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 [RP] Des lettres et des ailes Sujet suivant
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Deneb Hyildun
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 12:29 Répondre en citantRevenir en haut

Fin Solyaeku 918


La constitution thorile faisait bien des merveilles. Par exemple, elle avait probablement évité à une certaine sang-mêlée de se retrouver avec un torticolis carabiné à force de regarder passer les dragons. Certes, elle ne pouvait pas grand-chose contre les bleus que la nomade récupérait du fait de son peu d'habitude des espaces clos conjugué au fait qu'elle se promenait le nez en l'air. De toute façon, toute la résistance thorile du monde n'aurait probablement pas pu faire plus que guérir au mieux les quelques applats couleur ardoise que Deneb récupérait dans tout espace trop étroit pour la forme naturelle d'un dragon - autant dire une partie tout de même non négligeable du Kaerl.

L'émerveillement semblait à la jeune femme aussi vif qu'au premier jour, aussi intense que sur les sables du désert, avec cette vague menace d'onirisme de plus en plus distante. Là où cette sensation de rêver éveillée s'était trouvée, cependant, lovée entre une détermination farouche et une curiosité insatiable, un vieux réflexe tiraillait la nomade – une sensation d'étrangeté, une sorte de dépaysement diffus. Elle n'avait pas la moindre idée de sa source et, à vrai dire, n'avait pas non plus le temps de se pencher sur la question : son apprentissage et la découverte du Kaerl passaient en priorité.

Dans le tourbillon de leçons, de recherches, d'apprentissages et de découvertes, cependant, Dara avait dégagé un moment pour que la jeune nomade désormais en phase de sédentarisation puisse aller déposer sa lettre dans l'un des comptoirs de la Caravane familiale et les avertir qu'elle n'avait pas disparu. Pas de chance, ledit moment coïncidait avec une urgence à la forge pour Ifa, qui avait donc été mobilisée pour une durée indéterminée. Sa chevalière bleue de cousine avait néanmoins indiqué à la jeune combattante un chevalier de sa connaissance qui accepterait probablement de l'emmener sur un des continents.

Ceci expliquait la présence de la remuante nomade dans les archives. Pas que Deneb ne fréquente pas tout ce qui ressemblait à une bibliothèque uniquement sous la menace, loin de là... mais il fallait admettre que la demoiselle préférait apprendre par l'expérience que par la lecture, la plupart du temps. Le fait qu'elle rebondisse entre les rayonnages dès que son attention vagabondait ne l'aidait pas à considérer les archives comme un lieu prioritaire dans lequel passer son temps libre. Cette fois-ci, cependant, elle ne cherchait pas tant un livre ou une information qu'un sang-mêlé à a peau d'ébène et aux cheveux de neige – sang-mêlé qu'elle ne tarda pas à repérer entre deux rangées. D'un pas décidé, l'aspirante s'avança à sa rencontre.

"Chevalier Thizir ?"

Il ne devait pas y en avoir cinquante conçus sur le même modèle dans le Kaerl... mais savait-on jamais.

"C'est Ifa qui m'envoie. Elle m'a dit que vous pourriez peut-être me déposer sur un continent – enfin, si vous n'êtes pas occupé et que ça ne vous dérange pas. "

La perspective d'un refus n'affolait pas pour autant la blonde. Si le chevalier n'avait pas le temps ou l'envie de la déposer dans un comptoir, elle tenterait sa chance auprès d'un nouvel inconnu recommandé par quelqu'un qu'elle connaissait, voire auprès de chevaliers sur le départ. Contrairement à la timidité, la débrouillardise faisait partie de son être. Elle trouverait bien le moyen de retomber sur ses pattes.
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 12:29 Revenir en haut

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Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Jeu 29 Oct 2015 - 12:07 Répondre en citantRevenir en haut

Il n’était pas donné à tout le monde de voir une partie de son âme grandir et s’épanouir à ses côtés. Pas commun de pouvoir discuter, échanger, philosopher avec soi-même sans pour autant sombrer dans la folie. Et de la voir apprendre, s’enrichir avec chaque rencontre, après chaque expérience. Il semblait impossible de s’en lasser jamais. Et pourtant, la vie poussait à voir au-delà, et au bout d’un certain temps, se découvrir n’était pas suffisant. Il fallait d’autres choses. Trouver sa place dans le Grand Ordre Des Choses. Même lorsqu’il s’agissait de semer le chaos, il fallait une place.

Et là, il ne trouvait pas sa place. Il ne savait pas trop ce qu’il devait faire. Ce qu’il pouvait faire. Comment ils pouvaient s’organiser pour remercier le Kaerl qui l’avait trouvé, l’avait emmené, l’avait complété, et qui, en plus, le nourrissait chaque jour. Pour Ifa, c’était plus simple, forcément. Elle était forgeronne et c’était toujours quelque chose d’utile. Mais des histoires… sincèrement, qui a besoin d’histoire quand il a un dragon.

Il y avait des choses qu’il pouvait faire cependant. Avec le temps, il avait réfléchi, suivi des pistes, écouté les remarques de Sara dont la mémoire ancestrale était parfois d’une grande aide. Mais il n’était pas sûr et il détestait ne pas être sûr. Il détestait ne pas connaître sa place. Et raconter des bêtises lui manquait beaucoup. Ca et rencontrer de nouvelles personnes, transmettre son savoir, vivre au milieu de ces petites histoires qui faisaient la grande. Et puis, un jour, un jour comme les autres, sans raison particulière, il avait pris son courage à deux main et était allé voir les jumeaux.

Certes, il devenait vieux pour le statut d’apprenti et on ne pouvait pas dire qu’il était déjà utile à Tol mais cela n’avait pas d’importance. Il avait des choses à faire. D’autres histoires à découvrir. Des notions à comprendre et à intégrer. Des lois. De la politique. Des hommes.

Le nomade avait pris ses quartiers dans les archives et ne bougeait plus guère. Il y travaillait du matin au soir, sa dragonne souvent à ses côtés, travaillant sa forme humaine, le poussant parfois à sortir dégourdir pattes et ailes. L’obligeant à respecter son sport quotidien.

Sarastu était dans les rayons quand arriva la torhile. Elle avait pris la forme d’une jeune femme, pas vraiment enfant, pas du tout adulte, même pas tellement adolescente. Ses cheveux bruns encadraient son visage en un carré parfait, tranchant sur sa peau blanche. Ses yeux gris, sans âge, recherchaient le titre d’un ouvrage pour Thizir tandis que ce dernier prenait des notes sur les grades et les protocoles précis des différents corps du Kaerl. Il leva la tête en entendant son nom, découvrant une sang-mêlé au maintien assuré et à la silhouette inconnue. Il sourit, tranquille, lui indiquant de la main la chaise en face de lui. Son sourire s’accentua en entendant la suite.

« Je vois. »

Curieuse mais silencieuse, la dragonne blanche sous forme humanoïde s’était installée à son tour et fixait la jeune femme. De son côté, le conteur attrapa une petite sacoche qui était accrochée à sa chaise et en tira un vieux dé en bois, le genre de dé de taverne, usé par les mains et l’alcool. Il le lança en l’air, le rattrapa, une étincelle amusée dansant au fond de ses prunelles terreuses.

« Visiter un continent semble être une bonne idée, oui. »

Il fit rouler le dé sur la table, le regardant se stabiliser sur le cinq. Vaendark, Undome, Ys, Ssyl'Shar, Quara, Orën....

“Quara donc. Pourquoi pas, cela fait longtemps que je n’y suis pas allé. Vous voulez faire quelque chose de spécial à Quara ? »

Il reprit sa besace et en sorti une poignée de dé identiques au premier.

« Ou vous voulez le tirer au sort à nouveau ? »
Deneb Hyildun
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MessagePosté le: Lun 2 Nov 2015 - 11:11 Répondre en citantRevenir en haut

Pas contrariante, Deneb s'assit sur la chaise qu'on lui désigna. Elle doutait que la conversation prenne plus d'une poignée de minutes, même en comptant les politesses et autres formules d'usages, mais bon... D'un certain point de vue, offrir une chaise, c'était le début de l'hospitalité, ou une forme d'accueil dédiée aux espaces plus ou moins publics. Or, chez les nomades, on ne jetait pas à la figure d'autrui une preuve d'accueil amical. Ça ne se faisait juste pas.

L'irruption d'une seconde personne, tout à fait inconnue au bataillon, donna cependant vaguement à la combattante la sensation d'être face à un jury miniature. L'idée l'amusa. Ce n'était pas comme si elle craignait le jugement d'autrui. Plus maintenant, du moins. Elle avait laissé derrière elle cette époque de doutes et d'hésitations. Par ailleurs, l'irruption de dés dans l'équation brisa un aspect peut-être solennel pour transformer le jury en table de jeu, du genre qu'on aurait pu trouver dans chaque taverne du monde. Curieuse, la sang-mêlée posa sans gêne les coudes sur la table pour observer le cube de bois rouler et valser, révélant sa robe mouchetée.

L'annonce du résultat la laissa perplexe un instant – un court instant. Si elle avait déjà choisi sa route un peu au hasard, il y avait toujours eu un facteur sensoriel, une intuition. Elle suivait les traces d'animaux ou la branche d'un arbre ressemblant à un doigt pointé vers le lointain, l'envie du moment ou un chemin baigné de lumière. Mais tirer au dé ou laisser sa route entre les mains du hasard était une première.

L'étonnement passé, cependant, ses iris se parèrent de malice, ses lèvres s'arquèrent sur un sourire. Elle aurait eu des soucis si le dé les avait envoyés en Ys, où la Caravane passait rarement et où les courriers mettaient des mois à traverser océans et tempêtes pour un nouveau continent. Mais Qahra était loin d'être un souci. Pas vraiment, désarçonnée par la tournure des événements, du coup, la jeune femme répondit avec une franchise mêlée d'amusement à la question qui lui était adressée.

"Je dois y déposer une lettre. Vous comptez tirer au sort la région dans laquelle on va, aussi ?"

La taquinerie qui s'annonça dans son ton était peut-être un peu déplacée pour s'adresser à un chevalier, techniquement supérieur dans la hiérarchie. Evidemment, la blonde le réalisa un peu tard, après que sa spontanéité ait parlé. Oups. En même temps, c'est lui qui avait commencé à la titiller... sans se douter que la nomade avait de fait un bel éventail de possibilités pour déposer sa lettre, comptoirs du Clan obligent. Puis au pire, s'ils se posaient au sommet d'une montagne, elle en dévalerait le versant et remonterait ensuite, comme l'entêtée qu'elle était savait si bien le faire.

"Vous voyagez toujours comme ça ?"

Enfin, "toujours"... Peut-être toujours depuis qu'il avait les ailes d'un dragon pour le porter au lieu de devoir attendre le bon bateau pour partir. Quoi que. On pouvait tirer au sort le numéro de la route à prendre à chaque carrefour, la caravane à suivre pour l'étape suivante. Ce n'était pas si différent de suivre un oiseau, le sens du vent qui court dans l'herbe ou l'instinct de sa monture.
Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2015 - 15:33 Répondre en citantRevenir en haut

Le sourire de Thizir répondit à celui de la jeune femme. Elle réagissait bien, avec curiosité et détente. C’était juste dommage qu’il soit tombé pile sur le continent qu’elle voulait (puisqu’elle ne protestait pas, il en concluait que ça l’arrangeait bien) mais les voies d’Osmaël n’étaient pas pénétrables aux sains d’esprits. Il haussa les épaules à sa réponse.

« Cela dépend de si vous souhaitez poser votre lettre à un endroit particulier. Nous pouvons aussi bien laisser Sara choisir le lieu et la lancer au vent, c’est comme vous le désirez. Pour moi c’est pareil d’aller à un endroit ou à un autre. Nous ne sommes qu’à quelques respiration du monde entier. »

Il sourit encore, rêveur, à l’idée qu’il puisse sortir ce genre de phrases et qu’elles soient vraies. Il avait le monde sous les ailes de sa dragonne. La vie pour parcourir les routes célestes comme il avait parcouru les routes de terre dans sa jeunesse. Oh, il ne comptait pas arrêter de sentir le monde sous ses pieds, juste, il pouvait choisir le coin à explorer sans avoir à se limiter à des coins de terre ou des bouts de mer. C’était magique. Quand Sarastu serait adulte, ils partiraient en voyage initiatique, elle pour voir ses souvenirs, lui pour s’en créer d’autres. D’un geste souple, il rangea ses dés.

« Je ne voyage plus tellement depuis que je suis au Kaerl. Je me contente d’explorer Tol Orëa. Ce n’est pas tous les jours que nous avons un continent mystique à se mettre sous les pieds. Mais avant… et bien lancer des dés sur la route n’est jamais très pratique mais je laissais souvent le hasard me guider oui. Voyez, quand on fait les choses sans hasard, même si c’est à l’instinct ou « sans raison », au bout d’un moment, notre esprit choisit toujours les mêmes routes. Il retient les mauvaises expériences et tente de les éviter en nous poussant subtilement vers des chemins plus sûrs. Et même si l’on se force à aller contre notre instinct, le hasard est biaisé. Seul l’aléatoire permet d’avoir toujours de nouvelles expériences et de ne pas se laisser entraîner dans la routine. »

Enfant d’Osmael, il avait toujours aimé laisser ses pieds le guider. Et puis il y avait eu les leçons au temple et il comprit qu’il faisait mal. A présent, il ne suivait plus toujours le sens du vent ou la branche qui ressemblait à un doigt. A présent il suivait la pièce qui tintait sur les cailloux et le dé de bois roulant sur les tables. Et parfois le sens du vent, quand l’envie lui en prenait.

« Plus sérieusement, déposer une lettre ne nous prendrait pas longtemps. Quitte à avoir des ailes, vous n’avez pas d’autres endroit où aller ? Des familles à visiter ? Je ne suis pas très cher, tout ce que je demande en échange c’est que vous me racontiez votre histoire en chemin.»

Il eut une seconde d’hésitation qu’il cacha derrière un sourire amusé et décida qu’il appréciait assez la petite torhille pour se lancer à l’eau, voir jusqu’où allait son sens de l’humour.

« Je peux découper cette offre en plusieurs fois mais alors il me faudra plusieurs bout d’histoire, à commencer par comment vous avez connue Ifa. »
Deneb Hyildun
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MessagePosté le: Lun 16 Nov 2015 - 14:51 Répondre en citantRevenir en haut

L'idée d'être à quelques battements de coeur de tout lieu en ce monde avait quelque chose d'enchanteur et d'étrange. C'était prendre le risque de perdre la joie du trajet, la satisfaction suite à une longue journée de marche ou de chevauchée pour arriver à son but, mais c'était également la possibilité d'arpenter tout le monde connu et plus encore, d'aller où presque personne n'avait été auparavant, de partir découvrir des îles perdues ou des continents éphémères dans les nuages.

"Une cité portuaire serait bien. Je devrais pouvoir y trouver un comptoir de mon clan, mais sinon, je n'ai pas tellement d'autre critères."

Il y avait un proverbe, elle ne savait plus où, selon lequel on n'enchaînait pas les nomades, pas même à un port. La sang-mêlée en appréciait la saveur, la promesse de liberté absolue – et, fidèle à son sang, ne se serait pas laissée attacher à un seul port, une seule ville, pas alors que le monde était si plein de possibilités. Peut-être que le chevalier Thizir partageait cette vision, ou une partie de cette vision. Ses mots sonnaient comme ceux de quelqu'un qui a assez parcouru les continents pour être ravi d'en découvrir un nouveau derrière le rideau des mythes.

Pour autant, un point coinçait au regard de la nomade : retenir les mauvaises expériences pour les éviter semblait logique... pour les gens dotés de plus de bon sens que n'en avait Deneb. Aventureuse au-delà du raisonnable et téméraire plus qu'à son tour, la sang-mêlée considérait que ce que ses pairs appelaient des obstacles faisait un très joli point de vue ou un mur d'escalade convenable. Concilier cette nature tumultueuse avec un mot comme celui de "routine" semblait un peu étrange à la jeune femme.

"Et si notre routine est une recherche d'aventure ? "

Mais peut-être qu'il y avait des routines même pour les explorateurs, déguisées sous des formes moins connues de la masse ? Il y en avait bien pour les combattants qui, entre les rixes et les assauts, devaient aiguiser leurs armes, prendre soin de leur équipement, réviser parades et bottes ou s'étirer pour ne pas perdre une souplesse peut-être salutaire. Peut-être en effet avait-elle suivi la route de son instinct de tête brûlé, tant bien même ç'aurait été un chemin peu emprunté par autrui. Au fond, ce n'était pas bien grave : elle vivait, elle expériençait et, parfois, quand son esprit aiguisé de curiosité parvenait à s'arrêter, elle apprenait.

Un sourire effleura ses lèvres à la proposition du chevalier d'aller de par le monde au lieu de se contenter d'un simple aller-retour pour déposer sa lettre. L'idée était tentante. Oh le Kaerl était certes un endroit magnifique et plein de richesses, mais un bol d'air ne ferait pas de mal à la nomade, un peu désarçonnée par son séjour prolongé – du moins selon ses critères – au sein de la forteresse volante. Elle aurait en effet bien retrouvé la Caravane familiale, avec son joyeux bazar, son train de vie aléatoire et sa famille élargie et bon vivant.

"C'est gentil mais je ne saurais pas où les trouver. On est du genre remuant dans la famille. Mais je veux bien faire une étape quelque part, me balader en ville ou en forêt – ou ailleurs."

Un pétillement malicieux s'invita dans son regard.

"Surtout que je devrais avoir quelques histoires en réserve pour les trajets. Rien que la rencontre d'Ifa est, techniquement, deux rencontres."
Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Sam 28 Nov 2015 - 14:26 Répondre en citantRevenir en haut

Cité portuaire et clan désignaient une famille nomade. Avec le sang torhil qu'on sentait couler en elle, il n'était pas très difficile de conclure qu'elle venait d'une caravane du désert. Elle aurait donc accepté n'importe quel continent. C'était à la fois dommage et bien joué venant d'Ifa qui semblait avoir anticipé ses bêtises pour les contrer de part la nature même de la jeune femme. Bon joueur, le métis hocha la tête et ne fit pas de remarque. Ils iraient dans une ville quelconque près d'un bord de mer assez développé pour qu'elle puisse poser son message et puis... et puis ils verraient bien ce qu'ils feraient. La discussion présente était déjà bien assez intéressante pour qu'il ne se la gâche pas avec quelque chose d'aussi surfait que la planification.

« Même. A se laisser guider par l'inconscient, on finit toujours par rencontrer le même type d'aventure et alors, ce n'est plus vraiment une vraie aventure, vous ne trouvez pas ? »

Si les idiots pensaient que l'aventure n'était synonyme que de danger, il la pensait plus évoluée que ça. Ses paroles, ses gestes et ses sourires montraient qu'elle savait de quoi elle parlait, que l'expérience avait été son professeur. L'aventure, celle qui faisait les histoires, elle était dans l'attitude du héros. Comme ces fils de Seigneur qui envoyaient valser la vieille aux fagots alors que le jeune prince, lui, s'arrêtait l'aider. L'aventure était là. Au bout de ce choix. Pour peu que l'on ait le cœur et l'esprit assez ouvert pour la saisir. Personne ne racontait jamais ce qu'il s'était passé pour les premiers fils. Ils disparaissaient dans les brumes de l'oubli dès leur erreur commise. Tout le monde connaissait au moins une péripétie arrivée au Jeune Prince. Jamais la même, quand on y pensait. Car l'aventure avait plusieurs visages, plusieurs leçons à donner, plusieurs cordes à son arc. Il sourit. Décidément nomade, la petite. Avec un fatalisme et un enthousiasme parfaitement enchanteur. Il hocha la tête, surprenant un léger regard en coin de Sara.

« Deux histoires, deux trajets déjà. On pourra, par la suite, en négocier d'autre, que ce soit pour aujourd'hui ou une autre fois. »

Après tout, sortir un peu de ses livres lui ferait de bien une fois de temps en temps et il n'était pas vraiment surbooké. Il avait vécu pire lors de son apprentissage au temple, alors que chaque seconde, éveillé ou endormi, était un moment d'étude. Tranquillement, il ferma son ouvrage et le tendit à son âme sœur qui attrapa les autres et s'éloigna docilement vers les étagères pour les ranger. Sa forme humanoïde ne durerait plus très longtemps. Il allait falloir penser à y aller.

« Voilà ce que je vous propose. Allons à Quara, du côté du golfe des baleines. S'il y a un comptoir là bas, ce sera de ce côté là, je suppose. Nous pourrions alors aller boire un verre dans une taverne au bord de l'eau, vous me raconterez l'histoire d'Ifa et nous décideront de tâter du Pic du Tigre, de sillonner les Marais ou encore d'escalader le mont Ventis. Qu'en pensez vous ? »

Se levant, il attrapa son bâton et son vieux sac en bandoulière tandis que sa dragonne se dirigeait tranquillement vers la place pour reprendre forme saurienne.

« Sarastu nous attend en bas, vous pourrez me donner votre réponse en marchant. »

Et, la pièce en or tintant sur le sol en pierre, le conteur contourna la table, pausant une seconde à peine au niveau de la torhille aux cheveux d'or à qui il tendit la main.
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