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Amaélis Yodera
Chevalière Errante
Chevalière Errante

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MessagePosté le: Lun 24 Nov 2014 - 02:47 Répondre en citantRevenir en haut

Flarmyaku 918




(avec la participation exceptionnelle


Amaélis n'était pas femme à se poser des questions. Il y en avait une, pourtant, qui tournait dans sa tête depuis bien trop d'années pour pouvoir dire avec exactitude quand elle était apparue. Où pouvait donc bien se trouver la frontière entre le visible et l'invisible, entre la réalité et le rêve ? Existait-elle vraiment ? Puisqu'elle ne voyait le monde que par ses propres yeux, devait-elle en déduire qu'elle ne voyait qu'un seul monde parmi tant d'autres ? La nuit dernière, elle s'était réveillée, et avait vu son corps se tordre de douleur puis se recroqueviller dans un coin de son lit, et ses bras frêles élever le drap blanc au-dessus de sa tête comme un bouclier. Un homme assis en tailleur faisait craquer ses doigts avec la régularité d'un métronome, tandis qu'une femme sans visage roulait sous le lit avec un rire de maniaque – et, de temps à autres, sa main venait furtivement chercher le contact d'Amaélis, qui l'évitait avec des sanglots étouffés. Elle n'avait pas voulu les regarder, pourtant, ils n'étaient pas vraiment là, si ? Pas plus qu'elle-même, alors qu'elle observait la scène comme flottant dans la chambre, intangible. C'était ce genre de nuits qui lui faisait perdre pied, quand elle n'était ni présente ni absente, quand elle était double mais ne se reconnaissait pas tout à fait. Quand elle ne savait plus si elle était l'apparition au cœur d'un rêve, ou bien la rêveuse.

Ithildin était absente. Depuis les évènements du Castel Dolen, elle avait choisi de disparaître, vexée et perturbée par les remontrances d'Amaélis – normalement si silencieuse. Elle arpentait la Sylve, délogeait les oiseaux qui nichaient dans les falaises, et s'autorisait de longues errances au-dessus des nuages ombrageux des Pics de Cendre. Privée de la présence rassurante de sa Liée, la pauvre Neishaane n'osait plus se réfugier au Cìrban Telemna et devait se contenter de subir, nuit après nuit, le poids de ses illusions. Elle s'était bien résolue à aller trouver la vieille Nealyan Shamar, quémandant de quoi alléger son sommeil et fuyant comme une voleuse à peine le flacon entre ses mains, comme poursuivie par des démons qu'elle était seule à voir. Malheureusement, la tisane de mandragore, millepertuis et valériane n'avait été efficace que les premiers soirs. Et les cauchemars étaient revenus, plongeant la Chevalière dans le désespoir et le besoin féroce de trouver un remède. Il devait bien exister quelque chose qui la ferait dormir, d'un sommeil de plomb, et qui ferait taire les hurlements incessants de ses peurs et de ses souvenirs, qui envelopperait son esprit dans un épais voile noir !

Ce soir-là ses pieds l'avaient menée dans l'Allée des Idoles, pour la première fois depuis une éternité. La luminosité commençait à peine de décroître, allongeant les ombres – et Amaélis tentait de les contourner, persuadée qu'il s'agissait en réalité de bras qui se tendaient vers elle pour l'attirer dans leur enfer sans couleur. Les immenses statues la regardaient de toute leur hauteur importante, l'écrasaient d'un regard hostile. Ce fut quand elle entendit une rumeur se propageant de la pierre qu'elle se mit à courir, trébuchant sur les ombres comme sur des racines. Où était-il, cet Ondin aux yeux de pourpre qui lui avait promis monts et merveilles ? Elle l'avait percuté dans les couloirs des Tours, alors qu'elle tentait d'échapper à un groupe d'Aspirants qui s'était moqué d'elle – elle en était sûre ! Elle s'était excusée d'un air effaré, avait prétexté le manque de sommeil, et il lui avait souri, faisant miroiter devant ses yeux vitreux l'existence d'une plante qui l'aiderait à dormir. Nealyan ne la lui donnerait pas, parce que c'était là un produit jugé trop fort, mais lui le pouvait : il en avait des caisses entières ! Entre Chevaliers Dragons, l'entraide était capitale. Alors, où était-il ?
Une main la saisit soudain, et la Neishaane s'engouffra dans un tunnel végétal qui cachait avec succès un minuscule chemin, laissant les branches s'accrocher à ses bras et à ses jambes tandis qu'elle était tirée avec force. Finalement, elle déboucha à l'air libre, dans une clairière qui ne devait pas excéder dix mètres de diamètre, un puits – bouché – trônant en son centre, dévoré par les lierres et la mousse. Quand elle eut recouvré ses esprits, elle reconnut le visage de l'Ondin et se dégagea brutalement de son étreinte. Il arborait un sourire étrange, qui déplut à Amaélis.

Désolé pour ça, tu semblais un peu perdue. Tu m'en veux pas, j'espère ?


Elle lui opposa un silence buté, mais ne réussit qu'à le faire rire doucement. Tout en fouillant dans une sacoche dissimulée sous sa cape, il reprit la main de la Neishaane, la manipulant de façon à ce qu'elle se retrouve paume ouverte, tendue vers lui. Elle le regarda froidement, ses yeux malgré tout agrandis par la peur.

Voilà. Sers-t'en avec précaution, il est toujours plus facile de s'endormir que de se réveiller, hein ? Puis, comme elle ne disait toujours rien : Deux capsules devraient suffire.

Amaélis tira avec curiosité sur les lanières qui fermaient le petit sac, mais ne vit rien d'exceptionnel, et la voix de l'Ondin lui fit relever la tête avant qu'elle ait pu pousser son investigation plus loin.

Maintenant, comment tu comptes me payer ?

Elle ouvrit la bouche, prise de court par la question. Si Ithildin avait été là, elle l'aurait sûrement raillée, et elle pouvait presque entendre sa voix de serpent dans sa tête. Ses jambes se mirent à trembler, à mesure que les sourcils de son vis-à-vis passaient d'une courbe surprise à un froncement agacé. Il répéta sa phrase, d'un ton plus dur, mais Amaélis ne put que hoqueter. Heureusement pour elle, la Neishaane tenait plus de l'animal sauvage que de la demoiselle en détresse, aussi son corps opta-t-il sans attendre pour la fuite. La main de l'Ondin la frôla au moment où elle détalait.

Elle courut, poursuivie par une personne réelle, et, que cela ait dû la faire rire ou l'effrayer encore plus, elle ne ressentit pourtant rien de plus ou de moins. Le danger ne lui paraissait pas plus ou moins réel que quand elle fuyait des ombres. Sans savoir si l'autre Chevalier la suivait de près ou de loin, elle courait, le sac pressé contre sa poitrine.
Surgissant d'un fourré, Amaélis risqua un regard en arrière pour voir ce qu'il en était, et ce qui devait nécessairement arriver quand on s'autorise ce genre d'acte irréfléchi... arriva. Elle eut à peine le temps de voir le banc avant que son genou ne le heurte, la faisant basculer par-dessus et manger la poussière par le nez. Elle ne réprima par un gémissement de douleur, roulant sur le côté. Quand elle rouvrit les yeux, deux fanaux d'or liquide et mouvant la fixaient avec inquiétude. La Neishaane écarquilla les yeux de terreur, vérifia que le sac était toujours en sa possession – fermé –, et maudit intérieurement chaque atome de ce Kaerl maudit. Elle tenta de se relever, consciente que l'Ondin était toujours à sa poursuite, mais un nouveau gémissement s'échappa de ses lèvres.

Vous saviez qu'on pouvait trouver des champignons, ici ? Ils sont très bons avec de la crème.

Amaélis se mordit la langue. Pourquoi n'arrivait-elle jamais à se taire quand il le fallait, alors qu'en temps normal le silence était son drapeau ?





Dernière édition par Amaélis Yodera le Sam 29 Nov 2014 - 03:47; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 24 Nov 2014 - 02:47 Revenir en haut

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Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Jeu 27 Nov 2014 - 13:05 Répondre en citantRevenir en haut

Les yeux fermés, le visage offert aux rayons de soleil qui caressaient sa peau, la jeune femme assise sur le banc en marbre savourait la douce sensation de chaleur qui s’épanouissait de son visage au reste de son corps. La chaleur brûlante de l’extérieure se retrouvait atténuée ici grâce à l’océan qu’elle devait traverser avant de les atteindre. Lynaël rouvrit les yeux, ses doigts fins jouant avec une jolie fleur bleue aux reflets violets dont la couleur lui faisait penser aux prunelles d’un certain Ardent, rencontré plus tôt dans le mois. Le souvenir la fit sourire, et la jeune femme reporta son observation sur les calmes jardins qui l’entouraient. Habituellement, c’était plutôt dans son Weyr, ou sur une corniche du Cirban que la demi-sang aimait à se trouver seule pour réfléchir, se reposer où simplement flâner en attendant que le temps passe, lorsqu’elle ne le dépensait pas en entraînements ou en combats. Mais Sherÿan étant partie faire un tour, Lynaël avait déambulé dans le Kaerl, laissant ses pieds la guider au hasard et avait atterris du côté de l’Allée des Idoles.

Surprise, puisqu’elle y passait peu de temps, elle avait levé les yeux vers les grandes statues, toujours aussi impressionnée par leur taille, et admirative de l’œuvre des sculpteurs. La sérénité de l’endroit l’avait enveloppée comme une douce couverture, et elle avait décidé de rester là, se baladant sur les chemins, s’arrêtant près de quelques fontaines et cueillant des fleurs de ci, de là pour s’occuper et les mains, et l’esprit. Vêtue d’une légère robe d’été d’une couleur gris perle et de sandalettes assorties, elle avait laissé ses cheveux noirs lâchés dans son dos, dans une cascade lisse lui tombant au creux des reins. Rares étaient les moments où elle n’était pas en tenue de combat ou de vol à l’intérieur du Kaerl, ce qui expliquait sûrement les regards surpris et appuyés qu’elle avait reçu pendant ses déambulations.
Elle ne s’habituait toujours pas à ce qu’on la reconnaisse, et elle avait dans l’idée qu’elle mettrait un certain temps à ce que ce soit le cas, même lorsqu’elle aurait commencé à s’approcher des sphères politiques afin d’atteindre son but. Pour l’instant, seuls son combat dans l’Agora contre les crabes géants et sa chasse contre l’Ombremage lui conféraient un statut particulier. Lorsqu’elle avait saisis le mot « héroïne » dans l’un des chuchotements à son passage, elle était restée enfermée plusieurs jours dans son Weyr, mal à l’aise. Elle ne comprenait pas, et elle qui aimait ordinairement être au centre de l’attention et acceptait volontiers tous les qualificatifs élogieux que l’on pouvait lui donner, ne supportait pas ce terme qui lui paraissait trop pour ce qu’elle considérait d’avoir fait comme son devoir. Cependant, elle savait aussi que ce mal être venait de la mort d’Aarion, dont elle se sentait curieusement coupable, et qu’elle avait beaucoup de mal à surmonter alors qu’elle ne l’avait pas connu avant cette quête.

Une chaude vague de réconfort submergea son esprit, aucunement du au soleil cette fois ci. Même à l’autre bout de l’île, Sherÿan restait branchée à son esprit et venait d’intervenir. Ainsi perdue dans ses pensées, elle sursauta donc violemment, lâchant le joli bleuet, lorsqu’une masse bascula près d’elle. A moitié debout, les mains dans une position de défense, les prunelles d’or et d’ambre de la demi-sang s’écarquillèrent en voyant que ce qu’elle avait pris pour une menace était en fait une jeune Neishaane dont le visage venait de rencontrer passionnément le sol après une culbute avec le banc en marbre.
Lynaël était parfaitement consciente de la terreur qui enfla dans les yeux de cristal de la jeune fille qui tenta en vain de se redresser avec un petit gémissement. Inquiète qu’elle se soit fait mal dans sa chute, la Chevalière tendit une main vers elle lorsqu’une phrase des plus surprenantes sortit de la bouche délicate et la figea dans son geste. Elle cligna des yeux dans un instant de flottement, puis elle ne put résister : elle éclata de rire.

Des champignons ? Vraiment ? Elle secoua doucement la tête faisant voler ses longues mèches d’ébène et s’apprêtait d’ailleurs à répondre à la jeune femme pour l’aider à se relever lorsqu’une seconde personne déboula dans son coin tranquille. A la vue du regard dur et du visage déterminé de l’Ondin qui venait apparaître, le dos de la Chevalière se raidit vivement et elle figea son regard en fusion sur le nouveau venu, se déplaçant de façon à se retrouver entre lui et la Neishaane qui était toujours au sol.

Bonjour jeune homme.

Elle attendait de savoir ce qui se passait avant d’intervenir, et même si elle devait paraître relativement inoffensive dans sa jolie petite robe, elle avait une dague de cachée contre sa cuisse et elle savait aussi parfaitement se battre à main nue, si jamais il faisait ne serait-ce qu’un geste agressif envers la jeune fille.
Concentrée, Lynaël activa discrètement sa télépathie, effleurant l’esprit de l’ondin pour saisir ses attentions, et ses poings se serrèrent en y trouvant une volonté de vengeance et une détermination sans faille. Ce n’était pas parce qu’elle passait peu de temps ici, que la Chevalière Bleue ignorait ce qui se passait ici dans les recoins des haies et des buissons, et les coins les plus perdus des jardins. Aussi comprit-elle rapidement, aussi facilement qu’il était aisé d’ajouter 2 et 2.

Combien vous doit-elle ?

Le regard curieusement pourpre de cet Ondin quitta enfin la Neishaane pour se fixer sur elle, confirmant ainsi sa déduction. La plupart des vendeurs n’étaient pas exclusifs. A partir du moment où ils étaient payés, ils se fichaient bien par qui c’était. Un sourcil arqué et les bras croisés dans une position sereine et arrogante, Lynaël attendit, le regard attentif au moindre mouvement esquissé par le nouveau venu.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Ven 28 Nov 2014 - 22:44 Répondre en citantRevenir en haut

À cet instant précis, il y avait plein de réactions que la Neishaane aurait pu avoir, mais elle ne pouvait se résoudre à choisir. Le rire de la jeune femme résonnait de façon étonnamment agréable aux oreilles d'Amaélis, car il était si sincère et si chaleureux qu'elle crut écouter pour la première fois le chant d'un oiseau venu de l'autre bout du Rhaëg. Il n'était pas moqueur et acéré comme celui d'Ithildin, il ne possédait pas les contours glacés de celui de Galaad, il ne venait pas avec la douleur sourde de son propre rire – il était inédit, et, futilement, cela laissait la Chevalière Engloutie dans un embarras béat grandissant. Elle se résolut à fermer la bouche, et esquissa un mouvement vers la main tendue de sa nouvelle rencontre quand l'Ondin surgit à son tour des buissons. Instinctivement, son bras reprit sa position de départ : fermement appuyé contre le sac. Son regard passa, affolé, du Chevalier à la direction à prendre pour s'enfuir. Elle devait se relever ! Mais, à nouveau, elle fut coupée dans son geste.

La femme aux cheveux noirs s'était interposée, et Amaélis avait de nouveau la bouche ouverte. Quelle mouche l'avait donc piquée, celle-là ? Depuis quand était-il normal de venir en aide à une inconnue ? Elle n'osait plus quitter sa sauveuse des yeux, de peur de se rendre compte qu'il ne s'agissait que d'un tour de son imagination. Elle vit ses poings se serrer, et comprit alors que son intention de l'aider était réelle. Pourquoi, elle l'ignorait – mais même la Neishaane savait qu'il y avait des moments dans la vie où il ne fallait pas hésiter à laisser les gens vous apporter leur soutien.

Combien vous doit-elle ?

La Neishaane sentit son corps se raidir à ses mots. Mince, comment était-elle au courant ? Son esprit tourna à plein régime. Elle pouvait encore inventer une énormité, pour détourner l'attention, quelque chose comme ça... non ? Ou bien fuir, pendant que la femme lui tournait le dos et que le regard pourpre de l'Ondin était concentré sur elle et non plus sur Amaélis.

Usui Ikeda – car il faut bien le nommer – n'était, pas plus que sa cliente, homme à se poser des questions. Effectivement, un paiement était un paiement. C'était l'une des rares lois ayant le privilège d'être incontestable dans ce vaste monde. Il se fendit de son meilleur sourire. Il ne voulait aucun mal à l'espèce de brindille pathétique qui gisait au sol – qui l'eût pu ? Il détestait simplement la fuite et s'était senti insulté par une telle attitude. Avait-il l'air si méchant et dangereux ? La discussion amenait toujours à une solution, et c'est pour cela qu'il joignit ses mains derrière son dos et se pencha légèrement en direction de la Chevalière, celle qui avait de l'allure. N'était-ce pas, d'ailleurs, celle que l'on accablait désormais du titre d'héroïne, depuis ses exploits contre les crustacés et l'Ombremage ?

Ah, accorte demoiselle, je reconnais bien là l'élan insensé qui pousse les grands cœurs à vouloir aider les faibles, mais je crains que cette histoire ne concerne que notre amoureuse de la terre et moi-même.

Mince, il n'avait pas réussi à penser assez rapidement qu'il aurait pu être judicieux de faire profil bas. Et, comme il était ce genre d'homme, il laissa un grand éclat de rire s'échapper de sa poitrine – sans regard quant à la situation actuelle.

Mais quel imbécile suis-je donc ! J'ai deux grâces qui se proposent de me payer, et je veux jouer les honnêtes gens ! Ferais-je donc affront aux Dieux, en refusant les privilèges qui viennent avec mon charmant sourire ?

Tu sais même pas compter ? Y'en a qu'une qui a demandé.


À quatre pattes, tentant tant bien que mal de se redresser, Amaélis semblait avoir moins de mal à s'exprimer. Sans doute était-ce parce qu'elle fixait la direction opposée aux deux autres protagonistes. Alors qu'elle luttait comme une forcenée, réprimant entre ses lèvres serrées un sifflement de douleur, elle se demanda soudain si cette réplique était vraiment la meilleure pour s'assurer que la jeune femme aux cheveux noirs ne lui tournerait pas le dos. Elle finit par tenir à nouveau sur ses jambes, quoique son genou l'élançait terriblement, le sac toujours serré contre elle. Elle croisa le regard assombri de l'Ondin.

Si tu refuses de procéder à un échange, tu n'es rien qu'une voleuse, demoiselle. Qui aime les voleuses, je me le demande ? Sûrement pas la justice – pas ma justice, en tous cas.

Et, avec ça, il ouvrit les bras d'un air désespéré.

Alors même que la très grande Chevalière Mël'aryn te fait l'honneur de prendre ta défense ! Soit, tu ne me laisses pas le choix. Rends-moi ce sac, je te prie.

Les yeux de la Neishaane s'écarquillèrent, et elle esquissa un pas en arrière qui lui arracha un cri de douleur.

Non.

Elle est terrible, hein ? On éduque mal les gamines, de nos jours.


Il ricana en voyant Amaélis tenter une nouvelle fois la fuite – vainement. Quant à celle-ci, elle ne comprenait plus rien. Comment pouvait-il être aussi insolent alors qu'il vendait des marchandises illicites ?



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Sam 29 Nov 2014 - 14:36 Répondre en citantRevenir en haut

Lynaël ne pouvait pas voir la surprise qui s'était peinte sur le visage d'Amaélis lorsqu'elle s'était interposée. Mais si cela avait été le cas, elle en aurait été curieusement émue, car malgré ce que les gens s'obstinait à dire, elle ne se sentait pas comme une héroïne, pas même lorsqu'elle défendait les plus faibles, comme ici.
A la position que prit l’Ondin face à elle, Lynaël sut que ce qui allait sortir de cette bouche serait plein d’une insupportable arrogance. Et elle avait raison.

- Ah, accorte demoiselle, je reconnais bien là l'élan insensé qui pousse les grands cœurs à vouloir aider les faibles, mais je crains que cette histoire ne concerne que notre amoureuse de la terre et moi-même.

Insensé ? La demi-sang arqua un sourcil. C’était une façon de voir les choses. Ceci dit, ce qu’elle trouvait insensé, c’était le comportement du jeune homme qui allait tâter le fil d’une de ses lames s’il ne répondait pas rapidement avant de déguerpir. La patience n’avait jamais été le fort de Lynaël, que ce soit son sang fëalocë ou son sang elfe, aucun des deux n’était fait pour lui en apporter. Il éclata d’un rire qu’elle aurait pu trouver charmant dans d’autres circonstances, mais qui manqua de la faire grimacer à cet instant. Il l’agaçait prodigieusement, tout autant que les paroles qui sortaient de sa bouche.
Un sourcil arqué et un sourire en coin, la Chevalière le laissa parler, peu encline à entrer dans son jeu de provocation. Ce dont ne se priva pas la jeune Neishaane derrière elle qui lui répondit d’un ton cassant, mais le regard à l’opposé. Moui.. C’était un bon début.

Lynaël fronça les sourcils lorsqu’elle tenta de se lever, et la regarda faire. Non pas qu’elle ne veuille pas l’aider, mais elle ne pourrait pas réagir si l’Ondin tentait quelque chose et qu’elle avait les bras pris par la frêle silhouette vacillante. Cependant, elle lui frôla le bras, l’incitant gentiment à s’asseoir sur le banc avant de reporter ses yeux d’or et d’ambre sur le nouveau venu. Elle soupira à l’air théâtral qui imprégnait chacune de ses phrases puis retint une grimace. « La très grande » ? « L’honneur de prendre ta défense » ? C’est pas vrai, même les vendeurs au marché noir s’y mettait. Elle soupira à nouveau, ce qui lui arrivait de plus en plus ces derniers temps et se retourna vivement en entendant le cri de douleur de la Neishaane, et la réplique insolente de l’insupportable jeune homme face à elle.

Bon, cette fois-ci ça suffisait. Avec un claquement de langue agacée, Lynaël attrapa les deux bras de la Neishaane malgré son air effrayé et la souleva à moitié pour l’asseoir sur le banc en marbre avant de la voir tomber à nouveau et briser son genou déjà bien atteint. Elle lui intima de ne pas bouger d’un regard sévère puis reporta ses yeux sur l’Ondin, avec un air qui exprimait clairement qu’elle était à bout de sa patience.

Bien. Maintenant que tu as bien joué de ta virilité et que tu as montré que tu pouvais lui faire peur et que tu étais attaché à la justice, elle ricana alors que son ton s’était fait clairement ironique sur la fin de sa phrase, puis enchaîna, tu vas me dire ton prix pour ce qu’il a dans ce sac, avant que je ne décide soudainement que l’éradication du marché noir est devenue ma priorité première.

Elle croisa les bras, son regard comme son visage n’admettant aucun refus, aucune remise en question. Elle était venue ici pour se détendre, et ce gamin commençait sérieusement à lui taper sur le système. Cela tombait bien, elle n’avait fait que deux heures d’entrainement aujourd’hui. Un petit combat lui ferait le plus grand bien, cela lui permettrait de décompresser. Avec un sourire de prédateur, Lynaël bougea les doigts et remua un peu des épaules comme pour s’échauffer. Bien, finalement, elle avait presque envie que l’Ondin recommence à se lancer dans ses petites piques insolentes rien que pour avoir la possibilité de lui taper dessus.
Amaélis Yodera
Chevalière Errante
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MessagePosté le: Dim 30 Nov 2014 - 13:36 Répondre en citantRevenir en haut

Finalement, peut-être que la Neishaane avait un peu trop dramatisé la situation. Elle avait eu peur, l'espace de quelques instants, quand la Chevalière l'avait saisie par les bras et déposée sur le banc – comme on aurait voulu punir un enfant – puis avait finalement compris que ce n'était certainement pas par envie de nuire. Pas pour le moment. Il fallait bien avouer qu'Amaélis, aussi insupportable fût-elle, faisait bien pâle figure face à Usui – et c'était tant mieux. La Chevalière Mël'aryn avait de toute évidence décidé de s'en prendre à l'Ondin plutôt qu'à elle.

Si Ithildin avait été là, elle aurait probablement pu la mettre en garde, et jamais la Neishaane ne se serait retrouvée dans cette situation-là. Elle l'aurait empêchée de faire confiance à cet Ondin de malheur ! Quoique... Il n'avait rien fait de mal, si ? C'était elle qui n'avait pas réfléchi, une fois de plus. Il était tout à fait normal qu'il demandât quelque chose en échange, après tout, il n'avait jamais insinué que ce serait gratuit. L'absence de l'Airain lui donna l'impression de petites aiguilles plantées dans sa conscience, et le manque de sommeil rampa jusqu'à son esprit – troublant sa vue et son jugement. À ses pieds, l'ombre du banc semblait se tordre, et elle remonta les jambes de façon à ne plus toucher le sol. Ainsi, elle serait en sécurité. Résolument, elle tenait toujours le sac de pavots serré contre sa poitrine, mais ses forces l'abandonnaient progressivement.
Avec des yeux ronds, noyés de fatigue, elle tenta d'observer la suite des évènements.

De son côté, Usui fit le choix – peu difficile au demeurant – d'être payé. Alors qu'il enroulait nonchalamment une mèche de cheveux autour de son doigt et qu'un sourire relevait ses lèvres en demi-lune, il accueillit les paroles acerbes de la jeune femme sans broncher ni se départir de son amusement passif. Quand il remarqua son changement d'attitude, en revanche, il comprit que le temps était réellement venu de faire profil bas. Il avait autre chose à faire de sa soirée.

Eh bien, je suppose que l'on peut parvenir à un arrangement. Si je voulais me faire botter le train, je serais rentré dans les Crocs d'Argent, pas dans le commerce. Son sourire s'agrandit, soudain comme animé d'une volonté propre. Partons sur une base de vingt pièces d'or. C'est assez raisonnable pour ce que c'est, il me semble.

Il allait chercher sa marchandise jusqu'en Orën après tout, et il avait des producteurs à payer. La menace d'un souffle de Dragon n'était pas toujours un bon parti pris – l'argent fidélise beaucoup plus que la violence, voilà ce qu'il avait appris. Et la fidélité était une qualité importante. Les yeux presque fermés, il tourna son visage en direction de la Neishaane. Celle-ci, toujours assise sur le banc, tentait de compter sur ses doigts pour se donner une idée du prix évoqué par l'Ondin. À cette vue, Usui ne put s'empêcher d'éclater de rire, au risque de s'attirer les foudres de l'une ou de l'autre.

Et tu osais te moquer de mes talents en mathématiques ? Tu caches bien ton jeu, Chevalière Airain !

Ladite Chevalière Airain sursauta presque, agita les mains avant de les reposer sur ses genoux, immobiles, et laissa les fleurs de la honte s'épanouir doucement sur ses joues pâles. Battant lentement des cils, elle leva les yeux en direction de la jeune femme, ignorant superbement l'Ondin.

Vous n'êtes pas obligée...

La Neishaane ne parvint pas à finir sa phrase, car son regard avait dérivé et s'était fixé sur un point près de la Demi-Sang, empli de terreur. Elle se recroquevilla sur elle-même, et pointa un doigt tremblant en direction du sol, sûrement un peu trop révulsée pour quelqu'un qui regardait... une simple ombre qui s'allongeait dans leur direction. D'une voix faible, elle réussit néanmoins à les mettre en garde.

Attention, si elle vous touche vous allez peut-être disparaître.

Après quelques secondes de silence, Usui s'esclaffait à n'en plus pouvoir.



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Dim 30 Nov 2014 - 18:27 Répondre en citantRevenir en haut

Malgré l’envie qu’elle avait de faire disparaître l’arrogance et l’insolence du visage de l’Ondin, Lynaël ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin à la première partie de sa réponse. Brave garçon, il y avait donc de l’intelligence derrière cet agaçant regard pourpre. De plus, il fallait avouer qu’il était facile à la demi-sang de faire le lien avec son propre comportement. Bien que les derniers événements aient participé à l’assagir un peu, elle ne pouvait sciemment nier avoir la même arrogance et insolence au quotidien que le jeune homme qui lui faisait face.
Ceci dit, ce n’était pas parce qu’elle trouvait amusant de l’imposer aux autres, qu’elle appréciait le retour de manivelle. L’idée de Karma prenait tout son sens sur Tol Orëa plus qu’ailleurs, et c’est pour cette raison qu’elle ne s’agaça pas lors du prix annoncé. Elle le laissa même taquiner la Neishaane qui comptait sur ses doigts, et elle répondit d’un doux sourire à cette dernière lorsqu’elle s’adressa à elle.

Lynaël s’inquiéta un instant en voyant la pure terreur qui habitait le visage de la jeune femme, et suivit son doigt pour voir… Pour ne rien voir en fait. Rien à part son ombre qui s’allongeait lentement avec le mouvement du soleil et ses déplacements à elle. Clignant des yeux, un arqua un sourcil, pas vraiment sûre de ce qu’elle devait répondre, mais heureusement pour elle, l’ondin éclata de rire, ramenant son attention sur lui. Elle eut, elle aussi, un sourire de sale gosse et s’avança de quelques pas vers lui, l’air mutin.

Revenons à ce prix…

Cela eut pour effet de couper net son rire, mais elle ne savait pas si c’était ses mots, son avancée ou le visage qu’elle arborait qui avait déclenché cela. Elle lui adressa un sourire félin mais éclatant à cette réplique, puis s’avança encore de quelques pas en ronronnant.

Si je vous donne vingt pièces d’or, je vous défie en combat singulier, où la victoire me rapportera vingt pièces d’or. Pour quinze pièces d’or, je vous laisse filer sans toucher à votre joli minois, et vous gardez votre rémunération.

Elle n’était plus qu’à un mètre de l’Ondin. La tête penchée sur le côté, le regard flamboyant, elle avait sur le visage un air de chat qui s’amuse avec sa proie. Un sourire mutin mais charmeur sur les lèvres, elle défiait le jeune homme d’accepter de se battre contre elle, juste pour avoir l’immense plaisir de faire disparaitre ce sourire, mais aussi parce qu’elle aimait ça, tout simplement.
Cela n’avait rien avoir avec ses activités de marché noir. Lynaël n’était pas assez propre sur elle pour pouvoir porter le blâme sur les passes temps illicites de chacun. Surtout lorsqu’elle ne manquait pas de faire chanter une personne sur deux pour avoir ce qu’elle voulait. Non, Usui était juste tombé sur la mauvaise personne au mauvais moment, et se retrouvait donc face à ce choix.
Ou il cédait et repartait avec quinze pièces d’or. Ou son égo l’emportait, à la grande joie de la demi-sang, et il décidait d’accepter le défi, et repartirait donc avec quelques bleus et aucune rémunération.

Elle avança encore un peu, réduisant encore la distance entre eux, attentive au moindre mouvement hostile qu’il pourrait faire, mais sans perdre contenance. Et toujours avec un sourire qui lui renvoyait toute l’arrogance, le charme et l’insolence dont il avait fait preuve depuis son arrivée, elle pressa sa réponse d’un suave et ronronnant, passant au tutoiement dans une curieuse intensité :

Alors ? Que décides-tu ?




Désolée c'est un peu court, mais je trouve ça plus amusant de te laisser le temps de répondre entre les deux, que d'aller si loin que tu ne pourras pas faire ce que tu veux comme réaction =)
Si ça va pas, hésite pas à me dire Clin d'Oeil
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Dim 30 Nov 2014 - 20:07 Répondre en citantRevenir en haut

Ils ignorèrent tous les deux la remarque effrayée de la Neishaane, et cela n'eut pour effet que de lui faire perdre un peu plus le contrôle sur ses pensées. Ils ne comprenaient pas ! La menace était réelle, elle n'était pas folle ! Elle avait pu les voir, les Ombres, qui se prélassaient juste au coin de l’œil, là où l'attention ne pouvait pas vraiment les remarquer. Elles se traînaient par centaines autour d'eux, et attiraient avec elles les plus oublieux – ceux qui refusaient de les voir se retrouvaient bien souvent dévorés. Ils devenaient aussi des ombres, d'autres sortes d'ombres. Elle se mit à tordre ses doigts, les lèvres retroussées comme celles d'une bête sauvage. Mais ils ne voyaient rien.

Usui avait lutté contre l'envie de faire un pas en arrière, son rire mort au moment où il avait croisé le regard en fusion de la Chevalière. Ah, il connaissait ces yeux-là, ce n'était jamais un très bon signe. L'Ondin n'était pas un prédateur – au mieux, il était opportuniste, et cela allait de pair avec une certaine vision du risque. À ce moment précis, l'indiscutable balance qu'il avait utilisé plus ou moins consciemment tout au long de sa vie, ne penchait pas vraiment en faveur d'un combat. En premier lieu, il y avait le temps que la jeune femme s'était accordée avant de laisser libre cours à son humeur vindicative : ce n'était donc pas une simple tête brûlée pour qui la réflexion passait après tout un tas de choses. Non, elle devait être énervée, avait dû laisser la pression monter à son propre rythme. Plus important, son agacement devait être dirigé contre lui, et s'il était plaisant de briser la patience de quelqu'un, en subir les conséquences n'était que très rarement au programme des festivités.

Il étudia patiemment le visage de sa vis-à-vis avant de parler. Oh, il serait bien trop triste d'étouffer les flammes qui dansaient dans ses yeux – un blasphème ! L'Ondin n'était pas un être de chaleur, mais il était un peintre et savait par conséquent reconnaître la beauté là où elle se trouvait. Devant le sourire félin de la Chevalière, il ne se démonta pas, et lui opposa un rictus peu impressionné. Le silence s'éternisa, jusqu'à ce qu'Usui hausse les épaules en soupirant.

Si c'est bien d'épées dont vous parlez, et pas d'une autre sorte de corps-à-corps, je crains de ne pas être votre homme. Je n'ai pas pour habitude de relever des défis dont l'issue est déjà bien définie. Que pourrait un pauvre artiste face à un fauve tel que vous ? Il n'y a qu'à furieux coups de pinceaux que je serais capable de vous désarmer, demoiselle.

Cette fois-ci, il se recula bien de quelques pas, et tendit la main en s'inclinant – mais l'humilité lui allait aussi mal que ses fanfreluches dépareillées. Il s'apprêtait à parler, mais fut interrompu par un cri venant de la Neishaane. Par tous les Dieux, il avait failli l'oublier, celle-là. Peut-être que s'il la connaissait plus, et si elle possédait une quelconque importance à ses yeux, il aurait tenté de reprendre le sac. Elle était déjà sacrément atteinte, et il doutait que la consommation d'opium pût être considérée comme un moyen d'améliorer son état. Il lui jeta avec dédain un regard interrogateur.

Qu'est-ce que tu as, encore ? Les ombres ne vont pas plus te manger que moi, tu sais. C'est très bien qu'il se passe plein de choses dans ta tête, mais c'est que dans ta tête. Si ce que l'on pensait devenait réel, ça se saurait !

Et il conclut avec un sourire cruel, car il était tout simplement impossible de résister à l'envie de raconter n'importe quoi à la pauvre créature qui se tenait au banc comme si sa vie en dépendait :

Tu serais déjà morte si tel était le cas.

Amaélis perdit son air effrayé et contempla l'Ondin d'un air bizarre. Que voulait-il dire par là ? Elle avait vu tellement de choses qui n'étaient pas censées exister, elle ne pouvait pas arriver à la conclusion qu'elles étaient irréelles. Son regard passa de la Chevalière au Chevalier, curieuse d'en savoir plus.

Vous n'avez pas peur des ombres ? Vous n'avez pas peur de ce qu'elles pourraient être ?



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Mar 23 Déc 2014 - 21:48 Répondre en citantRevenir en haut

L’ondin avait du cran il fallait le lui reconnaitre. Même d’aussi près, elle pouvait voir dans ses yeux que son air effronté n’était pas qu’un masque et qu’il ne se démonterait pas face à son petit numéro de charme. Il avait aussi un certain style de répartie qui fit sourire la jeune femme et le considérer d’un tout autre œil. Avec ses cheveux noirs mi longs et légèrement ondulés qui encadraient son visage mutin avec ses étonnantes prunelles pourpres, le jeune homme était loin d’être repoussant au contraire. Il avait même un certain charme, celui que vous pouviez trouver aux sales gosses, ou aux mauvais garçons. Le charme qui vous attire pour une nuit mais rarement pour plus.
En effet, Lynaël n’était pas de ses femmes à la recherche de défi, désireuses de ramener les mauvais garçons dans le droit chemin pour leurs seuls beaux yeux. Au contraire, elle estimait que chacun pouvait bien faire ce qu’il voulait, tant qu’il ne se mettait pas en travers de son chemin.

C’est donc la raison qui la poussa à sourire face à la réponse de l’ondin, lui accordant cela d’un mouvement de tête sans plus avancer en le laissant récupérer son espace vital en reculant de quelques pas. Après tout, elle avait autre chose à faire que de provoquer ou charmer l’ondin, même si elle se permit une réponse ouverte.

Oh, ce n’est effectivement pas ce que je vous propose pour l’instant, mais l’offre peut changer en une autre occasion.

Avec un petit sourire, elle s’apprêtait d’ailleurs à en rajouter lorsqu’il s’adressa à la jeune chevalière, toujours recroquevillée sur le banc, l’air plus qu’effrayée par leurs ombres qui s’étalaient au sol. Ce que Lyna, soit dit en passant, trouvait des plus inquiétants quant à la santé mentale de la jeune femme au teint si pâle.
Ce que lui dit l’ondin sembla sortir la Neutre de sa frayeur et elle se redressa, l’air à la fois perdu et sincèrement intrigué. Intrigue qui se transféra sur le visage de la demi sang quand elle entendit les questions de la jeune femme.

La chevalière Bleue cligna plusieurs fois des yeux, sans trouver quelque chose à répondre et un peu surprise de la question. Elle essaya d’y trouver un sens logique, mais sans succès. La seule analogie qui lui venait en tête était celle d’un enfant à qui l’on doit expliquer que les monstres sous le lit n’existent pas, et que le noir n’est pas là pour leur permettre de sortir la dévorer.
Sans pouvoir s’en empêcher, Lynaël jeta un coup d’œil à l’ondin qui fixait la jeune Neishaane avec l’air de se demander à quel point son cerveau était atteint, ce qui la poussa à reporter son attention sur la jeune femme aussi.

Euh…

Passant la main dans ses mèches d’ébène pour les ramener en arrière dans un geste presque nerveux, elle fronça les sourcils puis haussa les épaules.

Je ne sais pas vraiment quoi te répondre Chevalière. Toutes les ombres ne sont pas néfastes, et pour avoir côtoyé celles que pouvaient faire apparaitre et contrôler Drazahir, je crois que la différence est d’autant plus détonante.

Haussant à nouveau les épaules puis elle fixa la Neishaane dans les yeux et lui adressa un léger sourire.

Les ombres ne deviennent des monstres que dans notre tête, ou par l’action de la magie contrôlée par une mauvaise personne. Les ombres sont comme le feu, l’air et tout autre élément élémentaire. Il est inoffensif, sauf si celui ou celle qui la contrôle est mal intentionné.

Sa voix s’éteignit et elle s’arrêta là dans son explication compliquée parce qu’elle ne voyait tout simplement pas ce qu’elle pouvait ajouter, surtout qu’elle ne comprenait pas bien le but de la question, ni même la signification réelle de ce qu’elle venait elle-même de dire.
Lynaël secoua la tête pour s’éclaircir les idées et offrit un second sourire à la jeune femme avant de se tourner vers l’ondin avec un soupir.

Bien, je n’ai plus très envie de jouer, et j’aimerais que tu répondes précisément à ma question, sans plus de pirouettes aussi douée soit ta langue pour ce genre d’esquive éloquente.

Elle lui accorda un sourire, puis hocha la tête pour appuyer l’énonciation du choix.

20 pièces et tu combats, 15 pièces et tu files en la laissant tranquille.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Jeu 1 Jan 2015 - 21:47 Répondre en citantRevenir en haut

Ah, la Chevalière était donc une joueuse ! Peut-être l'avait-il jugée trop vite, se reposant sur les bribes de conversations glanées au hasard de ses déambulations pour faire de la jeune femme une personne qu'il aurait été malvenu de provoquer. Son sourire et ses mots venaient de lui prouver le contraire : elle avait le sang chaud, tout au plus, mais semblait préférer titiller de la pointe de son épée plutôt que trancher dans le vif sans aucune subtilité. Tout cela était bon à savoir, même si, de toute évidence, il lui faudrait bientôt repartir avec son argent. Usui avait d'autres choses à faire, d'autres clients à rencontrer... il était un homme occupé après tout ! Il ne se privait pas de distractions, mais ne pouvait pas se permettre d'imposer sa délicieuse compagnie trop longtemps. On l'attendait ailleurs.
L'Ondin observa Mël'aryn tenter de répondre à la Neishaane et de la réconforter, et dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas rire ou dire quelque chose de trop. La Chevalière Airain était encore plus étrange que ce qu'il s'était imaginé, et il eut un sursaut moqueur en pensant à toutes les fascinantes absurdités qui devaient se dérouler derrière ses grands yeux de brouillard.

Amaélis, quant à elle, buvait les paroles de sa consœur avec avidité – ce qui ne voulait pas dire qu'elle comprenait tout, loin de là. Les mots s'empêtraient, s'engluaient dans son esprit en plein marasme, et il était très difficile pour elle de tisser les liens de sens qui, d'ordinaire, se nouaient de manière innée entre ses mains froides. La bouche ouverte par la stupéfaction, elle balbutia du mieux qu'elle put :

Non, je... Les ombres, elles vivent dans nos âmes. C'est ce que tu caches dans la nuit parce que tu as peur que ça te fasse du mal. Parfois je vois des choses, ils disent qu'elles sont pas vraiment là, mais elles me blessent quand même. Et dans les ombres, ces choses apparaissent plus facilement.

Elle darda sur la Chevalière un regard rendu étroit par la lutte acharnée contre le sommeil, et dans les clartés liquides de ses iris se mouvaient des formes obscures, comme des créatures de cauchemar tapies dans les profondeurs aquatiques.

Ça te rassure de penser que tu es en sécurité en toi-même ? Tu as de la chance. J'aimerais beaucoup penser que mon esprit est inoffensif.

Malheureusement, la vérité était autre. Alors qu'elle s'était entièrement coupée du monde, les vestiges de celui-ci venaient la tourmenter et refusaient de disparaître. La Neishaane laissa son regard glisser vers les ombres que projetaient les pieds du banc, et redevint silencieuse.

Usui siffla d'un air admiratif. La grande perche blanche était tout simplement folle à lier, et la perspective de discuter philosophie avec cette sibylle grotesque ne l'intéressait pas vraiment. Il se tourna vers la Chevalière Mël'aryn.

Je prends les quinze pièces d'or, et te laisse en compagnie de notre grande penseuse du soir.

Puis, de nouveau à l'attention d'Amaélis :

Ce que je t'ai donné ne te sauvera sûrement pas des hallucinations, Neishaane. Mais si par hasard tu y prends goût, n'hésite pas à revenir me voir.

Il la gratifia d'un sourire torve, les yeux éclatant de mauvaises intentions. Amaélis se contenta de l'observer d'un air vide, resserrant sa prise sur le marbre du banc.



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Sam 7 Fév 2015 - 18:07 Répondre en citantRevenir en haut

Lynaël cligna des yeux face à la réponse de la jeune femme, et ses prunelles d’ambres et d’or habituellement flamboyantes s’emplirent de douceur et de compassion pour la Chevalière d’Airain qui semblait torturée par son propre esprit, dans des proportions quasiment physiques. Fronçant les sourcils, réfléchissant à sa télépathie et les possibilités qu’elle lui offrait, et peut être même d’aider la jeune femme, la demi-sang offrit un doux sourire à la jeune femme en hochant la tête, avant de se retourner vers l’Ondin qui attendait toujours là, et à qui elle adressa un claquement de langue.

Allons, laisse-la tranquille. Je m’occuperais de cela pour elle à l’avenir.

Elle s’approcha de lui, sa main récupérant 15 pièces d’or dans une bourse de cuir à l’intérieur de l’une de ses poches et les lui donna, fixant ses étonnants yeux pourpres.

Allez, file. On t’a assez vu pour aujourd’hui, et sûrement même pour la semaine à venir !

Lyna lui adressa tout de même un sourire aussi vif qu’éclatant avant de faire volte-face pour aller s’asseoir près de la jeune femme. A nouveau, son visage reflétait une grande douceur et ses lèvres s’étirèrent dans un sourire rassurant.

Comment t’appelles-tu ?

Elle lui tendit la main, mais sans la toucher ou prendre la sienne, lui laissant le choix de ses actes, de faire ce qu’elle voulait. Cette Neishaane lui faisait penser à une enfant que l’on aurait battue trop souvent, et qui en serait arrivée au point d’être si brisée qu’elle ne faisait plus que réagir à son environnement, sans savoir comment agir.
Puis la demi-sang posa son pied au sol, dans l’ombre du banc, relevant la tête vers Amaélis avec un sourire.

Tu vois ? L’ombre ne me blesse pas. Elle ne le fera, que si je crois qu’elle peut le faire.

Elle plongea ses yeux dans les prunelles de brouillard de la Chevalière d’Airain et lui sourit à nouveau. Elle éprouvait une affection aussi curieuse que réelle pour la jeune femme qu’elle connaissait pourtant à peine.

Ta volonté aussi a de l’importance dans ce qui t’arrive. Croire que les ombres peuvent te faire du mal, c’est leur donner la possibilité de le faire. Tu comprends ce que je veux dire ?

Elle n’avait pas encore abordé la télépathie car elle n’avait aucune certitude que plonger dans l’esprit perturbé de la jeune femme ne soit pas risquée pour elle, et puisse lui apporter quoique ce soit. Elle devrait en discuter avec Sherÿan, et peut être Naëlyan. Elle n’était pas guérisseuse, mais si son don lui permettait d’aider Amaélis, alors elle essayerait. Et si elle ne pouvait rien faire, elle avait quelqu’un en tête dont c’était le futur métier, et qui pourrait peut-être l’aider et avoir une idée quelconque pour aider la jeune femme, ne serait-ce qu’à récupérer la faculté de dormir d’un sommeil réparateur et sans rêves.
Mais pour l’instant, elle voulait vraiment essayer de comprendre la peur quasi irrationnelle de la jeune femme envers les ombres, et savoir jusqu’où s’étendait cette presque folie qui transparaissait parfois dans les prunelles ivoiriennes d’Amaélis.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Lun 9 Fév 2015 - 04:44 Répondre en citantRevenir en haut

Un bruit de bouche satisfait mais néanmoins déplaisant, une légère courbette en guise de remerciement, et l'insupportable Usui Ikeda, Chevalier Brun du Màr Luimë, avait disparu.

Amaélis l'observa disparaître à travers l'épais brouillard de sa langueur, et remarqua à peine quand l'autre jeune femme vint s'asseoir à ses côtés. Sans en avoir conscience, son esprit chercha à s'appuyer sur celui d'Ithildin – mais elle n'eut comme réponse que le cri des mouettes et la douce brûlure du soleil couchant sur ses écailles. Fichue Dragonne ! Où était-elle quand Amaélis avait besoin d'elle ? Qui était-elle pour la laisser marcher sur ce fil atroce entre les mondes ? Était-ce une punition ? Une nouvelle manière d'enchaîner un peu plus la Neishaane, de la rendre complètement dépendante de l'esprit de l'Airain ? Fichue Dragonne !

Comment t’appelles-tu ?

La Neishaane eut un mouvement de recul, surprise par cette voix à laquelle elle ne pensait plus. Son regard démesurément large engloutit tout entier le visage agréable de la Chevalière, noya la douceur du sourire dans ses larmes – purement physiologiques – et se retrouva finalement à étirer ses propres lèvres, plus par mimétisme que par réel sentiment. Elle ignora cependant avec superbe la main tendue, ne lui accorda même pas assez d'importance pour vraiment réaliser qu'elle était là, et qu'elle l'attendait. Laissant le silence s'étendre, l'Engloutie mit quelque temps avant de se souvenir de la question qui lui avait été posée. En un battement de cils, elle tenta à nouveau de dissiper la brume.

Amaélis Yodera.

Son nom, au moins, elle pouvait le dire comme une évidence. Mël'aryn se livra ensuite à un curieux manège, et Amaélis ne put s'empêcher de frémir en voyant la jambe s'engluer dans l'ombre. Essayait-elle de lui prouver quelque chose ? Avec son air si tendre et sa voix coulant comme une berceuse, la Neishaane sentit le doute se déverser, poisseux, dans son esprit déjà opaque : n'était-elle pas outrageusement gentille ? Amaélis n'aurait jamais soupçonné personne de duplicité – elle ignorait même ce que ce mot voulait dire. À la place, elle accusa mentalement la Chevalière de n'être qu'une création de son cerveau. Oui, cela se tenait : son discours, elle l'avait déjà entendu maintes fois, l'avait déjà prononcé elle-même ! Ah, mais, alors, Usui n'aurait pas été capable de la voir et de lui parler, n'est-ce pas ? Ou bien, la véritable Mël'aryn était déjà partie, et Amaélis, qui avait trouvé réconfort dans sa présence, avait réussi sans le savoir l'acte merveilleux de la duplication. Non, tout cela était bien trop étrange.

Incapable de trancher, la Chevalière Airain décida que, au final, cela ne changerait rien. Elle répondrait à sa compagne du moment, fût-elle réelle ou non. Après tout, le vide ne créait pas de parole.

Ma volonté... Mais je ne peux pas me cacher de ce qui est en moi. Ce qui est dans les ombres, ça m'appartient, je crois. Plus je refuse de les voir, et plus elles sont agressives. Et si j'accepte leur présence – non, je ne peux pas, j'ai trop peur.

Elle leva les mains et se saisit de son propre visage, comme si elle avait soudain peur de fondre – pour une raison inconnue d'elle-même.

C'est depuis la Lande, il s'est nourri de ma terreur et je vois, maintenant. Les ténèbres tapies dans l'âme. Des milliers de choses laissées pour mortes qui roulent sous nos pieds. Tous ces monstres qui sortent de ma bouche, je veux les punir mais je suis leur coupable. Et – je ne supporte pas leur regard, c'est comme si je me voyais – et...

La Neishaane se recroquevilla un peu plus, les yeux perdus dans le vide. Bientôt son discours ne fut plus qu'une succession incohérente de mots. Si seulement elle pouvait dormir.



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Ven 27 Fév 2015 - 19:06 Répondre en citantRevenir en haut

Au fur et au mesure que Lynaël observait et écoutait la jeune femme lui répondre, ses yeux s’écarquillaient jusqu’à ne plus pouvoir. Avec toute la tendresse que la demi-sang pouvait éprouver pour la Neishaane, elle devait avouer que la folie était un doux euphémisme pour ce qui semblait s’être épris de son esprit.
La Chevalière cligna plusieurs fois des yeux, passant une main dans ses cheveux noirs avec un air perdu. Elle ne voyait plus trop quoi dire à la Liée de l’Airain, tout simplement parce qu’elle ne comprenait pas. Mais la voir ainsi recroquevillée sur elle-même à chuchoter des choses incohérentes en pleine terreur lui était insupportable. Certes, Lynaël n’était pas réputée pour son altruisme, mais elle n’était pas insensible pour autant et ne pouvait décemment pas s’en aller en laissant là, Amaélis.

Dans un élan de spontanéité, Lynaël attrapa la main de la Neishaane avec un sourire rayonnant.

Allons viens ! Je vais essayer de t’aider, mais allons marcher un petit peu avant.

Elle avait besoin que Sherÿan les rejoigne, et que la jeune femme retrouve un minimum de clarté d’esprit pour l’écouter et la comprendre, sinon, elle ne pourrait rien en faire. De plus, elle risquait de se perdre dans la tête d’Amaélis, et vu le bordel qui y régnait, elle n’était pas sûre du tout d’avoir envie d’en prendre le risque. Et, pour ce que cela pouvait marcher, elle voulait essayer de changer un peu les idées de la jeune femme avant de tenter son expérience.
Que cela marche ou non, elle écrirait une missive à Meccaya, dès qu’elle aurait quitté la Chevalière d’Airain pour quérir son aide. Elle était persuadée que le céleste accepterait, ne serait-ce que par curiosité et l’envie de soigner quelqu’un de malade. Elle avait entendu dire que c’était un appât irrésistible pour les guérisseurs dont c’était la véritable vocation et le petit Neishaan faisait sans aucun doute parti de cette catégorie.

Elle entraina joyeusement Amaélis à sa suite, à travers les multiples jardins qui s’étalaient dans cette partie du Kaerl. Elle babillait d’une voix solaire et pleine d’entrain, commentant ceci ou cela, parlant de tout et de rien, juste pour s’occuper et pour attirer l’attention de la Neishaane sur quelque chose, l’empêchant de replonger dans ses délires. Ainsi donc, avec un timing qu’elle prit très vite en main, elle lançait, de temps, en temps, lorsque les prunelles de cristal devenaient à nouveau vitreuses..

Oh, regarde ce papillon comme il est beau !

Oh, regarde cette fleur, elle sent si bon !

Oh, regarde cette Verte qui se pomponne avec les roses du jardin !

C’était simplet certes, mais il lui était aisé de s’émerveiller d’un rien, et sa joie de vivre était contagieuse, ne serait-ce que pour tenir les ombres éloignées quelques instants.
Au bout d’un moment, elles s’approchèrent d’une fontaine et Lyna laissa le bout de ses doigts tremper dans l’eau froide. Lorsqu’elle leva les yeux vers Amaélis, elle vit à son visage qu’elle menaçait de retomber dans ses travers. Ses iris d’or et d’ambre parcoururent les alentours à la recherche d’un événement sur lequel attirer l’attention de la Neishaane mais elle n’en trouva aucun. Aussi, dans un élan d’inspiration, elle releva vivement sa main, lançant quelques gouttes d’eau sur le visage de sa compagne. Laquelle eut un air si surpris que la demi-sang ne put s’en empêcher, elle éclata de rire.
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Lun 16 Mar 2015 - 00:29 Répondre en citantRevenir en haut

Lynaël s'empara de sa main, et Amaélis eut soudain l'impression d'être happée dans un nouveau rêve. Le monde tourbillonna follement autour d'elle, se fondant en un kaléidoscope qui la laissa nauséeuse. Ses doigts se resserrèrent comme des serres autour du poignet de l'autre Chevalière, et ses paupières battirent comme des phalènes, irrésistiblement attirées par la lumière que dégageait son sourire brûlant – fanal flamboyant au milieu de la nuit. La Neishaane serait probablement tombée, incapable de tenir correctement sur ses jambes, n'était l'étrange magnétisme de la Sang-Mêlé. Il lui vint un instant à l'esprit qu'elle avait été entraînée dans un de ces contes pour enfants dont elle avait parfois de vagues souvenirs. Et où donc la menait cette fée-là ? Les jardins se déroulaient sous leurs pas, pulsant étrangement au rythme de leur course – qui semblait effrénée.

C'était fascinant, cette façon dont les couleurs apparaissaient sous le souffle incessant de Lynaël. La Neishaane était pourtant familière des voix capables de peindre le réel à leur guise. De chaque mot fusaient des arabesques affolées, qui venaient enlacer l'ombre et l'effacer doucement. Créait-elle toutes ces choses, ou bien Amaélis était-elle aveuglée depuis trop longtemps par les illusions et les ténèbres ? Elle ne se souvenait plus. Les fleurs n'avaient pas ces lianes dangereuses et ces nuances vénéneuses. Les papillons n'étaient pas gris et ternes, et leurs ailes ne s'effritaient pas au moindre bruit. La Dragonne Verte n'était pas tordue dans des positions défiant l'imagination. Était-ce normal ? Elle n'aurait pu le dire. Elle ne se souvenait plus. Elle se laissait simplement guider par le sourire de Lynaël, et par sa voix chamarrée qui décidait de leur chemin.

Puis, la Chevalière Bleue se tut. Lentement, les rubans colorés se retirèrent et retournèrent se rouler dans les poumons de la jeune femme, laissant à l'ombre le loisir d'occuper à nouveau son territoire crépusculaire. D'un mouvement languide, Amaélis se frotta les yeux – car elle avait cru voir en lieu et place de la fontaine la gueule de quelque monstre sorti de terre. Mais Lynaël n'aurait pas plongé sa main dedans si cela avait été le cas, n'est-ce pas ? Que racontaient les contes, déjà ? Qu'arrivait-il à l'enfant imprudent qui s'était laissé charmer par les merveilleuses illusions de la fée ? La peur étreignit la gorge de la Neishaane, dont les yeux s'écarquillèrent soudain, emplis d'une réalisation effrayante. L'horreur lui faisait face, enveloppée comme toujours de lumière et de douceur. Toujours ; mais comment le savoir quand la lumière s'amusait elle aussi à revêtir un habit de ténèbres ? Ses genoux se mirent à trembler. L'envie de fuir était immense, mais plus encore l'était celle de savoir. Elle fut interrompue dans ses réflexions par quelque chose de froid sur son visage. Timidement, elle toucha sa joue ; de l'eau. Tout cela était incompréhensible !

Le rire de Lynaël s'enroula autour de ses jambes et, le temps d'un battement de cils plus tard, la Neishaane se retrouva une nouvelle fois dans ce lieu clair et accueillant que la Chevalière semblait pouvoir créer autour d'elle. À petits pas, Amaélis se rapprocha de Lynaël, les mains désormais occupées à serrer le petit sac en toile durement acquis. Une question venait d'apparaître soudain dans son esprit.

Je ne te fais pas peur ?

C'était une question que se posait souvent la Neishaane. Ithildin se faisait une joie de lui rappeler à quel point elle était effrayante pour ses semblables, et que c'était pour cela qu'elle devait les éviter. Personne n'est aimable avec ce qui l'effraie. Amaélis ne pouvait qu'être d'accord – elle en avait suffisamment fait les frais pour le savoir. La gentillesse était une notion qui échappait à la Chevalière Airain. Jamais elle ne prendrait ce risque. Alors, forcément, l'attitude de l'autre jeune femme la perturbait au plus haut point. Elle tritura sans y penser les liens qui maintenaient le sachet fermé, et posa la deuxième question qui lui brûlait les lèvres.

C'est un pouvoir spécial que tu as ? De pouvoir faire que tout devienne coloré autour, je veux dire.

Sa voix avait repris des intonations enfantines, signe qu'elle avait décidé d'arrêter de se demander à quel point ce qu'elle vivait était réel ou non, et c'étaient avec deux yeux démesurément grands qu'elle scrutait désormais ceux de Lynaël.



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 14:41 Répondre en citantRevenir en haut

Bien qu'elle avait eu un doute, sa diversion fonctionna à nouveau et le regard de la Neishaane retrouva une certaine clarté alors qu'elle s'avançait doucement vers elle. Curieusement, elle n'était pas craintive comme si l'approcher était dangereux. Non, elle s'approchait à petits pas, comme si elle avait peur de l'effrayer, elle. Arquant un sourcil, Lynaël s'apprêtait à dire quelque chose mais Amaélis la devança.

- Je ne te fais pas peur ?

La demi-sang haussa les sourcils. Peur ? La neutre eut bien envie de rire à nouveau, si la candide Neishaane ne l'eut observée avec une réelle réserve, et une vraie curiosité. Elle se croyait vraiment effrayante. Pas comme ces gens qui se plaisaient à faire du mal aux autres, qui aimaient faire peur, mais plutôt comme une chose informe qui fait détourner le regard et accélérer le pas.
Aussi, ce fut plutôt avec douceur que la Chevalière Bleue lui répondit en secouant doucement la tête à la négative.

Non, je n'ai pas peur de toi. Je ne sais pas qui t'as dis que tu étais effrayante, mais en réalité, tu es jolie et plutôt attendrissante.

Un sourire étira les lèvres de la jeune femme et elle haussa doucement les épaules. Elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait ajouter d'autres. Aussi caressa-t-elle doucement le bras de la Neishaane pour appuyer ses dires, ne pouvant attraper sa main décharnée qui serrait le petit sac comme un naufragé s'agripperait à sa bouée.
Mais elle n'eut pas besoin d'ajouter quelque chose puisque, comme une enfant, avec un ton innocent et curieux, et ses immenses prunelles de cristal rivées sur elle, Amaélis posa une nouvelle question.

C'est un pouvoir spécial que tu as ? De pouvoir faire que tout devienne coloré autour, je veux dire.

Il y eu un léger moment de flottement alors que Lynaël clignait des yeux en cherchant vainement une réponse. Alors ça... La demi-sang venait de se trouver brutalement une immense compassion pour ces parents qui devaient faire face aux questions sans queues ni têtes de leur rejetons à cette période de l'enfance où toutes vos phrases commencent par "pourquoi".
La Chevalière passa une main dans ses mèches noires dans un mouvement nerveux et désemparé puis chercha un peu d'inspiration autour d'elle avant de reporter ses iris flamboyantes sur la Neishaane.

Je ne sais pas Amaélis. Peut être. Honnêtement, les choses me paraissent toutes colorées naturellement, alors peut être que je te permets de voir les choses comme moi je les vois ?

Bon. C'était le plus logique et rationnel qui lui était venu à l'esprit, et c'était somme toute la vérité. Mais effrayée à l'idée que d'autres question du même genre n'arrivent, où qu'elle ne décide d'approfondir la question, Lynaël décida plutôt de relancer la conversation sur la Neishaane.

Cela te plait toutes ces couleurs ? Tu aimes ma vision du monde ?
Amaélis Yodera
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MessagePosté le: Jeu 24 Sep 2015 - 12:44 Répondre en citantRevenir en haut

Il n'y avait dans le regard de la Demi-Sang aucune trace de mesquinerie quand elle répondit d'un ton doux que non, elle n'avait pas peur. Le cœur de la Neishaane se serra, tandis que sa mémoire s'amusait à étaler dans son esprit les images de son enfance. Les mots de Lynaël étaient d'une simplicité déroutante, et pourtant, leur impact était puissant. Amaélis baissa les yeux, observant ses bras frêles, ses jambes blanches comme la mort, ses vêtements mal taillés, les mèches négligées et ternes qui tombaient de ses épaules. Elle-même pouvait sentir l'aura froide et opaque qui flottait autour de son être, à moins que ce ne fût que le fruit de son imagination.

La main de l'autre Chevalière effleura sa peau, laissant un sillon de frissons sur son passage, et les yeux de la Neishaane restèrent longuement rivés dessus. C'était étrange. En temps normal, elle aurait eu un rictus de dégoût, ou bien un mouvement de recul – mais la Neishaane était fatiguée. Les années passant, elle avait fini par comprendre qu'elle était trop faible face au monde réel et s'était lentement retirée de celui-ci. Désormais, elle se sentait autant de consistance qu'un fantôme, et quelle importance y avait-il si on la touchait ? Elle n'existait pas vraiment.

Secouant légèrement la tête, elle releva le visage vers Lynaël.

Honnêtement, les choses me paraissent toutes colorées naturellement, alors peut être que je te permets de voir les choses comme moi je les vois ?

L'explication était sensée, et par conséquent, largement suffisante. La Neishaane engloba la scène du regard et eut un sursaut. Il était heureux que Lynaël ne vît pas le monde comme elle le voyait. Amaélis n'était pas altruiste, mais elle ne souhaitait à personne de vivre dans le même cauchemar qu'elle.

Cela te plaît toutes ces couleurs ? Tu aimes ma vision du monde ?

La Neishaane s'accorda un instant de réflexion, laissant les volutes lumineuses voltiger autour d'elle. Aussi loin que pouvait remonter sa mémoire, le monde avait toujours été un dessin au fusain, tout en nuances d'ombres et de lumières – le blanc de la neige, le gris de la cendre, le noir de ses rêves. S'il lui était possible de voir autrement, l'aurait-elle même apprécié ? Cet univers sans couleur était sien, et elle y trouvait une familiarité réconfortante : rien ne pouvait troubler son uniformité. D'un air presque désolé, elle secoua la tête pour signifier sa négation.

Je ne pense pas, c'est assez déroutant. C'est comme quand tu es habituée à quelque chose depuis très longtemps et que ça change d'un coup.

Ithildin aurait probablement prononcé tout un discours sur la stagnation et ses méfaits, mais la Dragonne aurait été hypocrite car elle ne se privait pas pour autant d'enchaîner Amaélis à l'immuable. La Chevalière Airain poussa un soupir, et daigna éloigner une main du précieux sac pour désigner les alentours.

Ça, ça t'appartient, ce n'est pas à moi. Malgré toutes les couleurs, je me sens comme une intruse. Si tu voyais ma vision du monde, tu comprendrais. On est différentes.


Parler de manière compréhensible relevait d'un effort surhumain, et elle sentait son cœur battre la chamade sous sa peau fine. Comme à son habitude, la Neishaane préférait rester prisonnière de son étrangeté – elle n'avait pas de meilleure excuse pour battre en retrait. Par une affirmation simple et irréfutable, elle justifiait sa fuite permanente, son refus puéril de se mettre au niveau de l'autre.



Lynaël Mël'aryn
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MessagePosté le: Mer 28 Oct 2015 - 14:18 Répondre en citantRevenir en haut

Lynaël se mordillait la lèvre inférieure en écoutant les réponses d'Amaélis. Elle ne savait pas si elle devait sourire ou pleurer de la réponse de la jeune femme. Habituellement, la demi sang était quelqu'un de plutôt égoïste. Pas au point de Lhain certes, mais pas non plus au point de se soucier autant du sort des autres.
Pourtant, il y avait quelque chose chez la jeune Neishaane qui lui donnait envie de la prendre dans ses bras et de la débarrasser de tous ces mauvais démons qui semblaient la hanter. Une idée teintée de bleu vint effleurer son esprit et la sang mêlée eut un petit sourire. Il était vrai que depuis son retour de la Lande, il lui arrivait de se soucier un peu plus des autres. Non, elle ne sautait pas sur ses pieds à chaque fois que quelqu'un avait besoin d'elle -il fallait pas pousser non plus-, mais elle se sentait concernée par ce qui pouvait arriver au Kaerl et ses habitants.

Le silence qui s'était installé la sortit de ses pensées et Lyna offrit un sourire à la Chevalière d'Airain. Passant une main dans ses mèches noires, elle s'assit sur le rebord de la fontaine, laissant le bout de ses doigts jouer sur la surface de l'eau avant de relever les yeux sur Amaélis.

Dis moi... Pourquoi as-tu besoin de ça, elle pointa le petit sac que la jeune femme tenait fermement dans ses mains, si tu aimes ta vision des choses ?

Oh, elle ne comptait pas dissuader la Neishaane de prendre ça, après tout chacun faisait ce qu'il voulait, mais elle était curieuse de la raison qui pouvait la pousser à consommer, si ce n'était pas pour oublier les étranges monstres et les ombres qu'elle semblait voir partout. A propos de ça, la demi sang se demandait s'il ne serait pas utile d'emmener la Chevalière d'Airain voir leur Guérisseuse...
Pouvait-on faire quelque chose contre la folie ? Amaélis était-elle malade, ou seulement perdue ?
Tant de questions qui restaient sans réponse, la neutre était de plus en plus tentée de jouer de sa télépathie pour aller faire un tour dans la tête de la jeune femme.

Cette fois-ci, l'intervention de sa Liée se fit sans douceur et un “non” vif et franc éclata dans son esprit, la faisant tressaillir. Il était pourtant rare que Sherÿan s'impose avec autant de force brute à sa volonté. La Bleue était plutôt partisane des négociations et de la douceur, quitte à jouer un peu de manipulation plutôt que ce genre de ton sans appel.
Levant les yeux au ciel, la demi sang se releva en voyant approcher la dragonne qui se posa près des deux bipèdes, des lueurs orangées dans les prunelles. Pourtant, celles-ci s'atténuèrent lorsqu'elle se rendit compte que l'esprit de Lynaël était toujours dans sa propre tête et que la porte de sa télépathie était toujours bien fermée.

°Bonjour Chevalière Yodera.°

La demi-sang tendit la main pour caresser la joue de sa Liée qui mit sa grande tête écailleuse à sa hauteur, rassurant la jeune femme. Très bien, ce n'était pas une bonne idée de se lancer sans savoir où elle mettait les pieds. Aussi se tourna-t-elle à nouveau vers la Neishaane.

Amaélis, je te présente ma Liée Sherÿan.

Elle se mordilla la lèvre inférieure un court instant puis haussa les épaules.

As-tu déjà eu des contacts télépathiques avec d'autres êtres que des dragons ?

J'ai un peu improvisé parce que je ne savais plus trop dans quelle direction aller. Si tu as des idées je suis toute ouïe, et sinon on peut clore dans quelques posts. Ou dans ton post si tu veux t'enfuir xD
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