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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 18:19 Répondre en citantRevenir en haut



Reynald d'Amberle et le blanc Jhereg


Automne 917, Premier Quartier d'Ouranosku"


Reynald d'Amberle, maitre blanc de son état regardait avec une fierté non dissimulée les œufs de la reine dorée s’ouvrir et déverser leur contenue devant les aspirants. Un dragon robuste d’un bronze éclatant et rutilant s’avança au-devant de ses frères et sœurs de couvée droit vers son futur lié. Le cœur de l’humain se serra d’émotions quand le dragon jeta son dévolu sur un jeune neishaan prometteur, son aspirant. Son ex-aspirant, vu que maintenant il était chevalier d’un magnifique bronze. Un peu plus loin sur les gradins le Blanc Jhereg regarda lui aussi cette scène d’un air satisfait. Il avait toujours aimé ce petit neishaan et le voir lié à un dragon de cette stature était un plaisir non-dissimulé.

Cependant, au milieu de ce plaisir et de ces sentiments de fierté, une petite pointe de tristesse envahissait les deux liés. Un peu comme un enfant qui quittait le foyer, encore un aspirant qu’ils avaient formé qui prenait son envol pour faire sa propre vie. Ce qui voudrait dire que d’ici quelques mois, il faudrait qu’un nouvel arrivant prenne sa place et donc se remettre à parcourir le monde à la recherche d’un bon candidat et le cercle recommencerait et se répèterait encore et encore jusqu’au jour où il serait trop vieux pour continuer… Mais ce jour n’était pas arrivé.

***


débutFlarmyaku 918.


Reynald sentait qu’il était temps pour lui de prendre un nouveau protégé sous son aile. Ces derniers mois, il avait un peu négligé l’entrainement des nouvelles recrues pour se concentrer sur la politique du kaerl et les récents énevements avaient causées de nombreux chamboulement dans l’ordre des choses et il avait fallu une main de fer pour les remettre dans un chemin à peu près droit. Les problèmes sur l’altitude de la cité l’avaient préoccupé et il s’était investi activement dans la recherche d’une solution.

Mais maintenant que la situation était stable et que son kaerl n’avait plus besoin de lui dans l’immédiat. Le maitre blanc avait décidé de partir à la chasse à l’aspirant, dans l’espoir de trouver le meilleur possible. Son champ de recherche serait le territoire sud d’Udome, de par sa position stratégique et sa relative proximité avec Tol Orea, Reynald pensait que ses chances de trouver quelqu’un ayant le don seraient plus grandes. Il entreprit donc de préparer son voyage en étudiant les cartes et l’histoire de toutes les villes de cette partie du continent. Heureusement que la bibliothèque et les archives regorgeaient de documents et d’information pour celui sait où chercher.
La majorité des cités vivaient du commerce et il y avait un flux constant de visiteur et un brassage culturel important. De ce fait, il passerait inaperçue et Jhereg pourrait ainsi rentabiliser son temps passé sous forme humaine. C’est donc l’esprit fort de ces renseignements et d’une technique ayant plusieurs fois fait ses preuves que le maitre et son dragon prirent la direction d’Udome àsans l'aide de l'interstice, les obligeant à voler tout le long du trajet. Ce fut pénible, mais pas insurmontable.

***


Quelques jours plus tard…


Les villes ne donnaient rien… c’était à croire que tous les gens disposant du don avaient disparue de la surface de la terre. Avec le recul ce n’était guère surprenant, les trois kaerls avaient subits des pertes et les maitres devaient battre les campagnes pour chercher de nouvelles recrues. Il n’en restait qu’une que Reynald n’avait pas encore visité et qu’il ne voudrait pas visiter. Une ville au nom imprononçable qui était un peu comme une synthèse de ce qu’il y avait de pire dans la vie. C’était un lieu où les plus riches étaient les plus malhonnêtes et où des filles vendaient la seule chose qu’elles possèdent pour vivre. Les meurtres étaient plus fréquents qu’une boulangerie ouverte et nulle part il ne semblait y avoir de pitié. L’humain ne pouvait pas sentir cette ville, elle était une illustration de ce qu’il se passerait si le kaerl ardent parvenait à prendre l’ascendant sur le sien, la seule réelle raison de sa présence ici était qu'un village d'une taille honorable se trouvait non loin et qu'ils pourraient le visiter avant que le dragon en doive se transformer. Mais alors qu’il ruminait ces pensées en marchant dans les quartiers « riches » de la ville, l’esprit de Jhereg vint effleurer le sien : il semblait content.

*J’en ai trouvé une ! J’ai senti une personne avec le don, elle se dirige vers la sortie nord de la ville. Je n’ai pas encore sondé son esprit, j’attends que tu sois là ?*

*- Oui, attends-moi, je te rejoins vite*.

L’humain pressa le pas pour rejoindre son liée. Sous sa forme humaine, il ressemblait à un petit blond chétif avec de grands yeux bleus. A chaque fois que Reynald voyait son âme sœur sous cette forme, il ne pouvait s’empêcher de penser au fait que cette forme cachait un dragon de plusieurs tonnes.

La petite qui marche seule, j’ai clairement sentit son don.*

Jhereg avait la sale manie de ne jamais partager sa vue, il aimait bien jouer avec cela pour taquiner son chevalier, si bien que l’humain fut réduit à repérer une petite forme mouvante qui avançait droit devant sans prêter attention à quoi que ce soit.

*Ok, rattrapons la et essayons d’y aller en douceur.*

*Je suis toujours doux avec mes aspirants*


Reynald eut un ricanement et allongea la foulée dans le but de rattraper sa possible future aspirante. Elle n’avançait pas vite, si bien
qu’ils la rattrapèrent en quelques instants. Une fois à portée de voix, le maitre blanc interpela la jeune fille :

- Mademoiselle ? Mademoiselle ? Je dois vous parler, s’il vous plait !

Pas de réaction, la fille continuait à marcher.

- Mademoiselle !

Toujours aucune réaction, Reynald allait retenter une troisième fois quand un rugissement mental remplit sa tête :

*Hé ! ON TE PARLE ! ARRÊTE DE MARCHER !*

Le blanc rendit un sourire au regard désapprobateur de l’humain et s’approcha de la jeune fille. C'était sa façon à lui d'être doux avec les aspirants un peu têtus.


Dernière édition par Stalia Hellébore le Lun 6 Avr 2015 - 13:56; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 18:19 Revenir en haut

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Morgain Gloic Sa'El Han
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 01:01 Répondre en citantRevenir en haut

Les jours s’éternisaient, monotones et impassibles. Au début, lorsqu’on lui avait expliqué que Nechama et Meccawa avaient disparu, une étincelle de vif intérêt s’était allumé dans le regard de la jeune protégée des Sa’El Han. Saisissant la main de Ruth, elle l’avait serrée entre ses doigts avec empressement.

« Vraiment ? Mais comment ont-ils fait ? C’est incroyable ! »
Car, assurément, cela rendrait la chasse beaucoup facile, et tant d’autres choses encore ! Que de tours amusants ils allaient pouvoir jouer ! Etait-ce dangereux, toutefois ? Pour rien au monde Morgain n’aurait voulu qu’ils ne soient blessés pour le simple plaisir de faire des farces.
« J’espère qu’ils m’apprendront ! »

Troublée par cette réaction, sa sœur lui expliqua en bredouillant que cela n’avait rien d’une bonne nouvelle. L’inquiétude qui se lisait sur son visage finit par gagner le cœur de la sang mêlée. Sans qu’elle en comprenne encore tous les tenants et les aboutissants, les faits étaient apparemment graves. A force d’explications, Ruth finit par rapprocher l’évènement de la perte d’un objet que l’on chérit et que l’on cherche inlassablement sans réellement savoir si on le retrouvera jamais. La jeune fille tenta de répliquer que son frère et son cousin n’avaient rien du statut d’objet. C’était ces derniers que l’on perdait, et que notre seule volonté ne pouvait nous ramener, et encore, un objet n’était jamais perdu ! Il existait, quoi qu’on puisse en penser ! Quelle force pouvait la tenir séparée de ceux qu’elle aimait si ce n’était sa volonté propre ?
Se perdant en des explications hasardeuses que son esprit n’avait pas la capacité d’achever, la voix de Morgain se fit plus aiguë en même temps qu’elle devenait plus hésitante. Il lui était impossible de concevoir qu’elle n’échangerait plus aucune parole avec Nechama et, sentant que ses propres souvenirs pouvaient s’opposer à ses affirmations, elle repoussa violemment ceux-ci, ainsi que Ruth, et partit se réfugier dehors. Là, allongée entre les branches d’arbres, elle demeura perchée jusqu’à ce que l’odeur de son plat préféré n’embaume un peu trop l’air.

Il lui suffisait simplement d’être occupée. Toujours. Elle avait aidé à toutes les tâches ménagères, avait joué de longues après-midi avec sa nièce, avait relu la Bible du Rêveur… A chacune de ses trouvailles, la douloureuse réalité la frappait de sa cruelle flèche. Elle n’aurait peut-être pas l’occasion de le raconter à Nechama. Cette fleur qu’elle avait trouvée, cette chanson qu’elle avait composée, ce bûcher auquel elle avait assisté… Rien de tout cela. Elle ne pouvait même pas répondre à ses lettres (pas parce qu’elle ne savait pas écrire, mais parce qu’elle ignorait son adresse).
Alors, tout lui sembla d’un éternel ennui.

Pourtant, qui devait en décider ainsi ?

Cette minuscule pensée vint s’insinuer en elle alors que, allongée sur le sol, elle contemplait le plafond de leur demeure. L’enjambant de temps à autre, sa mère allait étendre le linge dehors, répandant une douce odeur de savon derrière elle. Morgain tourna la tête sur le côté et, silencieuse, contempla les vertes collines qui s’étalaient au loin, jusqu’aux habitations du prochain village. Sans dire un mot, elle se redressa et sortit au soleil. Elle dépassa les cordes où pendaient les vêtements des divers membres de la famille, non sans en piquer un, et commença à s’aventurer sur le chemin qui allait circulant entre les maisons du village. La chemise de son frère serrée dans son poing, elle ramassa une branche trouvée à terre et, d’un mouvement leste du poignet, la fit tourner. Le bâton décrivit plusieurs cercles parfaits alors qu’en elle elle évoquait l’image de celui qui lui était le plus cher. Enfin, ralentissant, il s’immobilisa, sa pointe la plus fine indiquant le sud et, au-delà, la mer. Mais, inconsciente de cela, Morgain ramassa son guide et alla en ce sens.

Armée de cet allié fidèle, elle marcha toute l’après-midi durant. Par chance, le village le plus proche du sien n’en était pas si loin, et la perspective de bientôt retrouver Nechama ne rendait que sa détermination plus grande. Toute à son objectif, elle ne fut que peu troublée par la fatigue, la faim ou la soif.

« Hey p’tite, t’es perdue ? Tu veux qu’on te ramène ? »
Longuement, elle dévisagea le paysan, le poney attelé à sa charrette, et le foin que celle-ci contenait.
« Je ne sais pas si mon bâton marchera sur votre véhicule. »
Et elle alla.

Alors que le soleil déclinait, elle déambulait dans les ruelles du village voisin qu’elle avait enfin fini par atteindre. La chemise de Nechama était maintenant sèche et elle avait pu l’enfiler, ayant ainsi une main libre avec laquelle elle tenta maladroitement de boire l’eau du fontaine… Avant de se souvenir qu’il n’était nul besoin de ces manières.
Un peu trempée, mais qu’était un peu d’eau sur soi alors qu’une quête si importante vous préoccupait ? elle opéra le même stratagème avec son fidèle allié. La pointe ne changea nullement d’avis. Le sud. Encore. Morgain reprit donc sa course dans cette direction.
Immuable, elle avançait, et peu lui importait les regards que certains lui lançaient, à elle et au vêtement trop grand qu’elle portait. Il sentait bon, n’était-ce pas le principal ? Il lui sembla qu’on lui parlait, mais elle refusait de perdre du temps. En ligne droite, elle ne faisait aucun pas de côté pour éviter les passants, se cognant parfois à eux et s’attirant leurs remarques. Qu’importe. Qu’importe. On l’apostropha à nouveau. Qu’importe. Ils n’existaient pas pour elle. On cria. Mais elle, tout son être criait vers Nechama.

* Hé ! ON TE PARLE ! ARRÊTE DE MARCHER ! *

Son pas stoppa en même temps qu’un battement lui manqua. Ces mots-là n’avaient pas été hurlés dans un monde palpable, mais dans sa tête. A l’intérieur d’elle.
Instantanément, son corps entier se mit à trembler. Les ongles enfoncés dans sa chair tant sa main était serrée, le regard perdu au loin et en elle, elle ne comprenait pas. Cela venait-il d’elle ? Ou, pire encore, un sorcier était-il en train de l’attaquer ? Sans chercher à saisir le sens de ce qu’on venait de lui crier, elle ne vit que cette violation de son esprit. Etait-il proche ? Etait-il dissimulé ? Pouvait-elle s’enfuir ?
La peur la tétanisait tant qu’aucun de ses muscles ne parvenait à réagir à ses désirs.

« … Ne… Nech… »
Les sons s’étranglaient dans sa gorge. Une petite voix cruelle lui rappela alors que son grand frère n’était pas là pour l’aider.

Elle tenta de raisonner, du moins, autant qu’elle le pouvait. Le Rêveur veillait sur elle, n’est-ce pas ? Mais si cela était vrai, aurait-il éloigné son protecteur comme il l’avait fait ? Aussitôt, elle se réprimanda de douter du Très Haut.
Et si cela ne venait pas d’ailleurs, mais de toi, et de toi seulement et uniquement ?

C’était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Comme à chaque fois qu’il lui était permis d’entrevoir ce qu’elle était, un être brisé par nature, elle chercha à s’en détourner. Mais que pouvait-elle face à ce danger ?
Stridente, son hurlement résonna dans la ruelle entière.

« Non ! Noooon ! C’est faux ! C’est FAUX ! »

La malheureuse se laissa tomber vainement au sol, s’entourant de ses bras frêles, s’agrippant au seul bien qui lui restait de Nechama.

« Il vous brûlera ! Vous périrez dans le feu ! Serviteur du Mal ! »

Hoquetante, sanglotante, Morgain lançait ses malédictions à défaut de pouvoir déceler la provenance de ce sortilège.




~ Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ~


Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Mar 7 Avr 2015 - 16:35 Répondre en citantRevenir en haut



Reynald d'Amberle et le blanc Jhereg


*Maudit dragon blanc ! T’es content de toi ? Là pour le coup, elle ne marche plus mais pour la discrétion, on repassera !*

La petite forme maigrichonne qui cachait le corps de Jhereg haussa un sourcil surpris devant la réaction de la jeune fille et se drapa dans sa dignité en disant :

*Au moins, elle a réagi quand je l’ai appelé*

Devant la mauvaise foi de son lié, Reynald ne répondit rien et se creusa plutôt la tête pour disperser les badauds qui s’amassaient autour de la fille et surtout sur un moyen de la faire taire sans violence. Profitant de sa stature, l’humain se fraya un chemin et s’approcha de la fille hurlant et serrant une chemise trop grande comme on s’accroche à un espoir perdu. Le maitre blanc lança un regard noir à son lié puis entreprit de détourner l’attention de la foule avec un pieu mensonge.

- Mesdames et messieurs ! Merci de votre attention, mon amie vient de vous attirer pour que vous écoutiez ce que j’ai à vous dire ! Je crois que ça va vous intéresser, regardez donc !

Il ajouta à son lié.

*emmène la dans un coin isolé, discrètement*

- Ce soir, nous jouerons une pièce de théâtre sur une femme se croyant devenue folle lorsque l'esprit divin lui parla un jour. Je vous convie tous à l’auberge du poney qui tousse à vingt heures. Merci à vous et bonne journée ! Prévenez vos amis et vos famille

Du coin de l’œil, il vit la masse blonde de Jhereg disparaître dans une ruelle isolée. Il fallait maintenant le rejoindre et calmer la jeune fille aussi vite que possible. Reynald entendait l’esprit du blanc pester comme un boucher.

*Il fallait qu’on tombe sur une simple d’esprit ! Tu peux le croire ? Vu sa tête et la façon dont elle s’accroche à cette chemise c’est la seule option qui me semble correcte*

*Simple ou pas, elle dispose du don, j’arrive, je me débarrasse des badauds, je vais essayer de la calmer moi-même. Essaye juste de ne pas lui hurler dans la tête*

*Gnagnagna, la prochaine fois je te laisse te débrouiller !*


L’attention des gens était enfin retombée et ils retournaient à leurs activités quotidiennes. Reynald put s’éclipser et rejoindre son liée et sa possible futur aspirante. Elle promettait que quelqu’un les brûlerait en pleurant de nombreuses larmes. L’humain s’agenouilla devant la fille, attendant qu’elle se calme et qu’elle daigne lui accorder un regard, même furtif. Quand il sentit que le moment était venu, il se décida enfin à parler d’une voix aussi douce que possible, bien qu’il n’en avait pas l’habitude :

- Bonjour, jeune fille, tu m’entends ? Je me présente, je suis Reynald d'Amberle et voici mon… écuyer, Jhereg.

*Hé !*

Imperturbable, le maitre blanc continua à parler à la jeune fille :

- Je devais absolument vous parler car j’ai quelque chose de très important à vous dire. Oui, c’est très important et cela vous concerne. Vous comprenez ce que je vous dis ?

Cependant, avant même que la jeune fille en puisse émettre la moindre réaction, le blanc revint à la charge et dit :

*Tu vois bien qu’elle ne comprend pas, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de l’emmener avec nous*

*Pourquoi donc ? Tu penses que ce n’est pas une bonne idée de refuser à un dragon le droit de trouver son âme sœur ?*


Reynald reporta son attention sur la jeune sans laisser au blanc le temps de répondre, il n’avait pas le temps pour une joute verbale avec son âme sœur, bien qu’il adorait cela :

- La voix que vous avez entendue dans votre tête, c’est de ça que je voulais vous parler. Je peux vous expliquer d’où elle vient. Vous l’entendez car vous êtes comme moi, quelqu’un de spécial. Vous et moi, nous sommes nés avec un pouvoir qui nous permet de communiquer avec des gens encore plus spéciaux.

*Tu comptes tourner autour du pot encore longtemps ? Sinon, je peux intervenir si tu veux*

* Bon ok ! Fais-le, mais la prochaine fois, je convaincrais la personne en question !*

Le blanc lui adressa un sourire entendu et prit sa place à genoux à côté de la fille, elle semblait se calmer un peu. Plutôt que de lui parler de vive voix, Jhereg opta pour une approche très directe et peu fine. Il saisit le menton de la petite et l’obligea à le regarder dans les yeux.

*Tu n’es pas folle, nous ne sommes pas des démons, tu n’as rien à craindre de nous. Au contraire, de toutes les personnes qui existent, nous sommes les inconnus les plus gentils. Tu peux me croire ma petite, car je suis un dragon et je te le prouverai. Mais d’abord, dis-moi ton nom*
Morgain Gloic Sa'El Han
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MessagePosté le: Ven 24 Avr 2015 - 21:10 Répondre en citantRevenir en haut

Cernée par la foule, elle ne cessait de lancer ses malédictions, priant le Rêveur de venir la délivrer de l’emprise de ce sortilège. Si son frère avait été là… Il les aurait tous tués. Tous. L’absence de Nechama enfonça un peu plus la lame du chagrin au fin fond de sa frayeur et les pleurs redoublèrent d’autant plus d’intensité. Recroquevillée sur elle-même, il lui semblait être là depuis une éternité. Les badauds l’observaient avec appréhension, incertains de l’attitude à adopter. Etait-elle folle ? Fallait-il l’aider ? Quelqu’un lui avait-il fait du mal ? Souffrait-elle ? Mais tout cela, Morgain l’ignorait et n’en avait cure. Seuls sa propre personne et celle de ceux qui lui étaient chers importaient. Hélas, aucun de ces derniers n’étaient présents pour elle. Elle était seule face aux partisans de Lom.
Alors qu’une jeune femme esquissait quelques pas vers elle, touchée par la souffrance de cette âme en peine, un homme s’érigea entre elles deux, son ombre projetée sur Morgain, la coupant ainsi de la masse de personnes qui l’observaient. Sa voix grave résonna à travers la ruelle :

« Mesdames et messieurs ! Merci de votre attention, mon amie vient de vous attirer pour que vous écoutiez ce que j’ai à vous dire ! Je crois que ça va vous intéresser, regardez donc ! »

Les larmes de Morgain ne cessaient de couler sur ses joues, et ses mains serrèrent plus fort la chemise qu’elle avait endossée, tremblantes. Enracinée dans sa terreur, elle n’avait accordé qu’une piètre attention au discours de l’homme, si ce n’était pour se rappeler qu’il était là… Quelque part… La guettant. Guettant l’instant pour susurrer à nouveau dans son esprit. Son regard se mit à scruter vivement les gens rassemblés autour d’eux, alternant d’une personne à l’autre. Ce pouvait être tout aussi bien une femme qu’un homme après tout… Père lui avait souvent répété que le démon se cachait derrière le visage de l’innocence.
Elle leva ses yeux vers l’homme qui avait apostrophé tout ce monde. Et si… ? Mais elle n’eut pas le temps d’aller plus loin dans sa réflexion. Une autre personne s’était rapprochée d’elle. Peut-être lui parlait-elle depuis quelques secondes déjà, car elle la força brusquement à se redresser, tirant sur son bras. La réaction de la demi-sang se fit prompte : sa voix stridente déchira de plus belle les tympans des spectateurs.

« Non ! Noooon ! Lâchez-moi ! Je vous tuerai ! »

Le doute ne fut plus permis lorsque le premier intervenant poursuivit sa tirade :
« Ce soir, nous jouerons une pièce de théâtre sur une femme se croyant devenue folle lorsque l’esprit divin lui parla un jour. Je vous convie tous à l’auberge du poney qui tousse à vingt heures. Merci à vous et bonne journée ! Prévenez vos amis et vos familles. »

Ces ignobles faisaient passer cet acte de pure hérésie pour de la volonté divine ! Comment osaient-ils outrepasser l’identité du Très Grand ?! Insultant le neishaan qui la traînait péniblement derrière lui, le griffant aussi fort qu’elle pouvait, elle ne cessait de se débattre rageusement, pleurant de haine. Allait-elle finir ainsi ? Enlevée par les ennemis du Rêveur ? Il ne pouvait pas être aussi cruel ! Il l’aiderait !

« Nechama ! Nechama ! Viens, je t’en prie ! Aide-moi ! Aide-moi ! »

Et face à la cruelle réalité qui ne lui envoya rien de ce qu’elle réclama, les mots ne furent plus suffisants. Morgain n’eut plus que des hurlements inarticulés pour ses deux assaillants. Sentant qu’il n’en tirerait rien, le neishaan la laissait choir au sol où elle se roula en boule, les maudissant et projetant mille tortures sur eux. Elle savait qu’elle ne pouvait fuir : ils étaient deux, ils la rattraperaient aisément. Durant un instant de folie insensée, elle songea à se donner la mort, puis se rappela qu’elle ne reverrait alors plus jamais ses proches… Si elle avait encore une maigre chance de les revoir. Enrouée par les sanglots, sa voix se tarit peu à peu, alors qu’elle réfléchissait à comment s’en sortir. Hélas, elle ne pouvait se départir de sa peur, tremblant toujours, et à son esprit revenait sans cesse l’idée que cela était vain. Elle était perdue.
Au loin, elle lui sembla capter les échos des paroles de son ravisseur. Il lui parlait, se voulait rassurant pour mieux l’apprivoiser. Il croyait peut-être qu’il pourrait mieux l’abuser par ce moyen. Elle ne le laisserait pas faire ! Si elle devait mourir, elle le ferait en se battant jusqu’au bout, et resterait digne ! Faisant fi des mots qu’il pouvait lui adresser, elle focalisa son regard sur le vide, et se mit à répéter inlassablement :

« Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laissez-moi. Laiss… »

Un jour, Nechama lui avait dit que le meilleur moyen de ne pas céder sous la torture était de se focaliser sur une phrase et de la répéter encore, et encore, pour ne rien laisser filtrer. Elle serait forte. A l’intérieur d’elle, elle commença à se réciter les prières adressées au Rêveur. S’Il ne venait pas à son secours, elle se protégerait ainsi. A Toi, Père endormi, Père qui m’a offert la vie, j’offre mon âme… Un des deux hommes s’installa près d’elle. Pour toi, Père endormi, je ferai couler le sang de tes ennemis… Doucement, une main lui redressa le menton. Allait-il lui trancher la gorge ? Un nouveau sanglot l’agita. Que les serviteurs de Lom périssent, et que ton règne vienne…

* Tu n’es pas folle, nous ne sommes pas des démons, tu n’as rien à craindre de nous. Au contraire, de toutes les personnes qui existent, nous sommes les inconnus les plus gentils. Tu peux me croire ma petite, car je suis un dragon et je te le prouverai. Mais d’abord, dis-moi ton nom. *

Un souffle lui manqua. Ses yeux s’écarquillèrent. Son corps entier se crispa.
Un battement, et elle était sur lui, le frappant autant qu’elle le pouvait, ses cordes vocales ayant retrouvé de la vigueur sous l’effet de la haine.

« N’insulte pas les Premiers nés ! Ils sont plus grands que toi ! Plus grands que nous ! Tue-moi, dévore-moi, égorge-moi, mais jamais ne prononce leur nom de ta sale langue impure ! »
Quoi ? Il croyait l’amadouer en utilisant son tour de magie immonde ? En parlant au nom des dragons ? Le fou ! L’abjecte créature ! Pire que cela, il croyait pouvoir lui voler son nom ! L’un de ses si précieux noms ! Elle continua de le frapper, faisant fi de sa riposte et de celle de son camarade, l’insultant dans toutes les langues qu’elle connaissait, en créant même de nouvelles juste pour sa petite personne. En ondin, elle lui cracha :
« Jamais tu n’auras mon nom ! Mon âme restera sans tâche face à ta souillure ! »




~ Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ~


Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Sam 25 Avr 2015 - 21:17 Répondre en citantRevenir en haut



Reynald d'Amberle et le blanc Jhereg


*Ah bah elle est complètement fondue celle-là ! Même pas en rêve je lui confierais un de mes œufs. Tu as vu l’état de mes bras ? Elle risquerait d’étriper son dragonnet quand il viendra lui parler pour la première fois !*

*La ferme ! J’essaye de comprendre ce qu’elle nous « murmure »*

Le dragon venait de repousser un assaut furibond et désordonnée de la part de la "simple". Elle s'était jeté sur lui, l'obligeant à lui faire une clef de bras et l'envoyer valser dans la poussière. Mais elle avait eu le temps de creuser de large sillon sanglant dans les bras.

La jeune fille continuait à crier et gesticuler au sol, les menaçant de mort douloureuse et de destruction de leurs âmes. Mais ce qui interpella le maitre blanc ce fut que la jeune fille répéta de façon quasiment compulsive le nom « Nechama » et le suppliait de venir pour elle. Ce nom n’était pas inconnu à l’humain. Il y avait un aspirant du kaerl qui portait ce nom si particulier. Essayant d’ignorer les gémissements de la gamine, il tenta de se remémorer l’identité de cet aspirant, avec l’aide de Jhereg mais avant, il se moqua de lui et de sa tentative ratée :

*On peut dire ce qu’on veut de nous mais je pense que tu restes le meilleur dans ta catégorie : faire pleurer les petites filles. Tu ne te souviens pas d’un garçon qui s’appelle Nechama chez nous ? Ce nom me dit quelque chose*

*Ouaip, je pense que tu devrais le connaitre… C’est juste l’aspirant de Dara ! Tu sais, la fille que tu as formée et hissée au sommet de notre maison ! On dirait que l’âge te rend sénile, tu devrais prendre ta retraite*

*Ah oui, maintenant que tu le dis, ça me revient, mais ce Nechama est un ondin si j’ai bonne mémoire, celle-là je ne sais pas ce qu’elle est mais clairement pas une ondine. Il est d’où d’ailleurs ? *

*Oula, je ne sais pas du tout, Udome peut-être, ou Ys, de toute façon quasiment tous les ondins viennent de là. Mais pourquoi se prendre la tête ? On a clairement affaire à une fanatique religieuse limitée mentalement. *

*Tutut ! Pas de pléonasme, t’es gentil et ce n’est pas une raison pour ne pas la prendre avec nous. Elle ne serait pas si mal, enfin si j’arrive à la faire taire !*

- Mademoiselle, s’il-vous-plait. Calmez-vous ! Nous ne sommes pas des démons… Cessez donc de crier, ça ne changera rien. Ici de toute façon, personne ne vous aidera.

Mais rien à faire, la jeune fille semblait complètement imperméable et sans réaction. C’était gênant et Reynald n’avait pas la moindre idée sur la façon de procéder pour mettre un terme à la crise de façon diplomatique. Heureusement pour tout le monde, Jhereg avait une solution, qui manquait certes de diplomatie mais qui avait le mérite d’être efficace. Il fouilla les alentours de la ruelle, et revint vers son lié avec un grand sourire et une pelle dans les mains. Avant que l’humain ne puisse esquisser le moindre geste, l’objet trouva le visage de la jeune fille et le silence se fit, assourdissant au possible.

Reynald regarda son lié d’un œil clairement désapprobateur. Celui-ci semblait satisfait de son action mais vérifia quand même que sa victime respirait.

*Elle est bonne pour un bon mal de crâne, un bleu et une méchante haine contre toi*

- Tu cognes et je prends les conséquences ?

*Bah, les dragons sont presque des dieux pour cette gamine, elle me pardonnera et me dira presque merci. Je te propose de quitter la ville, que je puisse me changer et enfiler ma vraie peau*

-Ok, mais tu la porte. Officiellement tu es mon écuyer.

***

Quelques heures plus tard, au cœur d’un bois


Reynald écoutait patiemment son lié raconter ce qu’il savait sur Nechama, Nechama Sa'El Han, les deux liés avaient élaboré la théorie qu'il y avait un lien entre lui et elle. C'était bancal mais, avec de la chance, juste. Une biche rôtissait au-dessus d’un feu allumé et la petite restait inconsciente non loin de là . Jhereg était très bien informé car il passait une bonne partie de son temps avec le dragon de Dara. L’ondin était arrivé quelques semaines plus tôt et s’était fait remarqué par sa stature imposante. Leur conversation fut interrompue par les mouvements de leur hôte, qui se réveillait peu à peu :

- La gamine émerge, je te laisse gérer mais évite de faire l’idiot.

Le blanc se drapa dans ses ailes et s’approcha de la jeune fille, laissant sa face à un ou deux mètres d’elle.

*Petite, tu m’entends ? Je suis Jhereg le blanc, du kaerl céleste. Connais-tu Nechama Sa’El Han ?*

Le dragon répeta plusieurs fois de suite le nom, pour que la simple d’esprit comprenne bien la situation. Pendant ce temps, Reynald bougonnait dans son coin :
- J’en ai marre que les gens écoutent les dragons, j’ai l’impression de faire de la figuration tout le temps !
Morgain Gloic Sa'El Han
Aspirant(e)

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MessagePosté le: Ven 1 Mai 2015 - 20:14 Répondre en citantRevenir en haut

Les serviteurs de Lom étaient trop forts pour elle : elle avait beau craché, insulté, griffé… Rien n’y faisait. En un instant, sa fureur fut balayée par le neishaan qui l’envoya à terre, où elle s’écroula en un hurlement déchirant, la rage au cœur. Oh, qu’elle comprenait son frère ! Il n’y avait d’autres issues pour ses païens : il fallait les immoler, les exsanguiner, trancher leur tête et les réduire en cendres ! La jeune Morgain voulut se relever, portée par la passion de sa vengeance, mais rien n’y fit. Le destin avait voulu qu’elle soit trop faible. La douleur lancinante dans son bras, due à la riposte de l’infâme créature, l’élança et la fit choir une nouvelle fois. Incompétente. Impuissance. Son esprit lui jeta ces deux qualificatifs au visage, tandis qu’elle réalisait qu’elle n’avait plus que ses yeux pour pleurer.
Pardonne-moi, Frère. Je ne peux pas le faire. Je suis si faible.

« Nechama… Pardon, pardon… » sanglotait-elle en deux cris de détresse, partagée entre la terreur que lui procurait l’idée que sa vie s’achevât et la honte d’être indigne de la famille aimante qui l’avait accueillie.

Qu’aurait dit son père ? Ah, assurément cet homme bon aurait lui aussi pleuré pour elle, ne songeant même pas à la mépriser. Ne l’avait-il pas toujours protégée ? N’avait-elle pas toujours bénéficié du rempart sûr et inébranlable que représentaient les Sa’El Han ? Quand Nechama se dressait entre elle et ce monde si cruel… Et voilà que lui disparu, elle n’avait pas plus de force qu’une brindille lâchée aux caprices du vent… Son regard se riva vers le ciel. Haletante, elle songea combien avait dû être la solitude de Nechama face à ces ennemis si terribles qu’étaient les sorciers. Quel exemple il était ! La protégeant de tout, combattant le Mal ! Elle souhaita avoir été un plus grand soutien pour lui.

Nulle attention de sa part n’était tournée vers les sorciers qui l’avaient enlevée et qui semblaient se concerter à quelques pas d’elle. Leurs regards perfides suivaient les courbes de son corps et scrutaient son visage. Sans nul doute, sa riposte avait dû décupler leur rage et, à présent, ils se demandaient comment la faire souffrir plus qu’ils ne l’avaient déjà prévu. Mais à quoi s’en préoccuper ? Elle allait mourir. Seule. Abandonnée dans une étroite ruelle, dans un village oublié du vaste monde. On ne retrouverait jamais son cadavre. Nechama ne saurait jamais où elle avait été… S’en voudrait-il ? Une pointe d’égoïsme vrilla en elle, souhaitant que ce fût le cas, avant qu’elle ne se rabroue bien vite. Ce n’était pas bien. Non, elle ne lui souhaitait qu’une vie emplie de joie et de prospérité. Oui. Vis, mon frère. Venge-moi. Brûle-les. Tous. Ecartèle-les. Eviscè…

Ses pensées s’interrompirent soudain, alors qu’une cuisante douleur s’abattait sur elle.
Un énième hurlement, auquel s’ajouta cette fois-ci la souffrance d’avoir été frappée, s’étrangla dans sa gorge, puis tout fut noir.
Les ténèbres et le silence.
Etait-cela d’être morte ?

De cet instant, et pour cause, Morgain ne conserva que bien peu de souvenirs. Inconsciente, elle ne sut qu’on la transportait loin du village, ni qu’on la déposait avec douceur au sein de l’herbe fraîche. Ce n’est que quelques heures plus tard, alors que ses yeux se rouvraient au monde, qu’elle constata être encore en vie, et ce à sa plus grande surprise. Alors qu’elle se redressait, un gémissement lui échappa, la douleur reprenant ses droits sur son corps. La main qu’elle porta instinctivement à sa tête lui fit sentir une bosse de belle taille entre ses doigts, bosse qu’elle osa à peine effleurer, tant la toucher du bout des doigts ne faisait qu’agrandir son élancement. De nouvelles larmes tracèrent des sillons sur ses joues face à cette sensation désagréable. Autour d’elle régnait le calme propice à un environnement naturel. Le regard éperdu qu’elle lança à la ronde la renseigna sur l’endroit. Des arbres, des fleurs sauvages, une vaste étendue printanière en somme. Un nouveau monde créé par le Rêveur ? se demanda-t-elle. En vérité, il avait l’air d’être tout à fait agréable, et l’odeur portée à ses narines n’était rien moins que délicieuse.
C’est alors qu’elle le vit.

L’éclat du soleil ne faisait que faire ressortir la blancheur lustrée de ses écailles, l’irradiant d’une aura surnaturelle. Avec souplesse, il avançait vers elle, ses puissantes ailes repliées au creux de la cambrure de son dos. Ses griffes acérées s’enfonçaient avec aisance dans la terre aussi facilement qu’elles l’eussent fait dans du sable. Son long et gracieux cou se courba vers elle comme pour mieux la saluer, elle, cette créature si fragile et si dérisoire en comparaison de lui. Il sembla à Morgain que mille ans s’étaient écoulés durant lesquels elle avait pu contempler la beauté incommensurable du dragon. L’un des Premiers nés du Rêveur. Le souffle lui manqua. Son cœur se mit à battre la chamade. Ainsi étaient-ils donc… La majesté et la grandeur de leur créateur incarnées.
A sa mémoire remontèrent les nombreuses évocations de ces êtres à nul autre pareil. Lorsque son père lui faisait lire les passages proclamant leur ascendance sur tout ce qui bouge et respire ; ou encore quand, blottie contre Nechama, elle écoutait sa voix grave la bercer de leur description fabuleuse ; ou même lorsque Meccaya lui montrait les illustrations ornant ses ouvrages. Ah, Frère, Cousin… Les images et les mots étaient si loin de ce qui est. Voyez son port de tête, voyez ses traits ! Elle ne pouvait que s’en délecter, le dévorant des yeux, englobant de son regard l’accomplissement de tout ce dont elle croyait depuis ses huit ans.
La voix du saurien résonna en son esprit, pur ravissement pour la jeune fille.

* Petite, tu m’entends ? Je suis Jhereg le blanc, du kaerl céleste. Connais-tu Nechama Sa’El han ? *

Rien n’aurait pu lui faire plus plaisir en ce monde que ces mots, le nom de son adoré frère prononcé par l’incarnation vivante de leur croyance. Et elle ne s’en lassait pas, continuant de l’observer. Un sourire ravi sur les lèvres, elle était semblable à l’enfant face au plus somptueux des présents. Qu’il était grand, qu’il était beau… Oserait-elle ? Lentement, elle éleva une main, hélas il était trop loin d’elle… Si seulement elle avait pu, ne serait-ce que poser le bout des doigts sur lui, le rendre réel…
C’est avec émotion qu’elle lui répondit, ayant déjà oublié sa détresse et son malheur.

« Oui. Je suis sa sœur. Je me nomme Morgain, et je suis à sa recherche. Il a disparu de chez nous avec Meccaya, et je voudrais tant le revoir… Oh, s’il vous plait ! »
Elle s’inclina, les paumes à terre, ses cheveux se répandant sur le sol.
« … S’il vous plait, si vous savez où il se trouve, menez-moi à lui ! Je vous offrirai tout ce que je possède, Premier né ! Tout ! »




~ Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ~


Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Lun 4 Mai 2015 - 13:03 Répondre en citantRevenir en haut



Reynald d'Amberle et le blanc Jhereg




Jhereg était sidéré du changement d’attitude. Alors certes, il s’attendait à ce que la jeune fille se calme, mais de là le vénérer comme un dieu vivant. Dans un sens c’était agréable, ce ferait au moins une aspirante ni insolente ni dissipée lors des longues leçons théorique qu’il faudrait lui faire et avec un peu de chance, elle n’écouterait pas les chicaneries de Reynald. D’un bout de griffe presque princier, le blanc releva sa disciple avec douceur et posa son œil d’or juste devant elle, si bien que la jeune fille remplissait entièrement son champs de vision, comme il remplissait le sien.

*Tu n’as pas à t’incliner devant moi, Morgain Sa’el Han. Nechama ne le fait pas devant sa maitresse alors il n’y a aucune raison que tu le fasses.*

En réalité, le blanc ignorait si Nechama s’était incliné ou non devant son amie dorée, mais ce n’était pas important. A ce stade de la conversation, l’éloquence du blanc lui fit défaut devant le visage plein d’espoirs et innocent que montrait la jeune Morgain. En fait, il la trouvait attendrissante, tellement que ses ailes frémirent et un puissant ronronnement lui vint du fond de la poitrine. Réaction totalement instinctive qu’il ne maitrisait pas et trahissait ses émotions. Il pouvait sentir un coin de son esprit que Reynald s’amusait de la scène :

* Bah alors, premier née ? Tu ne réponds pas à la jeune fille, elle t’a demandée de l’emmener voir Nechama. Tu lui expliques ce qu’il faut savoir ou je m’en charge ?*

Cette distraction bienvenue lui permit de se reprendre et une nouvelle fois de se draper :

*Je suis un prince, fais donc le gueux, rends toi utile dans notre tâche pour ramener des aspirants chez nous*

Puis d’une voix plus douce et dénuée d’ironie, il dit à Morgain :

*Je voudrais que tu écoutes mon lié, ce qu’il va te dire est très important, je compte sur toi. Si tu ne comprends pas ce qu’il dit, je te le réexpliquerais.*

Le dragon invita la jeune fille à s’assoir autour du feu et il vint se placer juste derrière elle, de façon à ce qu’elle se sente rassurée par sa présence et aussi pour lui servir de dossier et, éventuellement, pour l’empêcher de fuir si Reynald faisait une bêtise. La tête posée de façon stratégique il pouvait observer son liée et la jeune fille qui, quand elle ne hurlait pas à la mort, semblait adorable et très gentille. Les premières impressions du Blanc se retrouvaient maintenant balayées au fond de son esprit. Calmement, lui aussi écoutait ce que son lié disait à la jeune fille :

- Comme j’avais essayé de te le dire plus tôt, je m’appelle Reynald, chevalier et maitre dragon du Mar Menel. C’est dans a ce Mar que Nechama a prêté allégeance en devenant un aspirant. Ma principale mission est de former de nouveaux chevaliers pour notre ordre…

La voix de Jhereg intervint dans son esprit pour le reprendre :

*Fais attention, on parle à une simple d’esprit, essayes d’utiliser un langage aussi simple que possible et soit attrayant, sinon tu risques de perdre son attention. Ce sera vraiment un soucis lors de sa formation, il faudra que tu creuses pour trouver des moyens simple de l’instruire*

* Je tacherais de m’en rappeler, merci premier née.*


Profitant de cette coupure dans son explication, l’humain en profita pour vérifier la cuisson de la viande et découper une généreuse part à l’intention de Morgain et de lui même. C’était la moindre des choses que de la nourrir après l’avoir littéralement kidnappée. Alors, Reynald reprit, plus lentement et avec des mots plus clairs :

- Si tu veux revoir Nechama, tu dois venir avec nous. Si tu viens, Jhereg le premier née et moi-même te formerons pour qu’un jour tu puisses te lier toi-même à un dragon et jusqu’à ta mort partager la vie d’un de ce que tu vénères.

C’était une proposition qui semblerait alléchante à n’importe qui, mais Morgain n’était pas n’importe qui, elle mettait une telle détermination à retrouver Nechama et avait un tel respect envers les dragons que Reynald et Jhereg n’avaient presque aucun doute sur la réponse qu’elle donnerait. Pour enfoncer le clou et motiver d’autant plus leur probable futur aspirante, le Blanc ajouta :

*Tu sais, en plus, Nechama est l’apprenti d’une femme très importante de notre famille. Si tu acceptes de devenir notre aspirante, tu le verras souvent et vous serez frère et sœur de chevalerie*

Sur ces mots, le dragon poussa un ronronnement fort, le lien entre les deux aspirants lui donnerait une excuse supplémentaire pour fréquenter et faire la cour à Nyssath de façon plus régulière. Ceci fit doucement rire Reynald qui décida de poser la question très
clairement pour que Morgain comprenne ce que cela impliquait :

- Acceptes-tu de devenir notre aspirante ?

En attendant la réponse, l’humain attaqua à belle dents son propre morceau de viande.
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