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Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Dim 18 Jan 2015 - 16:59 Répondre en citantRevenir en haut

Ete 918
Plusieurs semaines au moins après la chute de Drazahir


Les ténèbres éternelles et le froid. Un environnement d'une noirceur totale et sans aucune étincelle de vie. Tous ceux qui pénètrent dans ce royaume à l'éternité figée pour s'y perdre à jamais perdent toute notion de ce que la vie peut être. Pas de chaleur, pas de lumière... rien. Pas un bruit, pas un souffle. Que l'obscurité et un silence qui n'a jamais été brisé. Peut-être que cet endroit à l'immensité infinie n'était que les prémices qu'un univers entier qui ne demandait qu'à naître, mais qui ne connaîtra jamais l'étincelle qui mettrait en marche les rouages de la vie.

Dans ce monde vide et glacial, on n'était plus rien. On ne ressentait plus rien. La conscience s'éteignait d'elle-même dès qu'on se perdait ici pour jamais. Pour se perdre, on devait désirer la mort ou accepter cette destination finale pour se retrouver à errer sans but et sans pensées. Telle était le choix de bien des êtres qui étaient capables de le franchir par leur seul volonté, dans leur longue habitude de se déplacer d'un bout à l'autre du monde. Sauf quand un lien puissant qui unit deux âmes vient à se rompre, la vie n'a plus d'importance et on vient achever l'existence sans goût dans un dernier envol dans cette obscurité froide. Ça, les dragons faisaient ce choix. Mais pour un Maître-Dragon qui avait précipité un terrible ennemi dans ces abîmes, juste à l'instant où les Limbes s'ouvraient en son sein pour le précipiter à jamais ? Ce choix avait été commun avec son âme-soeur. Deux ne faisaient qu'un et leurs esprits avaient pensé à l'instant à l'unisson. Un ultime choix pour un ultime saut. On pourrait croire que là avait été l'aboutissement du Destin. Sauf que le Destin reste le seul à décider de la fin d'un chemin... Ce n'était pas le destin qu'avaient attendu ces deux âmes liées.

Le temps aussi se fige dans cette obscurité silencieuse. Figer car rien ne permet de savoir réellement comme il s'y écoule, puisque rien ne respire la vie. Pourtant, dans ce qui pourrait être une éternité, un soudain et vif éclat de lumière, bien qu'éphémère, fut d'une puissance aveuglante. Lueur blanche et douce chaleur, ce fut le seul acte de sensation qui naquit le temps d'un souffle dans ces ténèbres. Est ce que cet univers de noirceur allait connaître son départ. Une voix lointaine, indéfinissable et pourtant si familière parlait à travers ce qui ressemblait à une nébulosité de vide. Une voix douce et encourageante, qui appelait à se tendre vers elle et à prendre cette main qu'elle tendait. Ce n'était pas pour l'univers froid et noir de l'univers de l'interstice... elle se tendait pour deux âmes à la dérive.

Il ne se rappellera jamais de ce qui s'est réellement passé ou par quelques brides incertaine. Juste le retour des sensations que tout être vivant ressentait. Un retour violent, comme si elles lui avaient été toujours été inconnues. Mais au plus profond de lui, il les connaissait, il les avait toujours eu. Il refusait seulement de les reconnaître à nouveau, en raison de la souffrance qu'elles imposaient en revenant à lui.

La lumière se ternit pour céder sa place à une nouvelle obscurité. Au contraire de la précédente, là on sentait l'air glisser contre la peau avec une étrange vitesse et un froid moins mordant. Un tambourinement lent et intérieur essayait de rendre la chaleur en son propre coeur. Une voix s'élevait dans son esprit, exigeant quelque chose de simple et de vital à la fois. Indéfinissable, mais nécessaire. Inconsciemment, il refusa. Il ne voulait pas ressentir le froid mortel de l'interstice s'insinuer en lui. Une fois avait suffi. La voix se fit plus forte et plus autoritaire. Il obtempéra sans réellement le vouloir.

Un air frais à la senteur marine s'insinua dans ses poumons. Peddyr ne put s'empêcher de tousser aux premières inspirations, réussissant à mieux respirer par la suite. La crainte de ressentir une main glacial lui enserrer la poitrine se retirait à chaque mouvement respiratoire. La voix de toute à l'heure redevint plus douce, le félicitant de son effort.

°Voila... Cela va aller mieux à partir de maintenant. °
L'esprit du Maître-Dragon commençait à retrouver ce qu'il était. Le doux murmure des galets entraînés par des vagues paresseuses finit par se faire entendre. Il était en compagnie de cette voie, quelque part près de la mer.

°Oui, nous sommes en Orën°

Ce nom signifiait quelque chose dans les souvenirs du Maître Brun. Il n'arrivait pas à se rappeler de quoi. Il le sentait tout proche de lui, dans son esprit. Il cherchait à savoir... plein de choses se bousculaient dans son esprit.

°Ne force pas, laisse toi un peu de temps. Pour l'instant, c'est de repos donc tu as besoin...°

Cette voix... elle aussi il la connaissait, mais il n'arrivait pas à savoir encore à qui elle appartenait. Il lui faisait confiance, car il s'abandonna à un contact chaud et réconfortant, qui repoussait sa crainte du froid et des ténèbres.


Quand Peddyr revint à lui, ce fut pour en même temps ouvrir les yeux sur le monde qui se dressait devant lui : l'entrée d'une caverne de calcaire anciennement rongé par les flots. La cavité était bien assez grande pour contenir deux grandes Reines Dorées. A une bonne vingtaine de mètre de lui, une plage de galets accueillait de petites vagues bleutées. Le ciel était d'un magnifique azur. Deux mouettes se disputant un bout de poisson dans le bec de l'une d'elles passèrent en braillant devant l'entrée de son abri naturel.

Tremblant, il resserra autour de lui ce qui devait être une vieille cape de fourrure. Bien que le vent charriait une douce température estivale à l'intérieur de la grotte, Peddyr avait froid. Même cette fourrure ne lui apportait pas la chaleur recherchée. Même celle qui émanait dans son dos. Collé contre son lié, il aurait dû pouvoir se sentir mieux. Mais là non...Même frictionner ses mains engourdies n'apportait rien.

°Je vais te faire un feu. Il faut pour cela que j'aille chercher du bois. Tout ce que je demande...°
°Je ne bougerai pas d'ici pour te rassurer... Pas avec cette horrible sensation de sortir tout juste d'un bloc de glace...°


A cette idée, quelques souvenirs récents refirent surface et il ne put s'empêcher de frisonner un peu plus. Derrière lui, le dragon se redressait, ses écailles grinçant doucement les unes sur les autres. Il sentait dans l'esprit de son lié que celui-ci était encore désorienté. C'était déjà une bonne chose qu'il eut su rapidement qui il était. Le dragon avait été étonné de retrouver sa propre identité, alors qu'il s'était cru perdu à jamais. A peine étaient-ils tous les deux ressorti de l'interstice, il avait su laisser son instinct reprendre les commandes de ses muscles paralysés par un intense froid. Le dragon brun avait rapidement récupéré pour le bien de son lié humain.

Et trois jours seulement s'était écoulé depuis qu'ils avaient tous les deux surgis de l'interstice. Pourquoi et comment, il n'avait pas de réponse à ça et il ne voulait pas que Peddyr s'en préoccupe pour le moment. La chance avait été avec eux depuis leur ''sortie''. Sveargith avait mis peu de temps à trouver cet abri de calcaire, bien assez grand pour être avec son lié et surtout... qui avait dû être occupé pendant un temps par un autre bipède, car outre la vieille cape qui enveloppait désormais Peddyr, il y avait de la nourriture séchée et quelques ustensiles utiles pour cuisiner. Il ne manquait plus que du bois pour faire un feu dans un âtre ouvert aménagé avec de gros galets. D'où se trouvait le résident précédent, le dragon brun s'en fichait. Peddyr était sa seule préoccupation pour le moment.

Le dragon tendit la tête à l'extérieur, sondant les environs. Personne ne traînait dans les parages. Une bonne chose.

°Le bois ne manque pas sur la plage. Le temps d'en ramasser assez et je reviens vite. Essaie de manger un peu°
°Je préférerai du poisson que du porc salée ou du biscuit marin...Même si je ne mange que depuis deux jours... un bon thon juteux...°
°Un bon crabe fera déjà l'affaire pour...°
°Oui je sais....°


Sveargith sortit, ne préférant pas insister d'avantage. D'être revenus imposaient de reprendre doucement certaines choses, comme de manger. Au premier jour, Peddyr avait été incapable de manger quoique ce soit. Peut-être que le fait d'avoir froid malgré des températures tempérées n'étaient qu'une conséquence temporaire. Il fallait l'espérer. Il remonta donc la plage de galets, à la recherche de bois flotté bien sec. Peddyr dans son abri s'était adossé dans un angle arrondi, offrant une assise naturelle et confortable. Il serra plus fortement la vieille cape de fourrure autour de lui. Jamais il n'avait ressenti le froid aussi intensément. Et à cause de cela, il passa plus son temps à grelotter en attendant le retour de son dragon que de se reposer.



L'âme s'envole vers les cieux par les ailes des dragons
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MessagePosté le: Sam 14 Fév 2015 - 01:08 Répondre en citantRevenir en haut

 
Citation:
~ * Maëvann Kerr'wan - Seconde Céleste exilée * ~

 

La hampe de la flèche émit un soupir soyeux en frottant contre le corps d'arc. La pointe armée visait un lapin à une quinzaine de pieds, trop occupé à savourer les délicieuses graminées qui percent la verdure estivale pour réaliser sa fin proche. Une main sûre banda la corde, quelques secondes s'égrenèrent, comme suspendues dans le calme feutré et bruissant de la luxuriante forêt d'Aiguevieille. Puis un claquement , le sifflement du projectile… Et le bruit mat de sa tête aiguisée se plantant dans une motte de terre toute proche, écorchant au passage la cuisse de l'animal, qui détala aussitôt.

- ENFERS ! Je savais bien que je ne pouvais réussir ce tir à quinze pieds !

L'animal avait laissé derrière lui une piste sanglante aisément visible, mais si la blessure allait le ralentir un temps, il aurait tôt fait de trouver un terrier ou se terrer. Après quelques secondes de réflexion, l'archère poussa un grognement résigné et quitta le bosquet où elle s'était dissimulée. Les prises d'aujourd'hui se limiteraient aux champignons, baies et racines qui abondaient dans le coin. Elle n'était pas d'humeur à traquer les bêtes blessées…

Une fois sa besace pleine, Maëvann Kerr'wan guetta la course du soleil dans le ciel. Sexte passée. Il y en avait sûrement un, à quelques lieues de là, qui terminait sa sieste et allait bientôt réclamer son repas avec l'ardeur habituelle. Cette pensée amena un sourire aux lèvres abîmées de l'exilée, ranimant le vert de son regard d'une rare éclaircie, la première du jour.

- Il est temps de rentrer.

L'onde tumultueuse du Plik sillonnant entre les troncs lui servit de guide. Il suffisait de suivre le courant du fleuve pour redescendre vers les criques, où il se jetait dans la mer. C'est là, à l'abri des roches calcaires creusées par l'inlassable houle, que l'attendaient son fils et son Lié.

Ils étaient sur le Continent depuis deux mois à peine, ayant fui un printemps encore trop frisquet en Undomë. La demi-sang eut un rictus soudain, c'était décidément étrange de s'aiguiller en fonction de la clémence des saisons ! Un luxe qu'ils n'auraient pu s'offrir quelques lunes auparavant, où seule comptait la fuite, la survie… Maëvann serra les poings dans ses gants de cuir bouilli, le souffle coupé par la douleur véhémente des souvenirs passés. Elle n'avait pas envie de repenser à tout cela, de plonger dans ces plaies béantes...pas maintenant.
Une bourrasque d'air iodé frappa son visage, l'arrachant à cette spirale tourmentée de pensées. Les criques approchaient.

- Enfin !

Son regard céladon se voila. Quelque chose n'allait pas. Maëvann pressa la main contre son sein, haletante, écoutant son coeur tambouriner contre sa paume. Alors qu'elle descendait vers les rivages, l'herbe cédant aux dunes sous ses pieds, son esprit s'emplit d'émotions confuses et virulentes. Les jambes chancelantes, elle se mit à courir vers la source de ce vif émoi :

- Draveÿn...Draveÿn !! appela-t-elle, ravivant le lien télépathique distendu par l'éloignement. Je suis en chemin, mais vous êtes encore à un bon mile...Que se passe-t-il ?! Lucjan va bien ?

- °Maë ! ° Le soulagement qu'éprouva le Dragon fut si vif qu'un soupir échappa à sa Liée °Tu ne va pas me croire ! Le petit est sain et sauf mais...J'ai senti...J'ai vu...° Le saurien sembla s'estomper un moment, mais il revint avant que la Céleste eut le temps de paniquer ° … Si tu es à un mile de nous sur la côte, tu peux le voir de tes yeux.°

- Voir quoi ?! Elle suspendit sa course pour reprendre son souffle et jeter des regards affolés aux alentours . Oh non...Les Ombres sont revenues ? Sa main s'apprêta à saisir le coutelas de chasse ceint à sa cuisse avant de se raviser, sachant l'arme inefficace contre les entités. Ces saloperies nous ont suivi hors de Tol Orëa !

- ° Par la Mère , Maëvann... ! Cesse-donc de t’affoler et lèves les yeux !°

La mâchoire lui en tomba. Survolant la plage à basse altitude, un Dragon se dessinait au loin, apparaissant et disparaissant derrière les dunes qui voilaient l'horizon. Estomaquée, Maëvann dut reprendre ses esprits avant de se jeter à couvert derrière un buisson d'oyat. La joue plaquée contre le sable, elle échangea quelques pensées affolées :

- Voilà des mois que nous avons quitté Tol Orëa … et c'est la première fois qu'un Dragon croise notre route depuis…Draveÿn, qui est-ce ? Ardent ?!...Céleste ?

Cette idée fit poindre une sorte d'espoir en elle. Cependant, la Seconde exilée ne pouvait se risquer à quitter l'anonymat maintenant. Se redressant sur un coude, elle observa la créature de plus près. Un Brun, visiblement , d'âge adulte bien que l'ocre terni de ses écailles le fasse paraître plus âgé. Aucun signe de son Lié aux alentours.

- Il a dû sentir un potentiel Aspirant dans le coin...A moins que … ?

Maëvann compris soudain la raison des ondes houleuses parvenant de Draveÿn et la certitude du Grand Noir fut sienne

- Par tous les Dieux, c'est … !!
- °Sveargith...°

Maëvann aurait voulu s'enfoncer au plus profond du sable, ballottée à l’écœurement de désirs et d'émotions contradictoires… Dix mois d'exil, marqués par un maître mot : l'Abandon.
L'Abandon d'un père et époux. L'Abandon d'une Seconde et amie. La Céleste avait laissé tant de choses en arrière après la lecture de cette lettre d'adieux. Elle avait sacrifié son Rang, sa Loyauté au Màr Menel pour sauver sa famille...ou du moins ce qu'il en restait. Dix mois...depuis la découverte du corps de Karla sur le palier du chalet, le cou tordu d'un angle horrible, les yeux vides. Depuis la vision pétrifiante d'ombres démoniaques penchées sur le berceau de Lucjan, ses hurlements noyés sous la masse pénombreuse qui semblait vouloir l'engloutir.

- Je les ai tous abandonnés...Peddyr, Crylith...Drakaan...Mon père et tant d'autres ! La demi-sang ferma les yeux, la mâchoire crispée. Je les ai laissés à la solde de Zackheim et de...l'horrible chose qui le manipulait. Je n'avais pas le choix !

La vie de Lucjan était en danger, mais aussi celles des proches chez qui elle aurait pu se réfugier.
Les spectres leur filaient le train jour et nuit, se blottissant dans le moindre recoin de pénombre, sous l'ombre des forêts, pour les suspendre dès qu'ils posaient le pied à terre. La traque semblait n'avoir de fin ...jusqu'à ce qu'ils quittent la Terre de l'Aube, ultime sacrifice, avec l'intention de ne jamais y revenir.

- °Je ne peux pas...°
- Quoi ?! Maëvann se redressa d'un bond . Draveÿn, ne me dis pas…
- °Je ne peux pas, Maëvann ! Ne me demandes pas de faire ça , je t'en prie...° La détresse animant cette pensée fut telle que la Céleste sentit son cuir chevelu fourmiller. ° J'ai déjà perdu un frère, je refuse de laisser Sveargith m'ignorer ! °

- NON !

Maëvann escalada la dune pour dévaler sur la plage, dérapant sur les galets. Elle courut à s'en tétaniser les muscles, à s'en brûler les poumons...mais les foulées bipèdes ne peuvent rivaliser avec des battements d'ailes. La majestueuse silhouette d'onyx apparaissait déjà derrière les brisants. Maëvann gémit, des larmes lui brouillaient la vue.
Sveargith, quant à lui, cilla et s'immobilisa, le cou tendu vers l'improbable venant à sa rencontre. Il resta ainsi, statue de fer patiné, jusqu'à ce que le Noir se pose près de lui.

- °Svear...° Le regard de Draveÿn chatoyait de gris et d'or , ses naseaux dilatés exhalèrent un long soupir caverneux ° Mon frère… Je n'osais y croire ! Quand nous sommes arrivés ici pour la chasse, il y a quelques heures…j'ai reconnu l'écho de mon Sang...Mais ton esprit semblait si lointain, comme engourdi d'un froid mortel... °

Draveÿn pencha sa lourde de tête pour frapper ses cornes contre celles de son frère, une marque d'affection qu'il ne manifestait que très rarement. Il avait toujours été réputé pour être le solitaire, le torturé. Svarog lui, était l'affectueux de la portée…

- °Je suis heureux de te revoir.° Les deux Dragons se firent face avec une dignité triste, alors que l'air iodé crépitait d'ondes mentales chargées d'empathie, de souvenirs communs. ° Tant de chemins, tant de destins déviés, perdus… depuis notre dernière rencontre...°

Un vagissement contrarié vint interrompre leur échange. Draveÿn leva son aile droite pour dévoiler une ingénieuse nacelle harnachée à son flanc. Une petite main d'enfant se faufila entre les fourrures qui protégeaient l'installation et tambourina les écailles d'ébène au rythme de cris courroucés.

- ° Désolé, je suis nourrice à temps partiel depuis quelques mois.° ajouta-t-il, retrouvant son humour caustique. ° Je vois justement arriver Maëvann au loin. Elle à l'air très...rouge°
     


HRP: Désolée pour cette entrée en matière un peu longue ! Mes prochains posts seront plus concis ^^ !



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Jeu 26 Mar 2015 - 02:51 Répondre en citantRevenir en haut

Revenir sur Orën était toujours pour Lordan un choc émotif même lorsqu'il devait se rendre dans une région inconnue et que souvent le plaisir du voyage accompagnait sa nostalgie et sa tendresse Mais tout son passé d'avant la venue sur Tol Orëa lui revenait avec insistance, déconnecté de ce qu'il était devenu et il le sentait surgir des flots de sa mémoire comme un monde devenu étranger, un rêve qu'il avait fait autrefois, dont il se souvenait avec émotion et dans les moindres détails mais qui n'avait plus de lien avec ce qu'il se sentait être aujourd'hui.

Maître Nalesean lui avait demandé sitôt l'interstice réouvert, de se rendre sur les bords du Plik, le grand fleuve qui traversait presque tout le continent et se jetait dans la mer du Nord-Ouest, mais bien loin au sud de la côte de l'Archipel des Tempêtes où le chevalier avait passé son enfance et sa première jeunesse. Mais enfin, c'était quand même se rapprocher de tant de souvenirs, sombres ou heureux, penser qu'il ne lui faudrait que quelques petites heures de vol pour retrouver ce qui lui restait de famille, retourner sur la plage où un grand dragon noir l'avait trouvé. Il se livrait alors à la même occupation que celle qui l'occuperait aujourd'hui : trouver des plantes et des ingrédients rares , spécifiques de ces petites niches d'éco-systèmes dont le Rhaëg offrait partout l'extraordinaire abondance et la merveilleuse variété.
Nalesean, le Maître des Soins, avait besoin de civelles roses. Elles remontaient le fleuve à cette période de l'année, mais outre qu'il les voulait vivantes - ce qui n'était pas trop difficile pour qui voyage dans les airs et utilise l'Interstice- il exigeait des specimens de civelles à doubles queues. D'après un rapport d'apothicaire de l'île d'Effrelin, elles étaient apparues depuis peu parmi les civelles normales dont les habitants de la région faisaient leurs délices. L'apothicaire y voyait une malédiction envoyée par une entité malfaisante. Nalesean rassemblait une vaste documentation sur les manifestations anormales pouvant être liées aux troubles engendrés par les maléfices de Drazahir. Il s'était donc intéressé aux civelles bifides du Plik, accusées par la rumeur publique de rendre stériles les femmes qui en mangeaient ou de favoriser la naissance de monstres. Nalesean n'y croyait guère mais les mutations sont toujours fascinantes à étudier et il lui fallait des civelles bifides. Lordan était disponible et il pourrait par la même occasion lui rapporter , s'il en trouvait, quelques bézoards de poulpes noirs, recrachés par les dernières grandes marées de la saison. Ah, et aussi, de cette succulente gelée de poires confites qu'on trouvait dans la région et qu'on disait efficace contre l'anémie. Nalesean avait eu un clin d'oeil complice en ajoutant : "J'aime bien les sujets d'expérience qui ont bon goût. Cela facilite le nettoyage du matériel." Il ne serait pas venu à l'esprit du chevalier de ne pas partir aussitôt pour accéder à la demande du vieux Maître qui avec Peddyr Thelrand incarnait pour lui l'essence même de l'esprit du Kaerl céleste.
Hanelvig était ravi, en bon dragon soucieux d'entretenir ses ailes, de visiter du pays et qui sait, de dénicher un Doué errant, triste et solitaire et qui découvrirait, grâce à lui, la vie merveilleuse du Màr Menel. Au bivouac de midi il fit part de cette réflexion à son lié qui rétorqua aussitôt:

- Au Mar Menel ou dans un autre kaerl,Les nouveaux découverts ont toujours le choix, comme ils peuvent aussi refuser de nous rejoindre, par peur, par attachement à leur mode de vie, leurs devoirs, leurs sentiments.
Il ajouta, car il aimait taquiner son dragon qu'il savait plutôt satisfait de son physique de beau bronze toujours parfaitement lustré et resplendissant :

-... Ou parce qu'ils ne supportent pas les peaux à écailles, craignent les bêtes à cornes et pensent que les sauriens sentent tous le crocodile.

Ils s'étaient installés dans un coin tranquille au bord de l'eau. Hanelvig était sous sa forme humaine car ils avaient dû pour trouver la gelée de poire, descendre vers une région habitée, prétextant être des colporteurs d'herbes, ce qui, autrefois, avait été une des occupations de Lordan. Son costume habituel de coureur des bois, sa besace d'épaule et ses poches toujours gonflées inspiraient confiance et il avait même vendu quelques sachets de tisane contre les fièvres et un peu de poudre sternutatoire à des jeunes gens facétieux.
A la boutade de son lié, Hanelvig haussa les épaules. Il était un beau jeune homme en métamorphe mais moins flashant qu'en tant que bronze mordoré ; du genre tranquille, certes grand et robuste, mais l'air réfléchi d'un étudiant sage.

- Surtout, certains bipèdes ne veulent pas qu'on puisse lire leurs pensées tant elles sont mesquines et méprisables. Et si les sauriens sentent le crocodile, l'homme sent souvent la vipère.

Lordan approuva. D'ailleurs il comprenait fort bien le désir de Hanelvig, dragon très sociable, enthousiaste et actif, de vivre cet épisode important dans la vie d'un dragon : découvrir un être possesseur du don. Certains ne rencontraient jamais cette opportunité, d'autres avaient deux, trois et plus recrues à leur actif. Lui-même aurait été heureux de participer à un tel évènement. Presque toujours s'en suivaient des épisodes pittoresques ou des aventures mouvementées.
Il se souvenait de façon encore très vive de sa rencontre avec Draveÿn qui lui avait donné la plus forte émotion de sa vie quand, jeune homme incrédule et se pensant esprit fort, il avait dû se rendre à l'évidence que les dragons existaient. Et quelle évidence ! Il l'avait vu se transformer et ensuite il avait été embarqué dans les airs car le Maître qui l'avait trouvé, alors la Seconde du Mar Menel, ne voulait pas être retardée dans sa mission. Elle devait pêcher un copperfish, énorme poisson couvert d'écailles corrosives et fort difficile à attraper. Lordan avait bravement subi l'épreuve du premier vol, aidé à prendre le copperfish dans un filet de mithril et décidé en conclusion de l'extraordinaire aventure que sa vie serait désormais vouée aux dragons et au kaerl céleste.

Lordan resta quelques minutes silencieux en se remémorant ces moments exceptionnels qui avaient fait basculer sa vie du côté de la légende. Il revit ceux qui l'avaient accueilli sur Tol Orëa et qu'on ne croisait plus dans les rues du kaerl ou de Lomëanor. Le chagrin et les regrets qu'il ressentait de ces pertes se trouvaient ravivés avec la disparition de Peddyr Thelrand. Le valeureux guerrier s'était sacrifié en entraînant l'ombremage dans le vide glacé de l'Interstice et n'en était pas ressorti. Personne ne pouvait survivre aussi longtemps dans l'espace inter-temps. Mais Lordan se disait qu'il était peut-être passé avec Sveargith dans un autre plan d'existence. D'autres mondes existaient, des portails s'ouvraient parfois entre eux, il en avait été témoin lors d'une quête fameuse et l'histoire même de Drazahir prouvait que les limites de la vie et de la mort peuvent parfois fluctuer...La voix d'Hanelvig vint le distraire de ces pensées qu'il ressassait si souvent :

*Ne rêve pas trop, mon lié. Nous les dragons n'avons pas ressenti la perte d'un frère mais cela ne veut rien dire quand l'interstice ne rend pas ceux qui y pénètrent. Le soleil commence à descendre. Tu dois pêcher les civelles et comme je n'ai aucune disposition pour ce genre d'occupation et que j'ai bien besoin de dégourdir mes ailes, je vais rejoindre la côte pour voler au dessus de la mer, où il est plus facile de ne pas être vu. Je reviens te chercher dans deux heures et t'emmènerai là où on trouve les bézoards, près des falaises de craie et des grandes cavernes qu'elles abritent.*

Lordan acquiesça. On convint de se retrouver dans deux bonnes heures sur la berge où ils s'étaient arrêtés, derrière une ligne boisée qui cacherait le vol du dragon bien qu'en descendant vers l'estuaire le pays devenait désert. Hanelvig alla s'y métamorphoser pendant que Lordan préparait son épuisette et et sa boîte de transport.
Ces occupations simples, le décor agreste très plaisant, la présence d'eaux courantes pour lesquelles le chevalier avait une prédilection particulière, tout cet environnement calma la tristesse qui avait assombri son humeur. Les civelles bifides se firent attendre mais il en découvrit enfin plusieurs dans la masse grouillante que remontait son épuisette et de ses longs doigts habiles, iil les fit passer dans la boîte remplie d'eau et munie de courroies pour le transport sur le dragon. Au bout d'une heure il estima en avoir assez pour satisfaire Nalesean et c'est alors qu'il sentit la pensée inquiète de son lié qui le cherchait et lui souffla sitôt que la jonction se fit :

*Je viens te chercher, Lordan. Range tes bestioles et rejoins le bois. Il se passe quelque chose d'étrange sur la plage aux falaises. Je crois que les cavernes sont habitées. Et par des dragons.*

*Tu les connais ?*

*Non.. ou plutôt, ce sont de grands dragons, des maîtres, tu sais que je suis encore jeune et leurs pensées... je ne peux pas vraiment les comprendre sauf s'ils le veulent.*

Hanelvig ne savait pas s'ils étaient avec leurs liés. Il était en mer quand il avait perçu que des dragons parlaient ensemble et que le bruit de leur pensée venait d'une caverne. il demanda, soucieux :

* Tu crois que j'aurais dû y aller voir ?*

*Ah non ! Nous y allons ensemble. Ils ont peut-être besoin d'aide pour se cacher ainsi dans une caverne. Si ce sont des Ardents, la trêve due à Drazahir tient encore, enfin j'espère. Et puis on sait que nous avons passé plusieurs jours avec le Seigneur Alauwyr et que nous nous sommes mutuellement sauvé la vie. Allons-y. Je t'entends arriver. Pose toi devant les arbres : il n'y a personne et c'est tout plat.*

Quelques minutes plus tard, Hanelvig emportait Lordan vers la plage aux cavernes. Le chevalier était inquiet mais aussi excité. En ces temps troublés, les kaerls devaient être très attentifs à ce qui se passait d'anormal sur le Rhaëg . On ne savait trop ce que Drazahir avait pu laisser derrière lui comme engeances maudites et âmes perverties.
Lordan comme souvent chez les liés, prenait facilement la direction des opérations menées de concert. Les Dragons n'avaient pas la même approche des évènements que les humains. Entraînés par le lien dans les affaires des Bipèdes, ils s'en remettaient souvent à ces derniers pour décider de la voie à suivre. Lordan savait que Hanelvig laissé à lui-même serait parti aussitôt pour laisser les aînés discourir en paix. Le chevalier proposa donc fermement :

*Nous nous posons devant la caverne et tu salues tes aînés en disant qui nous sommes et notre kaerl. Cela te convient-il ?*

* Allons-y. Tu sais, finalement, je crois qu'il y en a un .. que je connais.  *

Lordan allait demander qui le Bronze pensait avoir reconnu mais son lié amorçait déjà un virage un peu sec. Obligé de se concentrer sur son équilibre, le chevalier jugea préférable de ne pas interférer dans la concentration de son partenaire.
Hanelvig se posa sur le sable et Lordan remarqua qu'il avait particulièrement soigné son arrêt au sol, manoeuvre où il n'était pas toujours des plus brillants. Quel aîné respecté voulait-il ne pas décevoir ?





Dernière édition par Lordan Ventaren le Lun 6 Avr 2015 - 08:29; édité 1 fois
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MessagePosté le: Dim 5 Avr 2015 - 09:16 Répondre en citantRevenir en haut

Sveargith avait fait plusieurs aller et retours pour ramener du bois et constituer une petite réserve, pour ne pas devoir aller en chercher encore. Moins il laisserait son lié seul et mieux ce serait. Quand il refit une sortit, ce fut pour se mettre en quête de quelque chose de mangeable. Jamais il n'aurait cru croisé un autre membre de son espèce dans un endroit retiré de toute civilisation proche. Quand il avait aperçu la silhouette d'un empereur noir, il s'était figé. Déjà, il jaugeait le saurien venant à lui ? Ennemi ou ami ? Sa silhouette lui était malgré tout familière. Il resta immobile, suivant du regard ce dragon qu'il connaissait, mais auquel il n'arrivait pas encore à mettre de nom. Sauf quand il se posa et appela Sveargith dans son esprit.

Comme une bulle qui éclatait, des souvenirs revinrent aussitôt à la surface. Le froid de l'interstice ne pouvait garder son emprise glacé sur l'esprit d'un dragon et le Brun, bien que son apparence lui donnait un âge plus avancé que son frère de couvée.

°Draveÿn ? °

Oui c'était bien lui. Le Sang reconnaissait son Sang. Il répondit à la marque affective de son frère, claquant ses cornes contre les siennes. Lui aussi était bien plus détendue et la joie de revoir ce frère longtemps disparu remplit son esprit, tout comme l'Empereur Noir.

°Cela fait si longtemps... bien des choses se sont passées depuis. Mais quelle joie de te revoir. Même si mon esprit est encore marqué de cette étrange sensation glacial qui t'inquiète, ta présence l'a réchauffé !°

Un cri d'enfant de bipède retentit sous l'aile du Grand Noir. Sveargith tendit la tête pendant que Draveÿn releva son membre ailé. Un bébé humain ? Quelque chose lui revenait plus encore en mémoire.

°Lucjan ? Et Maëvann est avec toi ? °

La jeune femme était là et visiblement, son visage semblait exprimer tout un lot de contrariété. Le temps qu'elle les rejoigne, si elle ne redoutait pas d'approcher, Sveargith entreprit d'essayer d'expliquer sa présence en ces lieux. La caverne où se reposait son lié était juste à côté. Peut-être que la rencontre extraordinaire de Draveÿn et de Maëvann pourrait aider Peddyr à éveiller un peu plus son esprit perdu dans les limbes de cette glace qui l'étreignait. Mais il redoutait en même temps que cela fasse trop d'un coup pour son lié. Mais comment aborder le sujet ? Il s'était passé tant de choses... Et il redoutait de pas tout se rappeler encore. Bien des choses étaient encore confus, même pour lui.

°Maëvann sera moins rouge quand elle apprendra qu'elle retrouve des amis°

Il s'apprêtait à aborder un autre sujet, celui le plus difficile au regard du Grand Brun quand un nouveau dragon approcha. Sveargith leva sa tête et aperçut....

°Hanelvig ? °

Un autre dragon céleste apparaissait une fois de plus. Un bien étrange hasard et il n'était pas seul, il portait Lordan. Le céleste avait été l'aspirant de Maëvann. Le dragon brun s'était reculé de quelques pas, comme déconcerté. Mais il sut se ressaisir et présenta le dragon de Lordan à Draveÿn. Lui-même avait du reconnaître Lordan.

Sveargith ne savait plus par quoi commencer. Deux dragons célestes en plus de leur lié qui se retrouvaient ici. La dernière fois qu'il avait vu Lordan et Hanelvig... C'était au Màr Maudit. Comme cela paraissait si loin pour lui. Si loin et si proche pourtant.

°Je...je suis content de vous revoir. Je ne pensais pas recroiser votre route à tous les deux. °

Il avait conscience que les célestes n'avaient pas du le reconnaître tout de suite. Qui sait comment avait réagi Maëvann en le voyant. Et maintenant Lordan et Hanelvig. Pour eux, la réaction serait tout autre. Aux yeux de Lordan et de son lié, Sveargith s'était engouffré dans l'interstice pour ne plus en ressortir, pour condamner Drazahir dans les Limbes à tout jamais... Oui, il se rappelait, mais c'était si dur. Quel choc cela allait être pour eux.

°Draveÿn, je te raconterai tout ce qui s'est passé. Mais je voudrai avant rejoindre mon lié. °

Sa voix était hésitante et il regarda les quatre amis désormais présents sur cette place en sa présence.

°Peddyr se repose dans cette caverne. Il..Comme moi, il a un peu changé et son esprit récupère plus lentement que moi. L'interstice.... °

Il frissonna et se tut.

°Tout ce que je vous demande est de ne pas le bousculer. Je ne sais pas s'il arrivera à vous reconnaître tout de suite. Peut-être que vous, Lordan et Maëvann, pourriez vous rendre auprès de lui, je resterai dehors avec mes deux autres frères... je veillerai en même temps à le prévenir.... Il va bien, bien qu'il tremble beaucoup encore..... Le froid... le froid était..°

Le dragon se tut à nouveau. Les souvenirs de l'interstice était encore trop durs à exprimer, même s'ils étaient encore flous dans son esprit. Une fois Peddyr prévenu, il tourna son regard vers l'entrée de la caverne. Il craignait presque que les choses dérivent pour son lié. Lordan et Maëvann n'avait plus qu'à y pénétrer.

Un feu crépitait doucement en face de Peddyr. Sa chaleur qui émanait de l'âtre était chaud et réconfortant, mais pas assez pour le maître brun. Ce n'était jamais assez et il tremblait, les membres engourdis par un froid pénétrant. L'air était toujours doux en température, mais c'était comme si le corps du céleste refusait de se réchauffer. La couverture en fourrure l'enveloppait sur les épaules et il tenait les bords serrés le plus possible contre lui. Sensations atroces que d'avoir aussi froid. Il sentait bien la chaleur du feu, mais cela ne paraissait pas encore assez. Il en avait même claqué des dents.

Sveargith l'avait prévenu en douceur que Lordan et Maëvann se rendaient auprès de lui. Deux noms à la résonance si lointaine dans son esprit qu'il n'avait pas réagi. Mais qui lui rappelait quelque chose. Il lui avait été difficile d'essayer de s'y raccrocher avant de se souvenir de leurs visages. Juste leurs visages et leurs noms.

°Tu les connais je te rassure... des amis°
°je te crois Svear'...C'est juste que...°
°Ca te reviendra, ne te forces pas.


Même s'il essayait, il se retrouvait pris dans l'étau de froideur qui l'enveloppa, aussi bien physiquement que mentalement. Il trembla un peu plus quand il essaya aussi de se rappeler pourquoi il avait si froid, alors qu'il sentait la chaleur du feu à travers la fourrure qui l'enveloppait. Puis deux silhouettes apparurent dans le flou de sa vision. Il redressa la tête et arriva à les distinguer. Lordan et Maëvann... oui, c'étaient bien eux.

''Cela parait si loin... Désolé si je ne vous reçois pas comme il le faudrait...''

Les souvenirs concernant Lordan et Maëvann étaient comme à portée, mais il n'arrivait pas à les attraper. Il se rappelait qu'il les connaissait et même très bien... de bons vieux amis...Au moins se raccrochait-il à ça.

''Qu'il est beau de revoir des visages familiers..Lordan et Mäevann...''

Il était encore loin de l'idée que l'interstice l'avait changé au même titre que Sveargith. Sur le Brun, les affres du temps se distinguait moins que sur Peddyr. Le Céleste paraissait avoir pris une décennie, se marquant sur son visage et ses cheveux. Même sa barbe, bien que taillée simplement, était plus striée de blancs qu'autrefois. Mais pouvait-on réellement parlé d'autrefois pour Peddyr ? C'était hier qu'il était parti.. Parti. Mais où ? Il cessa brusquement d'y penser quand il sentit une forte sensation glaciale le pénétrer jusqu'aux os.

Un sifflement d'une petite bouilloire annonçait que l'eau était bien chaude, coupant tout songe. Sveargith avait eu le temps de faire quelque chose entre ses nombreux aller-retours. Peddyr n'avait même pas fait attention... Une odeur de tisane emplit l'air.

''L'eau est chaude... Je vous laisse vous servir....''



Pendant ce temps, Sveargith prendrait le temps d'expliquer à Draveyn tout ce qui s'était passé depuis qu'avec sa liée ils étaient parti et à Hanelvig de comment ils étaient là. Cette partie serait bien plus difficile à raconter à ses deux frères de races. Il peinait même. Comment expliquer ce qui s'était passé une fois pénétré dans l'interstice ? Comment raconter alors qu'il en frémissait encore ?

°Le froid... rien que le froid. On était plus.. rien. Je ne sais pas encore ni pourquoi nous sommes sortis... Mais le retour a été brutal et glacial. C'est tout ce que je sais pour le moment... Le néant était à la place de nos esprits... Nous n'étions plus rien, que froid et ténèbres... C'est...Désolé, je n'arrive pas à en raconter plus. Plus tard peut-être.... Vous revoir mes frères, me réchauffe au moins le coeur, vous ne pouvez même pas savoir à quel point. °



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MessagePosté le: Ven 1 Mai 2015 - 16:30 Répondre en citantRevenir en haut

    


   
Lorsque Lordan Ventaren fit son entrée à dos de Dragon, un maëlstrom d'émotions confuses l'envahit, lui donnant le vertige. Presque un an d’exil …de longs et douloureux mois d’efforts, de sacrifices, à s’amputer de tout ce qui aurait pu encore l’attacher à Tol Orëa… Et voilà que ce qui composait sa vie avant cette interminable fuite en avant faisait son retour, avec grand fracas.

Maëvann se tut de longues minutes durant, ne répondant aux sollicitations de Sveargith que par des regards éberlués et autres mimiques d’animal effarouché. La Maîtresse et l’Amie Céleste semblaient tambouriner contre sa cage thoracique pour enfin se libérer, briser cette froide façade, lui causant de douloureux élancements. Elle déglutit, comme pour ravaler l’envie d’étreindre et d’embrasser ces visages connus, ces amis d’antan qu'elle pensait perdus. Sans un mot, elle saisit l’enfant dans sa nacelle et le serra fort contre elle, s’imprégnant de la chaleur de ce petit corps fragile pour qui elle avait tout abandonné.

Lucjan babilla, promenant des yeux curieux sur les nouveaux arrivants. Le doigt qu’il mâchonnait pour apaiser ses gencives rendues douloureuses par la poussée des dents quitta soudain sa bouche pour se pointer sur Sveargith, puis le saurien accompagnant son ancien Aspirant. Son Lié, à n’en point douter.

- ‘ragons ! ‘Ro ‘Ragons ! lâcha l’enfançon, laconique, avant de braquer un regard gris-bleu intense sur Lordan. Puis il tourna sa tête pouponne vers sa mère et demanda. Gentil ? Méssan ?

Maëvann se mordit les lèvres et dissimula les larmes qui perlaient au coin de ses yeux en plongeant son visage dans l’épais duvet sombre de son fils. Le « Gentil/Méchant » était un rituel que Maëvann et Draveÿn pratiquaient régulièrement avec Lucjan depuis leur départ de Tol Orëa, pour lui apprendre à reconnaître les amis des ennemis. Par son ascendance Arpadienne, l’enfançon avait hérité d’un sixième sens étrange, viscéral, lui permettant de sentir un risque imminent ou des intentions malavisées dans l’attitude des bêtes et des hommes. Mais du haut de ses deux ans et demie, il lui était difficile de mettre des mots sur ces sensations, qui se traduisaient souvent chez lui par une peur panique, des crises de larmes et par extension, des cauchemars récurrents lorsqu’un danger rôdait aux alentours durant la nuit.

Jusqu’à trois mois après leur fuite, la demi-sang et son Lié partageaient sans mal le verdict du bambin hurlant de terreur, lorsqu’un spectre faisait son apparition au détour d’un bosquet ou au bout des ruelles mal éclairées. Mais l’ennemi avait appris à s’insuffler dans l’âme des hommes, les transformant en esclaves désincarnés de cette force obscure dont l’ampleur ne cessait alors de croître sur la Terre de l’Aube. Les gens les appelaient les « Marqués » ou les « Mordus », de malheureuses victimes souillées par la magie noire de Drazahir, errant dans les landes comme des corps sans vie. Si certains montraient des signes avancés de décomposition, d'autres étaient encore "frais" et prêtaient à la méprise. Bien que Maëvann détestât l'idée de faire de son jeune fils un radar à dangers potentiels, ils n'avaient pas eu le choix. Et aujourd'hui encore, en présence d'amis, après des semaines passées loin du Continent perdu et ses périls, l'enfant se pliait au rituel.

- Jentiméssan mama ?! s’impatienta le môme, qui ne sentait visiblement aucune menace parmi ceux qui l'entouraient.
- Non... glissa-t-elle d'une voix faible à son oreille. Non Lucjan, ce sont des amis. Nous...Tout va bien, moje kochanie.

Apaisé, le garçonnet gesticula pour qu'on le pose à terre et s'attela à empiler quelques galets qui jalonnaient la plage. Maëvann enviait sa candide insouciance lorsque Sveargith s'adressa de nouveau à eux, par un flux de pensées vacillantes :

- °Peddyr se repose dans cette caverne. Il..Comme moi, il a un peu changé et son esprit récupère plus lentement que moi. L'interstice.... °

Maëvann manqua de s'étouffer de soulagement. Peddyr était donc vivant ! Mais le Brun terni bafouilla une supplique, une prière invoquant l'amitié qu'ils vouaient son Lié, visiblement mal en point, et un frisson douloureux lui courut sur l'échine. Elle n'était pas la seule à avoir vécu des mois de cauchemar, chacun ici semblait porter la marque de récents tourments. Même Lordan Ventaren, le dernier de ses Aspirants, l'élève observateur et rêveur pêché ici même en Orën, semblait assombri par quelque souvenir douloureux. Alors qu'ils échangeait un regard la demi-sang se demanda ce qu'il devait penser de son ancien Maître. Quant à Peddyr... Que dirait son vieil ami en la voyant revenir ainsi, la queue entre les jambes, lui qui était resté pour combattre ?

- ° Ils ont souffert aussi, Maë...° Draveÿn posa un regard au gris perlé de pluie sur sa Liée. °Mais ils sont heureux de te retrouver, ne le sens-tu donc pas ?°
- Dravy...Je ne sais pas si je...
- ° Ton ami a besoin de toi. Concentres-toi sur cela ma Liée, le reste viendra bien assez tôt. Je vais rester avec le petit, Sveargith et ce jeune fougueux Bronze ...Hanelvig, je crois que c'est son nom° Un discret roucoulement rauque s'échappa de son poitrail d'onyx ° Il est tout juste sorti de l’œuf et il cherche déjà à faire bonne impression. Je crois que je l'aime bien, il me rappelle Svar...°

Le flux mental s'étiola, étranglé par l'émotion. Maëvann soupira, glissa une caresse chargée d'empathie sur l'armure d'ébène et après avoir embrassé son fils, chemina vers la grotte aux côtés du Chevalier Dragon. Durant de longues minutes, elle se laissa de nouveau absorber par ses tourments, puis décida de faire fi de cette gamberge inutile.

- Lordan...Leurs pas crissants sur le sable rythmèrent le silence qui suivit. Lordan, ton Lié est magnifique, félicitations. La Seconde exilée esquissa un pâle sourire. Je n'ai pas été un Maître très assidu...mais tu fus un élève brillant. Je n'ai jamais douté de ton succès.

Maëvann crut d'abord distinguer un cinquantenaire malade au fond de la grotte, mais elle réalisa avec effroi qu'il s'agissait bien de Peddyr Thelrand, grelottant dans sa pelisse. L'Ambassadeur se tenait prostré contre une paroi près d'un feu de camp, vieilli de dix ans. Un vide béant s'ouvrit dans sa poitrine.

- Par les Dieux...Oh, mon vieil ami... Que t'est-il arrivé ?

L'homme semblait confus, affaibli. Il s'excusa de ne pas réussir à les reconnaître mais lorsqu'ils s'accroupirent près du feu auprès de lui, une lueur bienveillante s'alluma au fond de son regard, alors qu'il observait leurs traits à la lueur des flammes.

-Qu'il est beau de revoir des visages familiers..Lordan et Mäevann...

La Seconde exilée sourit tristement et saisit une louche pour servir des godets d'infusion à chacun, dans un silence cérémonieux. Elle glissa la boisson dans la main de Peddyr, dont les doigts étaient glacés comme ceux d'un mort, et y appliqua une pression amicale.

- Tiens, bois pendant que c'est encore chaud.

L'air tiédissait dans la grotte, était-ce par la chaleur d'amitiés retrouvées ? On entendait au loin le ressac régulier de la mer, comme une lente respiration. La demi-sang sirotait en silence, savourant son premier moment de paix depuis fort longtemps.

- Peu importe le regard qu'ils décident de porter sur moi, je m'y plierai. Ce qui compte vraiment...

Un sourire sincère affleura sur les bords de sa tasse.

- Ce qui compte...Ce que nous sommes en vie.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Ven 10 Juil 2015 - 23:33 Répondre en citantRevenir en haut

C’était à n’en pas croire ses yeux. En arrivant par ce demi-cercle au dessus des falaises, le panorama de la plage avait échappé à Lordan jusqu’à la descente soudaine et la vue de deux dragons accapara immédiatement toute son attention. Il reconnut aussitôt Draveÿn, l’inoubliable Noir qui l’avait repéré et conduit sur Tol Orëa.
Aussitôt il chercha à identifier le second, un brun moins imposant dont il n’identifiait pas la silhouette. Il n’y avait pas au Mar Menel, même parmi les très vieux dragons qui avaient tendance à s’alourdir avec l’âge, un saurien paraissant aussi mal nourri, fatigué, sans éclat. Mais quand, se rapprochant du Noir, le brun fit quelques pas, sa démarche , le balancement de sa queue éclaira brusquement Lordan qui s’exclama : Sveargith ! tandis qu’une vague d’émotions contradictoires l’envahissait. Ce n'était pas possible !
Malgré le témoignage de ses yeux et la certitude de ses souvenirs il s’efforça de revenir à la raison. On ne revient pas d’une plongée dans l’interstice quand on n’en visualise pas la sortie précise dans le Rhaëg et Peddyr avait suivi la disparition de Drazahir dans le néant.
Mais Lordan connaissait bien Sveargith, il avait voyagé avec lui quand il n'était encore qu'un aspirant, il lui avait même curé les griffes, ce que les dragons apprécient car les doigts déliés des humains les chatouillent plus agréablement que leurs propres crocs pour ce toilettage indispensable. C’était Sveargith ! Il en était sûr.
Il fut tiré de son dernier doute par Hanelvig qui s’arrêta à distance respectueuse devant ses aînés, ailes modestement repliées, cou ployé et tête inclinée tout en exultant à l'intention de son lié:

°Haha !...J’avais raison ! Juste une petite pensée saisie au vol, mais je savais bien que c’était le Sveargith de MaîtreThelrand. Malgré tout, je craignais que ce ne soit qu’un écho venu par l’interstice ! Alors je n’ai rien voulu te dire ! Whaoooow!! puisque Sveargith est là, abîmé mais vivant, Maître Thelrand est revenu. Et l’autre, le Noir ? C’est un dragon prestigieux à coup sûr, mais je n’ai jamais dialogué avec lui et son âme m’est fermée tant qu’il ne s’adressera pas à moi.


Lordan se mit à rire et tout en descendant du dragon, il lui lança, tout ému et rempli d’espoir devant cette rencontre extraordinaire :

°Je croyais que tu étais assez grand pour avoir part au savoir ancestral ! Moi, je sais que ce noir est Draveÿn, et pas besoin de tout votre cirque de mémoire commune et connaissances innées ! °

C’est alors qu’il aperçut, contournant Draveyn, la silhouette attendue de sa liée. Elle portait un bambin, son fils sans doute. Lordan ajouta, de plus en plus excité :

°Et la chevalière un peu plus loin, c’est c’est sa liée, Maëwann Kerr’wan, qui fut un temps mon maître. Hanelvig ! c’est un grand jour ! Le kaerl va redevenir ce qu’il a été avant que Drazahir ne pervertisse Ehsan de Galastden ; la Seconde va aider Maître Thelrand à remettre les choses en place. Allons leur demander s’ils ont besoin de nous. Je ne serais jamais venu sur Tol Orëa sans Maëvann Kerr’Wan et n’y serais pas resté longtemps sans Peddyr Thelrand.°


Il s’arrêta, cherchant son calme. Il se savait parfois d’un optimisme un peu naïf, persuadé que tous les êtres conscients et responsables désiraient la paix et l’entente, ne se battant que par nécessité, toujours prêts au fond à suivre les chemins de la raison. Mais il savait aussi que ce bel idéal était parfois bien mis à mal, même s’il croyait à un progrès d’ensemble des valeurs morales. Pas sûr que tout se passerait comme il l’imaginait en ce moment de joie, tout le monde content, tous les problèmes écartés, l’amitié au coeur de tous.

Il se réjouissait de revoir l’ancienne Seconde, mais pourquoi semblait-elle vivre ainsi en se cachant ? Allait-il encore devoir choisir entre deux devoirs opposés ? Lui qui ne voulait que vivre libre, obscur peut-être et même certainement, mais en suivant ses certitudes intérieures, allant où il jugeait nécessaire ou plaisant d’aller, toujours avec son cher Hanelvig et ce Lien qui l’empêchait à jamais de se sentir, non pas seul, ce qui est souvent apaisant, mais oublié, inexistant,abandonné, ce qui est terrible.
Après les épreuves subies, tant de merveilles à voir, tant d’aventures à vivre ! Et les dieux savaient combien tout le Rhaeg était rempli de prodiges et de savoirs cachés. De nouveaux orages se préparaient-ils déjà? Non, tout se passerait bien ! L’avenir était de nouveau ouvert sur la paix revenue et il se laissa aller à l’allégresse de cette rencontre inespérée. Sans chercher à retenir son enthousiasme, souriant largement, il s’élança vers les dragons et Maëvann.

Sveargith exprima sa joie de revoir des amis, en la nuançant cependant d’inquiétude. Peddyr était non loin, mais apparemment encore sous le choc. Bah ! Le maître brun était un dur-à-cuire qui en avait vu d’autres ! Oui, il fallait se rendre auprès de lui avec Maëvann qui apparemment, si on jugeait par son air plus qu’étonné, venait elle aussi de découvrir Sveargith peu avant l’arrivée de Lordan. Elle semblait fort soucieuse et si elle était toujours une très belle jeune femme à l’air ferme et décidé, son expression semblait refléter une longue suite d’inquiétudes et d’épreuves. Lordan rougit des compliments qu’elle lui fit mais trop ému par le rappel du passé, se contenta de balbutier un merci enroué en la suivant vers la caverne.
C’était visiblement un refuge laissé par un coureur de grève ou fréquenté par des pêcheurs venant sur cette côte pour installer leurs filets à la saison favorable au passage de bancs migrateurs. Devant le feu qui l’éclairait, Peddyr était prostré, roulé dans une fourrure et l’enthousiasme de Lordan retomba en le voyant grelotter comme un homme atteint des fièvres. Et puis son visage déjà buriné s’était émacié et devenu d’une pâleur cireuse. Comme son dragon, le maître portait les traces d’une terrible épreuve.

-Maître ! c’est moi, Lordan Ventaren ! Vous êtes vivant... ! c’est le principal ! j’ai de quoi vous soigner !


Peddyr les avait reconnus, il parlait d’une voix entrecoupée par le tremblement qui le secouait.
Lordan mit un genou à terre près de son vénéré maître et lui saisit la main. Il fut horrifié en la sentant raidie par un froid glacial. Ce n’était pas la fièvre, c’était le froid de l’interstice, celui qui entre dans la moelle des os et pénètre les circuits mystérieux de la pensée. Il connaissait cette affreuse sensation : le dragon-fantôme envoyé par Drazahir l’avait ensorcelé d’un froid semblable, sans doute produit à partir des forces élémentaires qui tourbillonnent dans le vide interstitiel. Hanelvig l’avait rapporté au plus vite au kaerl et il s’était remis très vite, le sort ne résistant pas aux protections encerclant la ville aérienne. Les potions des maîtres herboristes y avaient aidé. Mais ici, c’était plus qu’un sort, qui n’est jamais qu’une copie plus ou moins réussie du réel. C’était le contact direct avec le néant, bien plus que le bref contact expérimenté lors du passage que réalisaient les dragons portant leur lié. Peddyr et Sveargith avaient séjourné dans cette zone interdite. Ils n’auraient pas dû en revenir. Quelle puissance surhumaine les avait-elle tirés de là ?

le chevalier reprit espoir en entendant la voix faible de son maître s’efforcer de les accueillir courtoisement, leur proposant de se servir d’un thé de plantes et il songea à sa trousse de secours. Un disciple de Nalesean lui avait donné une préparation appelée le grog de chaleur par des étudiants facétieux. Ce nom était un moyen de se souvenir de la composition du breuvage : G pour Gingembre, R pour Raifort, O pour Orpiment (à doser avec grande précaution) G pour Garénie (ou poivre bleu d’Orën). Prise en infusion, la préparation dégageait une brusque montée de la température du corps. L’effet n’était que temporaire mais permettait à l’organisme de reprendre des forces pour lutter contre un refroidissement pernicieux. Dans le cas de Peddyr, le mélange le soulagerait peut-être en attendant des soins plus adaptés à son cas exceptionnel. Lordan en avait toujours un petit sac sur lui, car il savait qu’il pourrait ressentir pendant plusieurs mois voire des années, des accès de froid brutal, surtout en période de stress ou de spleen.
Lordan expliqua ce qu’il entendait faire et s’activa autour de la bouilloire et d’une gamelle de fer-blanc tandis que Maëvann servait la tisane préparée par Sveargith. Le"grog", d’une belle couleur verte – due au mélange du jaune orpiment et de la garénie bleue -devait reposer quelques minutes puis il faudrait que le malade l'absorbe, mélangé à une nouvelle tasse de liquide chaud.
Il s’adressa à Peddyr pour lui expliquer tout cela, souligna que c’était déjà un grand progrès qu’il ait pu les reconnaître et leur parler. Tout allait rentrer dans l’ordre avec du temps et des soins.
Puis, comme il ne se sentait encore qu'un modeste chevalier malgré sa récente promotion et qu’il avait en face de lui deux Maîtres éminents du peuple céleste, il attendit qu’ils décident du tour à donner à la réunion et des mesures à prendre.





Dernière édition par Lordan Ventaren le Mar 22 Mar 2016 - 18:15; édité 2 fois
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MessagePosté le: Mer 22 Juil 2015 - 14:36 Répondre en citantRevenir en haut

La première tisane, à la douce chaude, peina à se faire sentir à travers les doigts raidis du maître-céleste. Cette sensation de froid intérieur qui le rongeait lui coupa presque la sensation douceâtre que lui apporta la paroi du premier godet. Il n'avait guère senti la prise légèrement serré de la main de Lordan avait entouré la sienne. Au moins n'avait-il pas remarqué la mine horrifiée du jeune céleste en sentant au contact un froid plus intense que celui d'un cadavre. Malgré le froid qui courait sur sa peau et jusque dans la profondeur de ses os, Peddyr était bien en vie. L'esprit, bien qu'encore épuisé et sous le choc de ce retour à la réalité, arrivait péniblement à raisonner et ses tremblements signifiaient clairement que son corps se battait. Quand le maître brun porta le godet à ses lèvres, il réussit à contracter les muscles de ses mâchoires pour taire les claquements de ses doigts et boire la tisane bienfaitrice. La boire jusqu'au bout, malgré ses prises tremblantes étaient un acte encourageante aux sondes de Sveargith.

D'une attention toute relative, s'enroulant dans sa pelisse, il écouta même s'il en donnait pas l'impression les attentions de Lordan. Les paroles encourageantes du jeune homme eurent le mérite d'attirer son regard sur lui, avant qu'il ne devienne évasive. Son lié l'encouragea à nouveau à boire la nouvelle décoction préparée par Lordan. Sentant la réticence morne et et qui n'était pas justifié, Sveargith insista un peu plus.

°Peddyr, ce sont tes amis. Ils sont là pour t'aider. Je sais que tu es en proie à vouloir faire cesser ces tremblement, mais pour le moment, il te faut reprendre des forces. La tisane de Maevann t'apportera du bienfait et celle de Lordan aussi. Il te faut faire juste un effort en plus. °

Peddyr frémit et ferma les yeux sous une nouvelle série de tremblements. Sentir le froid mordre partout... Comme les symptômes de la grippe mais là relevé au centuple. Sous la demande de son lié, il concéda à faire un effort. Pour son lié mais aussi pour ces deux personnes qu'il savait être des amis. Bien des souvenirs se bousculaient dans sa tête et n'arrivaient pas à franchir cette barrière de glace qui lui imprégnait aussi l'esprit. Une nouvelle fois, avec des mains tremblantes, il réussit à prendre la tasse tendue par Lordan. L'odeur était plus forte, plus intense... Il ne chercha pas à savoir la nature du liquide et la but doucement, là aussi réussissant à ne pas la renverser. Puis quand il déposa le second récipient, il s'enroula dans la pelisse, barrant tout contact possible avec l'air, comme si son simple contact lui brûlait la peau. Il grimaça un instant, des tonnes de souvenirs se bousculant dans son esprit. L'effet des deux breuvages s'unissaient et lui réduisaient la sensation désagréable de ce froid qui s'insinuait au plus profond de lui. Son esprit se sentit un peu plus libéré et réussit à redresser la tête pour regarder ses deux amis présents.

''Il vaudra retourner... tous les trois... au Kaerl.''

Il se recroquevilla un peu plus sur lui, abandonnant cet effort qu'il avait réussi à se motiver. Sveargith s'inquiéta de le sentir resombrer. En même temps, on ne pouvait pas lui en demander autant en si peu de temps. Face au scepticisme qu'il perçut chez son lié, le brun l'encourageait mentalement à ne pas se laisser aller de la sorte. Un bref acquiescement le rassura à peine. Puis après avoir jeté un regard un peu navré à ses deux frères écailleux, il ouvrit son esprit pour leur communiquer, ainsi qu'à leur lié respectif, ce que Peddyr avait voulu dire. Au moins, faisait-il des progrès plus rapide en leur présence qu'avec lui seul.

°je crois que Peddyr se rappelle un peu que le Màr avait été attaqué par Drazahir et que les effectifs ont été bien mis à mal. C'est peut-être encore un peu tôt pour revenir, surtout que le Seigneur en place avait été clair qu'une fois la crise de l'Ombre Noire passée, Peddyr ne pourra plus revenir au Kaerl. Sa levée d'exilée n'était valable que le temps de combattre contre Drazahir. Mais de ce que j'ai compris des songes fragmentaires de mon lié, il souhaite revenir au màr, avec vous deux, Hanelvig et Draveyn, car nous ne serons pas de trop pour le Màr Menel°

Il garda un bref instant le silence, les laissant digérer de ce qu'il venait de dire. De toute façon, Peddyr était incapable de retourner au Màr dans son état.

°Je sais que c'est beaucoup demandé. Je comprendrais votre refus. Mais en attendant qu'il soit capable de revenir en meilleure forme, je souhaiterai surtout que vous restiez le temps qu'il se remette complètement. Votre présence l'aide plus en moins d'une heure que moi en trois jours. Il y aura des hauts et des bas, mais avoir des épaules amicales sur qui se reposer lui fera le plus grand bien, et je sais de quoi je parle. °

Au premier jour qu'il s'était lié avec lui, Peddyr avait beaucoup offert, malgré les conséquences qu'il avait du payer par la suite, comme si c'était la pénitence à payer de sa vie antérieure, avant qu'il ne perde la mémoire. Svear' estimait qu'il avait assez payé en ce jour. Si Maevann acceptait de repartir avec lui et Lordan, un trio de Maîtres et de chevalier, avec leur lié, pèserait fortement dans la balance, quoi qu'il arrivera au Kaerl.

Il guettait les réactions de chacun avec une certaine crainte.





[HRP : voila, j'espère que cela vous conviendra Clin d'Oeil. Si besoin me joindre par mp Clin d'Oeil]



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Sasha El'Tiwas
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MessagePosté le: Sam 31 Oct 2015 - 18:52 Répondre en citantRevenir en haut

Hello à vous deux,

Juste un petit aparté pour vous informer que ma réponse est en cours d'écriture et sera postée en remplacement de ce message a la fin du week-end / début de la semaine prochaine maximum !

Avec mes plus plates excuses pour ce gros retard !! Timide - Sasha

 



Lordan Ventaren
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MessagePosté le: Dim 28 Fév 2016 - 18:47 Répondre en citantRevenir en haut

Tout en rangeant soigneusement ses ingrédients et nettoyant son mortier et son pilon, Lordan éprouvait un curieux sentiment d’irréalité, partagé entre le tumulte des émotions qui venaient de l’assaillir et les nécessités toutes prosaïques du moment. En retrouvant ceux qu’il pensait morts ou disparus, il avait reçu un choc qui le laissait encore incapable d’intégrer tous ces bouleversements et il se raccrochait à cette routine familière.

Peddyr était sorti de l’Interstice, cette absence de temps et d’espace qui ne rend jamais ceux qui s’y jettent en aveugle. Drazahir avait été projeté par Peddyr et son lié dans un Interstice sans retour et pourtant ils étaient revenus. Et puis, le temps du passage - qui pouvait paraître si long pour le voyageur – ne durait, selon la formule, que" celui de trois respirations". Peddyr et son lié étaient donc considérés comme morts depuis deux semaines passées. Et ils étaient devant lui; vivants.
Le chevalier en était évidemment plus qu’heureux mais en même temps, sa raison avait du mal à suivre. Et puis sa joie était tempérée par l’état de délabrement physique et moral où se trouvait le vigoureux guerrier, l’ambassadeur à la noble prestance qu’il avait connu. Peddyr Thelrand retrouverait-il jamais sa vivacité d’esprit, son don du commandement, la force morale et l’énergie qui en faisait pour Lordan le modèle des Maîtres célestes ?.
Son inquiétude ne l’empêchait pas de s’interroger sur les causes de ces évènements proprement incroyables. Non seulement Peddyr avait survécu mais Maëvann réapparaissait juste là où Sveargith avait déposé son maître. Etait-ce la volonté des dieux qui avait tiré les ficelles de leurs destins pour les conduire à ce croisement miraculeux de leurs errances ? De nature sceptique, Lordan y voyait plutôt la possibilité d’une utilisation instinctive par Sveargith de la pensée collective des dragons se concentrant pour sauver les liés en perdition. Quant au hasard d la rencontre, c’était certaine:ent, eh bien pour lui, le hasard, tout simplement et pour les autres, le fait que Dravëyn ait senti qu’il se passait quelque chose et contribué inconsciemment à ce que ce soit là que se produise la sortie.
Lordan eut cependant d’autres idées moins encourageantes. Et si Drazahir avait aussi survécu ? Si c’était un faux Peddyr, un faux Sveargith ? S'il était sous influence ? Il se préparait à entamer le petit massage inter orbital enseigné par Nalesean pour le protéger de manipulations hypnotiques quand la pensée de Hanelvig fusa avec impatience :

*Eh bien, si Sveargith était un faux frère, je le saurais, espèce de songe-creux ! Tu crois que je me laisserais prendre à un faux Sveargith et pis encore, que le grand Draveÿn serait dupé par un simulacre démoniaque ? Ce sont bien des idées de bipède !*

Hanelvig souffla des narines, pour montrer le peu de cas qu’on pouvait parfois faire de l’intelligence de ces êtres qui se croyaient cependant la fine fleur de la création. Mais Lordan sentit surtout, derrière le dédain ironique, le désir de son lié de l’aider à surmonter ses appréhensions et s’appuyant en effet sur ce raisonnement, il rejeta la crainte que Peddyr ne soit qu’un simulacre destiné à les tromper.
Le bronze reprit cette fois sur un ton factuel et décidé :

*Pour Drazahir, je ne sais pas s’il a pu s’en sortir. Il y a parfois aussi un dieu pour les diables ! Mais si ce gredin a réussi...UN : il doit être encore plus mal en point que Peddyr, vu son état quand il a été poussé dans l’Interstice. Et Deux- ce ne peut-être qu’en dehors de Rhaëg qu’il aura ressurgi parce que, en admettant que ce soit ce que tu appelles "l’âme collective" des fils de Flarmya qui ait accompli le sauvetage, il est sûr qu’on n’aurait pas ramené ce monstre sans s’en apercevoir et sans renvoyer la bête là où elle doit rester.*

Le Bronze avait certainement raison. Lordan regarda Peddyr et n’eut plus d’hésitation en voyant Sveargith pencher avec sollicitude sa tête effilée vers son lié. c’était bien messire Thelrand qui s’efforçait de boire la tisane de Maëvann. Cette dernière avait regardé ce que préparait son ex-aspirant et hoché la tête approbativement en reconnaissant les ingrédients, particulièrement le poivre bleu d’Orën. La décoction était achevée et Lordan voyant que Peddyr avait fini le thé, lui tendit sa propre mixture en précisant qu’il s’agissait moins d’une tisane que d’une sorte de potion, pas très agréable à boire car assez ..euh ? Énergisante ? oui, on pouvait dire ça ,mais elle pouvait surprendre à cause du poivre bleu. Peddyr avala le second breuvage sans sourciller et presque immédiatement il sembla reprendre un peu de vie. Il balbutia le désir de rentrer tous trois au kaerl, avant de retourner à un état de somnolence qui n’inquiéta pas trop Lordan. Le repos et le sommeil ne pouvaient qu’être salutaires à l’efficacité des remèdes. Mais le souhait de Peddyr émut profondément le chevalier, non seulement parce qu’il montrait un retour de la mémoire et de la volonté mais aussi parce que, pensant à l’atmosphère régnant au Màr Menel, on pouvait prévoir que ce retour ne serait pas aussi facile que souhaité .

Sveagirth exprima les mêmes craintes mais Lordan ne voulait pas se laisser aller aux doutes . L’heure était à l’espoir. Il attendit que Maëvann réponde la première au dragon. Pour lui, elle restait son ancien Maître, au moins dans le respect qu’il lui devait. Il ne savait rien sur ce qui lui était arrivé, sinon des rumeurs contradictoires concernant les motifs de son départ et il préférait ne pas savoir tout ce qui touchait à ces tragiques circonstances. Mieux valait ne pas entendre de funestes nouvelles, du moins tant qu’on était ici et il fallait d’abord remettre sur pied Peddyr Thelrand et son pauvre courageux Dragon. D’ailleurs les progrès de l’un trouveraient leur écho dans les progrès de l’autre et le brun semblait un peu moins épuisé depuis que Peddyr reposait, roulé dans sa pelisse.
Comme Maëvann se taisait, il comprit qu’elle attendait de lui des nouvelles concernant le kaerl et que pour protéger leur fuite, Draveÿn avait dû éviter tout contact informatif avec ses frères. Il prit donc la parole :

- Je suis tout à fait convaincu qu’il vous faut plusieurs jours pour envisager un départ et aussi que vous, Messire Sveargith, pendant cette période, vous devez manger convenablement et vous reposer sans avoir à chasser ni à veiller constamment. J’ai vu des bancs de thons en survolant la côte. Ils ne sont pas à plus de sept à huit coudées de profondeur. Messire Dravëyn n’aura aucune peine à en attraper. Ce sera juste pour lui un petit bain de pieds... et c’est exactement ce qu’il vous faut : des grillades riches en graisse et nourrissantes.

Tout Maître-dragon qu’il soit devenu, il avait retrouvé sa timidité devant Maëvann, même si l’accoutrement de celle-ci était loin de celui qu’il avait connu à la Seconde du Màr Menel. Il préférait s’adresser à Sveargith avec qui il avait voyagé autrefois et en qui il se sentait en confiance :

-Pour ce qui est du kaerl, nous avons vécu une période d’instabilité majeure . Des changements se préparent..

Il eut un demi-sourire attendri en pensant à tous ceux qui pleuraient la disparition de messire Thelrand mais il savait aussi que bien des Galastden ne lui pardonnaient pas sa tentative d’assassinat sur la personne du Seigneur. Lordan poursuivit :

-
Bien entendu, je ne quitterai pas messire Thelrand, j’ai d’autres potions adaptées à son état . Je ne me vante pas : Drazahir avant de disparaître m’a infligé.. disons un coup de froid qui ressemble beaucoup à celui de l’Interstice , un froid qui m’aurait terrassé si je n’avais eu quelques défenses naturelles et surtout Hanelvig qui a pu me ramener immédiatement au kaerl où j’ai reçu les soins nécessaires. Mais j’ai encore besoin de temps à autre d’un petit tonique et j’ai toujours ce qu’il faut sur moi. Cela semble également convenir à messire Thelrand.


Il réfléchit encore un instant. La situation était complexe et il craignait d’oublier des données, ce qui fausserait toute les décisions prises. Il ajouta :

-Cependant, je pense que nous pourrions envoyer Hanelvig pendant ce temps faire une petite visite au Valarëa pour prévenir que je suis retardé pour un motif bénin .. Sinon mes supérieurs,, informés que j’ai dépassé mon congé, seraient capables d’envoyer un chevalier à ma recherche ou de me faire mettre aux arrêts à mon arrivée, ce qui compliquerait notre retour.

Hanelvig s’était un peu éloigné. Lordanl pensa qu’il ne faudrait pas l’accabler d’allers et retours rapprochés par l’interstice. Il ne reviendrait au mieux que dans deux jours et alors, on pourrait juger de la date du départ avec les rescapés de la plage. Au besoin, si Hanelvig revenait trop fatigué pour porter son lié et Peddyr - car le pauvre Sveargith faisait vraiment peine à voir - l’immense Dravëyn ne verrait sans doute aucune objection à prendre Lordan sur son dos, ce qui rappellerait à ce dernier de bien anciens et superbes souvenirs. A moins que Maëvann décide de ne pas rentrer au Màr Menel.





Dernière édition par Lordan Ventaren le Mar 22 Mar 2016 - 18:33; édité 1 fois
Peddyr Thelrand
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MessagePosté le: Dim 13 Mar 2016 - 19:10 Répondre en citantRevenir en haut

Draveÿn regardait sa liée qui était plongée sombrement dans une profonde réflexion. Le désir bien évoqué de Peddyr de retourner ensemble au Kaerl semblait la perturber. D'où son silence quand son ancien aspirant avait guetté une réponse de sa part. Il fallait encore lui laisser un peu de temps. Bien des choses s'étaient produites et après la chute de Drazahir, des doutes persistaient, laissant encore une trace tenace dans bien des esprits. Peut-être qu'elle souhaitait revenir au Màr Menel, mais elle était partie pour préserver les gens qu'elle aimait. Le Brun percevait le dilemme de son frère obscur et comprenait que celui-ci désirait peut être cesser cet exil. Mais un dragon ne pouvait pas abandonner son ou sa liée. Si Maëvann estimait qu'elle courait encore trop de risque pour son fils et elle-même...et avec Zackheim encore au pouvoir, qui sait comment le Seigneur en place prendrait la nouvelle du retour de la Seconde, en plus de Peddyr.

Sveargith avait écouté les paroles sages de Lordan. Celui avait été bien formé par Maëvann.

°Quelques jours avant de partir... Ce sera sans doute un peu trop juste pour Peddyr. je souhaiterai qu'il ait récupéré au maximum pour être prêt à affronter ce qui pourrait se passer. Comme tu le dis si bien, le Kaerl est encore sous une certaine forme d'instabilité. Pour moi, ces quelques jours seront amplement suffisants, surtout si Draveÿn m'aide à chasser pour récupérer. Je serai plus rapidement en forme que Peddyr...°

Le grand dragon noir approuvait du chef. Il était prêt à aider le Brun pour se ''remplumer''. En plus Sveargith adorait le thon. Le Brun se rappelait vaguement de la sortie de l'interstice, laissant plus son instinct que sa volonté le mener en dehors de cet univers glacial pour enfin en sortir. Qu'il lui était encore horrible de pas savoir ce qui s'était passé durant tout ce temps, hormis le froid... le froid intense et la nuit totale et éternelle.

°Même si tu restes à ses côtés, je ne crois pas que cela soit une bonne idée qu'il fasse son apparition en plein milieu des festivités. Un mort qui revient d'outre-tombe, alors que le Kaerl a perdu bon nombres de célestes par la présences des dragons d'ombre et les morts qui marchent.... Ce serait rappeler cruellement la bataille subie et on pourrait penser que Peddyr a pu réchapper à l'interstice grâce à la sombre magie de Drazahir. Nous ne ferions que provoquer plus de soucis qu'autre chose.... et si Maëvann et Draveÿn nous suivent à ce moment là....°

Il lut le regard inquiet de l'ex Seconde. Elle réfléchissait encore à la décision finale à prendre.

°Ton expérience quand à ce que tu as subi à cause de Drazahir sera utile pour Peddyr, Lordan. Si tu en ressens les effets encore maintenant, je présume que Peddyr devra les supporter encore longtemps...tes remèdes seront utiles°

Qui sait comment les effets glaciaux de leur temps de passage dans l'interstice se passerait pour Peddyr. Déjà que ses crises migraineuses frappaient quasi sans prévenir, alors à se sentir mordu par un froid résiduel de leur long séjour passé dans ces ténèbres infinis. Il ne put s'empêcher de frissonner. Il regarda ensuite Hanelvig qui se grattait dans son coin. Lepauvre saurien allait être mis à contribution alors que sa mue approchait.

°Apprendre ce qui se passe au Kaerl nous permettra de savoir comment vont les choses. Maëvann pourra mieux prendre sa décision. °

En effet, Maëvann avait fini par prendre une décision. Elle ne reviendrait pas immédiatement au Kaerl. Les évènements récents risquaient de mettre à mal son retour et de mettre son fils en danger. Son lié approuva la même chose, même si on ressentait pour lui le désir de revoir le Kaerl et ses frères draconiques. Sveargith fit part de sa décision.

°Peddyr et moi pourrons retourner au Kaerl quand il sera suffisamment en forme. Peut être que cela prendra quelques semaines, un mois... plus qui sait. Maëvann, Lordan, vous pourrez aussi longtemps que vous le désirez. Cela fera même du bien pour Peddyr. Vous avez pu voir qu'il réagissait mieux avec des personnes qu'il connaissait. Lordan, Hanelvig commence à avoir sa mue, je pense que pour certains endroits, il faudra l'aider, il aura du mal à se gratter partout....°

Son regard ambré se posa ensuite sur Peddyr, qui dormait. Son souffle lent et régulier indiquait qu'il était profondément endormi. Une bonne chose. Quand il sera au mieux de ses capacités, le Brun ne doutait pas qu'il tenterait de persuader Maëvann de venir avec eux. Mais l'ancienne seconde avait pris sa décision. Il la respecterait pour sa part.

Donc dès que Peddyr sera capable de reprendre la voie des airs sur son dos, et d'être assez fort pour supporter les nouvelles épreuves qui l'attendaient.... Il regarda à nouveau Lordan.

°Ne te mets pas en danger non plus. S'il faut que tu retournes au Kaerl quelques jours pour donner le change, n'hésites surtout pas. Et tu pourras entendre des informations supplémentaires là où les oreilles d'Hanelvig ne pourrait se trouver à ce moment là. Deux paires valent mieux qu'une....°

Ainsi débuta la lente convalescence de Peddyr, qui se retrouvait entouré de personnes de connaissance et de confiance....



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