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 [RP]Petits meurtres et faits divers Sujet suivant
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Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév 2015 - 19:36 Répondre en citantRevenir en haut

--Début Solayeku


L'été était là, c'était indéniable. La chaleur était revenue. Pour Meccaya, c'était une formidable occasion de découvrir ce qu'était un vrai été, et non pas un été de Vaendark ! Le neishaan détesta très vite cette découverte. Lui qui souffrait déjà bien assez quand la saison chaude arrivait dans son pays natale était tout bonnement abattu par des températures aussi indécentes ! Enfin, indécentes… Pour le commun des Liés c'était sans doute des journées "un peu chaudes". Pour lui, qui se refusait à quitter sa tunique à manches longues, ses bottes de cuir et son pantalon, le tout de couleur assez sombre tout de même, pour lui ce temps était insupportable.
Sa dernière escapade sur le continent lui avait laissé un souvenir assez marquant. De belles courbatures, quelques bleus, trois jours passés à essayer de retrouver un rythme de sommeil convenable. D'autant plus que pour ce petit neishaan, le sommeil était plus qu'important. Le royaume d'Aran'Rhiod avait toujours suscité son attention, mais plus encore depuis ce rêve être qu'iel avait fait, qui l'avait mis en contact avec une sorte de maitre des songes. Depuis qu'iel avait quitté Astère, ses journées avaient donc ressemblé à autant d'efforts pour rester éveillé et convenable devant son maitre, malgré les douleurs qui le lançaient, ses soirées s'étaient dédiées à la préparation de cataplasmes et à la meilleure préparation possible pour réparer son sommeil tout décalé. Ses nuits étaient entrecoupés de réveils. Ses cours lui demandaient plus d'efforts qu'à l'accoutumée. Son temps libre se passait entre repos et esquisses de recherches. Ce qu'iel cherchait ? Les mêmes choses qu'avant son escapade: des informations sur les soins aux dragons, sur les rêves. Mais à cette liste s'ajoutait désormais la recherche d'informations su le Kaerl Ardent. À la pile de livres qui encombrait tant son bureau que sa table de chevet s'étaient ajoutés des ouvrages décrivant le Màr Tàralöm. L'Ardent avait beau l'avoir mis mal à l'aise, il avait au moins le mérite d'avoir attiré sa curiosité.
Un nouvel élément s'était également ajouté à son existence, qui rendait le Tel'Aran'Rhiod toujours plus fascinant à ses yeux. Iel s'était réveillé avec une amulette sombre ajoutée à la chaine autour de son cou, aux côtés du pendentif aux armoiries de sa famille. Cette amulette, iel l'avait rêvée tout d'abord, dans un rêve avec l'Ardent, avec Guilitane… Guilitane lui avait confirmé avoir vécu le même rêve. Iel n'avait su qu'en déduire, tant sur le rêve et sa nature que sur Astère, et cette femme aux cheveux de feu, Runa… De temps à autre, iel utilisait l'amulette, pour l'essayer. Iel ne pouvait voir dans les autres Kaerls, et l'amulette montrait avec plus de précision les personnes, dragons ou humain, qui étaient proches. Aussi iel avait essayé de voir son frère, et n'avait su discerner à aucun moment l'endroit où iel se trouvait.
Vaendark lui manquait.

Ce jour-là, le petit Céleste n'était pas descendu sur le continent via sa dragonne habituelle. Un autre dragon l'avait porté. Nalesean avait confié à Meccaya la charge d'un groupe de blessés, maitre Erebus n'avait pu que cautionner que son apprenti parte pour pareille mission. Le dragon avait déposé Meccaya non-loin du village, mais au milieu de la sylve. Un peu asocial, et surtout féru de nature, il avait proposé à Meccaya de se retrouver au même endroit lorsqu'iel aurait terminé ce qu'iel avait à faire. Bon prince, l'androgyne avait accepté. Iel avait donc laissé le dragon à sa chasse, et s'était rendu au village.
Son retour se fit vers la fin de journée. Le neishaan était plutôt fier de lui, et estimait avoir fait du bon travail. Ses blessés avaient été des paysans, agressés par des pseudo-bandits de grand chemin. Allons bon. Il y avait vraiment des êtres sans vergogne en ce monde. Un peu fourbu, l'esprit au repos, et accablé de surcroit par la chaleur, l'androgyne ne songeait qu'à retourner au Kaerl et se glisser dans la fraicheur des Archives. Iel reprit donc la route, vers le dragon, d'un bon pas.
Iel fut surprit d'être seul sur ce pseudo-sentier, enfin, sur ce passage d'herbe où pouvaient passer sans souci deux poneys. Sa silhouette était la seule. Silhouette songeuse, aux cheveux blancs ébouriffés par le vol à dos de dragon, aux habits bruns, la sacoche contenant son matériel battant contre sa hanche. Iel avait même si chaud que, chose exceptionnelle, iel avait retroussé les manches de sa tunique. Enfin bref, pour quelqu'un qui venait d'apprendre que des bandits trainaient, iel était tout sauf prudent.
Cela ne manqua pas. D'un seul coup, Meccaya eut le souffle coupé: on venait de lui sauter dessus, un bras autour de son torse. Avant même qu'iel ait pu penser à hurler au secours, iel sentit le froid d'une lame contre sa gorge.

"- Je le tiens ! Fouille-le !"

Le neishaan resta immobile, pétrifié par la peur. Pas moyen de voir son agresseur. Iel vit en revanche le second, d'une bonne tête de plus que lui et avec le triple d'épaisseur, lorsque ce dernier vint devant lui, commencer à lui faire les poches. Le bandit complimenta son joli collier, qu'iel avait oublié de cacher sous sa chemise, avant de le lui retirer. Nahlot Laan ! Et l'emblême de sa famille ! Meccaya déglutit avec un peu de difficulté, sentit la lame s'enfoncer un peu trop dans sa peau, le sang perler. Son regard se détourna, alors que le bandit fouillait sa besace. Iel vit alors une silhouette bien connue. Une silhouette qu'iel fixa longuement. Qu'attendait-il pour l'aider ?
Iel le fixa trop longtemps. Le bandit qui le tenait prisonnier beugla à son camarade:

"- Là ! Il a un allié !"
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév 2015 - 19:36 Revenir en haut

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Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Jeu 5 Fév 2015 - 23:59 Répondre en citantRevenir en haut

} Douce est ton âme
Je sors du coma
Pourquoi je reste froid?
Mais je vois
Ce que je ne devrais pas
Je ne me souviens de rien
Pourquoi je reste froid? {


    L’été était arrivée et avec lui sa chaleur accablante. Astère, comme le neishaan, n’aimait pas particulièrement cette saison car il ne supportait pas d’avoir trop chaud. Pour la pleine saison il s’habillait plus léger, ne portant qu’une tunique à manche courte qui laissait voir les muscles de ses bras bien développés et un pantalon de lin, léger et souple, qui n’entravait pas ses mouvements. A cela s’ajoutait ses éternelles bottes de voyage en cuir, sans doute l’habit qui lui avait coûté le plus cher, ainsi que sa panoplie d’armes : les cimeterres jumeaux tout droit venus du Sshyl’shar, son épée courte dans son long fourreau, sa dague et pour finir le poignard caché dans sa botte gauche. Il avait aussi pensé à prendre un couteau de chasse pour ce nouveau séjour en forêt.
    Cette fois, il avait choisi la sylve lui-même pour passer une semaine de vacances en communion avec la nature. Un dragon l’avait déposé là, en profitant pour chasser un peu dans les environs et s’offrir un peu d’air pur à l’extérieur du Kaerl. Il n’était pas dans la même zone de la forêt que la première fois et avait passé ses deux premiers jours à explorer la Sylve et à se construite un abri dans un arbre. A nouveau il avait trouvé un point d’eau à proximité, une rivière à nouveau. Peut-être était-ce une partie de celle qu’il avait déjà rencontrée, il n’en savait rien. Il en avait profité pour se rafraichir et la tombée du jour l’avait surpris.

    Il avait remit son pantalon et s’affairait à boucler sa ceinture lorsqu’il remarqua la bête un peu plus loin. Elle ne semblait pas l’avoir vu et s’approcha de l’onde en boitillant. Le demi remarqua que l’une de ses pattes arrière trainait derrière elle, comme inerte. Elle saignait. Il n’avait jamais vu une créature lui ressemblant auparavant. Elle avait une tête massive de dogue avec deux défenses, des oreilles dressées sur son crâne et des yeux sombres placés légèrement sur les côtés de sa tête comme un cheval. Son corps avait quelque chose de racé, taillé pour la course mais il restait assez trapu pour supporter l’énormité de sa tête. Sa queue était courte et collée contre ses organes génitaux.
    La bête releva la tête et posa un regard fatigué mais apeuré sur lui. Il n’avait pas esquissé un mouvement mais son estomac et son esprit se lièrent pour lui laisser penser qu’elle ferait un bon diner. Elle n’était pas très grande, peut-être la taille d’un renard ou à peine plus grand. Il n’y aurait donc pas beaucoup de trop pour lui.
    Déjà elle s’éloigna à nouveau dans les buissons. Il prit le temps de passer ses bottes et de remettre ses armes dans leurs fourreaux à sa ceinture – devant et derrière – et choisit de laisser son haut sur la branche où il était accroché pour ne pas perdre trop de temps à suivre la piste de la bête. Déjà il était sur ses traces, son couteau de chasse à la main.

    C’était le crépuscule du troisième jour et il ne s’attendait pas à rencontrer qui que ce soit. Car pour l’instant il avait été seul, totalement seul, perdu et voulant l’être, dans cette forêt à la fois farouche et accueillante. Seuls les bruits de la faune environnante lui étaient parvenus et il n’aurait jamais pensé être si proche d’un village ou de tout autre lieu d’habitation. Aussi lorsque la forêt s’éclaircit légèrement devant lui, il s’attendait à passer dans une clairière comme tout bois en possédait, et non pas sur une pseudo-route.
    Ainsi Meccaya put voir passer une pauvre créature boiteuse traversant le chemin pour sauver sa peau puis le demi torse-nu mais bien armée sortir du couvert des arbres sous le soleil éclatant. Il était tout à sa chasse et n’avait pas pris garde aux bruits autour de lui, malheureusement. Si bien qu’il était à présent exposé au regard de tous et il croisa le regard apeuré du neishaan au travers de ses boucles humides qui dégouttaient encore sur sa peau claire.
    Et, suivant son regard, il ne fallut pas longtemps au bandit qui tenait le pauvre jeune homme pour se rendre compte de sa présence. Un allié, lui ?! Il aurait presque pu en rire s’il avait encore su le faire avec spontanéité ! Mais déjà le deuxième homme, auparavant occupé à fouiller sa proie, fonçait sur lui comme un taureau aveuglé par la haine.
    Il para l’attaque à la garde avec son couteau de chasse et tira sa dague de son autre main, traçant un sourire vermeille sur la gorge de l’homme. Il laissa ce premier là s’effondrer dans un gargouillement sanglant abominable et jaugea le deuxième homme qui tenait toujours Meccaya, son couteau sur la gorge fébrile faisant perler le sang.

    « Si tu bouges, je l’achève, compris ?! »

    Aucune émotion ne passa sur le visage de l’ardent, posté à quelques pas à peine de l’étrange duo, le prédateur et la proie, alors qu’il lançait son couteau de chasse en l’air. Et comme il s’y attendait le bandit pas très malin leva les yeux au ciel pour suivre la trajectoire décrite par l’arme. Alors, sans une once d’hésitation, Astère réduisit la distance qui les séparait et planta sa dague dans la gorge de l’homme. Ce dernier lâcha son arme pour porter ses mains à sa gorge puis s’effondra, ne laissant que quelques gouttes de sang tomber dans la chevelure blanche du céleste.
    Astère était si proche, à peine quelque centimètres du garçon, qu’il pouvait sentir son souffle saccadé sur sa peau nu. Il s’esquiva en soupirant et fouilla les buissons à la recherche de sa proie disparue. Mais même avec une jambe en moins, il y avait longtemps qu’elle avait mis trop de distance entre elle et lui.
    Alors seulement, il daigna poser son regard sur Meccaya, le surplombant de toute sa hauteur, murmurant juste un très sobre.

    « Meccaya. Je vois que les ennuis ne vous fuient toujours pas. »
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 6 Fév 2015 - 15:14 Répondre en citantRevenir en haut

Heureusement pour l'esprit sensible de Meccaya, le taureau qui avait voulu encorner lui avait tourné le dos. Iel ne vit pas la dague d'Astère trancher sa gorge. Non pas qu'iel soit spécialement hémophobe, mais voir une gorge se faire trancher alors qu'iel avait lui-même un une lame contre sa gorge n'aurait sans doute pas été agréable. Déjà, le mouvement qu'esquissa Astère et le gargouillement qui s'en suivit lui parurent bien trop explicite. Iel perdit le peu de couleurs qu'iel avait.
La poigne du bandit qui le maintenait se raffermit. Ce qui était ridicule, étant donné que Meccaya n'offrait absolument aucune résistance, et que la peur le pétrifiait si bien que pas un seul de ses muscles n'avait tressailli. Son regard ne parvenait pas à se détacher d'Astère. Il avait agi avec tant de facilité ! On aurait presque dit que c'était normal, que pour lui la situation était des plus habituelles. Avait-il seulement eu peur pour sa vie quand l'autre avait foncé vers lui ? Le pauvre androgyne trouvait cet homme des bois à la fois effrayant, et impressionnant. Le bandit restant devait penser de même. Meccaya sentait sa main trembler, ses doigts se crisper sur sa tunique. Sa voix avait perdu son assurance. Sans doute ne s'était-il pas attendu, en détroussant un neishaan solitaire, à voir son ami égorgé comme un porc.

Le souffle de Meccaya se stoppa à partir du moment où le couteau vola au-dessus d'eux. Un moment, iel eut peur, en voyant du coin de l'oeil le mouvement d'un corps qui venait vers eux. Peur d'y passer aussi. C'était absurde, mais quand les êtres tombaient avec autant de facilité, comment ne pas craindre de subir la pareille ? Le mouvement de la dague fut bien trop proche de lui à son goût, iel ferma les yeux, comme si cela pouvait le protéger. Le bruit produit par le second bandit au moment où la vie le quittait lui fit un double-effet troublant. Iel en fut dégoûté par sa nature, mais en même temps, cela lui apporta un grand soulagement. Plus de danger. Dès que la dague fut à ses pieds, iel reprit son souffle, rouvrit les yeux sans pour autant prendre vraiment conscience du monde qui l'entourait. Sa main se porta à son cou, où iel avait la désagréable sensation que son sang coulait. Iel l'épongea du mieux qu'iel put, salissant ses jolies mains. Une cicatrice de plus à prévoir sur cette partie de son corps. Fouillant sa besace, iel attrapa ce tissu particulier qu'iel utilisait pour panser les plaies, et en attacha un bout autour de son cou. Pas qu'iel soit maniaque, mais iel n'aimait pas salir le peu d'habits qu'iel avait.
Astère avait l'air de chercher quelque chose dans les buissons. Vérifiait-il qu'il n'y avait pas d'autres bandits en vue ? Voilà un garçon fort prudent ! Son contraire, autrement dit. N'osant l'aborder ainsi, Meccaya s'occupa d'une autre chose qui le troublait bien plus. Il se rapprocha du cadavre du taureau, timidement. Cet humain avait une gibecière, qu'iel fouilla, pour récupérer ce qui lui appartenait. Pendentif et amulette. Iel se sentait un peu mal à fouiller ainsi un mort. Si les circonstances avaient été un peu différentes, si les objets n'avaient pas été ceux-là, sans doute se serait-iel abstenu. Iel était médecin, pas croque-mort, son but était justement d'avoir à éviter d'avoir à faire à des cadavres.

Quand Astère s'adressa à lui, iel était encore accroupi, son collier en main, qu'iel regardait. Levant son regard vers ce géant, iel se décida à se redresser, sans prendre encore le temps de remettre le bijou à son cou. Mais même ainsi, tous deux debout, Astère restait grand. Aussi grand que dans son rêve. Imposant, maintenant qu'ils n'étaient plus dans un arbre, que les ombres ne les mettaient pas à taille égale. Imposant, maintenant qu'il avait tué deux hommes sans sourciller… Pour le sauver.
Car oui, dans l'esprit de Meccaya, iel avait fait cela pour le sauver, par "bonté d'âme". Lui, iel n'avait pas intégré qu'Astère avait été également menacé, l'espace d'un moment. Sa petite main qui tenait l'amulette vint contre sa propre gorge, comme s'iel craignait encore que le sang s'en échappe. Devant son sauveur, iel baissa un peu les yeux.

"- C'est le moins qu'on puisse dire, oui." Son regard revint timidement vers Astère. Un petit regard où brillait tant l'admiration que la reconnaissance. "Astère, pour la deuxième fois vous venez de me sauver la vie. Je vous en suis extrêmement reconnaissant. S'il est quoi que ce soit que je puisse faire en retour pour vous, je le ferai. Ce serait la moindre des choses. Ne faites pas cette tête, j'y tiens ! Que puis-je pour vous ?"
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Ven 6 Fév 2015 - 16:49 Répondre en citantRevenir en haut

} Mais qu'est ce qu'on a fait de mal?
Je n' me rappelle de rien
Il y a beaucoup trop de monde autour de moi
Alice ne te retourne pas {


    Le ciel se teintait déjà des couleurs du soir et Astère avait faim. Il était un peu déçu d’avoir laissé sa proie s’échapper, même si ce n’était pas vraiment de son fait. Il aurait bien voulu savoir quel goût avait ce gibier boiteux.
    Comme Meccaya l’avait souligné, tuer deux hommes ne lui avaient posé aucun problème, ni physique, ni moral. Par contre, il était à présent couvert de dizaines de petites tâches de sang. Parce que trancher des gorges, c’était rapide mais salissant malheureusement. Il était donc bon pour un deuxième bain dans la rivière. Attirer les prédateurs jusqu’à son refuge ne faisait en aucun cas parti de ses options, il ne pouvait donc décemment pas dormir comme ça.
    En attendant de pouvoir le faire, il fallait qu’il s’occupe du cas du neishaan, à présent accroupi près du premier cadavre. Astère était un peu étonné de voir le jeune céleste faire les poches du mort, il pensait qu’en tant que guérisseur – ou du moins, apprenti – il aurait eu plus de considération pour un mort. Mais il comprit rapidement que Meccaya ne faisait ça que pour récupérer ses biens, le pendentif qu’il avait obtenu dans cet étrange rêve, de ces propres mains du reste, et un autre médaillon dont le demi ne connaissait pas la signification.
    Le brun suivit des yeux le geste protecteur du neishaan, le mouvement de sa main contre sa gorge qu’il avait bandé. Ce n’était pourtant qu’une égratignure, de ce qu’Astère avait pu en voir, craignait-il donc une infection sur une plaie aussi bénigne ? Ce n’était pas ses affaires de toute manière et il délaissa ses pensées pour rencontrer le regard timide qui lui était adressé. Et voilà, c’était reparti à coup de « si je peux faire quelque chose pour vous » ! Il se demanda si le jeune blond en face de lui avait appris la signification du mot « non ». Il avait pourtant été clair dans le rêve, lui semblait-il, il ne voulait pas de sa reconnaissance. Il n’était pas orgueilleux et n’avait surtout pas envie que qui que ce soit lui doive quelque chose, ou pire que lui-même doive quelque chose à quelqu’un.
    Il n’apprécia donc pas particulièrement l’admiration qu’il pouvait voir dans les yeux de Meccaya. Il était du genre cavalier solitaire et ne supporterait pas longtemps d’avoir une groupie qui le prenait pour un chevalier accroché à ses basques. Il répondit donc de manière polie mais légèrement excédé.

    « Si vous pouviez éviter ce genre de désagrément lorsque je suis dans les parages, ça me rendrait grandement service. Et je ne suis pas un preux chevalier, je n’ai fait que sauver ma vie. Sauver la votre était accessoire. »

    Franc et cassant comme à son habitude. Il ne faisait pas exprès d’être désagréable ou blessant. Il était comme ça naturellement, voilà tout. Et ce n’était pas un gentil céleste comme Meccaya qui allait pouvoir tout changer en un claquement de doigt. Il se désintéressa d’ailleurs du sort du garçon et il se baissa sur le deuxième cadavre. Il attrapa puis observa le poignard dont celui-ci s’était servi pour menacer sa proie mais il n’avait qu’une faible valeur et il le laissa tomber et entreprit de trouver sa bourse qui contenait quelques pièces de cuivre et deux d’argents ainsi qu’un bracelet sur lequel était montée une pierre verte. Il n’était pas joaillier mais le bijou semblait avoir de la valeur, il décida donc de le garder er accrocha la bourse à sa ceinture.
    Oui, Astère n’avait pas de moral, que voulez-vous. Mais il suffisait de penser comme lui pour comprendre l’intérêt de la manœuvre : la mort n’apportait que la puanteur et le froid. Le cadavre n’avait donc plus l’utilité de ces petites choses, autant qu’elles lui servent à lui, être bien vivant ! C’était pour ça que contrairement au céleste, il n’avait aucun remord à faire ce genre de chose. Et les bêtes qui s’occuperaient de faire disparaitre les cadavres n’en avaient pas l’utilité non plus.
    Il s’approcha du deuxième cadavre – et donc du neishaan – et fit la même chose. Comme pour son comparse, les armes qu’il avait sur lui étaient de basses qualités et n’intéressa pas le demi qui, par contre essuya la lame des siennes dans les vêtements du deuxième homme. Il les remit ensuite dans leurs fourreaux et se redressa, observant les couleurs dont se parait à présent le ciel. La nature était belle, c’était quelque chose d’indéniable.

    Le jour tombant, l’air se faisait plus frais et moins lourd. Mais la température restait bien assez chaude pour que même en sentant sa caresse Astère n’ait pas froid. Mais le crépuscule annonçait le réveil des prédateurs nocturnes et l’envie de se laver du sang qui tâchait sa peau se fit plus pressante. Alors, sans même adresser un regard de plus au neishaan il lui tourna le dos et s’en retourna dans les buissons par où il était arrivé.
    Il pensait retrouver la joie de la solitude mais c’était sans compter Meccaya qui entreprit de le suivre. Il l’ignora, retournant à l’endroit où il avait laissé son haut sans trop de difficulté et y ajouta ses armes, ses bottes, son pantalon, bref, tout ce qui l’habillait. La nudité dans laquelle il était à présent paré ne semblait pas le gêner et le pauvre céleste pu découvrir qu’Astère n’avait aucune pudeur alors qu’il se glissait dans l’onde tiède jusqu’au hanche. Il se frotta consciencieusement pour être sur qu’aucune trace du combat ne restait et il finit par se tourner vers son vis-à-vis, l’observant silencieusement.
    Il finit pourtant par briser le silence et il désigna sa besace de guérisseur, laissant sa curiosité prendre le dessus sur son asociabilité.

    « Aviez-vous quelqu’un à soigner dans les environs, pour être ainsi chargé ? »
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Ven 6 Fév 2015 - 20:07 Répondre en citantRevenir en haut

Le neishaan haussa un sourcil, perplexe. Hu ? Astère avait fait cela pour sauver sa propre vie ? Mais, à aucun moment il n'avait été menacé ! Déjà les souvenirs de Meccaya étaient embués par la peur qu'iel avait pu ressentir. Seules restaient précises les images d'Astère égorgeant les bandits, et la sensation dérangeante du soulagement que cela avait pu lui apporter.
Ceci dit, ces questionnements étaient accessoires. Ce qui préoccupait l'esprit du Céleste, c'était le ton qu'avait pris Astère. Iel n'aimait pas qu'on lui parle ainsi. Ce n'était pas là une question d'arrogance -encore que-, mais iel estimait que ce n'était pas nécessaire. Iel était assez intelligent pour que les mots et le tact suffisent à se faire comprendre de lui. Il ne lui vint pas à l'esprit qu'iel avait pu se montrer insistant, malgré l'apparent mépris d'Astère pour cette forme de reconnaissance. Pour lui c'était une réaction excessive et surtout injuste. Iel lui proposait de lui rendre service, était-ce compliqué à ce point d'accepter et d'obtenir quelque chose ? De plus, ce ton lui donnait la désagréable impression d'avoir mal agi vis-à-vis de celui qui venait de le sauver. Aussi parut-iel peiné de cela, esquiva le regard trop pesant d'Astère, songeant que désormais, non seulement iel avait une dette envers cet Ardent, mais de plus iel avait à se faire pardonner.

Sa réflexion aurait pu s'arrêter là. Iel aurait pu s'arrêter à "je dois", et remettre cela à leur future rencontre. Seulement c'est le moment que choisit son dragobus pour s'adresser à lui, sa silhouette faisant glisser l'espace d'un instant une ombre sur Astère et lui. Non, deux ombres.

°Ah, Meccaya ! Vous tombez bien ! Je suis… En conversation avec une dragonne. Est-ce que notre retour au Màr Menel peut attendre un instant ?°

Le neishaan porta son regard sur son camarade Ardent, agenouillé auprès d'un cadavre. Iel ne croyait pas au destin, et pourtant celui-ci semblait vouloir exister à ses yeux. Obligé de rester ici, et Astère qui se présentait à lui… Soit. Iel accorda au dragon le temps de continuer sa discussion, expliqua qu'iel serait potentiellement dans les bois lorsqu'il aurait terminé. Iel allait rester un moment auprès d'Astère. Nul besoin de se montrer plus insistant envers lui, iel prévoyait de guetter le moment où une occasion se présenterait pour lui offrir un service quelconque.
Les beaux yeux noisette de Meccaya suivirent Astère quand ce dernier se rapprocha de lui, et surtout du cadavre à ses pieds. Définitivement, Meccaya le préférait assis, ou à genoux, face à lui. Sa présence écrasait moins la sienne. Iel crut comprendre la logique qui l'amenait à chercher à récupérer ce qu'il pouvait sur les cadavres. Dépourvus de vie, les corps devenaient pour beaucoup des objets, dont ils pouvaient profiter pleinement des utilités qu'ils avaient. C'était tout de même assez vexant de voir son camarade fouiller les cadavres, quand il avait refusé que Meccaya subvienne à ses potentiels besoins, de façon consentie et honnête. Le Céleste n'émit aucun avis, aucune remarque, pas même un regard qui aurait pu signifier le moindre mépris. Iel n'avait pas envie d'arrêter Astère. Réalisant cela, iel se sentit à nouveau mal à l'aise. Pas la moindre rébellion en lui, pas de colère par rapport à ces morts. Qu'Astère en dispose, iel n'en avait cure. Certes, ces Hommes avaient failli le tuer lui, mais ils restaient des êtres vivants pour autant. Où était passé son amour de la vie, sa sacralisation ? Avait-elle disparu avec les menaces, est-ce que ce qu'iel devait à Astère faisait qu'iel lui offrait l'exclusivité quant à ces cadavres ? Iel pensa vaguement qu'en effet, son camarade méritait bien qu'iel le laissa agir à sa guise, au moins maintenant. Et une partie de lui fut dégoutée d'un telle comportement. De son comportement.

Meccaya suivit Astère en silence, avec dans la bouche ce goût étrange. Le goût d'une situation qui ne lui plaisait qu'à moitié, le goût des erreurs qu'iel commettait. La température décroissait pour son plus grand bonheur, iel crut observer par-delà les feuillages quelques nuages. Iel s'imaginait qu'Astère l'emmenait chasser, ou quelque chose dans ce goût-là. Iel agissait sans vraiment réfléchir, savait que ce n'était pas une bonne idée. La reconnaissance qu'iel avait envers ce géant qui lui avait sauvé la vie l'empêchait de réfléchir correctement, ce n'était pas sans l'agacer.
Arrivés à la rivière, iel se demanda si finalement Astère ne l'avait pas amené à son domicile. Ardent des bois. Iel le regarda se déshabiller et se glisser dans la rivière sans sourciller. Eh bien ! Iel s'apprêtait à devenir médecin ! Des paires de fesses, iel en avait vu d'autres ! Iel n'associa cependant le comportement d'Astère au bain qu'une fois que celui-ci fut dans l'eau. Bizarre, tout de même. Qu'il fasse comme s'iel n'avait pas été là était une chose, mais le commun des mortels aurait au moins présenté une ébauche de pudeur.
L'androgyne s'assit, non-loin de l'eau, retira sa besace. Iel avait remis le collier à son cou. Craignant de gêner Astère, iel ne le regardait que brièvement, de temps en temps. Le reste du temps, iel observait la sylve, ses arbres qui s'assombrissaient, sa végétation qui se faisait de plus en plus luxuriante au fur et à mesure que les beaux jours demeuraient. Iel reconnut tout de même qu'Astère avait un corps agréable à l'oeil et qui aurait pu témoigner d'un entretien plus que correct.

L'androgyne ne s'était pas attendu à ce que ce soit son confrère qui brise le silence. Sorti de ses songes, lesquels l'avaient pris alors que son regard s'était posé sur les cheveux le reflet de son camarade dans l'eau, iel leva les yeux vers les siens. Quelque part, iel appréciait l'attention qu'Astère lui portait, et le nouveau ton qu'il employait.

"- Oui. Le maitre guérisseur du Màr Menel m'a envoyé ici pour soigner un groupe de personnes. Visiblement ces bandits ne sont pas les seuls dans les environs."

Définitivement, cela se lisait dans sa voix: la nudité d'Astère ne le gênait pas. Iel aurait aimé pouvoir, en plus, offrir un petit changement de voix, quelque chose pour inciter Astère à continuer à s'adresser ainsi à lui, mais cela ne vint pas. Tout en parlant, l'androgyne commença à retirer ses bottes. Iel les mit de côtés, avec sa sacoche, et se rapprocha d'Astère. Assis au bord de l'eau, ses pieds trempant dans le courant à la fraicheur bienvenue de la rivière, iel défit son collier, tendit l'amulette à Astère:

"- Voulez-vous l'essayer ?"
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Ven 6 Fév 2015 - 21:09 Répondre en citantRevenir en haut

    L’onde était agréablement fraiche sur sa peau chaude et elle y provoquait des petits frissons qu’Astère ressentait et que Meccaya ne pouvait pas voir. Le demi s’était glissé complètement de l’eau et profitait à présent de la profondeur correcte du milieu de la rivière pour nager un peu. Il était aussi à l’aise dans l’eau que dans la forêt. Il aurait pu paraître étrange qu’un fils de paysan, né et élevé au milieu des terres sache nager. En réalité, son père était issu d’une bonne famille et il savait lui-même nager. C’est pourquoi il avait profité d’un petit lac perdu dans les bois derrière chez eux pour lui apprendre à nager. Ces souvenirs étaient tendres et ranimaient un peu son âme d’enfant au fond de lui.
    Astère n’avait jamais regretté d’être parti de la maison peut après la mort de son vieux maître. Il avait laissé derrière lui la ferme et ses tâches, son père et ses colères, Hreyan et ses caresses. Il était parti parce qu’il en ressentait le besoin, parce qu’il savait que c’est ce qu’il devait faire. A l’époque il était différent. S’il avait rencontré Meccaya, alors, le neishaan aurait sans doute eu l’impression d’avoir affaire à un autre homme. Mais le temps, ses rencontres, ses recherches, la mort comme la vie avaient fait leurs affaires. Il avait su tirer un enseignement de chaque chose, de chaque fait, de chaque erreur et de chaque réussite. Il avait su évoluer, voir au-delà des apparences et se murer en lui-même pour que rien ne puisse l’atteindre. Il avait rencontré l’amour comme la haine et avait choisi de tout ignorer.
    Mais rien, ô grand jamais rien, n’avait réussi à brider sa curiosité. Et c’est sans doute ce qui sauvait le neishaan d’une compagnie silencieuse et un tantinet dédaigneuse : la curiosité.

    Car Astère ne connaissait pas grand-chose de la botanique ou des guérisseurs. Il avait lu des centaines de livres sur des sujets divers et variés. Il avait lu des traités sur les plantes et avait appris très jeune à se débrouiller seul pour survivre en forêt. De par ces enseignements ils connaissaient deux ou trois choses utiles à propos de la flore forestière comme les feuilles, les fleurs, les racines et champignons qu’il pouvait consommer sans risque. Ou encore quelle plante pouvait aider des plaies à cicatriser et quelle autre pouvait ralentir voire guérir un empoisonnement. Mais c’était tout ce qu’il connaissait de la botanique et son intérêt pour les animaux avait toujours été plus fort que celui des plantes. Après tout il était mi-torhil, pas mi-elfe.
    Il nagea un petit peu pour se rapprocher du blond et fini par s’asseoir en face de lui lorsque le lit de la rivière le lui permis. L’eau lui arrivait alors à peine aux épaules et ses cheveux sombres trempés et raides accentuaient la pâleur de son teint et l’angle de sa mâchoire. Ca lui donnait un air plus sombre plus dur alors qu’il n’y avait rien de menaçant dans sa posture ou son expression. Les pointes flottaient autour de ses épaules l’auréolant de noirceur et rendant grâce à son côté taciturne.
    Pourtant son regard posé sur le neishaan n’était pas très différent de celui d’un enfant curieux, il y brillait quelque chose, quelque chose de presque innocent. Pour autant, c’était la seule chose chez lui qui pouvait permettre à Meccaya de ne pas penser être totalement en mauvaise compagnie. Mais après tout, même si Astère lui avait parlé un peu sèchement il ne lui avait encore jamais fait de mal. Pas physiquement du moins, car il avait déjà réussi à blesser son amour-propre visiblement. Il avait même réussi à déclencher quelques petits changements qui semblaient ne pas plaire particulièrement au céleste quant à sa manière de penser…
    La réponse du jeune homme aida Astère à comprendre pourquoi Meccaya se retrouvait à nouveau avec lui dans la Sylve mais elle lui permit aussi de poser à nouveau le doigt là où ça faisait mal. En effet, il était au courant que des bandits pouvaient être présents dans les environs et il n’avait pourtant pas jugé utile d’attendre sagement son dragon en compagnie du reste du village ! Non, il avait choisi d’aller se promener seul, innocent et faible comme l’agneau qui vient de naître. Finalement, s’il n’était pas intervenu, Meccaya ne serait sans doute plus qu’un cadavre à présent. Et quand quelqu’un détruit la menace qui pèse sur vos épaules, il était sans doute normal d’éprouver de la reconnaissance pour cette même personne.
    Pour autant, le demi aurait préféré ne pas être la cible de cette adoration et de tous ces bons sentiments. Il ne voulait pas qu’on s’attache à lui, pas plus qu’il ne voulait s’attacher à quelqu’un. Il voulait vivre en paix, seul, pour le restant de ses jours. Car ainsi, il ne pouvait pas être blessé. Et il n’avait pas de talon d’Achile galopant librement quelque part ailleurs.
    C’était sa manière à lui de se protéger du monde extérieur. Sa manière de ne pas souffrir de ses différences si mal acceptées sur Rhaëg. C’était sa carapace et il ne laisserait personne tenter d’en trouver la faille. Pas même un jeune neishaan innocent comme Meccaya.

    « Vous saviez donc qu’il y avait des gens peu fréquentables aux alentours mais vous avez quand même choisi de partir faire un tour seul sur ce chemin… Je ne sais si je dois vous trouver stupide, un peu trop rêveur ou carrément téméraire. Mais quelque chose me dit que la dernière option n’est pas la bonne… »

    Maintenant que cette histoire était finie et que la tension était retombée, la voix d’Astère avait retrouvé ses inflexions chaleureuses et basses et Meccaya aurait presque pu y entendre de l’amusement avec un peu d’imagination. Pour autant l’expression du brun était toujours la même, comme figé par le temps. Mais peut-être qu’avec ce même temps, le neishaan finirait par apprendre à décoder les tous petits signes qui ne trompaient pas : un plissement de paupière par-ci, un frémissement de sourcils par-là… Des choses infimes, à peines perceptibles mais qui appartenaient au panel d’expression du demi-neishaan.
    La nuit commençait à se faire une place dans le ciel. Il ne faudrait pas plus d’une quinzaine de minutes au soleil pour sombrer dans le néant de son lit à présent. Aussi, il décida qu’il était temps de sortir de l’eau, histoire de sécher un peu avant de rejoindre l’arbre-cabane qu’il s’était choisi. Il était propre comme un sous-neuf et il essora ses cheveux au-dessus de la rivière. Il n’avait pas de pudeur et Meccaya ne semblait pas en être effarouché. Tant mieux, ceci dit, un autre comportement aurait fini d’exaspérer Astère. Il choisit de s’asseoir à côté du neishaan, à un pas de distance, laissant l’air chaud caresser sa peau. Il regardait quelque chose devant lui qu’il semblait seul à voir, si bien qu’il ne tourna pas la tête tout de suite quand le jeune homme lui parla à nouveau.
    Un instant passa avant qu’il ne réagisse et ne pose ses yeux d’azur sur le médaillon tendu à bout de bras. C’était un joli médaillon noir dans lequel il pouvait apercevoir son reflet. Pour autant, il lui semblait impoli d’accepter une offre si généreuse. Car ce talisman était précieux et quelque chose lui soufflait que le neishaan y était déjà très attaché. Il ne comprenait décidément pas pourquoi Meccaya avait de si bons sentiments à son égard, pourquoi il ne comprenait pas qu’il ne faisait pas parti des gentils de ce monde, pourquoi il tentait encore d’établir un lien entre eux.
    C’était une énigme. Et comme toutes les énigmes elle piquait sa curiosité et il ne la laisserait pas irrésolue. Pour autant il se contenta de croiser les bras autour de ses genoux et de poser sa tête dessus en répondant.

    « Je préfère refuser. Ce pendentif semble tout droit venir d’une autre époque et j’ai bien peur que les pouvoirs dont il est investi ne finissent par s’épuiser totalement. J’ai l’impression qu’il est précieux pour vous et il serait malvenu de l’user de manière futile. D’autant plus qu’il ne me montrerait sans doute rien, n’ayant pas le désir d’y voir quoique ce soit. »
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Sam 7 Fév 2015 - 16:44 Répondre en citantRevenir en haut

Meccaya se contenta d'offrir un sourire un peu triste à Astère. S'iel avait su, pour les bandits, peut-être qu'iel aurait demandé à un camarade de l'accompagner. Peut-être. Lorsqu'iel avait achevé ses soins, il lui était un instant venu à l'esprit l'idée qu'iel pouvait se faire agresser, puis cela lui était sorti de l'esprit. D'une part, parce qu'iel avait estimé le chemin à parcourir trop court pour être dangereux, allons, il était statistiquement peu probable que cela arrive. Même si cela devait être le cas, la part de lui-même mal à l'aise en société le bloquait un peu dans sa demande .
Foutues statistiques. Et foutue sociabilité en mousse.
C'était la leçon du jour, dirons-nous. Ne jamais faire confiance aux calculs de probabilités, et savoir affronter les autres pour sa propre survie. Aller au-delà de son côté introverti. Ce qui n'était pas facile. Pour Meccaya, comme pour une part importante de la population parait-il, tenir en compagnie d'autres bipèdes demandait une dépense d'énergie supplémentaire. Durant les soins, Meccaya s'appliquait d'avantage encore sur sa façon d'être avec ses patients. Autant dire qu'une fois le travail fini, iel n'avait plus qu'aspiré au repos que la solitude seule savait apporter. Désormais, iel savait, oui, qu'il fallait se forcer un peu la main pour potentiellement rester en vie. Cela n'empêchait pas qu'iel n'accordait qu'à moitié raison à Astère. Oui, iel était stupide, et un peu trop rêveur. Mais n'avait-iel pas de bonnes raisons ?

Le Céleste observa son camarade, alors qu'il sortait de l'eau. Malgré l'essorage, quelques goutes d'eau persistaient à descendre le long de son dos. L'androgyne se trouva un peu jaloux. Ses dernières expériences de baignades à plusieurs l'avaient vacciné. Pourtant l'eau le tentait toujours, si attrayante avec sa fraîcheur, le doux son qu'elle émettait en circulant entre pierres et végétaux. Lui aussi voulait des perles liquides le long de son dos. L'Ardent s'était posé à côté de lui. Pas assez proche pour témoigner d'une quelconque envie de lier une amitié avec lui, pas assez loin pour vraiment faire comprendre qu'il ne voulait pas de lui. Cet Astère était un être étrange. Et ce regard qu'il portait sur quelque chose qu'il ne voyait pas…
Sur quelques points, cet Ardent lui faisait penser à un animal. Un animal un peu étrange, qu'iel découvrait tout juste, avec lequel iel n'avait aucune habitude. Un animal qu'iel devait observer, apprendre à connaitre, pour savoir comment agir s'iel voulait obtenir le privilège de sa présence et de sa confiance. Enfin, Meccaya, s'iel avait ses envies-là, était loin de les associer à ces mots-là. Iel s'imaginait que c'était sa curiosité qui frappait encore, l'envie de mieux connaitre l'autre camp. Pour le moment, l'autre camp ressemblait à un prédateur un peu spécial, bien différent de la petite proie qu'iel était. Bien différent des autres humains qu'iel avait pu côtoyer, aussi. Iel ignorait s'iel devait le prendre avec d'autant plus de pincettes, ou s'iel devait plutôt chercher à l'imiter.
Meccaya ramena le pendentif près de lui. Un peu déçu de la réaction de son nouvel ardent de compagnie. Iel avait espéré piquer sa curiosité, iel s'était dit qu'ils pourraient peut-être en parler. Iel avait voulu créer un lien entre eux deux, au moins par la parole. Son regard se perdit dans le reflet de la pierre sombre.

"- J'ignore d'où il vient. J'ai cru comprendre qu'il fallait toujours attendre un peu, avant chaque utilisation. Mais sa puissance ne m'a pas paru décroitre." Iel remit l'amulette à son cou. "Elle dépend juste de la distance de ce que l'on veut observer. Je n'y ai vu que des couleurs floues en voulant observer ma famille en Vaendark. Les images de mon propre Kaerl étaient très claires. Impossible de distinguer quoi que ce soit au Kaerl Ardent."

Par mimétisme, iel se retrouva les genoux contre son torse, ses bras autour, la tête posée sur ses genoux.Voir Astère faire lui avait rappelé combien cette position était confortable, combien iel pouvait être fourbu. Iel ne se faisiat pas d'inquiétude pour les herbes et la terre qui se collaient à ses pieds. La chaleur ferait bien vite sécher tout cela. Son regard se porta sur la rivière, les ridules de lumière qui témoignaient de ses vagues. Iel avait tenté d'observer sa famille, puis Nechama, puis son frère, puis Astère… Quelques dragons croisés au Màr, pour découvrir leurs Liés.
Le petit androgyne était un peu peiné, pour le coup. Un instant iel avait cru qu'Astère accepterait de converser à nouveau avec lui. Il l'avait bien accepté, dans l'arbre… Avait-iel perdu son intérêt entre-temps ? On aurait dit une sorte de privilège. Privilège perdu. Son visage se tourna vers celui de l'Ardent, pour guetter ses réactions. Iel lui aurait bien demandé s'il n'avait vraiment rien qu'il désirait voir, mais sentait que cela aurait été rentrer dans l'espace vital d'Astère sans sa permission. Iel chercha une question moins intrusive, et cette recherche laissa planer un instant un étrange silence entre eux. Finalement, ne trouvant rien, iel abandonna, et [del]s'allongea[del] laissa tomber son dos dans l'herbe.
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Sam 7 Fév 2015 - 21:37 Répondre en citantRevenir en haut

} Je reste enfermé chez moi et je ne sors pas
J'attends comme la fin du monde et je ne sais pas
Combien de temps ça prendra mais je ne l'oublie pas
Parfois la nuit on s'ennuie et ca ne plait pas
Non ca ne vous plait pas {


    Si le brun surprit la tristesse dans les yeux du neishaan, il n’en laissa rien paraître.
    C’était un moment suspendu, de ceux qu’Astère vivait rarement en compagnie de Meccaya. Il était étrange de constater que malgré leurs différences les deux hommes pouvaient supporter la compagnie l’un de l’autre. Au fond, le demi ne détestait pas le neishaan maladroit. Certes, il était un peu exaspéré de tomber sur lui encore, de lui avoir sauvé la vie une seconde fois, ou encore de l’avoir entendu lui répéter que s’il pouvait faire quoi que ce soit pour lui, il ne devait pas hésiter. Pour autant, ils étaient là, tous les deux, assis au bord de la rivière, se tolérant et discutant comme toute personne civilisée était capable de le faire. Il n’y avait pas d’amitié et le demi n’avait toujours pas envie de laisser Meccaya entrer dans sa vie en brisant sa carapace. Il était bien trop bon et même s’il l’avait laissé faire, s’il avait essayé de lui montrer l’aperçu d’une faille, le neishaan en serait ressorti meurtri tant l’ombre avait une place importante dans le cœur d’Astère.
    Astère était un être secret, de ceux qui ne se livraient pas aisément. Il fallait une sacré dose de confiance de sa part pour ne livrer ne serait-ce que quelques clés pour l’analyser et comprendre un peu mieux ce qui l’avait rendu ainsi : renfermé sur lui-même et taciturne. Meccaya aurait été très étonnée de croiser Astère enfant. Un enfant curieux et souriant au regard brillant d’intérêt pour tous et pour tout. Un petit garçon qui n’hésitait pas à prendre des risques pour comprendre, qui cherchaient sans cesses des réponses. Un petit garçon turbulent et infatigable qui aidait son père à la ferme dès son plus jeune âge. Une petite tête brune qui aimait les bêtes et elles le lui rendaient bien. Et pourtant, malgré son énergie, il avait été facile à son paternel de le maintenir dans son lit ; il suffisait de lui raconter des histoires. La belle voix rocailleuse de son Torhil de père avait toujours donné une certaine magie à ses récits.
    Certains jours, Astère se rendait compte à quel point son enfance lui manquait. L’insouciance des jours de pluie où seule la cheminée pouvait permettre à ses vêtements de sécher. Les nuits d’hiver où il préférait dormir avec les bêtes dans la bergerie. Il se souvenait encore du jour où il avait aidé Méléa à mettre bas la pouliche qui allait devenir sienne. Il l’avait nommé Néréah, l’espoir en langue neishaane. Elle avait été sa confidente alors que les autres le rejetaient. Elle avait été et restait jusqu’à présent sa seule véritable amie, la seule qui ne l’avait jamais trahie. Mais lui, à contre cœur, avait dû la laisser en Qhara. S’était-elle sentie blessée que l’homme avec qui elle avait passé sa vie la laisse ainsi derrière lui ?
    C’était une jument mais les animaux avaient toujours, pour Astère, semblés plus sensibles que les êtres humanoides. Elle lui manquait. Elle était la seule dont il regrettait l’absence. En regardant les arbres à l’horizon c’était à elle qu’il pensait. Etait-elle heureuse en Qhara ? Etait-elle traitée avec gentillesse ? Il espérait. Et il espérait aussi que lorsque son dragon serait assez fort pour le porter, il puisse aller la récupérer. Et qu’elle viendrait à sa rencontre sans rancune du temps passer sans une de ses visites, sans un pansage, sans une caresse, sans un geste tendre, sans un mot doux, sans une pomme volée à l’étal d’un marchand véreux.

    Ses pensées l’avaient conduit dans un autres monde l’espace d’un instant. L’espace d’un instant Meccaya avait disparu de son voisinage. L’espace d’un instant il s’était rappelé des odeurs et des bruits qu’il chérissait tant. Il avait besoin de liberté et elle n’était jamais plus grande qu’à cru sur le dos de sa jument. Sans selle, sans mors, sans rien d’autre pour entraver leur communion. Quand le demi pensait à son future dragon, c’est ainsi qu’il voyait leur lien : quelque chose d’invisible et d’invincible, quelque chose qui se créait et contre lequel on ne pouvait pas lutter. Un lien qui reliait deux âmes de manière si fusionnelle que ni la distance ni le temps ne pouvait le défaire. Il n’y avait ni calme ni tempête, simplement un fait. Et c’était ce qui rendait ce lien si beau, si unique, si magique.
    Lorsque le neishaan prit la parole, répondant à sa propre réflexion sur le pendentif, il porta à nouveau son regard sur lui. Il expliqua qu’il ne pensait pas que la puissance de l’artefact pouvait décroitre et que visiblement la distance était un facteur déterminant lorsqu’il voulait voir quelque chose. Les choses lointaines étaient plus troubles que les choses proches. Et il ne pouvait avoir aucune vue sur ce qu’il se passait dans les autres Kaerls. C’était d’ailleurs tant mieux pour lui, entre de mauvaises mains, ce pendentif aurait pu provoquer de nouveaux esclandres entre leurs deux cités, encore.
    Il fut tout de même étonné que Meccaya ait tenté d’apercevoir quelqu’un dans son kaerl d’appartenance. Il ne se gêna donc pas pour lui demander ce qu’il en était, sans paraître accusateur ou quoique ce soit d’autres. Juste, comme il était habituellement.

    « Je pense comprendre. Mais je vous assure n’avoir rien à regarder dans ce pendentif. Il n’y a personne que je tienne à voir. Par contre, je vais me montrer curieux mais, qui donc cherchiez-vous à voir au Mär Taralom ? »

    Que la personne en question puisse être lui ne lui effleura même pas l’esprit. Il ne concevait pas qu’on puisse lui porter un quelconque intérêt, n’avait donc aucune raison de penser à lui dans une telle situation. Il remarqua que Meccaya avait adopté la même position que lui et il en changea, se levant. Il était humide mais assez sec pour passer à nouveau ses vêtements. Il s’habilla donc, ne tournant pas pour autant le dos au neishaan – il n’aimait pas savoir quelqu’un dans son dos, aussi innocent pouvait-il être, lorsqu’il était statique comme maintenant.
    La nuit avait à présent étalé ses voiles sur la forêt. C’était une nuit d’été claire et chaude. Les deux hommes n’avaient pas de mal à se distinguer dans la lumière de l’astre lunaire et pouvaient donc converser sans peine. Pour autant, par prudence, du fait que des brigands pouvaient encore trainer dans les parages, il avait baissé la voix en nouant sa ceinture. Si bien que Meccaya dû à peine entendre sa dernière question concernant son mär d’appartenance.
    Cette place secrète nichée au cœur d’un volcan où il lui arrivait d’étouffer. La bibliothèque et le travail qu’il devait y effectuer était les seules choses qu’il appréciait vraiment là-bas. Il n’aime pas la chaleur étouffante qui régnait et le sentiment d’insécurité constant qui ne le quittait jamais. Si ses études et la promesse d’un dragon n’avaient pas été là, il aurait déjà quitté la place pour reprendre son voyage.
    Ici, dans la sylve, il pouvait respirer et profiter d’un peu de solitude pour reposer ses muscles tendus et ses nerfs à vide. Enfin, seulement quand le neishaan n’était pas dans ses jambes.
    Le silence avait de nouveau rempli l’espace entre eux, un silence loin d’être lourd ou gêné. Quand il n’y avait rien à dire, à quoi bon parler ? Astère ne jugea pas utile de le briser. Mais bientôt, il laisserait le neishaan. Il n’était pas assez bon pour partager plus de temps qu’il n’en fallait avec lui ou pour lui servir de garde du corps en attendant que son dragon ne daigne l’avertir qu’il était prêt à partir.
Meccaya Im'Awhël
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MessagePosté le: Dim 8 Fév 2015 - 12:16 Répondre en citantRevenir en haut

Heureusement que, désormais, la nuit portait sur eux sa pénombre protectrice. S'ils y voyaient suffisamment pour se distinguer l'un et l'autre, pour que Meccaya ait l'espoir de pouvoir retrouver son chemin, iel espérait néanmoins que l'ombre était suffisante pour rendre complexe la distinction d'émotions précises. En plein jour, ç'aurait été aisé pour Astère de deviner que sa question avait une répondre, disons… Gênante. Les muscles du visage du neishaan s'étaient figés d'un seul coup, son regard un peu arrondi.
Màr Taralom ? Iel avait vraiment évoqué le Màr Taralom ? De toutes évidences, oui. Mais quel boulet, quel boulet ! Il n'était pas question de laisser Astère sans réponse. Cela aurait fait fuir ce petit animal au si joli poil. Et puis, comment osait-iel attendre d'Astère qu'il lui parle à coeur ouvert, comme il l'avait fait sur l'arbre, si de son côté iel se montrer plus fermé qu'une huître ? Certes, c'était dans sa nature. Certes, iel se montrait toujours aussi discret que timide, habituellement. Mais habituellement, iel n'attendait des autres bipèdes qu'un échange cordial, par obligation, comparable à un échange professionnel. Rien qui ne concernât les êtres en eux-mêmes. Là, iel avait envie de parler de choses humaines à Astère.
Il lui vint l'idée de mentir. Mais aucune autre figure, aucun autre nom ne vint se superposer à l'image du Kaerl Ardent, si ce n'était celle d'un Astère torse nu égorgeant de vils agresseurs. Ah bah oui, iel ignorait à cette époque que son frère allait y arriver, iel ne savait pas encore que Runa en était. Quand à Annah et Ayae, iel ignorait même la véracité de leur existence. Iel allait finir par dire la vérité. De toutes façons, iel savait trop mal mentir…

Cette vérité le gênait. Cette gêne n'aurait pas dû être là. Elle fit réaliser au neishaan que oui, iel avait pensé à cet Ardent avant de le revoir, qu'iel lui accordait des privilèges un peu étranges. Eh, ne lui avait-il pas sauvé la vie deux fois ? N'avait-il pas consenti à partager avec lui, dans cet arbre ? Il était normal, quelque part, que Meccaya ait pour lui un comportement tout particulier, non ?
Une partie de lui-même répondit "non". La partie qui trouvait cela anormal, qui voulait qu'iel se replie sur lui-même. Puis, d'abord, iel n'avait rien à faire avec celui-là ! C'était un prédateur, iel était une proie, cela ne pouvait que mal finir, il ne fallait pas rester avec lui ! Allez, Mecca, trouve un bon mensonge, dis-lui que tu pensais à un ami, ou un ennemi, et laisse-le vaquer à ses occupations !
Son regard se tourna vers l'Ardent, alors que ce dernier se levait. Sa lèvre était mordue par l'appréhension. Qu'iel mente ou qu'iel dise la vérité, iel doutait d'obtenir une situation qui lui aurait plu totalement. Mentir aurait déplu à cette partie de lui qui voulait ne pas voir s'évaporer le charmant prédateur, qui voulait pouvoir le remercier. Dire la vérité… Oh, quelque part, c'était le même risque, mais d'une autre façon. Une façon où, au moins, iel tentait de garder un lien avec lui, où iel était franc comme iel aurait aimé qu'on le soit avec lui. Plus intègre, plus moral. Oui, iel allait dire la vérité.
Ses joues s'empourprèrent, au moment où iel songea qu'Astère s'imaginerait peut-être des choses. Ses petits poings, posés sur son torse, se crispèrent un peu, quand iel réalisa qu'iel savait déjà comment Astère allait réagir. Iel allait s'enfuir. Comme un animal que l'on approche trop vite. Seule la partie prudente et raisonnable de son esprit trouvait que c'était une bonne chose. Tout son côté curieux, en revanche, protestait avec vigueur.

"- Je ne suis pas sûr que vous vouliez le savoir." murmura-t-iel, juste assez fort pour être entendu. "Je ne connais qu'un seul Ardent." Lui. Si le neishaan avait pu se cacher dans un trou de souris, ou sous une couverture, n'importe quoi, iel l'aurait fait. Sa voix avait nettement laissé paraitre son manque d'assurance. Et quelque chose comme de la peine.

[HJ: si c'est pas assez explicite, Mecca ajoutera que c'est bien lui, hein ^^]
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Dim 8 Fév 2015 - 23:56 Répondre en citantRevenir en haut

} Here I lie forever, sorrow still remains
Will the water pull me down and wash it all away?
Come and take me over, welcome to the game
Will the current drag me down and carry me away?
Suddenly the light begins to fade {


    Astère avait toujours aimé la nuit. Il aimait ses ombres impénétrables et les yeux brillants des animaux tapis tout autour. Il avait toujours préféré les nuits sans lune et nuageuses, les nuits les plus sombres, les plus secrètes. La nuit dissimulait pourtant de nombreux danger en son sein, elle ne laissait que deviner et participait à l’angoisse qu’avaient normalement les enfants pour son noir manteau. Mais le demi était différent, il était des prédateurs, de ceux qui rusent et usent la nuit pour se cacher, dissimuler leur nature. Ou au contraire, pour la révéler.
    La partie qui hurlait en Meccaya que c’était anormal n’avait peut-être pas tout à fait tort. Si jusqu’à présent le brun n’avait rien fait qui puisse effaroucher le neishaan, ce dernier n’était pour autant pas à l’abri en compagnie du jeune homme. Il ne savait rien de lui, de ce qu’il avait fait dans sa vie. Comment pouvait-il penser seulement penser qu’être honnête rendrait Astère tout aussi honnête ? Bon, en réalité, le demi préférait être franc et réfléchissait rarement à une manière plus correcte, plus « douce » d’amener les choses lorsqu’il avait quelque chose à dire. Même s’il devait blesser les autres autour de lui. Mais après tout, quelle importance ? Il ne voulait pas d’attache, autant que les autres se souviennent de lui comme d’une mauvaise compagnie ! Pour autant le neishaan ne semblait pas encore de cet avis, lui qui l’avait suivi dans les bois et avait partagé sa branche.
    Mais ça viendrait surement, tôt ou tard. Astère était de nouveau vêtu et il remettait ses armes à sa ceinture en attendant la réponse du neishaan qui, il en était sûr, viendrait tôt ou tard. Il avait rapidement compris que le blond ne savait pas mentir, il était trop expressif. Et il lisait en lui comme dans un livre ouvert. Malheureusement pour lui d’ailleurs, la lumière de la lune sur sa peau pâle ne lui permettait pas de se cacher beaucoup du regard pénétrant de l’ardent. Et ce dernier se rendit compte de sa nervosité et de sa gêne avant même qu’il ne consente à ouvrir la bouche pour enfin cracher le morceau.

    La première chose qu’il osa dire s’ajouta à la liste des stupidités qui pouvaient sortir de la bouche d’une personne. Il avait posé la question, il voulait donc savoir, n’était-ce pourtant pas évident ? Pour autant, il ne laissa rien paraître, pressentant que le jeune neishaan n’avait pas fini ce qu’il avait à dire, et il l’écouta continuer sans émettre un seul mot. La réponse qui suivit resta en suspens, planant dans l’air entre eux. Oh, il ne fallut pas longtemps au cerveau du demi pour analyser et comprendre ce qui se cachait dans ce murmure ! Il comprit même rapidement, il était l’ardent en question. Pour autant le silence s’installa à nouveau alors qu’il cherchait à comprendre pourquoi. Pourquoi Meccaya avait-il donc voulu voir son visage, savoir ce qu’il faisait dans son kaerl ? Pourquoi lui ? N’avait-il donc rien de mieux à faire que de penser à lui, de se questionner à son sujet et d’user le médaillon pour ça ?
    Egal à lui-même, il se contentait de regarder le pauvre garçon en face de lui, impénétrable et semblant imperméable à toute réaction. Pour autant, ses yeux d’azur en disait long sur ce qu’il pensait de tout ceci. Comme si ses pupilles s’étaient transformées en un point d’interrogation. L’incompréhension y était clairement présente, pour le reste, Meccaya ne pouvait pas savoir ce qu’il ressentait, il le cachait trop bien. D’ailleurs, au fond que ressentait-il à part ses incessants questionnements ? Pas grand-chose en vérité. Il n’était ni touché, ni excédé, ni quoi que ce soit de vraiment définit. C’était juste un mélange d’incompréhension et de questionnement. Si bien qu’il finit par briser le silence pour murmurer, du bout des lèvres, sans laisser paraître le moindre indice sur ce qu’il pouvait bien ressentir.

    « Je ne comprends pas l’intérêt de vouloir me voir dans votre artefact. »

    Et il était sérieux. Il ne lui posa aucune question, ne lui demanda pas pourquoi il l’avait fait. Car pour lui ça n’avait pas d’importance. L’existence ou l’intérêt de Meccaya n’avait pas d’importance. Rien n’avait assez d’importance dans cette relation pour qu’il lui permette d’exister. Pour qu’il lui donne, ne serait-ce qu’une chance. Il ne voulait pas s’ouvrir, ne voulait pas laisser la gentillesse et les bons sentiments du neishaan parvenir à entailler son armure, à pénétrer son cœur.
    Si bien qu’il ajouta, un instant à peine après avoir s’être tu.

    « Vous devriez rentrer. Il ne fait pas bon rester seul la nuit, alors que les prédateurs sont de sortie pour chassez… »

    Et, avant que Meccaya ne puisse réagir, la forêt avait déjà avalé sa grande silhouette. Il ne restait plus d’autres traces de son passage que l’herbe couchée et humide là où il s’était assis un moment à côté du neishaan. Il ne restait plus peut-être que son odeur et que la vision de ces yeux clairs qui l’avaient fixé, pleins d’incompréhension.
    Il ne restait plus qu’une impression qui déjà commençait à disparaitre.
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