Playlist Tol Orëanéene Carte du Monde Index du Forum
Connexion •  Se connecter pour vérifier ses messages privés •  S’enregistrer
 
 [RP] L'heure des comptes Sujet suivant
Sujet précédent
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
Auteur Message
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Sam 6 Déc 2014 - 11:50 Répondre en citantRevenir en haut

* Début Flarmyaku 918 *


Ñiniel avait laissé Meccaya à l'infirmerie. Plus aucun mot ne s'était échangé entre les deux Célestes depuis leur "sauvetage" des ruines des Archives.

L'Ondine bouillait à l'intérieur mais ne pouvait faire part de son désarroi. Alors elle serrait les poings en même temps que les mâchoires. Son regard bleu cristallin s'était encore un peu endurci et devenait chaque jour un peu plus cinglant. Elle souriait moins aussi, et tous ces soucis qu'elle abhorrait devenaient maintenant siens. Ñiniel le savait depuis quelques temps déjà, mais elle devait se rendre à l'évidence: elle n'était plus la même qu'à son arrivée au Kaerl Céleste.

Son pas se faisait plus affirmé tandis qu'elle marchait rapidement en direction de l'Infirmerie. La délicate rencontre avec le Neishan n'occultait absolument plus son esprit. Elle ne pensait plus qu'à Vahi qu'elle avait laissée seule et qu'elle brûlait maintenant de retrouver. Mais l'Ondine ne pouvait rien dire et laisser paraître; surtout pas auprès de lui! Tout au plus avait-elle le pas pressé et s'enquérait de temps en temps de voir s'il la suivait toujours. Ces minutes parurent interminables à la jeune Chevalière qui se retenait de toutes ses forces de se mettre à courir pour rejoindre sa Liée.

Elle arriva enfin devant l'Infirmerie. Alors Ñiniel s'arrêta et marmonna un "C'est ici....soigne ton bras et repose-toi. Tu rejoindras ta loge dès demain. Adieu!" sans demander son reste ni attendre une quelconque réponse.

Elle se mît alors à courir jusqu'à en perdre haleine. Heureusement que cela ne lui avait pas prolongé le chemin de sa destination, et il ne lui faudrait plus très longtemps pour parvenir jusqu'à sa loge. Ses nouvelles bottes en cuir, enserrant sa toge au niveau de ses jambes, démontrèrent leur utilité à une jeune Chevalière dont l'agilité n'était plus à prouver.

Le cœur de l'Ondine bondissait jusque dans son ventre, cognant ses tympans de ses lourds battements. Ñiniel culpabilisait d'avoir fait l'énorme erreur de laisser Vahi'Nearii seule cette Nuit. Elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'elle n'aurait pas du; la rencontre aurait été inéluctable, mais elle aurait été là pour intervenir immédiatement. Elle s'y était préparée, elle aurait dû attendre avec sa Liée. Tout en tentant de se résonner, elle essayait de garder le contact avec Vahi, mais c'était une concentration difficile à atteindre en plein effort. La petite Liée est encore jeune, la jeune Chevalière manque d'entraînement, toutes deux doivent apprendre seules à s'apprivoiser, et cela n'a rien d'aisé.

"Vahi! Qui est avec toi? Tout va bien?!"

Elle dut s'y reprendre à plusieurs reprises avant d'obtenir une réponse. Dans les pénombres elle courait toujours à folle allure au risque de se faire mal contre un mur ou un passant tandis qu'elle détachait sa concentration sur la course pour tenter d'atteindre sa Liée. Enfin elle parvint à entendre quelque chose.

"Ça va...mais on va avoir des problèmes..."

Vahi'Nearii semblait plus contrariée que terrorisée, ce que rassura aussitôt la Chevalière Céleste qui pût se re-concentrer pleinement sur sa destination et le moyen d'y parvenir. À vrai dire, Ñiniel ne doutait que peu de l'identité de ces visiteurs. Elle ne savait plus si elle courrait parce qu'elle était inquiète pour sa Liée, ou parce qu'elle avait hâte d'affronter ce moment attendu et d'enfin pouvoir faire ce qu'elle aurait dû faire depuis le début: dire la vérité.

Il n'était pourtant plus l'heure de vérité, celle-ci ayant éclatée au grand jour à l'instant même où Vahi'Nearii l'appela au secours. Maintenant il fallait passer aux explications, et Ñiniel, si elle savait qu'elle devrait en fournir, n'espérait pas moins en recevoir en retour. Elle n'avait jusque là pas osé en poser afin de l'épargner, mais c'était différent tout d'un coup : le moment était venu de tout dire et de tout entendre.
Son état d'esprit était confus car elle ne savait absolument pas quelle serait la réaction de ses visiteurs nocturnes: l'écouteraient-elle? L'Ondine avait-elle seulement la légitimité de se faire entendre auprès d'Elles? Elle savait qu’elle bouleverserait celle qui lui avait accordé sa confiance. Comprendrait-elle seulement son hésitation de lui dire ce qui s’était passé ?

Arrivée aux pieds des Spires, elle s'arrêta un instant et regarda l'un des hautes tours, comme pour mieux jauger ce dernier effort qu'il lui fallait faire. Elle reprit de plus belle et monta quatre à quatre les marches de marbre tout en n'accordant que peu d'importance à la discrétion qui était de mise en une heure si tardive.

"Vahi, j'arrive! Je serai bientôt là!"

Mais la petite Liée ne répondait pas. C'était un silence inquiétant qui accompagnait Ñiniel dans ses pas. Inquiétant car lourd à porter; empli de culpabilité et de reproches, d'inexpérience et d'immaturité. C'était le silence de la petite Dragonne, mais aussi celui de tous les autres. Cela aurait pu être différent : cela aurait pu ne pas avoir lieu. Il était maintenant trop tard et il allait falloir faire face à ce qu'elle avait causé...

Plus que quelques mètres, et elle serait arrivée. Qu'espérait-elle de cette confrontation? De l'empathie, de la compréhension? De l'écoute et du respect de son choix? Le ralliement à sa cause? Peut-être espérait-elle trop. Elle s'imaginait pourtant se faire accabler de reproches pour la bêtise inconsciente qu'elle avait commise en se liant dans le plus grand secret, sans l'en avoir avisée, ELLE! Que pourrait-elle répondre à cette accusation tranchante et sans appel? Elle savait déjà qu'elle verrait ses espoirs déçus et qu'elle ne devait pas pénétrer dans cette loge avec de telles ambitions. Elle devait ne rien attendre, tout simplement....mais était-ce aussi simple?
Enfin, la porte s'offrit à son regard: elle était grande ouverte, laissant s'échapper un flot de lumière dans l'obscurité du couloir. Elle tentait de se répéter qu'elle ne devait rien attendre, qu'elle ne devait surtout rien attendre. L'Ondine crut ne jamais parvenir à s'arrêter dans sa course.

Essoufflée, elle s'arrêta contre la porte et tourna la tête. Il n'y en avait qu'une. Peut-être celle des deux qui serait la moins furieuse; paradoxalement, c'est aussi la déception de ne pas voir la seconde pour lui expliquer de vive voix de quoi il retournait. C'est à cet instant que Ñiniel sut qu'elle avait échoué : de l'attente naît la déception...elle n'avait pas réussi à chasser ses espoirs.
Vahi'Nearii s'avança alors jusqu'au niveau de ses pieds et sans lui jeter un regard, bomba le dos face à cette inconnue. Elle ne grognait pas ni ne montrait les crocs: Vahi'Nearii ne se sentait pas menacée mais n'était pour autant pas rassurée. Près de sa Liée, elle afficha son soutien sans faille, ce qui emplit le cœur de l'Ondine d'amour et de courage pour sa petite Reine Dorée. D'une caresse de la main, elle fit comprendre à Vahi'Nearii qu'elle n'avait rien à craindre de elle qui se tenait devant elles. La belle Dame aux yeux qui ne pouvaient tromper sa nature se tenait là, fière et patience. Point de haine dans son regard : comment cela serait-il d’ailleurs possible de la part d’un tel être?

Si leurs opinions pouvaient diverger, Ñiniel était une personne fidèle, et la reconnaissance et la foi qu'elle avait pour ces deux belles personnes ne saurait être ébranlée pour des divergences d'opinion...politiques qui plus est! Elle avait pour elle ainsi que pour sa Liée le plus grand des respects, et celui-ci jamais ne sera mis à l’épreuve, elle était au moins certaine de cela. Peut-être d’ailleurs trouverait-elle les mots pour parler à sa Liée ; elle serait sans doute la mieux placée pour un tel devoir.

Elle lança un regard soutenu envers son interlocutrice tandis qu'elle reprenait son souffle et passa la main sur son front ruisselant. Enfin elle s'avança lentement vers elle, sans dire un mot. Elle n'était pas sûre de devoir être la première à devoir engager cette discussion...

« Vraël… »

Toute son assurance s’envola l’instant même où elle prononça son nom. Le regard et la voix se firent suppliants et désolés. Toutes ses certitudes disparurent : savait-elle seulement si elle avait choisi son camp ?

« Comment pouvais-je lui dire ? Vahi’Nearii est la preuve même du retour qu’elle redoutait tant…et c’est moi, son Aspirante qui en est l’instrument ! »




Publicité





MessagePosté le: Sam 6 Déc 2014 - 11:50 Revenir en haut

PublicitéSupprimer les publicités ?
Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 14 Déc 2014 - 00:40 Répondre en citantRevenir en haut



Dans l’obscurité de la chambre, une femme aux longs cheveux bleu-noir contemplait silencieusement sa Liée endormie. Un sommeil profond apaisait les traits de la sang-mêlée enfouie sous les draps. Son front lissé de toute inquiétude, ses paupières frémissant sous l’assaut d’un rêve, Persée-Morian Garaldhorf paraissait soudain son âge. Débarrassée de l’aura de commandement que lui procurait la charge d’Ancalikon, elle ressemblait à n’importe quelle jeune femme d’à peine 21 ans, vivant dans une citadelle dorée et rêvant d’aventures aux quatre coins du monde. Ou presque.

Vraël se détourna de cette vision avec regret. Contempler Persée endormie lui mettait du baume au cœur. Avec la fin de la guerre contre l’Ombremage, la Bleue ressentait un intense besoin affectif. Si elle l’avait pu, elle aurait restauré elle-même la paix, les lois et donné son pardon aux renégats. Elle aurait souhaité pouvoir panser les plaies de tous, ouvrir de nouveau le Kaerl vers un avenir radieux. Mais on ne pouvait pas vivre avec seulement des rêves. Il fallait faire en sorte qu’ils deviennent vrais. Vraël n’était qu’une dragonne, après tout, une Bleue qui avait choisie l’âme marquée par l’Oracle plutôt que de mourir seule sur les sables blonds de son propre Màr. Chaque jour, malgré les erreurs passées, les souffrances causées et les épreuves, elle remerciait Flarmya de lui avoir offert la chance de croiser la route de Persée. Son Âme Sœur n’était jamais apparue. Par la grâce de Flarmya – et les caprices passés du Dragon Primordial du Mont Gérikor -, elle pouvait appeler cette jeune femme endormie sa Liée.

Depuis le large balcon, en équilibre au-dessus du vide, Vraël déploya ses ailes. Elle descendit en spirales autour des Spires, trop vivement pour ne pas accrocher la lueur des lunes jumelles. Le couvre-feu ne l’effrayait pas. Elle pouvait se permettre de rares incartades à la loi martiale. Après tout, elle était liée à l’Ancalikon du Màr Menel. Ses serres s’arrimèrent à un autre balcon avec toute la délicatesse possible pour une créature de sa taille. Une vive lumière blanche l’environna tandis que la métamorphose s’opérait. A mi-chemin de la transformation, elle sauta sur le balcon du dessous, plus étroit, afin de se retrouver devant la fenêtre de quelqu’un en particulier. Enfin devenue une Ondine eux cheveux sombres, à la peau claire et aux yeux d’argent, lesquels s’ornaient d’un petit tatouage turquoise au niveau des pommettes, elle épousseta sa robe de gaze et poussa doucement les battants de la fenêtre. Elle se glissa à l’intérieur de la paisible chambre en espérant de pas effrayer qui que ce soit. Il ne s’agissait pas de prendre par surprise. Ni de réclamer des comptes. Une visite nocturne s’avérait plus discrète – et surtout plus en accord avec l’emploi du temps chargé de sa Liée -.

- Ñiniel Iserimir ? C’est moi, Vraël. Pardonne mon intrusion à cette heure tardive. J’espérais pouvoir te parler. Nous n’avons pas pu nous revoir depuis ton retour de la quête.

Elle s’avança prudemment dans la pièce. Ses yeux s’habituaient peu à peu à la faible luminosité. L’argenté de son regard se mua peu à peu en une couleur opaline, nuancée d’un jaune inquiet, tandis qu’elle cherchait à distinguer la nouvelle Chevalière.

- Ñiniel Iserimir ? Es-tu là ?

Il y eut un bref froissement de soie et de cuir. Un cliquetis presque métallique. Une respiration qui prenait de l’ampleur. Vraël sentait qu’il y avait bel et bien quelqu’un dans cette chambre. Pourquoi Ñiniel essayait-elle de se cacher ? Avait-elle peur ? Avait-elle honte ? Elle ne comprenait pas…

… Jusque ses yeux tombent sur un rayon lunaire, transperçant les vitres, pour venir éclairer une forme écailleuse. Droit devant elle se tenait la fameuse dragonnelle, issue d’une couvée sauvage, qui s’était miraculeusement liée à l’Aspirante de Persée peu après la quête. Vraël aurait dû se réjouir. Ce qu’elle voyait avait de quoi rendre heureux. Cependant, cela signifiait également tellement plus. Trop de questions enflaient soudain dans l’esprit de la Bleue. Les événements s’enchaînaient. Elle comprit avant même de parfaitement distinguer la dragonne silencieuse.

- Tu es la fille de Rintrah et Seldryn.

Il n’y avait aucun reproche, aucune animosité, ni même du regret dans ces mots. C’était un fait exposé, criant de vérité. Une myriade d’émotions traversa les prunelles de la dragonne métamorphosée. De la peur, de la joie, de la curiosité, de la colère. La présence de la dragonnelle, fille de la Reine en fuite avec sa Liée, l’ancienne Dame du Kaerl, au sein de la citadelle aérienne bouleversait la donne. Cela signifiait que, bientôt, tout Tol Orëa saurait que les monstrueuses Noces Pourpres n’avaient jamais été qu’une vaste mascarade. Un coup monté pour que le Chevalier Zackheim de Galastden, dit l’Usurpateur, monte sur le trône. Cela voulait aussi dire que l’autre élu de la quête, qu’on disait devenu Chevalier depuis son retour sans pour autant que quiconque ait vu son dragon, avait dû se lier à la même Empreinte. Lui aussi avait pour moitié d’âme un enfant de Rintrah la Dorée et de Seldryn le Bronze.

Dame Amlug allait-elle revenir reprendre ce qui lui revenait de droit ? Toute la vérité éclaterait-elle enfin sur le coup d’état, la loi martiale, le faux meurtre et la disparition d’Ehsan de Galastden ? Jusqu’où les choses pouvaient-elles aller ? Si la toute nouvelle Chevalière et sa dragonne se présentaient au banquet prévu dans quelques jours, tout le monde saurait.

Vraël était terrifiée à l’idée que quiconque, spécialement sa Liée, puisse souffrir de quelconques représailles. Elle brûlait d’envie de clamer au monde entier la vérité et de montrer fièrement les rejetons de la couvée supposément sauvage. Elle voulait tout savoir de ce qu’il s’était passé là-bas, durant la quête. Elle désirait aussi savoir pourquoi Ñiniel cachait ainsi sa propre Âme Sœur. Aurait-elle peur du jugement de son ancienne Maîtresse ? Persée ne s’était pourtant jamais montrée impitoyable. Difficilement accessible, sévère, oui mais toujours sincère.

° N’aie pas peur de moi. Je suis Vraël. Mon Âme Sœur, Persée-Morian Garaldhorf, était le maître de ta Liée. °

La fausse Ondine se baissa pour se mettre à la hauteur de la petite Dorée. L’éclat vif de ses écailles était rehaussé par la pâle lumière lunaire. Sa seule vue pouvait mettre en péril tout le secret gardé autour de la prise de pouvoir de Zackheim de Galastden. Son existence même clamait son appartenance au Màr Menel, à une lignée pure et sans tâches, à un avenir glorieux de Reine. Maintenant qu’elle la voyait enfin, cette mystérieuse Liée, Vraël sut que Ñiniel méritait pareil prestige pour sa force d’âme. Et que la toute jeune dragonne d’or n’aurait pas pu trouver meilleur Liée pour s’épanouir.

Vraël avança lentement sa paume tendue vers le museau frémissant de la princesse. Elle espérait que, par ce geste, elle montrerait ses bonnes intentions. La porte s’ouvrit brusquement. Vraël eut un sursaut et se redressa. Ñiniel déboula dans la pièce telle une tornade. A bout de souffle, les joues rouges et les yeux humides, la jeune Ondine cherchait le regard de la Bleue pour tenter d’en capter toute la compassion possible. Elle semblait s’attendre à un jugement, voire à une condamnation et voulait désespérément faire comprendre sa position. Le cœur de Vraël se serra douloureusement. Qu’avait-on pu lui dire, lors de son Empreinte, qui puisse faire passer Persée et sa dragonne pour les méchantes personnes ?

- Je ne suis pas venue ici pour te juger, Ñiniel. Apaise ton cœur. Je… Je vous voulais seulement savoir si tu allais bien.

Une note de désespoir perça la voix ordinairement douce de la Bleue. Elle se trouvait face à une situation délicate. Elle se jura, pour cette nuit, de ne pas mentir. Même par omission. Il n’était plus temps de contourner le problème, ni d’éluder les questions. Pour cette nuit, la vérité ne devrait plus être cachée.

- Je ne voulais pas vous effrayer, Vahi’Nearii et toi, plaida-t-elle. Je… Je croyais que… Pourquoi n’as-tu rien dit ? Nous t’avons protégée autant que possible. Nous avons acceptés de répondre à tes questions. Nous ne t’avons pas mentis. Et s’il y a certaines choses que nous avons dues te cacher, c’était pour ta sécurité... Alors pourquoi ne nous fais-tu pas confiance ?

Les mots brûlaient sa langue. Ils jaillissaient de sa bouche tel un torrent. Ses yeux la brûlaient également. Les larmes menaçaient de déborder.

- Persée ne craint pas le retour de Dame Amlug. Au contraire, elle l’espère ! Ce sont ses conséquences qu’elle redoute. Peux-tu comprendre cela ? Ta naissance, Vahi’Nearii, et ta présence ici vont redonner l’espoir au Kaerl. Tu ne dois plus te cacher. Toi non plus, Ñiniel. Promettez-moi… Promettez-moi seulement de ne pas condamner Persée pour ses choix.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 28 Déc 2014 - 21:30 Répondre en citantRevenir en haut

La détresse de Vraël fit exploser Ñiniel en sanglots. Elle avait retenu ces larmes depuis si longtemps que l’émotion de la Bleue fit sauter le dernier rempart derrière lequel s’était réfugiée Ñiniel.

Elle était si rassurée de savoir que ni Persée, ni elle n’auraient jugé Ñiniel pour cette Empreinte cachée et secrète. Et si elle pleurait maintenant, c’était de honte. Vraël n’était venue jusqu’ici que pour s’enquérir de son état, et elle n’y avait vu qu’une terrible confrontation.

Elle n’eut même pas la force de refermer la porte derrière elle qu’elle se laissa tomber au sol réconfortée par une petite Dragonne d’or qui ne supportait pas la douleur qui lui prenait les entrailles. Son visage était déformé de tristesse et de pleurs, et à chaque fois que Ñiniel cherchait la Liée de Persée du regard, elle baissait aussitôt les yeux et se remettait à pleurer. Entre deux sanglots, l’Ondine tenta de se justifier auprès de Vraël.

« Oh Vraël….Persée tient tant au Seigneur Zackheim ! La venue de Vahi’Nearii est la preuve que Dame Amlug est de retour….et avec elle, la vérité sur l’Ursupateur ! Je…. Mon cœur est déchiré et je ne savais quoi faire ! »

Son regard noyé par les larmes tentait de plonger dans celui de Vraël. Sa voix criante de vérité et de douleur avait résonné dans le sombre couloir des Spires, ce qui insuffla à l’Ondine un dernier reflexe. Il ne fallait pas qu’on entende ce qui se passait dans cette loge, il ne fallait pas qu’on entende ce qui était en train de se dire. Dans un sursaut d’angoisse, elle se releva promptement et ferma la porte. Après quelques instants pendant lesquels elle imaginait que tant qu’elle ne se retournerait pas, il était toujours possible que rien de tout ce qui venait de se passer ne soit vrai, elle capitula et décida d’affronter la situation. Ñiniel déambula sans force jusqu’à un sofa. Elle s’assit dessus comme si le meuble était de verre, et n’osa même pas y lester tout son corps. Droite comme un piquet, les mains sur les genoux et la tête baissée vers le sol, elle n’osait plus affronter le regard de la douce Vraël.

« …. »

Elle serra les poings tant elle se sentait idiote. A chaque fois qu’elle s’imaginait la réaction de Persée lorsqu’elle découvrirait Vahi, les pleurs reprenaient de plus belle. L’idée seule de l’avoir déçue faisait crouler sur ses épaules un tel poids qu’elle ne souhaitait plus qu’être enfouie dix pieds sous terre.

« Je n’ai rien compris n’est-ce pas ? »

Elle renifla bruyamment et releva la tête. Puis elle se leva, et un mal de tête insoutenable lui tambourina les tempes. C’était ainsi à chaque fois qu’elle pleurait. Et c’est pour cela que, même si cela n’était pas toujours possible, l’Ondine s’interdisait de laisser s’exprimer ce flot de tristesse. Douloureusement, elle se servit à boire. Il lui fallait au moins ça pour lui permettre de sortir les mots qu’elle souhaitait dire à la Bleue qu’elle chérissait tant.

« Je vous ai toujours fait confiance. Toujours. Et rien ne me ferait plus de peine que de savoir que cette confiance soit remise en doute. Car elle a toujours été infaillible, et jamais je n’ai douté de Persée, ni de toi Vraël. Jamais je ne condamnerai Persée, jamais je n’oserai porter un jugement sur l’une de vous deux. Vous êtes tout pour moi ici, tout ce que je sais, tout ce que je vis, c’est grâce à vous. »

Ñiniel attrapa doucement Vahi’Nearii et la porta dans ses bras. Les grands yeux jaunes de la petite Dorée fixaient sa Liée intensément. Ñiniel lui sourit tristement, avec le plus grand effort du monde et chercha à rassurer Vahi. Elles auront tout le temps de discuter plus tard, mais pour l’heure, la jeune Chevalière ne souhaitait se concentrer que sur Vraël et Persée. Portant toujours Vahi dans ses bras, elle s’avança vers la Bleue.

« On ne savait pas quoi faire…à la seule vue de Vahi, tout le monde saura. Mais à quelles réactions devions-nous nous attendre ? Je n’ai pas connu le Kaerl lorsque Dame Amlug en était à la tête. Mais si je ne suis pas venue vers vous, ce n’est pas parce que j’ignorais la réaction de Persée quant à la vue d’une petite Dorée…mais plutôt parce que je savais ce que cela allait engendrer pour elle. Je ne voulais pas, moi sa propre Aspirante, être cet oiseau de mauvais augure… »

Au fond d’elle, elle avait surtout eu peur de décevoir sa Maîtresse. Et bien qu’elle n’ait osé se l’avouer, elle avait aussi redouté sa propre réaction. Présenter Vahi’Nearii était pointer du doigt les non-dits de Persée, lui faire avouer qu’elle ne servait qu’une vaste supercherie dont elle était la complice. Jamais Ñiniel n’aurait osé se présenter ainsi à Persée, car qui était-elle pour ainsi lui présenter cette vérité ? Elle était restée dans une impasse dont Vraël venait de la sortir.

« …et si j’ai compris l’attachement de Persée au Seigneur Zackheim, je n’ai jamais su la vérité des Noces Pourpres. Peut-être était-ce pour me protéger ? Tout comme moi je souhaitais protéger Persée ... »

Vahi’Nearii n’intervenait pas. Dans les bras de sa Liée, le temps s’était suspendu. Elle parlait pour deux d’évènements passés dont elle n’avait pas l’entière mesure. Mais la douleur qu’elle avait sentie lorsque Ñiniel s’était effondrée l’avait déstabilisée. C’était la première fois que la force du Lien s’était fait ressentir de manière aussi intense et la petite Liée n’en était pas encore tout à fait remise. Elle regarda Vraël. Tant de douceur et de bonté émanaient de cette créature qui semblait connaître celle qui l’avait mise au monde. Mais elle aussi semblait bouleversée. Etait-ce à cause d’elle ?

Ñiniel serra Vahi un peu plus fort contre elle.

« Oh Vraël, me pardonnerez-vous ? »

L’Ondine se rendait compte de son erreur. Elle espérait qu’il soit encore possible de la réparer. Plus que jamais, Ñiniel avait besoin de sa Maîtresse-Dragon. Au milieu de ces intrigues politiques, elle était jetée en pâture aux regards qui ne manqueront pas de se poser sur Vahi’Nearii. La dernière larme coula sur la petite Dorée qui ne cessait d’accompagner Ñiniel de son regard d’or.

« Que va-t-il se passer maintenant ? »




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 2 Fév 2015 - 01:25 Répondre en citantRevenir en haut

- Oh, Ñiniel… Il n’y a rien à pardonner.

La voix douce de Vraël paraissait soudain assourdissante dans la chambre devenue si silencieuse. Après le déluge d’explications de la nouvelle Chevalière, les mots semblaient dérisoires pour exprimer la vérité. Ou plutôt, les vérités. Il y avait celle d’Heryn Amlug et de son époux en fuite, tous deux trahis et mis à l’écart de leur propre foyer. Il y avait également celle de Zackheim de Galastden, qui jouait aux échecs avec le grand marionnettiste qu’était le destin, depuis qu’il avait défié l’Ombremage qui avait cru gangréner sans risques le Màr Menel. Et, enfin, il y avait celle de Persée Garaldhorf, la commandante des armées qui servait le Trône Céleste – et peu importait qui posait ses fesses dessus -, la femme qui aimait l’Usurpateur et espérait toujours le sauver quand l’heure de la vengeance des Célestes aurait sonnée – et que toutes les autres vérités auraient éclatées au grand jour. Vraël connaissait chacune d’entre elles. Mais aucune ne la satisfaisait réellement. Et sans l’accord de sa Liée, comment aurait-elle pu en faire part à leur Aspirante ? L’épisode du Labyrinthe restait encore trop frais dans sa mémoire.

- Je comprends tes motivations. Tu voulais te protéger, toi et Vahi’Nearii, des ragots et des accusations. Je ne peux pas t’en vouloir pour ça. En revanche, Persée et moi pouvons nous défendre. Tu n’as pas à te préoccuper de notre sécurité. Ce qui doit être sera.

Dans le fond, même si elle ne s’avouait, Vraël était soulagée. Enfin la situation inextricable du Màr Menel allait bientôt se dénouer d’elle-même. Enfin Persée serait délivrée du poids du secret, une Reine Dorée rentrerait dans son Kaerl et tout le monde devrait faire face aux conséquences de ses actes. La Bleue ne pardonnait pas certains gestes du Seigneur Zackheim, même si elle en comprenait la nécessité. Son cœur saignait pour tous les mensonges qui bâtissaient son règne. Elle ne portait cependant aucune rancune envers sa propre Âme Sœur. Persée avait dû faire des choix difficiles. Et l’amour – pour sa dragonne, pour sa famille d’accueil, pour les valeurs Célestes, pour son amant – l’avait poussé à choisir à chaque fois.

- Ne pleure pas, Ñiniel Iserimir. L’heure n’est plus aux larmes. Avec l’Ombremage vaincu et Dame Amlug retrouvée, le Màr Menel va connaître de grands bouleversements. Nous devons tous nous montrer forts. Nous ne laverons pas dans le sang les pavés de cette citadelle. Ce n’est pas dans nos coutumes… Ce qui ne nous empêche pas de craindre les lendemains. La dernière fois que le Kaerl a connu une guerre civile, une grande purge fut effectuée : des familles entières ont été déchirées, accusées, parfois à tort et parfois à raison, d’être des traîtres, des espions ou que sais-je encore. Je n’étais pas née à cette époque. Mais je m’en souviens, grâce à la mémoire de mes aïeules. Si l’Histoire nous apprend bien une chose, c’est qu’il nécessaire de ne pas reproduire les mêmes erreurs que par le passé.

Les yeux d’argent liquide de la fausse Ondine se teintèrent d’une nuance ocre tirant peu à peu sur l’opaline. Son regard embrassait la scène, dans la semi-obscurité, que constituait ce couple béni par Flarmya dans le désert sauvage. La jeune fille serrant contre elle son âme solaire.

- Il y aura bientôt un banquet, renchérit la dragonne turquoise, avec plus d'hésitation qu'elle ne l'aurait voulu. En l'honneur des nouveaux Chevaliers, les élus de la quête. Pour célébrer la fin de la guerre contre l'Ennemi de Tol Orëa... Viendrez-vous ?

Une note d'espoir perça dans la voix de Vraël.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mer 25 Fév 2015 - 20:49 Répondre en citantRevenir en haut

L'Ondine releva péniblement la tête en direction de Vraël. Il y avait tant de bonté et de bienveillance en elle. Le caractère maternel de la Liée de Persée répondait à l'appel du cœur de l'Ondine qui grandît privée de cet amour. Lorsqu'elle était avec elle, elle se retrouvait petite fille avide de ses conseils et attentive à ses dires. Ce n'était qu'un comportement irrationnel que Ñiniel ne pouvait contrôler mais dont elle se rendait parfaitement compte: Vraël comblait le vide que l'affection maternelle aurait dû remplir.

Telle une voie qui s’ouvrait devant elle sans qu’elle ait jamais soupçonné qu’il soit possible d’emprunter un autre chemin, Ñiniel ravalement ses larmes et regarda Vraël, bouche bée de surprise ; elle n’avait jamais envisagé l’idée qu’il n’y aurait rien à pardonner. Elle s’était sentie fautive durant tant de temps que le soulagement de poser un tel fardeau aux pieds de Vraël, et la compréhension dont elle fit preuve à son égard l’avait vidée de toute son énergie et de toute capacité d'analyse. Elle passa fiévreusement la main sur ses yeux, se sentant ridicule de s’être mise dans un tel état. Il fallait qu’elle soit capable d’assumer ses actes.

Elle inspira fortement avant de reprendre une respiration moins haletante et plus calme. Petit à petit, son esprit clair revoyait la scène. Une fois qu'elle eut tout assimilé, Ñiniel s'aperçut qu'elle n’était pas tout à fait d’accord avec la « prophétie » de la Dragonne ; ce qui devait être le serait peut-être, néanmoins, et de manière tout à fait égoïste, Ñiniel avait toujours besoin de sa Maîtresse-Dragon ; c'était la seule en qui elle avait vraiment confiance, la seule vers laquelle elle pourrait se tourner pour demander aide et conseil. C'était celle qu'elle respectait, qu'elle admirait pour son courage et sa force d'esprit. Et même si elle était aujourd’hui promue toute jeune Chevalière, la libérant de ses obligations d'Aspirante ainsi que sa Maîtresse-Dragon de ses devoirs, elle avait encore tant à apprendre de son nouveau rôle. Et seule Persée et Vraël pourraient lui montrer comment faire, car c'était là non seulement le rôle de tout Maître-Dragon envers son Aspirant, mais aussi car c'était ces pas là que l'Ondine voulait suivre.

Quant à la nouvelle ère pour le Kaerl Céleste que la Dragonne azure évoquait, Ñiniel s’en souciait peu. Elle n’était qu’une novice qui s’était, malgré elle, retrouvée emportée dans une série d’évènements dont elle mesurait à peine l’importance ; elle avait hérité d’une magnifique petite Dorée, fille de la Liée d’Heryn, Rintrah. Mais elle n’était pas sûre d’avoir souhaité tout cela; elle ne regrettait en aucun cas d’avoir rencontré Vahi’Nearii, mais elle n’était pas certaine d’avoir été préparée à tout cela. L’Ondine aimait bien rester dans l’ombre, et maintenant on lui demandait d’agir pour le bien du Kaerl. Elle préférait penser à elle, à son avenir, à son entourage, à Persée, Vraël et leur aide dont elle aura plus que besoin pour tisser le Lien qui l’unit à Vahi’, acquérir les bases nécessaires pour lui faire honneur.

Et tandis que Vraël lui demanda doucement, comme sans vouloir la brusquer, si elle se rendrait au banquet avec Vahi’Nearii, Ñiniel se mit à sourire en serrant sa Liée dans bras ; Vahi était tellement belle, si étincelante, qu’elle serait particulièrement fière de la montrer à tous. Elle savait que la petite saurienne vivant mal l’enfermement qui lui était infligé, et qu’elle attendait impatiemment ce moment.
Et puis, c'est ainsi qu'ils l'avaient décidé avec Asulil. Ils iraient tous les deux avec leur Lié et laisseraient la vérité éclater. Ñiniel espérait que Persée et Vraël les aideraient à accompagner le bouleversement qui se préparait. Qu’à ce banquet, elle veillerait sur eux et qu’elle les soutiendrait dans leur action.

« Vraël…les grands bouleversements du Màr Menel m’importent peu si cela implique une quelconque conséquence à votre égard à toutes les deux. Que va-t-il se passer si nous allons à ce banquet ? Qu’arrivera-t-il lorsqu’Heryn reviendra ? Que ferez-vous, toi et Persée ? ….vous…. vous resterez au Màr Menel n’est-ce-pas ?..... Et .... Et j'ai encore une question....»

Cette question-là, Ñiniel se la posait depuis déjà longtemps. Elle n'avait pourtant jamais osé questionner Persée ou Vraël à son propos. Depuis ce soir, l'Ondine était dorénavant persuadée qu'il y avait un lien entre la situation actuelle et ce souvenir qu’elles partagent toutes les deux avec Persée. Cette conviction lui permettait désormais de franchir cette barrière invisible faite de conventions sociales, et d'enfin trouver la réponse. Sans plus d’hésitation, elle franchit cette barrière et prit la parole.

"Quand nous étions dans le Labyrinthe, nous avons assisté à une étrange scène : le Seigneur Zackheim était mort....la Dame Amlug était là, triomphante....on accusait Persée de trahison.....on a parlé des Noces Pourpres...."

Voilà tout ce dont elle souvenait. Quelques éléments flous d'une terrible épreuve affrontée peu de temps après son arrivée. Elle s’est trouvée piégée dans le Labyrinthe du Màr Menel avec Persée. Leurs peurs respectives s'étaient liguées pour offrir un spectacle macabre et terrifiant aux deux jeunes femmes. Ñiniel se souvenait parfaitement de ses peurs à elle et s'était pleinement concentrée dessus afin d'en comprendre le sens, afin de pouvoir les affronter un jour. Qu'il lui fut facile de reconnaître ses peurs: son cœur s'était serré toujours plus lorsqu'elles apparaissaient, sa gorge se séchait, la respiration devenait difficile. L'Ondine avait passé beaucoup de temps à leur trouver une explication, à en tirer les leçons. Mais peu à peu, tandis que Ñiniel accordait moins d’importance à ces peurs décortiquées, le souvenir des peurs de Persée revenait. Et quand Ñiniel tenta d'interpréter ce dont elle se souvenait, elle refusa de tirer une conclusion hâtive de ce qu'elle était en train d'envisager : Persée aurait-elle trahi Dame Heryn? Elle ne pouvait pas croire cela. Persée, l’Ancalikon, était la droiture même : son regard ne ment pas. Il est de fer, inflexible et droit. L’Ondine était incapable d’imaginer Persée endossant le costume du traître.

Mais ce n'était pas la question que Ñiniel allait poser. Il y avait un tel manque de confiance et de respect dans cette question qu’elle n’aurait jamais pu la poser de son vivant. Il en était une qui lui brûlait bien plus les lèvres, qui aurait réponse à tout.

"......que s'est-il passé aux Noces Pourpres?"




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 1 Mar 2015 - 15:53 Répondre en citantRevenir en haut

Il est des choses qu’il vaut mieux de ne pas savoir. Parfois, l’ignorance était un bienfait.

- Ñiniel, notre avenir dépend de beaucoup d’autres éléments à l’heure actuelle. Ma Liée et moi-même ne pouvons pas affirmer avec certitude ce qu’il adviendra de nous lorsque les choses reviendront à la normale. Tu n’as pas connu l’époque où régnait encore Dame Amlug et c’est peut-être tant mieux. Car tu ne l’apprécieras que davantage. Mais notre sort repose entre d’autres mains que les nôtres pour l’instant. Je ne peux pas… Te dire ce que nous ferons, avant que certains événements ne se produisent.

Vraël était née sur les sables blonds du Màr Menel, d’un œuf pondu et couvé avec amour par une Dorée, elle-même issue d’une longue lignée de dragons résidents dans ce Kaerl. Sa mémoire regorgeait de savoirs transmis de générations en générations, par des reines qui avaient défendus les valeurs de cet Ordre bien longtemps avant sa naissance. Son cœur battait au rythme de la vie de cette citadelle. Ses mœurs ne différaient pas de celles de tout dragon céleste. Ses ailes connaissaient chaque recoin du Kaerl, chaque courant d’air, chaque paysage. Elle était Céleste jusqu’au bout des griffes.

Ce qui rendait les choses bien plus complexes… L’âme de Persée avait beau s’épanouir au Màr Menel, ses rêves aspiraient à plus de grandeur. Elle avait l’âme d’une aventurière et se surprenait parfois à étouffer entre les murs du Kaerl. Cela plusieurs années qu’elle évitait le sujet. L’évoquer de vive voix ne faisait que raviver une blessure chez la dragonne bleue. Tout du moins, le croyait-elle. Vraël n’avait remis en question son sort. Il n’y avait aucune blessure psychologique de cette sorte chez elle. Au jour où elle s’était retrouvée seule sur les sables, sans âme prédestinée à conquérir, elle avait abandonné l’idée de trouver son Âme Sœur. Et grâce à la particularité unique de Persée, elle avait pu vivre. Mieux encore, elle pouvait découvrir le monde, combattre et rêver. Elle ne rechignait pas à l’idée de quitter son foyer pour sa Liée. Car elle savait que ses ailes reconnaîtraient toujours le chemin pour rentrer à la maison. Et Persée aussi.

Cependant, quitter le Kaerl pour quelques temps, lorsque Dame Amlug reprendrait le trône, n’augurait rien de bon. Et si on ne leur permettait pas de revenir ? Ou pire encore, si on ne leur permettait pas de partir, à tout jamais ? Vraël ne pourrait pas vivre éternellement loin du Màr. Et Persée ne supporterait pas d’être considérée comme une prisonnière par sa propre nation. Tant que le statu quo demeurait, ni l’une ni l’autre ne pouvait prédire ce qu’il adviendrait d’elles…

- Les Noces Pourpres, soupira Vraël en baissant les yeux. Quel horrible nom ! C’est une longue histoire. Tu ferais mieux de t’asseoir.

L’esprit de Persée chatouilla le sien en se rapprochant. La Bleue fut aussitôt que le qui-vive. Sa Liée grogna, encore étourdie par les vapeurs de sommeil.

° Vraël ? Que fais-tu levée ? C’est le milieu de la nuit ! Tes pensées se bousculent, ça m’empêche de dormir…
Ce n’est rien. Rendors-toi.
Tu parles à quelqu’un ? Si c’est Reyn, dis-lui que je mettrais la raclée du siècle à son Lié demain matin, à l’entraînement !
Oui.
… Ce n’est pas Reyn, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu fais ?... NON ! Arrête ça tout de suite ! Elles ne doivent pas savoir ! °


Vraël sursauta. Elle imaginait sans mal Persée bondir hors de son lit, l’ire peinte sur son visage et les cheveux en bataille tandis qu’elle partait en quête de vêtements. La rage qui l’animait était surtout dirigée contre elle-même, de ce que pouvait en comprendre la dragonne.

° Tu vas les angoisser pour rien ! Tant qu’elles ignorent certaines choses, elles sont protégées ! Les Noces Pourpres et ce qu’il se passera ensuite, c’est moi que ça regarde et certainement pas elles ! Si tu veux tant leur parler, c'est uniquement pour soulager ta conscience ! La mienne est en paix. Ne peux-tu pas me faire confiance jusqu'au bout ? Vraël, tu m’entends ? °

Vraël n’était pas fautive. Les événements, ceux qui avaient conduits à cette impasse et à d’innombrables mensonges, l’étaient. Seulement, Persée ne supportait pas l’idée de devenir une martyre. La vérité, elle la dévouait à Heryn Amlug lors de son retour sur le trône, pas pour le reste du Kaerl. Les vrais héros célestes – Maëvann Kerr’wan, Peddyr Thelrand et Istvan Sarkanys – avaient disparus. Il n’y avait rien de plus puissant comme symbole qu’un héros mort. Persée ne voulait pas être vue telle une héroïne, ou elle aussi serait amenée à disparaître, balayée par l’Histoire et une morale douteuse. Si elle devait agir en tant que traître, pour sauver ce qui pouvait encore l’être, elle le ferait. Et elle le ferait de son vivant !

° Elles méritent de savoir après ce qu’il s’est passé dans le Labyrinthe.
Je te l’interdis !
Rugis autant que tu veux. Tu ne peux pas m’empêcher de parler. °


Cette fois, c’était Vraël qui avait laissé la colère l’envahir. La sang-mêlée pouvait se montrer si obstinée que cela en frôlait l’absurde ! Elle ferait ce que Persée aurait dû faire depuis des semaines. Parler à Ñiniel et la fille de Rintrah n’arrangerait certainement pas la situation. Mais cela les soulagerait. La dragonne claqua violemment les portes de son esprit à sa Liée. Persée manqua s’étouffer de rage. Il était inutile de discuter avec la Bleue pour le moment. Rien ne pourrait la faire changer d’avis. Toutefois, elle pouvait encore espérer un peu de bon sens de sa part…

- Nous ne sommes pas des traîtres. Loin de là. Laisse-moi te conter une histoire, celle de Drazahir…

Débuta alors un récit, bref mais intense, des manipulations de l’Ombremage pour prendre le pouvoir au sein du Màr Menel, en assujettissant Ehsan de Galastden. Avant que ce dernier ne soit empoisonné par son propre neveu, Zackheim, lorsque celui avait découvert qui tirait en vérité les ficelles du complot. Comment Zackheim avait fomenté un coup d’état pour éloigner son frère et sa nouvelle belle-sœur des manœuvres de Drazahir sans éveiller les soupçons de ce dernier. Comment Persée l’avait aidée à couvrir ses traces et accepté de donner le change en public, quitte à appuyer sa prise de pouvoir. Comment il avait fallu ensuite jongler entre l’ambition de Zackheim et celle de Drazahir pour maintenir le Màr Menel sous contrôle, quitte à s’arroger un pouvoir qui, finalement, ne dépendait ni du nouveau Seigneur ni de l’Ancalikon.

- Puisque la lutte contre l’Ombremage s’est achevée, chacun aura des comptes à rendre au peuple et sous le regard des dieux.

Hiératique statue de sel, élégamment drapée dans sa fierté et sa mélancolie, Vraël énonçait les faits avec la brièveté qui sied aux grands crimes et aux actes héroïques. Il n’était question ni d’émouvoir son auditoire, ni de s’imposer en détentrice de la vérité universelle. A nouveau, comme dans le Labyrinthe, le choix n’appartenait qu’à Ñiniel et à sa jeune Dorée.



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Dim 19 Avr 2015 - 12:54 Répondre en citantRevenir en haut

La réponse de Vraël était emplie de mystères qui ne parvenaient pas à assouvir la curiosité de Ñiniel. L’Ondine comprenait pourtant que tout ceci dépassait le simple fait de révéler l’existence des enfants de Rintrah et ainsi proclamer un éventuel retour de la Dame Amlug. Qui donc tirait les ficelles qui empêchaient même Persée, la puissante Ancalikon, d’agir librement ?

Vraël ne voulait pas en dire trop. Par respect pour elle, Ñiniel ne posa pas d’autres questions, bien que celles-ci soufflaient toujours plus nombreuses dans son esprit. Elle connaissait si peu du passé de sa Maîtresse-Dragon au fond, et cela la peinait un peu. Elle aurait souhaité passer plus de temps avec elle pour la connaitre un peu plus.

D’autant plus que la toute jeune Chevalière n’envisageait pas d’avenir radieux : la prison pour elle, l’exil pour Persée et Vraël. Ce banquet auquel la Dragonne bleue lui demandait avec un certain espoir, si elle s’y rendrait, l’attristait. Elle ne comprenait pas l’empressement de la Bleue. Avant même de savoir ce qu’on leur destinerait à l’issue de cet évènement, Ñiniel maudissait déjà ce destin inéluctable vers lequel on la dirigeait sans lui laisser aucun choix. Le glas de la séparation retentissait au loin, et quoi qu’elle fasse, l’Ondine ne trouvait aucun moyen de le faire taire.

Tel était la volonté de Vraël. Déçue et résignée, l’Ondine baissa la tête, prenant conscience que le banquet serait surement leur dernier moment passé ensemble. Elle risquait de ne plus voir ni Persée, ni Vraël pendant un temps indéterminé, trop long déjà.
Comme pour lui adresser une dernière preuve de confiance, la belle Bleue reprit la parole, prête à lui raconter ce qui s’était passé pendant ces fameuses Noces Pourpres.

Ñiniel reposa doucement Vahi’Nearii au sol qui ne cessait de se tortiller dans ses bras. La présence de Vraël l’avait certes apeurée, mais elle avait compris qu’il n’y avait aucune intention belliqueuse, et souhaitait retourner vaquer à ses occupations. L’Ondine fit craquer quelques allumettes et se chargea de d’éveiller quelques chandelles judicieusement placées. Elle prit ensuite place sur le petit banc recouvert de coussins qui trônait contre le mur sous la fenêtre principale. Cette nuit était propice aux révélations : la chaleur ambiante, le silence et la légère brise les couvaient de leur douceur. Les chandelles en feu, éclairant timidement la pièce, seraient seules témoins de cette discussion.

Religieusement, Ñiniel pria pour que rien n’interrompisse ce moment.

Pourtant, Vraël ne commença pas son histoire tout de suite ; elle semblait en proie à un conflit intérieur que Ñiniel n’osait interrompre de peur que la Bleue ne revienne sur sa décision. C’est Vahi’Naerii qui lui indiqua ce qui se passait.

La petite Dorée rejoignit sa Liée sur le sofa et se lova sur le coussin le plus épais. Elle posa l’une de ses pattes sur la cuisse de Ñiniel, comme pour vouloir lui confier un message.

*Je crois que Persée ne souhaite pas que Vraël te révèle la vérité….*

Ñiniel posa la main sur la patte de Vahi’Naerii. Pour le moment sa main restait la plus grande, et l’Ondine aimait recouvrir la petite patte de sa Liée tant qu’il lui était encore possible de le faire.

Mais cette marque d’affection ne pouvait faire disparaitre l’émoi qui l’agitait ; pourquoi donc Persée ne voudrait pas lui dire la vérité sur ce qui était arrivé par le passé ? Pendant quelques instants encore, le silence se faisait encore entendre. Puis Vraël le rompit.
Au fur et à mesure que la Dragonne parlait, les yeux de Ñiniel s’écarquillaient toujours un peu plus. Comme un déchirement dans le voile brumeux de l’intrigue, l’Ondine touchait enfin du doigt une vérité qui commençait à lui convenir. Enfin le décor devenait presque complet, permettant à la Chevalière de comprendre ce dans quoi elle était impliquée bien malgré elle.

A l’issue de ce récit, elle n’était pas tout à fait d’avoir tout compris. Elle se leva et commença à faire quelques pas autour de la table principale disposée au cœur de son appartement. Il y avait tant de nouveaux éléments qu’elle se sentit obligée de reprendre les informations une à une pour être tout à fait certaine de n’avoir rien oublié. Ce qu’elle venait d’entendre changeait tout à ses yeux. Elle connaissant enfin la vérité.

« Donc….Eshan de Galastden était sous l’emprise de l’Ombremage…. »

Encore lui, toujours lui. Ils en étaient venus à bout, et pourtant son Ombre planait toujours sur le Kaerl Céleste. Quels dégâts Drazahir avait-il pu causer par le passé…la naïve n’aurait jamais cru qu’il eut pu sévir auparavant. Pourtant, elle se rappela à cet instant une allusion qui fut faite lors de l’attaque de Niddhög à propos de son « retour ». La suite devenait logique..

« Zackheim de Galastden, s’en doutant, a donc empoisonné son oncle, et pour protéger son petit frère de Drazahir, a fait croire à tous qu’Heryn Amlug l’avait assassiné…causant ainsi la fuite de la Dame Céleste. Ainsi, il a pu protéger le Kaerl du danger…et Persée était dans la confidence… »

Vraël avait raison; après cette histoire, Ñiniel eut l'impression d'apprécier Heryn Amlug comme si elle la connaissait depuis longtemps. Elle crut comprendre que la Dame Déchue eut renoncé à beaucoup de choses, au pouvoir et à son image, pour sauver celui qu'elle aime.
Mais elle comprenait aussi le choix de Zackheim, tout comme elle comprenait pourquoi Persée avait agi de la sorte.

Elle ne pouvait condamner l'amour; une fois qu'on l'avait rencontré, on était alors capable de tout pour le mériter encore un peu. Son cœur se serra; son amour à elle avait attendu longtemps qu'elle ouvre les yeux, et quand enfin elle le reconnut, il était déjà parti. Que n'aurait-elle été capable de faire pour lui? Toute cette affaire n'avait que des fondements d'amour après tout, et rien n'était blanc ou noir, personne n'était vraiment coupable sauf de protéger l'amour.

Elle n'était pas ici depuis si longtemps, et beaucoup d'informations lui manquaient. Mais Ñiniel avait beaucoup d'estime pour Persée. Sa version était-elle pour autant dupée?

La première conclusion que fit l’Ondine était que tout s’arrangeait : Heryn était innocente, Kieran en vie, et Zackheim avait rempli sa mission puisque Drazahir n’était plus. La seconde fut un peu plus nuancée. En effet, la prise de pouvoir par Zackheim de Galastden, même si elle pouvait se justifier, restait néanmoins peu courtoise quant aux moyens mis en œuvre pour y parvenir.
Il avait enlevé son frère et fait accuser Heryn de son meurtre. Et Persée l’avait aidé dans cette démarche. Si Persée avait ses raisons pour avoir agi de la sorte, Ñiniel les ignorait mais les respectait tout à la fois. Elle avait toujours estimé que sa Maîtresse-Dragon était digne de confiance, et jusque là elle n’avait jamais eu à se plaindre de ce choix.

Puis, le temps d'un instant, elle s'imagina au banquet, faisant la révélation fracassante du retour d'Heryn et de la supercherie du Seigneur pour protéger son frère. Elle s'imaginait mettre toutes les formes possibles pour défendre son choix, et de rendit alors compte qu'en agissant ainsi, elle serait forcée de dire que Persée avait aussi joué un rôle dans cette histoire.

Ñiniel s’arrêta tant dans sa marche que sa réflexion et perça Vraël de son regard cristallin.

"Vous rendez-vous compte qu'en me demandant d'y aller avec Vahi'Nearii, je serai probablement celle par qui la déchéance de Persée surviendra...sans parler du quand-dira-t-on - car que dire d'une Aspirante destituant....pire, "trahissant" sa Maîtresse-Dragon?-, je ne sais si j'aurais la force d'assumer une telle responsabilité....ni toi ni elle ne méritez cela de mon fait!"

Le regard sérieux et solennel de Vraël était impassible. Droite et fière, elle semblait attendre le jugement de ses actes coupables. Il n’était nullement question pour Ñiniel de juger Persée et Vraël pour leurs actes ; elle n’en avait ni l’envie, ni le droit. Au contraire.
Vahi'Nearii poussa un grognement. Ñiniel était trop perdue dans ses émotions et sentiments pour avoir un raisonnement sain. Elle devait l'aider à y voir plus clair et faire la part des choses.

*Et toi, te rends-tu compte que ces révélations sont un gage de confiance de la part de Vraël? Toutes deux ne cherchent pas à fuir leurs actes commis, au contraire! Qui d'autre mieux que toi pourrait prendre la parole pour les défendre? Sois-en digne Ñiniel...*

L'Ondine se tourna vers Vahi'Nearii, puis vers Vraël à deux reprises. Était-ce vraiment ce qu'elles souhaitaient? Sa Liée n'était-elle pas simplement à la recherche de la lumière après être restée si longtemps dans l'obscurité? Laquelle des deux se laissait submerger par ses envies?

Elle sonda le regard de la Dragonne Azure en quête d'une réponse.




Persée Garaldhorf
Chevalière Errante
Chevalière Errante

Hors ligne

Inscrit le: 09 Aoû 2008
Messages: 1 654
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 344
Race: Elfe-Fëalocë
Âme Soeur: Vraël
Fonction: Ex Ancalikon
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Lun 29 Juin 2015 - 15:51 Répondre en citantRevenir en haut



Vraël n’aurait pas pu paraître plus Céleste, jusqu’au bout des griffes, qu’à cet instant. Descendante d’une longue lignée de dragons protégeant les valeurs du Màr Menel, issue d’un œuf de Dorée esseulée, elle ouvrait des yeux aimants sur le reste du monde, et son cœur souffrait en silence pour les blessures d’autrui. Pendant longtemps, elle n’avait fait que veiller sur sa Liée, telle une figure maternelle inébranlable, parce qu’elle le devait et parce qu’elle voulait tout connaître de cette jeune âme tourmentée qui l’avait sauvé au jour de l’Empreinte. Puis sa nature avait repris le dessus, l’égoïsme qui sied aux dragonneaux joueurs s’était envolé et elle se rendait compte, désormais, à quel point sa maison l’appelait à l’aide. Avec le temps et les épreuves, la Bleue avait appris ce qu’était l’amour, le pardon, la justice mais aussi la mélancolie et l’amertume. Ayant décidé – plus ou moins guidée par son instinct – de vouer sa vie au bien du Màr Menel, elle ne voyait pas l’utilité de surprotéger davantage des éléments capables de faire changer les choses, en mieux. Cela incluait Ñiniel Iserimir et Vahi’Nearii.

Tôt ou tard, la vérité finit toujours par remonter à la surface. Ce qu’on ignore peut parfois faire plus de mal que la connaissance elle-même. Cette leçon, Vraël l’avait appris à ses dépens quelques mois – voire quelques années - auparavant.

- Chevalière Ñiniel Iserimir.

Le titre accolé au nom roula sur la langue de la Bleue avec des accents implacables. Ses prunelles rougeoyaient doucement à l’instar d’un feu couvant sous la cendre. Si elle n’avait pas été contrainte de se métamorphoser ici, ses ailes se seraient agitées, comme on chasse un moustique particulièrement agaçant.

- Tu es une Chevalière. Dorénavant, chacun de tes choix implique également la vie de ton Âme Sœur. Vahi’Nearii est une enfant du Màr, une future reine : tu ne pourras pas éternellement la cacher sans lui causer de la peine. Elle n’est pas faite pour vivre dans l’ombre et tu le sais. Car pour toi aussi, la lumière te sied mieux. Flarmya ne vous a pas réunies par caprice, vos âmes sont liées de toute éternité. A chaque fois que tu prendras une décision, vous serez toutes deux impliquées et vous devez respecter les choix, les besoins de l’autre.

La petite dragonne solaire avait beau ne pas pouvoir prétendre tout de suite à la mémoire de ses aïeules, elle n’en demeurait sans doute pas moins apte à connaître ses désirs. Elle savait déjà ce dont elle avait besoin pour vivre, pour sa Liée et elle. Comme tout nouveau couple de Liés, l’ondine devrait apprendre, avec le temps, à faire confiance à cette autre part d’elle-même. Physiquement séparées et pourtant reliées au-delà de tout lien indescriptible.

- Tu dois penser à ta Liée, à votre avenir ensemble, plus qu’à n’importe quelle autre chose. Faites-vous confiance.

Jusqu’ici, la dragonne avait délibérément évité le sujet sous-jacent dans la question de Ñiniel. Persée et elle menaient une barque en haute mer sous la tempête mais elles sauraient y faire face. Elles le devaient. Le Màr Menel appelait encore leur aide, Vraël en était persuadée, le Kaerl avait besoin d’elles. Même si Persée rêvait en secret de tout abandonner et de refaire sa vie ailleurs, même si elle croyait que viendrait un jour prochain où le sort déciderait de la rejeter… Vraël ne la laisserait pas abandonner son foyer. Pas plus qu’elle ne laisserait Ñiniel gâcher la vie de sa jeune Dorée en voulant la surprotéger, ou pour d’obscures question d’honneur. Elle s’adoucit en posant son regard sur l’ondine serrant contre elle sa dragonnelle.

- Faites-nous confiance, à Persée et moi, une toute dernière fois.


Tu as le droit de m'écorcher vive avec un couteau-suisse pour mon retard x'D On peut clôturer bientôt pour l'enchaînement avec le banquet, sauf si tu as d'autres idées bien sûr Miaou



Visiter le site web du posteur
Ñiniel Iserimir
Chevalier Dragon
Chevalier Dragon

Hors ligne

Inscrit le: 05 Mai 2013
Messages: 143
Sexe: Féminin
Présentation: URL
RPs: 86
Race: Ondine
Âme Soeur: Vahi’Naerii
Affiliation: Maison Amberle
Alignement perso: Chaotique Bon
Ordre Draconique: Lumière

MessagePosté le: Mar 11 Aoû 2015 - 22:44 Répondre en citantRevenir en haut

Vraël coupa net aux angoisses de Ñiniel en prenant la parole.

- Chevalière Ñiniel Iserimir.

C’était la première fois que l’Ondine comprit le véritable sens de ces mots. La Bleue les avait prononcé avec une telle solennité que Ñiniel pouvait sentir toutes les responsabilités qui allaient maintenant poser sur elle.

- Tu es une Chevalière. Dorénavant, chacun de tes choix implique également la vie de ton Âme Sœur. Vahi’Nearii est une enfant du Màr, une future reine : tu ne pourras pas éternellement la cacher sans lui causer de la peine. Elle n’est pas faite pour vivre dans l’ombre et tu le sais. Car pour toi aussi, la lumière te sied mieux. Flarmya ne vous a pas réunies par caprice, vos âmes sont liées de toute éternité. A chaque fois que tu prendras une décision, vous serez toutes deux impliquées et vous devez respecter les choix, les besoins de l’autre.

Ñiniel eut l’impression d’avoir attendu ces mots depuis son Empreinte. Lorsqu’elle les entendit, ils lui semblèrent si évidents qu’elle eut l’impression d’avoir déterré une pensée refoulée depuis trop longtemps. Elle pensa immédiatement à Vahi’Nearii.

Liée à une Dragonne, qui plus est Dorée, elles avaient maintenant toutes deux lié leur Vie à l’autre ; elles allaient vivre la même Vie, partager leurs émotions, mourir ensemble… elles se battront pour la même chose, vivront pour l’Autre, parleront pour Deux. Ñiniel ne pouvait plus se cacher dans ses rêves et rester seule ; elle allait devoir s’ouvrir et devenir la Liée légitime d’une Dorée.

Vahi’Nearii sentit ce profond changement opérer chez Ñiniel ; enfin l’Ondine commençait à assimiler leur Lien. Silencieuse observatrice, elle regardait Ñiniel avec fierté : elle ne s’était pas liée à elle par hasard.

- Tu dois penser à ta Liée, à votre avenir ensemble, plus qu’à n’importe quelle autre chose. Faites-vous confiance. Faites-nous confiance, à Persée et moi, une toute dernière fois.

Ñiniel poussa un petit soupir. Elle faisait tant confiance à sa Maitresse et sa Liée qu’elle fût surprise que Vraël le lui demanda.

« Tout n’est que question de confiance d’après toi ? Pourtant, je suis en présence des rares qui peuvent se targuer de l’avoir toute dévolue… »

*Tu as raison… c’est simplement un manque de confiance…en soi.*

Toujours allongée sur le sofa, Vahi'Nearii tenta de ravaler ses dernières pensées, en vain.

Le visage de Ñiniel s'était aussitôt refermé et son regard triste et lourd de reproches se posa sur sa Liée. Vahi visait juste, comme toujours, mais frappait fort et faisait mal. De marbre, la Chevalière ne cilla pas sous le coup.

L'Ondine comprenait ce que cherchait à faire sa Liée en la piquant ainsi de ces réflexions, et elle la laissait volontiers faire tant elle savait qu'elle en avait besoin. Mais cette fois-ci, c'était peut-être la phrase de trop.

Ñiniel toisa toujours Vahi du regard mais ne dit rien à ce sujet. La Dorée comprit alors qu'il était des choses qui se réglaient en privé et qu'il pourrait être intéressant pour elle de se faire oublier jusque là. Elle regretta d'avoir heurté son Ondine dont elle ressentait faiblement la douleur causée, mais sa fierté l'empêchait déjà d'avoir la faiblesse de s'excuser. Elle se promit de mettre plus de rondeurs la prochaine fois et continua de soutenir avec bienveillance le regard de l’Ondine.

Ñiniel détourna la première son regard pour le plonger dans celui de Vraël, préférant ignorer la remarque de Vahi et se concentrer sur l'instant présent. Il était question de choses plus importantes pour le moment.

Elle prit une profonde inspiration et attrapa les mains de la Bleue qu’elle tenait résolument.

"Nous vous ferons confiance. Comme cela a toujours été."

Mais l'Ondine, fine observatrice et attentive à ce genre de détail, avait remarqué que la Bleue n'avait pu lui dire ce qu’elle avait eu envie d’entendre. Vraël ne pouvait connaître l’avenir et ne cherchait pas à lui mentir ; elle-même ignorait l’issue du Banquet. Ñiniel n’insista pas.

Elle baissa la tête et sentit que la discussion touchait à sa fin. Elle sourit à Vraël avec douceur et lacha ses mains.

«S’il te plaît...N’oublies pas de saluer l’Ancalikon pour moi…assure-la de mon confiance. Dis-lui….dis-lui que le jour où vous aurez besoin d’aide, je serai présente. »

Ñiniel espérait bien un jour rendre honneur à Persée en lui venant en aide tout comme elle venait de le faire. Elle s’en faisait la promesse. Ñiniel accompagna Vraël jusqu’à la porte. Il était tard, mais il fallait toujours rester prudent. L’Ondine plongea encore une fois son regard empli de gratitude envers la Bleue avant d’ouvrir délicatement sa porte. Tout avait été dit, et Ñiniel se sentait apaisée car pardonnée.

« Merci…pour tout. »

Elle était apaisée, mais aussi extenuée, comme si elle avait perdu toutes ses forces en quelques instants. La venue nocturne de Vraël avait été riche en émotions, et le mal de tête qui tambourinait entre les oreilles de la jeune Chevalière devenait insoutenable.
Si l’Ondine donnait aveuglément ses pleurs pour responsables de cette migraine, une lointaine pensée ne cessait de la tarauder : cela n’avait-il pas un Lien avec le savoir que Ñiniel avait reçu lors de leur recherche des Clés, la langue des Vahlerus ?

Lorsque la porte se referma, Ñiniel commença à éteindre les bougies pour plonger la pièce dans l’obscurité. Enfin le mal de tête se calma-t-il un peu. Elle passa doucement la main sur la tâche étoilée de Vahi’Nearii tandis qu’elle continuait de souffler les chandelles.

*Tâchons de dormir maintenant…*

Vahi’Nearii se déplaça nonchalamment du sofa vers le grand lit qui leur tendait les bras. Ñiniel se prépara puis se glissa elle aussi au lit ; elle ferma les yeux et tenta de s’endormir tandis que la petite Dorée plongeait paisiblement au pays des rêves. Regardant par la fenêtre, Ñiniel se laissa emporter par les étoiles. Elle retrouva la constellation du Dragon et se revit aux côtés de Vahi’Nearii. Toutes deux se laissèrent bercer par le silence de la nuit, et Kishi les invita dans son royaume. Elles ne parlèrent pas de ce qui s’était passé ce soir. Tout avait été dit.

[FIN]




Contenu Sponsorisé





MessagePosté le: Aujourd’hui à 04:34 Revenir en haut

Montrer les messages depuis:      
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet


 Sauter vers:   



Sujet suivant
Sujet précédent

Index | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001/3 phpBB Group :: Dgf GuildWars :: Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Traduction par : phpBB-fr.com
Create by dagonfield genesis :: by nerevare

Anneau des JpC par TourDeJeu