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Runa Salv
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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 16:29 Répondre en citantRevenir en haut

Loin du monde, loin de la foule, enfermée dans cet univers que je me suis construit et où j'ai trouvé refuge, j'ai usé les heures à écrire encore et encore, parfois sans but. Quelques mots, quelques phrases, quelques paragraphes, quelques pages.. Tout ça dans pour une seule et même fin : soulager. Soulager la tristesse, la colère, l'ennui, la rancune et les moments de grand vide où je ne me sens qu'ombre glissante sur l'écume du Temps. Je n'ai pas pour vantardise de dire que j'écris bien, ce n'est pas la raison de ce recueil. Je ne suis que l'opacité d'un spectre futur. Mais si je dois laisser une trace dans ce monde où je ne suis rien ni personne, qu'elle se fasse par ces lettres assemblées.

Je reposterai ici quelques uns des textes que j'ai écrit pour Tol, ses concours et autres. Peut-être un jour s'ajouteront ici des textes plus personnels.
Je ne recherche et je n'attends rien de ces redits, je partage simplement.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -



Dernière édition par Runa Salv le Sam 11 Juil 2015 - 18:55; édité 2 fois
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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 16:47 Répondre en citantRevenir en haut

RP Challenge - Avril 2014
Ed Sheeran - I see fire



****Au dessus de lui, un ciel indigo irradie la voûte céleste, toile habillée çà et là de joyaux aux teintes d'un argent opalescent qui attirent l'oeil des ultimes rêveurs de ce monde. Une brise estivale emplit le fond de l'air d'une fraîcheur agréable après la chaleur à peine supportable de la journée. Une brise accompagnée d'un parfum léger d'herbes hautes et sèches et de fleurs assoupies, plongées dans la noirceur de la nuit, ondule paisiblement. Le pas régulier de son cheval transcende le chant des oiseaux encore éveillés et des dernières cigales. Les lunes dévoilent une contrée vallonnée entrecoupée par la crête tranchante et obscure d'une chaîne de montagnes qui s'élèvent bien plus au loin. Sa respiration lente et calme s'associe à celle de son destrier, quelques brins de ses longs cheveux châtains dans le vent se balancent au même rythme que les crins blancs de son compagnon de voyage. Le paysage nocturne n'offre là que la vision paisible d'une terre seulement possédée par la Nature.

Des souvenirs.. Tant de souvenirs. Ses paupières lourdes se ferment. Il essaye de se rappeler des noms, des visages, des mots dits. Des volutes à peine visibles de poussière se soulèvent sous chacun des pas lents de la monture. On perçoit parfois le tintement quasi inaudible des brides de cuir et des anneaux de métal de la sellerie agités par sa marche sereine.

Ses yeux se lèvent en direction des astres qui le surplombe, il inspire profondément, une comète fendant l'encre des cieux.. Enfin il se souvient d'elle. Des jours heureux. Des jours de paix.
Tant d'amour, tant de bonheur, tant d'émotions inspirées par une seule personne.. Il se souvient d'elle, de son rire, de son regard aussi bleu et profond que les flots en haute-mer, de sa main d'homme passant dans ses cheveux aux teintes brunes pareilles aux camaïeux de la terre tout juste remuée. Il se souvient de sa peau de velours que le soleil se plaisait à hâler. Il se souvient de son parfum, de l'arôme de ses lèvres, de ses bras fragiles autour de lui. Il veut l'étreindre, une dernière fois, une fois de plus, une fois pour toutes.. Sentir son cœur battre contre le sien, sentir chacun de ses gestes de tendresse, danser avec elle sous une pluie printanière, voir sa silhouette se dessiner dans les blés dorés par l'été.. Il sourit doucement, il expire tous ces bons moments. Toutes ses pensées vont vers elle, vers ce qu'ils étaient.

Mais elle n'est plus là. Et elle ne reviendrait jamais. Il n'y a plus que le trépas pour les unir à nouveau.

Son visage se pâme, le fond de son regard se perd dans le vide des terres sauvages qui peu à peu le dévore. Les pavots le long du chemin frémissent au passage du cavalier. A leur robe cinabre, il se rappelle du chaos, du sang, des océans de feu se déversant tout autour de lui. Il se rappelle de la guerre. Le pommeau de son épée luit doucement sous la nitescence couplée des deux lunes. Parfois un nuage voile leur opalescence. Parfois, un sanglot s'étouffe dans sa gorge serrée. Il se rappelle de ses frères tombés sous le joug de l'ennemi tout comme il se rappelle des traits de tous ceux brisés par sa propre lame. Quand le fer se pare d'incarnat. Quand la vie prend fin sans honneur, avec la fureur d'hommes aveuglés par des serments. Quand l'âme se laisse subjuguer par la rage de voir l'autre agoniser.
Ils ont vaincu, mais à quel prix ?

Lui reviennent en mémoire la dernière fois qu'il vit son tendre amour. Elle git là, devant leur chaume. Sa peau cuivrée n'est plus désormais que cendres. Le temps se suspend, comme figé par son dernier souffle. Non, elle ne reviendrait jamais.

Une nouvelle traînée d'argent déchire le bleu de la nuit. Faire un vœux, qu'ils disent.. Enfin trouver le repos.. Ne plus avoir à se souvenir, ne plus jamais se rappeler. Simplement des bons moments. Il est prêt, la faucheuse peut venir s'emparer de lui. Il n'est rien qu'un déserteur. L'opacité mélancolique d'un spectre à venir. A choisir, il veut bien hanter ces vallées indomptées. Arpenter les sentiers à peine tracés sous le vent paisible de l'été, avec celle qu'il aime. Pour toujours..



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Dernière édition par Runa Salv le Sam 11 Juil 2015 - 17:45; édité 2 fois
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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 16:54 Répondre en citantRevenir en haut

RP Challenge - Décembre 2014
Forbidden Friendship




Vilde et Crimeth
Maîtresse Bleue du Màr Tàralöm




* An 913, Zakerielku, Solstice d'Hiver.



Il n'était pas encore l'aube lorsque Ioana déposa celle qui n'était plus son aspirante au coeur même de son continent originel, le Vaendark, là où elle avait vu le jour dix-sept hivers plus tôt. La Maîtresse Verte s'en repartit aussitôt, son regard couleur de terre et de feuilles se posant une ultime fois sur celle qui était encore son élève quelques matins auparavant.

La Chevalière avança sans encombre dans cette mer de neige qu'elle chérissait tant, tenant contre sa poitrine son bien le plus précieux : la moitié de son âme. La neishaane déposa doucement la dragonnelle couleur de nuit dans l'épais manteau blanc et pailleté d'argent qui recouvrait le sol. Crimeth, née quelques jours plus tôt, agita ses pattes de toute jeune dragonne, pressée de connaître enfin la sensation que pouvait procurer cette étrange matière qu'elle voyait pour la première fois, qu'elle découvrait. Et lorsque ses petites pattes pourvues de griffes encore incapables de blesser quiconque pénétrèrent la toison d'albâtre qui habillait le val de neige, Vilde perçut tout le bonheur qui envahit le corps du bébé saurien. Les traits habituellement si tristes de la jeune femme s'embellirent d'un sourire de pur et simple bonheur.

Crimeth donnait de grands coups de museau dans la poudreuse, puis éternuait lorsque celle-ci prenait trop ses aises dans ses naseaux. Si bien qu'elle en retomba sur ses postérieures, écrasant un beau tas de neige sous sa petite croupe juvénile. Avec toute l'innocence du monde, elle croquait à pleine bouchée cette poudre de givre et de glace qui fondait dans sa petite gueule sertie de crocs en aiguille. Parfois, elle assénait à cette pauvre matière un grand balayement de sa queue pour faire s'envoler une vague cristalline et opaline, sous le regard améthyste et attendri de sa Liée. Mais la dragonnelle était trop heureuse, il fallait qu'elle se défoule : elle faisait de grands sauts dans les congères, pulvérisant ce que le vent apporté par l'océan avait charrié des nuits durant. Elle se propulsait à la force de ses petites pattes aidées par quelques battements d'ailes encore trop jeunes pour la porter véritablement. Crimeth, à l'image d'une fillette, roulait-boulait dans la neige, sans se soucier de ce que pouvait endurer le reste de Rhaëg. Elle débordait de vie. Ce simple petit instant de bonheur procurait une chaleur encore inconnue au coeur de la Neishaane qui lui était liée.

Vilde, elle, emplissait ses poumons de cet air glacial et sec qu'elle avait connu depuis sa naissance. Ses mains nues et blanches rivalisaient avec l'élément qui régnait en maître ici bas, tandis qu'elle dessinait des formes sans signification du bout du doigt sur le sol. Paisiblement, elle suivait à pas lents sa petite dragonne qui n'avait de cesse de cabrioler plus avant sous la fin d'une aurore boréale dont la danse s'atténuait, doucement. Crimeth faisait fuir les oiseaux embusqués dans les pins par son seul passage, ne tenant pas en place. Ainsi, toutes deux descendirent la vallée pour faire face à l'immensité de l'océan. Et un soleil grenat s'éleva sur l'onde, embrasant ce paysage de froideur et de silence. La petite dragonne bleue s'était lâchée et se contentait désormais de river ses yeux d'un vert ravi sur ses pattes qu'elle s'amusait à enfoncer dans la neige, adorant cette sensation de dérobe sous ses petites écailles indigo, écoutant le bruissement des flocons qui s'écrasaient sous son poids léger.

Comme une mère laisserait s'amuser son enfant, Vilde trouva un large rocher et s'y assit en tailleur, veillant sur sa moitié avec une affection toute nouvelle. L'aube réchauffait sa peau alors qu'elle lui faisait face, dardant la mer hivernale battre sous ses yeux de parme. Crimeth la rejoignit et se lova contre la Neishaane, sereine.

* Je veux que ça dure pour toujours. *

Là, cernées par les neiges éternelles et l'océan, la jeune femme ferma les yeux, le vent soufflant entre les mèches lisses de sa chevelure d'argent et d'étain. La mâchoire de Crimeth claquait parfois alors qu'elle tentait d'attraper un flocon trop aventureux de danser sous le nez de la dragonnelle.

* Pour toute l'éternité si c'est ton souhait.. *

Promit-elle, avec toute la douceur de l'univers.




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Dernière édition par Runa Salv le Sam 11 Juil 2015 - 17:44; édité 2 fois
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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 17:00 Répondre en citantRevenir en haut

RP Challenge - Juin 2015
The Children of the Sun


***

Amtziri-Sūrya (Zatmění) et Naktīs
Ancêtre Valherue de Runa Salv




* Tol Orëa, Màr Tàralöm : l'an zéro.


Elle enjamba un à un les cadavres qui jonchaient le sol, le pas à la fois fier et calme, imperturbable. La bataille, cruelle, n'avait pas laissé le moindre survivant parmi les Esclaves, ces êtres asservis par les Puissants aussi connus sous le nom de Valherus.
Cette année là, les Einors qui avaient brisé leurs chaînes décidèrent d'entrer en guerre contre leurs Maîtres. Cette année là, le Monde ne fut nourri que de chaos et de sang. Le sol se gorgeait de la vie de ceux qui périrent, les cieux s'assombrirent de pair aux ténèbres dévorantes qui rongeaient l'âme des Valherus. Leur soif de Pouvoir s'étendait au delà de la possession de l'Univers. Il leur fallait tout, absolument tout. Et que personne ne se mette en travers de leur route..

Amtziri-Sūrya, Shaman du Màr Tàralöm, observait avec un plaisir malsain l'oeuvre de sa magie dévastatrice. Par ses seuls pouvoirs, elle avait ôté des dizaines de vies. Et elle s'en délectait. Un sourire carnassier étira ses lèvres comme une lame tranche une gorge d'un geste précis. Parmi le charnier se dressaient d'autres de ses Frères et Soeurs, victorieux, scandant des insultes à l'encontre de ces divins qu'ils entendaient bien renverser.

En surplomb de ce qu'était encore aujourd'hui la vaste place du Val, une immense et puissante Impératrice Noire fendit les cieux de toute la majesté de son souffle de feu. Naktīs, âme-soeur de Zatmění, avait participé à ce génocide pur et dur. Sa gueule ouverte et sertie de crocs était luisante du sang des Esclaves, à l'image de ses griffes teintées de cette même essence. Les dragons rugirent furieusement sous leurs ailes déployées et gonflées d'air, fêtant avec leurs liés ce premier triomphe annonciateur d'une pléthore d'autres. L'air emporta avec lui des effluves de mort et la fumée pestilentielle des bûchers allumés pour brûler les corps. Dans leur hargne folle, quelques sauriens s'amusaient à raviver les brasiers de leur souffle embrasé. Dans leur supériorité maladive, les Valherus se repaissaient de l'horreur qu'ils venaient de semer.
Amtziri-Sūrya, ivre de cette promesse de domination suprême, psalmodia ces menaces à l'encontre des Dieux, les bras levés devant un bûcher crépitant :

- Que hautes s'élèvent ces flammes ! Que du poison de la mort soit chargé sa fumée !
Que le vent emporte avec lui le hurlement de ceux qui agonisent et les âmes des trépassés !
Que ces mots parviennent aux oreilles de ceux qui prétendent pouvoir nous dominer !
Qu'ils entendent bien ceci : rien ne nous arrêtera et vous ne serez bientôt plus que la poussière des Oubliés !


Son regard, braqué vers un ciel lourd de nuages cendrés, traduisait la folie inhérente aux Valherus. Elle n'en n'était qu'une parmi tant d'autres, tous autant aveuglés par leur désir insatiable de régner en Rois et Reines absolus.
Ce n'était que le début de longues années de massacre et de traque.. Les mots étaient trop faibles pour décrire toute l'ampleur des abominations qu'ils commirent.

Ils étaient les Valherus, les Puissants. Ils étaient des Princes aux forces égales à celles des Dieux. Ils étaient leurs Enfants, avides de conquêtes et de pouvoir.
Ils sont nos ancêtres.



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Dernière édition par Runa Salv le Sam 11 Juil 2015 - 17:43; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 17:43 Répondre en citantRevenir en haut

Concours de l'Académie de Lòmëanor - Septembre 2014
Thème : 300 ans après Tol Orëa

Queen Gorgo




*****Le hurlement anéanti d'une Reine Incarnate fendit le sinistre silence qui régnait dans les cavernes Flamboyantes, lamentation désespérée qui transcenda le Màr entier et chacun de ses derniers êtres. Elle était la seule a avoir couvé en presque deux ans, et le manque d'aspirants pour se lier à ses enfants se compléta à la faiblesse de ses oeufs qui ne parvinrent pas à éclore. Folle de chagrin était cette dragonne dont le rang prestigieux n'était plus qu'un murmure sous son enveloppe cachectique, épuisée d'avoir luté pour la survie de sa progéniture qui ne naquit jamais. C'est en un rugissement déchirant qu'elle bondit dans l'Interstice, usant de ses dernières forces amoindries pour quitter le monde des mortels et se précipiter dans les Limbes. Sa Liée, une Maîtresse Neishaane d'une nature déjà famélique, fut retrouvée en contrebas d'une falaise le lendemain même, s'étant jetée du haut du précipice pour abréger sa douleur.
Et on racontait que des situations identiques arrivèrent tant au Màr Menel qu'au Màr Luimë. On comptait les Reines des trois kaerls additionnés sur les doigts d'une seule main et le nombre d'aspirants sur ceux de la seconde. Un à un, les Maîtres avaient fini par s'exiler ou étaient partis en quête de quelque chose qui ramènerait la magie en Tol Orëa. Aucun ne revint. Les édifices étaient vides de toute vie, tout comme les cieux. On ne parlait plus de dragons rares, car même les couleurs les plus communes étaient devenues précieuses. Depuis longtemps Blancs, Noirs et Bronzes avaient disparu. La Fin était là.

Nous étions en 1211. L'âge d'or de Tol Orëa n'était plus qu'un mythe retranscrit au travers de quelques récits. Des écrits de Grandes Guerres, d'Union des clans, de Conquête et d'indubitable Toute-Puissance.
Dès 1192, les érudits remarquèrent la pénurie significative de Doués et le nombre d'Aspirants atteint son taux le plus bas de toute l'histoire de ce continent caché aux yeux du reste du Monde. Déjà depuis plusieurs décennies, on notait la fragilité du Lien qui unissait un dragon à son bipède, bien loin de la complicité légendaire dont parlaient les livres qui retraçaient le parcours de Maîtres émérites et célèbres par leurs actions. Cette chaîne invisible qui associait un saurien et un humanoïde se brisa et devint poussière, emportée par le vent comme la tempête faisait voler le sable dans les dunes du Grand Désert. Plus d'Âmes Soeurs, plus de Communion. Plus de Magie millénaire, plus d'héritage des siècles passés. Plus rien que des êtres perdus et sans attaches, rien que l'austère opacité de spectres en devenir.

La Force dont le Don était pourvu n'était plus qu'un souvenir réservé aux doyens de chacun des Màr, car les nouveaux Chevaliers - si rares furent-ils - demeuraient incapables de fusionner leur Quintessence à celle de leur Lié. Les Maîtres, qui ne dépassaient jamais les cent années d'existence, pleuraient sur le trépas déchirant de leur Histoire et de sa force en ruines, ayant jadis effleuré les restes de l'ombre qu'avait projeté l'Empire Tol Orëanéen, éclipsant presque les Dieux et les Astres.

Année après année, avant de devenir quasi-inexistantes, les Empreintes se firent plus rares au coeur de ces cités fantômes souvent ponctuées d'évènements tragiques, sous le règne de l'implacable courroux de la Famine et la Lute pour la survie. La politique n'était plus qu'un concept abstrait, et personne ne détenait réellement le pouvoir en ces temps hormis la voix des Maîtres qui faisait office de loi pour tous. Souvent, les anciens se réunirent pour tenter de faire quelque chose, et la rivalité qui avait opposé les trois Kaerls fut brisée : ils avaient besoin d'entraide, il n'était plus question de guerres. Mais il était trop tard..

Comment avait-on pu en arriver là ? La décrépitude des Trois Forteresses des Valherus était née de la faiblesse grandissante des Gardiens qui, l'un après l'autre, furent terrassés par un Mal impossible à combattre et qu'ils acceptèrent presque avec joie, libérés de leur Fardeau. Nienor Del Cirth fut la première à disparaître, puis vint le tour de Seregon et enfin Maeglin.. Aubiade avait été oubliée de tous depuis des décennies. Avec eux s'amenuisa leur magie protectrice et si aucune catastrophe ne vint immédiatement détruire toute chose, on humait déjà dans l'air l'âcre parfum du Chaos. Flarmya larmoyait jour et nuit quand Kaziel, lui, attendait le coeur battant de tout voir être réduit à néant. Les Dieux s'étaient détournés de cet écrin qu'ils avaient tenté de préserver malgré les affres du Temps..


Le Premier de Zakerielku de l'année de Disgrâce 1213 marqua l'Extinction de cette dynastie.


*****A l'Aube de ce jour, la pluie et le vent battaient le continent sous un ciel anthracite et menaçant.
***Le Màr Menel, après avoir été épris de quelques soubresauts, se détacha de son refuge céleste et entama une chute qui parut infinie. Il se pulvérisa en contrebas avec la fragilité du verre, explosant en un nuage de débris et de poussière qui envahit l'Ouest de l'île.
Le Màr Luimë, après avoir vu se lézarder sa sphère de verre, fut noyé sous les cruels flots d'un océan qui détruisit tout sur son passage lorsqu'elle se brisa. Quelques corps inertes remontèrent à la surface alors que les vagues se déchainèrent comme pour reprendre leurs droits sur l'Est.
Le Màr Tàralöm, après avoir ressenti un grondement, fit face à l'éveil du Volcan qui dans sa rage répandit des rivières de lave et une aveuglante fumée de cendres. Il n'y eut que le cri de souffrance de ceux qui furent pris dans les coulées de magma et le bruit assourdissant des édifices qui s'effondraient sur eux-mêmes. Au Nord, tout ce qui ne pouvait brûler fut détruit par les explosions de gaz.
Le Màr Dìnen était un havre de paix en ce matin de destruction, et au Sud régnait un silence glacial.

Le continent fut plongé dans la discorde des éléments derrière les maigres restes de cette brume qui l'avait masqué du reste de Rhaëg pendant des millénaires. Les flammes d'un brasier enragé et les volutes d'onyx du nuage de cendres se répandirent, consumant toute vie sans la moindre pitié. Certains dragons tentèrent de s'envoler mais se perdirent dans les ténèbres du brouillard ébène et opaque qui dévorait l'île, et à force de luter contre les vents contraires et la fumée noire, ils se laissèrent aller à leur épuisement.

Tol Orëa ne fut bientôt plus qu'une terre volcanique et déserte dont on dissimulait encore à peine les ruines des vestiges que furent les Kaerls. Il ne demeurait plus que l'aridité et l'absence de toute chose, une terre perpétuellement frappée par une mer impitoyable et le souffle mordant des tempêtes. Ceux qui avaient trouvé refuge sur le reste du monde périrent bientôt, obligés de se cacher des non Doués, oubliés de tous, emportant avec eux le lourd poids d'une lignée vouée à s'éteindre. Et ce fut tout.

Et ainsi fut-il.



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MessagePosté le: Sam 11 Juil 2015 - 18:34 Répondre en citantRevenir en haut

Concours de l'Académie de Lòmëanor - Mai 2014
Thème : Les races uniques de dragon

Goodbye, my son


Il y a près de 400 ans, Yngvild, Maîtresse Bleue du Màr Luimë, périssait des suites de ses blessures sous le regard impuissant du maître guérisseur. L'humaine d'une trentaine d'années était revenue d'une mission dans les Pics de Cendre sans espoir de survie, la mort nichée au coeur même de ses plaies, condamnée au trépas par le sang manquant dans ses veines. Fière guerrière de haute lignée née des neiges éternelles de Vaendark, sous l'égide de la croyance en Haskèl, Maîtresse Dragon émérite et reconnue pour ses valeurs de loyauté envers le Kaerl, de courage et d'honneur, elle avait donné pour dernières volontés des funérailles pareilles à celles offertes aux souverains de ses terres originelles : la crémation en bateau-tombe depuis la plage de la Baie d'Eau Claire. Et ainsi fut-il.




A l'instant même où sa liée rendit son dernier souffle, la Bleue Solvej'th sembla disparaître dans l'Interstice, le lien les unissant à jamais rompu par la perte de son âme-soeur.

Les obsèques eurent lieu le lendemain même, au coucher d'un soleil distant et froid de Zakerielku. L'onde apaisée de l'océan était teintée de l'orbe discrète de Solyae qui, peu à peu déclinait, prêt à laisser la place à ses soeurs malgré la présence de quelques nuages apportant une averse de neige pour rappeler la saison hivernale.
Dans les derniers écrits relatant de ces évènements, on raconte que nombre d'hommes et de femmes, doués ou non, vinrent rendre un dernier hommage à la Maîtresse Bleue. Du haut des flancs abrupts de roche de la baie, certains dragons prirent place tandis que d'autres préférèrent la douceur du banc de sable, en contre-bas restant auprès de leur lié. Le soir tombant, les torches s'allumèrent et on poussa la barque vers le large, dans le mutisme de la foule entrecoupé des prières de l'Archiprêtre de Flarmya qui, exceptionnellement demanda à Kainalu et Haskèl de veiller sur leur nouvelle âme.

Doucement, les vagues emportèrent l'embarcation funéraire où Yngvild était couchée, l'épée posée contre elle avec toutes ses armes. Les offrandes étaient entreposées tout autour, ses mains retenaient quelques fleurs de deuil parées d'albâtre à l'image de son teint assoupi par la mort. Un portrait terne éveillé par sa chevelure rousse qui frémissait sous les embruns, timidement.
Une fois les suppliques achevées, les archers enflammèrent leurs flèches, ils n'auraient qu'à guetter le moment idéal pour offrir ce présent au feu, au ciel et à la mer.

Un hurlement déchiré rompit le silence et l'ombre furtive de Solvej'th fendit la voûte céleste avec l'apparence d'une dragonne épuisée, agonisante. Difficilement, elle planait au dessus de la tombe de sa seule Aimée, poussant quelques grondements désespérés en lamentations. De quelques regards empreints de chagrin et de colère, elle menaçait les archers. Inutile de dire que tous comprirent.




Après une heure de dérive vers le large, la Bleue éperdue souffla sur l'embarcation des volutes embrasées qui s'emparèrent de tout ce qu'elles purent consumer.
De la plage, ce tableau de tristesse avait aussi quelque chose de magnifique : une explosion de flammes sur la ligne sereine de l'océan, le fantôme de la dragonne effleurant le brasier dans une danse funeste parsemée de flocons indécis. Il ne fallut que quelques minutes pour que le sinagot ne sombre, englouti par l'étendue d'encre qui sembla s'agiter par son nouveau présent.
Solvej'th avait entamé une ascension fulgurante vers les étoiles voilées par l'opacité d'un ciel chargé de glace.. et en chute libre, elle plongea rejoindre sa liée qui n'était plus que cendres.


- En cette froide nuit de Zakerielku naquit la légende de la Démone de Safre qui brise la houle -



***





La peine immense qui affligea la dragonne fut telle qu'elle préféra se noyer, se donnant la mort comme pour que son corps reptilien et la poussière et le charbon de sa liée ne fassent qu'un, leurs âmes à nouveau réunies dans les abysses. On raconte que ses écailles se changèrent en écume alors qu'elle percuta la surface marine, et que sa tristesse infinie donna naissance à une tempête qui souffla sur les côtes des heures durant, le mistral portant ses rugissements au dessus des flots possédés par sa rage, et le tonnerre sonnant de ses grondements brisés.

Tout aurait pu finir ainsi, mais notre monde n'offre que magie et beauté pour ceux qui savent encore où regarder.

La force de la dragonne ne pouvait être balayée ainsi. Kainalu prit en pitié l'âme de Solvej'th et bien qu'il ne pouvait pas ramener Yngvild à la vie, il fit néanmoins un cadeau à la reptilienne. Jour après jour, au gré de la danse engourdie des vagues du fond du récif de la Baie d'Eau Claire, une forme étrange se dessinait, à peine éclairée par la lumière masquée du soleil. Le cinquième matin, la créature commença à se mouvoir et utiliser sa nouvelle enveloppe corporelle.

La créature unique errait parmi les coraux et la flore, sans but, sans comprendre pourquoi. Elle parvenait à respirer sous la surface, quand bien même nul ne pouvait dire si elle était encore en vie ou non. Elle inspirait la peur des autres espèces marines qui fuyaient à la simple vue de son ombre imprécise et à l'abandon.
Dans un élan de détresse, le saurien se jetait parfois au dessus de l'étendue cristalline et salée, pour tenter de reprendre son vol, en vain. Son corps monstrueux ne seyait que deux membres atrophiés en guise d'ailes, impossible de la porter et de lui rendre sa liberté passée. Les jours défilèrent, puis les semaines, les mois et les années. Quelques témoignages de non-doués rapportaient l'existence d'un démon de safre qui brise la houle pour qui naviguait au dessus de son territoire, et tous s'accordaient à ajouter qu'il avait l'apparence d'un dragon, d'une vouivre ayant élu domicile dans les précipices de l'océan. Une histoire qui se répandit, un conte que les marins se rapportaient sans ne jamais percevoir ne serait-ce que le reflet de la bête lors de leurs voyages.

Pourtant, elle était bien là, caressant la coque des voiliers sans hostilité aucune, curieuse de voir un bipède se pencher par dessus la rambarde. Avec le temps, Solvej'th avait changé, et certains lui prêtèrent nombre d'apparences, tant par des visions éphémères de rêves que par des hallucinations fantasmagoriques.





***




Qui pourrait donner une description de ce dont on est même pas sûr de l'existence ? Je vais tout de même tenter de donner mon point de vue.


Solvej'th serait sans doute très différente de l'image que nous avons du dragon actuel ou auquel, peut-être, vous êtes lié. Sans doute a-t-elle gardé les mêmes teintes, afin de pouvoir se fondre dans les vagues avec facilité, présentant une palette de camaïeux de bleus qui changent au gré de ses humeurs ou de celles de l'océan.
Plus d'ailes, comme dit plus haut. Seulement des nageoires racées et faites de cartilage, habillant un corps serpentin et aux écailles bien plus lisses que celles d'un dragon, pourtant tout aussi épaisses. Une silhouette qui permettrait une grande vitesse de nage et une certaine agilité. Il m'est impossible de déterminer sa taille, cependant.
Sa gueule est toujours sertie de crocs qui se sont adaptés à la vie sous-marine, dans la mesure où on imagine qu'elle est bien en vie et qu'elle se sustente. Il est probable qu'elle se nourrisse de crustacés qui sont à son goût ou qu'elle entretienne un régime piscivore, c'est notamment la raison pour laquelle elle devrait garder une dentition capable de trancher et de broyer.
Que peut bien cracher un dragon qui vit sous l'eau ? Ni plus ni moins que de ce qu'il a à sa portée. Dans la mesure où une telle créature aurait des ennemis, Solvej'th se défendrait à grands souffles d'eau bouillante, laissant présager des dégâts.. notables. Et pourquoi pas se cuire quelques crevettes de cette façon ?
Unique en son genre, ne préfèrerait-elle pas le calme de la nuit pour aller humer les embruns, à la surface, évitant le contact avec les non-Doués ? Son mode de vie serait celui d'une créature nocturne, où elle se plairait à arpenter les abysses avec la grâce qui lui a été accordée.
N'ayant plus de liée, quelle peut bien être la raison à la Bleue de demeurer ? Solvej'th, dans son nouveau milieu, n'a plus accès à l'Interstice, il lui est donc impossible de disparaître comme le feraient ses frères et soeurs. Et il prédomine quelque chose qui la retient, et qu'elle ne comprend pas. Yngvild fait partie de cet océan, d'une manière ou d'une autre, alors pourquoi partir ? Kainalu l'a recréée à son image, comme une Gardienne, et elle veille sur les âmes des doués qui viendraient à franchir la surface marine à jamais.
Et peut-être que.. oui, tant de peut-être..


Puisse-t-elle veiller sur vous au cours de vos traversées.




Merci de votre lecture.



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MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2015 - 22:30 Répondre en citantRevenir en haut

Feu l'ancêtre maudit de Runa Salv


***
***

***
***
Saghar Salv « L'Océan de Feu »
Maître Dragon du Màr Agarwaen
(384 - 523)

lié à
*******
Razakh « Celle qui protège »
Impératrice Noire
(402 - 523)






Isashaniku 402


- "Vous n'allez pas.. m'exiler ?"
- "Nous t'offrons une dernière chance, mon fils.. "
- "Encore un recalage et nous te renions, tu ne serras plus un Salv. Ne t'avise pas de revenir sans dragon."


Le sang brûle en moi, à l'image de la plus bouillonnante des laves, ruisselant dans mes veines à une allure folle. Je suis prêt à leur donner tort, à leur faire entendre que ma place est ici. J'ai envie de les tuer, de les détruire, de hurler que je les hais et que tout est de leur faute. Je sens une vive chaleur mordre mon coeur, je sens le feu crépiter dans mes yeux et mes tempes pulser férocement. Mes mains tremblent, avides de frapper, mes mâchoires serrées retiennent pléthore de paroles aux effluves amères. Une crise de plus, la rage m'habite l'espace d'un instant, comme souvent. Puis elle s'enfuit tout aussitôt. En un clignement de paupières, je me sens déjà plus calme, balayant d'un revers de la main cette énième poussée de fureur.

Quelque part, Mère et Père ont raison. Je ne suis qu'un échec, un brouillon, une souillure de ma lignée. Je viens de rater ma troisième Empreinte et plus aucune Reine Incarnate ne veut me voir sur le sable coupant des Cavernes Flamboyantes.
Père, Grand Légat du Màr Tàralöm, m'explique qu'il est parvenu à un accord me permettant d'aller faire mes preuves au Màr Agarwaen - avec qui se tissent des alliances - comme ce fut le cas pour l'une de mes lointaines ancêtres dans une situation aussi difficile que la mienne. Je dois avouer que quitter ce Kaerl ne me cause pas la moindre rancoeur tant je ne supporte déjà plus le regard méprisant de mes confrères et consoeurs. Eux réussissent et moi j'échoue inlassablement. Mais j'ai le Don, quoi qu'ils pestifèrent, et je promets qu'un jour je reviendrai les faire taire pour de bon. Un jour, je les détruirai.

***


Mon arrivée au Màr Agarwaen n'est pas des plus appréciées par certains, tandis que d'autres se réjouissent de soi-disant me voir gonfler leurs rangs. Plus par intérêt que par véritable plaisir, à vrai dire. Mais qu'importe. Au moment où mon pied se pose sur le sol aux dalles de pierre taillée, je comprends que ma destinée s'y joue et que mon âme-soeur va bientôt y le jour. C'est une certitude.

Je suis dès lors placé sous la stricte autorité d'une de mes tantes éloignées, la Maîtresse Améthyste Sâtihar Nilophâr de la Triade de Inkhar. Mon aspiranat est déjà validé par mon Maître précédent et cet enseignement a plus des allures de mise à l'épreuve pure et dure que de formation.
Maîtresse Nilophâr me pousse à bout, dans les méandres les plus perfides de mon âme dévorée par la rage. Inkhar n'hésite pas à pénétrer mon esprit, sans vergogne, à la recherche du moindre défaut qui m'empêche de me lier. Elles m'insultent, me frappent, me rabaissent. Je peux désormais dire que je sais ce qu'est la torture : enfermé des jours durant dans une pièce sans lumière, affamé et assoiffé, avec pour seul ordre de méditer sur mon Don et sur le mérite ou non de me lier. Et ce, à plusieurs reprises. Les épreuves physiques ne font que prendre mon souffle et mon énergie. Mais la pression qu'elles exercent sur mon mental dépasse tous les supplices. Elles m'obligent à les haïr, à vouloir leur mort. Et pourtant, avec le recul que j'ai aujourd'hui, je ne leur en tiens absolument pas rigueur.
Grâce à elles, je suis un homme endurci. Grâce à elles, le jeune garçon que j'étais en arrivant ici n'est plus. Et surtout, en Flarmyaku de le même année, elles m'ont permis de passer l'Empreinte au sein d'un Màr où je demeure un étranger.

Je me souviens de ce jour. Crispé mais déterminé, les pieds solidement ancrés dans les sables d'éclosion. Je n'ai d'yeux que pour les oeufs qui s'agitent vivement jusqu'à ce qu'enfin les coquilles ne se lézardent et se fendent. Et depuis, le but à mon existence me semble évident.
Alors que je m'attends à un lié, peu importe son apparence, c'est une Noire de taille déjà conséquente qui pousse ses frères et soeurs pour parvenir jusqu'à moi. Le doute n'est pas permis : c'est elle et nul autre.

** Razakh.. Si tu savais tout le temps que j'ai perdu à t'attendre désespérément.. **
** Je le sais, Saghar, tout comme je t'ai attendu. Mais maintenant nous ne sommes qu'un, à jamais et pour toujours. **


Elle love sa tête dans mon cou en sifflant de bonheur et mes mains, habituellement si tremblantes sous le règne de la hargne, se referment délicatement sur ce trésor, cet amour dont je partage désormais l'âme. Cette rencontre est pour moi la seule occasion de ma vie de verser des larmes.




Llefelysku 406


Saghar est là, endormi, blotti contre moi. Ses bras m'enlacent encore malgré la profondeur de son sommeil. Comme à chaque fois. Doucement, mes doigts s'entremêlent dans ses cheveux mi-longs et d'un rouge cuivré qui me rappelle la couleur du safran. Sa respiration lente, calme et son souffle régulier tiédissent ma peau nue et me bercent dans le silence de notre chambre.
A l'abri des regards, nous bravons la nature immorale de notre amour interdit. Au grand jour, à la face des Sanglants, nous ne sommes que liés. Mais sous les voiles de pénombre de la sorgue, nuit après nuit, nous nous retrouvons et consommons avec ardeur le fruit de cette passion cachée. Je n'ai aucunement honte de l'avouer. J'ose penser que vous ne ferez pas mauvais usage de la révélation de ce secret. Et quand bien même ces mots vous parviennent, je crois que je n'ai rien à craindre de vous, vous qui lisez ces quelques brides de notre existence.

Les mystères de notre amour, je n'ai pas pour but de vous les révéler. Néanmoins, il me semble important de raconter la façon dont tout a commencé afin que cette relation soit comprise de tous.
Saghar, malgré son actuelle paix apparente, est un monstre né des flammes du chaos et du sang de la rage.

Sa fureur est incontrôlable et prévient rarement, elle dévaste tout sur son passage comme un cyclone qui n'a que pour intérêt de détruire. Il est né ainsi et il mourra ainsi. Certains guérisseurs parlent de mal incurable quand d'autres y voient un don de Kaziel ou de Haskèl. Tout ce que je peux dire, c'est que lors de ses crises, mon tendre Saghar n'est plus le même. Sa haine l'aveugle et le dirige, mêlant amis et ennemis dans un tumulte commun, le poussant à commettre des atrocités sans nom. Je sais que déjà dans sa jeunesse, pour éviter tout impair, il s'enfermait dans sa chambre, frappait les murs à s'en briser les os des mains et hurlait à s'en arracher la gorge, le visage tiré par la fatigue et les yeux mus d'une opalescence bestiale. J'ai le souvenir de l'avoir déjà vu ainsi et d'avoir été incapable de l'apaiser, autrefois, quand je n'étais qu'une dragonnelle. Jusqu'au jour où je l'ai pris dans mes bras pour la première fois et qu'il y trouva comme un antidote.. Cette pratique est dès lors systématique. Dès qu'il se sent mal, prêt à exploser, nous nous isolons et je le berce simplement, entonnant le refrain d'une chanson empreinte d'innocence.

Malgré tout, ces crises persistent et s'intensifient avec le temps, comme résistantes au traitement. Parfois, dans ses moments de perdition, il m'arrive de l'entendre psalmodier en une langue inconnue, comme une litanie, un gémissement, une malédiction récitée par des mots que plus personne n'emploie. Les rumeurs disent qu'il est possédé par un Valheru.. Même en partageant son âme, je ne peux attester de rien. Et pour autant, il ne fait jamais montrance d'aucune hostilité à mon égard, que ce soit physiquement ou verbalement.
Afin de palier à ses accès de violence, quand même pour moi il s'avère difficile de le maintenir, il se rend dans l'arène et relève le moindre défi qu'on lui impose pour ainsi se défouler dans une effusion de sang. Nul besoin de dire que s'il est toujours là aujourd'hui, ses adversaires ne le sont plus pour témoigner de son courroux..
D'une certaine manière, il fait de sa faiblesse une force considérable puisque outre sa fonction qui consiste avant tout à former ses aspirants, il est également le Maître d'Armes du Màr Agarwaen. Force m'est d'admettre que le respect de ses élèves passe avant tout par la crainte qu'il leur inspire..

Pourquoi vous raconter ceci ? Pour achever, une bonne fois pour toutes, les moqueries de nos détracteurs.
Si au début personne n'avait compris la raison pour laquelle moi, Razakh, Impératrice Noire, j'avais choisi ce mâle fëalocë, tout est désormais limpide. Ma vocation est celle-ci : apaiser mon amour, veiller sur lui, camisoler cette âme qui erre dans l'ombre des ténèbres. J'aime Saghar plus que ma vie. Comme il le dit lui même, ma seule présence suffit à calmer le brasier qui lape sa conscience et son corps tout entier. Mon cher lié, issu de dizaines de générations de fëalocës au sang pur, souffre chaque jour de ce que sa lignée qualifie de bénédiction. Mais dans chaque baiser que je dépose sur ses lèvres, il trouve le doux refuge d'un rêve qui ne dure jamais bien longtemps.

Las, l'aube se lève. Habillant le ciel d'or et de grenat pour briser la douceur du camaïeu de bleus pastels de l'aurore. Je maudis Solyae, car à chacune de ses arrivées je me vois contrainte de retrouver ma forme originelle, quittant de ce fait la chaleur des bras de mon âme-soeur..
Le temps de me soustraire lentement à l'étreinte de mon guerrier alourdi par le sommeil, je me glisse hors de notre couche. Je rabats le drap sur lui, embrasse son front et me dérobe à notre énième nuit passée ensemble. Au moment où je prends mon envol, sous le couvert de mes écailles couleur d'onyx, je ne lui glisse qu'un murmure fugace alors qu'il se meut timidement sous les premières caresses du réveil.

** Tout va bien, ne t'en fais pas.. Que rien ne vienne troubler la fin de ton repos. **

J'ai déjà hâte que la nuit revienne, et que le monde semble nous appartenir à nous et nous seuls.




En cours de rédaction..



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MessagePosté le: Lun 4 Jan 2016 - 23:07 Répondre en citantRevenir en haut


Sláine Muadhnait  

   
  
« Je suis un être immatériel, ni morte ni en vie ;
J'apparais une fois invoquée et ne repars qu'au gré de mon envie ;
On m'appelle par le sang et la magie, dans l'ombre on me supplie..
Qui suis-je ?
»

Histoire en cours de rédaction..
      



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MessagePosté le: Mar 19 Jan 2016 - 21:31 Répondre en citantRevenir en haut

The Witcher - The Sword of Destiny
RP Challenge - Janvier 2016


.


L A . D Y N A S T I E . D E S . C O N Q U É R A N T S
Pages volantes et textes oubliés..


Isashaniku 1019 *


****Un air chaud, étouffant, dévale les sombres flancs du volcan à l'aube d'une dure journée d'été. Hauts et fiers ondulent dans le vent les étendards aux couleurs du Kaerl, vagues d'un rouge profond estampillées d'un dragon cracheur de feu brodé tout de jais.
Et alors que l'orbe de feu et d'or de Solyae assied son règne une fois de plus, mortels et sauriens s'agitent. Les cieux à peine éveillés se fendent sous le vol magnifique des Fils et Filles de Flarmya.

***

****Ses pas sont vifs, sûrs, sa démarche est militaire alors qu'elle arpente un couloir aux hautes alcôves de pierre taillée. A son passage, ses gardes se mettent en position tandis que les servants reculent prestement, le buste incliné et le regard bas en signe de soumission. L'air fouette les longs pans de sa robe couleur d'ébène de pair à sa longue chevelure andrinople. Suivie de près par son Second - son fils aîné - et son général - le cadet -, elle gravit les quelques marches qui mènent à un balcon surplombant la plèbe. Et à l'instant où elle fait son apparition, les acclamations s'élèvent tel le tonnerre.
Enivrée par cette gloire, le regard d'une incommensurable dureté, la fëalocë lève les bras vers le ciel pour dévoiler ce que retiennent ses doigts d'une pâleur famélique. Après un bref effort pour en soulever le poids mort, apparaissent les têtes coupées des derniers rois invaincus d'Orën. Elle les brandit vers les Dieux, vers son peuple, vers quiconque observe la scène, à la fois comme un butin et un avertissement. L'ambre crépitant de ses iris semble défier même les plus braves de la harde scandant son nom en contrebas. Runa Salv boit à pleines gorgées cette ambroisie qui l'inonde. Elle ressent une immense vibration en elle, presque terrifiante : celle de l'écho de toutes ces voix à l'unisson et accordées pour la vénérer.

****À côté d'elle se tient fièrement assise sa liée. La Reine Incarnate, excitée par la ferveur de cet éloge envers sa bipède et elle-même, dévoile de sa gueule entrouverte les poignards qui lui servent de crocs dans ce qui ressemble à un sourire carnassier. Le sang frais dont ses écailles se teintent inspire à lui seul l'effroi à tous ceux qui daignent attaquer leur cité. Car à l'image de sa Dame et de sa Reine Dragon, le Màr Tàralöm est à son Apogée. Guerres et conquêtes, reconstruction et suprématie sont depuis les valeurs souveraines de cette ère de bâtisseurs d'empires.
La fëalocë lâche dans le vide ses sinistres trophées, arborant pendant leur lente chute un rictus mêlant triomphe et démence, étrange sourire qui étire le coin de ses lèvres peintes dans un tableau digne d'être réalisé par Kaziel lui-même.
Puis, fermant les poings pour ordonner le silence, Runa énonce ces paroles rapportées par les crieurs à travers tout le Kaerl :

- ARDENTS !
J'AI TENU MES PROMESSES !
J'AI RECONSTRUIT LE MÀR DÌNEN, J'AI ANNEXÉ QAHRA, LE SSYL'SHAR ET AUJOURD'HUI JE VOUS OFFRE ORËN !
BIENTÔT LE MONDE SERA À NOUS, VOUS EN SEREZ LES PRINCES ET RIEN NE POURRA NOUS ARRÊTER !
DEMAIN NOUS MARCHERONS SUR VAENDARK, NOUS ACCOMPLIRONS LE DESTIN DE NOS ANCÊTRES LES VALHERUS.
ILS VOUS REGARDENT, VOUS JUGENT : NE LES DÉCEVEZ PAS, NE ME DÉCEVEZ PAS !


****Le souffle du vent rapporte l'écho des crieurs, terminant de diffuser les palabres prononcées par celle qui se revendique comme Impératrice. Dans une spontanéité des plus artificielles fusent alors les applaudissements, les hourras et les clameurs des bipèdes autant que les grondements satisfaits des dragons. Sa dictature, sans faille, ne laisse nullement place aux détracteurs. La milice entoure la populace enfiévrée du Màr Tàralöm, à la recherche de quelqu'un de moins enthousiasmé par le règne de la Dame Suprême, quelqu'un à jeter en pâture aux bûchers purificateurs pour y être brûlé vif.
Les sauriens lancent vers les cieux des gerbes de flammes et même ses fils s'empressent de la féliciter pour son bref discours. Runa sonde, inquisitrice, son royaume, les dents serrées par sa propre puissance, faisant le voeu que son règne soit éternel et s'étende au delà des frontières des mortels.

Nul ne sait si la suite de ce récit existe, nul ne sait ce qu'il advint subséquemment..



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MessagePosté le: Sam 5 Mar 2016 - 11:07 Répondre en citantRevenir en haut

° ☼ ~ When Sun meets Moon ~ ☾ °

.

Sraoshaï Ter Altansarnannûn & la Cendrée Seqenënre  


****Un carillon vacillait doucement sous la caresse légère du vent chaud et sec du Ssyl'Shar, ses coquillages s'entrechoquant avec douceur pour produire une mélodie aux allures de comptine. Le nacre de son halo d'argent laqué scintillait timidement à la lueur du soleil, seul régent de ces dunes cachées du reste du monde. Rien ne semblait pouvoir troubler la perpétuelle quiétude du Màr Litsë, et ses habitants tant en exil qu'en quête d'évasion s'y rejoignaient pour boire à la coupe de ses promesses de liberté et d'équité aveugle. Et pour que cet engagement demeure, des garants veillaient. Mais le plus illustre, écouté et respecté d'entre eux était une femme surnommée la Gardienne.

**


Un étrange océan mêlant l'ocre et l'étain s'agitait de vagues calmes et presque berçantes dans ses iris, comme un coucher de soleil sur une mer d'huile par une resplendissante soirée d'été. Le long de sa peau hâlée courraient les courbes couleur de grège de ses tatouages ondins, offerts par son cher époux à l'aurore de leurs noces marquées sous l'égide d'un amour pur.
La brise fit voleter quelques unes de ses mèches de cheveux d'un châtain cendré presque gris, dévoilant sans honte la pointe effilée de ses oreilles témoin d'une part de ses origines. En son sang coulait celui des Elfes et des Neishaans, celui de son père et de sa mère eux-mêmes venus au monde au Kaerl Libre. Ce brassage avait conféré à la Gardienne des allures de Gaïa et Iolya incarnées sans qu'elle ne s'en vantât jamais d'une quelconque façon. Sa capacité naturelle à veiller sur autrui et à maintenir la paix firent d'elle ce qu'elle était aujourd'hui : une conseillère baignée de sagesse, un guide dépourvu du désir de s'enrichir. Elle était ce genre de personne à n'agir que pour le bien fondé de sa cité et des siens, sans compromis. Ses seuls désaccords et refus allaient à l'encontre de ceux qui se plaisaient à médire sur son Kaerl et ses membres et elle n'hésitait pas à chasser la moindre âme qui venait à troubler le repos de sa tribu.
Là était donc le portait de cette femme férocement attachée à la liberté et l'équilibre de toute chose, celle à qui s'en remettaient souvent ceux qui prenaient des décisions pour le Màr.

**


Pensive, la sang-mêlée couvait d'un regard affectueux ces terres qui l'avaient vue naître et grandir, arborant à jamais un énigmatique sourire bienveillant et sincère pour quiconque croiserait sa route au détour d'une allée. L'éclat persistant dans ses yeux, partagé entre dévouement et tendresse, suffisait à adoucir les coeurs les plus rudes. Sraoshaï était l'archétype de la mère accomplie, de la gardienne miséricordieuse mais engagée à maintenir l'harmonie, sans violence, sans intérêt personnel.

Un bref instant, elle se remémora le jour de son Empreinte, bien des années plus tôt, presque avec une pointe de mélancolie. Seqenënre était une dragonne 'bâtarde' : trop grande pour être une Blanche, trop petite pour être une Argentée - et inféconde de surcroît -, la robe trop claire pour être une Noire. Son caractère même ne permettait pas de clairement déterminer ses origines, et quelque part la dragonne elle-même s'en trouvait satisfaite.
Son oeuf ainsi que ceux d'à peine cinq de ses frères et soeurs avait été retrouvé sur un tapis de cendres froides dans les confins du désert, couvée ainsi laissée à l'abandon sans la moindre présence de sa mère. Avec une chance insolente, chaque oeuf trouva son lié et aucune perte ne fut déplorée.

** Cesse de chercher à expliquer le Destin, 'Aosh. Laisse aux Dieux ce qui est aux Dieux. **

Sraoshaï cligna plusieurs fois des paupières, fixant l'horizon de son regard doucereux. Drapée d'une robe de soie blanche et de lin soulevée par le vent comme des volutes de fumée d'encens, il siégeait en elle une princesse qui avait rejeté ses titres mais pas sa prestance. Elle souffla une pensée à sa Liée, de son ton lyrique mais inarticulé :

** C'est le pouvoir des Dieux de masquer la vérité, et celle des Hommes de la révéler au monde. Ne me blâme pas, ma douce, de m'être une fois de plus égarée sur des routes aux destinations inconnues, tu sais combien j'aime en arpenter les distances. **

Ses paroles muettes se conclurent par le rire et les cris d'amusement de quelques enfants qui fendirent le patio en contrebas. Elle leur adressa un regard maternel et sourit de toute sa bienveillance. Un jour, eux aussi seraient liés et avec eux perdureraient les valeurs du Màr Litsë.




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MessagePosté le: Mar 8 Mar 2016 - 21:22 Répondre en citantRevenir en haut

1

2




   

« L'Alcine de l'Aube et du Crépuscule »     

Nom : Amtziri-Sūrya. (Clair de Lune protégé par le Soleil)
Surnom : Zatmění. (Eclipse)
Habitat : Dernière et illustre Shaman du Màr Tàralöm.
Âme Soeur : Naktīs, Impératrice Noire.
Armoiries : Soleil noir et croissant de lune de sang opposés surmontant un crâne humain
posé sur un livre ouvert, tous deux lapés de flammes ambrées et feu grégeois. Figure aussi
le moto de la famille - "Nous aimons nous repaître de ceux qui veulent nous soumettre."
Descendance : Quasi-exclusive, Runa Salv est la seule connue à ce jour.


****Dans les archives interdites du Màr Tàralöm sommeille un noir ouvrage, empreint d'une magie prohibée et crainte des dieux eux-mêmes. Il est dit que celui qui en effleurera simplement la reliure sans l'accord de son auteur périra d'un terrible mal, où il se changera lentement en pierre avant de s'effondrer en un tas de cendres emportées par le vent. Il est également dit que celui qui usera d'un subterfuge pour tenter d'en parcourir les pages et d'y découvrir ses mystères brûlera sur place et verra des dizaines de générations de sa lignée être maudites. Il est dit que le sortilège qui le scelle ne s'ouvrira qu'en présence du sang de sa maîtresse. Il est dit que cet objet maléfique contient une partie de l'âme de celle qui l'a créé et possédé..
Rien ne peut le détruire, malgré la pléthore de tentatives employées par le passé. Mais le livre attend, impatient, d'être ouvert. Il demeure enfermé dans un coffre lui-même mis sous clef de la bibliothèque oubliée, où sont entreposés les récits seulement consultables par les hautes éminences du Kaerl - et encore - en raison de leur contenu. Précieusement remisé pour ne pas tomber entre de mauvaises mains, il sent venir sa nouvelle ère, après tous ces siècles écoulés..
Tard le soir, on peut l'entendre comme murmurer, appeler en une langue effacée des mémoires, siffler à l'image d'un serpent qui charme avant d'asséner la morsure fatale. Le livre sait. Il sait que son heure arrive, et avec elle le second avènement de l'Alcine de l'Aube et du Crépuscule.

Qui peut bien se souvenir d'Elle ? Et qui le souhaite, de toute façon ? Dites vous seulement que si sa magie était assez puissante pour créer un ouvrage tel que celui décrit ci-dessus, imaginez les affres qu'elle réalisa lors de son règne.. Elle figure parmi les Valherus les plus redoutés et haïs de son temps.
Je sens pourtant une curiosité malsaine, perverse, vous mordre la langue tant vous demandez à la connaître.. Le voulez-vous même si je vous dis qu'elle fut l'Archiprêtresse des arts occultes en son temps ? Qu'elle usa de nécromancie, de sacrifices humains et draconiques, de magie du sang, qu'elle commandita assassinats et empoisonnements par centaines, qu'elle ordonna le génocide des esclaves qui se révoltèrent, qu'elle défia les divins ? Très bien. Sachez seulement que vous le regretterez, car Aran Rhiod ne saura préserver vos nuits de l'emprise qu'aura sur vous ce récit. Rien de bon n'a jamais émané d'Elle ou de son histoire. La légende voudrait d'ailleurs que Kaziel l'ait crainte, sans jamais l'avoir ouvertement dit.. Mais qu'importe, je vous aurais mis en garde.





« Ses yeux où rien ne se révèle de doux ni d'amer, sont deux bijoux froids où se mêle l’or avec le fer. »


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Inscrit le: 19 Fév 2014
Messages: 410
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 221
Race: Fëalocë
Âme Soeur: Sarzeghnet
Affiliation: Clan Dominant
Alignement perso: Chaotique Mauvais
Ordre Draconique: Ombre

MessagePosté le: Mer 6 Avr 2016 - 21:35 Répondre en citantRevenir en haut

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« On ne trahit pas ce qui n'existe plus »
     
     
      


Nom : Thaddeus Locke.
Surnom : Prince-Spectre, Mord-Flammes, le Cobra des Pics..
Race : Fëalocë
Habitat : Màr Tàralöm
Rang : Maître Dragon, Décurion Flamboyant
Âme Soeur : Le Bronze Sarhgôn
Liens : Partage un sang commun avec Runa Salv
****************************************************************************



Histoire à venir très prochainement..
     




Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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