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 [RP Officiel] Vol au dessus d'un nid de Dragon Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Mer 18 Mar 2015 - 22:05 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku 918


et

L'Argentée Seresth et Méloïse Feride


Le temps était presque à la fête sous le dôme enfoui sous les eaux. La menace qui avait apporté tant de morts autour d'eux était vaincue. Chacun avait pris le temps de pleurer les siens et malgré la disparition brutale de la Dame, un nouveau dirigeant avait accédé au pouvoir. Ce n'était pas le meilleur, mais pas le pire. Élu comme ses confrères et consœurs précédent, il saurait probablement diriger le Kaerl d'une main de fer. La cité fêtait donc toutes ses choses et l'humeur était à la détente.

Mais ce n'est pas que cette humeur joyeuse et festive qui poussa la reine Seresth à se présenter au milieu du Cìrban Telemna, jaugeant les mâles présents. Non. L'instinct avait beaucoup contribué. Cela faisait longtemps qu'aucun de ses dragons n'avait dansé avec une argentée. Aucune descendance depuis longtemps n'avait foulé les sables chauds. Il était temps de remédier à ça, elle le sentait du plus profond de son être.

D'abord perchée sur les hauteurs, elle poussa un premier rugissement, annonçant son arrivée, son intention, attrapant l'attention des Mâles qui dormaient depuis trop longtemps.
De deux battements d'ailes, elle vint se mettre au centre, suivant un cercle invisible dardant son regard rouge-orangé sur chacun des présents. Qui oserait la défier et la rattraper ? Qui se montrerait digne d'elle ?

Un mouvement de queue après, elle déploya ses ailles majestueuses et dans un long rugissement s'envola sans attendre, gagnant rapidement les airs sans même un regard en arrière. Elle savait qu'on l'a suivrait. Elle dégageait cette aura qu'ont les reines prêtes à enfanter. Sauvage, aguicheuse, sensuelle et puissante. Qu'ils viennent.

°oOo°


Un peu plus loin de là, assise sur son lit, Méloïse Feride attendait, silencieuse. Elle, qui venait des basfonds d’une cité d’Undomë, n’avait pas, aux yeux de beaucoup, le potentiel pour être liée à une reine. Et pourtant son âme avait fusionné avec celle de l’argenter. Elles étaient unies, pour le meilleur, comme pour les vols nuptiaux. Elles se mettaient toujours d’accord lorsque l’envie prenait le dessus. Alors Méloïse enfilait une jolie tenue, s’apprêtant un peu plus que d’habitude. Enfin, elle descendait à l’Agora et déambulait tranquillement, attendant de voir si le lié qui dansera avec son âme sœur viendra lui aussi.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

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MessagePosté le: Mer 18 Mar 2015 - 22:05 Revenir en haut

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Gueralt Deux-Chiens
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MessagePosté le: Sam 21 Mar 2015 - 00:13 Répondre en citantRevenir en haut

EDIT by Staff : Gueralt étant actuellement absent, et pour réparer une petite erreur de chronologie concernant les participants au Vol Nuptial, les PNJs Doryl Dunstan, Maître Englouti et son Brun Anduras, prennent la place de Gueralt et Laszlo.


Au plus profond des cavernes du Cirban Telemna, la compagnie des ténèbres étaient encore la seule qu'un dragon puisse espérer. Creusées dans la roche qui se faufilait sous les eaux, elles abritaient de petites cavités, véritables nids pour les dragons, que seule venait éclairer l'étrange et faible lueur des cristaux de luimësites. Là dans le noir, alors que l'aube s'étendait dehors, le brun s’éveillait. Ses yeux s'étaient ouverts dès que l'appel était parvenu à ses oreilles, à peine plus perceptible qu'un murmure tant il s'était avancé sous la surface.

Loin au dessus de lui, Doryl s'éveillait toute à sa manière, repoussant ses couvertures d'un grognement. Il avait sentit le trouble de son lié, et en subissait les conséquence. Que n'aurait il pas donné pour sommeiller quelques heures de plus... Mais quelque chose en lui semblait vouloir l'en empêcher. Son cœur ne battait pas d'une manière habituelle. Plus rapide. Plus fort. Il crut d'abord aux effets d'un mauvais rêve, mais à peine eut il tendu son esprit vers celui d'Anduras qu'il comprit la situation.

Pataud sur terre, Mal à l'aise avec le fait de se déplacer sur le sol, le brun tentait de se frayer un chemin à travers le dédales de grottes pour revenir à la surface. L'appel continuait de raisonner dans son âme, comme une incessante litanie chantant à ses oreilles. Les mois s'étaient écoulés et du jeune saurien sortit de l'oeuf il ne restait plus rien. Aujourd'hui, son poitrail s'était développé bien au delà de la largeur de son lié, musculeux, imposant, il en ressortait une impression de lourdeur, que ses pattes courtaudes et son corps massif hérissé d'épines ne faisaient que renforcer. Lui qui s'était félicité d'être une créature ô combien supérieur aux bipèdes qu'il percevait tels d'étranges petits êtres, d'une fascinante singularité... Lui qui s'était si souvent retiré ici ou au fin fond des bois lors des excursions nocturnes de son lié... Lui qui en tout temps s'était satisfait de la mesure et de la tempérance de son caractère... L'appel de l'argenté avait éveillé des instincts ancestraux qu'il n'avait jusque lors, fait qu'effleurer du bout de la pensée. Ses yeux à présent, pulser d'une ardente lueur rougeoyante, alors qu'en lui s'éveillait le feu de ses pensées.

Dès qu'il eut atteint les cavernes supérieures, il déploya ses ailes, s'étira un instant, et dans un nuage de poussière prit son envole vers les hauteurs du Cirban. Déjà l'argenté avait gagné sa cour. Son rugissement était tel un chant qui imprégnait l'air de toute sa présence, ses écailles rutilait de la robe glorieuses des reines englouties, et tout en elle inspirait l'admiration et le désir. Jamais encore Anduras n'avait ressentit autant d'émois face à un tel spectacle, mais il lui suffit de voir ses rivaux pour comprendre que le tout jeune brun qu'il était ne pouvait nourrir aucun espoir de voir cette folle entreprise réalisé. Il n'avait pas la puissance des bronzes, ni la vitesse des blancs, et encore moins la taille prodigieuse des noirs. Les bruns avaient pour eux leur esprit, et tout au plus lui, possédait la force de sa stature, mais pas de quoi tenir tête à ses frères pour un affrontement prolongé.

Doryl, lui, s'était laissé guidé par l'instinct de son lié, ses pas le menant naturellement à l'Agora. En proie à la même fébrilité, il ne tarda pas à comprendre le désarroi de sa moitié d'âmes. Mais la faiblesse de l'un était la force de l'autre. Le chevalier pour sa part, dépassait d'une tête la plus part de ses congénères, et pouvait encore rivaliser en force avec les torhills. Avisant la place centrale du Màr, il comprit qu'il n'était pas le seul que son lié avait amené ici. Les sens à fleur de peau, il croyait voir en chaque homme un concurrent potentiel, et se prit même à surprendre quelques œillades sulfureuses entre un ondin et... Elle, qui se tenait là. La princière maitresse argentée à la chevelure d'or qui semblait retenir l'attention général de la gente masculine alors qu'elle évoluait avec grâce entre la foule.
D'une simple pensée, il avisa le brun.

Le lien influencé tant dragon que bipède, et Doryl n'allait pas se priver d'utiliser cette faille. Fendant la foule à grandes enjambés, l'image d'Anduras, perchait au plus haut des Havres d'Argent prenant à son tour son essor dans un rugissement puissant s'imposa à son esprit. L'ondin se tenait là, royal dans ses habits de bleus et d'argent, avançant à son tour vers Méloïse. Sans violence ni colère, Doryl le devança, et retint sa progression d'une main posée fermement sur son épaule.

Fendant les airs en quelques battements d'ailes, Anduras se précipita droit vers l'argentée. Il ne cherchait pas à la rattraper en vol à la manière des autres dragons. Il se précipitait droit vers elle, frontalement. Mais ce n'était pas elle qu'il cherchait à atteindre, mais un bronze qui semblait déjà gagné les faveurs de sa reine. Usant de toute sa force, il entra dans une lourde collision avec son frère, qui sous l'effet de la surprise ne sut tenir sa trajectoire. Changeant de cap le plus rapidement possible, le brun fit volte face et revint à l'argentée qui se trouvait encore à quelques battement d'ailes de là.

La confiance, voilà ce avec quoi un chef de guerre gagnait ses batailles. La confiance, voilà ce que Solyae lui avait enseigné, et il en était pétrit, dans chaque centimètre de son être, brisant la détermination de leur rivaux par leur audace.

Abandonnant l'ondin hagard, Doryl reprit sa marche à travers la foule, et en deux enjambés rattrapa Méloïse. Laissant ses larges mains glisser sur ses épaules, il fit mine de la cueillir là, telle une délicate petite fleur, imposant sa seule valeur à ses yeux, se tenant devant elle comme la réponse évidente et naturelle aux soupirs qui les avaient embrasé, insufflant à son lié cette certitude que leur détermination ferait à elle seule plier la volonté d'acier des ces deux reines.

« Je suis celui que vous cherchez. »


Dernière édition par Gueralt Deux-Chiens le Dim 22 Mar 2015 - 13:20; édité 1 fois
Galaad Lucis
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MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 17:01 Répondre en citantRevenir en haut


Elérion, Bronze, fils de l'Incarnate Lye'Den


J’ouvris les yeux sur les ténèbres de la caverne où je me terrais pour la nuit. Aujourd’hui, le Havre d’Argent vibrait d’un silence attentif. Quelque chose de puissant et de fondamentalement attendu allait se passer. Dans l’air flottait ce délectable parfum de phéromones femelles, cette odeur chaude et musquée de reptile royal. C’était un bon jour pour la chasse, nous autres dragons pouvions le sentir. L’heure était venue d’accomplir un rituel essentiel pour la pérennité de notre race. Les autres mâles le savaient déjà depuis des jours. Très bientôt, une femelle allait chanter et prendre son envol, poursuivie par ses prétendants. Pas seulement dans le but de séduire et de dépenser son énergie sexuelle... Il s’agissait avant tout de procréer. Le Màr Luimë voyait une de ses reines entamer le Vol Nuptial.

Seresth, dragonne aux écailles d’argent, avait étendu ses vastes ailes sur un promontoire rocheux, suffisamment loin des autres reines du Kaerl pour ne pas les offenser ; assez visible, toutefois, pour être facilement identifiée par les mâles. Plusieurs Bronzes se préparaient déjà. Quelques Bruns et un petit Noir audacieux suivirent le mouvement. Tous se jetèrent dans la danse millénaire des dragons à la suite de l’Argentée.

Je n’aurais sans doute pas dû mais mon instinct fut plus fort que moi. Je déployai mes ailes et m’élançai dans le ciel à leur suite. Après tout, mes écailles et ma taille clamaient un sang chaud, dominateur et volontaire, malgré ce caractère si flegmatique qui m’avait valu tant de moqueries de la part de mes frères et sœurs de couvée. J’étais fort, en parfaite santé. J’avais remporté plusieurs combats, mes quelques cicatrices pouvaient en témoigner et, même si mes souvenirs étaient peuplés de reines rouges et de volcans emplis de comploteurs, mon cœur ne rêvait que du Màr-Sous-Les-Eaux. Et de ses grandes Argentées, surtout en cet instant. J’étais aussi Englouti que mes pairs. Je ne me définissais plus par ma naissance. Mon allégeance avait force de loi. Je me considérais aussi digne que les autres dragons de ce Kaerl. Je méritais de voler parmi eux. Je devais tenter ma chance.

Le feu qui courait dans mes veines faisait écho à celui que ressentait mon Lié. Je pouvais encore sentir Galaad, derrière mon désir et ma rage de vaincre, s’agiter et se questionner sur le phénomène. Plus jeune, avant notre exil, j’avais déjà courtisé des femelles, dont une Incarnate. Parce que j’étais trop faible ou parce que mon inconscient le refusait, aucune d’entre elles ne m’avait choisi pour père de sa couvée. Il n’était guère étonnant que Galaad comprenne mal ce qui lui arrivait. Plus je gagnais de la hauteur, mes ailes claquant dans le vent artificiel sous le dôme, plus la distanciation entre mes émotions et celle de mon Âme Sœur devenait fragile. Galaad, si timide et innocent derrière ses airs bravaches, souvent malmené par ses propres sentiments… En temps normal, j’aurais éprouvé de la gêne. Toute cette puissance, il la ressentait comme moi. J’ignorais s’il saurait y faire face. J’aurais dû le prévenir, le protéger, l’empêcher d’aller au-devant des ennuis… Cette idée m’effleura à peine l’esprit. Je répondais ici à un appel que seuls les dragons pouvaient reconnaître. Ce garçon était déjà un homme fait : il était temps qu’il se comporte comme tel. Plus encore s’il partageait l’âme d’un Bronze. Il ne pourrait pas fuir éternellement son destin. J’avalai la distance qui me séparait de Seresth comme j’engloutis aussi les réticences de mon Lié. Bientôt, nous ne ferions plus qu’un.

Le Noir fut le premier à reconnaître sa défaite. Il quitta la course honorablement, sans demander son reste. A cet instant, je n’avais que faire de l’honneur. Encore moins du respect dû aux aînés. Mes mâchoires claquèrent bruyamment près du cou d’un Bronze plus âgé. Un feulement furieux me répondit. Je gagnais un peu d’avance, car l’autre s’éloigna par réflexe pour éviter une possible morsure. Je n’avais aucunement l’intention de lui faire du mal. Cependant, je n’étais pas certain non plus d’être encore capable de me contrôler. Le Vol Nuptial représentait autant un combat qu’une danse, où chaque battement d’ailes invitait à défier l’adversaire. Sous la lumière bleutée du dôme, l’Argentée scintillait de mille feux. Ses écailles en miroirs absorbaient la clarté et la renvoyaient dans toutes les directions en un éclat éblouissant. Sous ses ailes pâles naissaient des torrents d’étoiles filantes. Tentatrice, altière, promesse de périls et de délices. Reine des cieux et des eaux. Je ne voyais qu’elle.

Un Brun se retrouva côte à côte avec moi. Le bout de son aile frôlait la mienne. Je lui jetai un regard peu amène, avant de l’identifier. Andùras. Fils de Rakauth et lié de Doryl. Plutôt que de l’éviter ou d’essayer de l’intimider, je forçai sur mes épaules et pris plus de hauteur. Mon ombre le surplombait. Il aurait été si facile - presque un accident malheureux – de se laisser tomber pour lui déchirer le dos. Mais je ne le ferais pas. Si blesser un autre dragon dans un Vol Nuptial n’était pas un fait aussi rare que le prétendaient nos amis les bipèdes, cela s’avérait souvent un mauvais présage. Verser le sang dans la danse de la vie serait comme jeter un voile de mort dans les esprits de la future génération de dragons. Après avoir vécu cette guerre contre l’Ombremage, l’heure n’était plus aux morts inutiles ni aux vaines batailles.

Aux frontières de notre psyché, je pouvais sentir Galaad se déplacer, l'entendre respirer plus vite, fendre la foule sur l'Agora. Son regard fut aussitôt attiré par cette femme aux cheveux d'or, qui patientait, droite et fière, sous les regards curieux. Il voulait croire qu'elle aussi était un peu inquiète. Cette pensée le rassurait car lui-même n'était pas certain de connaître le protocole à suivre. Il parvint à jouer des coudes pour se rapprocher de la Maîtresse Argentée, assez pour être à portée de voix mais peut-être pas assez pour être remarqué. Elle n'avait d'yeux que pour un ondin bien bâtis qui, comble de l'ironie, se vit rejeté plus loin par un imposant humain dont le visage paraissait familier. Un Maître au fort caractère, réputé aussi rusé qu’un renard... Maître Doryl ? Un pierre tomba dans son estomac. Il n’avait aucune chance. Partagé entre le soulagement de n'être pas le principal soupirant de la dame et l'irritation de se voir devancé par quelqu'un d'autre, Galaad pressa le pas. Les sourcils froncés, le cœur battant la chamade et les yeux brillant de la fièvre du Vol Nuptial, le neishaan se planta aux côté du Maître Brun, son regard rivé à celui de Méloïse Feride.

L’Argentée se trouvait maintenant si proche… Elle tournoyait dans les airs avec une grâce dangereuse. Plus que quelques mètres et elle serait à moi. Juste le temps d’une étreinte. Juste le temps d’une éternité. La victoire était à moi.



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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 20:38 Répondre en citantRevenir en haut

et

L'Argentée Seresth et Méloïse Feride


Le moment ne pouvait pas être différent. Tout avait été planifié pour que les choses se passent ainsi. Elle, Reine de son Kaerl, fière, puissante, prenant son envol parmi les siens. Eux, agiles ou rusés, forts ou rapides, ils étaient là, s’envolant pour elle, pour leur patrie, pour l’oubli. Car ce vol marquait le début du renouveau. Celui où l’ombremage n’était plus, où les morts n’étaient plus pleurés, mais pas oubliés pour autant, où le sang neuf pouvait enfin marcher dans les pas des héros pour transmettre les savoirs et les qualités du Màr. L’heureux élu serait le père du renouveau, alors il ne serait pas choisi à la légère.

D’un mouvement habile d’aile à faire pâlir les blanches, elle fit demi-tour pour passer à côté des prétendants, les narguer de sa présence, de sa prestance. Il fallait qu’ils voient qu’elle ne plaisantait pas. Que chacun allait devoir se montrer digne d’elle ou elle n’en ferait qu’une bouchée. Elle profita de cette tentation pour évaluer un peu les compétiteurs. Beaucoup de Bronze, dont certaines connaissances, quelques Bruns et un Noir qui déclinait déjà l’offre. C’était presque dommage de le voir abandonné si vite. Peu de Noirs et Blancs prenaient les airs pour suivre les femelles prêtes à s'offrir, encore moins les Reines. Une ponte d'un tel dragon aurait probablement été exceptionnelle, tant par sa rareté que par son ascendance. Mais peu importait maintenant, il n'était plus là et l'aile d'un bronze effleura celle de la majestueuse. Un audacieux, cela lui plaisait. D'un rugissement appréciateur, elle donna un coup d'aile pour s'élever un peu plus. La suivrait-il ? Probablement si un Brun ne venait pas à foncer droit sur eux, changeant de trajectoire au dernier moment pour aller percuter le premier. Un rugissement réprobateur résonna dans une bonne partie du Kaerl. Quiconque ferait couler le sang lors de ce vol serait à jamais banni de ses faveurs. La bataille qu'ils devraient mener ici ne serait pas celle de vulgaire chien de combat. Les os avaient suffisamment été brisés lors de cette guerre sans nom. C'était là un avertissement et le dernier qu'elle donnerait avant de faire comprendre à un quelconque récidiviste de partir avant de tâter de ses crocs.

Elle virevolta une nouvelle fois alors qu'un bronze rompait les rangs, probablement effrayés par la perspective de se faire expulser par la Reine. D'autres le suivirent, honorablement, sous les yeux réprobateurs de l'Argentée. Le géniteur ne serait pas une brute incapable de réfléchir ! Elle avait d'autres envies. Et les Bruns présents semblèrent saisir le message, car ils redoublèrent pour la plupart d'ardeur, narguant pour certains leur frère cuivré. Mais rien n'était joué et la partie continuait.

°oOo°


Sur la place, cette grande place pleine d'odeur, de couleur, de lumière, le silence n'était jamais présent. Pourtant, au centre de celle-ci, elle était là. Silencieuse, immobile, fixant la foule qui se mouvait autour d'elle, les corps qui s'effleuraient. Certains savaient. Certains avaient fait le lien entre les rugissements qu'il entendait et cette jeune femme immobile. Ceux-là la regardaient, s'écartaient parfois. Ce n'était pas leur combat. Certaines aussi lui jetèrent des regards jaloux et désapprobateurs. Elle n'en avait cure. Elle n'était pas là pour elles. Les autres, les ignorants ne prêtaient pas attention à elle, l'évitant par réflex, pestant parfois contre cette femme immobile.

Et il y avait eux. Qui la cherchait parfois fébrilement, se frayant un chemin, attiré par ce qu'elle dégageait, par cette chaleur qu'elle partageait avec l'élue de son âme. Elle aussi elle les appelait. Certains faisaient demi-tour avant de l'atteindre. À ce moment-là elle levait brièvement les yeux au ciel pour voir le prétendant écourter sa course.

Elle ne perçut pas l'ondin se faire éconduire par l'un des prétendants, mais posa ses yeux sur celui-ci qui avait mis ses mains sur ses épaules. Un léger sourire vint orner ses lèvres rosées, levant une main blanche vers le visage de cet homme, effleurant sa joue sans le toucher.

- Cela ne dépend uniquement de nous. Dit-elle en s'écartant doucement, s'approchant du nouvel arrivant. Elle le connaissait lui. Tout le monde le connaissait. Celui qui était venu après. Elle s'approcha au plus près de ce Neishaan pour murmurer à son oreille d'une voix douce remplie de promesses.

- Serez-vous à la hauteur ? Elle lui parlait à lui, mais aussi à son dragon. Elles étaient étroitement liées, au-delà de tout. Si l'un convenait à l'une alors l'autre conviendrait aussi. Et si l'un d'eux voulait l'une ou l'autre alors son âme sœur redoublerait d'effort pour la conquérir. Elles voyaient dans le lien un tout et non une dualité. En ses instants, elles étaient une.

Se détournant, une main à laquelle elle ne s'attendait pas se saisit de la sienne, l'attirant dans des bras aussi fins que les siens, doux comme la soie. Une autre main vint quérir sa hanche alors qu'on l'entraînait dans une danse sensuelle.

- Je vous surprends princesse ? Demanda une voix douce aux accents chantant des pays chauds.

- Il est rare de se faire attirer dans les bras d'une étrangère dans de telles circonstances.

- Mais si ce n'est pas maintenant alors quand ? Lui glissa-t-elle à l'oreille dans un souffle chaud alors qu'un Felaoce les fixait d'un air peu commode.

°oOo°


Dans les aires, les prétendants se faisaient plus rares. Deux Bronzes, deux Bruns. Chacun avait ses chances, chacun redoubla d'ingéniosité pour s'attirer les faveurs de la belle.

Celle-ci semblait pourtant avoir fait son choix et dansait avec un petit brun, leurs ailes s'effleurant, leur rugissement se mêlant avant qu'un plus puissant ne vienne interrompre cette danse. Un grand Bronze venait de foncer sur le potentiel élu, l'écartant de la course de force, se plantant devant Seresth sans ménagement. Il ne reçut qu'un claquement de mâchoire près des ailes. Les yeux précédemment d'un rouge-orangé chatoyant d'excitation avaient viré d'une couleur de lave. Elle avait prévenu et il ferait bien de disparaître.

D'un long rugissement de colère, elle repartit dans une course. Elle était en colère et celui qui calmerait la fureur de la reine pourrait prétendre être sien.

°oOo°


Sur la place, la danse manqua de virer au drame lorsque le Fëalocë avait écarté la prétendante d'un mouvement d'épaule, la mettant au sol devant tous. Mais sous ses apparences de femme fragile se cachaient une reine et l'importun se retrouva avec la pointe d'une flèche posée contre le cou, l'elfe toute proche de lui, leurs lèvres se touchants presque.

- Disparaissez de ma vue. Dit-elle aussi froidement que le dégoût que lui imposait ce bipède.

- Tss dit il seulement avant de se faufiler la foule pour disparaître. Mais il n'était pas le seul. La jolie danseuse venait de se volatiliser aussi. Agacé, la dame rangeant la pointe avant de partir à son tour dans la foule. Elles ne faisaient qu'un. Qui la voulait devait maintenant l'approcher.



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MessagePosté le: Sam 8 Aoû 2015 - 00:44 Répondre en citantRevenir en haut


Doryl Dunstan & le Brun Anduras




Si ses concurrents tressaillirent, Anduras trouva en l'avertissement furieux de Seresth une raison supplémentaire de relever ce qu'il voyait comme un défi. Le Brun, jeune et impétueux, se vit déborder d'une détermination sans faille. Si la victoire n'était pas encore acquise, il se retint malgré tout avec difficulté de ne pas se moquer des fuyards seulement décontenancés par le rugissement de la Reine. Téméraire ou aveuglé par ces nouveaux élans qu'il découvrait et qui régnaient en maître dans son coeur ? Probablement un savant mélange des deux.. A la fois prudent, observateur et stratégique, ses orbes roussies par l'excitation suivaient autant la danse enivrante de Seresth que l'approche de ses rivaux.

***


Doryl, porté par la fougue et l'enfièvrement de son lié, fendit la foule. Il se faufila habilement et avec précision, comme si sa route était toute tracée parmi la populace de l'Agora, à l'écoute d'une sorte d'instinct qui lui dictait de filer droit devant. Lorsque que son regard fin et perçant se posa enfin sur celle qu'il espérait, il remarqua de la même façon qu'autour d'elle s'effectuait un bal vorace, à l'image de vautours qui avisent une proie potentielle. Malgré sa réputation sulfureuse, Doryl n'était pas de ces oiseaux de mauvaise augure. Certes roublard et opportuniste, une femme n'entrait néanmoins pas dans ses petites combines habituelles. Et là, ses yeux d'un vert sombre se posèrent avec considération sur une créature taillée dans le marbre blanc, aux courbes lisses sous ses atours et à la chevelure d'un blond d'or et de miel. Méloïse était belle, nul ne pourrait dire le contraire et si en ce jour elle était courtisée pour une raison toute particulière, il n'aurait pas été étonnant qu'elle le fut pour le seul délice qu'elle daigne accorder à ses pénitents un unique regard. Avec assurance, il posa ses mains sur ses fines épaules, ravi par ce seul contact pourtant fugace et rapidement écourté. Il reçut en retour une douce caresse à laquelle il frémit.

Son coeur pulsa violemment et avec ardeur, partagé entre le désir de faire disparaître tous ces adversaires et le bouillonnement que ressentait Anduras. Mais providence ou non, un à un, les prétendants - et la prétendante - se voyaient remis à leur place, défaits ou disparaissaient simplement d'eux mêmes comme ils apparurent. Tous sauf un.
L'humain accorda un coup d'oeil menaçant à l'encontre d'un neishaan qui n'avait pas renoncé. Pareil gamin pensait réellement pouvoir gagner les faveurs d'une dame telle que Méloïse ? Un rictus incontrôlé étira les lèvres pincées de Doryl. Il était hors de question qu'il se laisse devancer par un adolescent fiévreux ! Ses sourcils se froncèrent sous le joug de la détermination, il était prêt à se battre pour le dissuader de toute tentative d'approche, il était prêt à dégainer son épée pour se débarrasser de quiconque convoiterait la belle elfe. L'envol de son lié faisait danser en lui des flammes insoupçonnées.

Méloïse, probablement déçue et en partie dirigée par les humeurs plus brûlantes de sa liée, se déroba à leur compagnie. La jeune femme suivie par de nombreux regards venait de prouver que son lien avec une Reine Argentée était avéré et légitime, forte d'une personnalité mordante sous sa silhouette pourtant gracile. Doryl, à l'image de son âme-soeur, s'engaillardit à la seule pensée de pouvoir la séduire.
Il lui emboîta le pas de près, le souffle presque court en voulant la rattraper. Enfin, il la tenait !

Sa main virile saisit celle de Méloïse, fragile. Alliant douceur et fermeté, il l'invita à lui faire face pour pouvoir plonger à corps perdu dans l'océan de ses yeux clairs. De sa poigne libre, le bout de ses doigts se plut à effleurer la base de son cou pour finalement se perdre dans quelques unes des mèches de sa chevelure lisse et d'un blond des blés en été.
Une lueur espiègle teintait les iris couleur aiguilles de pin de Doryl, assortie à son demi-sourire facétieux et partiellement dissimulé par sa pilosité faciale. D'une voix chaude mais calme, il lui dit simplement, non sans rechercher à la charmer :

- Mais cela dépend aussi de nous, ma Dame, ma Reine.. Vous le savez au plus profond de vous même, je suis celui que vous attendiez. Je le vois dans vos yeux aux mille saphirs où je me perds en cet instant et dans lesquels je veux bien me noyer la nuit durant..


Avec audace, il en vint à la tenir par la taille sans pour autant la forcer à rester dans son étreinte si elle s'y refusait. Une main sur la hanche, l'autre caressant sa nuque, il la targua seulement d'un regard enjôleur et sûr de lui de toute l'adresse de son air de fouine intéressée.

***

Anduras redoubla d'efforts pour dépasser quiconque se mettrait en travers de sa route. De quelques puissants battements d'ailes, il parvint à se retrouver côte à côte à Elérion, le gratifiant seulement d'un grondement d'avance triomphant. Certes Anduras n'était qu'un Brun, il n'avait pas le panache des Bronzes ni leur puissance supérieure à celle des autres mâles. Mais Anduras était plus petit, plus agile et plus rapide que son grand cousin. Les fougues de la jeunesse ne faisaient que surenchérir à cette condition. Avec plus de vigueur encore, puisant en son énergie mue par l'excitation, le Brun coiffa Elérion au poteau.
Le dragon ondula son corps trapu, usant des forces du vent pour atteindre la Reine Argentée. Il vint se mettre à sa hauteur, se jouant à l'effleurer du bout du museau et par la membrane de ses ailes robustes. Il lui communiqua quelques roucoulements sourds, marquant peut-être l'ombre de sa soumission respectueuse envers elle, si elle acceptait sa proposition..

(Texte par Runa Salv)



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Galaad Lucis
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MessagePosté le: Ven 14 Aoû 2015 - 22:12 Répondre en citantRevenir en haut


Elérion, Bronze, fils de l'Incarnate Lye'Den


La danse ne se déroulait pas exactement comme prévu. Qui aurait pu prédire que le Brun Anduras damerait le pion à un jeune Bronze, issu d’un lignage étranger, déjà marqué par les épreuves ? En effet, qui ?

Au fond, cette fatalité ne me faisait pas peur. J’étais prêt à me résigner à finir second dans cette course. Depuis longtemps. Comment une reine du Màr Luimë pourrait-elle me faire confiance ? Je n’étais pas né ici ni bercé par les valeurs de la Cité Engloutie depuis mon œuf. Les plus vieux et les plus savants des dragons neutres devaient le sentir. J’étais un étranger, qui prétendait gagner les faveurs d’une des leurs. Je ne pouvais pas leur en vouloir. Et j’étais certain de retenter ma chance ultérieurement. Elérion, fils de Lye’Den, n’abandonnait jamais. Ne l’avais-je pas assez prouvé ?

Alors que l’Argentée m’échappait, la colère dévasta néanmoins ma psyché, faisant basculer un peu plus mon Lié vers mes propres émotions. Galaad se retrouvait balayé, ballotté par des sentiments inconnus, trop puissants pour lui et qu’il n’était pas encore prêt à accepter. Lui non plus ne pouvait pas gagner cette danse. Si l’un de nous dérapait, l’autre n’avait malheureusement aucune chance. La belle elfe, auréolée de la gloire étoilée de sa dragonne, l’insaisissable Méloïse, réussit à troubler ce neishaan que tout pouvait émouvoir - en dépit de ses efforts pour paraître aussi fort qu’une montagne. L’excitation brillait dans ses yeux carmins et rosissaient ses joues ombrées d’un léger duvet. Des mèches couleur du vieil argent flottaient devant son visage aux lèvres closes. Il ne parvenait plus à aligner des pensées cohérentes. Son esprit brouillonnait et même moi, son propre Lié, je peinais à comprendre l’ampleur de sa détresse intérieure.

Galaad ne comprenait pas. Quelques images de ce fameux jour à la taverne, en compagnie de Stalia et de son œil sanglant - le goût de ses lèvres -, envahirent nos esprits mêlés. Tout était si différent maintenant. Paralysé par l’angoisse, l’impression d’être le jouet d’un dragon beaucoup plus fort que lui, il réalisait que notre lien représentait également de solides entraves à sa liberté. A notre liberté à tous deux. Sachant cela, je le sentais maintenant en train de résister à mon emprise. La fièvre du Vol Nuptial nous quittait tous les deux. Nous avions perdu. C’était fini.

- Je vous souhaite de trouver chaussure à vot’pied, belle dame, eut-il le temps de dire à Dame Méloïse avant de subitement rebrousser chemin, fuyant la foule, les regards et les dragons.

Je rugis en direction de mon rival. La reine s’élevait toujours un peu haut, resplendissante dans son écrin d’argent, accordant à peine attention à ce dragon qui montait à sa rencontre. La partie se jouait dorénavant entre eux. Seresth quitta mon champ de vision mais je devinais encore la magnificence de sa silhouette, l’envergure de ses ailes et la puissance de son souffle, au-delà des nuages.

Mon vol me ramena au sol. Là où, les deux pieds fermement ancrés dans le sol, m’attendait ce petit bout d’homme auquel je vouais ma vie depuis ma naissance. La tempête s’apaisait doucement. Et la frénésie – ardente, sensuelle, irrésistible – refluait avec la marée des questions sans réponses. Galaad était probablement parti se cacher, essayant de démêler le vrai du faux dans ses émotions et les miennes. Nous redevenions deux êtres distincts, de chairs et de sang, même si nos âmes répondaient l’une de l’autre. J’estimai être un bon perdant. Et qu’avais-je perdu, sinon une occasion d’attirer plus encore l’attention sur nous ? Les événements me prouveraient bientôt que faire profil bas et accepter ma défaite, aujourd’hui, nous éviterait de mettre en péril une couvée toute entière. Car nos identités ne resteraient pas longtemps un secret.

° Elérion, Elérion, Elérion… Où es-tu ? ° me souffla un pâle garçonnet prisonnier de ses peurs.

J’enroulai aussitôt mon esprit autour du sien, aussi étroitement et chaleureusement que le jour de notre Empreinte. Galaad en gardait un souvenir mitigé, alors que je pouvais affirmer sans mentir qu’il s’agissait du plus beau jour de mon existence. Je me mis en route.

° Je suis là. N’aie crainte. Je te rejoins. C'est finis. °



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MessagePosté le: Dim 16 Aoû 2015 - 22:11 Répondre en citantRevenir en haut

et

L'Argentée Seresth et Méloïse Feride


Deux concurrents, une seule place. Cette situation se répétait à chaque vol, royal ou pas. Un seul des deux pourrait triompher. Bronze ou brun, lequel des deux parviendrait à se hisser avant l’autre prêt d’elle et à prouver sa supériorité du jour. Elle tourna la tête pour les regarder, une dernière fois avant la ligne droite, rugissant pour les encourager. L’un comme l’autre été d’un bon crut. Le brun, jeune et fougueux, ou bien le bronze, issu d’un monde qui n’était pas le leur, mais qui avait su prouver par ses actions que son cœur battait sous le dôme de verre.

°oOo°


Contrariée et peut-être déçue, elle fendait la foule qui s’écartait légèrement sur son chemin. Cette danse lui avait fait miroiter mille promesses avant de basculer dans l’oubli. Mais elle ne pouvait rester dans cet état longtemps, sentant les sentiments de sa liée. Bientôt… il en restait deux, ici aussi. Doryl, lié d’Anduras et Galaad, lié d’Elerion. Deux mâles différents, mais tous deux d’un goût appréciable en cet instant. Alors qu’elle se tourna vers eux, allant pour se rapprocher, elle n’entendit que vaguement ses mots avant de le voir disparaitre tandis qu’une main chaude se saisissait de la sienne. Tant pis pour le Neishaan. Une prochaine fois peut-être. Il n’était pas prêt. Elle ne doutait pas de le revoir un jour.

Elle se laissa glisser dans les bras du dernier mâle qui restait, se laissant aller à l’étreinte, un léger frisson partant de la base de sa nuque jusqu’au creux des reins la prit. Oui, c’était lui, elle le savait, mais elle ne le laisserait pas la charmer si facilement. Elle posa délicatement ses mains sur son torse, acceptant l’étreinte sans s’y soumettre, plongeant ses yeux bleus dans l’océan de verdure qui s’offrait à elle. S’approchant un peu plus, ses lèvres fines, légèrement entrouvertes, effleurèrent celle de l’humain, goutant celui qui allait être sien la nuit durant. Puis dans un souffle, à peine un murmure, les mains glissant le long de son buste, parcourant l’étoffe de ses doigts fins.

- Vos mots résonnent comme une douce promesse. Une très légère pression après, elle s’écarta, glissant ses doigts dans les siens dans une caresse volatile avant de se diriger vers son appartement. Heureusement qu’il n’était pas loin, elle sentait la fièvre de sa dragonne monter en elle comme l’eau atteignant son point d’ébullition.

°oOo°


Le choix de la Reine était fait et dans le ciel on entendit un rugissement de satisfaction alors qu’elle se déporta près de lui, le laissant effleurer son aile avant de se décaler d’un coup, passant au-dessus de lui pour se mettre de l’autre côté, plus près. La danse pouvait commencer, la fièvre de l’instant, couplé avec le désir de sa liée, la faisait danser avec le Brun, effleurer leurs ailes, attraper leur serre, claquer leur mâchoire dans l’union bestiale qui s’en suivrait.

°oOo°


Se contrôler en cet instant, alors qu’au-dessus d’eux les dragons dansaient, n’était pas des plus aisés. Mais la récompense n’en serait que meilleure. Tout juste la porte passée, elle se défila de son prince du soir pour s’avancer à la lumière du jour qui filtrait à travers les voiles bleutés des fenêtres. Dos à lui, elle l’écoutait bouger, fermer la porte alors qu’elle attacha doucement ses cheveux, dévoilant la peau clair de sa nuque. Lentement, malgré une certaine fébrilité, elle défit un à un les boutons de son haut, ondulant sous ses propres mains pour atteindre les plus inextensibles.
Le tissu s’écartant doucement, laissant apparaitre la peau claire et légèrement rosée de son dos, jusqu’à la naissance d’un plaisir encore dissimulé.

Elle se retourna, doucement, avançant vers lui en ancrant ses yeux océans dans les siens. L’eau bouillait en elle, semblable à un brasier, prêt à exploser à la moindre inattention. Glissant ses doigts sur son visage, elle se détourna pour atteindre la chambre où le lit n’attendait plus qu’eux.



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MessagePosté le: Ven 21 Aoû 2015 - 14:26 Répondre en citantRevenir en haut


Doryl Dunstan & le Brun Anduras


En ce jour, elle serait sienne. Anduras, le modeste Brun, avait gagné. Pas assez majestueux pour participer à un Vol Royal, trop banal même selon certains pour conquérir les ardeurs d'une exigeante Argentée, le saurien venait pourtant de mettre à mal tous ces préjugés et ces paroles de mauvaise augure. Il venait de battre le puissant et noble Elérion !
Une fierté débordante fit luire ses iris opalescents et rougis par l'excitation. Sa gueule entrouverte semblait esquisser un sourire triomphant tandis qu'il s'attardait à courtiser la magnifique Seresth. Anduras fit onduler ses muscles imposants pour mieux baller autour d'elle, badinant avec l'Argentée dont il admirait la superbe et l'harmonie de sa robe couleur poussière de lune et d'étoiles saupoudrée sur son galbe de Reine.

Rapidement, la malice et la taquinerie qui régissaient ses approches pour mieux la séduire disparurent pour laisser rugir son désir de la couvrir. A la fois prudent et audacieux, il se frotta à elle en grondant doucement. Leurs pattes pourvues de griffes redoutables s'allièrent et se délièrent, la membrane de leurs ailes qui s'effleuraient battit l'air comme s'ils étaient les maîtres de ces cieux. Il frotta délicatement sa tête à la sienne et la flaira avant de claquer des crocs près de son cou, traduisant la ferveur qui l'habitait. A plusieurs reprises, il se joua à battre puissamment des ailes pour la dépasser avant de l'attendre, plus haut, plus loin, pour finalement vriller doucement au dessus d'elle. Leur danse avait quelque chose de gracieux et annonçait, au grand bonheur du peuple Neutre, la venue irrémédiable d'une Empreinte.
Leurs petits jeux attisèrent l'exaltante flamme qui les dévorait. Puis Anduras tournoya une ultime fois autour de Seresth avant d'enfin la couvrir, le regard étincelant. Un rugissement qui transcenda le Màr retentit alors, message de ce Vol tant attendu. L'Argentée et le Brun vibrèrent d'un écho commun..

***


Doryl redoubla d'efforts pour ne pas se laisser emporter par la vague bouillonnante contre laquelle il parvenait encore à luter. Les ardeurs de son lié pulsaient en lui, presque dévastatrices tant il manquait de perdre le contrôle. Il s'agissait du premier Vol d'Anduras et l'humain n'avait jamais eu à subir pareil tourment commandé par les humeurs de son âme-soeur..
Lorsque la belle Méloïse posa ses petites mains pâles et fines sur son torse, ses paupières se fermèrent et s'attardèrent un peu ainsi, ravi par ce contact simple mais délectable. Lorsqu'il voulut apposer ses poignes sur les siennes, plus robustes et rugueuses, elle vint faire glisser la pulpe de ses délicieuses lèvres comme on tend à voler un baiser. Doryl, incapable de réprimer un frémissement, dut se faire violence pour ne pas céder à la passion alors qu'ils étaient encore entourés par la foule.
Enjôleur, un sourire au coin de la bouche, l'humain ne lui glissa que ces quelques mots avant de la suivre alors qu'elle se rendait dans ses appartements :

- Je tiens toujours mes promesses.

Sous les regards de certains curieux, Méloïse ouvrant la voie, Doryl marchait d'un pas rapide dans son sillage. Quelque part, eux aussi effectuaient leur danse même si elle s'avérait moins bestiale que celle de leurs liés.
Une fois arrivés, prestement, Doryl claqua la porte et commença à défaire les lacets de sa tunique. Il manqua par la suite de tomber en ôtant ses bottes, le souffle déjà court. Mais alors que ses iris à la couleur d'une forêt au printemps se posèrent sur sa charmante compagne, il s'arrêta net. Il suivit avec ravissement le halo bleuté des rideaux qui s'échoua sur la peau de satin de Méloïse. Elle dévoila sa nuque en relevant sa chevelure de miel, gracile et méritant pléthore de baisers tant elle paraissait douce et lisse. Comme une pêche à peine rosie par le soleil, la belle elfe dévoila toute la perfection de son derme digne des princesses que l'on trouvait dans les contes. Doryl déglutit difficilement à la vue de ses courbes fines et raffinées, mais il ne put s'empêcher de sourire avec victoire. S'il n'était pas tant coureur de jupons, il pourrait au moins se targuer d'avoir connu les bras de cette créature à la beauté indéniable.

Doryl se mordit la lèvre inférieure en admirant sa compagne d'une nuit qui s'avança vers lui, dégustant d'avance le moment qu'ils allaient tous deux partager. Il se noya sans gêne dans l'océan de ses yeux aux teintes océaniques, lui offrant la jungle de verdure des siens. La caresse de ses doigts le fit doucement trembler, et presque pénitent, il la suivit jusque la couche.
Il jeta à terre sa tunique pour dévoiler un buste musclé et de larges épaules où reposaient à peine les pointes de sa chevelure d'un brun profond. Desserrant la ceinture de son pantalon, il attira les lèvres de Méloïse aux siennes en passant sa main derrière sa nuque, entremêlant quelques unes de ses mèches blondes entre ses doigts.

Malgré la passion qui les tenaillait en raison des ébats de leurs liés, Doryl se voulut patient et charmant, soulevant ainsi la jeune elfe pour la déposer délicatement sur les draps. Il la rejoint alors et la courtisa longuement, allant de caresses en étreintes, passant par quelques baisers qui parcoururent le corps de la belle Méloïse avant de se conclure par une charnelle vénération de celle qui fut sa princesse pour la nuit. La chambre étouffa avec peine leurs gémissements et bientôt les draps furent trempés de leurs ébats.
Doryl, accomplissant sa dernière offrande, ne vit plus défiler que les paysages qui s'offraient aux yeux de son lié, comme s'il y était, comme s'il était un dragon. Ces images ne perdurèrent que quelques instants avant de disparaître au moment où Seresth et Anduras se séparèrent, clamant toute la réussite de leur Vol. Et ainsi fut-il.



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MessagePosté le: Mar 25 Aoû 2015 - 21:56 Répondre en citantRevenir en haut

et

L'Argentée Seresth et Méloïse Feride


Dans quelques mois, les sables chauds se verraient fouler par des pattes à la fois bipède et saurienne. Dans un autre chant, des vies s'éveilleraient pour se lier avec celle que le destin avait choisie. Ce moment, toutes les mères le redoutaient et l'attendaient, mais il n'était pas encore l'heure de se poser ses questions.

Le ciel vibrait de l'ardeur et l'excitation du couple qui évoluait en son sein. L'écho de la danse semblait résonner dans chaque mur, chaque fissure. Chacun savait en cet instant que le renouveau était venu.

Seresth laissait son partenaire danser avec elle, acceptant les caresses, entrecroisant ses griffes aux siennes comme une étreinte éphémère. Elle l'avait choisi parmi les autres, parmi la dizaine de dragons ayant suivi son vol. Elle bifurqua pour admirer le vainqueur. Brun, mais non sans force, ses écailles semblaient luire d'un halo cuivré sous le ciel bleu du dôme. Un dragon parfait pour cet instant. Fort, rapide comme le démontrait sa présence, mais aussi intelligent et malicieux. Quiconque aurait à redire de son choix goûterait à une remarque cinglante.

Un claquement de mâchoire succéda à celui de Brun, violent, presque incontrôlable, démontrant à son tour le feu qui l'habitait en cet instant, la passion qui courrait dans ses veines et l'envie de ne pas éterniser cette valse aérienne. Prenant à son tour de la hauteur, elle fondit sur lui, l'effleurant de tout son corps, son esprit touchant le sien. Elle était prête à s'offrir, à laisser leur corps se toucher plus que de raison.

Dans un rugissement de victoire et de fierté, elle se laissa faire sien, acceptant cet ultime dont de soi.

°oOo°


Lié à celle qui partagerait son âme pour encore de longues années, l'elfe sentait son corps vibrer au rythme des effleurements et des coups de griffes. Chacune de ses veines était parcourue d'une chaleur digne d'un volcan. Mais elle n'y succomberait pas tout de suite.

Dans la chambre, le silence semblait avoir envahi les lieux pour le moment. Les mots étaient inutiles lorsque deux personnes dansaient ainsi. Elle se tourna vers lui, près du lit, laissant aller ses yeux sur l'Humain, ne se privant pas de détailler le torse qui s'offrait à son regard, parcourant la couleur de sa peau, les courbes que le dessin des muscles offrait.
Plongeant son regard dans le sien avant de fermer les yeux, ses doigts fins effleurent les sillons de son corps, les découvrant un peu plus.

Elle ne rompit le baiser que lorsque ses pieds quittèrent le sol, s'alanguissant légèrement sur les draps fins qui n'attendaient que la suite.
Mais elle n'était pas femme à laisser mener toute la danse. L'accueillant contre elle, elle explora à son tour toute la volupté qui s'étendait devant elle, tant dans le souffle chaud, tant dans une caresse aérienne, suivant les rivières et les vallées qu'offrait le corps du chevalier. Profitant d'un léger mouvement de bassin, les derniers remparts de tissu rejoignirent ses compagnons au sol alors qu'elle alla découvrir du bout des doigts le mystère qu'il pouvait dissimuler.

Le silence avait pudiquement détourné les yeux alors que les soupirs se mêlaient les un aux autres dans un chant unique.
Et lorsque le feu fut si intense qu'il n'était plus permis de faire demi-tour, elle accepta d'accueillir en elle cette ultime offrande, cambrant doucement ses lignes alors que ses doigts se perdaient entre les mèches brunes du chevalier. De ses lèvres rosées elle lui offrit un dernier soupire, de ceux qu'elle ne murmure que lorsque leur union ne s'arrêtait pas à leur seul corps, offrant à son amant ce précieux cadeau.

Le silence revint doucement, troublé uniquement la respiration hiératique de ceux qui ont fusionné le temps d’une nuit. Elle n’était pas de celles qui mettait à la porte et lui laissa tout le choix de partir lorsque l’envie lui prendrait.
Allongée à côté de lui, elle se redressa un peu pour se saisir d’une petite fiole turquoise sur la table de nuit. La nuit porterait ses fruits, mais ce n’était pas à elle d’en être le messager.
Doucement, elle en avala la contenue avant de se blottir contre le corps chaud et somnolent de Doryl. Dans un dernier soupire d’aise, elle ferma les yeux et alla rejoindre les bras d’Aran’Rhiod.



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