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 [RP] Quand la folie cogne à la porte Sujet suivant
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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 05:04 Répondre en citantRevenir en haut

Mi Euryliaku 918



C'était une matinée très tranquille sous le dôme protecteur du Màr Luimë. Les gens affluaient de stand en stand ou allaient simplement s'entraîner dans les endroits prévus à cet effet. Rien de bien étrange ne se passait au sein du légendaire Kaerl sous les eaux. Tout respirait le calme et la sérénité.

Parmi cette généralité, dans l'Allée des Idoles, on pouvait remarquer deux aspirantes qui marchaient tranquillement, parlant de tout et de rien. L'une semblait énergique et vive, faisant danser ses cheveux sombres dans tous les sens à force de gambader et de babiller joyeusement. À ses côtés, une étincelante fëalocë, qui ne partageait pas l'évidente joie de sa compagne de marche : teint livide, yeux cernés et mine fatiguée, elle avançait les épaules basses et le pas traînant. Elle ne respirait pas la bonne santé et ce n'était pas qu'une impression. Quelques mois plutôt, des maux de têtes et le manque de sommeil s'étaient fait sentir. Pas beaucoup, mais c'était tout de même dérangeant. Bêtement, l'aspirante avait cru que ça lui passerait, comme un simple rhume énervant. Mais le tout s'était empiré, et gravement. À peine trois semaines plus tard, elle ne pouvait tout simplement plus dormir, roupillant une heure ou deux si elle était chanceuse. Et quelques jours après, elle avait perdu connaissance. Comme ça, au beau milieu de la Flèche. Là elle avait sérieusement inquiété son entourage et on la força à voir les guérisseurs, qui furent très intrigués par son cas, avant de le délaisser pour se dire que c'était peut être juste le stress. Oui ce devait être ça, juste du stress.

Alors on l'avait laissé repartir, avec pour condition de se tenir le plus possible accompagnée lors de ses déplacements durant un certain temps. Et bien évidement, Céri, sa grande amie, s'était presque automatiquement portée volontaire pour suivre la blonde partout où elle allait. Nielle lui en était reconnaissante, mais franchement, elle devenait lourde.

Toujours en train de parler. Sans arrêt ! C'était énervant. Également, elle n'arrivait plus à faire un mouvement sans que la torhille lui colle au derrière. Céri prenait son rôle un peu trop au sérieux à son goût. Et aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle : la petite fëalocë avait voulu se dégourdir un peu les jambes, donc elle s'était dirigé discrètement vers l'Allée des Idoles. À son grand damne, l’énergique brune avait ouvert à la volée sa porte de chambre et l'avait collé, comme toujours.

Tu aurais du m'attendre enfin ! s'exclama l'aspirante, j'adooooore me promener, c'est une très bonne idée !

Je n'avais pas besoin de toi... lança Andaranielle, sincèrement fatiguée par son escorte.

Mais si ! répliqua l'autre, ignorant le ton froid de son amie, imagine que tu perdes encore connaissance ! Juste hier c'est arrivé, et avant-avant hier aussi, et la semaine der-

Ça va, ça va, j'ai compris, maugréa l'énervée blonde.

Et le silence s'imposa. Silence que la malade accueillit comme une bénédiction de Solyae. Enfin ! Elle se l'était fermé. Ce n'était pas trop tôt, elle pouvait respirer un peu. Ce faisant, elle remarqua que Céri la fixait de son regard azuré. Nielle grimaça et lança bêtement :

Quoi !?

C'est juste que... tu m'inquiètes beaucoup Anda. Depuis la première fois que tu t'es évanouie, tu semble plus déprimée et désagréable, tu ne fais plus rien !



Ce n'est pas rien ce que tu nous fait, tu comprends, soupira-t-elle.

Tu penses que je ne le sais pas ? C'est quand même moi qui le vit je te signale, cracha froidement celle qui autrefois, peinait à garder les yeux levés.

Nielle...

La dite accéléra son pas pour distancer la torhille. On dirait qu'elle lui reprochait son état. Et quoi encore, était-elle vraiment bête à ce point pour croire qu'elle s'imposait de son propre chef toutes ces souffrances ? Pff, qu'elle idiote. Elle entendit des claquement sur le sol dallé. Puis un bras la retournant soudainement, manquant de la faire tomber.

Stop ! Arrête, ça suffit !

Céri semblait fâchée. Les poings sur les hanches, l'air sévère, c'était la première fois qu'il était donné à Nielle de la voir ainsi. Cependant, cette dernière n'arrivait pas à se concentrer là dessus pour s'en entonner. Non, elle était plutôt en train de se tenir contre une grande statue de pierre grise, la respiration irrégulière.

D'accord, je vois que ça va pas, vraiment pas même ! Mais c'est pas une raison pour jouer les martyres !

Céri..

Non, la coupa-t-elle, faut vraiment que tu le comprennes Anda, c'est lassant à la longue. Tu comptes nous faire ça combien de temps ? Jusqu'à l'empreinte ? Hein !?

Céri !

Je sais que t'aime pas en parler, mais faut bie- … Anda ? Anda ça va ?

Son ton venait de passer de l'énervement à l'inquiétude. Et avec raison. La petite fëalocë ne respirait plus de manière normale, inspirant et expirant bruyamment. Sa vision se troublait et plus aucun son ne lui parvenait correctement. Elle se senti tomber sur ses genoux et peut être même sur le dos. Elle n'était plus sûre de rien... Était-ce Céri qui l'appelait au loin ? Cette drôle de voix semblait tellement lointaine.. comme à l'autre bout du monde.

Céri... murmura-t-elle.

Son monde tournoya avant de devenir complètement noir. Elle perdit conscience là.

.:: * ::.


Tu peux y aller, je m'occupe d'elle.

Un plafond. Différent de tout à l'heure. Des gens, qui bougeaient. Où était-elle ?

Anda se redressa péniblement sur ses coudes. À première vue, elle semblait être étendue dans un lit. Parmi plusieurs autres, où certaines autres personnes inconnues se trouvaient. ...L'infirmerie ? Oui, ça semblait être ça. Alors elle s'était encore évanouie... Un gros soupir lui échappa. C'était de plus en plus fréquent. Mauvais signe.

Difficilement, elle s'assit sur le côté du lit. L'équipe de guérisseurs ne lui donnait presque pas d'attention. Ce n'était pas la première fois qu'elle passait, donc elle n'étonnait plus. Une simple gamine un peu trop stressée qui perdait connaissance. Fin. Ça lui passerait, se disait-on.
La blonde secoua doucement la tête en y pensant, et elle chercha sa responsable du regard. Elle connaissait la routine : elle se réveillait, buvait un peu, faisait un bilan et se reposait. Alors elle voulait en finir tout de suite et faire semblant de dormir. Qu'on lui foute la paix, enfin.

Ah tu es réveillée.

Une jeune dame aux cheveux platine et aux yeux bleus vint la voir avec le sourire. Elle passa rapidement une main sur le front de sa patiente, marmonna quelques mots et observa l'aspirante.

Tu sembles aussi bien que les dernières fois... donc on pourra te laisser aller dans une heure ou deux.

La guérisseuse continuait de parler dans le vide. Nielle s'était figée lors du contact. Elle... elle ! Pourquoi, que faisait-elle ici. Ses doigts se crispaient sur le drap, blanchissant les jointures tant ils le serraient. Non, non, non ! Elle n'avait pas le droit d'être ici. Elle ne devait pas être ici. C'était impossible, juste impossible. Pas possible, se répétait la jeune femme, en boucle, encore et encore.

.. tu n'aurais pas du te promener, vu ton état et

Pourquoi...

Hein ?

Pourquoi..

Elle l'énonça plus clairement ce coup ci. L'humaine en face lui rendit un regard interrogateur comme toute réponse, clairement dans l’incompréhension totale de la situation.

Pourquoi es-tu là, répéta l'engloutie, qui commença à trembler de partout.

Euh.. c'est mon travail..

POURQUOI !

Cette fois ci, elle hurla en se jetant sur la guérisseuse. La pauvre n'eut pas le temps d'esquiver la furie et tomba sous elle, se faisant lacérer le visage de griffure et coup sauvages. Anda continuait de hurler comme une dératée, frappant toujours plus fort la dame qui était coincée sous son poids. La haine, la colère et surtout la folie étaient lisible dans ses prunelles de jade, d'ordinaire remplies d’innocence. Tout le personnel des alentours se stoppa quelques instants, comme figés par l'impossible scène devant leur yeux. Puis l'un d'eux se décida enfin à bouger, attrapant comme il put la furie enragée qui le frappa en hurlant encore plus fort. D'autre arrivèrent pour prêter main forte et ils se virent obliger d’immobiliser l'aspirante en la plaquant au sol. Cette dernière se débattait, en criant des propos incompréhensibles par dessus la tête. Enfin, on l'attacha les deux pieds et mains aux quatre coins d'un lit. Cela ne calmant en rien la petite blonde qui se secoua dans tous les sens, hurlant à s'en cracher les poumons.

LAISSE MOI, LAISSE MOI, LAISSE MOI !

Elle hurlait et hurlait, comme si elle s'adressait à une personne en particulier, une personne qui était présente avec eux.

La-..laisse moi, murmura-telle.

Un sanglot lui étreignit la gorge et elle fondit en larmes, répétant toujours les mêmes mots, recommençant à les hurler de temps à autres.

Tous les autres s'échangeaient des regards consternés. Que venait-il de se passer ?
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 05:04 Revenir en haut

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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Jeu 29 Oct 2015 - 00:02 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Dissimulé derrière ses bésicles au verre écarlate comme sous son masque de dédain éternel, le Chevalier Thrawnen se dirigeait vers l’infirmerie du Kaerl. Telle une ombre bleue aussi silencieuse et sinueuse qu’un serpent, rien ne le faisait dévier de sa course, ni jolie servante ni éminent membre de l’Ordre. Il existait très peu de choses en ce bas monde qui pouvaient empêcher Athelstan Thrawnen de changer de trajectoire, ou d’idée. Si quelque Maître du genre refusait d’écouter ses théories ou de prêter foi à ses talents, il avait pris pour habitude de forcer la main. Il détestait l’irrespect à son égard, cherchait à tout prix la reconnaissance – et il en était conscient, malgré tous ses travers. Ses études méritaient qu’on y prête attention. Et il le prouverait. Il n’avait que rarement été pris au sérieux dans ses jeunes années. Son enfance dorée avait été malmenée par une éducation trop conservatrice pour un esprit libre comme lui. Sans compter ce qu’il appelait familièrement sa « malédiction ».

Ce jour-là, un grabuge hors du commun bousculait les habitudes des guérisseurs. L’infirmerie semblait avoir été prise d’assaut par quelques badauds, qu’on tentait tant bien que mal de tenir à l’écart. Toute cette agitation attira l’œil perçant d’Athelstan.

- Epidémie ? Accident ? Personnalité importante du Kaerl qui ne trouve plus son remède ?

La voix traînante mais forte du Chevalier Bleu manqua faire sursauter un apprenti qui participait à contenir la foule. Lorsqu’il reconnut la longue silhouette de ce détesté ondin, il poussa presque un soupir de soulagement. S’il y avait bien quelqu’un dans cette assemblée d’assez fou pour oser entrer dans l’infirmerie et tenter de comprendre ce qui s’y passait, ce serait lui !

- Non, m’sire ! C’est une fille… Elle n’arrête pas de hurler et de pleurer ! Elle a mordu Kara et faillis me crever un œil ! Elle est complètement folle !
- Folie passagère ou chronique ?


L’apprenti, probablement âgé d’une quinzaine d’année, dévisagea l’ondin avec des yeux ronds. Comme s’il venait de lui demander combien de grains de sable constituent le désert du Ssyl’Shar. Puis il haussa les épaules.

- Qu’est-ce que j’en sais, moi ? Elle est juste folle.

Athelstan ne voulait pas en entendre davantage. On voulut le chasser, on protesta, on pesta, on l’envoyer voir chez Kaziel s’il y était. Mais puisqu’il n’y était pas, le jeune homme se fraya un passage à travers la cohue et parvint jusqu’au lit de la malade. Il n’avait encore jamais rien vu de tel. Et il le pensait sérieusement. Sa mémoire engrangeait connaissances et souvenirs sans aucun défaut, sans jamais faillir à sa tâche. S’il ne connaissait pas quelque chose, il y remédierait bientôt.

- Sortez d’ici tout de suite ! Vous n’êtes pas guérisseur ! Laissez faire ceux qui savent !
- Vous ne savez rien
, interrompit paresseusement le Chevalier Thrawnen sans lever les yeux.
- Comment osez-vous… ? Je n’aurais pas cette conversation avec vous aujourd’hui. Sortez ! Cette petite a besoin de calme...

Athelstan n’écoutait déjà plus le Maître Brun, chef des guérisseurs du Màr en cette partie de la journée lorsque Maîtresse Shamar se reposait. Son esprit vola vers sa Liée. Lhassa répondit immédiatement.

° Préviens mes parents que je serais en retard pour le déjeuner.
Ce sera fait. As-tu besoin de moi ?
Non, pas vraiment. °


La dragonne laissa l’ondin seul avec son propre esprit. De fait, même si elle l’avait pu, elle n’aurait pas souhaité se mêler de cette affaire. La plupart du temps, les bipèdes l’ennuyaient. Elle ne les comprenait tout simplement pas.

Les pieds et les mains attachés aux quatre coins du lit, une jeune fëalocë se tortillait, pleurait, hurlait de temps à autres, ses cheveux blonds répandus autour d’elle comme un conglomérat d’algues. Athelstan ôta ses bésicles pour mieux l’observer. Il capta une myriade de détails en un seul coup d’œil. Sous cette apparente tranquillité, à la limite de l’insolence et du dégoût, il trépignait. Il bouillonnait d’impatience et de joie. Enfin, enfin ! Un cas extraordinaire ! Quelque chose que personne ne connaissait ! Il allait résoudre cette affaire. Et tous ces vieux hiboux de la Grande Guerre finiraient par le respecter. Enfin.

Mu par une impulsion, sans que personne ne pense à le retenir, il fut bientôt près du lit de la folle. Peu lui importait son nom, son histoire, ses peurs. Elle représentait un puzzle en pièces détachées à reconstruire. On le disait parfois fou, lui aussi. Peut-être que cette « folie » lui servirait à trouver le secret de la sienne. Et peut-être la guérir, accessoirement.

Il claqua brusquement ses doigts devant le visage de l’Aspirante. Ses prunelles or vrillaient celles d’un vert printanier et dilatées de la petite chose. Il voulait toute son attention.

- On va commencer par une question très simple. Qui êtes-vous et que faites-vous ici ?
- Oh, pour l’amour d’Ouranos ! Mais qu’il se taise et faites-le sortir !
- Elle ne hurle pas n’importe quoi. Il doit y avoir une explication. Pour cela, ramenons-là à la réalité le plus simplement du monde. Je répète : qui êtes-vous et que croyez-vous faire ici ?


Il avait essayé de ne pas se montrer condescendant. Mais rien à faire ! Il adorait qu’on lui prête attention, quelle qu’elle soit. En cet instant, Athelstan déployait des efforts surnaturels pour ne pas laisser exploser son enthousiasme. Il ne pouvait qu’exulter intérieurement.



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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Dim 1 Nov 2015 - 07:57 Répondre en citantRevenir en haut

Pourquoi n'arrivait-elle pas à bouger correctement !? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ! Qu'on la laisse, qu'on la lâche, tout de suite ! Sinon, elle allait réussir à venir, pour la hanter, la tourmenter, la torturer et pire encore. Elle le sentait, elle le savait. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne revienne.

Des « clacs-clacs » se firent entendre. D'où ça venait ? Ça ressemblait au bruit de pioches sur la roche quand elle était esclave. Non ! Stop, plus jamais ce bruit, par pitié, tout sauf ce bruit. STOP !

Stop, je vous en supplie, stop...

Un murmure couvert par les voix environnante. Prononcé dans une supplication interrompu d'hoquets et de larmes. La petite fëalocë n'entendait pas ce qui se disait autour. Elle ne voyait que les maîtres d'esclavage, la rocaille, le noir, en boucle toujours et encore. Ça ne voulait pas cesser. Mais il le fallait pourtant ! C'était insupportable...

Des doigts intrus obstruaient sa vue. Dans son hallucination, l'aspirante cru qu'ils appartenaient à l'un des maîtres. Avant elle se serait repliée dans l'ombre priant pour qu'on l'oublie. Mais maintenant, elle n'appartenait plus à personne sauf à elle même. Alors elle attaqua. Férocement. Elle mordit sauvagement ces choses qui la menaçaient, secouant la tête comme un chien en rage. Une autre main vint plaquer sa tête contre le matelas, tentant vainement de lui faire lâcher prise. La petite adolescente ancrait fermement ses dents et mordit jusqu'au sang, qui coula lentement dans sa gorge.

Ce fut ce liquide rouge qui la fit lâcher prise. L'épais fluide révulsait Nielle qui cracha comme elle put pour s'en débarrasser. Le goût acre et métallique était tout simplement horrible et il semblait s’entêter à vouloir rester pris au fond de sa gorge. Elle en toussa à s'en cracher les poumons et fini par se calmer quand un guérisseur prit l'initiative de lui faire boire un peu d'eau. Alors seulement, la folle sembla se détendre un peu.

Ses yeux de jades fixait follement tout ce qui l'entourait. Se tenait à ses côtés trois hommes : celui qui l'avait fait boire, un qu'elle se souvenait avoir croisé durant l'une de ses visites et un autre aux cheveux bleus qui se tenait quelques doigts qui saignaient abondamment.

Que-quoi ? La pauvre engloutie semblait perdue au milieu de tout ça, ne comprenant absolument pas ce qui venait de se passer. Qu'est-ce qu'il venait de se passer exactement ?

On lui reposa alors les précédentes questions. Pour la première, la réponse lui sembla être inconnue durant quelques minutes. Son regard se perdit dans la salle, comme si celle-ci allait pouvoir lui donner sa réponse. Puis, hésitante elle parla.

An-andaranielle... je suis Andaranielle.

Petite menteuse.

Un rire moqueur. Une voix claire et pourtant chuchotante. Cette voix eut pour effet de faire redresser subitement – dans la mesure du possible – la jeune aspirante. Où était-elle, où était cette enfant de Kaziel !?

Où est-elle, hurla la blonde, DITES LE MOI ! JE LE SAIS, JE SAIS QU'ELLE EST LÀ !

S'agitant, elle tira sur les cordages retenant ses membres avec énergie et frustration. Le fil fibreux frottait contre sa peau et commençait à l'irrité, rosissant la chair. Mais elle s'en fichait comme la pluie. L'important était de trouver cette diablesse !

FAITES LA PARTIR, TOUT DE SUITE !

Ohohoh, grande idiote que tu es, tu ne peux pas me faire partir. Je serais toujours là. J'ai toujours été là.

Un hurlement déchirant franchit les lèvres d'Andaranielle. Il exprimait toute sa rage, sa haine et sa souffrance du moment. Elle murmura plusieurs mots incompréhensibles, tournant et tournant la tête dans tous les sens comme cherchant à chasser une mouche. Son regard croisa celui doré de l'homme aux cheveux bleus. Suppliante, sa voix tremblota sous l'émotion.

Faites là partir, s'il-vous-plait. Elle doit sortir, sinon elle me fera du mal, je vous en supplie !

Et elle repartit en sanglot. Pleurant à chaudes larmes, cessant tout mouvement, elle murmura encore et encore la même requête. Plus rien n'était clair dans la tête de la petite fëalocë, qui recevait sans cesse des alertes de son sens particuliers contres des dangers. Elle n'était même pas sûre de savoir lesquels étaient réels et lesquels étaient faux.

Subitement, elle ouvrit les yeux en grand et tourna la tête vers l'entrée. Des gens, beaucoup trop de gens. Retournant vers l'homme de tout à l'heure, elle fit un mouvement du menton vers la foule.

Eux aussi je veux qu'ils partent. Ils me dérangent. Ils n’empêche de savoir où elle est. Faites les partir ! MAINTENANT !
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 1 Nov 2015 - 14:57 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Finalement, peut-être aurait-il dû se présenter à l’infirmerie en armure complète, puisqu’il semblait que les malades ne soient plus les seuls à voir leurs jours comptés. Athelstan hurla. Il n’avait pas vu venir le sursaut de l’hystérique et maudissait maintenant Kaziel de hanter les lieux. Les deux guérisseurs les plus proches essayèrent de faire lâcher prise à la petite furie. Sans grand succès ! Oderik, Maître Brun et guérisseur en chef suppléant, se jeta lui-même dans la bataille. Finalement, l’animal enragé, incarné par cette adolescente hurlante, desserra de lui-même les mâchoires. Athelstan se recula immédiatement. Il tint sa main blessée contre lui. Le sang poissait entre ses doigts serrés. La douleur irradiait jusqu’au poignet.

° Idiot ! °

Lhassa ne perdait jamais une occasion de lui rappeler que les mortels n’étaient que des idiots à ses yeux, lorsqu’ils faisaient preuve d’un altruisme débordant. L’ondin serra les dents. C’était bien le moment de se moquer de lui ! Quel idiot il faisait en vérité ! La dragonne n’avait pas tort, cette fois.

Puis la lumière de l’intelligence revint éclairer les prunelles de la malade. Il ne nota pas son nom. Il ne lui était pas utile, après tout. Tandis qu’on lui apportait de quoi bander la morsure sanglante sur sa main droite, le Chevalier Bleu osa refaire un pas près du lit. L’accalmie fut toutefois de courte durée. La jeune fille reprit ses délires, exigeant que quelqu’un sorte de la pièce. Une personne qu’elle-seule semblait voir ou entendre. Et personne d’autre qu’elle ne semblait comprendre…

- Ne dites pas que je ne vous avais pas prévenu, Chevalier Thrawnen. Maintenant sortez !

Athelstan ne l’écoutait déjà plus. Maître Oderik recommençait à donner ses ordres pour préparer un calmant plus fort. Le jeune homme en profita pour tirer les rideaux autour du lit, coupant court à toutes les conversations. Oderik s’empressa de protester avec véhémence. La longue figure coupée au couteau de l’ondin apparut entre deux tentures.

- Vous l’avez entendue ? Elle souhaite un peu de silence et de tranquillité.
- Quoi ?... Mais que faites-vous ?!
- Votre travail. Veuillez ne pas me déranger.


Il s’était presque attendu à plus de malédictions et d’injures. Le silence hostile qui suivit fut néanmoins apprécié à sa juste valeur. Athelstan se retourna vers l’Aspirante à demi folle. Etait-il fou à son tour de croire que la fëalocë avait quelque chose d’intéresser à lui apporter ? Que ce qu’elle voyait et ressentait n’était pas peut-être pas seulement le fruit de son imagination ? Il s’agissait de son premier cas d’hystérie, Athelstan avait encore tout à apprendre. Et cette perspective l’enchantait. De quoi donner du travail à sa fabuleuse et terrifiante mémoire.

- Elle est ici ? Mais qui est ici ? Nommez-la. Nommer les choses aide à les comprendre, parait-il.

Même sous le bandage de fortune, dorénavant tâché de sang frais, la douleur lancinante l’empêchait de bouger les doigts de sa main droite. Pour cette vilaine morsure, l’ondin se méfierait éternellement des hystériques. Il osa faire un pas de plus, plus vigilant que jamais, ses yeux dorés rivés à ceux de la patiente.

- Si elle est ici pour vous faire du mal, il lui faudra d’abord m’affronter. Je suis Chevalier du Màr Luimë. Je suis assurément plus fort qu’elle.

Ce discours était destiné à l’apaiser et la rassurer. Il suintait surtout une extraordinaire arrogance. Athelstan Thrawnen faisait partie des membres accomplis de son Ordre. Mais il n’en demeurait pas moins un être assoiffé de pouvoir et de reconnaissance, que rien ne paraissait émouvoir jusqu’à le rendre sympathique. A défaut d’être porteur de réconfort, Athelstan espérait être en mesure de résoudre cette affaire.



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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Jeu 5 Nov 2015 - 17:37 Répondre en citantRevenir en haut

L’agitation des guérisseurs qui courraient dans tous les sens par la faute d’une seule et unique personne, méconnue de surcroît, ne semblait pas atteindre la principale concernée qui cherchait obstinément quelque chose. Ceux qui peuvent dire la connaitre assez seraient étonnés par cette réaction à l’opposé extrême de son ordinaire, la jeune fille cherchant à avoir le moins d’attention possible posée sur elle. Or, en cet instant, tous s’affairaient autour de sa personne et il ne faudrait pas attendre longtemps pour que les commères aillent faire leur travail et que tout le Kaerl soit au courant qu’une folle résidait parmi eux. Si ça ce n’était pas avoir tous les regards tournés vers soi …

Mais comme dit, cette idée n’eut pas l’ombre d’une présence dans la tête de la petite furie, plutôt concentrée à chercher du regard une personne qui pouvait se vanter de détenir une grande partie de la haine présente dans son cœur. La gamine n’était pas non plus reconnue pour être une grande peste, étant plus du genre à inspirer la compassion et l’innocence. Mais Laha Sédrinak fut et est bien l’une des rares (si ce n’est la seule) personnes qu’Andaranielle haïssait comme elle aimait son frère.

° Où es-tu maudite peste !? Montre-toi ! °

° Nah, pas envie, c’est bien plus drôle de te regarder hurler comme une dératée. °

La fëalocë serra les poings et contenu son cris de rage. Pas question de lui donner raison.

L’homme qu’elle avait agressé plus tôt bougea soudainement et tira les rideaux autour de son lit. L’opaque tissu blanc empêchait de voir à l’intérieur comme l’extérieur, sauf des ombres floues et grossières. Cette barrière au monde eut pour effet de calmer l’hystérie de la blonde qui sembla mieux respirer maintenant qu’elle était coupée du monde. L’homme à la chevelure bleue accaparait désormais toute son attention.

La question de ce dernier figea Nielle qui le fixa dans les yeux, peu sûre de la réponse qu’elle devait donner. Une morte hantait la folle. Comme ça allait bien redorer son image. Sur le ton de la confidence, elle murmura doucement, assez fort pour qu’il puisse entendre.

Laha… Il n’y a rien à comprendre. Elle ne devrait pas être là, elle n’a pas le droit d’être ici. Ça défit toute logique.

Un nouveau sanglot la secoua. La panique, la peur, le stress, la colère. Toutes ces émotions néfastes ressenties en même temps lui mettaient les nerfs à vifs. En à peine quelques minutes, l’impossible s’était produit, une vive démence la prenant sans qu’elle ne puisse protester. Tout se bousculait dans sa tête, rien ne voulant rester à sa place tranquillement et sagement, préférant rebondir partout comme une balle. Cette horreur venait à peine de commencer, et déjà Anda souhaitait ardemment qu’elle cesse.

Vous affronter..

Un petit rire la prit, moqueur.

J’en doute voyez-vous. Je doute que vous puissiez l’arrêter ô preux Chevalier.

Cette fois elle ria franchement, un rire purement hystérique et dément qui ne semblait pas vouloir s’arrêter. Sa tête dodelinait de tous côtés avant de s’arrêter et offrir un sourire indéfinissable au Chevalier.

Croyez-vous vraiment être plus fort qu’une morte ? chuchota-elle, amusée, elle est morte, cette diablesse est morte !

Et l’aspirante repartit dans un rire sonore. Complétement démente. Perdue.

Elle veut ce qu’elle n’a plus ! Et moi je l’avais, ô triste destin. Mais je l’ai abandonné, j’ai abandonné sa stupide famille d’idiots. Je n’ai besoin que d’Ange ! Mon frère à moi. Et elle ne l’aura pas…

Tremblant, elle répéta ces derniers mots plusieurs fois avant de crier comme un dragon rugissait.

ANGE M’APPARTIENT ! TU NE L’AURAS JAMAIS LAHA, JAMAIS ! IL M’AIME MOI ET RIEN QUE MOI !

La jeune engloutie recommença à s’agiter, tirant sur les cordages la retenant pour s’en défaire. Elle darda un regard accusateur sur l’unique personne présente à ses côtés.

Mon frère ! Je dois le voir ! Détachez-moi, DÉTACHEZ-MOI. JE DOIS LE TROUVER, LUI IL ME PROTEGERA !
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MessagePosté le: Sam 21 Nov 2015 - 16:32 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Des murmures étouffés leur parvenaient d’au-delà des rideaux. Les guérisseurs recommençaient à caqueter à qui mieux mieux, lançant de folles théories ou maudissant cet énergumène aux cheveux bleus que tout le monde semblait cordialement détester. La seconde option était hélas la plus répandue parmi ce bavardage. Athelstan n’y prêtait pas attention. Tout au plus accorda-t-il le bénéfice du doute à ces imbéciles, puisque ce cas médical paraissait requérir des connaissances que lui-même n’avait pas. Enfin un défi à sa mesure.

Laha. Il fit sonner le nom dans son esprit, espérant y réveiller un souvenir, une parcelle de son inconscient très actif. Sans succès. Il ne connaissait cette Laha ni de Gaïa ni d’Ouranos. Qui qu’elle soit, ou qu’elle ait été, peu importait. Mais elle revêtait une importance majeure dans l’esprit de cette petite créature farouche. Il tiqua néanmoins, vexé, conscient d’avoir peu impressionné cette malade imaginaire. Il était un chevalier-dragon accomplis, le modèle parfait – en théorie – voulu par l’Ordre Draconique Neutre. Il avait espéré un peu de plus de respect !

- Je suis certain du contraire.

Les hurlements ne tardèrent pas à reprendre. L’Aspirante évoquait maintenant un frère. Un besoin possessif d’affection, voilà ce qui en ressortait. Même si cette Laha existait vraiment, Athelstan se rendait bien compte que cela n’avait pas d’importance. La jeune fille délirait, hantée par des souvenirs qu’elle voulait rendre vivants pour mieux s’en débarrasser, semblait-il. La violence de ses gestes comme de ses paroles aurait dû l’inquiéter mais l’ondin demeurait en apparence passif, se contentant d’être un spectateur. En apparence seulement. Derrière ce masque de dédain, les formidables rouages de son intellectuel tournaient à plein régime.

- Vous n’êtes pas rationnelle, réussit-il à déclarer sans interrompre la diatribe furieuse d’Andaranielle.

Il ne préoccupait pas d’être gentil, ni compatissant. Encore eut-il fallu qu’il sache ce que cela signifiait. Un problème se posait, sous ses yeux et il était en mesure de le résoudre. Il n’avait pas pour habitude de s’embarrasser de mensonges illusoires ou d’émotions parasites, lorsqu’il s’agissait de travailler pour le bien commun.

- Si Laha est décédée, comment pourriez-vous la voir, ou même l’entendre ? Jusqu’à preuve du contraire, les fantômes n’existent pas.

Le peuple maudit de la Lande d’Eru existait pour ruiner cette règle naturelle. Un grand merci aux dieux de Rhaëg pour cette farce macabre !

- Cette Laha n’existe pas ici et je pourrais vous le prouver de nombreuses manières. Le réel est ici et maintenant. Je peux jurer qu'il n'y a personne d'autre dans cette pièce que vous et moi. Qu’en est-il de votre frère ? Où se trouve-t-il ? Est-il ici, au Kaerl ?

Athelstan osa refaire un pas vers le lit. Sa soif inextinguible d’apprendre le poussait à défier les limites de la bienséance ou même de l’honneur. Sa main blessée le lançait encore, lui rappelant à quel point l’altruisme pouvait se révéler dangereux.

- Comment avez-su que Laha vous hantait, par ailleurs ? Comment vous êtes-vous retrouvée dans cet état ?



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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 00:30 Répondre en citantRevenir en haut

Et que savez-vous de la rationalité grand idiot !?

Elle venait de cracher ces mots acerbes, froids et méprisants. Elle était en colère. Contre lui. Contre le monde tout entier ! Tout en cet instant même l’agaçait au possible. La fëalocë souhaitait les voir tous mourir. Maintenant ! Aucun ne méritait de vivre, personne n'avait le droit d'exister à pars elle. Les gens devaient payer pour ses souffrances.

Et pour quoi ne pourrais-je pas la voir ? Que savez-vous des morts ? Vous, stupide et inutile chevalier que vous êtes. Vous n'êtes rien, absolument rien. Une simple chose sur deux pattes qui dépend d'une autre chose tout aussi stupide sur quatre pattes pour prétendre à un Titre. Et un titre qui vous sert à quoi ? À QUOI HEIN !!!

Elle hurlait encore, encore et encore. Il était étonnant de voir que sa voix ne s'était pas encore cassée suite à tous ces cris de rage et de désespoir.

Je n'en veux pas de vos preuves. Vous ne savez pas ce que je vis, ni ce que j'ai vécu. Vous n'êtes qu'un ignorant.

Andaranielle recommença à tirer comme une furie sur ses cordages la retenant. De ses poignets naissaient des larmes de sangs qui coulèrent le long de ses bras. Mais elle ne ressentait pas la douleur. Plus rien ne l'atteignait à pars la haine envahissant son cœur moins innocent à chaque secondes.

Non, il n'est pas dans ce Kaerl. C'est pour ça que je dois sortir.

Son esprit fou, dénué de toute logique, sembla remarquer le rapprochement de l'ondin. Il lui murmurait d'attaquer. Dès qu'elle pourrait. Et ce ne serait pas long. Car son entêtement avait porté fruit. Le lien entourant sa main opposé au champs de vision du soigneur avait fini par céder. Certes, la peau de son poignet était arrachée et meurtrie. Mais ça valait bien le coup. Elle pourrait libérer son autre main. Ce qu'elle fit, cachant son action derrière ses cheveux dorés. L'aspirante fit un signe de tête pour que le chevalier se rapproche.

Comment le temps avance-t-il, mh ? Pourquoi ne recule-t-il pas ? La voilà votre réponse.

Vivement, elle s'empara d'une bonne partie des fils bleus formant la chevelure d'Athelstan pour coller leur front. Dans ses yeux dansaient une leur d'amusement, et malsaine.

À mon tour de vous posez une question. Avez-vous déjà contempler les ténèbres ? J'en doute.

Un rire. Elle se redressa lentement, faisant maintenant face à l'ondin. La blonde taguait légèrement, se basculant d'un pied à l'autre dans un rythme régulier. Hypnotique.

Suivez-moi, susurra-t-elle, suivez moi pour savoir ce que cela fait d'être au fond de tout.

Puis elle partit. D'un coup la furie d'or passa le rideau blanc et fila hors de l'infirmerie à vitesse folle. Si ses talents pour le combat étaient discutables, ceux pour la fuite n'avaient plus aucun secrets pour elle. Alors elle courraient, d'une manière si assurée que tous n'eurent d'autre choix que de se tasser hors de son chemin. Fréquemment elle se retournait pour voir si le bleu la suivait, pour repartir aussi vite quand elle était satisfaite. Sa course folle s'arrêta devant l'entrée de la Galerie des Miroirs. Elle attendit que l'autre la rejoigne, un sourire ne présageant rien de bon ornant ses lèvres.

Es-tu prêt chevalier ? Es-tu prêt à voir ce que tu n'as jamais vu ?

Elle recula lentement dans le long couloir. Toujours en fixant le chevalier, avec ce sourire bien étrange. Elle murmura, chuchota, des mots qui parvinrent parfaite aux oreilles choisies.

Es-tu prêt à me suivre dans les méandres de ma folie ?

Un rire s'éleva de sa gorge tandis qu'elle reculait toujours plus loin.

Allez, approche...
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Lun 21 Déc 2015 - 14:46 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Se serait-il ramolli depuis quelques temps ? Avait-il été berné, abusé, par quelques malices d’une fausse malade ? Le comportement erratique de l’Aspirante échappait à son entendement. Elle semblait possédée, habitée par une force inconnue qui désirait plus que tout s’échapper, au prix de la violence et de la colère. Jusqu’où pouvait-elle aller pour satisfaire ses désirs les plus noirs ?

Athelstan bondit sur ses pieds, le cœur battant à tout rompre. Galvanisé par l’adrénaline – subtil mélange d’excitation, du frisson de la peur et d’une absence de raisonnement clair -, il vit sa patiente échapper à tout contrôle, se libérer de ses entraves en dépit de la douleur et bondir au-dehors de l’infirmerie. Faisant fi des protestations des guérisseurs et des badauds surpris, l’ondin s’élança à sa poursuite. Que craignait-il à suivre la jeune fille ? Rien du tout. Rien ne saurait vaincre ni sa soif de connaissances ni lui-même. Il avait survécu aux moqueries et aux insultes, à deux Empreintes manquées, à la Grande Guerre des Ordres… Ce n’était certainement pas une gamine à moitié folle, qui l’alpaguait comme une sorcière des marais se chercherait un mari, qui allait le déboussoler !

° Lhassa ! Je vais avoir besoin de toi !
Je te rejoins. °


Il sentit le vent s’engouffrer sous ses ailes et dans ses cheveux, comme la Bleue se jetait dans le vide depuis son promontoire rocheux. Rester en permanence connectés presque jusqu’à la fusion vous laissait imaginer des sensations inconnues.

La fëalocë et son discours erratique s’arrêtèrent devant les portes de la Galerie des Miroirs, juste devant l’arche qui en marquait l’entrée. Andaranielle invitait à la suivre, avec son sourire tordu et ses paroles sans queue ni tête. Un grand appel d’air dans son dos indiqua au Chevalier que son Âme Sœur venait de les rejoindre. La dragonne, pas plus imposante que ne le serait une Verte de belle taille, avec son museau aux contours doux et ses ailes en forme de croissants de lunes jumelles, paraissait bien peu impressionnante aux côtés de l’ondin aux cheveux d’azur. Ils formaient sans doute l’un des couples les plus atypiques et étranges de leur génération, si ce n’était du Kaerl tout entier.

- Arrête-toi, ordonna sèchement Athelstan. Ne fais pas un pas de plus. Tu ignores ce que tu vas trouver à l’intérieur. Aucun Aspirant n’a le droit d’y pénétrer sans y avoir été préparé.

Mais si elle était réellement folle, comme elle le prétendait, cette mise en garde n’avait aucune importance. Et Andaranielle ferait ce que bon lui semblait en dépit du danger.

- Ce n’est pas de la folie, c’est de l’inconscience, Aspirante.

A Kaziel le vouvoiement faussement respectueux !

Athelstan aurait pu redouter de franchir le seuil de la Galerie des Miroirs. Grâce à – ou à cause de – sa fabuleuse mémoire sans failles, aucun de ses souvenirs ne se déformait avec le temps : ni enjolivements, ni cauchemars ne hantaient son esprit. Il n’y avait que la vérité et rien que la vérité. Il ne craignait pas les illusions de cet endroit. Il avait déjà appris à y faire face peu avant sa première Empreinte ratée. Il pouvait le refaire.

Athelstan franchit le seuil de l’arche sans une once d’hésitation. Lhassa lui emboîta le pas tandis qu’elle repliait ses ailes. Un long corridor aux murs tapissés de miroirs leur faisait face. L’Aspirante marchait à reculons juste devant eux.

° Peut-être que les miroirs sauront ‘aider à décrypter les méandres de son esprit.
Peut-être. °


Sitôt qu’Athelstan fit quelques pas dans ce couloir, un sentiment de familiarité l’étreignit jusqu’à lui serrer le cœur. Oh oui, il connaissait cet endroit. Il embaumait la cendre des espoirs déçus et le parfum de la vanité. Des choses qu’il n’avait pas ressenties depuis longtemps. Il ose jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Lhassa paraissait clame, maîtresse d’elle-même comme à son accoutumée. Ce n’était pas pour lui qu’il s’inquiétait, dans cet antre de tous les possibles mais pour elle. Sa Liée était plus fragile qu’elle ne le laissait montrer. La Bleue lui rendit son regard sans ciller.

Athelstan se retourna vers l’Aspirante. Il n’y avait que de la détermination dans ses yeux dorés. Aucune autre émotion superflue.

- Très bien. Guide-nous. Nous te suivrons.



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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Sam 2 Jan 2016 - 09:34 Répondre en citantRevenir en haut

Qui en ce bas de monde sait ce que l'on peut trouver au sein de la Galerie des Miroirs ? Cet endroit n'est-il pas changeant au gré de ses humeurs ? Des gens qui y pénètrent ? Pour certains, il sera synonyme d'hallucinations horrible et de divagations sans fondements. Mais dans des cas comme le notre, l'effet sera tout autre.

L'aspirante parlait comme une habituée des lieux et non comme la novice qu'elle était. Elle semblait être une toute autre personne, quelqu'un qui n'avait pas sa place dans ce corps. Ou peut être qui si. Jamais la jeune fëalocë n'avait réussi à se sentir bien dans sa peau, constamment dans une recherche désespérée d'identité. Même l'arrivée au Kaerl n'avait pas répondu à toutes ses questions, malgré le net progrès qui s'était sentir. Mais en cet instant, tout lui semblait clair. Tout et rien l'atteignait, elle pouvait identifier chacune des ses émotions et les exprimés comme son bon vouloir le lui dictait. La gamine d'avant.. qui baissait le regard dès qu'on lui adressait la parole.. Comme elle avait honte d'avoir été cette chose. Ses prunelles d'émeraudes fixèrent Athelstan.

Étant donné que ni vous, ni elle ne savez ce qui habite son esprit, la Galerie s'occupera de refléter à vos yeux ce qu'ils ne peuvent voir comme les siens. Mais attention, il y a des règles.

La blonde sourit sournoisement, s'approchant à pas de félin du chevalier dragon. Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui, levant le menton pour le regarder dans le blanc des yeux. Si il était aussi intelligent qu'il le vantait, sûrement se douterait-il que c'était l'endroit qui parlait à travers l’adolescente.

Car ceci est un jeu Chevalier. Mes Miroirs veulent jouer. Il faut donc suivre leurs règles à la lettre.

Lentement, elle lui tourna autour, glissant ses doigts le long des épaules et attrapant au vol une mèche de ses cheveux d'azur. Elle se replaça face à lui, l'air plus sérieux que jamais.

Il y aura plusieurs étapes. Chaque fois que vous en réussirez une, vous obtiendrez un indice pour démêler le mystère de l'enfant. Vous n'avez pas le droit à l'erreur. Ratez une seule étape et le jeu est fini. Vous vous débrouillerez avec ce que vous aurez gagné. Mais je vous préviens Chevalier. Ce qu'il se passe avec elle, est bien plus complexe et archaïque que ce que vous pensez. Êtes vous sûr de pouvoir réussir, là où tous ont échoué ?

Un vague haussement de sourcil. Nielle recula, se plaçant à environ un mètre de l'ondin. Mais croisées, l'air serein, il vivait tout même une lueur d'amusement, de moqueries au fond des pupilles. Les Miroirs pouvaient se révéler être d'une fourberie rare. Au lieu de tout dire, de simplifier la vie des deux personnes, ils les lasseraient se débrouiller avec des informations voilées. La prodigieuse mémoire du Bleu pouvait enfin avoir un défi à sa hauteur.

Ah, dernier détail. Il existe deux facettes d'Andaranielle. L'une est mensonge. Celle qu'elle était en arrivant au Màr. Mais elle la préservera des dangers de sa vérité. L'autre est celle dont vous avez pu être témoin. Elle souffrira, mais elle sera elle. Ce qu'elle aurait toujours du être. Quand vous quitterez le jeu, l'une de ses deux faces mourra. À tout jamais. Vous influencerez ce résultat, mais au final, c'est la plus forte qui l'emportera. J'ai hâte de voir ce que vous soutiendrez Chevalier : la vérité ou le mensonge. Nous verrons bien... Le jeu commencera quand le premier indice apparaîtra, je suis généreuse, je vous en offre un. Soyez prêts.

Un léger rire quitta les lèvres de la fëalocë. Celle-ci sembla reprendre contrôle de son corps, alors qu'elle observait les miroirs autours. Elle tourna ensuite la tête vers Althelstan, les yeux brillants d'une flamme féroce. Que resterait-il d'elle à la fin ? Étrangement, elle avait un bon pressentiment. Mais elle ne pourrait dire pour quel camp. Une faible lumière attira son regard sur le rectangle de verre face à eux. Des lettres apparaissaient les unes après les autres, formant des mots qui formèrent eux même des phrases.

Pour comprendre, il faut apprendre.
Pour apprendre, il faut remonter à l'origine.
L'origine est aujourd'hui le fantôme de ce qu'elle fut.
Un spectre du temple de la folie.


Puis ils disparurent. Nielle fixa le reflet vide durant plusieurs secondes avant de réussir à émettre des sons.

Le premier indice.

Une évidence qu'elle énonçait. S'en suivit une soudaine obscurité. Elle était totale, il était impossible de discerner les miroirs ou même quoi que ce soit d'autre. Le néant les entourait. L'aspirante ne comprenait pas. C'était donc ça la première épreuve ? Quel en était le sens !? Elle allait se plaindre quand elle entendit un bruit bien trop familier à son oreille. Des coups réguliers, résonnant partout dans un tintements aigu. Lentement, elle avança, ignorant si l'ondin la suivait. En son fort intérieur, elle savait ce qu'elle allait voir. Mais elle voulait nier. Peut être se tromperait-elle...

À chaque pas qu'elle faisait, les contours de l'endroit se définissait un peu plus. Bientôt, elle put discerner le relief d'un mur de rocailles ainsi qu'un mince halo de lumière. Anda s'approcha de la personne qui produisait ce bruit. Une enfant d'environ sept années, sale et mal en point. Elle était debout, à frapper la pierre au pieu dans des gestes machinaux. Le choc la tétanisait. À un point où elle ne remarqua pas tout de suite que le chevalier dragon l'avait rejoint. Dans un murmure, elle répondit à la question qu'il poserait sûrement. Ou qu'il avait déjà posé, elle n'était pas sûre.

C'est... c'est moi... quand j'étais plus jeune...

Elle se fixait sans comprendre. Un léger vent de panique l'envahit et elle eut de la misère à respirer régulièrement.

Pourquoi on m'a ramené ici...
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MessagePosté le: Lun 1 Fév 2016 - 00:19 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


La Galerie des Miroirs. Si Athelstan n’éprouvait pas de crainte particulière à l’idée d’en fouler le sol, il aurait néanmoins préféré s’en abstenir. Il se souvenait parfaitement des épreuves que ce lieu lui avait fait subir. Il savait comment il fonctionnait. La magie des lieux était sauvage, vicieuse et pleine de rouerie. On ne pouvait rien cacher à la Galerie des Miroirs. Ni mensonge ni vérité. Ni sentiment ni peur. Elle aimait à tromper les créatures qui pénétrait son antre. Athelstan détestait ce genre de méandres obscurs et tentateurs, qui essayaient de vous faire croire des choses impossibles.

La sorcellerie des miroirs prit vie, profitant de la présence de l’Aspirante pour en faire son vaisseau. Un pantin fou et sans intelligence, qui délivra son message sans buter sur un seul mot. La merveilleuse mémoire du Chevalier Thrawnen enregistra chaque détail, chaque inflexion de la voix. Son don ne deviendrait pas sa malédiction aujourd’hui, il se l’était juré. Il faudrait bien qu’un jour on lui reconnaisse ses mérites et qu’on s’incline devant son talent. Athelstan était loin d’être un idiot. Il savourait ses réussites en silence. Il construisait patiemment le chemin vers ses ambitions. Ce jour-ci ne ferait pas exception.

Continue de parler, petite sotte qui se prétend la messagère de la galerie. Je saurais te faire cracher la vérité.

° Lhassa ?
Je ne sens rien. Il n’y aucune autre présence hostile dans sa tête. Son âme est parfaitement vierge. Peut-être un rhume du cerveau ?
Ce ne peut pas être ça. Cherche encore. °


La dragonne coula un regard en biais à son Lié. Elle n’aimait pas forcer les gens à révéler leurs secrets, de quelque manière que ce soit. La violence, sous toutes ses formes, lui faisait horreur. En règle générale, la volonté de son Lié primait sur la sienne. Car Athelstan savait toujours ce qu’il fallait faire. Il était le plus fort des deux. Il ne la forçait jamais à faire quelque chose qu’elle ne souhaitait pas. Toutefois, tandis qu’elle regardait la jeune bipède batifoler aux portes du dédale, elle savait qu’ils n’aimeraient pas les réponses qu’ils trouveraient.

L’obscurité tomba sur les lieux, avant de révéler une scène étrange. Une gamine sale et dépenaillée creusait dans la roche avec autant d’entrain qu’une esclave. La réaction d’Andaranielle ne se fit pas attendre. Débarrassée de l’influence de la Galerie des Miroirs, elle tomba en état de choc. Athelstan comprit qu’il s’agissait d’une scène de son passé.

° Pauvre petite chose. °


L’ondin manqua sursauter. Lhassa faisait rarement preuve de compassion envers les bipèdes. Tout juste leur accordait-elle, au quotidien, une indifférence bienveillante. Lorsque la petite Bleue se laissait déborder par ses émotions, cela signifiait généralement que la situation était grave.

° Peux-tu pénétrer son esprit et la raisonner ? Rester davantage ici devient dangereux à chaque seconde.
Je ne veux pas l’effrayer. Dans son état…
Tu as raison. D’ailleurs, ne fais rien. °


Lhassa se tut. Un frémissement d’agacement parcourut ses ailes repliées. Athelstan réfléchissait, elle ne devait plus le déranger. Les formidables rouages de son intelligence calculaient les risques et les bénéfices de pareille expédition improvisée. La Galerie des Miroirs avait été formelle : cette épreuve était destinée à l’Aspirante. Si elle en ressortait vivante – on pouvait toujours en douter -, une part d’elle mourrait. Cette quête s’apparentait à une recherche d’identité. Finalement, la pernicieuse magie des miroirs allait peut-être l’aider à démêler cette affaire. L’aider à comprendre ce qui clochait dans la tête de cette adolescente hystérique. La galerie avait posé les règles et un enjeu de taille à faire pâlir les plus braves. Confortable mensonge ou dure vérité ? La vie d’Andaranielle en dépendait. L’ivresse du pouvoir de décider de vie ou de mort, qui reposait entre ses mains…

Athelstan choisit la vérité. Comme toujours.

- Demandez ça à la Galerie des Miroirs. Cette fillette pouilleuse et malheureuse fait partie du passé. Vous ne devez pas oublier son existence mais vous ne pouvez pas non plus vous cacher derrière elle comme une excuse pour vous empêcher d’avancer. Vous êtes une Aspirante du Màr Luimë maintenant. Agissez comme telle. Soyez-en digne. Ne laissez pas la peur vous paralyser.

Son ton sentencieux faisait traîner sa voix encore plus que d’ordinaire. Il s’approcha suffisamment de la jeune fille pour poser sa main valide sur son épaule. Le geste n’avait rien de réconfortant. Il s’agissait d’un geste automatique, appris par les interactions sociales mais sans éclat. Peu lui importait d’épargner les sentiments de cette fille, il voulait des réponses.

Au loin, dans les ténèbres, enflait la rumeur d’une bataille. Soudain de minces rouleaux de parchemins commencèrent à pleuvoir depuis un plafond inexistant. Abasourdis, Athelstan attrapa un entre ses mains, déchira le cachet marqué du sceau du Kaerl Englouti et lut la missive. Elle était vierge. Du moins, jusqu’à ce que des mots en lettres de sang ne s’y inscrivent.

Le jeu ne fait que commencer.

Athelstan froissa la missive et la jeta rageusement à l’écart. Sa main blessée protesta. Il grimaça un rictus douloureux. Les miroirs jouaient aussi avec ses souvenirs. Il n’avait pas peur de ce qu’il avait vécu. Certes, il avait arpenté le camp militaire et le champ de bataille pendant la Grande Guerre des Ordres en tant que coursier. Mais il n’en avait retiré ni gloire ni cauchemars. La Galerie des Miroirs voulait jouer avec ses nerfs. Qu’à cela ne tienne ! Il trouverait la solution dans les épreuves de l’Aspirante.

- Ce n’est qu’un souvenir. Vous n’êtes plus une enfant, Aspirante. Débarrassez-vous de vos peurs et avançons.

Le chemin vers la sortie risquait d'être encore long.



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Andaranielle Ra'Imere
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MessagePosté le: Dim 10 Avr 2016 - 04:30 Répondre en citantRevenir en haut

La galerie avait parlé, le jeu était lancé et rien ne l'arrêterait sauf le bon vouloir de ces miroirs étranges. Autant la vie de la folle était en cause, les tourments du chevalier ne seraient pas en reste. Tous deux devraient puiser dans leurs plus profondes ressources pour réussir à sortir de là avec tous leurs esprits. Enfin, de ce qu'il pouvait en rester.

L'aspirante, toujours en état de choc, fixait son reflet plus jeune avec des yeux écarquillés de frayeur. Elle avait toujours cru cet enfer derrière elle, loin dans le passé et oublié. Mais apparemment elle s'était joliment trompée et revivait aujourd'hui ce cauchemars qu'avait été les huit premières années de sa vie. L'esclavage.
Ses doigts crispés serraient douloureusement le tissus de son chandail, comme dans une tentative désespérée de revenir vers la réalité. Peu importe que le spectre de Laha soit présent ou non, c'était toujours mieux que ça, que cette rocaille grise et sale qui hantait encore ses rêves la nuit. Au moins elle avait l'espoir, faible mais présent, de fuir cette démone des ombres, mais dans les tunnels elle n'avait même une lueur de chance. La dernière fois, ce fut la traîtrise de l'autre petite qui lui permit de fuir vers le soleil et les herbes fraîche d'Undòmë.

Les pas de l'ondin attirèrent son attention et elle tourna que très légèrement la tête vers lui alors que sa voix lassante s'éleva dans l'air.

« Demandez ça à la Galerie des Miroirs. Cette fillette pouilleuse et malheureuse fait partie du passé. Vous ne devez pas oublier son existence mais vous ne pouvez pas non plus vous cacher derrière elle comme une excuse pour vous empêcher d’avancer. Vous êtes une Aspirante du Màr Luimë maintenant. Agissez comme telle. Soyez-en digne. Ne laissez pas la peur vous paralyser. »

Ses sourcils se froncèrent et elle darda ses iris de jade sur celle de félin d'Athelstan. Devait-elle accepter avec un hochement ou s'énerver et dévorer le reste de ses doigts encore intacts ? D'un côté il avait raison, jamais elle ne pourrais effacer de sa mémoire cet épisode de sa vie, car il était une part d'elle. Sans ça, qui sait ce qu'elle aurait pu être aujourd'hui. Mais qu'il utilise l'excuse de son aspiranat la mettait hors d'elle. Cette pression qu'on mettait sur ses épaules, tout ça pour quoi au final ? Un stupide dragon même pas né encore. Elle ne cherchait pas la dignité, mais bien la liberté.
Se tournant brusque, Andaranielle envoya violemment valser la main de l'homme avec une haine enflammant ses prunelles. Il ne cessait de lui faire la morale depuis tout à l'heure, d'agir avec cette attitude de dédain au combien irritante. Elle en avait marre, profondément.

« En ce moment je suis plutôt une folle qui cours dans la Galerie des Miroirs. Pas une Aspirante. Alors foutez-moi la paix avec votre dignité toute faite de coincé se cachant derrière l'ombre de son dragoninou d'amour et vive pour de vrai, le dôme cache les véritables horreurs de la vie. Votre confort me dégoutte, elle pointa son double, ça, ça c'est la vrai vie. Ça c'est une épreuve. Tout le monde ne possède pas vos inutiles de dragons. Vous ne connaissez rien de la peur. »

Voilà, son sac était vidé. Et pourtant elle ne se sentait pas tant mieux que ça. La clameur des combats attira l'attention de la jeune aspirante qui observa le vide d'où provenait ce bruit sans comprendre. Puis soudainement, des parchemins tombèrent par centaines du plafond de roche de la galerie. La fëalocë en attrapa un au vol et le déroula pour ne rien y voir. Fronçant les sourcils, elle s'en allait pour le jeter quand de fines lettres apparurent une après l'autre sur le papier. « Le jeu ne fait que commencer. » Son cœur rata plusieurs battement et elle jeta rapidement le parchemin comme s'il venait de lui brûler les doigts. Le chevalier avoir lu lui aussi ces quelques mots car il en déchira un avant de jeter les morceaux. Puis une nouvelle fois, sa voix tranchante se prononça.

« Bien... allons-y, je crois me souvenir par où je me suis enfuit la première fois. »

La blonde avança avec une assurance qui l'étonna et l'effraya. Son esprit semblait n'avoir jamais oublié comment se diriger dans ces ténèbres envahissantes et un frisson courut son échine. Mais il fallait qu'ils sortent au plus vite alors elle ignora ce détail et progressa, se tournant régulièrement pour s'assurer que les deux autres la suivaient. Le silence était pesant, même leurs pas ne le dérangeait pas. Ils débouchèrent sur une haute corniche qui laissait voir l'attroupement d'esclave qui revenait peu à peu après la fin de leur journée vers le point central. C'était sale, bruyant et triste à voir. L'aspirante s'arrêta un instant pour voir son ancienne vie, un soupir lui échappant avant qu'elle n'emprunte un nouveau couloir.
Pour Athelstan ils devaient tous se ressembler ces chemins souterrains, mais pour Anda, ils n'avaient aucuns secrets. Son sixième sens l'avertissait quand un obstacle invisible à son regard se plantait devant eux et elle se laissait guider par lui sans problème. Enfin elle arriva vers une intersection et elle sourit à l'ondin en pointant le chemin de droite.

« La sortie est par là. C'est tout droit. »

Elle allait avancer quand un faible murmure lui provenait de la toute petite embouchure à gauche. Son souffle se suspendit dans le temps alors que ses souvenirs la renseignaient sur ce chemin : sa grotte. Sa si merveilleuse grotte. Comme elle lui manquait. Son refuge, son paradis. Tout ça rien qu'à elle. Se tournant doucement, elle fixa ce petit trou, peu remarquable tant il était bien dissimulé, qui semblait descendre vers le néant. L'écho des voix se fit plus fort et ils retentirent à ses oreilles comme une douce musique.

Viens.... viens par là.... Ta liberté est ici, pas dehors...

Comme envoûtée, Nielle ignora le couloir de droite et avança vers celui de gauche en murmurant un oui faible. Ignorant la Bleue et son Lié, elle se glissa dans le mince couloir et se laissa glisser vers sa grotte sans un regard vers l'arrière. Elle tomba violemment sur le ventre et sa cicatrice se rouvrit, comme si elle s'était blessée à nouveau, sa jambe se voyant rapidement tâchée de filaments carmin. Mais elle n'y porta attention, admirant la merveille qui s'offrait à son regard : tous les dessins de caverne s'étendant du sol au plafond. Enfin, enfin elle les retrouvaient.

Plus rien n'avait d'importance désormais. Elle murmura.

« Je reste ici.... pour toujours. »
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MessagePosté le: Dim 9 Oct 2016 - 17:22 Répondre en citantRevenir en haut


Athelstan Thrawnen & Lhassa


Intéressant. Comme tout cela paraissait de plus en plus intéressant. Cette expédition improvisée promettait de redéfinir les théories scientifiques des érudits Engloutis sur des décennies. Malgré la douleur dans sa main blessée, malgré l’impression d’être avalé par la Galerie des Miroirs…

° Partons. °

Malgré la peur émanant de la seule dragonne arpentant timidement les lieux. Athelstan fronça les sourcils. Il jeta un lent regard interrogateur à sa Liée, restée quelques pas en retrait, sous la pluie bruissant de parchemins moqueurs. Lhassa ne frémissait pas devant le danger, se contentant en général de l’ignorer ou de l’éviter. De fait, elle considérait le danger comme une donnée essentielle dans chaque souffle pris par chaque créature sur cette terre. Placide dragonne sans arrières pensées. Son instinct de survie, cependant, lui faisait perdre sa sagesse passive car ces couloirs lui remémoraient d’autres choses. Des souvenirs épars de l’ondin partageant sa vie aux conseils avisés de ses aïeules, elle savait qu’il ne sortait rien de bon d’un périple ici si l’on n’était pas préparé. Toute créature peut être brisée, qu’elle soit puissante ou non. Et la Galerie des Miroirs adorait briser les choses.

° Partons. Ce labyrinthe te trompe. Ne sois pas si sûr de pouvoir t’en sortir sans dommages.
Je ne savais pas si timorée. Tu oublies un point essentiel : je ne renonce jamais.
Je ne parle pas de renoncement. Mais de remettre ton expérience à plus tard.
Lhassa, je ne risque rien tant que tu restes avec moi. °


La Bleue ne répondit pas. Elle se contenta de baisser la tête et de reprendre son chemin, veillant à ne pas quitter Athelstan des yeux. Ledit chevalier avait laissé passer le discours indigné de l’Aspirante, le prenant pour ce qu’il était à ses yeux : un caprice de gamine qui ne sait pas ce qu’elle veut. Les visions du passé traumatisant de la jeune fille le laissaient perplexe. Elle avait vraisemblablement eu une vie compliquée avant d’arriver au Màr Luimë. Continuant de prendre mentalement des notes comme s’il s’agissait d’une randonnée pédestre, Athelstan ne comprit pas pourquoi Lhassa continuait de faire pression à la lisière de son esprit. Il retourna un regard ennuyé à sa Liée. Toutefois, en faisant volte-face, il surprit l’Aspirante folle à bifurquer vers un couloir beaucoup plus étroit et sombre, du sang suintant de sa blessure rouverte.

° Ton sujet d’expérience n’a pas l’air très coopératif. °

- Ce n’est pas la liberté qui t’attend ici, entre quatre murs. Ce n’est qu’une illusion ! La vraie liberté ne se contente pas d’un espace clos. Elle se gagne. C’est pathétique… Nous perdons notre temps.

Lhassa avait presque l’air amusée par la situation. Se renfrognant, Athelstan tendit son bras valide, prêt à agripper la petite idiote par l’épaule lorsque résonna un rugissement lointain. Il figea son geste. Lhassa redressa la tête, tous ses sens aux aguets. Le corridor s’assombrit davantage, laissant entrevoir une ombre gigantesque prenant possession des murs. L’ombre se réfléchit dans les miroirs, déployant des ailes immenses, ainsi qu’une gueule tout aussi béante et bardée de crocs longs comme des sabres. L’ombre passa sans attaquer, semblant survoler le lieu. Un nouveau rugissement se fit entendre, beaucoup plus proche et fut suivis par un couinement apeuré. Athelstan crut qu’il venait tout d’abord de la Bleue mais il provenait de la droite. Une petite silhouette lumineuse, aux couleurs indéfinissables, pas plus grosse qu’un chat, était recroquevillée derrière un gros rocher. L’ondin ne put s’empêcher de se montrer nerveux. Il avala péniblement sa salive. Etait-ce le Bronze que ses parents auraient voulu pour lui ? Troisième rugissement, teinté de fureur. Etait-ce le dragon belliqueux qui avait enflammé le relais de poste de l’armée du Kaerl Neutre durant la guerre, manquant le tuer ?

La créature couina encore. Une plainte difficile à ignorer.

° Aidez-moi ! Je suis toute seule. Il fait si noir ici… Je veux sortir ! Pitié, aidez-moi ! °

Une voix féminine. Une dragonnelle ?


Désolée pour l'attente ! N'hésite pas à me dire s'il y a quelque chose à modifier ^^



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