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Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Mer 17 Fév 2016 - 20:34 Répondre en citantRevenir en haut

Année 918, Solyaeku, 20° jour.

Daté à ce jour pour justifier ensuite du départ de mes personnages jusqu’à Neharaku.



Depuis deux semaines, le temps semblait suspendu pour le couple de liées. Sayuri et Akemiko mesuraient chacune à leur façon les conséquences de la mort de leur aspirant Aby Myr Torgan. Sous le coup de la colère et de la peur, le geste de la saurienne avait été facile, il s’était fait sans même y penser. Sauver la vie de son âme sœur n’avait pas laissé de place à la réflexion. Peut-être avait-il existé un autre moyen de mettre fin à la furie du torhil, mais dans la précipitation elle ne l’avait pas trouvé. Cela s’était déroulé ainsi et l’on ne pouvait plus rien y faire désormais. Depuis que l’émotion était retombée, la future reine était inconsolable. Sayuri, elle, avait repris connaissance quelques jours plus tard, et avait continué d’être prise d’assaut par de violentes crises de migraines pendant encore une dizaine de jours. Le guérisseur qui s’était occupé d’elle lui avait diagnostiqué un traumatisme crânien, lui-même étonné de sentir sous le champ magique de ses mains la petite fissure qui courrait sur la boîte crânienne de la geisha.

« Il s’en est fallu de peu. C’est une chance qu’elle soit encore en vie. Le choc a dû être d’une violence inouïe. » avait-il osé commenter.

Akemiko était venu rendre visite à Sayuri de nombreuses fois. Mais elle passait la plus grande partie de son temps sur le continent, loin du Màr, à errer, méditer, chasser, s’évader, hurler sa colère et sa tristesse, se changer les idées, faire le point sur sa vie et sa condition de future reine. Finalement, peut-être que la bipède avait eu raison. Peut-être n’étaient-elles pas faites pour prendre un aspirant. Et pourtant, cela ne se pouvait. Elle avait senti au fond d’elle-même qu’il était temps, qu’elles pouvaient et devaient former des Doués. La saurienne aurait aimé pour une fois mettre de côté sa fierté et aller demander conseil. Sethyl, sa jumelle, aurait pu la comprendre. Elle aurait pu lui dire qu’elle avait eu raison, que le remord n’avait pas sa place dans son cœur ardent. Mais Sethyl, tout comme Lilwen, n’était plus revenue au Màr depuis longtemps. Elle ne savait plus où elle était ni ne la sentait plus. Peut-être était-elle morte, elle aussi ? *Non.* Elle chassa ses idées noires.

Dès que le guérisseur estima que Sayuri était suffisamment remise d’aplomb, la kunoichi reçut une convocation devant le concile des Sangs. Elle sut tout de suite la raison de cette « invitation ». Dans un premier temps, Naethrandir choisit de ne pas en faire part à la saurienne. Mais bien assez vite, l’incarnate sentit un recoin de l’esprit de son âme sœur qui lui était refusé et elle vint à bout de ses barrières mentales. De son côté, la colère de Sayuri ne tarissait pas.

*Je ne supporte pas que tu t’en veuilles à ce point ! Ce rat l’avait amplement mérité ! Il ne méritait ni la vie, ni la mienne, ni la tienne, ni même notre enseignement ! Si cela avait pu t’enlever une épine du pied, j’aurais pris plaisir à le tuer de mes mains, même à le torturer, ce moins que rien, ce chien, ce gnome à groin !*

Mais la petite reine n’avait rien répondu. Cette immense colère soulageait son cœur, mais de peur de l’attiser, elle n’en pipa mot à sa petite demi-sang.

C’est donc un duo un peu abîmé qui se présenta au Concile. Sayuri, elle, était prête à mordre le premier qui lancerait un reproche. Quant à la reine en devenir, elle était dans le même état d’esprit, mais pour des raisons différentes. Elle s’était suffisamment fait la leçon toute seule pour ne pas avoir besoin que des politiques prétentieux viennent lui faire la morale. Renfrognée, elle s’obligea néanmoins à accompagner la bipède. Affronter tout un concile à deux serait sûrement plus facile. Si tant est que le concile se réunisse au complet pour elles, ce qui n’était pas certain. Loin de là.
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MessagePosté le: Mer 17 Fév 2016 - 20:34 Revenir en haut

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Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Jeu 18 Fév 2016 - 13:15 Répondre en citantRevenir en haut

Sa toute première prise de parole au Concile, Yong’Wu en aurait presque eu les mains moites s’il n’avait été Torhil, la missive était arrivée la veille au soir : une mise en jugement et en question d’évènements concernant la mort d’un aspirant.

Il avait rangé le coupe-papier un sourcil légèrement haussé d’amusement, voilà qui ouvrait le bal de façon délicieuse et allait lui permettre de s’imposer comme nouvelle figure de proue des Valheriens. Il allait leur montrer à ces Sangs qu’il méritait sa place, qu’il la méritait bien plus qu’eux en tout cas.

Le seigneur étant absent ; on s’en accoutumait à force ; la parole de loi revenait donc aux divers membres du Concile, les puissants, les en-vogues du moment qui avaient trouvé moyen d’asseoir leurs fesses sur des chaises d’importance. Il avait fait mander un chirurgien-barbier dans ses appartements pour être parfait : la coupe fraîche et la peau soignée faisant ressortir la couleur sombre de sa peau, quelques huiles sur le corps pour le simple plaisir d’être beau et il avait préparé la Toga Picta de son office.

Il comptait bien remettre ce vêtement au goût du jour, le Torhil avait toujours trouvé les uniformes d’office des temps anciens à son goût, ils donnaient ce petit plus d’importance et de classe qui seyait à un rang élevé. Ajustant sa chevalière frappée des sceaux Zenghweï et Valheriens il avait donc prit les couloirs d’une foulée ample mais détendue, le visage figé dans une expression de dignité que l’on ne trouvait plus que sur les statues d’antan.

Il était à la fois une parodie de lui-même, de son rôle mais aussi une figure impressionnante malgré la fonte de sa charpente solide. Les cernes sous ses yeux avaient d’ailleurs presque disparues grâce à cataplasmes et autres onguents pour faire jaillir toute la noblesse de son être, ou tout du moins pour le rendre encore plus ‘’Trop habillé’’ pour l’occasion.

° Aby Myr Torgan… tu te souviens de lui ? °

Le dragon marchait à ses côtés, une fois n’était pas coutume, ses pattes suivant sans peine la foulée du Torhil en s’adaptant à sa vitesse. Les diverses cicatrices qui zébraient les écailles du Blanc tranchaient avec l’air de son compagnon bipède qui pour une fois avait bien plus l’air d’un politicien qu’un chevalier dormant sous une montagne d’or. Yong’Wu avançait sans se soucier de la foule, profitant de sa taille et de son ‘’escorte’’ pour fendre les flots humanoïdes des couloirs sans devoir donner de coup d’épaule.

° Non. Pourrais-tu me rafraîchir la mémoire ?°

Il lui fit un bref résumé du personnage en question ainsi que de l’accusée ce qui apporta un maigre sourire aux lèvres du Sang, ainsi donc le fier Torhil avait été vaincu par une demi-sang, il en aurait presque rit. Mais il allait devoir jouer finement, un aspirant mort était déjà une perte sèche pour le Kaerl, il n’était pas nécessaire de perdre en prime une maîtresse Incarnate même si celle-ci n’était pas née de parents de même race. Le clan Valherien n’était pas composé que de Suprémacistes racistes, il devait représenter dignement son clan et ses intérêts.

Adressant quelques signes de tête en guise de salutations à ses ‘’collègues’’ il s’installa à la place attribuée et profita quelques secondes de la justesse de se trouver sur ce siège. Il savourait pleinement cet instant, enfin il avait ce qu’il désirait. Le trône n’était qu’une façade, ici se jouait le véritable pouvoir, il parlait au nom d’un segment du Kaerl et pas le moindre.

Il lissa le vélin face à lui et apprécia la taille de la plume avant de poser deux doigts dessus comme prêt à jeter des mots sur la peau de veau. Qu’il était bon d’être Sang.

Sa voix portait sans difficultés, il avait été entraîné dès sa plus tendre enfance pour ce genre de choses.

« Faites entrer la Maîtresse Incarnate, je pense que tout le monde est prêt. »

Après que l’assentiment fut donné de la part des autres membres les portes s’ouvrirent pour laisser entrer le duo abîmé. Il ne laissa rien paraître si ce n’était un visage de marbre et neutre, sous ses arcades les deux gemmes d’onyx qu’étaient ses yeux fixaient intensément le couple.
Il laissa le greffier énoncer les membres présents ou leurs figures remplaçantes puis l’accusée, son cœur battait à tout rompre ; tout du moins pour un Torhil ; il pouvait sentir derrière chaque pulsation le fait de parler pour un groupe entier de personnes, le fait d’être l’un des Maîtres à bord.

« Maîtresse Incarnate Sayuri Yaru-Nosta Naethrandir et Akemiko l’Incarnate vous comparaissez aujourd’hui face au Concile pour Homicide envers la personne d’Aby Myr Torgan, aspirant du Kaerl Ardent. En ces temps troubles il revient à nos personnes de transmettre la justice et de faire appliquer les lois du Màr Tàralöm, le comprenez-vous ? »

Il allait certes laisser du temps de parole aux autres, ne pas prendre trop de place bien entendu. Mais il allait tout de même imposer sa présence et briller, se chargeant des formalités avec un ton fort d’importance sans pour autant surjouer la chose. Il était né pour faire cela.

« Sachez avant tout que vous n’avez pas été conviée ici pour être mise au pilori, nous examinerons les faits, les preuves et vos témoignages avec impartialité. Parlez donc sans craintes mais sans oublier où vous vous trouvez. »

Bien, c’était assez de sa part pour le moment. Se saisissant de sa plume il se prépara à tremper celle-ci dans l’encrier pour, évidemment, prendre des notes sur ce qui suivra. Il interviendrait plus tard, il fallait laisser un peu de lumière aux autres après tout…



Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Ven 19 Fév 2016 - 22:35 Répondre en citantRevenir en haut

Juste avant que les lourdes portes ne s’ouvrent, le cœur de la maîtresse incarnate battait un rythme régulier, lent, mais ses pulsations soufflaient fort dans sa poitrine et dans sa tête, signe que sa tension grimpait en flèche. Elle se savait dans son bon droit et ne craignait pas d’affronter ce qui l’attendait derrière. Le simple fait d’imaginer tous ces politiciens en quête de gloire la rabaisser pour s’élever quelques centimètres plus haut que leurs camarades faisait poindre en elle les prémices d’une sourde colère. Akemiko, elle, bien que regrettant d’avoir eu besoin d’aller si loin avec son premier aspirant, n’était pas dans un état très différent de celui de sa liée.

Les pompeuses portes s’ouvrirent dans un grincement grave et profond, rendant caricatural le protocole ridicule que s’imposaient les Sangs. La jeune femme s’avança, le port fier et le regard neutre comme à l’accoutumée. La petite reine soutint le regard de chaque bipède présent dans la salle, jaugeant et évaluant chacun d’eux, pendant que sa liée constatait que le seul Sang qu’elle espérait voir en ce jour – son ancien Maître le Seigneur Iskuvar – était absent. *Forcément, ç’aurait été trop facile. Au moins, Alecto n'est plus de la partie, Yuma occupant sa place.* Le couple se plaça au centre de la pièce et attendit que les hostilités ne soient lancées. Ce fut Yong’Wu Zenghwei qui prit la parole. Sayuri l’avait déjà croisé dans le Màr à plusieurs reprises mais n’avait jamais eu l’occasion de le rencontrer vraiment. Elle n’avait jamais noté cette prestance et ce charisme. S’il n’avait été politicien, valherien de surcroit, il aurait même pu être attirant. Cet homme avait les gestes lents, précis, posés de celui qui sait ce qu’il fait et qui maîtrise le déroulement des évènements. Il prenait son temps et se plaisait visiblement à cette place qu’il occupait. Ne se délectant pas plus longtemps que ne lui permettait la convenance, il invoqua les raisons de leur présence à tous, ainsi que le chef d’accusation dont elles faisaient l’objet. La respiration de Sayuri, lente et mesurée, laissait transparaître le calme avant la tempête. Jusqu’ici, tout allait bien.


« Oui, nous le comprenons. » répondit-elle, son regard scrutant toujours les membres du Concile, observant chaque geste, chaque manie, chaque coup d’œil qui pourrait lui donner des informations sur ce que pensaient ses juges. Elle aimait savoir, contrôler, avoir un coup d’avance sur ses adversaires. Mais elle ne s’attendait pas à ce que le Haut Représentant Valérien s’apprêait à énoncer.


« Sachez avant tout que vous n’avez pas été conviée ici pour être mise au pilori, nous examinerons les faits, les preuves et vos témoignages avec impartialité. Parlez donc sans craintes mais sans oublier où vous vous trouvez. »


Ces paroles désarçonnèrent l’ancienne Haute Prêtresse. Aucun sourcil ne se haussa, aucun muscle ne se crispa sur le visage immaculé de la geisha. Néanmoins, son regard revint sur le torhil, se planta dans ses yeux et le soutinrent quelques secondes. De la part d’un valherien, cela était pour la demi-sang une surprise de taille. Sa dernière phrase laissait transparaître un amour pour le respect et la hiérarchie que la demi-sang partageait. Et le ton se voulait certainement rassurant. Mais elle savait qu’il ne fallait guère s’y fier. Il était politicien valherien. Elle était demi-sang. La maîtresse incarnate soupira.


*Si tu m’avais écoutée, nous ne serions pas ici.*
*Si tu n’étais pas si fière, ton aspirant ne serait pas sorti de ses gonds.*
rendit-elle coup-sur-coup.


Sayuri aurait voulu lui recracher la haine d’Aby pour les demi-sangs, lui rendre ses tacites reproches, laisser libre cours à sa colère, mais ce n’était ni l’endroit ni le moment. Son sang se mit à battre à ses tempes, ses oreilles bourdonnèrent, lui brouillant une partie de l’audition. Elle commençait à avoir l’habitude de ses symptômes et alors que la douleur croissait inexorablement à l’instar d’un étau, c’était à elle de prendre la parole. Tant que la douleur restait supportable, Naethrandir ne laisserait rien paraître… dans la mesure du possible.


« Aby Myr Torgan était un torhil quelque peu… butté. Dès notre première rencontre il m’a clairement fait comprendre que son « enlèvement » - comme il disait – n’était pas tolérable et qu’il ne le pardonnerai jamais. A son sens, son honneur était souillé et ce fut sur ma personne qu’il orienta sa haine. Je ne sais d’ailleurs pas qui l’a ramené de force au sein de notre kaerl, à mon sens ce fut une erreur puisqu’il abhorrait l’idée même de vivre ici, que la vie d’un dragon soit en jeu ou non. Mais qu’importe. Le fait que je sois une femme n’arrangeait rien. A son sens, devenir l’élève d’un être en apparence plus faible était inacceptable. Cela l’irritait visiblement beaucoup. »


La jeune femme se tut un instant. Elle sentait peser sur elle l’esprit de sa moitié, lourd de reproches quant à promptitude à lancer le combat qu’elle avait engagé ce jour-là avec son aspirant. Mais au fond, avait-elle eu le choix ? La haine de ce moins que rien ne pouvait être percée d’aucun verbe, pas plus qu’une lance ne traverserait un bouclier de Tramaghel. L’étau qui enserrait sa tête se resserra et sa vue commença à flancher. Quelques muscles de son visage se crispèrent furtivement. Encore une fois, non sans difficultés, elle reprit le contrôle de son corps. Il faisait chaud tout à coup.

« De toute évidence, rien n’aurait pu soulager sa conscience. Rien sauf un combat. L’occasion se présentait pour moi également de le remettre à la place qui était désormais la sienne et de le faire changer d’avis sur les capacités du sexe faible. »


La maîtresse incarnate tut le plaisir qu’elle avait éprouvé à le provoquer, à exacerber sa colère, sa délectation devant sa détresse, sa jouissance devant son désarroi. La haine qui émanait de lui, particulièrement envers les femmes, l’avait classé aux yeux de la geisha dans la catégorie « indésirable », « détestable », voire « exterminable ».


« Bien sûr, je ne prétendais pas gagner en force dans un tel combat. Je comptais sur ma taille et mon agilité pour le fatiguer et finir par le ramener à la raison. Mais l’animal était plus entraîné que je ne le croyais. Il m’a tout bonnement et tout simplement défenestrée. »
*Inutile de vous conter ma réaction… qui ne s’est pas faite attendre.*
la coupa Akemiko. La jeune femme lui jeta un regard qui se voulait neutre, avant de reprendre.
« Après la… « correction » d’Akemiko, notre premier vol s’est déroulé sans encombre. J’ai cru qu’il s’était finalement fait une raison. D’autant plus que les jours qui ont suivi se sont passé sans trop de crises de colère à gérer. Il ne me porterait jamais dans son cœur, cela je l’avais compris – et je n’y tenais guère moi-même – mais nous avions trouvé une sorte d’entente. »


L’assemblée qui se tenait devant elle faisait silence, écoutant son témoignage, sentant dans son discours arriver le moment où elles avaient perdu le contrôle. Voyant le Concile pendu ainsi à ses lèvres, Naethrandir se remémora les assemblées de l’Ordre de l’Apocalypse, à l’époque où elle était Haute Prêtresse. Un coin de ses lèvres fuselées remonta en un discret demi-sourire, qu’elle perdit rapidement en revenant à cette partie de son récit.


« Le dernier jour de Flarmyaku, Aby est venu me retrouver dans la pièce centrale de notre Weyr. La colère déformait ses traits et j’ai tout de suite compris que cette fois-ci, il ne pourrait être contrôlé, ni même ramené à la raison. Il venait d’apprendre que j’étais mi-Neishaan mi-Fëalocë. »


A ces mots, le regard de la demi-sang se porta sur le Haut Représentant du clan valherien. Elle s’attendait à un sourire narquois, à un regard hautain, mais rien ne transparut sur le visage carré du torhil.


« S’engagea alors un second combat. Cette fois-ci, sa force était décuplée. J’ai fini par prendre un coup. J’ai été projetée contre un mur, mon crâne s’est fêlé et j’ai perdu connaissance. »
* C’est lorsque je l’ai vu brandir sa lame au-dessus du corps inanimé de ma Liée que j’ai compris qu’il irait jusqu’au bout. J’ai fait ce qu’il y avait à faire. La seule chose qui pouvait l’arrêter. Je l’ai tué.*
termina froidement la saurienne.


Le couple incarnate laissa planer le silence. L’ambiance resta un moment comme suspendue. Le temps s’était arrêté.
Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Ven 26 Fév 2016 - 17:32 Répondre en citantRevenir en haut

Le Concile. L’Inquisiteur Suprême ne s’y rendait jamais en traînant les pieds. Il avait l’air heureux de participer aux sessions. Au moins autant que de contempler la floraison des jardins, ou un poisson crevé flottant dans une fontaine. Comme d’habitude, en somme. Il était presque impossible de lire des émotions sur ce visage de marbre. Cette attitude nécessitait un entraînement rigoureux et beaucoup d’expérience dans la dissimulation… Ou posséder un cœur de pierre. C’était le seul moyen pour Eléderkan Garaldhorf de ne pas offrir trop d’angles d’attaque à ses confrères et consœurs. Les Sangs avaient toujours eu soif de pouvoir. Et malheureusement, parfois, leur égoïsme leur poussait à occulter le bien du Kaerl. L’Inquisiteur Suprême serait là pour leur rappeler leur devoir.

Avec subtilité, bien entendu.

Le Maître Bronze s’accorda un rapide regard vers les sièges vides. Que l’absence de Second soit effective depuis des mois, peu lui importait, finalement. Non, c’était l’absence du Seigneur qui faisait remonter des sursauts de désapprobations – comme des remontées gastriques – et qui menaçaient de briser son précieux flegme. Alauwyr Iskuvar reviendrait. Il le savait. Un tel homme ne laissait jamais le pouvoir à d’autre à moins qu’il ne soit mort. Ses espions n’avaient pu trouver trace de lui nulle part. Tout était à craindre… Cependant, la subite disparition de la jeune Chevalière Salv présageait autre chose. Eléderkan ne faisait jamais de conclusions hâtives. Mais il sentait que ces deux événements étaient liés.

Ce fut le nouveau Haut-Représentant des Valheriens qui prit la parole lorsque tout le monde fut assis. Il se défiait de cette étoile montante. Sa bravoure et son désir de gloire frôlaient l’imbécilité. Pire, il avait gagné en puissance, ce qui le rendait d’autant plus dangereux.

Personne ne sembla prêt à contredire le Maître Blanc, pas même les plus bavards. Ce fut donc lui qui lança la séance.

Eléderkan ne jeta qu’un rapide regard à la jeune femme qui se présentait devant eux. Il ne la connaissait pas directement mais d’après ce qu’il en savait, être liée à une reine ne l’avait pas rendue plus prudente, ni plus intelligente. Pour ne rien arranger, Sayuri Yaru-Nosta portait un titre ridiculement pompeux et mystique. Il ne doutait pas qu’elle soit rusée et adroite à évoluer en politique. En revanche, il doutait de sa capacité à faire face aux conséquences de ses actes. Un Aspirant mort était le cadet de ses soucis, en ce moment. Thémos aurait argué que les jeunes recrues du Màr ressemblaient davantage à des vers-de-terre qu’à de futurs Maîtres Dragons. L’elfe refusait de lui donner raison… Pour l’instant. Avec les lubies toujours plus imprévues de Manea, il avait tendance à oublier à quoi devait ressembler un vrai Aspirant. Rien que d’y penser, il avait mal à la tête.

Bénis soient les dieux ! Ça y est, il avait la migraine.

A la fin du récit de la coupable, Eléderkan sentit se manifester un élan d’indulgence envers la jeune Maîtresse. Elle avait bien agis. L’elfe était persuadé que tout dragon qui se respecte aurait fait la même chose et, sans doute, récolté des lauriers de la part de son Lié. Hélas, à ses yeux de stratège, le problème ne venait pas de là. Si Sayui avait voulu éviter que la situation ne dégénère, il aurait fallu intervenir avant. Mieux vaut prévenir que guérir.

- Maîtresse Yaru-Nosta, votre plaidoyer a été entendu. Je pense parler au nom de tous, et même de la majorité des chevaliers-dragons de ce Kaerl, en affirmant que la reine Akemiko a eu raison d’agir comme elle l’a fait. C’était un cas de légitime défense. On ne peut condamner un dragon parce qu’il a protégé sa vie et celle de son Âme Sœur.

Il marqua une brève pause. Jeta un rapide coup d’œil au Maître Zenghwei pour s’assurer qu’on ne lui couperait pas la parole. Il ne voulait pas s’arroger un pouvoir de décision qu’il n’avait pas le droit de posséder.

- Je parlerais maintenant en tant que Sang. A mes yeux, Sayuri Yaru-Nosta, vous avez faillis. Ce drame aurait pu être évité. Que votre jeunesse, votre inexpérience ou votre orgueil en soit la cause, peu importe. Le résultat reste le même. Vous êtes un membre du Màr Tàralöm, qui plus est liée à une future mère de dragons. Ce statut vous protège, en partie car il y a des lois qu’on ne peut heureusement pas contourner. Je suggère à mes pairs, honorables Sangs, de déchoir Sayuri Yaru-Nosta de son rang de Maître, en attendant qu’elle soit plus apte à assumer cette fonction. On ne devient pas Maître parce qu’on le peut mais parce qu’on est en capable. La parole est à vous, acheva-t-il avec un signe aux autres Sangs attablés.

Il avait réussi à ménager – légèrement – la susceptibilité de la jeune Incarnate. Il fallait l’espérer. L’Inquisiteur Suprême possédait une voix au conseil. A chacun de prendre et voter une décision, en son âme et conscience, avant de passer aux affaires courantes.


Vous avez le droit de pas être d'accord, de faire "hourra !", de taper du poing sur la table ou sur le voisin, voilà XD



Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Lun 7 Mar 2016 - 20:28 Répondre en citantRevenir en haut

Il avait écouté avec une attention toute particulière, rompant même le contact mental avec son Lié pour se focaliser sur l’affaire en cour. C’était sa première action en tant que Sang et il ne comptait surtout pas prendre les choses à la légère sans toutefois voler trop près du soleil et se brûler les ailes.

La plume grattait le vélin au fur et à mesure des mots prononcés, son visage restait égal, neutre, insondable comme à l’accoutumée. En fait les seules expressions qui s’étaient jamais trouvées sur sa face n’étaient que le dégoût, le dédain et la haine, le reste était bien trop rare et étranger pour avoir réellement une place. Relevant les deux perles noires qu’étaient ses yeux il regarda la Maîtresse Incarnate et sa Liée avant de passer sur le Garaldhorf.

Les choses avaient toujours été assez spéciales avec le dit Inquisiteur Suprême : il était incapable de l’apprécier mais avait quand même une mesure de respect pour lui. L’Elfe était présent depuis bien longtemps dans le Kaerl et le simple fait que celui-ci n’avait pas été assassiné entre temps démontrait l’habilité de celui-ci à survivre dans un milieu aussi hostile que le Màr Tàralöm.

Le ton était professionnel, calme, pour l’instant il n’y avait pas encore eu de ces éclats de bac-à-sable dont il avait tant entendu parler à propos du Concile. Yong’Wu était plutôt impressionné que d’autres membres du Kaerl pouvaient prendre à cœur les intérêts de celui-ci en laissant fierté et mauvaise langue en dehors. Enfin, pour l’instant.

Un bref hochement de tête donna son assentiment à propos de la légitime défense mais il fallait tout de même faire un exemple, une tape sur les doigts. Un crime ne pouvait pas rester impuni si celui-ci était porté aux yeux de tous. Posant sa plume non sans l’essuyer il posa le bout des doigts les uns sur les autres et remis son regard sur la maîtresse.

« Une sentence doit-être rendue, malgré la légitimité de vos actes je rejoins le Maître Garaldhorf sur ce point. Là où je diverge serait plutôt sur la punition encourue : la déchéance de statu me semble être un peu forte pour ce cas de figure. »

Il se redressa un peu dans son siège avant de poursuivre, écartant les indexs pour signifier qu’il n’en avait pas fini et éviter que tout ne parte en scandal. Il fallait naviguer avec prudence dans les eaux du Concile.

« Les pertes subies par notre Kaerl lors des récents évènements nous laissent dans une situation pour le moins délicate : nous manquons de maîtres, de gens capables et de ressources. Une période de probation serait plus à même d’infliger une réprimande pour cette… fâcheuse affaire en plus d’aider notre Kaerl. »

Il fixa un instant les deux accusées avant de regarder les autres sangs pour prendre la température.



Marek d'Ardiénor
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MessagePosté le: Sam 12 Mar 2016 - 19:37 Répondre en citantRevenir en haut


Martel Dehlekna & le Bronze Melkor
- Haut Représentant du Clan Dominant -

Theme Song :
Chaos is a Ladder – Game of Thrones OST


Dans la salle au haut plafond, un lourd silence planait après la déclaration d'Eléderkan, qu'avait promptement suivie celle du Zenghwei. Déchéance de titre ? Mise sous tutelle ? Les Sangs, plongés dans leur réflexion, échangeaient des regards furtifs, ou bien scrutaient le visage d'albâtre de la demi-sang, accompagnée de son Incarnate. Neishaane-Fëalocë, un bien intéressant mélange entre deux peuples que pourtant tout opposait ... Et la petite Reine, de par sa taille inhabituelle, n'était pas en reste en terme d'étrangeté.

Mais Martel n'était pas de ceux que le mélange des sangs dérangeait. Il ne ne jugeait pas les gens à leur lignée, mais seulement à valeur de leurs actes. Statue de marbre glacée, ses longs doigts joints sous son menton, l'Elfe observait, attentif, ses pairs, essayant de deviner leurs réflexions. Sa longue chevelure neigeuse était retenue en arrière par un lacet de tissus noir, alliance de la praticité et de l'élégance. D'un noir profond était également sa tunique, uniquement brodée d'un dragon de cuivre sur son haut col, ainsi que ses chausses et ses bottes de cuir ciré. La chevalière représentant sa fonction et son rang, présente à son annulaire gauche, était l'unique bijou qu'il s'autorisait à porter. Aujourd'hui, c'était le Sang et non le guerrier qui siégeait.
Le silence profond, même étouffant, qui régnait entre ces murs épais, agressait ses sens. Ses oreilles percevaient le son de la respiration tantôt lente, tantôt agitée des autres membres du Concile. Sur sa langue, il pouvait presque sentir le goût de la tension qui électrisait l'air.

Ce n'était pas la première fois que le Concile devait faire face à un tel jugement, même si les blessures graves étaient bien plus fréquentes que les décès, chez les Aspirants les moins dociles. Ce n'était pas non plus la première fois qu'une Dame Incarnate comparaissait. Mais la guerre contre Drazahir avait fragilisé le Kaerl, effrité le peu de confiance que les Sangs se vouaient les uns aux autres. Avant la réunion du jour, ils avaient longuement débattu, en privé, des faits et de la sentence à appliquer, sans parvenir à se mettre d'accord les uns avec les autres, sinon qu'un tel acte ne pouvait rester impuni, étant donné la mort d'un enfant de Flarmya qu'il avait probablement provoqué.

La dernière Empreinte, révélant une Incarnate aveugle, avait été le point de départ d'une escalade de chaos qui avait culminé lors du banquet. Iskuvar était porté disparu, le Kaerl était à la dérive et s'entre-déchirait, sans personne à la barre.
Un bref coup d'oeil vers sa droite lui révéla le siège seigneurial vide, et un rictus déforma brièvement son visage anguleux au souvenir de Seregon s'opposant à lui. Être millénaire engoncé dans ses traditions, le Gardien n'en restait pas moins extrêmement puissant et dangereux à contrarier. Mais le Haut Représentant du Clan Dominant, bien que bouillant à l'intérieur, savait se montrer patient. Des années qu'il attendait de pouvoir passer à l'action, et que l'instant propice se dérobait à lui, inlassablement ...

Son irritation monta d'un cran lorsque son regard tomba sur le Zenghwei, vêtu avec une ostentation plus digne d'un paon que d'un Sang du Màr Tàralöm. Le nouveau dirigeant des Valheriens avait remplacé Lyssa Ciniver, à l'étonnement de tous, qui s'attendaient à ce que la Maitresse Incarnate Jora Evumbrar prenne possession du titre. Un consanguin à la place d'une catin … Jusqu'où le Concile allait-il tomber ?
Dans son esprit, Melkor s'ébroua, les prunelles teintées de rouge sang. Sous ses yeux, aux Dol Nàrë, un petit Blanc faisait une cour éhontée à la puissante Takhasya, qui s'en montrait étrangement tolérante. Aurait-il eu des plumes qu'il n'aurait pas été étonnant de le voir faire la roue.

Quel était son nom déjà ? Nushi ? Le lié du Zenghwei ...

*Pas maintenant, Melkor.*

Le grand Bronze ressentait une colère grandissante à voir l'autre dragon se pavaner devant la Reine qu'il avait conquise après une lutte âpre lors du précédent vol nuptial, colère qu'il ne pouvait empêcher de déteindre sur Martel. L'orgueil du mâle en était rien de moins que sévèrement blessé par l'idée que sa conquête puisse s'abaisser à accepter comme partenaire un vulgaire Blanc. L'envie de lui broyer le cou entre ses crocs et de l'écraser sous ses pattes se faisait grandissante, pulsant entre ses côtes.

*Les femelles ne t'apportent rien de plus que des nuisances lorsqu'on s'y attache, mon frère.*

Vexé par le peu d'intérêt que lui portait son Lié, le Bronze rompit le contact, laissant l'Elfe seul dans son esprit. Le regard de Martel glissa alors du Torhil – envers qui son mépris venait d'augmenter encore d'un cran – pour venir s'arrêter à nouveau sur la sang-mêlée. Un regard évaluateur et scrutateur, accentué par le bleu glacé de ses iris. Pas le regard qu'un homme pourrait avoir envers une jolie femme, bien que Sayuri soit plaisante à regarder, non, mais celui, dénué d'émotion, d'un stratège en train d'évaluer un pion. Pouvait-elle lui être d'une quelconque utilité ?

La colère qu'il contenait depuis des semaines maintenant croissait, lentement, lui broyant le plexus solaire, et sous la douleur il esquissa un demi-sourire, d'un sourire de prédateur, qui promettait silencieusement mille morts. Une nouvelle idée, passablement retorse, venait de s'ébaucher dans son esprit.

A cet instant précis, il sentit le Maitre Brun et Prêtre de Flarmya, Marek d'Ardiénor, retenir son souffle et se raidir, sur le siège juste à sa gauche. Il était rare que l'Ondin, continuellement drapé dans son voile de neutralité et d'impassibilité, laisse échapper quelque indication révélatrice de ses pensées. Ainsi, il l'observait ? Les iris de glace croisèrent celles, grises comme un nuage de tempête sur la mer, de son pair, et s'affrontèrent. Il avait repris son masque stoïque, mais la suspicion luisait néanmoins dans ses yeux. Que pouvait-il avoir compris ou deviné de ce qui l'attendait ?

Levant à demi la main pour réclamer la parole, l'Elfe se redressa, et se prépara à rompre ce silence qui n'avait déjà que trop duré. Il savait quelle sentence emporterait l'adhésion d'une majorité de membres du Concile.

« Sayuri Yaru-Nosta, liée de l'Incarnate Akemiko. Vos actes sont d'une gravité telle que nous ne pouvons nous permettre de vous laisser aller sans appliquer de condamnation adéquate. Par la mort de cet Aspirant, vous avez selon toute probabilité provoqué la mort d'un futur dragon. Quel que soit la menace qu'il faisait peser sur votre vie, vous ou Akemiko auriez du être capables de le maîtriser. Ceci doit être puni. »

Il marqua une courte pause, comme pour bien marquer la gravité des faits.

« Cependant, il se peut également que votre main ait été guidée par Flarmya elle-même, que vous n'ayez fait qu'accomplir la volonté divine de châtier l'Indigne, et de s'assurer qu'il ne porterait jamais la main sur un de ses précieux Enfants.
Dans l'attente de pouvoir nous en assurer, nous ne pouvons vous permettre de reprendre un Aspirant. Aussi, voilà la sentence que je soumets à mes pairs : vous et votre Liée serez déchues de votre titre, et mises sous tutelle, jusqu'à ce que vous soyez jugées apte à reprendre votre service envers le Màr Tàralöm. Et pour vous guider et vous évaluer durant cette période, en qui pourrions-nous mieux placer notre confiance qu'en un Serviteur de Flarmya lui-même ? Je propose que Marek d'Ardiénor prenne en charge les accusées au Temple de Flarmya durant la durée nécessaire. »


Sur ces mots, il se laissa aller en arrière, le dos contre le dossier de son siège ouvragé, les mains reposant sur la table devant lui. Il avait avancé ses pions sur le grand échiquier du Kaerl. Quelle allait être la réponse de ses adversaires ?

Toujours extérieurement imperturbable, il laissa son regard s'attarder ouvertement sur son voisin de gauche, son coeur marquant le passage des secondes, accéléré par l'impatience. Le silence s'étira. Le Maitre Brun s'était figé, le visage soudain très pâle. L'attente ne dura finalement que le temps de quelques respirations, avant que, avec l'air d'avoir mordu dans un fruit blet, l'Ondin ne prenne la parole à son tour, la voix rauque mais néanmoins ferme et assurée :

« Je valide la sentence de Maitre Dehlekna, et accepte, dans le cas où cette condamnation serait votée à majorité, d'être le tuteur des présentes accusées, puisse Flarmya me donner la sagesse nécessaire. »

Ses mains se crispèrent légèrement, de manière presque imperceptible. Il lui en coûtait de le reconnaître, mais la proposition de Martel ne présentait a priori aucune faille. Il n'avait d'autre choix que d'approuver, au risque de perdre la face devant le Concile. Pourquoi donc, au nom des Dieux, l'intérêt de l'Elfe s'était-il soudain porté sur lui, après des années à le considérer comme quantité négligeable ? Son expression se durcit, et il rendit son regard au Moredhel. C'était la première et la dernière fois qu'il le manipulerait de cette façon.

Nouvelle rencontre entre la glace et l'océan déchaîné, aucun n'étant prêt à céder du terrain.

Quelques secondes plus tard, et Martel se détournait pourtant, reportant toute son attention sur les autres. Que déciderait Eléderkan ? Le Prêtre avait quant à lui agit de la manière dont il l'avait prévu, mais il était encore bien trop tôt pour se réjouir. Tout ceci n'était que le commencement. D'une manière ou d'une autre, il se soumettrait à son pouvoir et il avancerait sur la voie qu'il avait choisie pour lui.




(Sign by Heryn Amlug)
Sayuri Yaru-Nosta
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MessagePosté le: Sam 2 Avr 2016 - 22:13 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune femme suivait avec attention l’évolution du débat entre Sangs. Lorsque fut enfin évoqué sa destitution de Maître, elle sentit le cœur de sa Reine rater un battement. Elle savait ce que cela lui coûtait et eut de la peine pour son âme sœur, aussi se garda-t-elle de lui en faire une remarque acerbe comme elle en avait l’habitude. Les yeux étaient braqués sur les deux liées, tantôt calculateurs, tantôt désapprobateurs, tantôt mesquins ou encore prédateurs. Très peu d’entre eux laissaient transparaître ne serait-ce qu’une once de compassion. Cela convenait parfaitement à la demi-sang, très peu habituée à toute effusion de sentiments. Lorsque Yong’Wu Zenghwei reprit la parole et radoucit la peine qui semblait leur être destinée, la saurienne en fut quelque peu soulagé.

*Ne t’inquiète donc pas. Nous aurons d’autres occasions d’aider notre Màr d’autres manières.*

Pour toute réponse, la petite reine renâcla, resserrant son esprit afin de n’entendre de sa bipède qu’un faible murmure. Elle était résignée à accepter le verdict, elle qui était si fière de former des aspirants, de leur enseigner, de leur faire découvrir, de les lier à ceux qui auraient pu être ses propres petits. En réalité, l’incarnate bouillonnait au fond d’elle-même, mais savait avec sagesse qu’il n’était pas de bon ton de laisser exploser ses émotions pour le moment.

En résonnance aux paroles du Haut-Représentant, Sayuri inclina la tête. Son visage restait impassible, bien qu’une multitude de pensées assaillaient son mental. Qu’étaient en train de penser tous ces Sangs qui la détaillaient sans aucune pudeur ? Voulaient-ils l’écarter, l’écraser, pour s’élever plus haut vers les illusoires cieux politiciens ? Certains souhaitaient-ils, en bons cœurs purs, que justice soit rendue ? D’autres calculaient-ils en quoi Sayuri pourrait leur être utile pour nourrir quelque dessin ? Impossible pour la petite femme de deviner.

Martel Delehka darda ses iris d’acier sur la maîtresse incarnate. Celle-ci, lorsqu’elle le remarqua, soutint son regard et ne broncha pas. Tout comme les personnes qui se tenaient devant elle, elle tenait à ne laisser transparaître aucune émotion. Naethrandir se contenta donc de le fixer comme il le faisait. Sa réflexion terminée, l’elfe finit par trancher. Il proposa que les maîtresses soient destituées de leur titre et mises sous la tutelle de Marek d'Ardiénor, le temps qu’il leur faudra pour être prêtes pour prendre à nouveau sous leur aile un aspirant. Il fut inutile pour Sayuri de se tourner vers Akemiko pour savoir que son cœur se faisait quelque plus léger… bien qu’elle ne partageât pas son avis. Pour elle, prendre un aspirant n’était qu’une perte de temps et totalement inutile. Mais vivre avec une future reine avait quelques inconvénients – comme d'être contraint et forcé de prendre en compte son avis et ses envies. Mais passons.

Le concerné ne semblait guère enchanté à l’idée de s’empêtrer avec une chevalière-aspirante, mais garda néanmoins la tête haute en validant et acceptant de garantir leur tutelle. La demi-sang sentit qu’entre les deux hommes, un combat politique faisait silencieusement rage. Mais ces broutilles de pouvoir ne la concernaient pas et elle n’en avait cure. Elle s’en inquièterait le jour où cela la concernerait de près.

De nouveau, les regards s’attardèrent sur les accusées, ce à quoi la petite femme répondit :

« Nous nous soumettrons au choix et au vote du Conseil quel qu’il soit. Puissions-nous apprendre de sa sagesse et racheter notre faute. »

En réalité, se rapprocher d’un Sang satisfaisait la maîtresse bientôt déchue. Cela serait pour elle l’occasion de s’immiscer dans la vie du kaerl, d’en apprendre plus et – qui sait ? – pourquoi pas de trouver le moyen de participer à sa vie autrement qu’en jouant les baby-sitters… A ces pensées qu’elle perçut, Akemiko sentit la colère monter contre sa liée. Elle ferait tout pour reprendre un élève, que cette petite bipède soit d’accord ou non !
Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Ven 1 Juil 2016 - 10:42 Répondre en citantRevenir en haut

La tension était palpable dans la grande salle du Concile. Peu de Sangs avaient finalement pris la parole. Parmi ceux qui l’avaient fait, néanmoins, on reconnaissait les plus ambitieux, les survivants, ceux que même la peste n’auraient pas empêché de quitter leur lit pour venir semer la discorde ou ramasser des miettes de pouvoir au milieu de leurs confrères et consœurs. Yong’Wu Zenghwei. Martel Delehkna. Marek d’Ardiénor. Sens du devoir ou faim de reconnaissance, peu importait les raisons au final. Seul le résultat importait. Car la vie d’une Maîtresse Incarnate se jouait ici.

Eléderkan, avec l’expérience acquise des ans et de la rouerie, aurait pu anticiper les mots de son ancien frère d’armes. Martel était si semblable à ce qu’il était des années auparavant. Si seulement il s’en était rendu compte plus tôt… Il aurait évité bien des désillusions. Il était triste de constater que la vie de Martel Delehkna s’était achevée le jour où le trône du Màr Tàralöm lui avait échappé une première fois, après la Grande Guerre des Ordres.

Sa proposition ne paraissait pas si surprenante. Sayuri ne méritait ce traitement de faveur que parce que Flarmya lui avait accordé le privilège d’être liée à une reine – fût-elle rétrécie. Cette tutelle auprès du Prêtre de Flarmya pouvait lui réapprendre l’humilité – si tant est qu’elle connaisse ce mot – et lui inculquer tout ce que son précédent Maître n’avait pas su lui apprendre. On ne devenait pas Maître grâce à un bout de papier ou une armure d’écailles. Tout le monde ne pouvait pas prétendre à endosser efficacement ces responsabilités, même si les grands pontes du Kaerl et tous les jeunes arrivistes voulaient faire croire le contraire. Cependant, Eléderkan sentit sa méfiance se raviver. Martel savait faire preuve de bon sens. Mais il était rare qu’il ne calcule pas ses coups à l’avance. Quel genre de cadeau empoisonné avait-il donné à Marek ?

Loin de ces réflexions trop sérieuses, Thémos s’amusait du déplaisir visible chez son aîné Melkor. Si la cour de Nushi envers son ancienne partenaire de Vol Nuptial pouvait rabattre son caquet à ce prétentieux, il en était ravi. On avait déjà vu il y a quelques années un Blanc rattraper une Argentée. Alors pourquoi pas une Incarnate ? Le choix revenait à Takhasya. Fréquenter les reines – et surtout une en particulier depuis quelques temps – avaient rapidement fait comprendre au Bronze qu’il était inutile de chercher à avoir raison ou être possessif envers une reine. Si seulement l’esprit étriqué de Melkor pouvait s’en apercevoir également !

Bien que visiblement estomaquée par la tournure des événements, la jeune Sayuri se plia de bonne grâce à la décision du Concile. Car personne n’avait contredit Martel. Et si même Marek donnait son assentiment… Les dés en étaient jetés. L’elfe d’Ys jeta un rapide regard vers le scribe qui s’occupait de consigner toutes les réunions du Concile.

- Sangs, validons-nous la sentence rendue par notre confrère Maître Delehkna ?

Le destin de Sayuri Yaru-Nosta et de la dragonne Akemiko était scellé. Pour un temps.


Rp fini pour moi !



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