population. Il est intéressant d’observer que cette dernière est, en grande partie, masculine, surtout dans les zones les plus éloignées de la Grande Place et du Palais. Les maisons les plus proches de ces deux lieux sont souvent habité par une femme, qu’elle soit en couple, au sein d’une famille ou seule. Être une femme à Ivrin assure un certain confort de part la politique matriarcale qui gouverne la cité mais toutes n’ont pas le privilège de vivre au Palais.
Malgré cela, le quartier populaire est un lieu plein de vie où la solidarité est une règle tacite entre chacun.

Le Palais est le deuxième « quartier » de la ville. Bien qu’il ne soit composé que d’un seul et unique bâtiment, ce dernier abrite de nombreuses familles nobles, chacune disposant de ses appartements personnels. La population y est, à contrario du quartier populaire, principalement féminine, bien que les hommes y soient présent en tant que maris, enfants, esclaves ou gardes. Peu d’entre eux exercent un véritable emploi mais la majorité de ces derniers sont alors politiciens, marchants avec le monde extérieur ou fournisseurs de produits divers et variés pour le couple régent.
La Matriarche, son époux et leurs dragons respectifs vivent, par ailleurs, dans l’aile principale du Palais qu’ils occupent seuls, assistés de leurs serviteurs et entourés de leurs favoris.
Vivre au Palais est gage de ne jamais manquer de rien, que ce soit en tant que noble qu’en simple serviteur.

Le dernier quartier n’est autre que le cœur spirituel de la cité : le Temple.
C’est ici que se déroule les principales cérémonies, pour peu qu’elle ai un rapport avec la Valherue Fael-Lùlë et la religion qui lui ai voué entre ses murs.
A la fois lieu de culte et monastère, il est, sans aucun doute, le lieu le plus sacré de tout Ivrin. Non seulement parce que son hall majestueux abrite les derniers œufs de Elentàri, antiques reliques conservées par delà les âges, mais aussi l’autel dédié au couple de Liées, symbolisé en une immense statue grandeur nature, représentant la grande Argentée entourant d’une dernière étreinte le corps de sa Valherue. La légende voudrait qu’un éclat de vie ait, un jour, animé ces deux sculptures.
Outre son grand hall, principal lieu de prières du Temple, il est également pourvu d’une Nécropole ainsi que d’une vaste salle circulaire, au sol recouvert d’un sable blanc et fin, utilisée pour les pontes des Dragonnes-Reines comme pour la cérémonie de l’Empreinte Royale.
Une grande partie du Temple accueille également les appartements privés des sœurs qui ont dédié leur vie au culte de Fael-Lùlë et Elentàri.

♦ Son système politique :
Au sein d’Ivrin, la politique est, avant tout, une affaire féminine. Ainsi, les plus hauts postes de la ville sont tous occupés par des femmes. Aucun homme n’a le droit d’y prétendre, sous peine d’être sévèrement corrigé.
Trois femmes de pouvoir dirigent la cité :

- La première est la Capitaine des Armées. Elle dirige et assure le bon fonctionnement de l’armée, contrôle et entretient le fort, les portes fortifiées et autres systèmes de défense. Elle possède un droit de regard sur tout ce qui entre et sort de l’enceinte de la ville, surveillant avec attention et veillant à ce que le secret de l’existence de leur île ne soit jamais divulgué.
En somme, elle se charge de tous les aspects militaires qui attrait au bon fonctionnement d’une cité comme la leur.
Une femme peut obtenir ce poste auprès de la Capitaine, si celle-ci le quitte pour une quelconque raison. Il faut néanmoins avoir plusieurs années de service au sein de l’armée pour pouvoir y prétendre.

- La deuxième femme la plus importante d’Ivrin est la Grande Prêtresse. Elle est celle qui fait vivre la religion au sein de la cité. Pourtant, elle ne vénère ni Flarmya, ni aucun autre Dieu de la cosmogonie Rhaëgienne. Le culte qu’elle entretient, qui est également celui de toute la population, est en l’honneur de la Valherue Fael-Lùlë et de sa dragonne Elentàri, considérées à juste titre comme leurs sauveuses et bienfaitrices.
La Grande Prêtresse a les pleins pouvoirs en ce qui concerne le Temple et son couvent. Elle gère et organise aussi toutes les cérémonies de la cité, du simple mariage à la prestigieuse Empreinte Royale. Elle veille également sur les précieux trésors de ce sanctuaire, qui accueille un bon nombre de reliques en tout genre.
Pour accéder à ce prestigieux rôle, il faut avoir vécu au couvent depuis sa plus tendre enfance et faire preuve d’une dévotion sans borne afin d’espérer être désignée par la Grande Prêtresse en titre.

- Au sein de la population de la cité, nul n’est plus important que la Matriarche. Cette femme possède tous les pouvoirs et est désigné comme étant la représentante terrestre de la volonté de Fael-Lùlë. Elle est l’équivalente d’une Dame à Ivrin.
Sa décision fait loi, aussi juste ou injuste puisse-t-elle être, et seules la Capitaine des Armées et la Grande Prêtresse possèdent l’influence nécessaire pour s’opposer à elle.
Elle est assisté au quotidien par sa Dragonne mais également par son mari, lié également. A eux quatre, ils forment les couples royaux de la cité. Leurs pendants masculins ont néanmoins beaucoup moins de pouvoirs et d’influences qu’elles.
Pourtant liés à des Dragons, la durée de vie de la Matriarche et son époux n’excède que rarement les 100 ans. La raison en est bien simple : La consanguinité. Celle-ci a, en effet, engendré de nombreuses maladies diverses et variées, plus particulièrement chez les sauriens qui, contrairement à la population de l’île, ne peut espérer voir arriver un peu de diversité. Les Dragons se reproduisent donc entre frères et sœurs et sont, chose rare naturellement, les premiers à mourir.
L’héritière est désignée jeune au cours d’une cérémonie durant laquelle elle se liera à l’une des petites de la Dragonne de la Matriarche en titre. Il en va de même pour son futur mari.

♦ Son système de défense :
De part sa position souterraine, Ivrin est naturellement protégé, la cité se trouvant encerclé par des tonnes et des tonnes de roches solides. Réussir à ouvrir suffisamment les flancs de la montagne afin d’atteindre la ville qu’elle abrite serait un véritable exploit.
L’entrée principale consiste en de lourdes portes de métal, épaisses de plusieurs pouces et actionnées par un système de treuil. De part leur poids considérable, elles restent ouvertes toute la journée et ne sont verrouillées qu’à la nuit tombée. Un corps de gardes y est spécialement affecté et veille au bon entretien et fonctionnement des portes, tout en surveillant les alentours.

♦ Ses atouts commerciaux :
Ivrin n’a pas énormément de relations commerciales avec les autres villes, de part le secret qui entoure son existence, et les quelques unes qu’elle entretient ne sont pas particulièrement fructueuses.
La cité vit principalement en autarcie et n’a donc pas réellement le besoin d’importer. Néanmoins, fourrures, soieries, végétaux divers et mets rares font partit des quelques marchandises acheminées jusqu’à l’île, réservées principalement aux classes hautes.
Côté exportation, la ville n’a pas énormément de richesses à offrir en échange de celles qu’elle fait importer. Ce qu’elle vend provient principalement de sa mine, au cœur de la montagne. Métaux et pierres précieuses, laissés brutes ou transformés, constitue ainsi leurs principales monnaies d’échange.

♦ Sa religion :
Comme évoqué un peu plus haut, la religion de la cité tourne uniquement autour de Fael-Lùlë et Elentàri, véritable couple divin auprès du peuple après les évènements qui ont conduit à la naissance d’Ivrin telle qu‘elle est aujourd‘hui. Les représentations des deux Liées ne sont pas rares au sein de la ville, chaque habitation possède même son petit autel pour les vénérer.
Ainsi, les cas de blasphème sont plutôt rares, autant parce que la population est majoritairement croyante que parce que ceux-là sont très sévèrement punis. Le Temple possède ses propres bourreaux et la Grande Prêtresse est seule juge dans de telles situations.

Si toutes les prêtresses du couvent sont habilitées à célébrer les petites cérémonies du quotidien, comme les mariages, les funérailles ou les baptêmes, seule la Grande Prêtresse possède le pouvoir pour organiser l’évènement le plus important et attendu de l’île : l’Empreinte Royale.
Cette cérémonie très particulière, qui se déroule tous les 50 à 80 ans selon la santé des dirigeants en place, a pour but, comme son nom l’indique, de désigner le futur couple royal. Pour se faire, tous les enfants de plus de 6 ans - la restriction de l’âge peut disparaître s’il n’y a pas assez de prétendant - se présentent devant les 2 ou 3 œufs de la Dragonne-Reine jusqu’à ce qu’un garçon et une fille les fassent éclore et se lient à l’un des dragonneaux.
Si la dragonne donne trois œufs, il arrive parfois que plus de 2 enfants se lient. Dans ce genre de cas, les deux premiers à s’être liés sont désignés comme héritiers du trône. Si la troisième est une fille, elle deviendra l’une des sœurs du Temple. Si c’est un garçon, il sera envoyé comme apprenti chez les charpentiers, maçons et compagnie ou simplement confié au soin de la Garde.
Si un seul des dragonneaux ne trouvent son lié, la cérémonie est reconduite les années suivantes jusqu’à ce que le couple soit formé.
Les œufs qui n’éclosent pas, qu’ils soient viables ou non, sont purement et simplement détruits par les sœurs du couvent.

La religion d’Ivrin est cruel à bien des égards, principalement envers la gente masculine. Leur amour et respect des dragons n’a également eu de cesse de se dégrader au fil des siècles, pour ne plus les considérer, aujourd’hui, que comme de vulgaires animaux nécessaires à l’accession au pouvoir.
Cette religion tire son origine du clan matriarcal Arwenbeth dont était issue Fael-Lùlë. Bien que ses membres prônaient des valeurs de respect et d’altruisme, seules les femmes pouvaient avoir accès aux postes importants du clan de part leur relation privilégiée avec la race des Dragons. Aucun être ne peut, en effet, se lier à une Reine si ce n’est une femme … Néanmoins, bien que possédant un certain avantage politique, les hommes n’étaient pas pour autant laissé de côté et avaient une réelle importance au sein du clan.
Lorsque le peuple d’Ivrin fut livré à lui-même, il y a de cela plusieurs siècles, il reprit le système de fonctionnement de l’ancien clan Valheru. Mais, les années passant, les siècles défilant, les valeurs originelles des Arwenbeth se perdirent progressivement au profit d’une adoration sans borne pour Fael-Lùlë et sa Dragonne, allant jusqu’à effacer de l’Histoire les autres Valherus qui avaient aussi œuvré à la protection de la cité. Petit à petit, les individus masculins se virent de plus en plus discriminés, de plus en plus stigmatisés pour en arriver à la triste situation actuelle …

♦ Son mode de vie :
De part son système matriarcal, les hommes de la cité n’ont que peu de pouvoirs. La grande majorité d’entre eux font partit du corps de Garde d’Ivrin, dirigé d’une main de fer par la Capitaine des Armées. Ceux qui ne font pas de carrière militaire sont relégués aux travaux manuels nécessaires à la survie de la ville. La plupart sont pêcheurs et mineurs mais le panel des métiers disponibles est plutôt large. Quelques uns ont parfois le privilège d’être choisit pour servir une noble, un emploi qui les met à l’abri du besoin … Tant que le travail est bien fait, bien sûr.

Les femmes d’Ivrin, si elles n’occupent pas systématiquement un poste important au sein de la cité, ont toutes une bonne situation et jouissent de toutes - ou presque - les libertés. Être une enfant de Fael-Lùlë est un honneur, une fierté pour chacune, à tel point que, à leur premier anniversaire, les nouvelles filles se voient tatouées un triangle sur le front, autant une copie de la célèbre marque de la Valherue qu’un rappel de leur appartenance à cette île que l’on ne quitte jamais.

Parce que l’île sur laquelle tous vivent a ses propres limites, autant d’un point de vue géographique qu’alimentaire, etc., une loi de l’enfant unique à été instaurée au sein de la cité. De ce fait, les filles sont beaucoup plus plébiscitées que les garçons. Faire naître une descendante de la Valherue est gage de voir son train de vie s’améliorer, ce qui n’est pas le cas dans l’autre sens. Toutefois, il existe une dérogation possible si le premier « essai » s’avère décevant mais cela reste une exception, qui n’est accordé qu’au compte-gouttes.
Par ailleurs, l’infanticide n’est pas toléré, quelque soit le sexe du bébé. Il n’est autorisé qu’en de rares cas, généralement lorsque le nouveau-né présente de graves malformations. Si de tels évènements restent exceptionnels, les risques restent bien présents, la faute au fort taux de consanguinité présent au sein de la population que l’arrivée de quelques rares et occasionnels naufragés n’aide pas à faire baisser.

♦ Ses points forts et ses points faibles :
Le principal point fort d’Ivrin n’est rien de plus que sa position : Au cœur d’une imposante montagne, son entrée principale protégée par une porte particulièrement grande et épaisse, la cité est tout simplement imprenable en cas d‘attaque frontale, même de la part d‘un dragon.
Néanmoins, cette position souterraine est aussi son plus grand point faible. Parce qu’elle ne vit, alimentairement parlant, que sur sa pêche et les importations qu’elle fait, elle ne résisterait pas très longtemps à un siège. Quelques jours, tout au plus.
De façon général, la cité est peu préparé à la guerre, trop confiante en ses protections magiques ancestrales, et serait bien désavantagé face à une armée bien entraînée.


Pour plus d'information quant à l'Histoire d'Ivrin, cliquez ici.




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MessagePosté le: Mar 23 Fév 2016 - 19:46 Revenir en haut

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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 23 Fév 2016 - 20:13 Répondre en citantRevenir en haut

L’histoire d’un Miracle.


Le Soleil se levait doucement, étendant ses doux rayons sur l’île encore endormie. En cette période hivernale, Ivrin et ses travailleurs attendaient des heures un peu plus chaudes pour réellement se réveiller. Aujourd’hui, pourtant, ne promettait pas d’être une journée très productive. Notamment parce que la neige avait tout recouvert en une nuit, du sommet de la montagne jusqu’aux quelques rochers pointant hors de l’océan, mais aussi car c’était un jour particulier pour les habitants.

Aujourd’hui avait lieu la grande Cérémonie de l’Empreinte Royale.

Il ne suffit que de quelques heures de plus pour que l’agitation et l’excitation ne gagne l’entièreté de la cité sous la montagne. Pour autant, Sloänn traînait les pieds. Ce Neishaan, de près d’une trentaine d’années, n’avait jamais été très friand de ce genre d’évènements et, depuis qu’il était arrivé par hasard sur cette île, cela n’avait fait qu’empirer. A cause de sa condition d’homme, notamment. Malgré ça, il ne pouvait pas y échapper. Tout le monde devait s’y rendre et ne pas assister à la cérémonie était un blasphème en soi …
Terminant sa toilette journalière, le pêcheur se rendit dans la chambre de son fils aîné. Hindrik dormait paisiblement, tout innocent qu’il était du haut de ses quatre ans. Il caressa doucement sa joue et esquissa un sourire tendre en observant le garçon froncer sourcils et nez dans une expression contrariée, avant de soulever ses paupières, révélant deux yeux d‘un bleu profond, tout embués de sommeil.

- Il est l’heure de se lever, mon bonhomme …
- Hmmm … Veux encore dormir, Papa …
, gémit l’enfant.
- Ah non, pas aujourd’hui …, répondit le père en question avec douceur. C’est un jour important, tu te souviens ? Alors il faut se lever et s’habiller, d’accord ?
- Hmm … D’accord …


Sloänn se pencha pour poser un baiser affectueux sur le front de son fils avant de se redresser, allant ôter la cloche en métal recouvrant le petit quartz luminescent de la chambre, qui fut immédiatement illuminé d’une lumière blanche et diffuse.

Le Neishaan quitta ensuite la modeste pièce pour se rendre dans celle, un peu plus grande, de son deuxième enfant. La fierté de la famille, selon les dires de Lydia, sa femme, mais lui ne faisait aucune différence.
Au contraire de son frère, Nínim ne dormait déjà plus. Assise dans son lit, serrant une petite poupée de chiffon contre elle, la petite fille de tout juste un an attendait en silence que l’on vienne la chercher. Un petit sourire étira ses lèvres enfantine lorsque, malgré la pénombre de sa chambre, elle reconnut son père. Un sourire que le pêcheur lui rendit avant de s’occuper d’elle, la lavant, l’habillant pour ensuite l’emmener dans la salle commune où tous les trois déjeunèrent ensemble.
Malgré qu’il ne pouvait que rarement approcher sa petite sœur, parce que leur mère le lui interdisait en sa présence, Hindrik prenait son rôle de grand-frère déjà très au sérieux malgré son jeune âge. Il manquait rarement une occasion pour s’occuper de la fillette et, tandis qu’il l’aidait à manger son petit-déjeuner, Sloänn les observait avec un regard paternel et un sourire attendrit.

Une fois le repas engloutit, la petite famille prit le chemin du Temple où se déroulerait la cérémonie tant attendue, se mêlant à la longue et silencieuse procession en route pour le lieu sacré. Serrant la main d’Hindrik, portant la petite Nínim de son autre bras, le pêcheur avançait, la mine soucieuse. Ses enfants étaient tout pour lui et le futur que leur offrait cette île était loin de celui qu’il souhaitait pour eux … Bien que tous les deux trop jeune pour cette cérémonie-ci, la possibilité qu’ils puissent être choisit dans le futur, si les nouveaux dirigeants n’étaient pas désignés aujourd’hui, ne pouvait pas être écartée.
Sa fille, au vu de la politique d’Ivrin, serait certainement endoctrinée comme les sœurs et les haut-gradées de la cité savent le faire tandis que son fils … Les possibilités qu’il vive longtemps étaient beaucoup plus restreintes. Leur avenir était sombre, à tous les deux. A tous les trois, possiblement … Mais c’était moins important.

Hindrik sortit son père de ses pensées en trébuchant et ne dût son salut qu’à la poigne ferme du Neishaan, qui remit le petit sur ses pieds. Les escaliers qu’ils étaient en train de gravir étaient un peu haut pour le garçon, qui faisait cependant de son mieux en s’aidant beaucoup de la présence paternelle. Bien installée contre Sloänn, Nínim, quant à elle, observait la foule et les alentours de ses grands yeux océan brillant de curiosité, se blottissant un peu parfois quand quelque chose ou quelqu’un l’inquiétait.
Son regard fut finalement attiré par une silhouette familière vers laquelle elle tendit ses petits bras en souriant. Un sourire que lui rendit Lydia en récupérant la fillette des bras de son mari.

- Bonjour, ma Nínim. Que tu es belle …

Elle observa attentivement la petite Neishaane, plus particulièrement son front orné d’un petit triangle à l‘image de celui de sa mère et des autres femmes de l‘île. Le rituel s’était déroulé une petite semaine auparavant mais son tatouage avait déjà presque entièrement cicatrisée. Elle esquissa un sourire satisfait avant de se tourner vers les deux autres membres de la famille, qu’elle considéra avec une affection un peu plus froide, un peu plus distante.
Sloänn prit à son tour son fils dans ses bras, le petit garçon fixant Lydia et sa sœur avec insistance et curiosité, comme s’il essayait de comprendre pourquoi est-ce que sa mère semblait l’aimer plus que lui …

Sans un mot de plus, à peine quelques échanges de regards, la petite famille rejoignit le reste de la procession pour enfin atteindre la grande salle où se tenait la Cérémonie de l’Empreinte Royale. Tout le monde se serrait et s’entassait dans les gradins avec un silence presque religieux, pour ne pas déranger la Dragonne-Reine qui, couchée sur les sables blancs, enroulée autour de ses œufs, somnolait tranquillement. Il s’agissait d’une dragonne bleue mais ses écailles étaient ternes, ses ailes maigrelettes pour la masse grasse qu’était le reste de son corps. Il était évident qu’elle n’avait jamais dû sortir, ni même voler de toute sa vie. Tout en cette dragonne respirait la tristesse et pourtant, ses colères étaient réputées pour être redoutables et dangereuses. Le dragon brun, assit non loin d’elle, pouvait en témoigner. La multitude de cicatrices barrant son corps, l’absence d’écailles à certains endroits … Il lui manquait même le bout de la queue. Aussi gras que sa sœur, tous les deux étaient de bien pathétiques descendants de la Reine Argentée Elentàri.
Lorsqu’il fut évident que l’intégralité de la population d’Ivrin était enfin dans le temple, s’entassant vaille que vaille dans les gradins, la Cérémonie put enfin débuter. Tandis que la Matriarche et son époux se tenaient aux côtés de leur dragon respectif en attendant leur moment, la Grande Prêtresse s’avança vers le public et entonna une longue prière, bientôt reprise en cœur par les sœurs du temple puis par les autres citoyens.

Tandis que Hindrik tentait, tant bien que mal, de chanter avec ses parents, sans connaître les paroles avec exactitude, Nínim observait le monde autour d’elle avec une curiosité palpable. Son regard océan croisa, l’espace d’un court instant, celui rougeoyant de la dragonne bleue, qui semblait être passablement agacée par le bruit.
La prière prit fin et ce fut d’une voix aussi solennelle que la Grande Prêtresse continua sur sa lancée.

- Cher citoyen d’Ivrin ! Nous sommes réunis, en ce jour, pour célébrer l’avènement d’une nouvelle génération d’enfants de Fael-Lùlë et de sa Liée, Elentàri.

L’une des nombreuses croyances de la cité voulait que les filles et garçons se liant à des dragons soient de purs descendants de la Valherue et de sa dragonne. Sloänn ne savait pas exactement quel crédit accorder à ces récits un peu farfelus … Mais l’existence des Dragons en eux-même était une anomalie à laquelle le Neishaan avait eu beaucoup de mal à se faire lors de son arrivée.
Alors que la Grande Prêtresse continuait son discours, rappelant à l’assemblée la grandeur de la guerrière et de sa compagne saurienne avec une ferveur sans cesse renouvelée, le regard de la dragonne bleue vira brusquement en un rouge profond alors qu’elle arquait son cou puissant en un rugissement de colère. Un vent de panique souffla parmi le public, plusieurs enfants, dont Nínim, se mirent à pleurer alors que la gueule de la petite Reine brillait d’une lueur incandescente. La Matriarche se planta alors fermement devant sa Liée qu’elle tenta de calmer de son mieux, de la même façon que son mari apaisait le peuple de paroles rassurantes.
Mais Nínim ne voulait pas se calmer, réellement effrayée, plongeant ses parents dans le désarroi alors que les regards mi-désolé, mi-réprobateur de l’assemblée commençaient à converger vers la petite famille. De tous, elle était peut-être la plus jeune et, habituellement, tout le monde aurait été tolérant mais, pour que la dragonne bleue ne retrouve un semblant de tranquilité, il lui fallait un environnement calme.

- Je sors avec elle, je vais tenter de la calmer dehors, chuchota Lydia à son mari, qui approuva d’un simple signe de tête, la regardant partir avec la petite fille, Hindrik séchant ses larmes contre la tunique de son père, encore un peu inquiet.

Quitter la cérémonie en cours de route était un grave blasphème mais la jeune femme espérait que les circonstances atténuantes accompagnant son départ plaideraient en sa faveur auprès de la Grande Prêtresse. Sa petite fille dans les bras, toujours secouée de sanglots, elle murmurait des mots doux tout en la berçant et en déambulant sur la place du temple, tournant autour de la grande statue de Elentàri enlaçant Fael-Lùlë, passant et repassant devant les derniers œufs de la célèbre dragonne.
Des huit alcôves crées spécialement pour les héberger, seuls trois étaient, désormais, encore occupées. Les autres avaient finit par éclore, les uns après les autres. Sans doute lors de l’un des précédents Hommages à la Valherue et à sa Liée, où il était coutume que tous les nouveau-nés de l’année soient présentés aux œufs, dans l’espoir de les voir se fendre. Encore aujourd’hui, la tradition perdurait mais il y avait peu d’espoir de voir, un jour, le museau d’un dragonneau crever ces coquilles-là. Trop de siècles étaient passés …

Alors qu’elle repassait une fois encore devant les trois œufs rescapés, Nínim s’agita doucement dans ses bras, tendant ses petites mains potelées d’enfant vers l’un d’eux. Celui du centre, très précisément. Devant l’insistance de la petite fille, Lydia s’arrêta et la rabroua doucement en lui disant qu’on ne devait pas les toucher, que cela était interdit mais la Neishaane n’en démordait pas et les larmes revinrent bien vite inonder ses yeux.
La jeune femme hésita. Nínim était, sans doute, ce qu’elle avait de plus cher au monde et la voir pleurer tourmentait son cœur de mère. D’un autre côté, sa sortie en pleine Cérémonie de l’Empreinte la mettait dans une posture délicate qu’elle n’arrangerait sûrement pas en laissant sa petite fille poser ses mains sur l’une des reliques les plus précieuses du temple.
Tout en lui expliquant, de nouveau, qu’il ne fallait pas toucher les œufs, Lydia se détourna et s’éloigna tranquillement, espérant que ne plus les avoir dans son champ de vision allait reporter l’attention de Nínim sur autre chose. Mais ce ne fut pas le cas, ses pleurs ne firent que redoubler, inondant de larmes ses joues rondes d’enfant, alors qu’elle se mettait à hurler son chagrin, à tel point que sa mère redoutait qu’on ne les entende depuis l’intérieur.

- D’accord, d’accord …, abdiqua-t-elle finalement en revenant sur ses pas. Mais rapidement …

Il n’y avait pas âme qui vive à l’extérieur, pas même un seul garde. Personne n’en saurait jamais rien … Du moins, l’espérait-elle de tout son cœur, consciente de la gravité de son acte et des problèmes que cela pourraient engendrer pour sa famille. Toute proche de l’œuf tant désiré par Nínim, elle s’avança un peu plus et la petite fille pût alors poser ses petites mains sur la surface lisse et minérale de la précieuse relique … Et elle sourit, alors que l’œuf se paraît subitement de runes et d’inscriptions Valherus, éclairant les deux Neishaanes d’une lumière bleue, vive, magique. Lydia en fut comme paralysée, incapable de réaliser ce qu‘il se passait. Sa fille, elle, était silencieuse, observant de ses grands yeux émerveillés le spectacle qui s‘offrait à elle, qui se déroulait pour elle. Le sortilège éveillé par l’enfant sembla soudain s’imprimer sur sa peau blanche en une multitude de motif, l’un d’entre eux se superposant étrangement bien à la récente marque triangulaire sur son front.
Puis tout revint à la normale, aussi brusquement que cela s’était déclenché, laissant Lydia quelque peu abasourdie par ce qu’elle venait de voir et Nínim enjouée, souriante et gazouillante malgré ses yeux rougis un peu plus tôt par les larmes. La Neishaane hésita sur la marche à suivre, craignant les répercussions que cela pourrait avoir sur sa famille si elle venait à révéler ce qui venait de se passer. D'un autre côté, un véritable miracle venait de se produire sous ses yeux. C'était un signe de Fael-Lùlë elle-même ! Tout le monde devait être au courant que sa très chère petite fille avait été choisit par la Valherue. Les doutes l'envahirent, elle ne savait que faire ... Dans un premier temps, elle préféra passer cet évènement sous silence et rejoignit les siens à l’intérieur du temple, afin d’assister au reste de la cérémonie.

L’empreinte se déroula sans autre incident et des quelques œufs de la Reine bleue naquirent les dragons espérés. Un petit brun se lia à un jeune garçon à la chevelure rousse, qui le serra tout contre lui avec un sourire qui en disait long sur son émotion, tandis qu’une frêle verte fila rejoindre la fille de la Matriarche actuelle, sans grande surprise. En effet, la famille royale était en place depuis de nombreuses générations consécutives et il se murmurait dans les rues que leurs membres seraient des descendantes directes de la grande Fael-Lùlë. Les femmes de ce clan avaient un statut presque divin pour le peuple de la cité.
Le troisième et dernier œuf fut brisé par la Reine à la fin de la cérémonie dans un nouvel accès de folle colère. Fort heureusement, celui-ci était vide …

Alors que tous regagnèrent leur domicile, personne ne vint faire de remontrances à Lydia, concernant son absence momentanée, et elle en fut bien soulagée. Nínim somnolant au creux de ses bras, elle réfléchissait encore à la façon dont elle allait gérer ce qu’il s’était passé avec l’œuf de la Dragonne Elentàri. Elle se devait de ne pas agir à la légère, l'avenir de sa fille en dépendait grandement …

Dans les jours qui suivirent la Cérémonie, elle garda le silence, n'en parla pas même à son mari, continuant à vaquer à ses occupations quotidiennes tout en tournant et retournant la situation dans son esprit.
Elle se décida finalement à aller consulter l'une des sœurs du Temple, la questionnant donc sur la possibilité, l'importance d'un tel miracle tout en insistant sur ce qu'il pouvait impliquer pour l'éventuel-le concerné-e.

- Hmm … Cela doit bien faire plusieurs siècles qu'un tel événement n'a pas eu lieu, commençant la religieuse avec une certaine hésitation dans la voix. Mais cela occasionnerait un grand changement au niveau de la Famille Royale dominante … Attendez-moi ici quelques instants, je vais aller me renseigner.

La demoiselle, à peine la vingtaine, s'en alla en trottinant pour aller fureter dans la bibliothèque du Temple, d'où elle en tira un livre épais à la couverture serti de filigranes dorés. Elle revint ensuite vers la Neishaane, déposant le précieux ouvrage sur une table de pierre non loin d'elles avant de l'ouvrir, une forte odeur de poussières et de vieux papier enveloppant alors les deux femmes. Tandis que l'une tournait les pages avec soin, tout en marmonnant pour elle-même, l'autre observait avec attention par dessus son épaule …

- Ah, voilà ! Finit par annoncer la sœur en se redressant, un sourire victorieux illuminant son visage. Alors … Il est écrit ici que, dans le cas où c'est un garçon qui se lie à l'un des enfants de la Dragonne Elentàri, il deviendra l'époux de l'actuelle Matriarche. Si celle-ci est au terme de son règne, il sera donc l'époux de la future Matriarche.
- Et dans le cas où c'est une fille … ? Demanda Lydia, feintant une curiosité innocente.
- Hmm … Oh ! La Matriarche en place est immédiatement destituée … L'enfant élue devient alors la nouvelle Matriarche et est placé sous la tutelle de la Grande Prêtresse, qui devient sa Régente, jusqu'à ce qu'elle atteigne l'âge de pouvoir régner seule.
- J-Je vois
, répondit la jeune mère, dont la voix trahissait son excitation grandissante. Merci beaucoup, ma sœur.

Après une rapide courbette pour appuyer ses remerciements, la Neishaane repartit d'un pas pressé vers son domicile. Dans son élan euphorique, elle finit par tout révéler à son mari qui, s'il était aussi surpris qu'elle, se montra beaucoup plus inquiet quant aux conséquences que cela pourrait avoir sur leur famille. Sloänn craignait, par dessus tout, la réaction de la Matriarche, qui n'était pas vraiment connue ni pour sa patience, à la manière de sa redoutable Bleue, ni pour son amour du partage du pouvoir, comme en témoignaient les nombreuses rumeurs concernant ses relations tumultueuses avec la Grande Prêtresse.
Pour autant, Lydia n'en démordait pas et décida, sans vraiment tenir compte de l'avis et de l'inquiétude de son mari, d'emmener Nínim voir la Grande Prêtresse afin de lui révéler, à elle comme au reste de la cité, que sa précieuse petite fille était la nouvelle élue de Fael-Lùlë.

Le jour fatidique arriva donc très rapidement. Lydia avait apprêté toute sa petite famille pour cet évènement on ne peut plus spécial et afficha un sourire radieux tout le temps que dura la traversée de la ville. Sloänn, lui, n'espérait qu'une seule chose : Que tout se passe bien. Et plus ses pas le rapprochait du Temple, plus le mauvais présentiment qui ne le quittait pas depuis ce matin s'intensifiait. Hindrik, qui trottinait à ses côtés en lui tenant la main, ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait mais était bien content de ce moment en famille.
Une fois dans le grand hall, la jeune mère demanda à l'une des soeurs de pouvoir rencontrer la Grande-Prêtresse, laquelle ne tarda pas à venir à leur rencontre. Lydia put donc, après des jours à se tourmenter à ce propos, relater dans les moindres détails l'étrange évènement qui survenut ce jour-là, lors de la Cérémonie de l'Empreinte Royale. Si la Grande Prêtresse ne l'écoutait, tout d'abord, que d'une oreille distraite, persuadée d'avoir encore affaire à l'une de ces bonnes femmes persuadées que leur fille est un miracle pour une raison généralement farfeulue, son intérêt s'éveilla brusquement lorsque la Neishaane évoqua des “signes étranges et brillants” apparaissant sur la surface de l'oeuf et, par la suite, sur la peau de son enfant. Elle se souvenait parfaitement avoir lu quelque chose de semblable, dans l'un de ses livres d'Histoire …
Il n'y avait qu'une seule façon de vérifier ces dires.
Après avoir convoqué un messager qu'elle envoya prévenir la Matriarche, la Grande Prêtresse fit entièrement vider le Grand Hall, congédiant même toutes les soeurs du Temple dans leurs appartements respectifs. Ne restait qu'elle-même et la petite famille de Neishaans …

- Bien. Approchez Nínim de l'oeuf, que je vois de quoi il en retourne exactement …

Lydia s'exécuta sans un mot et s'avança donc vers la précieuse relique, sa petite fille dans les bras. L'enfant remua en gazouillant joyeusement contre sa mère avant de se tendre doucement vers l'avant et de poser ses petites mains sur l'oeuf. De nouveau, ce dernier s'illumina de mystérieuses runes bleutés mais cette fois-ci, point d'inscription magique sur la peau de la fillette et le sceau se dissipa bien plus rapidement que la première fois.

- Je … Je ne comprend pas, commença Lydia avec inquiétude. C'était différent …
- Ne vous en faites pas, c'est bien suffisant pour confirmer ce à quoi je pensais. Votre enfant a été choisi par cette oeuf … Elle est bel et bien une Elue de Fael-Lùlë.


Néanmoins, la Grande Prêtresse était préoccupée. L'oeuf n'éclosait pas et cela n'était pas normal … Peut-être que l'enfant était trop jeune ? Peut-être manquait-il simplement quelque chose …? Elle n'eut pas tellement le loisir de s'abandonner d'avantage à ses réflexions car, tandis que Lydia et sa famille paraissait se réjouir de la nouvelle, la Matriarche, suivit de près par la Capitaine de la Garde et une bonne dizaine de soldats, pénétrait dans le Grand Hall d'un pas qui n'augurait rien de bon.

- Qu'est-ce que tout cela signifie, Prêtresse ?! Vociféra-t-elle, rouge de colère.
- Je ne fais que suivre mon devoir, Matriarche, répondit l'interpelée avec plus de calme. Cette enfant est l'Elue de Fael-Lùlë, je viens d'en avoir la confirmation …

La Matriarche foudroya la famille de Neishaans avec une telle hargne que Sloänn prit son fils contre lui avant d'enlacer sa femme de son bras libre, comme s'il cherchait à les protéger instinctivement de la fureur de leur dirigeante. Finalement, cette dernière sembla retrouver un semblant de calme en avisant les reliques d'Elentàri.

- Pourtant, tous les oeufs sont intacts … J'ai du mal à croire à vos histoires, ma chère, déclara-t-elle avec ce petit ton arrogant. Si elle est bien cette “Elue” que vous prétendez, pourquoi n'y a-t-il point d'oeuf brisé et de dragonneau plein de vie ?

Le regard de la Grande Prêtresse, d'ordinaire si serein et bienveillant, s'alluma à son tour. Elle s'avança d'un pas, comme semblant défier la vieille femme.

- Puisque vous semblez douter de mes propos, permettez-moi de vous prouver que je vous dis la vérité.

Son regard croisa celui de Lydia, qui acquiesça sans un mot avant de s'avancer de nouveau vers les oeufs.
D'un signe de tête de la Matriarche à sa Capitaine, cette dernière ordonna à ses gardes de se saisir de tout le monde. Sloänn serra un peu plus son fils contre lui mais préféra ne pas protester, de même que Lydia, même si elle renacla un peu plus. La Grande Prêtresse ne se laissa pas empoigner, repoussant les mains armurées avec toute la force dont elle était capable.

- Enfermez celle-là, commanda-t-elle avec un calme effrayant, désignant la religieuse. Quant aux autres … Tuez-les et jetez les corps à la mer, discrètement. Je ne veux pas que cette histoire insensée s'ébruite.
- Avez-vous donc perdue la tête, ma Dame ?!
Cria la Grande Prêtresse, essayant une nouvelle fois d'échapper à la poigne des soldats.
- Ne croyez pas que je vais vous laisser m'embobiner avec vos sornettes ! Cette gamine des bas-fonds, une Elue de notre grande Fael-Lùlë ?! C'est une insulte faite à sa mémoire ! Je sais que vous complottez pour prendre mon trône et je ne vous laisserai pas faire ! Gardes, exécutez mes ordres !

La Capitaine ne fit que renchérir par dessus les mots de la Matriarche mais, alors que tout le monde allait se mettre en mouvement, certains contre leur volonté, un puissant rugissement, sourd et furieux envahit tout le Grand Hall, faisant autant trembler ses occupants que les murs entre lesquels ils se tenaient.
Une voix caverneuse, profonde, ancienne s'éleva alors, raisonnant dans leur esprit.

° Je ne vous laisserai pas assassiner la future Liée de ma dernière et précieuse fille … °

Sans que quiconque n'ait pu comprendre ce qui était en train de se passer, la petite Nínim se retrouva envelopper d'une lueur bleue iréelle … Puis disparut.

L'instant suivant, la petite Neishaane, de tout juste 1 an, se retrouvait confortablement installée entre les racines d'un chêne centenaire, à l'abri de la neige qui tombait drue en cette fin de journée d'hiver. Une large route passait devant elle et au loin, à quelques centaines de mètres d'elle seulement, la silhouette d'une troupe itinérante se dessinait sur l'horizon.

° Le temps viendra où tu t'en retourneras chez toi pour accomplir ta destinée, petite fille … En attendant ce jour, survis pour ta soeur d'âme. Nous t'attendrons … °

Et la voix millénaire mourrut dans l'esprit de Nínim, bien trop jeune pour retenir quoi que ce soit de cette mystérieuse prophétie.
Ce qu'il advint par la suite …? Ma foi, c'est l’histoire d’une jeune fille appelée Alrüne mais je crois bien que vous la connaissez déjà …




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