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 [RP] Fire and Ice (/!\ violence content) Sujet suivant
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Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Lun 9 Fév 2015 - 12:38 Répondre en citantRevenir en haut

} And I still wonder
Why our heaven has died
The skies are all falling
I'm breathing but why?
In silence I hold on
To you and I {



Le 21 Solayeku

    Les semaines s’étaient écoulées paisiblement, sans que rien de notable ne soit arrivé. Il avait passé beaucoup de temps à travailler avec Anaviel à l’observatoire, s’instruisant et travaillant à ranger les documents ou encore à les remettre en état. Les derniers évènements avaient laissé des traces de leurs passages, nettement visibles dans la tour, et il ne manquait pas de chose à faire. Pas mal d’archives, de manuscrits et autres parchemins avaient soufferts et Astère tentait de leur redonner une seconde vie avec patience et dévotion.
    Il pouvait ainsi lire des choses qu’un aspirant n’aurait peut-être pas pu lire aussi aisément. Rien sur les secrets du mär, mais des documents sur l’histoire de Tol Oréa dont il savait si peu, et sur leurs ancêtres à tous, les Valherus. En parallèle, il continuait de lire tous les documents contenant le mot « dragon » qui lui tombaient sous la main, se nourrissant de ces mots et de ses lignes écrites si longtemps auparavant.
    A cela s’ajoutait les entrainements un peu plus spéciaux, un peu plus physique que lui imposait Anaviel dès la levée du jour. Avec son humour cynique et son imagination débordante, Astère n’avait pas le temps de s’ennuyer. Sinon, il ne pouvait pas dire que l’elfe était un mauvais professeur. Il était différent de ceux qu’il avait rencontré bien avant, différent de celui qu’il avait côtoyé dans son enfance. Et c’était sans aucun doute pour le mieux.

    De temps à autre il avait dû se rendre à Loméanor pour refaire un peu leur stock d’encre, de plume et de parchemin. Zaknafein et lui partait seuls et revenaient chargés comme des ânes. Ce poids supplémentaire ne gênait pas le fier dragon brun, il en fallait bien plus que ça pour l’encombrer. Le demi en profitait alors pour tenter de faire un peu plus connaissance. Bien sûr, où qu’il aille avec Zak, Anaviel pouvait le suivre grâce au lien qui l’unissait à son âme sœur. Mais Astère n’en avait cure, il ne posait pas de questions à son propos, ne s’intéressait qu’aux dragons, si nouveaux pour lui.
    Cela faisait deux mois qu’il était arrivé et qu’il avait découvert cet univers. Et en deux mois, il avait eu le temps de se faire des ennemis. Son Kaerl était pleins de personnes peu fréquentables, mais il n’était pas vraiment différent, au fond. Il ne se jugeait pas de ceux que l’on fréquente aisément, et ne voulait pas en être. Il s’était, d’ailleurs, très peu ouvert. Le seul qui avait profité de son humeur taciturne sans trop en faire les frais était un neishaan du kaerl céleste qu’il avait rencontré lors d’un entrainement dans la Sylve de Norui.
    Leur deuxième rencontre s’était d’ailleurs terminé de manière assez énigmatique lorsque Meccaya lui avait avoué avoir voulu le voir dans le pendentif aux étranges pouvoirs qu’il possédait. C’était un comble de savoir que c’était Astère qui le lui avait offert lors d’un très étrange rêve. Pour autant, le demi n’avait pas compris l’intérêt que pouvait lui porter le jeune homme et il avait choisi de disparaitre dans les ombres et de le laisser avec ses craintes et ses interrogations.
    Ca ne l’intéressait pas, il préférait sa solitude, était-ce difficile à voir ou à comprendre ? Peut-être que la vie qu’avait vécu Meccaya l’empêchait de comprendre.
    Si bien que lorsqu’ils s’étaient à nouveau croisés deux ou trois fois à Lomeanor ces dernières semaines, il avait décidé de l’ignorer, se contentant d’être assez poli, parfois, pour répondre un simple « bonjour Meccaya ». Et il n’avait laissé ni chance ni possibilité au neishaan de continuer la discussion, s’arrangeant toujours pour avoir quelque chose d’urgent à faire loin de lui.

    S’il le fuyait ? Plus ou moins, oui. Certains l’auraient traité de lâche et de couard devant un tel comportement mais le demi avait ses propres raisons. Il n’avait pas envie de discuter de quoi que ce soit avec, pas envie de réfléchir, pas envie de laisser le neishaan croire qu’il existait un lien possible entre eux. Il ne voulait toujours pas le laisser briser son silence et découvrir ses secrets. Il ne voulait pas lui ouvrir son cœur, en dépit de toute la gentillesse et la reconnaissance qu’il lui avait témoigné jusqu’alors.
    C’était sans doute les raisons qui le poussaient à agir ainsi. Le blond était beaucoup trop gentil, beaucoup trop innocent, beaucoup trop bon. Toute cette candeur, toute cette chaleur qui émanait de lui… Il y était réceptif mais la refusait. Car s’il la laissait pénétrer, elle fausserait son équilibre. Et il n’avait pas le désir de voir ce dernier modifié. Il préférait rester ce qu’il était et avancer à son rythme sans que les autres autour de lui n’interfèrent.
    Pour autant il n’avait pas arrêté de se poser des questions au sujet du médaillon. Pourquoi ? La question revenait fréquemment dans son esprit. Il avait essayé d’y trouver une réponse seul mais savait que s’il voulait la vérité il lui faudrait se confronter à nouveau au jeune neishaan. Il devrait lui laisser entrevoir une faille dans sa carapace. Il voulait comprendre, il voulait savoir ! Il détestait rester dans le flou comme c’était le cas à présent.

    Alors, il décida qu’il était temps de le chercher et de faire la paix avec sa curiosité. Pour autant, il ne le trouva pas et ce n’est qu’en milieu de journée, alors que le soleil irradiait d’une chaleur intense, que la rencontre eu lieu.
    A nouveau le neishaan semblait aux prises avec des gens peu recommandables. Et comme il avait besoin de réponses, il n’était pas possible de les laisser faire leur affaire avec le pauvre Meccaya. Il n’hésita que le temps d’une fraction de seconde et avant d’en avoir pris conscience il avait déjà envoyé son poing dans la figure de l’agresseur. Il y eut un craquement sonore et le nez de l’homme au visage rougeau se mit à saigner abondamment. Il émit un grognement sourd et ses yeux s’emplirent de haine alors que le demi était déjà sur ses gardes, l’épée au clair. Mais visiblement, malgré sa rancœur, il ne devait pas se sentir capable de transformer le géant en petit bois car il choisit de s’enfuir en lui promettant que la prochaine fois il l’aurait.
    Astère soupira et se tourna vers Meccaya, lui coupant l’herbe sous le pied en prenant la parole avant lui.

    « Je sais que vous allez encore me dire que je vous ai sauvé et que vous m’êtes redevable mais avant que vous ne recommenciez à trouver que je suis un homme bon, sachez que je ne l’ai fait que dans mon propre intérêt. »

    Il posa un regard appuyé et qui en disait long sur la véracité de son propos sur le visage autrefois apeuré du neishaan. Puis il reprit, d’une voix plus basse, à peine un murmure.

    « J’aimerai comprendre, Meccaya. Pourquoi vouliez-vous me voir dans votre pendentif ? »


Dernière édition par Astère Jan Neihya le Mer 11 Fév 2015 - 01:16; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 9 Fév 2015 - 12:38 Revenir en haut

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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Lun 9 Fév 2015 - 20:10 Répondre en citantRevenir en haut

"- Lâchez-moi !"

Le neishaan chercha à dégager son bras de la poigne de cet ivrogne. Il le serrait trop fort, c'en était douloureux. Iel se débattait de toutes ses forces, refusant de s'approcher plus de ce mâle en manque de contact physique qui avait brusquement décidé qu'iel faisait une jeune femme fort appétissante. L'aspirant Céleste avait eu beau lui crier de le laisser en paix, l'humain n'avait pas réagi. Mais surtout: les autres bipèdes environnants n'avaient pas réagi. Meccaya paniquait, désormais. Iel ne voulait pas subir ça ! Cette menace tacite qui avait depuis toujours plané au-dessus de sa tête… Iel ne voulait pas. Iel devait y échapper, iel n'était pas fait pour ça ! Où étaient les êtres qu'iel chérissait, en ce moment ? Pourquoi n'arrivaient-ils pas, ces héros ? Nechama n'avait pu l'accompagner dans sa mission à Lomeanor, occupé à d'autres choses. Aaron… Oh, Aaron. Meccaya ignorait qu'il était la cause de cette désagréable sensation qui grandissait peu à peu en lui, le rendait de plus en plus fréquemment mélancolique. Pour lui, ces humeurs n'avaient pas de raison d'être, iel s'était contenté d'essayer de les chasser à grands renforts de décoctions diverses et variées, sans oser en parler à son maitre ou son cousin de coeur. Comment pouvait-iel être malheureux dans son monde idéal, peuplé de dragons ? Pas de sens, pas de sens. D'autant plus qu'iel avait un maitre adorable, que son apprentissage se déroulait fort bien, qu'iel en apprenait de plus en plus tant sur les dragons que sur sa famille, sur les rêves… Nalesean l'ayant pris en apprenti, ses désirs n'étaient-ils pas tous comblés ?
Enfin, n'avait-iel pas toutes les raisons du monde d'être heureux, avant de croiser ce mâle irrespectueux ? Sentant le contact chaud et moite de la chemise de son agresseur, Meccaya ferma les yeux, très fort, se débattit de plus belle. Iel ne voulait pas voir ça, iel ne voulait pas connaitre ça. Dès que la sensation disparut, iel bondit pour s'écarter de cet individu qui ne symbolisait que trop bien une de ses plus grandes peurs. Iel se retourna, néanmoins. Si la situation avait tourné à son avantage, c'est qu'il s'était passé quelque chose. Pâle, le coeur battant la chamade, insensible au reste du monde, Meccaya vit son expression passer d'une mine effrayée à une neutralité tout juste teintée d'inquiétude, lorsque'iel reconnut son éternel sauveteur. Impossible de ne pas le reconnaitre. Ces cheveux ondulés qu'iel avait vus ruisselants d'eau, cette tenue sobre, cette aisance dans le maniement des armes…
Iel n'était ni heureux, ni malheureux de le voir.

Le Céleste leva le nez vers son sauveur quand ce dernier revint vers lui. Iel voulut soutenir son regard, lui montrer qu'iel n'avait pas peur de lui, et, quelque part,q u'iel lui en voulait, mais iel n'y parvint pas. Sa nature reprit le dessus, iel détourna le regard.
Nahlot Laan. Iel avait essayé de se dire qu'iel n'était pas malheureux que cet ardent ce soit enfui ainsi, que c'était une bonne chose de ne pas trainer avec un être si peu respectueux de la vie. Iel s'était dit que de toutes façons, ce n'était pas important, il n'y fallait pas penser. Nahlot Laan. Iel avait répété la formule mentalement, sans regarder l'amulette, plusieurs fois, sans pouvoir s'en empêcher, et peinait à l'admettre. Nahlot Laan… Iel avait plusieurs fois regarder la pierre de l'amulette, noire. Iel ne voulait pas essayer de revoir l'Ardent. Iel n'en avait pas besoin, pas besoin. Pourtant, l'expression revenait sans cesse, comme poussée par un esprit malin. Nahlot Laan… Impossible de retirer de son esprit les images qui s'associaient à cet être et, avec ces images, l'amer souvenir de sa défaite. L'amulette n'était plus désormais qu'un souvenir tangible de cet instant honni. Pourtant, iel s'était refusé à la retirer de son cou. La seule fois où iel avait tenté, l'amulette l'avait hantée toute la journée. Nahlot Laan… Iel y avait re-pensé ces quelques fois où iel avait croisé Astère, où iel aurait aimé lui poser mille question, et où, au final, l'Ardent avait paru le fuir. Iel n'était pas dupe. Pourtant, à chaque entrevue, iel faisait de son mieux pour se le répéter: ce n'est pas grave, cela n'a pas d'importance. Nahlot Laan...
Meccaya lui en voulait, désormais. C'était ridicule, cette rancoeur n'avait pas de raison d'être. Astère n'avait rien fait que l'on puisse lui reprocher. Oui, il s'était enfui devant lui, mais n'était-ce pas plutôt la faute de l'androgyne ? Iel lui en voulait, mais refusait de se laisser guider par cette rancoeur. Peut-être parce qu'une autre partie de lui avait déjà pardonné à Astère, voulait à nouveau le remercier, à nouveau tenter sa chance.
Quel intérêt pouvait avoir cet Ardent à défendre un Céleste qui ne l'intéressait pas ? Qu'il avait fuit ? Quand l'androgyne eut la réponse, d'acides répliques lui vinrent en tête. Iel leva vers Astère un regard d'incompréhension mêlée d'une pointe de reproche qu'iel ne formulerait pas. Iel aurait pu poser la question quelques semaines plus tôt. Non… Iel aurait dû. Parce que là, le premier réflexe de l'androgyne était de n'avoir pas du tout l'envie de coopérer. D'autant plus qu'iel n'avait toujours pas la réponse à sa question. Iel aurait voulu le regarder avec un air de défi, et partir, ou l'envoyer paitre d'une réplique bien sentie. Mais le sens de la répartie, dans ces situations, n'était pas son fort. Et surtout: jamais iel n'arriverait à son but en lui parlant ainsi. Son but ? Iel n'en avait qu'un seul qu'iel osait s'avouer: apprivoiser cette bête sauvage. Ou au moins, ne pas la faire fuir. Même si dans son esprit, cela sonnait plutôt comme "ne rien faire qui soit un manque de respect envers un autre être vivant", avec option facultative "être appréciable pour cet autre être vivant".

"- Je ne sais pas. Cela vous importe ?"

Iel avait essayé de mettre le plus de douceur dans sa voix, avait essayé de bien montrer que la question était sincère, avait essayé de cacher son ressentiment. Mais peut-être qu'Astère décèlerait jusqu'au sous-entendu derrière cette question. Pourquoi diantre cela lui importait-il aujourd'hui seulement, après tout ce temps, après tous ces moments où ils s'étaient entrevus et où il l'avait soigneusement évité ? À moins que ce ne soit qu'un artifice, pour justifier qu'il ait pu avoir envie de sauver quelqu'un…?
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2015 - 12:47 Répondre en citantRevenir en haut

} Blinded by faith
I couldn't hear
All the whispers
The warning's so clear {


    Son geste avait été calculé mais il s’était attendu à une toute autre réaction de la part du jeune neishaan. Il avait fini par « s’habituer » à sa sempiternelle rengaine, à l’admiration ou il ne savait quel autre sentiments qu’il avait vu briller dans ses yeux. Pourtant, l’effroi qui crispait son beau visage ne se transforma pas en sourire cette fois. L’expression devint plutôt neutre, comme lui-même savait si bien faire, voire quelque peu inquiète. Quelque chose d’inhabituelle donc. Il pouvait sentir la tension qui s’était créée entre eux, il pouvait sentir que quelque chose était différent.
    Pour autant, devait-il en être peiné ? Non. Et il ne l’était pas. Il était le premier à avoir choisi de fuir le neishaan, à avoir tenté d’échapper à sa reconnaissance grandissante. Il récoltait ce qu’il avait semé, son attitude avait provoqué un changement chez Meccaya, quelque chose qu’il n’avait pas vu avant. Mais il ne le connaissait pas assez intimement, il n’avait pas passé assez de temps avec lui pour savoir s’il était réellement le déclencheur de ce changement, ou bien si en réalité il avait juste réveillé quelque chose qui sommeillait au fond du cœur du blond.
    Et ça n’avait pas d’importance, il voulait juste une réponse, la réponse à sa question. Pour le reste, Meccaya ne subirait pas d’atteinte à sa pudeur par un alcoolique aujourd’hui, c’était déjà ça de pris pour lui. Astère vit le neishaan lever les yeux vers lui, se perdre quelques secondes dans le sien, tentant sans doute de soutenir le gouffre sombre que contenaient ses pupilles, pour finalement détourner les yeux. Le demi ne s’en formalisa pas, c’était une forme de fuite, mais le neishaan était toujours présent et il avait donc toujours la possibilité d’obtenir une réponse. Il voulait ramener le calme dans la tempête de son esprit en ébullition et il ne lâcherait pas le céleste tant que ce dernier ne lui aurait pas répondu.

    Meccaya était comme un livre ouvert et Astère n’avait qu’à observer son visage pour arriver à déterminer ce qu’il ressentait, en grande partie. Il y avait des signes qui ne trompaient pas, la manière de bouger ses lèvres ou de les mordiller par exemple, ou encore le nombre de battement de paupière dans un laps de temps donner, des froncements de sourcils ou de nez… Il y avait pleins de petites choses, parfois à peine perceptibles, qui pouvaient indiquer un changement de pensée ou de ressenti chez quelqu’un.
    Et pour le moment le demi pouvait presque voir le combat intérieur qui se déroulait dans l’esprit du neishaan, entre sa rancœur et l’envie de pardonner encore son comportement. Bien sur il n’était pas devin, ne savait pas exactement à quoi était dû ses changements d’expressions ou les nuages sombres qu’il aperçu un court instant dans les beaux yeux noisettes.
    Mais il devinait assez bien que le blond ne se sentait pas dans une position des plus confortables. Mais après tout, il était le premier à avoir déclenché les hostilités, lui, l’ardent, qui avait choisi de fuir plutôt que de faire front. Alors, si Meccaya s’était mis à le détester et ne voulait pas lui parler, c’était son droit, sa liberté. Il ne s’en formaliserait pas. Mais pour autant il n’abandonnerait pas, il finirait par savoir. Il finirait par avoir ce qu’il était venu chercher.

    Lorsqu’enfin le jeune homme décida d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose, Astère ne s’attendait absolument pas à un tel acte de rébellion de sa part. Si bien que la surprise fut clairement sur son visage, rien qu’un instant, un court instant. Mais c’était suffisant pour que son interlocuteur ait pu la voir. Bien, ça n’avait pas d’importance, la faille ne faisait que s’agrandir dans sa carapace sans qu’il n’en prenne réellement conscience. Il se croyait toujours intouchable, imperméable à tout un chacun et n’avait pas vu que l’innocence et la douceur de Meccaya s’étaient déjà attaquées de manière efficace à ses défenses, les rognant lentement mais surement.
    Le céleste avait posé sa question d’une voix douce, comme pour enrober son ironie et l’acidité de ce qu’il pensait réellement dans un peu de miel pour que le message passe mieux. Il y avait peut-être une innocence vraie dans cette question, mais le demi comprit aussi le sens caché derrière ces si courtes paroles : pourquoi maintenant ? Pourquoi venait-il le sauver à nouveau maintenant, après l’avoir fui encore et toujours ses dernières semaines ?
    Mais Astère ne voulait pas répondre à ces questions, quand bien même il possédait les réponses. Surtout si Meccaya décidait de ne pas les poser, de laisser son courage de côté pour ne pas l’affronter.
    Ils ne se touchaient pas, mais on pouvait clairement sentir la tension qui existait à présent entre eux, un lien s’était formé, fait d’interrogation, d’incompréhension, de rancœur et de pardon. Quelque chose d’intangible dont ils n’avaient sans doute eux-mêmes pas conscience. Le brun, en tout cas, n’en avait pas encore pris conscience.
    Il laissa un instant le silence planer entre eux avant de finir par murmurer, d’une voix neutre et basse.

    « Si cela n’avait pas d’importance, je ne vous poserai pas la question… »

    Il n’avait pas dit cela pour lui montrer à quel point sa question était idiote. Il ne l’avait pas fait sur un ton condescendant tout comme il ne l’avait pas enrober de chaleur ou de froideur pour lui montrer son contentement ou son mécontentement. C’était une réponse logique, la seule qu’il avait à lui fournir. Il voulait savoir, il n’y avait pas d’autre raison. Il voulait comprendre, comprendre l’intérêt du neishaan pour sa personne. Il voulait qu’il lui dise ce qu’il avait réellement cherché à voir de lui. Nahlot Laan. Les mots s’inscrivirent dans son esprit alors qu’il pouvait voir la fine chaine d’argent qui retenait le pendentif autour de son cou.
    Il avait refusé de voir à travers sa pierre sombre, il avait refusé cette offre, ce contact, cet essai malhabile de tisser un lien entre eux. Et il ne le regrettait pas. Que pouvait-il y voir ? Son vieux père en train de bécher la terre ou de nourrir les bêtes ? Néréah, pleine d’un étalon qu’il ne connaissait pas, regardant le temps passer ?
    Hreyan. Le nom apparut dans son esprit et l’image d’un neishaan aux cheveux longs souriant malgré les difficultés de la vie ne tarda pas à suivre. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas eu de pensée pour son ancien amant. Le premier, le dernier. Pour toujours et à jamais pensait-il injustement alors que son regard accrochait celui du neishaan, tentant de l’obliger à lui faire face, à le regarder.

    « Pourquoi ?... »

    Répéta-t-il encore avec une sincérité qui aurait été déconcertante pour tout ceux qui le connaissait. C’était à son tour à présent de ressentir un sentiment d’inconfort. Il ne voulait plus penser à tout ça, il ne voulait plus penser à ce qu’il avait laissé derrière lui. Il ne voulait pas regretter d’être parti, n’avait pas de raison de le faire.
    A présent, il était libre.
    Et il le resterait.
    Jusqu’à ce que la mort vienne le prendre.
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2015 - 22:33 Répondre en citantRevenir en haut

L'apparente surprise d'Astère n'échappa pas à Meccaya. Iel en tira un mélange d'inquiétude et de satisfaction qu'iel voulut mettre de côté, pour observer la réaction de son camarade Ardent. Inquiet parce que, visiblement, iel avait manqué de subtilité, et Astère pouvait très bien avoir lu le fond de ses pensées -ce qui n'était pas à l'avantage d'une relation pacifique. Satisfait, car avoir ainsi brisé la neutralité dans laquelle iel avait toujours connu cet homme-là avait quelque chose d'amusant. Iel avait touché le petit animal, que ce soit en bien ou en mal. Plus d'indifférence… Cette idée lui plaisait. Normalement, il ne devrait plus partir comme un goujat, comme un malappris qui se moquait de ce qu'il laissait derrière lui, tant que cela ne lui apportait rien. Mais naturellement, ce n'était pas parce que cela le touchait personnellement que Meccaya était satisfait d'une telle possibilité, n'est-ce pas ?
Le neishaan eut un léger froncement de sourcils à la "réponse" d'Astère. Ce n'était pas une vraie réponse. Pas pour quelqu'un qui paraissait aussi intelligent qu'Astère. C'était un échappatoire, au mieux. Ne croyait-il pas que l'androgyne savait fort bien qu'il n'aurait pas posé la question sans raison ? Malgré le peu qu'iel savait d'Astère, iel le voyait déjà comme quelqu'un qui ne s'encombrait que du nécessaire. Lui, ce qu'iel voulait savoir, c'était pourquoi, bon sang ! Pourquoi, par Flarmya, cette importance soudaine. Le Kaerl Ardent s'était-il brusquement intéressé à lui ? Il était improbable que cela vienne d'Astère, cela devait venir d'ailleurs…

S'iel avait été un peu plus semblable à son frère, Meccaya se serait mis dans une colère noire, en entendant l'Ardent répéter sa question. Il refusait d'expliquer l'origine de sa demande, et demandait qu'on lui rende la pareille ? Croyait-il vraiment que le monde marchait ainsi, à sa botte, gentiment ? Si ce prédateur désirait se désister aux lois de la société, c'était bien là son choix, mais il admettait alors que Meccaya fasse de même et, en ce cas, ne lui réponde pas. Quel intérêt avait-iel à le faire, lui ? Qu'y gagnait-iel ? Oh, il y avait bien une chose qu'iel gagnait, mais ce n'était plus suffisant pour le pousser à répondre. Par chance, pour Astère, Meccaya ne raisonnait pas en gain. Iel raisonnait en noms. Au nom de la vie qu'iel devait à Astère, au nom de la morale, iel devait lui répondre, et faire preuve du respect dû à tout être vivant. Mais par Aran'Rhiod, ce n'était pas l'envie de lui cracher ce qu'iel en pensait vraiment qui manquait !
Peut-être était-il possible pour Astère de distinguer les sentiments sombres qui traversaient l'esprit du neishaan, malgré la retenue dont iel faisait preuve, enfant bien éduqué, et enfant qui n'avait pas l'habitude des émotions de cet acabit. Astère avait réussi l'exploit d'animer de la colère en lui. Si bien qu'iel la transforma, pour pouvoir s'en exorciser. C'était là quelque chose qui lui arrivait environ une fois par dizaines d'années. Lui qui rechignait à exprimer ses émotions, de base, encore plus quand elles pouvaient être nuisibles…

"- …Quel est mon intérêt ? Vous vous êtes passé de moi sans souci, jusqu'alors, et soudainement je retrouve de l'importance à vos yeux. Importance dont je ne sais rien. Si j'avais la réponse, pourquoi vous la donnerai-je ?"

Iel avait magnifiquement repris le ton sur lequel iel lui avait parlé, dans son arbre. Le ton des conversations dont le caractère s'approche de la philosophie, où l'on exprime ses pensées en essayant de ne pas bousculer l'autre, bien que cela touche à ce qu'il y a de plus intimes chez les bipèdes…
Son visage ne changea pas d'expression lorsqu'iel enchaina, sans réfléchir:

"- Je ne vous ai pas menti. J'ignore ce qui m'a poussé à faire ça. Mais j'ai une hypothèse. Par exemple, j'aurais pu… Avoir envie de vous voir ?"

Qu'il se rassure: ce n'était plus d'actualité ! Non, Meccaya n'avait pas ré-utilisé son amulette pour lui. Iel n'y avait même pas pensé, d'ailleurs. N'est-ce pas, Mecca ? Nahlot Laan.
Ce qui était dommage, en revanche, c'était principalement qu'en prononçant ces mots, Meccaya découvrait leur sens, et la réponse à la question. Oui, iel avait eu envie de le voir, de ne pas se contenter des souvenirs qu'iel avait, et de son imagination. Iel avait voulu connaitre la vie de cet Ardent, et son visage. Iel avait agi sur un coup de tête.
Contournant Astère, Meccaya voulut donc partir. D'un pas nettement déterminé, contrairement à ses habitudes, et rapide.
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2015 - 00:44 Répondre en citantRevenir en haut

WARNINGS : Ce poste contient une scène à tendance violente/sexuelle qui peut éventuellement choquer les plus jeunes.


} You showed me dreams
I wished they'd turn to real
You broke the promise
And made me realise
It was all just a lie {


    La situation était devenue un peu perturbante, comme hors de contrôle. Lui qui aimait faire les choses à sa manière, lui qui avait pris l’habitude d’analyser les autres pour ne pas avoir de mauvaises surprises et pour agir à temps, se retrouvait dans une situation assez improbable. Le jeune neishaan semblait avoir changé sa manière de penser et d’appréhender les choses. Il y avait quelque chose qui s’était brisé en lui, comme si une partie de son innocence s’était envolée au profit de sentiments plus sombres, plus mauvais. Comme si Astère, d’une manière ou d’une autre, avait déteint sur lui.
    Où était l’innocence de leur première rencontre ? Ou était ce regard poli planter dans ses pupilles d’azur liquide ? Où était l’assurance de la passion ? L’amour de la vie ? Tout ne semblait pas perdu, une partie seulement et Astère, s’il avait été une autre personne, s’en serait sans doute sentie blessé. Mais il était ce qu’il était, et l’attitude de Meccaya ne participait qu’à le faire se renfermer un peu plus en lui-même. Il le confortait dans son choix de vivre seule, dans la solitude la plus extrême, et de n’accorder ni ses sentiments ni sa confiance à quiconque.
    Pourtant, quelque part au fond de lui, la découverte de ces facettes du neishaan l’amusait autant qu’elle participait à le faire douter. Oui, il doutait. Il doutait finalement de parvenir à avoir la réponse qu’il était venu chercher. Chose rare chez lui qui était du genre têtu, égoïste et qui pouvait se montrer très persuasif.
    Mais rien n’était encore joué, tout pouvait encore basculer, il suffisait qu’il s’en donne la peine et que, pour une fois, il essaie de brosser son interlocuteur dans le sens du poil pour parvenir à ses fins. Il ne savait pas encore comment il devait s’y prendre, n’étant pas très fort à cet exercice.

    Pour l’instant, il se contentait d’observer Meccaya, tentant de percer le secret de ses pensées en plongeant son regard dans le sien. Mais il ne pouvait pas tout savoir, tout comprendre, tout deviner. Même s’il pouvait ressentir la tension entre eux, même s’il pouvait entrapercevoir la rancœur du blond. Il ne pouvait pas savoir toutes les questions qu’il se posait par exemple. Il ne pouvait pas non plus comprendre qu’iel n’avait pas l’habitude de cet amalgame de sentiments néfastes au fond de son cœur.
    Parce qu’il n’avait pas ce genre de pouvoir et parce qu’il se sentait à la fois démuni, confus, amusé et désabusé, Astère s’était à nouveau refermé sur lui-même. Son visage était lisse comme habituellement, ses lèvres étaient closes sans être serrées par la raideur… Il était à la fois tendu et décontracter, dans un mélange savant dont il avait le secret. Et comme Meccaya l’avait pratiquement toujours vu jusqu’alors.
    Finalement le neishaan décida d’ouvrir la bouche pour enfin dire quelque chose. Il avait repris le ton de la conversation mais le choix des mots montraient clairement qu’il aurait pu être plus agressif, plus brutal s’il s’était laissé aller à sa fureur sans la moindre retenu. Astère le nota mentalement, pour ne pas oublier qu’il était capable de par son comportement naturel et ses joies, de rendre quelqu’un en colère. Que cette personne la laisse éclater ou non ne dépendant pas de lui.
    Il lui demanda qu’elle intérêt il pouvait bien avoir à répondre à sa question alors que lui-même avait choisi d’évincer la sienne. C’était, ma foi, une interrogation logique quoi que peut-être un peu inhabituelle pour un céleste. Y avait-il dans leur rend des personnes assez vénales pour penser à échanger constamment plutôt que de donner librement ?... C’était une question à méditer et à laquelle il devrait pouvoir tôt ou tard trouver une réponse, en patientant un peu.

    Il n’avait rien dit, n’avait même pas fait mine de lui donner quelque chose en retour que finalement, la réponse tomba comme un couperet sur sa tête. Il avait juste eu envie de le voir. C’était plus que surprenant, avait-il donc éveillé sa curiosité ? Lui, il avait voulu le voir lui ? Pourtant il avait été égal à lui-même et détestable au possible. Et malgré tout le neishaan avait simplement voulu le voir dans son pendentif, sans autre raison apparente.
    Le cerveau d’Astère avait déjà entreprit de construire des schéma logique dans son esprit pour tenter de comprendre pourquoi. Pour tenter de comprendre ce qui, lors de leur première rencontre, avait déclenché cette envie chez Meccaya. Il se repassait les souvenirs de cette nuit, tentait de se rappeler de quoi ils avaient parlé.
    Mais il ne se souvenait pas des détails car il n’avait pas prêté beaucoup d’importance à cette rencontre. Elle avait été insignifiante, presque un calvaire pour lui qui n’aspirait qu’à la tranquillité et la solitude. Mais visiblement elle avait été plus marquante pour son vis-à-vis, d’une toute autre manière.
    Mais déjà ce dernier, ce rendant compte sans doute, de ce qu’il venait d’avouer, le contournait pour le fuir, adoptant la propre technique qu’il avait choisi de mettre en place les semaines précédentes dès qu’il l’apercevait. Et il marchait vite, le bougre, malgré ses petites jambes grêles !
    Pour autant, Astère n’eut aucun mal à le rattraper. Et sa décision était prise, même si son attitude, alors qu’il se mettait en travers de sa route, était loin d’être agressive, il savait d’hors et déjà que le neishaan ne sortirait pas indemne de cette confrontation. Qu’il ne le laisserait pas s’attacher à lui.
    Qu’il fallait détruire le lien nouvellement créé. Et pour ça, Astère savait qu’il devait amener Meccaya à le craindre voir même à le détester du plus profond de son cœur. Pour qu’il n’ait plus jamais envie de le voir.
    Pour qu’il n’ait plus jamais envie de l’entendre, de le rencontrer. Pour qu’il oublie l’intérêt qu’il avait développé.

    « Meccaya, j’aimerai vraiment comprendre. C’est pourquoi je suis vers vous après avoir tenter de vous fuir ces dernières semaines. Personne ne m’a témoigné ce genre d’intérêt auparavant. Alors, si nous allions en discuter dans un endroit calme où nous pourrions nous asseoir, qu’en pensez-vous ? »

    Un peu de sincérité n’allait pas le tuer. Un demi-mensonge non plus. Et personne, ô non personne, ne devait à nouveau lui témoigner ce genre d’intérêt.
    Plus jamais.

    Le neishaan parut visiblement surpris par sa demande mais il décida d’accepter quand même et de le suivre. Il parut un peu boudeur au début mais plus le temps passait et plus il semblait retrouver sa bonne humeur habituelle.
    Lomeanor était bondée en ce milieu de journée et il y avait du monde absolument partout. Si en tant normal, Astère aurait évité la foule, aujourd’hui il décidé de s’y engouffrer, choisissant une auberge où il avait déjà séjourné. La salle commune était bondée et les rires et les cris résonnaient gaiement dans la pièce de taille correcte.
    Il jeta un coup d’œil pour vérifier que le blond le suivait toujours et se faufila jusqu’au comptoir sans trop de mal grâce à sa haute stature. Il demanda une chambre et l’aubergiste lui de donna une sans rechigner, n’étant pas du genre à vouloir savoir ce qu’un client pouvait bien faire d’une chambre en pleine journée. Il leur montra alors le chemin et les laissa devant la porte ouverte. Si l’on entendait les bruits de conversations jusqu’au premier étage où il se trouvait, ça ne troublait pas beaucoup le calme et la paix qui régnait ici.
    En vrai gentleman, il fit signe à Meccaya de passer le premier avec galanterie puis referma la porte derrière eux. C’était une chambre d’allure rustique, qui ne comportait qu’un gros lit double et une chaise dans un coin pour y poser d’éventuelles affaires. Mais avant que Meccaya ne choisisse de s’y asseoir, Astère s’était approché de lui. Prêt de lui. Trop prêt de lui.
    Il ne lui laissa pas d’échappatoire et l’obligea à reculer jusqu’à rencontrer le lit et s’étaler dessus.
    Il posa une main sur le torse du céleste, une main inquisitrice, pour le forcer à rester là. Il se pencha au-dessus de lui et vint murmurer à son oreille, ne lui laissant aucune échappatoire.

    « Il y a quelque chose que vous semblez avoir oublié, Meccaya… »

    Il souffla dans son cou, y posa ses lèvres brûlantes un instant, goûtant le parfum de sa peau, avant de reprendre.

    « Je ne suis pas comme vous… Je ne suis pas une personne innocente et fréquentable… »

    Il suivit la courbe de sa mâchoire, croisa son regard. Ses yeux d’azur étaient froids et on pouvait y lire sa résolution d’aller jusqu’au bout. Le bout de son nez frôla la peau tendre des joues pâles quoique soudainement un peu rouge.

    « J’ai beaucoup réfléchi, et je crois que j’ai décidé moi-même de prendre mon dû pour les services que je vous ai rendu… »

    Sa voix était langoureuse et pourtant froide. Il n’y avait aucune chaleur, aucune passion, aucun amour dans cet acte. La main qui était sur le torse de Meccaya commença à descendre lentement, si lentement, en direction de ses braies alors qu’il se redressait pour voir ce qu’il se cachait ici.
    C’était une ouverture, la seule qu’il lui laissait. S’il ne la saisissait pas, s’il se ne dégageait pas maintenant, alors Astère ne lui laisserait plus d’autres choix. Il irait jusqu’au bout, et le prendrait. Contre son gré.


Dernière édition par Astère Jan Neihya le Mer 11 Fév 2015 - 22:01; édité 2 fois
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2015 - 21:19 Répondre en citantRevenir en haut

[HJ: faut que tu mettes ton rp sous spoiler, mon choupifoin ^^]

Iel y avait cru.
Iel avait cru s'être fourvoyé, sur le compte d'Astère. Iel avait cru que la première impression avait finalement été la bonne, iel avait cru qu'Astère n'était pas si mauvais bougre, que c'était lui, vil Céleste, qui avait mal interprété son attitude. Quoi de plus normal ? Les humains interprétaient plus souvent mal les attitudes des animaux que l'inverse. Iel avait cru qu'Astère allait potentiellement s'excuser, qu'iel allaient pouvoir discuter, éveillés, dans un endroit confortable, comme ils l'avaient fait dans l'arbre. Iel avait cru entrevoir la possibilité d'un avenir où Astère et lui étaient camarades, où iel n'aurait plus peur en s'approchant de lui de le voir s'enfuir. Et plus besoin de Nahlot Laan.
Oui, Meccaya avait été surpris de la réaction d'Astère. C'était une agréable surprise cependant. Son humeur ne pouvait pas se mouvoir à loisir, contrairement à d'autres créatures de ce monde. Aussi s'iel parut boudeur le long du trajet, ce fut en grande partie parce qu'iel ne pouvait passer de la colère à la joie nuageuse en un claquement de doigt. Mais raisonnablement, iel avait estimé que ce qui lui arrivait était positif. Sa colère n'ayant plus rien à ronger se dissipa peu à peu. Lorsqu'ils arrivèrent dans l'auberge, il n'en restait,pour ainsi dire, plus rien.
Le neishaan observa les lieux et, cette fois-ci, c'était bien lui qui avait une attitude de petit animal. Beaucoup de monde. Iel n'aimait pas ça. Iel ne voulait pas rester là. Iel restait sage, auprès d'Astère, comme un enfant bien éduqué. Mais son regard, lui, passait frénétiquement autour d'eux, comme à la recherche d'un échappatoire.

Iel avait donc cru, tout naturellement, qu'Astère leur prenait une chambre véritablement pour profiter d'un peu de calme. Là, avec l'agitation, il était évident que discuter ne serait pas simple. Iel y avait cru, et l'avait suivi, naïvement, confiant, envers celui qui trois fois lui avait sauvé la vie. Iel y avait cru, plein de rêves et d'espoir, plein de belles idées sur les liens qui unissaient les Hommes, quelle que soit leur nature.
Ce n'est qu'en entendant la porte se refermer derrière lui qu'un doute s'insinua dans son esprit, vite écarté pourtant: pourquoi l'auberge ? Pourquoi pas un simple coin reculé du village ? Pourquoi pas la sylve, même, lui qui l'aimait tant ? Oh, sans doute avait-il ses raisons…
Iel y avait cru. Puis iel s'était retourné vers son prédateur.Très près de lui. Trop près de lui. Meccaya sentit le fantôme de sa douleur au bras se réveiller, comme un avertissement. Iel recula, pas à pas. Son expression figée, neutre, mais le regard brillant de peur. Iel refusait de croire son intuition. Ses yeux ne parvenaient pas à se détacher de ceux d'Astère. Iel ne voulait pas croire ce qu'il allait faire.
Le reste pour lui fut très flou, et allait rester flou dans sa mémoire. Les mains d'Astère, la pression de son corps contre le sien. Iel allait se souvenir avoir pensé "ça n'a pas de sens !" quand Astère avait annoncé n'être ni innocent ni fréquentable. Qui donc se vantait de pareilles choses ? Qui y trouvait orgueil, qui le pensait sérieusement ? Iel allait se souvenir de la sensation des lèvres sur lui, contact qui lui paraissait aussi blessant que le feu. La flamme que l'on rapprochait de lui le changeait en une créature terrifiée. Iel s'était débattu, iel s'était débattu autant qu'iel l'avait pu, opposant ses maigres forces à celles de son adversaire, faisant de son mieux pour porter des coups. Iel ne voulait pas vivre cela, surtout pas avec lui. La menace dans les mots d'Astère lui glaça le sang. La main qui glissait sur sa peau traçait une ligne douloureuse sur son chemin.
Dès qu'iel le put, dès que ses gestes ne furent plus entravés, Meccaya se dégagea de l'Ardent. bondissant hors du lit. Iel galopa vers la porte, sans adresser le moindre regard à Astère. Sans adresser le moindre regard à quoi que ce soit d'ailleurs. Iel traversa l'auberge et Lomeanor sans en voir autre chose que le sol. Iel voulait retourner au Màr. Maintenant. Son esprit appelait le dragon qui l'avait amené de toutes ses forces. Iel fuyait comme jamais iel n'avait fui, pas même en rêve.
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