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 Fragments d'Héritage. Sujet suivant
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Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Sam 25 Juil 2015 - 19:36 Répondre en citantRevenir en haut

Fragments d'Héritage.

Par l'Ermite, 450 après la Chute des Valherus



Rien n'est plus ardu à narrer que l'histoire d'une famille déchirée par des conflits de valeurs – celle-ci se perdant dans les méandres du temps, des pans entiers gommés par une rancune tenace en guise d'héritage. Néanmoins, c'est là ce que je vais tenter de faire. Les seuls outils en ma possession sont deux Pierres à Souvenirs, abandonnées par une femme au cœur lourd dont le seul désir était d'oublier, afin de préserver sa descendance.

~°~


L'origine de notre lignée se nomme Laimë-Ninquë, Valherue Liée à la Bleue Isilmë. Peu de vérités subsistent à son sujet, tant elle a su tisser autour d'elle une toile de légendes et d'aberrations. Son esprit, déjà fragilisé par la dégénérescence fatale de son peuple, a rêvé un nombre inimaginable d'expériences audacieuses – bien que moralement douteuses. Elle trouva la mort dans le sous-sol de sa demeure, alors qu'elle tentait de faire fusionner son corps et celui de son Âme Sœur, quelques années avant la Chute des Valherus. Laimë-Ninquë laissa derrière elle peu d'héritiers, car elle n'aimait que son Art. La plupart périrent d'ailleurs des suites de ses expériences. Lors de la fondation des Quatre Ordres Draconiques, ils étaient trois : Riwenn Eleicúran, Lié au Bronze Athelstan ; Grimhilde Eleicúran, Liée à la Blanche Aisling ; Moehau Anenlinda, Lié à la Verte Kryl'ya Krovi.

C'est à cette époque que survint la première fracture. La question était de savoir que faire des notes et des travaux invraisemblables de Laimë-Ninquë, qui constituaient l'unique legs de la Valherue. Selon Moehau et Riwenn, l'héritage devait être détruit afin d'éviter aux générations futures de reproduire les mêmes erreurs et car il représentait à leurs yeux un blasphème envers les Dieux. Grimhilde, elle, qui avait d'ors et déjà choisi d'intégrer le Quatrième Ordre Draconique, souhaitait à tout prix conserver les précieux documents et ainsi poursuivre l’œuvre de sa génitrice. Une violente dispute éclata, entraînant dans son sillage une série de tragédies dont la honte et l'horreur ont maculé des générations.

En l'an 5, Moehau Anenlinda, fondateur de la branche Ondine des descendants de Laimë-Ninquë, Maître Dragon du Màr Luimë, et sa Liée, la Verte Kryl'ya Krovi, devinrent les meurtriers de la Blanche Aisling. Le couple d'Âme Sœur fut arrêté et emprisonné dans les tréfonds du Quatrième Ordre Draconique avant de pouvoir mettre fin à la vie de leur demi-sœur Grimhilde Eleicúran et de détruire les travaux de leur mère. Rendue folle par la perte de sa Liée, Grimhilde tenta de trouver un moyen de la ramener à la vie en parcourant sans relâche les documents de Laimë-Ninquë. Une année plus tard, le rituel était prêt. Je ne m'étendrai pas sur les détails de celui-ci, car il est des actes trop ignobles et dangereux pour être relatés. Grimhilde fit du fils non-né de Riwenn, son propre frère – qu'elle tenait également pour responsable de la mort de la Blanche Aisling – un sacrifice sanglant et vain. À la suite de cela, Riwenn, traumatisé et dégoûté, prit la fuite pour ne plus jamais revenir sur Tol Orëa ; Grimhilde, sentant sa raison la quitter, transféra ses souvenirs dans une Pierre du Ciel avant de s'immoler, emportant avec elle l'héritage de Laimë-Ninquë. Ses deux fils restèrent aux côtés de leur père, dont le nom est aujourd'hui perdu. Quant à Moehau et Kryl'ya Krovi, leur sort n'est pas clair – mais il est presque certain qu'ils passèrent leur vie dans les cachots.

Ainsi débuta la haine entre les familles Eleicúran et Anenlinda, qui devint la seule valeur respectée par les deux branches. Des centaines d'années plus tard, cette haine avait été élevée au rang de légende par les descendants de Grimhilde. Dans les ténèbres de leur Màr, les membres du clan Eleicúran œuvraient pour le retour des Valherus, bercés par l'illusion que ceux-ci anéantiraient leurs rivaux et mettraient un terme à l'infamie que représentait l'existence d'une seconde lignée.

En 350 naquit Siobhán Eleicúran, Liée au Noir Yngvarr. Pour l'avoir rencontrée, je peux vous avouer n'avoir jamais vu femme plus effrayante que celle-ci ! Un regard d'acier si froid qu'il vous déchirait l'âme, une peau comme celle d'un cadavre conservé par la glace, et une voix qui charriait les plus impitoyables blizzards. Son caractère hautain ne différait pas des autres membres de sa lignée, mais elle avait probablement bien plus de bon sens que tous ses frères et sœurs réunis. Lorsqu'elle vint me trouver en 425, avec dans ses bras une petite fille de quatre ans, elle avait échappé de peu à l'horreur. Siobhán avait également en sa possession deux Pierres à Souvenirs ; brièvement, elle m'exposa son dessein. Elle avait choisi de renier ses origines et son héritage, pour que ses descendants puissent vivre en paix, l'âme immaculée et le sang lavé des péchés de leurs ancêtres. Son cœur avait tellement souffert, et sa volonté était si forte, que je ne pus m'y opposer. Siobhán et sa fille, Arnhilde, ancrèrent définitivement leurs souvenirs dans les Pierres. Pendant leur sommeil, j'allai dissimuler celles-ci dans les tréfonds de mon antre. Peut-être aurais-je dû les enterrer et les faire disparaître, mais je refusais de tuer la mémoire de ces femmes qui partageaient mon sang. J'avais abandonné mon nom depuis bien longtemps ; je restais malgré tout le fils de Riwenn Eleicúran.

Résigné et déterminé à ne pas rompre la promesse qu'il avait faite à sa Liée, le Noir Yngvarr avait disparu. La mélancolie de Siobhán rongeait doucement son cœur. Elle ignorait la cause de ses souffrances, et se croyait malade – destinée à mourir. Je ne pouvais rien faire pour la soulager, et, un jour, je finis par la perdre ; le Lien l'avait appelée au cœur des montagnes, et l'avaient sûrement engloutie. J'emportai Arnhilde avec moi et la confiai au premier couple de bergers qui croisa notre route. Désormais libre de toute attache, j'ai pour conviction qu'elle mena une vie paisible, dans l'ignorance.

Au-delà du dégoût que m'inspire mon héritage, je n'ai jamais pu me résoudre à détruire les derniers réceptacles de l'Histoire des descendants de Laimë-Ninquë. Des milles et des milles de pierres traîtresses, de vents gelés et de neige les séparent du reste de Rhaëg.





Souvenirs de Siobhán Eleicúran, Maîtresse Noire du Màr Maudit, Liée à Yngvarr.
(350 - 426)




Citation:
« Notre existence même et les buts que nous poursuivons sans relâche ne sont qu'un mensonge, et c'est un sentiment d'injustice illusoire qui a fait de nous des pantins aisément manipulables. J'ai commis un crime ; j'ai ouvert les yeux. Je suis descendue dans les sous-sols de notre demeure, me suis aventurée là où notre illustre ancêtre Grimhilde Eleicúran s'est donnée la mort, quatre-cents ans plus tôt. J'ai touché cette Pierre presque légendaire, qui trônait de manière ridicule sur son autel d'infamies. Sais-tu ce qu'elle m'a dit ? Sais-tu ce qu'elle m'a montrée, Hionys ? Les Dieux nous pardonnent, nous et notre sang maudit ! Cette Valherue, notre plus ancienne mère... Sais-tu quelles furent ses œuvres ? Mon âme brûle encore, souillée par les visions des travaux impies auxquels elles se livraient dans l'obscurité. Grimhilde n'est pas... Non, arrête ! Il ne faut plus les écouter ! Tu n'as aucune idée de l'horreur... Hionys. Elle a tué le fils de son propre frère, alors que sa mère le portait encore en son sein ! Et les mains encore dégoulinantes de ce sang, elle a invoqué les esprits les plus sombres de ce monde pour ramener sa Liée d'entre les morts. Que penses-tu qu'elle ait trouvé, en échange de sa damnation ? Mon amour, ils nous condamneront tous pour se venger d'un crime dont nous payons déjà le prix.



Ils auraient dû... Ah, par le sang de Kaziel ! C'en est fini. Eir, ma tendre sœur – Hionys, mon mari – tous... Partir. Partir. S'en aller. Le temps presse. Eir, Eir, écoute-moi. Ton ventre est rond comme les Lunes, partons. Pitié.



Encore un jour. Juste un jour. Hionys, je ne partirai pas sans elle ! Il en est hors de question ! Mes frères ne sont que des fous, j'ose espérer qu'ils trouveront dans leur agonie un feu plus ardent que celui qui écorche déjà leur âme ! Eir est ma sœur, son cœur est tendre, je ne peux pas l'abandonner. Elle doit vivre. Son enfant... son enfant doit être sauvé aussi. Un jour de plus, Hionys, et nous partirons. Je t'en fais la promesse.



Les cris, les cris, les cris. Du sang, beaucoup trop. Par Flarmya, ceci n'est qu'un cauchemar... Eir, où est Eir ? Des corps qui tombent. Du feu. Des yeux vides qui suivent mon passage. Flarmya, Flarmya, pardonne-nous. Eir, où es-tu ? C'est... c'est la garde devant chez nous ? Oh, pitié, qu'est-ce encore que cela ? Pourquoi... ? Vite, plus vite ! Yngvarr ! Prends Arnhilde, vite, protège-la ! Aide-moi ! Où est Hionys ? Dis-moi ! Dites-le ! Que font les épées de la garde rougies par le sang des innocents ? Qu'avez-vous fait de mon mari ? … Hionys, je t'avais promis... Un jour de plus... Mort. Je suis désolée. Désolée désolée désolée. Yngvarr... nous devons partir, oui, partir, vite, oublier. Plus jamais. Jamais jamais. Je suis désolée...



Yngvarr. Tu le sais déjà, tu es le seul qui sache lire mon cœur, mais tu dois jurer. Quand mes souvenirs auront disparu, tu devras disparaître toi aussi. Nous ne pouvons en rien réparer ce qui a été brisé – mais l'avenir, lui, nous pouvons le sauver. Je t'en supplie, Yngvarr. Jure-le. Je t'aime... Et, peur, oui, j'ai peur...
Merci. »



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MessagePosté le: Sam 25 Juil 2015 - 19:36 Revenir en haut

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Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 16:01 Répondre en citantRevenir en haut




La Valherue Laimë-Ninquë, Liée à la Bleue Isilmë & l'Esclave Eleicúran
Fondateurs de la Lignée




Grimhilde Eleicúran, Liée à la Blanche Aisling (moins 19 avant la Chute des Valherus – 6).
Fille de la Valherue Laimë-Ninquë et de l'Esclave Eleicúran, sœur de Riwenn, demie-sœur de Moehau Anenlinda
: Très puissante magicienne en son temps, influencée par les travaux de sa mère. Après le meurtre de sa Liée par son demi-frère Moehau, Grimhilde, devenue folle, tente de la ramener à la vie en sacrifiant la jeune femme de Riwenn et l'enfant qu'elle portait. Le rituel étant un échec, Grimhilde s'immole, ne laissant derrière elle qu'une Pierre à Souvenir.

Silki Eleicúran, Liée à la Bleue Veynth (5 – 154).
Fille de Grimhilde et de Dævran Gorge-Sombre, sœur jumelle de Flóki
: Grande conspiratrice, elle trempa dans de nombreuses intrigues politiques et religieuses pour tenter de mettre son frère Flóki sur le trône. Elle eut une fille, Svanhildr, avec son frère, puis conçut Ásvaldr avec Veyran Kaelyën. Meurt en 154 de la main de sa fille.

Flóki Eleicúran, Lié au Brun Ralenslaugh (5 – 164).
Fils de Grimhilde et de Dævran Gorge-Sombre, frère jumeau de Silki
: Plus réservé que sa sœur jumelle, il se passionnait plus pour la magie et les écrits religieux que pour les intrigues. En tant qu'aîné, il épousa Thaëlys, sa cousine du côté du frère de Dævran. Après l'assassinat de Silki, il laissa la mélancolie le ronger et s'éteignit une dizaine d'années plus tard (d'aucuns soupçonnent un suicide).

Svanhildr Eleicúran, dite « Fièvre Pâle », Liée à la Verte Heidrun (45 – 171).
Fille incestueuse de Silki et de Flóki, demie-sœur d'Ásvaldr et de Njáll
: Folle et dangereuse, Svanhildr était autant réputée pour sa maîtrise des arts de l'empoisonnement et du meurtre que pour celle de la magie noire. Obsédée par les Valherus et par la mort. Elle intégra les rangs des espions du Kaerl pendant quelques années, avant d'être renvoyée à cause de son caractère instable. Personne ne réussit à se débarrasser d'elle. Elle meurt en 171, des mains d'un Chevalier du Màr Luimë, probablement un Anenlinda.

Ásvaldr Eleicúran, Lié au Bronze Muírgh (47 – 192).
Fils de Silki, demi-frère de Svanhildr et de Njáll
: Né malade, le passage du temps ne fit qu'aggraver sa condition, et ce malgré les soins de son épouse et de sa mère. Il eut une fille, Sólveig, sa plus grande fierté. Il finit sa vie, paralysé et sénile.

Njáll Eleicúran, Lié au Noir Térémos (52 – 215).
Fils de Flóki, demi-frère de Svanhildr et d'Ásvaldr
: Prêtre de Flarmya, il passa le plus clair de sa vie enfermé entre quatre murs à parcourir des parchemins anciens. Il fut manipulé par sa tante, qui décela en lui un certain potentiel et voulut se servir de ses facultés pour ses propres desseins. Il existe des rumeurs faisant de lui l'instigateur du meurtre de Silki. Il hérita d'un siège au Conseil, épousa l'une de ses cousines et eut deux enfants. Mort par empoisonnement.

Sólveig Eleicúran, Liée à la Reine Améthyste Euanthe (117 – 312).
Fille d'Ásvaldr, cousine d'Aslaug et d'Inge
: Femme illustre, elle régna d'une main de fer sur la demeure Eleicúran, s'octroyant le rôle de matriarche en lieu et place de de son père. Elle eut de nombreux bâtards, faisant écho aux nombreux Vols Nuptiaux de sa Liée, mais épousa son cousin Inge comme le voulait la tradition. Elle mourut dans des circonstances mystérieuses, et Inge fut accusé – à tort – de l'avoir tuée.

Aslaug Eleicúran, Liée à la Bleue Vadís (120 – 200).
Fille de Njáll, sœur d'Inge et cousine de Sólveig
: D'une constitution assez fragile, Aslaug dédia sa vie à l'ancienne magie. Débauchée et hallucinée, elle procéda à un suicide rituel lors d'une cérémonie obscure, car les esprits de ses ancêtres l'avaient visitée. Elle pensait qu'après sa mort, elle serait réincarnée dans le corps du futur Lié de son fils.

Inge Eleicúran, Lié au Blanc Zaelyth (124 – 312).
Fils de Njáll, frère d'Aslaug, cousin de Sólveig
: Violent et pervers, il se rendit coupable de violences physiques et psychologiques envers Aslaug et Sólveig. Cette dernière fut forcée de l'épouser, mais leur relation était conflictuelle et abusive. Malgré les apparences, il ne fut pas coupable de la mort de sa femme – car il était trop lâche. Euanthe le brûla vif afin de venger Sólveig.

Brynhild Eleicúran, Liée à la Verte Kadreÿn (175 – ).
Fille de Sólveig et Inge, cousine d'Ansgar et d'Eydís
: Fille unique, violentée par ses deux parents, Brynhild trouva refuge dans l'art guerrier. Solitaire, jalouse de sa mère comme de ses cousins et haineuse, on dit qu'elle précipita la mort d'Aslaug en lui jetant un mauvais sort et qu'elle étouffa sa propre mère pendant qu'elle dormait. Elle épousa son cousin Ansgar.

Ansgar Eleicúran, Lié au Brun Mærenth (180 – 330).
Fils d'Aslaug, frère d'Eydís, cousin de Brynhild
: Prêtre de Flarmya, il tenta plusieurs fois de ramener sa mère sur le droit chemin – en vain. Corrompu par son Lié, il finit lui aussi par se perdre en expériences étranges. Il enferma Brynhild après que celle-ci ait tenté de l'assassiner pour devenir la tête du clan. Il perdit la vie suite à une mauvaise utilisation de la magie, laissant derrière lui trois enfants.

Eydís Eleicúran, Liée à la Blanche Cynfadelh (185 – ?).
Fille d'Aslaug, sœur d'Ansgar, cousine de Brynhild
: Pas de données connues.

Eógan Eleicúran, Lié au Brun Maurgen (256 – 357).
Fils de Brynhild et d'Ansgar, frère de Nuallán et de Dagmar, cousin d'Astridh
: Grand-Prêtre de Flarmya, il n'est pas impossible qu'il usa de moyens détournés pour obtenir ce titre. En compagnie de son frère et de sa sœur, les trois enfants de Brynhild, poussés par les ambitions de leur mère, siégèrent ensemble au Conseil. Visionnaire mais dépravé, Eógan fut connu pour ses frasques ainsi que pour la sévérité du culte de Flarmya sous son ère.

Nuallán Eleicúran, Lié au Bronze Nókki (263 – 357).
Fils de Brynhild et d'Ansgar, frère d'Eógan et de Dagmar, cousin d'Astridh
: Second du Kaerl pendant quelques années, il fut suspendu de ses pouvoirs après la suite d'un scandale impliquant la Liée d'une Reine Améthyste... Privé de son honneur, Nuallán fut chassé de la demeure Eleicúran – malgré l'influence d'Eógan. Celui-ci tenta par tous les moyens de lui rendre sa place, mais Nuallán finit par être assassiné, en même temps que son frère, en 337.

Dagmar Eleicúran, Liée à la Verte Indra (266 – 355).
Fille de Brynhild et d'Ansgar, sœur d'Eógan et de Nuallán, cousine d'Astridh
: Fière et redoutable guerrière, Dagmar devint en quelque sorte le garde du corps de ses deux frères. Grâce à eux, elle put obtenir un poste d'importance au sein de l'armée du Kaerl. Cela ne dura qu'un temps, cependant, car elle nourrissait le désir de s'enfuir avec sa cousine et amante, Astridh. Elle se donna la mort après avoir tué celle-ci, rendue folle par son refus.

Astridh Eleicúran, Liée à la Noire Tanath (275 – 355).
Fille d'Eydís, cousine d'Eógan, de Nuallán et de Dagmar
: Personnalité quelque peu perturbée, Astridh fut mariée très jeune et se vit interdite de quitter l'enceinte de la demeure Eleicúran (à l'époque, Eógan, Nuallán et Dagmar occupaient tous les trois des postes à responsabilités et étaient assez décriés). Elle n'aimait pas son cousin, et entretint pendant quelques années une liaison avec Dagmar. Elle fut victime de son amour, et fut tuée par sa cousine quand elle refusa de s'échapper avec elle.

Valharin Eleicúran, Lié au Bronze Afleinth (343 – 425).
Fils d'Eógan et d'Astridh. Frère de Siobhán et d'Eir
: Prêtre de Flarmya et proche de Danis, son implication dans le vol de l’œuf d'Améthyste n'est plus à prouver. Après la découverte de l'orbe maudit, il commit maints sacrifices sanglants mais n'eut pas le temps de mener à bien son dernier, le plus puissant et le plus cruel : celui de son propre enfant, conçu avec sa sœur Eir.

Siobhán Eleicúran, Liée à l'Empereur Noir Yngvarr (350 – 426).
Fille d'Eógan et d'Astridh, sœur de Valharin et d'Eir
: Elle fut la première de toute sa lignée à oser toucher la Pierre à Souvenir de Grimhilde. Consciente de l'horreur qui approchait, elle voulut s'enfuir avec sa famille (son mari Hionys, Prêtre de Flarmya, sa fille Arnhilde et sa sœur Eir) mais ne parvint qu'à sauver sa fille. Elle se réfugia en Vaendark et renia tous ses souvenirs de Tol Orëa. Son lié ayant disparu dans l'Interstice pour ne pas faire échouer le processus, Siobhán se perdit dans les montagnes, où elle mourut, vraisemblablement, de faim et de froid.

Eir Eleicúran, Liée à la Bleue Sanjarr (352 – 425).
Fille d'Eógan et d'Astridh, sœur de Valharin et de Siobhán
: D'un tempérament trop doux, Eir fut très jeune violentée par son père et par son frère. Au moment de la malédiction, elle était enceinte de ce dernier. Elle le suivit dans la démence des Prêtres de Flarmya avant la chute du Quatrième Ordre, et trouva la mort lors du jour funeste qui marqua la fin du Kaerl.


Après la Chute du Quatrième Ordre Draconique :

Arnhilde Eleicúran, devenue Athawen (421 – 497). Fille de Siobhán.

Minë Yodera (842 - 897)

Veyre Yodera, Lié au Blanc Chandresh (886 - ?), membre de l'Ordre Draconique d'Ombre.

Amaélis Yodera, Liée à l'Airain Ithildin (897 - ?), membre de l'Ordre Draconique Neutre.


(En cours de rédaction et de ravalement de façade !)





Dernière édition par Amaélis Yodera le Mar 6 Sep 2016 - 17:02; édité 1 fois
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 00:06 Répondre en citantRevenir en haut

Les Amantes Maudites

---

Astridh et Dagmar

Màr Dinen, année 355
Siouxsie Sioux & Brian Reitzell - Love Crime


Je cherchais dans tes yeux le reflet de mon âme. Je voulais simplement me noyer dans leurs profondeurs sombres, m'abîmer dans leur terrifiante lumière jusqu'à m'y brûler. Las ! Je me suis perdue, je n'ai pu me soustraire à leur appel mystérieux ! Suis-je donc condamnée à errer dans ce désert bleu et froid pour l'Éternité ? Mais, ô ma douce, l'Éternité doit être belle si je puis la passer dans tes yeux ! Je serai la plus brillante des étoiles qui brillent dans ces morceaux de ciel arrachés au firmament. Je pourrai renaître et mourir infiniment dans l'éclat irisé de tes larmes, dans leur pureté cristalline. Et, qui sait ?, apercevoir entre deux lames de glace scintillante la Beauté reposant alanguie. Oui, rien ne serait plus doux que de vivre dans ces joyaux dont l'éclat transperce plus cruellement mon cœur que le fer.

~°~

La valse des Deux Lunes balayait la chambre silencieuse de ses rayons mauve et roux, mais le regard de Dagmar ne voyait que le blanc et le cobalt, ses doigts légers effleurant à peine la peau dénudée et offerte, suivant les tracés mystérieux des veines. Elle se sentait comme une Déesse, créant les fleuves et les rivières, les collines et les plaines. Le souffle retenu, elle se pencha un peu plus au-dessus du corps d'Astridh, et ses lèvres vinrent murmurer aux oreilles de l'endormie : « Partons. Partons, mon amour. » Il ne fallut pas plus que l'infime brise de ces mots pour que la jeune femme ouvrît les yeux, des perles de sommeil et de rêves accrochées à ses longs cils noirs.

« Dagmar ? J'ai fait le plus merveilleux des songes... » Ses bras blancs vinrent encercler son amante, ses mains nichées quelque part dans le bas de son dos. Les lèvres de Dagmar s'étirèrent en un mince sourire, son visage noyé dans le clair-obscur. « J'ai rêvé que nous étions loin. Loin des murs d'or et d'argent, loin de ces visages comme des statues qui ont tout oublié de l'amour. » Dagmar fit rouler une larme le long de la joue d'albâtre d'Astridh, accompagnant du bout de l'ongle son sillon humide et brillant.

« Ce peut être plus qu'un simple rêve. Partons, je t'en conjure, Astridh. Partons. »

Astridh ne répondit rien. Ses lèvres frémissantes s'égarèrent contre celles de Dagmar pour y former et y imprimer les promesse les plus indicibles ; et le monde bascula une nouvelle fois dans un tourbillon bleu et blanc.
~°~

Indra fend les airs avec violence. Maudits soient les humains et leurs sentiments ! Maudites soient leurs passions ! Elle a senti, au plus profond de son être, le cri de Dagmar – son appel à l'aide – et la souffrance l'a laissée à moitié aveuglée. Une brûlure étrangère s'étend sous sa cuirasse d'émeraude.

° Qu'as-tu encore fait, vipère d'ivoire ? Réponds-moi ! Ne m'ignore pas ! °
° C'en est fini. Ne me cherche pas. °


Un rugissement déchire la toile de la nuit, ainsi qu'une gerbe de flammes, et les braises disséminées aux quatre vents font comme un millier d'étoiles nouvelles. La Verte s'accroche au Lien de toutes ses forces, remontant le fil de pensées et d'émotions qui la mène jusqu'au gouffre de la douleur.
~°~

Sis au milieu d'un lac rubescent, le corps d'Astridh repose, pantin absurde et désarticulé. Dagmar relève les yeux. Ce miroir déformant lui renvoie l'image de son visage, maculé de sang. Absurde, c'est absurde. Les voiles virginaux forment un corolle autour de son amante sans vie, mais les pétales innocents se teintent doucement d'un rouge cruel. Son esprit cherche à se souvenir de la blancheur de ses bras, du bleu sombre de ses yeux, du charbon de ses cils – et rien ne vient. La bouche ouverte sur un cri silencieux, Dagmar se met à arracher ses vêtements ensanglantés, incapable de comprendre. Le poignard repose encore en son giron, ses éclats d'acier dansant sous la lumière blafarde des Lunes. Ah ! Comme il doit se réjouir !

« Astridh, mon amour, ma douce... Que t'ai-je fait ? »

La Neishaane n'a même pas la force de fermer les yeux. Elle serre dans sa main maculée le tissu de sa robe, luttant pour respirer. La réalité coule sur elle comme du métal en fusion, et tout – l'air, les dalles froides sous ses genoux, sa propre chair, les rayons des Lunes – lui fait l'effet d'un brasier éternel. Elle rejette la tête en arrière, hurlant enfin.
~°~

Le discret glissement de pieds nus et le froissement toujours mystérieux des tissus l'avaient avertie de son arrivée, bien avant d'apercevoir sa haute silhouette entre les colonnes gardant l'entrée de la résidence. Une de ses mains vint se poser sur la pierre, éthérée et presque scintillante. La voix basse afin de ne pas alerter les gardes, Dagmar la pressa de s'avancer.

« Astridh, qu'attends-tu ? Nous devons nous hâter ! »

Astridh demeura immobile, se fondant à merveille entre les colonnes et les statues. Sous son capuchon beige, elle avait les yeux baissés – cela, Dagmar pouvait le voir. Irritée, la Neishaane se mit en tête de remplir la distance les séparant, mais Astridh leva une main.

« Dagmar, mon ange, je suis désolée.
Comment ? »


La vision de ce visage tant aimé dévasté par les larmes agaça Dagmar plus que de raison. Elle ôta la capuche d'un mouvement délicat, afin de mieux l'observer. Elle comprit, alors, que cela n'avait rien d'une plaisanterie. Les yeux écarquillés, elle recula, chancelante. Sa tête tournait de manière incontrôlable, et elle s'écarta violemment quand deux mains tentèrent de s'accrocher à ses épaules.

« Comment peux-tu ? Comment oses-tu me faire ça ? Tu m'avais promis... ! »

Les mots réconfortants d'Astridh voletaient autour d'elle comme des insectes, mais elle n'entendait rien. Elle se jeta sur l'autre Neishaane, s'agrippant férocement à elle, secouant de toutes ses forces le corps frêle de sa cousine. Astridh pleurait toujours, et ses yeux de la couleur du ciel nocturne étaient assombris par des nuages d'orage. Dans l'esprit vacillant de Dagmar, la silhouette chérie se métamorphosait : ses longs cheveux blancs devenaient le soleil, aveuglant ; les étoiles piquetées dans l'obscurité bleutée de son regard s'allumaient du rouge lointain des torches, sanglant ; ses bras qui cherchaient vainement à l'entourer n'évoquaient rien que des vipères, froides.

Elle plongea une dernière fois dans les profondeurs grises, noires, bleues de ces iris embués de larmes, où l'univers entier se reflétait.

Le poignard plongea dans la chair tendre de son ventre ; l'univers s'agrandit alors, aspirant l'âme de Dagmar. Un hoquet secoua Astridh, fermement tenue, et son cri mourut avant même d'avoir pu naître. Elle s'affaissa, son visage venant reposer contre l'épaule de son amante, juste en-dessous de son menton. Dagmar la tint encore un peu, dans une étreinte tendre et cruelle, sentant le sang couler, brûlant, le long de son poignet tremblant. Puis elle tomba avec elle.
~°~

« Que t'ai-je fait ? »

Dagmar lève son regard vers les cieux maudits, et, elle le sait, il ne va pas tarder à pleuvoir. Elle le sait car c'est Astridh qui la regarde. Ce sont ses yeux, ces cieux ; ils l'ont toujours été. « Tu es si belle, mon amour. » murmure-t-elle, presque un sanglot. Le halo des Lunes nimbe la mer de sang d'une lueur irréelle, ruisselant entre les pavés, caressant le corps sans vie d'Astridh – d'une caresse tellement plus froide que celles de Dagmar. L'astre ne brille plus. Il ne reste que bien peu de temps avant que la garde n'intervienne, alertée par le cri de Dagmar, avant que la Noire Tanath ne surgisse pour allumer un brasier vengeur dans la nuit. Alors, la Neishaane meurtrière joint les mains en une prière.

° Indra, pardonne-moi. °

Dagmar s'empare du poignard – mais, avant cela, poussée par un sentiment désespéré, elle se glisse jusqu'à Astridh – et c'est comme se laisser tomber dans les vagues, vraiment. Elle ne veut pas fermer les paupières de son amante, elle veut la regarder, encore et encore. Mais il n'y a plus rien, dans ses yeux, rien de plus qu'un trou noir et béant – ou un miroir où se reflète le ciel. Elle se saisit d'une main, froide et glissante, et l'enroule délicatement autour du manche du poignard, la tenant en place avec la sienne, tout aussi froide et glissante.

« Nous nous reverrons. Ceci n'est pas la mort. Je t'en fais la promesse. »

Avec un sourire, Dagmar sent l'acier déchirer sa chair. Quelque chose de beau et d'innommable la transcende, plus fort que la douleur, plus fort que le flot de sa vie qui s'écoule de son ventre. Son sang qui se mélange à celui d'Astridh, enfin, éternellement impossibles à séparer. Leurs mains liées autour du poignard, qui s'enfonce encore, glacial et brûlant. Elle prend un instant pour contempler tout cela, avant que le monde ne s'efface. Son regard disparaît dans celui d'Astridh, en chute libre à travers le ciel qui s'ouvre sous elle.



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