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Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Lun 17 Nov 2014 - 19:10 Répondre en citantRevenir en haut

.:: Fin Solyaeku 918 ::.



Cybran Arentino


Cybran souffla, enfin il voyait des habitations. Maudite terre ! Maudit navire ! Maudit naufrage ! Le navire de l’ondin s’était brisé sur des rochers depuis presque 2 semaines et cela faisait depuis aussi longtemps qu’il errait dans la nature, survivant comme il pouvait. Cet enfer prenait fin maintenant, il pourrait se reposer et savoir où il était, enfin en partant du principe que les gens parlaient la langue commune. L’ondin cacha autant que possible ses armes et prit sa tête de voyageur affable mais fatigué.

Ce qu’il avait pris pour une petite bourgade de quelques maisons se révéla être un florissant village d’une taille plus qu’honorable. Dans la rue, le brouhaha de la conversation ne lui sonnait pas inconnu aux oreilles, bien c’était une bonne chose de pouvoir communiquer avec ces gens. Il entreprit de trouver une auberge, il passa devant une un brassier où finissait de s’effondrer les restes d’un bâtiment. Un attroupement se dispersait petit à petit pendant qu’une grosse femme hurlait et pleurait que c’était une ondine aux cheveux bleus qui avait fait ça. Une ondine… Ses pensées partirent immédiatement vers Stalia, il avait pris la mer pour la retrouver sur Udomë mais se retrouvait coincé ici. Cette ingrate gagnait un sursis mais il finirait par la retrouver et là, elle payerait pour sa traitrise !
Le tueur trouva ce qu’il cherchait, une bonne auberge et commanda à manger. Quand vint le moment de payer, le tavernier fit la moue :
- Vous êtes un aspirant ?

- Un quoi ?

- Bah un aspirant dans un des kaerls, c’est votre première visite ici on dirait. Ces pièces n’ont pas cours ici. Bon, j’vais vous faire une fleur et les prendre mais la prochaine fois prenez des pièces valables.

Cybran parti, troublé, les kaerls ? Etaient-ce le nom des royaumes menant la danse sur ce continent ? Il fallait trouver quelqu’un qui pourrait lui en dire plus, quelqu’un de pas trop méfiant qui ne se poserait pas de questions mais il faudrait de toute façon l’amadouer. Aussi, l’ondin prit quelques instants pour delester quelques passants de leurs bourses et se rendit dans une autre auberge pour repérer les ivrognes bavards. Il en trouva un, bien rond comme une boule, et lui posa quelques questions. Finalement, il n’en tira rien de cohérent sinon. « 3 Kaerls et leurs foutus dragons ». Cybran se détourna et quitta l’établissement, cherchant un autre endroit où continuer son enquête.

Sa marche l’emmena à la lisière du village, les maisons se faisaient plus rares et plus espacées. Il n’y aurait pas de taverne dans ce coin là. Alors qu’il allait faire demi-tour, il sentit le sol trembler légèrement. Un dragon venait de se poser à 50 mètres de lui, un dragon ! L’ondin n’était pas d’ordinaire impressionnable mais là ! Il battit en retraite et se cacha à un coin de maison.
Attendant de voir la suite.
Il vit un homme en descendre puis l’animal repartit comme il était venu. Un dragon, l’ondin se gifla pour se persuader de ne pas rêver. Non, il ne rêvait pas. Le dragon disparu subitement, comme si il venait de se téléporter. C’était incroyable, trop pour être vrai, mais si ça l’était cela serait pratique pour quitter ce continent.
Il donna un autre coup d’œil et vit l’homme s’approcher. C’était un jeune torhil fort et élégant, il semblait peu commode mais la curiosité l’emportait sur la prudence. Il sortit de sa cachette et se dirigea vers le géant :

- Vous êtes aspirant d’un des Kaerls ? Je vous demande car j’aurais peut-être du travail pour vous. Je m’appelle Cybran, Cybran Arentino. Je suis marchand, je cherche quelqu’un pour m’aider à trouver une marchandise très précieuse. Vous pourriez être intéressés pour une bonne part des revenus si vous acceptez de m’écouter et de m’aider.

Il était évident pour l’Ondin n’intéresserait pas qui que ce soit aux bénéfices de son entreprise, sauf si la personne devenait gênante, dans ce cas alors, il aurait un peu d’acier pour le faire taire. Qu’importe, de facade, Cybran semblait aussi pure que pouvait l’être un Ondin de quarante ans.


Dernière édition par Stalia Hellébore le Jeu 19 Fév 2015 - 15:44; édité 1 fois
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MessagePosté le: Lun 17 Nov 2014 - 19:10 Revenir en haut

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Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Mar 18 Nov 2014 - 14:13 Répondre en citantRevenir en haut

} I hitched a ride, until the coast
To leave behind, all of my ghosts
Searching for something, I couldn't find at home {


    Lomëanor. Le petit village était plaisant à voir des cieux sur le dos de Zak comme il était plaisant à parcourir. Le commerce avait rendu cette petite bourgade fleurissante. Mais comme tout lieu où les peuples se retrouvaient et s’organisaient il y avait aussi une part d’ombre qui y rodait.
    Anaviel l’avait sommé de se lever très tôt ce matin et il avait fait son premier tour à dos de dragon, découvrant des sensations jusqu’alors inconnues. Il était son aspirant depuis un peu plus d’une semaine à présent et pour le moment leur entente n’était ni bonne ni mauvaise. L’elfe n’était pas aussi désagréable qu’il avait pu le penser en le voyant jouter verbalement avec le seigneur noir. Et son dragon avait aussi beaucoup d’humour.
    Il ne le montrait pas et restait fidèle à lui-même mais Astère aimait cette situation. D’autant plus qu’en acceptant d’aider Anaviel dans son travail à l’observatoire, il s’était ouvert un accès à d’autres connaissances que les aspirants n’avaient pas forcément le droit de toucher. Et ce petit détail suffisait à le rendre heureux.

    Ils avaient donc voyagé par la voie des airs jusqu’à la ville et vers neuf heure ce matin, l’elfe et le dragon sous sa forme humanoïde l’avait laissé seul, envoyé pour une course « cruciale pour la suite de sa formation ». « C’est ta première épreuve et la plus importante. Tu dois trouver un Verre de Qinba. » avait-il dit. Bien sûr Astère n’avait aucune idée de ce que pouvait bien être ce verre. D’ailleurs était-ce un ver ou un verre ? Ah moins qu’il ne s’agisse de vairs… Non, peu probable. Il faut dire qu’Anaviel s’est montré avare de détails en se contentant de ça sans lui donner plus d’explication, prétextant que c’était justement le début de sa tâche. Et il l’avait donc laissé seul à ses pensées dans le village pour la mener à bien.
    L’aspirant avait donc pris une direction au hasard, observant de ses yeux curieux ce nouveau paysage. Finalement, il préférait cette liberté, le fait de ne pas être encombré du maître dragon et de pouvoir agir à sa guise. Il n’aurait pas supporté de le suivre toute la journée comme un chien et, bien qu’appréciant sa compagnie d’érudit, il préférait la solitude. Car seule la solitude ne pouvait vous décevoir et vous trahir. Au contraire des autres.

    Ses pas l’avaient mené dans un quartier marchant où se trouvaient une forge et une armurerie. Attiré par l’éclat de deux cimeterres jumeaux en provenance du Ssyl’shar, Astère s’arrêta et commença à observer le fin travail d’orfèvre qui avait mené à ce résultats. Sa bourse était pleine et il se dit qu’on ne possédait jamais trop d’arme pour se défendre. Surtout que sa dague restait une arme courte d’assassin ou une arme de dernière mesure pour se défendre. Et parfois, il trouvait son épée, actuellement battant le long de sa cuisse dans son fourreau, trop encombrante. Ces cimeterres étaient d’une taille intermédiaire et lui plaisaient vraiment.
    Il commença donc à négocier avec le marchand d’arme, se renseignant sur la provenance des deux lames, leur prix ensembles et séparées, et d’un tas d’autres choses, parvenant finalement à une entente des deux côtés. Il allégea drastiquement sa bourse mais récupéra les deux armes, leurs fourreaux et la ceinture qui allaient avec.
    Il les installa, les deux armes prenant parfaitement place dans son dos sans gêner ses mouvements quand il fut bousculé par un enfant qui s’enfuit aussi vite qu’il était arrivé. Et bien sûr, le petit voleur avait réussi à lui chiper sa bourse au passage.
    Il soupira, mécontent, et suivi l’enfant, trace pour trace, jusqu’à le retrouver seul un peu à l’écart du village, en train de conter les maigres piécettes qui se battaient en duel dans le petit sac de cuir. Astère s’approcha furtivement dans le dos de l’enfant puis passa son bras puissant autour de son cou, le faisant sursauter au passage et lâcher la bourse et les pièces de cuivre et d’argent.

    « La prochaine fois que je te vois, je t’égorge. »

    Son ton était calme, posé et froid, parfaitement maitrisé. Il laissa l’enfant le fuir en courant à toutes jambes puis récupéra les piécettes tout en regardant du coin de l’œil un homme bourru emprunter le même chemin que lui quelques minutes plus tôt. A ce moment là, un dragon brun se posa à moins d’un mètre lui et déposa un jeune torhil qui ne lui accorda pas la moindre attention et s’en alla en direction du village, au moment même où Cybran se giflait pour être sur de ne pas avoir rêvé.
    L’assassin ne vit donc pas le jeune homme s’en aller et c’est Astère, qui l’avait regardé s’approcher, méfiant, qu’il interpella.
    Il ne comprit pas grand-chose de ce que voulait cet homme. Et pourquoi lui, d’abord ?... Ah oui, ils n’étaient que tous les deux, alors l’ondin aurait eu du mal à choisir une autre cible. Et puis il avait piqué la curiosité d’Astère même si pour le moment ce dernier se contentait de le détailler d’un regard notre.
    En parlant d’une marchandise très rare, Astère se demanda si ça avait un rapport avec ce que lui-même cherchait. Mais sa méfiance sonnait déjà la cloche au fond de lui, lui stipulant qu’il y avait quelque chose de louche. L’homme l’avait abordé en parlant d’aspirant et de Kaerl mais ça ne signifiait rien.
    Il était sale et ses traits tirés indiquaient qu’il avait dû passer un sale moment ces derniers jours. Clairement pas comme les marchands opulents qu’il avait croisé au village jusqu’à maintenant. Et de visage, l’homme ne paraissait pas du tout être un marchand. Mais comme il savait que parfois la réalité était trompeuse, le demi décida de marcher dans la combine. Ou du moins de feindre son accord. Après tout, comment l’assassin pourrait-il le savoir ? Astère était tellement taciturne que même ses proches avaient du mal à savoir ce qu’il pensait. Alors un étranger…

    « Je me nomme Astère, sire Cybran. Et j’accepte votre proposition. Que cherchez-vous ? »

    Et même si ses doutes étaient fondés, l’homme ne pourrait pas le surprendre. Plus maintenant.


Dernière édition par Astère Jan Neihya le Sam 6 Déc 2014 - 19:36; édité 1 fois
Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Sam 29 Nov 2014 - 16:55 Répondre en citantRevenir en haut



Cybran Arentino


Quel géant désagréable à l’oeil ! C’est tout juste si l’Ondin ne lui plantait pas sa dague dans la gorge pour le faire taire. Il se fit une remontrance mentale, se disant qu’il aurait dû être plus patient et ne pas sauter sur le premier débarquant d’un dragon. Peut-être aurait dû-t-il attendre un ondin ? Cela aurait probablement facilité le dialogue et puis c’était bien connu que les Torhils avaient l’esprit un peu lent. Qu’importe, il était trop tard pour faire marche arrière. Il aurait paru suspect de se détourner. Le tueur décida de ne pas tenir compte de ces propres préjugés et se lança dans un pieu mensonge comme jamais il n’en avait fait :

- Sire ? Vous êtes bien poli jeune homme. Je ne puis m’empêcher de remarquer votre œil vif, je suis conscient de ne pas ressembler à ce que l’on attend d’un homme de mon importance et occupant une fonction aussi noble que marchand. En fait, pour être honnête avec vous car je pense que nous devrons nous faire confiance, je suis plus un baroudeur cherchant des ressources rares et précieuse pour les vendre ensuite à bon prix. Vous en conviendrez que c’est une forme de marchandage et que techniquement ça fait de moi un marchand.

Cybran se tut, le temps de laisser le torhil d’assimiler ce qu’il venait de dire. Il semblait étrange pour quelqu’un de sa race, il avait quelque chose de doux dans son anatomie, des proportions peu habituelles pour quelqu’un comme ça. Il avait l’air un peu… neishaan. L’ondin se promit de lui poser la question quand son interlocuteur serait un peu moins sur ses gardes :

- Ecoutez, je vous propose d’aller discuter de ça autour d’une pinte, je vous invite. Je pense vraiment que ce que j’ai à vous raconter va vous plaire.

L’expression de l’homme Astère, demeurait impénétrable. On aurait dit que l’homme se préparait à se battre, se battre comme si sa vie en dépendait. Cybran l’invita du bras, finalement, l’improbable duo se mit en branle. Les deux se méfiaient l’un de l’autre maintenant scrupuleusement un bon mètre entre eux.

- De quel Kaerl, êtes-vous au juste ? Je n’ai pas d’apriori particulier mais je n’aimerais pas subir les foudres d’un des autres clans s’ils venaient à savoir que j’ai traité avec vous. Oh, en fait laissez tomber, pas la peine de répondre si vous ne voulez pas.

Cybran choisit de l’assoir à la terrasse d’un auberge assez banale et commandant deux grosse pintes.

- Vous vous demandez probablement ce que je cherche et surtout pourquoi j’ai besoin de vous. Je vais vous le dire ; il existe une légende vis-à-vis des diamants, on dit qu’on n’en trouve qu’au pied des volcans. Pour ma part je cherche un diamant unique et magnifique, un diamant bleu. Je le traque depuis des années maintenant et je pense qu’il se trouve dans la région, j’ai juste besoin de quelqu’un pour m’aider à le trouver.

L’ondin laissa son esprit et sa vue divaguer sur les gens qui passaient non loin. L’espace d’un bref instant, il crut apercevoir son ancienne fille, le visage plein de suie qui marchait dans la rue. Cette vision disparue aussi vite qu’elle était apparue mais Cybran en fut néanmoins troublé.

- Alors ? votre réponse ?
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Mar 2 Déc 2014 - 15:40 Répondre en citantRevenir en haut

} No matter how many deaths that I die, I will never forget
No matter how many lives that I live, I will never regret
There is a fire inside of this heart
and a riot about to explode into flames {


    Si Astère semblait croire Cybran, il n’en laissa rien paraître. Pas plus d’ailleurs qu’il ne laissait paraître du doute ou de la crainte. Mais il n’était ni dupe ni aveugle et s’il avait accepté la proposition du tueur c’était uniquement pour satisfaire sa curiosité. Et puis, après tout, il n’avait pas la science infuse : il pouvait se tromper. Le marchand pouvait très bien en être un, malgré la rudesse de son visage. Après tout, fallait-il un profile type pour être marchand ? Il en avait croisé tellement au cours de ses voyages qu’il connaissait la réponse sans même poser la question : bien sûr que non.
    Alors le demi laissait à l’ondin le bénéfice du doute. Mais il ne lui faisait pas pour autant confiance. Il n’était pas encore suicidaire. Quant au blabla de l’ondin, plein d’une bonne dose de flatterie, le brun ne l’écouta que d’une oreille inattentive. Mais il connaissait ce besoin de s’expliquer, d’en rajouter… C’était celui des menteurs. Ou celui des timides. Mais assurément Cybran n’avait rien d’une personne timide. Il faisait donc parti des menteurs.
    A l’évocation d’une pinte, Astère se contenta d’acquiescer, acceptant par ce consentement de prendre un peu de temps pour écouter l’assassin tenter de l’amadouer par de fausses paroles creuses du moindre sens. Il en avait presque oublié sa propre quête. Mais cette dernière était devenue bien moins intéressante depuis la rencontre avec l’ondin.
    Ils se mirent en marche d’un même mouvement, côte-à-côte sans être trop proche. Ils y avaient quelque chose entre eux, comme une certaine tension, sans doute née de leur méfiance respective. Oui, Astère n’avait plus aucun doute maintenant. Il avait trop expérimenté la prudence pour laisser la place au doute : l’homme à ses côtés ne pouvait être qu’un assassin. Et sa venu sur Töl Oréa ne pouvait signifier qu’une seule chose, il cherchait quelqu’un.

    Il ne répondit effectivement pas à sa question concernant son Kaerl d’appartenance. Déjà parce qu’il n’en avait pas envie mais aussi parce que l’homme avait lui-même décidé avant qu’il ne réponde quoique ce soit, que ça n’avait pas d’importance.
    Ils échouèrent à la terrasse d’une auberge des plus banales et il laissa Cybran commander pour eux deux choppes de bière. Astère n’avait jamais particulièrement aimé ce breuvage amer. En partie parce qu’il était aisé d’y ajouter quelques poisons dont le goût ne pouvait qu’être caché par la boisson fermentée.
    Aussi, quand le tavernier posa sur la table deux lourdes pintes bien remplies, il préféra ne pas y toucher, sans non plus donner l’impression de s’en méfier. Il ne s’y intéressa simplement pas, ses yeux d’azur plongé dans le regard glacé du faux-marchand.
    Il écouta son discours sans l’interrompre, lui laissant le temps de s’expliquer plus avant et de s’enliser dans son mensonge. Mais il sentait que cette information pouvait lui être utile. Un diamant bleu ? Ceci pouvait très bien être une métaphore concernant la personne qu’il était venu tuer. Alors Astère s’enfonça un peu plus dans son siège avant de choisir de se redresser finalement et c’est avec calme qu’il se contenta de répondre.

    " Vous avez parlé de confiance et de vérité un peu plus tôt. Je pense qu’il serait intéressant d’en faire montre dès à présent. »

    Sa main gauche était sur la table, non loin de sa choppe. L’autre était cachée par la table mais simplement posée sur son genou. Il respirait le calme. Pourtant il était prêt à riposter si l’assassin se sentait un peu trop pris au piège et tentait de le supprimer.

    "Je me demande ce que cette personne a de si particulier pour que vous en soyez venu vous-même sur ce continent, pourtant réputé dans le reste du monde pour être inhabité. Vous m’avez l’air bien renseigné sur Töl Oréa, mais vous ne semblez pas être un habitué des lieux. »

    Il s’arrêta un court instant, juste pour lui laisser le temps d’assimiler ce qu’il était en train de dire. Son calme ne l’avait pas quitté, il ne semblait pas non plus excité ou effrayé par la présence de l’ondin. Il ajouta tout aussi simplement, sur le même ton calme, de sa belle voix grave aux accents mélodieux.

    « D’une certaine manière, je pourrai vous considérer comme un confrère. Donc, sire Cybran, dites-moi qui vous êtes venu tuer. Peut-être pourrai-je vous indiquer quelle piste suivre.

    C’était une manière d’accepter sans vraiment l’accepter, l’offre de l’ondin. En vérité, Astère se fichait bien de savoir qui il était venu tuer. Ce qui l’intéressait plutôt, c’était de voir la réaction de l’ondin. Son jeu d’acteur méritait grandement d’être révisé. Même un enfant aurait pu voir clair dans son jeu. Un enfant qui avait expérimenté la mort et l’assassinat.
    Astère se disait que le destin lui réservait parfois de bien drôle de surprises. Et quoi qu’il advienne, il savait d’hors-et-déjà que s’il voulait être tranquille, même dans son Kaerl, il ne pouvait laisser l’ondin survivre à cette journée.
    Il devait mourir.
Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Dim 7 Déc 2014 - 16:23 Répondre en citantRevenir en haut



Surprenant ce torhil, vraiment surprenant. Il semblait relativement éclairé d’esprit, Cybran était conscient que ses dons pour le mensonge n’étaient pas aussi performants que le passé. Très bien, autant jouer franc jeu.

- Que de théorie farfelue, demi-sang. Vous n’avez qu’à moitié raison, je suis bien à la recherche d’une personne mais je n’avais foutrement aucune intention de venir sur ce continent, en fait pour être clair, j’ignorais son existence même et vous m’avez révélé son nom à l’instant, Tol Orea. La terre de l’aube, c’est un nom un brin vendeur je dois reconnaitre. Cela donnerait presque envie de se prendre une tempête sur le coin de la tête juste pour voir ce qui mérite un nom pareil.

L’ondin fit une brève pose dans son discourt, juste le temps de boire une bonne mesure de bière. Il ne quittait pas des yeux le bâtard, maintenant qu’il était percé à jour il ne prendrait aucun risque. Son interlocuteur avait une main sur la table et l’autre. L’avait-il posé sur sa cuisse d’une façon négligeante ou avait-il la main sur une traitresse dague empoisonnée ? Qu’importe, l’assassin décida de jouer son jeu et fit disparaitre sa main droite dans la manche et saisit un stylet pointu, idéal pour le lancer.

- Je suis effectivement à la recherche d’une personne et je la traque depuis deux ans. J’ai suivi sa piste sans soucis, fait un peu de ménage dans les gens ayant fréquenté l’objet de ma recherche et finalement trouvé sa dernière position connue, Vaendark. Mais sur ce continent, on m’a annoncé sa disparition. Autant dire que j’étais dépité, alors je suis rentré sur Ys, mon lieu de naissance, mais nous avons essuyé une tempête. Enfin, bref ce n’est pas le plus important.

Cybran ne quittait pas des yeux le demi-sang. Tous les deux se jugeaient, au moindre geste suspect de l’un ou de l’autre, cela finirait probablement en bain de sang.

- Je suis capable de traquer quelqu’un dans la moindre parcelle de monde connue sans problème. Mais justement, je ne la trouve plus et vu que je ne connaissais pas ce continent, il est effectivement possible qu’elle soit ici.

L’Ondin vida sa choppe et reprit :

- Je cherche ma fille, une Ondine aux cheveux bleus. J’oserais emmètre une supposition, si elle est une apprentie dans un des kaerls et qu’ils recrutent en fonction de la personnalité des gens, je dirais qu’elle se trouverait dans le même kaerl que vous. Cela fait beaucoup de si, j’en suis conscient. Mais je ne peux écarter cette option, il faut absolument que je la retrouve et que je règle mes comptes avec elle.

Cybran posa sa choppe vide sur le plateau d’une serveuse, il s’avança un peu sur sa chaise, ne quittant pas des yeux sont interlocuteur, tendu comme un nerf de bœuf. De sa main gauche, il sortit une chevalière de sa poche et la posa sur la table. C’était une bague en or ornée d’une tête d’aigle.

- Ma cible est une ondine de 6 pieds de hauteur environs, elle porte une cicatrice à l’œil droit et à tendance à mépriser ses interlocuteurs, mais je ne pense pas qu’elle soit la seule à le faire chez vous. Si vous acceptez toujours de m’aider, cherchez cette bague, elle est tenue de la porter constamment, c’est le symbole de la secte à laquelle elle appartient. Vous devrez lui dire : « La chasse brûle dans le cœur de celui qui vous attends », si elle vous répond : « j’alimenterais le feu » c’est qu’elle vous suivra, sinon elle essayera de vous tuer. Comme récompense pour vous, de l’or, l’immunité vis-à-vis de mon travail et un contrat gratuit. Alors, qu’en dites-vous ?
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Sam 13 Déc 2014 - 00:41 Répondre en citantRevenir en haut

} Can you see the storm getting closer now?
Tell me how it feels being out there
A moment's glimpse of his vignette
As he shone a light on the falling wal {


    Astère n’apprécia pas du tout que Cybran lui réponde en l’appelant « demi-sang ». Il n’avait rien contre cet état de fait – il était et serait un demi jusqu’à la fin de ses jours, ce qu’il acceptait parfaitement – mais il pouvait clairement sentir tout l’irrespect que pouvait contenir ces mots. C’était comme s’il s’adressait à l’assassin en l’appelant « Ondin » et en le réduisant à sa race d’appartenance. Le brun trouvait qu’il y avait quelque de chose d’horriblement malsain dans le fait de réduire quelqu’un à ses origines.
    Il n’en laissa rien paraître, encore plus attentionné que d’habitude aux moindres faits et gestes de son interlocuteur, comme aux siens. Et le monde autour de lui, vivant, lui était particulièrement indifférent. Il ne pouvait détacher son regard du vieil ondin, ne voulant prendre aucun risque. Pour autant, il n’était pas totalement coupé de l’extérieur, dans une bulle où il n’y aurait eu qu’eux deux. Loin de là, il était en osmose avec son environnement.
    Et l’air résonnait presque de la tension qui émanait de ce bien étrange duo.

    Ainsi donc, Cybran avait atterrit sur Töl Oréa à cause d’une simple tempête, le navire à bord duquel il se trouvait ayant simplement fait naufrage. Et bien, il pouvait s’avouer chanceux d’être encore vivant ! Et ceci expliquait aussi le piteux état dans lequel il se trouvait, aux yeux d’Astère.
    L’ondin fit une pause le temps de se rincer la bouche à l’aide d’une rasade de bière. La décontraction apparente du demi ne semblait pas duper l’assassin qui finit par adopter une attitude proche de la sienne, l’une de ses mains disparaissant à son tour. Astère n’aima pas ça. Pas ça du tout. Redressé dans son siège, son grand corps était une cible facile si le tueur voulait passer à l’action.
    Avoir affaire à un assassin, de surcroit un ondin n’avait rien pour lui plaire. Car son style de combat, économe et fluide, ne serait pas des plus efficace contre un ondin, sans aucun doute maitre des poisons. Il serait beaucoup trop sur la défensive en tentant de ne pas se laisser atteindre, d’une quelque manière que ce soit.
    Cela pouvait paraître étrange, au vu de la nature d’Astère, mais le garçon n’aimait pas les poisons. Il leur trouvait l’air d’être l’arme des lâches et des couards. Il n’était pas un exemple de loyauté et n’était absolument pas cavalier quand il s’agissait de combat au corps à corps ; c’était à celui qui serait le plus malin pour rester en vie, quitte à user de coup bas. Mais il n’aimait pas les poisons qui réduisaient considérablement les chances de victoires et les meilleures tactiques à l’état de néant dès la plus superficielle des égratignures…

    Astère continuait d’écouter cybran lui expliquer son arrivée sur l’île et le pourquoi du comment. Il en vint finalement au sujet qui l’intéressait le plus, la personne à abattre. Le demi se fichait bien d’un contrat ou d’une récompense puisque de toute manière il avait déjà décidé qu’à la tombée du jour l’un d’eux deux ne serait plus qu’un cadavre. Et il ne comptait bien évidemment pas occuper cette place…
    Ainsi donc la proie était une ondine aux cheveux bleus. Bien, il devait y en avoir un certain nombre aux environs mais en effet, comme le signalait si bien Cybran, la jeune fille en question devait effectuer son apprentissage dans le Kaerl Ardent. De la façon dont l’assassin en parlait, ils devaient avoir eu des liens familiaux ou peut-être amicaux, quelque chose dans ce style. Et si elle était du même acabit qu’eux deux, alors oui, elle ne pouvait qu’être une ardente, sans aucune doute possible.
    Lorsque Cybran mit la main dans sa poche, Astère suivit son geste du regard, sa main – celle sous la table – s’étant, par réflexe, poser sur la fusée de son épée au moment même où il avait entamé son geste. Finalement l’assassin se contenta de sortir une grosse bague de sa poche et de la poser sur la table. La chevalière n’avait rien de bien particulier, à part une tête d’aigle gravée dans son or. Astère ne s’y intéressa qu’une microseconde, ne voulant pas laisser la moindre ouverture à Cybran, en cas d’attaque.
    Bien lui prit car les détails apportés par l’ondin au sujet de sa proie lui permirent d’identifier la jeune fille recherchée. Il ne lui avait jamais adressée la parole, peu enclin à se constituer un réseau ou à se créer des relations amicales, mais il l’avait déjà vu au Kaerl, il en était sur. Une ondine aux cheveux bleus, avec une cicatrice à l’œil droit et un air suffisant scotché sur son visage. Il ne devait pas y en avoir cinquante.
    Il finit, enfin, par ouvrir la bouche après que son interlocuteur est fini son speech. Mais ce fut simplement pour déclarer.

    « Je n’ai que faire de votre or, de votre contrat ou de votre immunité. Mais je connais la personne que vous recherchez. Je l’ai aperçu plus d’une fois dans le lieu même où j’ai à faire mon apprentissage… »

    Il fit une courte pause, le temps de laisser Cybran enregistrer et comprendre correctement ses paroles. Sa voix était aussi calme que son apparence le faisait croire et sa voix basse n’avait pas besoin d’être forte pour être audible. Il continua.

    «Je ne compte pas mener votre vengeance à votre place. La vie de cette fille n’a aucune importance pour moi mais ce n’est nullement combat. Et je ne doute pas de votre plaisir à traquer et abattre vous-même votre proie après une chasse aussi longue… Une route qui s’achève ici. Car je pense qu’il n’est nul besoin pour vous de vous rendre au Mär Tàralöm pour trouver l’ondine. Il est fort possible qu’elle soit en ce moment même au plus près de nous, dans cette ville… »

    Il n’en était pas sûr, mais il lui semblait bien avoir aperçu la jeune femme en partant en quête pour Anaviel, le matin même. Mais il laissa sa phrase en suspend, préférant attendre de savoir ce que l’assassin voulait faire à présent qu’il était au courant de cette précieuse information. Peut-être tenterait-il de le supprimer au plus tôt. Ou peut-être essaierait-il d’utiliser le demi jusqu’à la dernière minute… Astère ne savait que penser de cette situation. Il décida de laisser l’avenir lui montrer quelle voie emprunter.
Stalia Hellébore
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MessagePosté le: Lun 15 Déc 2014 - 22:55 Répondre en citantRevenir en haut



Cybran Arentino


Les deux hommes ne se quittaient pas des yeux, il semblait évident que seul un verrait le coucher du soleil. Cybran savait que ce serait probablement lui, non pas qu’il n’avait pas confiance en ses capacités de guerrier mais il devrait affronter deux adversaires puissants en peu de temps et cela, il ne savait pas si son corps supporterait. L’ondin reprit la bague et se déclara satisfait de ce que lui avait répondu le bâtard.

- Bien, dans ce cas nous allons pouvoir régler un menu détail. Le quel de nous deux va mourir aujourd’hui ? Vous ou moi ? Il semble clair que c’est vous qui avez le plus de probabilité de rentrer chez vous. Le peu d’honneur que j’ai m’interdit d’utiliser mes armes pour tuer de façon froide un homme qui n’est pas une cible.

Il sortit la main de sa manche et dévoila un petit rectangle de bois muni de deux trous.

- Lance-fléchette, la portée est de 6 pieds, c’est peu mais assez pour tuer un homme lors d’une conversation. En revanche, votre épée me semble mal adaptée à la situation présente. Je crois que nous nous entretuerions si on devait en venir aux mains ici.

Le tueur laissa planer quelques instants, ne quittant pas des yeux son adversaire. La main toujours posée sur son lanceur. C’était à cet instant précis, alors que la tension était à son comble, Cybran se sentait vivant et heureux. Cela lui avait manqué d’avoir quelqu’un lui tenant tête. Il était peu probable que le soleil se couche avec lui ce soir, mais qu’importe. Il avait bien vécu, il acceptait ça comme on accepte une bonne bière après une longue journée de travail.

- Je ne cherche que ma cible, ma vie m’importe peu en vrai tant que je finis ce que j’ai commencé. Si vous voulez tant que ça me tuer, vous pourrez tenter votre chance après que j’ai éliminé ma cible. En fait, nous allons faire simple mon bon ami, vous n’avez que trois choix : soit vous me mettez des bâtons dans les roues et je vous tue sur le champ, soit vous m’aider et vous m’affrontez ensuite, soit vous partez et oubliez mon existence. Que choisissez-vous ?

Il y eut un instant de flottement, comme si une bataille entre les personnalités et la force d’esprit des deux hommes. D’un infime mouvement de tête, tellement infime qu’on aurait à peine pu croire en son existence. Le bâtard accepta de l’aider. Les deux se levèrent ensemble, toujours sans se quitter des yeux et se mirent en chasse de leur cible.

.:*:.


Stalia tenait la tête du torhil qui lui avait volé sa bourse entre ses mains, elle en était à son quatrième coup de boule et ne comptait pas s’arrêter avant un petit moment. L’homme avait cru que sa taille le sauverait d’une jeune fille aux cheveux bleus, mais il s’était bien trompé.
- Tu y réfléchiras à deux fois si un jour tu recroise un ondin. Sale enfant de catin, barre toi et ne reviens plus jamais !


La jeune chasseuse s’assit contre un muret et commença à compter les pièces qu’elle avait. Heureusement pour lui, l’homme n’avait pas eu le temps de dépenser le moindre rond de bronze sinon la punition aurait été autrement plus douloureuse. A la course du soleil, Stalia estima qu’il devait lui rester encore une heure avant que son taxi n’arrive. Trop de temps pour déjà se rendre à la zone de rendez-vous mais pas assez pour retourner faire les boutiques alors la jeune fille se contenta de trouver un coin d’herbe et de regarder le temps passer en savourant cette journée pleine d’émotions. Elle ne pouvait pas mieux se dérouler.
Astère Jan Neihya
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MessagePosté le: Mer 17 Déc 2014 - 00:41 Répondre en citantRevenir en haut

} Afterlife. I think I saw what happens next
Oh, it was just a glimpse of you, like looking through a window
Or a shallow sea
Could you see me?
And after all this time
It’s like nothing else we used to know {


    Astère suivait tous les gestes de Cybran avec attention, tendu comme la corde d’un arc. Il le regarda récupérer la bague du coin de l’œil, ne pouvant détourner le regard des yeux sombres qui lui faisaient face. Signer sa mort, maintenant aurait été l’erreur d’un débutant. Et il ne se considérait plus comme tel depuis quelques années déjà.
    La déclaration de l’assassin concernant la mort de l’un deux avant la fin du jour ne le fit pas réagir, ne provoquant ni émoi, ni surprise. Preuve – ou pas vu son absence de réaction et de démonstration affective – qu’il avait lui-même envisagé cette vérité bien avant que l’ondin n’en fasse mention. Astère devait-il remercier le peu d’honneur que possédait son vis-à-vis ? Il n’en était pas sur mais c’est par réflexe qu’il tira en partie son épée en-dehors de son fourreau – en réalité c’était une épée courte, à peine plus longue qu’une dague – sans un bruit lorsque son interlocuteur retira la main de sa manche. Il posa sur la table de bois brute une petite pièce de bois munie de deux trous. Ce n’était pas la première fois que le demi voyait ce genre de chose et en effet, son épée, malgré sa taille ridicule comparée à ses consœurs ou au fourreau dans lequel elle sommeillait jusqu’à présent n’avait aucune chance. Même grâce à la rapidité de ses réflexes, il savait d’avance qu’il ne pouvait s’en sortir sans dommage.
    C’est donc avec attention qu’il écouta ce que Cybran avait à lui proposer. Trois choix. Dont un seul était réellement envisageable. Le premier n’était même pas recevable : mourir et s’entre-tuant avec un homme de la trempe de l’assassin ne faisait pas partie de ses plans ; partir sans se retourner et oublier cette histoire ? Impossible, il n’était pas du genre à oublier ce genre de détails et il ne pourrait vivre tranquille en sachant l’assassin libre. Libre de le laisser en paix comme libre de le traquer, de le trouver, de le tuer.
    Il n’y avait donc que la deuxième solution qui lui paraissait convenable. Alors, d’un signe de tête il accepta avant d’ajouter.

    « Je ne puis partir en prenant le risque de vous laissez vivre, convenons-en. Et vous ressentez sans doute quelque chose de semblable. Mais oublier la mention ami, je crains fort de ne pas en être. J’accepte la deuxième proposition. Mettons un terme à votre quête et réglons ça plus tard, de la plus noble des façons… »

    Il n’en fallut pas plus pour clore l’entretien. Le contrat était dressé sans avoir besoin de parchemin ou de signature. Comme un seul être ils se levèrent, Astère replaçant la lame tirée dans son lit d’acier et après un court instant de réflexion, le demi prit la direction de la sortie de la ville, par-là où ils s’en étaient venus un peu plus tôt. Il n’avait pas envie de devoir faire toutes les tavernes et toutes les échoppes pour trouver l’ondine, il lui semblait plus judicieux de se rendre à l’endroit même où se posait et décollait les dragons et d’attendre qu’elle n’apparaisse pour prendre le sien.
    Il faudrait agir assez vite pour que la bête ne soit pas encore présente et ne vienne en aide à l’ondine, sans quoi leurs chances étaient plus que réduites. Et peut-être que lui-même serait banni de son Kaerl avant même d’avoir eu la chance de tester le Don dont il était pourvu. Peut-être que le dragon qui lui était prédestiné allait mourir.
    Cette réflexion fut comme une révélation. Il ne pouvait sans doute pas tuer l’ondine, fière descendante des Valherus, détentrice du don de Flarmya. Parce qu’elle était l’apprentie du Màr Tàralom et qu’un dragon attendait dans son œuf sa venue. Et ce n’était pas son combat, qui plus est. Au fond, avait-il jamais eu l’intention de porter la main sur la proie de cybran ? Pas vraiment, non. Il avait surtout voulu en apprendre plus et maintenant il jugeait qu’il en savait assez.

    Il fallait à présent trouver Stalia. Et une fois la fille trouvée et l’attention de l’assassin ainsi détournée, il n’aurait plus qu’à l’abattre. Sans état d’âme. Il n’était pas sûr de laisser au vieil ondin une chance de mener sa quête à bien. En réalité il n’était pas d’humeur à tergiverser si longtemps sur ce genre de considérations.
    Alors quand, marchant d’un pas égal, ils arrivèrent en vue des dernières maisons et de la silhouette assise contre le mur, Astère arrêta simplement de réfléchir. Il se contenta de penser de manière logique et froide et de guetter sans en avoir l’air, la moindre occasion d’achever Cybran.
    Il avait ralenti, à peine, imperceptiblement, alors que l’ondine, ressemblant trait pour trait à la description était à présent reconnaissable. L’ondine qu’il avait vu une ou deux fois au Kaerl ardent. L’ondine que chassait Cybran.

    Il ne bougea pas tout de suite, reste sagement aux côtés de l'assassin, à peine plus en arrière pour faciliter le mouvement qui suivrait bientôt. Car la conversation entre les deux ondins s'était engagée et il trouvait ça vraiment malvenu et malpoli de les couper dans leur règlement de compte.
    Il patienta donc, feignant l'indifférence comme il savait si bien le faire, immobile et impavides. Finalement, la conversation sembla toucher à sa fin entre Stalia et Cybran. Et quand ce dernier, son attention dérivée sur sa proie, fut plus facile d’accès il n’hésita pas une seconde, tirant à nouveau l’épée de son fourreau, silencieuse chasseresse, et il la lui planta dans le dos de toute sa force, de manière à être sur qu’elle atteigne le cœur malgré l’épaisseur de ses vêtements.
    Et la lame, aiguisée, habile et foudroyante ne rata pas sa cible, amenant la mort dans le soleil couchant.
    Et le vieil ondin s’affala sur le sol, sous les yeux de Stalia, lorsque le demi retira l’épée du corps sans vie.


(HRP : ceci est la première fin que je te propose. Si tu préfères que Cybran et Stalia prennent le temps de parler avant qu’Astère n’abrège Cybran, n’hésite pas à me dire, je modifierai mon rp pour t’en laisser le temps.)
Stalia Hellébore
Invité

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MessagePosté le: Mer 17 Déc 2014 - 02:51 Répondre en citantRevenir en haut


Cybran Arentino


Cybran ouvrait la voix, les deux « collaborateurs » tenaient une distance prudente l’un de l’autre. L’ondin n’ayant aucune connaissance des lieux accorda sa confiance au demi-sang et le suivit dans la traque de sa fille. Cette journée serait simplement magnifique s’il pouvait la tuer et enfin se débarrasser de ce poids sur son cœur. Il accepterait presque la mort que l’autre lui déverserait à coups sur à l’instant même où celui de Stalia deviendrait inerte. Il avait tellement hâte de lui passer les doigts autour de la gorge et de sentir le cartilage de la jeune fille se briser dans ses mains, et sentir la poigne de plus en plus faible cette misérable chercher un moyen de survivre. Il voulait entendre la respiration sifflante et voir ses yeux, toujours plein de haine et de colère, se remplir de pitié et de peur.
C’est avec ces idées réjouissantes dans la tête que le tueur suivit son compagnon à la lisière du village.
Son œil d’expert ne put manquer le torhil qui avait en sens inverse, le visage en sang. Un rapide examen et une simple question permit d’identifier qui avait fait cela, une ondine aux cheveux bleus. Le cœur de Cybran fit un bond à cette mention, il pouvait compter les secondes qui les passaient tant il était excité à l’idée d’en finir. Sa tension était palpable, tellement visible que le demi-sang en semblait gêné. Une idée traversa brièvement l’esprit de l’assassin, et si c’était lui qui tuait Astère ? N’était-ce pas une meilleure idée ? Il décuplerait ses chances et pourrait se permettre de se blesser et de ne pas s’économiser durant son combat. Oui, il n’avait qu’à ralentir le pas, tendre le bras et utiliser son lanceur. Le bâtard ne souffrirait pas, cela serait presque mieux pour lui en fin de compte, non ?

Mais alors que ses pensées filaient comme des rapaces dans un ciel dégagé, il la vit pour la première fois depuis quatre ans. Une longue masse de cheveux bleus et soyeux, coiffés en une longue tresse. Un visage dur et marqué par plusieurs cicatrices, elle était aussi belle que dans ses souvenirs et ses yeux ! Ses yeux étaient deux merveilles, la haine et la colère avaient disparue, on lisait de la fierté et elle avait presque un regard, heureux, elle semblait heureuse et épanouie. Sa musculature s’était affermie et elle moulait à la perfection ses vêtements. Les souvenirs lui revinrent comme une lame de fond, la première fois qu’il l’avait battu, la première fois qu’elle avait pleuré, la fois où il avait tué leurs pères, le sien et celui de Stalia le même jour. Elle comptait des pièces, au moins elle ne perdait pas le nord. Puis elle leva les yeux vers lui, leurs regards se croisèrent et Cybran sentit que tous deux avaient le même souvenir en tête : celui de leur dernier soir ensemble, la dernière fois qu’ils s’étaient regardés dans les yeux. Lentement il s’approcha, sans même toucher à son épée.

.:*:.



Stalia ne réagit pas tout de suite quand elle vit un homme aux cheveux d’argents s’approcher d’elle, Il n’était pas seul et comme elle reconnaissait vaguement la seconde personne, il n’y avait aucune raison de porter une quelconque attention à ces intrus. Aussi, elle retourna à son comptage quand un doute infime, à peine un caillou dans un océan de certitude, saisit son esprit. Se pouvait-il qu’au bout de toutes ces années et malgré les coups du sort et les océans ce soit lui, cet homme qui revienne la hanté ? Le même homme qu’elle avait laissé contre un arbre sur une route ? Celui qui avait fait de sa vie un enfer ?Le doute grandit lentement dans l’esprit de Stalia, un doute rongeant et douloureux, elle ne voulait pas lever la tête ! Elle ne voulait pas avoir la confirmation de ce que son subconscient lui hurlait, elle ne voulait pas revivre une scène de son passer ! NON ! Les bruissements de pas s’approchèrent, elle continuait à fixer ses pièces, dans une pathétique tentative de diversion. Son corps entier luttait, en proie à des sentiments contradictoires. Finalement, elle céda à la douleur du doute et au besoin de savoir.

Ses yeux se figèrent d’horreur sous la vision qu’elle avait devant elle, c’était bien un fantôme du passer qui franchisaient les derniers mètres les séparant, c’était bien ce fantôme aux yeux de braise, c’était bien celui qu’elle avait voulu oublier. Cybran Arentino, l’assassin, le père, le maitre, et la victime de la jeune fille. Il était un symbole de ses échecs et de ses peines. L’ondine sentit une larme perler le long de sa joue alors qu’elle se leva pour faire face à cette empreinte de son passé. Devant elle dansait le souvenir de la dernière fois qu’ils s’étaient fixés ainsi, c’était insupportable. Elle voulait que le chevalier arrive tout de suite, elle voulait que quelqu’un la sorte de cet enfer. Mais au fond d’elle, tout au fond, loin très loin de la surface, une petite certitude remontait lentement. Elle avait échouée quatre ans plus tôt, Athosianne lui donnerait-elle une occasion de se rattraper ? Pourrait-elle honorer sa déesse avec une proie de cette envergure ?

- Stalia, cela faisait longtemps, ma petite. Trop longtemps. Tu te souviens du jour où tu m’as trahit ? Du jour où tu as enfoncé une lame dans mes chairs ? Te souviens-tu ?

- Oui, je me souviens.

- Un groupe de ménestrels a sauvé ma pauvre carcasse cette nuit-là. J’ai eu beaucoup de chance, et tu sais ce que j’ai fait à l’instant où j’ai pu marcher de nouveau ? Je t’ai cherché, longtemps, très très longtemps. J’ai remonté ta piste, même jusque dans ta petite guilde. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui a causé ta perte.


Il jeta la bague d’aigle sur le sol, La jeune fille sut en la voyant à qui elle était et ce qui était advenu de son propriétaire. Cette chevalière appartenait à Turian, son ami elfe et le fait que ce soit Cybran son nouveau propriétaire voulait dire que son ami était uni à Athosianne pour l’éternité. Les larmes de Stalia coulèrent d’une façon plus libre le long de son visage, de son œil droit sortaient des larmes de sang et du gauche des larmes de haine.

- Au début, je ne te cherchais que pour te féliciter de ton exploit, mais le temps passant, j’ai changé petit à petit d’avis. Tu m’échappais sans cesse et cela m’ennuyait profondément à la longue. Tu vois, j’ai bien envi de simplement te passer au file de l’épée et de mettre un terme définitif au seul échec de ma vie. Je suis certains que tu comprends, viens ma belle, viens danser une dernière fois avec moi, viens danser dans le soleil couchant, viens danser devant la mort une ultime fois.

Stalia, dans un état quasiment inconnu pour elle, sortit sa dague de son fourreau, la même dague qu’il lui avait offert si longtemps avant. Elle se préparait à se jeter sur son maitre, son père, son bourreau. Mais avant qu’elle ne puisse prendre le moindre élan, le demi-sang sortit une lame accrochant la lumière et la ternie du sang de Cybran, transperçant l’ondin de part en part en un coup unique, le soulevant presque du sol avant de le rejeter comme une poupée de chiffons. Un cri mêlant à la fois la haine et la frustration sortit de la bouche de la jeune femme. Elle se jeta au chevet de l’ondin argenté, priant pour qu’il soit encore en vie, ne serait-ce que pour voir ses yeux s’éteindre. Mais il n’y avait rien, rien en dehors d’une flaque de sang s’élargissant de plus en plus et imbibant ses vêtements. Stalia planta sa dague de toutes ses forces dans la poitrine de son père, un nombre incalculable de fois, brisa les côtes de celui-ci et sortit le cœur fumant mais inerte de la cage thoracique.

Après tout ce temps, après tous ces calvaires et nuits à pleurer, elle n’avait même pas le droit de tuer celui qui était la cause de tout cela, elle n’avait même pas le droit de cela ! Une rage montante et incontrôlable la saisit, elle se leva voulu frapper le torhil bâtard, mais il était hors de portée. Alors elle hurla :

- Je te hais ! Tu n’avais pas le droit ! Tu n’avais pas le droit ! Ce n’était pas à toi de faire cela, toi ! Toi, ne croise plus jamais ma route ! Je te tuerais, je te tuerais ! Tu m’entends, je te ferais la peau, je t’écorcherais même si je dois y laisser la vie ! Maudit bâtard !


Sa voix faiblit au fur et à mesure qu’elle libérait sa frustration. La dernière insulte n’était plus qu’un murmure porté par sa voix brisée par les sanglots. Elle retomba à genoux, laissant libre cours à sa peine et ignorant ce qui l’entourait. Ce fut dans cet état second qu’elle revint auprès du dragon l’ayant amené ; perdue dans ses larmes et ses pensées, elle ne répondit même pas aux inquiétudes du chevalier. Une fois au Kaerl, elle se jeta dans les bains espérant que la chaleur dissiperait une partie de ses maux au milieu des volutes de vapeurs. Elle resta longtemps, si longtemps qu’elle s’oublia, ruminant sans cesse l’acte du demi-sang. Ce ne fut qu’a la nuit noire qu’elle regagna sa chambre, à peine plus vivante que son père. Assise sur son lit, la dague posée en travers de ses genoux, comme un trophée qu’elle ne méritait pas. Elle saisit l’engin de mort et approcha la pointe d’acier noir de son bras gauche, trouvant dans la souffrance des arabesques sanglante qu’elle se dessinait un remède à un mal qui la rongeait. Elle avait peut-être gagnée une amie aujourd’hui mais elle avait perdue tellement plus. A cette pensée, elle redoubla d’application, remontant le long de son bras.

[HRP]
: Merci pour ce grand moment de rp Astère, tu peux finir sur ta propre conclusion ou laisser ça tel-quel. En tout cas, tu m'as aidé à lancer une nouvelle phase de mon personnage
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