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 [RP Officiel] Festivités sous de bons auspices Sujet suivant
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Oracle Tol Orëanéen
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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2014 - 11:27 Répondre en citantRevenir en haut

Fin Flarmyaku 918
Juste après l'Empreinte



~°~ Seregon Del Cirth, Gardien du Màr Tàralöm ~°~


Les mots échangés par les premiers arrivés retentissaient comme une étrange mélopée au coeur du Mahalma. Les bannières pendant des hautes colonnades et de la voûtes étaient nombreuses et marquaient la puissance ardente aux yeux de tous. Pour un Banquet, marque de réjouissances et de festivités, il ne fallait pas lésiner sur l'effet décoratif à apporter. Les couleurs ardentes devaient être percutantes, comme pour chercher à faire oublier dès les premiers instants les durs moments sanglants de la lutte contre Drazahir

Seregon était debout, impavide et observant chaque Ardent qui rejoignait le Banquet. Se trouvant dans l’ombre du trône vide de son Seigneur, il était comme un veilleur s'assurant de la rentrée des derniers voyageurs avant la fermeture des portes d'une citadelle pour la nuit et guettant le moindre danger possible à leur encontre. Seregon avait des raisons d'être ici, alors que d'ordinaire, les Banquets d'Empreinte se passaient toujours de sa présence. Il était là car l'Empreinte, en plus d'avoir eu son lot de surprise, était la toute première qui se produisait après l'offensif des Morts-qui-Marchent. Les Ardents, bien qu'étant fiers et féroces, avaient besoin d'avoir le moral alimenté par d'excellentes nouvelles pour contrebalancer le néfaste qui minait les consciences. Le Màr avait perdu des aspirants, des chevaliers et des dragons, Martel avait tenté de renverser le pouvoir alors que les Ardents se battaient pour défendre le Kaerl... Iskuvar était absent. Autant de raisons se profilaient négativement dans les esprits et qui imposait donc au Gardien du Màr de se montrer aux yeux de tous. Heureusement que la ponte de l'incarnate Takhasya avait été superbe et pleine de surprise...Les nouveaux liés apporteront des discussions bien plus intéressantes que l'absence malheureusement si évidente d'Alauwyr. Plus encore que son aspirante Runa Salv avait marqué une Incarnate...

Sans doute que le Banquet se préoccupera plus d'évoquer la force des nouveaux dragonneaux, sauront apprécier l'extraordinaire union entre Mave et son Bronze ; du moins en débattrons. Il relâcha ses épaules, observant toujours l'assemblée plus grandissante encore et qui humait avec délectation les viandes et autres plats variés préparés pour marquer l'Empreinte en beauté. Pour convenir à tous, nombre de mets proposaient les saveurs de bon nombres de régions du Rhaëg. Il était étrange de constater une telle abondance de nourriture alors que le Concile avait proclamé le rationnement. Le dévouement de certains liés avaient permis à garnir les tables et les plats, pour qu'on oublie les durs moments que vivait actuellement le Kaerl, ce malgré la réticence de certains dragons à jouer les intermédiaires voyageurs. L'interstice retrouvé avait été une grande aide...

Bon, le temps approchait de faire un discours. Bien contraint malgré lui de compenser la place de celui qui aurait dû l'énoncer, il fit quelques pas pour sortir de l'ombre et se dévoiler aux yeux de tous. Il garda pour lui l'envie de dire sa façon de penser à Alauwyr. Il le fera quand l'humain reviendra. Le Seigneur n'aurait pas du partir à Qahra, même si ses intentions pour subvenir aux besoins du Màr était louable. Le Kaerl avait besoin de se relever et sa place était plus que jamais dans la ligne de mire de ses adversaires. Martel surtout. Même si ce Sang avait tenté une fois de prendre le pouvoir, il sera capable de recommencer. Seregon ne pourra pas empêcher le destin de se jouer, mais son devoir premier était de préserver le Kaerl. Les luttes de pouvoir se présenteraient très mal si elles explosaient maintenant.

Quand il apparut plus clairement, quelques Ardentss tournèrent la tête vers leur Gardien et le silence s'imposa de lui-même. Seregon, son oeil unique brillant, prit une voix posée mais dotée d'une parfaite autorité naturelle.

''Membres du Màr Taralom, aujourd'hui, nous célébrons une mémorable empreinte. Même si vous sentez au plus profond de vous l'amertume et le désespoir de la dure lutte menée contre Drazahir, désormais anéanti à jamais, votre coeur doit se remplir de joie à la venue de ces jeunes dragons qui ont trouvé leur âme soeur. Leur venue est une renaissance, un nouveau souffle pour nous tous. Je sais que vous pleurez encore vos frères, vos pères, vos amis... comme moi je les pleure ...''

Il baissa la tête, comme pour masquer la brillance de son oeil. Chaque dragon qui avait offert sa vie, il l'avait ressenti au plus profond de ses entrailles. Chaque Ardent, qu'il soit bipède ou dragon, pour chacun d'eux, il avait hurlé leur perte. Le Gardien faisait corps avec le Màr. Ce que le Kaerl ressentait, il le ressentait aussi, à sa façon. Il releva la tête.

''Sachez que Flarmya a pleuré ses Enfants et leur lié, et les a accueillis au sein de son coeur. A son sanctuaire, leurs mémoires seront vénérés. ''

Il n'oubliait pas ce qui s'était discuté au Concile. Là aussi, ce point était important pour aider à garder la cohésion entre tous.

''Mais accordez-leur nos réjouissances, pour honorer leur sacrifice. Que ce jour soit celui de cette renaissance qu'ils vous ont accordée. Vous les avez perdus, mais vous les retrouverez un jour, pour découvrir leur regard souriant d'avoir contribué à regonfler vos coeurs pour aller de l'avant. ''

Il écarta les bras, les relevant un peu vers l'immense voûte.

''Réjouissez-vous pour leurs mémoires et pour les nouveaux liés ! ''



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2014 - 11:27 Revenir en haut

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Mave Arkias
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MessagePosté le: Ven 21 Nov 2014 - 03:51 Répondre en citantRevenir en haut

° C'est hors de question ! Tu ne me présenteras pas au kaerl habillée comme un sac ! °

Mave pesta une nouvelle fois contre le jeune dragon dont l'agressivité déteignait sur son esprit. Ses yeux tantôt si calme étaient maintenant d'un orange rougeoyant des plus inquiétant. Qu'est-ce qu'il n'allait pas ? Môssieur n'était pas content de la tenue de sa liée. Il n'avait qu'à se lier avec un des jeunes pédants présents sur les sables s'il n'était pas content. Aussi butée que le dragonneau, la Torhille était toute à fait satisfaite de son allure et contait bien se rendre au banquet ainsi.

° Tu ne passeras pas cette porte, Mave ! °

° Avec ou sans toi, j'irais ainsi ! °

° Oh, tu auras l'air fine, sans moi, à un banquet en mon honneur. °

Le Bronze s'était désintéressé de la porte de leur Weyr. Celle-là même qu'il gardait jalousement avant sa fière tirade. Son regard perdit en rougeur et il se déplaça d'un air altier vers le lit de sa liée, y prenant ses aises avec la confiance seigneuriale seyant à ses écailles. Gonflé d'assurance et d'orgueil, il fixait d'un air malicieux cette fière femelle qui en était restée interdite.

L'interpelée, quant à elle, posa un œil sombre et agressif vers le Bronze. Qu'ils se soient liés ne signifiait pas qu'elle exécuterait ses quatre volontés sous prétexte que la Torhille avait eu de la chance qu'il jette son dévolu sur elle. La chance n'avait rien à voir là-dedans, elle en était certaine. La chevalière qu'elle était devenue valait mieux que tous les hommes du kaerl, tout simplement.

° Raison de plus pour que ton image soit à la hauteur de ton orgueil. °

° Et une robe est des plus adaptées pour cela, tu trouves ? °

° Tu n'as que cela. Faute de mieux, je préfère marcher aux côtés d'une femme racée qu'à ceux d'un garçon de ferme. °

Si la Torhille avait voulu se montrer cynique, le Bronze, lui, était tout à fait sérieux. Pour lui, il fallait parer au plus pressé. Peu importait que sa liée fut contrainte de se soumettre aux mêmes atours que d'autres femelles aujourd'hui, ses autres habits n'étaient vraiment pas digne de lui et il faudrait y remédier au plus vite.

Shorat sauta à bas du lit et s'avança avec prestance jusqu'à sa liée qu'il sentait vexée et en même temps convaincue par ses paroles. Leur première impression devait être forte, fière, puissante, à leur image. Les corsages et autres chausses usés n'avaient pas leur place dans cette éminente imagerie. Elle le comprenait au travers de son lien. Pourtant, la Torhille sentait une part d'elle s'opposer farouchement à cette idée. Hors de question ! Il en était hors de question ! Jamais plus on la verrait...

Alors qu'une querelle interne partageait son esprit, un bruissement soyeux attira son attention. Le Bronze, assis calmement, désignait tacitement l'objet de cette dispute. Il avait gagné une première bataille.

~o~


Mave trébucha une nouvelle fois et maudit à nouveau le dragon. Celui-ci trottinait à ses côtés, se pavanant avec élégance sous la lumière des torches éclairant les couloirs menant au Mahalma. Ces derniers étaient d'ailleurs déserts. Rien d'étonnant puisqu'ils étaient en retard !

° Nous ne sommes pas en retard, ma liée, ce sont les autres qui sont en avance. °

Bien trop agacée et concentrée pour répondre à son fier compère, Mave se permit quand même un sourire. L'idée lui plaisait et elle nota pour elle-même cet adage qui ne manquerait pas de lui rester.

La Torhille ralentit en apercevant les portes du Mahalma grandes ouvertes et la foule y étant déjà assemblée. Ce n'était pas le moment de faillir. Droite, avançant avec fierté, l’œil déterminé, elle avançait résolument. Shorat la détailla une dernière fois. Les deux liés étaient tendus et le Bronze craignait que ses frères trouvent à redire sur son choix. Il chassa vite ces ombres parasites en se plongeant dans l'esprit de sa moitié d'âme.

Mave était tout ce qu'un bronze digne de ces écailles pouvait rechercher, même s'il faudrait encore fournir de nombreux efforts pour le révéler et l'imposer à tous. Il puisa dans son assurance et son orgueil pour se rassurer. Shorat était fier de cette femelle que Flarmya avait mis sur sa route. Prenant son inspiration, il annonça leur arrivée d'un rugissement étonnamment puissant pour son jeune âge.

Pour sûr, ils étaient en retard. Seregon avait prononcé son discours quelques minutes avant et les conversations avaient repris bon train. Cependant, l'annonce inhabituelle et ostentatoire pour des retardataires fit se retourner nombre de personnalités près des grandes portes. Enfin, un des duos attendus daignait se montrer et il attirait les regards. Ces derniers furent balayés d'un étrange mélange entre insolence et suffisance.

La Chevalière était méconnaissable, pourtant dépourvue de maquillage et de bijoux. Elle arborait des cheveux rassemblés en un chignon assez simple, mais presque élégant. Sa robe somme toute coquette, taillée dans un tissus d'un moire agréable, couvrait ses bras tout en dégageant ses épaules. Cela avait le mérite de mettre en valeur sa gorge nue et ses yeux brillant d'ardeur. Mave n'en avait pas l'habitude. Cependant, elle tentait de faire bonne figure et son corset lui conférant une droiture altière ajoutait à sa prééminence naturelle.

Shorat n'était pas en reste. Le jeune dragon marchait la tête haute, faisant admirer avec fierté la brillance de ses écailles tout en dépliant en partie ses ailes pour gagner en volume. Le Bronze se savait beau et porteur d'un excellent potentiel aussi le montrait-il, éclaboussant au passage la robe de sa liée par une myriade de reflets cuivrés.

La Torhille s'en serait presque amusée, même si intérieurement elle s'en délectait comme beaucoup d'autres. Pour sa part, elle tentait de faire fi des regard sur elle, tentant de les considérer comme normaux. Était-ce d'avoir marqué un bronze ou de porter une robe qui provoquait ces murmures sur son passage ? Sentant Shorat sur le point de tomber d’inanition, elle se dirigea vers les tables dressées, l'appétit ouvert par celui omniprésent de son lié. Yuma avait-il assisté à son empreinte ? Elle ne l'avait pas encore vu.

Du coin de l’œil, elle observait ceux lui faisant office de frères et de sœurs d'empreinte. Peu l'intéressaient. Peut-être inconsciemment poussée par le Bronze méfiant, elle se mit à chercher des yeux celle ayant marquée une incarnate. Par Kaziel ! Quand il s'agissait de nourriture, il y avait presque plus de monde que pendant une attaque de Mort-qui-marchent !


Dernière édition par Mave Arkias le Mar 9 Déc 2014 - 01:18; édité 1 fois
Runa Salv
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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 14:53 Répondre en citantRevenir en haut



La toge blanche cérémonielle tomba aux pieds de Runa lorsqu'elle se déshabilla, glissant sur sa peau d'albâtre malgré ses origines. Bien qu'attendue en compagnie de sa toute jeune Liée, elle se préparait sans empressement, peignant ses longs cheveux ondulés aux reflets alizarine et cinabre. Un banquet avait été organisé en l'honneur des aspirants à peine marqués et d'après les rumeurs qui vantaient déjà l'étrange richesse de cette Empreinte, foule de curieux se presseraient aux portes de la réception.
La petite Incarnate, privée de la vue, flairait les lieux avec prudence pour s'imprégner de son nouvel habitat. La dragonnelle ne s'était pas exprimée depuis qu'elle avait quitté les Sables mais sa bipède sentait tout le mal-être dissimulé et tu par cette dernière.. Le silence fut rompu par le jeune saurien qui ne pouvait se retenir d'avantage.

** Je vais te faire honte. Ils se moqueront de moi pour mon infirmité, et de toi pour t'être liée à une dragonne ratée.. **
** Qu'ils brocardent, lantiponnent et persiflent, qu'importe. Au moins serons-nous le sujet des conversations. **


Runa était femme de cour et de noblesse, habituée des brimades de dames et seigneurs trop pédants pour leur rang ou leurs titres. Elle parla donc avec assurance et défi : que quiconque ose déprécier leur Lien et elle ne donnerait pas cher de la peau du détracteur. Ce banquet ne l'effrayait pas le moins du monde et elle voyait même cet évènement comme une piqûre de rappel à son passé de princesse.
La dragonnelle, elle, si elle avait pu, aurait poussé un long et lourd soupir. Comme si un poids trop conséquent reposait déjà sur ses épaules de juvénile. Au lieu de ça, elle effleurait du bout du museau et des ailes les meubles et les murs alentours à mesure qu'elle se déplaçait lentement dans le weyr. Elle se heurtait parfois à un obstacle, grognait de mécontentement, et reprenait sa route. Runa observait presque avec tristesse ce spectacle, cette absence de lueur et de vie dans les yeux couleur de grège de sa petite âme-sœur. Elle ne savait pas quoi faire. Ni quoi dire.

** Je ne veux pas de ta pitié. **

Sarzeghnet était d'humeur sombre malgré son jeune âge. Mais sous la dureté de ses paroles, elle exprimait également sa force de Reine en devenir.
La jeune femme n'ajouta rien de plus, et ce fut en silence qu'elle finit de s'habiller. Elles quittèrent leur weyr à regrets, pas franchement dans la hâte de se mêler à une foule de visages souriants mais avides de les contrefaire. Au moins allaient-elles retrouver quelques têtes tout juste connues parmi les aspirants devenus Chevaliers..

***


Le Mahalma. Jamais la fëalocë ne s'était rendue en ce lieu car il ne signifiait qu'une chose : le siège du pouvoir de son Maître absent. Elle prit donc le temps de détailler les alcôves et les fresques autour d'elle, non sans une pointe d'amertume au fond de la gorge. Il ne fallait pas qu'elle y pense, ça ne ferait que la ronger..
Les torches embrassaient la flamboyance de sa chevelure de feu alors qu'elle avançait sous leur halo chaleureux, comme jalouses. Les écailles couleur de sang de la dragonnelle luisaient sous l'éclat crépitant des flambeaux, comme attisées. Leurs seules ombres projetées sur la pierre avaient de quoi exciter la curiosité des passants, piqués à vif par la violence de ces deux créatures aux teintes écarlates. Il n'y aurait aucune honte à avoir. Elles seraient l'objet de bons nombres de regards..

Elles arrivèrent quelques instants avant que les portes ne se referment. Le retard n'était qu'une question aléatoire et les Liées n'en n'eurent cure, c'était même plutôt bien vu de se faire un peu attendre. Sans trop chercher à être remarquées pour le moment, elles demeurèrent au fond de la pièce, déjà courtisées par le regard de quelques curieux qui s'écartaient un peu d'elles, plus par méfiance que par envie de leur faire de la place. Mais l'attention d'autrui se déporta immédiatement sur Seregon. Le Gardien du Kaerl se tenait droit aux côtés du trône vide d'Alauwyr lorsqu'il entama son discours dont le sujet fut naturellement Drazahir et sa défaite. Runa était arrivée presque au cours de cette attaque, une semaine après l'invasion des Morts-qui-Marchent. Elle avait été trop jeune pour participer à cette mission et n'y avait donc pas pris part. Pour autant, il était normal de respecter un silence pour ceux qui y avaient laissé leur vie. Une fois le prologue achevé, les hostilités commencèrent : il était temps de se mêler aux charognards.

Runa se tenait droite et d'une fierté sans égale, parée de sa robe longiligne d'ébène agrémentée de quelques petits bijoux d'or et de pierres précieuses d'une finesse certaine. Elle avait tâché de se vêtir de façon noble sans être outrancière. Elle avait l'apanage d'une princesse et d'une politicienne qui cherchait cependant à fuir l'ennuyante compagnie de la plupart des conviés. Nul ne saurait mieux jouer à ces petits rôles mondains dont elle avait le secret depuis son plus jeune âge, après tout. Tout ça revenait en elle comme un souvenir. Comme si c'était hier.

Sarzeghnet évoluait parmi les convives avec l'impertinence naturelle accordée aux Reines Incarnates. Superbe, la dragonnelle sentait les regards s'accrocher à la couleur de ses petites écailles qui faisaient pâlir d'envie certaines jeunes femmes. Loin de s'en satisfaire, elle ignorait toute cette attention. L'absence d'éclat dans ses opales de neige lui conférait un regard cruellement froid et vide, comme noyé de dédain et baigné d'orgueil. Certains invités s'octroyèrent le droit d'effleurer le cuir froid de la petite Reine, mais cette dernière répliqua par une agressivité immédiate, ouvrant sa petite gueule sertie de crocs en aiguilles mais qui sauraient déjà faire saigner. Elle tenta un rugissement féroce pour appuyer son refus de telles familiarités.

** Vous n'en n'êtes pas dignes ! **


Runa poignardait du regard quiconque approchait sa Liée, comme une mère défendrait sa progéniture. Ce fut même avec sécheresse qu'elle chassa quelques inconnus trop envahissants à son goût. Une fois chose faite, toutes deux guidées par la faim, elles se rendirent jusqu'aux tables où reposaient nourriture et breuvages à outrance dans une profusion quasi écœurante. Sarzeghnet hérita d'une pièce de viande qu'elle commença à dévorer tandis que Runa se contentait d'une coupe de vin. Le regard ambré de la fëalocë essayait de s'accrocher vainement à un visage connu. Ses sourcils se froncèrent cependant lorsqu'elle crut apercevoir les traits d'une de ses sœurs d'Empreinte, celle là même qui avait marqué un Bronze. S'il s'agissait bien d'elle, elle semblait maladroitement fagotée dans une robe qu'on lui avait probablement imposée. La fëalocë se permit le début d'un sourire amusé avant de se raviser, s'efforçant de maintenir la mine dédaigneuse et condescendante des nobliaux.

Finalement, ce genre de rencontre qui faisait grand bruit ne lui avait pas manqué. Runa se détourna de l'assemblée et fixa durement le trône non loin d'elle. Ses doigts se crispèrent sur la coupe de vin qu'elle tenait déjà fermement. Ses pensées atteignirent sa Liée qui sembla tout à coup observer ce qu'elle ne pouvait voir. Runa baissa les yeux et inspira profondément, partagée entre nostalgie et colère. Sarzeghnet s'aventura au pied du trône, assurément plus grand qu'elle pour l'heure. Certains y verraient un présage et d'autres une amère ironie.

Pourvu qu'elles puissent bientôt s'éclipser de la foule, ou qu'au moins s'ouvre une conversation plaisante.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
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Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 - 17:29 Répondre en citantRevenir en haut

Veovis était redevenue égale à elle-même. Alors que le Màr se regroupait pour honorer ses nouveaux chevaliers, l'Incarnate était partie chasser, ou batifoler sur les Dôl Nàrë au gré de son humeur. La dragonne avait assez mûri pour juger sa présence nécessaire dans les cavernes, et de son devoir d'honorer l'une de ses pairs en son heure de gloire, il en allait autrement d'aspirants tout juste promus. Ils n'étaient que des bipèdes insignifiants, certains liés à des mâles de valeur mais encore trop jeune pour l'intéresser. Il y avait bien eu la naissance d'une reine, mais Veovis n'aurait eu aucune chance de l'approcher, sa taille ne lui permettant guère de se faufiler dans la foule.

Ainsi donc saluait-elle les festivités comme une délicate source d'ennui. Annah accueillit l'indifférence sournoise de sa moitié d'âme avec philosophie. Le mépris évident de sa reine pour toute forme de relations sociales et politiques avait cessé de la surprendre. Le récent triomphe du lié de Martel mettait celui-ci hors de course - Annah n'avait aucune envie de le rejoindre dans son lit encore chaud de la présence de Jora - et cet état de fait apporterait probablement à Veovis une satisfaction suffisante pour qu'elle oublia véritablement Annah le temps des festivités.

Annah avait pris le temps de réajuster sa robe et sa coiffure avant de se rendre au banquet. En l'absence de Veovis, elle réalisait ces préparatifs d'une main experte aux gestes absents. Il ne lui fallut que quelques minutes pour être satisfaite du résultat, et guère plus pour se rendre au Mahalma et se joindre à la foule bruyante des convives. Formalités obligent, elle dut saluer moult maîtres dragons avant de parvenir à mettre la main sur une coupe de vin, et aussitôt l'eut-elle fait qu'elle tomba sur une jeune maîtresse bleue qui tint absolument à lui présenter son premier aspirant victorieux. L'intéressé s'était lié à un Brun que Veovis eut jugé des plus quelconques, mais son maître ne tarissait pas d'éloges à son égard.

Trop polie pour couper court à la conversation - en l'absence de Veovis, les bonnes manières d'Annah étaient inaltérables - la Fëalocë n'avait pour seule échappatoire que de laisser errer son regard sur la foule des convives, espérant accrocher une présence salvatrice. Son sourire convenu se crispa lorsqu'elle avisa la jeune chevalière bronze... Par Flarmya, devait-elle s'estimer flattée que celle-ci n'ait pas jeté la robe qu'elle lui avait laissée ? Ou avait-elle le droit de se laisser aller à la légitime consternation que lui inspirait cet étalage d'étoffe malmené ? Avec quelques épingles ou une ceinture, il eut été possible d'ajuster la taille, afin que le drapé du tissu s'ajusta mieux. Il paraissait vaguement froissé par endroit... A croire que les Torhills n'étaient pas capable de traiter avec soin une parure délicate...

« ...qu'il puisse faire sa première mission sur Orën, vous ne croyez pas ? »


« Bien entendu. J'étudierai votre proposition avec attention. » répondit machinalement Annah.

Au sourire que lui adressa la maîtresse bleue, elle avait dû apporter la réponse attendue. Avec un soupir intérieur, la Fëalocë s'excusa avant de se fondre dans la foule au prétexte de salutations d'usage. Malheureusement, la maîtresse bleue la suivit quelques pas en retrait, bien décidée à lui remettre le grappin dessus si elle n'avait que quelques mots d'usage à formuler. Annah en vint donc véritablement à saluer d'autres connaissances et à féliciter les nouveaux chevaliers, mais ceux-là ne lui étaient pas familiers et donc peu à même de lui fournir une excuse pour s'attarder. C'est alors qu'elle avisa la chevalière incarnate. Elle ne la connaissait pas non plus, mais tous s'accordaient pour reconnaître aux reines dragons un statut particulier, cela devait bien être assez pour justifier que leurs liées s'accordassent une attention sincère.

«  Ma liée déplore que ces festivités soient par trop consacrées aux bipèdes et la privent de pouvoir saluer comme il se doit l'une de ses sœurs. Pour ma part, je ne peux que vous féliciter pour votre empreinte. » déclara Annah.

Les yeux gris de la Fëalocë demeuraient insondables, son visage n'exprimaient qu'une déférence contenue, qui entend saluer l'un de ses pairs en sa gloire sans vouloir diminuer sa propre valeur. Elle avait tu le handicap évident dont souffrait la petite Incarnate. La fureur de Veovis résonnait encore en son âme, elle savait que sa liée n'eut toléré aucun mot en ce sens.

S'il y avait parole creuse dans son beau discours, c'était peut-être dans la nature même des félicitations. C'eut été mentir que de nier qu'Annah n'avait jamais eu à se plaindre de Veovis, de ses humeurs et des lubies. Le lien d'avec une Incarnate ne ressemblait à rien que la Fëalocë put décemment qualifier de félicité, mais il fallut pouvoir sonder les tréfonds de son âme pour s'en offusquer.



Alauwyr Iskuvar
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 10:57 Répondre en citantRevenir en haut


Esthen Frâlan, lié du Brun Buroth


Le Maître Guérisseur regardait le fond son verre avec un certain dépit. Tout le monde autour de lui était heureux d'être ici à faire la fête et à féliciter les nouveaux liés et leur dragon, mais lui, pas vraiment. Jouant avec ce qui lui restait de jus de fruit, il lorgna un instant le plateau de friands à la viande qui passait non loin de lui. Il se retenait presque de manger, tellement son humeur virait doucement au noir. Être là, alors que ses patients avaient besoin de lui. Il avait des novices et des guérisseurs aguerris pour s'en charger en son absence, mais il savait où était son devoir.

Alors pourquoi était-il là ? Parce qu'en tant que Maître dans son domaine, il avait jugé bon d'être visible, pour le moral de certains. Montrer qu'il était présent dévoilait qu'il gérait parfaitement la situation, que les blessés sur la longue voie du rétablissement étaient bien soignés...Il jouait un peu un rôle à la manière de Seregon... Mais les fausses apparences n'étaient vraiment pas de son goût.

Pour chasser ces mauvaises pensées, il finit par prendre un friand et tout en le dégustant, il aperçut deux jeunes femmes, toutes les deux liées à des incarnates. Il reconnut sans mal Annah Innd'velyn, ainsi que Runa Salv, l'Aspirante du Seigneur Ardent. Elle s'était remarquée pour s'être liée à Sarzeghnet, une jeune saurienne malheureusement aveugle. Il avait bien entendu des félicitations de la part des chevaliers et des maîtres, mais aussi en messe basse des réflexions sur l'incapacité future à cette Reine en devenir d'être capable d'assurer un vol nuptial. Un dragon qui ne voyait pas était déjà considéré comme une tare par quelques Ardents conservateurs... Avalant paisiblement la dernière bouchée de son friand, il se dirigea vers les deux Ardentes. Lui, le Maître-Guérisseur que tous écoutaient, il allait démontrer que cette petite rouge était bien plus forte qu'elle en avait l'air. Il faisait déjà confiance aux oreilles espionnes pour écouter ses paroles.

Il s'approcha et salua avec respect Annah.

''Haute représentante Innd'velyn, comme à chaque banquet, c'est toujours un honneur de croiser un membre du Concile parmi nous. A vous voir, je ne doute pas un seul instant de la pleine forme de l'Incarnate Veovis. Je m'excuse d'importuner votre conversation auprès de la Chevalière Salv. Je venais m'enquérir de la santé de sa jeune liée. Vous savez comment sont les jeunes dragons dès la naissance, tellement excités qu'ils s'en épuisent à en tenir leurs écailles. ''

Il salua ensuite Runa, n'oubliant pas qu'elle était là, elle aussi, en compagnie de sa toute jeune liée.

''Chevalière Salv, je vous félicite pour votre empreinte. L'Incarnate Sarzeghnet a fait un excellent choix en se liant à vous''

Il s'inclina légèrement devant la petite incarnate. Même si elle était jeune, il avait remarqué sa posture déjà royale, qui laissait transparaître sa force de caractère

°Excusez moi de vous interpeller directement, jeune Incarnate, mais je tenais à vous saluer également et à vous féliciter°

Il se redressa, toujours digne lui aussi dans sa posture. Après tout, il parlait sans artifice et sans vilenie en bouche.

''Je pense que Dame Innd'velyn sera d'accord avec moi sur le fait que quoiqu'on dise sur l'Incarnate Sarzeghnet, elle fera une excellente Reine et elle se montrera digne de ses grandes sœurs rouges. Elle est robuste, présente de belles ailes...Le Don entre elle et sa liée compensera ce qui lui fait défaut. ''

Indirectement, il précisait que la dragonne saura voir, si le lien qui l'unit à Runa trouvait la perfection. Il suffirait aux deux liées d'apprendre à partager leur vue. En plus, la dragonelle saura user de ses autres sens. Il avait remarqué que les gens aveugles développaient plus l'ouie et l'odorat que les voyants. Le principe devait être le même chez les dragons. Peut-être que Runa, après le banquet, voudrait en savoir plus... Au moins, il n'abordait pas le sujet de l'absence du Seigneur. La relation maître à aspirante avait été étrange entre eux et Iskuvar absent durant l'Empreinte de sa propre aspirante avait du laissé un coup amer pour Runa. Là-dessus, il ne rentrerait pas dans les détails. Malgré tout...

''J'en connais quelques uns qui seraient fier de vous. Des femmes de caractère ne peuvent que marquer des Incarnates. Dame Innd'velyn, en est un bel exemple. ''



Buroth lui aussi exceptionnellement trainait dans les environs, sous sa forme humaine. Il voulait voir le fameux bronze qui avait marqué une jeune fille. Il ne put les rater et ne put s'empêcher de sourire. Il s'approcha de Mave et la salua d'un hochement de tête.

°Félicitations à toi, chevalière. Félicitations à toi aussi, jeune Shorat. On dirait que votre union améliore déjà bien des choses...°

Il faisait allusion au port de l'habit de Mave, elle qui était plus masculine que féminine. Peut-être qu'elle prendrait la mouche, mais le brun avait fait un compliment sincère.



Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Dim 23 Nov 2014 - 15:50 Répondre en citantRevenir en haut

La Chevalière Noire s'était retirée dans ses appartements après l'empreinte. L'Impératrice a ses cotés n'avait pas dit grand mots depuis la fin de la cérémonie. Cela aurait été normal si son silence n'avait pas laissé à sa liée un sentiment de préoccupation. L'ondine tendit son esprit vers la dragonne pour lui poser une interrogation muette.

Je n'aurais pas pensé souhaiter un jour la présence de la Peste. Comme quoi....

La Noire secoua la tête.

Comptes tu te rendre à la réception ?
Oui, cela permettra de jauger directement l’atmosphère. Nous n'avons pas été très sociales depuis notre arrivée. Notre situation a du se calmer et à priori nous ne serons pas le centre de l'attention. Tu m'y accompagnera ?

La noire ne pris pas la peinte de lui répondre. Bien évidemment qu'elle l'accompagnais. Quelle question idiote. Elle pointa un regard critique sur la tenue de sa liée. La longue robe de soie noire, épousait ses forme, mettant en valeur la pâleur de sa peau. Bras nus, la coupe était peu être un peu simple mais Akieron avait été intraitable. Son sens de l’élégance interdisait la surcharge. Les jeux sur les mouvements du tissus, oui, mais il fallait que le tout soit fluide. La teinte du tissu avait été choisie pour s'accorder avec les nuances de ses écailles et tout ajout ruinerait l'harmonie entre les deux liées. Une partie de la chevelure fut relevée en un chignon haut tandis que le reste retombait sur ses épaules. Rouge et noire, tel son Kaerl. L'implication serais perçue songeât l'ondine par ceux qui pourraient se poser des questions et, si tel n'était pas le cas, ils ne méritaient pas son attention.

Cela te convient ma chère ?
Mmm, moui... ça suffira pour cette fois

Ayae étouffa un sourire, sentant sa compagne transpirer l'orgueil et ne se priva pas de lui transmettre son amusement. La dragonne l'ignora impérialement.


Elles étaient arrivées au bon moment, un peu avant que les portes ne se referment et avaient pu se mêler à la foule sans pour autant attirer les regards. Oh, il y avait eut des froncement de sourcils de certains en les voyant mais rien qui n'ai été inattendu. Les nouveaux chevaliers attiraient bien trop l'attention pour que les deux liées soient remarquées plus que nécessaire. A priori en tout cas.

La plupart étaient des inconnus pour elle d'ailleurs. Sa dernière visite au Mahalma remontait à moins de deux mois, lorsque Lilwen avait été choisie pour être sa maîtresse, à peine débarquée du Le trône du Seigneur était vide aujourd'hui. A son coté se tenait le gardien. Elle l'observa un moment après son discours. Songeuse.

Le frère d'Aubiade, la Gardienne du Kaerl maudit. C'est ce qu'avait laissé entendre Drazahir lors de sa disparition. Elle en avait trouvé la confirmation. S'il était le reflet de sa sœur chez les ardents alors il était bien plus que ce qu'il laissait paraître. C'était une certitude. Elle avait vu une fois le pouvoir de l'une et ne pouvait que supposer celui de l'autre. Elle était la mère du kaerl déchu, était il alors le père des Ardents ? N'était ce pas lui au final le véritable maître du Mar Taralom, son âme, au delà des rodomontades et des prétentions des uns et des autres ? Peut-être...

Qui donc étaient ces quatre là ? Qu'étaient ils ?

Nous en apprendrons plus lorsque le temps sera venu pour nous de retrouver Aubiade.

La chevalière acquiesça. L’énigme qu'étaient les gardiens ne s'effacerait pas comme un nuage de fumée.

Un verre à la main, elle reporta son regard sur la foule, laissant ses yeux glisser sur les visages. Peut-être aurait elle l'occasion de recroiser Quilaïn. Cela l'étonnerait beaucoup que l'elfe esquive cette occasion de jouer. Oui, ces réceptions devaient être un vaste terrain d'amusement pour lui. L'ondine, elle, était curieuse de voir si le courant lui amènerait quelqu'un.
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MessagePosté le: Lun 8 Déc 2014 - 20:20 Répondre en citantRevenir en haut


~°~ Seregon Del Cirth, Gardien du Màr Tàralöm ~°~


Seregon n'était pas bien loin, mais il était juste adossé dans un recoin, un peu dans l'ombre. Son unique oeil renvoyait le pâle reflet des braseros qui réussissait à faire le contour de sa silhouette élancée. Le dos au mur, un pied contre, un bras contre sa poitrine. Sa main libre jouait avec un verre à moitié plein, imposant ainsi au reste de son vin corsé un mouvement circulaire presque parfait. Il observait le fluide se mouvoir. Tout semblait si simple par une simple volonté qui se transmettait à son poignet. Souple, sans obstacle pour se mettre en travers de sa route, le breuvage bougeait avec élégance et simplicité. Oui, si les choses étaient aussi faciles à régir que ce liquide rougeâtre. Il le but d'une traite, achevant ainsi une danse liquide qu'il avait provoqué. Puis de son regard à l'oeil unique, il regarda les Ardents présents. S'ils étaient comme le vin qu'il venait de boire, en le remuant comme il l'entendait, les choses auraient pu être tellement différentes.

Les nouveaux Liés et leur âme-soeur se baladaient parmi les invités, jouant sur les sarcasmes déguisés ou sur les compliments. En même temps, cette empreinte était unique ; comme toutes celles qui s'étaient produites au sein du Màr Taralom. Celle-ci avait été surprendre par la naissance d'une Incarnate aveugle et d'un bronze lié à une femme. Aussi loin qu'il s'en rappelle... Hum, il préféra ne pas remuer de lointains souvenirs, qui se raccrochaient à quelques uns douloureux et difficiles à oublier. Il regarda alors Ayae

Cette Aspirante liée à une noire... Pour l'instant, personne n'avait semblé relevé le léger détail de sa liée. Peut être que les membres du Kaerl était déjà trop soûls pour comprendre ce qui se déplaçait sous leurs yeux. Tant mieux dans un sens, au moins, il aura la paix pour aujourd'hui ; du moins il l'espérait. Ce serait à la limite désespérant de devoir intervenir pour éviter un débordement en pleines festivités....

Son regard solitaire se porta ensuite sur Mave. Qui aurait cru qu'elle allait se lier. Au vue de sa particularité assez... masculine, elle avait marqué contre toute attente un dragon mâle. Restait à savoir si le jeune saurien trouverait une perfection dans le lien qu'il entretiendrait désormais jusqu'à sa mort avec cette jeune femme. Il arrivait que des dragons se lient par nécessité, voulant vivre et cela jouait malheureusement contre eux, où le lien restait imparfait entre lui et son lié.

Puis il termina avec Runa, qui malgré l'absence de son ancien maître, semblait être à l'aise avec sa liée. Une fois que l'Incarnate apprendra à ''voir'' par le biais du Don, tous les ragots sur son handicap s'effaceront logiquement d'eux mêmes. Le temps parlera.

Puis il cessa de fixer les Ardents en appelant un serveur pour se servir d'un second verre de vin...



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Mar 9 Déc 2014 - 19:39 Répondre en citantRevenir en haut

° Elle en améliorera bien d'autres, certifia le jeune Bronze avant que sa liée n'ait pu formuler le moindre mot. °

Mave lui jeta un regard brûlant de colère. Si elle ne s'était jamais cachée derrière les hommes, ce n'était pas pour rester en retrait et faire pâle figure auprès d'un bronze à peine sorti de l’œuf. Le brun l'avait vexée et il le savait, il devait le sentir au plus profond de son esprit. N'attendait-on vraiment d'elle que ce que son sexe lui imposait ? Sombre face au mâle dépourvu d'inimité, la Torhille ne masqua pas son courroux et se redressa avec impudence, drapée d'une fierté involontairement bafouée. Sûrement avait-il voulu la complimenter, mais la manœuvre maladroite avait tendu à créer l'impression inverse.

« Je vous remercie, Maître Buroth. Je pense que Shorat a trouvé en moi la femme incomprise que j'ai toujours été. (Elle soupira avec exagération puis repris). Entre nous, je suis sûre que cela sera du meilleur effet quand nous partirons au combat. »

Son ton avait été froid, se teintant de cynisme. Que l'on ne se mette pas en tête que ce genre de fanfreluches ferait à l'avenir partie de sa garde-robe. La Torhille n'avait sorti cette chose que pour ne pas perdre la face au sein d'une fête où son lié s'était attelé à la faire « bien paraître ». S'il doutait de sa capacité à faire honneur à ses écailles, il n'aurait eu qu'à choisir quelqu'un d'autre. Pourtant, c'était sur elle que son choix c'était porté, en toute connaissance de cause. Mave avait l'ambition et la force pour se montrer plus impressionnante que n'importe quel lié de mâle quelconque. Le comportement du jeune Bronze n'était cependant pas des plus simples à appréhender aussi la Chevalière ne le comprenait-elle pas, ce qui avait le don de l'énerver davantage !

Tandis que l'esprit de la jeune fille s'assombrissait, Shorat en étudiait les méandres les plus profonds. Il était fasciné par les myriades d'accroches que cette âme immature offrait à son goût inné de la provocation. Le dragonneau s'en frottait les griffes, piaffant d'excitation quant aux mille et unes facéties qu'il pourrait jouer à sa liée pour la conformer à ses envies. Il allait l'agacer, la tourmenter, la briser, tout cela pour mieux la faire surgir d'entre ses frères et sœurs bipèdes quand viendrait leur heure. Il fallait que sa liée soit la meilleure d'entre eux, elle qui était la liée d'un mâle possédant tous les avantages de sa race – contrairement à elle. Nul doute à avoir quant au fait qu'il s'illustrerait comme l'un des plus illustres Bronzes du Màr Tàralöm. Il y songeait comme il s'admirait dans le reflet d'un bouclier ornant un garde de la salle.

Le Bronze arpentait joyeusement le Mahalma en ressassant ces agréables pensées. Il glissait entre les jambes des uns et des autres tout en respirant la peine puissance de ces lieux. L’œil brillant, halé d'une teinte verte emplie de malice, le tout jeune dragon releva le museau en admirant le symbole de toute puissance en ces lieux. Le trône du Mahalma, aujourd'hui vide, attirait les regards. Le saurien soupira, s'imaginant déjà souffler à sa liée assise là quelques envies et injonctions, assurant une domination complète sur leur Màr plus puissant que jamais. Quel doux rêve.

Mave perçut les espoirs de grandeur de son lié et poussa un profond soupir en dirigeant son regard clair vers l'objet de ses désirs. Quelle drôle d'envie ! Occultant ces pensées, elle porta son verre de vin à ses lèvres et commença à chercher son maître au milieu de la foule. C'est alors qu'elle la vit. Ayae, l'ondine les ayant accompagnés lors de la « chasse » et étant parti se lier à une empreinte sauvage d'une dorée. Mave ne pouvait contenir le mépris que ce choix lui avait inspiré. Qu'importe leur ascendance, ces dragonneaux n'étaient pas dignes d'intérêt à ses yeux et n'auraient dû l'être pour personne. Ce n'étaient que des moribonds, des parasites qui s'étaient sûrement attachés aux premiers doués venus pour survivre. Pourtant, il y en avait un sous ses yeux, un noir pavanant impunément aux yeux de tous. Shorat, intrigué par le brusque assombrissement de sa liée chercha à en comprendre la cause. Son regard vira instantanément au rouge le plus ardent, rivalisant avec la robe de sa sœur non loin de lui et qu'il vint à bousculer dans son emportement.

Il esquiva un coup de crocs porté par la jeune Reine, mais ne s'excusa pas pour autant, dévoré par la haine qu'il était. Comment cette chose pouvait-elle se mouvoir au kaerl ardent ? Pourquoi la jeune impératrice n'avait-elle pas été déchiquetée par ses frères et sœurs à son arrivée en ces lieux ? Sa présence était une insulte jetée à la face de tous les vrais dragons ardents, ceux nés ici, sur les sables noirs. Personne n'allait-il réagir ? Une dragonne céleste se baladait impunément au kaerl ardent et ces idiots assoupis d'alcool ne mouftaient pas ? Cela ne se pouvait pas ! La Céleste n'avait pas lieu d'exister ici ! Elle devait partir, disparaître de sa vue, sur le champ !

Focalisé sur la dragonnelle sombre, sûrement qu'il ne perçut pas sa sœur, mais cela était allé trop vite, trop loin. Le Bronze grondait furieusement. Il commença à étendre son jeune esprit vers tous ceux qui pourraient l'entendre lorsqu'il communiqua sa haine envers l'abomination souillant le Màr de sa naissance à chacun de ses pas.

° Comment vous, mes frères et sœurs, fiers dragons du Màr Tàralöm, avez-vous pu laisser passer telle injure pour ce kaerl nous ayant vus naître ? Ma mère, la reine incarnate Tahkasya, aurait honte de votre tolérance ! Vous insultez notre race et sa descendance que vous fêtez aujourd'hui en permettant à une dragonne céleste de siéger parmi nous ! °

Son ton belliqueux toucha bien des esprits malgré son jeune âge. Vite, ses paroles furent reléguées et la salle s'emplit d'une clameur d'indignation, chacun y allant de son commentaire et ajoutant des parasites en plus à ce brouhaha grandissant. Le Bronze grogna et sentit sa sœur incarnate touchée par ses paroles. Il tenta de rugir pour imposer le silence, mais il ne fut pas entendu. Il monta alors quelques marches menant au trône dépouillé pour s'élever au-dessus de la foule et la jeune reine l'y rejoignit. Les dragonneaux ayant déjà fait tout le spectacle lors de l'empreinte faisaient à nouveau montre de leur singularité. Adjoignant son esprit à celui de sa sœur, ils imposèrent le silence au Mahalma entier. L'incarnate s'imposa dans les esprits de chaque bipède et dragon présent. Elle prouvait là la légitimité de son statut de Reine, faisant honneur à la puissance de ses écailles. Sarzeghnet dégageait une autorité rendue surnaturelle par son regard absent, et quelque part dérangeant. Personne n'osa interrompre la continuité du discours qu'elle faisait, nourrie dans son argumentaire par le flux de pensées et d'images que son frère bronze lui transmettait.

La connexion mentale entre les deux dragonneaux était forte, rendue fluide par leur compatibilité d'humeur. Les pensées de l'un se propageaient à l'autre aussi Shorat ponctua-t-il la tirade de sa sœur dans une parfaite continuité.

° Je vous demande, frères et sœurs du Màr Tàralöm, de chasser immédiatement de ces lieux la jeune impératrice noire liée à l'ondine Ayae Mugetsu ! °

Le brouhaha reprit alors, de lourds regards convergeant maintenant vers le duo incriminé tandis que d'autres tentaient de défendre les deux pestiférées. La clameur montait, le Mahalma était partagé. Quoiqu'il en fut, l'Impératrice à l'ascendance impure était maintenant l'objet de toutes les discussions, affrontant le regard de braise de deux dragonneaux rongés de haine.


Dernière édition par Mave Arkias le Ven 12 Déc 2014 - 00:25; édité 1 fois
Runa Salv
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MessagePosté le: Jeu 11 Déc 2014 - 18:44 Répondre en citantRevenir en haut



La fëalocë se tenait droite, offrant aux yeux de ceux qui passaient alentour un regard soutenu et perçant, comme pour les défier de s'approcher du fauve qu'elle était et d'entamer la conversation. Après tout, en se liant à une future Reine Incarnate, elle venait de marquer son appartenance à un statut particulier. Pour autant, elle ne voulait pas en abuser. Ce soir, Runa voulait plus ressembler à l'agneau qu'au loup même si ce n'était qu'un déguisement grossier. Ne disait-on pas que tout vient à point à qui sait attendre ? En ce lieu et en cette heure, il fallait seulement faire bonne figure. Mais la soirée allait réserver son lot de surprises..
Certains osèrent venir en avant de la Chevalière. Et quelle plaisante vue. Une femme des plus élégantes et des plus distinguées s'offrit au regard de la fëalocë. C'en était une aussi, d'ailleurs, et ce fut avec un ravissement caché qu'elle accepta les propos de son aînée. Son maintien était noble et pondéré : c'était là femme de cour, le genre de personnes que Runa avait déjà côtoyé à de nombreuses reprises par le passé. Elle détacha cependant son attention de la dame face à elle pour chasser d'un geste vague de la main une maîtresse Bleue trop envahissante et trop bavarde. Cette dernière s'en alla, à demi-vexée par plus jeune qu'elle.
La princesse déchue jaugea à nouveau la fëalocë dont elle ne connaissait pas le nom et son instinct lui dicta d'écouter. Et elle fit bien. L'inconnue était elle aussi liée à une Reine Incarnate. Elle s'accrocha sans gêne à son regard de métal froid avant de répondre avec tout autant de détachement protocolaire que son interlocutrice :

- Je crains que ce lien ne soit à la fois bénédiction et malédiction mais force m'est de constater que vous vous en êtes sortie jusqu'alors.

Trop fière pour formuler des remerciements en bonne et due forme - du moins, pas pour une inconnue -, la Chevalière se contenta de ponctuer sa phrase en s'inclinant avec respect et formalité. Seule demeurait l'étincelle impossible à éteindre de son regard d'ambre qui luisait doucement pour rappeler que l'agneau n'était pas si paisible. Elle chercha d'ailleurs sa Liée d'un simple coup d'oeil, qui pour le moment demeurait sagement assise non loin du trône, avec cette prestance innée qui imposait à la foule autour d'elle à la saluer dignement malgré des pensées parfois plus moqueuses à l'encontre de son handicap. Secrètement rassurée, Runa voulut poursuivre lorsqu'elles furent interrompues par l'arrivée d'Esthen Frâlan, le Maître Guérisseur du Màr. Bien loin d'en être incommodée, Runa salua chaleureusement cet homme qui lui avait appris beaucoup et qui l'avait hébergée pendant les moments de crise entre elle et son maître. Un sourire trahit d'ailleurs sa satisfaction à le voir ici ce soir. En prenant la parole, il annonça qui était la fëalocë inconnue et quelle était sa fonction. Runa en profita pour graver en sa mémoire le nom de sa consoeur liée à une Reine. Au moins n'avait-elle pas eu l'impolitesse de demander son identité à cette dernière : quelque part, elle remercia intérieurement le Maître Guérisseur de lui avoir épargné cette peine.

Le coeur de la jeune Chevalière se serra aux félicitations d'Esthen car elle les savait sincères. Le Maître Brun était de ces personnes à n'avoir cure d'autrui, à ne pas se soucier de la pensée des autres, à ne pas mentir, préjuger et ne pas fomenter de mauvaises choses. Runa tenait peu de personnes et peu de choses en son respect, mais Esthen Frâlan en faisait partie. Elle tira cette fois une révérence ravie et sincère, éloignée de ce qu'imposait simplement les protocoles. Et ce fut sans honte ni gêne aucune qu'elle parla :

- Je vous remercie, cher Maître. Vos paroles ont valeur de loi pour moi. Elle prit un ton plus dur et parla avec plus de fermeté pour poursuivre. J'espère que tous se souviendront de vos paroles avant de commettre un acte qu'ils pourraient regretter tout aussi immédiatement qu'exécuté.

Sarzeghnet n'avait pas ignoré les propos du Brun quand bien même elle n'y répondit pas. Runa venait déjà de le remercier, ce n'était pas la peine de le noyer non plus. Et la dragonnelle était préoccupée par autre chose. Son frère Bronze semblait s'agiter d'une profonde colère qu'elle ne comprit pas immédiatement. Bien que privée de la vue, elle sonda la salle remplie de convives à la recherche de l'objet de cette telle véhémence. Exacerbées, ses pensées se rivèrent sur un duo qu'elle jugeait anormal. Toute son attention se focalisa sur une jeune dragonne noire.. qui n'avait rien à faire ici. Runa à son tour se détacha de la conversation dans laquelle elle était plongée, dardant déjà au loin une Chevalière et sa Liée d'à peine leurs aînées par la cérémonie de l'Empreinte. Le regard de feu de la princesse déchue suivit la silhouette étrange et fausse de la jeune femme aux cheveux d'un rouge passé. Etait-il possible qu'elle se prenne pour une fëalocë.. ?

- C'est une insulte..


Elle n'avait pu retenir son outrage et son visage entier se décomposa, atterrée par cette farce. C'était peut-être pire encore qu'être un demi-sang ! D'un même élan, le sang de la dragonnelle aveugle et de sa liée s'échauffèrent pour des raisons distinctes qui finirent par s'enchevêtrer..
Leur Empreinte avait vraisemblablement eu lieu en dehors du Kaerl et on rapportait qu'il s'agissait d'une couvée de Reine Dorée. Existait-il pire affront qu'une dragonne céleste ne se présente à la cérémonie d'Empreinte d'une Reine Incarnate Valherienne ?
Sarzeghnet fut bousculée par la précipitation de son frère Bronze à aller punir la dragonne étrangère. Elle émit un grognement furieux et claqua durement des crocs à son encontre. Frère ou non, qu'il n'oublie pas sa place. La petite Incarnate était déjà rongée par la colère de sa bipède mais en liant son esprit à celui de Shorat, ce fut un flot de lave qui s'agita dans son corps encore frêle de dragonneau. Oh elle n'allait pas rester sans rien dire, ni sans rien faire.. Certes elle partait avec un handicap mais au moins était-elle née ici, dans les Cavernes Flamboyantes, sur le sable noir, brûlant et coupant comme le verre. Elle était l'héritière d'une Reine Incarnate Valherienne, la Reine Tahkasya ! La jeune Noire était une injure crachée au visage de tous les membres de ce Màr, bipèdes ou sauriens. N'étaient-ils pas eux, aveugles, pour ne pas voir cette profanation ?! Sarzeghnet se laissa guider jusque son frère pour prendre place à ses côtés, sur la plus haute marche aux pieds du trône vide. Voyant qu'en dépit de leur statut ils n'étaient pas écoutés, l'Incarnate aveugle grimpa sur le trône pour y déployer ses ailes et pousser un rugissement mental d'une grande force malgré son jeune âge.

** SILENCE ! TAISEZ-VOUS ! **


Et ainsi fut-il. Son regard blanc et sans vie transpirait pourtant d'une colère sanglante digne des opales ayant viré au vermillon de son frère Bronze. Elle semblait scruter la foule avec sévérité. Elle laissa parler Shorat bien que déjà fébrile de siffler son propre dégoût.
Runa n'avait d'yeux que pour les deux jeunes sauriens avides de répandre leur hargne mais pourtant elle daigna adresser un regard noir envers le duo concerné par ces accusations. Une ondine donc.. Une ondine qui se prenait pour une fëalocë liée à une impératrice noire juvénile née d'une couvée de Reine Dorée.. c'était honteux, pensa-t-elle. Bien que dans le Màr depuis peu de temps, des instincts conservateurs rongeaient la Chevalière Incarnate. Bien que partant déjà d'un terrain raciste et intégriste, son lien avec une dragonne de Reine Valherienne ne faisait qu'accentuer ce fondamentalisme profond.

Sarzeghnet parla avec dureté dans l'espoir de toucher les partisans de ce qu'elle qualifiait déjà comme étant sa cause.

** A peine suis-je née que déjà la honte m'accable.. Comment pouvez-vous ainsi accepter la présence d'une dragonne née dans le désert, de l'oeuf d'une Reine Céleste ? Une dragonne qui s'est liée par dépit à une aspirante à peine formée pour survivre ?! Avez-vous donc oublié les valeurs inhérentes à notre Màr ? Des valeurs de puissance et de gloire ! Frères, soeurs, n'oubliez pas ce que vous êtes, n'oubliez pas où vous vous trouvez ! Mes ancêtres seraient fous de rage face à un tel déshonneur et jamais ils n'auraient approuvé votre indifférence ! **

Quelques voix s'élevèrent, en faveur ou en défaveur des propos de la petite Incarnate. Beaucoup se taisaient, préférant garder le silence face à la petite Reine. Cette dernière poursuivit sans attendre plus de propos de son frère Bronze.

** Moi Reine, je ne saurai accepter pareille impureté et insulte dans mon Màr.. **

Bien que ses opales de lait ne distinguaient que le néant de la cécité, elle parut fixer Ayae et sa Liée comme si elle pouvait les distinguer parmi la foule. La dragonnelle gronda avec fureur :

** J'EXIGE L'EXIL ! **

Dévoilant ses crocs en aiguille dans un sourire carnassier, elle adressa cette dernière pensée tout particulièrement à Ayae avec une grande froideur et presque de la cruauté :

** Pars.. et ne reviens jamais.. **

Car elle la dévorerait. Sarzeghnet n'avait pas articulé le reste de ses propos mais Runa les avait entendu, elle. Son coeur battait plus fort alors qu'elle était accrochée à la vision de sa Liée tout juste née, assise sur le trône du Seigneur absent, admonestant déjà ses ordres de souveraine.


[HRP : me dire si j'ai oublié quelque chose ou quelqu'un !]



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
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Annah Innd'velyn
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MessagePosté le: Jeu 11 Déc 2014 - 23:20 Répondre en citantRevenir en haut

Lorsque l'on avait été, comme Annah Innd'velyn, élevé dans l'art du paraître depuis son plus jeune âge, on disposait d'un certain talent pour arborer en toute circonstance un sourire sincère et convivial. Alors que l'image de Veovis en train d'éviscérer un lapin dans les appartements bien ordonnés de Martel ressurgissait de sa mémoire.

« Je crois que l'on peut dire cela comme cela. » répondit la maîtresse incarnate d'une voix courtoise, optant pour la seule réponse polie qui lui permettait de taire que la principale raison de sa survie provenait du fait que l'Incarnate n'avait pas donné son aval à son trépas.

Au grand soulagement d'Annah, la chevalière incarnate envoya paître une certaine maîtresse bleue et si ses manières frisèrent la grossièreté, Annah était bien aise de cette liberté recouvrée. Elle salua la chevalière et profita du fait que le maître guérisseur venait lui présenter ses respects pour se fondre dans la foule. C'est alors que la tenue mal agencée d'une certaine chevalière torhille attira une seconde fois son regard. Il fallait faire quelque chose pour ce drame vestimentaire, et Annah était bien décidé à parler à Mave, prétextant la féliciter pour lui glisser quelques conseils d'une primordiale nécessité.

C'est alors qu'un flot de pensées courroucées la happa. A les en croire, une Ondine se pavanait parmi eux avec une jeune impératrice noire née d'une Dorée. Annah ouvrit des yeux ronds devant une révélation aussi improbable et balaya malgré elle l'assemblée à la recherche de l'intruse. Les jeunes dragons inconnus ne manquaient pas aux festivités d'une Empreinte honorable...

Pour la première fois depuis qu'elle s'était jointe au banquet, Annah puisa du soulagement dans l'absence de Veovis. Elle aurait probablement jugé clément de les tuer toutes deux, au prétexte que l'Ondine avait laissé passer son unique chance de se lier à un dragon digne de son Màr. Ce fut alors à la petite dragonne incarnate de s'emporter, et par chance pour les intruses, elle n'avait pas encore la taille d'une reine véritable. Ce qui ne l'empêchait pas d'en requérir l'autorité.

Annah prit soin de ne pas sortir de la foule. Bien que liée à une Incarnate et sensible à de tels sujets, son clan la poussait à réfléchir à la situation en terme d'opportunité. Refouler la brebis galeuse signifiait l'offrir potentiellement aux Célestes. Annah était passablement hébétée qu'une fille de reine valherienne put suggérer d'exiler une chevalière noire qui pouvait s'avérer d'une valeur inestimable pour les Célestes si l'envie lui prenait de vendre leurs secrets.

° Hypocrite. Tu voudrais l'utiliser, mais tu sais que répandre son sang est la méthode la plus sûre de s'assurer son silence. Elle n'est pas des nôtres. °
s'immisça Veovis.

° Cette affaire n'est pas de notre ressort. ° se défendit Annah, désireuse de garder son irascible liée en dehors de l'agitation du banquet.



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MessagePosté le: Ven 12 Déc 2014 - 04:06 Répondre en citantRevenir en haut

Finalement il ne regrettait pas de s'être joint au banquet qui visait à ''honorer'' les nouveaux couples Liés, cela faisait bien longtemps qu'il n'avait touché à de la nourriture autre que le juste nécessaire. Plantant sa pique dans un nouveau morceau de viande qu'il enfourna tout aussi sec sans véritablement porter d'oreilles aux moults discussions, Yong'Wu avait réprimé un sourire au discourt de Seregon pour rester d'un calme glacial.

Le Torhil avait toujours eu sa grandeur et son éducation pour lui, ainsi que la puissance d'un entraînement martial. Ses yeux glissèrent jusque sur ses avant-bras décharnés comme l'était maintenant le reste de son corps tout en faisant jouer des doigts comme des serres avant de se ressaisir de sa pique pour prendre un autre morceau de viande.


Il savait Nushi à l'extérieur, celui-ci ne s'intéressait nullement de voir de ses propres yeux quels sacs de viande était leur nouvelle chair à canon, le blanc avait bien d'autres occupations que les choses mondaines ce qui lui donnait une réputation d'associal même parmi ses pairs. Il observa un instant l'éternel balais de la vanité se déplacer et se reconfigurer, éclatant et formant de nouvelles cellules chaques secondes tandis que les maîtres et chevaliers s'assemblaient et se désassemblaient pour discuter de flatteries creuses ou de conspirations ridicule.

* Assez est assez. Je suis repus. *

posant sa pique il jetta tout de même un regard à trois femelles fraîchement Liées qui allaient ça et là, déjà courtisées par des sourires et de belles paroles toutes en sucres. Il garda cependant ses yeux plus longtemps sur la Torhile Liée à un Bronze. Juste en la voyant il pouvait à nouveau sentir ces douleurs au crâne qu'il avait eues à la fin de leur rencontre. Elle était loin d'avoir la grâce d'une dame et encore moins son aisance pour se déplacer dans des habits mondains. L'envie lui prit un peu de se lever pour aller déverser un peu de fiel mais il se décida au dernier moment de rester assis : il était bien mieux sur son séant qu'en train de l'ouvrir devant des gamines.


° Elle est là n'est-ce pas ? Je sens sa présence non loin de toi... °

Il pouvait sentir un certain amusement dans la voix mentale de Nushi, une jubilation quant-à une chose à venir aussi resta t-il muet. Il n'était pas nécessaire de lui répondre, celui-ci savait très bien ce qui se tramait grâce à son don qui ne cessait de se développer avec les années. Yong'Wu se demanda un bref instant jusqu'où irait la capacité du blanc à ressentir ces choses mais il mit de côté ces pensées lorsque des voix mentales s'élevèrent...

L'ordre psychique était venu de l'Incarnate aux yeux opaques, aveugle, laissait-on maintenant la sélection naturelle aux oubliettes ? Il écouta néanmoins, comme tout le monde d'ailleurs.

Les paroles de la petite rouge lui avaient fait hausser un sourcil, un exploit en soi qui dévoilait sous la lumière ses yeux enfoncés et cernés d'un violet profond. La fille d'une dorée en ces lieux ? Était-ce une blague ? Il garda son regard rivé sur la dragonne aveugle tandis que celle-ci déclamait ses paroles enflammées sans vergognes.

° Je l'aime bien celle là. Peut-être lorsqu'elle sera adulte je tenterai de m'accoupler avec elle. Je me demande quelle ribambelle de petits lézards insupportables nous pourrions donner...°

Et ils prenaient leur ascendance au sérieux qui plus est ! Il pouvait presque palper l'autosatisfaction de ces créatures jusqu'ici tant celle-ci était épaisse et gorgeait l'air de son parfum amer. Il glissa ses yeux d'encre sur le petit bronze qui n'était pas décidé à rester en arrière dans tout ceci, y allant lui aussi de ses mots enflammés et pleins de haine.

° Tu pourrais avoir bien du soucis à te frotter à celui-ci lorsqu'il sera adulte. Ce Shorat est un bronze et les deux semblent déjà bien s'entendre bien que frère et soeur. Mais bon, vous ne prenez pas vraiment ce genre de choses en considérations n'est-ce pas ? °

La pique vint alors, il pouvait sentir le délice qu'avait eu Nushi à préparer cet instant, ce plaisir cruel qui se transmettait dans le don et le côté jubilatoire qu'allaient avoir les mots suivants. Yong'Wu contracta ses muscles atrophiés par la malnutrition et se raidi sur son dossier en attendant venir la réponse de son Lié.

° Le Lié de Mave ? S'il se met en travers de mon chemin à ce moment là je lui briserai les ailes. Ce sera dommage pour ta fille, oui, au fait : cette Torhile naine est ta fille, mais je n'en ai cure. °

Il cligna plusieurs fois des paupières, son estomac se révoltant face à cette nouvelle et se leva d'un bond, les mains crispées sur les bords de la table. Des regards se tournèrent vers lui, des yeux qui mirent du temps à le reconnaitre mais attendaient maintenant une participation de sa part au cirque qui se déroulait. Nushi avait vraiment choisi son moment, vil sangouin qu'il était. Sifflant entre ses dents avant de se redresser de toute sa hauteur, le corps à la limite du cadavérique du Torhil était drapé d'un noir profond dénué de parrures qui allaient normalement de pair avec le personnage, il éleva donc la voix car c'était ce que l'on attendait de lui.

“Tu n'as rien à exiger petite rouge. Il te faut encore grandir pour te permettre de telles insultes envers un membre de notre ordre ! Vous tous, ici présents, voyez la descendante céleste, mais ne la voyez pas comme une agression. Les secrets que renfermeront son être, la mémoire qui lui reviendra, sera notre meilleure arme pour en apprendre plus sur ceux que nous affronterons à nouveau dans les airs !”

Intérieurement il maudissait le blanc, lui crachait dessus et pouvait l'entendre rire dans son esprit. Nushi prenait son pied aussi ne devait-il être pas loin pour profiter de la fête ; le blanc était un sadique qui aimait à admirer sa proie blessée gigoter. Parcourant l'assemblée d'un regard courroucé, le maître blanc sorti de table en jettant sa serviette au sol avant de faire mine de partir d'une foulée ample.

“Vous me dégoûtez à vous attarder sur des inepties ! Cette Impératrice Noire est une future ressource stratégique de valeur pour nous et vous voudriez la jeter dehors ? Son ascendance me fait vomir oui ! Mais ce qu'elle promet est bien plus important que mon estomac ! Mais allez-y !”

Il s'était interrompu face à la porte, fixant l'ensemble des gens mais plus précisément Seregon. La main sur la poignée prêt à l'ouvrir avant de partir. Il devait finir ses mots avant de quitter cette salle remplie d'idiots.

“C'est ce genre de désunion qui fera tomber notre Kaerl. Nous devrions relever la tête plutôt que de l'enfoncer dans du lisier et en redemander encore ! Je quitte donc cette salle car mes narines n'en peuvent plus de vous voir mâcher cet infâme gruau plutôt que de penser à notre futur. Pathétiques vermines.”

Ceci fait il parti, Nushi riait à gorge déployée dans son crâne, l'empêchant de penser tandis que le rire continuait, grandissait, enflait, manquait de faire exploser son crâne sous cet amusement non verbeux. Yong'Wu enfonça ses ongles dans la carne de son avant bras, faisant perler quelques gouttes de sang avant de presser le pas pour s'éloigner, du silence, il avait besoin de silence...

Sa fille... elle était sa fille... et le rire continua.

Profitant que son Lié était en pleine déroute le Blanc tourna son attention vers le sang comportant des similitudes et trouva bien vite l'écho de son don. Le petit bronze donc ? C'était le moment de faire un carton plein. Il contacta la petite boule d'écailles, le sourire dans l'esprit et la voix douce comme le miel.

° Bonjour Shorat et bravo pour ton choix... tu pourras d'ailleurs transmettre à ta Liée que Nushi, le Lié de son père, la... félicite pour cette empreinte...°



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MessagePosté le: Dim 18 Jan 2015 - 12:08 Répondre en citantRevenir en haut


~°~ Seregon Del Cirth, Gardien du Màr Tàralöm ~°~


Seregon avait pensé trop vite... La jeune impératrice n'était pas restée bien longtemps dans l'anonymat. Il grinça des dents pendant que son sourcil qui parsemait le dessus de son oeil unique s'affaissait de dépit. Il attendit l'instant propice pour entrer en scène. Des fois, il fallait laisser souffler la forte tempête avant de profiter d'une accalmie pour redresser un navire qui prenait la mauvaise direction. Il aurait pu exprimer de la fierté envers la maturité poussée du bronze de Mave et de la jeune reine de Runa, mais pas pour les pensées qu'ils avaient exprimées. Ils étaient à peine éclos qu'ils prenaient des positions acquises sans savoir réellement de quoi il en retournait. En somme, ces deux jeunes sauriens agissaient par la passion de leur fraîche jeunesse et non par la sagesse de l'esprit. Ils étaient encore trop jeunes pour être capable de sonder les souvenirs de leurs Aïeux... et d'entrevoir ce que leurs actions pourraient provoquer. Car le saut de la petite Incarnate sur le trône vide du Seigneur Ardent ne laissait doute possible sur l'image qu'elle apportait, en plus de la présence de son jeune frère bronze non loin de là. Un ambitieux verrait dans la position de l'incarnate Sarzeghnet un désir secret de Runa à monter dans les hautes sphères. N'avait-elle pas été l'aspirante du Seigneur Ardent même ? La continuité de ses voeux ne laissaient place à aucun doute. Les émotions exacerbées d'un dragon reflétait souvent ce que le lié songeait au plus profond de lui. Mais là n'était pas le soucis de cette image de pouvoir....

Il posa son verre dans un recoin et se rapprocha d'un pas bien décidé vers le trône. Sans laisser le temps à l'assemblée de piailler sur sa venue, il se tourna pour observer le plus de monde possible et se mit à applaudir. En même temps, il n'oubliait pas les paroles émises par des Ardents comme Yong ou d'autres qui avaient encore et heureusement, la tête sur les épaules. Mais cela ne suffisait pas. Maintenant, c'était à lui de remettre les choses en place, avant que des tensions inutiles ne s'ancrent dans le coeur des Ardents et des dragons. Ses applaudissements étaient les seuls et ils finirent par rapidement être le seul écho bruyant à résonner dans l'immensité de la salle. Quand il eut le résultat désiré, il cessa de battre des mains. Il avait toute l'attention sur lui désormais.

''Vous êtes pires que des enfants à vous disputer pour un jouet ! Ecoutez vous tous à rager cette prétendue honte alors qu'aujourd'hui, nous devrions nous réjouir d'avoir de nouveaux liés unis à de puissants dragons en devenir. Est-ce que les origines ont-elles pris une telle importance au point que vous en veniez à vous divisez ? Est-ce à ça que la fierté des Ardents se résument ? Les origines ?

Il regarda tour à tour les Ardents, puis Shorat et Sarzeghnet.

''Vous êtes encore bien trop jeune pour exiger ce que vous avez chacun proférer. Louable est votre désir de mettre en avant les valeurs de notre Kaerl, mais vous ne savez pas sur quoi il s'est construit. Vous ne le savez pas encore. Et vous agissez comme des enfants...''

Ce que les deux dragons étaient d'une certaine manière, même si leur esprit était au-dessus de la valeur d'un adolescent humain vivant dans un Kaerl.

''Oui... tous ceux qui ont rejoint en quelques instants les paroles de ces deux jeunes dragons ont oublié qu'autrefois les Kaerls n'existaient pas et que les Dragons se fichaient des ascendants ! Le temps a fait son oeuvre, et les Lignées se sont séparées avec le temps, génération après génération, mais en plusieurs siècles, combien de Dragons Ardents sont venus gonflés nos rangs en rejetant les valeurs de leur Kaerl ? L'inverse s'est produit déjà. Qu'est ce qui change de la présence d'une jeune Impératrice qui a vu le jour autre part ? Si on applique cette logique aux bipèdes, plus de la moitié d'entre eux devrait partir alors, puisqu'ils n'ont pas tous vu le jour au sein de notre kaerl. ''

Une logique stupide donc au final.

''Quand on regarde bien, même une Incarnate aura toujours un peu de sang Neutre ou Céleste dans les veines. Cela ne lui interdit pas de donner la vie. Et comme cela a été écrié dans l'assemblée, la jeune Noire Akieron apportera un jour le savoir de sa lignée. Cela ne pourra que nous être profitable, en plus de sa propre vigueur en cas d'agression aérienne.''

Maintenant, il fallait un final. La jeune Incarnate, liée à Runa, démontrait malgré son jeune âge d'un grand sens de l'autorité. Le Bronze Shorat, bien que lié à une femme, démontrait lui aussi d'une certaine volonté de fer. Un duo comme cela une fois adulte pourrait faire quelques vagues, ou apporter un grand flot de changement profitable pour le Màr Taralom. Seul l'avenir le dira et il surveillera cela de très loin... Seregon ne pouvait pas accepter que ces deux jeunes dragonnets bafouent l'autorité en place. Donner des ordres étaient une chose, mais ils n'avaient pas ces droits pour le moment. Doucement il regarda la jeune rouge et pénétra dans son esprit pour lui parler. Nul besoin de l'humilier devant toute l'assemblée. Bien entendu, ses paroles résonneraient dans l'esprit du Bronze de Mave. Lui aussi devra se plier à ses décisions.

°Sais-tu que le trône sur lequel tu te tiens n'est pas le tien ? Sais-tu que seul le Seigneur Ardent et son lié, le Noir Estenir auront le dernier mot quand à l'avenir de cette chevalière noire ? En son absence et pour le bien de notre Màr, je décide qu'elle restera avec sa liée. Et je te prierai de pas chercher à lui nuire. Je n'ai aucun doute quand à tes capacités d'autorité jeune reine, et toi non plus, jeune Bronze, mais il vous faut apprendre bien des choses pour agir avec sagesse. Car vous avez omis une chose, justement par méconnaissance... Estenir est un puissant dragon... mais il n'a jamais vu le jour au sein du Kaerl. Sachez-le.°

Puis il descendit quelques marches. Il s'arrêta aux dernières marches et embrassa de son oeil unique toutes les créatures présentes.

''Chaque dragon vivant sous nos bannière est Ardent. Chaque lié, d'où qu'il vienne, est Ardent. Et Ardent, nous servons tous les mêmes idéaux pour notre Kaerl bien aimé. Que cela ne gâche pas le restant de la fête... Nous avons des nouveaux liés à féliciter et à encourager

Les choses furent dites et le Gardien soupira. Pourquoi fallait-il que tout devienne difficile en si peu de temps. Les Ardents avaient besoin d'être... ardents, mais pas à ce point et pas pour des futilités de ce genre.... Restait à savoir si après tout ce remue-ménage oratoire, Ayae voudrait toujours approcher le Gardien pour l'une de ses grandes interrogations quand à la Gardienne Aubiade.



L'on rencontre souvent sa Destinée
Par les chemins que l'on prend
Pour l'éviter

***

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MessagePosté le: Ven 6 Fév 2015 - 04:34 Répondre en citantRevenir en haut

Pour le jeune Bronze, le discours du noble Gardien avait quelques accents célestes. Influencé et en accord avec l'égoïsme ainsi que l'élitisme de sa liée, Shorat n'approuvait nullement cette cohésion ardente si celle-ci impliquait de traîner parmi eux des tares inaliénables. Autant s'attacher des poids aux ailes.

Encore peu sage et instruit, il est vrai, Shorat avait cependant des certitudes exacerbées par son jeune âge et sa colère. Des dragons qui avaient trahis une fois pouvaient bien trahir une deuxième. De même pour leurs liés qui souvent soumettaient ses faibles cousins à leurs propres désirs sans considération pour l'attachement d'un saurien à son kaerl de naissance. Pour lui, jamais l'impératrice noire Akieron ne saurait se révéler digne de confiance, il doutait même de son utilité future.

Le Borgne avait-il de quoi lui faire changer d'avis ? Non. D'ailleurs, ce n'étaient pas les mots de Seregon qui avaient fait l'effet d'une douche froide au dragonneau, c'étaient les paroles d'un dragon mâle adulte résidant au kaerl ardent. A l'entente de cette étrange déclaration, Shorat s'était figé, les prunelles soudainement pâles tandis qu'il entrait en conflit avec les souvenirs de sa liée.

Le père de Mave, enfin, celui qu'elle pensait comme son père, était un torhil du nom de Fenrir Arkias, mais nulle trace de dragon dans ses pensées. Le dragonneau avait été perdu quelques secondes et le lien qu'il partageait alors avec la jeune incarnate à ses côtés avait sûrement permis à cette dernière de profiter du chaos mental l'ayant secoué.

Ayant perdu le fil de sa pensée, rabaissé par le gardien, le jeune Bronze se sentait dénigré et acculé. Cela le rendait particulièrement agressif. Perdu, sur la défensive, vexé, inquiet, Shorat retrouvait une teinte plus rougeoyante, montrant même les crocs. Il se sentait isolé et la frustration de ne pas avoir été entendu comme cela aurait dû être renforçait cette impression.

° Shorat. °

Mave s'était avancée vers le trône, jouant des coudes sans difficulté. Bien qu'également perturbé par cette agitation, son esprit bénéficiait de la maturité salutaire qu'elle avait gagné dans les derniers événements. Shorat était le reflet de ce qu'elle était avant de partir combattre Drazahir, impatient, hargneux, mais c'était surtout un bébé. Alors, la Chevalière comprit avec violence ce que nombre avait tenté de lui faire savoir. Le Bronze lui renvoyait son immaturité criante au visage et prendre mesure de cet état des faits assombrit la jeune fille.

Le dragonneau se redressa avec fierté, dardant un regard dédaigneux sur Seregon qui ne manquerait pas d'y voir une nouvelle bravade, puis sur l'impératrice qui s'en sortait indemne pour cette fois. La Torhille, maintenant au premier rang, ignorait les murmures autour d'elle et de son lié. La boule d'écailles descendit les marches avec prestance, sa liée à proximité le stimulait et l'apaisement qu'il trouvait dans son esprit le calma quelque peu.

« Tu parles d'une empreinte brillante, chuchota une aspirante lesée à sa comparse.

-Au moins la nouvelle ''reine'' n'en sera pas éblouie, lui répondit la deuxième.

Et les deux de glousser de concert. Shorat, perché sur l'épaule de la Torhille repartant vers les tables garnies, rugit à leur encontre et les fit sursauter. L'une d'elle trébucha sur une étoffe et renversa son verre de vin sur la Maîtresse Incarnate Innd'velyn. Sûrement qu'un silence de plomb avait succédé à l'incident, Mave n'y fit pas attention.

La Chevalière Bronze regarda distraitement son jeune lié se rassasier avec les viandes et abats mis à disposition pour nourrir les dragonnets. Ce faisant, son esprit limitrophe de celui du saurien percevait son trouble et sa colère. Son incompréhension face aux paroles de Nushi n'étaient rien comparée à l'agitation qui gagnait le cœur de l'Ardente. Mave avait tout entendu, les mots du dragon, ceux du gardien... En tant que jeune couple de liés, sûrement ne savaient-ils pas encore comment dissocier leurs pensées tant la soif de connaître l'autre et l'impulsivité de leur caractère étaient inhérent à une communion des âmes.

D'un accord tacite, Mave et Shorat décidèrent qu'il conviendrait de réfléchir à tout cela plus tard. Le banquet devait suivre son cours et le dragon tenait à faire acte de présence jusqu'à la fin des festivités. Il pavanait même, mais cela ne dérangeait pas la Torhille qui était l'objet de regard curieux. A son plus grand plaisir, ces regards se teintaient même d'appréhension à son égard. Mave en était satisfaite et cela faisait sourire Shorat. Qu'importe qu'ils se méfient d'elle, qu'ils l'admirent, qu'ils la craignent ; Flarmya elle-même semblait l'avoir fait savoir au kaerl entier en liant un duo aussi inattendu.

° Que ceux qui doutent des choix de notre mère attendent quelques années, ils s'en mordront les doigts, ma liée. °

° Que pour l'heure, ils s'écartent, cela me suffit déjà. °


Effectivement, depuis l'intervention de Shorat, le cercle rapproché de curieux entourant la Torhille, au cœur des conversations avec son bronze (comme Runa avec sa reine aveugle), semblait avoir pris en ampleur. Seuls quelques téméraires osaient encore s'approcher de Mave pour la féliciter ou échanger quelques mots dont elle n'avait cure, peu habituée qu'elle était aux mondanités. Ainsi plus à l'aise, Mave profitait de ce calme relatif pour parcourir les tables dans l'espoir d'y trouver son maître.

-Parfaitement ! Tout nu dans la neige, après un bain brûlant, il n'y a rien de mieux pour revigorer le corps et l'esprit ! s'exclama une voix familière un peu plus loin.

Mave se tourna vers la source de telles déclarations et aperçut, à la faveur d'un mouvement de foule, Yuma, qui discutait joyeusement avec une jolie neishaane sur les genoux ainsi que deux fëalocës à ses côtés écoutant attentivement ses récits. Mave s'approcha et ne détourna les yeux que pour répondre à de nouvelles félicitations quand un cri de joie perça la foule et ses tympans.

-Mave ! cria le demi-sang en s'élançant vers son ancienne aspirante. »

La Torhille affichait un sourire sincère à l'adresse de son ancien maître. Cela attira la curiosité d'un jeune bronze qui se glissa à travers la salle entre les jambes des protagonistes pour accueillir l'homme d'un rugissement faussement intimident, perché sur l'épaule de sa liée. Mave, habituée aux drôles de conventions du jeune homme, se préparait au choc, certaine que le rugissement n'impressionnerait nullement le Maître Bleu.
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MessagePosté le: Sam 21 Fév 2015 - 01:37 Répondre en citantRevenir en haut



Malgré l'influence que pouvaient avoir les humeurs de sa Liée sur ses propres émotions, Runa demeurait droite et muette, de marbre sous les traits acérés de son visage de politicienne qui ne perdait pas un mot des conversations et mises en garde qui fusaient autour. Pour autant, son esprit crépitait un peu plus à chaque minute écoulée et à chaque parole tombée dans son oreille, comme on souffle sur les braises pour les faire rougeoyer. Elle observait tout à la fois : la foule, ses gens plus remarquables que d'autres, sa soeur d'Empreinte, le Gardien du Màr, Esthen Frâlan, la Maîtresse Incarnate rencontrée plus tôt.. Elle décrocha même à Ayae un semblant de regard, quand bien même cette dernière s'était écrasée sous le poids des menaces des plus hardis en se murant dans le silence. Volontairement, la princesse déchue du Ssyl'Shar mimait de ne pas adresser la moindre attention à sa jeune dragonne, désormais assise avec l'allure d'une reine en devenir sur le trône qui n'était pas - encore - le sien. Sous les apparences, l'une ne perdait pas la moindre pensée de l'autre et inversement.

Runa but une gorgée de vin du bout des lèvres, plus pour s'intégrer dans ces mondanités que par soif ou quelconque envie. Avec une certaine amertume, elle pesait les propos d'un torhil malade et amaigri qui avait fait son irruption dans la conversation, prenant soin de couper les deux jeunes dragonneaux dans leur élan anarchique. La fëalocë n'avait pas retenu une pensée sarcastique à l'encontre du géant qui semblait dans un bien piteux état. Encore quelques semaines de cette maigreur et il ne serait plus capable de quoi que ce soit. N'en déplaise à la Chevalière Incarnate : un obstacle de moins sur sa route. Si un semblant de demi-sourire étira les lèvres peintes de rouge de la Chevalière, Sarzeghnet détourna soudainement son attention sur son frère, Shorat, en proie à un nouveau flot d'émotions violentes. La dragonnelle chercha à saisir la raison de ce revirement brutal mais se heurta aux pensées en vol-de-chauve-souris du jeune Bronze qui s'était rapatrié sur sa Liée. Non pas que Runa n'en n'eut cure, elle ne chercha pas à en savoir d'avantage pour le moment. Son esprit déjà échauffé bouillonnait, prêt à saisir une occasion qui serait une totale réussite ou un échec parfait.. Il fallait qu'elle trouve les mots justes.. Pour que la vipère frappe au bon moment.
Si Sarzeghnet avait été dotée du sens de la vue, sans doute aurait-elle fusillé Seregon d'un regard digne du plus meurtrier des carreaux d'arbalète. Son caractère déjà impétueux - comme montré précédemment - se heurtait aux palabres du Gardien qu'elle jugeait fausses et erronées puisque n'allant pas dans son sens. Pour autant, elle ne lui adressa que le mépris le plus lisse d'une ignorance de glace. Certes elle devait le respect à son aîné, mais la fougue de la jeunesse débridait le semblant de sagesse qui se taisait sous les écailles alizarine de la petite dragonne. Et finalement, la colère de Sarzeghnet vint d'autre part : les origines étrangères du Lié du Seigneur.

** .. Tu n'as pas à poser la question pour savoir que je l'ignorais. **

Et Alauwyr n'allait pas s'en vanter non plus, après tout. La fëalocë n'était elle-même pas née au sein du Màr Tàralöm mais au moins sa dragonne avait réglé ce défaut. Ce qui visiblement, n'était pas le cas de tout le monde.. Pas le cas du Seigneur lui même !
Runa, le serpent, gonfla ses crocs de venin. Elle avait une raison supplémentaire de mordre, et elle ne s'en priverait pas..

Fébrile comme au matin de sa victoire sur le palais en ruines et en cendres qui l'avait enfermée en son ventre pendant sept ans, le coeur de Runa sembla battre d'un vieil accord qui n'avait pas résonné depuis longtemps. Elle allait prendre un risque énorme qui tenait presque de la condamnation. Et à tout avouer, elle adorait ça.
Lentement, une à une, ses phalanges se crispèrent sur la coupe qu'elle tenait en sa main. Elles serrèrent si fort que le verre aurait pu se fendre et lui trancher la paume. Elles serrèrent jusqu'à en devenir source de douleur. Runa n'allait pas reprendre tous les propos tenus par Seregon car, après tout, elle lui devait elle aussi le respect et à bien des égards. Pour autant, elle ne resterait pas sans rien dire.

Se détachant de la plèbe, se faufilant de corps en corps en bon reptile qu'elle était, abrégeant les conversations pour lesquelles elle ne nourrissait aucun intérêt, la fëalocë gravit une à une les petites marches qui menaient au trône sur lequel était assise sa jeune Liée. Elle vint se mettre à sa hauteur, à côté du siège imposant d'ordinaire réservé au dirigeant de ce Kaerl, dardant sur elle un regard fier et noyé d'estime. Après un bref instant de silence nécessaire aux convives pour pleinement voir le couple tout juste réuni, Runa entama les hostilités. Elle leva sa coupe de vin et s'exprima avec force et sécheresse afin d'être entendue jusqu'au fond de la pièce.

- Portons un toste. Remercions notre Seigneur qui félicite et encourage les nouveaux liés présents ce soir.


Nul rictus d'ironie ne s'empara de ses traits mais elle poursuivit avec un ton des plus cyniques. Sarzeghnet ne disait rien mais se délectait déjà des paroles acérées à venir de sa bipède.

- Oh.. Je vois.. Elle observa le trône sur lequel siégeait son âme-soeur, acerbe.

Runa marqua à nouveau un silence afin de s'assurer d'avoir l'attention de la majorité des invités. Comme pour marquer le défaitisme de ses propos, elle baissa la main qui tenait en hauteur la coupe de vin. Comme on met un drapeau en berne.

- Remercions notre Seigneur ABSENT, incapable d'apparaître ne serait-ce qu'une minute à l'Empreinte de la génération qui le remplacera et qui, pour certains d'entre vous, j'imagine, le soutient. Une absence probablement induite par la Raison d'Etat, nous dira-t-on.
Et où est.. le Second ? Second dont j'ignore le visage malgré ma présence ici depuis plusieurs mois désormais.. Qui remplace Alauwyr Iskuvar quand ce dernier n'est pas là ? Ne reste-t-il donc plus que vous, Seregon, pour veiller sur ce Màr ?


Elle assassina le Gardien d'un seul coup d'oeil. Car s'il prônait l'unité et l'intégrité de son peuple, n'en demeurait pas moins qu'elle avait raison : par cette seule soirée, le Kaerl faisait monstrance de son cruel manque d'organisation et de sécurité dans ses hautes sphères. La Kaerl montrait toute sa fragilité. Il ne fallait pas oublier qu'il s'agissait de la première Empreinte post-Drazahir et que, si chaotique fut-elle, elle allait marquer les esprits.
Le regard de Runa balaya l'immense salle de la hauteur sur laquelle elle se trouvait. De près comme de loin, on pouvait voir toute l'ébullition de ses iris d'or contrebalancer la dérangeante froideur vide des opales de grège de Sarzeghnet. La dragonnelle avait assez parlé ce soir et elle laissait tout le loisir à sa bipède d'accaparer l'attention d'autrui.
La fëalocë, assez peu soucieuse de savoir si ses idées feraient écho à celles d'autres personnes à ses pieds, allait conclure de la même façon qu'elle avait commencé :

- Je vois ce soir pléthore d'Ardents engraissés et avinés à mesure des banquets célébrés au nom de la victoire. Je vois également beaucoup d'hypocrites qui se complaisent dans l'état de stagnation de leur cité et qui feignent de ne rien voir pour poursuivre leur misérable existence. Un Màr au Seigneur absent, au Second relayé au rang de spectre, aux Sangs inactifs, aux Chevaliers liés à des dragonneaux dont la Reine n'était pas Incarnate.. Je vous l'accorde, ma présence en ces lieux est encore récente et certains me crieront de taire mon ignorance mais je n'en ferai rien. Et que personne ne vienne me dire que j'ai tort..

Sous la critique sans doute déjà naissante et la désapprobation sévère de certains, Runa demeurait d'une implacable assurance. Qu'importe ce que dirait le Gardien, les autres Chevaliers, les Maîtres et même les aspirants engagés, elle savait qu'elle n'avait pas complètement tort et que certains la suivrait. Pour autant, elle prenait garde à ne pas suggérer le coup d'état le plus total, ni plus qu'elle ne cherchait à prendre une place qui n'était pas encore sienne. Runa provoquait, tout simplement. C'était là le meilleur moyen de faire parler d'elle, bien que déjà montrée du doigt par le privilège et la malédiction qu'étaient son lien à une Incarnate.

- Alourdis par votre panse pleine, peut-être trouverez vous le réveil difficile après votre sieste qui semble s'éterniser. Le jour où vous aurez le courage d'exprimer vos valeurs et vos pensées, à défaut de vous complaire dans votre inertie, pensez à venir me trouver. Car je n'ai, pour le moment, aucun loisir à converser avec un troupeau de pourceaux tout juste bon à dire amen à la pitance qu'on jette dans leurs écuelles afin d'obtenir leur compliance aveugle. Peut-être est-il temps de faire table-rase à la manière que le souhaitent certains partis politiques.

En gros, elle venait de tous les traiter d'imbéciles et que, si un jour il leur prenait l'envie de se prendre en main, elle répondrait présente. Et elle avait terminé en ajoutant que les Valheriens avaient sans doute la solution la plus juste pour rendre l'équilibre à cette cité en décrépitude. Sans plus de paroles, elle descendit les quelques marches gravies plus tôt avant de s'en aller reposer son verre de vin. Sous les regards sans doute haineux ou curieux, s'assurant que sa Liée pourrait la suivre sans peine, elle chercha à quitter la salle avec la prestance d'une souveraine détestée.



Qu'ils nous haïssent pourvu qu'ils nous craignent..
- Sic gorgiamus allos subjectos nunc -

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Ayae Mugetsu
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MessagePosté le: Ven 20 Mar 2015 - 21:55 Répondre en citantRevenir en haut

Un verre a la main, la conversation avec Quilain et une chevalière Bleue qui le couvait d'un regard énamouré était légère et plaisante. Les trois s'étaient appliqués à ne pas parler des anomalies liées à cette étreinte. Ou du moins, pas directement. Les sourires s'étaient révélés quelques instants lorsqu'ils avaient mentionnés les « surprises »... Et assenant une certitude, la Bleue avait affirmée que le Mar Taralom en sortait grandis... Si cela avait été aussi évident songea la Noire, il n'y aurait pas eut besoin de le déclarer... A ses yeux cela chantait plutôt comme une façon de se convaincre soit même.

Entre les naines de la précédente couvée et l'estropiée de celle ci...

-Tu as de la chance que je veille à couvrir tes pensées remarqua Akieron railleuse. Certains pourraient être susceptibles.
-Bien sur... mais c'est bien parce que tu es là que je me le permet ma chère.


Cet échange de civilités plus ou moins codifiée étaient pourtant fort agréable. Elle retrouvait un milieu qui s'il était plus dangereux qu'un nids de serpents n'en était pas moins assez distrayant. Et puis on y apprenait beaucoup pour peu qu'on laisse ses sens en éveil. Par exemple dans un des coins de la salle, un tumulte s’élevait, et bientôt les murmures les atteignirent.

Une dragonne céleste parmi eux ? Injure ? Honte ?

Ayae haussa un sourcil. Quelqu'un avait mal digéré un petit four et se justifiait avec une petite crise d’hystérie ? Qui était donc l'auteur de cette pantomime.. ?

-Aya... La pensée de la dragonne s'était chargée de tension.
-Calme ma beauté.... Qui oserait donc faire un esclandr-

Le Bronze et l'incarnate se dressèrent au dessus de la foule.

-Deux dragonneaux ? Ah oui, les … anomalies....

-Point pour moi.


L'ondine laissa s’échapper une moue dubitative lorsque son nom fut cité, la désignant pour cible de l'ire des nouveaux nés. Elle et Akieron. Quilain la contempla, visiblement amusé et satisfait d'avoir vu juste. Un haussement d'épaule. Oui, pour le coup elle pouvait lui accorder la satisfaction d'avoir deviné avant que d'autres ne s’intéressent à la question. La chevalière bleue quand à elle semblait.. choquée.

Sur les traits fins d'Ayae, le léger sourire qu'elle arborait en temps normal s'était lentement étiré en un rictus amusé. Et si, la suite du discours la fit ciller sous la surprise, elle n'eut pas le réflexe de dissimuler l’ébahissement et la fascination croissante que lui inspirait la tirade. Le silence s'était fait dans la salle et comme subjuguée, son sourire allait croissant. Croissant. Tandis que ses yeux s’étrécirent, une lueur dansante au fond des prunelles.

Et en parallèle, juste sous la surface de la peau, la toxine affleura. Bouillonna... Elle murmura, machinalement à son compagnon qui s’apprêtait à poser une main sur son épaule nue, sans même le regarder.

-Je ne ferait pas ça si j’étais vous...

Un lent grondement commença a s'élever de la gorge de l'Impératrice et certains s’éloigneront d'elle. De l'esprit de sa liée, elle sentit la colère qui commençait à monter... La colère et la fierté. Teinté d'un mépris qui allait grandissant. D'un désir de déchiqueter et de détruire qui osait s'en prendre à elle et à travers elle, à sa moitié d'âme. Qui osait se dresser devant elles. D'un désir de lacérer ceux qui s'en prenait à son Sang. A ses Sœurs et son Frère et osaient remettre leurs choix en doute.

-'Kieron ! Patiente quelques instants ma douce.... Laisse gémir la vermine. Laisse monter la tempête...


La joie mauvaise de l'ondine teintant les pensées de la dragonne, celle ci contint sa rage, préférant la laisser grandir pour pouvoir contempler ce qu'allait provoquer cet esclandre. Ayae avait posé une main sur l'Impératrice. Leurs sentiments s'accordaient.

Et l'hilarité était seule à tenir la bride à la colère et à retenir son explosion. Devait elle exploser de rage ou de rire ? Les deux semblaient aussi tentants.

Une voix nouvelle s’éleva. Un torhil. Un soupir trop audible pour être sincère fut poussé à coté d'elle par l'elfe.

Alors donc tous les ardents n'étaient pas aussi aveuglés et imbéciles que les deux qui venaient de lancer cette mascarade. Certains savaient réfléchir et les évidences qui venaient d'être énoncées auraient due ne même pas avoir à être rappelées.

-Imbéciles décérébrés.

Impossible de discerner de laquelle venait cette pensée tant elle avait raisonné à l'unisson entre leurs esprits. L'ondine sentait l'éclat de rire monter. Sonore. Moqueur.. Emplis d'un amour sans borne pour sa moitié. Le genre d'amour qui ne partage pas. Et pourtant elles se turent lorsque Seregon parla.

Sans doute parce qu'Ayae avait croisé Aubiade et qu'elle se souvenait de ce qu'était la gardienne folle. Qu'elle se souvenait de sa puissance. Et qu'elle gardait en mémoire l'éclat qu'avait eut son regard. Qu'il le montre ou non, le Gardien était de la même race qu'elle. De la même force. Au moins. Ils étaient une fratrie avait-elle lu. Alors ses paroles méritaient qu'elle les écoutes. Peut-être. Car s'il parlait sagement, ce n'était pas la patience qui était la principale vertu des Ardents. S'il jouait les pères généreux et prônant l'unisson entre ses enfants, quel était son écho ? Il utilisait la logique et la raison là où d'autres avaient joués sur les sentiments et l'instinct. Ce n'était pas les orateurs raisonnables et cohérents qui gagnaient l'approbation des foules mais ceux qui jouaient avec son cœur, ses craintes et ses désirs. Qui donc considérait ses paroles avec l'attention qu'elles auraient méritées. Seregon s'était peut-être trop retiré et si aucun des scorpions de cette pièces n'osait l'attaquer de face.... qui donc l'écoutait.

Le Mar Taralom était seul responsable de son propre Destin...

Ce discours n'avait pas non plus calmé la colere d'Akieron. Pas envers ces vermisseaux qui pensaient l'impressionner ainsi. Ils avaient le sens du spectacle ? Ah ! Et bien qu'ils se mettent en scene, qu'ils s'amusent pendant qu'ils le pouvaient. Seule la main de sa compagne posée sur ses écailles la poussait à se contenir et le mépris amusé qu'elle percevait dans son esprit pour les bipedes qui se sentaient pousser des ailes. Qu'ils rampent !

D'ailleurs, sans même laisser à la foule le temps de respirer, la liée de l'aveugle monta les marches une à une. Le spectacle n'était donc pas terminé ? Non... visiblement c'était l'occasion parfaite pour se montrer. Se mettre en scène et déclamer ses tirades d'un ton retentissant.

Ayae aurait pu admirer la construction du discours, sa progression quasi dramatique et l'usage d'une certaine ironie pour attirer l'attention de tous. Elle aurait pu aussi constater que Runa savait parfaitement poser sa voix et que, au contraire de Seregon, elle ne jouait que sur le ressentit. Elle leur dressait un tableau sombre d'une prétendue situation actuelle, et après avoir traîné dans la boue l’ego de ses interlocuteurs, leur faisait voir un moyen de s'extirper de la fange pour rejoindre une supposée gloire qu'elle associait subtilement à sa personne.Un bel exercice de démagogie. Le tout était suffisamment bien ficelé pour que chacun puisse, s'il le désir, penser que la partie insultante de son discours était pour les autres et un rien de mauvaise foi permettait d'y adhérer, puisque se pensant soi même à l’abri, rabaisser autrui était un moyen de s’élever.... Évidement, au passage elle avait fait l’éloge de certains.

Mais le fond était creux. Vide. Elle ne faisait qu'agiter des fanons usagés -ce qui ne signifiait pas pour autant inefficace.

L'ondine avait senti le rire monter et s'était mordue la lèvre pour ne pas le laisser éclater. Elle l'avait retenu un peu... mais la chose était bien trop risible. Il raisonna clair et irrésistible dans la salle s'attirant de nombreux regards. Après quelques instants, il se calma et elle éleva la voix. Il y avait une certaine joie amusée, et du mépris dans cette voix. De la condescendance également.

Le spectacle est il terminé ou bien nos artistes désirent ils encore occuper la scène ? Le divertissement est charmant. Je ne pensait pas que nous aurions droit au dîner spectacle tirant au mélodrame. Merci de rappeler que le ridicule ne tue pas.

Un sourire carnassier étira ses lèvres fines...

Allons, faut-il des serviettes chaudes et une tasse de thé pour les tendres petites âmes traumatisées et terrifiées par un dragon qu'elles ne connaissent pas... Depuis quand les Ardents craignent ils de se brûler en côtoyant des forces qu'ils n'ont pas vu naître ? Depuis quand les Ardents préfèrent ils bannir plutôt qu'utiliser des avantages tactiques ?

Depuis quand, en ces temps troublés peuvent ils se le permettre ? Ou bien une Impératrice vous semble elle trop dangereuse pour vous ?

La voix d'Akieron s'éleva alors, enchaînant naturellement avec sa Liée. Que l'une ou l'autre parle revenait au même.

Choisir son lié par dépit ? Je n'ose imaginer sur quoi sont basés les choix de certains par ici si cette idée peut leur traverser l'esprit. Tout Enfant de Flarmya sait reconnaître celui qui lui est destiné !Libre à ceux qui ont perdus leur fierté de fuir cette réalité et de s’estropier de la moitié de leur âme, mais mon Sang préfère la mort à une demie vie.

Le sarcasme était perceptible chez la dragonne aux yeux rouge.

Vous vous glorifiez de votre Sang ? Que tous sachent alors que je suis fille de Reine et sœur de Reine et la pureté et la puissance de ma Lignée ne rougit devant aucune autre. Vous vous galvaudez du nom d'Ardent mais n'est ce donc plus pour vous qu'un titre et non plus un état de fait ? Que signifie il pour vous ? Accepteriez vous des faibles, des imbéciles et des lâches sous prétexte qu'ils sont nés au bon endroit ou bien la force et la volonté ont elles encore de la signification en ces lieux ? Est il plus glorieux de se forger son propre destin selon ses choix ou bien de suivre le chemin de soie que vaudrait une naissance ?

On aurait presque pu jurer que l'Impératrice Noire ricanait.

Je vous débecte ? Vous n’êtes pas capables de calculer au delà des étiquettes ? C'est votre problème, pas le mien.

Une main posée sur l'encolure de sa moitie, l'ondine partageait chacun des mots de celle ci. Et observait. Une bombe enclenchée ? Ça promettait d'être drôle. Le compte à rebours pouvait commencer. Quilain fut sans doute le seul à remarquer le coup d’œil joueur qu'elle lui glissa au passage. Il allait pouvoir savourer le spectacle depuis les gradins.
Eléderkan Garaldhorf
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MessagePosté le: Mer 1 Avr 2015 - 16:30 Répondre en citantRevenir en haut

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Melkor & Thémos, Bronzes fils de Tintaglia


Si les mœurs des dragons différaient en beaucoup de points de celles des races humanoïdes, certaines constantes se retrouvaient néanmoins. Un dragon ne saurait être jaloux d’un autre parce que son Âme Sœur était plus belle, plus intelligente ou avait une meilleure position sociale. Ce genre de considérations n’entrait pas en jeu car elles frôlaient l’absurde. Le lien qui unissait un saurien et son bipède était plus sacré que toutes les unions inventées par les mortels au fil des siècles. A bien des titres, les dragons se rapprochaient souvent des bêtes. Prédateurs parfaits, aussi bien dans le ciel que sur terre, détenteurs de savoirs immenses et créatures à la sagesse millénaire, certains de leurs comportements ressemblaient pourtant davantage – d’un point de vue extérieur – à ceux d’un animal. L’orgueil, la colère, l’amour d’une mère pour sa progéniture, l’assurance de la pérennité de la race, la défense de son territoire : autant de prérogatives qui faisaient parfois oublier à leurs Liés que la conscience des Enfants de Flarmya s’avérait bien plus redoutable que leurs crocs, leurs griffes ou leurs flammes.

Jouant de sa formidable taille, louvoyant entre les plus petits dragons, Thémos s’employait à poser ses pattes avec douceur sur le sol de marbre pour éviter d’écraser un malheureux convive. Le Bronze suivait de loin le débat, ne jugeant pas nécessaire d’entrer dans un conflit ouvert pour des considérations qui n’auraient pas même du effleurer l’esprit de ses pairs, selon lui. L’animosité, extrêmement perceptible, des nouveau-nés, l’amusait plus que tout. Ah, la fougue de la jeunesse ! Ça couinait plutôt que de rugir, ça n’avait même pas encore atteint l’âge où la mémoire ancestrale se développait et cela commençait déjà à se mêler de la politique. En bon dragon lié à un Introverti avéré, Thémos se gardait bien d’émettre un avis tranché. Il trouvait toute cette agitation for charmante. L’émulation suscitée chez les bipèdes lui paraissait aussi vaine que de l’instinct de survie chez des cloportes. Sottises que tout cela !

Jetant un regard aigu au Gardien du Kaerl, il trouva que Seregon avait le teint pâle sous son cache-œil de cuir noir. Cette quête insensée des Clefs d’Ouranos - pour découvrir ensuite qu’elle risquait de précipiter le déclin de Tol Orëa comme cela avait été le cas pour les anciens Valherus -, cumulée aux récentes attaques envers son Màr chéri, ne lui profitaient guère. De repos, sans doute, avait-il besoin. Il avait fait l’effort d’apparaître à ce banquet de réjouissances, qui marquait définitivement la fin des ténèbres imposées par Drazahir, alors même que le Seigneur Iskuvar brillait par son absence. C’était tout à son honneur. Même si le grand mâle craignait qu’il ne s’évanouisse au milieu de la salle à tout instant. Thémos secoua sa longue tête cornue comme son regard s’assombrissait en se posant surle trône vide. La jeune Chevalière Salv n’avait pas tort, il lui fallait le reconnaître, sur au moins un point : Alauwyr Iskuvar absent un tel jour avait de quoi être offensant… Et un peu inquiétant. Le Bronze commençait à regretter le choix de son Lié. Eléderkan s’employait à défendre le Seigneur Noir en coulisses, alors même que ce dernier semblait mettre un point d’honneur à ruiner tous ses efforts en public ! Ce que les bipèdes pouvaient manquer de tact, franchement !

N’y tenant plus, Thémos quitta sa retraite dans un coin du Mahalma, près de deux charmantes Bleues et se faufila derrière la Chevalière Mugetsu, ses prunelles plus vertes que des émeraudes. Son regard acéré suivit la ligne du cou de la jeune dragonne qui l’accompagnait, souligna son envergure presque trop grande – mais qui promettait d’être impressionnante une fois adulte -, pour finir par apprécier ce qu’il voyait. Akieron promettait d’être une belle Impératrice Noire si l’on faisait un effort diplomatique. D’un point de vue purement chaste, bien sûr. Ordinairement friand de querelles avec ses pairs, Thémos se découvrait soudain un instinct protecteur envers des dragonneaux qu’il ne connaissait ni de Gaïa ni d’Ouranos. Car Akieron n’était sans doute pas la seule rescapée de cette couvée soi-disant sauvage dans le Désert Profond. Pour avoir été contraint d’attendre au-delà des murailles du Màr Lìtsë, sous un soleil de plomb – en attendant que la petite Manea veuille bien échouer à l’Empreinte -, il devinait que l’autre élue de la Quête, Asshai Anara, devait se balader au Kaerl avec une Verte fille de Dorée également.

° Et bien, et bien, que de remue-ménage pour pas grand-chose ! °

Quelques dragons du Clan des Valheriens s’étranglèrent d’indignation. Loin d’en être indisposé, Thémos continua sur sa lancée avec nonchalance. Il surplombait la Chevalière Noire et sa dragonne, comme s’il défendait quiconque de les approcher ou de les pousser à quitter la salle.

° La petite Akieron ne manque pas de mordant. Ses mots sont justes mais peut-être faudrait-il maintenant laisser la parole aux aînés dans un tel débat, ne croyez-vous pas ? Dragons du Màr Tàralöm ! Je vous trouve bien silencieux, aujourd’hui, pour que vous vous laissiez aveugler de la sorte, par deux nouveau-nés impétueux ! Cela ne vous ressemble pas. Je ne prétends pas prendre une décision à la place du Seigneur Iskuvar, ni de notre Gardien bien-aimé. Cependant, je ne dirais qu’une chose : vous êtes si obtus ! Même si la jeune Akieron ici présente ne gagne pas la mémoire de ses aïeules, elle demeure une fille du Màr Tàralöm. Son âme résonne avec la nôtre. Elle en a la couleur, la vibration chaleureuse et l’ardeur ! Son cœur est aussi lié à ce Kaerl qu’à sa propre Âme Sœur. On ne saurait jouer avec la destinée des Âmes Sœurs sans y perdre la vie. Et si Flarmya avait voulu vous duper, mes frères et sœurs, alors pourquoi ne pas rejeter aussi les deux fantaisies qu’elle a placé dans la si belle couvée de Takhasya ? °

Un silence assourdissant résonna après sa prise de parole. Satisfait de l’effet produit, Thémos n’en fut pas moins surpris lorsqu’il perçut le grondement sourd et rageur provenant d’une gorge mâle, non loin de lui. Un regard sur sa gauche lui permit d’esquiver les grandes mâchoires qui claquèrent à l’instant. L’intention n’avait peut-être pas été de mordre mais le geste signifiait déjà beaucoup. De peur, quelqu’un lâcha son verre avec un petit cri, qui alla se briser sur le sol. Deux grands dragons aux intentions hostiles dans la même pièce, ce n’était jamais bon pour les affaires. Des protestations s’élevèrent. Que les mâles aillent combattre ailleurs !

Melkor, Bronze et père de ladite couvée marquée par l’étrange, émettait un son proche du tonnerre roulant à l’horizon. Blessé dans son orgueil de mâle dominant – pour un temps -, il se devait de défendre sa récente progéniture en l’absence de leur mère. La reine Takhasya profitait alors d’un répit bien mérité dans une caverne sableuse. Même s’il ne le reconnaîtrait certainement pas, Melkor devait aussi défendre sa réputation et celle de son Lié, Martel Dehlekna. Si ce dernier n’avait pas encore pris la parole, en tant qu’éternel prétendant au trône et haut-représentant du Clan des Dominants, il n’en pensait pas moins. Ordinairement d’un flegme impeccable, qui confinait à la froideur, le grand dragon cuivré perdait son indifférence coutumière envers les problèmes des bipèdes. Cette affaire prenait une tournure très désagréable. Pire encore, il se sentait personnellement insulté. Le rouge sanglant des yeux de Melkor trahissaient sa fureur à peine contenue.

° Je ne permettrais pas qu’on insulte mes enfants de la sorte ! Leur sang est plus pur que celui de cette Dorée pseudo-sauvage qui a envoyé ses rejetons se perdre parmi les nôtres ! Que crois-tu faire, Thémos ? Tu t’arroges un pouvoir de décision qui ne t’appartient pas ! Laisse le peuple Ardent décider du sort de cette Chevalière. Ravale ton fiel, faux frère et retourne jouer au chaperon pour cette gamine écervelée qui se prétend Aspirante ! °

Thémos feula en réponse. Les échecs répétés de Manea, ainsi que sa manie à disparaître régulièrement, l’agaçaient au plus haut point. C’était là un sujet sensible, dont il valait mieux épargner le dragon en ce moment.

° Je ne m’arroge rien du tout, Melkor. Sois un peu raisonnable. Je n‘accusais pas les jeunes Shorat et Sarzeghnet ! Je dépeins seulement l’antipathie que m’inspire ce comportement indigne de la part de mes pairs. Un dragon reste un dragon. Ne présumons pas de l’avenir et attendons de voir les nouvelles opportunités qui s’offrent à nous, n’est-ce pas ? La réponse à ce débat ne nous appartient pas. °

Et le Bronze de tourner son museau vers le Gardien borgne. Après tout, le fin mot de cette histoire lui revenait. En l’absence du Seigneur et le poste de Second étant vacant, c’était à lui, autorité spirituelle suprême et garante de l’intégrité du Màr Tàralöm, de trancher dans le vif. Valait-il mieux enfermer les Chevalières Mugetsu et Anara en attendant le retour d’Alauwyr Iskuvar – si retour il y avait au vu du peu d’informations qu’il avait laissé sur ce sujet - ? Peut-être serait-il temps de statuer sur le devenir des infants du Kaerl.



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