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 [RP] Le Cri du Sang Sujet suivant
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Amaélis Yodera
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Dim 2 Aoû 2015 - 23:34 Répondre en citantRevenir en haut


Grimhilde Eleicúran


Le Cri du Sang.
Kholat OST - The Beginning


Elle marchait, et ses pieds nus s'enfonçaient dans un sol de cendres. Il flottait dans l'air une odeur étrange, mêlant chairs consumées et esprits meurtris. La plaine s'étalait devant elle, infinie et impalpable, et de temps à autres, des éclats rougeoyants furtifs et à l'agonie indiquaient que toutes les braises n'étaient pas encore mortes. La peur lui nouait les entrailles, inexplicablement. Amaélis n'avait aucune idée de ce qu'elle venait faire ici. Elle ne savait même pas ce qu'était ici. La Neishaane avançait doucement, prenant garde à éviter les zones d'où s'échappait une fumée sombre et menaçante. Faire abstraction des corps calcinés qui jonchaient le sol était impossible – et, plus d'une fois, les émanations l'avaient faite se tordre et vomir, à genoux dans les cendres.
Le vent, même s'il était chargé de poussière et de particules enflammées, portait à ses oreilles le vague écho de hurlements. Pour une raison stupide et inconnue, Amaélis était persuadée qu'elle devait suivre ces cris – ils étaient ses seuls guides dans ce paysage de désolation et de ruines.

Elle aurait été incapable de dire combien de temps elle marcha ainsi. Dans l'horizon était désormais découpée la silhouette d'un vieux temple, légèrement plus sombre contre la toile grisâtre du ciel. Sûrement était-ce l'endroit où elle devait se rendre. Le bâtiment était, comme toute chose ici, détruit. Les pierres avaient été noircies par les flammes, certains murs s'étaient effondrés, et des membres tordus et calcinés dépassaient de sous les amas de débris divers. Néanmoins, sur les marches jadis blanches, se tenait un vestige du temps passé. Entourée de voiles vaporeux d'un vert tendre, une femme sans âge souriait à Amaélis. Elle possédait cette aura de danger et d'interdit que la Neishaane ne connaissait que trop bien – c'était l'odeur du Màr Maudit et celle de sa Gardienne. L'apparition n'avait rien d'humain, cela elle pouvait le sentir. Néanmoins, elle ne pouvait pas reculer.

Tu es bien folle de revenir en ces lieux et en ces temps, fille d'Esclave. Ignores-tu donc la Malédiction qui s'est abattue ici ?

Je n'étais pas là, et je n'y serai jamais. Qui es-tu ?

La femme partit d'un grand rire aux tintements métalliques, qui résonna bizarrement dans l'esprit d'Amaélis. D'un signe de la main, elle invita la Neishaane à s'approcher. Celle-ci balança la tête, rejetant la proposition, la méfiance illuminant son regard tout d'acier et de fer. L'apparition ne parut pas s'en offusquer.

Autrefois, on me nommait Grimhilde Eleicúran. Es-tu venue ici pour me demander quelque chose ? Ou as-tu oublié, comme tout le reste ?

Il était étrange de constater à quel point l'esprit d'Amaélis semblait comprendre rapidement les choses, avant même qu'elles aient pu être intégrées de manière consciente. Les mots s'échappaient de ses lèvres sans qu'elle eût aucune prise dessus.

Le sang crie pour le sang, et appelle le sang. C'est toi qui m'as convoquée.

Les yeux de l'Ancêtre étincelèrent d'une lueur malsaine, et la Neishaane eut soudain l'impression d'avoir devant elle deux trous noirs aspirant la lumière dans leurs caverneuses obscurités. Un sourire mauvais dévoila les dents ivoiriennes de Grimhilde, tandis qu'un rire interne semblait agiter son corps squelettique.

Il est si aisé d'emporter les vivants dans l'oubli, le problème inverse est nettement plus intéressant... N'est-ce pas ? Comment réveiller la mémoire ? Le même désir brûle au fond de toutes les âmes – celui d'égaler les Dieux – et la chute attend tous les Hommes. Le monde est un cercle parfait !

Elle riait désormais comme une maniaque. Une bourrasque de vent plus violente que les autres les heurta de plein fouet, et Amaélis dut se couvrir le visage, offrant ses bras à la brûlure des braises volatiles. Grimhilde, elle, n'avait cure des flammèches qui léchaient ses voiles vaporeux ou des traces de cendres dans ses cheveux et sur ses épaules pâles. L'écho de son rire résonnait au cœur du Temps, se heurtant aux pierres et porté par le vent infini qui soufflait sur la plaine. Amaélis fronça les sourcils. Elle n'arrivait pas à se défaire de cette méfiance viscérale envers la créature qui se tenait, assise sur les marches, comme un sphinx veillant sur son royaume déchu. Elle souriait, toujours, puissante et mauvaise – et ses paroles semblaient totalement dépourvues de sens.

Pourquoi m'as-tu appelée ?

Grimhilde l'observait avec des yeux avides, et la Neishaane pouvait sentir son excitation. Elle se dressa, lentement, et Amaélis ne put s'empêcher de se tasser sur elle-même. L'Ancêtre était immense, terrible. Alors qu'elle se levait, des corps fantomatiques jaillirent du Temple en ruines et s'évanouirent dans l'air, leur visage déformé par un hurlement silencieux.

Tu es mon sang. Tu as pénétré les ruines de ce Màr, et j'ai pu sentir ton âme. Tu étais si proche.

Amaélis regarda la femme sans comprendre, et celle-ci lui fit à nouveau signe de s'approcher. La Neishaane resta fermement campée sur ses deux pieds, incapable de s'approcher de Grimhilde. Elle n'eut guère le choix, cependant, car l'Ancêtre avait descendu les marches noires et se tenait désormais juste devant la Maîtresse Engloutie. De près, ses traits étaient ronds – des joues rebondies, des lèvres pleines et qui appelaient au baiser... Ses yeux étaient d'une couleur indéfinissable, évoquant autant le vert des marécages que le gris d'un ciel d'hiver, et semblaient être un miroir sur lequel se réfléchissaient d'innombrables époques. Pour rien au monde, Amaélis n'aurait pu nier l'attraction que Grimhilde exerçait sur elle. Une étrange vibration emplissait l'espace autour d'elles, et la Neishaane, de part son affinité avec la musique, savait que ce phénomène se nommait harmonie.

Qui es-tu, vraiment ? Qu'est-ce que je fais ici ?

Grimhilde eut un sourire presque maternel, et sa main, glacée et douce comme de la soie, vint effleurer le visage d'Amaélis.

Quelle tristesse que tu aies oublié, mon enfant... Ce n'est guère de ton fait, je ne l'ignore pas. Mais mon cœur de mère saigne d'avoir ainsi été reniée par la chair de ma chair.

Des tambours battaient un rythme implacable, pulsant dans ses tempes. La tête lui tournait. Elle sentait une plainte qui enflait dans ses poumons, venant du plus profond des âges. Elle avait oublié. Qu'avait-elle oublié ? Réfléchis, réfléchis. Son esprit était en lambeaux, que pouvait-elle espérer en tirer ? Elle n'était qu'une mortelle, dépourvue de tout savoir, et il ne lui appartenait pas de tisser la toile des souvenirs. Ce qui avait été détruit, noyé. Ce qui avait été brûlé. Ce qui s'était envolé.

Tout ce que nous avons perdu dans les flammes.

Il y avait comme un monstre dans son corps. Il se tordait, griffait, mordait, déchirait ses organes. Les mains tremblantes, la Neishaane appuyait désespérément sur son ventre pour faire taire la douleur. Elle tomba à genoux, toussant et crachant. Souffrance, souffrance. Quelque chose qui cherchait à sortir – qu'était-ce ? Ses souvenirs ? Tout son corps parcouru de spasmes, Amaélis vit avec horreur qu'elle avait craché – non pas des souvenirs – des vipères noires et luisantes. Au-dessus d'elle, la silhouette de Grimhilde projetait un ombre qui menaçait de plonger la plaine entière dans une nuit sans fin. Les serpents s'enfouirent dans les cendres, et Amaélis gisait sur le sol, le souffle coupé et les yeux remplis de larmes.

Pauvre enfant. Voilà le présent qui t'a été offert, voilà la paix qu'apporte l'oubli.

Grimhilde s'agenouilla dans un tourbillon de pétales de braises, ses longs cheveux d'ivoire comme une corolle. Elle souleva la tête d'Amaélis pour l'attirer dans son giron, repoussant quelques mèches collées à son front par la sueur. De sa bouche s'éleva alors une berceuse ancienne – la même que la Neishaane chantait lorsque son esprit menaçait de s'enflammer.

Pour mettre un terme à ton martyre, ma douce, il te faut pénétrer à nouveau dans l'enceinte du Màr Maudit. Des profondeurs, nous crions – et rien n'est sourd à nos chants. Le sang appelle le sang. Tu sauras me retrouver.

Le monde autour d'elles commençait à se brouiller, se fondant en une aquarelle cauchemardesque. Grimhilde se pencha et posa délicatement ses lèvres sur celles de la Neishaane, avant de se redresser et de retourner en direction du Temple. Amaélis vit défiler sous ses yeux des images du Kaerl déchu, des murs détruits, un vaste hall avec un puits, des corridors sombres, une large pièce, la lumière, les flammes, des rivières sanglantes, le visage de Grimhilde qui fondait comme une statue de cire...

Puis plus rien.





Dernière édition par Amaélis Yodera le Jeu 22 Déc 2016 - 15:40; édité 1 fois
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Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Jeu 22 Déc 2016 - 15:39 Répondre en citantRevenir en haut



Assise sur un trône gris et solitaire, elle méditait. Les murs nus de la pièce ondulaient sous la lumière d'une unique chandelle, suivant le rythme de sa respiration. Sous ses pieds, elle sentait le battement violent de la terre, comme un millier de cœurs, et le cri des âmes damnées qui montait du fond des entrailles du monde faisait vibrer sa chair. Elle aimait la musique – sombre, essentielle, vieille – des choses enterrées. Elle sentait les frissons éclore sur sa peau, le long de son dos, bourgeons encore timides des fleurs les plus vénéneuses : désirs noirs, passions hideuses. Elle se délectait des tourments, y trouvait la source de tous les pouvoirs. Ses mains se dressèrent dans l'air, dessinant des formes étrangères, et un sourire étira ses lèvres pâles.

Viens, mon enfant. N'aie crainte.

Les paupières s'ouvrirent en battant, telles les ailes d'une phalène, et les images s'envolèrent, froissées, dans la bourrasque qui en résulta. Amaélis se tenait debout devant le trône, pieds nus sur le sol glacé et étrangement visqueux, le regard céladon de l'Ancêtre pesant sur elle comme une antique malédiction. Drapée de soieries de jade et d'améthyste, Grimhilde portait dans ses cheveux d'ivoire de fines chaînes or et argent où étincelaient une myriade de gemmes. Ses mains, sagement croisées en son giron, arboraient des ongles assez longs pour percer la chair et faire couler le sang. Il flottait autour d'elle une puissante odeur métallique, quelque chose de froid et de fort.

Je peux sentir le tumulte qui agite tes pensées, ma douce. Quelle est donc cette terrible douleur qui enserre ton cœur ?

Le ton de l'Ancêtre était aussi trompeur que l'Isthme des Brumes, mais, peut-être parce qu'elle venait des premiers âges du monde, il était impossible de lui résister. Amaélis entendit ses propres larmes s'écraser au sol avec un fracas qui se répercutait à l'infini contre les murs de la pièce.

J'ai perdu celle que j'aime, et des siècles séparent nos existences. Son esprit appartient à la Lande. Je ne peux pas la sauver des griffes de l'Oubli car telle est la volonté des Dieux.

Le Temps est un bien maigre souci pour qui a accès à la Connaissance ; il existe des secrets que même les Dieux ignorent.

Avec un sourire bienveillant, Grimhilde présenta ses mains, paumes ouvertes. Une pierre de taille modeste, d'une blancheur opaque, se trouvait confortablement nichée là. Les yeux écarquillés, Amaélis se sentit submergée par une attraction extraordinaire envers la gemme, à tel point qu'elle chancela, l'esprit aveuglé par un douloureux désir de la toucher. Tout son être criait que c'était la partie manquante, nécessaire. La voix de Grimhilde s'éleva, assourdissante, et quand elle s'éleva, ce fut comme si elle venait de l'Ancêtre, des murs, du vide, de l'esprit même d'Amaélis.

Amaélis Yodera, tu es revenue vers moi en rêve, mais je ne peux rien te révéler ici. Tu dois retrouver la demeure de ta famille – de notre famille. Le Màr dont le nom est maudit te reconnaîtra comme sa fille, aussi affronte ses monstres sans crainte. Les Dieux sont aussi cruels et volages que des enfants ; sauver une âme damnée mais pourtant innocente n'a rien d'un crime dans le monde des Hommes, pas plus que sauver un être que nous aimons. Seul ton Héritage pourra ramener l'élue de ton cœur, tu n'as désormais plus le droit d'en douter.

La jeune Neishaane avalait les paroles de Grimhilde, plus douces que le plus doux des miels. La simple idée de pouvoir à nouveau passer ses doigts dans les mèches nocturnes de Lam' était suffisante pour la faire frémir, et le souvenir encore brûlant de ses lèvres contre les siennes s'accompagnait d'un obsédant goût de mûre. Contemplant la silhouette vacillante de sa descendante, les yeux de l'Ancêtre avaient des lointaines lueurs d'incendie, embrasant la pâle nuit de sa folie. Ses mains se refermèrent autour de la Pierre et elle se leva pour mieux surplomber la scène. La chandelle projetait des ombres étranges, tapissant le sol et les murs de serpents et de monstres. L'espace d'un instant horrifique, Amaélis les vit également s'agiter de manière lancinante sous sa peau, si fine qu'ils auraient pu sans effort la percer et se répandre tout autour. Grimhilde caressait les cheveux de la Neishaane, ses ongles acérés griffaient et écorchaient – presque tendrement.

Je ne pourrai te guider hors de ce monde-ci, douce enfant. Je te demanderai donc de bien prêter attention à ce que je vais te montrer.

Toujours souriante, Grimhilde agrippa soudainement le haut de la tête d'Amaélis et la poussa en arrière avec violence. Retenant un cri, la jeune Neishaane perdit l'équilibre et chuta, avec une lenteur irréelle, comme si le sol chutait avec elle. Tandis qu'elle tombait, elle vit la pièce tourner follement et bientôt, il ne subsista plus que le visage déformé de l'Ancêtre qui l'observait de ses yeux de flammes. Tandis qu'elle tombait, elle vit aussi ce que Grimhilde lui avait montrée, quelques mois plus tôt : le hall au puits, les couloirs souterrains, l'immense salle dont le sol était couvert de runes et de symboles obscurs, noyés dans un sang brun et poisseux. Sa tête heurta les dalles froides et Amaélis eut le souffle coupé. La douleur submergea le monde, et elle mit quelques secondes avant de se rendre compte qu'un liquide chaud s'échappait de son crâne, formant un lac rouge où baignaient déjà ses cheveux et sa nuque. Aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres, et elle eut à peine le temps d'apercevoir une forme blanchâtre se détacher de l'obscurité avant que tout ne s'efface.

Sans comprendre pourquoi, Amaélis se redressa et cligna des yeux devant la vision de son corps étendu au sol, immobile, le regard éteint. Son sang venait abreuver les gravures mystiques, révélant des tracés alambiqués aux lignes intriquées. Tout cela semblait briller et prendre vie autour d'elle, et ses pieds furent bientôt enveloppés par une marée pourpre. Une fascination morbide l'empêchait de bouger, et ce même quand le sang se mua en feu, léchant ses jambes nues. Sa peau s'embrasait, des nuées d'or en fusion sillonnant son épiderme. Un hurlement déchira enfin ses poumons et elle leva vainement les bras. La souffrance la transperçait de part en part tandis que la chair fondait sous ses yeux, éblouis par le feu et les larmes. Il lui sembla entendre un millier de voix qui criaient avec elle, et sa voix se perdit parmi les autres. Des braises volaient autour de son corps en flammes, allaient s'accrocher au plafond comme pour créer un nouveau ciel piqueté d'étoiles cruelles.

Quelque part dans les tréfonds de son âme, Ithildin cria son nom, et elle ouvrit les yeux. Les draps étaient trempés de sueur, la chambre silencieuse. Sur la table de nuit, le crapaud Frowin la regardait. À l'autre bout de la pièce, l'Airain soufflait de la fumée par les naseaux. Essoufflée, le cœur battant à tout rompre, Amaélis tenta de reprendre ses esprits.

° Tu as fait un cauchemar si atroce que tu m'empêchais de dormir, Neishaane. °

La jeune Maîtresse en disgrâce ne répondit rien. Elle se redressa pour boire une gorgée d'eau, et envoya ses pensées vers la Dragonne qui grondait doucement sur sa couche de sable. Les yeux d'acier de la Neishaane brillaient désormais d'une résolution immuable.

° Ithildin, Étoile-Lune, nous allons retourner au Màr Agarwaen. °



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