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Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Mer 12 Aoû 2015 - 17:53 Répondre en citantRevenir en haut

Automne 917, soir de l'Eclosion


Elle dormait enfin. Elle dormait déjà. Et le jour, onirique, touchait à sa fin, le ciel se parant de reflets violacés, les nuages laissant de grosses traînées noires sur leur sillage. Bientôt, la lune ferait son apparition. La lune qui était blanche, comme elle. Il se sentait stupide. Humain. Maladroit. Vivant. D’un regard, elle avait chassé sa paix intérieure, l’avait remplacée par un tourbillon de sentiments dont il ne comprenait qu’à peine le début, le laissant perdu mais ravi quelque part entre l’enfance et la sagesse.

A peine s’il savait encore comment il s’appelait.

Cela avait-il la moindre importance au final ? Il était lui. Et maintenant, il était deux. C’était toujours lui. Fondamentalement, cela n’avait pas changé grand chose. Il avait toujours été lui, il avait toujours été avec elle, même s’il ne l’avait pas su avant ce jour. Et il serait toujours lui. Le même. Le Conteur. L’amoureux des histoires. L’homme des mots. Il était toujours lui et rien ne serait plus jamais comme avant. Parce que c’était elle. Parce qu’elle était là. Parce qu’il ne serait plus jamais seul.

Il comprenait à présent les craintes d’Aoife qu’il avait traitées avec tellement de désinvolture quelques jours auparavant. Se rappelant de son arrogance inconsciente de l’époque, il se sentit rempli d’humilité. Il n’était pas encore aussi mature qu’il voulait bien le croire. Il devait se rappeler de cette leçon et s’efforcer, encore et toujours, de devenir meilleur. Il sourit aux premières étoiles et s’étendit tranquillement sur le sol du jardin d’hiver, les yeux perdus sur le plafond de verre et de feuilles. Il ne manquait plus qu’une petite brise, un sol en pente il aurait pu se croire chez lui, au milieu de nulle part, sur une route. La vie nomade lui manquait. Il s’était toujours dit que s’il ne marquait pas, il repartirait faire un tour sur le continent inconnu avant de retenter sa chance. Il n’avait, finalement, jamais vraiment pensé pouvoir se lier avec dragon. Encore moins, à priori, avec une dragonne. Il y aurait des questions à se poser, évidemment, beaucoup de choses à revoir, beaucoup de sujets de méditation. Déjà, certains lui avaient demandé s’il aimait les hommes. Il n’en savait rien. Il n’avait jamais réfléchit à la question. Après tout, elle ne se posait pas vraiment. Pas pour lui.

Mais encore, il n’avait jamais pensé attendre la moitié de son âme et pourtant, cela ne l’avait pas empêché de la trouver. Alors qu’en savait-il ?

Rien.

Il avait l’impression de ne plus rien savoir. Ce n’était pas un sentiment agréable. Il aurait dû avoir peur mais même pas. Il était curieux. Curieux de savoir ce que le monde lui réservait encore comme surprise. Ce qu’il allait apprendre, maintenant qu’il savait qu’il ne savait rien. Quelle farce les dieux lui avaient encore réservée. Il voulait voir grandir sa dragonne. Façonner son esprit comme on élève un petit enfant, comme on le construit et on le voit grandir. Il voulait être là pour elle. Pour Sarastu. Il voulait remplir son cœur d’histoires et ses yeux de rêve. La protéger pour qu’elle ne perde ni son innocence, ni sa sagesse. Il savait pourtant qu’un jour viendrait où elle récupèrerait la mémoire de sa race. Que l’ignorance n’était pas un bon moyen d’avancer dans la vie et que sagesse était fille de savoir. De bien jolies phrases. De bien jolis mots. Sans aucune force contre l’amour qu’il lui portait. Un amour féroce, protecteur. Primal. Il soupira, passant ses mains sous sa nuque, scrutant le ciel avec cet espoir insensé que la réponse lui apparaîtrait d’un coup. La réponse à quoi, il l’ignorait. Cela n’avait pas d’importance.

La nuit était tombée à présent. Le Kaerl était calme. Les plantes poussaient sans bruit, leurs fleurs fermées en l’absence de soleil. Quelque part non loin, des bruits de pas se faisaient entendre, s’arrêtaient parfois, se rapprochaient. Quelqu’un ouvrit la porte de la serre. Il l’ignora. Cela ne le regardait pas.
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MessagePosté le: Mer 12 Aoû 2015 - 17:53 Revenir en haut

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Aoife Rothil
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MessagePosté le: Jeu 13 Aoû 2015 - 02:22 Répondre en citantRevenir en haut

Oh que si, ça le regardait. Ça le regardait d'un air attendris en avançant vers lui et ça posa une chopine sur sa tête. Une fois qu'il l’eut attrapé, ça s’assit a coté de lui posant un plateau contenant encore 3 chopines.

"Hey"

Aoife, car "ça" était elle (surpris, hein?) s'installa confortablement et pris une gorgée de sa chopine. Ce n'était que du jus de fruit. L'éclosion lui avait suffisamment tourné la tête pour qu'elle s'abstienne de boire en plus. D'autant qu'elle craignait qu'une éventuelle ébriété n'affole Aysu par leur lien. Et c'était hors de question.

Elle souris à son meilleur ami. Il avait été sur son nuage, ou plutôt dans la lune, toute la journée. Aoife était presque certaine qu'il n'avait prêté aucune attention au banquet et à son atmosphère lourde et forcée. Peut être avait-il remarqué la confrontation entre Vrael et ce jeune brun, mais même ça elle n'en était pas sure. Elle était presque sure qu'il s'était isolé avec sa blanche une fois ou deux. En tous cas, si c'était le cas, il avait raté quelque chose... La lente désagrégation de l'unité du Kaerl... Mais bon. ce n'était pas le jour pour se laisser aller au pessimisme! Une caresse mentale à sa bleue restaura l'optimisme de la jeune femme. Elle écarta de son esprit les scandales du Kaerl et se pencha sur les leurs.

"Parait que tu m'a largué, que ta Dame t'a révélé à toi même. Ou alors que je te servait de couverture et que nous allons nous séparer maintenant que la vérité à éclaté au grand jour. Ah et que c'est a cause de ça que tu semblait ne pas vouloir vraiment te lier, tu avait peur d’être révélé!"


Aoife offrit un grand sourire à son amis et plongea dans ses pensées. Ou plus précisément dans les pensées d'Aysu. Elle explora mentalement l'esprit de sa liée endormie, la sentant se blottir contre elle comme un chat qui se frotte sont la main qui le caresse. Curieuse sensation que la liaison avec cet être reptilien. Le lien était a la fois la chose la plus naturelle du monde, la chose qui lui avait toujours manqué, la flamme qui lui tiendrais toujours chaud, et a la fois éblouissant de perfection et de nouveauté. Normal et merveilleux. Aoife voyait en Aysu tous les gens qui lui avaient été arrachés. Sa famille, son Mari, son enfant mort... Aysu remplaçait tout cela, et était plus encore.

"Comment s'appelle ta Belle?"




Sur la porte de l'Ancalikon, un petit mot était accroché:

Persée,nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

Thizir s'est enfui dans le jardin d'hiver. nnnennnnnnnnnn
Je vais le rejoindre. Vous et Vrael êtes les bienvenues!nnn

Aoifennn

PS: J’espère qu'Eos s'est remise de ses émotionsnn
Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Mer 2 Sep 2015 - 19:36 Répondre en citantRevenir en haut

Les étoiles ne répondirent pas, les étoiles ne répondaient jamais, mais la vie, elle, avait trouvé un moyen de le ramener dans le monde. La vie trouvait toujours quoi dire, le plus souvent avec un humour que n’aurait pas renié son Dieu. Quelque part, c’était d’Osmael que venait le sel de l’existence. Il s’était souvent dit qu’une vie sans surprise serait fade, et que ce que l’on faisait desdites surprise appartenait à chacun. Quelque chose de froid, lourd et rond apparu sur son front, interrompant ses méditations, lui rappelant avec humour de garder la tête froide. Sa main monta automatiquement récupérer la chopine tandis qu’il levait les yeux sur le sourire de son amie.

Faisant attention à ne pas renverser le précieux breuvage, il contracta ses abdominaux pour repasser en position assise- sans les mains – et sirota tranquillement une gorgée fraîche et sucrée. Maintenant qu’il y pensait, il n’avait pas tellement mangé au banquet et un peu d’énergie lui faisait du bien. Il sourit à son tour, mi moqueur, mi amusé, mi ému.

« Parce que tu n’es pas un garçon ? Meeeeeerde, je me suis gouré ! Attend, bouge pas, je vais échanger mon dragon ! »

Il fit mine de se lever, s’assurant au passage que Sarastu n’avait pas pris ombrage de sa farce. La dragonne dormait, ses pensées brumeuses reflétant un calme paisible dans lequel il sentait qu’il allait aimer se perdre. Se forçant à revenir à sa compagne, il rit et se laissa retomber en position assise, laissant à son amie le temps de revenir, à son tour, dans le monde réel.

Est-ce qu’ils seraient un jour lassés d’explorer ce lien qui les unissait avec leurs âmes sœurs ? Est-ce qu’il était seulement possible de trouver une telle relation normale ? Quelque part encore, il avait hâte que la bulle se crève, qu’il se retrouve un peu lui-même. Il n’avait pas l’habitude de se sentir aussi hors du temps et de l’espace. La voix d’Aoife lui parvint comme un écho à ses pensées. Il lui sourit.

« Elle a le nom du vent quand il pousse les nuages à dépasser les montagnes. Et la tienne ? Tu est sûre que tu ne veux pas changer pour un mâle ? Un peu de peinture et elle ferait un noir très potable non ? Sarastu serait ra-vie de lui montrer comment les vraies femmes flirtent.»

Il sourit à nouveau, impénitent, se préparant mentalement à éviter une possible taloche. Les choses avec Ifa étaient toujours simples. Ils pouvaient se chamailler et philosopher dans la même conversation. Malgré des propos parfois un peu brusque, il appréciait son intelligence vive et sa fierté farouche. Mais surtout, il prenait soin d’écarter la vraie question, celle dont il n’avait aucunement envie de parler. Aussi se contenta-t-il de dévier tranquillement la conversation vers un terrain moins glissant.

« J’ai vu un petit brun au banquet qui pourrait faire l’affaire aussi. Vrael n’a pas eu l’air de l’apprécier beaucoup mais c’est parce que ce n’était pas le tien ! »
Aoife Rothil
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MessagePosté le: Lun 5 Oct 2015 - 01:50 Répondre en citantRevenir en haut

"Allez Zou! va présenter une réclamation à Niallan!"

Au moment ou Aoife finit sa phrase, elle réalisa que Thizir était repartit dans les étoiles. Sans en prendre ombrage le moins du monde, la nouvelle chevalière sirota son jus en couvant Aysu de l'esprit. Aysu. Joli nom... Mais Thizir se mit à rire, et Ifa dut ressortir de ses pensées. Elle souris en remarquant que Thizir lui avait donné une longue paraphrase mais pas le nom de sa blanche.

"La mienne? Je saurais pas ne pas le dire avec autant de style que toi donc je vais te le dire. Elle s’appelle Aysu."

Un frisson parcouru son échine à l'idée de changer de dragon. Et elle connectais à fréquenter Thizir depuis beaucoup trop longtemps parce qu'elle convertit ce léger malaise en plaisanterie:

"Essais pas de corrompre mon dragon avant même sa première journée, toi. Même après un changement de sexe potentiel. Qui n'arrivera pas. Le noir ne sied pas à mon teint."


La jeune femme se replongea dans sa tasse et ses pensées. depuis l'empreinte, elle étaient très chaotique. un millier de pensées s’ébattaient gaîment dans son esprit. Elles étaient presque toutes joyeuses, extatiques, admiratives... Mais certaines étaient sombre, dure, angoissées. une de ces pensées glacée quitta la nuée pour s'emparer de l'attention de la torhille. Comment cela pourrait-il durer. Rien ne durait. Ni la famille, ni les mariage, ni les enfants. Jamais, lui semblait-elle, le bonheur n'avait décidé de s'installer durablement chez elle. Même à Madanga, parenthèse idyllique de sa vie, Gekar était mort et l'avais laissée seule pour faire vivre sa veuve et ses enfants. Les gens mourraient. Tous. Et Si... Aysu?

La toute nouvelle liée ferma les yeux, presque nauséeuse à cette idée.

Non. Ça n'arriverais pas. Ou alors elle ne le verrait pas. Jamais. Elle ne pouvait pas être encore la survivante. Elle en mourrait. Et surtout elle ne se laisserait pas déstabiliser par des conjectures morbides. Tout irait bien. Tout allait bien. Elle rassura d'une pensée la bleue agitée dans son sommeil par l'angoisse qui avait suinté d'elle et reporta son attention sur Thizir:

"Moi? Oser me lier à un dragon qui déplaît à notre maîtresse bien aimée? J'oserais jamais! Tu vois bien que je suis une lèche botte de première: J'ai marqué le même type de dragon que la patronne!"
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Lun 5 Oct 2015 - 18:05 Répondre en citantRevenir en haut

Ce fut Eos qui trouva la première la missive. Pépiant bruyamment, elle vint voleter autour de sa maîtresse comme le ferait un faucon affamé. Persée n’eut d’autre choix que de lui prêter attention. Il commençait à se faire tard. Elle avait finis son service – si tant que sa charge puisse avoir vraiment une fin – et venait de s’enfermer dans la tranquillité bienheureuse de ses appartements. Mais la lézarde rouge ne lui laissait aucun répit. Eos ne retrouva son calme que lorsque sa maîtresse eut pris connaissance du message d’Aoife. Qu’il était étrange de penser qu’elle était déjà Chevalière. De même que Thizir. Un mélange de fierté, de soulagement et d’un autre sentiment indéfinissable – la peur de voir le temps passer si vite – serraient la gorge de l’Ancalikon à la lecture de ce court message.

Ses deux anciens Aspirants avaient été détectés par Vraël à très peu d’intervalle. Ils avaient été formés en même temps, par le même Maître et se connaissaient déjà bien avant. Peut-être cela les avait-il aidés à s’acclimater au mode de vie du Màr Menel. Il fallait l’espérer. Leur Empreinte n’était récente que de quelques heures. Persée pouvait parier qu’ils faisaient la fête quelque part. Ou peut-être s’étaient-ils isolés, savourant le lien psychique naissant avec leur dragon. Ainsi que leur amour exclusif.

Sa propre situation ne fut pas si différente, un peu plus de cinq ans auparavant. Persée se replongea brièvement dans ses souvenirs, souriant doucement en se remémorant l’enfance de sa Liée. Vraël avait été une dragonnelle extrêmement curieuse, indiscrète et taquine. Très tôt, un seul désir avait dominé tous les autres chez elle : celui de voler. Pendant plusieurs jours, après leur Empreinte, les deux Âme-Sœurs avaient vécu en solitaires, constamment collées l’une à l’autre. Et gare à qui les dérangeait ! Du temps avait été nécessaire pour qu’elles comprennent le lien qui les unissait désormais pour la vie. Le même phénomène s’était peu ou prou reproduis avec Eos. Lorsque le lézard de feu émergeait de sa coquille, dans un recoin du Jardin d’Hiver, le reste de sa couvée fut très vite adopté par les instances du Màr Menel pour servir de messagers. Il n’en fut rien pour elle. Née Incarnate, elle ne reçut que mépris, horreur et haine dès sa sortie de l’œuf. Comment ce Chevalier, parti en voyage au Ssyl’Shar, aurait-il pu savoir qu’il rapporterait non pas la couvée d’une reine d’or mais celle d’une lointaine parente aux reines du Màr ennemi ? Avec empressement et des reproches acerbes pour les Aspirants qui s’étaient moqués de la petite lézarde, cependant aussi avec un regard coupable et perplexe pour ladite lézarde, Persée avait adopté Eos. Et l’avait marquée. Depuis, tout le Kaerl semblait s’accorder avec tolérance, sinon avec indifférence, sur le lien atypique qui unissait le Chef des Armées Célestes à une minuscule Incarnate.

Quand l’Ancalikon quitta sa chambre pour rejoindre le point de rendez-vous, la statuette offerte par Aoife scintillait, au milieu du bureau, auréolée des lueurs du couchant. Persée connaissait les moindres méandres du Jardin d’Hiver. Elle avait passé une grande partie de son propre apprentissage à s’y réfugier. Elle eut tôt fait de retrouver la trace des deux nouveaux Chevaliers. Aoife était seule : nulle dragonnelle bleue en vue. Près de Thizir, en revanche, dormait paisiblement sa Blanche aux griffes dorées. Aux dernières paroles de la Torhille, un sourire amusé étira les lèvres de la sang-mêlée.

- Tu aurais pu te lier à l’avorton borgne et boiteux de la portée que cela n’aurait rien changé. Il reste ton Âme-Sœur… Pour le meilleur et pour le pire ! Il faut savoir s’en accommoder.

Il y eut un grand appel d’air, tandis que se posait une dragonne faussement vexée sous le couvert du feuillage.

° Ose me dire que tu aurais préféré ma sœur ! Elle est si petite qu’elle pourrait se glisser sous le pas de ta porte de salle de bains… °

Parmi la maigre couvée qui avait donné naissance à Vraël, il y avait eu le Noir Andunë, le Bronze Manigoldo et la Verte Lhyd. Cette dernière entretenait une saine rivalité avec sa sœur bleue quant aux acrobaties aériennes. Avec le temps, c’était devenu un sujet de plaisanterie entre elles.

A la remarqué de Vraël, Persée resta perplexe, avant d’entrevoir la situation embarrassante qui en résulterait. Est-ce qu’elle-même allait gratter entre les écailles de sa Liée aux endroits les plus incongrus ? Non ! Alors qu’il ne lui vienne surtout pas à l’idée de s’introduire dans son bain !

- N’y pense même pas !

Puis, se retournant vers les deux jeunes gens :

- Excusez mon retard. Je viens tout juste de recevoir ton message, Chevalière Rothil.
° C’est un beau titre. Vous devrez vous y habituer, tous deux. Vous voilà Chevaliers, °
ronronna avec contentement la grande dragonne turquoise.

Tandis que Persée se contentait de s’adosser à un arbre, Vraël vint se coucher en position du sphinx dans l’herbe, tout en prenant soin de replier sagement ses ailes le long de son corps. Son regard opalin chavirait peu à peu vers un bleu-vert serein. Un regard qui paraissait étudier la petite Blanche roulée en boule. Sans qu’elle ne sache pourquoi, elle était parfaitement d’accord avec la volonté de la déesse. Thizir et cette dragonne s’accordaient déjà à merveille.

° Qu’elle est jolie ! Et où se trouve ta Liée, Aoife ? J’ai hâte de la rencontrer, elle aussi ! Et il va sans dire que les Bleues sont les plus belles. °

Le poing de Persée vint percuter l’épaule de Vraël, accompagné d’un éclat de rire.


Quand les paroles de Vraël sont en gras, vous pouvez l'entendre ^^





Dernière édition par Persée Garaldhorf le Dim 11 Oct 2015 - 12:27; édité 1 fois
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Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Sam 10 Oct 2015 - 15:24 Répondre en citantRevenir en haut

Aysu valait toutes les périphrases du monde. C'était un nom qui rappelait la vague s'éclatant sur les rochers en une gerbe d'écume. C'était l'éternuement des dieux. C'était doux mais bref, plein de sonorités en une seule syllabe à peine soufflée. C'était Ifa, brusque et pourtant féminin, charmeur et brutal. Préférant être écartelé plutôt que d'avouer ce genre de faiblesse à sa camarade de route, il continua dans la dérision.

« C'est bien, il n'y a pas trop de lettres, tu ne risques pas d'oublier. »

Il croisa les bras, se sentant enfin en terrain solide. Taquiner Aoife faisait partie des incontournables de sa vie. S'il l'avait oubliée quelques temps, quand ils avaient été séparés, elle avait été dans les pensées du métisse presque tous les jours depuis leur arrivée au Kaerl. Pas parce qu'il était amoureux mais parce qu'elle l'aidait, sans vraiment le savoir, à supporter l'enfermement et le dépaysement. C'était une amie. Il n'en avait pas eu tellement durant sa longue vie. Il appréciait le sentiment. Et maintenant qu'il avait Sarastu, il voulait – maladroitement – lui faire comprendre qu'il ne l'oublierait pas pour autant.

« Mais je persiste à dire qu'elle t'irait très bien en noire. Au pire, il suffit de te blanchir un peu. Si tu veux, on peut aller chercher un tonneau de farine en cuisine, je suis certain que Maître Persée serait ra... »

L'arrivée de ladite Maîtresse l'interrompit avant qu'il n'aille trop loin. Et l'ambiance s'élargit pour les inclure, elle et l'immense créature turquoise qui se posa peu de temps après. Comme souvent par le passé, Thizir apprécia la farouche indépendance de Vraël, sa digne indignation et son incapacité à comprendre l'humour humain. Il l'aimait bien. Il les aimait bien. Il avait l'impression d'aimer le monde entier, un peu comme une gamine au milieu de son printemps. Mais ce n'était pas grave. Ce soir entre tous, il avait le droit. Il redeviendrait cynique et moqueur plus tard. Il inclina poliment la tête, grave et souriant, mettant dans ce salut le respect qu'il avait toujours éprouvé par l'Ancalikon.

« Quand on parle du dragon, on en aperçoit les écailles. Bonsoir Maître. »

Comme toujours, il y avait dans ce dernier mot l'affection, la crainte, l'amusement et le respect qu'il éprouvait pour les deux personnes qu'il avait jamais salué ainsi et qui, dans son esprit, se mêlaient pour former comme une entité propre, étrange.

« Bonsoir Vraël. »

Il fit signe à la moitié humaine du duo de s'asseoir mais celle-ci semblait préférer son arbre. Sans insister, le demi-Torhil écouta sa supérieure et son dragon prendre la direction de la discussion. Cela lui convenait très bien de redevenir spectateur, se laissant porter par les mots, n'intervenant que de temps en temps pour apporter une précision ou pimenter un petit peu les échanges. Il nota tout de même que c'était Ifa qui avait invité leur professeur à cette petite réunion et l'applaudit mentalement d'y avoir pensé.

« C'est qu'elles surpassent en beauté à la fois les cieux et les océans, que leur grâce fluide n'a pour comparaison que les jeux de lumière sur les lacs et que leur tempérament bouillonne parfois plus que les torrents dévalant les montagnes. Nous autres, blanc, n'avons pour comparaison que les nuages et la neige, avouez que c'est tout de suite moins attirant... »

Et pourtant, il aimait la blancheur opaline de sa liée. Il en appréciait les reflets, la simplicité complexe de ses écailles irisées, et le dandinement maladroit qu'elle avait quand elle le suivait sur ses deux pattes. Encore une fois, il vérifia ne pas l'avoir vexée. Sarastu n'était que sommeil, coton et paresse. Elle dormait comme dorment les enfants. Dans un abandon béat.
Aoife Rothil
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MessagePosté le: Dim 11 Oct 2015 - 01:26 Répondre en citantRevenir en haut

Et voila... Ça faisait longtemps que Thizir lui avait pas envoyé une vacherie... Il pouvait pas s'en empêcher... Sans doute son sang perverti de Neishann...

"Parce que tu crois que je connais mes lettres?"

Elle allait balancer au Neishann une vacherie sur son lignage mais la conversation dévia sur l’éventuel échange d'Aysu. Bientôt, des pas se firent entendre. Avec grand plaisir, Aoife put voir arriver celle qui avait été leur Maîtresse pendant cette année. ah! Elle avait eu son message. Avec un grand sourire, elle lui tendit une chope pleine. Bon, elle eu un mouvement de recul a l’atterrissage de Vrael; Pas par peur. Juste pour pas renverser.

Elle regarda leurs mentors se chamailler avec un sourire attendrit. Maintenant, elle aurait ça aussi. Une amie indéfectible. Et elle parlait comme les ballades a l'eau de rose de Thizir. La honte. Elle retendit la chope à Persée.

"Jus de fruit. Y en a pour toi aussi, Vrael, si tu veux. Et je n’échangerais Aysu pour rien au monde. Pas une écaille. Et la farine, c'est une sale idée. Ça accroche qu'aux cheveux et es cheveux blancs, sur un torhil, franchement... Ridicule!"

Elle tira la langue à son ami avec retenue et maturité (non).

Elle eu un grand sourire quand leurs deux aînées en dragonnerie quand elles soulignèrent leur nouveau titre.

"Oui. Chevalière... Ça semble dingue, hein? Mais je suis désolée, c'est dérisoire par rapport à..." Un sanglot de joie traversa sa gorge "A Aysu."

Elle profita de la tirade de Thizir pour se refaire une contenance (et elle lui envoya un coup de coude. Quand même.). Heureusement parce qu'elle du ensuite parler d'Aysu.

"Il y avait trop de monde. Elle voulais un endroit tranquille pour dormir, alors je l'ai laissé dans ma chambre. Je l'ai regardé un peu dormir, mais elle a dit que je la gênais. donc bon, j'ai été voir ailleurs si j'y étais."

Elle admira une fois de plus l'esprit de sa liée dormir. Adorable.
Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 02:08 Répondre en citantRevenir en haut

- Le bon soir à vous deux.

Persée riait sous cape, la chope offerte par Aoife en main, observant avec attendrissement ses anciens Aspirants se chamailler comme ils l’avaient toujours fait. Ici, au sein du Jardin d’Hiver, dans cette bulle de bonheur spécialement créée par les nouveaux Chevaliers, rien ne semblait avoir changé. Les deux jeunes gens échangeaient des plaisanteries dont eux-seuls avaient le secret, sous le regard bienveillant de leurs précédents maîtres. Le nouveau dirigeant de leur existence résidait maintenant en ce fragment d’âme, incarnée dans une fragile créature enfantée par une déesse. Cette nouvelle vie qui leur était offerte leur appartenait toute entière. Personne n’avait le droit de la leur voler.

Persée-Morian Garaldhorf ferait ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi. C’était une promesse faite aux dieux. L’Ombremage pouvait aller se rhabiller dans ses toiles d’araignées poussiéreuses s’il espérait faire du mal à ces deux-là.

- Serait-ce de l’émotion que j’entends dans votre voix, Chevalière ? se moqua gentiment la Maîtresse Bleue qui, même si elle demeurait plus jeune en âge, l’était supérieure en expérience.
° Je te remercie pour cette alléchante proposition, Aoife mais je suis épuisée. Je ne prendrais pas ma forme bipède aujourd’hui. Pas de jus de fruit pour moi, hélas ! °

Persée sourit, fit jouer le liquide dans sa chope puis en but une gorgée. La joute verbale se déroulait sous ses yeux, prévisible mais pas moins appréciée.

Vraël, grand reptile alangui sous l’ombre des cimes, releva la tête et entreprit de s’installer plus confortablement. Ses jeunes années ne lui paraissaient pas si lointaines. Les souvenirs se mêlaient aux compliments de Thizir en un ballet mirifique pour ses sens aiguisés. Elle aurait ronronné de plaisir si elle l’avait pu.

- Ne la flatte pas tant ! Il se pourrait bien qu’elle te prenne au sérieux et que son orgueil devienne très encombrant…
° Billevesées ! Tous les dragons sont beaux. Nous sommes la plus belle des créations que cette terre puisse espérer. Mais nous n’en demeurons pas moins imparfaits. °
- Ose le dire devant une reine. J’adorerais voir sa réaction !


La Bleue renâcla, partagée entre la vexation et l’amusement, avant de reporter son attention sur les nouveaux Chevaliers. Qu’ils étaient adorables ! Elle renifla distraitement le breuvage de sa Liée puis fit mine de se gratter sous l’articulation de son aile gauche. Une fleur égarée vint flotter devant son nez et acheva sa course dans l’herbe tendre, dans le plus paisible des silences.

- J’aurais pensé vous voir en train de fêter votre Empreinte dans une bonne taverne, surtout après ce banquet quelque peu… Froid et protocolaire. Tout compte fait, je comprends que vous soyez venus ici. Le Jardin d’Hiver est très reposant…

Du chant d’oiseaux invisibles, des piaillements plaintifs de dragons-fées en chasse, ou des rires lointains des promeneurs, les échos feutrés de tous ces sons parasites se retrouvaient piégés, étouffés, par la quiétude du lieu. Il devenait alors si facile d’oublier le monde extérieur.



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Thizir Erastyl
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MessagePosté le: Lun 9 Nov 2015 - 17:24 Répondre en citantRevenir en haut

Secouant sa chevelure de neige, le jeune homme sourit à l’attaque maladroite de la pure-sang. La pique l’aurait blessé quelques années plus tôt lorsqu’il tentait encore de se rapprocher de la terre dont il était issu, lorsqu’il n’avait pas vraiment compris ce qu’il était et pourquoi. A présent, elle le faisait sourire et la chassait d’un revers de pensée. Il avait accepté son métissage il y avait longtemps déjà mais ce n’était qu’aujourd’hui qu’il avait compris toute la profondeur de la pensée d’Osmael. L’enfant de Flamrya aurait la même teinte que lui, comme une étendue vierge sur laquelle tout était à écrire.

Une contre-attaque nécessitait cependant une vengeance et si elle était meilleure froide, le conteur n’eut pas à attendre longtemps pour voir briller une occasion. Rebondissant sur la remarque de Persée, il répliqua, amusé.

« De l’émotion dans la voix d’Ifa ? Vous avez dû mal entendre, Maître, Ifa n’a dans la voix que la forge et parfois un tout petit chat bleu nommé Aysu. »

Pour lui, le titre n’était qu’un mot. Le changement allait au delà. Aspirant, Chevalier, Prêtre, Conteur, Métis, Maudit, Fils de Rien, Fils du Monde, on lui avait donné tellement de titre depuis tellement de temps qu’il ne s’attachait plus à ce genre de définition. Il en comprenait les implications, il comprenait la réaction de son amie, son émotion, son angoisse, mais sa réaction à lui était différente. Peut-être parce que sa dragonne était là. Peut-être parce que la salutation ne s’était pas adressée à lui. Dans tous les cas, il avait l’avantage et bien l’intention de le garder. Il prit une gorgée de jus, savourant les arômes mêlés de sucre, d’acidité et d’amertume. Comme une bonne amitié. Comme ce qui se tissait entre eux trois en cette soirée si particulière.

« Et c’est de l’imperfection de vos créations que se tisse votre parfaite beauté. Car une rose parfaite n’est qu’une image, une illusion que l’on craint de briser, une notion qui fait mal à nous autres, êtres aux sols. Alors que vos différences, vos parfaites imperfections font de vous les parfaits modèles de ce que la terre et les Dieux peuvent nous apporter de plus abouti. »

Déclamant tout cela avec le plus grand sérieux, Thizir s’interrogea une seconde sur la véracité de son discours. Grisé par la soirée, il disait tout ce qui lui passait par la tête, sans vraiment savoir s’il le pensait ou pas. Les mots ce soir étaient un voile qui cachait ses pensées profondes, ses sentiments chamboulés. Il espérait assez bien s’en tirer pour que cela ne se remarque pas trop, et pour que la camaraderie ambiante fasse suffisamment illusion pour qu’ils oublient qu’il n’était qu’un homme dont le monde venait d’être retourné. Il reprit son sérieux à la mention du banquet. Il avait beau être dans la lune, certaines choses ne lui avaient pas échappées.

« Et rater les étoiles ? C’aurait été une erreur. Nous avons tout le temps pour faire connaissance avec nos camarades et eux aussi ont bien mérité de se détendre à la taverne sans être importunés par deux nouveaux au regard humide. »

Dernier petit sourire en coin à Ifa.

« Je parle de la forgeronne et de sa compagne, bien évidemment. »

Bien évidemment.
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