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Runa Salv
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MessagePosté le: Sam 4 Avr 2015 - 16:45 Répondre en citantRevenir en haut



Solyaeku 918.


Dans le calme et le silence d'une nuit tombée depuis quelques heures déjà, une brise douce et estivale s'était engouffrée dans le weyr de Sarzeghnet et Runa. Caressées par le baiser tépide qui les effleurait, elles s'étaient blotties l'une contre l'autre dans le mutisme le plus total, savourant la rare quiétude qu'offrait le Màr Tàralöm. Sous le regard des deux lunes, des étoiles et de la sorgue, peu à peu, l'écrin de ce volcan millénaire et sa population avaient trouvé le repos.
La jeune femme était à moitié allongée sur sa couche, adossée contre la tête de lit. La paume de sa main affleurait les écailles teintées de sang de la dragonnelle Incarnate dont la tête reposait lourdement sur le ventre de sa bipède.
A chaque respiration de sa liée, la saurienne pleinement relâchée suivait naturellement le mouvement, comme bercée par le soulèvement répété de l'abdomen de celle qu'elle avait marquée à l'Empreinte, un mois plus tôt. Les yeux d'or et de miel de la Chevalière couvaient cette moitié d'âme qui, un jour, compterait parmi les plus grandes et fabuleuses créatures de ce monde. Runa esquissa un sourire attendri.. Elle était si loin de son passé de princesse du Ssyl'Shar, si loin de ses origines, si loin de sa première vie.. Souvent, elle y repensait tout en s'efforçant d'oublier ses démons qui, parfois, revenaient à la charge histoire d'assiéger ses souvenirs une fois encore. Et ce soir elle les évoquait à nouveau, ces vingt-trois années écoulées mais pas perdues pour autant.

Sentant l'esprit de sa liée s'abandonner à une certaine forme de mélancolie, Sarzeghnet émit un grognement presque répressif pour la tirer de ses divagations. Runa fronça les sourcils et tiqua, faisant claquer sa langue contre son palet pour montrer à son tour son mécontentement. Elle oubliait parfois que depuis son Empreinte, il existait quelqu'un capable de lire en elle comme on parcoure les pages d'un livre.

** Dors et arrête de réfléchir. **


Finalement, elle chercha une position plus agréable pour s'endormir. Dans le fond, la petite dragonne avait raison : à quoi bon ressasser le passé quand il n'y avait pas que du bon à y prendre.
Une fois confortablement installée, la Chevalière ferma les paupières et se laissa posément emporter par souffle régulier de sa liée. Et Aran'Rhiod saisit la frêle main de la jeune femme assoupie pour l'entraîner dans ses jardins éphémères.

***

- Ssyl'Shar, Palais de l'émirat d'Arsuh -


Une jeune femme se fixait dans un miroir richement orné en son contour. Ses deux grands yeux d'or et de miel dardaient leur reflet sans éclat, éperdus par la mélancolie de leur propriétaire qui semblait regarder sans voir. Cela faisait bien longtemps que le regard de feu et de safran de la fëalocë n'avait pas brûlé, abandonné à son sort en compagnie de deux braises que rien ne pourrait plus jamais raviver. La chambre dans laquelle elle se trouvait était la plus grande de toutes celles du harem : de larges tentures teintes en rouge et brodées de fils d'or habillaient les alcôves que formaient ses appartements . Le sol aux dalles de marbre était couvert de coussins et de tapis aux couleurs chatoyantes et chauffées par les rayons d'un soleil qui s'y invitait volontiers, bien qu'en partie masqué par les volets entrouverts et ciselés d'arabesques. Les cônes d'encens répandaient leurs effluves boisés dans le sillage de leurs volutes de fumée blanche. La brume parfumée, parfois agitée par le passage du vent étouffant du désert, dansait de pair avec les pans de tissus et les rideaux de l'immense pièce. Les quelques rayons de Solyae qui parvenaient à franchir les persiennes rappelaient la richesse des lieux en faisant luire tout ce qui était d'or et de pierreries. Dans un coin de la pièce, creusé à même le sol, un bassin d'eau claire et attiédie par la chaleur habituelle du continent s'étendait, des fleurs blanches et des bougies allumées égayant sa surface lisse et imperturbable. Là, dans cette ambiance tamisée et sibylline, était la chambre d'une princesse pourtant répudiée. La jeune femme assise devant son miroir s'appelait Runa Sôrselvi Arasi Salv et on lisait sur son visage un mélange de tristesse et de colère.

Du haut de ses vingt ans, elle digérait avec amertume le rejet dont elle avait fait preuve quelques mois plus tôt. Elle qui était la cinquième épouse de l'Emir d'Arsuh n'était plus désormais relayée qu'au rang de concubine. Et bien que considérée comme étant Reine du Harem et favorite de son époux, la déchéance était difficile à accepter. Runa, héritière d'un clan implanté dans le Ssyl'Shar depuis que Rhaëg était Rhaëg, avait été contrainte d'épouser à ses seize ans un homme de trente ans son aîné afin de satisfaire les intérêts de sa noble famille. Et comme ses quatre prédécesseures, la princesse ne se retrouva jamais enceinte. Quand tous flattaient l'égo de l'Emir en déplorant le manque de chance à n'avoir eu que des fiancées stériles, le reste de la plèbe se moquait de l'infertilité de leur dirigeant mêlée au déni d'être le responsable de l'absence de descendance. La jeune épouse, après quatre années de rapports forcés et de haine non dissimulée à l'égard de son époux, dut rejoindre le harem de ce dernier sans le moindre espoir de pouvoir en sortir un jour.

Pire encore. Une fois accoutumée à la présence des autres femmes qui partageaient la couche de son époux - et que toutes rêvaient d'obtenir de façon définitive -, l'Emir lui imposa ce qu'elle craignait plus que tout : elle serait la compagne d'une nuit des plus proches collaborateurs de son mari. En d'autres termes, elle devrait satisfaire les envies et les plaisirs d'hommes qui travaillaient pour l'Emir, elle serait une partie du paiement, une prostituée de très haute gamme.
Celles qui s'étaient opposées à cette tradition avaient perdu la vie, soit lapidée pour désobéissance soit par leur propre main. Et aucune de ces alternatives ne seyait à la cinquième épouse.. Alors qu'importe, pour l'heure, elle obéirait. Mais déjà à cette époque, la princesse murmurait "vengeance" dans son sommeil.

Le harem s'agita, les voix légères et les rires cristallins s'élevèrent au delà de la chambre de la fëalocë. Comme chaque jour, les concubines se retrouvaient et discutaient de tout et de rien. Et comme chaque jour, Runa se contentait de les maudire et les insulter et peignant sa longue chevelure d'un rouge éclatant. Car une chose était sûre : tous et toutes s'étaient accordés à dire qu'outre avoir été la plus belle des épouses, Runa Salv avait également été la plus érudite. Et dans le monde impitoyable de la lutte pour le pouvoir, cet ensemble était de trop. L'épouse déchue préférait donc être seule plutôt que d'avoir à subir les discours de ces décérébrées qui tendaient à flatter en étant face à la personne pour mieux l'honnir dans son dos.
Dénouant ses cheveux couleur de sang, fredonnant un air léger, Runa s'apprêtait à passer une journée de plus dans cette closerie où elle n'avait pas sa place.

***


L'Emir Ajdir Navendar


- HAHAHAHA !

Son éclat de rire fut tel que le souverain s'étouffa avec sa coupe de nectar. L'interlocuteur, source d'une plaisanterie douteuse, tapota le dos de son seigneur pour l'aider au mieux. Les serviteurs affluèrent, immédiatement inquiets de le voir devenir bleu, faute de pouvoir retrouver de l'air tout de suite. Le portrait en était d'ailleurs pitoyable.. Tous détestaient cet homme pour ses ordres et son manque de savoir vivre mais le devoir leur imposait de feindre la dévotion. Enfin.. Qu'importait.
L'Emir toussa jusqu'à enfin reprendre ses couleurs. Et malheureusement, il survécut une fois de plus.
Il était avachi sur son trône d'or et d'argent, siégeant sur le piédestal avec autant de prestance qu'un moineau malade parmi les rapaces, quémandant victuailles et boissons alcoolisées à tout va. Ah, il avait plutôt la belle vie ! Enivré de l'aube au crépuscule et du crépuscule jusqu'à l'aube, il avalait quantité de viandes et vins de tous pays. Quand il se sentait seul, il faisait venir des membres de son conseil ou des concubines, selon son humeur du moment.

Mais aujourd'hui, il attendait quelqu'un. L'Emir avait recruté celui que tous vantaient comme étant le meilleur des mercenaires du continent. Un mercenaire à qui certains affublaient le surnom de ce presque-mythe du désert : le Chevaucheur de Démon. Ajdir n'y croyait pas des masses, à vrai dire, mais il savait qu'il avait débusqué un maître de son art. Il n'avait pas voulu d'un vulgaire assassin, puisque là il était question de supprimer plusieurs soldats expérimentés et non de simples marchands.
L'un des serviteurs entra, s'agenouilla et annonça :

- Votre Majesté, l'homme que vous avez fait demander est là.

- HA ! ENFIN !


Les miettes de pâtisseries s'écrasèrent au sol alors qu'il se mit debout, chancelant par le nombre d'amphores qu'il avait déjà vidé. Il jeta au loin sa coupe de vin aux épices en rotant sans la moindre tenue. Le jeune mercenaire verrait un homme au ventre rond et à la taille modeste ; une barbe grisonnante masquait une partie de son visage au teint mat et deux petits yeux gris regardaient le monde avec amusement et envie à la fois ; l'Emir portait un turban perlé et une lourde tunique cousue d'or et de petites pierres précieuses. Et à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, il soufflait une haleine épaissie par l'alcool.

- Alauwyr Iskuvar, c'est ça ? Le virtuose des chasseurs de prime, hein ? Bon, avant de parler de choses sérieuses, allons nous amuser un peu ! J'ai trop bu pour discuter affaires !

Le seigneur n'avait pas laissé le temps au mercenaire de dire quoi que ce soit. Il avait parlé sans vraiment le regarder, trop imbibé par le cépage pour distinguer le visage de son interlocuteur. Il frotta sa robe pour en retirer les derniers petits morceaux de pâtisserie avant d'inciter son nouvel "ami" à le suivre.
Les gardes entourèrent les deux hommes en jaugeant plus particulièrement l'inconnu. Ce dernier sentirait d'ailleurs probablement une tension palpable, totalement opposée à l'euphorie de l'Emir qui riait et parlait sans s'arrêter.

- Non mais je ne peux pas me permettre de m'entourer d'amateurs, tu vois. Mes gardes sont des incapables ! Ils ne seraient même pas assez forts pour briser l'orteil d'un seuls des hommes que je veux supprimer. Tu vas avoir du travail mais tu seras bien payé !

Enfin, après avoir traversé un long couloir de marbre blanc, une toute autre décoration que celle du reste du palais s'offrait aux yeux du mercenaire. Les portes étaient fermées et rien ne laissait voir ce qu'il se cachait derrière. Le suzerain, ivre, tapota l'épaule du mercenaire qui, rappelons le, lui était encore inconnu quelques minutes plus tôt, sinon de réputation.

- Laisse moi te convaincre.

Le judas de la porte glissa et on ne vit que les yeux de la personne qui était de l'autre côté. Après avoir constaté qu'il s'agissait de l'Emir, le cliquetis des verrous précéda l'ouverture de la porte. Les servantes et les eunuques s'inclinèrent tout en reculant, laissant le passage libre. Puis les concubines vinrent se blottir contre leur maître, les unes après les autres.

- Nous parlerons de tout ça demain. En attendant, profite, tout ce que tu voudras te sera apporté !
Bienvenue dans mon palais.


Pris dans sa vague de maîtresses, l'Emir disparut sous les baisers et les caresses, laissant un jeune Alauwyr à la merci des autres femmes du harem. Elles furent quelques unes à l'attirer vers elles, comprenant leur rôle "d'argument" quand à la signature du contrat qui ferait de lui un mercenaire de l'Emir.

Runa avait observé cette débâcle depuis l'entrée de sa chambre. Elle était là, droite, une main tenant le rideau qui faisait office de porte. Elle avait été tirée de son isolation par le brouhaha extérieur qui n'était pas habituel à une heure si prématurée. Habituellement, son époux se rendait au harem bien plus tardivement.
Quelques secondes durant, elle s'attarda à détailler l'inconnu aux cheveux blancs. De là, elle ne vit que ça, trop éloignée pour pouvoir observer son visage depuis ses quartiers. Elle remarqua que c'était un homme de haute taille et à la carrure imposante. Après un moment, elle se rappela qu'il valait mieux pour elle de ne pas être vue, elle ne tenait pas particulièrement à passer la nuit avec un inconnu de plus. Sa petite main, pâle et frêle, relâcha le rideau qui la dissimula tout aussitôt. Pourtant, quelqu'un la suivait peut-être..



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -



Dernière édition par Runa Salv le Mer 15 Avr 2015 - 01:26; édité 1 fois
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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Sam 4 Avr 2015 - 22:57 Répondre en citantRevenir en haut

Bien des hommes auraient succombé aux beautés qui l'entouraient. Alauwyr se contentait à peine de sourire, tout en se délectant du regard de ces nombreuses jeunes femmes qui cherchaient déjà ses faveurs. Que de mieux pour ses magnifiques créatures que la venue d'un étranger à l'allure terrifiante et ténébreuse, venant leur apporter un brin d'excitation par cette sensation de danger qui émanait de sa personne. Même si des cicatrices marquaient son visage, le mercenaire avait tout pour plaire. Et on pouvait dire que pour le guerrier à la chevelure blanche, répondant au surnom du Chevaucheur de Démons, les choses commençaient plutôt bien. Directement appelé pour répondre à un contrat et déjà il se retrouvait en plein milieu d'un merveilleux harem. L'Emir avait une façon bien à lui d'appeler des mercenaires de la réputation d'Alauwyr et de déjà lui proposer des loisirs bien charnels. Chose certaine en plus était que ce vieil homme en plus d'avoir une bonne descente avait bon goût en matière de femmes. Peut-être qu'il espérait attirer toute l'attention du combattant au visage couturé pour une mission des plus dangereuses à exécuter. Mettre un homme de la trempe d'Alauwyr de bonne humeur permettait de mieux marchander et de faire passer certaines pilules....

Alauwyr n'était pas un né de la dernière pluie. Il avait déjà travaillé pour un bon nombre de contrats et celui là n'en serait qu'un de plus. Un Emir qui appelait ses services, en plus d'avoir les moyens de le payer grassement -avec une petite prime bien féminine avant de commencer-, ne pouvait qu'avoir une tâche difficile à lui faire faire. De toute façon, demain était un autre jour et Alauwyr tenait bien en profiter un peu. Bien qu'il appréciait les détentes en compagnies des femmes, il n'était pas le genre d'homme à se vautrer parmi bon nombres d'entre elles. Une seule lui suffirait. Et il ne voulait pas n'importe laquelle. Le problème des harems étaient que les jeunes femmes étaient souvent des femmes faciles et manquant de conversation. Le mercenaire appréciait les femmes de caractère. Elles étaient comme un adversaire à dompter, à jauger, à rechercher les failles pour les affaiblir et les dominer. Mais pas les dominer dans le sens qu'un homme de base penser. Alauwyr aimait gagner sur bien des domaines et les femmes restaient toujours une épreuve et un jeu qui n'étaient jamais les mêmes. Maintenant, restait à voir si l'Emir avait la perle rare. Et il crut remarquer une cible intéressante.

Avec des gestes à la limite de confirmer les nombreuses invitations chaleureuses des femmes qui l'entouraient, il réussit à s'écarter d'elles pour rejoindre le rideau qui se mouvait encore... il n'eut qu'à le repousser pour voir une jeune femme à la crinière bien flamboyante et déjà son regard pétillant d'une fureur maîtrisée. Fine, élégante et affichaient des traits racés digne d'une reine, elle avait tout pour plaire. Peut-être que la perle rare était en face d'elle. Un sourire presque carnassier s'étira sur son visage balafré et posa son épaule contre le montant de l'entrée des appartements de Runa.

''On dirait qu'une gazelle s'est éloignée de son troupeau. Sait-elle perdue ? Ah moins que tu ne sois trop timide pour voir qui ton Emir a amené dans ce délicat environnement fleurie de bien belles plantes. ''


Alauwyr n'avait rien d'un noble ou d'un courtisan et il ne l'ignorait pas. D'où sa façon bien à lui de s'exprimer envers cette jeune pouliche encore au caractère non déterminé.

''L'Emir Ajdir Navendar, que le désert lui accorde longue vie... m'a accordé un moment de détente et avec qui je le désirais. Il est vrai que ce ne sont pas tes consoeurs qui manquent et qui rivalisent toute de beauté, mais je recherche quelque chose de bien particulier et il semblerait que je l'ai trouvé...Je n'ai juste besoin pour cela d'une petite souris des sables, qui cherchait à se cacher de ma présence. Alors... pourquoi cherchais-tu à te cacher. On dirait que tu fuis quelque chose... redoutes-tu que je vienne à te demander quelque chose pour m'être agréable ? ''

Le mercenaire pouvait avoir le regard froid quand on plongeait dans ses yeux, qui provoquait très souvent un frisson d'effroi envers toute personne qui plongeait dans ses yeux ténébreux.

''Après tout, au service de ton maître, tu dois répondre à ce qu'il exige ainsi qu'à ses invités non ? ''

Il guettait la réaction de la jeune femme.



Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 10:16 Répondre en citantRevenir en haut


A peine avait-elle fait un pas pour s'en retourner à son trône de solitude qu'elle sentit une ombre se glisser derrière elle. Runa pivota immédiatement, presque alertée par le sixième sens propre à sa race, faisant face à cet inconnu qu'elle avait secrètement observé un instant plus tôt. A peine à deux mètres de distance de ce dernier, elle se crispa en tâchant de ne pas montrer son malaise évident. Elle qui avait voulu absolument l'éviter l'obviait donc, à moitié dissimulée dans la pénombre du corridor qui menait à sa chambre. L'homme était accolé à l'alcôve de façon nonchalante, dans le contrejour de la pièce principale fortement éclairée derrière lui. Il était d'ailleurs étrange, ce contraste, où tout le harem resplendissait de lumière quand le petit univers de Runa était dévoré par les ombres.. Là, droite dans le clair-obscur du couloir, elle était un spectre de sang qui dégageait une aura prédatrice pour quiconque approchait de sa demeure.
La faible lumière du coin isolé laissait à peine entrevoir les courbes de la fëalocë, habillée d'une soie blanche qui évoquait de façon évidente un corps de jeune femme à en faire chavirer les plus grands navires. Mais il n'était pas l'heure de s'attarder sur les apparences. Elle écouta ce que l'inconnu avait à lui dire, surprise d'entendre la langue commune quand elle n'employait que le Ssyl'Sharien.
Elle répondit d'un accent mélodieux mais qui trahissait une forme notoire d'hostilité.

- Etrange comme le cafard esseulé se permet d'insulter la gazelle.
Dans ce jardin, vous n'êtes qu'un insecte à qui on a laissé l'opportunité de butiner le temps d'un jour quand je suis la plus éclatante des fleurs, qui les aveugle toutes.. Alors croyez bien que votre présence ne m'intimide en rien.

Le ton était donné. Les vingt ans affirmés de la jeune femme riaient au nez de ce jeune inconnu prétentieux et machiste.
Runa s'attarda à détailler des pieds à la tête son interlocuteur, cherchant à comprendre d'une certaine façon qui il était et d'où il venait. Il était sans doute un assassin ou un mercenaire, aux vues de sa tenue robuste et sobre ; l'homme avait des jambes galbées, portant son buste musclé aux épaules et aux bras dessinés par le combat ; ses mains étaient grandes et abimées, sans doute par le maniement des armes diverses ; son visage portait des traits durs et masculins sans éclipser sa jeunesse évidente sous le teint hâlé de sa peau et les multiples cicatrices ; ses cheveux d'un blanc inhabituel dégageait quelque chose d'intrigant. Mais ce fut au moment de croiser son regard que la fëalocë stoppa net.. Figée dans sa contemplation, presque outrageusement, elle plongea dans cet océan d'onyx et de ténèbres, ces braises froides qui crépitaient pourtant d'une fureur bien cachée par le givre qu'il imposait à autrui. L'inconnu avait beau vouloir fixer sa proie avec froideur, il n'en demeurait pas moins que ses envies étaient trahies par cette lueur à la fois passionnée et discrète.
Une étrange sensation de déjà-vu accabla la princesse. Elle connaissait cet homme mais ne parvenait pas à se rappeler d'où, ni de son nom, ni de ce qu'il était. Les rêves avaient cette faculté presque perverse à transformer les personnalités et les corps de ceux qui nous étaient bien connus..

Elle fut extirpée de ses pensées lorsqu'il prononça le terme "consoeurs" pour évoquer les autres concubines de l'Emir. Runa croisa les bras et releva le menton, hautaine et sèche.

- Elles ne sont en rien mes consoeurs, je vous interdis de répéter une telle chose ou ne serait-ce que la penser.

Tout aussi immédiatement, ses yeux se teintèrent d'un éclat embrasé, mélangeant l'or et le feu dans un brasier qui n'avait pas brûlé depuis bien longtemps. L'inconnu le verrait tant seul le regard de la princesse traversait les ombres du couloir. Il y avait presque quelque chose de maléfique dans cette oeillade, quelque chose digne d'une créature surnaturelle, d'un démon qui vous jugeait et qui était prêt à vous entraîner avec lui dans les enfers les plus terribles. L'inconnu, par ses paroles outrageuses, réveillait ce quelque chose en Runa de bestial. Il réveillait ses pulsions de fëalocë, à ses risques et périls.. Et à mesure qu'il parlait d'avantage, le fauve démoniaque qui rugissait en elle ne demandait qu'à répandre le sang.
Pourtant, elle s'efforça de réfléchir avant de parler, il en coûtait de sa vie. Outre le fait que cet homme pourrait la briser à mains nues, sa pénitence serait l'exécution publique pour avoir désobéi à l'un des invités de son époux. Et elle s'était jurée une fin plus glorieuse que celle-ci..
Elle inspira profondément, cherchant dans l'air chaud du désert un semblant de raison. Après quelques secondes, elle poursuivit, les dents légèrement serrées par la colère de l'affront qu'il avait osé lui faire :

- J'en ai déjà vu beaucoup, des hommes comme vous.. Vous venez ici en régent, fier et parlant beaucoup pour dire bien peu, prêt à toutes nous dominer en bon mâle en quête de remonter son égo.
Sachez que si vous pensez être le seigneur de ce verger, nous en sommes les reines. Et j'en suis l'impératrice.
Je n'ai pas peur de vous ni de vos exigences.. Je vous conseille seulement de vous rabattre sur celles que vous qualifiez comme étant mes consoeurs, elles vont donneront entière satisfaction quand je ne ferai que me battre avec la rage d'une tigresse acculée.


Bien qu'elle pesait ses propos, l'inconnu ne manquerait pas de noter qu'elle l'assassinait du regard, l'Enfer se débattant derrière son regard de lave en fusion. Un courant d'air agita doucement quelques mèches écarlates de sa chevelure couleur de sang, comme pour donner du poids à son corps frêle et écrasé par la sature de l'homme qui, de toute évidence, la dominait du haut de ses presque-deux mètres. Pourtant, dirigée par la folie, l'audace ou simplement sa personnalité trop téméraire, Runa fixait sans la moindre gêne, avec une once de férocité même, les orbes d'onyx qu'étaient les yeux de l'homme. Il n'y verrait aucune peur ni aucune détresse. Peut-être même était-ce la première fois que quelqu'un lui tenait ainsi tête.
Tenant le regard, elle continua à s'exprimer, toujours avec la mélodie de son accent chaud et son ton noble :

- Mon époux, l'Emir Ajdir, vous offre une nuit dans son harem. Nombre d'hommes rêvent de pouvoir ne serait-ce qu'en arpenter ses alcôves quand vous avez l'opportunité de goûter à chacun des fruits ici présents. Ne gaspillez pas votre palet pour une saveur aussi amère que la mienne quand les autres ne sont qu'ambroisie et douceur.

La fëalocë espéra l'avoir convaincu. Et l'heure n'était plus aux courbettes et à la joute verbale.. Elle décroisa les bras et se tint droite. D'une voix bien plus ferme et directive, elle asséna :

- Maintenant, laissez-moi et ne m'importunez plus.


Après un dernier regard, elle tourna les talons pour mieux s'en retourner dans sa chambre, faisant dos à cet homme avec qui tout ne faisait que commencer.. Ou recommencer.



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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 11:12 Répondre en citantRevenir en haut

Elle n'était pas une petite gazelle effarouchée. Elle était loin même d'être apeurée comme ce genre de créature gracieuse. Elle était comme une vipères des sables, souple et venimeuse, usant de mots acides et mielleux à la voix. Telles étaient ses armes, la voix et la langue. Peut-être que son beau et humiliant discours aurait fait reculer plus d'un homme désireux de s'amuser avec la gente féminine que de perdre son temps à se justifier en pure perte de temps, mais pas Alauwyr. Son sourire ne s'était pas effacé une seule fois, et ce malgré le regard que la jeune femme lui avait lancé. Tant de fureur, tant de flammes dans ce regard.... Il avait trouvé la perle rare, pour passer en effet une agréable nuit et de ce qu'elle croyait connaître des hommes, elle se trompait tellement. Comme bien des femmes de caractères en son genre, l'arrogance coulait autant dans cet air assassin et dardé de mise en garde que dans l'ambre de ses yeux. Une flamme vive s'était éveillée, devenant un véritable Enfer d'émotions vives et dangereuses.

Elle espérait le voir partir. Elle espérait tellement croire qu'elle avait gagné avec tout ce venin qu'elle avait craché à la figure de ce mercenaire. Qu'elle se trompait.

A l'instant où elle tourna les talons, une poigne forte mais qui n'écrasait pas les os délicats de son poignet la retint et l'obligea à se retourner. Alauwyr était toujours tout sourire et rien ne montrait qu'il puisse être contrarié ou humilié. Il était loin de tout cela.

''Tu sembles bien experte pour ce qui est des hommes simples, mais je suis loin d'être le genre d'homme que tu as pu déjà croisé. Tu ne sais rien de moi et déjà tu me classes dans une catégorie bien banale. Peut-être que tes répliques marchent pour eux, mais pas pour moi. Et ai-je déjà exposé mes exigences ? ''

Il se contenta de sourire et s'invita dans l'entrée des appartements de la jeune Runa. Il lâcha le poignet fin à la peau si satinée de cette princesse à la limite de se rebeller pour tirer le rideau. Ainsi les choses étaient claires pour les autres femmes.

''Que de mots pour essayer de me fuir... En plus tu te vantes d'être une fleur dans les ronces et tu me lances en pâtures à tes... autres ''amies'' de présence, si le mot consoeur te perturbe tant...Etrange cette contradiction que tu m'offres pour espérer me voir déguerpir. Tu te méprends tellement sur ma venue ici. Certes, une belle nuit m'attends, mais que peut réellement espérer un mercenaire fatigué d'un long voyage et qui a besoin de se reposer ? ''

Il ricana brièvement et croisa simplement les bras. Peut-être visait-il à rendre Runa moins sûre d'elle

''Tu fais bien de le rappeler. Ton époux l'Emir m'offre une nuit dans un lieu si intime que je vais éveiller bien des jalousies. Il m'offre aussi le service de qui je veux dans cet univers d'idéal et de beauté. et j'ai décidé que ce sera toi, qui sera à mon service. Juste une nuit, ce n'est pas le désert à balayer tout de même... et tu ne sais même pas encore ce que je vais exiger de ta personne...''

Il décroisa ses bras et se rapprocha de Runa, qui était tellement arrogante dans sa posture royale. Sa main droite se porta sur une mèche rougeoyante de la jeune femme et la passa délicatement entre deux de ses doigts, comme pour apprécier la texture.

''Une petite pouliche qui se braque déjà à l'approche de son cavalier, sans savoir ce qu'il va advenir. Cela t'effraie de pas savoir n'est ce pas, pensant immédiatement à ce que les autres hommes ont l'habitude d'exiger de toi... Et bien je vais te faire part de mes souhaits, ma chère renfrognière... Tu as des appartements dignes d'une princesse, et royalement à ta portée. Je ne serai pas importuné. Une telle femme comme toi doit bien avoir une salle d'eau qui sera soulagé la fatigue de mon voyage et de mes derniers contrats. Le Harem est réputée pour ses femmes, et j'ai la chance d'être avec le plus beau des rubis. Et le Harem est réputé dans toute l'Oasie pour avoir la meilleure des salles d'eau. Je ne doute pas que tu possèdes la meilleure de toute celles des autres jeunes femmes résidant ici... Donc...''


Son sourire s'étira.

''Tu seras à mon service ma chère princesse et tu vas me préparer ta merveilleuse salle d'eau. Ce sera des plus exquis sachant préparer cela à tes soins. Et j'anticipe. ne cherche pas à réfuser. Je crois connaître assez ton Emir pour savoir qu'il serait grandement déçu si je venais à ne pas avoir mes désirs comblés. Tu es une femme intelligente, je pense que tu sais très bien ce qui pourrait arriver si cela venait à ses oreilles... Oh ce n'est pas une menace, il serait juste dommage que tu sois fouettée pour t'être braqué mors aux dents pour défendre ton intégrité. Si tu fais ce que je te dis, peut-être qu'à la fin de cette nuit, tu comprendras que les hommes ne sont pas tous les mêmes, même au coeur des sables de Ssyl'Shar...''

Ses yeux noirs s'étaient plongés dans ceux de Runa, cette lave ambrée et bouillonnante d'une rage intérieure qu'il aimerait bien maîtriser. Car cette femme, ce n'était pas qu'une simple femme de harem. L'Emir ne connaissait décidément pas la chance ; ou malchance, de posséder un tel bijou... et Alauwyr serait sans doute le premier à en user comme il l'entendait...

''Qu'attends-tu ma chère ? Le sable du temps s'écoule...''



Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 20:36 Répondre en citantRevenir en haut

Son réflexe fut immédiat. Lorsqu'il saisit - non sans délicatesse - le poignet de la jeune femme, celle-ci chercha tout aussitôt à s'extraire de cette surprenante étreinte. Elle siffla entre ses dents, à mi-chemin entre une attitude vipérine et des menaces de lionne. La fougue de la jeunesse mêlée à la rage embrasée de sa race aurait pu déplacer des montagnes.. Et cet inconnu ne semblait pas s'en rendre compte. Elle dévoila en cet instant toute sa fureur de sauvageonne prête à mordre et attaquer pour préserver sa vie.
Son petit poing entravé se serra et la jeune femme se débattit un court moment, avant de comprendre que la force du mercenaire aurait évidemment raison de son corps trop fragile. Bien malgré elle donc, elle lui faisait face à nouveau, le poignardant d'un regard digne d'une déclaration de guerre. Le constat seul du sourire cynique qu'offrait l'homme avait de quoi la faire hurler : n'avait-il donc pas compris les insultes dont elle l'avait affublé ? Difficilement, elle écouta ce qu'il avait à dire, se faisant violence pour ne pas prononcer des paroles indignes d'une femme de son rang..

L'inconnu n'eut aucun mal à s'inviter dans les vastes et luxueux appartements de la reine des concubines. D'une certaine manière, elle n'avait pas vraiment cherché à luter d'ailleurs, au risque de tenter une fuite plus sournoise par la suite. Elle se retenait tellement de lui cracher que s'il avait besoin de repos, il n'avait qu'à prendre une chambre isolée. Elle se retenait de lui vociférer qu'au contraire de lui mener une nuit délectable, elle serait infernale..
L'homme lâcha le fin poignet de la princesse pour croiser les bras, toujours plus sarcastique. Par les dieux qu'elle rêvait de le frapper en plein visage.. Il était d'une présomption à en faire pâlir les divins ! Mais pour le moment, il n'était pas l'heure de chercher la vengeance. La sentence était tombée : Runa était l'élue de l'inconnu et elle se crispa à la seconde même où le verdict était énoncé. Sa gorge se serra et un frisson lui trancha l'échine, effaçant une partie de cette parfaite assurance dont elle avait fait preuve. Dans sa tête, elle imaginait déjà le pire et rien au monde ne pourrait empêcher cet évènement d'arriver. Si son but était d'ébranler la témérité maladive de la fëalocë, il avait touché dans le mille.
Le mercenaire, sans prévenir, s'approcha de sa servante d'une nuit pour se saisir d'une mèche de ses cheveux. L'instinct protecteur de la jeune femme ne put contenir un sursaut et un franc recul. Pourtant, à bien la fixer dans les yeux, elle n'avait pas réellement peur.. Il était même étonnant d'avouer que ce contact, si futile et léger fut-il, la fit frémir.. Quant à savoir ce qu'elle ressentait, elle-même était incapable de décrire ce qu'il se tramait en sa conscience.

D'un geste qui fut doux et ferme à la fois, elle repoussa la main trop aventureuse de l'intrigant inconnu. Elle le toisait avec un certain mépris teinté par les gémissements de son égo blessé. Quelque part, elle aurait presque préféré n'avoir qu'à partager sa couche avec lui plutôt que de jouer les servantes.
Sa respiration s'accéléra. De pure et simple colère. Il avait un culot monstre pour oser rabaisser ainsi une princesse de ce continent qui l'avait vu naître.. Des larmes lui montèrent presque au yeux, des larmes de rage. Des larmes qu'elle ravala pour sauver sa fierté. Avait-elle d'autre choix qu'accepter ? Il avait lui même rappelé à sa noble conquête qu'elle n'avait aucune autre alternative à l'obéissance où la punition.

* Shar'akbr rahj netmr.. *

Runa bouillait intérieurement et son visage en était marqué. L'absence totale de sourire et ses sourcils froncés trahissaient toute la haine qu'elle avait à l'égard du mercenaire. Avec une rage non dissimulée, sans répondre, elle ferma la porte de ses appartements pour signifier que nul ne devait les importuner.
Après une certaine hésitation, elle s'approcha à nouveau de l'homme aux cheveux couleur d'argent et commença à le déshabiller sans la moindre tendresse, défaisant une à une les boucles et les sangles, jetant au sol l'armure qui laissait place à un buste balafré.

- Ta servante ou non, je reste ton impératrice et tu es en ma demeure. Nous le ferons à ma façon.. Tu demandes, je dirige et j'accepte ou non tes exigences.

Elle prenait désormais soin d'éviter méticuleusement le regard couleur de néant de son invité, peut-être de peur de s'y noyer, sans vouloir se l'avouer véritablement. Le mercenaire était plutôt beau, bien bâti. Et ce quelque chose de dangereux qu'il dégageait faisait tout son charme.. Mais ces constats étaient obscurcis par le noir mépris que Runa vouait à son "maître" pour la nuit.
Laissant un homme à moitié dénudé au milieu des coussins brodés d'or, la fëalocë alluma de nouveaux cônes d'encens et quelques bougies. Elle déposa une grande fiole d'huiles parfumées près du bassin. Elle observa par dessus son épaule, faisant dos à l'inconnu, avant de faire glisser sa robe de soie blanche le long de sa peau claire et d'une douceur à la limite de l'ostentatoire.
La longue crinière couleur de sang de la princesse s'échoua sur la courbe de ses reins dénudés, puis un pied après l'autre, elle se glissa dans les eaux attiédies de son bain.
Runa n'eut pas à ouvrir les lèvres pour inviter ce détestable compagnon à la rejoindre : d'un seul regard dont elle avait le secret, elle l'appela à lui, presque comme un ordre silencieux.



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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 21:26 Répondre en citantRevenir en haut

La jeune femme ne pouvait pas cacher les marques de sa fierté blessée et de son honneur bafouée. La colère, la haine, la rage.. tant d'émotions fortes qui pouvaient pousser à une explosion violente. Mais au moins se contenait-elle. La menace de se faire fouetter devait sérieusement la brider. Puis quand elle fut contrainte de se plier, elle partit vers l'entrée de ses appartements pour fermer la porte et revint vers le mercenaire pour défaire les boucles et les sangles de son armure, bien entendu dans des gestes qui n'étaient pas souples du tout. Peut-être essayait-elle de se défouler à sa manière dans la préparation au bain... Alauwyr gardait le silence, se contentant de suivre le moindre de ses mouvements, qui restaient gracieux malgré la colère qui crispaient ses mains et son visage. Un sourire ironique fendait toujours son visage balafré et il manqua de rire quand elle lui parla à nouveau, mais en le tutoyant. Puis quand Runa s'écarta, il s'allongea dans les cousins, savourant avec un plaisir feint leur contact mou. Cela faisait bien des semaines qu'il n'avait pas eu l'occasion d'étendre tout son corps dans un endroit moelleux. Il lâcha d'ailleurs un soupir d'aise et tourna à peine la tête pour voir où se trouvait la jeune gazelle.

Pour le moment, il n'avait rien dit, affichant toujours le même sourire. De cette façon, il laissait les rênes à cette pouliche sauvage, qui pensait le commander. Si elle savait....Du recoin de son regard, il arrivait à discerner les courbes généreuses de la jeune femme pendant qu'elle terminait de retirer sa robe de soie blanche, qui suivait la moindre des lignes parfaites de son corps. Heureusement qu'elle ne l'avait pas vu, elle aurait été capable de pousser un cri d'hystérie. Petit à petit, cette femme se dévoilait. Bien plus qu'un joyau rare, elle était unique. Qui aurait cru qu'Alauwyr pêcherait une telle rose des sables dans tout le continent. Oh des femmes de caractères, il en avait connue quelques unes, mais jamais aucune n'avait eu cette étincelle de flamme revêche. Elle aurait été un homme, Alauwyr l'aurait défié en combat singulier. Mais sous le couvert d'une apparence bien réelle, elle représentait quand même un défi. Elle se croyait tellement arrogante, sûre d'elle et prête à mordre.... Alauwyr ricanerait bien s'il n'arrivait pas à la calmer un peu. L'assurance qu'elle avait affiché s'était un peu effondré quand il s'était invité, mais comme la tempête furieuse, elle refaisait surface. Elle se croyait à nouveau sûre d'elle.

Le mercenaire roula sur lui-même pour se retrouver à plat ventre sur les coussin. La prétendue Impératrice lui lançait une injonction muette, à travers es yeux ambrés. Telle une nymphe sortait des ondes pour hypnotiser sa victime, elle ne le quittait pas des yeux. L'eau remuait à peine autour de sa silhouette, comme si elle faisait corps avec Runa. Sa longue chevelure suivait la partie haute de sa poitrine, se mêlant à elle pour jouer un écran naturelle de feu ; comme pour interdire toute vision de mortelle sur leur exquise perfection

''Il semblerait que tu exiges beaucoup, chère princesse..''

Il lâcha un léger rire amusé et quitta le confort des coussins pour la rejoindre dans le bassin, bien assez grand pour accorder de la place pour quatre autres personnes. Il entra dans l'eau et se mit légèrement en face de Runa, ne la quittant pas du regard. Autant lui montrer qu'elle ne l'impressionnait pas, ou pas encore. Il était comme le tigre qui guettait sa proie, attendant qu'elle fasse le premier faux pas pour l'acculer à terre. Ecartant les bras pour les étendre le long des rebords de marbre parfaitement poli, il se laissa un peu aller et son corps s'enfonça dans l'eau, Son torse ainsi plus ouvert laissait apparaître quelques vieilles cicatrices sur des muscles fermes et entraînés. Là aussi prendre un bain était savoureux. Il se détendit et largement mieux que Runa, qui a sa mine renfrogné ne tenait pas à se décoincer en la présence du mercenaire.

''Impératrice dis-tu ? Ne tente pas d'inverser les rôles ma chère. Je ne suis pas n'importe quel homme que tu peux amadouer et de plus, je ne t'ai prêté aucune allégeance. Et même si je suis dans ta demeure, ces lieux sont dans les propriétés de ton Emir. Ton univers n'existe que par son bon vouloir...''


Autant resserrer un tout petit les rênes. La pouliche prenait un peu trop facile le mors aux dents pour ce qui était de sa petite liberté. Et bien entendu, toujours avec un sourire ironique.

''C'est une approche néanmoins intéressante, de te donner une telle inversion. Cela te rassure et tu crois garder le contrôle. Moi aussi je sais jouer un peu à ce jeu, chère princesse. Une tournure amusante même. Allons, très chère, ne fais pas languir mes épaules épuisés. J'ai vu que tu avais déposé sur le bord des huiles. Malgré ta condition royale, je ne doute pas un seul instant de ta totale maîtrise pour ce qui est de masser. ''

Il lâcha un léger rire.

''Et si tu es sage, peut-être que je t'accorderais la même chose en retour, car on dirait que tu as plus besoin que moi de te détendre. Une crise de nerf serait-elle en cours dans ton corps et ton esprit ? ''



Runa Salv
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 23:14 Répondre en citantRevenir en haut

Leur face à face n'avait rien de guerrier, quand bien même l'un cherchait l'opportunité de défaire l'autre et de le relayer au simple rang de dominé. Là était toute la difficulté à jeter deux dominants dans une même pièce : si l'un ne courbait pas l'échine, tout se règlerait dans le sang.. Et tout portait à croire qu'entre le mercenaire et la concubine, il en serait ainsi.
Chacun adossé aux bords opposés de ce bassin rafraichissant, ils étaient comme à l'arrêt. Comme deux prédateurs se jaugeant pour décider du moment propice qui marquerait l'attaque. Ils s'étaient figés l'un et l'autre, seules les fleurs et les bougies allumées glissaient sur l'onde à peine agitée par ses hôtes. Pendant un certain temps, Runa se contenta de darder son invité avec défi et méfiance à la fois. Elle avait cherché quelque chose à dire, une pique qui le ferait céder d'une manière ou d'une autre, en vain. La princesse Ssyl'Sharienne avait trouvé un adversaire à sa taille, doué d'éloquence et d'une ironie toute appréciée bien qu'enviée. Il fallait qu'elle trouve sa faille.. Il fallait qu'elle use de tout ce qui était à sa portée. Il était temps de remettre à sa place ce vaurien trop prétentieux.

Sans prévenir, elle quitta la sécurité de son rebord et fondit droit sur sa proie. Les volutes d'encens et la lueur tamisée des bougies lui proférèrent ce quelque chose d'ésotérique qui ne manquait pas de rappeler le mythe des sirènes. Avec une délicatesse à en faire fondre le plus dur des aciers, elle serpenta dans les eaux cristallines et vint se blottir contre l'homme. Ses jambes nues vinrent enlacer la taille galbée du mercenaire tandis que ses bras entourèrent son cou. Leurs visages étaient si proches que l'humain ne pourrait manquer de sentir le souffle léger et chaud de la fëalocë sur sa peau. La princesse toisait sa proie avec le désir sincère de lire en lui, elle feignant d'être hypnotisée par cet étrange ennemi qu'elle semblait avoir connu par le passé. Alauwyr se heurterait à deux grandes opales d'ambre posées sur lui dans ce mélange d'appétit et de menace. Runa, la tigresse, dégustait déjà les chairs fermes et bien dessinées de l'humain. Pourtant, leur joute n'en n'était qu'au début..
Par des mouvements d'une douceur infinie, ses mains saisirent la fiole d'huiles parfumées posée sur le rebord contre lequel était appuyé l'humain. Le liquide couleur d'or coula le long de ses doigts d'une pâleur inhabituelle pour sa race, et docilement, la princesse vint apposer ses paumes sur les épaules dénudées de ce jeune démon. Sans un mot, avec une lenteur qui se voulait volontairement lascive, elle se mit à masser les articulations fatiguées du mercenaire. Elle appuyait aux endroits stratégiques sans faire mal pour autant, forte d'une expérience qu'il ne pourrait pas ignorer. La jeune femme sentait peu à peu les muscles endoloris par le combat se détendre un à un, non sans une certaine satisfaction. Etonnamment, elle se laissa aller à un sourire énigmatique et discret qui était le plus naturel du monde. Quelque part, elle ne pouvait réprimer la satisfaction de passer un moment agréable pourtant placé sous l'égide d'une compagnie imposée. Alauwyr sentirait peut-être un semblant de détente chez sa concubine.

Runa n'était pas femme de vice et elle était incapable de se forcer à quoi que ce soit. Elle était entière. Pourtant, son instant lui rappelait qu'un homme amadoué s'avérait plus disciplinable qu'un homme rabaissé et provoqué. Ce mercenaire semblait faire partie intégrante des êtres qui se délectent qu'on les gratifie et les valorise.. Alors, Runa le suivit dans ce sens. Pour mieux le tester.

- Cela vous convient, maître ? Je m'en voudrais que ce moment ne soit pas agréable pour vous..

Sa voix avait radicalement changé tant elle se montrait mielleuse et aguicheuse. Mais la princesse n'en demeurait pas moins une fëalocë et une créature sacrément audacieuse..

- Je sais faire tellement de choses avec mes mains..

Peu à peu, ses dites-mains remontèrent les omoplates jusqu'à atteindre la base de la nuque. Puis, toujours avec une suavité digne des félins, ses petites phalanges vinrent entourer la gorge de l'homme aux yeux couleur de néant. Ses doigts étaient simplement posés là, sans chercher à l'étrangler. Il ne s'agissait là que d'un jeu aux limites encore non définies. Et surtout, elle était loin d'être sotte : chercher à attenter à la vie d'un homme trois fois plus puissant qu'elle signerait son arrêt de mort. Mais c'était plus fort qu'elle, il fallait qu'elle relance les hostilités, une fois de plus..

- Ce qui est en cours dans mon corps et mon esprit tient plutôt de ce désir brûlant de vous faire taire de façon définitive, maître..

Finalement, la pulpe huilée de ses doigts préféra glisser le long du torse couvert de cicatrices de l'humain, signifiant clairement qu'elle ne tenterait rien à son encontre. Elle le fustigea d'un regard perçant et intéressé, luisant d'une curiosité certaine.

- A défaut de vous faire taire à jamais, racontez moi une de vos aventures, parlez moi du monde. Il y a trop longtemps que je n'ai pas quitté ma cage.. Vendez un peu de rêve à une reine qui ne peut pas quitter sa tour.



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 09:30 Répondre en citantRevenir en haut

Le mercenaire n'avait pas bougé à l'approche féline et emplie de grâce de cette femme. En silence, sans mot dire, elle était venue à lui et entoura de ses jambes son torse. La douceur de sa peau contre la sienne était électrisant. Plus encore quand elle entoura son cou de ses bras, brisant toutes frontières pour être au plus prêt de son visage. Ses deux océans ambrés qui étaient ses yeux étaient braqués dans les siens, cherchant un silence immuable dans cet échange muet. Son sourire fendait son visage à la peau si blanc et si divine... Quel homme ne pourrait pas céder devant elle. Impératrice qu'elle voulait posséder comme titre ? Mais elle paraissait être bien plus... Oui quel homme ne serait pas brisé par son regard enflammé qui suscitait un bond émotionnel à son coeur ?

Runa jouait avec lui. Le mercenaire n'était pas dupe. Pourtant, il n'avait pas pu empêcher son propre souffle s'intensifier quelques peu. Le contrôle avait toujours été le maître mot chez lui et ce n'était pas aujourd'hui que cela changerait. Pourtant, avec Runa juste en face de lui. Il inspirait et exprimait plus profondément pour ne pas se laisser submerger par la voie de ses sens. Après tout, n'était-ce pas lui qui était sensé mener la danse et pas l'inverse ? Son sourire s'était détendu bien malgré lui et un peu plus quand, après avoir enduit ses mains d'huile au doux parfum reposant, quand Runa avait commencé à le masser avec une expertise digne des meilleures masseuses du Ssyl'Shar.

A chacun de ses gestes exprès, chaque fibre de ses muscles fatigués se détendaient. Alauwyr sut taire un soupir de bien-être. Runa sentirait très bien que chacun de ses doigts détendant les points précis de son corps imposerait un relâchement à cet endroit. Le prédateur ne devait pas devenir la proie. Pourtant, il se serait volontiers abandonné à la béatitude. Mais avec une femme enflammée de caractère, le mercenaire s'attendait à tout. Puis quand elle usa de sa douce voix pour briser le silence qui s'était installé entre eux, elle cherchait à l'endormir, à le convaincre qu'il obtenait ce qu'il voulait. N'avait-elle pas changer de ton d'ailleurs à son égard, revenant même à un vouvoiement qui frôlant la limite de la soumission ? Il ne connaissait pas encore cette concubine, mais déjà elle faussait son tempérament. Elle était telle une pouliche qui se calmait quelque peu pou attendre la venue de son dompteur et le mordre vicieusement une fois sa méfiance endormie. Si elle savait...

Toujours avec une douceur à la limite de la tendresse, elle remonta ses mains masseuses vers le cou, après avoir fait le tour de sa nuque. Des doigts longs et fins, qui n'avaient connu le main d'une lourde dans les mains apportaient une texture à l'opposé de celle d'Alauwyr. La rudesse de la peau du mercenaire ne semblait pas gêner la petite louve à la fourrure de feu et au regard luisant d'un certain intérêt étrange à son égard. L'huile essentiel, qui s'égouttait de son cou vers le torse aidait grandement à ne pas être prise au dépourvu par cette surface marqué par bien des combats.

Le mercenaire n'était toujours pas dupe. Son sourire devint même provocateur quand il sentit ses petits mains s'apposer à un endroit si fragile, fil ténu entre la vie et la mort. Ce n'était pas grand chose et Runa ne faisait que jouer un peu plus dangereusement avec lui, le testant, contournant ses frontières pour cerner une faille possible dans laquelle pénétrer.

Il ne fit rien pour retirer la menace sous-jacente, de ces mains douces et tièdes coller à la base de son cou. Au contraire. Il se permit un petit rire narquois.

''Si tes mains sont aussi expertes que ce que tu viens de lâcher avec ta langue ma chère... Je demande si tu seras réellement capable de démontrer tout ton savoir faire. Maître dis-tu... cela sonne tellement faux à tes belles lèvres carmins. Allons, ne crois pas m'assoupir avec un radical changement de ta personne. En toi bouillonne l'envie d'abattre ce que je suis, tu es bien trop fière pour être une autre personne. De rebelle, tu es passée à obéissante ? La transition était intéressante et exquise je dois l'admettre. ''

Il tolérait toujours ses doigts autour de son cou. Qu'elle cherche à dépasser la frontière et elle comprendrait vite et qu'une seule fois.

''Ton esprit brûle de venger ta fierté blessée. Mais je suis magnanime... Je vais apporter de l'eau à la petite fleur du désert que tu es, avide de savoir comment se passe le monde à l'extérieur de ta si belle cage d'or...''

Il réfléchissait sur l'histoire à lui narrer. Car bien des choses s'étaient passées et il devait veiller à ne pas briser son secret avec cette magnifique inconnu.

''Une reine enchaînée au pied par de l'or et du luxe, mais condamnée à rester à l'abri des morsures du soleil du désert et de la rareté de l'eau, qui dans le désert, faut bien plus que l'or. Mais au-delà de ces terres désertiques se dresse une immensité océanique. De l'eau à perte de vue. D'autres pays, d'autres contrées existent par au-delà et dans ces contrées, il existe une Archipel qu'on nomme Ys, l'Archipel des Tempêtes. Elle porte bien son nom, en plus d'être le repaire immanquable de toute la lie du Rhäeg...Là pirates, bandits, assassins... tous y passent pour vivre tels qu'ils sont. Un endroit ma chère qui ne serait pas convenable, car une femme aussi belle que toi, aussi rayonnante qu'un coucher de soleil à l'horizon de Ssyl'Shar, serait une prise de choix et serait vite molesté par la dizaines d'homme avide de jouer avec toi. Rien que pour le plaisir et rien d'autres. Tu aurais vite découvert la différence entre moi et un homme de ce crû de là-bas, sur l'instant où je te raconte cela...''

Même si Runa était une jeune femme brillante, peut-être qu'elle ignorait totalement comment la vie se passait derrière ses murs nacrés qui formait son espace de vie. Et il tolérait toujours la présence de ses doigts fins à son cou. Un défi restait un défi et le sien était de pas réagir au sien.

''Mais si on oublie la présence de cette faune immonde à tes oreilles, Ys est un chapelet d'îles, toutes aussi belle les uns des autres. De la plus verdoyante, on arrive à apprécier les plus tranchantes, celles qui ne sont que des dents acérées où les vagues se brisent à leur encontre, si ce n'est pas un navire qui s'y éventre. La mer est comme le désert, sans pitié pour ceux qui pensent la dominer et la maîtriser. Elle est aussi farouche que belle, aussi calme et impitoyable quand ses humeurs la prend...''

Il soupira un bref instant, totalement ravi de lui-même et du bien-être qui l'habitait.

''Et si tu nous servais à boire ma chère ? Autant joindre l'utile à l'agréable, une fois de plus, ne trouves-tu pas ? ''



Runa Salv
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 11:00 Répondre en citantRevenir en haut


Contemplative, elle agissait en toute sincérité quand elle le dévorait d'un regard au bord du plus vrai des respects. Runa, malgré tous ses multiples défauts, savait reconnaître en quelqu'un des valeurs dignes d'être pointées du doigt. Ce mercenaire avait beau jouer de son machisme et de son cynisme débordants, il n'en demeurait pas moins un brin.. gentleman. Elle fut même surprise de ne pas le voir tenter quoi que ce soit à son encontre, plutôt habituée aux gestes brusques et précipités des avides de consommer le fruit qu'elle était. Pour une fois, la fëalocë était considérée dans son entièreté et non seulement pour son galbe qui en firent rêver plus d'un. A cette pensée, elle sourit d'avantage, oubliant peu à peu le désagrément de sa servitude passagère. Depuis toujours, elle avait été celle qui exigeait et commandait.. Pour aujourd'hui, les rôles étaient inversés. Et à tout avouer, elle s'en accommodait plutôt bien pour peu que ça ne s'éternise pas. L'animal sauvage domestiqué restait un danger pour son dompteur.. Méfiance était donc de rigueur pour cet humain aventureux. Avec cette éclat séduit au fond des yeux, elle l'écouta sans l'interrompre. Un bref instant même, elle osa fermer les yeux pour s'imaginer ces contrées qu'elle ne verrait probablement jamais. Elle tentait de voir dans son esprit les îles aux allures toutes aussi différentes les unes que les autres, balayées par le souffle salé brassé par l'océan depuis la nuit des temps.
Peu à peu, la fëalocë avait relâché sa garde, en partie apprivoisée par son maître. La jeune femme soupira d'aise lorsqu'il conclut sa description de ce territoire si loin du désert. Elle ne répondit pas tout de suite à sa demande, savourant encore le délice passager de rêver à un autre continent. Runa parla avec une douceur spontanée, sans jouer à la lionne domptée :

- Vous avez l'art de parler du monde et de ses merveilles..
Je ne connais de lui que ce qu'on m'en a rapporté et ce qu'on lit dans les livres. Je n'ai jamais vu l'océan quand bien même il se trouve à quelques pas de ce palais. Je n'ai qu'une vue improbable sur les barreaux de ma cage d'or et de marbre..


Le minois délicat de la princesse prit une moue attristée discrète mais impossible à ne pas remarquer. Depuis son enfance, la jeune femme avait désiré parcourir les continents et traverser les mers, rejetant sa destinée d'épouse servile et muette. A contrario, Alauwyr se montrait fatigué par cette obscure profession consistant à tuer et voyager pour vivre. Runa aurait donné beaucoup pour faire l'expérience d'une seule de ses journées.. Après un bref soupir, ses petites mains huilées se remirent à effleurer les cicatrices multiples qui tailladaient le buste du mercenaire. Elle marqua un silence, faisant passer le bout de son index sur une suture, puis une autre, et encore une autre.. Pour un homme sans doute impitoyable sous ses airs charmeurs et sarcastiques, il se montrait d'assez agréable compagnie, en fin de compte. En tout cas assez agréable pour qu'elle se laisse prendre au jeu de la servitude.
Sans parler d'avantage, Runa s'extirpa de l'étreinte qu'elle avait imposé à son hôte pour quitter les eaux rafraichissantes du bassin. Elle revêtit la robe de soie blanche qu'elle avait laissé glisser au sol avant ses ablutions. Le voile blanc se colla immédiatement à sa peau dégoulinante d'eau mais masquait au mieux ses courbes humides. Avec une prestance de toute circonstance, elle se dirigea vers une petite table sur laquelle reposait une carafe de vin au miel et aux épices, faisant dos à Alauwyr. Elle remarqua également la présence d'une petite fiole au liquide jaunâtre, à peine cachée parmi les coupes vides. Le venin de cobra était un allié de poids pour les concubines qui voulaient se débarrasser d'un amant trop demandeur.. La fëalocë observa un certain temps la dite fiole, hésitante, pour finalement ne remplir les coupes que du vin. Le mercenaire ne méritait pas encore le poison. Tout en servant, elle brisa le silence :

- Aussi farouche que belle, aussi calme qu'impitoyable quand ses humeurs la prennent.. Le portrait que vous faites de moi est flatteur, même si vous prétendez parler de la mer.

Son timbre s'était montré joueur, taquin, sans provocation ni prétention. Une coupe de vin dans chaque main, elle se retourna et s'approcha du guerrier, toujours avec un sourire énigmatique pour étirer ses délicieuses lèvres. Elle déposa les coupes au bord du bassin avant de se glisser à nouveau dans l'eau. La jeune femme en saisit une et approcha le bord de cette dernière sur les lèvres du mercenaire, lui faisant goûter une boisson parfumée et sucrée mais forte malgré tout. Ses yeux couleur de brasier consumaient Alauwyr. Runa tentait de l'envoûter.. mais à tout avouer, elle était le reptile et le serpent semblait avoir trouvé son charmeur.
Sa main libre passa dans les cheveux blancs de l'humain avec une légèreté presque sensuelle jusqu'à ce que le bout de ses doigts viennent effleurer la joue de l'inconnu.

- Je suis certaine que vous avez nombre de choses à me révéler.. Je sais garder les secrets tant je n'ai personne à qui les raconter.. Dites moi tout, faites moi rêver. Je suis certaine que vous cachez quelque chose au reste du commun des mortels que vous pouvez m'avouer.



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 12:18 Répondre en citantRevenir en haut

Runa semblait être prise à son propre jeu. Peut-être que là où elle espérait dominer Alauwyr, elle se laissait gagner par la forte présence de dangerosité qu'il imposait. En plus, même s'il paraissait être un homme rude par son apparence et les marques qui se dessinaient sur son corps, démontrant qu'il était un combattant affrontant souvent le danger, il réussit à convaincre petit à petit Runa qu'il était différent. Ou alors profitait-elle de la chance unique d'avoir un homme qui ne la rudoyait pas, ou qui ne l'avait pas déjà prise dans les coussins. Peut-être qu'avec Alauwyr, elle se sentait à nouveau elle et parfaitement intègre. Laisser le mors à une pouliche récalcitrante pouvait provoquer plusieurs comportements possible. Alauwyr le savait que trop bien, mais il était toujours le prédateur, même si ses flatteries merveilleusement imagés avaient réussi à conquérir la jeune princesse. Elle, elle était toujours dans l'idée certaine de continuer à mener la danse pour l'amadouer. Un travail lent et qui apporterait peut-être ses fruits.

Puis doucement, le bout des doigts de la petite princesse se mirent à suivre les lignes qu'avaient laissé les vieilles blessures du mercenaire sur son torse. Elle les explorait tour à tour, suivant ici et là ces courbes marquées, témoins uniques de ce qui restaient des ennemis d'Alauwyr qui n'avaient su le combattre. Après avoir eu son lot de recherche, elle se retira de l'homme qu'elle avait entouré de ses jambes galbées, se retirant des eaux du bain. Alauwyr se retint de la suivre du regard, se laissant aller dans l'eau tiède du bassin qui l'accueillait. Parfaitement détendu et loin de toute tension qu'il entretenait durant une bataille où lors de l'approche d'une confrontation, il prit plaisir à fermer les yeux pour profiter de ce moment de quiétude. De temps en temps, cela ne faisait pas de mal. Une bonne idée au final de la part de l'Emir de lui avoir accordé une nuit dans son harem. Il en rirait pour la peine.

Ses paupières s'ouvrirent quand Runa parla à nouveau, abordant la petite comparaison qu'il avait fait avec la mer... Elle tenait deux coupes et les déposa sur le rebord avant d'entrer dans l'eau. Cette fois, sa robe de soie blanche était sur sa peau et quand cette dernière but l'eau du bain dans chacune de ses fibres, elle se colla avec perfection et envoûtement sur Runa, comme si elle n'était qu'une extension de son corps. La teneur immaculé du tissu trempée se mêlait presque au teint clair de sa peau. Alauwyr ne put s'empêcher de sourire entre ravissement et narquoiserie.

''Ravi que cela t'ait plu. Ca démontre bien que tu es bien plus intelligente que tu veux bien laisser croire. Ma chère, c'est même redoutable de se cacher ainsi. D'où la comparaison avec la mer... Belle et impitoyable... ''

Il tolérait une fois de plus son approche, suave et souple. Telle une vipère qui se camouflait en rose des sables, envoûtant sa proie de ses prunelles de feu, où coulait de la lave d'ambre pétillant d'un étrange désir... Etait-ce celui de se laisser prendre dans les filets du mercenaire ou celui d'atteindre une victoire en frappant à l'instant précis où elle trouverait une faille dans la cuirasse de cet homme ? Qui sait.

Elle porta à ses lèvres presque avec tendresse la coupe de vin à ses lèvres. Il s'en délecta avec plaisir et savoura le goût sucré qui dissimulait la force de l'alcool du breuvage. Puis doucement, elle aborda des questions d'ordre plus secrètes, plus intime. Les femmes aimaient à chercher dans la profondeur des coeurs des hommes leur part de mystère. Ou de cerner leurs profonds secrets... La caresse qu'elle lui avait offert de sa mèche de cheveux à sa joue avait manqué de le faire chavirer dans son jeu. Heureusement qu'il s'était repris à temps et il souriait avec une certaine forme d'ironie cette fois.

''Je ne suis pas un être divin ma chère.... Peut-être te laisse trop contre par le surnom dont on m’affuble..Il y a des choses en effet que bien des mortels ne pourront jamais voir de toute leur vie. Outre les couleurs d'Ys, il y a les hautes montagnes aux cimes enneigés de Vaendark, si blanches de neige que le soleil les éclaire comme s'ils étaient fait que de diamants. Oren et Undomé... ces contrées riches de verdure, que vue du ciel, on dirait un tapis d'émeraude couvrant ce monde. Incomparables contrées que ces deux là. Bien des choses à révéler dis-tu...si tu savais. La jungle étouffante de Qahra, riche en danger et en marais est un joyau mortel à lui tout seul. Peu savent que derrières les couleurs chatoyante d'une fleur se cache une dangereuse prédateur, appelant sa pauvre victime à venir à elle, pour se faire capturer et dévorer. Un des secrets que peu de mortels connaissent est cette petite plante carnivore, à la couleur d'un rouge si intense, que même la couleur de tes longs cheveux, ma chère princesse, la rendrait pâle de jalousie. Les secrets ma chère ne sont que des secrets pour ceux qui méconnaissent ce monde et ses trésors. Un secret est un secret pour ceux qui ne savent pas voir dans les rêves le monde vu du ciel, comme si on volait par-dessus les nuages pour contempler la terre comme un seigneur des airs... et avec le soleil qui t'échauffe le dos et les épaules pendant que le monde échauffe ton coeur et ta passion...''

Il prit délicatement la coupe des mains de Runa pour reprendre une nouvelle gorgée. Doucement, ce vin lui monta agréablement à la tête.

''Et puis tu prétends savoir garder les secrets ma chère... tout le monde peut affirmer une telle chose et je ne connais guère pour savoir la teneur de ta parole...''



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 14:53 Répondre en citantRevenir en haut

- Le feu le plus ardent est le plus caché, maître, voilà sans doute la raison pour laquelle mon époux me tient en cage. C'est par ma détention que je dois lui sembler précieuse.. Et il vaut peut-être mieux qu'on ne me laisse jamais sortir car c'est le monde entier que je suis capable de dévaster..

A ses propos, la fëalocë avait affiché un regard pétillant de cet alliage d'orgueil et d'envie viscérale de réduire l'univers en cendres. On sentait clairement qu'elle n'était pas du genre à prétendre sans être capable : sous les apparences délicieuses de la princesse de feu se terrait un dragon prêt à engloutir la terre entière. Peut-être qu'Alauwyr trouverait ça ridicule venant d'une noble de haute lignée. Mais ne s'en détrompe, là, à cet instant, était assise sur ses genoux une véritable diablesse.
Tandis qu'elle caressait toujours avec légèreté la joue balafrée de son hôte, la seconde - libre de la coupe qu'avait prise le mercenaire - se saisit à son tour de son calice. La jeune femme y trempa ses lèvres et ne but qu'une petite gorgée pour rincer son palais du breuvage fruité. En silence, elle écoutait ce qu'avait à dire son interlocuteur, sa curiosité excitée par ce qu'il serait capable de lui raconter sur ce qu'il avait vu au cours de sa jeune vie. Attentive, elle tiqua cependant à plusieurs reprises. Une fois qu'il eut fini de s'exprimer, elle pris la parole d'un ton qui se voulait encore et toujours suave :

- Un surnom ? Je ne sais même pas qui vous êtes. Je ne connais rien de vous si ce n'est que vous travaillerez bientôt avec mon époux. Je ne m'arrête pas à la façon dont on nomme un homme, ni à son physique. Je l'écoute, l'observe, le touche et l'étudie pour le comprendre.
Vous êtes un être né pour l'art du combat ou vous vous battez depuis longtemps, pour le moins. Votre corps est bâti comme une forteresse qui porte les stigmates des sièges qu'il a subi. Vos cicatrices sont les trophées emportés à chacune de vos victoires.
Vous vivez pour vous même et par vous même, sans doute ivre de cette liberté qui vous est gracieusement accordée.. Vos yeux noirs comme l'ébène ont dû figer plus d'un ennemi et plus d'une conquête mais ils ne fonctionnent pas sur moi, quand bien même ils sont le reflet de l'âme que vous abritez sous ces chairs marquées. Ce qui nous plait, à nous les femmes, c'est ce que vous dégagez. Vous intriguez. Ce que je vois surtout de vous, ce n'est qu'un guerrier que l'on paie pour tuer et qui vit au jour le jour en profitant des plaisirs de ce monde, non sans se croire au dessus des protocoles et de la hiérarchie.. Vous aimez qu'on vous obéisse même si vous préférez le jeu qui se fait en amont de votre domination, à savoir la prise de pouvoir sur l'autre.


Runa n'attendit pas sa réponse, tout au plus une réaction. Elle commençait pourtant à le cerner et l'imaginait déjà se fendre d'un sourire carnassier à ces mots. Peut-être n'avait-elle pas fait mouche mais elle était persuadée d'avoir frappé au plus près de la réalité. Si le mercenaire était assez perspicace, il pourrait sentir une pointe de convoitise dans les palabres de sa compagne tentatrice. Runa aurait volontiers troqué sa vie d'héritière et d'épouse contre une mort brutale dans les dunes après avoir eu son lot d'aventures. Souvent, elle en rêvait. Alauwyr était pour elle un témoignage vivant de cette existence qui n'était pas à sa portée. C'était la raison pour laquelle elle se délectait de ses récits quand habituellement elle n'avait cure de ce que pouvaient bien dire ses invités imposés.
Le sourire de la fëalocë s'échoua cependant pour mieux offrir au jeune homme une mine pensive. Runa se détacha de son ami pour quitter une fois de plus le bassin. Ses pieds nus se régalèrent de la fraicheur des dalles en marbres blanc qui entouraient la large vasque d'eau claire et elle se déshabilla à nouveau. Rapidement, elle se vêtit d'un peignoir en lin teinté de rouge, passant ses bras sous sa chevelure pour qu'ils puissent s'égoutter le long de son dos. La jeune femme récupéra son calice de vin épicé pour aller ensuite s'allonger confortablement au milieu des coussins moelleux et brodés. Après avoir trouvé une position confortable, à demi-assise dans cet amas d'oreillers, elle demanda avec moins de douceur :

- Vous prétendez donc tout connaître du monde ? Seriez vous un rapace quelconque pour avoir pu voler au dessus des océans et des continents ? Vous parlez d'une vue que même les plus beaux rêves ne sauraient créer.. Est-ce là votre secret : vous êtes pourvu d'ailes ?

Etait-elle moqueuse? Absolument, oui. Elle fut d'ailleurs incapable de réprimer un adorable sourire taquin qui soutenait son regard toujours aussi pétillant. Un petit rire amusé sortit d'entre ses lèvres étirées. Détendue, vautrée dans les coussins non sans prestance, la princesse but une nouvelle gorgée de vin puis démêla quelques mèches de sa chevelure trempée.

- Regardez bien autour de vous : des murs.
J'ai été répudiée pour ma supposée stérilité, toutes les femmes ici présentes me haïssent car je reste malgré tout leur reine. L'Emir ne vient chez moi que lorsqu'il est ivre et se rappelle des nuits que nous avons passé ensemble.. Avec qui pourrais-je bien trahir vos mystères ? Je suis une tombe, cher maître, une tombe abandonnée.



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 16:33 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr se contenta de tourner la tête, dès que Runa se fut affalée dans les coussins, désormais revêtue d'un peignoir de couleur assez proche de sa chevelure flamboyante. Avec délicatesse, il but encore une gorgée du vin corsée aux arômes bien sucrés et prononcés. D'ordinaire, il préférait des nectars fabriqués à base de miel, comme l'hydromel. Mais un verre de vin ne se refusait pas quand on était dans un environnement de luxe et de détente, en si bonne compagnie.

Il se retourna, se mettant sur le côté. Quelques remous clapotèrent à son mouvement, en raison de son corps massif. Depuis tout à l'heure, il arborait un sourire pleinement amusé. Cette fille était vraiment très intelligente et c'était gâchis que de la voir cloîtrée dans un harem. Quelle reine elle aurait pu faire. Oh elle l'était ici, mais comme elle le décrivait si bien, coincée entre quatre murs. Il but le fond de son verre et le déposa à côté de lui, sur le rebord marbrée du bassin. Ses yeux d'obsidienne contemplait cette perle rouge sang, qui éclatait en lumière la peau pâle de son visage. Pensait-elle vraiment l'avoir complètement cerné ? On pourrait croire que oui, car bien de ses mots étaient vérité. Si elle espérait le harponner dans sa fierté et son arrogance, elle se trompait quelques peu.

''Ma chère belle princesse, on dirait que tu as raté ta vocation de devineresse. N'importe quelle autre personne aurait pu prétendre la même chose. Aisé de voir en moi comme dans un livre ouvert, sans compter que je ne cache pas être un mercenaire. Tu as bien pu entendre parmi tes ''favorites'' que les mercenaires sont sans foi ni lois, qu'ils ne suivent aucune cause autre que la leur et l'or qui les paies. Bien tenté, ma chère. Bien tenté. Mais tu peux retenter de sonder la profondeur de mon être... toutefois prends garde, tu pourrais t'y perdre''

Il lâcha un léger petit rire et l'observait. Elle était allongée sur les coussins brodés d'or, dans une posture nonchalante, mais tout aussi aguichante.

''Et puis, qui ne pourrait pas être attiré un homme comme moi, venant de l'extérieur, apportant du nouveau et de l'excitation, l'impression de se... sentir un peu en danger avec un être qui a fait couler du sang sur ses mains sans aucun scrupules et dans un total sang-froid. Un homme qui a tout de l'aventurier et qui apporte...un certain rebondissement à une vie monotone... N'est ce pas ? J'ai pu le constater auprès des autres concubines. A la différence qu'elles n'avaient aucune patience... et qu'elles paraissaient un peu sotte''

Il passa ses bras sous le menton pour les croiser et s'y appuyer, pendant qu'il se mit à plat ventre dans le bassin. Même si l'eau était un peu plus froide, cela ne le gênait nullement. Elle cherchait une fois de plus à percer ses secrets. Malgré le vin qui lui était monté à la tête, il était encore assuré de ses pensées.

''Quand on a l'occasion de voyager, on contemple tellement de paysage, tellement de régions, qu'il est facile de s'imaginer à quoi ressemble le monde vu du ciel. Dans les rêves, je ne suis pas un banale rapace, je suis un aigle. Un aigle libre d'aller où il l'entend, comme tu me décrivais si bien tout à l'heure ma chère... Pour ce qui est de trahir me secrets, tu ne peux les trahir si tu n'en pas connaissance. De plus, ma confiance n'appartient qu'à moi seul. Crois-tu que ces murs t'empêcheront de parler ? Les femmes restent des femmes, elles savent tirer profit de tout ce qu'elles entendent et toi tu n'es pas n'importe qui... Tu sais user d'armes que les hommes en général ne disposent pas. Et tu veux te comparer à une tombe... une tombe est pour la dernière demeure d'un mort. Je doute que tu veuilles mourir si je te parle de mes secrets. ''


Le jeu était loin d'être terminé et Alauwyr venait de reprendre les rênes pour tenir cette petite pouliche à la crinière écarlate et aux yeux d'ambre luisant de cet air farouche et qui tenait à être au-dessus de tout. Peut-être qu'elle avait eu raison sur quelques points à son égard, mais elle ne pouvait pas tout savoir. Si elle espérait emporter la joute sur lui, elle se trompait mais admirablement. Doucement, il poussa le verre dans sa direction.

''Ceci est vide très chère. Ne laisse pas mon gosier s’assécher...''



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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 20:50 Répondre en citantRevenir en haut



Avec une malice toute enfantine, la jeune femme se riait du jeune humain qui cherchait par dessus tout à avoir le dernier mot. Le visage bien dessiné de Runa se paraît d'un air rieur et amusé qu'elle avait rarement arboré ces dernières années : elle prenait un malin plaisir à sans arrêt relancer le défi entre eux deux. Ce genre de joute verbale, elle l'adorait mais en déplorait la rareté dans sa prison, désormais loin de la cour, de ses sujets et de leurs conversations nourries. De toute façon, ils étaient moitié moins amusants que ce mercenaire soucieux de défendre son égo. Ah il roulait des caisses et bombait le torse comme un ramier en période de rut, passionné dans sa démonstration de qui était le sexe fort.. Pourtant, il était là, à attendre qu'on le serve sans réellement pouvoir prendre le dessus sur la jeune femme. Non, décidément, Runa ne pouvait s'empêcher d'en sourire pleinement.
Allez, elle s'était montrée trop docile.. Il était temps de pimenter un peu la partie et de bousculer le mercenaire, histoire de voir où étaient ses limites. La langue acérée de la petite vipère rouge n'eut d'autre choix que de rétorquer lorsque l'humain souffla qu'elle manquerait de se perdre dans toute la profondeur de sa personnalité. Avec une ironie à en crisper les plus adeptes, elle répliqua :

- Je ne savais pas qu'on pouvait se perdre dans une pièce à peine plus large que la taille du bassin dans laquelle vous vous trouvez, narh'jkrvir, aussi sombre soit-elle. Mais oui, d'accord, vous être terrible et noyé par les ténèbres de votre âme, oui, oui.. Votre esprit est l'incarnation même des Limbes et du Néant réunis, et si je m'aventure à trop vouloir vous comprendre, je pourrais y égarer ma raison..

Narh'jkrvir. Si Alauwyr était bien Ssyl'Sharien alors il pourrait traduire ce terme - poli, mais provocateur - à ce que la langue commune attitrerait à un "mon cher petit." Le surnom était amical mais infantilisant. C'était assez moqueur : il était sans le moindre plus âgé qu'elle, même si ce n'était que de 2 ou 3 ans et c'était plutôt elle la fillette.. Mais elle n'allait pas s'arrêter en si bon chemin !
Il se prétendait courtisé par toutes les femmes en manque de sensation fortes.. A vrai dire, Runa l'avait apprécié pour ses qualités d'aventurier flirtant avec la mort mais elle n'avait rien précisé du reste. Elle asséna, comme un coup de hache :

- Être charismatique et intrigant ne fait pas de vous un homme agréable à regarder pour autant, j'aurais même dit le contraire si vous voulez que je m'exprime avec franchise. Votre laideur m'est supportable, rassurez-vous, bien que j'ai tenté de la fuir plus tôt dans la soirée, à la dérobe de cette alcôve dans laquelle vous m'avez suivie.. Hélas, vous m'avez choisie..

Clairement, elle lui décrocha un sourire de garce. Ce genre de sourire à la fois carnassier, victorieux et cassant qu'elle avait trop rarement pu sortir depuis son arrivée à Arsuh.
Soupirant d'aise, la fëalocë s'enfonça d'avantage dans l'amas de coussins tous plus douillets les uns que les autres. Elle étendit ses bras, maîtresse de ce territoire qui était sien, soupirant de bonheur de pouvoir enfin se lâcher. Peu importaient les conséquences : ça lui faisait un bien fou. Elle ferma les paupières, se laissant aller aux effluves des cônes d'encens qui brûlaient encore de pair à la cire des bougies parfumées. Un sourire béat aux lèvres, le ton amusé, elle ajouta avec plus de sarcasme encore :

- Allons, même si vous le désiriez plus que tout au monde, vous seriez incapable de me tuer, cher ami.. Je suis aussi coriace que vous êtes hideux.

Lorsqu'il agita son verre vide, demandant à ce qu'on le remplisse à nouveau, la jeune femme lui lança un regard plein de défi avant de finalement détourner la tête à nouveau. Une de ses mains chercha sa coupe de vin encore bien remplie pour la porter à sa bouche et y boire, exagérant sans gêne sa satisfaction d'avoir pu rincer son palet du breuvage. Sans même daigner regarder son hôte, toujours plus taquine, elle conclut :

- S'il est vide, il vous faut le remplir.. Je suis trop épuisée par ma servitude pour pouvoir bouger à nouveau. Oh, et Maître ? J'aimerais infiniment que vous me massiez les pieds si vous avez un peu de temps libre à m'accorder..



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MessagePosté le: Mar 7 Avr 2015 - 09:06 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr laissa sa tête aller en arrière pour rire. Et pour rire, il riait. Jamais il ne s'était amusé autant en présence d'une femme, cet adversaire attaquant par des mots. Comme il l'avait pressenti, elle profitait de la liberté de rênes qu'il lui avait offert. Elle réclamait même de la garder, de la maintenir à elle. Elle tentait de se montrer supérieure à lui, inversant plus radicalement les places. Elle affublait même le mercenaire d'un nom quelque peu dévalorisant. Mais Alauwyr en riait et se retourna pour se lever et s'asseoir sur le bord du bassin, laissant ses pieds dans l'eau. Son visage rieur s'accordait avec une forte intensité moqueuse dans son regard sombre. Si cette fille pensait l'emporter au paradis.

Mais il ne fallait pas oublier qu'on était dans les rêves de Runa. Quelques fois, certains désirs primaient, faisant flancher bien des caractères, même rêver. Il déposa le verre vide sur le rebord, l'abandonnant.

''Ne te crois pas invisible, ma chère. Toi coriace ? L'Emir sera juste désolée de ta perte. Mais face à l'importance de ma présence pour le bien de son pouvoir politique, tu risques juste d'être un dommage collatéral. Après tout, une fleur s'épanouit, s'étiole, fane et meurt... ''

Il ricana encore et sortit complètement de l'eau, qui dégoulinait encore de ses cheveux blancs et du bas de son pantalon. Ce dernier collait à ses cuisses et à ses mollets, dessinant la ligne forte de ses muscles forgés dans l'entraînement et le combat. Il vint rejoindre Runa, s'allongeant dans les coussins tout en se fichant de les détremper. Après tout, ce n'était que de l'eau. Il s'était couché à l'inverse de Runa, guettant néanmoins le moindre signe d'agression. Une fille en son genre pouvait très bien lui décocher un coup de pied ou une gifle pour son arrogance. Et malgré ce risque, son sourire moqueur était toujours à ses lèvres.

''Pauvre petite souris des sables. Une vie comme la tienne est tellement dure que tu n'as plus la force d'user de ces petits pieds ravissants qui ne demandent qu'à être manipulé avec douceur pour les détendre. Est-ce cela ? Il est vrai que de vivre dans le luxe finit par apporter paresse et faiblesse à un corps, aussi beau soit-il.''

Serait-il en train de se plier à sa volonté ? On dirait bien. Ses mains rugueuses attrapèrent les petits pieds à la peau si fine qu'on pourrait croire qu'elle allait se rompre à la moindre pression. Un pied dans chaque main, il sut savamment placer ses doigts : le pouce sur la partie haute du pied et les autres sur la plante. Runa aura alors toute l'occasion de sentir la vigueur de ses mains au contact de la peau de ces extrémités. Et là où elle pourrait être surprise serait de la douceur qu'il commençait à lui offrir, quand il commença à lui masser les pieds, chacun dans chacune de ses mains. On pourrait penser qu'un combattant de l'envergure d'Alauwyr n'aurait plus aucune sensation fine jusqu'au bout des doigts, trop rompus à la brutalité des gestes qu'il donnait via une épée face à un ennemi. Mais là non. Peut-être qu'il n'était pas aussi expert que la jeune princesse, mais il s'en tirait plutôt bien.

Pensait-elle l'avoir totalement amadouer pour l'avoir à son service et garder les rôles inversés ? Alauwyr n'avait pas perdu son sourire moqueur pendant qu'il continuait de masser, roulant délicatement ses pouces sur le dessus des pieds, sentant sans appuyer la moindre partie interne de l'attribut. Il les roula même sur les côtés pour que toute la surface ne soit pas oublié. Ses autres doigts tenaient et jouaient en même temps sous le dessous. Fallait espérer qu'elle ne soit pas chatouilleuse. Le mercenaire veillant à ne pas imprimer de gestes trop vifs susceptibles de provoquer une réaction sensible.

Combien de temps cela dura-t-il ? Dans un rêve, le temps n'avait pas de limite. Mais il ne pouvait empêcher le naturel d'un être même rêvé de reprendre doucement le dessus. Même le subconscient connaissait des individus tels qu'Alauwyr et ce dernier n'avait pas dit son dernier mot. Et pendant qu'il massait encore avec une étonnante délicatesse les pieds de la princesse, il prit la parole, sans oublier le surnom rabaissant à ses oreilles qu'elle lui avait si ''généreusement'' offert.

'' Ne crois pas l'emporter aussi aisément, Kickik'narsa... Je suis loin d'être un poisson que tu peux ferrailler comme tu le désires au bout de ta ligne''

A son tour d'utiliser des termes rabaissants mais là, celui-ci était plus péjoratifs, même s'il était poli. Il traduisait plutôt un statut, une position. Petite chose dans le sens littéralement, mais à qui on définissait sans place, sans aucun rang... Une simple chose dans le courant de la vie... Et sans attendre la réaction de la vipère qu'elle risquait de redevenir, il se redressa avec vivacité, l'attrapant dans ses bras et ignorant les coups et les griffures qu'elle pourrait lui porter, il s'approcha du bain et la jeta dedans, à bout de bras. Il ricana doucement, avant d'attraper son verre vide et de se le remplir.

Il jeta un bref coup d'oeil à la princesse, qui avait du refaire surface en fulminant.

''Un bon coup de fouet aqueux est bon après un massage reposant. Il parait que cela dynamise le corps et l'esprit. Est-ce que je me trompe princesse ? J'espère que l'eau est encore bonne, sinon tu peux demander à la faire réchauffer...''

Il but une gorgée de son verre à nouveau remplie. La nuit allait être intéressante et surtout... amusante.



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MessagePosté le: Mar 7 Avr 2015 - 11:05 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsqu'il éclata de rire, à gorge déployée même, elle comprit qu'il n'avait pas été offensé par ses nombreuses piques. Quelque part, elle fut rassurée et brisa son air hautain et moqueur à la faveur d'une mine clairement amusée et enchantée.
Cependant, en le voyant approcher, les petits muscles de la princesse se bandèrent, analysant la situation pour statuer ou non d'une attitude défensive voire d'attaque. Il fallait dire que la masse harmonieuse d'Alauwyr s'extirpant de l'eau avait de quoi remettre en question ses propres capacités physiques : de toute évidence, fort de ses eux-mètres ou assimilés, le mercenaire n'avait qu'à saisir d'une poigne la nuque gracile de sa concubine pour la briser. Runa ne l'avait volontairement pas provoqué de façon plus claire, ni agressé, il en allait de sa vie. Mais que fait un enfant à qui on ne cesse de dire non ? Il essaye, encore et encore, par tous les moyens, d'obtenir l'objet de son caprice.. Et pour le moment, Runa ne savait pas encore ce qu'elle attendait de son invité si ce n'est de l'amusement. Elle serait servie !
Ses grands yeux pétillants de lave en ébullition suivirent l'approche du guerrier massif avec méfiance, comme deux tigres se jaugeaient lorsque l'un longeait le territoire de l'autre. Trempé, il ne se gêna pas pour se vautrer à son tour, appréciant sans le moindre doute la texture moelleuse du tapis de coussins sous lui. La fëalocë resta encore crispée le temps de s'assurer de la suite des évènements.
Alauwyr rentra dans le jeu de sa partenaire, la plaignant et la flattant à la fois. Même si ses paroles étaient imbibées d'une ironie concentrée, elle prit un certain plaisir à être la pauvre princesse apitoyée. Mais lorsqu'elle voulut en rajouter, toujours plus plaintive, elle sursauta au contact des mains vigoureuses du jeune homme sur ses petits pieds. Un cri de surprise émana même de sa bouche étonnée.

Runa s'était redressée, figée par l'attention absolument inattendue du guerrier. Et le pire, c'est qu'il était doué. Il savait où placer ses doigts pour rendre le massage le plus agréable possible, jouant de la pression de ses paumes pour appuyer sans douleur et soulager les pieds fins de la princesse. A mi-chemin entre le ravissement et l'étonnement le plus total, la jeune femme s'écrasa à nouveau dans les coussins, se délectant du massage avec un bonheur infini, paupières closes, membres détendus. Il marquait des points, ce jeune homme. La noble Ssyl'Sharienne commençait peut-être à l'apprécier..
Hormis le fait que Runa était légèrement chatouilleuse, c'était parfait. Bien trop parfait.. Il préparait sans doute un sale coup.. La conscience de la fëalocë, bien qu'assoupie et balayée par son inconscient, assimilait ce jeune homme à l'Alauwyr Iskuvar qu'elle connaissait - et ce même si elle ne le voyait pas du tout comme tel, ce jeune homme ci étant mille fois plus adorable que ce vieux Seigneur aigri. Et l'Alauwyr Iskuvar qu'elle connaissait ne laissait jamais gagner autre personne que lui-même.
Et voilà, l'attaque venait d'être relancée. Kikckik'narsa était un terme insultant pour une femme de haut rang et de noble lignée. La petite furie détendue se crispa immédiatement, vexée, et assassina son invité d'un regard foudroyant.

- Pourtant vous l'êtes, au bout de ma ligne, jeune requin..

Le ton avait été sec et cassant sans pour autant manquer de mélodie. Elle faisant là montrance du fabuleux lunatisme propre à sa race et qui relayait à titre d'animal sauvage les fëalocës. Au moment où elle s'apprêtait à lui asséner un redoutable coup de pied dans les parties sensibles, il se jeta sur elle et la prit dans ses bras virils. Une fois de plus surprise, la princesse lui donna pléthore de coups de poings en criant, ordonnant de la relâcher. Mais ses coups de poings avaient au moins autant de chance d'infliger de la douleur au mercenaire qu'un papillon ne ferait tomber un arbre.
Et plouf. Elle éclaboussa une bonne partie de la chambre en pénétrant l'eau de tout son poids.

Runa émergea de sous l'eau en toussant, trempée pour de bon. Elle avait bu la tasse et enrageait en dégageant sa crinière écarlate dégoulinante d'eau. La petite furie frappa du poing sur la surface de l'eau en l'insultant, en lui disant que ce n'était ni correct ni gentleman. Mais oooh comme elle n'allait pas en rester là !
Une fois qu'il eut le dos tourné pour se servir à boire, elle déclara, acerbe :

- Le kickik'narsa, c'est vous qui l'avez entre les jambes, mon tout petit maître complexé..

Puis elle bondit et attrapa la ceinture du pantalon d'Alauwyr pour l'entraîner dans l'eau avec elle, se moquant de renverser la coupe de vin et son contenu. Si quelqu'un entrait dans la pièce, il trouverait deux enfants en train de s'amuser dans l'eau.. Deux enfants dont la taille variait du mètre soixante-dix aux deux mètres..
Le temps qu'Alauwyr n'émerge à son tour du bassin, la fëalocë en profita pour lui grimper sur les épaules au moment où il se redressa. Ses doigts fins attrapèrent quelques mèches de ses cheveux blancs pour s'y cramponner du mieux possible. Il ne pouvait pas voir son visage, mais loin d'être en colère, elle arborait un sourire enfantin.

- Vous êtes si bon, mon seigneur, de réchauffer l'eau de mon bain qui me paraissait trop fraîche..



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Mar 7 Avr 2015 - 11:54 Répondre en citantRevenir en haut

Alauwyr n'avait pas cru la vipère aussi agile qu'une anguille. Runa sut l'attraper par la ceinture de son pantalon et il fut tiré violemment en avant. Entre le cri de surprise et ses bras qui moulinaientt pour essayer de garder l'équilibre, ce fut plus un plongeon mémorable qui aboutit dans le bassin. Sa chute éclaboussa même plus les alentours que le sauté de la jeune princesse.

Quand Alauwyr refit surface en pestant et en crachant de l'eau, la jeune femme chevaucha ses épaules et assura sa prise sur lui en lui attrapant quelques mèches de cheveux entre ses longs et fins doigts. Ainsi, s'il voulait la jeter à bas de son dos, il devra sacrifier une partie de sa longue chevelure. Et comme le mercenaire ne tenait pas à souffrir pour des choses aussi futiles que son petit jeu de duel avec cette femme. Il tourna à peine le regard, comme si cela suffirait à voir les opales rougeoyants de la jeune femme. Mais jugée où elle était et ne tenant pas à tourner la tête pour lui faire plaisir, il se contenta de se redresser pleinement. L'eau à cet endroit du bassin lui arrivait à la taille et les jambes blanches et galbées de sa cavalière improvisée s'étaient croisées sur le devant de son torse. Un rien lui suffirait de fermer un peu plus son emprise en une douce et langoureuse pression contre son cou. Malgré tout, il ricana.

''Je doute que la présence de mon seul corps suffise à réchauffer toute l'eau de ton bain princesse. Heureusement que tu es aussi légère que le vent du désert en fin de soirée...''

Il brassa gentiment l'eau qui l'entourait de ses larges mains, comme pour savourer la température aqueuse. Il avait même tourné très très légèrement la tête pour voir sur les côtés. Les cheveux lui tiraient un peu, toujours tenus dans les mains de la jeune femme.

''La vue vous est agréable je présume de là-haut, votre Altesse ? Je ne crois pas que je sois la monture idéale pour vous protéger de l'eau refroidissant de ce même bassin. Vous auriez du quérir un serviteur pour la faire réchauffer. Quel dommage que vous soyez obligé de vous percher si haut. ''

Il ricana. Le vouvoiement se voulait moqueur. Mais il en revint rapidement au tutoiement de tout à l'heure

''Un brin de mot suffit à te vexer ma chère. Je te pensais capable d'être au-dessus de ces petits mots là. Accorderais-tu trop d'importance à ton rang ? Est-ce que cela te donne de la consistance ? Comme pour croire à toi-même que tu existes. Mais je vois que tu peux autant user des mots que des actions. Juchée sur mes épaules te donne quelle impression ? Une impression de supériorité, que tu peux me démontrer que tu peux être au-dessus de moi ? Je me dois d'applaudir cette tentative...

La pouliche devenait la cavalière. Et quelle cavalière je vous prie ! Si elle prétendait maîtriser l'étalon qu'elle avait sous ses cuisses, elle se trompait. La patience d'Alauwyr à son égard était en tout cas stupéfiant. Et son sourire ne put que s'élargir encore.

''Car ce n'est pas de cette manière que tu croiras me dompter ! Tu prends plaisir à cette joute n'est ce pas... A mon tour me semble-t-il de continuer la partie ! ''

Ses mains attrapèrent les chevilles de Runa, les planquant contre son torse et l'empêcha de se sauver. Tant pis si elle lui tirait les cheveux.

''Respire un bon coup princesse ! ''

Chose qu'il fit pour sa part avant de se laisser couler sur le côté, là où le bassin était le plus profond. Idéal pour barboter un peu en surface sans avoir pied, mais qui aurait cru que cela servirait à un jeu d'apnée entre Runa et le mercenaire ? L'eau se referma au-dessus de leur tête.

Alauwyr se laissa couler et profita du poids de Runa pour s'asseoir paisiblement au fond du bassin. L'eau clapotait au-dessus de leur tête. Et la jeune tigresse était toujours sur ses épaules, ses chevilles maintenues contre la poitrine d'Alauwyr. La cavalière qui s'était installée sur lui devenait désormais sa prisonnière. Mais il était bon prince. Il lui lâcha les chevilles au bout d'une dizaine de secondes et un sourire amusé était toujours présent sur son visage. La vipère qui avait joué l'anguille allait sans doute devenir une féline détrempée et sifflante de colère, quand elle sera la première à faire surface.



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