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 [RP] Empreinte Neuvième - À l'Aurore d'un jour de renouveau... Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Lun 1 Fév 2016 - 12:18 Répondre en citantRevenir en haut

.

Doryl Dunstan et le Brun Anduras

Le premier de Néharaku 918 *


****Sur l'onde matinale, lisse et paisible, s'éleva un soleil corallin paré de toute la magnificence de sa robe de feu. Il semblait déverser quelques vagues cinabrines dans l'océan et brandir vers les cieux l'étendard doré de son halo princier. Solyae s'éveillait, éclatant, profitant des derniers jours de son règne avant l'arrivée certaine de l'automne où il se ferait moins présent.
Les embruns mordaient les côtes abruptes de la Baie d'Eau-Claire, sifflant contre la roche pourtant imperturbable, faisant danser les herbes sèches en surplomb des plages désertes et peu à peu déshabillées de leurs atours marins.
Et Doryl et son Lié étaient là, assis au sommet d'une pointe tapissée par la lande chargée de sel, bercés par le bruit sourd des flots qui s'écrasaient en écume contre le granit.

****Ils n'avaient pas eu à se concerter pour se retrouver là, leurs instincts mutuels les poussèrent naturellement et d'un commun accord à aller prendre le large l'un en compagnie de l'autre, pour une heure ou deux. Juste le temps de ne plus penser à rien. Car ce jour était d'une grande importance pour eux deux.
Leurs regards fixaient le vaste horizon sans réellement l'observer, mais les opales brunes de Doryl semblaient plus apaisées que les orbes oscillantes de vert de bleu et de jaune d'Anduras. Pour une fois, c'était le bipède qui rassurait le dragon.

****Anduras était partagé entre de nombreuses émotions, entre de nombreux sentiments. La prédominance allait à sa fierté d'être le père d'une nouvelle génération de sauriens pour le Kaerl Neutre. Tâche d'autant plus valorisante après les tragiques évènements survenus lors de la tentative de prise de pouvoir par Drazahir.. Et un Seigneur avait depuis été élu pour succéder à la Dame disparue. Quelque part, la Reine Argentée Seresth et lui étaient les annonciateurs d'une renaissance du Màr Luimë. Une brise s'était élevée avec eux durant leur Vol, effleurant la membrane de leurs ailes et la courbe effilée de leurs écailles tout au long de leur union ; une même brise qui aujourd'hui allait venir caresser les premiers instants de vie des dragonneaux à naître pour la consécration de nouveaux Chevaliers.
Et c'était à ce moment là que la fierté se transformait en angoisse chez le Brun. Car ce même rôle paternel nourrissait en lui une certaine appréhension alors que le jour de l'éclosion était enfin arrivé. Il ne parvenait pas vraiment à se l'expliquer.. Peut-être était-ce justement toute la lourdeur de ce poids qui reposait sur ses épaules. Peut-être était-ce la peur d'un échec de la part des candidats ou celle que sa progéniture ne puisse pas se lier. Il savait que ce serait Seresth la plus regardée en cas de malheur mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir concerné. C'était son premier Vol, sa première couvée aussi, quelque part. Anduras faisait simplement face aux troubles d'un père en devenir. Sa seule certitude allait à la confiance qu'il avait en celle qui fut, l'espace d'une danse, sa Reine et en la force de leurs caractères unis par les petits dragons qui s'agitaient déjà dans leurs oeufs..

****Doryl quant à lui, à l'humeur bien plus légère voire désinvolte, se contenta de lui mettre quelques tapes amicales sur l'épaule avant de s'allonger sans distinction dans les herbes taries par le sel de mer. Il croisa ses bras derrière sa tête, un large sourire à la commissure des lèvres, les paupières closes. L'humain préférait, et de loin, se rappeler de sa nuit dans les bras de Méloïse plutôt que de s'encombrer de telles élucubrations.

° Tu te tracasses trop, l'ami ! Tout se passera à merveille. On fêtera ça c'soir avec du bon vin et un banquet digne de ce nom, avec tes rejetons entre les pattes ! °

****Alors qu'il s'attendait à une réponse bien sentie, comme à l'accoutumée, Doryl se heurta au silence de son lié. Il ne l'avait jamais connu aussi sérieux, si bien que ça l'ennuyait presque. Le bout de son nez de fouine s'agita brièvement, comme un chaton vexé à qui on a dit non. Il se renfrogna avec un air boudeur et marmonna quelques palabres dans sa moustache.
Anduras inspira profondément et souffla lentement pour vider ses poumons, comme pour s'emplir d'une nouvelle bolée d'air pur. Les orbes aux teintes virides du dragon annonçaient une détermination mêlée d'un calme retrouvé alors qu'il suivait avec attention la courbe ascendante du soleil. Son lié n'avait certes pas toujours les mots adéquats mais au moins avait-il le mérite de l'accompagner jusqu'au bout dans ce qu'il qualifiait être une épreuve. Puis, comme s'il le savait en son for intérieur, il se redressa en glissant ces simples mots :

° L'Heure est venue... °
° J'aime pas quand t'es solennel comme ça, ma vieille salamandre, on dirait un dragon d'Seigneur pincé du séant parce qu'on l'a offusqué sur la couleur de ses écailles. °


****Le ton de Doryl fut baigné de malice, comme toujours. Déjà de nature peu encline à la sagesse, il s'efforçait plus particulièrement de détendre son pauvre lié, dévoré par la ferveur de l'Empreinte à venir. Ils échangèrent quelques boutades adolescentes, en toute innocence, avant de reprendre la route du Màr Luimë et quitter leur havre sauvage.

***

****Anduras laissa Doryl aux pieds des Tours Joyaux afin que ce dernier puisse aller chercher sa chère Méloïse et l'accompagner jusqu'aux Sables d'éclosion.
L'humain joua un peu les fiers jusqu'au moment où son lié décolla et où il se retrouva physiquement seul. Il monta à vive allure les escaliers qui menaient aux appartements de Méloïse pour se retrouver à faire les cent pas devant sa porte. Il s'apprêta à frapper une première fois avant d'aussitôt se raviser. Il tourna en rond et réitéra sa première action, toujours en vain. La troisième tentative fut la bonne, bien qu'il hésita longuement avant de se lancer, incertain de son coup. Après tout, il n'était pas obligatoire ni très commun que les deux bipèdes se rendent ensemble à l'Empreinte de leurs liés.. Mais qu'importait.
Avant que la porte ne s'ouvre, il réajusta maladroitement sa chemise tant il n'avait.. pas vraiment l'allure d'un gentilhomme. Il anticipa son plus beau sourire enjôleur et ses iris se teintèrent d'un éclat presque coquin.

****Pendant ce temps, Anduras s'en rejoignit Seresth. Il vint déposer, à distance respectable, une carcasse de brebis en guise d'offrande, accompagnant son geste d'un grondement respectueux et à la limite d'une certaine soumission. Il savait qu'une Reine épuisée d'avoir couvé n'était pas à importuner, aussi l'approcha-t-il avec la prudence de rigueur.
Le Brun coula un regard bienveillant envers les oeufs partiellement cachés par la Reine Argentée puis il leva sa tête vers la voûte avant d'entamer le chant des dragons, annonciateur du début de l'Empreinte.
Au même moment se pressèrent les coursiers qui apportèrent les convocations aux candidats, et deux d'en eux s'en allaient notamment trouver une jeune fëalocë du nom d'Andaranielle et l'autre une neishaane prénommée Alrüne.. Il était temps pour elles de revêtir la robe cérémonielle et de gagner les Sables !



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Lun 1 Fév 2016 - 12:18 Revenir en haut

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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Lun 1 Fév 2016 - 18:01 Répondre en citantRevenir en haut

Les jours se ressemblaient tous depuis des lunes pour une blonde cloîtrée à l'infirmerie. Ses journées se résumaient pour la plupart à rester assommée par les calmants qu'on lui donnait quotidiennement en grandes doses. Pour le reste, elle délirait. Elle hurlait. Et s'attaquait aux gens quand elle s'en sentait la force. État inquiétant pour tous les professionnels, d'autant plus que personne n'arrivait à en connaître l'origine. Elle était simplement arrivée un jour, en pleine crise de démence et avait agressé tout ce qui avait eu le malheur de passer trop près.

Pourtant la plus à plaindre restait la malade. Peu prenait vraiment ses délires au sérieux. Partout dans le kaerl, on pouvait entendre des murmures racontant l'étrange histoire de la folle de l'endroit. Certaines possédaient un semblant de vérité. Presque toutes étaient d'épais tissus de mensonges. Mais cela n'importait pas le moins du monde à Andaranielle. Elle se fichait complètement de ce que l'on pouvait bien penser d'elle, trop occupée à combattre ses propres démons. Des mois qu'elle était dans ce même lit. Des mois que les mêmes personnes l'embêtaient. Des mois et des mois qui ressemblaient plutôt à une horrible éternité sans queue ni tête. Une éternité qu'elle était seule à porter sur ses frêles épaules...

Beaucoup avaient abandonné son cas. Elle était démente et puis bon. Il n'y avait rien à faire, seul le temps la guérira pensait-on. Quelle belle erreur. Plus on attendait, plus son état empirait. C'était incompréhensible. Il n'y avait que ce fou d'Athelstan pour encore oser parler avec la folle. Il voulait savoir, pour une raison qui échappait à la fëalocë. Et sa présence l'énervait plus que nécessaire. Quoi que tout l'énervait en ce moment.

Tu as fini de râler ? Tu m'ennuies à force.

L'aspirante leva les yeux au ciel en entendant cette voix plaintive et au combien agressante. Laha faisait parti de ses fréquentes hallucinations, bien que la concernée protestait vivement contre cela, se disant parfaitement réelle. Avant ce n'était que sa voix, mais depuis plusieurs semaines, elle la voyait. Partout. Avec son sourire moqueur et méprisant. La pauvre l'ignorait de son mieux, mais ce n'était pas chose aisé quand cette personne se trouvait être celle que vous détestiez le plus en ce monde. Et surtout alors qu'elle était supposée être morte et enterrée. Alors pour toute réponse, Nielle tourna simplement dos au fantôme et remonta la couverture sur son menton. À ce moment, elle remarqua à l'entrée de l'infirmerie un petit groupe qui débattait vivement en ne cessant de la pointer et de lui jeter de fréquents regards. Haussant un sourcil, elle se leva et marcha droit vers eux, s'imposant sans autres manières alors que le coursier l'observait, légèrement effrayer.

Que se passe-t-il.

Glacial elle était dans son ton. Elle voulait sa réponse et elle la voulait maintenant. Le coursier sursauta et lui tendit un papier, les mains tremblante.La blonde s'en saisit et lu en diagonale ce qu'il y avait d'écrit. On la convoquait à l'empreinte... Ce devait être une mauvaise blague. Personne ne voudrait d'elle sur les sables. Pas avec sa folie. Et pourtant... le regard du jeune homme semblait parfaitement sérieux. L'empreinte... Rageusement, elle déchira le parchemin et jeta les retailles à tout va, avant de se diriger vers les bains.

Je vais me laver.

.~ '~.


Plusieurs autres aspirants étaient dans les bassins, eux aussi certainement convoqué à l'éclosion. La fëalocë ne partageait pas leur enthousiasme, restant dans son coin et seule. Elle avait si longtemps redouter cet instant et voilà qu'il lui pendait au nez. Elle ne voulait pas de cet honneur. Elle ne voulait pas de dragon. Elle ne voulait pas être chevalière. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était s'appartenir sans avoir à souffrir. Mais Flarmya ne semblait pas être de cet avis. Quoi qu'avec de la chance... aucun dragon ne voudrait d'une folle comme elle pour liée. Oui avec de la chance...

Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas tout de suite une présence à ses côtés. Ce fut les vaguelettes qui attirèrent son attention et elle leva ses prunelles de jades pour croiser un regard bienveillant qu'elle ne connaissait que trop bien et qui lui avait affreusement manqué.

Céri...

Un léger sourire vint s'épanouir sur son visage quand elle vit son amie. Elle l'avait si peu vue ces derniers temps. Autant à cause de son entraînement que des guérisseurs qui n'acceptaient que rarement que la malade ait des visites. L'avoir avec elle maintenant était d'un tel réconfort. Céri possédait ce genre d'aura capable de redonner espoir à n'importe qui. Et elle en faisait profiter la petite blonde qui lui en fut tellement reconnaissante.

Toi aussi tu es convoquée ?

Oui. Je suis là pour toi ma belle, je sais que ce sera dur. Je ne t'abandonnerais pas. Pas cette fois-ci.

Céri..

Les larmes montèrent doucement aux yeux d'Anda qui câlina la torhille avec toute reconnaissance et l'amour qu'elle lui portait. Pour la première fois de sa vie, elle savait ce que l'on ressentait quand on avait une amie. Et c'était un sentiment merveilleux, une étincelle dans les ténèbres l'entourant. Céri s'occupa de laver et brosser la longue cascade d'or de son amie, et l'accompagna jusqu'à son lit à l'infirmerie pour récupérer la robe de cérémonie et aller se changer dans sa chambre. Encore une petite attention qui toucha la fëalocë malgré son stress grandissant alors qu'elles marchaient ensemble vers les sables. Céri posa doucement sa main sur la sienne et lui sourit.

Tout ira bien, quoi qu'il arrive.

Soudainement, Andaranielle voulut bien y croire.

.~'~.


La foule grouillait de spectateur. Tous n'avait qu'une hâte : découvrir que serait les nouveaux chevaliers. On tentait de déterminer une possible couleur en se basant sur ce qu'ils savaient déjà de certains aspirants. Mais le tour de la folle venu, on murmura. Que faisait-elle ici ? Le Seigneur était-il inconscient de la laisser fouler les sables ? Elle n'aurait aucun dragon, c'était certain. Quelque-uns allèrent même jusqu'à lancer tout haut que la Reine la renverrait. Nielle observait tout ça, sans aucunes émotions qui transparaissait sur son visage. Elle aussi ne voulait pas être ici. Mais elle n'embêtait pas tout le monde pour autant.

Elle soupira bruyamment et remarqua la présence de Laha juste à sa droite. Son cœur rata un battement. Non ! Pas maintenant. Discrètement, elle lança un regard noir à la morte qui se contenta de sourire méchamment en faisant un geste du menton vers le centre. Anda tourna la tête pour entendre les premiers craquements de coquilles se fendillant. Tous sauf elle avancèrent de quelques pas, pressés de rencontrer leurs âmes-sœurs. Ça commençait...

L'instant fatidique s'approchait à grands pas.
Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 2 Fév 2016 - 17:35 Répondre en citantRevenir en haut

" Que vais-je faire, maintenant ? "

Telle était la question que se posait la jeune Alrüne, adossée contre l'encadrement de la fenêtre de sa chambre. Le regard perdu dans la contemplation du dôme protégeant le Màr Luimë des eaux sauvages et tumultueuses de l'océan, cette interrogation pour le moins existentielle tournait en rond dans l'esprit de l'Aspirante depuis plusieurs lunes ... Et il allait bien falloir lui trouver une réponse.

Son but avait toujours été clair, dans son esprit : Acquérir cette force qui lui avait fait défaut, il y a plusieurs mois de cela. Cette force qui lui permettrait de retrouver celles et ceux qu'elle avait perdu, qu'elle pourrait ensuite protéger de tout mal. Mais ces personnes étaient-elles seulement encore en vie ?
Si elle s'en était rapidement convaincue à la suite de cette funeste nuit, ce qui lui avait sûrement permit d'endurer le choc de leur disparition soudaine et de ne pas finir folle, elle en doutait aujourd'hui. Rien n'avait évolué, pourtant ... Elle n'avait toujours aucune preuve ni de leur survie, ni de leur mort. Qu'est-ce qui pouvait alors avoir changer chez la Neishaane pour qu'elle en vienne à penser de la sorte ?
Plus que le doute, la jeune femme commençait simplement, consciemment ou non, à se résigner à ne jamais connaître le sort de sa famille, pour la simple raison qu'elle-même avait quitté, en quelque sorte, le monde qu'elle arpentait librement auparavant. Elle appartenait désormais au Kaerl Engloutit. Son Maître le lui avait suffisamment répété, au cours de leurs nombreuses leçons et conversations, pour qu'elle finisse elle-même par y croire. Parce qu'elle possédait le Don, son destin était lié à celui d'un dragon et elle ne pouvait y déroger, sous peine de voir son égoïsme entraîner autant la mort d'une vie innocente que la perte de la moitié de son âme. Elle ne voulait pas être responsable d'un tel sacrifice, même si cela revenait à renoncer à chercher les siens ...

Alrüne soupira doucement, las. Son destin lui échappait, une nouvelle fois. Cela devenait une habitude ...

" Que vais-je faire ...? ", se répéta-t-elle mentalement, maussade.

Elle sursauta brusquement en laissant échapper un petit couinement aigu de surprise. L'enfant qu'elle portait en elle semblait avoir décidé de ne pas la laisser se remplir d'avantage la tête d'idées sombres et de réflexions déprimantes. La Neishaane esquissa un léger sourire, tout en passant une main sur son ventre bien rond.
L'Aspirante n'avait pas pu garder le secret très longtemps sur sa grossesse. Crevette comme elle était, même si elle avait pu cacher ses rondeurs naissantes sous d'amples tuniques durant quelques semaines, il avait bien fallu tout révéler au Sénéchal Javerth Seram, avant qu'il ne finisse par l'apprendre par l'intermédiaire d'une tierce personne, s'il ne finissait pas par s'en rendre compte lui-même tant elle avait rapidement rattraper son retard. Si son Maître ne prit pas ombrage de son secret et malgré qu'elle s'efforça de rester la plus discrète possible sur son état, les rumeurs quant au père de ce bébé à naître n'avaient pas tarder à se diffuser de bouche à oreille. La Neutre, bien que n'y prêtant pas une très grande importance, s'amusa alors à constater que les gens pouvaient avoir une imagination redoutable en matière de ragots. On lui prêta ainsi une relation avec une bonne dizaine d'hommes différents, dont son propre Maître ... Certains des noms avancés ne lui étaient même pas familier. N'arrangeant pas vraiment les choses, l'Aspirante se gardait bien de confirmer quoi que ce soit, arguant que cela ne concernait personne d'autre qu'elle-même et le principal intéressé. Ils étaient peu, alors, à remarquer la lueur triste au fond de son regard ...

Se détachant de la fenêtre, Alrüne s'approcha de son bureau sur lequel trônait, au milieu des livres et des parchemins de cours divers et variés, la missive qu'un coursier pressé était venu lui remettre ce matin. Missive par ailleurs responsable de ses troubles existentiels matinaux, bien qu'elle n'ait fait que les raviver.
Elle s'en empara de nouveau et la parcourut rapidement du regard. Ainsi, l'Aspirante qu'elle était se voyait convoquée à sa première Empreinte. Au vu de l'agitation perceptible et grandissante qui semblait régner dans le couloir, elle ne devait pas être la seule. Pour autant, la demoiselle n'était pas particulièrement excitée, ni même enjouée et à peine intriguée à l'idée de participer à cet événement majeur dans la vie d'un Aspirant. Elle avait cette curieuse certitude qu'elle ne se lierait pas aujourd'hui, cet étrange mais profond sentiment d'être attendu ailleurs, loin du Màr ... Bien entendu, cela ne l'empêcherait pas d'y aller, ne serait-ce que pour ne pas manquer de respect à son Maître et au reste du Kaerl en brillant par son absence, mais elle n'attendrait rien de cette cérémonie. Au moins ne serait-elle pas déçue si elle venait à ne pas trouver son âme sœur parmi les dragonneaux de cette couvée.
Mais d'où pouvait bien provenir cette curieuse impression qui l'habitait ? La Neishaane l'ignorait. Peut-être se faisait-elle simplement des idées, peut-être aurait-elle bientôt deux bébés à materner ... Elle fit un peu la grimace en s'imaginant dans une telle situation qui, sans aucun doute, serait bien compliquée à gérer.

Parce que l'heure de la Cérémonie se rapprochait de plus en plus, Alrüne entreprit enfin de se préparer. Après ses ablutions matinales, elle enfila sa robe cérémonielle sans trop de difficulté. Malgré tout, celle-ci était un peu serrée pour la jeune femme et ne cachait en rien son état, comme la grande majorité de ses vêtements. Il fallait dire devait approcher de la fin de sa grossesse, tant son ventre s'était arrondit. Elle tenta malgré tout d'ajuster différemment sa tenue dans l'espoir de paraître un peu moins engoncée dedans mais en vain. Elle se résigna donc dans un nouveau soupir, attacha ses cheveux en un chignon un peu lâche avant d'entreprendre de mettre ses scandales.

... L'on n'a pas idée des défis, parfois incongrus, que peuvent avoir à surmonter les femmes enceintes.

Ainsi, après de longues et éreintantes minutes à batailler contre elle-même pour nouer les dites malheureuses scandales, lesquelles furent renommées de façon fort "fleurit" pour l'occasion, la Neishaane fut prête. Elle quitta donc sa chambre avant de se diriger vers la Sphère de Naissance d'un pas plus tranquille, ignorant les regards parfois insistants que lui gratifièrent certain-e-s de ses camarades sur son passage.

*****


Après avoir pris le temps de saluer son Maître, qui ne manqua pas de prodiguer conseils et encouragements à sa jeune Aspirante, Alrüne rejoignit ses camarades sur les Sables blancs. La foule amassée dans les gradins était particulièrement animée, enthousiaste, peut-être aussi impatiente que les candidats à l'Empreinte ... Les discussions allaient bon train, chacun y allait de son petit pronostic sur qui allait se lier aujourd'hui et sur la couleur des futurs dragonneaux. Si la fête viendrait juste après l'Empreinte, il flottait déjà dans l'air comme un léger vent de renouveau qui, sans aucun doute, achèverait de balayer les derniers stigmates de l'attaque de Drazahir sur le Kaerl. Enfin, si tout se passait bien.

Quittant les tribunes pour observer ses compagnons les uns après les autres, la Neishaane coula ensuite son regard océan sur la grande Reine, enroulée sur elle-même, immobile et tranquille en attendant de débuter la cérémonie. C'était la première fois qu'elle en voyait une d'aussi près, bien qu'elle en ai déjà aperçu quelques unes de loin, lors de ses quelques visites au Cìrban Telemna, et il fallait avouer qu'elle était, pour le moins, impressionnante ... En signe de respect pour la majestueuse Argentée, la jeune femme s'inclina doucement vers l'avant en salut poli. Tandis qu'elle se redressait presque péniblement, un éclat brun attira son regard sur le côté, lui permettant de reconnaître Anduras. Leurs regards se croisèrent et la jeune femme, un léger sourire étirant ses lèvres, répéta son geste vers le grand Brun avant de faire de nouveau face à la Reine.

Bien que se sentant toujours aussi peu concernée par cette Empreinte, Alrüne ne remarqua pas l'étrange manège de la Fëalocëe à sa gauche, scrutant attentivement, avec un mélange de curiosité et d'émerveillement, les coquilles des œufs mouchetés de Seresth se fendiller les unes après les autres ...




Yael Ladanza
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MessagePosté le: Mar 2 Fév 2016 - 18:14 Répondre en citantRevenir en haut

La journée n’avait pas très bien commencé. La jeune femme, puisque c’était ainsi qu’elle était pour le moment, c’était levée avec une légère nausée, un mal de tête persistant et une sensation désagréable au creux du ventre. Après avoir trainé jusqu’à la bassine d’eau pour essayer de se réveiller, elle piocha dans son petit sac un mélange de plante pour se remettre d’aplomb. Ça allait attenuer la douleur au moins. Elle était allée prendre dans les jardins les plantes dont elle avait besoin tout les jours qu'elle avait pu trouver
et avait acheté chez un apothicaire les autres. Elle c'était ainsi fait un petit stock pour parer à tout. Elle ne pensait pas partir tout de suite mais il fallait être prêt.

À l'aide d'un petit miroir elle examina la cicatrice sur son ventre. Cela faisait longtemps maintenant qu'elle était refermée, bien qu'elle avait mis plus de temps à cause de sa bêtise à travailler trop tôt, mais peu importait. La blessure était belle et avec un peu de chance elle ne garderait qu'une fine marque. Elle faisait tout pour.

S'habillant sans entrain, elle descendit pour ouvrir le magasin mais son patron l'en empêcha avec un sourire ravit, lui indiquant qu'aujourd'hui était un jour non travaillé car une éclosion aller avoir lieu et que tout le Kaerl était convié à y assister. La nouvelle enchanta plus que de raison Yael qui n'en montra rien, acquiesçant en le remerciant de l'avoir prévenu. Voilà qui tombait à pique. Depuis trois mois, rien ne bougeait pour elle et elle se demandait si sa patience aller porter ses fruits ou pas. De toute évidence oui.
Avant de remonter dans sa chambre pour se changer, elle demanda ce qu'il était coutume de faire dans ses cas là, rappelant qu'avant qu'avant d'être ici, elle n'était qu'une humble marchande itinérante qui n'était jamais entrer dans un Kaerl. Il répondit simplement qu'elle pouvait s'y rendre pour assister à l'éclosion car le jour était important. C'était une reine qui avait pondu et qui allait maintenant laisser ses enfants partir, quelque chose à ne pas louper. La première empreinte depuis l'attaque dont il lui avait déjà parlé en évoquant sa femme qu'il avait perdu à ce moment là. La jeune femme acquiesça. Il fallait qu'elle s'y rende pour élaborer son plan, première étape de la suite des événements qui allait la conduire à enfin pouvoir rentrer chez elle.
Après être retourné dans la pièce qui lui était réservé, elle se changea, délaissant son tablier de travail en cuir pour enfiler une robe confortable. Femme elle était ici et femme elle devait se montrer, sans ambiguïté. Elle mit à son cou un collier d'argent simple, vérifia ses affaires une dernière fois en prenant un carnet et de quoi écrire puis elle sortit de la boutique. Le vieille homme avait raison, tout le monde semblait se rendre là bas. Et si ce n'était pas le cas, les vendeurs avaient simplement baissé leur store. L'Agora, pourtant si souvent animé et pleine, était devenu un simple lieu de passage en cet instant.

Elle prit part au mouvement de foule et arriva bientôt dans un des lieux qu'elle n'avait pas encore pu visiter. La sphère des naissances dégageait une odeur de sable, de chaleur, presque étouffante. Sensation accentuée par toutes la foule s'installant un peu partout. La marchande s'arrêta et porta son regard sur le centre de l'immense pièce. Il était facile, d'un coup d'œil, de comprendre pourquoi l'endroit était si grand. La Reine argenté était immense et encore, elle était en boule autour, probablement, de ses œufs. En vol elle devait probablement être majestueuse, les reflets bleus de l'eau devant parer sa robe de mille saphirs.

Pour ne pas bloquer le passage, Yael se faufila jusqu'à une place au second rang, suffisamment prêt pour bien voir et sortit son carnet. Elle commença à esquisser un croquis de la dragonne, bien que cela était inutile, mais servait d'alibi à son réel dessin. L'emplacement de la grotte, les entrées et sorties et tout ce qui pouvait être utile. Bien sûr, elle cachait tout ça de son esprit et se concentrait sur la dragonne.

Tellement concentrée qu'elle sursauta en entendant le 'chant' commencer, posant son regard sur le dragon qui avait commencé. Pourquoi faisait il ça ? Qui était il ? Le père ? Elle ne voyait personne d'autre donc probablement.
Étrange... Les pères gardait il un lien avec les mères ? Haussant les épaules, elle regarda les candidats se mettre devant la Reine qui ne dévoilait rien de son trésor. Yael espérait intérieurement que tous n'ecloseraient pas aujourd'hui. Un frémissement saisi la foule tout entière et le silence se fit presque. Ça allait sûrement bientôt commencer.



Galaad Lucis
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MessagePosté le: Mer 3 Fév 2016 - 21:00 Répondre en citantRevenir en haut

Je grignotais tranquillement une pomme tout en observant l’effervescence s’emparer de la Sphère de Naissance. Un vent d’excitation soufflait sur les sables blancs et dans l’esprit de tous ces gens affairés. Assis dans les plus hauts gradins qui se remplissaient petit à petit, j’avais le point de vue parfait pour contempler l’Empreinte imminente. C’était toujours un grand moment, pour n’importe quel Kaerl. Surtout à cette époque de l’année. L’Ombremage avait été avalé par l’Interstice, disait-on. Tant mieux ! La guerre achevée, cette saloperie de Marque Noire enfin totalement disparue, le Màr Luimë avait pu profiter d’un peu de tranquillité. Au fond, c’était presque comme si rien ne s’était passé !

Le banc s’affaissa légèrement comme quelqu’un venait prendre place à mes côtés. Je sus d’emblée qu’il ne s’agissait pas d’Elérion. Je me renfrognai, jouant distraitement avec le trognon de pomme.

- Hey ! Salut Galaad. Venu contempler tout ce que tu as raté ?
- Dégage, Marcus.
- Tu aurais peut-être su ce qu’est l’art de la séduction si tu avais un minimum d’éducation. D’ailleurs, tu lis quoi, en ce moment ? Un livre d’images ?
- Rappelle-moi à combien d’Empreinte tu as assisté, Marcus et sans faire partie des candidats ? Quatre ou cinq, non ? Et toujours pas prêt pour aller sur les sables ? Oh, c’est dommage !
- … Tu n’es rien, Galaad Lucis. Tu ne mérites pas ta place dans notre Kaerl !

L’Aspirant Marcus me jeta un regard furibond puis descendit plusieurs niveaux de gradins dans un silence hostile. Je détestais ce fils d’aristocrate. Il se croyait meilleur que tout le monde. Il avait mérité qu’on le remette à sa place. J’eus un sourire railleur et triomphant en le voyant trébucher dans sa fureur sur quelques marches.

- Ouais, c’est ça ! R’tourne chez ta mère !

Puisque l’on me connaissait maintenant comme le Bah’Lir noir du Màr, il avait fallu des semaines, voire des mois pour que la population et surtout le Conseil s’habituent à voir en moi un ancien membre du Màr Tàralöm. J’avais fait l’erreur de révéler cette partie de mon passé lors des élections. Je n’avais déjà pas beaucoup de crédit aux yeux de beaucoup et ce n’était pas allé en s’arrangeant. Heureusement pour Elérion et moi, la situation avait finis par se tasser d’elle-même. Le nouveau Seigneur faisait beaucoup parler de lui. La reconstruction de plusieurs quartiers avait davantage occupé les esprits. Et nous avions réussis à nous faire oublier quelques temps.

Il y avait eu du changement. Je laissais mes cheveux pousser follement jusqu’à mes épaules. J’avais pris un peu de muscles et délaissais plus souvent le noir pour de vraies couleurs. Je commençais à suivre un entraînement martial. Je reprenais les leçons de lecture et d’écriture. J’aidais quelques fois aux écuries de la garde civile. Je me familiarisais avec mon nouveau Màr. Je récoltais plus souvent que la plupart des autres Chevaliers des bleus et des yeux au beurre noir pour mes frasques – quelques bagarres de taverne sans importance. Ma place était ici, je le savais maintenant. Grâce à Elérion. Ce bon gros dragon possédait décidemment un esprit visionnaire. Il avait toujours raison, ce bougre ! Et ça devenait parfois agaçant.

Mon regard se focalisa sur la reine qui protégeait ses œufs. Sa magnificence forçait le respect, quoique j’en pense. Le Brun Anduras courbait l’échine devant la mère de leur couvée avec l’humilité d’un chien battu. Je soupirai. Elérion était en retard. Il avait insisté pour que nous assistions à l’Empreinte et voilà qu’il voulait me faire faux bond ! Je savais qu’il ne portait aucune rancune ni à Seresth ni à son rival. Moi non plus. Toutefois, j’aurais eu plaisir à voir s’écraser Maître Dunstan et son Lié face à l’Argentée. Je ricanai à cette pensée. Le banc s’affaissa de nouveau. Un grand et musculeux Torhil blond venait de faire son apparition. Il me sourit.

- Tu es en retard !
- Pas du tout. C’est toi qui es en avance.


Je vous l’avais bien dit. Elérion avait toujours réponse à tout.

De l’autre côté du Bronze s’installèrent une grande perche avec des cheveux d’algues bleues et son amie aussi pâle qu’une neishaane. Je coulai un regard discret dans leur direction. Et les reconnaissais aussitôt. Surtout lui. Le Chevalier Thrawnen. Une autre bête noire du Kaerl, même si ce n’était pas pour les mêmes raisons. Si je pouvais être considéré comme un piètre combattant et un type au passé douteux, ce gars-là traînait la réputation d’être un empêcheur de tourner en rond. Le genre d’homme à toujours fourrer son nez dans ce qui ne le regarde, à avoir des idées sur tout et à mal dissimuler sa quête du pouvoir. Exactement le genre de personne que je ne supportais pas. On disait aussi qu’il était lié à une Bleue. Pauvre elle ! Une femelle avec un être aussi insupportable…

Les gradins se remplissaient désormais à vue d’œil. Je jetai mon trognon de pomme dans un coin obscur en veillant à n’assommer personne. Elérion me jeta un regard désapprobateur que je fis mine d’ignorer. Je me penchai en avant. Les candidats faisaient leur entrée. En plissant les yeux pour tenter de les identifier, je crus reconnaître le profil de deux d’entre eux. Des filles. Il y avait cette timide neishaane un peu maladive et l’autre, une fëalocë complètement folle pour laquelle mon Lié s’était pris d’affection.

Les premières coquilles se fendirent. Elérion et la dragonne d’Athelstan Thrawnen quittèrent discrètement les hauteurs pour regagner les sables, reprendre leur véritable forme et joindre leur chant à celui de l’Argentée. Le spectacle commençait.



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MessagePosté le: Jeu 4 Fév 2016 - 21:29 Répondre en citantRevenir en haut


Avitus Augustus & Aurelius


C’était pour sûr un grand jour, Avitus Augustus s’était donc préparé en conséquence. Le vénérable maître Brun du Màr Luimë s’était paré des atours d’alors, rappel d’un autre temps où les choses étaient plus simples, passant un tabard par-dessus l’équipement qui avait la patine des reliques il prit quelques secondes pour nouer ses longs cheveux blancs en une queue tombant entre ses omoplates.

« Je suis heureux qu’une nouvelle génération se Lie. »
Un renouveau, une renaissance, il voyait chaque empreinte avec une vision unique : le vieux maître ne s’était jamais lassé d’un tel évènement. Combien en avait-il vues à force d’années ? Les rides de son visage pouvaient attester du temps passé en ces lieux ainsi que le haut dégarni de son crâne.

Il se tourna vers Aurelius avec un grand sourire avant de bomber le torse.
« De quoi ais-je l’air ? »
Le dragon prit quelques instants pour répondre, appréciant de laisser un certain ‘’supense’’ à la situation avant de répondre à son Lié avec un sourire dans sa voix mentale.
° Je suis certain que tu seras du plus grand effet ! Pour toute personne ayant un minimum de 60 années.°

Le chevalier perdit légèrement son sourire avant de secouer la tête. Le Brun savait très bien qu’il ne parlait pas de ce genre ‘’d’air’’, Avitus avait toujours été trop occupé pour chercher de telles choses et cela ne lui manquait aucunement.
° Oui tu es plus que présentable, allons-y maintenant avant que d’autres rumeurs sur ta prétendue sénilité ne se répandent.°

* * *


Peu enclin à recevoir les feux de la rampe, le vénérable Maître et son Lié prirent place à l’arrière laissant aux plus jeunes et plus en vogue la possibilité d’apprécier la grandeur du moment mais aussi de montrer leurs plumes tels les paons qu’ils étaient. Avitus préférait largement la vue d’ensemble permise par les rangées les plus éloignées, plissant des paupières il sorti deux lentilles de verre cerclées qu’il plaça devant ses yeux histoire d’y voir plus clair : Posséder le don certes ralentissait le vieillissement mais n’empêchait nullement les tares de l’âge de prendre place.

Sa joie de voir un tel évènement se tarit cependant quelque peu lorsqu’il croisa un visage connu : la jeune Andaranielle était présente, il était à la fois content et préoccupé de la voir ici. Il avait entendu parler de son état de santé et espérait de tout cœur que sa psyché troublée ne reçoive pas le choc d’une empreinte ratée. Il se souvenait avoir prié Kainalu avec ferveur maintes fois pour que celui-ci daigne apporter la paix à l’esprit tourmenté de la jeune femme, peut-être le dieu des Mers et Océans avait-il daigné poser son regard sur la Fëalocë ? Tout du moins Avitus l’espérait de tout cœur.

Il y avait tant de visages et de jeunes âmes que lui sourire lui revint tout de même : là se trouvait le futur de leur ordre, l’Ombremage n’avait pu les briser sur son enclume aussi Flarmya s’en assurait-elle en regarnissant leurs rangs, en apportant un sang neuf et jeune comme pour renouveler une promesse jamais prononcée.

Alors que ses pensées tourbillonnaient dans sa tête il cligna des yeux en entendant plus bas une voix : Galaad et Marcus…
Encore et toujours, poussant un soupir il se mit en tête de les rassembler dans une pièce pour qu’enfin ils cessent ces constantes agressions lorsqu’ils se trouvaient dans la même pièce.
° Paix mon Lié, laisse les donc régler cela d’eux-même, ils n’ont pas besoin qu’un vieux bonhomme vienne mettre des bâtons dans leurs roues.°

Grognant légèrement pour montrer qu’il avait comprit les dires d’Aurelius, le vieil homme cessa de réfléchir tandis que le chant commençait et un nouveau sourire s’installa sur ses lèvres. Que ne donnerait-il pas pour revivre ce moment unique dans la vie de si peu d’êtres en Rhaëg ? Cela avait beau remonter à longtemps tout était toujours aussi clair que si cela s’était déroulé la veille.

Il observa donc, le visage confiant et heureux, la cérémonie se dérouler.



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MessagePosté le: Ven 5 Fév 2016 - 02:22 Répondre en citantRevenir en haut


La Reine Argentée Seresth

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****Les gradins se remplissaient, un à un, à vue d’œil. Certains en venaient même à se demander si les places seraient suffisantes au regard de la forte affluence en ce jour et en ce lieu. D'autres se réjouissaient simplement de voir leur Kaerl battre d'une union si puissante en l'occasion de cet évènement qui, bien que n'étant ni le premier ni le dernier, n'en demeurait pas moins unique. Chaque Empreinte réservait son lot de surprises, plus encore de la part d'une Reine. Toujours, indubitablement. Alors que ce fut-ce la curiosité ou simplement l'attachement à des valeurs de loyauté, tous s'étaient empressés de répondre à l'Appel des Dragons, membres du Màr-sous-les-Eaux comme privilégiés de Tol Orëa.
Peu à peu, le silence avait fait place au joyeux brouhaha de la foule. Les salutations amicales entre Maîtres ; les accolades entre Chevaliers, frères et sœurs de couvées ; les révérences plus protocolaires.. Toute cette effervescence conférait à l'aura pourtant si solennelle de la Sphère de Naissance un souffle plus chaleureux.
Il y avait des visages connus comme celui du respectable Maître Augustus, pilier de cette cité, vraisemblablement satisfait d'accueillir une nouvelle génération de liés. D'autres à la présence plus controversée pour certains, notamment le minois d'un jeune homme issu d'un autre Màr, accompagné de son lié né d'une Incarnate, attisait légèrement plus les langues.. Mais qu'importait. Puissent mourir les critiques et les murmures ! Aujourd'hui était prophétie de renouveau, et un même vœu crépitait dans le cœur des Engloutis comme la flamme d'une bougie qui éloigne les ténèbres. Tous étaient là dans le seul et même but : voir quels trésors Seresth allait offrir aux Candidats.

****La Reine Argentée, justement, semblait paisible. Elle avait accepté l'offrande et la présence du Brun Anduras à condition qu'il garde ses distances. Seresth se montrait quelque peu possessive envers sa couvée, la protégeant encore de ses larges pattes pourvues de griffes à même de blesser quiconque aurait l'idée de venir s'aventurer trop près. Elle savait que ces coquilles prêtes à s'ouvrir recélaient d'une richesse incommensurable pour son Kaerl : une promesse d'avenir et d'héritage..
Mais sa fierté n'allait pas qu'à sa progéniture à naître de façon imminente. Ce sentiment était surtout sublimé à mesure qu'elle voyait la Sphère se saturer d'une foule massive. Sa tension de voir alors ses dragonneaux se lier - ou, dans le pire des cas périr à cause d'un échec - s'apaisait doucement à la simple idée que tous ou presque étaient venus assister à cet évènement.
Elle accorda à cette vaste assemblée un regard mêlant l'ardeur de sa ferveur et une once de calme baigné d'assurance.
L'Argentée s'adoucit davantage à la vue de sa liée, la belle elfe du nom de Méloïse, accompagnée d'un bien étrangement fringuant Doryl. La Reine parut persifler un petit déplaisir mais elle s'efforça de supporter l'humain roublard, au moins jusqu'à la fin de la cérémonie. Sans articuler, Méloïse coula à l'égard de son âme-soeur une pensée réconfortante pour l'aider affronter ce qui restait, pour toute Reine Dragon, une épreuve : il n'était pas évident de confier sa descendance à de simples bipèdes..

****Et tout aussi rapidement qu'elle se détendit, Seresth se crispa à la vue des Candidats approchant. Elle se mut pour mieux les observer, faisant jouer la lumière pâle et bleutée sur ses écailles taillées dans le plus pur des minerais d'argent. Elle darda ceux qui osaient fouler les Sables Blancs, prenant le temps de chacun les détailler pour en déterminer le droit de présence ou non. Ses opales inquisitrices se posèrent tout d'abord sur une jeune fille à la chevelure des blés en été, éperdue et les yeux effrayés par quelque chose d'invisible.. Les murmures s'élevèrent dans la Sphère, à la fois inquiets et diffamatoires. Il était certain que celle qu'on disait dévorée par une récente folie ne réussirait pas cette Empreinte. C'est du moins ce dont se persuada Seresth, qui s'attarda à la fixer intensément pour lui lancer un avertissement si elle en venait à agir de façon.. imprudente.

****La Reine Argentée se détacha finalement de celle dont elle était persuadée de l'échec pour s'attacher à observer celle dont elle était persuadée de la réussite. L'Aspirante du Seigneur Javerth - et précédemment Dinjelaï avant sa disparition -, une jeune Neishaane aux pupilles constamment piquées d'un éclat terni par une mystérieuse tristesse, était la Candidate la plus légitime en ce jour, à son sens. Nul ne pouvait manquer le fait qu'elle attendait un heureux évènement de façon toute aussi imminente que cette couvée mais pourtant, elle était là. Ils étaient nombreux à la dire courageuse et plus encore à déjà promettre d'applaudir celle qui serait sa Liée. Car beaucoup étaient certains que s'il devait y avoir une seule naissance de dragon aujourd'hui, elle en serait l'âme-soeur.

****Mais comme raconté plus haut, dans une Empreinte, il fallait s'attendre à tout, et ne présumer de rien.
Les uns après les autres, Seresth les jugea, les jaugea, estimant leur potentiel. Mais son inspection fut bien vite interrompue par les premiers bruissements d'une coquille qui se fendillait.. Elle osa alors dévoiler une partie de ses précieux œufs agités de soubresauts.
Anduras vit son Chant être repris par le Bronze Elérion et la Bleue Lhassa, puis par d'autres. Et alors que les vibrations de leurs grondements se répercutaient en écho contre la rotonde couleur de saphir de la Sphère, ce fut la voix puissante de Seresth qui retentit.

° Puissiez-vous en être dignes ! °


Et le silence fut. Tous les regards étaient rivés sur les petits à venir, certains poussant d'autres pour mieux voir.

****Après quelques grognements de satisfaction de pouvoir enfin sortir, ce fut un Brun d'un calme redoutable qui s'enquit d'arpenter les Sables Blancs le premier. Il chercha, presque avec nonchalance, celui qui partagerait sa vie, frôlant les jambes de la Fëalocë malade pour finalement se retrouver dans les bras d'un torhil des plus heureux.

****Ce fut le tour d'une Noire de belle taille. Il n'était pas certain qu'elle promettait l'ombre d'une Impératrice mais elle se montrait déjà bien portante. Elle se tourna immédiatement vers la Neishaane et ancienne Aspirante du Seigneur, certaine de voir en elle celle avec qui elle tisserait la toile de sa destinée. La foule retint son souffle, peut-être au moins autant que la Candidate.. Mais force fut de constater pour la dragonnelle Noire que sa liée n'était pas là, mais parmi les autres Candidates où elle trouva finalement son bonheur.

****Puis, peu à peu, ce fut la cohue. Les hommes présents s'envièrent un Bronze, le seul né de cette couleur d'ailleurs. Il marqua un humain étranglé de fierté. Puis naquit un second Brun, plus fougueux que son grand-frère, qui ne manqua pas de se faire désirer avant de rejoindre son bipède.
Une Verte d'un gabarit inhabituel, légèrement plus imposante que la moyenne, fendit les Sables à toute vitesse pour presque se jeter dans les bras d'une Torhille du nom de Céri. Aux vues de leur joie mutuelle, elles s'étaient parfaitement trouvées !

****Les coquilles se vidèrent, sous les applaudissements des spectateurs. Pourtant, il ne restait plus beaucoup d’œufs et la Neishaane en lice n'était toujours pas liée..
Une petite Blanche pointa alors le bout de son museau. Elle avait l'air fatiguée, presque chétive, elle cherchait éperdument sa bipède sur les Sables qui se vidaient peu à peu de ses Candidats et désormais Chevaliers. Elle cherchait comme s'il s'agissait désormais d'une question de survie. La petite Blanche s'égara aux pieds de la Fëalocë, forçant le chemin jusqu'aux tréfonds de son âme pour y trouver son nom.

****La plupart des spectateurs se persuada alors qu'il n'y avait que la dragonnelle fragile pour répondre à celle qu'on disait altérée de l'esprit. Mais tout à coup, Seresth émit un grondement sourd et dévoila ses deux derniers œufs, précédemment dissimulés par ses pattes imposantes et aux griffes à l'éclat dignes de lames. Et ils retinrent à nouveau leur souffle en distinguant que l'un de ces œufs étaient plus gros que tous les autres et qu'il luisait d'une teinte toute minérale..
Sa surface se craquela, lentement. Un morceau de coquille après l'autre, les petites pattes d'une Argentée repoussèrent son écrin aux couleurs nacrées. Seresth posa un regard protecteur sur son Héritière avant de la laisser, confiante, rejoindre la moitié de son âme.

****Tous s'attendaient à voir la dragonnelle Argentée se rendre aux abords de la Neishaane toujours non liée. Pourtant, cette dernière l'évita minutieusement.. pour plutôt aller repousser la Blanche chétive aux pieds de la Fëalocë ! La petite Argentée bouscula la Blanche et vint planter ses griffes dans les jambes de la folle, sûre d'elle comme jamais. Elle entendait l'écho de son nom se répéter dans la mémoire d'Andaranielle alors qu'elle la fixait intensément de ses orbes à la robe opaline. Étrangement, la dragonnelle sculptée dans l'argent pur sembla adresser à une certaine Laha une pensée piquée de mépris et elle la chassa instamment d'ici.
Seresth se leva alors subitement, effrayée de voir sa fille se lier à quelqu'un qu'elle jugeait indigne mais constata qu'elle ne pouvait plus rien faire..

La petite Blanche repoussée par sa sœur de couvée se réfugia finalement dans l'étreinte d'une ondine qui répondit à son appel et qui fut plus digne d'elle.

****Sous ce coup de théâtre, la voix de certains membres de l'assemblée s'éleva pour protester, jurant la perte de la petite Argentée. Et c'était pas fini.
Le dernier œuf s'ouvrit à son tour, tardivement, à croire qu'il n'était plus attendu. Une Bleue en sortit et trébucha maladroitement, comme si elle était encore endormie. A nouveau, ce fut le silence. La dragonnelle chercha alors du regard celle qu'elle marquerait, vainement. Elle leva sa petite gueule vers le ciel, comme à la recherche d'une odeur à la fois familière et inconnue.. Puis elle se laissa guider par ses instincts. Elle se dirigea premièrement vers Alrüne et on entendit d'avance les soupirs de soulagement. Pourtant, la Bleue poursuivit sa route, fureteuse, jusqu'à.. commencer à grimper dans les gradins sous la stupéfaction de tous. Les présents se poussèrent vivement pour lui laisser le passage. La petite peina à escalader des hauteurs trop grandes pour elle et certains osèrent l'aider à grimper sans pour autant comprendre. Puis, contre toute attente, elle vint se planter devant ce qui ressemblait à une femme du nom de Yael. Son Don était faible mais bien présent et c'était iel qu'elle avait choisi, aucun doute n'était possible.

****Si le soulagement que tous les dragonneaux étaient liés emplissait la conscience de chacun, nombreux furent ceux qui éprouvèrent de la peine sincère à l'encontre de la Neishaane et qui tentèrent de panser son échec par quelques paroles d'encouragement, surtout dans son état. L'assemblée applaudit puis se dispersa peu à peu, dubitative. Ils ne comprenaient pas le choix de la petite Argentée.. Mais ne vous avais-je pas dit de ne présumer de rien lors d'une Empreinte ? Et quel destin attendait les nouveaux Chevaliers ?


(HRP/ Félicitation aux nouveaux liés !)



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Ven 5 Fév 2016 - 07:43 Répondre en citantRevenir en haut

Les murmures à sont propos fusaient de tous les côtés et de toutes les bouches. Ce qui se disait n'était pas spécialement agréable à entendre, mais pourtant cela ne l'atteignit pas plus qu'il ne fallait. Ce n'était pas très nouveau, depuis sa première crise, elle ne recevait que ce genre de jugements. Méprisant, effrayé, intrigué, horrifié et elle en passait. À force de répétition, le supporter fut moins dur et douloureux, mais il n'en restait pas moins qu'une aiguille de déprime piquait son cœur à chaque coup d’œil qu'on lui jetait furtivement ou quand on chuchotait sur son passage. Mais ce fut le regard insistant de Seresth qui la blessa le plus. Si même la grande Reine de ce moment la jugeait indigne d'être ici, si même elle s'imaginait déjà son échec à venir, avait-elle encore vraiment sa place en cet endroit ?

Car depuis son arrivée au Kaerl, elle avait senti au plus profond de son cœur qu'elle était enfin chez elle. Qu'enfin, elle avait trouvé cet endroit béni où elle pourrait finalement vivre en étant ce qu'elle aurait toujours du être. Certes, sa peur de l'Empreinte l'avait un peu ralenti dans sa découverte de soi, mais chaque nouveau levé de Solyae l'effaçait un peu plus. Puis ce jour horrible gâcha tout. Absolument tout. Tous ses efforts, tout ce qu'elle avait accomplit, réduit à néant. À cause de sa folie. Et pourtant la fautive n'était pas Nielle. Elle n'avait absolument rien demandé de ça, alors pourquoi lui faisait-on sentir le contraire !? Pourquoi personne ne tentait de comprendre les souffrances qu'elle subissait quotidiennement …

« Idiote d'ingrate. Tu ne mérites pas la pitié, tout ce que tu vis est juste. Tu as fait souffrir ma famille en refusant de tenir le rôle qui t'étais prédestinée. Il est tout à fait normal que tu sois punie pour. »

« C'est ta famille qui méritait ces souffrances que je leur ai causé. Ils m'ont utilisée, comme un vulgaire objet ! JE SUIS PLUS QUE ÇA ! »

« Non. Tu n'es que ma remplaçante. Tu n'es rien, absolument rien ! Même eux ont eu l'intelligence de le remarquer. Cet endroit … tu n'es supposée y être. Tu n'arriveras à rien. »

« Tu crois ça ? Regarde-moi bien aller ! »

Son menton se releva et elle avança de quelques pas pour se placer à la même auteur que les autres candidats. Ses iris de jade parcoururent l'assemblée, s'arrêtant sur l'Argentée au centre de l'attention. On y lisait aisément du défi et une flamme de colère qui embrassait le tendre vert d'éclatantes paillettes dorées. Même Laha l'observait, incrédule. La Candidate se tint le dos droit et l'air plus fière que jamais alors que la puissante voix de la saurienne résonnait dans son esprit.

* Qu'ils me regarde tous aller. *

Le premier œuf se fendilla sous ses yeux et révéla un beau brun qui n'attendit pas qu'on le lui demande pour chercher celui qui était sien. Il progressait sans aucun stress apparent et frôlât ses jambes avant de filer dans les bras d'un grand Torhil qui l'y accueillit avec joie en prononçant son nom. La première union était sellée. Les applaudissement fusèrent pour acclamer les aînés de cette renaissance.
Puis suivit une jolie Noire, qui elle sembla bien décidée à mettre le grappin sur la Neishaane à sa droite, cette même femme dont on ne cessait de faire les éloges. Si on était persuadé de l'échec d'Andaranielle, la réussite d'Alrüne ne faisait pas l'ombre d'un doute. Mais ce n'était pour cette dragonne, qui trouva tout de même sa bonne moitié dans les bras d'une autre.
Un Bronze attisant l'envie suivit la ronde en choisissant un humain et rapidement seconder d'un deuxième brun qui bondit sans attendre vers son Lié.

Toutes ces Empreintes firent chaud au cœur à la jeune fëalocë, qui ressentait tout de même des sentiments mitigés entre soulagement et crainte. D'une part elle voulait échouer et sauvegarder son âme d'un nouvel emprisonnement. Mais d'un autre côté... elle souhaitait réussir, pour leur prouver à tous qu'elle méritait de faire partie du Màr-sous-les-eaux. Alors chaque fois qu'un nouveau passait près de ses pieds, son cœur ratait un battement par la faute de l'effroi et son ventre se serrait sous l'espoir. Il était tant que ça finisse, sinon son mentale ne survivrait pas à ces montagnes russes émotionnelles …

La voix de Céri attira son attention vers cette dernière et elle remarqua une magnifique verte exhibant de sombres écailles entre ses bras. Toute deux paraissaient être les personnes les plus heureuses de tout Rhaëg et son amie prononça haut et fort le nom de sa Liée.

« Dharitri ! »

Et elle quitta la salle sous les applaudissements et les yeux plein d'eau, souriant de toute ses dents à Nielle qui le lui rendit bien, plus qu'heureuse pour elle. Elle le méritait tant.

Il restait de moins en moins de coquilles encore prête à offrir une vie. Par ce même fait, l'instant de révélation approchait rapidement. Réussirait-elle où bien serait-ce un échec qu'elle devra porter. Son cœur battait à tout rompre alors qu'elle fixait anxieusement tous les œufs un à un sans trop savoir ce qu'elle attendait. Soudain, une petite Blanche fit son apparition et poussa un petit cri d'épuisement. La pauvre petite chose semblait si fragile et faible, preuve en était alors qu'elle avançait péniblement sur les sables. Ce fut donc tout naturellement que l'aspirante se jeta à genoux quand elle échoua à ses pieds, inquiète pour la petite chose. Elle s'étonna à être prête à s'ouvrir pour l'aider. Elle voulait l'entendre, rien que pour la sauver. Mais rien. Ce n'était pas elle la sienne. Elle lui offrit un doux regard pour lui donner ne serait-ce qu'un peu de courage.

« C'est pitoyable. »

Un rire mesquin s'imposa à ses oreilles et la fëalocë se raidit en se relevant d'un bond pour jeter une œillade noire à Laha qui s'approchait félinement du duo, un sourire mauvais aux lèvres.

« Même la plus pathétique de la couvée ne veut pas de toi, tu aurais du m'écouter. »

« Arrête... »

« Tu as vraiment été bête de croire aux rêves qu'on t'as vendu. Tu n'auras jamais aucun dragon ! JA- »

° Laisse-là! °

Les deux blondes baissèrent les yeux pour apercevoir une magnifique petite Reine qui poussa sans autres manières la chétive blanche qui alla voir ailleurs. Elle planta ses griffes dans les jambes de l'aspirante dans un geste pur de possessivité qui retint difficilement une grimace de douleur. Sur le coup, comme le public elle se demanda le pourquoi du choix de l'Argentée, mais à la seconde où son regard croisa le sien, elle comprit. Tout son corps se figea et sa bouche resta bloquée dans un « o » muet. Ce.. c'était une sensation si étrange.. comme si elle était vraiment complète désormais. Il subsistait toujours cette crainte dans un recoin de son cœur, mais là elle comprenait un peu mieux la fameuse beauté du lien. La princesse des flots l'observa, toute fière de son choix et grogna après le spectre qui osait hanter sa désormais Liée.

° Maintenant tu t'en vas et tu ne reviens plus jamais ! °

Laha allait protester, mais elle disparu comme un mirage et s’effaçât graduellement pour ne plus être là. Nielle eut de la difficulté à le croire et s’abaissa lentement au niveau de la jeune saurienne pour la toucher d'une main hésitante. Ses lèvres remuèrent silencieusement un merci, une larme de soulagement roulant sur l'une des joues. La queue s'agitait, fouettant l'air avec impatiente pour qu'enfin la blonde révèle cet unique mot qui les uniraient pour toujours.

° Mon nom, dis mon nom. Et je te dirais le tien. °

La fëalocë fronça les sourcils et fixa l'Argentée sans comprendre.

° Je connais déjà mon nom... °

° Pas celui là. °

° … Pourquoi moi ? °

° Que veux-tu le plus au monde ? °

° Le bien du Kaerl.. °

° Et quel est le souhait le plus cher d'une Reine ? °

Il n'en fallut pas plus à la nouvelle Chevalière pour se relever et annoncer avec fierté le nom de sa Liée.

« Nitthila! »

Malgré le déplaisir de voir vers qui se portait le choix de la jeune Reine, les gens applaudirent tout de même et la fëalocë remarqua la petite Bleue qui grimpait les marches des gradins. Elle sourit, attendrie, et se permit de chercher des visages familiers dans le public. Ses prunelles vertes croisèrent Avitus qu'elle salua d'un mouvement poli de la tête. Puis elle reconnut sans problèmes la chevelure azurée de cet énervant Ondin à qui elle tira tout bonnement la langue. Et enfin, elle vit Elérion. Anda ne put retenir un sourire à son égard et ne le rompit qu'en entendant Nitthila grogner pour attirer son attention. Elle l'observa et se perdit dans le vert joyeux de ses yeux.

° Tu es mienne maintenant, Andaranielle Ra'Imere. °

Cette phrase refroidit instantanément la récente chevalière qui jeta un regard anxieux à sa Liée.

° Il faut croire...°

Le couple quitta les Sables Blancs pour aller nourire le ventre affamé de la dragonelle pendant que la bipède réalisait soudain une chose. Elle se sentait... bien. Oui, elle se sentait mieux ! Tout n'était pas régler, mais … elle le sentait, son état commençait à s'améliorer... Était-ce grâce à la présence de Nitthila ? Nielle posa ses yeux sur la petite princesse et sourit doucement en la prenant dans ses bras pour la porter gentillement comme une forme de remerciement. Peut être que ça ne serait pas si pire, le Lien.

[HRP/Mille fois merci pour cette empreinte magnifique <3]
Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Sam 6 Fév 2016 - 21:19 Répondre en citantRevenir en haut

C'était finit.

Bien qu'elle s'était convaincue qu'aujourd'hui ne serait pas le jour où elle se lierait, Alrüne n'avait pas pu s'empêcher d'espérer. Et maintenant que tout était terminé, les larmes de la déception menaçaient de déborder de son regard océan.

Lorsqu'elle avait entendu le public, des gens qu'elle ne connaissait pas pour la plupart, l'encenser et la soutenir, elle qui n'avait, à ses yeux, d'héroïque que le titre avec lequel on l'affublait depuis son retour du Manoir, elle n'avait pu faire taire ce début d'espérance et son âme, malgré elle, avait commencer à rêver de sa moitié.
Quand la grande Reine Seresth avait tourné son regard vers elle et avait eu l'air de la juger, à sa grande surprise, légitime en ce jour particulier, cette espoir n'avait fait que gonfler un peu plus son cœur meurtri par de trop douloureuses épreuves.
Enfin, alors que les dragonneaux avaient commencé à vagabonder sur les sables, certains avec une maladresse attendrissante et d'autres avec une assurance téméraire, la Neishaane avait, par deux fois, retenu son souffle, guettant ce qu'il devait advenir ... Pour finalement voir ses espoirs voler en éclats et sentir son cœur se faire étreindre par cette sensation froide et pénétrante qu'elle connaissait si bien. La solitude était une bien douloureuse et cruelle maîtresse lorsqu'elle était ainsi subie ...

Désormais seule Candidate restée sur les Sables, Alrüne s'apprêtait à s'éclipser discrètement, afin de laisser les nouveaux Chevaliers, leurs Liés et toutes celles et ceux qui partageaient leur joie fêter ce jour aussi dignement qu'il le méritait. Plus que tout, elle ne souhaitait pas faire étalage de cette tristesse fulgurante qui avait envahit tout son être et qu'elle peinait à retenir, comme pouvait en témoigner les tremblements qui agitaient ses mains fines.

Elle n'avait pas encore fait un pas vers la sortie que la jeune femme se retrouvait entourer de personnes, de visages inconnus mais souriant, compatissant. De nouveau, on l'encourageait, la soutenait, l'enjoignait à ne pas abandonner, lui assurant que le jour de trouver son âme-sœur viendrait sans doute bientôt. Des mots doux, chaleureux, gratuit ... Qui finirent par arracher un sourire aussi émue que troublé à la demoiselle, touchée par leurs sentiments, par leurs gestes. Ses yeux océans, si triste il y a encore quelques instants, brillait d'une gratitude sincère envers ces parfaits inconnus qui avaient su, par leur simple présence et contre toute attente, repousser au loin cette solitude moribonde qui n'aurait fait que rajouter une cicatrice à son cœur abîmé.

Alrüne ne regretta pas d'être venue. Aujourd'hui, l'Empreinte avait finalement exaucée toutes ces promesses.
Certes, elle n'avait pas trouvé sa moitié d'âme ... Mais le début d'un lien, qui n'attendait qu'un peu de temps pour se renforcer, s'était définitivement tissé entre la jeune Neishaane, ce Kaerl et ses habitants. Peut-être avait-elle trouvé sa maison, tout compte fait ...

Elle qui était prête à s'en aller rejoindre sa chambre silencieuse se laissa finalement convaincre par le Banquet, se promettant, en son fort intérieur de faire des efforts pour cette grande famille qu'était le Màr-sous-les-eaux.
Une brise chaleureuse vint chatouiller sa nuque, la faisant frissonner, et, alors qu'elle se laissait guider vers la fête par ses nouveaux compagnons, elle souriait.

Elle n'espérait rien et avait finalement trouvé plus.

C'était désormais un sourire radieux qui illuminait son visage.


[ HRP/ Merci pour cette merveilleuse Empreinte ! ]




Yael Ladanza
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MessagePosté le: Sam 6 Fév 2016 - 23:33 Répondre en citantRevenir en haut

J'étais l'un des derniers œufs, je le savais, je le sentais. Avec ma sœur argentée, nous étions blottis au plus chaud de notre mère, attendant l'heure. Nous ne pouvions dire pourquoi. Enfin si, elle oui, mais moi ? Étais-je différente des autres ? De mes frères et sœurs de couvés qui galopaient déjà sur les sables ou ronronnait de plaisir dans les bras de leur lié, réclamant ce que notre estomac découvre avec vigueur: manger.

Toujours est-il que je sortis la dernière, laissant les regards se tourner vers la future reine pour parcourir des yeux l'assemblée. Quelque chose en moi était étrange. D'un premier coup d'œil, je ne ressentais rien. Pas l'ombre d'une âme pour moi. Mais je ne comptais pas me laisser faire ainsi ! J'étais là, présente sur les sables aux côtés de ma mère, et je ne mourrais pas. Je humai l'air à la recherche d'un parfum familier sans jamais l'avoir connu. Quelque chose était là, si proche et portant si loin. Je regardai, hésitante. Une demoiselle n'était pas liée. C'était sûrement elle ! J'avançais, pataudement dans sa direction. Les forces semblaient déjà en œuvre pour me priver des miennes. Pourquoi celle que j'attendais ne s'approchait pas. Je ne la sentais même pas ou tout juste. Arrivé au pied de la demoiselle qui attendait un petit dragonneau aussi, je lui jetai à peine un regard et continua ma route. Ce n'était pas elle. Quelque chose me poussait à aller plus loin alors je continuai à avancer vers les autres. Tous les autres. Ils me regardaient. Elle était là-dedans, j'en étais sûre. Mais j'étais déjà fatigué. Pourtant je n'abandonnerai pas ! Ni une ni deux j'escaladai la barrière, humant l'air de nouveau à moitié sur elle, les fesses plus lourdes pendant d'un côté alors que je m'agrippais au bois comme je pouvais de l'autre. Non, pas ici. À l'aide de quelques mains que je remerciai d'un claquement de mâchoire, je recommençai et continua mon ascension. Descendant et remontant au niveau du deuxième rang. Je commençais à être fatigué. Ou était-elle...? Pas loin, je le sentais. Je pouvais sentir son nom aussi, l'entendre en moi résonner faiblement. Yael... Je l'appelais, mais personne ne me répondait. Pourquoi... Je trottinai un peu et finis par m'arrêter devant une humaine qui se tenait la tête, semblant trembler de douleur et pale comme la coquille d'une blanche.

° Yael !° Je l'appelais encore, pour qu'elle me regarde. Bien sûr qu'elle devait avoir mal, j'étais là, je faiblissais, mais elle ne m'entendait pas. Je savais que c'était elle ! Non... Lui... Je n'étais pas sûre, mais cette personne était celle avec qui mon âme devait se lier.

° Yael réponds moi ! Je sais que c'est toi.° Cette fois, ma voix était presque suppliante. Pourquoi... Pourquoi est-ce qu'elle ne réagissait pas... J'allais mordiller sa jambe pour qu'elle se réveille. Je pouvais l'aider à aller mieux, je le savais. Je commençais à avoir mal aussi, à être très fatigué. Mais je ne réussis qu'à la faire sursauter et se lever d'un coup. Je croisai son regard et n'y vis que de la peur et de la douleur. Non... Elle n'allait pas faire ça... Elle ne pouvait pas.

Pourtant elle s'enfuit. Sous mes yeux. Provoquant une douleur au fond de moi que je n'aurais jamais pensé ni voulu connaitre. Que ce passait-il, pourquoi me rejetait elle ainsi, pourquoi. Je tentais de la suivre, n'écoutant pas les murmures de désapprobation, d'incompréhension autour de nous.

° YAEL !!!° Je trébuchai sur les pieds d'une Torille en couinant doucement, regardant mon âme sœur partir, le rejeter. Je ne voulais pas, j'avais senti en elle, l'espace d'un instant, la détresse. Personne ne lui avait dit, expliqué. Elle voulait de moi, elle ne le savait juste pas. Je me relevai comme je put et continua à la suivre en l'appelant sans cesse. Elle ne m'entendait pas... Elle ne voulait pas m'entendre.

À bout de force, je faillis abandonner, de nouveau sur le ventre à force de courir. Je fermai les yeux, continuant sans cesse mes appels. La vie s'enfuyait en même temps que l'humaine.
Sans que ce soit de mon fait, je sentis des mains s'agripper autour de moi et me porter. Je n'ouvris pas les paupières, à quoi bon... On allait probablement m'amener à ma mère pour que je puisse mourir au moins dans une étreinte chaleureuse.
Pourtant, je ne fis, je crois, qu'une petite distance avant de me retrouver sur un sol moue. Un corps chaud. Le sien. Elle était allongée. Je ne savais pas pourquoi. Assommé, maintenu, drogué, je m'en fichais. Je me mis faiblement à ronronner en sachant que ça ne servait à rien. Mon âme sœur ne portait pas suffisamment le don pour que nous nous liâmes. Elle survivrait, moi pas. Je la sentais respirer rapidement, hoqueter, étouffant des sanglots comme elle pouvait. Alors je me mis à ronronner plus fort, pour la rassurer, lui dire que ça allait.

Laisse-moi Ëstelh, pitié ... Murmura-t-elle d'une voix étouffée. Mais il n'en fallait pas plus pour que la vie revienne. Elle avait trouvé mon nom, elle m'avait entendu. Je souris mentalement en enveloppant son cœur du mien pour la protéger. J'étais toujours fatigué et elle aussi, mais c'était finis, nous étions ensemble. Je sentis une main fraîche et fébrile se poser sur la tête avant que le noir nous emporte toutes les deux. Un repos bien mérité.

[hrp]Oui, merci pour tout[/hrp]



Galaad Lucis
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév 2016 - 17:59 Répondre en citantRevenir en haut

L’éclosion ne tarda pas à débuter. Je fus aussitôt absorbé par la cérémonie. Ce n’était pas la première fois – et ce ne serait certainement pas la dernière – que j’assistais à une Empreinte. Cependant, maintenant que je n’avais plus rien à cacher aux yeux du monde – ou presque -, je pouvais regarder se dérouler le spectacle comme n’importe quel homme du Kaerl le ferait à ma place. Je glissai un coup d’œil sardonique vers Marcus. Cet Aspirant de malheur, qui se croyait toujours meilleur que les autres, fixait les œufs avec tant de jalousie qu’il virait progressivement au rouge. Cramoisi de honte, sous l’œil sévère de son Maître, il ne pouvait que contempler ce qu’il espérait le plus sur terre sans pouvoir y participer. J’éprouvai un début de compassion pour lui… Avant de sourire avec morgue. Bien fait ! Cela lui apprendra à toujours courir après ce qui ne le regardait pas !

Je baissai de nouveau les yeux sur les dragonneaux s’extirpant de leur coquille. Une vague d’envie mêlée de tristesse me fit hoqueter. Elérion. Cela ne pouvait venir que de lui. Je savais bien qu’il ressentait quelque chose à l’égard de cette chance manquée ! Il ne pouvait plus le nier ! Pourtant, moi-même, je ne regrettai rien. Je n’avais aucune envie de finir sur le devant de la scène comme Maître Doryl. Cette idée me faisait froid dans le dos.

J’attendis. Une éternité pour une poignée de minutes. Qu’est-ce que j’attendais, au juste ? Une réaction visible de la part de mon Lié ? Que la folle dont il s’était entiché reparte… Quoi ? Non ! Ce ne pouvait pas être vrai. Je me penchai brusquement en avant, bousculant le Chevalier Thrawnen à côté de moi, lequel me jeta un regard peu amène. Andaranielle, cette Aspirante à moitié siphonnée du bocal, venait de se faire aborder par une future reine. L’héritière de la couvée avait choisi la folle ? Alors ça… Ça me laissait perplexe quant au sens de l’humour de Flarmya. Mais, après tout, pourquoi pas ? On avait vu pires Âmes Sœurs dans les environs. J’espérai néanmoins que la dragonnelle soit suffisamment forte pour tenir tête à son hystérique de nouvelle Liée.

Elérion allait certainement aller la féliciter. Je ne pus retenir une grimace boudeuse à cette pensée. Satané Bronze et sa curiosité à l’égard des chiens errants ! Quoique… A une époque, j’étais moi-même une âme perdue. Ce que la vie pouvait se montrer ironique, parfois…

Puis, subitement, je sus pourquoi ce sentiment d’attente interminable me clouait sur place. Alrüne. Son nom me revint aussitôt. D’une, je comprenais pourquoi elle avait l’air aussi mal en point la dernière fois que je l’avais vue. Il se murmurait des tas de choses sur elle. Une héroïne lors de la quête des Clefs d’Ouranos pour vaincre l’Ombremage. Une mère-fille sans homme dans sa vie, sauf peut-être son nouveau Maître, le Seigneur en personne… Je détestais toujours autant les ragots. Ça n’intéressait que les idiots et les fouilles-merdes du Kaerl, ce genre de choses. Alrüne avait été l’Aspirante de Dame Al’Ysiria, ma sauveuse et l’ancienne dirigeante de cette cité. Je m’en souvenais maintenant. Il fallait qu’elle se lie. En mémoire de l’ancienne Dame, pour ses exploits, peu importait ! Je voulais qu’elle se lie, qu’elle fasse ravaler sa fierté à Javerth Seram parce qu’elle n’avait pas besoin de nouvel apprentissage pour accomplir son devoir. Qu’elle se lie parce qu’elle le méritait bougrement plus que cette folle de fëalocë !

Un échec. Oh mes dieux. L’Empreinte s’achevait et tous les œufs avaient éclos. Tous s’étaient liés, exceptée une petite Bleue qui errait vers les gradins. Je n’y prêtai pas attention. Je bondis sur mes pieds et dévalai les marches jusqu’à la plage de sable fin où les jeunes Chevaliers étaient félicités. Sitôt devant elle, la voyant sourire malgré son échec, je perdis mes mots.

- Euh… Salut ! Tu te souviens de moi ? Galaad, une nuit dans l’Allée des Idoles, y’a quelques mois…

Une myriade de paroles de réconfort me traversa l’esprit. Une seule sortit de ma bouche.

- Faut pas t’inquiéter. De toute façon, ces dragonneaux-là ne te méritaient pas !

Et ce fut la pire qui sortit, évidemment.

Flarmya, faites que l’énorme dragonne d’argent derrière moi n’entende pas ce que je viens de dire.

Je jetai un bref coup d’œil à Elérion. Le Bronze arpentait les sables en direction d’Andaranielle et de sa toute jeune Argentée. Le colosse baissa sa tête au niveau des nouvelles Liées et souffla doucement sur la dragonnelle. Ses yeux réjouis arboraient le bleu des lagons du Nord. Il paraissait s’amuser de la stupéfaction de la foule après pareille Empreinte.

° Bienvenue au Màr Luimë, princesse Nitthila. Je suis Elérion, enchanté de faire ta connaissance. Je n’ai jamais douté de ta réussite, Chevalière Andaranielle. °


Fichu dragon. Je revins à Alrüne, un sourire hésitant aux lèvres :

- Je te paye un coup à boire ?

***


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Observant avec l’acuité d’un oiseau de nuit les festivités, Athelstan Thrawnen nota le regard désobligeant que lui lança ce Chevalier de pacotille, celui qui prétendait égaler ses pairs alors qu’il n’était un membre accepté du Màr Luimë que depuis peu. Il n’avait pas confiance en ce neishaan capricieux et susceptible. Non pas parce qu’il était un ancien Ardent mais plutôt parce que, justement, il ne savait rien faire. Athelstan reporta son attention sur l’Empreinte. Il avait évidemment reconnu son sujet d’étude favori du moment, l’Aspirante dont le nom lui importait peu. Comment aurait-il pu oublier quoique ce soit ? Sa mémoire lui interdisait tout écart, sans oublier sa main portant encore la trace des dents de la petite idiote. L’ondin s’amusa de la voir lui tirer la langue lorsqu’elle le reconnut. Apparemment, elle aussi se souvenait de lui. Amusant.

L’Empreinte se déroula sans accrocs. Il ne fut pas surpris de voir Andaranielle se lier à la future reine de la couvée, contrairement à beaucoup d’autres, car d’une : il ne voyait pas l’utilité de se rebeller contre des décisions qui n’appartenaient à personne sauf au destin, et de deux : il s’en était presque douté. L'Aspirante enceinte esseulée, vite entourée par une foule débordante de compassion et de curiosité malsaine, ranima de vieux souvenirs. Lui-même avait échoué à plusieurs Empreintes avant de croiser la route de Lhassa. Il n’oubliait pas, jamais. Il eut mal pour elle. Brièvement.

Lhassa le prévint d’un changement. Une dragonnelle épuisée s’était approchée des gradins et commençait à les gravir sous les yeux éberlués d’une foule d’imbéciles qui préféraient regarder qu’apporter leur aide. Athelstan poussa un soupir à fendre l’âme. Quittant son banc, il se dirigea vers la petite Bleue déterminée, suivant sa trajectoire tout en calculant les meilleurs possibilités pour qu’elle trouva sa Liée dans les parages. Elle jeta son dévolu sur une jeune femme, laquelle semblait aussi perdue qu’un poisson de mer soudainement jeté dans une fontaine.

Athelstan accéléra le pas. Il marcha par inadvertance sur le pied du respectable Maître Augustus mais il n’avait pas le temps de s’excuser. Filant telle une comète bleue et or - bien que bancale -, il vit la scène et en enregistra chaque détail. A la lisière de son esprit, Lhassa le pressait d’aller plus vite. Il fut bientôt près de la petite dragonne et la prit dans ses bras d’autorité. Personne n’osa contester. Il continua son chemin, rattrapa la fuyarde qui s’était écroulée entre les gradins en se tenant la tête. Il déposa aussi délicatement que possible la Bleue sur son ventre. Il entendit vaguement murmure un nom draconique puis le nouveau Chevalier sembla s’évanouir.

Vraiment ? Il fronça les sourcils. Il aurait tout vu.

° Lhassa, amène un guérisseur par ici. Je ne pourrais pas les porter seuls jusqu’en bas des gradins. Je vais avoir besoin d'eux, pour une fois. °

Quelle journée…



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Dymphnea Niedryn
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MessagePosté le: Jeu 11 Fév 2016 - 19:13 Répondre en citantRevenir en haut

Sele’nti n’avait pas assisté aux ablutions matinales de sa liée, et cela ne lui ressemblait pas. Loin d’en prendre ombrage, Dymphnea s’en amusait. S’il était simplement parti chasser, il aurait attendu que ses pas la menassent vers la sphère de naissance. S’il s’était joint aux siens pour entonner les chants en réponse à Seresth, l’Argentée, elle en était la première ravie, même si, un sourire aux lèvres, elle songeait que l’humeur inégale de Rakauth n’était sûrement pas étrangère à ce regain d’intérêt pour l’Empreinte de la part du Blanc. Les deux dragons n’étaient jamais complètement tombés d’accord sur ce que signifiait donner une couvée au Màr, mais pour l’Argentée, cela impliquait davantage qu’un vol audacieux.

Alors que le dragon s’inclinait devant ses obligations, Dymphnea se consacrait aux siennes, avec l’impression de revêtir un vieux manteau négligé, mais terriblement confortable à force d’avoir été trop porté. Elle connaissait les couloirs de marbre bleuté, les clameurs enthousiastes des futurs aspirants, toujours juste tempérées par les râles indignés d’une reine dragon, protégeant précautionneusement ses oeufs, son trésor de vie et d’espoir, le signe même du constant renouvellement du Màr.

La chose n’était pas courante mais la demi-elfe gagnit les gradins l’esprit serein. Les ombres de son passé s’effilochaient et se dissipaient. Elle ne pensait plus à ses années de solitude angoissée et aux paroles cruelles de l’Oracle, lorsqu’elle posa les yeux sur les candidats, solennellement assemblés. Elle leur souhaitait simplement de réussir du fond du coeur, au point de rougir à entendre ses pairs médire sur tel ou tel aspirant. A les en croire, une certaine fëalocë blonde était folle à lier (mais sûrement pas à un dragon). Dymphnea ne put s’empêcher d’ouvrir des yeux ronds. Elle crut reconnaître Andaranielle, et celle-ci lui avait semblé tout à fait normale. Aussi légitimement inquiète que pouvait l’être une jeune aspirante, mais de là à parler de folie…

A sa grande surprise, Sele’nti manqua l’occasion d’une raillerie facile contre l’aspirante. L’Empreinte se déroula sans encombre. Sele’nti mêla sa voix à celle des dragons et elle ses applaudissements à ceux de ses pairs. En fermant les yeux, il lui semblait pouvoir distinguer la tonalité propre au Blanc, sans qu’elle ait rien de notable, au demeurant. Il se fendit de quelques commentaires - Dymphnea n’avait pas son talent pour reconnaître le sexe d’un dragon blanc ou noir -. Lorsque l’Argentée se lia à Andaranielle au grand déplaisir d’une partie de l’assemblée, le dragon s’abstint une fois de plus de tout commentaire.

° Alors c’est ainsi, ° railla la demi-elfe en imitant au mieux le venin du dragon. ° Ne trouvent grâce à tes yeux que les laissés pour compte ? Les exilés et les fous ? °

° N’accable pas mes yeux de ce que tu ne sais pas voir. Si ce Màr renie ses membres d’importance, la faute ne m’en revient pas. °

Dymphnea contempla la fin de l’empreinte l’esprit troublé. Elle n’était pas pressée de se rendre aux festivités, n’ayant aucun candidat proche à féliciter urgemment. Sele’nti avait vu en Lhain l’avenir du Màr, elle ignorait ce qu’il pressentait chez la Fëalocë. C’était la liée d’une Argentée, mais ce n’était sûrement pas cela qui intéressait le Blanc, alors qu’il pouvait toujours horripiler Rakauth à loisir.

Sele’nti avait sûrement saisi le fil de ses pensées mais ne lui fit grâce d’aucune réponse, mêlant son vol à celui de ses pairs. Dymphnea se résigna le coeur léger à se laisser porter par l'enthousiasme que charriait la foule joyeuse du Màr, et se prépara à troquer quelques questions stériles contre un buffet délicieux.



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MessagePosté le: Lun 22 Fév 2016 - 16:17 Répondre en citantRevenir en haut



Lentement, les gradins se vidaient. L'écho assourdissant créé par les pas et les voix des spectateurs se faisait de moins en moins oppressant, quand bien même ce qu'il se murmurait entre les uns et les autres n'en demeurait pas moins.. hostile, sinon heurté par cette bien étrange Empreinte.
Le marbre des Sphères, d'un bleu lapis-lazuli nervuré de veines plus sombres et piqué de paillettes azuréennes quasi-argentées, voyait en sa surface lisse comme l'océan un jour de calme glisser les messes-basses de la plèbe. Le sable ivoirin, d'un grain fin et doux, était maculé des traces de pas de bipèdes rejointes par celles des petits dragonneaux tout juste nés, à l'exception des minuscules empreintes de la Bleue bien déterminée à s'approprier une personne qui n'était même pas considérée comme Aspirante.. Pour certains, cette Empreinte était un fiasco, un échec total, une farce. La faute allait au père de la couvée comme à un éventuel traumatisme de Seresth, peut-être marquée par les récents évènements liés à Drazahir.. Tout n'était qu'une pluie de boniments. Pourtant la plus éminente personnalité du Màr pensait en ce sens. Pour d'autres, plus sages, c'était sa différence et son originalité qui faisaient sa richesse. Le temps, et seulement lui, dirait qui avait raison et qui avait tort.

Les opales de Seresth s'étaient teintées d'un camaïeu flavescent, mêlant la topaze et l'étain pour mieux traduire ses profonds ressentis. La Reine Argentée était soulagée de voir que chacun de ses enfants avait réussi à se lier, mais le doute, l'épuisement et l'inquiétude occupaient son coeur. Elle suivit son héritière d'un regard exprimant le désarroi, alors qu'elle quittait le nid dans les bras de celle qu'elle s'était choisie. Méloïse tenta de réconforter son âme-soeur rongée par les affres de sa déroute et son incompréhension, en vain. La belle elfe apposa une main légère, comme une caresse, sur le flanc de la Reine couchée. Seresth gronda, dans un dernier effort, comme vaincue par la puissance d'un Destin tellement plus fort qu'elle.

° Flarmya m'en soit témoin, s'il arrive quoi que ce soit à ma fille, elle le paiera de sa vie.. °


Dure épreuve que celle d'une mère qui voit partir ses fils et ses filles à la merci de simple bipèdes. Surtout quand, parmi eux, résidaient des esprits aux noirs desseins, même en ce Kaerl réputé pour son pacifisme apparent. Car si quelques rares personnes avaient félicité la Fëalocë pour sa glorieuse réussite, la jalousie allait à la prédominance des réactions. Au passage de la jeune Fëalocë portant en ses bras la princesse Argentée, les langues de vipères sifflaient sans retenue. Quelques Aspirantes au crépuscule de leur propre Empreinte tinrent même des propos dignes d'Ardentes, fomentant un complot en avançant pour idées de vol de la dragonnelle.. et la disparition de la Fëalocë.
Il était certain que le plus dur attendait le duo tout juste lié face à ses détracteurs..

Le fait que la petite Bleue de la couvée se soit liée à une inconnue, une marchande, d'ailleurs non-reconnue comme porteuse du Don, faisait également beaucoup parler mais de façon moins péjorative. Il y avait même quelque chose de réconfortant et d'encourageant pour ceux qui se présenteraient à la prochaine Empreinte : tout le monde avait sa chance, même quand tout prêtait à penser le contraire. L'Humaine - étrangement androgyne -, n'aurait pas à essuyer autant de venin que sa soeur de couvée. Et moins encore que la Neishaane qui avait échoué.

Un peu plus loin, vers une entrée d'ordinaire non-empruntée, une ombre attendit, impatiemment, que la foule ne s'estompe. Il s'agissait d'un homme qui avait pris soin de se dissimuler sous une épaisse cape brune. Un homme couvert de honte et empli de colère. Il était resté caché jusqu'à la toute dernière éclosion, pour ne constater que ce qu'il avait pressenti.
Il faisait les cent pas, les mâchoires serrées, les mains dans le dos, les doigts tremblants et fébriles. Une de ses paupières sautait de façon incontrôlée, comme un tic impossible à retenir sous le courroux de sa terrible fureur. Il n'avait d'yeux que pour son élève.. qui ne l'était désormais plus.
Rien n'était allé dans le sens voulu, rien ne s'était passé comme il l'avait souhaité. Cette première Empreinte sous son règne avait des allures de pitrerie et il était hors de question qu'il la tolère ainsi.
Au moment où la Neishaane allait prendre également la sortie, il traversa la maigre foule demeurante, fonçant tête baissée vers Alrüne Larilane en poussant quiconque se trouvait sur son passage. Le Seigneur Neutre attrapa le bras de la jeune femme, ignorant sa condition, sans la moindre douceur et resserra l'étreinte de sa poigne virile sur son membre pâle et presque fragile. Il asséna, d'une infinie rudesse, d'une incommensurable sécheresse :

- Après tout ce temps, après tout ce que j'ai fait pour vous, tous les espoirs que j'ai nourris dans votre réussite, voilà tout ce que vous rendez à ce Màr !
Votre place n'est plus ici, Neishaane, vous avez déjà épuisé deux Maîtres et Souverains et c'en est assez.. Vous n'êtes pas digne de fouler ces Sables, vous n'êtes pas dignes de ce Kaerl.
J'aspire à former une élite quand vous n'êtes qu'un échec. J'aspire à la consécration quand vous n'apportez que ruines et naufrages. Je ne saurai l'accepter.
Je vous démets de votre statut d'Aspirante du Seigneur Seram, moi-même, de la Triade de Tyom, et personne ne vous prendra plus sous son enseignement sans mon consentement.


Javerth la lâcha finalement de la même façon qu'il l'avait appréhendée, s'en retournant comme il vint. Et ce furent, pour l'heure, les seuls mots du Seigneur Neutre, alors qu'il abandonna la jeune femme à son sort.
Si la fin de l'Empreinte annonçait le début du traditionnel banquet qui s'en suivait, le coeur n'y était pas pour tout le monde. Le Màr d'une nature paisible s'agitait de flots prédisant une bourrasque possible..



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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Alrüne Larilane
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MessagePosté le: Mar 8 Mar 2016 - 01:22 Répondre en citantRevenir en haut

Alrüne avait à peine eut le temps de faire quelques pas qu'elle était, de nouveau, stopper dans son voyage.
Elle perdit son sourire pour arborer une moue surprise, que parurent partager quelques unes des personnes qui suivaient et entouraient la jeune femme.
Ce visage ... Ces yeux rougeoyants, notamment, ne lui étaient pas complètement inconnus. Il avait alors les cheveux bien moins longs et il lui avait aussi semblé bien moins content de la voir, ce jour-là.

- Euh... Salut ! Tu te souviens de moi ? Galaad, une nuit dans l'Allée des Idoles, y'a quelques mois...

Quelques demoiselles pouffèrent autour d'eux tandis que d'autres, tout sexe confondu, ouvraient de grands yeux ronds, chuchotaient de façon peu discrète en s'éloignant pour certains. Les rumeurs concernant la paternité de l'enfant de la Neishaane venaient de se relancer et de voir entrer dans la course un nouveau prétendant ... Est-ce qu'il avait conscience de ce qu'il venait seulement de dire ?
Alrüne ne se préoccupait guère des rumeurs, comme à son habitude, mais, pour cette fois-ci, elle s'amusa de la situation et ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire.

- Je me souviens, répondit-elle d'une voix douce.

Galaad avait bien meilleur mine que lors de leur première rencontre. Il fallait dire que plusieurs mois s'étaient écoulés depuis cette fameuse nuit, il avait eu le temps de se remettre de ses blessures. Tant mieux pour lui, pensa-t-elle alors.
Quand il tenta, à son tour, d'apporter un peu de réconfort à l'Aspirante, la surprise vint de nouveau peindre ses traits. C'était ... Parfaitement imprévu. Assez maladroit, également. Mais, au risque de vexer son interlocuteur, ça ne manqua pas de la faire rire. Un rire bref mais léger et sincère, qui acheva de chasser la tristesse qu'elle aurait pu éprouver en ce jour.
C'était, décidément, une bien étrange Empreinte ... Et elle passait par une multitude d'émotion qu'elle n'avait pas ressentit depuis très longtemps. Trop longtemps. Comme cela faisait du bien ... Le fardeau sur ses épaules lui parut un peu plus léger, tout à coup.

- Je te paye un coup à boire ?

Alrüne fut prise de court par sa proposition. Les secondes qui s'écoulèrent, alors qu'elle cherchait quoi lui répondre, parurent bien longue à la Neishaane.
Dans d'autres circonstances, elle aurait probablement refusé. Elle le connaissait à peine et sa méfiance excessive, associée à sa « sociabilité » naturelle, ne l'aidait généralement pas à se détendre dans ce genre d’événement. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, par le passé ...
Mais cette fois-ci, elle sentait qu'elle pourrait y arriver un peu mieux. Elle était d'humeur à faire des rencontres, à parler avec de parfaits inconnus ou presque, à remiser ses angoisses bien au fond d'elle-même. Était-ce à cause de ce débordement de sentiments chaleureux, quelques minutes plus tôt ? Ou peut-être son état qui la conduisait à être moins sur la défensive ?
Difficile de savoir. Toujours était-il que la jeune femme avait, pour la première fois depuis bien longtemps, abaissé ses barrières habituellement inébranlables.

Peut-être n'aurait-elle pas dû.

Alors qu'elle s'apprêtait à répondre par la positive à la proposition du Chevalier, une main empoigna violemment son bras. Alrüne se crispa sur le coup, autant à cause de la douleur que de ce contact forcé. Son assaillant - car ce n'était rien de plus qu'une attaque, à ses yeux - ne tarda pas à la contraindre à lui faire face et, quand elle reconnut son Maître, la jeune femme, tétanisée, pâlit un peu plus.
Que se passait-il ? Que lui arrivait-il ? Elle ne savait pas et elle n'était pas en mesure d'y réfléchir. Elle avait mal, elle avait peur. Une peur panique qui la paralysait toute entière, qui annihilait toute capacité de raisonnement. Elle n'avait qu'une idée en tête, à cet instant précis : Fuir.
Mais elle en était parfaitement incapable.

- Après tout ce temps, après tout ce que j'ai fait pour vous, tous les espoirs que j'ai nourris dans votre réussite, voilà tout ce que vous rendez à ce Màr !
Votre place n'est plus ici, Neishaane, vous avez déjà épuisé deux Maîtres et Souverains et c'en est assez.. Vous n'êtes pas digne de fouler ces Sables, vous n'êtes pas dignes de ce Kaerl.
J'aspire à former une élite quand vous n'êtes qu'un échec. J'aspire à la consécration quand vous n'apportez que ruines et naufrages. Je ne saurai l'accepter.
Je vous démets de votre statut d'Aspirante du Seigneur Seram, moi-même, de la Triade de Tyom, et personne ne vous prendra plus sous son enseignement sans mon consentement.


Javerth la lâcha enfin et s'en alla, fendant la foule sans se préoccuper de celles et ceux qu'il bousculait sur son passage, laissant la jeune femme complètement hébétée et tremblante.
Alrüne ne comprenait pas ce qu'il venait de se passer. Les paroles de son, désormais, ancien Maître tournaient en boucle dans son esprit tandis qu'elle y cherchait un sens, une raison, n'importe quoi qui pourrait les expliquer ou les justifier.
Depuis le début de son Aspiranat sous son aile, elle et Javerth n'avaient pas manqué de se confronter sur plusieurs sujets, leur vision s'opposant en bien des points. Si ces échanges, souvent passionnés, s'étaient révélés parfois enrichissant, ils avaient surtout compliqué son enseignement et mis à mal leur relation. Pour autant, tout adulte qu'ils étaient, ils avaient, à maintes reprises, su mettre leurs différents de côté pour se concentrer sur leur devoir respectif.
Aussi, jamais la demoiselle n'aurait pu prévoir un tel dénouement ...

Mais était-ce de sa faute si elle ne s'était pas liée aujourd'hui ? Si elle avait échouée ?
Était-ce de sa faute si Dinjelaï avait disparu, comme il semblait le sous-entendre ?
Était-elle vraiment responsable de tout cela ?

La colère, brutale, soudaine, vint se mêler à sa détresse, emportant dans son sillage une réponse qui apparut évidente à la jeune femme troublée.
Bien sûr que non.

Le corps toujours agités de tremblements, le cœur cognant avec force contre ses côtes, Alrüne s'entoura de ses bras, comme pour essayer de se protéger, tout en parcourant du regard l'assemblée autour d'elle. Certains étaient partit et ceux qui restaient la dévisageaient sans un mot, semblaient la juger ou la prendre en pitié. Un murmure ou deux se faisaient entendre par-ci, par-là ... Mais une chose était sûre : Cette ambiance si chaleureuse qui l'avait tellement réconforté, à peine quelques minutes auparavant, s'était désormais complètement dissipée.
La Neishaane croisa le regard rougeoyant de Galaad. Elle ne souriait plus. Rien ne paraissait vraiment sur son visage, si ce n'était cette pâleur excessive, maladive et ses orbes océans, assombris par sa propre tempête intérieure. Elle inclina doucement, poliment la tête vers le jeune homme.

- Une autre fois, peut-être ... Finit-elle par lui répondre d'une voix tremblante, mal assurée. Veuillez m'excuser ...

Et, à son tour, elle se détourna et s'en alla lentement, digne bien qu'un peu chancelante par moment, encore passablement sous le choc.
Définitivement, elle se souviendra de cette Empreinte.




Galaad Lucis
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MessagePosté le: Ven 11 Mar 2016 - 12:31 Répondre en citantRevenir en haut

J’attendis patiemment que la lumière se fasse dans le regard de l’Aspirante. Lorsqu’Alrüne sembla enfin me reconnaître, je crus pendant un instant qu’elle allait fuir en courant. Tout le monde me fuyait. Pourquoi pas elle ? Bien au contraire, elle rit, parut prête à accepter ou au moins à m’accorder un peu d’attention… Lorsque survint cet oiseau de malheur. Je devinai presque aussitôt, rien qu’à l’expression de son visage, les mots qu’il s’apprêtait à cracher sur son Aspirante.

Il se passa quelques secondes de silence après l’intervention du Seigneur Seram. Je ne regardais plus Alrüne. J’étais bien trop occupé à contempler la fuite en avant, furieuse et frustrée, d’un Seigneur du Màr Luimë pour lequel Elérion m’avait – plus ou moins – obligé de voter. Durant ces quelques instants où je demeurais muet comme une tombe, je restai les bras ballants et les yeux ronds, incapable de prononcer un mot. Ce fut le départ, poli et digne, de l’Aspirante qui me permit de retrouver l’usage de ma langue. Une vague de rage haineuse m’envahit, noyant toute prudence, toute bienséance maladroite et, par la même occasion, mon instinct de survie. Je ne sus quoi répondre à la neishaane et je la laissai quitter les sables, seule, sans me résoudre à lui apporter mon aide.

Je savais pourquoi j’étais aussi furieux. Parce qu’Alrüne ne méritait pas ces mots. Et parce que moi non plus. Ces paroles étaient le miroir des pensées de la moitié de la population de ce Kaerl. C’était exactement ce qu’un Javerth Seram blessé dans son orgueil pourrait me cracher au visage.

J’avais été le protégé, puis une ombre dans son sillage, de l’ancienne Dame avant qu’elle ne disparaisse. Mon Lié était né d’un œuf d’Incarnate. Je faisais honte à l’Ordre. Je ne méritais pas ma place ici.

Mes joues s’empourprèrent et je jetai un regard fulminant au dos du Seigneur Brun, comme je pouvais l’embrocher comme un papillon sur une épingle. Je serrais les dents si fort que la douleur remonta le long de mes mâchoires. La haine bouillonnait avec une telle furie en moi que je pouvais à peine entendre les mises en gardes d’Elérion. Mon Lié m’incitait à la prudence, toute son attention concentrée sur moi mais il lui faudrait du temps pour traverser la foule amassée sur les sables pour m’atteindre. J’étais seul face à un océan de rage. Je n’étais pas un tueur. Pourtant, j’aurais pu tuer Javerth Seram pour les mots qu’il avait osé prononcer.

Une petite voix – celle d’Elérion ou ma conscience ? – me susurrait avec raison que ce comportement n’était pas digne d’un Chevalier du Màr Luimë. Néanmoins, on ne pouvait pas décemment affirmer non plus que l’attitude irrespectueuse et bornée de ce vieillard ressemblait à une forme de dignité. Ni Alrüne ni moi ne méritions ce jugement sans appel. S’il refusait de voir la vérité en face, s’il était incapable d’admettre qu’il – que le Kaerl même ! - avait besoin de nous… Le nouveau Seigneur du Màr Luimë devenait un obstacle à ma tranquillité. Et à la prospérité du Kaerl, me soufflait mon bon gros lézard.

Elérion fut enfin là. Je pus respirer plus librement. Il avait pris le temps de saluer respectueusement la nouvelle génération de dragons, en particulier la nouvelle Argentée et l’hystérique de service dont il s’était entiché. Je n’arrivais plus à l’en blâmer. Dès qu’il se retrouva près de moi, je sentis un grand poids quitter ma poitrine. La colère couvait encore mais je parvenais à la garder enfouie. Mon Bronze me donna un léger coup de museau dans le coude en espérant me faire réagir. Depuis l’altercation, je restai figé telle une statue de l’Allée des Idoles, incapable de détourner les yeux des grandes portes de la Sphère de Naissance et encore moins d’émettre un son. Mais Elérion demeura silencieux. Je savais ce que cela signifiait. Il approuvait tacitement ce que nous pensions tous les deux. Qu’une erreur est pardonnable pour peu qu’on sache la racheter. Qu’un vote ne donnait pas la permission d’oublier la valeur et l’utilité d’une vie.

Quelque chose s’était brisé en moi. Une détermination nouvelle coulait dans mes veines. Je percevais avec d'autant plus de netteté la froide résolution - teintée de regrets - du colosse de cuivre qui se tenait à mes côtés.

A partir d’aujourd’hui, Javerth Seram, lié du Brun Tyom et Seigneur du Màr, était devenu notre ennemi.



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