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 [RP Officiel] Banquet de réjouissances et du renouveau Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév 2015 - 19:42 Répondre en citantRevenir en haut

Début Flarmyaku 918


Le soleil commençait à peine à atteindre son zénith quand les lourdes portes de la Haute Salle s'ouvrirent pour permettre aux premiers convives de pénétrer en son sein. Quelques membres Célestes avaient été étonnés qu'un banquet se fasse, malgré les derniers événements qui avaient ébranlés le Kaerl et ses habitants, qu'ils soient humains ou dragons. Mais ces sceptiques avaient vite été tues par leurs confrères ; ou consoeurs, sur l'importance de ces festivités. Même si le moral était au plus bas, qu'on pleurait encore les morts, le Màr Menel devait garder la tête haute et honorer le courage de tous ces dévoués combattants qui ont sacrifiés leur vie pour sauver le Kaerl. Honorer leur ferveur malgré les dragons des ombres qui avaient emportés tant de vies par un simple contact. Même face à leur invulnérabilité, tous s'étaient battus de leur mieux et jusqu'au bout. Tête redressée pour chasser l'obscurité qui a voilé le coeur et l'âme des célestes pour rechercher cette lumière avait toujours été la leur ! Voilà ce que les sceptiques avaient eu comme remarques face à leurs doutes. Et pour renforcer ces arguments, la salle avait été préparée en conséquence.

D'immenses et de longues guirlandes végétales avaient été accrochés le long des colonnes et d'autres pendaient des murs. Des lys de feu, tout fraîchement éclos, apportait une couleur vive des flammes vivantes et lumineuses, comme pour être un âtre chaleureux et réconfortant. Une odeur enivrante appelait à se rappeler les senteurs d'un matin frais de printemps. La renaissance ou le retour de la vie était semblait-il l'image recherchée.

Les lustres étincelaient de mille feux. On avait choisi une heure précise pour faire entrer les convives, pour que les rayons de lumières soient les plus intenses, justement pour illuminer plus encore la Haute Salle. Un petit sort intensifiait le contracte de la lumière, sans aveugler les gens qui admireraient.

Là où les tentures habituels pendaient aux murs, d'autres les replaçaient. Celles-là seraient uniques et commémoreront le souvenir des dragons et de leur lié décédés dans la défense du Kaerl contre Drazahir. Bien entendu, les soldats et tous les autres gens sans Don aucun auront leurs représentations. L'artiste ou les artistes qui avaient participé au tissage minutieux des tentures et des tapisseries avaient tenus à être le plus fidèle possible de l'image de chaque individu, le dévoilant sous des traits heureux. Car là où ils étaient, par la grâce de Flarmya, leurs âmes voleront à jamais avec Elle. On devait se rappeler d'eux, se souvenir d'eux dans la joie et le sourire et non dans les larmes et la peine. Certains ne l'auraient pas souhaité.

Ce banquet en plus de célébrer les mémoires des défunts étaient là aussi pour savourer la victoire contre l'Ombremage. Les derniers rapports ne mentionnaient pas de retour ou de signe avant-coureurs. Certains marqués avaient vu leurs marques noires se réduire un peu chaque jour, semblant confirmer que la magie noire de Drazahir ne faisait plus effet. Et n'oublions pas de rajouter également que ce banquet mettait à l'honneur les nouveaux liés, les aspirants célestes qui étaient sans doute revenu du lointain continent Ssyl'Shar d'où Heryn se serait retirée en exil. Les Enfants de Rintrah se montreraient-ils ?

En attendant leur possible venue ; certains l'espéraient grandement, impatients de découvrir les jeunes dragons, le spremiers convives auraient tout le loisir de découvrir de nombreux mets fins et raffinés mis à leur disposition. Les gens qui avaient oeuvrés pour les divers plats cuisinés ont eu l'aide inespéré de quelques chevaliers-dragons pour faire venir les victuailles du monde entier. Le choix était immense. Il était là aussi pour faire oublier le manque de ravitaillement que la fermeture de l'interstice avait imposé si longtemps.

On découvrait des cailles d'Undomë cuisinés avec de la sauce Orennienne, douce et piquante à la fois avec une touche d'anis. Des tranches de thons cuites à la broches avaient été attendries avec du jeu de citron, et une petite couche de sel de mer de l'archipel d'Ys redonnait un bon goût d'iode, pour parfaire la tendresse de cette viande poissonneuse. Des gigots de daims des montages des rares forêts du Vaendark avaient été brochés longtemps et sous un feu doux, arrosés régulièrement avec une sauce au vin rouge. Des fruits des Oasis du Ssyl'Shar appelaient à planter les dents dans leur chair juteuse pour sentir toute la générosité du soleil du désert impitoyable de cette chaude contrée.
Bon nombre d'autres mets invitaient à découvrir l'exotisme et le plaisir suave de nombreux goûts plaisants aux papilles. Il ne fallait bien entendu pas oublier le large choix des boissons, en passant du jeu de fruit au plus copieux des vins rouges.

Le banquet était là pour se réjouir et se régaler de l'avenir qui s'annonçait, espérons le, plus serein et plus riche... Mais il n'empêchera malheureusement pas aux coeurs peinés d'exprimer encore de la tristesse ou aux esprits échauffés de parler des rumeurs du retour prochain de la Dame Amlug. Le Seigneur Zackheim avait su, malgré sa prise du pouvoir, tenir le Kaerl suffisamment longtemps contre Drazahir pour le préserver. Mais qu'arriverait-il si la Dame précédente revenait de son exil ? Ses partisans pourraient chercher querelle auprès des fidèles du Seigneur actuel. Seule Flarmya le savait... Quelques âmes priaient sans doute en son nom pour que les troubles ne viennent pas perturber ce banquet, même si cela restait malheureusement probable.

[HRP : J'ai un doute quand à la date. Mp sous Peddyr si jamais erreur ou alors corrigez direct. Avec toutes mes excuses de l'erreur éventuelle]

Edit modération: Ordre de post Zackheim > Lynaël > Persée > Ñiniel > Asulil > Nechama > Morgain > Guilitane > Meccaya > Peddyr



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Jeu 5 Fév 2015 - 19:42 Revenir en haut

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Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Ven 20 Fév 2015 - 15:02 Répondre en citantRevenir en haut



On s’affairait de toutes parts dans le grand palais seigneurial du Màr Menel. La Haute Salle se remplissait peu à peu d’hommes, de femmes et de dragons, venus pour célébrer la fin de la guerre contre l’Ombremage et honorer les élus de cette quête. Les nouveaux Chevaliers, ceux qui s’étaient liés à des dragonneaux sauvages dans le désert. La rumeur avait fait le tour du Kaerl en quelques jours à peine. Leurs noms étaient sur toutes les lèvres. Asulil Addraeddry, de la triade de Maître Unarion et Ñiniel Iserimir, de la triade de Maîtresse Garaldhorf. Puisque les périls s’éloignaient pour un temps, il fallait quelque chose de neuf pour occuper tous les esprits. Ces Chevaliers providentiels remplissaient parfaitement ce rôle.

Un brouhaha feutré envahissait progressivement la pièce à mesure que les convives s’y entassaient, tantôt jetant des regards avides au banquet qui les attendaient, tantôt observant les grandes portes en spéculant sur les grandes personnalités du moment qui arriveraient les premières sur les lieux. La fête promettait d’être mouvementée.

Une personnalité d’envergure du Kaerl fit alors son apparition. Engoncée dans son armure légère d’apparat, sa courte cape blanche frappée de l’emblème du Màr flottant dans son sillage, l’Ancalikon commandant toutes les armées célestes franchit les portes à double battant d’un pas déterminé. On percevait l’éclat rouge de la lézarde de feu qui l’accompagnait partout, perchée sur son épaule. L’épée ancestrale des Garaldhorf soulignait sa démarche. C’est sans faillir que la jeune femme de sang-mêlée, membre adopté de la puissante Maison Amberle, vint se poster à gauche du trône. Au vu de tous les pouvoirs militaires – et même politiques – qu’elle accumulait, elle aurait pu oser se placer à droite, là où siège normalement le Second du Kaerl. Le poste étant actuellement vacant, sans oublier la crise survenue avec les machinations de l’Ennemi de Tol Orëa, il revenait à l’Ancalikon d’assumer des fonctions qui ne lui étaient attribuées qu’en temps de guerre. Un trop grand pouvoir qui inspirait le respect autant qu’il terrifiait entre de mauvaises mains.

Impassible mais toujours alerte, Persée-Morian Garaldhorf gardait son visage lisse de toute expression qui pourrait la trahir. Seuls ses yeux gardaient leur mobilité et fouillaient méticuleusement la pièce à chaque seconde. Rien n’avait été laissé au hasard pour cette fête, qui ressemblait plus à une cérémonie d’adieu et de retrouvailles, presque à de joyeuses funérailles, qu’à une réelle célébration. Il y avait encore trop de peur et de chagrin dans l’atmosphère pour déjà oublier les tragédies de ce combat désespéré contre Drazahir. On pouvait se réjouir comme maudire ce banquet d’honneur. La garde avait été doublée pour l’occasion. Il fallait à tout prix maintenir un semblant de cohérence face aux rumeurs qui s’amplifiaient.

Heryn Amlug, la Dame déchue accusée de meurtre et de trahison, était de retour. On y croyait dur comme fer, malgré le manque de preuves.
Zackheim de Galastden, qu’on surnommait encore l’Usurpateur dans son dos, allait-il faire front ou abdiquer ? On voulait le briser autant qu’on révérait sa main mise ferme sur le trône.

Et, au milieu de tout cela, se tenaient Ñiniel et Asulil, les nouveaux Chevaliers. Si le jeune Torhil pourrait peut-être faire illusion avec son propre Lié, l’ancienne Aspirante de Persée serait aussitôt démasquée quant à elle. Dès que les regards tomberaient sur les fabuleuses écailles dorées de sa dragonnelle, la vérité éclaterait. Vraël lui avait raconté leur entrevue dans la chambre de l’Ondine. Les dés en étaient jetés. Il n’était plus temps de reculer.

- Mes hommages, belle dame, ronronna une voix amusée et bien connue.

Persée manqua sursauter. En croisant le regard bleu et espiègle de son ami, elle ne put retenir un sourire. Lyam mima une révérence avant de se glisser à ses côtés. Phénix et Chevalier Bronze de son état, le Torhil ne brillait pas par son sens des responsabilités ni son sérieux. En revanche, il était un ami fidèle, un excellent combattant et un homme de cœur. Elle pouvait lui faire confiance. Il se pencha à son oreille effilée pour lui parler discrètement.

- Ne t’inquiète pas, tout est sous contrôle. Les gardes ont suivis à la lettre tes ordres, j’y ai veillé. Et Joachim de Leysse aussi. Alors détends-toi.

Persée acquiesça silencieusement. Si seulement il savait ce qu’il risquait de se passer dans quelques minutes… Il s’inquiéterait un peu plus. Ses pensées se bousculaient soudain. Et si Ñiniel et Vahi’Nearii ne venaient pas ? Et si on tentait de renverser publiquement Zackheim ? Et si une émeute éclatait en plein bal, entre partisans et rebelles ? Et si le sang coulait aujourd’hui ?... La Bleue qui partageait son âme enveloppa étroitement son esprit pour tenter de la rassurer. Elle lui communiqua toute la chaleur et le soutien qu’elle pouvait. Ce qui n’empêchait pas Vraël d’être aussi nerveuse que sa Liée.

Vraël se tenait près des immenses portes à double battant, sous sa forme draconique, figée dans une posture de lion de pierre telle la gardienne d’un sanctuaire. Elle se tenait prête à intervenir au moindre incident. Son regard embrassait le décor et les invités tout entier, dans l’espoir d’apercevoir Ñiniel et sa toute jeune Liée. Tout en gardant un œil sur le trône et le Seigneur du Kaerl.

° Puisse Flarmya nous épargner sa colère... °


Venez nombreux \o/



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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Lun 9 Mar 2015 - 14:37 Répondre en citantRevenir en haut


Altahir Nordan & Norloth


°Tu es stupide, tu le sais ça ? °
°En quoi ? Qu'est ce que j'ai encore fait ? °
°je croyais que tu voulais éviter de traîner dans les parages, plus encore quand l'Ancalikon est présente ? °
°Bah, si les rumeurs sont vraies, elle se préoccupera plus de la santé de son petit amant qui est notre Seigneur actuel que de moi...°
°Je serai pas aussi sûr, vois-tu. Tu disparais des semaines entières sans prévenir, même quand tu as un aspirant le temps d'un mois et hop, tu refais ton apparition ! °
°Notre apparition. Toi aussi tu es dans la même situation°
°Moi je n'ai rien. M'inclues pas dans tes bêtises ! Et un truc...Evite de te soûler. Là nous sommes au Kaerl. °
°D'accord... je ferai attention ! °


Se faire engueuler par son propre dragon... il fallait le voir ou l'entendre pour le croire. Altahir Nordan, un sacré maître dragon celui-là et qui n'aimait guère traîner bien longtemps au Kaerl Céleste, sauf pour des besoins particuliers ou quand Norloth arrivait à le convaincre de ramener un aspirant en devenir pour le Kaerl Céleste. Même s'il était connu pour être un solitaire, il ne négligeait pas complétement ses devoirs... et même s'il avait brillé par son absence dans le lourd combat mené par les Célestes contre les dragons de l'ombre, il s'était ''rattrapé'' d'une certaine façon en faisant d'incessants aller et retours par l'interstice pour ramener bon nombre de denrées et matériaux pour aider les siens à reconstruire et soigner les plus atteints ou démunis après la fin des combats. Il avait agi jusqu'à en tomber presque d'épuisement. Donc, ici, au sein de ce Banquet, il venait juste prendre sa part de mets et de boissons, comme si c'était là un juste retour des choses en échange de ses services. Après tout, il exerçait dans le monde extérieur le métier de petit chasseur de prime.

Tout en lorgnant du coin de l'oeil la pauvre Persée tendue et aux aguets, il attrapa au vol un verre de vin quand un serviteur passa à ses côtés et se tourna pour mieux voir l'Ancalikon. Elle paraissait bien stressée la Persée... en même temps, elle était chef des armées et rien ne disait que l'Usurpateur n'allait pas avoir une nouvelle tentative contre sa personne. Des rumeurs parlaient d'une première d'assassinat avortée un certain soir. Mais les versions étaient tellement différentes qu'Altahir avait fini par ne plus vouloir démêler le faux du vrai. tant que le Kaerl ne partait pas en guerre civile, c'était tout ce qui l'arrangeait. Puis il avala d'une traite son verre de vin, avant d'en attraper deux autres, un dans chaque main.

°Altahir... non, c'est une mauvaise idée là ! °
°je ferai attention à mes mots, ca te va ? °


Le maître-dragon se dirigea donc vers l'Archonte et lui fit face. Bien qu'il était un peu plus large qu'elle et d'une tête plus haute, voir Persée en face de lui lui rappelait qu'elle n'était pas n'importe qui et que même s'il avait quelques griefs contre elle....Il lui tendit le verre, avec un léger sourire après l'avoir simplement salué

''Ne paraissez pas si tendue, Ancalikon. On va finir par croire que vous allez craquer avant la fin de la fête...Détendez-vous juste un peu pendant quelques minutes, vous verrez, cela passera...''



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
Zackheim de Galastden
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MessagePosté le: Sam 14 Mar 2015 - 12:24 Répondre en citantRevenir en haut

Le miroir haut et étroit renvoyait l'image d'un homme jeune, tout vêtu de noir à l'exception de la chemise blanche bordée d'un soupçon de dentelle aux poignets. Grand et mince de nature, le costume de cérémonie l'allongeait encore. Zackheim jugea l'ensemble convenablement assorti à son rang, sans ornement mais sans affectation particulière d'austérité. Il portait d'ailleurs sur la poitrine l'écusson Galastden, orné de gemmes de prix et sur l'épaule la triple barrette or- mithril-orichalque, un des symboles du Kaerl, rappelant les trois vertus de la devise des Célestes. Il laisserait les manteaux de brocard et les écharpes de soie frangées d'or aux dignitaires des Maisons, les pourpoints de velours brodés aux bourgeois invités sur recommandation de la Prévôté.. On attendait des représentants de toutes les guildes et des officiels de Lomeanor. Et puis les tenues martiales des chevaliers seraient, comme à l'accoutumée, un moyen d'afficher leurs préoccupations premières. Il y aurait bien entendu tous les styles : depuis les jeunes élégants heureux de parader devant les dames jusqu'aux débraillés ostentatoires prétendant ainsi faire figure de rebelles ou de libertaires. Il connaissait les sobriquets dont on l'affublait : le Seigneur Sans Sourire, Monseigneur Sinistre, Zack 1er le Lugubre ou Messire à la Triste figure. Il s'essaya à un sourire mais on pourrait y voir selon son opinion aussi bien de l'hypocrisie qu'un rictus méprisant.

Il ceignit l'épée de cérémonie des Seigneurs du Mar Menel, fort belle mais bien trop légère pour être efficace. Autrefois, il portait toujours un poignard dans sa botte. Mais il y avait renoncé par une sorte de fatalisme depuis qu'il avait accédé au premier rang du pouvoir et les mises en garde des espions officiels au sujet de troubles possibles ne l'avaient pas fait changer d'avis. Il pensait avec force que son titre et sa fonction étaient protégés par les Lois du kaerl, lois dont la Garde était le rempart vivant . Si un assassin parvenait à l'atteindre en pleine réunion plénière du peuple céleste, ce serait juste la preuve que ces Lois ne signifiaient plus rien. Alors commencerait une période de troubles à laquelle il préférerait ne pas assister car cela signifierait qu'il avait échoué dans le but qu'il s'était fixé. Son échec serait enterré avec lui et il n'aurait pas à arbitrer une guerre civile.
Il avait voulu restaurer l'esprit premier d'isolement des kaerls afin qu'aucun ne puisse se prévaloir d'une supériorité sur l'autre. Il avait éloigné du pouvoir la Dame dorée et son èpoux parce qu'il les jugeait trop conciliants avec les autres ordres, prêts par exemple à accepter des mariages entre personnalités influentes dont les kaerls avaient des idéaux opposés . Pourquoi pas un jour une union entre un Seigneur Ardent et une Dame des Engloutis ? Et alors que deviendrait le Mar Menel ? La paix ne se fait pas par des suites de compromis et de tolérances qui finissent par faire croire à la faiblesse de celui qui cède aussi facilement.
Contre Drazahir, l'union n'avait été que sur le champ de bataille et chacun des participants n'y avait en fait sincèrement défendu que son kaerl. Donc, si on le tuait, soit ce serait une main étrangère et la mort du Seigneur céleste serait la preuve qu'il fallait restaurer l'ancien isolement, que les alliances actuelles n'étaient pas viables et ouvraient la porte à toutes les trahisons . Soit ce serait un compatriote qui pour en arriver là aurait corrompu sa Garde ou bénéficié de l'appui des autres Maisons, voire même de la faction la plus rigide des Galastden qui lui reprochait de ne pas avoir éliminé définitivement les anciens dirigeants. Le cas de Peddyr Thelrand lui avait fait beaucoup d'ennemis, il le savait.
Il l'avait beaucoup haï quand il n'était qu'un cadet négligé, livré aux manipulations de ceux qui auraient dû le former pour développer en lui l'aisance et la convivialité charismatique de son aîné Kieran. Son tuteur l'avait utilisé le jugeant si jeune et maniable, et il s'était défendu par la dissimulation, ce bouclier des faibles. Mais il n'était pas un faible, oh non, et il avait ouvert, seul et patiemment, la route qu'on lui refusait, celle de la vengeance et celle de l'ambition de devenir le restaurateur des idéaux bafoués. Orgueil ? Certes. Volonté de puissance ? Absolument . Il n'était pas d'un modèle dont on fait les éternels suiveurs. Il avait des plans pour l'avenir qui dépassaient de loin les petits soucis d'intendance et les manœuvres des égoïsmes mesquins . Mais justement. Peut-être était-ce cela le rôle d'un dirigeant, louvoyer entre les intérêts, lâcher du lest, sourire à droite et à gauche. Ou alors s'imposer par la terreur. Et il n'avait pas su choisir. Ou il n'était pas assez aimé ou il n'était pas assez redouté.

Il savait que ce dîner solennel serait décisif pour lui . Certes, était sincère le désir d'honorer la mémoire des victimes de la lutte contre l'Ombremage, de célébrer la paix revenue au Kaerl et aussi les nouveaux chevaliers liés à ce kaerl dont il avait peut-être trop négligé l'importance. Mais il savait parfaitement que des intentions moins sereines et moins consensuelles étaient à l'oeuvre et il s'étonnait un peu de ne pas s'en préoccuper davantage, de ne pas préparer un plan de défense, de se contenter de voir venir, lui si habile à ourdir des ripostes qui laissaient l'adversaire sans défense, pris à ses propres pièges , abasourdi devant l'impossibilité de démêler le vrai du faux. Le mensonge.. C'était une arme au service d'une vérité supérieure et..
Le flux de ses réflexions fut coupé par une voix amie :

-Mon lié... il faut se hâter . La cérémonie commence. Votre arrivée doit se faire après l'entrée de tous les officiels et les tables sont presque toutes occupées. Les cuisines ont déjà envoyé les entrées.


Sarevok était entré, toujours aussi discret sous sa forme humaine, un beau jeune homme calme et courtois, qui inspirait confiance. Juste le contraire de lui-même. Il préféra utiliser la voix intérieure :

*Je suis prêt. Le Grand Majordome n'a pas envoyé de message d'alerte : tout se déroule donc comme prévu. Cependant j'ai mis au point une correction à ce qui avait été établi pour mon entrée. Tu es le seul à être au courant. Au lieu de déclarer la cérémonie ouverte depuis ma place à table, je parlerai sur l'estrade d'honneur, devant les tentures dédiées à la mémoire des disparus. Outre que je déteste discourir debout devant une assiette, je trouve plus décent de parler des morts loin des terrines de volaille et des pâtés en croûte. En plus, si un excité a prévu de me lancer un carafon à la figure, ce sera plus gênant pour lui de le faire en risquant d'éclabousser d'hydromel les effigies des héros.*

Zackheim évita de regarder son lié. Il devait avoir ce regard doux et triste qui lui semblait être celui qu'il s'était toujours interdit pour lui-même, dans sa volonté d'impassibilité ou de hauteur menaçante. Il dit à voix haute, un domestique lui apportant ses gants :

-L'Ankalicon est-elle arrivée ?

Sarevok acquiesça puis repassa au dialogue entre liés :

*As-tu gardé le moment des discours officiels après le repas ? tu n'en étais pas très satisfait.*

*Bah.. quand l'estomac est bien rempli, les oreilles sont plus disponibles pour avaler les verbiages convenus et s'il se passe quelque chose auparavant, je n'aurai peut-être pas à jouer l'orateur.*
*Tu es toujours incertain sur le choix du discours que tu prononceras parmi les trois que tu as préparés?*

*Toujours. Comme tu le sais, je me déciderai en fonction des autres orateurs ou des évènements. Mais c'est moi qui ouvre les festivités, c'est moi qui les fermerai. Le Seigneur a toujours le dernier mot. *



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Dim 15 Mar 2015 - 17:44 Répondre en citantRevenir en haut


Dara d'Amberle
Liée à la Dorée Nyssath



Dara soupira une nouvelle fois en jetant un coup d’œil à son bureau qui croulait sur les papiers en retard, les lettres sans réponses et tout un tas d’autres choses qu’elle avait à faire dans les plus brefs délais.

°Pas d’excuses ma Liée, tu dois aller à ce banquet.°

La Neishaane jeta un coup d’œil à la Reine, lovée sur une parcelle de sable chaud à l’intérieur même de ses appartements.

°Et pourquoi n’irais-tu pas toi ? Tu pourrais m’y représenter !°

Nyssath ouvrit un œil opalescent qui tomba sur le visage sérieux de la dirigeante de la maison d’Amberle et redressa légèrement la tête.

°Tu es sérieuse là… N’est-ce pas ?°

Un sourire malicieux étira les lèvres de la jeune femme.

°Oui. J’ai des tonnes de travail en retard, et ça te fera du bien d’aller laisser traîner des oreilles du côté du banquet.°

Et alors que la dragonne commençait déjà à ronchonner, elle ajouta d’un ton innocent en retournant s’asseoir.

°Oh, et je voudrais que tu emmènes Nechama et Guilitane. Ainsi que Meccaya, qu’Erebus m’a demandé de prendre en charge pour ce soir parce qu’il était occupé ailleurs.°

Nyssath souffla par les naseaux, et un peu de fumée s’envola vers le plafond.

°Tu me charges de babysitting ?!°

La Maitresse céleste sentit qu’elle avait heurté l’égo de sa Liée et s’approcha d’elle pour lui caresser l’épaule, zone la plus haute accessible lorsqu’elle était ainsi couchée.

°Allons ma Liée, je me permettrais pas. J’aurais besoin que tu emmènes ces garnements au banquet, une fois là-bas, je te demande d’être mes yeux et mes oreilles, le temps que je finisse mon travail et que je te rejoigne. S’il te plait.°

La dragonne souffla à nouveau et hocha la tête, de mauvaise grâce.

°Tu as intérêt à me rejoindre très vite° bougonna-t-elle avant de prendre sa forme bipède et de s’enfermer dans la chambre en claquant la porte.

Une bonne trentaine de minute plus tard, Nyssath ressortait sur deux jambes. Deux très longues jambes effilées. Dara observa sa Liée quelques secondes, la bouche ouverte, avant d’arriver à formuler quelques mots.

Tu n’as pas l’intention d’être discrète hein ?

Un sourire vicieux se peignit sur la bouche sensuelle comme seule réponse et elle sortit des appartements en claquant une nouvelle fois la porte, pour faire bonne mesure. Ceux qui croisèrent la dragonne sur leur chemin purent observer une grande fëalocë aux formes voluptueuses, drapée dans une robe crème brodée d’or d’inspiration de la Grèce antique, à la texture douce et coulante, qui bougeait à chacun de ses mouvements, dévoilant ses longues jambes fuselées et bronzées, terminées par des sandales de lanières dorées. Ses longues mèches pourraient vous paraître blonde, mais vous verriez en approchant qu’elles sont en réalité aussi dorée que les écailles des Reines de votre Màr, semblable à de l’or filé, coiffé dans un chignon compliqué et surpiqué de fleurs bleues et violettes, quelques mèches bouclées caressant sa nuque et venant encadrer son visage. Visage aux traits fins et avenant, à l’arrogance toute royale dont la bouche sensuelle distribue des sourires carnassiers, autant que ses yeux aux prunelles d’un bleu si clair, que l’on croirait y voir deux aigues marines.

Fière de son effet sur les gens qu’elle croisa sur le chemin, et l’égo plus ou moins réparé de l’affront, Nyssath frappa à la porte de son premier Aspirant, et envoya un sourire à dix milles volts à Nechama lorsque celui-ci ouvrit.
Une voix aux accents chantants et ronronnant sortit de cette gorge crémeuse, ornée que quelques joyaux, citrines et aigues marines se disputant la place.

Bonsoir Nechama. Hâte toi donc d’aller chercher ton cousin, nous sommes déjà en retard pour le banquet.

Si elle doutait que l’ondin l’ait déjà vu sous sa forme de bipède, elle savait néanmoins qu’il était assez intelligent pour faire le lien et se dirigea donc vers la porte de Guilitane sans attendre la réponse. Elle frappa à nouveau, envoyant un sourire flamboyant à la figure de son deuxième aspirant et s’adressa à lui du même ton.

Bonsoir Guilitane, c’est l’heure du banquet. Hâte toi de nous rejoindre.

Et elle fit volte-face pour les attendre à l’embranchement des différents dortoirs, observant les aspirants célestes rejoindre leurs Maitres, Maitresses, Dragons et Dragonnes pour filer au banquet, faisant ruminer la Reine Dorée qui se voyait confier le babysitting de trois aspirants par sa propre Liée. L’envie de rugir la titilla, mais elle n’avait pas très envie de gâcher son beau déguisement de bipède, aussi attendit-elle patiemment –ou presque- les trois apprentis.

Le prochain qui poste –ou le dernier selon vos préférences- peut nous faire arriver à la salle du banquet ( ;
Zoran Cynfelyn
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MessagePosté le: Mar 17 Mar 2015 - 15:09 Répondre en citantRevenir en haut

...

Ciryandil, Servant de Mystra & Aramanth le Blanc


D'un mouvement ample, le Neishaan s'enveloppa dans son lourd manteau de pourpre, d'argent et d'or. Le moment était venu, à nouveau, d'aller s'immiscer dans les rouages complexes du Destin. Si l'Ombre avait été chassée, des forces non moins puissantes étaient encore en action – aujourd'hui, plus que tout autre jour, elles formaient un nœud serré et inextricable mêlant volontés humaines et supérieures. Avec un vague sourire, il laissa ses doigts s'attarder sur les Cartes. Le banquet ne saluerait pas qu'un retour – et pas qu'un départ. Le Servant ignorait bien évidemment l'issue des choses, il ne pouvait qu'observer les innombrables fils des vies se déplacer dans le temps et s'entrecroiser. Les Cartes élargissaient sa vision du présent, et cette connaissance lui permettait de mieux saisir l'avenir. Il lui avait fallu des années avant de comprendre cela, et nombreux étaient ceux qui croyaient fermement que le Neishaan pouvait voir le futur. Aujourd'hui, pourtant, il aurait aimé être assuré que l'équilibre du Kaerl n'était pas menacé – mais de cela, seuls les Hommes en décideraient, et trop de désirs paradoxaux s'agitaient dans les poitrines Célestes pour que Ciryandil pût voir dans comment était inclinée la balance. Il gardait malgré tout le sourire, confiant, car lui n'était que spectateur. Il n'avait aucun rôle à jouer dans tout cela.

Un courant d'air dans son dos l'informa de la présence de son Lié, qui lui caressa doucement l'épaule. Aramanth l'observait sous des mèches neigeuses aussi légères que des plumes. Lui aussi avait revêtu ses habits de cérémonie – un empilement de robes aux nuances bleues, grises et blanches dont les manches touchaient presque le sol – mais son regard semblait assombri par l'imminence des choses.

Allons-y, Ciryandil. Ne laissons pas Laéïa et Tiona nous attendre.

Le Neishaan hocha la tête, rangea ses Cartes dans leur boîte et suivit son Lié hors de la pièce. Pendant qu'ils marchaient, le Blanc sous forme humaine ne cessait de lancer des regards furtifs en direction de son Âme Sœur, lequel finit par hausser un sourcil interrogateur.

° Eh bien, que t'arrive-t-il, mon Lié ? Je t'ai rarement vu en proie à pareille agitation. °
° Est-ce bien vrai ce que l'on raconte ? °


Baissant les yeux sur ses mains croisées, le Servant de Mystra s'autorisa quelques instants de silence, laissant le regard brûlant d'Aramanth percer ses pensées. Le Dragon frémit et déglutit difficilement. Moins confiant que son compagnon en la nature des hommes, il craignait les réactions disproportionnées et la haine. Le Blanc détestait l'impulsivité et le chaos, parce qu'il ne les comprenait pas, tout simplement. Ciryandil poussa un fin soupir.

° Alors, pour toi, tout cela ne mènera à rien de bon. La balance penche du mauvais côté. °

Aramanth n'eut pas besoin d'acquiescer, l'esprit de son Lié baignant totalement dans le sien. L'espoir était ténu – trop ténu. Les cœurs étaient encore trop meurtris par les récents évènements, et que tout s'enchaîne aussi rapidement ne laissait que peu de place à la réflexion. Alors, oui, il avait peur.

° Le conflit aussi peut être une solution, Aramanth. Craindre une confrontation est légitime, mais celle-ci sera la source d'où couleront les nouveaux jours. Apaise ton âme, nous n'avons aucune croisade à mener. °

Ciryandil prit la main du Dragon dans la sienne pour appuyer ses paroles et le rassurer. Ils déambulèrent silencieusement dans les corridors de marbre et d'or, jusqu'à l'entrée de la Haute Salle. Dépassant le reste de la population de quelques centimètres, la tête de la Maîtresse Verte Laéïa Lòkë balayait les environs avec précision. Ses sourcils froncés indiquaient clairement que les deux Liés étaient en retard – mais cela ne devait pas l'étonner, le Servant de Mystra avait toujours eu cette capacité hors du commun d'ignorer totalement les cliquetis du temps. Ils fendirent la foule pour la retrouver, elle et Tiona. Avec un sourire poli, le Neishaan fit mine de les détailler des pieds à la tête – ce qui l'amusait toujours autant, car il était aveugle, après tout.

Bien le bonjour, Mesdames. Vous êtes en beauté aujourd'hui. Excusez-nous d'arriver si tard, Aramanth ne voulait plus se décoller du miroir.

Le Dragon s'offusqua, choqué de ce mensonge, mais n'eut pas le temps de répliquer. Son Lié s'était emparé du bras de la Maîtresse Verte et se dirigeait déjà vers les portes de la Haute Salle.



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Jeu 19 Mar 2015 - 00:33 Répondre en citantRevenir en haut

Persée connaissait les rumeurs qui circulaient à son sujet. Elle n’avait nul besoin d’avoir des espions à sa solde pour deviner le contenu de la plupart d’entre elles. Pendant des mois, le Kaerl avait été la proie favorite des ragots et des rumeurs colportées des quatre coins de la Terre de l’Aube. La hausse du prix du grain, la couleur des nouvelles étoffes venues d’Orën, les origines nébuleuses de la Marque Noire, la somme honteusement grasse versée aux mercenaires… En passant, bien sûr, sur la fameuse rumeur qui occupait son esprit à présent. Celle qu’elle peinait à nier, quoi qu’il lui en coûte, dès lors que son regard glissait sur le profil altier de son amant. On la disait à la solde de l’Usurpateur, la comparant à un petit chien bien dressé par son maître, quand on ne la reléguait pas au rang de concubine. Les esprits les plus cléments s’accordaient à dire que la neutralité absolue dont faisait preuve l’Ancalikon confinait à la froideur et à la méfiance en toutes circonstances. Et que là résidait la vraie raison pour laquelle Persée-Morian Garaldhorf – Aspirante à moitié sauvage, Chevalière impétueuse et Maîtresse farouchement indépendante – semblait s’être assagie.

- Cesse de te tortiller sur place, Lyam, murmura Persée avec un sourire en coin pour son ami. Si tu as faim, tu n’as qu’à te servir. Personne ne te regardera.

Le Chevalier Bronze paraissait, en effet, inexplicablement mal à l’aise. Elle suivit son regard. Ce n’était pas le buffet froid qui l’attirait mais une jeune femme brune dont les cheveux avaient été piqués de fleurs roses. Elle la reconnut sans mal. La jolie Chevalière Verte, un peu myope, que Lyam essayait de séduire depuis quelques temps venait de faire son entrée.

- Je reviens, d’accord ? Tu vas t’en sortir sans moi ?
- Lyam, tu n’es pas mon garde du corps. J’ai survécu à bien pire qu’un banquet mondain pendant tes missions hors du Kaerl. Je saurais me débrouiller. Allez, va !

Persée rit sous cape comme le Torhil s’esquivait avec un large sourire. Elle se renfrogna néanmoins rapidement lorsqu’elle s’avisa de l’arrivée d’un inopportun personnage. Un Chevalier Brun venait à sa rencontre, dont elle cherchait à se rappeler le nom. Elle prit le verre qu’il lui tendait mais ne le goûta pas. Elle refusait de s’octroyer le plaisir de se noyer dans l’alcool pour oublier l’évidente tension qui habitait le Màr Menel. Elle se retint de rouler des yeux exaspérés.

- Il faut bien que quelqu’un reste sobre aujourd’hui, messire. Et ce quelqu’un, ce sera moi.

Se détendre était un luxe qu'elle ne pouvait pas s'offrir. La sang-mêlée remarqua l’arrivée de Dara d’Amberle - ou plutôt de sa Liée sous forme humaine. La Maîtresse Dorée et elle entretenaient une relation ambiguë. Pour avoir participer contre son gré à un vol d’œufs, dont il avait résulté la mort d’une future reine, elle n’avait guère pu affronter la rancœur et le chagrin qui émanaient de la neishaane et de sa dragonne furieuse, Nyssath. Cependant, elles étaient toutes les deux membres de la Maison majeure Amberle, l’une en tant que Dirigeante, l’autre ayant été adoptée après avoir reçu son armure d’écailles. Les écarts passés de la jeune Maîtresse Bleue avait été durs à encaisser, elle en avait pleinement conscience, pour la réputation – et la morale - de la Maison. De l’eau avait coulé sous les ponts. Dara et Persée n’étaient pas des amies proches mais elles se respectaient. Ce qui représentait déjà beaucoup pour l’Ancalikon.

- Je crains de ne pas être d’une compagnie agréable, sir Nordan.

Enfin, elle se souvenait de son nom ! Il devenait difficile de retenir l’identité de tout un chacun au sein de la citadelle, même seulement parmi les chevaliers-dragons.

- J’espère que vous saurez mieux profiter de ces festivités que moi.

Eos pépia et se pencha depuis l’épaule de sa Liée. Persée éleva sa coupe pour que la lézarde trempe sa langue dans le breuvage. La minuscule Incarnate, pas plus épaisse qu’un faucon, frissonna et émit un trille réjoui en sentant l’alcool couler dans sa gorge. En réponse, elle cracha une flammèche vers le haut plafond. La jeune femme détourna son attention des jeux de son lézard de feu tandis que les trompettes cérémonielles sonnaient enfin. Le héraut se précipita devant le trône pour faire une annonce. Le Seigneur du Kaerl faisait son entrée officielle…

Mue par une impulsion, sans daigner jeter un regard à son geste, Persée but une gorgée d'hydromel. Elle s'obligea à ne pas fixer trop longtemps les larges portes à double battant de la Haute Salle. Vraël serait ses yeux en cas de danger. Maintenant que l'heure - tant attendue et redoutée - était venue, celle de dévoiler toute la vérité, il lui tardait que cette heure soit passée. Son corps se crispait comme avant un combat. Il ne manquait plus que Niniel et sa jeune Liée pour clore le tableau.



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Ñiniel Iserimir
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MessagePosté le: Lun 23 Mar 2015 - 23:33 Répondre en citantRevenir en haut

Il était plus que temps : son nom commençait à résonner dans les Spires et des regards interrogateurs de faisaient de plus en plus nombreux lorsque Ñiniel croisait Aspirants, Chevaliers ou Maîtres-Dragons. De sa loge où la lumière vacillante traversait les légers rideaux ornant les alcôves puis s’écrasait contre le mur dans un halo de chaleur, la jeune femme pouvait entendre les murmures dans les couloirs. Personne n'était encore venu oser la questionner pour son plus grand soulagement, mais il n’y avait d’autre conclusion à laquelle il fallait se résoudre : ce n'était plus qu'une question de temps. Le Banquet ne pouvait pas se passer à meilleur moment, cessant-là la propagation des plus folles rumeurs.

Ñiniel se tenait debout devant un grand miroir, et tentait de se reconnaître dans le portrait qui lui était dépeint. Pour l'occasion, l'Ondine avait choisi de porter une magnifique robe blanche qu'elle portait près du corps, dévoilant certains atouts de sa féminité qu'elle n'avait pas pour habitude de montrer. Aucun détail de sa personnalité n'était caché ce jour-là, car c'était le jour où Ñiniel se présenterait en tant que Chevalière Dorée. Il n'y avait jamais eu de moment plus important ni plus difficile que celui-ci pour se présenter à tous et faire bonne impression. Les manches s'évasaient à partir de ses coudes, dévoilant ainsi ses avant-bras ornés des runes ondines, signe de son affinité avec l'élément aquatique. Le léger décolleté épousait parfaitement la forme de son pendentif, sa Noire-Pierre, et venait sublimer sa discrète gorge ainsi que ses épaules dégagées.
Les plis de sa robe, larges et légers, s'accordaient avec chacun de ses pas, laissant deviner une silhouette gracieuse et harmonieuse, quoique peu habituée à porter de tels atours et qui parfois se trahissait dans un pas incertain qui se heurtait contre le tissu de la robe.
Pour faire honneur à Vahi'Nearii, sa robe blanche était brodée de fils d'or sur les épaules, et descendaient joliment le long de sa taille jusqu'à finalement la cintrer juste au dessus de ses hanches menues.

N'aurait-elle écouté que sa voix, l'Ondine ne se serait ainsi parée ni même présentée à ce Banquet tant cela la tétanisait: ce n'était pas "elle", le poids de l'attention et des regards qui allaient se poser sur elle l'accablaient déjà de leur lourdeur. N'y aurait-il eu Vahi'Nearii, Asulil ou encore Persée, Ñiniel se serait certainement enfuie loin de tout tracas. Elle soupira de tout son être en se regardant intensément dans le miroir: elle avait pourtant décidé d'acquérir la légitimité de tout Chevalier ce jour. Plus que pour elle, elle le faisait avant tout pour sa Liée. C'était pour elle l'ultime étape avant d'en être digne.

La jeune femme passa curieusement la main sur ses cheveux : elle avait pris le parti de tresser ses cheveux d'une tresse épaisse qui s'épanchait sur l'épaule gauche; c'était ainsi qu'elle se coiffait dorénavant. Elle y voyait un côté certes plus pratique, mais elle tentait aussi de se donner un air plus discipliné et sérieux.
Enfin, elle se regarda une dernière fois dans le miroir: ses yeux n'avaient jamais été aussi bleus, ses joues étaient timidement fardées d'un discret rose, et ses lèvres glacées donnaient l'impression d'avoir été trempées dans un bain glace faisant resurgir toutes les teintes de rouge qui purent exister.

La petite Dorée, fille de Rintrah, regardait sa Liée le plus sérieusement du monde. C'était la grande première pour elle, enfin on allait savoir qu'elle existait. Et si Ñiniel se préparait pour une telle occasion, Vahi'Nearii n'en faisait pas moins. Elle avait inspecté méticuleusement toutes ses écailles étincelantes et avait profité de l'onguent de sa Liée afin de les faire briller de mille feux. Elle aussi se regarda dans un miroir : sa petite marque blanche n'était pas forcément évidente à déceler, mais elle espérait bien qu'elle ferait tout de même son petit effet.
Elle s'était mise d'accord avec Ñiniel: c'était leur moment à toutes les deux, et il n'était pas question que l'Ondine porte sa Dragonne en arrivant. Vahi la fière savait marcher et voulait être sûre que les regards posés sur elle seraient "pour" elle.

*On est bien d'accord: nous arriverons en marchant côte à côte. Et si tu me portes, je hurle....*

Ñiniel quitta son reflet pour se tourner vers Vahi'Nearii. Elle s'était attendue à cette remarque. Le Lien était quelque chose de si fort qu'elle lui permettait de comprendre sa Liée comme elle n'avait jamais compris personne auparavant. L'Ondine se mît à sourire d'un air malicieux : cela lui permettait ainsi de préparer ses reparties et arguments.
Elle prit un air soucieux et las, comme si elle était agacée de se voir répéter la même chose par sa Dorée adorée.

*Vahi....je te rappelle que ce ne sera certainement pas qu'un moment de réjouissance. Ce que nous nous apprêtons à faire va bouleverser beaucoup de choses, je le crains. Alors s'il te plait, promets-moi de ne pas t'éloigner de moi.*

Mais Vahi n'était pas née de la dernière pluie. Ñiniel changeait de sujet pour mieux se défiler quant à sa volonté de ne pas être maternée. Elle ne se laisserait pas avoir et poussa elle aussi un soupir fatigué, comme pour mieux se moquer de son Ondine chérie.

*Je sais tout cela. Je ne m'éloignerai pas....sauf si tu me portes!*

Il n'était plus temps aux enfantillages, et l'Ondine cessa séant la discussion. Maintenant qu'elles étaient toutes les deux apprêtées, la tension montait de plus en plus. Sa gorge se faisait plus sèche tandis que ses mains se faisaient plus humides. Ses jambes se firent plus fragiles, comme prêtes à s'effondrer au moindre pas. N'en avait-elle pas trop fait? Ne risquait-on pas de se moquer d'elle, l'Aspirante toujours cachée sous ses tissus ondins? Plus le temps passait, et plus Ñiniel se sentait ridicule ainsi parée.

Vahi'Nearii, impatiente, ignora les états d'âme de sa Liée et commença à partir en semant derrière elle une remarque assassine et hautaine qui allait germer toute seule dans l'esprit de Ñiniel.

*Tu fais bien comme tu veux....mais cela serait certainement du meilleur effet si nous arrivions ensemble, non?*

Piquée au vif, le regard azur de l'Ondine se transforma en glace. Elle pesta et se mît à suivre Vahi. En partant, elle referma bruyamment les portes de son appartement derrière elle et arpenta les couloirs des Spires en direction des escaliers. Vahi'Nearii avait su réveiller en elle suffisamment de colère pour qu'elle se transforme en une détermination nécessaire pour apparaître devant la foule. Ce qu'elle réalisera plus tard, une fois cette sourde colère évanouie, c'est qu'elle n'y serait jamais parvenue sans sa Liée.

Elles devaient retrouver Asulil et Maodan afin que tous quatre arrivent en même temps. L’Ondine était pressée de retrouver le Torhil : à deux, elle se sentirait plus confiante. Sans pour autant affronter les regards, elle aurait maintenant une bonne raison de les ignorer en se réfugiant dans une conversation amicale.

Elle aperçut enfin l’ombre de son ami au bout du couloir.

Au fur et à mesure qu’elle s’avançait, l’Ondine distinguait de mieux en mieux le Torhil qui, lui aussi, avait vraisemblablement vêtu ses plus beaux habits ; un large sarouel ocre tenaillait fermement ses chevilles, laissait respirer ses jambes dans son enveloppe légère, et venait s’attacher à une solide taille, elle-même parée d’une large ceinture de tissu qui l’enserrait à plusieurs reprises. La ceinture était ornée d’une broche en forme de double croissant de lune ainsi que d’un poignard solidement glissé dans ses lanières.
Asulil portait une chemise marron sous un large gilet aux tons similaires. Celui-ci était richement brodé aux manches et encolures, donnant un air impérieux à son porteur.
Le visage tourmenté du Torhil faisait oublier la lourde écharpe d’étoffe qui achevait pourtant la tenue en ornant avec force le cou et les épaules.

Ñiniel se mit à sourire, rassurée de voir que ses efforts avaient été mésestimés. En voyant ainsi la splendide tenue d’Asulil, l’Ondine espérait que la sienne serait à la hauteur. Mais arrivée aux côtés du Torhil, elle ne put s’empêcher de penser au Banquet. Elle était si angoissée qu’elle sentait sa langue claquer au fond de la gorge lorsqu’elle prit la parole.

« Hé bien… »

Ñiniel marqua un court instant. C’était là sa dernière chance de pouvoir faire demi-tour. Il n’y aurait plus de retour possible après cela.

*Y allons-nous ?!*

Il était hors de question pour la petite Dorée de ne pas assister au banquet. Elle tua définitivement et cruellement tout espoir chez sa Liée. Il était grand temps de faire face à son destin, et Vahi’Nearii allait aider Ñiniel qu’elle le veuille ou non.

« Je.... je me demande si on n'... »

Maodan en rajouta une couche auprès d’Asulil.

*On s’est suffisamment fait attendre. On y va !*

Ñiniel regarda Asulil interloquée. Elle ne parvenait pas à croire qu’ils étaient en train de se faire sermonner par leur Lié. Puis la surprise céda la place à la raison, brusquement réveillée par cette impulsion d'agacement. Elle se rendit compte qu’elle était ridicule et qu’il fallait maintenant prendre ses responsabilités. A agir ainsi, elle ne portait pas attention aux besoins et désirs de sa Liée. Elles étaient âme sœur, elles étaient dorénavant deux, et cela devait signifier plus que tout autre trésor aux yeux de Ñiniel. L’Ondine attrapa nerveusement sa tresse et leva les yeux sur Asulil après les avoir laisser quelque temps errer sur le sol. Lui aussi semblait être parvenu à la même conclusion.

« Plus le choix ; allons-y… »

Tous quatre se mirent alors en route dans un silence oppressé. Les voix se faisaient peu à peu entendre au loin. Il y avait déjà du monde. Ñiniel aurait tant aimé porter Vahi' pour se cacher derrière elle; elle ne saisissait toujours pas la satisfaction que retirait la Dorée d'être le clou du spectacle, le centre des discussions, le point de tous les regards. En observant Maodan, elle se demandait intérieurement si c'était une caractéristique commune à tous les sauriens.

*C'est notre jour! Sachons le savourer!*

Ils passèrent la porte et arrivèrent alors dans la Salle où se tenait le banquet. Il y avait déjà tant de monde que tout laissait deviner qu’ils étaient les derniers.

Au milieu de l’assistance, les deux Chevaliers s’avancèrent lentement.

Tête relevée, regard fier, l'Ondine feintait superbement l'assurance qui lui faisait encore défaut lorsqu'elle poussait la porte et apparaissait dans la Salle. Les tables étaient dressées avec goût, offrant les plus beaux plats réunis en ce lieu. Au fond, le Trône attendait son Seigneur; mais Persée était déjà là. Elles ne s’étaient pas revues depuis un certain temps ; trop longtemps. Il suffit d’un regard accompagné d'un timide sourire pour comprendre que tout était et serait pardonné.

Aux côtés de sa Maîtresse se tenait Altahir. L’Ondine était surprise de retrouver le Chevalier à un tel endroit ; jamais elle n’aurait cru le croiser au Kaerl Céleste.
Un peu plus loin, c'est Lyam qu'elle aperçut. Ñiniel n'avait pas revu le Chevalier depuis qu'elle s'était liée. Elle fut surprise de la joie qu'elle ressentit lorsqu'elle l'eut aperçu, et de la déception de le voir courtiser une jeune femme.

La foule mouvante fit disparaître cette vision, s'offrant ainsi de tous ces êtres aux regards des deux jeunes Chevaliers. Devant maintenir son apparence devant l'assistance, l’Ondine ne s’attarda pas plus longtemps sur ce détail, et tentait de tenir la supercherie. Mais sous cette assurance feinte et la joie réelle et éphémère, son regard trahissait son désarroi et sa volonté de fuir en courant. Au loin, elle faisait parfaitement illusion; allure altière, marche calme et sourire léger, elle faisait honneur à sa petite Liée.

Seul Asulil qui se tenait à ses côtés pouvait déceler la nervosité de ses traits.

De son côté, lui non plus n’était pas rassuré. Les dents serrées, il observait tout sans dire un mot. Tous deux étaient perdus et ne savaient quelle suite donner à leur démarche, ce qui n'était nullement le cas de leur Lié.

Le soleil éclatant rendrait Vahi'Nearii presque éblouissante si Maodan ne lui faisait de l’ombre par sa démarche conquérante. Le frère et la sœur, dont la couleur de la petite Dragonne ne laissait aucun doute quant à la filiation de cette portée, étaient en train d’apprécier chaque moment de cette journée.




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MessagePosté le: Lun 30 Mar 2015 - 22:25 Répondre en citantRevenir en haut

C'était le jour et bientôt l'heure. Il n'avait pas dormi de la nuit et avait passé la journée à tourner en rond, essayant de se convaincre que tout irait bien dans le meilleur des mondes. Que risquaient-ils de toute façon. Rien ! Ils n'allaient qu'exposer la vérité. La vérité sur leur dirigeant actuel qui était allé jusqu'à faire disparaître son frère en pleine nuit et accuser sa belle-sœur... Mais tout aller bien se passer.
Maodan ne se souciait pas vraiment de lui. Se contentant de jeter un œil las vers lui de temps en temps, il était plus occupé à trouver un moyen de se lustrer les écailles entièrement que de tenter de rassurer son âme soeur. Premièrement, cela n'aurait servi à rien de perdre ne serait-ce qu'une minute à le faire. Au bout de la deuxième, il aurait fallu recommencer.

Le jeune Torhil avait choisi de mettre une tenue qu'il avait ramenée de chez lui. Officielle, elle lui avait été remise lorsqu'il s’était engagé dans l'armée. Il ne l'avait porté qu'une seule fois, lors de la visite d'un riche dirigeant.

Il mit un peu de temps avant de réussir à enfiler complètement l'ensemble. Pas qu'il avait oublié, grossit ou grandit. Non, tout simplement parce qu'il hésitait, allant aider Maodan dans sa préparation, couper des fruits pour Mîw, ranger pour la troisième ou quatrième fois ses livres... Mais un bref soupir exaspéré du saurien le poussa à finir plus rapidement. Il allait y arriver. Pour une raison toute simple... Maodan était décidé à y aller quoiqu'il arrive et était prêt, Asulil en était persuadé, à sauter jusqu'à un autre balcon pour atteindre une chambre depuis laquelle il pourrait rejoindre la grande salle sans encombre.

L'heure était proche.... Il était prêt, du moins physiquement. Habillé, coiffé, paré de son poignard qu'il avait accroché à la ceinture. Son petit dragon bariolé alla se caler dans la multitude de plis que contenait le chèche qui entourait le cou du chevalier, disparaissant presque totalement dedans.

- Tu es sur, que... dit il en direction du Bronze, qui se contenta d'aller vers la porte en trottine. Il était parfait lui aussi et, bien qu'il se soit montré de temps en temps, personne ne l'avait encore réellement vu dans toute sa grandiosité. Le Torhil soupira et ouvrit la porte, jetant un regard à l'extérieur pour constater que les couloirs étaient vides et donc la voie libre.

- Reste près de moi.

•Je sais ce que j'ai à faire. Elles vont nous attendre à ce rythme•[/b] répondit le quadrupède. Il avait bien voulu céder sur ça. Rester près de son lié et ne pas partir devant ou loin. De toute façon il fallait le surveiller. Marchant la tête haute, il ignorait les regards inquiets que pouvait lui lancer le Torhil. Il n'avait plus à se cacher alors il ne baisserait à aucun moment la tête.

Les couloirs étaient silencieux et ils n'eurent aucun mal à rejoindre le point de rendez-vous et constater qu'ils étaient les premiers. Ce qui ne tarda pas à stresser encore plus Asulil qui s'imagina une vingtaine de problèmes pendant les deux minutes que mirent Niñiel et la Princesse à arriver. Mîw roucoula doucement pour tenter de rassurer son ami, mais se tut lorsque le couple fut au plus proche.

Il était encore temps de partir non ? Malgré l'insistance de Vahi’Naerii. Le chevalier était surement assez fort pour en prendre un sous chaque bras et partir en courant.

- Je... Je me demande si on n'... Mais c'était sans compter sur le caractère de son âme soeur qui avait décidé d'enfin l'impliquer dans quelques choses.

• On s'est suffisamment fait attendre. On y va !• Pourtant aucun d'eux ne bougea. Les dragons étaient loin d'être stupides et ils sentaient bien que partir ainsi n'aurait amené rien de bon. Il fallait que leur lié comprenne qu'ils n'étaient plus seuls ou incomplets. Ils étaient ensemble et formaient une entité unique. Asulil fixa le sol en réfléchissant. Ils risquaient la prison au mieux. Mais il fallait qu'ils parlent, qu'ils se montrent enfin sous leur vrai jour. Ils n'étaient plus des aspirants trouvés par hasard. Non... Ils étaient maintenant chevaliers et c'était de leur devoir de protéger le Kaerl de toute menace. Hors la menace était le seigneur actuel.

Il leva les yeux vers Niñiel qui semblait s'être aussi décidé. Il était temps.

- Plus le choix; allons-y.

Et dans un silence seulement entrecoupé des cliquetis griffus, ils se dirigèrent vers là Haute Salle, où le brouhaha typique de ce genre de réception se faisait entendre. Un dernier coup d'œil du Torhil aux sauriens le convainquit que c'était ce qu'ils devaient faire. Ils n'auraient jamais dû imposer l'anonymat à des êtres qui, de toute évidence, préférait briller au milieu de la foule.

Lorsqu'enfin ils passèrent les portes, un page alla pour les présenter. Après tout ils étaient un peu le 'clou du spectacle'. Les invités de marque.

- Le chevalier bronze Asulil Addraeddry et la chevalière d... La voix mourut lorsqu'il avisa la couleur de la dragonne qui venait de pénétrer en ce lieu. Il n'était pas doué, mais savait ce que cela signifiait.

Asulil allait bientôt avoir une crampe à la mâchoire à force de serrer les dents. Il avançait d'une allure droite et fière comme son amie, mais n'était pas moins en stress. Dans l'assistance il reconnut des visages familiers, mais pas ceux qu'il aurait souhaité voir. Son Maitre ne semblait ne pas être présent, ni même Peddyr, dont plus personne n'avait de nouvelles depuis le combat. Mais peut-être ne voyait-il pas tout le monde, bien qu'il dépassait la quasi-totalité des présents. La foule était en partie autour d'eux et les mouvements de couleurs avaient de quoi donner la nausée.

Le jeune chevalier mit quelques secondes, voir minutes, à prendre son courage à deux mains et poser les yeux sur l'estrade. La Maîtresse Garaldorf était présente. Celle qui s’était occupée de l'Ondine ne semblait pas forcément des plus à l'aise. Puis enfin, à côté d'elle, siégeant et regardant la foule, ou peut être juste eux, le seigneur du Màr Menel: Maitre Galastden
Les images transmises par Meemaw se superposèrent quelques instants avec le reste dans l'esprit du Torhil qui les chassa d'un léger mouvement de tête. Ce n'était pas le moment. D'autant que, si les bipèdes qu'ils étaient ne savaient pas où aller, leurs dragons avaient pris les devants et marchaient en direction du Trône. Si la prestance et l'estime de soi influaient sur la taille, ils n'auraient pu rentrer qu'une griffe dans la pièce.

Asulil poussa discrètement Niñiel dans le dos, lui montrant leur dragon. Maodan c’était arrêté devant le seigneur, le fixant, silencieux, le défiant presque du regard. S’ils en étaient là, si leur mère était malheureuse c’était de sa faute. Il fut rejoint par son lié qui s’inclina malgré tout, présentant son respect. Malgré tout il était désolé d’être ainsi l’oiseau de mauvaise augure, même s’il le fallait. Les dés étaient jetés.

- Seigneur Galastden, je me présente à vous. Je suis Asulil Addraeddry, lié sur des sables lointains à Maodan, descendant de la Reine Dorée Rintrah, liée à la dame Amlug, ainsi que le Bronze Seldryn , lié au Chevalier Galastden.
Il avait récité son discours pendant toute une journée. Sans bégayer, sans sourciller, il fixait son interlocuteur. Malgré tout il était désolé d’être ainsi l’oiseau de mauvaise augure, même s’il le fallait. Les dés étaient jetés.



Laéïa Lòkë, Maîtresse Verte et Tiona


Si les contraires créaient des tempêtes, l'appartement de la maîtresse Lòkë serait un champ de bataille. Dans le coin droit, Laéïa, assise à son bureau, silencieuse, le nez encore penché au-dessus d'un dessin complexe. Dans le coin gauche, Tiona. Verte à l'apparence humaine pour le moment, elle tournait et retournait devant un miroir, cherchant l'ajustement parfait pour la robe verte qui mettait ses formes en valeur. Le calme et l'excitation étaient tous deux présents dans la pièce.

- Laéïa lève le nez de tes dessins, elle ne va pas disparaître le temps que l'on y aille. Aramanth s'y rend avec Ciryandil, c'est quelque chose à ne pas louper !

Pour seule réponse elle obtint un soupire, mais ne s'en formalisa pas. Elle avait prévu large niveau temps, prévoyant qu'elle aurait un peu de mal à la décoincer de ses runes.

La demi-sang pourtant se leva doucement, empilant soigneusement les documents. Elle était déjà prête. Point de robe ne la mettait en valeur, mais une tunique, plus longue, tombant sur un pantalon ample. Dans les tons verts, rappelle des écailles de son âme soeur, et ocre, elle avait fait tailler le vêtement afin de laisser apparaître en grande partie les tatouages qui parsemaient son corps.

Elle se tourna vers la verte, la détaillant légèrement avant de soupirer de nouveau.

- À quoi bon y aller. Si seulement cela avait un quelconque intérêt. Je suis persuadé que tout est déjà joué et que ce qui va se dérouler devant nous n'est que la représentation de quelque chose qui se répète depuis longtemps.

- ... Tu es trop resté avec le cartomancien. Allons-y. Et sans attendre plus elle se saisit du bras de sa liée et l'entraîna à l'extérieur. Elles parcoururent les couloirs où chacun se hâtait pour arriver à l'heure, réajustant une coiffure ou une tenue.

Fendant la foule, elles arrivèrent au point de rendez-vous pile à l'heure. Mais bien entendu, aucune trace du couple qu'elles devaient retrouver.

- Ils ne sont pas là, affirma Tiona avec une petite moue boudeuse.

- Ont-ils déjà été à l'heure ?

Le silence valut mille mots et elles attendirent que le Neishaan et le blanc arrivent enfin. La maîtresse les accueillit dans un froncement de sourcils réprobateur. Même si elle avait l'habitude, l'heure c'était l'heure. Son entraînement martial avait laissé quelques traces. Elle laissa le chevalier faire son petit 'manège' en les observant et attrapa son bras sans attendre.

- Car d'ordinaire ce n'est pas le cas ? Hâtons-nous, maintenant que nous sommes tous deux sortis, il serait dommage de louper les 'réjouissances'. Et elle l'entraîna vers les lourdes portes ouvertes où la foule, déjà dense, discutait et parlez de tout et de rien.

Tiona tendit son propre bras au blanc, toute souriante et pétillante.

- Allons-y.

MOUAHAHAHA, pardon.



Nechama Sa’El Han
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 00:13 Répondre en citantRevenir en haut

Nechama avait mal dormi. Sa sœur avait passé la nuit à lui parler de comment les poissons respiraient sous l’eau. Sujet passionnant pour celle-ci, un peu moins après qu’elle lui en eu parlé pendant deux heures. Encore moins passionnant après que Meccaya les eu rejoints –un nouveau rêve étrange sans aucun doute- et qu’elle eu repris ce qu’elle disait du début. Nechama avait laissé son matelas au sol pour son cousin et avait dormi sur le dur du parquet de la pièce. Dur pour son dos et surtout ayant peu de place. Ainsi, quand on avait tambouriné à sa porte, l’inquisiteur devait avoir un visage peu éveillé.

La personne qu’il avait en face de lui aurait pu apparaitre comme un ange. Des cheveux rougeoyants –comme tout fealocë- elle affichait une allure provocante. Mais quiconque croisait son regard savait sa vraie nature : il avait en face de lui la liée de sa maitresse. Sa sœur dragonne Nyssath. Un jour, l’ondin lui demanderait pourquoi sa forme humanoïde était si disparate de sa liée… mais point ce jour là : il était trop fatigué. Mais, point accoutumée à la même émossion que l’ondin, celle-ci se montrait fort énergique et lui déclara :

Bonsoir Nechama. Hâte toi donc d’aller chercher ton cousin, nous sommes déjà en retard pour le banquet.
- Heu… d’accord.

Mais la dragonne s’en était déjà partie ! Nechama referma la porte doucement, se massant les tempes. Il était fatigué, à n’en point douter. Le banquet… l’inquisiteur n’avait point trop envie d’y aller : les enfants de Lom y seraient aussi. Oh, s’ils osaient… Non, il ne ferait rien. Point maintenant, le dernier avait peut être déjà été découvert. Même s’il en doutait : il ne devait rester que des morceaux déjà consommés par les charognards des environs.

Sœur, frère… debout…. Murmura t il alors. Se tournant, il croisa le regard de Meccaya et se reprit : cousin, pardon. Je suis fatigué.

Il lui offrit un sourire, lui ébouriffa les cheveux et continua normalement. Il lui faudrait faire attention cependant : l’arrivée de Morgain et la présence de son cousin dans sa chambrée l’avait confiné dans sa zone de confort. Il lui faudrait veiller plus attentivement à ses propos.

L’inquisiteur chercha dans ses affaires de quoi s’habiller, posa une brioche devant Morgain et alla à la douche. Il observa alors longuement le loquet de la porte et se décida à la fermer : sa sœur était capable de venir ici pour lui parler à nouveau de poissons. Ah, le Rêveur lui avait fait un immense cadeau en lui offrant la joie d’avoir Morgain à ses cotés… et parfois, Nechama le remerciait pour la patience qu’il lui avait offert aussi. Mais s’il avait pu donner à sa sœur un peu de pudeur, il s’en serait bien porté aussi. Mais qu’importa, il la trouvait parfaite comme elle était. Mais sa patience partait, car il l’entendait, elle résonnait : la harpe.

L’eau qui coula sur son visage le calma légèrement. Il enfila des vêtements sobres, passe partout. Des gants également afin de ne risquer d’empoisonner quiconque. L’inquisiteur respira et pria le Rêveur. Il le remercia et sortit. Morgain n’était pas encore vêtue et il fallut que Nechama lui tende une robe et l’oblige presque à aller dans la salle de bain pour qu’il se dise que c’était bon : ils allaient pouvoir partir. Meccaya était allé se préparer de son coté et l’ondin fut rassuré d’entendre l’eau couler. Quand sa sœur sortit de la pièce, Nechama passa un coup d’œil dans la salle de bain et devint un peu blanc : sa journée n’était pas prête d’être finie…. Mais déjà, Morgain avait enfilé la robe, et, magnifique en celle-ci, Nechama était fier d’elle malgré… ça.

Une fois ses deux comparses prêts, Nechama les invita à aller au banquet. Ils croisèrent de nombreux individus, évitèrent Lymdul et arrivèrent dans la salle du banquet. Ils n’avaient pas alors croisé à nouveau l’apparence humanoïde de sa maitresse, ni même son co-aspirant. Sans doute s’étaient ils dirigés au banquet sans les attendre : après tout, ils avaient pris du temps. Aucune attention n’était tournée vers eux et c’était bien normal. Nechama attrapa la main de sa sœur : il venait à nouveau de percevoir Nyssath. Amenant sa sœur auprès de lui, il s’inclina devant elle.

Dame Nyssath, permettez-moi de vous présenter ma sœur : Morgain. Elle est arrivée au kaerl très récemment sous l’attention du maitre Reynald d'Amberle

Ainsi habillé, bien éveillé, l’inquisiteur offrait un individu bien portant et très agréable à la dragonne. Bien loin de l’être qui s’était présenté, encore dans ses songes, avec des poches sous les yeux. Se tournant vers sa sœur, grand sourire, il lui déclara :

Je te présente la liée de ma maitresse. Nyssath est une magnifique dragonne, mais point n’importe laquelle, une reine ! Sous sa véritable apparence, elle s’afficherait avec une magnifique couleur dorée.

Il n’eut cependant le temps de lui présenter son co-aspirant Guilitane car toutes les attentions se dirigèrent au même endroit. De loin, Nechama remarqua son frère Asulil, compagnon de quête. Il était enfin de retour, l’inquisiteur en était ravi. Mais ce n’était point lui qui attirait les regards mais sa compagnonne… ou du moins, la petite créature qui l’accompagnait. Une dorée… son arrivée semblait désirée par le Rêveur pour illustrer les propos de Nechama envers sa petite sœur. Mais les murmures sur son passage semblaient différés de la joie et cela, l’inquisiteur ne le comprenait pas. Il fit un petit signe à Asulil, point trop sûr que celui-ci le verrait dans l’assemblée qui le dévisageait. Nechama, lui, était bien heureux de le voir ! D’ailleurs, d’ici, il n’apercevait pas Mîw.
Morgain Gloic Sa'El Han
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MessagePosté le: Lun 6 Avr 2015 - 21:28 Répondre en citantRevenir en haut

« Frère, n’est-ce pas là des animaux merveilleux ? Grâce à un mécanisme très simple, ils s’évitent tant de peine ! Regarde comment j’ai compris cela… Là son corps, ses nageoires et puis sa bouche… L’eau qu’il avale rentre par ce conduit et permet de mieux faire briller ses écailles, lesquelles luisent à l’éclat de l’eau ! Elles ne luisent pas seulement car elles sont propres et claires, mais parce qu’elles aspirent l’air du dehors et le font entrer dans le milieu aquatique ! Comme c’est ingénieux ! Cette eau rentre par de minuscules fentes qui se situent là, et là… Et ensuite… Mais savez-vous comment les poissons mangent ? J’y ai beaucoup réfléchi. C’est très simple, en vérité. Voyez… »

Et ponctuant son explication si réfléchie et raisonnée qu’on aurait presque pu y croire, Morgain traçait sur le papier de nombreux dessins de poissons et autres truites afin que son frère et son cousin comprenne mieux ce stratagème employée par mère nature. Jusqu’à une heure indécente, elle ne tarit pas d’éloge sur le monde marin, s’extasiant des teintes de chacun de ses membres et découvrant sans cesse de nouveaux éléments à ajouter à leur mode de vie. Les algues, bien sûr, étaient leur maison, et permettaient elles aussi la circulation de l’air jusqu’à leur petit corps. Le soir, ils se roulaient dans le sable au fond des eaux pour s’endormir, et ce jusqu’au petit matin. Ils avaient leur propre langage, bien évidemment. Et ainsi de suite… Jusqu’à ce que la demi-fëalocë ne finisse par lâcher machinalement son fusain et ne pose son front contre l’épaule de son frère.

En ses rêves, elle devint tour à tour sirène, dauphin ou encore crustacée creusant minutieusement son petit refuge entre les grains dorés des fonds aquatiques. Elle se roula avec bonheur dans les algues soyeuses et alla…
Elle ne le sut jamais. Des coups furent frappés à la porte de la chambre de Nechama et, dans un petit gémissement la jeune fille tenta vainement de se blottir entre les draps encore chauffés par la nuit. La voix de son frère acheva de la tirer sans pitié de l’étreinte du sommeil, et c’est dans un grognement qu’elle finit par faire face à la brioche qu’il lui avait déposé. Mécaniquement, ses doigts se mirent à la déchirer, petit bout par petit bout, chacun d’eux étant amené à sa bouche et mâchonner avec un entrain contenu.
Lorsque Nechama revint de la salle de bain, elle avait à peine entamé la moitié de sa brioche et refusa de lui répondre quand il lui fourra finalement une robe dans les mains et l’entraîna vers la salle des eaux.

Là, livrée à elle-même, elle contempla longuement la robe qu’elle tenait à bout de bras. Quand il l’avait amené au Kaerl, Reynald lui avait confié une bourse bien rembourrée, lui conseillant vivement de se procurer tout d’abord ce qui lui semblerait nécessaire… Avant de finalement lui ordonner de se faire accompagner par son frère pour tout cela. Au souvenir de Nechama, Meccawa et elle arpentant les diverses boutiques en vue de lui acheter tout ce qui lui apparaissant comme étant utile, non seulement à ses yeux, mais aussi à ceux de son frère, elle sentit un petit frémissement d’excitation la parcourir et prendre le dessus sur sa mauvaise humeur initiale. Nechama voulait qu’elle soit jolie et qu’elle s’apprête bien pour lui.

Faisant couler l’eau dans une bassine de bois, la jeune Sa’El Han entreprit d’ouvrir chacun des placards et d’en sortir tous les produits dont la forme lui plaisait. Après avoir débouché les bouteilles judicieusement choisies, elle en inspira les odeurs afin d’affiner sa sélection, et fit de même avec les pains de savon. Trouvant quelques pétales de fleurs séchées, elle s’empara d’une poignée de ceux-ci afin d’agrémenter son bain, et se plongea avec délice dans ce dernier. Alors qu’elle se savonnait, elle se souvint de son rêve et se mit à chanter tout en agitant les jambes à la manière de nageoires imaginaires, éclaboussant joyeusement le carrelage autour d’elle. Jamais il ne lui vint à l’esprit qu’elle gaspillait ainsi de l’eau où rendait le sol glissant. Peu lui importait à vrai dire, puisqu’en sortant du bain elle entreprit de mettre plusieurs serviettes au sol et en utilisa encore d’autres pour se sécher elle-même. Enfin, certaine de sentir bon, elle enfila le vêtement aux teintes blanches et mordorées, puis entreprit de se coiffer. Nechama serait content.

Sitôt qu’ils eurent tous achevés de se préparer, ils sortirent de la chambre et Morgain se mit à suivre son frère et son cousin. Son humeur maussade envolée, elle sautilla rapidement au-devant d’eux, n’hésitant pas à pointer quelques personnes du doigt, soit à cause de quelque élément étrange de leur physionomie, soit par leur extravagante beauté au contraire. Pourquoi tous ces gens allaient-ils dans la même direction qu’eux ? Qu’était cette immense salle ? Alors que ses deux comparses répondaient à ses questions, elle leva son regard vers le toit de verre transparent qui les surplombait, répandant des vagues de lumière parmi les convives.

« Oh, Frère, regarde comme c’est beau ! »

Mais Frère saisissait déjà sa main pour l’entraîner en face d’une magnifique jeune femme dont la chevelure rappelait la couleur vive des flammes, ce que ne manqua pas de faire remarquer la jeune ingénue d’un ton enjouée.
« Comme vos cheveux sont beaux ! Y brûlerait un brasier qu’on ne verrait pas la différence ! »

Contemplant ensuite la dragonne sous sa forme humanoïde, ainsi que la lui décrivait Nechama, Morgain plongea dans un profond silence. Ainsi, les sauriens pouvaient prendre forme humaine ? Si on lui avait dit, elle l’avait déjà oublié, et se retrouvait à nouveau devant la puissance à nulle autre pareille de ces formidables créatures. Quels enfants ils devaient être pour le Rêveur ! Si beaux et si forts !
« Vous êtes encore plus formidables que ne le disent les textes sacrés ! »

Fort heureusement, pour elle et pour tant d’autres, elle sentit l’attention de son frère dériver et tourna son regard en la direction prise par l’attention générale. La bouche ouverte, elle admira bouche bée, ce spectacle grandiose. Sa main serra avec force celle de Nechama tant elle était émue. Ah, que le Rêveur était grand ! Son règne s’étendait sur toute chose, et il lui faisait un tel honneur en l’ayant mené en ces lieux !




~ Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ~




Dernière édition par Morgain Gloic Sa'El Han le Mar 7 Avr 2015 - 07:31; édité 1 fois
Guilitane Anerovian
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MessagePosté le: Mer 8 Avr 2015 - 21:33 Répondre en citantRevenir en haut

La journée s’annonçait longue… très longue. Il n’aurait su dire pourquoi. Le banquet ? Il en était sûrement responsable mais en partie seulement. Il y avait autre chose dans l’air, Guilitane pouvait le sentir sans réussir à mettre le doigt dessus. En outre sa maîtresse s’était montrée très stricte la dessus, il n’était pas question que le prétendu boiteux se fasse porter pâle pour cette cérémonie au combien important, et Guilitane ne pouvait se permettre de décevoir sa maîtresse.

Aussi avait-il commencé sa journée par préparer ses vêtements. Durant son temps au Kaërl il s’était découvert une nouvelle passion pour la couture et avait pu étoffer sa garde-robe de quelques vêtements plus luxueux qu’à l’ordinaire. De même il avait sortis des décorations de nacres, seul souvenir de sa sœur qu’il avait emmené avec lui dans la forteresse volante.

La matinée s’était finie alors qu’il essayait encore en vain de fixer les dernières perles dans sa chevelure rebelle. Dans un geste d’agacement il finit par envoyer voler le bijou au travers de la pièce. Ca ne servait à rien ! Il ne pourrait pas faire honneur à sa maîtresse et il ferait mieux de se terrer dans un trou de souris, au moins il ne risquerait pas un faux-pas si personne ne le voit…

C’était avec ce maigre espoir que Guilitane était partis prendre une douche, longue, chaude et comme hors du temps. Une bulle de calme, un cocon de sûreté loin du pays des dragons. Il en avait fait du chemin depuis sa rencontre avec Tol’Orëa, il commençait à peine à comprendre ce nouveau monde, et il était loin de se sentir à son aise pour une simple soirée mondaine. Cela expliquait sans doute la peur qui lui tiraillait le ventre à l’idée du banquet titanesque qui allait réunir les plus hautes personnes du Kaërl Céleste et auquel lui, simple aspirant de Dara, était convié.

Sa douche terminé, il laissa ses vêtements de soirée sur son lit et y redéposa les perles de nacres ainsi qu’un magnifique collier qui semblait tout droit sortis d’un rêve. Pour le moment il enfila quelque chose du plus classique, au vus du temps qu’il lui restait.

Passant en revue ce qu’il lui restait à faire il fut satisfait de ses préparatifs. Il entendait déjà les plus assidus s’agiter dans le couloir et partir en avance pour être certains d’être dans les premiers à rentrer dans la salle, mais lui n’était pas pressé, loin de là. De plus, les premiers suscitaient toujours plus d’attention et il se doutait que la notoriété de sa maîtresse suffirait à lui fournir des convives pour toute la soirée. Ainsi il attendait, ne voulant point se rendre seul là-bas.

Puis, le temps pesant et accablant l’ondin de toujours plus de doute, il décida de danser pour passer le temps. Il n’aurait pas à le faire sous les yeux de tous, sa canne le protégeant au moins de ça, mais ses musiques natales lui manquaient. Laisser ses jambes répéter de vieux mouvements lui vidait l’esprit et sa simple chambre redevint l’espace d’un instant l’immense salle de bal au tapis de velours rouge qu’il avait autrefois connus.

C’est alors qu’on frappa à sa porte. Interrompant ainsi ses chimères, Guilitane alla ouvrir pensant tomber sur Dara, Nechama ou dans le pire des cas Lymdul qui le voulait à tout prix comme cavalier. La surprise le saisi lorsque l’embrasure lui fit découvrir une sculpturale Fëalocë au sourire charmeur dont il n’avait aucun souvenir. Elle était visiblement parée pour le banquet et l’ondin ne comprit pas ce qu’elle pouvait lui vouloir, du moins jusqu’à ce qu’elle prenne la parole.

« Bonsoir Guilitane, c’est l’heure du banquet. Hâtes toi de nous rejoindre. »

C’est alors que son pouvoir lui permit de s’éclaircir les idées. La personne qui le regardait n’était autre que Nyssath, sa maîtresse ayant décidé de prendre forme humaine, et quel forme ! Mais déjà la dragonne s’était éloignée le laissant seul pour qu’il se change. Alors qu’il finissait non sans mal de se coiffer dans le couloir, il ne put s’empêcher :

« Vous êtes resplendissante maîtresse et je ne m’attendais pas à vous trouver ici. J’espère que je ne vous ferais pas honte au cours de la soirée. »

Il n’y avait pas une once de flatterie dans les propos de Guilitane et il se doutait que si Nechama n’était pas encore présent, c’est qu’ils allaient partir sans lui, et c’est ce qu’ils firent.

Dès qu’ils arrivèrent, Guilitane fut étonné du monde présent. Il n’avait pas encore réalisé à quel point le Kaerl était immense et cela venait de le percuté aussi violement qu’un coup de patte de Nyssath. D’ailleurs, la dragonne n’avait pas laissée le temps à son aspirant d’absorber toutes ses émotions car celle-ci commençaient déjà à discuter avec des notables qui l’avaient reconnue.

L’ondin eut l’impression que sa tête allait exploser alors que toujours plus de regards se tournaient vers eux. Jamais son pouvoir n’avait été un tel handicap. Jamais il n’avait eu autant de personne à supporter. Aussi il ne put suivre vraiment les conversations et c’est tout juste s’il arrivait à rendre les saluts qui se multipliaient.

La tempête sous son crâne ne se calma légèrement qu’à l’arrivé de son co-aspirant, bizarrement entiché d’une jeune ondine qu’il n’avait encore jamais vus.

Le silence se fit dans la salle en même temps que dans son esprit, les regards s’étant tous focalisés ailleurs. Son cerveau assimila difficilement les derniers mots qu’il avait entendus.

Asulil avait un dragon de la dame déchu ?

Voilà qui confirmait le soupçon de l’ondin, la journée était loin d’être finis, et c’était avec l’esprit sur le qui-vive qu’il observait maintenant la scène qui s’offrait à lui, il attendait la suite avec la même appréhension que l’assemblé, la tension devenus palpable alors que la petite dorée était maintenant clairement visible.
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 10 Avr 2015 - 21:15 Répondre en citantRevenir en haut

Sa nuit avait été… Disons. Spéciale. C'était de plus en plus souvent le cas de ses nuits, depuis son arrivée au Kaerl. Dans ce rêve-ci, il était question d'un dragon blanc, qui le fixait comme s'il pouvait voir le fond de son âme, et lui répétait inlassablement une sorte de litanie concernant l'interstice… Sans même s'inquiéter du ciel qui, derrière lui, se déchirait. Le neishaan s'était réveillé avec une sorte de nausée lointaine, un sentiment de mal-être et d'angoisse qui peinaient à disparaitre. Le ciel qui se déchirait… Iel s'était rendu auprès de son cousin, espérant pouvoir lui raconter tout cela, après avoir soigneusement noté cette histoire dans son carnet à rêves. Mais arrivé sur place, ses projets se virent compromis. Loin de dormir, ses cousins de coeur étaient savamment occupés à disserter de poissons. Si ce n'étaient pas là les bestioles que Meccaya trouvait les plus passionnantes à étudier, iel n'en demeura pas moins, dans un premier temps, un auditoire attentif, fasciné par l'imagination de Morgain et sa capacité à créer des théories et les argumenter. Comme quoi, la science était une chose bien malléable. Néanmoins, la fatigue rendit vite Meccaya moins attentif, et iel se contenta bientôt d'opiner doucement, avant de se laisser tomber sur le matelas gentiment offert par Nechama. Iel ne réalisa même pas que son cousin allait dormir sur le parquet.

C'est le son de la porte s'ouvrant qui le réveilla à nouveau. Sorti trop brusquement de son rêve, iel ne put s'en souvenir. Iel remua un peu, mettant ses yeux à l'abri de la lumière. Iel ne voulait pas avoir entendu ce qu'iel avait entendu. Banquet ? Oh non… Iel n'avait pas quitté Vaendark pour subir les mondanités dans un lieu encore tout neuf, entouré de gens encore moins connus ! Iel n'avait pas envie de faire le beau, se tenir droit, faire bonne figure, parler de sujets inintéressants juste pour "les relations"… Iel avait plein de choses intéressantes à faire ! Comme… Comme… Étudier ! Où, où… Lambiner ! Où profiter de leur nouveau chez-eux, avec Nechama et Morgain, la nouvelle retrouvée ! Le neishaan n'arrivait pas à voir ce banquet comme autre chose qu'une perte de temps. Déjà en Vaendark iel perdait du temps qu'iel aurait pu passer à autre chose, lors de ces "rencontres". Mais ici, en plus… Iel ne ressentait nullement l'envie de faire le coq devant les autres, qu'ils soient aspirants, chevaliers ou maitres. Le seul qui aurait pu être l'exception étant Nalesean.
Son cousin le tira de ses grommellements et de ses espoirs de se rendormir. Iel leva le nez vers lui, ses yeux encore collés par le sommeil, ses cheveux se moquant outrageusement des lois physiques de ce monde. Il fallut les excuses de Nechama pour qu'iel réalise l'erreur de ce dernier.

"- Oh… Tu peux bien m'appeler frère si tu veux !"

Au niveau de proximité où ils étaient arrivés, était-ce vraiment une erreur ?
Enfin. Il fallait y aller. Ce n'était pas pour lui, mais iel savait que son maitre y tenait, et que Nechama ne faisait que transmettre l'ordre. Flarmya, si cela n'avait pas été Erebus… Iel aurait singé la migraine, ou autre chose.
Iel s'était donc préparé, avait enfilé une tenue qui n'avait rien d'exceptionnel (mais qui était propre !) et avait tenté, en vain, de dompter sa chevelure. Un brin de toilette. Et iel avait ensuite retrouvé ses cousins et leur avait emboité le pas. Déjà iel ne faisait plus trop attention au monde qui l'entourait et s'apprêtait tout juste à attendre que cela passe. Devant Nyssath, iel ne put s'empêcher néanmoins un léger haussement de sourcils, surpris. C'était là la première dragonne qu'iel vit jadis. Elle avait son charme, sous cette forme, il fallait le reconnaitre. Elle se distinguait des autres bipèdes ici présents. Son regard traina un peu sur elle, sans qu'il le réalise. Il fallut la grosse artillerie pour l'en détourner. Et la grosse artillerie, au Màr Menel, porte un nom bien spécifique: buffet.
Cela risquait d'être sa principale occupation. Ca, et suivre gentiment Nechama en donnant l'impression de suivre ses conversations. Donc autant faire connaissance tout de suite ! Meccaya fit donc les présentations entre les cailles, le daim, les fruits, et son estomac. Oh, ce n'étaient que de petites bouchées gourmandes chapardées ici et là, mais cela occupait son androgyne. Quand le silence se fit, iel eut un vague coup d'oeil en direction de la scène. Mh. D'accord. Iel avait cru comprendre. Mais ces histoires-là lui passaient au-dessus de la tête, quand bien même iel devait avoir, dans un coin, les propos de Ñiniel.
Avec dépit, Meccaya constata que Nechama et Morgain s'étaient eux aussi intéressés au centre de l'attention. Mh. Iel était donc tout seul. Peut-être pouvait-iel se carapater ? Non, Erebus lui en voudrait. En revanche… Iel eut une idée. Iel vint vers Morgain, mit une main sur son épaule, et lui offrit un de ces fruits rouges venus de Ssyl'Shar. Iel avait déjà raconté à Morgain combien ces fruits tachaient, au point que certaines femmes les utilisaient pour teindre leurs cheveux de rouge. Iel se pencha à l'oreille de sa jeune cousine, pour lui murmurer, presque enigmatique:

"- Tout n'est qu'une question de couleur, Morgain. Tu as toujours été une artiste."
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MessagePosté le: Ven 17 Avr 2015 - 07:09 Répondre en citantRevenir en haut


Altahir Nordan & Norloth


Le Céleste observa le petit manège de Persée, son regard toujours braqué sur elle quand elle se retourna pour d'abord offrir un peu de son verre à son compagnon ailé. Il ne put s'empêcher d'avoir un léger sourire quand à l'annonce de l'arrivée du Seigneur Céleste, elle but d'une traite le verre si généreusement offert. Pour rester sobre, on ne buvait pas, et jusqu'au bout. Tout le contraire venait de se passer sous ses yeux. Si elle se préparait à se diriger vers Zackheim, elle aurait déjà l'haleine bien sucrée pour le saluer.

°Et tu es ravi hein°
°Rho la barbe. Je n'ai rien fait d'outrageant non ? Tu devrais être content au lieu de ronchonner°
°Je te connais assez pour savoir que tu attends la bonne occasion pour ouvrir ta bouche. Surtout avec ce que tu vas dire°
°Et dire quoi ? °
°Tu verras°


Qu'il détestait ce dragon quand il pensait par énigmes ! Il joua avec le liquide de son verre, regardant Persée puis quand il porta son verre à ses lèvres pour savourer une nouvelle gorgée. Quand un héraut annonça la venue de deux chevaliers, il tendit juste un oeil et s'étouffa avec la gorgée qu'il venait d'avaler. Il toussa, se frappant du poing sur la poitrine pour passer la gorgée mal ingurgitée. Quoi, il voyait qui là ? Et leurs jeunes liés venait d'où ?

°D'une ponte céleste voyons°
°Mais nous n'avons pas eu d'empreinte ici au Kaerl ? Ne me dis pas que....°
°Si si. C'est bien celle de Rintrah°
°Oh bordel...Que cela va être intéressant°


Il sentit les songes de son dragon, comme s'il roulait des yeux. Altahir fit comme les autres invités, il fixa les deux jeunes chevaliers. Il fut étonnée de voir Niniel avec une dorée. La dernière fois qu'il l'avait vu.... Il tut sa pensée en buvant d'une traite le reste de son hydromel. Il n'était pas juge, les dragons savaient ce qu'ils faisaient. Si une dorée avait opté la jeune femme, c'est qu'elle avait l'esprit pour. Par contre, il se demandait comment son ancienne maîtresse allait prendre le fait qu'elle se soit liée avec une dorée d'une couvée extérieure, et pas n'importe laquelle : celle de Rintrah, la liée d'Heryn Amlug, toujours exilée.

Maintenant les deux anciens aspirants étaient devant le Seigneur Céleste. Lui, comment allait-il réagir ? Rien que deux dragonnets issus d'une telle couvée pourraient être un prétexte à l'Ancienne Dame de revenir revendiquer sa place... enfin revendiquer était un bien grand mot....


[HRP : j'avais oublié de le préciser avec un peu plus de rigueur o/. C'est de ma faute ^^'.
Pour ce rp, on va suivre le tour par tour. Miaou]



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessagePosté le: Ven 1 Mai 2015 - 10:16 Répondre en citantRevenir en haut

Dans la Seconde Antichambre privée, le grand Chambellan Coravius attendait que Messire Zackheim se décide enfin à rejoindre la Haute Salle. Lui, il était arrivé à l'heure dite. C'était Marlov, le factotum des Galastden, qui après l'avoir introduit dans la Première Entrée, l'avait averti que le Seigneur serait bientôt prêt et puis l'avait planté là en disant qu'il allait annoncer l'arrivée de messire le Grand Chambellan.
Et bien il était furieux, messire le Grand Chambellan !
Etrange vraiment ce retard. Le Galastden n'était pas homme à hésiter au dernier moment entre l'écharpe de soie ou celle de velours. Et rien à tirer de Marlov. C'était un ancien serviteur de Lelÿ de Dalneÿs, la mère de Zackheim et de Kieran. Le Chambellan, pensant que dans le palais, il était le premier personnage après le seigneur lui-même, trouvait odieuses ces manières. Et le tyran était en plus d'une méfiance ! Pas question de laisser entrer les gardes armés dans la Première Entrée. Ce n'était pourtant pas dans les mœurs des Célestes d'assassiner un souverain, certes non élu mais légitimé par le Conseil des Maisons. Il y avait bien ces rumeurs concernant Maître Thelrand mais les deux ennemis étaient plus ou moins réconciliés, non ?
Corvasius restait donc debout, raide, digne et furieux, tenant fermement son bâton de commandement au pommeau doré. Cela faisait dix minutes que tous les officiels étaient arrivés et que l'escorte était prête. De quoi avait-il l'air d' attendre ainsi comme un valet de pied laissé à la porte ? Ces Galastden pétris de morgue se croyaient tout permis ! Lui était un Dalneÿs et il avait bien cru perdre sa place au moment de l'arrestation de la regrettée Dame Heryn. Il servait loyalement le nouveau maître mais ne le portait certes pas dans son coeur.
Pour se sentir occupé, Coravius alla ouvrir la porte sur la galerie extérieure conduisant à la haute salle.

Les six Hallebardiers étaient en position réglementaire, rangés le long du mur et ne bougèrent pas un poil de leurs moustaches sous le regard sévère du chambellan. Le silence se fit aussitôt parmi les pages qui devaient porter le dais seigneurial. Les garnements devaient à leur habitude échanger des impertinences ou évaluer en termes effrontés les attraits des dames qui seraient au banquet. L'important était qu'ils se taisent en voyant messire Corvasius. On savait au moins qui commandait ici, du moins tant que le seigneur n'y était pas.
Un peu calmé, il jeta un dernier regard sur la tenue des pages - le petit Lustik d'Amberle portait pour une fois son béret à la bonne inclinaison- et il allait retourner à son poste quand juste à ce moment, les gardes présentèrent les armes. Surpris, il fit volte face. Zackheim venait de s'immobiliser sur le seuil. Comment s'arrangeait-il pour qu'il n'y ait aucun bruit quand il sortait de chez lui et un léger grincement quand on y pénétrait ?
Corvasius se sentit de nouveau fort irrité d'avoir été surpris dos tourné au seigneur et de n'avoir pu frapper trois fois le sol de son bâton pour annoncer protocolairement sa venue. Ce type était invivable, toujours à surprendre les gens, à ne pas être là où on l'attendait, à vous faire vous sentir coupable d'on ne savait quels manquements à sa personne.
Enfin, au moins, messire Zackheim portait bien le costume de cérémonie, même si cela manquait d'or, d'hermine et de manteau à traîne, en un mot, de majesté. Un vrai seigneur a besoin de panache, affirmait Coravius qui d'ailleurs mettait mentalement ce dernier mot au pluriel, ayant un petit faible pour les chapeaux à plumes.
Il s'inclina, frappa légèrement le sol de son bâton et les pages déployèrent le dais. Mais Zackheim leva une main pour suspendre l'opération et adressant d'abord quelques mots d'excuse à messire Corvasius, lequel en fut fort surpris, il dit de la voix égale qu'il utilisait en toutes circonstances :

-Aujourd'hui est un jour inhabituel, Monsieur le Grand Chambellan. Je pense que le dais est inutile dans la mesure où ce n'est pas le Seigneur qui est honoré mais l'ensemble du Kaerl, les vivants et les morts. Que diriez-vous d'une entrée moins solennelle ? Si nous entrions simplement, vous et moi... ?

Corvasius commença par ouvrir la bouche pour protester. Jusqu'alors, Zackheim de Galastden avait au moins l'avantage d'être très soucieux du protocole et le chambellan, étant lui-même fort savant dans le détail des rituels Célestes, se félicitait que les dispositions qu'il prenait ne soient jamais contestées.
Mais il admit qu'en effet, le banquet célébrant conjointement de façon inusitée les deux aspects de la victoire, hommage aux morts et joie de la paix revenue, il fallait innover.
De plus, paraître seul avec le Seigneur devant la foule des convives était loin de lui déplaire. Il crut bon cependant d'objecter qu'il fallait que les hallebardiers les accompagnent. Ils devaient être présents dans la salle à la fois comme signe de puissance et comme garant de la sécurité. C'était l'Ankalikon en personne qui les avait choisis parmi ceux qui s'étaient distingués lors de l'attaque du kaerl. Zackheim accepta d'un simple mouvement de tête.

Quelques instants plus tard, les deux battants de la grande porte de l'entrée princière furent ouverts. Les trompes des héraults retentirent, provoquant aussitôt des remous d'attention dans toute la salle. Le Chambellan parut en premier et frappa trois fois le sol de son bâton doré. Alors, encadré des hallebardiers qui se déployèrent de chaque côté de la porte, le seigneur s'avança sur l'estrade d'honneur. Les convives déjà assis se relevèrent, ceux qui circulaient s'immobilisèrent dans le silence qui avait suivi les dernières notes de la fanfare. Le seigneur monta lentement les marches du podium où seraient prononcés les discours des notables après le banquet et où se tenait le siège seigneurial.
Pour l'ouverture des festivités, on avait annoncé qu'il n'y aurait qu'une brève allocution et tout le monde s'en réjouissait, pressé de faire bombance après les privations des semaines passées. Aussi ne trouva-t-on pas anormal que pour prononcer ce discours, le seigneur s'avançât jusqu'à la balustrade au lieu d'aller s'asseoir d'abord sur le trône, salué par les chevaliers-dragons et les dignitaires des Maisons. Certains observateurs remarquèrent cependant le geste surpris du chambellan qui s'apprêtait à l'escorter et s'étonnèrent que pour une fois, Zackheim de Galastden ait semblé improviser. Que s'était-il passé entre le moment où la cérémonie avait été réglée et le moment présent pour provoquer cette rupture des traditions auxquelles le seigneur semblait si attaché ? On n'était jamais sûr de ce qui se passait dans la tête du Seigneur Zackheim.

Celui-ci regarda un instant l'assistance avant de commencer mais en survolant le carré des tables d'officiels, ne voulant reconnaître personne au passage - surtout pas le visage tant aimé de celle qui demeurait présente en lui tout au long des ses jours, de ses veilles et de ses rêves. Sa pensée l'accompagnait comme une musique lointaine et douce qu'il était seul à entendre sous le fracas des obligations quotidiennes, comme une écharpe de ciel bleu parmi les nuages de son esprit, comme un parfum de fleur infiniment désirable au milieu d'un monde aride et sans joie.
Il perdit son regard vers le fond de la salle et y perçut un petit mouvement de distraction au milieu de tous ces regards tournés vers lui. Etait-ce la confirmation de ce que Sarevok lui avait révélé juste avant de sortir, rompant avec l'habitude des dragons de ne pas mêler les affaires des fils de Flarmya et celles des bipèdes, sauf si la vie de leur liés était en jeu ? La pensée collective faisait que les dragons adultes les plus puissants pouvaient partager non seulement tout le savoir ancestral mais aussi ce qui arrivait de grave à leurs frères, les empreintes et les morts, les dangers menaçant l'équilibre des forces du Rhaëg, les événements du passé et parfois les murmures venant de l'avenir. Justement Sarevok se dirigeait vers le lieu de cette agitation mais il avait fermé son esprit sans doute pour ne pas déranger son lié au moment de s'adresser à la foule. Il fallait se décider à parler.

Son allocution d'ouverture devait être courte. Elle le fut. Elle devait être consensuelle et le fut également : une phrase pour l'héroïsme des Célestes unis dans la défense de leurs idéaux, une pour ceux qui avaient donné leur vie pour le kaerl et dont les effigies de brocard demeureraient à jamais sur les murs de la Haute Salle pour témoigner de leur sacrifice, une autre pour la grandeur de la victoire, l'ennemi écrasé, les horreurs lâchées sur le monde renvoyées au néant. Enfin, après des louanges à tous - depuis les chefs responsables, tant militaires que civils, jusqu'aux simples citoyens - pour le courage, la compétence et l'esprit d'union qu'ils avaient manifestés, l'invitation fut faite de célébrer en commun la paix retrouvée, le banquet étant le symbole même de la prospérité des jours à venir.
-. Etc etc.... pensa Zackheim tandis que les hérauts faisaient de nouveau résonner leurs trompettes comme il gagnait la table seigneuriale où les dirigeants du kaerl étaient rassemblés.
Cela s'agitait encore vers le fond où se tenaient les plus jeunes chevaliers. Zackheim resta un instant debout, parcourant la salle du regard. Tout ce monde. Tant qui le haïssaient. Tant d'indifférents ; d'autres qui soutenaient sa politique de fermeté pour des motifs personnels, chacun enfermé dans sa façon de pensée. Comme lui, comme tous. Quand on pense, on est toujours seul. C'était là la beauté du Lien : penser avec l'esprit de l'autre. La fraternité de cette multitude autour de lui n'était qu'illusion ou mensonge.
Une plaisante musique dansante et joyeuse remplaça la fanfare. L'heure était officiellement à la liesse et à l'insouciance. Zackheim s'assit, participant à cette duperie générale en forçant un sourire aimable sur ses lèvres serrées.
L'agitation et le bruit des conversations avaient repris, ceux qui étaient arrivés les derniers s'avançaient pour prendre place. Mais un mouvement d'étonnement et un brouhaha grandissant se formait dans le sillage d'un jeune Torhil et d'une Ondine. Des dragonneaux les accompagnaient et dès qu'ils parvinrent dans l'espace vide devant l'estrade, le visage du seigneur se figea dans un masque d'impassibilité.
Le Torhil prit la parole et se présenta ainsi que son lié, égrenant des noms - Rintrah, dame Hamlug, Seldryn... noms qui, résonnant dans cette Haute Salle, symbole du pouvoir céleste, marquaient la fin de tout ce que Zackheim de Galastden avait entrepris et obtenu. Il se sentit vide, privé de tout désir de reprendre l'avantage. Il avait le pouvoir et celui-ci l'avait déçu. Au fond de lui-même il éprouva comme une vague satisfaction de sentir se défaire la tension permanente de celui qui vit dans l'imposture. Sa seule inquiétude fut pour Persée immobile à ses côtés. Il fallait qu'elle sorte intacte de la tourmente qui s'annonçait.
Et il n'était pas question de paraître céder à ce défi brusquement apparu malgré la déférence du ton. Il n'avait ni honte ni regret. Il le ferait encore si c'était à refaire, même si la mort et l'opprobre général l'attendaient à la fin. Il lui resterait jusqu'au bout la certitude d'avoir eu raison. Il ne chercha pas l'appui de la pensée de Sarevok, ne regarda pas vers Persée. Il avait toujours pris ses décisions seul.
Il fixa le nouveau chevalier et déclara d'une voix sèche mais qui ne montrait ni surprise, ni embarras :

-Félicitations. Votre lié est d'une illustre descendance. Et je ne doute pas que votre compagne n'ait elle aussi des raisons d'être fort satisfaite. Vous voilà chevalier-dragon. De quel kaerl reconnaissez-vous l'autorité ?



Persée Garaldhorf
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MessagePosté le: Sam 27 Juin 2015 - 16:42 Répondre en citantRevenir en haut

Tout se déroulait comme prévu. Pour des yeux extérieurs à la scène, le chamboulement de la cérémonie d’ouverture pouvait être interprété comme un mauvais présage, ou le signe trahissant un désordre grandissant parmi l’intendance du Màr Menel. Le Kaerl n’avait pas à rougir de ses goûts fastueux, ni même de son organisation quelque peu chaotique. Tout se déroulait exactement selon un plan secret, établi entre quelques personnes précises, sans que quiconque ne puisse savoir d’où venait l’initiative avant de voir les événements se produire d’eux-mêmes sous les yeux de cette assemblée.

Alors que le Seigneur Céleste faisait enfin son entrée – qu’elle soupçonnait avoir soigné méthodiquement son retard -, Persée oublia la présence du Chevalier Nordan à ses côtés. Son persiflage quotidien, assimilable aussi bien à de la perspicacité comme de l’insolence, fut aussitôt relégué au second plan. Comme Zackheim prenait place sur le trône, elle le salua, selon le protocole, tandis qu’en son cœur résonnaient des trompettes de bronze. Elles sonnaient le glas d’un statu quo. Tout se jouerait dans les prochaines minutes, voire les prochaines heures. Instinctivement, elle chercha le regard de Dara, bien plus rompue aux exercices politiques en tant qu’enfant du Kaerl. Elle trouva la dragonne de la Dirigeante Amberle entourée d’Aspirants, certains placés sous sa Triade. Cette vision attendrissante ne suffit pas à dissiper son excitation. Il fallut que le héraut annonce les nouveaux Chevaliers, qui avaient l’honneur d’être mis à la fête aujourd’hui, pour qu’elle s’apaise enfin. L’attente était récompensée.

Elle ne connaissait que le visage et le nom du jeune Torhil accompagné du dragonneau cuivré. Il avait été l’apprenti de Maître Unarion. Mieux encore, il avait fait ses preuves au Manoir et acquis la confiance de Ñiniel. Ce simple constat la rassurait. De même que sa démarche. A lui seul, il venait de rompre le silence pesant autour des rescapés de la Quête, sans oublier de revendiquer la légitimité de son tout jeune Lié. Son ancienne Aspirante le suivait de près, talonnée par la dragonnelle princière.

Le cœur de Persée se serra. L’interrogation de Zackheim avait manqué lui faire tourner la tête pour chercher son regard. C’était une question piège ! A la place, elle s’empressa de redonner son verre à un page passant devant elle. Son petit écart n’avait pas suffis à la détendre. Aujourd’hui, elle agissait plus en tant que Maîtresse Dragon que garante de la paix. Elle n’avait pas droit à l’erreur. Il n’était pas question de mettre en danger le futur de Ñiniel et de la jeune Dorée. Ne sachant pas si elle devait attendre un quelconque signal de la part de l’ondine ou de son frère d’Empreinte, l’Ancalikon quitta sa place à la gauche du trône pour s’avancer au-devant des marches menant à ce dernier. Courbant la nuque face au Seigneur, la jeune femme mit un genou à terre et déclama de sa voix la plus neutre :

- Mon Seigneur, l’humble servante du Màr Menel que je suis sollicite votre clémence. Les Chevaliers Addraeddry et Iserimir sont placés sous ma protection depuis leur retour au Kaerl. J’ai accepté de garder le secret sur l’ascendance de leurs Âmes Sœurs, pour les préserver des rumeurs et des querelles politiques… Le temps pour eux de revendiquer eux-mêmes leur place au sein de l’Ordre, s’ils le désirent. Seigneur Zackheim, j’ai trahi votre confiance, aidé à abriter des dragons issus d’une reine renégate et j’en assume l’entière responsabilité.

Suite à sa tirade politique, qu’elle avait travaillé des heures durant auparavant pour mieux choisir ses mots, Persée releva les yeux sur le visage de celui qu’on surnommait – à tort, à raison – l’Usurpateur. Celui pour lequel elle vendrait son âme avec joie. Celui qui avait su garder le Kaerl hors de l’influence de Drazahir. Une supplique muette se lisait dans ses prunelles enténébrées. Elle savait Zackheim mis dans une position délicate. Elle s’en désolait mais elle n’avait pas eu le choix. Elle avait promis son soutien à Ñiniel et elle comptait bien honorer sa promesse. Qu’elle soit punie, elle, plutôt qu’eux. Persée n’en avait cure. Elle trouverait un moyen de s’en sortir. Peu importait lequel ni combien de temps cela prendrait mais elle s’en sortirait. Comme toujours. Que Ñiniel et Asulil soient libres, elle n'en demandait pas plus.



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