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 [RP] Dans le hall du palais du dragon sur la montagne Sujet suivant
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Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 25 Mai 2015 - 23:31 Répondre en citantRevenir en haut

¤ Début Solyaeku 918 ¤
le lendemain de l'Empreinte mineure


Le Mont Gérikor. La montagne la plus haute et la plus escarpée de Tol Orëa. Les sans-dons la craignaient à cause de la rumeur qui en faisait le domaine de monstres fantomatiques qui hanteraient ses versants. Les doués, en revanche, la connaissaient pour être la demeure du dragon primordial, l’Oracle lui-même. Ce matin-là, noyées dans la brume, sous un ciel grisâtre, deux silhouettes humanoïdes peinaient à gravir la pente vers le sommet. La plus petite se distinguait par sa chevelure flamboyante. Elle marchait quelques pas derrière la plus grande, dont la chevelure formait une bannière blanche semblable à de la neige. Les grandes foulées de l’homme ne distançaient pas vraiment son apprentie mais il paraissait mieux entraîné à fournir pareil effort. Un bref cri rauque perça le silence, se répercutant en centaine d’échos autour de la montagne. D’immenses ailes brassaient l’air et fendaient le brouillard. Un grand dragon surveillait l’avancée des deux pèlerins.

***

- Tous les Aspirants ne découvrent pas leur Âme Sœur dès la première Empreinte. Beaucoup assistent d’abord à ces événements depuis les gradins, pour se familiariser avec son déroulement, son caractère sacré et comprendre les rouages de cette cérémonie. Tu as eu un parcours atypique, Aspirante de Cléonor. Au cours de ma vie, j’ai rarement vu de jeunes gens échouer à trois Empreintes en si peu de temps. Toutefois, cela s’est déjà produit. Et seule Flarmya en connait les raisons.

***

Lorsque Manea trébuchait ou traînait trop, son Maître n’hésitait pas à la relever de force. Il la mettait en garde contre des irrégularités du sol d’un ton sec, sans un regard en arrière. Depuis l’éclosion de la couvée mineure, Eléderkan Garaldhorf tutoyait son Aspirante et ne posait plus sur elle qu’un regard froid, sévère, dénué de douceur. Le peu de compassion qu’il aurait pu lui témoigner pour ses échecs répétés – et la douleur qui devait certainement en résulter – s’était évanoui, depuis ce geste fatidique contre la Chevalière Verte Anara. Un geste qui avait valu une gifle cinglante, de brèves remontrances empreintes de fureur glacées ainsi qu’un jour complet de cachot pour qu’elle comprenne son erreur. Puis il y avait eu cette Empreinte mineure, manquée une fois de plus. Une fois de trop. Si son enseignement interdisait à Eléderkan d’en vouloir à la jeune fille pour ne pas avoir trouvé de dragon pour elle sur les sables, il lui gardait rancune de son geste impardonnable. Non pas qu’il apprécia particulièrement Asshai Anara et sa dragonne étrangère… Mais voilà, elle était Chevalière du Màr Tàralöm, élue de Flarmya, survivante de la quête contre l’Ombremage et – pour ne rien arranger – l’ancienne Aspirante d’Anaviel Ïndalwë. Un Sang avec lequel il aurait regretté que leurs relations se détériorent.

Pour toutes ces raisons, Manea de Cléonor venait de baisser dans son estime de manière irréversible. Elle venait de passer du statut de jeune prodige, à calamité ambulante, pour devenir enfin une épine dangereuse dans son talon. Et les épines, d’ordinaire, le Maître Bronze s’en débarrassait sans plus attendre. Il avait néanmoins décidé de la mettre à l’épreuve une dernière fois.

***

- Cette épreuve sera la dernière que tu connaîtras avant longtemps. Au terme de ce périple, soit tu te verras exaucée par Flarmya, soit tu quitteras ma triade. Ton Don est peut-être trop faible pour garantir la survie d’un dragon, ce qui expliquerait tes échecs. Si tu échoue de nouveau, je ne pourrais plus rien faire pour toi. Tu pourras demeurer au Kaerl, si le cœur t’en dit, en tant que servante ou peu importe. Mais tu ne seras plus mon Aspirante. Tu ne pourras plus prétendre à ce titre et l’accès aux Cavernes Flamboyantes te sera refusé. (Soupir.) Prend tes affaires. Nous partons dès que tu seras prête.

***

Voilà pourquoi ils arpentaient le Mont Gérikor alors que le soleil levant nimbait la Terre des Dragons. Qu’allaient-ils découvrir sur les versants de cette montagne sacrée ? Atteindraient-ils seulement le sommet ?

Eléderkan s’autorisa une courte pause près d’un rocher bordé d’un buisson rachitique. L’ascension n’était pas aisée. Pas seulement à cause du décor torturé mais aussi pour les répercussions sur sa psyché. Presque vingt ans auparavant, cette montagne lui avait ravi une femme. Une fëalocë au cœur généreux, dont l’audace avait frisé la bêtise et qui avait pourtant su charmer le cœur de glace d’Eléderkan Garaldhorf. Ismira Drak était morte au sommet de cette montagne avant la naissance de Persée, bien avant que la malédiction ne se déclenche. Et une partie de lui était morte avec elle. L’épreuve se révélait cruelle, autant pour Manea que pour lui – bien que son silence ne puisse rien trahir à ce sujet.

***

° Nous perdons notre temps ! Pourquoi ne pas la renvoyer dans son temple, où elle pourra prêcher la bonne parole à des pèlerins frigorifiés ? Je me suis peut-être trompé, tu sais. Ce n’est peut-être pas son Don qui est trop faible mais peut-être que son âme n’embrasse pas nos valeurs comme elle le devrait… Renvoyons-la sans tarder…
Non. Elle a droit à une dernière chance. C’est un ultimatum. On s’en tient au plan.
Ton plan est cruel.
Je ne te savais pas si attaché à notre jeune recrue.
Je parlais pour toi ! °


Le Bronze plissa les paupières. Sa gueule s’ouvrit sur un cri furieux, auréolé de crocs épais tels des glaives. Profondément froissé, Thémos se drapa dans ses ailes comme un gentilhomme se drape dans sa dignité. Il craignait qu'une blessure trop longue à guérir ne suppure à nouveau. Ismira Drak avait été un cadeau mirifique, si vite offert et si vite arraché. Le grand dragon jalousait son souvenir... Tout en ne pouvant pas s'empêcher de regretter sa disparition. Eléderkan avait bien plus souffert qu'il ne voulait l'admettre. Et Thémos serait toujours là pour le lui rappeler. Au fond, la faute n'en incombait-elle pas à l'Oracle Lui-même ?

La minute suivante, Manea de Cléonor émergeait avec son paquetage, parée pour l'expédition.

***

- Thémos indique la présence d’une grotte quelques mètres plus loin. Nous y ferons une halte.

Un nouveau rugissement fit écho à ses paroles. Eléderkan avait chargé un Thémos récalcitrant et boudeur de surveiller le périmètre, d’estimer leur avancée. Le dragon s’y était plié de mauvaise grâce. L’elfe jeta un bref regard en arrière, vérifiant l’état de Manea.


HRP : N'hésite pas à me dire si je dois éditer quelque chose o/



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MessagePosté le: Lun 25 Mai 2015 - 23:31 Revenir en haut

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Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Lun 13 Juil 2015 - 23:04 Répondre en citantRevenir en haut

La résignation et la peur. Elle avait vu que quelque chose avait changé... Comment les choses n'auraient-elles pu ne pas changer ? Après tout ce qu'il s’était passé, après les échecs successifs, ses erreurs... Le respect s’est muté en indifférence. Le vouvoiement avait disparu et laissé place au tutoiement. Certains auraient pu y voir un rapprochement entre deux personnes, mais il n'en était rien... La froideur à laquelle s'était habituée Manea était devenue une tempête polaire.

La veille, après ce troisième échec et l'annonce de son Maître, elle avait préparé ses affaires en silence, le cœur lourd et les larmes au bord des yeux. Pourquoi est-ce que ça devait se passer ainsi... Pourquoi avait-elle échoué... Son destin était d'être là, de trouver son âme sœur, d'acquérir la force nécessaire à son entreprise... Toute sa vie, depuis l'Evènement, n'avait été guidée que dans ce but... Et voilà qu'elle être mise dehors. Ils allaient probablement la ramener sur le continent où ils l'avaient trouvé et peut-être la livré aux mains de la justice. Le dragon savait... Et plus rien ne pouvait l'empêcher de le dire à son lié.

Son petit sac de prêts, après tout elle n'avait guère plus qu'à l'arrivée si ce n'était un ou deux vêtements ajoutés, elle rédigea une lettre à son autre Maitre. Sa formation était-elle finie ? Probablement pas... Elle n'avait pas été initiée au cercle et probablement jamais ne porterait cette marque qui les distinguerait entre eux. Puis elle alla une dernière fois à l'observatoire, se couchant dans un coin isolé, avant de se faire rappeler une dernière fois.

(Rp plus tard)


~~><~~


La jeune aspirante fit une pause et se frotta le poignet bandé. Le moins que l'on pouvait dire, c'est que ça avait été douloureux et que ça l'était toujours un peu. Mais ce n'était pas le plus important non... Cela faisait plusieurs heures que ses pieds endoloris foulaient le sol rocailleux de la montagne, trébuchant parfois, mais essayant de se redresser avant que son Maitre n'arrive pour la relever. Son contact n'était qu'un coup de poignard au creux de l'estomac, lui rappelant encore et encore son échec. Son étonnement avait été grand lorsqu'ils s’étaient téléportés ici, au pied d'une montagne qu'elle ne connaissait pas. Ca surprise avait été d'autant plus importante lorsqu'il lui annonça qu'ils allaient grimper. Pourquoi faire ? Pourquoi ne pas avoir atterri directement en haut ou gagner le sommet en volant...? Qu'est ce que son Maître manigançait ? Était-ce ainsi qu'on se débarrassait des indésirables ? En les forçant à monter puis les poussant dans le vide ? Et s'ils survivaient, c'est que Flarmya veillait sur eux ? Mais elle ne se laisserait pas faire. Il faudrait qu'il la tue de ses mains avant de jeter son corps dans le vide. Même si elle venait de tout perdre, la mort ne l'attendrait pas de cette façon et seuls un poignard ou un dragon auraient le privilège de lui prendre son dernier souffle. Car Flarmya, si elle existait, semblait avoir détourné les yeux de son existence depuis longtemps et la laisserait probablement se fracasser les os sur les pierres pointues de la montagne.

~~><~~


Une nouvelle chute vint écorcher ses mains pour la n ieme fois. La nuit blanche, les deux épreuves successives et le soleil n'aidaient pas. Pourtant, elle avait toujours crapahuté, escaladée, grimpée. Mais pas pareil décor. Quel aurait été son intérêt. Ses chaussures, fine sandale, commençaient elle aussi à souffrir des roches taillées et la Fëalocë se demandait si elle ne s'en sortirait pas mieux sans... Elle les garderait le plus possible avant de s'en débarrasser une bonne fois pour toutes.

Malgré ça, aucun mot, aucune plainte ne passaient la barrière de ses lèvres. Elle avançait comme elle pouvait, tête haute. Si elle devait mourir alors ça serait avec honneur. Elle frappa ses mains pour enlever la poussière et les gravillons puis reprit l'ascension, levant les yeux aux rugissements de Thémos.

Thémos... Son cœur se serra comme si elle venait de perdre un ami, presque un amant. Elle l'avait vénéré, c'était toujours le cas, mais avait dû s'en éloigner pour son bien, pour son apprentissage. Elle avait luté silencieusement avec lui pour apprendre à fermer et conditionner son esprit. Il avait été un adversaire de taille, mais son poignet chauffant prouvait qu'elle avait gagné cette bataille. Mais lui aussi s’était détourné. Les mots affectueux avaient laissé place aux rugissements et à la colère. C'était sa plus grande déception. Quoi qu'il se passe en haut, elle le perdrait à jamais.

Reprenant sa marche, elle aperçut son Maitre plus loin, assise sur un rocher. Son visage ne laissait rien paraître, mais le malaise était présent. Sans le regarder dans les yeux, elle le rejoignit et resta debout à côté de lui. Son état n’était pas des plus glorieux après ses longues heures à marcher. Poussiéreux, éraflé, les cheveux en bataille, elle n’en menait pas large physiquement, mais son regard était clair et déterminé. Mais une halte serait la bienvenue, la faim commençant à se faire sentir. Après tout, son dernier repas datait du midi de la veille.



Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Lun 20 Juil 2015 - 18:09 Répondre en citantRevenir en haut

La grotte offrait un abri sûr jusqu’à ce que l’ascension ne reprenne. A l’abri des regards, du vent et de la pluie. Une fine bruine tombait sur la haute montagne, noyant l’horizon brumeux où que le regard se perde. Le grand dragon de cuivre vint se poser à proximité de l’entrée, ses serres plantées dans la roche et ses ailes largement écartées pour conserver son équilibre. Il jeta un regard vers le sommet qui, disparaissant dans la couche nuageuse, semblait attirer les mortels comme un papillon par une flamme. Thémos n’avait jamais été un dragon très pieux ni très respectueux des croyances d’autrui. Il croyait volontiers en l’existence des dieux – principalement Flarmya – et au pouvoir politique que tenaient certains prêtres tenaient entre leurs mains. Cependant, il avait beau connaître les déboires de la lignée de son Lié avec les créatures à peu près divines et tout le mal qui en avait résulté, il se refusait à y accorder trop d’importance. L’Oracle, ce Dragon Primordial, en revanche, il le craignait de toutes ses écailles. Il était bien réel et ses pouvoirs l’étaient tout autant.

Eléderkan s’assit sur une roche à peu près plate près de l’entrée, épousseta sa veste puis coula un regard vers son Aspirante. Manea souffrait de l’ascension en silence. Ni l’un ni l’autre ne se parlait vraiment. Ecorchée, poussiéreuse, le poignet bandé qu’elle ne cessait de frotter, la jeune fille ressemblait à ces esclaves hagards qu’on vendait sur les marchés reculés d’Ys. Elle avait au moins le mérite de ne pas se plaindre. Eléderkan détestait les pleurnichards.

Il embrassa la grotte d’un lent regard circulaire. La cavité était suffisamment spacieuse pour accueillir un petit dragon – telle qu’une Verte – et se prolongeait sur une dizaine de mètres dans les ténèbres. Il n’était pas impossible que des galeries existent à flanc de montagne. Le Mont Gerikor n’avait jamais dévoilé ses secrets sans avoir un dessein bien précis.

Eléderkan lança un fruit à la fëalocë tandis qu’il mordait dans un autre. Maintenant qu’ils s’étaient arrêtés, le froid revenait mordre leur chair fatiguée à travers les vêtements. L’elfe se surprenait à ne pas être plus anxieux et mal à l’aise qu’il ne l’aurait d’abord cru. Après tout, il avait tout à craindre des chimères telles que l’Oracle de Tol Orëa.

- As-tu déjà entendu parler de ce lieu ? Le Mont Gerikor ?

Les prunelles d’émeraude paraissaient vouloir clouer Manea au sol. Il attendit sa réponse.

- Tu y passeras ta dernière épreuve. Et ce n’est pas de moi, ou de Thémos, que tu devrais avoir peur. Si le destin veut que tu meures ici, ce ne sera pas de ma main. Repose-toi. Nous repartons dans une demi-heure.

Sur cette sentence, Eléderkan détourna le regard, ignorant la présence de l’Aspirante de Cléonor comme si, soudainement, elle n’existait plus pour lui. Qu’elle fasse ce qui lui plairait durant cette demi-heure de répit. La suite des événements n’en deviendrait que plus ardue. Plus ils montaient vers le sommet de la montagne, plus les souvenirs affluaient et plus l’Oracle risquait d’avoir envie de jouer avec leurs nerfs. D’une manière ou d’une autre.

Un silence pesant, digne d’un tombeau, s’installa dans la grotte. Le Maître Bronze laissait son regard errer sur les parois rocheuses, cherchant à y capter une trace, un indice du passage d’une certaine fëalocë aux yeux noirs. Son dragon surveillait les alentours, drapés dans ses ailes, lavant ses écailles sous la pluie. Quant à Manea…

- Qui es-tu ?

La voix provenait des ombres, où deux yeux verts observaient l’Aspirante sans ciller. L’inconnue avança dans la lumière blafarde, révélant ses traits. Une étrange impression de familiarité flottait autour de sa personne. Elle s’avança de quelques pas puis pencha la tête de côté, comme pour mieux observer Manea.

- Qui es-tu ? Que fais-tu ici ? N’étais-tu pas heureuse là où tu étais avant ?

Ses cheveux rougeoyants croulaient sur d’étroites épaules. Son corps frêle et gracieux se dissimulait sous une courte robe blanche de bonne facture. Un voile flamboyant couronnait sa chevelure. Et ses yeux verts brillaient avec plus d’éclat que la plupart des joyaux. Si elle n’avait pas paru plus âgée d’une dizaine d’années supplémentaires, cette inconnue aurait pu être l’exacte réplique d’un futur où, à travers d’infinies possibilités, Manea de Cléonor lui aurait ressemblé comme une goutte d’eau.


Have fun Evil



Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Mar 21 Juil 2015 - 20:31 Répondre en citantRevenir en haut

La grotte n’était pas très loin et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle s’assit à même le sol, proche de l’entrée également. Elle n’aimait pas spécialement les grottes. Elle s’y était souvent réfugiée pourtant, profitant de la sécurité qu’elles offraient. Mais en cas de fuites, elles se révélaient souvent être un cul-de-sac ou débouchant sur une quelconque créature bien moins préférable que les services de milice des villes. Étendant ses jambes douloureuses devant elle, elle passa ses mains dessus en essayant de détendre et masser les muscles. Elle ne dut qu’à son sens de Fëalocë de ne pas se prendre le fruit dans la tête en l’attrapant au dernier moment, ses yeux ne se posant pas sur l’homme assis près d’elle. Presque machinalement, elle l’essuya sur un coin encore blanc de sa tunique et croqua dedans, savourant le goût sucré et l’énergie qu’il pouvait lui apporter. Mais malheureusement, ça n’apportait pas de la chaleur et la légère humidité de ses vêtements, couplé avec le vent refroidissait son corps endolori. Elle s’en protégea tant bien que mal, tirant un peu plus sur le voile, essayant d'abriter les parcelles de peaux encore à nues.

- Non… Je ne connais pas cet endroit… Je ne sais même pas si nous sommes encore sur Tol Orëa... Dit-elle doucement, mangeant son fruit lentement, ne regardant pas son maître.

Le destin... Elle y croyait. C'était lui qui l'avait conduit ici, mais pour autant, elle n'avait pas l'intention d'y mourir. Elle le crut bien entendu lorsqu'il lui annonça que la mort ne viendrait ni de lui-même, ni de son dragon. Mais alors quoi ? Il la laisserait mourir si une bête sauvage l'attaquait ? Non... Il devait y avoir autre chose. Une épreuve... Une dernière épreuve... Il fallait qu'elle prenne ça comme un défi de plus.

Mais pour la réussir, il lui fallait survivre au froid et ce n'était pas à l'entrée de cette grotte qu'elle y arriverait. Sans attendre elle se leva et s'enfonça un peu plus, prudemment, regardant devant elle. Elle ne sentait aucune présence, mais ne pouvait ouvrir son esprit, de peur que le bronze saute sur l'occasion pour voir ce qu'elle lui cachait depuis plusieurs semaines.
Elle décida de se mettre à quelques mètres de l'entrée, dos contre une large pierre, à moitié allongée contre la paroi. Ici le vent ne l'atteignait pas et elle pourrait se reposer un peu, le temps de repartir. Elle ferma ainsi les yeux après avoir avalé le dernier bout de son modeste repas.

Malheureusement, le repos ne fut que de courte durée. Un vent glacial sembla se faufiler sous ses vêtements, remontant le long de son dos avant de se perdre dans sa nuque, lui faisant hérisser chaque poil. Cette sensation... Un danger... Bougeant à peine, elle glissa ses doigts dans son sac, les refermant sur le manche froid de son poignard. Avait-il menti finalement, car il n'y avait personne d'autre autour ? Allait-il profiter du fait qu'elle se soit assoupie pour la tuer proprement ? C'était mal la connaître, car son sommeille n'était que rarement profond, surtout en terre inconnue avec la possibilité confirmée de mourir. Elle entrouvrit un œil, la respiration toujours calme, guettant les bruits de pas, d'étoffe, la sensation d'un corps se rapprochant d'elle. Mais rien... Elle m'entendait toujours plus loin, occupée à ses affaires... Ce n'était pas non plus Thémos.... Il y avait quelque chose d'autre... Elle verrouilla son esprit et se leva d'un coup, lame devant elle, prête à défendre sa vie face... Elle se stoppa, comme paralysé. Ce n'étaient que deux yeux... Puis cette voix claire qui résonna.

- Qui es-tu ?

Qui était elle ? Alors que la chose avança, Manea elle recula d'un pas, jetant un coup d'œil furtif vers son Maitre qui ne bougeait pas.
Un nouveau frisson parcourut son corps, faisant légèrement trembler sa main. Cette... Cette femme... Elle l'avait déjà vu... Non... Jamais... Qui était elle ? La question ricocha dans son esprit, faisant écho à celle qu'Elle venait de lui poser...

Tenant son couteau toujours devant elle, son regard se reporta sur l'inquisiteur, qui ne semblait pas la voir. Se moquait-il d'elle..? Non... Il n'était pas comme ça malgré TOUT.
Elle secoua la tête, n'arrivant pas à savoir si ça venait de son esprit ou si c'était réel...

Elle fit un pas en avant... Un autre... Ramena la lame sur sa main, rouvrant la cicatrice qui peinait à se refermer. Le sang, la douleur... Elle était toujours là. Elle n'était pas folle, non. Elle s'approcha encore, jusqu'à être à portée de bras de la femme.
La montagne... Elle était spéciale non ? C'était elle qui lui jouait un tour, rien de plus. Elle s'approcha encore un peu, se collant presque à l'apparition, allant murmurer à son oreille.

- Je suis Manea de Cléonor, aspirante d'Elederkan Garaldorf. Je suis ici pour accomplir mon destin et le temps où j'étais heureuse n'existe plus.

Sans prévenir, elle enfonça sa lame dans le corps en face d'elle, jusqu'à ce que le tissu entre en contact avec son poing. Si, elle était folle, et elle le savait depuis longtemps...

--><--


Près de l'entrée, l'air sembla se réchauffer légèrement. Ou bien était-ce le vent qui se transformait en brise légère ? Ou encore le léger parfum de lotus qu'il sembla porter ? Dans l'étrange silence de la montagne, passèrent devant les yeux d'un elfe solitaire, quelques mèches d'un rouge flamboyant, dans un murmure venant de la grotte.



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MessagePosté le: Mer 22 Juil 2015 - 03:14 Répondre en citantRevenir en haut



Il est parfois des cauchemars que rien ne peut effacer. Certains naissent de peurs enfouies, des regrets ou de sentiments plus profonds encore. Quelques-uns de ces cauchemars sommeillent, des années durant, dans le cœur des hommes. Ces derniers apprennent à vivre avec, parfois sans s’en apercevoir. Comment fuir quelque chose qui vit en soi ?

Le reflet d’une Manea de Cléonor plus âgée – mais peut-être pas plus sage – ne broncha pas lorsque la lame la transperça. Pas un seul frémissement de douleur ne rida son visage. Elle n’esquissa aucun geste pour déloger le couteau de ses chairs ou repousser sa meurtrière.

- Alors c’est que tu n’es qu’une idiote.

Sa voix, douce et suave comme la brise, ne charriait ni rancune ni déception, face à la réaction de l’Aspirante. Finalement, l’autre fëalocë recula d’un pas. La petite lame froide quitta son corps. Une large fleur de sang s’étalait rapidement sur sa robe. Elle n’y prêta aucune attention. Ses yeux verts rencontraient ses jumeaux sans ciller, dans ce petit visage poussiéreux et rongé par une folie dont elle se réclamait. Manea de Cléonor vivait entravée par des chaînes qu’elle avait elle-même créées.

- Ton bonheur se trouve là où tu veux qu’il soit. Et il peut prendre la forme que tu voudras. Si tu ne sais pas réellement ce que tu veux, en vérité, comment peux-tu espérer être heureuse un jour ?

Une lueur plus vieille que cette montagne éclairait ces prunelles sans âges. Quelque chose de plus intemporel, de plus puissant qu’une simple illusion, habitait la frêle enveloppe mourante de la fëalocë.

- Tu crois que la montagne veut te mettre à l’épreuve ? Mais la montagne n’a pas d’âme ni de conscience : ce n’est qu’une montagne, après tout ! reprit-elle d’un ton plus léger. Tu t’imagines que tu vas devoir affronter des pièges mortels et des monstres effrayants, parce que ton Maître t’as dit qu’il s’agissait d’une épreuve ? Si c’est le cas, va-t-en. Tu n’as pas de temps à perdre ici. Et ton Maître ne t’aurais pas amenée sur cette montagne juste pour le plaisir de te voir douter d’être à la hauteur.

Un sourire vint à éclore lentement sur son visage.

- Si tu poses les bonnes questions, Manea de Cléonor, peut-être trouveras-tu les bonnes réponses.

***

Eléderkan retint un frisson comme le vent s’engouffrait avidement dans la grotte. Il resserra machinalement les pans de sa veste et croisa ses longues mains sur ses genoux. Le regard perdu dans le vague, il tâchait de se vider l’esprit. Ne plus penser à rien. Puiser dans un calme intérieur. Dur exercice lorsqu’on était lié à un Bronze au tempérament nerveux et irritable, ou que l’on était chargé de recueillir tous les sales petits secrets des membres de son propre Ordre. L’elfe ferma brièvement les yeux. Manea se tenait tranquille depuis le début de l’ascension. Il pouvait s’accorder quelques instants de répit…

Un parfum de femme flottait dans la pièce. Comment avait-il fait pour ne pas le remarquer d’emblée ? Rouvrant brusquement les yeux, il chercha la source de cette odeur, sa main droite glissant doucement vers la garde de sa rapière. Il se figea. L’espace d’un instant, il crut apercevoir la silhouette d’une femme regagnant les ombres mouvantes de la grotte. La brillance de ses cheveux rouges avait attiré son regard. Et ce n’était pas son Aspirante.

- Qui est là ? Montrez-vous. Je ne vous ferais aucun mal.

Son détachement apparent, son sang-froid devenu légendaire, allié à un esprit pragmatique au possible : tout cela vola en éclats. Il connaissait ce parfum de lotus. Il connaissait cette indomptable crinière de feu mêlée d’or. Il ne connaissait que trop bien cette femme-là…

L’inconnue émergea des ténèbres. Ses yeux paraissaient presque noirs dans la pénombre. Ils mettaient en valeur sa peau délicatement dorée par le soleil et son sourire éclatant. Cette femme-là respirait la joie de vivre, la spontanéité, la bonté et la bravoure. Cette femme-là était morte, plus de dix ans auparavant, de sa propre main.

- Tu ne devrais pas être ici. Rien ne t’attend sur cette montagne. Tu as déjà trop perdu à cause des erreurs des autres.

Le rythme cardiaque d’Eléderkan s’emballa. Même sa voix n’avait pas changé… Oui, il avait longtemps payé pour les erreurs d’autrui, d’abord celles de ses ancêtres du Màr Maudit, puis celles du Valheru fondateur de sa lignée. Même pour l’unique erreur de sa défunte compagne, il payait. Il perdait chaque jour un peu plus quelque chose. Il avait changé. Noirci par les vicissitudes, racorni par les espoirs déçus, corrompu par le venin perfide des ambitions des autres, détruit à petit feu par ses actions. Pourtant, Eléderkan Garaldhorf regrettait peu de choses au cours de sa vie. Avoir aimé Ismira Drak était l’une d’elles.

- Toi non plus, souffla-t-il, tendu et méfiant. Est-ce l’Oracle qui t’envoie me tourmenter ? Ou mon esprit me joue-t-il des tours ?

L’image d’Ismira Drak secoua la tête avec indulgence. Elle voulut avancer vers le Maître Bronze, poser sa main contre sa joue mais il se rétracta aussitôt. Tel un serpent sur le point de mordre.

Oui, Eléderkan regrettait d’avoir follement aimé Ismira Drak, l’herboriste sans-Don et douée d’empathie de Lòmëanor. Cette idylle n’aurait sans doute jamais survécu aux aléas du temps. Tous deux étaient bien trop différents. Mais cela, il ne le saurait jamais vraiment. L’Oracle s’en était mêlé. Persée-Morian était née. Le mauvais sort s'était acharné. Et, depuis cette nuit-là, dix ans auparavant, il vivait la haine chevillée au cœur, condamné à ressasser le souvenir de cette femme, sans jamais être sûr ni certain que le bonheur qu’elle apportât suffisait à racheter les années de souffrances qui avaient suivies. Tout cela en valait-il la peine ?

- Je ne suis pas venu pour jouer aux devinettes, Oracle, renchérit froidement l’elfe, une hostilité latente planant dans toute sa posture. Il ne s’agit pas de moi. La personne qui a besoin d’aide, ici, est mon Aspirante. Manea de Cléonor.


J'ai un petit peu PNJiser la défunte chérie d'Eléderkan, j'espère que ça colle avec le reste de ton idée ^^"



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MessagePosté le: Mer 22 Juil 2015 - 23:21 Répondre en citantRevenir en haut

Elle s’était attendue à de la chaleur. Celle qui se glissait entre ses doigts, souillant sa peau claire, ondulant le long de son bras jusqu'à toucher les pans du tissu blanc qui l'habillait. Mais rien... Le vide... La chaleur n'était pas là, le soulagement non plus. Ses doigts n’étaient humides que de la transpiration due à la peur, à l'effort. Même le corps ne bougea pas. Pourtant elle connaissait les poings vitaux, elle savait viser. Jamais elle ne faisait souffrir les victimes de sa lame. Un coup précis... Non, au lieu de ça elle avait eu l'impression que la lame s’était enfoncée dans son corps, la crispant un peu plus sur le manche. Elle rêvait, rien ne l'avait transpercé, elle le savait.

Une idiote. Certainement pas ! Elle était beaucoup de chose; jeune, impulsive, meurtrière. Mais certainement pas idiote, sinon elle n'en serait pas là. Elle regarda la silhouette reculer, fichant la tache de sang, la main toujours tendue, le couteau toujours en place. Une grimace étira ses lèvres alors que son esprit pulsait dans son crâne. Il ne fallait pas qu'elle perde le contrôle. Pas maintenant, pas après tout ça. Cela lui avait déjà coûté trop cher en si peu de temps. Son arme retourna entailler sa main. Se calmer, se calmer, ne pas déraper. La douleur, le sang, la froideur de la lame. Sans quitter des yeux son homologue, elle respira longuement.

- Je veux qu'ils vivent ! Je veux qu'elle vive. Je veux trouver celle qui me complétera, je veux retourner chez moi !! Pourquoi criait-elle ? Elle perdait pied. Se concentrer, respirer.
Elle sursauta lorsque la chose évoqua ses pensées et son esprit commença à se verrouiller. Non, il ne fallait pas qu'elle le ferme totalement. Elle savait que c'était dangereux, elle savait qu'à chaque fois elle risquait de perdre un peu d'elle même. Elle appuya sur sa blessure, essayant de se concentrer. Ne rien dévoiler, montrer une fausse image... Tu es forte... Tu peux y arriver.

Mais ce reflet d'elle-même, car elle avait fini par comprendre, la perturbait, lui faisait peur. Pourquoi avait-elle peur d'elle-même, ça n'avait aucun sens. Elle tourna la tête pour voir son Maitre parler dans le vide. Elle n'était pas seule à avoir des ... Elle ne savait même pas ce que c'était. Ceci devait avoir un sens et voir son Maitre disjoncter aussi la calma légèrement. Elle n'était pas seule.

- Sortez de ma tête... Demanda-t-elle presque doucement. Je ne sais pas ce que je vais devoir affronter... Moi-même ? Elle sourit, presque amusée. La folie, elle connaissait. Elle l'avait suffisamment testé et avait suffisamment fait d'aller-retour entre la réalité et la folie pour arriver plus facilement à se détacher de ça, à reprendre pied. Les pièges et les monstres peuvent prendre différentes formes...

Il fallait qu'elle s'accroche aux paroles. Les mots pouvaient être autant mortels qu'une aide inestimable.

- Il sait que je suis à la hauteur alors ? Malgré tout ? Elle le regarda de nouveau avant d'essuyer sa lame avec un bout de tissu qu'elle gardait dans son sac, reposant ses yeux verts dans ceux de son presque sosie. Vous êtes l'Oracle ? Elle s’approcha de nouveau de la chose, mais lame baissée cette fois. Qu’attendez-vous de moi ? Qu’attendent-ils de moi ? Et qu’est-ce que Flarmya attend de moi. Toute proche, elle se détourna, l’esprit vacillant. Folle, censé, censé, folle… Elle avait du mal à faire la distinction actuellement et son esprit souffrait de ne pas arriver à se fixer après.

- Je ne sais pas quelles questions poser… Son mal de tête revenait. Elle posa son front contre les parois fraîches de la grotte. Qu’est-ce que vous voulez de moi…

--><--


- Je suis ce que tu veux que je sois.

La main de l’image retomba doucement le long de son corps, regardant Eléderkan d’une certaine tendresse avant de tourner la tête vers le fond de la grotte avant de revenir sur lui.

- Ne t’inquiète pas pour elle. Les regrets ne te mèneront nulle part… Si tu es là, c’est que toi aussi tu as besoin d’aide. Elle s’écarta de lui, s’approchant un peu du bord, les pieds à moins de quelques centimètres du vide.

- Que comptes-tu faire ici si tu ne veux pas jouer aux devinettes. Cette montagne ne t’est pas étrangère, tu savais ce qui t’attendait en venant ici, avec elle. Qu'attend-tu d'elle ? Et de cet endroit ?

Elle marqua une petite pause, son regard noir se perdant dans la vue qu’offrait l’endroit avant de se tourner vers l’elfe puis son regard se posa sur une ombre prêt de l’entrée de nouveau, une nouvelle ombre s’y dessinant.

- Moi je ne regrette rien. Elle ouvrit le bras et une petite tête blonde se faufila vers elle, se cachant entre ses jambes. La solitude ne te va pas bien. Qui es-tu devenu ? Souffla-t-elle doucement, plongeant ses yeux dans les siens de nouveau.



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MessagePosté le: Jeu 23 Juil 2015 - 18:15 Répondre en citantRevenir en haut



Manea de Cléonor perdait pieds sous les yeux de l’apparition fantasmagorique. La créature millénaire esquissa un sourire encourageant. Sans le savoir, la jeune fëalocë errait à la frontière de la vraie réponse à ses questions. Elle se tourmentait, pauvre adolescente esseulée, aux rêves piétinés par ce qu’elle comparait à une folie létale, alors qu’elle n’avait sans doute jamais été aussi proche de son but. Comprenait-elle seulement, en réalité, en quoi consistait sa quête éperdue de bonheur ?

- Chut, apaise-toi.

La voix prenait les accents sereins d’une mer d’huile après la tempête. Sous les yeux de Manea, l’immonde souillure sanglante, sur la robe immaculée, se para des nuances chatoyantes d’une armure d’écailles à la couleur indéfinissable.

- Ton égarement passager ne doit pas te détourner de ton but véritable. Si être heureuse signifie marquer un dragonneau lors de l’Empreinte, alors qu’il en soit ainsi. Mais à trop chercher le bonheur, tu passes à côté de tant d’autres choses ! Tu t’es précipitée sur les sables inhospitaliers du Kaerl du Désert. Tu as été trop souvent déçue par ce que tu croyais être des échecs. Peut-être ne cherches-tu pas au bon endroit. Mais, peut-être, ne suffit-il pas de chercher ton Âme-Sœur pour la trouver. Il s’agit d’être digne d’elle, de la mériter.

De larges ailes membraneuses, évanescentes et lumineuses, se déployèrent dans le dos de l’apparition. Une promesse ? Un présage ? Plus qu’une prédiction ou une leçon, il s’agissait d’inviter à la réflexion. L’Oracle ne donnait jamais la réponse. Il guidait les quémandeurs vers ladite réponse. Car ainsi, tout le mérite leur revenait, à eux et ils se rendaient compte que leur quête était vaine. L’Oracle n’avait fait que les aiguiller vers une idée qui les satisfaisait déjà, sans qu’ils ne sachent pourquoi.

Toutes les réponses ne sont pas bonnes à entendre de la bouche d’autrui.

Acculé, écartelé, brûlé vif, Eléderkan n’osait plus faire un geste, plus bouger un seul muscle, le regard rivé sur le fantôme d’Ismira qui contemplait le bord du précipice, l’image de leur fille accrochée à ses jupes. Trop d’émotions se disputaient son cœur et sa conscience. Il ne parvenait pas à les repousser. Ismira avait toujours eu ce talent, de son vivant, de le troubler jusqu’à en perdre la raison. Une faiblesse merveilleuse mais fatale.

Il eut envie de hurler. Je suis devenu plus fort ! Plus puissant que je ne l’ai jamais été ! Je participe à la grandeur de mon Màr, à l’ordre des choses et j’en suis fier ! Je pourrais renverser le pouvoir politique en place en un seul mot. Je tiens le destin de centaines de vies dans mes mains. C’est plus que je n’en rêvais jadis ! Les mots, jamais, ne franchirent ses lèvres. Blême, dévoré de culpabilité, de colère et de peine, il ne pouvait que contempler l’image de cette femme - cent fois maudite, cent fois aimée - et de cette fillette maigre et tatouée qui se disait son héritière.

- Evidemment que tu ne regrettes rien, tu es morte, railla l’elfe, amer et haineux. Je n’arrive pas à croire que je te parle comme si tu étais Elle… Je dois perdre la tête !... Je n’ai pas besoin de ton aide, Oracle. Je ne fais qu’accompagner mon Aspirante vers son ultime épreuve.

Il sentit Thémos s’agiter à la lisière de sa conscience. Il ferma son esprit, comme s’il lui claquait la porte au museau. Il n’avait pas besoin de lui, non plus. Il n’avait besoin de personne. Il voulait être seul. Pour ruminer sa colère et ses remords. Il aurait voulu broyer l’image si parfaite d’Ismira, la faire disparaître. Il aurait voulu que Persée ne naisse pas. Il aurait voulu être le dernier Garaldhorf encore en vie pour pouvoir enterrer tous les secrets de cette famille dans sa propre tombe définitivement. Les attaches émotionnelles le rendaient dangereusement instable.

Il regrettait d’avoir trop espéré d’un amour – sans doute – éphémère. Il regrettait que Persée ait eu à vivre son enfance avec le poids de sa haine sur les épaules. Il regrettait le plan fomenté entre Ismira et lui, chaque coup qu’il lui avait porté, chaque goutte de sang qu’il lui avait arrachée, contre l’espoir que leur fille tire un trait sur les innombrables tragédies familiales qui jalonnaient le parcours de la lignée Garaldhorf. Il regrettait, au fond, tant de choses…

- Je suis devenu celui qu’Ismira craignait que je devienne un jour. Celui que j’ai rêvé de devenir, celui qui seul aura su survivre, en dépit de tout. Je ne reviendrais pas en arrière. Quand bien même cela serait possible, je ne le ferais pas. Ce qui a été accompli ne peut être défait. Ni pour moi, ni pour ma famille, ni pour les sacrifices que j’ai fait au nom du Màr Tàralöm. Si je devais tout recommencer, je le ferais sans doute de la même manière.

Lorsqu’Eléderkan se leva, il était redevenu parfaitement maître de lui-même. En apparence.

- Il est trop tard pour les regrets.

Dans les ténèbres d’une âme desséchée, dans les abysses d’un cœur saigné à blanc, un elfe solitaire pleurait sur les choix qu’il aurait souhaité faire dans sa vie. Et qu’il n’aurait plus jamais l’occasion de réaliser.



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MessagePosté le: Jeu 23 Juil 2015 - 23:59 Répondre en citantRevenir en haut

S'apaiser. Les mots sonnaient si simplement dans son esprit sans pour autant atteindre tout de suite leur but. L'apaisement... Quand était-ce la dernière fois qu'une nuit n'avait pas été cauchemars, doute, vigilance... Peur... Quand pour la dernière fois les songes l'avaient gagné avec la certitude que le jour se lèverait sur des moments plus beaux que la veille et moins étincelants que le lendemain. Quand avait-elle pu se réfugier pour la dernière fois dans les bras d'une personne qui saurait effacer ses craintes d'un revers de la main... Femme enfant ayant grandi trop vite, ce dernier jour de bonheur marquait le début de l'obscurité.... Quand avait-elle dérapé, pourquoi... Pour qui. Sa tête pulsait comme rarement alors que son esprit lutté pour se verrouiller, tentant d'arracher les dernières bribes de sa volonté qui l'empêcher de sombrer dans un néant dont elle ne ressortirait peut être pas. La lumière n'était plus sienne depuis longtemps et le sang, précieux liquide ayant fait basculer sa vie, enveloppait son âme d'une chaleur rassurante.

Pourtant les mots résonnaient, tapant doucement contre son mur comme la mer va et vient contre les rochers, les érodant, les polissant pour les rendre plus beaux.
'Apaise-toi'... Elle inspira doucement, la fraîcheur de la paroi apaisant les pulsations douloureuses de sa tête. Elle la tourna pour poser ses yeux verts sur l'apparition, essayant de déchiffrer son visage, de lire en elle. Mais le mouvement au niveau de son ventre attira son regard comme une lumière attirait les papillons. C'était donc ça l'Oracle... Elle se demanda furtivement à quoi il pouvait ressembler sous sa vraie forme... Mais cette pensée disparut bien vite au profit de la beauté de couleur qu'offrait la tâche précédemment écarlate.

Être heureuse... Était-ce avec son âme sœur qu'elle cherchait le bonheur ou bien est-ce que ça allait au-delà de ça ? Elle voulait sa famille... Entendre sa mère l'appeler pour le repas, son père la réprimander sur ses escapades, sa sœur pleurer d'être trop lente ou son amie grimpant sur le toit pour la rejoindre.

- Le bonheur n'est qu'éphémère... Dit-elle doucement. Il n'est là que pour cacher la réalité de la vie... Et lorsqu'il disparait, la chute n'est que plus violente. Pourtant elle y aspirait de tout son être. Goûtait à ça, encore une fois, même si elle devait ensuite se briser au sol comme une poupée désarticuler. Quelque part... M'attends une âme... Un bout de la mienne... Mon bonheur ne serait pas de la marquer de la mienne... Mais de lui permettre de ne plus être seul... Qu'elle ne soit plus seule... Un nouveau quart de tour et elle se retrouva sur le dos, fixant le plafond noir de cette prison de pierre.

- La dignité... elle ricana doucement, d'un rire cristallin tinté d'une légère folie. Je le serai. Si tant bien même ce mot faisait réellement partie de son vocabulaire. Elle serait digne de son âme sœur lorsqu'elle se présentera à elle. Elle le savait, elle le sentait au plus profond de sa chair. On l'attendait, quelque part...

- Mais où...? Ni le désert, ni le volcan n'ont voulu de moi. Et je doute que les cieux ou les eaux soient l'endroit qui m’attend... Devait-elle errer sur les terres et attendre qu'un œuf lui tombe dessus ?

De la lumière attira ses yeux qui contemplaient la paroi au-dessus de sa tête et le souffle lui manqua pendant au moins deux secondes, la paralysant totalement alors qu'elle s’était redressée pour voir ce qu'il se passait. Son couteau glissa entre ses doigts alors que ses yeux piquaient de la luminosité soudaine. L'air lui manquait... Ou bien était-ce que son esprit n'était pas habitué à ressentir ça et luttait ainsi contre cette sensation... La beauté était relative, mais personne n'aurait pu nier que le spectacle qui s'offrait à elle était au-delà des mots que les peuples pouvaient connaître.

Une étrange chaleur se répandit en elle, partant du cœur de la blessure qu’elle avait infligée à son homologue pour s’étendre dans chaque fibre de son corps. C’était douloureux, elle ne voulait pas avoir mal. Son esprit s’emballa une nouvelle fois sans parvenir à ses fins. Il avait temporairement perdu le contrôle sur le reste alors que les doigts appuyaient machinalement sur sa blessure pour ne pas perdre pied.
Elle fit un pas, puis un autre. Le silence qui régnait était devenu apaisant. Elle tendit ses doigts fins vers les formes déployait, une larme coulant le long de sa joue.

- Je ne veux plus être seule. Murmura-t-elle le plus silencieusement possible, plus pour elle-même que pour l’oracle. Mais les mots pouvaient être à double tranchant et ceux-là semblèrent la vider de son énergie, son esprit se fissurant de ne vouloir accepter l’évidence. Elle glissa à genoux, se sentant partir, appuyant fortement sur sa main.

--><--


- Mais je suis elle. Celle que tu as aimé que tu as chérie, celle pour qui ton cœur s’est fermé cette nuit-là. Elle caressait doucement les cheveux de sa fille qui tentait parfois des regards furtifs vers son père. Allons Eléderkan, ajouta-t-elle doucement. Tu n’es pas toi-même convaincue de ce que tu me racontes. L’ultime épreuve n’existe pas… Tu le sais probablement mieux que quiconque.

Elle s’approcha de nouveau de lui, poussant doucement la petite chose accrochée à elle, jusqu’à se retrouver à quelques centimètres de celui qu’elle avait aimé et pour qui elle avait tant sacrifié. Elle ne broncha pas, le regardant seulement dans les yeux avec ce mélange de douceur, d’empathie et de sagesse.

- Ce n’est pas moi qui avais peur de te voir devenir comme ça, elle leva doucement la main, mimant le geste comme si elle effleurait sa joue, sans le toucher. Tu n’as jamais su me mentir, encore moins maintenant, tu le sais n’est-ce pas. Elle recula doucement, se penchant pour embrasser le front de sa fille qui s’enfuit vers la grotte en riant doucement. De ce rire d’enfant qui n’a connu que l’insouciance et l’innocence. Elle se fondit dans l’obscurité alors que la femme se colla un peu plus à son mari, sa main proche de sa joue, ses lèvres se rapprochant des siennes doucement, les effleurant dans un souffle alors que son autre main se posa sur son cœur.

- Ne pleure plus, ne regrette plus. Ce qui est fait est fait. Soit simplement heureux mon amour. Un contact, léger comme une plume, à peine perceptible, le temps d’un clignement d’yeux, si bien que l’on pouvait douter de sa réalité. Et l’instant d’après, seuls le vide et le froid de la montagne s’offraient à l’elfe solitaire.



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MessagePosté le: Mer 29 Juil 2015 - 00:29 Répondre en citantRevenir en haut



Pauvre petite chose égarée, abandonnée, dont l’âme craintive se cessait de se flétrir. Percluse de douleur dans ce qu’elle ne pouvait concevoir que comme des échecs, Manea de Cléonor était incapable de comprendre que toutes ces épreuves auraient dû finalement la mettre sur la voie. La réponse se trouvait en elle. A la vérité, elle avait toujours été là, en sommeil, attendant le moment opportun pour jaillir des ténèbres.

- Tu n’es pas seule. Pas vraiment. En toi résonne le souvenir de ton âme jumelle, celle du dragon que Flarmya te destine. Il n’est pas encore né, sans doute et tu as dû vivre sans lui pendant des années, comme beaucoup de chevaliers-dragons. Comme la plupart d’entre eux, de fait. Ton Âme Sœur existe. Elle t’attend avec autant d’impatience que tu en manifestes pour elle. La question est : sauras-tu la reconnaître ?

L’apparition ailée, auréolée de lumière, fit un pas vers l’Aspirante. Sa main, peu à peu recouverte d’écailles iridescentes, se posa sur son cœur. Chaud, palpitant, reliquat de vie. Une si jeune mortelle et déjà aigrie par une existence solitaire.

- La réponse est en toi.

Manea venait d’énumérer toutes les destinations les plus probables pour y voir une couvée s’installer, en attendant l’éclosion. Pourtant, il en existait d’autres. Grâce à des chemins tortueux, semés d’embûches, les plus audacieux – ou les plus malchanceux – pouvaient les trouver.

- La vie trouve toujours son chemin.

Lorsque Manea clignerait des yeux, l’avatar de l’Oracle aurait disparu. En un battement de cils, un battement de cœur. Et un silence nouveau s’installa dans la grotte.

Eléderkan ne les regardait pas. Il voyait leurs mouvements du coin de l’œil mais il refusait de les regarder en face. Cela n’aurait rendu ces illusions que plus tangibles et dangereuses. Le rire fantôme de la petite Persée sonnait faux. Avait-il jamais entendu rire cette enfant, du temps où elle vivait à Lòmëanor avec sa mère ? Cela n’avait aucune importance. Il ne s’en était guère préoccupé durant des années.

Persée revêtait le manteau tissé des perspectives d’avenir d’une très ancienne lignée. Elle devait s’en montrer digne. Après tout, elle était la dernière héritière d’une famille sur le déclin ; elle ceignait au côté l’épée de ses ancêtres ; elle avait réussi à vivre, à exister, en passant outre plusieurs maléfices dû aux innombrables erreurs de ses aïeux. Elle représentait le seul espoir des Garaldhorf. Ce qui n’en faisait pas sa fille pour autant. Il s’était toujours montré incapable d’éprouver de l’affection pour elle. Cette enfant, par sa seule présence parmi les vivants, avait causé bien trop de pertes pour qu’il puisse lui pardonner. Ce qu’il avait fait, les sacrifices qu’il avait accomplis pour la rendre libre de ses choix, tout cela relevait d’une absolue nécessité à garantir un avenir à sa famille. A restaurer la lignée, à l’honorer, à sauver ce qui pouvait encore l’être. Le reste, il s’en lavait les mains. Eléderkan Kidrash Perséùs Garaldhorf n’avait jamais été homme à livrer facilement ses sentiments, ni à avoir foi en quelque chose qu’il ne pouvait pas contrôler.

Il tressaillit comme l’image d’Ismira disparaissait enfin. Il put reprendre son souffle. Dans les tréfonds de son âme, une partie de lui ruait pour éprouver à nouveau… Quelque chose. N’importe quoi qui put ressembler à de la tendresse, de l’espérance, ou même de l’amour. Quelques secondes de silence oppressant passèrent, sans qu’il n’y eut aucun signe encourageant en faveur de ces vieilles émotions désuètes. Peine perdue. Raison et sentiments coexistaient séparément en son âme depuis si longtemps… Il était trop tard. Il valait mieux oublier. Cet homme-là était mort, comme d’autres avant lui. Mais il pouvait encore agir. Il lui restait encore tant de choses à accomplir en ce bas monde.

L’elfe jeta un lent regard circulaire autour de lui. Il n’y avait plus aucune trace de la magie du Dragon Primordial. Qu'il se soit lassé de ce petit jeu n’était pas une option. Non, bien pire : cela signifiait que l’Oracle était satisfait, qu’il avait atteint son but. Quant à savoir lequel… Il avisa la silhouette recroquevillée de la jeune fëalocë, à genoux sur le sol froid de la grotte. Il s’empressa de la relever de force, lui agrippant le bras et la giflant de sa main libre. Elle devait reprendre ses esprits au plus vite.

- Qu’as-tu vu ?... Non, ne me réponds pas. Cela n’a pas d’importance. Toi-seule peut comprendre les visions que t’as envoyés l’Oracle. Tu devras méditer là-dessus.

Le museau cornu d’un grand dragon de bronze surgit de la brume, s’avançant dans l’antre humide. Le signal du départ. Il leur fallait repartir à l’assaut de la montagne.

- Mais plus tard. Il est temps de repartir. Il nous reste un long chemin à parcourir jusqu’au sommet.

Au dehors, la pluie fine avait cessé. La brume régnait de-ci de-là entre les lignes abruptes de la montagne. Le sommet, couronné de nuages, appelait les aventuriers. Thémos secoua ses ailes, prêt à s’envoler. Dans les prunelles tourbillonnantes du Bronze se reflétaient une forme d’anxiété indicible. Son regard était rivé sur la silhouette altière de son Lié. Il aurait voulu balayer ces pierres, brûler ces souvenirs encombrants, d'une seule pensée. Il ne pouvait que contempler les ravages dans la psyché de l'étrange créature, sage et cruelle à l'instar d'un dragon, qui partageait son existence.

° Qu’as-tu vu ? °

Eléderkan ne répondit pas. Jamais.





Dernière édition par Eléderkan Garaldhorf le Sam 1 Aoû 2015 - 23:08; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 30 Juil 2015 - 00:03 Répondre en citantRevenir en haut

Comment pouvait-elle se souvenir de quelque chose qu'elle n'avait jamais connu. Les mots de l'Oracle résonnaient encore dans son esprit sans qu'elle n'en comprenne le sens premier, ou même les autres. Elle enregistrait les paroles sans les entendre, essayant de ne pas perdre pied, de rester ici, de ne pas sombrer.
Son cœur taper dans sa poitrine dans un rythme effréné, semblant vouloir briser les côtes qui le retenait dans le corps trop fragile de l'aspirante. Son corps lui faisait aussi mal que son esprit. Elle avait l'impression que chaque pulsation lui envoyait un liquide brûlant dans les veines alors que sa tête bourdonnait à la rendre sourde. Elle avait envie de hurler, mais les mots restaient bloqués, anéantis par son esprit cherchant à se libérer.

Puis soudain, plus rien. Le feu incandescent devint une douce chaleur. Le bourdonnement fit place à des murmures. Elle ouvrit les yeux qu'elle n'avait pas souvenir d'avoir fermés et les posa sur la main appuyant sur son coeur. C'était doux, chaud, agréable. Le contact... Voilà longtemps qu'on ne l'avait pas réellement touché de manière douce. La sensation était agréable, apaisante. Elle referma les yeux, écoutant le silence alors que la pression exercée par les doigts fins disparaissait.

- Merci. Murmura-t-elle simplement. Elle aurait aimé rester ainsi le plus longtemps possible, savourant le calme et la tranquillité de l'instant, de son esprit.
Mais c'était sans compter son Maître qui trouva que c'était le moment exact pour la relever de force et la gifler.

Brisant l'instant, elle ouvrit les yeux alors que son esprit se referma immédiatement, sa main se levant pour porter un coup de poignard au niveau du cou de l'agresseur, par réflexe, par instinct. Mais point de couteau elle avait et c'est seulement le vent qui toucha la gorge de son 'agresseur'. Reprenant ses esprits elle se dégagea de son emprise un peu brutalement, reculant en le fixant comme un animal fixerait son prédateur.

- Désolé... Fit elle quand même en finissant par détourner le regard, se penchant pour récupérer son arme et la ranger dans son sac. Ses mains légèrement tremblantes et les coups d'oeil furtif vers le fond de la grotte dévoilaient son trouble. Avait-elle rêvé...? Que venait-il de se passer...? Est-ce que ça s’était réellement produit surtout... Son mal de crâne et le sang perlant le long de ses doigts lui indiquèrent que oui. Elle défit le bandage à son poignet pour le nouer autour de sa main. Tant pis, au point où elle en était, qu'il voie ou non cette marque n'était plus important.

Elle frotta doucement ses vêtements, retirant la poussière avant de sortir en silence de la grotte, reprenant la marche en silence, ses pensées tournées vers les mots de l'Apparition. La vie trouvait toujours son chemin... Son âme sœur était quelque part, c'était là une affirmation. Mais pas là où elle était déjà allée... Mais alors où. La réponse en elle. Mais il n'y avait rien d'autre en elle que la douleur. Elle devait réussir à passer outre.
Marchant pendant quelque temps, elle finit par s’arrêter en plein milieu.

- Pourquoi montons-nous ? Il n’y aura plus rien pour nous en haut… Elle ne reviendra pas… Elle s’approcha du bord, regardant l’horizon.
Mon âme sœur existe… mais pas dans un endroit que je connais… Je dois la chercher ailleurs… Et ce n’est pas ici. Dit-elle sûre d’elle, un éclat soudain brillant dans les yeux. Elle m’attend… Murmura-t-elle. Et si… c’était à prendre au pied de la lettre… ? Elle parlait plus pour elle-même qu’autre chose. Mais elle se détourna d’un coup, regardant son Maître.

- Combien de temps un œuf peut-il survivre ? Est-ce qu’il y a des œufs abandonnés quelque part ? Je veux dire, est-il possible qu’un ou plusieurs œufs n’aient jamais trouvé leur âme sœur ? Qu’ils attendent quelque part ? Elle porta son regard sur la montagne. Elle ne m’apportera plus rien…Mais elle finit par baisser les yeux.

- Non... les oeufs ne survivent pas longtemps une fois prêt à éclore n'est-ce pas... Elle frotta son poignet. Elle le savait, sinon il n'y aurait pas de perte sur les sables. La fatigue lui faisait dire n'importe quoi.



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MessagePosté le: Dim 2 Aoû 2015 - 00:30 Répondre en citantRevenir en haut

L’air se raréfiait vers le sommet. Le Maître et son apprentie étaient encore loin d’atteindre celui-ci. Cependant, chaque pas les rapprochait de la fin de l’épreuve, de ce sommet sacré, d’une réponse. Eléderkan n’était pas venu arpenter le Mont Gerikor en quête de réponses. Aucune question, aucun doute sur son existence actuelle ne hantait sa conscience. Ce qui n’avait pas empêché la magie de l’Oracle de jouer avec son esprit. De profaner ses souvenirs. De le troubler plus que de raison. Il avait tout à craindre de pareille créature. Ayant déjà affronté par le passé des êtres similaires – de part leur malice et leur cruauté -, il se méfiait, presqu’à la lie de la paranoïa; de leur proximité.

L’elfe fit une courte pose près d’une saillie rocheuse, où s’égarait quelques buissons décharnés. Le Dragon Primordial avait beau être rusé, lui saurait l’être encore plus. Il était plus fort que les illusions. Il en était convaincu. Rien ne saurait le détourner de son but initial. Eléderkan jeta un regard en arrière, où une jeune fëalocë le suivait docilement dans l’ascension de cette montagne escarpée. Il s’agissait de tester une dernière fois cette Aspirante… Non de répondre aux élucubrations d’un fantôme.

Manea se fit soudain à parler, rompant leur accord tacite impliquant que chacun garde le silence. Le Maître Bronze réprima un soupir résigné. Le temps des questions. Que tout cela le fatiguait ! Il sentit l’attention accrue de Thémos commencer à faire pression sur leur lien psychique. Sa méfiance redoubla. Quand le dragon prêtait autant d’attention aux discours des bipèdes, il s’agissait rarement d’un bon présage. Il dévisagea l’Aspirante, les lèvres serrées, le visage fermé. L’Oracle aurait-il perdu un pari contre Kaziel ou Osmaël, ces dieux de la discorde et du hasard ? Un plan, dont l’elfe distinguait mal les contours, fomenté par il ne savait quelle puissance de ce monde, se dessinait pourtant en ébauches sous ses yeux. Et Manea de Cléonor semblait en faire partie. Il ignorait encore s’il devait s’en réjouir ou s’en alarmer…

° Que voilà d’étranges questions… °

Eléderkan n’eut guère le temps d’approfondir la question, préférant laisser la voie libre au dragon de cuivre qui tournoyait au-dessus des deux voyageurs.

° Si tu espères dénicher une couvée sauvage sur cette île, il faudra t’armer de patience, de ruse, de persévérance… Et de folie ! Rares sont les dragonnes qui prennent le risque de pondre en dehors de leur Kaerl de naissance, de peur de voir leurs petits mourir dans l’œuf, après avoir attendus trop longtemps d’éclore pour une Âme Sœur indigne. °

L’éternelle menace, dont Thémos avait déjà gratifié bon nombre d’Aspirants avant Néa, planait dans sa voix rauque et grondante. Quelque chose perturbait le jugement du dragon. A trop côtoyer cette créature chétive et sans écailles, il avait commencé à sentir les changements s’opérer en elle. Elle gagnait en assurance. Elle engrangeait le savoir sans rechigner. Son esprit se renforçait. Mais sa passivité docile la rendait dangereuse. Elle masquait si bien ses tourments intérieurs… Que même un dragon adulte de son expérience aurait pu s’y tromper. Son âme lui échappait. Il ne reconnaissait plus l’enfant prise de panique retrouvée dans ce temple de miséreux. Quelque chose d’autre résonnait, vibrait, illuminait l’âme de cette fille. Mais il n’aurait su dire quoi…

° Les œufs se fossilisent avec le temps, à moins qu’ils ne soient conservés dans de bonnes conditions : veillés par un dragon, maintenus à une température constante, bien au chaud… De mémoire de dragon, ces couvées sauvages apportent rarement le bonheur. La plupart comptent plus de morts-nés que de fiers représentants de ma race. Et je ne perdrais pas mon temps à mentionner ces pseudo dragons sauvages, qui méritent bien plus le statut de vulgaire animal sans intelligence, que celui d'Enfant de Flarmya ! Quant à ceux qui dorment, dans leur coquille, attendant encore leur Âme Sœur jusque dans des lieux improbables... Méfies-toi de ce que tu souhaites, petite rêveuse. Tous les dragons ne sont pas un don de Flarmya pour vos semblables… °
- Thémos. Cela suffit.


Le dragon se tut. Il ne servait à rien d’effrayer davantage Manea. Elle aurait tôt fait de se rendre compte que le nombre de lieux possibles pour receler des couvées cachées s’approchait de la centaine de milliers à travers le monde… Mais, que les dieux lui pardonnent, Eléderkan se refusait à révéler l’emplacement du nid orphelin, caché dans les ruines du Quatrième Kaerl. Il savait que la couvée – ou ce qu’il en restait – avait été déplacée ailleurs. Les parents y avaient veillés, apparemment. Ses espions ne trompaient pas à ce sujet. Plus aucun dragon vivant n’avait survolé la Lande d’Eru depuis la disparition de l’Ombremage.

- Nous n’escaladons pas le Mont Gerikor pour le seul plaisir d’être tourmentés par le Dragon Primodial qui y siège. Cette expédition invite à la réflexion. Elle doit nous montrer notre existence sous un jour différent. Et… Qu’est-ce que c’est ?

Il se figea. Thémos se tendit. Un rugissement indigné déchira l’air. Le regard d’Eléderkan venait de se river sur une marque encore fraîche, gravée dans la chair irritée du poignet de la jeune femme. Comment avait-il fait pour ne pas la remarquer avant ? Pourquoi ne comprenait-il que maintenant ? Toutes ces fois où Manea échappait à la surveillance de son Lié… Qu’elle aille chercher un savoir, que le maître-espion ne pouvait pas lui offrir, ailleurs, ne l’affectait pas tant que ça. Qu’elle se permette de jouer avec une magie nébuleuse, encore moins. En revanche, qu’elle se soit autant employée à lui cacher ses activités nocturnes lui faisait craindre davantage sa sincérité. Manea respirait le mensonge et la duperie derrière son visage de jouvencelle. Comment ne pas douter, dorénavant, de chaque affirmation sortant de sa bouche ?

- J’espère que ces leçons supplémentaires vous ont été utiles, au moins.

Froideur. Cruelle indifférence. Dédain. Cette Aspirante lui en avait vraiment fait voir de toutes les couleurs !



Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Mar 4 Aoû 2015 - 20:32 Répondre en citantRevenir en haut

Grimper grimper grimper. Encore grimper. Elle commençait à en avoir marre de grimper dans un but qu’elle ignorait partiellement. Elle avait l’impression de se diriger vers le néant. Pourquoi continuer à monter alors que l’Oracle était venu les voir. Elle ne voyait en ça qu’une obstination incompréhensible. Levant les yeux, elle regarda son Maître faire une pause alors que son regard se porta sur elle. Attendait-il qu’elle s’effondre de fatigue ? Comme cela, l’ascension serait plus vite terminée ? Mais elle ne lui donnerait pas ce plaisir et utiliserait toutes les forces qu’elle avait pour lui montrer qu’elle pouvait gravir cette montagne aussi aisément que lui.

Alors qu’elle s’attendait à ce que la voix glaciale de l’elfe retentisse pour lui répondre, c’est celle du Bronze au-dessus d’eux qui prit cette peine, la faisant sursauter et manquer de tomber tant elle ne s’y attendait pas. Elle leva les yeux au ciel pour regarder la créature, clignant des yeux à la lumière, arrivant près de son Maître pour faire une pause, écoutant.

- Je n’espère rien, je cherche à comprendre ce qu’elle m’a dit… Elle a dit que mon âme sœur m’attendait quelque part, ça veut bien dire ce que ça veut dire ! Se justifia-t-elle à haute voix, ne voulant pas ouvrir son esprit plus encore pour répondre aux deux. Pourquoi une âme sœur serait-elle indigne ? Si Flarmya a décidé que deux âmes étaient liées, alors elles sont forcément dignes l’une de l’autre. Vous êtes ses enfants, et une mère protège ses enfants !!! Elle avait crié plus que de raison sans s’en rendre compte, ne comprenant pas pourquoi. Essoufflée par le manque d’air, elle s’assit en portant la main à sa poitrine. Elle devait se calmer, ne pas s’emballer pour des histoires pareilles. Elle se força à retrouver un rythme respiratoire plus calme en écoutant la suite. Mais ça ne lui faisait pas peur. Il l’avait déjà menacé plus d’une fois et ce n’était pas une de plus qui changerait la donne.

- Je ne souhaite rien d’autre… Que la vie d’une dragonne. Si elle m’attend quelque part, elle dépend de moi pour vivre… Si ses jours sont comptés alors je dois me dépêcher… Et ce n’est pas en faisant de la rétention d’information que vous sauverez une de vos sœurs… Je souhaite la même chose que vous… Uniquement la vie des vôtres, conclut-elle doucement, son regard se perdant dans l’horizon nuageux, sa respiration plus tranquille.

Se redressant, elle frotta sur sa robe en écoutant son maître d’une oreille attentive sans pour autant le regarder. Elle l’avait déçu bon nombre de fois et, sans l’avouer, cela l’affecter. Il l’avait recueilli perdu dans un temple et lui avait fait découvrir le monde qu’elle cherchait depuis tant d’années. Il lui avait enseigné son savoir sans rien demander d’autre en retour et ne l’avait pas dénoncé lorsqu’elle avait commis le geste malheureux de poignarder la chevalière. Malgré tout, elle lui était reconnaissante pour tout ce qu’il avait fait pour elle. Il était de loin la seule personne à avoir pris autant soin d’elle depuis longtemps.

Mais elle ne comprenait quand même toujours pas pourquoi continuer à grimper sur cette montagne. La réflexion pouvait se faire n’importe où, ils n’étaient pas forcés de s’user les jambes et les poumons à grimper un endroit qui de toute évidence n’était pas spécialement fait pour ça ! Mais elle ne connut jamais la suite de la réflexion, car un rugissement vint de nouveau la faire sursauter. Elle suivit des yeux le regard de l’inquisiteur et tira sur sa manche pour cacher la marque, baissant la tête, gênée. Bourde… Finalement il aurait peut-être mieux fallu qu’elle le garde dissimulé jusqu’à la fin. Mais elle n’avait rien pour bander sa main.

- Je peux vous expliquer… Dit-elle doucement en s’approchant, penaude. Je ne voulais pas vous porter plus préjudice que ça… Je vous ai déjà causé bien des soucis et… Cela n’aurait certainement pas été la meilleure chose que d’autres apprennent ça… Cette magie tabou... Si j’arrivais à vous le cacher alors c’est que personne d’autre ne serait au courant… J’ai dû aller voir un autre clan pour ça… Je ne voulais pas… Vous faire de tort… j’avais peur que vous refusiez… Pardonnez-moi... Une dernière fois. Dit-elle simplement, tête basse. Elle était sincère dans ses mots pour une fois. Là n’était pas forcément la seule raison, mais c’était la grosse majeure partie. La peur qu’il refuse et que s’il le découvre, de lui-même ou par un de ses espions, elle soit mise dehors.

Sa potentielle survie ici dépendait de la présence de son Maître, elle passa devant lui pour continuer à grimper. Il fallait qu’elle fasse de nouveau profil bas, au moins le temps de l’ascension. Surtout que celle-ci se compliquait à chaque pas. Le temps passant, l’air devenaient tout juste respirable pour quelqu’un faisant un effort et l’aspirante marquait de plus en plus de pauses. Elle avait définitivement enlevé ses chaussures, devenues inutilisables, et ses pieds écorchés lui rappelaient qu’elle avait passé trop de temps dans la douceur d’un foyer. Ce genre d’habitude disparaissait bien vite.
Elle n’avait pas redit un mot, préférant le silence aux disputes et surtout, pour économiser son souffle. Elle se laissa glisser au sol une nouvelle fois. Elle en avait marre, elle n’en pouvait plus. Ses pieds et ses mains étaient entaillés, son corps brulait de l’apport trop faible d’énergie. Elle ramena ses genoux à elle, les entourant de ses bras, posant sa tête dessus, les yeux clos. Elle était fatiguée et l’énergie lui faisait défaut. Et elle avait besoin de cette énergie, pour protéger son esprit alors qu’elle sentait que ses barrières se fissuraient doucement, le corps puisant dans les réserves qu’il pouvait.



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MessagePosté le: Jeu 17 Sep 2015 - 01:12 Répondre en citantRevenir en haut

Immobile face à l’Aspirante épuisée, Eléderkan gardait le silence. Face au spectacle de cette petite fille écrasée par le poids de ses ambitions et une ascension qu’elle jugeait absurde, l’elfe était plus que conscient de ses limites. Peut-être avait-il manqué de foi, d’attention à son égard. Peut-être aurait-il dû se montrer plus chaleureux, plus attentif à ses pleurnicheries ou à ses doutes. Dès le début, Manea de Cléonor lui échappait. Il ne lui en aurait pas tenu rigueur, d’ordinaire. Le Maître Bronze se contentait d’instruire et d’améliorer ces brebis égarées vers le chemin de la grandeur – principalement l’accès aux sables avec un minimum de savoirs et de dignité. En échange, ses Aspirants lui devaient respect et obéissance. Ils perdaient tout ce qu’ils pensaient avoir définitivement acquis : richesse, pouvoir, indépendance. Absolument tout. Jusqu’à ce qu’ils se lient et retrouvent leur liberté.

Manea n’aurait pas dû être différente des autres. Pourtant, en peu de temps, elle avait ruiné une partie de la réputation de son Maître, poignardé une Chevalière, échoué trois fois à l’Empreinte et choisis d’autres instructeurs en secret. Cette petite peste défiait son autorité pour mieux se cacher ensuite derrière de fausses excuses.

- Peu m’importe tes raisons. Je connais cette secte. Cet enseignement… Je n’aurais pas pu te le donner.

Ce qui était vrai. Magie, mysticisme, exploitation de pouvoirs psychiques… Tout cela l’avait toujours laissé perplexe. Cependant, Eléderkan n’était pas non plus prêt à reconnaître ce fait comme une erreur.

- Peut-être n’aurais-je pas refusé, qu’en sais-tu ? Toujours est-il que ce n’est pas cela que je te reproche. Tes actes pèsent dans la balance de l’équilibre politique du Màr. Ton geste envers la Chevalière Anara est une preuve de ce que je soupçonne depuis longtemps. Que tu sois incapable de te contrôler…

Il soupira. Thémos n’avait pas eu besoin de le lui dire. Le Bronze refusait de parler sur ce sujet. Surprenant de la part d’un dragon qui se targuait de recueillir tous les sales petits secrets de ses pairs et d’en profiter allègrement !

Que Manea soit une meurtrière auquel le goût du sang manquait, pourquoi pas. Au final, il s’en moquait éperdument. Tant qu’elle demeurait obéissante et aussi transparente que du cristal pour lui, son passé n’avait aucune importance. Il détestait qu’on lui cachât délibérément des choses, juste sous son nez.

- Je n’ai plus rien à t’apprendre. Tu as montré que tu pouvais survivre seule et nouer des alliances à ton gré, sans mon aide ni mon soutien. Je t’en félicite mais je dois te prévenir : tu ne connais pas encore tous les rouages de notre Kaerl. Avance prudemment, choisis judicieusement car le moindre de tes actes peut être perçu comme une déclaration de guerre.

Pour ton geste envers la Chevalière Anara, point culminant d’une réputation désastreuse, tu aurais dû être punie publiquement. Tu ne t’es pas attaquée à n’importe quel chevalier-dragon. Et si ce fait avait été ébruité dans tout le Kaerl, une cible aurait été peinte dans ton dos.


Et sur la tête de l’Inquisiteur Suprême, sans doute.

- C’est très regrettable. Je ne t’ai pas protégée, ne crois pas cela. Donc ne me remercie pas. Tu n’as pas conscience de la portée de tes actes. « Le Mont Gerikor te mettra à l’épreuve ». Voilà ce que je t’ai promis pour aujourd’hui. Relève-toi. Notre périple ne fait que commencer.

Thémos n’ajouta rien, se contentant de planer au-dessus de la scène. Eléderkan lui en fut infiniment reconnaissant. Ils se remirent en route.


Un souffle rauque, des volutes de vapeur et le crissement des serres sur la roche. Deux grands yeux rouges suivaient la piste de ces petites silhouettes dont l’odeur alléchait ses papilles. Terré dans une énième cavité creusée dans la paroi, quelque chose attendait. Quelque chose observait. Une chose dont la faim n’était jamais rassasiée.


Je te prépare une nouvelle surprise Evil



Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Lun 1 Fév 2016 - 21:56 Répondre en citantRevenir en haut

Pas de pardon. Il n'avait rien répondu à sa demande de pardon. Comment pouvait-il de toute façon après ce qu'elle avait fait. Elle soupira doucement et frissonna. La fatigue accentuait la sensation de froid qui sévissait sur la montagne. Elle aurait aimé s'arrêter ici et attendre la suite, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Avancer, toujours avancer, là était la clé de la survie. L'immobilité c'était la mort. Seules les proies restaient parfaitement immobiles. Les prédateurs étaient toujours en mouvements. Même tapis dans l'ombre, les muscles tressaillaient, ondulaient, attendant de saisir l'instant précis où le prédateur pourrait bondir et dévorer son repas.

Alors elle se leva et se mit à marcher, s'efforçant de se concentrer sur trop de choses en même temps. Un pied devant l'autre, respirer calmement, oublier la faim, le froid, la fatigue. Surveiller autour d'elle, au-dessus d'elle. Elle en venait à regretter les tables de l'observatoire pour y dormir.

Elle garda le silence un moment, laissant son maître lui expliquer ses erreurs, lui donner des recommandations. Cela prouvait-il qu'il tenait un minimum à elle ? Elle ne compterait pas là-dessus. Autant se dire que tout était fini pour pouvoir saisir la moindre chance que de partir gagnante et louper la marche.

Ses yeux se posèrent sur sa main et son poignet. Avait-elle vendu son âme au diable ? Peut-être. Elle avait acquis une dette envers une personne peu recommandable. Mais cette dernière semblait avoir disparu, emportant, Manea l'espérait elle, le secret de sa formation. Seul subsister son second maître et le clan auquel elle était désormais liée. Mais eux ne la trahiraient pas. Ils avaient trop à perdre et pas assez à y gagner. Les secrets qu'elle avait pu dévoiler, elle saurait en prendre d'autres. Elle était la plus jeune de cette secte tabou, pour autant elle ne manquait pas de confiance en ses capacités.

- Vous m'avez protégé, quoi que vous en disiez. Lorsque j'ai... Poignardé.... Elle avait du mal à se souvenir de son geste précis, comme à chaque fois. Quand j'ai poignardé la chevalière, je ne suis pas morte. Votre influence m'a protégé. Peut-être contre votre gré... Sûrement même... Mais c'est la vérité.

Elle fit une pause dans ses paroles, réfléchissant à la suite. Avouer, ne pas avouer. Tout cela était trop compliqué pour elle. La jeune femme n'était pas prête à réfléchir à tout ça.

- Je réussis à me contrôler maintenant. La plupart du temps... J'ai.. Je travaille là-dessus. Il n'y a pas eu d'autre incident.

Elle s’était tenu à l'écart du monde, mais elle avait tout de même fait l'effort de se contrôler. Sa seconde formation l'y avait aidé. Avec aucune autre personne à blesser que soi même, il était plus facile de se concentrer.

- Des choses à apprendre, il y en a toujours et jamais je ne me vanterai de tout connaître. Le savoir est trop important pour que quiconque s'enorgueillit de le posséder entièrement. Et certainement pas moi... répondit-elle en regardant son maître. Des choses à apprendre, elle en aurait sûrement encore pour plus d'une vie.

- J'ai peut être des connaissances que des gens de mon âge ne connaisses pas Mensonge, manipulation, alliance, meurtre et quelques autres encore. Mais ce ne sont que des choses apprises sur le tas. Et ce n'est pas parfait... Comme je vous l'ai prouvé.

Elle grimaça à cette dernière remarque. Oui prouvé, c'était le mot.

- J'ai l'impression que la montagne ne fait pas que me mettre à l'épreuve... Choisit elle vraiment qui elle teste ou bien quiconque tentant d'y grimper se voit tester de la sorte ?

Marchant toujours, elle tentait de se focaliser sur l'objectif plus que le moyen d'y arriver. Elle glissa sa main dans son cou, un désagréable picotement la prenant à la base de la nuque. Elle tourna la tête et scruta le vide avant de hausser les épaules. Elle divaguait, la fatigue probablement. Elle espérait ne pas subir une nouvelle hallucination. La première l'avait passablement vidé des quelques forces qu'elle avait. Mais un malaise s'insinua en elle, lui tordant légèrement le ventre et la faisant se retourner fréquemment. Elle n'était pas folle, elle se sentait observer. Pourtant, il n'y avait rien ni personne d'autre...



Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Mar 2 Fév 2016 - 01:21 Répondre en citantRevenir en haut

Depuis les hauteurs, tandis qu’il se laissait porter par le vent, Thémos ne perdait pas un mot de la conversation qui se déroulait en contre-bas. Nullement embarrassé par les difficultés de l’ascension et – l’espérait-il très fort – exempte de toute malice de la part de l’Oracle, il n’avait à se préoccuper que de surveiller les environs et de trouver les passages les plus sûrs pour la marche des sans-écailles. Pour tromper l’ennui, rien de mieux qu’un peu d’indiscrétion. D’ailleurs, il ne faisait rien de mal. Si Eléderkan avait voulu que cette conversation reste privée, il le lui aurait déjà fait savoir, en lui fermant son esprit par exemple. Ce qui n’était pas le cas.

Et Thémos riait. Il s’esclaffa tandis qu’il surplombait ce paysage sauvage dans toute sa magnificence à l’écoute de ces deux bipèdes. Il pouvait se moquer de l’honneur tranchant comme l’acier d’Eléderkan, de son obstination, de ses ambitions. Sans remords ni honte. En revanche, il raillait Manea de Cléonor avec autant de cruauté que celle qu’aurait un inconnu envers une pauvre chose insignifiante. Quelle farce que d’être affublé de pareille Aspirante ! Il avait hâte d’en être débarrassé. Elle le mettait mal à l’aise, sans qu’il ne sache pourquoi. Et il détestait ça.

- Nul ne sait comment pense l’Oracle de cette montagne. Il fait ce que bon lui semble. Une chose est néanmoins certaine : il ne laisse personne monter jusqu’à lui à moins qu’il ne le veuille.

Un regard vers le sommet enveloppé de spirales brumeuses suffit à faire couler une coulée glacée le long de l’échine du puissant Inquisiteur Suprême du Màr Tàralöm. Un éclair de rage traversa ses prunelles et il détourna rapidement le regard. Il étouffa patiemment la colère qui bouillonnait en lui. L’Oracle avait ranimé une vieille blessure, qu’il pensait enfouie six pieds sous terre depuis longtemps. Enterrée dans l’oubli. Il en voulait à cette déité archaïque de lui avoir rappelé tout ce qu’il avait sacrifié. Personne n’avait le droit de connaître ses plus sombres secrets : ils n’appartenaient qu’à lui !

S’il avait su ce qui l’attendait au Mont Gerikor, il aurait trouvé une autre épreuve pour Manea. Sans hésiter.

- Nous n’allons pas voir l’Oracle. Aussi, ne nous en préoccupons pas davantage. Il s’est déjà manifesté dans la grotte. Peut-être nous laissera-t-il tranquille maintenant.

Il l’espérait…

Une branche sèche craqua. Eléderkan se figea, tous ses sens aux aguets. Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Manea semblait nerveuse. Ou en tout cas, plus que d’ordinaire. Ses pensées touchèrent celle du Bronze tournoyant au-dessus d’eux. S’il avait détecté le moindre danger, il les aurait prévenus Il n’était pas si mesquin… Pas toujours.

° Thémos.
Je sens la présence de quelques animaux. Je peux toucher leurs pensées désordonnées, dictées par l’instinct, sans les atteindre. Ce ne sont que des chèvres sauvages. Tu ne vas t’inquiéter pour des chèvres… °


Eléderkan eut un soupir exaspéré. Fichu dragon et ses humeurs chaotiques. A l’instant où il se retournait vers Manea pour lui dire d’avancer, plusieurs événements se déroulèrent presque simultanément.

Thémos sentit l’une des « chèvres » perdre totalement le contrôle et littéralement s’enflammer de l’intérieur, bousculant pensées et instinct primal. Justement, cet animal pensait différemment. Il possédait suffisamment de calcul pour être repéré comme étant une créature intelligente. Et dangereuse. Il distingua peu de mots correctement formulés. La bête envoyait ses pensées un peu n’importe où, même si elles demeuraient de faible intensité. Il comprit parfaitement le mot « tuer » dans le lot. Elle se dirigeait à grande vitesse vers son Lié et la petite meurtrière. Thémos rugit. Il fondit sur la montagne.

Eléderkan entendit un éboulis croissant sur sa gauche. A l’instant où il leva les yeux, une énorme masse sombre se jeta sur le sentier. Il ne distingua tout d’abord que les épines dorsales, les yeux écarlates quoique voilés et une gueule formidable qui pourrait l’engloutir en une seule fois. Le rugissement de Thémos perça l’air. Ce ne fut rien à côté du son que produisit la créature. Un mugissement si fort qu’il fit trembler la roche et couvrit presque celui du Bronze. Cette bête avait faim. Elle était hostile. Rien de plus simple à comprendre.

Et elle ressemblait quand même beaucoup à…

- Manea ! cria-t-il en dégainant son épée. Écarte-toi !
° Eléderkan ! Il se cachait dans une cavité en hauteur ! C’est un dragon ! °
Nouveau mugissement.

La bête déploya des ailes atrophiées et pendantes pour paraître plus imposante qu’elle ne l’était déjà. Toute la haine du monde se reflétait dans ses yeux fatigués qui ne cillaient pas. Une grande ombre fut jetée sur le pan de la montagne comme Thémos se jetait sur la bête. Et la scène ne fut plus que chaos.



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MessagePosté le: Mar 2 Fév 2016 - 13:56 Répondre en citantRevenir en haut

Ils n'allaient pas voir l'oracle. Où se rendaient ils alors. Allaient ils seulement errer sur la montagne jusqu'à ce que sont Maître ait jugé qu'elle avait été assez mise à l'épreuve et digne de rentrer, ou inversement ? Elle poussa un léger soupire. Cela pouvait durer longtemps.

Elle se retourna une nouvelle fois sur place. Quelque chose titillait ses sens. Son cœur c'était légèrement mit à battre plus vite alors que la sueur qui perlait le long de sa nuque n'était plus seulement dû à l'effort. Elle secoua une nouvelle fois la tête. Il n'y avait rien. Elle l'aurait sentit. Elle en était capable. Ça faisait partit de l'enseignement. Sentir les âmes autour de soit pour mieux se protéger. Et là, rien. Il fallait qu'elle se tranquillise. Qui savait ce que l'oracle pouvait faire avec la peur. C'était peut être lui qui était encore en train de jouer avec ses nerfs. Son Maître ne semblait pas affecté par cette sensation donc...

Puis d'un coup, tout bascula. L'angoisse prit la forme de peur alors qu'une douleur lui vrilla un peu plus l'esprit. Elle renforça ses barrières ce qui détourna son attention la demi seconde suffisante pour ne pas prêter attention aux pierres qui roulaient. Son regard se porta tout de suite sur la créature qui venait de surgir face à eux et elle se figea. Le cri. Ce cri la paralysa aussi efficacement que n'importe quel poison. Il prit écho en elle, stoppant chaque muscles, chaque fibres, jusqu'à sa respiration même. La peur... C'était ça. Tout ce qu'elle avait connu avant, celle de dormir dehors, de se faire attraper, voir même exécuter pour ses crimes n'était rien comparé à celle-ci. Elle est de celle qui vous enveloppe tout entier, vous empêche de faire autre chose que de vous noyer dedans.

Elle entendit à peine l'ordre de l'elfe, ne bougeant pas. Où pouvait elle aller de toute façon.
Le deuxième rugissement la fit sortir de sa torpeur dans un sursaut et elle courut se mettre derrière une pierre, maigre bouclier face à pareil créature. Elle avait été stupide. Trop concentrée à garder ses barrières mentales hautes pour que Thémos ne rentre pas de son esprit, elle c'était coupée du monde qui l'entourait. Et ayant trop confiance en sa capacité, elle ne c'était fiée qu'à lui pour savoir si sa vie était en danger, oubliant d'écouter les signes que son instinct, qui l'avait si souvent protégé, lui envoyait. Elle avait été stupide !

Elle ferma les yeux le plus fortement possible. Que devait elle faire ? Fuir, lui disait tout son être. Mais comment et où ? De plus, elle ne pouvait pas les laisser seul face à lui. Ils étaient plus vieux, plus expérimentés et plus armés, mais elle ne pouvait pas les abandonner. C'était de sa faute s'ils avaient atterri ici. La lâcheté, aussi étrange que cela pouvait paraître, ne faisait pas partit de son vocabulaire. Elle n'avait probablement aucune chance mais si elle pouvait aider elle le ferait. Les prédateurs s'en prenaient aux plus faibles en premier en général. Et dans le cas présent, c'était elle.

Elle se saisit de son poignard, posa son sac en se promettant de venir le chercher après et sortit de sa cachette. Le combat faisait rage et son arme, bien qu'efficace face aux bipèdes, n'était guère plus qu'un cure dent pour les dragons.

Alors elle décida de se battre avec les ressources qu'elle avait. Reculant un peu pour ne pas prendre un coup malheureux, elle inspira longuement et ouvrit son esprit, se mettant à découvert. La peur la saisie de plus belle mais elle serra son couteau à s'en rendre les doigts blanc pour essayer de se contrôler.

Si on apprenait à se protéger c'est qu'il fallait le faire contre quelque chose. Comme son second Maître qui l'attaquait sournoisement, comme un serpent. Il fallait qu'elle se concentre, qu'elle y arrive. La douleur pulsait dans sa tête comme les tambours de la fin, mais elle s'entailla légèrement la main pour essayer de la contenir, de la détourner x Projeter son esprit, éviter Thémos et Elederkan. Ne faire qu'un avec son mental. Ne pas se concentrer sur le bruit des mâchoires qui claquaient ni des griffes qui raclaient le sol. Ni même des cris. Se concentrer. Elle n'y arrivait pas, c'était trop brouillon. Elle ne percevait pas bien l'esprit du dragon sauvage, trop revêche. Tout n'était que fureur, faim et instant présent.

Un nouveau cri, dont elle ne distingua pas l'origine la fit sursauter et se déployer d'un coup, violemment, dans tout les petits recoin. La peur était un puissant catalyseur. Se concentrer, se focaliser. Elle ne voulait pas le battre, elle n'en était pas capable de toute façon, mais il suffisait peut être qu'elle arrive à détourner son attention suffisamment pour que le couple de lié prenne le dessus. Elle raffermit sa résolution et, tel une flèche lancée avec le désespoir de la mort imminente, elle se précipita dans la bataille, son esprit heurtant celui de la créature avec une violence qui arracha un cri de douleur à la demoiselle, le faisant tomber à genoux sans pour autant ouvrir les yeux. Elle était entièrement à nu, ayant baissé toute les barrières pour se concentrer sur sa tâche et n'importe qui aurait pu déceler en elle les secrets les mieux enfoui de son âme s'il prenait le temps de le faire. Mais c'était ça ou la mort et une chose était sûre, elle ne voulait pas mourir.

Elle commença à harceler le dragon, tentant de ronger son esprit, de le dissoudre, de le détruire. Tout n'était que chaos là dedans et la fureur de la créature se déversait en elle comme elle même se déversait en lui. Mais au lieu de lui faire lâcher prise elle raffermit sa volonté de détruire, de tuer, de combat, de sang... Comme celui qui perlait de son nez sous l'effort. Il fallait juste détourner son attention...



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