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 [RP] Un poignard dans la nuit Sujet suivant
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Asshai Anara
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MessagePosté le: Sam 17 Jan 2015 - 20:07 Répondre en citantRevenir en haut

Gaïaku, fin du mois, après l'empreinte du Màr Listè.


La porte s'ouvrit dans un grincement lourd de fer et de bois, incongru dans le silence de cette fin d'après midi. Baigné par l'ombre du soir, le Weyr dans lequel Asshai pénétrait n'avait rien de commun avec celui d'Anaviel. Dans ceux des chevaliers, situés plus bas dans la montagne, la lumière ne circulait que difficilement, et l'espace était bien moindre que dans les appartements des maîtres.

On lui avait donné ce Weyr le lendemain même de son retour au Kaerl, le temps de démêler cette histoire d'empreinte. Elle n'avait pas eut l'occasion de revoir son maître depuis lors. Et à dire vrai, elle ne le souhaitait pas. Si la force de son nouveau lien avait réussi pendant un temps à chasser l'ombre de Drazahir en dehors de son esprit, celle ci avait finit par revenir coloniser petit à petit l'ensemble de ses souvenirs. Amunaptra n'avait put résister face aux sinistres souvenirs qui marquaient encore sa liée. Aussi s'était elle reclus, cherchant la solitude et l'ombre, le silence et le calme auprès de sa seule dragonne.

A peine s'était elle vu assigné son Weyr, que la toute jeune chevalière s'était empressé de rassembler les affaires qu'elle avait put emmagasiner dans la chambre personnelle des appartements de son Maitre pour la quitter au plus vite. Un garçon coursier, et elle s'était finalement retrouvée seule ici, sans même en toucher le moindre mot à Anaviel. Il avait toujours une oreille dissimulée derrière un mur, il comprendrait.

Alors qu'elle refermait la porte derrière elle, elle posa les yeux sur ce qui serait désormais « chez elle ». L'air était ici saturé de poussières, et on pouvait apercevoir ces fines particules danser à travers les rayons du soleil couchant, donnant à la semi pénombre qui régnait une vague forme de mystère. Il suffisait de savoir regarder pour comprendre... Là près du sol, l'empreinte encore visible d'un meuble qui avait été brièvement emmené. Encore – une étoffe grise de crasse, noire de sang séché roulé en boule dans un coin. A l'endroit même ou elle se trouvait, on pouvait encore voir le frottement du bois qui avait laissé des traces sur le sol, et le bois, plus lisse d'une partie de la porte indiquant que celle ci avait été changé...

Beaucoup de chevaliers étaient morts lors de l'attaque. Leur Weyr n'était pas restés longtemps inoccupés. Leurs familles avaient récupéré leur richesse, et les appartements revenaient aux nouveaux chevaliers telle qu'elle.
Ne restaient plus finalement qu'une large table, d'un bois si sombre qu'il en paraissait noire, trônant au milieux de la pièce principale, quelques chaises du même type, et un coffre, non loin de la cheminée grossièrement taillée dans la roche à l'instar des murs de pierres brutes, nus de toute décoration.

Sans mot dire, Asshai déposa ses maigres effets personnels avant de se diriger vers une autre porte attenante, donnant sur l'unique autre pièce de son Weyr : sa chambre. Un lit, de facture tout aussi grossière que le reste, et quelques couvertures mités.

*Alors c'est donc ici que nous allons devoir vivre...*

La voix glaciale d'Amunaptra raisonna dans son âme tel un reproche à peine couvert. Elle comprenait parfaitement ce que sa liée tentait de lui dire : Au Kaerl céleste, les spires étaient certainement autrement plus confortables que le mode de vie spartiate que le Kaerl réservait aux personne incapables de s'offrir leur propre confort.
Asshai n'y prêta pas garde, il lui avait fallut bien peu de temps pour se faire à la personnalité acide de sa liée. Un mince sourire étira ses lèvres comme chaque fois qu'elle voyait devant elle l'éclat sombre de ces écailles de jade.

« Peu spacieux mais fonctionnel. Et surtout tranquille. »


Feintant de ne pas se rappeler les terribles souvenirs que les quelques marques que l'ancien propriétaire avaient laissé ici dans la précipitations lui remémoraient, elle s’assit aux bords du lit.

« Il nous faudra des tapisseries. Des tapisseries de Ssyl'Shar, et des tapis fait à partir de la laine des prairies d'Oren. »

La futilité de ses mots lui parurent d'une rassurante dérision en comparaison de ce qu'avaient été ces derniers jours, et dans la noirceur de ses pensées, cela raviva en elle la petite flamme de la passion qui s'était depuis trop longtemps endormi.
Elle se releva d'un bond et regarda ces appartements d'un œil nouveau. Peut être avait elle vécu l'enfer... mais ici, d'ici elle pourrait établir ses nouveaux plans. Ici, elle était désormais chez elle, définitivement. Il n'était plus question de Kaerl céleste, elle pourrait s'établir avec son âme sœur et... Les pensées d'Amunaptra rattrapèrent les siennes.

*Très bien. Je te fais confiance.*


« Ici nous installerons un vaisselier ! Et je veux des vins ! Des vins d'Arsuh, des plaines du sud, et d'Undomë. Une bibliothèque, et auprès de la cheminé un bureau. Une armoire à compartiments secrets pour les dossiers les plus importants. »


Elle allait d'un endroit à un autre, se ravisant, établissant les plans précis de ce qu'elle désirait par dessus tout. Et la vérité se posait devant elle comme un fait, car il y a bien des années qu'elle n'avait plus ressentis cela. Asshai la sans patrie, exilée dans une famille qui n'était pas la sienne, perdue comme fille de couche dans d'obscurs quartiers, et conseillère d’alcôve pour une famille noble... Tout cela l'avait amené jusqu'ici, et à présent, elle était là, chez elle. Elle n'était plus servante, plus un parasite. Ici elle pourrait s'établir, et accomplir l’œuvre de sa vie.

S'arrêtant soudain, elle sentit le poids du regard de sa liée posée sur elle. Son excitation retomba soudainement. Elle voyait un peu plus claire maintenant.

« Tout cela grâce à toi... Que les dieux en soient remerciés... Je dois aller au sanctuaire de Flarmya ce soir. Viens. »



***


Même en ouvrant les yeux, la nuit n'était pas plus claire. Noir. Tout était noir. Elle pouvait presque entendre les battements du sang dans ses tympans. La sueur lui empoissait le dos et le front. Elle était froide... Encore...

*Il ne s'agissait que d'un mauvais rêves. Ne laisses pas ses souvenirs te dicter qui tu es. Il n'est plus.*


Drazahir... Cinq nuit. Cinq nuit au cour desquelles elle se réveillait toujours, saisie de terreur. Il lui semblait toujours qu'il était là, tout près d'elle, dissimulé dans le noir, à lui murmurer ses meurtres alors qu'elle dormait. Lorsqu'elle s’éveillait, elle croyait voir son regard, ses yeux sans vie, posés sur elle, la désignant comme la prochaine proie de sa folie. Elle n'osait même pas refermer les yeux, et tout les soirs, au moment de s'endormir, lui revenaient ces horribles images, le son de sa voix, les brides de ses souvenirs. Elle en était même venu à craindre les ombres et la nuit - son domaine autrefois. Auprès de son lit brulait désormais un brasero, censé repousser les images du mage noir qui se formaient dans la pénombre sous l'effet de son imagination.

*Il n'est plus. Regardes ta marque.*


Les mots d'Amunaptra raisonnaient dans son esprit comme une certitude. Une rassurante certitude. Elle leva la main, saisie sa lampe auprès de son chevet, et l'alluma d'un claquement de silex. La petit flamme orangée vacilla un instant avant de se stabiliser et d’émettre une faible lueur. Drazahir n'était pas là... Ce n'était que des rêves, digne d'une enfant.

Face à la lumière, elle observa ses avant bras. La marque avait diminué, en taille autant qu'en intensité. Petit à petit, elle virait à une couleur grisâtre, et son emprise se réduisait.

*Il te faut dormir.*


Ce n'était qu'en ces rares occasions qu'Amunaptra s'appliquait à employer ce ton maternelle qui lui allait pourtant si bien. La dragonne aux vertes écailles se rapprocha de sa liée pour venir déposer sa tête sur ses genoux. Elle aussi avait sentit ce rêve. Elle avait prit connaissance de ces souvenirs en même temps qu'Asshai. Elles affrontaient cela ensemble.

« J'ai besoin de m’aérer l'esprit. Je ne réussirais pas à dormir cette nuit.


Laissant la verte mettre pied à terre, elle se dirigea vers son coffre et noua prestement sa robe de chambre, d'un rouge sombre brodé de flammes cramoisies. Que ferait elle ? Prier ? Elle s'y adonnait tout les jours, à l'aube et au crépuscule, plusieurs minutes durant, mais jusqu'alors ses prières restaient sans réponse. L'idée de venir chercher l'aide d'Anaviel lui traversa un instant l'esprit, mais elle se ravisa rapidement. L'elfe n'aurait rien d'autre à lui offrir que son mépris. Non... elle devait occuper son esprit bouillonnant. Mettre toute sa concentration au service d'une œuvre où elle pourrait s’investir tout entière.

*Rendons nous à la scrinia de ton ancien maître. Les archives ont encore grandement besoin de ton aide pour leur remise en ordre...*


« Brillant. Penses tu réellement que les rapports nécrologiques et les testaments qui ont afflué en masse ces dernières semaines puissent m'aider ? »


La remarque était cinglante et ne laissait aucun doute quant à l'agacement qui tiraillait la fëalocë. Seule personne face à laquelle elle ne pouvait ni mentir ni se dissimuler, Amunaptra avait vite apprit à essuyer les rages si savamment contenue de son âme sœur.

*Sois plus forte, et tu n'auras plus à te plaindre de mes conseils. Ta faiblesse est une bâtardise suffisante sans que tu es besoin d'y ajouter la susceptibilité.*


Une vague d'indignation submergea la toute jeune chevalière, dardant son regard à la pâleur plus effroyable encore que d'ordinaire sur sa liée. Les muscles de son cou s'étaient tendus subitement, son sourire s'était figé sur son visage de marbre. Les affres du sommeil disparurent un instant alors qu'elle se retenait à grand peine de la rouer de coups !

*Parfait... je te préfère comme ça ma douce. A présent je vois ta force...*


Asshai resta un instant pantoise face à la remarque, mais alors que les yeux d'un jaune diminué de sa liée mutèrent en un vert palpitant, elle sentit toute cette colère lui filer entre les doigts telle la fumée se dissipant dans l'air. Elle cherchait toujours à la provoquer, à la pousser à bout, persuadée que seule cette colère pouvait chez elle véhiculer la force nécessaire dont elle avait besoin. Asshai ignorait encore si telle était là la bonne solution, mais il lui était toujours difficile de ne pas revenir vers elle. Peut être l'aurait elle haït si il ne s'était agit de sa liée...

*A présent laisse moi te parler sans détour. Tu t'es toujours relevé après avoir chuté. Toujours plus haut que la fois précédente. Réfléchis.*


L'idée lui était simplement soufflé, mais la barrière qui séparait l'esprit de sa liée du sien était par instant trop mince pour que l'une et l'autre puissent dissimuler leur véritables pensées. Elle se revoyait à présent aux bains auprès d'Alauwyr. Elle revoyait Martel au sein du Mahalma, profitant du chaos pour s'approprier le pouvoir.

« Qahra... »

Sans plus y réfléchir, elle saisie sa cape à la volé, la jeta sur ses épaules, glissant à l'intérieur plumes et parchemins, et sans plus attendre, suivie de près par sa liée, elle quitta son Weyr pour l'observatoire.

La décision était faible. Prise dans un moment de certitude, de force, offert par une colère aussi soudaine qu’éphémère. Maintenant la colère avait disparu et ne subsistait plus que le doute. Armée de sa seule lampe dont la flamme fébrile repoussait difficilement la noirceur de la nuit, elle arpentait les couloirs de la grande tour d’obsidienne, cherchant à se concentrer sur Qahra, alors que son esprit lui, dérivait de lui même à la première occasion.

Il était plus facile d'oublier; le jour, lorsque vous étiez entouré d'une dizaine de personnes aux visages connus, lorsque chacun vaquait à ses occupations quotidiennes comme dans un simulacre de normalité. Mais la nuit était le moment des démons. Lorsque le soleil se couchait, vous étiez seule face à vous même, et face à vos peurs. Elle cherchait à l'oublier, mais la vérité était qu'elle n'oubliait pas.

Ici elle revoyait ce mort qui l'avait poursuivi. Elle revoyait Ruri. Ruri qui avait disparu. Ruri qui lui avait semblé annoncer la fin de Tol Orea, elle qui avait quitté le navire. Puis elle se rappelait le manoir. Drazahir. Ses souvenirs. Et tout reprenait, les images, les morts, l'abomination et la peur. Le cercle infernale qui jamais n'aurait de fin.

Amunaptra à ses cotés, elle cherchait à éprouver les ombres. Non... Drazahir n'était plus, les morts n'étaient que des souvenirs. Qu'en savaient elles ? Ne pouvaient ils pas être là, tapis derrière les étagères, prêts à surgir à l'approche du moindre vivant. Non, il ne fallait pas y penser... C'était finit à présent. Une poutre craqua. Elle fit volte face … pour ne voir que les ombres. C'était fini. Fini. Les morts avaient reprit leur place sous terre à présent. Leur odeur avait disparu du Kaerl. La magie du mage noir avait disparu elle aussi.

*STOP !*

Sous la violence de interpellation Asshai sentit sa lampe se dérober sous ses doigts l'espace d'une seconde. Elle jeta la lumière tout autour d'elle, mais il n'y avait personne sinon Amunaptra.

*Quoi ? Qu'y a-t-il ?*


*Un doué.*

*Évidemment nous sommes au Kaerl.*


*Non, un doué dans l'observatoire. Il n'y en a pas d'autres.*


*Un conservateur surement. Ou peu importe qui. Un peu de compagnie ne pourrait pas nous faire de mal n'est ce pas ?*


*Ouh... Ma douce liée souhaiterait elle me prouver son courage ? *


*Je crains les morts pas les vivants. Où est il donc ton doué ?*


*Avance, un peu plus loin à droite.*


Elle s’exécuta sans mot dire. La perspective d'une autre présence raisonnait comme une libération à ses oreilles. Elle avança plus prestement. La compagnie des autres lui assurait comme un étrange soutient depuis les événements du manoir. Comme si voir ceux qu'elle se plaisait à considérer comme des êtres inférieurs à sa personne suffisait à la soulager, à la conforter dans cette force qu'elle avait toujours cru être sienne.

Elle longea les rayons silencieusement, mais alors qu'elle bifurquait à l'endroit annoncé, ses yeux ne distinguait que la masse des ténèbres.

*Là près du mur.*


Sa lampe au devant, il ne lui avait suffit que de quelques pas pour se retrouver face à cette masse humaine, assoupie là sur une table. Elle braqua la lumière sur le visage d'une jeune fille aux traits presque angéliques. Elle ne devait pas avoir plus de 20 printemps... presque une enfant, surement une aspirante. Ses cheveux cuivrés laissaient présager une Fëalocë. En la voyant assise, endormie dans un coin oublié de l'observatoire, Asshai ne put retenir un petit rire.

« Et bien, et bien... Aurions nous trop tardé dans nos révisions ? »


Dernière édition par Asshai Anara le Mar 17 Mar 2015 - 23:49; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 17 Jan 2015 - 20:07 Revenir en haut

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Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Mer 21 Jan 2015 - 21:46 Répondre en citantRevenir en haut

La journée avait été particulièrement longue et douloureuse. Elle s’était levée aux aurores, comme chaque nuit où elle ne retrouvait pas son lit, pour éviter de se faire mettre dehors. Mais peut-être que cette fois elle aurait dû partager ma chambre de ses coaspirantes. Mais elle ne supportait pas de les entendre parler de la pluie et du beau temps, de leur entraînement martial ou des coups qu'elles avaient pris pendant celui-ci. Elle ne supportait pas non plus autre chose. Depuis son retour plus ou moins mouvementé des sables chauds du Ssyl-shar, sur toutes les lèvres et dans quasiment toutes les conversations on pouvait entendre les exclamations que deux des leurs soient revenus liés à des dragons d'une reine dorée. Quel était le scandale là-dedans ? En quoi la couleur de la mère était elle importante ? Un dragon restait un dragon, peu importait son Kaerl d'appartenance. De plus, si elle avait bien tout suivi, c'était des âmes sœurs. Leur cœur était donc finalement au Màr Tàralörm puisque leur bipède y était. Et de ce qu'elle avait vu comprendre en plus, la dragonne n'était pas n'importe qui à la base. Mais peu importait la Fëalocë. Tout ce qu'elle voyait elle c'était que son voyage s’était soldé par un échec cuisant et que depuis sa vie était un véritable enfer sur terre. Passé le savon de son maître et la froideur de Thémos, celui-ci s’était mis en tête de ne plus la quitter des yeux une seule seconde. Elle sentait régulièrement son ombre derrière lui, elle sentait ses pensées effleurer les siennes. C'était devenu infernal. Elle devait constamment jongler entre lui, les taches qu'elle devait faire et son entraînement secret. Cela ne faisait que quelques jours, même pas un mois, mais elle n'en pouvait déjà plus et l'épuisement pouvait se lire sur son visage.

Ses leçons de l'esprit ne menaient à rien, elle n'arrivait pas à se concentrer, elle entendait en permanence les piaillements des autres, même lorsqu'ils n'étaient pas là, et ça la rendait folle.

Ce matin-là donc, elle se réveilla avec le premier rayon du soleil et s'échappa quelque temps afin de faire un brin de toilette. D'autre eurent la même idée et ce n'est pas seul qu'elle pu se rafraîchir, mais en compagnie de jeune fille qu'elle entendait murmurer dans son dos. Des rumeurs sur sa présence sur les sables et son échec semblaient commencer à se propager. C'était fâcheux. D'autant que ses colocataires de dortoir murmuraient déjà des choses sur elle, du fait de son absence quasi permanente. Elle se rhabille rapidement, leur tournant le dos, silencieuse comme une tombe et regagna la tour dans l'idée de se restaurer avec ce qui se trouvait dans sa sacoche. Malheureusement, lorsqu'enfin elle atteignit ses affaires, ce fut pour surprendre un dragon fée le nez dans son sac, chipant ce qui était comestible. Avant qu'elle n'ait eu le temps de le rattraper il disparut de sa vue et elle n'entendit qu'un petit bruissement d'ailles à côté de son oreille, indiquant qu'il était probablement parti. Un soupir s'échappa de ses lèvres et elle opta pour un jeûne matinal afin de ne pas avoir à bouger pour le moment.

Midi arriva et son estomac lui fit comprendre qu'il était temps de manger. Mais pour ça, elle devait sortir de l'observatoire pour rejoindre le réfectoire. Elle y alla à contrecœur et s'assit pour manger silencieusement alors qu'elle entendait autour d'elle qu'une prêtresse de Gaia n'avait rien à faire ici... Ignorant superbement les remarques et après avoir avalé ce qui constituerait peut être son seul repas complet de la journée, elle enfourna du pain et des fruits dans son sac puis partit pour un entraînement martial solitaire. C'était son point faible, il fallait qu'elle se montre un peu plus compétente dans ce domaine. L'entaille qu'elle se fit à la cuisse confirma que ce n'était vraiment pas son truc et c'est fatigué par cette journée poisseuse qu'elle regagna l'observatoire à la tombée de la nuit, épuisé. Pourtant ce n'était pas fini. Elle croqua dans un quignon, avala deux grains de raisin et, lorsque la lune fut suffisamment haute et qu'il ne restait plus que des ombres entre les rayonnages, elle rejoignit son second maître pour sa leçon.

Mais là encore, rien ne se passa comme elle l'aurait voulu. Le cerveau trop fatigué et embrumé par cette journée sans fin, elle n'arriva à rien, perdant vite patience, un violent mal de crâne la saisissant au bout d'un moment.
Elle n'en pouvait plus et se fit congédier avec pour ordre de se reposer plus que ça, sinon son esprit ne serait jamais prêt.

Se traînant jusqu'à ses affaires, elle s'assit et s'effondra d'épuisement sur sa table, espérant que demain serait mieux.

--><--

Le matin arriva trop vite à son goût et la lumière la réveilla autant que la voix. Se redressant en sursautant, elle retint un geste vers son poignard, toujours accroché quelque part sur elle. La lumière aveuglante pour ses yeux endormis lui indiqua que non, ce n'était pas le matin... Elle venait de se faire prendre... Mais par qui ?

Clignant des yeux en les levant un peu, elle eut une expression de surprise sur le visage.

- Vous... Souffla-t-elle doucement en fermant son esprit. Elle connaissait cette jeune femme, elle l'avait vu lors de l'empreinte étrange dans le désert. Elle s’était liée avec une dragonne verte qui ne devait surement pas... Elle était bien là... D'ailleurs, elle l'avait aussi vu régulièrement ici, en train de ranger des choses diverses et variées. Elle savait qu'elle était là, avant, car son ancien Maitre était le conservateur. Mais maintenant ?

- Je suis désolé, inventa-t-elle sur l'instant, dissimulant ses pensées à la jeune dragonne. J'ai été prise dans l'étude d'un ouvrage intéressant et je n'ai pas vu le temps passer. Je devrais m'y remettre, dit-elle en allumant la bougie qui lui servait de lanterne. La chevalière, dont elle ne pouvait ignorer le nom, n'était pas archiviste et ne pouvait donc pas la mettre dehors.

Elle passa une main sur son visage, essayant de chasser les traces de sommeil, mais aussi de contenir la douleur qui ne la quittait pas depuis la fin de sa leçon, lancinant sa tête et pulsant à ses tempes. Il fallait que cette jeune femme s'en aille...



Asshai Anara
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MessagePosté le: Sam 21 Fév 2015 - 01:57 Répondre en citantRevenir en haut




La pénombre qui, il y a un instant encore, étendait son noir manteau tant sur les lieux que sur le cœur d'Asshai, se dissipa quelque peu face à la jeune aspirante qui semblait partager le sang de sa race. Une jeune femme aux cheveux de feux, ces cheveux qu'elle possédait elle même. Sa peau était pâle, ses lèvres sanglantes, et malgré les marques de fatigues qui semblaient s'être imprimées sur son visage, il aurait fallut être aveugle pour ne pas remarquer qu'elle était belle.
Cela plaisait à Asshai, elle appréciait ces jeunes jouvencelles, encore fraîches et douces comme les matinées d'hiver... Elles étaient souvent aux yeux des autres d'innocentes victimes, de charmantes enfants qui jamais n’éveillaient le soupçon. Elle avait été l'une de celles là quelques années auparavant, mais le temps faisant son œuvre, elle avait dut trouver bien d'autres atouts pour parvenir à ses fins à présent. Cependant une rencontre telle qu'elle se présentait ce soir là ne pouvait la laisser indifférente, jamais elle n'avait écarté les occasions que la providence pouvait lui offrir...

Sans se départir de son sourire amicale, elle se pencha un peu plus pour observer la jeune femme. Elle qui pouvait se féliciter de reconnaître bon nombre d'aspirants, de chevaliers et de maitres au Kaerl... Elle devait avouer que concernant celle ci, son nom lui était inconnu. Une pointe d'agacement perça au fond de son esprit, dont Amunaptra se fit l'écho, mais qui très vite sut se faire apprivoiser. L'épuisement jouait en sa défaveur, elle était trop éreintée à présent pour laisser son énergie se consumer.
Qui plus est, elle était parfaitement consciente que l'attaque de Drazahir ne lui avait laissé que bien peu de temps pour s'adonner à ses jeux de recherches favoris ; intrigues et faux semblant... La jeune femme devait donc être arrivé le mois dernier, sans qu'Asshai n'en sache rien. Peut être l'avait elle déjà croisé ici, cela n'avait rien d'impossible, mais depuis quelques temps la fatigue la plongeait toute entière dans une brume opaque dont elle n'arrivait qu'en de trop rares occasions à se défaire.

Qu'à cela ne tienne, il n'était jamais trop tard pour renouer avec ses anciennes pratiques, voilà trop longtemps désormais qu'elle restait focalisé sur les derniers événements. Si elle souhaitait d'une façon ou d'une autre passer outre et allait de l'avant, elle devait rétablir ce rôle tacite dont elle aimait se faire la maitresse.

*Laisses là donc à ses livres, nous étions venues pour Qahra !*


*Serais tu donc si pressée ma douce ? Il faut savoir prendre les opportunités lorsqu'elles se présentent à nous... Ne crois tu pas ?*

*Alors fais valoir ton statut de seconde main d'Anaviel pour la menacer de la mettre dehors? Juste pour voir sa réaction...*


Sans prêter attention aux paroles de sa dragonne, la jeune chevalière tira une chaise à elle et vint s'asseoir face à sa sœur fëalocë. Une expression rassurante ornait son visage délicat, tandis que son regard lunaire errait sur les pages de parchemins étalées là devant elle, afin de réussir à en percer le sens.

Pourquoi donc fallait il toujours qu'elle s'arrête auprès de chacun ? Ne pouvait elle donc pas passer son chemin comme tous les autres pouvaient le faire ? La verte fulminait d'impatience, goutant avec modération à la perspective de jouer les aides d'un soir auprès d'une aspirante renfrognée. Et pourtant elle comprenait... Aller au devant de cette personne, c'était accéder à l'innocence d'une âme encore préservée des horreurs de l'Ombremage. C'était fuir face à Drazahir. C'était récupérer un peu de sa puissance.

« Ne vous excusez pas, il n'y a aucune offense. Peut être même pourrais je vous aider... ? Chevalière Asshai Anara, je travail ici, une partie de la documentation du conservateur passe entre mes mains. Vous comprenez bien qu'il me serait facile de vous procurer les ouvrages que vous pourriez rechercher ! Puis je me permettre de vous demander votre sujet ? Simple curiosité d'amatrice... »

Amunaptra qui ne réussissait à faire taire son impatience, se contenta de venir s'allonger paisiblement aux pieds de sa liés, et, comme à son habitude, déposer sa tête tout contre ses genoux.

*Comment donc peux tu espérer que cette jeune fille puisse te croire ?*


*Ne sous estime pas mes mots, elle me croira, ils me croient tous...*


Et elle le croyait. Dans la semi pénombre des lieux, les yeux de la dragonelle brillèrent d'un léger éclat verdâtre. Quelque chose s'oppérait chez sa liée. Quelque chose qu'elle n'avait put qu'entrapercevoir jusqu'alors. C'était une force inconnue mais faible, très faible, à peine perceptible, pas plus visible que l'ondoiement délicat de l'eau... Mais elle pouvait la ressentir...
Manea de Cléonor
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MessagePosté le: Jeu 16 Avr 2015 - 22:40 Répondre en citantRevenir en haut

La chance... La chance ne l'avait quitté que rarement. Quelques choses, ou quelqu'un, ou juste le hasard, faisait qu'en règle générale elle avait de la chance, peut-être pour contrebalancer quelque chose. Sinon elle serait probablement morte de froid, de faim, pendue ou enfermée au fond d'un cachot. Mais non, elle était toujours là et là où elle voulait être. Pourtant, cette chance si précieuse semblait lui faire faux bond de plus en plus. L'empreinte échouée dans les sables, le serment de son Maître sur son petit espionnage (c'était tout de même un comble), et maintenant ça. Outre le fait qu'elle s’était fait surprendre en train de dormir dans la bibliothèque, ce qu'elle avait plus ou moins anticipé un jour, l'importune ne semblait pas vouloir partir rapidement et là était tout le problème. Elle n'avait clairement pas la tête à une conversation où elle devrait inventer quelque chose de crédible. Car même si le mensonge était sa seconde nature, à cet instant elle espérait simplement rester seule. Elle se connaissait, elle savait... La marque sur sa main, cicatrice régulièrement rouverte, pouvait en témoigner. Il fallait qu'elle garde son calme.

En voyant la chevalière s'asseoir, elle fit de même, rangeant doucement ses papiers sur lesquelles des inscriptions plus ou moins compréhensibles étaient visibles. Ce n'était pas une écriture classique en tout cas.

- Je suis Néa, aspirante de Maitre Garaldhorf. Dit elle en tapotant sur sa pile pour la mettre bien droite. Se concentrer sur des gestes banals. Ne pas la regarder, se concentrer.

- Merci, c'est bien aimable à vous, mais j'ai déjà trouvé les ouvrages dont j'avais besoin pour ce soir. Et je ne voudrais pas user de votre temps non plus.

Son regard glissa vers la tâche verte au sol. La lueur des lampes permettait à peine de la voir, mais elle était toujours là. Pourquoi cette Fëalocë avait eu une dragonne et pas elle. Qu'avait-elle de différent ? Ce n'était pas juste. Elle avait enduré probablement plus que la femme en face d'elle pour arriver ici.... Non, elle ne devait pas penser ainsi. Elle ne connaissait pas le passé de la chevalière. Mais la douleur... Fermer son esprit avec les tambours battants à chaque recoin était une des tâches les plus difficiles qu'elle ait accomplies depuis son arrivée dans la cité. Elle avait mal....

Elle ferma doucement le poing et appuya sur la blessure. Inspirer, expirer. Pourquoi restait-elle ? Que voulait-elle à cette heure si de la nuit. Pourquoi cette question. Était-elle envoyée par son Maitre pour l'espionner ? C'était possible oui...

Elle repassa sa main sur le visage. Non, elle ne mentait pas. Pourquoi mentirait-elle ? Elle était l'aspirante de l'archiviste, les livres devaient forcément l'intéresser.
La jeune femme secoua un peu la tête. C'était brouillé dans son esprit. Elle devait se méfier, toujours se méfier. Mais quelques choses lui plaisaient dans cette femme. Elle était attirante à bien des égards.

- Les runes. Lâcha-t-elle sans vraiment y réfléchir. Elle redressa le livre pour montrer le titre : « Runes, savoir oublié », Mais qu’est-ce qu’elle faisait. Il fallait qu’elle parte. Mais elle était bien ici. Non, il fallait qu’elle parte, elle avait mal à la tête. Mais pourquoi partir ? Il n’y avait aucun danger ici, elle pouvait très bien rester. Elle appuya une nouvelle fois sur sa main, souriant doucement à la dame.

- Vous veniez ici pour une recherche particulière ? Il est très tard il me semble, j’avoue que je n’ai pas l’habitude de voir du monde ici à cette heure-là. Elle venait vraiment de dire qu’elle était là régulièrement la nuit. Ce sentiment… Cette sensation, ça allait, venait. Elle ne connaissait pas, elle se sentait bien, ce n’était pas normal, ça la perturbait trop. Elle se leva doucement, mettant un peu de sang sur la table sans s’en rendre compte, s'étant rouvert la main.

- Je crois que je vais aller me coucher, je ne veux pas vous importuner de trop. Elle ramassa le lourd volume qu’elle étudiait et alla vers les rayons pour le ranger, évitant largement la petite dragonne verte. Ne pas relâcher son attention…



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