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 [JEU PERMANENT] RP Challenge 2.0 : Image & Musique Sujet suivant
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Amaélis Yodera
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Mer 31 Aoû 2016 - 23:22 Répondre en citantRevenir en haut

Inspiré par la musique.
Ce texte peut être retenu.



Laimë-Ninquë & Isilmë

La Fin.

Les ombres dansent contre les murs, lascives, sous la lumière fugace d'une unique chandelle. Seule, assise sur son trône de pierre, ses longs doigts en caressent délicatement les aspérités rugueuses. Il n'y a rien d'autre qu'elle, ici, dans cette pièce effroyablement étroite, froide comme un tombeau. Les serviteurs savent se faire discrets ; leur Maîtresse n'aime guère être dérangée. Ses paupières closes sur son regard nocturne, Laimë-Ninquë respire doucement. Dans son esprit, des notes anciennes égrènent les secondes, en résonance avec son cœur. C'est là la musique la plus sincère. Sous ses pieds, elle sent les pulsations profondes de la Terre, harmonieuses et vitales, secrètes. Le sang afflue dans ses veines, poussé par ce même rythme. Laimë-Ninquë sent tout cela. Les ombres lèchent son visage, viennent se nicher dans les creux, sculptant et remodelant au gré de la flamme qui vacille. Elle est tour à tour jeune, enfant, vieille, morte, vivante. Tout ce qu'elle est, tout ce qu'elle a été et tout ce qu'elle ne sera plus. Car ce soir est son dernier soir.
Elle se lève alors, les tissus ruisselant le long de son corps fin, en épousant sans honte les formes. Ses cheveux d'ivoire ruissellent aussi, saupoudrés d'or rouge par la lumière. Ses pieds nus glissent sur le sol, éthérés, sans bruit. Commence alors sa marche solennelle. Traversant les corridors de sa demeure silencieuse, ses Esclaves l'observent, la tête inclinée, semblables à des statues. Ils se cachent dans les recoins, se fondent contre les murs. Les torches s'éteignent derrière elle, une à une, et l'obscurité noie les derniers vestiges de sa gloire passée. Lentement, Laimë-Ninquë descend les marches menant au sous-sol, une traîne de ténèbres accrochée à ses voiles de saphir et d'améthyste.

« Il est temps. »

Avec un sourire aussi sombre que la nuit, Laimë-Ninquë pousse les portes de la grande salle souterraine. Deux orbes mêlées de gris et de jaune luisent, plus violemment encore que les flammes qui illuminent la pièce. Isilmë, abattue, gît presque entre les entrelacs gravés à même le sol, sa grande tête posée sur ses pattes. Ses écailles aux couleurs du ciel nocturne sont allumées d'étoiles, mais les Dieux savent que la Dragonne ne brille plus depuis bien longtemps. Les Esclaves forment une ronde autour d'elle, chacun portant entre ses mains une simple bougie de cire noire. Leurs visages n'expriment rien, et aucun d'eux n'osent regarder la Valherue. Ils sont comme éteints. Laimë-Ninquë s'approche d'un pas mesuré jusqu'à l'autel, dont tous les sillons partent. C'est un dessin complexe, incompréhensible ; un labyrinthe ésotérique tracé dans une langue plus vieille encore que la nuit des Temps. La Valherue fait face à l'édifice de pierre, et, alors qu'elle lève ses bras, deux femmes s'empressent de faire couler sa robe jusqu'à ses pieds. Nue, elle sent un souffle menaçant caresser sa chair ; c'est l'haleine du Monde, pense-t-elle, qui, déjà, ouvre la bouche pour engloutir l'offrande de son corps.
Laimë-Ninquë s'empare d'une urne remplie d'un liquide aux odeurs envoûtantes, le porte au-dessus de sa tête et le renverse délicatement. Sa voix s'élève, assez forte pour faire trembler l'air et la terre, récitant des incantations qui sonnent comme un cri, comme un dangereux appel à des puissances enfouies. Le liquide la brûle, assombrit ses cheveux et sa peau. Elle se retourne vers le cercle, où Isilmë la contemple encore, dans un silence violent. Elle s'avance vers la Dragonne, révélant une dague enduite de la même substance que celle qui dégouline le long de ses bras. Elle la dresse vers un ciel oublié, des mots étranges portés par sa voix et la Dragonne rugit quand l'acier se glisse sous ses écailles pour n'en arracher qu'une. Laimë-Ninquë s'incline et recule avec précaution. Un rond un peu plus profond que le reste des gravures se trouve à mi-chemin entre l'autel et le centre du cercle où repose Isilmë. La Valherue y dépose l'écaille, puis une mèche de ses cheveux, coupée avec la même dague, avec les mêmes mots. Un millier d'yeux semblent la regarder faire, dévorer chacun de ses mouvements, comme un millier d'épines plantées dans sa peau fine. Plus rien ne bouge ; même le temps a suspendu sa course, et les flammes sont figées. Elle met le feu à l'écaille et à la mèche de cheveux.

Laimë-Ninquë rejoint l'autel, et, cette fois-ci, ses bras se tendent avec violence. L'obscurité avale la salle entière, et le cercle se met à chanter. Les voix mêlées des Esclaves se heurtent aux murs, au sol, plaintives. Dans un mouvement harmonieux et lent, tous lèvent leur bougie d'une main ; l'autre est serrée autour d'un manche de poignard. La Valherue hurle dans un langage terrifiant, désespéré, mais jamais elle ne tombe à genoux. Un à un, les poignards se baissent, les corps chutent, et une marée de sang se déverse dans les sillons de pierre. Isilmë est entourée de motifs alambiqués, de courbes mystérieuses, rougeoyantes et sombres. La vasque où brûlent l'écaille et la mèche de cheveux est noyée. Les ténèbres sont denses, désormais, tangibles. Laimë-Ninquë crie toujours, les mains vers le ciel, les pieds plongés dans le sang. Âmes et voix tourbillonnent avec fureur autour d'elle, giflant et griffant son corps nu. La Valherue réussit à enlacer de nouveau la dague rituelle.

Que nos chairs soient liées, que nos sangs se mêlent, que nos âmes séparées se retrouvent enfin en une seule ! J'abandonne ici ce réceptacle qu'est mon corps, j'abandonne ici mon sang et mes larmes, ma peau et mes os, j'abandonne mon cœur ! Esprits du fond des âges, entendez ma prière et accomplissez ma volonté. Moi, Laimë-Ninquë, je vous l'ordonne dans la langue qui vous enchaîne à ma puissance !

Un rire la secoue alors, horrifique et cruel, mais ce n'est pas le sien. Avec terreur, la Valherue voit ses doigts affirmer leur prise autour du manche. « Non ! » veut-elle hurler, et le son demeure prisonnier de sa poitrine. Quelque part au fond de son esprit, Isilmë rugit de toutes ses forces, déchirant son âme. Laimë-Ninquë lutte contre ce dessein étranger. Des flammes noires dansent devant ses yeux tandis qu'un gouffre s'ouvre sous elle, ténèbres plus obscures que les ténèbres, abysse où rien ne peut exister. L'enfer, c'est certain, coule le long des murs, filtrant de chaque interstice du réel. La dague s'enfonce, frénétique, perce et éclabousse. Le feu s'est rallumé dans la vasque, courant le long du labyrinthe de gravures, et enveloppe peu à peu la Dragonne, dont les ailes claquent en vain sous le toit de la salle. Laimë-Ninquë sent les flammes lui mordre les jambes, et ses larmes de douleur s'évaporent dans la fumée. Elle tombe à genoux, enfin, plongeant dans le brasier, un goût métallique et persistant de sang dans la bouche. La souffrance d'Isilmë est un fracas sans nom, et le Lien s'étiole doucement, des lambeaux irisés tombant doucement dans les flammes. La Valherue comprend alors, tandis que sa chair fond et qu'une sève pourpre jaillit à torrent de son corps troué.

Ce n'est pas leur vie qui s'en va, c'est...



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MessagePosté le: Mer 31 Aoû 2016 - 23:22 Revenir en haut

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Heryn Amlug
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MessagePosté le: Mer 7 Sep 2016 - 20:05 Répondre en citantRevenir en haut

Merci à vous troiiis pour ces participations =D ! Après avoir attendu un peu pour que Runa puisse finaliser son texte (elle était pourtant bien ma musique !), il est temps de mettre à jour ce topic avec la theme song du mois de Septembre ! Attention, attention. *s'éclaircit la gorge*

Nous sommes en Aran'Rhiodku, la rêverie mélancolique de l'automne commence à se développer, les feuilles tombent, l'air se rafraichit (en théorie !) et l'équinoxe approche. La nature se prépare doucement à ralentir son rythme ... Alors je vous propose une musique assez inhabituelle pour ce mois-ci, je ne sais pas si elle vous inspirera ^^. Je vous laisse la découvrir, avec la jolie image du mois, qui représente cette fois un dragon !





... Et dans la tempête et le bruit,
La lumière reparaît grandie.

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Ottilia Théandore
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MessagePosté le: Mar 20 Sep 2016 - 20:36 Répondre en citantRevenir en haut

Texte sur la musique. Peut être retenu.

Neige et souvenirs


Aran'Rhiodku 926.


Un soir, en Vaendark, une jeune femme aux longs cheveux bouclés marchait tête baissée dans la neige. Cette jeune femme était vêtue d'un épais manteau le laine et de fourrure blanche. Elle était également âgée de vingt-six ans. La torhille, nommée Ottilia, n'était pas revenue sur sa terre natale depuis neuf ans. Elle posa sa main sur un arbre de la grande forêt et regardait, au loin, la ville qui l'avait vu naître, Asinien. Sa famille se trouvait encore là-bas et lui manquait terriblement. Il fallait qu'elle aille les voir. Elle avait tant de choses à leur raconter. La jeune femme continua alors de marcher jusqu'à la ville. Elle rejoignit un chemin pavé qu'qu'elle reconnu aussitôt.

*Ce chemin ! Je l'ai pris pour rentrer à la maison après m'être perdue. Ça fait si longtemps. Dire que j'ai cru qu'un troll allait me courir derrière pour me manger. Remarque, ils me font toujours aussi peur. *

Ottilia esquissa un léger sourire en se revoyant avec les gardes en pleine nuit, trempée, fatiguée et affamée. Elle se rappelle encore du chevalier qu'elle avait rencontré ce jour là. La jeune femme continua sa route après avoir observer les environs. La hâte de retrouver sa famille était de plus en forte et elle pressa le pas pour arriver plus rapidement. Il se faisait tard et la nuit tombait rapidement dans la région.

Une bonne heure plus tard, la torhille arriva enfin à Asinien. Le paysage si familier lui rappelait son enfance. Le chemin jusqu'à la maison était encore tout tracé dans sa tête. Elle salua quelques gardes sur le chemin et se retrouva enfin devant la porte de son ancien foyer. Elle serra les poings, prit son courage à deux mains et toqua à la porte trois fois. Personne. Elle recommença deux fois, sans succès. Les volets fermés, aucun bruit dans la maison, la cour envahie par la neige et les saletés. La dure vérité frappa la jeune femme en plein coeur. Ils étaient partis. Triste, elle se laissa glisser contre la porte les mains sur son visage. Assise par terre, dans la neige, les genoux contre sa poitrine, elle se mit à pleurer. Un garde qui passait par là, s'agenouilla et posa la main sur l'épaule d'Ottilia.

"Tout va bien ? "

La torhille releva la tête et répondit avec une voix triste.

" Ma famille est partie. Ça fait neuf ans que je ne les ai pas vu. "

" Ils ont déménagé il y a longtemps. Plus au nord de la ville. Le fils aîné était mon apprenti. Vous devez être sa sœur disparue j'imagine. Il espère votre retour définitif. "

" Vraiment ? Dites lui que je ne reviendrai pas. J'ai une vie ailleurs, un compagnon et jamais je ne quitterais cette nouvelle vie. "

Ottilia pleura à chaudes larmes, mais elle ne pouvait se permettre de donner de faux espoirs à son frère. Elle avait désormais des responsabilités et une éventuelle future famille. Le garde, choqué, devisagea le jeune femme.

"Pourquoi donc ? Qu'avez-vous de si important pour quitter ainsi votre famille. "

" Un futur mari, un futur mariage, des amis, des responsabilités. " Elle elle ajouta Intérieurement *Un dragon qui est mon lié. Vivre ici avec un dragon est impossible*

" Pourquoi donc ne pas venir vivre ici avec votre mari ? "

" Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que c'est impossible. C'est dur pour moi de l'admettre, mais ma vie n'n'est plus vraiment liée à celle de ma famille. Vivre auprès d'eux alors qu'ils espèrent mon retour définitif et ensuite partir parce que je ne suis pas heureuse me briserais le coeur. Ma situation m'empêche de rester trop longtemps loin trop longtemps. "

" Je comprends. Je leur dirai tout ce que vous m'm'avez dit. Ils seront triste et vous aussi vous l'êtes. Vous êtes sincère avec vous-même et je respecte votre choix. Bon courage pour la suite. "

La torhille se releva puis partis en direction des montagnes. Sur le chemin pavé, elle jeta un dernier regard en arrière et laissa une dernière larme couler sur sa joue. Quelques heures plus tard, en pleine nuit, elle se posa sur un rocher au pied des montagnes et observait les étoiles. Des aurores boréales se mirent à danser dans le ciel.

*Les premières de la saison froide. Elles sont magnifiques. *

La jeune femme se revoyait avec son frère et ses parents, ici, à observer les aurores boréales de fin d'année. Les plus belles et les plus colorées. Cette nuit fût la plus belle depuis son départ au kaerl. Elle leva la main et regardait la bague que lui avait offert son compagnon pour sa demande en mariage. Un torhil, grand, musclé, cheveux longs et très foncé. Il avait deux magnifiques yeux bleus. Ce qu'il était doux et tendre. Lorsqu'elle serait mariée et bien installée avec lui, elle serait peut-être prête à avoir ses propres enfants. D'ailleurs, en pensant à lui, Ottilia remarqua que la nuit était bien avancée. Elle se leva, sauta du rocher pour sentir quelque chose de dur sous ses pieds. Elle sorti la chose de la neige et découvrit une magnifique pierre aux reflets azuré. Elle décida de garder la pierre et parti vers le lac pour rentrer et rejoindre son bien-aimé dans un lit bien chaud. Peut-être, aussi, oublié la journée qu'elle venait de passer. Oublier sa famille quelques instants, éloigner les douloureux souvenirs d'enfance.



Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 2 Oct 2016 - 13:44 Répondre en citantRevenir en haut

Et nous voilà repartis pour un nouveau cycle de 3 mois, qui nous amènera jusqu'à la fin de l'année ! Vous pouvez donc venir élire le meilleur RP Challengeur du trimestre juste ici !

Et pour ce mois de Néharaku, pour rester dans la thématique Halloween qui a pris place sur le forum, je vous propose musique et image assorties pour frissonner (de peur et de plaisir) ! Alors, à vos plumes et faites nous rêver (ou cauchemarder) ! Un petit clic sur l'image vous permettra comme d'habitude de la voir en plus grand, n'hésitez pas ^^.





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Yong'Wu Zenghwei
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MessagePosté le: Dim 30 Oct 2016 - 15:38 Répondre en citantRevenir en haut

Je participe, certes tardivement, mais participe tout de même !
Voici donc ma contribution pour l'image et la musique, enjoy :

Citation:
« Notre eau est saumâtre, nos grains pourrissent, la vermine grouille dans nos granges. Mes amis, comme vous je déteste avoir recourt à cette ancienne coutume mais nous le devons. Pour notre bien à tous, vous connaissez la marche à suivre. »
Le chef de village s’écarta d’un grand tonneau rempli de paille et certains villageois s’en approchèrent.
Il n’avait pas eu de chance, Marlan transportait son dernier né à bras sous le climat menaçant de Néharaku tandis que ses chausses se teintaient d’une boue collante et glacée. Le petiot serré contre le cœur et tentant vainement de le garder chaud à l’aide de son maigre manteau d’un tissu passé et usé, il s’enfonçait dans les marécages en suivant une route connue uniquement par les habitants de Bourg-la-lande.

Avalant sa salive tout en passant les ronces et joncs divers, Marlan fini par arriver devant une petite dalle de pierre sortant de l’eau vaseuse. Elle était ancienne et usée par les éléments mais nulle mousse ou lichen ne s’y accrochait. Jetant un dernier regard à l’enfant il le déposa sur la pierre et s’enfuit sans se retourner.

« Un autre… »
-« Un autre ! »
-« Oooooh ! Oui oui oui ! »
Le petit être agitait ses bras, sans défenses et laissé sur la dalle tandis que de la lumière semblait prendre consistance, des formes éthérées sortirent de l’eau, diaphanes et gracieuses. Trois femmes se penchèrent sur l’enfant qui jusqu’alors n’avait cessé de geindre, l’une d’elle passa un doigt sur la joue gauche du petit garçon et il fit silence.
-« Serait-ce le bon ? »
-« Enfin ? »
-« Nous devons essayer, il le faut, oui oui oui. »

Les récoltes cessèrent de dépérir, les nuisibles avaient quittés le village et l’eau du puits à nouveau claire vint abreuver les villageois. Ils fêtèrent l’évènement en accrochant chandelles de suif à leurs fenêtres et partagèrent du pain dans la grande maison, les bocks furent remplis de liquide fermenté et les rires et blagues fusèrent tandis que dans un coin, Marlan, le père ayant sacrifié l’un des siens pour le bien de tous s’enfermait dans une sombre cage d’alcool pour oublier.

Une fois par génération ils devaient suivre ce rite ancien pour s’assurer de leur prospérité et survie. Tout alla bien jusqu’à la fois suivante…

« Habitants de Bourg-la-lande, nos pères et leurs pères avaient une solution pour le malheur qui nous touche… »
Derrière lui se tenait un baril plein de paille mais alors qu’il allait poursuivre une voix brisa ce maigre cérémoniel. Elle était fielleuse et sombre, pleine de rancœur et le silence suivit.
« Entendez la voix des sacrifiés ! »

Des pleurs, tant de pleurs, des cris emplirent l’air. C’était là ceux d’enfants abandonnés dans le froid d’un marécage sur une pierre, le tourment de familles brisées sur l’autel de la superstition. Un homme sorti de l’ombre, une créature émaciée au teint cireux et aux yeux engoncés sous des cernes noires, des cheveux d’un blanc sale coulaient de son crâne en mèches humides et ses doigts ressemblaient à des serres.
« Mes mères m’ont parlé de vous, ont chuchoté à mes oreilles de vos actes. Tandis qu’elles me berçaient dans les eaux saumâtres j’y ai vu la vérité. En abreuvant un mythe, une tradition, vous avez rendu la vie à ce qui devait rester mort. »
L’un des coins de sa bouche se souleva sur des dents ébréchées alors que les villageois restaient tétanisés au centre du village, leurs oreilles toujours harcelées par des pleurs d’enfants. Il plongea une main dans la sacoche pourrie qui pendait à son côté pour en sortir un bout de fémur qu’il mordit quelques instants comme un chien.

« Mais soyez rassuré car aujourd’hui vos malheurs prennent fin. Je suis venu vous délivrer de l’horreur de vos vies car vous avez accompli ce qui était attendu de vous. »
Plus personne n’entrait dans Bourg-la-lande, c’était un lieu dit maudit car toute sa population avait disparu en une nuit. Les rares téméraires qui osaient s’y aventurer perdaient l’esprit, parlaient d’un roi de l’eau croupie couronné de joncs trempés et de phalanges assis sur un trône fait dans le cœur d’un arbre vérolé par les champignons et des murmures de trois femmes.

C’était un lieu maudit et abandonné des dieux.

Personne n’allait à Bourg-la-lande.

Car aucun n’esprit n’en revenait.



Elke On Nïksé
Invité

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MessagePosté le: Dim 30 Oct 2016 - 17:24 Répondre en citantRevenir en haut

Voici ma contribution qui peut être retenue,
sur l'image et la musique.




Depuis le monde des défunts se trouvait Lucila. Cette petite âme était âgée de quatorze ans lorsque le froid l’aspira. Certains croyaient au paradis, d’autres à l’enfer et beaucoup à qui voudraient bien de leur fin quand leur corps serait pourri. Lucila ne croyait en rien sinon en tout et parce qu’on lui avait présenté un contrat de mariage, la jeune femme qui se croyait encore enfant s’était jetée de sa fenêtre. Le coup fut sec.

On organisa rapidement une cérémonie. Il y avait du monde et des curieux mais tout aurait pu bien se passer. Les prières auraient pu être touchantes, mais la mère de Lucila lui vola l’instant en tombant à son tour dans l’abîme de l’au-delà. Un cœur trop faible entendit-on pourtant, la colère de l’enfant s’anima en une curieuse vitalité. Un mort doit être pleuré, un mort doit être prié, un mort doit creuser de douleur le cœur de ceux qui restent !

Depuis les rives d’un fleuve luisant, les âmes traversaient d’un monde à l’autre, se laissant couler dans une torpeur berçante. Seules quelques tourmentés voguaient à contre-courant. Les pleurs s’harmonisaient dans le vent et les silhouettes se perdaient dans un brouillard inquiétant. Lucila était adossée à un arbre, portée par ses rêveries morbides et ses envies préoccupantes. Lasse, elle contemplait le flot de ceux qui trouvaient la paix, ils défilaient sous les eaux éternelles, à quelques mètres de ce que furent ses pieds…

La jeune femme hurla, son cri ne déchira pas le ciel comme elle l’aurait voulu, elle n’entendit que l’écho de sa colère et un ridicule sanglot. S’approchant du lit de l’eau, elle frappa en sa surface et contre toute attente, celle qui n’avait pas de consistance en cette réalité sentit les gouttelettes l’éclabousser. Elle plongea alors sa main et elle eut une prise. Elle releva son bras et sortit une femme de là. Elle l’observa émerveillée, cette dame avait la gorge tranchée. Elle essaya de lui parler et d'entendre son histoire mais aucun son ne sortit. Son organe ayant été sectionné. Furieuse de ne pouvoir rompre son ennui, Lucila la bouscula et alla pêcher une nouvelle compagnie. Ce fut alors une vieille dame. Celle-ci sanglotait dans son coin et tenta de l’embrasser de ses bras. La jeune fille l'évita et l'envoya s’éprendre de la blessée. Non satisfaite de ses recrues, elle s’aventura une nouvelle fois jusqu’à la rive des damnés. Cette fois-ci, un homme apparut.

Était-il beau ? Il était mort. Sa bouche était bleue et il ne semblait pas comprendre où il était. Il avait peur, il appelait à l'aide et ne voulait pas rester. La dame sans voix se jeta sur lui pour l’étouffer de baisers. Ce fut si soudain qu’il peina même à la repousser. La vieille se sentant abandonnée de sa récente moitié gémit plus fort encore et se griffa le visage, s’arrachant la chair qui jadis dessinait ses traits. Pas de sang, il n’y avait rien. L’homme voulut s’échapper, il sauta sur les rivages du fleuve et tenta de s’abriter des sauvageonnes. Lucila observa les reflets de terreur qui s’affichaient sur son minois bourgeois. Était-il mort de son propre gré ? Avait-il succombé à une fièvre ? Il croisa le regard de l’enfant et comprit qu’elle était responsable de tout.

Donne moi la fin ! Donne moi la mort !! Pourquoi hurlait-il ? Il souffrait donc ?

Pourtant une vague sembla agiter le lit de la rivière et vint balayer les malheureux qui erraient. Lucila se retrouva projetée contre un rocher et réalisa que ses compagnons avaient disparu. Frappant le sol de ses petits poings elle hurlait des insanités qu'elle n'avait jamais entendues encore. Un chuchotement lui parvint alors et elle se tut.

Sur un arbre égaré, des yeux la scrutaient. Elle leva la tête vers un homme qui pendait le long d’une corde. Sa voix était étranglée par les liens, et elle tendit l'oreille pour mieux percevoir ce qu'il essayait de dire.

Il y a les morts et les damnées, nous ne sommes pas sur le même rivage. Tu es coincée ici ma petite. Coincée à compter les âmes qui passent pour l’éternité.

Lucila cria et lui jeta des cailloux qui lui traversaient le corps sans le faire frémir.
Heryn Amlug
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MessagePosté le: Mar 1 Nov 2016 - 14:39 Répondre en citantRevenir en haut

Après ces bien frissonnantes et sombres participations en ces temps Halloweenesques, pour le mois suivant je vous propose de donner dans une thématique un peu plus épico-dramatique (voire dramatico-épique) ! Nous sommes à présent en Ouranosku, mois où l'hiver commence à s'installer doucement sur nos terres, le temps des ultimes batailles avant la fin de l'année à venir !

C'est parti =D ! Quel sera le sort de notre héros ? C'est à vous de décider !





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Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 4 Déc 2016 - 12:31 Répondre en citantRevenir en haut

Aucun challengeur n'ayant souhaité donné vie à l'histoire de ce valeureux héros blessé, nous passons donc, en ce mois de Décembre ou Zakerielku, en cette fin de cycle annuel, à la proposition suivante, qui je l'espère devrait réveiller en vous la flamme épique de la découverte et du mystère ! J'avais souhaité à l'origine proposer une musique douce et joyeuse, voire légèrement en demi-teinte à l'image des fêtes qui s'approchent, mais je n'ai pas trouvé mon bonheur (qui a dit que je n'avais que des musiques dépressives en stock ?) ...

Donc voici plutôt une musique pour vous insuffler le courage de surmonter les épreuves qui vous tourmentent encore, et une mystérieuse cité valherue à explorer ! A vos plumes ! Dernier mois de participation avant les votes pour l'élection du meilleur RP challengeur du 4e trimestre de 2016 ! Yeux en Feu





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Eirwen Tümay
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MessagePosté le: Lun 5 Déc 2016 - 19:51 Répondre en citantRevenir en haut

Illustration + musique
Ce texte peut être retenu.






Arthfael avait pu remonter à temps sur son cheval. Ce dernier était caparaçonné d’écailles de dragon de la même couleur que son pelage, d’un noir d’encre. Arthfael sortit de la ville au grand galop, poursuivi par la milice de la cité Valherue, et s’enfonça dans la forêt. Il ne pouvait pas ménager sa monture et galopait couché sur son encolure pour éviter les branches basses qui auraient pu le désarçonner et les éraflures au visage, toujours très longues à cicatriser chez lui. Il encourageait sans cesse son puissant étalon.
Les poursuivants ne décrochaient pourtant pas. Galopant à deux de front sur les sentiers les plus larges, ils pouvaient facilement se relayer pour profiter du passage qu’ouvrait le premier cavalier.

Arthfael perdit la notion du temps et des distances mais il sentait son cheval faiblir et souffler. Son encolure se couvrait d’écume blanche. Au moment où il allait capituler pour sauver la vie de son destrier, Arthfael vit apparaître une curieuse lueur blanche juste devant lui et qui semblait le guider, lui montrer le chemin à suivre. La lueur devint ensuite lumière, la fadeur du rayonnement devint dorée. Quand il jeta un coup d’œil derrière lui, il s’aperçut que des fourrés épineux et très denses se refermaient sur son passage, empêchant ses poursuivants de passer, le protégeant de la milice… Mais qu’était-ce donc ? De la magie ? Une autre force ? Où était-il ?

Arthfael mit son cheval au pas pour lui permettre de récupérer de cette longue course endiablée et en profita pour regarder autour de lui. La forêt semblait moins dense, les ramures des arbres plus aériennes, les feuilles plus tendres. Elles tombaient en pluie légère dans la lumière et on aurait dit des étoiles tombant des cieux. Un tapis d’herbe douce recouvrait maintenant le chemin à peine visible. Il remit son cheval au petit trot pour ne pas qu’il se refroidisse trop vite.

Au détour d’une futaie, il vit subitement un édifice étrange, à la fois imposant et très haut, effilé. Il paraissait être le bout de la piste, l’ultime destination. Arthfael descendit de son cheval, le laissant brouter tout son saoul et s’approcha du portail de pierre ouvragé. Quand il en franchit le seuil, il fut frappé par le silence qui y régnait. Il n’entendait plus le vent à ses oreilles et dans les branches. Le silence était total…

Une vaste salle semblait être la seule pièce de cet édifice et son plafond était démesurément haut. Son entrée était encadrée par des statues, un couple de guerriers-gardiens, une femme sur la gauche et un homme sur la droite. Ils paraissaient jeunes et la femme était tournée vers l’homme alors que lui semblait fixer les visiteurs comme pour les prévenir de représailles s’ils se conduisaient mal.
Une allée descendait en plan incliné vers une fosse. Quand il y parvint, Arthfael se rendit compte qu’il s’agissait d’une armée statufiée de quelques mille soldats. Il toucha une statue froide du bout des doigts et eut un frisson d’appréhension.
Mais son regard fut immédiatement attiré par ce qu’on aurait pu nommer un autel au fond de la salle. Il s’y dirigea et une irrépressible envie de s’y agenouiller le gagna. Il posa un genou à terre et leva les yeux… Des aiguilles de pierre s’élevaient à différentes hauteurs et chacune supportait une effigie de dragon, dragons volant, dragons crachant, dragons combattant gueule ouverte et griffes en avant.

Arthfael sortit son épée de Chevalier, la planta en terre et y posa ses paumes et son front. Après quelques secondes, il entendit une musique et eut l’impression que l’édifice prenait vie autour de lui. Ce n’était pas une impression !
L’armée statufiée poussa des clameurs de joie et s’anima petit à petit, les dragons se mirent à voler en le frôlant et les gardiens de ce curieux Temple perdirent leur rigidité. Il se leva, quelque peu affolé, gardant son épée en main pour se défendre si besoin était mais il s’aperçut très vite que tous se ruaient vers la sortie du Temple, qui courant, qui volant…

Il attendit que la salle fut vide pour prendre lui aussi le chemin de la sortie, mais à l’entrée, la Dame était encore là.

Qui que tu sois, tu as le cœur suffisamment pur et courageux pour nous avoir délivrés l’emprise maléfique du despote régnant sur la cité. Il a suffi que tu t’apitoies sur notre sort pour nous désensorceler et tu es le premier. Nous t’en savons gré, Arthfael, et nous fêterons ton nom à jamais.

M… Mais… je ne vous ai pas dit mon nom ? Com…

Nous t’attendions.
Heryn Amlug
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MessagePosté le: Lun 6 Fév 2017 - 21:37 Répondre en citantRevenir en haut

Après un mois de janvier particulièrement chargé pour votre Dame et une énergie en berne, j'aspire à repartir de bien meilleures bases pour le fantastique mois de Février !
Alors voici donc, sans plus attendre : autrement appelé Llefelysku, ce mois est gouverné par la Déesse de l'Amour sous toutes ses formes, et c'est donc ce qui inspire notre challenge du mois ! Musique et image mi figue mi raisin, à mi chemin entre épique et dramatique, entre happy end et tristes évènements, mes chers Tol Orëanéens, c'est parti !




A vos plumes et fêtes-nous rêver, pleurer, et vibrer de plus belle ! (PS : pour ceux à l'oreille musicale, vous reconnaitrez sans doute la magnifique theme song de la newsletter de Noël ! <3)



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MessagePosté le: Jeu 9 Fév 2017 - 11:46 Répondre en citantRevenir en haut

Peut être retenu.
Rp challenge sur l'image. Les personnages principaux sont les deux êtres représentant le couple sur l'image.


Un amour défait par le feu et le fer


Orën, 10 Llefelysku 814



Ce jour-ci, une belle ondine regardait par la fenêtre. Cette belle ondine, qui portait le nom de Lyria, était une dame prestigieuse du château. La guerre faisait rage sur une bonne partie d’Oren, et celle-ci vint frapper à la porte de la ville entourant ce magnifique château. Lyria partageait un amour tendre et profond avec un beau jeune homme, guerrier redoutable, portant le nom d’Ylgrand. La belle dame tourna le dos à la fenêtre et des cris retentirent depuis les quartiers les plus bas de la ville. Ces cris étaient à la fois ceux du peuple apeuré et ceux du peuple souffrant. La dame, tremblante, alla s’asseoir sur une des chaises couvertes de velours de sa chambre. Elle se pencha et s’appuya sur ses mains entrelacées, pensive et inquiète.

« Cette guerre ne cessera-t-elle donc jamais ? »

Lyria leva la tête lorsque quelqu’un vint toquer à sa porte. Ylgrand entra sans attendre la permission de la jeune femme aux cheveux bleus. L’homme était très inquiet et pressé, la panique et la tristesse se lisait dans ses yeux. Il s’approcha et pris les mains de sa douce entre les siennes. La pauvre dame ne comprenait pas ce qu’il se passait, mais se laissa faire sans objecter.

« Lyria, ma chère et tendre, il vous faut partir d’ici. Suivez-moi, je vous prie. »

Sans en rajouter, il prit une des mains de l’ondine et l’emmena avec lui. Le couple traversait les couloirs en courant, l’odeur âcre de la fumée se faisait de plus en plus forte, les bruits des épées et des boucliers qui s’entrechoquaient, les cris des soldats tombés à terre, ceux qui exprimaient leur rage de vaincre l’ennemi, ceux des innocents pris au piège par les lames et les flammes, les crépitements de toutes les choses et de tous les êtres qui se faisaient rongés par les flammes qui avalaient tout sur leur passage. L’enfer était présent et régnait en maître sur la ville qui se consumait petit à petit.

Ils arrivèrent dans un des couloirs ouverts qui entouraient la ville. De là, ils purent voir le terrible brasier s’élever vers le ciel ainsi que les vagues de chaleur déformer le doux paysage qui s’offrait autrefois à eux comme une promesse d’amour et de liberté. L’heure était pour eux de se quitter et Ylgrand, qui n’avait d’autre choix que de rester pour défendre le château, tenta tant bien que mal de faire partir sa tendre moitié. C’est avec le regard triste qu’il lui dit tout ce qu’il avait sur le coeur.

« Lyria, ma belle, je dois vous dire que nous devons désormais nous quitter. C’est ici que je vous laisse. Partez. Sachez que je vous aime du plus profond de moi-même. »

Lyria, ne croyant pas un mot de cela, s’accrocha aux vêtements de celui qui nourrissait son coeur en amour, les larmes aux yeux.

« Vous ne pouvez me laisser seule ! Je vous prie, venez avec moi Ylgrand. Nous vivrons heureux, loin d’ici et de cette guerre ! »

« Je comprends ce que vous ressentez mais croyez moi, je n’ai guère le choix. Je suis obligé de rester et de me battre. Mais je ferais tout pour vous retrouver. Je vous le promet. »

L’ondine, triste, embrassa Ylgrand avec tout l’amour qu’elle lui portait et partit en courant sans jeter un regard en arrière. C’était quelque chose de bien trop dur pour elle. L’homme, quant à lui, fit demi-tour et revêtit quelques pièces d’armure trouvées sur le chemin. Il allait se battre pour celle qu’il aimait bien plus que n’importe qui et pour tous les habitants de cette ville qui avaient péris. Prenant son épée, il se jeta sur les premiers ennemis venus avec un cri de guerre venu du plus profond de sa poitrine. Ses ennemis se défendaient bien mieux qu’il ne le pensait, mais reçu bien vite le soutien de ses camarades. Ensemble, ils se battirent tels des guerriers enragés, la soif de vaincre et de venger leurs frères d’armes se fit de plus en plus intense et leurs coups de plus en plus puissants. Malheureusement, cela ne suffit pas pour les vaincre. L’ennemi revenait toujours en nombre et ces pauvres hommes résistaient tant bien que mal malgré leur infériorité. Lorsqu’ils comprirent que tout était désormais perdu, Ylgrand et ses compagnons battirent en retraite, mais il était trop tard. Le jeune homme senti la morsure glacée de la lame dans sa poitrine et s’effondra. Ce fut pareil pour tous ses camarades, sauf un. Un seul survécu à ce terrible massacre et il s’enfuit comme il pu à travers les corps et les flammes.

Lyria se trouvait dans une petite maison accompagnée de quelques gardes et servantes. Son sourire radieux avait disparu depuis que la ville fut victime de la guerre. La seule chose qui occupait ses pensées était Ylgrand, son amour de toujours. Jamais elle n'aurait soupçonné un seul instant la mort de ce dernier. Un des gardes fit entrer un soldats blessé dans la petite maison et parla discrètement avec lui. Le soldat alla voir la dame et s'agenouilla face à elle.

« Ma dame, ce que je vais vous dire… risque d’être difficile, mais… Ylgrand est tombé au combat. Je suis le seul surviant. Croyez-moi, il était comme un frère pour moi. Sa disparition me chagrine vraiment beaucoup. »

L'ondine ne voulait pas en croire un mot. Les larmes se mirent à couler sur ses joues, la tristesse l'envahissait et son corps tremblant tomba à terre. La jeune femme pleurait, les jambes allongées au sol et les mains à terres, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Son cher et tendre l'avait quittée pour rejoindre ses camarades au ciel. Lyria cria sa douleur et sortit en courant. Jamais plus elle ne trouverait l'amour et la joie de vivre. Les gardes essayèrent de la rattraper, mais la dame trouva un serpent enfouit sous des pierres, y plongea sa main et se fit mordre avant même qu'ils n'aient pu faire quelque chose. Plusieurs jours durant, la belle ondine s'affaiblissait sur son lit en proie à une fièvre intense et des difficultés à respirer croissantes. Ce fut au bout du cinquième jours qu'elle expira pour la dernière fois en prononçant des mots à peine audibles.

« Ylgrand…. Mo...n… Amour… Je suis là………... »

Une larme se cristallisa sur le coin de son œil et tomba sur le coussin de plumes de la dame. Ce cristal était des plus purs et des plus beaux. L'on dit que ce cristal est né grâce à la magie de la jeune femme, magie qui aurait été capable de cristalliser l'eau la plus trouble en un cristal des plus pur.



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MessagePosté le: Mer 8 Mar 2017 - 13:52 Répondre en citantRevenir en haut

Petite mise à jour tardive, mais comme ça vous avez eu plus de temps pour le challenge de Février (oui, c'est une bonne excuse ça). Attention, me voilà ! Pour ce mois de mars à venir, Haskèlku pour les Tol Orëanéens, mois placé sous la juridiction du dieu de la Guerre, mois où les ardeurs s'éveillent après leur long sommeil, je vous propose une thématique de bataille épique ! C'est parti : que votre sang bouille et que l'inspiration enflamme vos plumes !

(PS : L'élection du meilleur challengeur du dernier trimestre 2016 sera fusionnée avec celle du premier trimestre 2017, pour avoir un nombre suffisant de participations !)





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MessagePosté le: Ven 10 Mar 2017 - 19:13 Répondre en citantRevenir en haut

Ce texte peut être retenu, réalisé sur l'image.




Le bilan était lourd, un millier d’âmes à terre. Pourtant, peu de corps. L’interstice avait avalé ses enfants les plus valeureux. Les dragons qui avaient aidé leur moitié à mourir s’était vaporisé dans la lumière lugubre du néant. Les râles des survivants planaient vers l’horizon sans espérer d’aide, implorant à demi-mot Isashani de les cueillir après l’honneur fait à Haskèl. La guerre n’était pas un hasard. Si beaucoup avaient cru en des temps de paix, il avait fallu se rendre compte que ce n’était pas possible. Pendant longtemps, Trois Kaerls portaient le poids des rancoeurs et un Quatrième oublié avait incarné le salut des survivants. Mais les Dieux qui s’étaient pourtant promis de ne plus intervenir n’en pouvaient plus. Flarmya irradiait trop fort sur Tol Orëa et sur le Rhaëg. Les légendes s’étaient portés dans l’Ouest comme une promesse de magie et de grandeur et sa gloire s’était répandu comme aucun des Dieux n’eut pu le croire possible et les Kaerls s’anéantirent.

Les Humains, les Elfes, les Ondins, les Fëalocës, les Torhils et les Neishaanes non liés se trouvèrent au milieu d’un étrange courroux. Les jours et les nuits se dévoraient, les saisons se narguaient, les éléments s’entrechoquaient si bien qu’il n’y avait plus de temps comme on l’eût connu jadis. Perdues, les créatures se tournèrent vers celles qui s’étaient éloignés du monde terrestre pour devenir fantasques et surnaturelles. Les Phénix des cieux, les Licornes des bois et des plaines, et les Tarasques des eaux, des peuples invisibles qui se rependirent en espèces multiples dans des parties inhabitées du monde. On les chercha longtemps comme un ultime espoir et finalement elles reçurent l’appel.

Ces êtres étaient sages mais peu cléments. Ils décidèrent qu’il fallait bannir les dieux. Les descendants des Einors, les soumis à la lumière du monde ne comprirent pas. Comment bannir la création et le souffle de vie de toute chose ? Le Phenix invoqua alors sa toute puissance et un dragon de feu apparut. Il était plus magique qu’un fils de Flarmya et il gagnait en force à chaque fois qu’il redevenait poussière. La Tarasque engagea le chant de ses filles sirènes et un autre écailleux sortit des flots. C’était un être à la langue brûlante, il émanait de lui l’air putride d’un volcan sous marin et l’eau qui le formait ne pouvait être transpercée d’aucune arme. Ces deux champions devraient rétablir le droit des êtres et rendre les dieux silencieux à jamais. Pour cela, la licorne et ses fées montèrent sur la plus haute montagne et invoquèrent le panthéon grâce à leur langue magique, qu’elles avaient héritée des cieux.

Les dieux s’invitèrent alors et furent ébahis par la puissance des dragons nouvellement nés. S’ils étaient là pour les dominer, ils ne pourraient pas les faire mourir. Aussi, on les fit combattre pour assurer leur immortalité et leur grandeur aux dieux. Tant et si bien que Flarmya, en colère et impitoyable, condamna les mortels à ne plus jamais se lier, sans réaliser qu’elle condamnait ainsi les quelques derniers dragons qui n’avaient encore succombé. Kaziel s’en amusa et poussa la Mère des dragons à s’exiler loin de tous et à renoncer à la vénération qu’on lui portait encore. Si le tourment fut grand, les montagnes s’apaisèrent, les pluies s’adoucirent et les saisons ralentirent. Ainsi, les dieux acceptèrent de ne plus être honorés mais seulement connus. Les créatures du monde s’inventèrent alors un nouvel empire où ils trouvèrent en chacun d’eux le pouvoir que Gaïa eût caché à l’origine : celui d’être son propre Dieu.
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MessagePosté le: Ven 10 Mar 2017 - 19:27 Répondre en citantRevenir en haut

Image + musique
Texte à prendre en compte pour le Challenge.

------------------------------------------------------------------------

Le ciel est lourd de nuages électriques tourbillonnant dans la touffeur du soir. Le gouffre souffle des flammes abyssales et, de chaque côté de la fracture rocheuse, deux dragons se font face. Un Noir et un Bronze se défient pour le prestige d’être le seul survivant… Combat à mort que leurs Liés ont accepté et encouragé.

Ils crachent des flammes, hérissent leurs écailles, se dressent sur leurs pattes arrière et fouettent les rochers de leurs queues puissantes. Ils essaient de s’intimider, non pour éviter le combat qu’ils souhaitent au-delà de tout ni même la mort, mais pour sentir leur puissance dans leur cœur.

Les Liés les encouragent, en frappant le sol de leurs armes et en scandant … Les coups résonnent, les flammes crépitent et les râles de rage montent au vent tels des oriflammes… Les émanations du gouffre n’arrivent pas à les aveugler autant que leur courroux.

Les Chevaliers montent alors leurs Dragons et c’est l’envol des monstres qui se jettent l’un sur l’autre. Les chocs sont terribles, les morsures sans pitié, les ailes battent et s’entremêlent, les queues fouettent le vide. Le ballet des créatures ailées est impressionnant et les chocs succèdent aux esquives. Les Liés encouragent leurs montures en galvanisant leur haine et en flattant leur courage…

Le Noir est le premier à montrer des signes d’épuisement dans ce balai infernal, son aile droite est déchirée. Alors il descend dans le gouffre pour y entraîner son ennemi. Son seul avantage maintenant, c’est de connaître les lieux, ce long couloir où il faut voler sans visibilité… Le Bronze, sûr de sa suprématie, le suit et le poursuit pour achever la mise à mort. Il est maintenant certain de gagner le combat et son Lié le pousse à prendre des risques insensés… En finir au plus vite et jouir de la victoire !

Mais le gouffre est vicieux et le Noir le sait. Il évite les parois de quelques centimètres, parfois de quelques millimètres et c’est suffisant. Derrière lui, le Bronze, malgré son expérience, s’écorche, rabat sa voilure, se cogne sur la paroi et ricoche sur l’autre telle un vaisseau ballotté par les flots tempétueux…

Le Noir remonte avec peine mais il est le premier… Le Bronze est assommé par les étocs… Le noir pique, les serres arrière pointées comme des lames meurtrières et l’estocade est fatale !

Le Bronze tombe en vrille, tel une feuille d’automne, entraînant son Lié dans la mort.
Heryn Amlug
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MessagePosté le: Dim 2 Avr 2017 - 12:08 Répondre en citantRevenir en haut

Nous voilà enfin en avril, mois placé sous la juridiction de la Déesse Iolya ! Pour les semaines à venir, je vous propose une theme song un peu moins agitée que le mois précédent, plus contemplative, plus cérémoniale, et plus "lente", mais toujours épique, tout laissant place à des possibilités plus larges ^^. En espérant que cela vous inspire : c'est parti !

Encourage



PS : Sont retenus pour l'élection du meilleur RP Challengeur du semestre ... Pour Elke et Eirwen, indiquez-moi quel texte vous voulez présenter ^^.
* Yong'Wu, musique et image, octobre
* Elke, musique et image, octobre, OU BIEN image seule, mars
* Eirwen, musique et image de décembre OU BIEN musique et image, mars
* Ottilia, image seule, février



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MessagePosté le: Mar 4 Avr 2017 - 19:15 Répondre en citantRevenir en haut

Que la Dame Dorée choisisse son texte favori dans mes deux récits (oui je n'aide pas...).
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